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 Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa

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MessageSujet: Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa   Lun 21 Déc 2015 - 14:24

Another night will pass until we're sheltered...

"Ft. Kaisa Makinen"

On dit souvent que les enfants devraient plus écouter leurs parents, faire attention, ne pas se mettre en danger, tout ça tout ça... Je faisais partie de ces ados qui trouvaient ça complètement con, qui aimaient sortir à la nuit tombée pour se donner des airs rebelles, et qui n'avaient jamais rien eu de pire à affronter qu'un chien errant ou un flic un peu trop zélé. Autant dire que les sorties nocturnes, ça ne m'avait jamais fait peur. J'aimais bien ce calme qui me changeait des journées mouvementées au lycée et, depuis que j'étais arrivée à Radcliff, je rêvais de ce petit moment de repos. Arrivant en milieu d'année, étrangère qui plus est, j'avais un mal fou à me faire des amis et à tenter de camoufler mon accent irlandais pour me mêler au troupeau. C'est que je commençais à en avoir assez que des petits malins me demandent si je ne planquais pas un leprechaun dans mon manteau ! Cons d'américains, tiens...

Et comment dire que les cours ne me passionnaient pas plus que ceux que j'avais eu en Irlande et en Angleterre ? J'avais troqué la glorieuse histoire de la royauté anglaise pour la triomphante épopée de la conquête de l'Amérique, les équations avaient toujours la même gueule à vomir, et les langues étrangères me laissaient toujours un arrière goût amer dans la bouche. Et malgré tout, je gardais le sourire. Car si j'avais laissé tous mes amis et ma vie de l'autre côté de l'Atlantique, j'avais enfin pu rencontrer mon père. Et ça, ça n'avait pas de prix. Il était loin du type parfait que j'avais imaginé, était plus laxiste que 95% des parents, à peu près aussi vulgaire que moi, et participait à ma non attention en cours en m'envoyant quinze tonnes de sms... Ouais, j'avais un père encore plus parfait que je le pensais.

Seulement là, j'avais merdé. Et j'allais me faire joyeusement engueuler en rentrant. Je plaidais coupable, mais je n'avais pas vu l'heure passer. A la sortie des cours, j'étais aller suivre mon entraînement de patin à la patinoire, et le propriétaire m'avait, comme d'habitude, laissé les clés pour que je puisse continuer à m'entraîner. Ca avait du bon, d'être sportive de haut niveau... J'avais droit à la piste pour moi toute seule ! Un peu de musique à tue-tête, des pirouettes, de la voltige, des sauts... Je n'avais pas vu l'heure, vraiment... Je n'avais pas non plus vu les appels, les sms, rien... J'avais prévenu papa que je resterais deux heures à patiner, pas quatre... Je ne m'étais arrêtée que lorsque j'avais vu la patinoire striée de partout, la rendant impraticable... Et là j'avais paniqué. J'avais vu l'heure sur le grand cadran... 22h30. Autrement dit, il était tard, bien trop tard. Papa m'avait rapidement expliqué que tous les habitants devaient être rentré pour 23h, mais il n'avait pas encore eu le temps de me dire pourquoi. Et ce qui était certain, c'est que le temps que je me change, nettoie mes patins et rentre, il serait plus de 23h. J'allais me faire tuer... Quelque chose de beau ! Je n'avais encore jamais vu mon père en colère... Mais quelque chose me disait que si c'était aussi explosif que maman, je pouvais dire adieu à ma liberté pendant au moins un mois. Et je savais que j'allais râler, protester... Mais je m'en voulais. Parce qu'il aurait raison de m'engueuler, raison de me dire que j'étais inconsciente et irresponsable... Parce que s'il se mettait en colère, ça serait parce qu'il se faisait du souci pour moi.

Alors je m'étais précipitée dans les vestiaires, m'étais changée en vitesse et avais roulé ma tenue en boule dans mon sac. J'étais sortie à toute vitesse après avoir tout éteint, j'avais verrouillé les portes, et étais partie au pas de course pour rejoindre mon désormais petit chez moi bien douillet. Enfin douillet... Papa allait vraiment me passer un savon... Surtout maintenant...

Parce que si j'avais pu rentrer entière, comme il faut, tout se serait bien passé, finalement. Seulement ça, c'était trop demandé. Alors que je tournais à droite à un carrefour, ce type m'avait bousculée, je m'étais excusée... Et ce « bip » strident et répétitif avait brisé le silence avec une telle violence que je m'en étais arrêtée. Je l'avais regardé, lui aussi... Il m'avait dit de ne pas bouger, avait doucement porté la main à sa ceinture... Et j'avais vu briller le canon de son revolver. Qui était ce mec, j'en savais rien. Ce qu'il me voulait, au fond je m'en foutais. Tout ce que je savais, c'est qu'il n'allait pas sortir ce flingue pour jouer avec. Alors j'avais pris mes jambes à mon coup, ignorant ses sommations et hurlant en sentant une balle frôler mon oreille droite. Une de plus et je me faisais dessus... Je n'étais qu'une ado, une lycéenne un peu paumée qui n'avait rien demander à personne et qui se retrouvait poursuivie par un malade armé... Cons d'américains, j'vous dis ! J'entendais les talons de ses rangers claquer sur le bitume derrière moi tandis qu'il me poursuivait, et continuais ma route aussi vite que je le pouvais. Je bénissais ma condition physique de m'épargner les points de côté et la respiration erratique de Dark Vador, sans quoi j'aurais pu m'arrêter et lui demander de m'achever rapidement. Bon sang, mais il me voulait quoi, ce mec ?

Je commençais à paniquer... A vraiment panique... Les lames de mes patins tapaient contre mes clavicules, mon sac tirait sur mon épaule, mais la douleur n'était rien comparée à la peur que je ressentais. J'étais tétanisée et pourtant je courais, j'avais envie de hurler et pourtant j'étais muette. Je grimpais alors sur une benne à ordures en travers de la rue, puis la poussait de toutes mes forces pour qu'elle retombe sur l'autre malade. C'est ça ! Agonise donc sous des jours de marinade de poisson et de pelures de fruits, espèce de fou furieux !
Je ne faisais pas la fière pour autant... Sans demander mon reste, je me remettais à courir aussi vite que je le pouvais, jusqu'à percuter de plein fouet une autre personne. A moitié sonnée, je reculais d'un pas et la dévisageais avec un regard effaré. Une jeune fille... Elle avait peut-être 5 ou 6 ans de plus que moi, et elle avait l'air bien moins agressive que le cinglé qui me poursuivait. Après un rapide coup d'oeil, je remarquais qu'elle n'avait pas l'air de porter d'arme. En apparence. Alors je tentais l’apitoiement, lui agrippant la manche avec un regard larmoyant que je n'avais même pas besoin de simuler.

«Je vous prie, aidez-moi ! Je... Je suis poursuivie par un malade, je sais pas c'qu'il me veut et... Je me suis perdue, je sais même plus où on est... Aidez-moi j'vous en prie !»

Ce que je n'avais pas prévu, en revanche, c'est que ma panique se mettrait à chanter en choeur avec ma mutation, et que je risquais de paniquer plus encore et de transmettre ça à cette demoiselle qui ne m'avait rien demandé...

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MessageSujet: Re: Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa   Ven 1 Jan 2016 - 23:36

Another night will pass until we are sheltered...
But for now, it's time to run !
Kaisa & Ailionora


La Finnoise marchait d'un pas décidé, refusant de traîner à l'extérieur, d'autant plus que le couvre feu était largement dépassé. Elle fronça le nez, se retenant de pester à voix haute. Il ne manquerait plus qu'elle se fasse repérer et ne passe le reste de sa nuit à expliquer pourquoi elle se trouvait à l'extérieur, et non dans son petit appartement. La fatigue mêlée au stress ne rendrait pas aimable, ce qui ne serait pas pour l'aider par la suite, loin de là même. Mais que pouvait elle y faire si l'opération s'était éternisée ? La routine selon le chirurgien. Une broutille qu'il avait dit. Sauf que les complications s'étaient joyeusement enchaînées. On ne sortait pas du bloc en claquant des doigts, et on abandonnait encore moins un patient sur une table, et ce, même si on ne faisait que suturer quelques veines. Autant dire que dans ce genre de situation, l'heure devenait le cadet de leurs soucis. Seulement là, ça risquait de lui retomber dessus. Son père l'avait pourtant prévenue des risques encourus. La jeune femme avait songé à l'appeler pour qu'il vienne la chercher, l'espace de quelques secondes. Idée bien vite abandonnée, ce serait le déranger, ce qu'elle préférait éviter. Il l'aidait déjà énormément et elle refusait de devenir un fardeau ou être complètement dépendante de lui.

Le vent commença à souffler, la faisant doucement frémir. La nuit, dans des rues désertes, la lune cachées par des nuages. La jeune femme fronça le nez et secoua la tête. Un peu plus et elle se croirait dans un de ces vieux films d'horreur. Elle détestait ça, franchement. Comment ne pas être stressée ici ? Une vraie ville de cinglés tiens. Enfin, ce n'était pas comme si elle pouvait partir, d'ailleurs. Un grand merci à ses fichues barricades. De quoi lui donner la merveilleuse impression de ne pas être libre de ses mouvements, d'être piégée dans une fosse aux lions. Peut être qu'elle partait dans le mélodramatique au final... Ca ne pouvait pas être aussi horrible que cela de rester ici ? Il ne s'agissait simplement que de simples mesures de sécurité. Mais les coups de feux qui résonnèrent non loin d'elle chassa ses derniers espoirs d'une nuit tranquille et sans problèmes. De nouveau, la brune pressa un peu plus le pas, perdant légèrement son calme, son regard glissant avec méfiance sur ce qui l'entourait, cherchant la moindre échappatoire possible si le fou furieux armé se rapprochait un peu trop de sa position. Son dernier séjour en soins intensifs en tant que patiente lui avait suffi, merci bien.


Se faire percuter l'arracha brutalement de son auto-persuasion. Bien sûr que tout n'allait pas bien se passer. Les lois de Murphy n'existaient pas pour rien. Le regard larmoyant de la jeune inconnue lui fit oublier toute mauvaise humeur. C'était qu'une adolescente... Une fille plus jeune qu'elle qui avait l'air aussi paumée que terrorisée. Le type qui la poursuivait était vraiment timbré ! Sa nervosité grimpa en flèche, lui tordant les entrailles. Elle se mordit la joue, ce n'était franchement pas le moment de faire une crise de panique là au milieu. De quoi la rendre aussi sociable qu'un animal sauvage acculé. Plus instable et violente que d'ordinaire. Lui faisait perdre le contrôle d'elle même, tandis que les images sanglantes qui composaient inlassablement ses cauchemars revenaient la hanter. Elle aurait le temps pour ça une fois rentrée. Vivante et en un morceau, de préférence. Avec l'autre fille aussi.


-Suis moi !

La brune ne prit pas le temps de réfléchir alors qu'une nouvelle détonation se faisait entendre. Elle lui attrapa le poignet et détala, sans chercher à savoir si sa cadette était essoufflée ou non. La fuite restait la meilleure option, même si l'envie de fracasser l'homme ne la quitta pas vraiment. Mais l'instinct de survie l'emporta sur son accès de violence. La brune força un peu plus l'allure, tournant dans différentes ruelles, priant pour ne pas croiser d'autres idiots qui risquaient de leur faire la peau. Retourner à son propre appartement ? Hors de questions, elles se feraient cueillir chez elle. Chez son père ? Bien trop loin, et elle doutait de sa bonne humeur s'il la découvrait devant sa porte à cette heure ci. Sauf que semer gentiment leur poursuivant était visiblement trop demander. Quoique... Il suffisait de la lui jouer à l'envers non ? Se cacher ne serait pas plus mal, au moins pour savoir où elles devraient se rendre. S'organiser un minimum. Et surtout, calmer les battements furieux de son cœur tandis que ses pensées s'embrouillait de plus en plus. Mais où ? Les arbres ? Personne ne songeait à lever les yeux. Mais arriver à grimper sans se faire remarquer, en très peu de temps, surtout à deux, restait improbable. Derrière les poubelles ? Non plus. La brune avisa les buissons et jeta un coup d'œil vers l'arrière, s'assurant qu'elles ne se trouvaient pas dans le champ de vision de leur poursuivant avant de sauter entre les plantes et le murs et forcer sa cadette à s'accroupir, qu'on ne puisse plus les remarquer depuis la rue. Certes, pour le confort, il faudrait repasser, mais au moins, il y avait de la place pour deux et de quoi les mettre en relative sécurité. Le temps de trouver une solution plus efficace. 

Kaisa fit signe à sa comparse de garder le silence durant plusieurs minutes, attendant que l'homme ne s'éloigne suffisamment pour accepter de prendre le risque de parler à nouveau. Ce qui lui permit de retrouver un rythme cardiaque décent, bien que ses angoisses les plus profondes menaçaient de la submerger au moindre instant. Au moins, pouvait-elle encore sauver les apparences pour le moment... En espérant qu'elles puissent trouver un véritable refuge avant que son dernier rempart ne se brise.

-Tu t'appelles comment ? Moi c'est Kaisa... 

Un simple murmure, juste perceptible pour la jeune brune à ses côtés. Certes, ce n'était pas le meilleur moment pour faire connaissance, mais elle ne se voyait pas l'affubler de surnoms ridicules si un nouveau problème se présentait. Puis, elle voulait aussi la détourner de la terreur que l'adolescente devait ressentir, ne serait-ce qu'un tout petit peu. Ce n'était vraiment pas le moment d'être tétanisée par une crise de panique, surtout si elles ne voulaient pas se retrouver dans un cercueil. 

-Tu habites où ? Tu connaîtrais pas un endroit où on pourrait se cacher ? Je sais pas si on pourra atteindre mon appartement, et on ne peut pas repartir vers l'hôpital...





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MessageSujet: Re: Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa   Lun 11 Jan 2016 - 16:23

Another night will pass until we're sheltered...

"Ft. Kaisa Makinen"

Décidément, quand tout se passe bien il faut qu'il y ait une tuile. J'avais passé une journée pas trop dégueu sans pour autant être exceptionnelle, mais j'avais surtout fait un très bel entraînement. Je commençais à trouver mes repères ici, mon entraîneur était chouette, j'avais un père... Cool mais qui allait me tuer en rentrant... Parce que bien sûr il avait fallu que je me mette dans la merde jusqu'au cou en ne respectant pas de foutus horaires ! Sérieusement ! C'était quoi ce délire du « 23h, tout le monde au lit ! » Contrôle parental sur tout la ville ? Ca me faisait bien rire, tiens ! J'attendais le jour où le maire viendrait me raconter une histoire avant de m'endormir, parce que définitivement je ne comprenais pas pourquoi nous devions tous être barricadés chez nous avant minuit. A croire qu'on était en guerre mais qu'on avait oublié de me prévenir au préalable.

Je n'eus pas le temps de remercier la jeune fille qui m'invitait à la suivre, car déjà je la sentais me saisir le poignet et m'entraîner dans les rues de Radcliff. J'espérais de tout mon cœur qu'elle ne faisait pas ça pour au contraire me jeter en pâture au taré qui avait essayé de me tuer... Je n'arrivais pas à me calmer ni à faire taire cette foutue mutation que je sentais vibrer, onduler autour de moi... La terreur qu'elle provoquait chez ma consœur, je la sentais, et elle ne faisait qu'accroître la mienne... C'est le serpent qui se mort la queue, là ! Je courais derrière celle qui m'avait jusque là sauvé la vie, me retournant par instant pour voir si l'autre malade nous suivait toujours. La balle qui m'avait frôlée un peu plus tôt m'avait suffit, mais lui visiblement non. Deux autres balles manquèrent de nous toucher, et je plaquais une main sur ma bouche pour m'empêcher de hurler, tandis que des larmes de terreur me brouillaient la vue. Mes patins continuaient à taper contre mes clavicules, m'arrachant des grimace de douleur, et j'envisageais un instant de les balancer sur notre agresseur pour le ralentir. Nous nous retrouvâmes alors face à une ruelle dans laquelle se trouvaient de grandes poubelles, et je m'en approchais pour me cacher derrière, mais l'autre demoiselle me tira en arrière, préférant les buissons comme cachette. Je m'y accroupis à mon tour, regardant à travers les branches pour voir si l'autre nous avait retrouvées. A bout de souffle, je hochais la tête lorsque Kaisa me donna son nom, et lui fit signe de patienter un instant, le temps que mon cœur retrouve un rythme à peu près correct.

« Je m'appelle... Ailionora. Mais appelle-moi Aily, ça va plus vite. »

J'avais conscience qu'en général, quand les gens entendaient mon prénom pour la première fois, ils haussaient un sourcil et attendaient gentiment que je leur dise de m'appeler par mon surnom au lieu de galérer à prononcer à chaque fois mon nom complet.

« J'habite chez mon père, dans le centre ville... Raaah... Il va m'tuer, j'ai pas vu l'heure passer et mon téléphone à plus d'batterie... Le truc c'est que j'sais pas où on est, ici... Je suis à Radcliff que depuis deux semaines, du coup je connais pas encore bien le coin, et encore moins de nuit... Ton appart est loin d'ici ? Ou y a ptet un endroit où on pourrait se planquer en attendant ? »

Je paniquais... De plus en plus, parce que je n'avait aucune idée de l'endroit où nous étions, je n'avais aucun moyen de contacter mon père – et de toute manière il n'aurait pas pu faire grand chose pour nous aider – et nous étions en tort... Inutile d'appeler les flics, un seul type armé dans la rue, ça me suffisait.

« Qu'est ce qu'on va faire, bordel qu'est ce qu'on va faire ? C'est quoi cette ville de malade ? Et puis qu'est ce qu'il nous veut, ce type ? J'ai rien compris ! »

Ok, Aily, inspire, expire, pète un coup ça va bien s'passer... Plus facile à dire qu'à faire ! J'étais tétanisée, tremblais de partout et me demandais combien de temps il nous restait avant que le détraqué ne nous tombe dessus !

« Pourquoi il nous suit ? Je l'ai bousculé sans faire gaffe et il a sortit son flingue quand sa montre s'est mise à biper... Il a une heure fixe pour tuer les gens, ou quoi ? Tu sais ce qui se passe, toi ? »

Ahah... Si seulement j'avais su que ce n'était pas une montre mais un bracelet détecteur de mutants... Quelle naïve je faisais... Et si seulement papa avait pris le temps de m'expliquer tout ça, j'aurais p'tet été un peu moins paumée !

Des bruits se pas se firent entendre, et je me tassais un peu plus derrière le buisson, incitant Kaisa à faire de même, un doigt sur les lèvres. Ca grouillait d'insectes, là dessus, et une odeur à mi chemin entre l'urine et la terre humide me pris à la gorge. Glamour, vraiment... A la lumière des réverbères, je voyais l'ombre de notre agresseur s'avancer vers nous, tandis que mon cœur tambourinait à ma poitrine et que ma peur enflait comme un soufflé. Le seul point positif, c'est que s'il se retrouvait dans le rayon d'action de ma mutation, il aurait peut-être si peur qu'il s'en pisserait dessus et partirait en courant... Ou se mettrait à tirer dans tous les sens sans distinction. Ça c'était moins cool, bizarrement.

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MessageSujet: Re: Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa   Sam 6 Fév 2016 - 23:51

Another night will pass until we are sheltered...
But for now, it's time to run !
Kaisa & Ailionora


Le Karma, une notion qu'elle avait apprécié auparavant. Ce principe de l'hindouisme selon lequel le sort de chacun était déterminé par le bilan moral de ses vies antérieures. Mais plus elle réfléchissait, plus elle revenait à la même conclusion. Ses vies antérieures avaient sacrément dû déconner. Parce qu'elle avait pas mal enchaîné ces dernier temps. Le pire restant l'impression qu'elle n'avait pas encore atteint le summum, que tout ceci ne représentait qu'un minuscule avant goût. Joie suprême...
Une histoire qu'elle ne raconterait certainement pas à son psy, tant pis s'il lui disait qu'elle se refermait à nouveau. Moins il existerait de personnes au courant de cette aventure, mieux cela serait pour tout le monde.

-On va trouver quelque chose, et surtout on va s'en sortir. Deux contre un, c'est jouable.

Même si elle se doutait bien de la présence d'autres cinglés tels que lui dans les parages. Et peut-être même des mieux entraînés. La jeune femme prit une longue inspiration, pour faire taire les potentiels trémolos dans sa voix. Ne pas craquer, ni pleurer. Ses crises d'angoisses seraient trop dévastatrices dans un tel moment. L'étape de violence pure ne posait pas tellement de soucis, mais la paralysie qui venait juste avant ne les aideraient en rien. Ce serait juste la bonne méthode pour se prendre une balle sans pouvoir bouger ne serait-ce que le petit orteil. Un court instant, son regard se fit vague, presque absent. Elle en venait à regretter le cocon protecteur de la chambre d'hôpital où elle était sortie du comas, à défaut d'un autre endroit où elle se sentait vraiment en sécurité.

Ce qu'elles allaient faire ? Courir. Survivre, c'était ça le truc. Ne jamais abandonner. Pas question de mourir alors qu'elle s'était réveillée aussi peu de temps auparavant et qu'elle ne recouvre sa mémoire. Puis Aili n'avait pas dépassé la majorité. Une adolescente avec son père qui l'attendait avec inquiétude. Au final, elles étaient bien trop jeunes pour y passer. Elles n'iraient pas gonfler le nombre déjà beaucoup trop élevé des morts de Radcliff.  

-Pour la ville de fous furieux, j'ai pas beaucoup d'explications, j'y comprends pas grand chose non plus.  Et il faudrait qu'on repasse devant l'autre abruti pour arriver à mon appartement, peut être en faisant un détour... J'aurai bien proposé l'hôpital, mais on est trop loin.

Une voix calme, bien loin de la tempête qui hurlait dans son esprit. Surtout qu'elle ne savait pas vers qui se tourner. Des amis ? Peut être, mais lesquels ? Elle ne se souvenait de rien, et son portable avait été trop endommagé pour qu'elle puisse en tirer des noms. Et encore moins des numéros.

Bordel... Pourquoi fallait-il que ça leur tombe dessus, hein ? Rentrer tranquillement c'était trop demander ? Visiblement, oui. Déjà que la simple mention des Hunter la faisait frissonner, mais se faire poursuivre par l'un d'entre eux relevait juste de la pure horreur.

-C'est sûrement... Un Chasseur. Certains d'entre eux possèdent des bracelets qui détectent les mutations. Ca s'est sûrement enclenché quand tu lui es rentrée dedans.  

Rafael lui avait expliqué certaines choses pour ne pas qu'elle soit complètement perdue en ville, et lui avait aussi spécifié, si ce n'était ordonné, d'éviter les mutants. En employant des termes nettement moins sympathiques.
Son père, son sang, celui en qui elle pouvait avoir une totale confiance. Celui qui aurait été son plus grand modèle si elle n'avait pas été séparée de lui à la naissance. Pourtant, le doute s'installait dans son esprit. La brune n'était qu'une gamine... Effrayée qui plus est. Comment pouvait elle être un monstre, une racaille ? Non, elle ne pouvait cautionner le fait qu'on s'en prenne à des adolescents ou des enfants. Des êtres innocents et qui n'avaient rien demandé pour la plupart. De quoi faire flamber un peu plus sa colère contre leur poursuivant qui prenait le dessus. Son sang froid s'effritait peu à peu, brisant lentement mais sûrement son masque d'assurance et de calme. La seule certitude restait cette boule incandescente qui lui broyait les entrailles, étrange mélange de panique et de haine mêlée. Quelque chose de viscéral. Les chasseurs lui fichaient une trouille monstrueuse, sans qu'elle ne sache vraiment pourquoi, un fait sûrement relié avec un pan de ce passé qui lui échappait inlassablement.

-On en rediscutera au calme mais pas ici. On va bientôt devoir bouger. On ne peut pas rester planquées ici très longtemps.

Une proie immobile était trop visible. Vulnérable. Ou déjà morte. Mais alors que son cerveau carburait pour trouver une solution potable pour s'en sortir plus ou moins indemne, le bruit de pas se rapprochant lui tordit l'estomac, et ce sans compter l'odeur désagréable qui les entourait. Comparé à de la gangrène, c'était presque une fragrance agréable.

Son regard suivit l'ombre de leur poursuivant qui s'avançait dangereusement vers elles. Instinctivement elle se recroquevilla, non pas pour se fondre encore plus dans l'ombre, mais surtout pour pouvoir lui sauter à la gorge. N'ayant pas d'arme, la partie s'annonçait plus compliquée, à la limite du suicidaire même. Sauf qu'en étant interne, d'autant plus en chirurgie, les faiblesses anatomiques du corps humain ne lui étaient pas inconnues. Seul avantage en sa possession, avec l'effet de surprise. Mais se laisser faire, supplier, se soumettre ne lui traversait pas l'esprit. Seul l'instinct de survie subsistait, et cette colère... Une colère sourde qui grondait et prenait le dessus sur tout le reste. Une violence qui lui coulait dans les veines et qui ne demandait qu'à éclater. Son cœur tambourinait avec violence à ses oreilles, lui faisant presque oublier la jeune fille à ses côtés. Seul comptait ce chasseur qui continuait de se rapprocher à pas de loup, comme si elles ne l'avaient pas remarqué.

Mais pourtant elle tiqua. Quelque chose clochait. L'assurance de l'homme semblait s'envoler en même temps que la distance qui les séparait. Du peu qu'elle pouvait voir, il... Tremblait. Oui c'était bien le mot. Comme s'il était terrifié, qu'il commençait à perdre pieds. Un nouvel atout dont elles pourrait se servir. Car il baisserait sa garde, commettrait des erreurs. La marge de manœuvre restait horriblement étroite, mais au moins auraient-elles une ouverture. Et pour la première fois depuis le début de la soirée, elle bénissait la pénombre qui les entourait et qui cachait un minimum leur identités.

La finnoise serra doucement le poignet de sa cadette, sans pour autant lâcher leur ennemi commun de son regard vert. Plus que quelques dizaines de centimètres... Juste un tout petit peu...

Sans prévenir elle lâcher Aili et sauta sur l'inconnu, son épaule lui rentra dedans avec violence au niveau du plexus solaire, de quoi lui couper le souffle en bonne et due forme. Sans attendre sa réaction, elle donna un coup sec pour faire tomber l'arme, recevant le coude de l'agresseur dans la tempe. Elle recula, un peu sonnée mais tira de nouveau la plus jeune avant de reprendre la course une fois de plus.

-Cours !

Malgré sa détermination, une légère pointe de désespoir se fit entendre. Si au à l'hôpital elle s'avérait doué pour prendre des décisions sous pression, là c'était comme si son corps était sur pilote automatique,qu'elle ne contrôlait plus grand chose. Et la fuite restait toujours la meilleure option. Lâche aurait dit certains, et peut être qu'ils avaient raison, mais les probabilités qu'elles restent en vie étaient nettement plus élevés. Elle ne miserait pas leurs vies sur des capacités qu'elle possédait grâce à ce passé qui persistait à la fuir. Un vrai cercle vicieux, avec juste l'espoir de l'avoir un peu ralentit. Surtout le temps qu'il cherche son arme sur le sol. Même si ça ne durerait pas vu le bruit de course qui s'élevait déjà derrière. Ca ne se terminerait jamais. Elle jura en finnois avant de jeter un coup d'oeil à Aili.

-Si t'as la moindre idée, j'suis preneuse !

Parce que pour le coup, en plus d'être terrifié, celui qui les coursait avec entrain pour les descendre avait l'air un poil enragé. Foutu karma tiens !  




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MessageSujet: Re: Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa   Lun 14 Mar 2016 - 10:35

Another night will pass until we're sheltered...

"Ft. Kaisa Makinen"

Courir pour survivre, la peur au ventre, se sentir pousser des ailes grâce à l'adrénaline... Ce genre de connerie, on le voyait dans les films, pas dans la réalité ! Quand on était confortablement installé dans son canapé, un seau de pop corn dans les mains et une bouteille de soda posée par trop loin... On se savait en sécurité, alors on vivait par procuration la terreur des personnages, leurs échecs, leurs victoires... Mais parce qu'on se savait en sécurité, on était simplement enivré par une poussée d'adrénaline... Et bien cette fois, c'était dans la réalité. Et j'appréciais beaucoup moins le principe d'être véritablement traquée et de ne pas avoir de pop corn. Si je persistais à me dire que nous pouvions nous en sortir, que quelqu'un volerait à notre secours, j'étais forcée de constater qu'il faisait nuit, que la plupart des habitants de cette ville respectaient scrupuleusement ce fichu couvre feu, et qu'il n'y avait ni Batman, ni Superman ici.

Tapie dans l'ombre avec Kaisa, je tentais de mettre au point un plan pas trop bancal pour qu'on s'en sorte... Mais j'étais nulle en stratégie, et la panique m'empêchait de réfléchir. Catalysant les peurs les plus enfouies chez ceux qui m'entouraient, je pouvais sentir celle de notre assaillant comme celle de Kaisa. Et si eux devaient paniquer, ils n'avaient à subir que leurs propres angoisses... Pour ma part, je me retrouvais partagée entre les leurs et les miennes, et c'était loin de me ravir. Je fermais un instant les yeux, me forçant au calme et me focalisant sur la voix de la finnoise. Apparemment, elle non plus n'y comprenait rien, à la folie ambiante qui régnait ici... Y avait-il seulement quelqu'un capable de nous éclairer à ce sujet, ou bien était-ce habituel de voir des cinglés tirer sur d'honnêtes gens ? L'hôpital était trop loin, l'appartement de Kai également... Mais il me semblait reconnaître cette pizzeria au coin de la rue, je me souvenais y être descendue plusieurs fois avec mon oncle. On n'était qu'à quelques rues de l'immeuble où vivait mon père, ce n'était peut-être pas si désespéré, finalement ?

« Wow heu... Un chasseur ? Tu veux dire qu'il y a des gens qui... Chassent les mutants, ici ? Mais c'est quoi cette ville de grands malades ? Ahah ça serait bizarre qu'il se soit... Oook... Je suis grillée, hin ? »

Non seulement je n'étais pas vraiment au courant que des gens traquaient les mutants – j'avais juste vaguement compris qu'une milice arrêtait les mutants déviants – mais en plus je venais tout simplement de briser ma couverture face à une inconnue. Et si elle aussi était une chasseuse ? De quoi j'aurais l'air ? Consciente de l'urgence de la situation mais désireuse de clarifier les choses, je ne posais m'empêcher de poser la question.

« T'en es pas une, hin ? Tu vas pas m'faire la peau une fois que l'autre taré sera parti ? »

J'étais sincère. Même si elle m'inspirais confiance, je me souvenais que mon père m'avait bien dit de me méfier de tout le monde ici. Et il avait promis de me parler de tout ça, seulement pour le moment, nous n'en avions pas eu le temps. Finalement, les choses s'accélérèrent. Plus à même d'évaluer la situation, Kaisa m'attrapa la poignet et avisant le taré qui nous avait prises en chasse. Me glissant derrière elle en silence, je restais en retrait pour la laisser agir. L'autre type tremblait, comme s'il était pétrifié par la peur... Et ça, je savait que c'était à cause de moi. Ça avait beau être un salopard de compétition, je n'aimais pas l'idée d'être à l'origine de son malaise, tout simplement parce que je ne contrôlais pas ça. Je grimaçais même quand Kaisa lui porta un coup dans la poitrine – ça devait quand même pas faire que du bien – mais la bénissais pour nous avoir offert une occasion de nous enfuir.

Je ne me fis pas prier et reprenais ma course derrière elle, tirant son bras en direction de la pizzeria que j'avais repérée un peu plus tôt. Plus nous nous rapprocherions de l'immeuble, plus nous aurions de chance de pouvoir nous abriter. Comme si j'avais peur de l'oublier, je me répétais inlassablement le code de la porte d'entrée du bâtiment, nous voyant déjà à l'intérieur en train de gratifier notre agresseur d'un merveilleux doigt d'honneur... Mais il se rapprochait... Bien trop vite... Plus que quelques pas et nous serions à portée de tir, ou bien il pourrait nous faire trébucher. Autant d'issues en perspective qui ne me rassuraient absolument pas. Finalement, nous nous retrouvâmes face à lui, enragé qu'il était de voir deux gamines lui échapper alors que la peur lui tenaillait déjà les entrailles.

« J'ai bien une idée... Mais je l'aime pas trop... »

A vrai dire, si les effets de ma mutation fuitaient depuis pas mal de temps maintenant, je mettais toute ma concentration en œuvre pour ne pas la laisser pleinement exploser. Seulement... Peut-être qu'en lui jetant à la figure une pleine vague de terreur, ce type s'en irait en courant ? Je m'approchais alors de lui, mettant le plus de distance possible entre moi et Kaisa, pour qu'elle ne soit pas trop touchée. Dans tous les cas, je n'avais aucune véritable notion de la portée de ma mutation, mais c'était là notre seule option. Et ce revolver qu'il pointait sur moi me faisait trembler de la tête aux pieds, mais je voyais bien qu'il hésitait, qu'il avait compris que quelque chose n'allait pas... Penchant la tête sur le côté, je l'observais. Peut-être avait-il l'air véritablement inquiétant, lorsqu'il n'avait pas peur... Mais la terreur qui lui broyait les tripes le rendait tout de suite plus... Pathétique. Alors, sans un mot, sans un geste, je relâchais ma concentration, laissant les effets néfastes de ma mutation se déverser sur lui comme des torrents de cauchemars. J'étais si terrifiée moi-même que les effets en furent décuplés, et bientôt l'autre en lâcha à nouveau son arme et tomba à genoux en hurlant. Prenant de plein fouet sa terreur à lui, je titubais en reculant, tandis qu'il se roulait en chien de fusil en pleurant lamentablement. J'aurais pu rire de sa situation, si je n'avais pas trouvé cela aussi triste et angoissant. Cette mutation me faisait plus peur qu'autre chose, et tant que je la craindrais, je ne serais pas en mesure de la contrôler. Finalement, je reculais jusqu'à Kaisa.

« Je... J'suis désolée si ça t'a touchée, vraiment, je voulais pas... Mais... J'avais pas le choix, il nous aurait tuées et... Ça va ? On est plus qu'à deux rues de chez moi, on va pouvoir s'abriter là-bas ! »
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MessageSujet: Re: Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa   Dim 20 Mar 2016 - 17:45

Another night will pass until we are sheltered...
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La remarque ne la surprit pas vraiment. Oui, Radcliff était une vraie ville de dingue. Et d'habitude elle suivait sagement les directives de son papa, et ne mettait pas le nez dehors après le couvre feu. Mais là, la finnoise n'avait pas eu le choix. On n'abandonnait pas un patient sur une table sous prétexte qu'il était l'heure de rentrer et de se mettre à l'abris.

-Oui, des gens qui chassent ceux qui portent la mutation. Surtout le soir, c'est vraiment pas prudent de sortir. On vient d'en avoir la preuve avec ce taré. Et du coup, il a du te repérer avec son bracelet, d'où le fait qu'il te poursuit.

Elle préférait éviter les mots trop fort comme tuer. Eliminer. Ce n'était franchement pas le meilleur moment pour parler de ce genre de chose. Un léger rictus étira ses lèvres lorsque sa comparse lui demanda si elle était une chasseuse.

-Si j'en étais une, je ne serais pas en train de t'aider à te cacher. T'en fais pas, j'suis pas un danger pour toi.

Par contre, pour celui qui les traquait, elle ne promettait rien du tout. Il suffisait qu'elle perde le contrôle, qu'une vague de rage et de violence prenne le dessus.

Elle suivit les indications de la plus jeune sans protester, avec l'espoir de pouvoir s'en sortir rapidement. Mais bien évidemment, rien ne pouvait être simple. Son regard ne quittait plus le chasseur qui leur faisait face, rouge de haine.

-Quoi que ce soit je suis preneuse, là, hein..

Non parce qu'elle tenait pas tant que ça à se faire trouer la peau ce soir. Surtout par une balle. Kai tenait quand même à sa vie, puis elle venait tout juste de retrouver son père. Hors de question de disparaître comme ça.

Une peur panique la frappa avec la force d'un camion lancé à pleine puissance. Kai s'arrêta brutalement, cessant tout mouvement. Les petits cheveux à l'arrière de sa nuque se hérissèrent alors que ses pupilles se dilataient. Et le besoin viscéral de s'enfuir le plus loin possible, hurler à s'en déchirer les cordes vocales. Courir à s'en bousiller le coeur. Pourtant s'était comme si une chape de plomb s'était abattu sur son corps, bloquant chacun de ses mouvements. Elle se mordit la lèvre jusqu'au sang pour ne pas s'effondrer.

Et déjà, ses cauchemars prenaient le dessus sur la réalité. Une autre scène se transposait sous ses yeux. Le sang la maculant, une voix qui lui hurlait dessus, la menaçait, sans qu'elle n'en comprenne la raison. La douleur fantôme qui la broyait, laissant une marque vive dans son esprit. Elle connaissait cette sensation. Celle qui hantait la plupart de ses nuits. Mais jamais la brune n'aurait pensé que cette dernière puisse devenir aussi puissante, démultipliée, écœurante. L'écraser comme un vulgaire moustique, au point où elle peinait à respirer. Un long frisson la secoua. Pourquoi n'était-il pas là ? Aussi horrible soit-elle pour ne pas se souvenir de son visage où de son nom, elle avait besoin de lui. Cette présence qui pourrait balayer toutes ses terreurs. Un fantôme qui refusait de réapparaître.

La finnoise haïssait ce genre de moment. Elle était si faible. Pathétique. Les battement assourdissant de son cœur prenait le pas sur le reste, au point où elle entendit à peine le hurlement déchirant du chasseur qui perdait la totalité de sa crédibilité en l'espace de quelques secondes.

Lorsqu'Aili parla, elle ne réagit pas. Aucune réponse, pas même un sursaut. Seul son regard braqué sur sa cadette prouvait qu'elle l'avait entendue. Un regard où un maelström d'émotions faisait rage. Une terreur noire, abyssale. Mais aussi quelque chose de plus violent, plus sombre. Un instinct de survie qui menaçait de prendre le dessus, un prédateur acculé, blessé. Prêt à tout pour survivre. Tendue comme un arc, la brune observait sa comparse, prête à lui briser un membre si cela s'avérait nécessaire. Et ce fut d'ailleurs cette pensée qui la fit tiquer et la ramena à la réalité. Elle cligna des paupières l'espace de quelques seconde, comme si elle sortait d'une sorte de transe.

-Ca va aller, t'en fais pas pour moi je tiens le coup.

Une phrase qu'elle avait l'habitude de se répéter. Toujours avancer, s'accrocher, ne jamais abandonner. Il suffisait juste qu'elle évite de trop cogiter. Une crise pour la soirée lui suffisait, surtout qu'une seconde la terrasserait, tout simplement. Alors pour convaincre Aili, elle fit la seule chose qui lui vint à l'esprit. La Makinen sourit, perdant toute trace d'agressivité ou de dangerosité. Un sourire un peu tordu, incertain, mais tout de même présent. Elle avait survécu à pire, elle n'allait pas se briser maintenant. Du moins, pas sous ses yeux, ça attendrait son retour dans son petit appartement.  

-Je te suis. Vaut mieux qu'on se dépêche avant qu'il ne se remette de ses émotions.

La brune désigna d'un vague geste de la tête le Hunter qui restait en position foetale, le corps secoué d'énorme sanglots. Le pouvoir d'Aili était vraiment efficace... Mais pourtant, elle ne craignait pas la plus jeune, elle ne la haïssait pas non plus. Peut être parce que l'adolescente se sentait autant coupable à l'idée de faire du mal à qui que ce soit ? Elle lui pressa doucement le bras et se remit en marche. Plus vite elles seraient arrivées, mieux ce serait. Au moins il ne pourrait pas les suivre à l'intérieur. Un havre de paix sur lequel elle ne cracherait pas du tout.

Mais au moins elles avaient une avance confortable, Aili pourrait même taper le code tranquillement, sans qu'elle ne se fasse tirer dessus comme des lapins.

-Du coup, ça dérangera pas ton père que je débarque comme ça ?

Question idiote, surtout qu'elle ne se voyait pas refaire la route jusqu'à son appartement. Pas alors que ça grouillait de chasseurs. Et même si elle était humaine, ça ne l'empêcherait pas d'avoir des soucis, ou pire, d'en causer à Rafael.

 


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MessageSujet: Re: Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa   Mer 11 Mai 2016 - 14:13

Another night will pass until we're sheltered...

"Ft. Kaisa Makinen"

Je hochais la tête face aux remarques de Kaisa. Elle avait raison... Elle n'aurait pas été en train de m'aider, si elle avait été une chasseuse elle aussi. Seulement, je ne pouvais m'empêcher d'être paranoïaque et de me demander si elle ne faisait pas tout ça dans le but de récupérer une proie pour son tableau de chasse derrière et... Non. Définitivement, elle n'avait pas l'allure d'une chasseuse diabolique avec des idées aussi tordues en tête.

« Désolée... Je panique totalement, là, j'ai un peu tendance à voir le mal partout... Ils ont des bracelets de détection ? Merde mais on est pas des bêtes ! »

Des bracelets de détection... Sérieusement ? Tout ça pour mieux nous traquer et nous éliminer ? Histoire d'être plus efficaces, ils auraient peut-être dû prendre la population totale de la ville et l'aligner sur la place de la mairie, comme ça à chaque gus qui sonne, une balle dans la tête ! C'est cadeau ! Ville de tarés... Pays de malades... Et malade, je l'étais. Malade de voir autant de violence et n'être capable que du pire avec ce qu'ils appelaient abomination. Mais puisque c'était susceptible de nous aider à nous en sortir, alors... Rompant les chaînes fragiles qui maintenaient ma mutation en cage, je la laissais s'exprimer de façon anarchique, incapable que j'étais de ne cibler que le chasseur en face de moi. Alors je les sentis, les terreurs qui devaient le faire chouiner la nuit quand il faisait des cauchemars. Et sa peur à lui, je m'en fichais bien. C'était celle de Kaisa qui me peinait bien plus. Parce qu'elle avait aidé et que je lui faisais involontairement subir le martyr. Si j'étais incapable de connaître ses peurs les plus profondes, les ressentait quand même. Il y avait quelque chose de profondément traumatisant dans le passé de la finnoise, mais je n'avais ni l'envie ni la curiosité de chercher plus loin. Je ne voulais pas savoir ce qui la terrorisait à ce point si elle ne voulait pas en parler, tout ce qui importait à présent, c'était que le chasseur avait cédé à la panique et qu'il ne reviendrait pas de si tôt nous emmerder.

Mais la peur laissait des séquelles, des marques invisibles bien plus profondes que des cicatrices physiques. Je captais dans le regard de Kaisa la terreur qui faisait rage dans son esprit, et envisageais un instant de prendre mes jambes à mon cou tant je me sentais coupable. Je nous avais certes sauvé la mise, mais à quel prix ? Personne ne méritait ça... Et je n'avais pas encore conscience du potentiel de ma mutation. Je ne savais pas encore que sa terreur, je pouvais aussi bien l’intensifier que l'absorber. Tout ce que je pouvais faire pour le moment, c'était la regarder et tenter de la rassurer.

« Je suis vraiment désolée... Ça ne fait pas très longtemps que je sais que je suis une... Une mutante... Je maîtrise rien, je voulais juste le faire fuir... »

Le sourire de Kaisa me rassura un peu, mais je ne me sentais pas moins coupable pour autant. Et à vrai dire, j'aurais parfaitement compris qu'elle m'en veuille pour ça... Pourtant, elle accepta de me suivre jusqu'à l'appartement de mon père, comme si elle comprenait parfaitement la situation. Comme si... Comme si elle était la première à accepter le fait que je ne maîtrise pas tout et sois plus une victime de ma mutation qu'autre chose. Des regards dégoûtés ou fuyants, j'en avais vu. Des sourires et des « ça va aller », beaucoup moins. Et quelque part, ça me touchait vraiment beaucoup. Si bien que, sans en avoir conscience, j'allégeais un peu son angoisse, comme si ma mutation agissait d'elle-même suivant mes émotions.

« Ouais... Ça serait dommage d'avoir fait tout ça pour qu'il revienne à la chagre... Suis-moi ! »

Sans ajouter un mot, je tournais à droite dans la rue suivante, la traversais et poussais un profond soupir en voyant l'immeuble se dessiner dans l'obscurité. Enfin ! Jamais je n'avais été aussi heureuse de le voir, ce vieux bâtiment... Toujours aux aguets, je m'assurais que nous n'étions plus suivie et tapais le code de la porte d'entrée avec des gestes fébriles.

« Tu viens de me sauver la vie... S'il dit quoi que ce soit, c'est qu'il aura rien compris... Il risque d'être un peu grognon, c'est vrai... »

Un peu grognon, c'était peu de le dire... Il allait surtout me tuer, m'éventrer, me faire la peau... Les bleus que je portais et mon teint livide ne suffiraient pas à l'attendrir, mais tout ce dont j'avais besoin, c'était que mon père me prenne dans ses bras et me dise que tout était fini, que j'étais en sécurité... Qu'il me protégerait quoi qu'il arrive.

Je déglutis, toujours en panique, en arrivant devant la porte. Je farfouillais dans mes poches, trouvais la clé de la porte d'entrée et la fis tourner doucement dans la serrure en essayant de faire le moins de bruit possible. Une fois à l'intérieur, je refermais la porte le plus silencieusement possible et me tournais vers Kaisa.

« Je vais aller nous chercher à boire et je te prêterai mon lit pour cette nuit... On sait jamais, si l'autre fou se réveille je ne voudrais pas qu'il t'arrive quelque chose... », chuchotais-je d'une voix coupable.

J'allumais alors la lumière dans le salon... Et poussais un hurlement de terreur en me retrouvant nez à nez avec l'aveugle le plus en colère que j'avais jamais vu.

« P... Papa ? Mais ça va pas de surgir comme ça dans le dos des gens ? »Hurlais-je tandis que mes nerfs lâchaient et que je me mettais à pleurer. « Comme si j'avais pas déjà eu assez les boules comme ça ce soir ! Je... Je suis désolée... »

Je restais là, tremblante de la tête aux pieds et incapable de faire le moindre mouvement ou de lui présenter Kaisa. Tout ce que je voulais, c'était me réfugier dans ses bras comme une gamine de quatre ans.
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MessageSujet: Re: Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa   Mar 17 Mai 2016 - 23:08

another night will pass until we're sheltered
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Razen ne doit certainement pas être le père le plus sévère qu’il soit. Loin de là, même. En même temps, les seules limites qu’il s’est imposé et qu’il a imposées à Alvin à l’époque puis à Ailionora, ce sont les limites qui font passer de la liberté à la prison. Et la seule règle qui prime chez les Townshend est une règle aussi simple que relativement moyenne d’un point de vue légalité : quoique tu fasses, tu peux le faire mais débrouille-toi pour ne pas te faire prendre. En somme, il aurait pu clairement être davantage sur le dos d’Ailionora. Il aurait pu, vu la situation en ville et plus encore vu sa nature de mutatne, lui imposer un couvre-feu, lui imposer des restrictions, lui imposer un bon nombre de choses autre que de rentrer dormir à l’appartement le soir et de faire profil bas. Mais… mais Razen n’est pas spécialement un bon père et pour être honnête, il a tendance à ne pas réussir à considérer à sa juste valeur l’âge d’Ailionora. Il la pousse à être débrouillarde, il la considère comme bien plus âgée que ce qu’elle ne l’est actuellement, il se projette à son âge en oubliant de prendre en compte que tous les jeunes de seize ans n’ont pas deux petits frères à charge. Et ne s’appellent pas Razen. Dans tous les cas…

Il a mis longtemps à se rendre compte qu’elle n’était pas encore rentrée. Et que ce n’était pas normal. Plongé dans sa lecture d’un site dont il parcourait les pages à toute vitesse du bout des doigts, sur une tablette prévue à cet effet, Razen n’avait aucune notion du temps, de l’heure, du caractère tardif de son grignotage. Un plat de chips à portée de main, son portable perdu quelque part dans sa poche, les différents journaux retranscrits sous ses doigts… sans une pause et un réflexe qui l’avait conduit à savoir l’heure, il aurait même pu oublier l’existence de sa fille et son absence. Mais à partir du moment où tout s’est imposé à son esprit… il faut bien le dire : il a commencé à paniquer. Couvre-feu passé, téléphone qui ne répond pas… son impuissance exacerbée par sa cécité lui pèse plus que jamais depuis trop de temps maintenant et il tourne comme un lion en cage dans l’appartement, incapable de se concentrer sur quoique ce soit, incapable, même, de cesser d’envisager le pire. Il aurait peut-être dû lui expliquer plus en détails les risques qu’elle courrait, il aurait peut-être dû lui expliquer tout court l’existence des chasseurs et leurs conséquences mais… mais il ne l’a pas fait. Et pour de bonnes raisons. Mais il regrette. Où est-elle ? Que fait-elle ? Il sait qu’Alvin est indisponible et qu’il ne peut de toute manière rien faire, il sait que tout ce qu’il lui est actuellement possible de faire, c’est juste d’attendre, d’attendre le lendemain, d’attendre qu’elle rentre ou qu’on l’appelle. D’attendre. Quelle idée d’avoir une fille lorsqu’on nage depuis trop d’années dans les eaux troubles, aussi… Attendre… ses pas le font errer dans le salon, se perdre du côté de la cuisine pour revenir vers… Razen se fige. Instantanément. Des pas, des éclats de voix. Ailionora. Des clés dans la serrure, aussi, juste le temps qu’il lui faut pour se mettre debout au milieu du salon et croiser les bras. D’un air sévère. Des pas, des respirations. Il se crispe instantanément lorsqu’il se rend compte que non contente d’avoir enfreint la plupart des règles de Radcliff, risqué sa vie et l’avoir inquiété, elle ramène quelqu’un à l’appartement. Impassible, il attend d’ailleurs qu’elle le remarque. Parce qu’elle va le remarquer, c’est forcé. Il lui suffit d’allumer la lumière ou de le heurter, il lui suffit de… « Je vais aller nous chercher à boire et je te prêterai mon lit pour cette nuit... On sait jamais, si l'autre fou se réveille je ne voudrais pas qu'il t'arrive quelque chose... » Razen arqua un sourcil, tuant dans l’œuf l’ombre de sourire qui manqua de naître sur ses lèvres. L’autre fou ? Vraiment ?

Le hurlement d’Aily est ce qui lui manquait pour être certain d’être visible. Il croise les bras dans un soupir, regardant fixant, puisqu’il ne peut faire autrement, dans la direction théorique de sa fille. Colère froide, visage glacial, mutisme éloquent. Il attend, des explications. Des excuses. Des justifications. Quelque chose. « P... Papa ? Mais ça va pas de surgir comme ça dans le dos des gens ? » Oh, elle peut hurler tant qu’elle veut, il ne sourcillera vraiment pas. Il est en colère, le Razen. En colère contre cette peur qu’il ne pouvait pas combattre, en colère contre lui pour ne pas avoir pris les mesures qui s’imposaient, en colère contre Ailionora qui s’est mise en danger quand qu’il n’ait les moyens de lui venir en aide… en colère, encore une fois en colère, toujours en colère. Elle peut hurler autant qu’elle veut, ça n’aura aucun effet. « Comme si j'avais pas déjà eu assez les boules comme ça ce soir ! Je... Je suis désolée... » Mais les larmes, en revanche… les larmes qu’il devine dans sa voix, dans ses excuses, dans ses balbutiements… Il n’est pas un bon père, le Razen, il est certainement beaucoup trop laxiste, désinvolte et incapable d’élever une adolescente, mais il n’a pas besoin d’être un bon père pour savoir ce qu’il a à faire. Il ouvre les bras dans un soupir, comme pour inviter Ailionora à s’y réfugier. « Viens là, loukoum. Arrête de hurler s’il te plait, calme-toi. Et viens là, que je puisse vérifier que tu es entière. » Il lève le menton en direction de l’autre personne, hésitant entre regretter de ne pas avoir ses lunettes de soleil pour masquer son regard vide et ne rien en avoir à faire. « Tu n’es pas rentrée seule ? Qui c’est ? Qu’est ce que vous avez fait à ma fille, au juste ? Que s'est il passé ? »



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MessageSujet: Re: Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa   Sam 4 Juin 2016 - 16:03

Another night will pass until we are sheltered...
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L'insécurité dans le regard de la plus jeune, cette peur de se faire rejeter. Même si elle ne la connaissait quasiment pas, elle détestait voir ce genre d'expression sur son visage. Peut être se maudirait-elle sa faiblesse envers Aili plus tard, mais pour le moment elle ne pouvait pas vraiment lutter contre. Pas lorsqu'elles venaient de vivre une expérience aussi anxiogène. Son expression se recomposa un minimum, sans pour autant faire disparaître son sourire. Non, elle n'allait clairement pas la rejeter alors que son pouvoir venait littéralement de leur sauver la peau. Si elle n'était pas aussi incertaine quant à ses propres réactions, la brune aurait cherché à la rassurer par des gestes aussi. Mais elle craignait de s'effondrer à la moindre marque d'affection. Ses faiblesses, elle les enterrait comme elle le pouvait, cherchant à cacher ses failles encore trop douloureuses. Ce n'était pas très sain, mais soit elle ne faisait pas assez confiance à ceux qui l'entouraient pour le moment, soit elle refusait de déranger et se débrouillait avec les moyens du bord. 

-Ca va aller, ne t'en fais pas pour ça... C'est pas ta faute, et c'est grâce à toi si on est encore en un seul morceau. 


Peu à peu, la finnoise retrouvait le contrôle sur ses esprits. Son coeur se calma un tant soit peu tandis que les dernières images sanglantes qui hantait ses pensées s'effacèrent. Elle suivit l'adolescente, jetant un regard en coin au chasseur encore prostrée, les larmes coulant abondamment sur ses joues. Ca lui ferait les pieds à celui là. Même si l'homme ne semblait pas apte à reprendre ses esprits rapidement, elle vérifiait régulièrement derrière elles, au cas où. Une surprise de ce genre lui suffisait pour la soirée, merci bien. 

Un peu grognon ? Immédiatement elle pensa à son propre père qui risquait de ne pas lui faire de cadeau s'il apprenait ce qu'il s'était passé. Pour son inconscience, et le fait qu'elle lui ait désobéi. Ou pas. Elle ne savait pas vraiment comment il réagirait, elle n'arrivait pas toujours à le cerner au final. Sûrement qu'il comprendrait ce qui lui était arrivé en voyant les hématomes et sa nervosités qui grimperait dès qu'il évoquerait les chasseurs. Elle réglerait ça le moment venu. 

-Merci... Désolée de t'embêter, tu sais je peux prendre le fauteuil, hein...? 


Elle chuchotait à son tour, peu désireuse de réveiller les autres habitants de l'appartement. La finnoise ne saurait pas forcément comment réagir. La présence d'Aili, ça allait, elle pouvait gérer, mais d'une autre personne qui pourrait lui apparaître menaçante physiquement, ça, c'était moins sûr. Sauf que sa demande muette ne fut pas exaucée. A peine l'adolescente eut -elle allumée la lumière qu'elle sursauta violemment en voyant l'homme. Instinctivement, elle recula d'un pas vers la porte, les muscles tendus, prête à fuir au besoin. Les nerfs à fleur de peau, elle avait bien failli hurler elle aussi. Et l'envie de lui envoyer des insanités à la figure se fit plus que présente. On avait pas idée de rester aussi silencieux dans le noir ! Il voulait qu'elles fassent des crises cardiaques ou quoi ?!

Le ton de l'homme ainsi que sa nervosité qui était remontée en flèche la poussait presque à lui balancer une réplique mordante. Elle ravala difficilement cette dernière. Un autre jour peut-être, mais pas maintenant. Elle monterait bien trop vite dans les tours. 

-Moi ? Je m'appelle Kaisa. J'ai rien fait. On s'est fait poursuivre par un cinglé qui doit encore être quelque part dans les ruelles et qui a eu envie de se taper une partie de paintball avec balles réelles. 

Le sarcasme était parti tout seul. Mais pour le coup, elle ne se voyait pas trop comment lui expliquer avec calme et retenu. Seul sa fierté et sa méfiance l'empêchait de fondre en larme comme Aili. Franchement, lui non plus ne la rassurait pas. Parce qu'il était un homme, et que physiquement, il devait sûrement avoir plus de force qu'elle. Certes, Kaisa avait bien remarqué qu'il était aveugle, mais le fait qu'il l'ait repéré aussi facilement, lui prouvait qu'il saurait très bien se débrouiller pour l'atteindre. Pour le coup, il ne lui inspirait vraiment pas grand chose de bon.


Son regard dériva sur la petite brune et elle l'observa un instant, remarquant ses vêtements un peu déchirés par endroit. Avec tout ça, elle n'avait pas pu vérifier l'état de sa compère. 

-Si Aili est blessée je peux aider. 


Surtout qu'elle n'arriverait pas à fermer l'oeil aussi rapidement. Soigner Aili la ramènerait sur des gestes dont elle avait l'habitude, qui en était presque devenu mécanique. 
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MessageSujet: Re: Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa   Lun 4 Juil 2016 - 0:33

Another night will pass until we're sheltered...

"Ft. Kaisa Makinen"

Dire que je me sentais coupable était un euphémisme. La culpabilité d'avoir fait subir à Kaisa le pouvoir angoissant de ma mutation me pesait sur la poitrine, m'étouffant comme si on m'avait écrasé la cage thoracique avec un rocher. Elle était la victime involontaire d'une mutation que je maîtrisais encore très mal, le dommage collatéral que je regrettais déjà, et même si elle m'assurait aller bien, je ne pouvait m'empêcher de vouloir horriblement. Souvent, j'aurais aimé être capable de faire pousser des pâquerettes sur la tête des gens, plutôt que de pouvoir leur flanquer la trouille de leur vie ! Ou mieux ! Si j'avais pu créer du saucisson par la pensée, j'aurais été la plus heureuse des gamines du monde ! Et probablement obèse avec les artères bouchées mais ça, c'était un détail auquel je préférais ne pas penser. Saucisson, création, pensée, trois mots qui suffisaient amplement à me dire que filer les chocottes aux gens, c'était le plus craignos des pouvoirs du monde !

Une fois à la maison, je baissais le ton pour ne réveiller ni mon père, ni mon oncle, mais si j'avais doutes quant au premier, étant donné qu'il était insomniaque. Lorsque Kaisa parla de prendre le fauteuil, je secouais la tête.

« Oh noooon ! T'en fais pas pour ça, tu seras mieux dans le lit... J'ai une peluche géante qui fera l'affaire, je vais dormir dessus. »

Tremblante de peur et toujours sous l'effet de l'adrénaline, je me savais à fleur de peau, si bien qu'en allumant la lumière, je craquais, me mettant à pleurer en hurlant sur mon père alors même que je ne souhaitais qu'une chose : me réfugier dans ses bras pour me sentir en sécurité. Seulement voilà... Il avait son regard des mauvais jours, celui qui dit « tu as fais une bêtise, jeune fille, assumes-en les conséquences »... Et ce genre de regard dans les yeux d'un aveugle, c'était pas des masses rassurant. Lorsqu'il ouvrit les bras, troquant la défensive pour une attitude plus détendue, je m'y réfugiait en pleurant, sans honte ni pudeur. Je m'en foutais royalement d'avoir l'air d'une gamine de quatre ans : j'avais eu peur, horriblement peur, et je craignais encore de voir débarquer le type qui nous avait pourchassées, avec Kaisa. J'aurais pu rester là des heures, le temps de me calmer, mais lorsque mon père commença à agresser Kai, lui demandant ce qu'elle m'avait fait, je me dégageais, essuyais mes larmes d'un revers de la main et me plantais entre eux instinctivement.

« Elle a rien fait, papa, j'te jure ! Au contraire ! Elle... Kaisa m'a sauvée la vie. C'est ma faute, j'ai pas vu l'heure passer, j'étais à la patinoire et mon portable avait plus de batterie alors je... J'ai voulu rentrer en vitesse mais y avait ce type dans la rue, et j'l'ai bousculé mais j'te jure, j'ai pas fais exprès et je faisais attention ! Mais il avait un... Genre de bracelet ou j'sais pas quoi, qui s'est mis à clignoter et du coup il m'a couru après... »

Je débitais mon récit à la vitesse d'une mitrailleuse de compet, incapable de m'arrêter tant je sentais mes nerfs sur le point de me lâcher.

« Sans Kaisa il... Il m'aurait sûrement tuée... Elle m'a aidée à m'enfuir, et on l'a semé, mais j'pouvais pas rentrer et la laisser avec ce fou furieux ! »

J'esquivais volontairement le moment où j'avais malencontreusement dû user de ma mutation, n'ayant pas franchement envie d'en rajouter une couche ni de devoir tout expliquer dans les détails.

« S'te plaît, papa, laisse-la rester pour la nuit... Y a des fous furieux dehors, j'comprends juste rien à c'qui s'passe dans cette ville... J'suis fatiguée, j'veux aller me coucher... »

Maintenant que nous étions rentrées, je me rendais compte à quel point j'étais épuisée, et tout mon corps commençait à me lancer douloureusement. Maintenant que l'adrénaline était retombée, je sentais les bleus qui marbraient mes clavicules et mes épaules à cause de mes patins, lesquels pesaient de plus en plus lourd à mesure que les secondes s’égrenaient. J'avais de multiples coupures et contusions, une balafre sur la joue qui saignait mais plus encore, tout tournait autour de moi. Dans un sens, c'était même normal. J'avais enchaîné ma journée de cours, quatre heures de patin, une course poursuite improvisée et une grosse frayeur, et n'avais rien avalé depuis le midi.

« Heu... J'vais bien... Enfin j'crois... J'ai juste un peu mal aux épaule à cause des... Des... Patins... Et ça tourne... »

Je sentais la bile remonter le long de mon œsophage, un scintillement désagréable auréolait mon champ de vision, et je sentis soudain mes jambes se dérober sous mon poids. Me rattrapant de justesse au bras de Kaisa, je manquais de l'entraîner dans ma chute.

« J'me sens pas bien, en fait... J'crois qu'on a un peu trop couru... »

Qu'on me propose un morceau de sucre et je jurais de vomir sur les pieds de celui qui oserait me le mettre dans la bouche.
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MessageSujet: Re: Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa   Sam 23 Juil 2016 - 18:26

another night will pass until we're sheltered
Ailionora & Kaisa & Razen



-Merci... Désolée de t'embêter, tu sais je peux prendre le fauteuil, hein...? « Oh noooon ! T'en fais pas pour ça, tu seras mieux dans le lit... J'ai une peluche géante qui fera l'affaire, je vais dormir dessus. » Deux voix. Une voix. Etrangère à celle de sa fille qu’il reconnaîtrait à coup sûr parmi des centaines. Une voix qui chuchote elle aussi, accentuant la colère de Razen qui fait face, pour la première fois depuis des années, à ce genre de situation. La dernière fois qu’il s’est tenu de cette manière dans une pièce, bras croisé le temps qu’on le remarque, à écouter s’avancer un coupable à petit pas qui a encore l’espoir de le berner, Alvin avait douze ans. L’autre fou, vraiment, c’est ainsi qu’elle le voit ? Ne pas sourire, ne pas sourire, Razen se contraint à conserver son regard sévère. Et un petit grésillement au dessus de lui, ainsi que le hurlement d’Aily qui se passe de commentaires, lui donne toutes les informations nécessaires sur sa visibilité. Bras toujours croisés, il cherche de son regard vide la direction théorique de sa fille, tout en guettant des données sur la tierce personne qui n’a rien, strictement rien à faire là. Papa. Aily. Il ne voit peut être rien, le Razen, mais il ne faut pas oublier qu’il entend. Et qu’il sait, oh oui, il sait bien plus de chose que l’on ne pourrait le croire. Et ces larmes qu’il devine dans la voix de la cadette des Townshend… et bien… ces larmes le font soupirer et surtout ouvrir ses bras à sa fille pour qu’elle vienne s’y réfugier. Qu’elle vienne, qu’il puisse vérifier qu’elle est entière, indemne ou presque, qu’il ne manque rien de son loukoum et qu’il apaise un peu de son inquiétude à l’avoir su sortie aussi longtemps après le couvre-feu. Ses mains trouvent d’elles-mêmes les épaules d’Ailionora pour la serrer contre lui, l’une d’elle se glisse même dans sa nuque, remonte dans ses cheveux pour l’ébouriffer et accentuer le contact. Une fraction de seconde, le temps de respirer. Et de relever le menton en direction de l’intruse, si Razen se fie à sa voix. Qui est-ce ? La question s’impose, d’une voix bien plus sèche qu’elle ne devrait mais l’aveugle refuse de s’en vouloir pour ça. Il a d’autres chats à fouetter. Et une Ailionora qui se dégage bien trop vite, montrant sa désapprobation quant à l’attitude de son père, qui se contente pour sa part de soupirer sans se dérider.

-Moi ? Non, le voisin, articule Razen pour lui-même en fixant son regard dans la direction de l’autre. Je m'appelle Kaisa. J'ai rien fait. On s'est fait poursuivre par un cinglé qui doit encore être quelque part dans les ruelles et qui a eu envie de se taper une partie de paintball avec balles réelles. Il déglutit avant de tendre une main en direction d’Ailionora. Balle réelle. Hunter. Bien sûr. Mais avant qu’il ne puisse faire la moindre remarque, sa fille s’interpose. Elle doit sûrement le croire capable de mener un interrogatoire en règle pour connaître tous les détails de leur mésaventure. Ce qui n’est pas tout à fait faux. « Elle a rien fait, papa, j'te jure ! Au contraire ! Elle... Kaisa m'a sauvée la vie. C'est ma faute, j'ai pas vu l'heure passer, j'étais à la patinoire et mon portable avait plus de batterie alors je... J'ai voulu rentrer en vitesse mais y avait ce type dans la rue, et j'l'ai bousculé mais j'te jure, j'ai pas fais exprès et je faisais attention ! Mais il avait un... Genre de bracelet ou j'sais pas quoi, qui s'est mis à clignoter et du coup il m'a couru après... » Razen ferme les yeux. Bien, de mieux en mieux. C’est ma faute. Oh que oui, c’est de la faute d’Ailionora qui ne sait de toute évidence pas regarder une montre. Mais elle n’est pas la seule coupable, qu’elle se rassure : Razen se rend bien compte qu’il aurait dû lui parler et la mettre en garde vis-à-vis de tout ça bien plus tôt, au lieu d’attendre le drame. Hunters. Bracelet. Chasse. Mutant. « Sans Kaisa il... Il m'aurait sûrement tuée... Elle m'a aidée à m'enfuir, et on l'a semé, mais j'pouvais pas rentrer et la laisser avec ce fou furieux ! S'te plaît, papa, laisse-la rester pour la nuit... Y a des fous furieux dehors, j'comprends juste rien à c'qui s'passe dans cette ville... J'suis fatiguée, j'veux aller me coucher... » Pendant un instant, Razen reste silencieux. Pour mieux prendre le temps d’analyser. De comprendre. De réfléchir.

Il aurait dû en parler avec Ailionora et il ne va plus pouvoir esquiver le problème, maintenant, c’est une certitude. Peut être, aussi, devrait-il en profiter pour lui parler de sa propre mutation, histoire qu’elle sache… même s’il estime que ce n’est pas vraiment nécessaire non plus. Si cette Kaisa peut rester ? L’idée ne le tente guère. Il ne la connaît pas. Et l’appartement des Townshend est véritablement à l’image de leur passé et de leurs véritables activités qu’Aily ne connait pas : une bombe à retardement. Un silence, donc, pendant lequel Razen fait un pas en direction de la cuisine, ouverte sur le salon. « Elle dormira dans le salon. » finit-il par articuler d’une vois lasse et résignée. « Mais vous allez tout me raconter, en détails, une fois que vous aurez bu un truc. Tu es sûre que tu vas bien ? Que tu n’as rien ? » Il n’a beau avoir senti que des hématomes et écorchures superficielles, Razen sait qu’il n’a pas eu, pas pris le temps de creuser en profondeur pour s’intéresser non plus seulement aux blessures physiques mais aussi à… Si Aili est blessée je peux aider. Il fronce les sourcils. Encore. A croire qu’à l’image de la différence entre le jour et la nuit, son attitude nocturne est en contraste complet avec le Razen diurne souriant, moqueur et désinvolte qu’il offre chaque jour à sa fille. « Sauf si tu es capable de lui apprendre à lire l’heure sur un montre, on se passera de tes services » Oui, il aurait pu se passer de cette remarque mais il n’a plus aucun contact physique avec Ailionora, et il n’apprécie pas vraiment ça.

« Heu... J'vais bien... Enfin j'crois... J'ai juste un peu mal aux épaule à cause des... Des... Patins... Et ça tourne... » Pas plus qu’il n’apprécie cette intervention, d’ailleurs. « Ca tourne ? » Une bouffée d’inquiétude, sa main tâtonne dans le vide. Bon sang, pourquoi s’est-elle reculée à ce point ? Des mouvements, il se l’imagine déjà à terre. « Aily ? » « J'me sens pas bien, en fait... J'crois qu'on a un peu trop couru... » Ah.

Ah. Sa voix est sèche lorsqu’il enchaîne directement par des ordres. « Va t’asseoir. Kaisa, c’est ça ?, aide là à aller s’asseoir sur le canapé et Aily, si tu dégueules, tu nettoieras tout demain, hein. Tu sais où sont les toilettes. Je vais te chercher un remède miracle. Kaisa, ça va toi ? Si vous tombez, je ne peux pas vous ramasser donc démerdez vous. » Père de l’année, le Razen, vraiment. Seulement. Il vient de prendre une décision et laisse ses points de repère le mener dans la cuisine, dans un placard, où il pousse le flingue qui y est caché pour mieux attraper la bouteille d’alcool qui y traine. De quoi requinquer un cadavre. Il revient rapidement du côté du canapé, poser trois verres à shot sur la table et commence à les remplir à tâtons. « Buvez, ça vous fera du bien. Aily, si tu veux aller dormir, t’y vas. Kaisa se fera un plaisir de tout me raconter à nouveau, en détail cette fois. » D’ailleurs, tant qu’à faire. Il tend une main dans le vide, visant à lier un contact physique avec l’intruse de la manière la plus polie qu’il soit. « Je m’appelle Razen mais tu peux me donner du monsieur. »

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MessageSujet: Re: Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa   Sam 6 Aoû 2016 - 21:31

Another night will pass until we are sheltered...
But for now, it's time to run !
Kaisa & Ailionora


Dormir dans le fauteuil ? Oui, ça lui convenait parfaitement. D'autant plus qu'elle risquait de fixer le plafond la plupart du temps. Elle ne se permettrait pas de dormir. Dans cet appartement qui lui était parfaitement inconnu et la tension qui se dégageait du paternel, elle aurait juste droit à une série de cauchemars plus horribles et réalistes les uns que les autres de toutes manières. Hors de question de réveill


Une chose était sûre. Elle n'aimait pas des masses le père d'Aili, il réveillait sa méfiance à un point presque critique. Si l'adolescente avait d'une certaine manière gagné son affection, son géniteur, lui, pouvait très bien aller se faire voir. La façon dont il la considérait la braquait.  Son nez se fronça légèrement face à ses paroles. Qu'il la traite de moins que rien aussi, pendant qu'on y était.

-Ca j'crois que c'est votre rôle, j'fais des études de médecine, pas d'institutrice.

Mais son attention se détourne rapidement du père pour revenir vers la brune qui n'avait vraiment pas l'air bien. Instinctivement, elle s'est déjà rapprochée, prête à rattraper l'adolescente au besoin. La finnoise l'aida à se stabiliser jusqu'à ce qu'elle soit assise dans le fauteuil. Cette dernière était loin de peser plus lourd que certains de ses patients.

-Ca va... Merci, pour tout.  

Une gratitude non feinte. Si la jeune femme se révélait brute de décoffrage cette nuit, elle n'en était pas moins sincère. A quoi bon de toute façon ? Elle n'en avait aucune utilité. Sans compter l'impression qu'il le saurait si elle ne lui disait pas la vérité. Kaisa but d'une traite l'alcool, retenant une légère grimace. Elle n'en avait clairement pas l'habitude.

Elle retint un rire sarcastique lors qu'il lui dit qu'elle pouvait l'appeler monsieur. Ben voyons. Fallait pas rêver non plus. Même son père, qu'elle n'avait rencontré que tardivement n'y avait pas eu droit. Tout au plus, elle appelait les gens par leurs noms de famille. Mais « monsieur » ou « madame », non, ça restait coincé. C'était pas contre lui pour le coup, ça passait juste pas. Un blocage qu'elle ne s'expliquait pas vraiment d'ailleurs.

-Y a qu'mon chef de service qui a droit au monsieur, l'prenez pas personnellement.

Sa voix n'était plus agressive, juste terriblement fatiguée. Cette ville la rendrait dingue, à n'en pas douter. Et si elle voulait s'excuser, ces dernières paroles restaient bloquées dans sa gorge. Comme si montrer la moindre faille à cet homme la rendrait bien trop vulnérable. Elle lui serra la main poliment, bien que tendue face au contact qu'elle écourta dès que la politesse le lui permit.

La brune se passa nerveusement une main dans les cheveux. Au moins, faire un rapport détaillé, c'était dans ses cordes. Elle n'avait qu'à fermer les yeux pour revoir la scène. Sa mémoire était à la frontière du don et du poison. Chacun de ses souvenirs se gravaient de manière indélébile, bons comme mauvais.

-Je rentrais tranquillement chez moi quand Aili m'a foncée dessus. Elle a à peine eu le temps de me parler qu'un homme nous tirait déjà dessus. On a réussi à se cacher quelque temps dans les buissons avant que je ne l'assomme à moitié pour qu'on puisse reprendre la fuite. Sauf qu'en plus d'être solide, il était tenace et plutôt rancunier. Il nous a talonnées, jusqu'à une ruelle qui doit être à trois cents ou quatre cents mètres. Et pour nous sauver, Aili a utilisé son pouvoir sur lui, ça a été plutôt efficace d'ailleurs. Il est peut être encore sur le sol à sangloter. Puis on est arrivée ici.

Kaisa soupira et surveilla l'état de sa compagne d'infortune du coin de l'oeil, inquiète à cause du visage blême que cette dernière affichait. L'adolescente s'en remettrait physiquement, mais comment gérer le fait d'être considérée comme une proie ? Un frisson désagréable lui parcourut le dos.

-Je sais pas exactement qui était ce type. Mais il avait tout du parfait petit Hunter.

Sa dernière phrase montrait clairement son mépris envers celui qui leur avait tiré dessus.
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MessageSujet: Re: Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa   Dim 11 Sep 2016 - 18:54

Another night will pass until we're sheltered...

"Ft. Kaisa Makinen"

Y avait vaguement une légende qui m'faisait bien marrer. Celle qui disait que les hommes avaient une faiblesse, leur mère, et celle qui disait que les filles héritaient toujours d'un père surprotecteur, toujours prêt à mordre le ou la premier... ère qui oserait s'en prendrait à leur précieuse progéniture. Ça m'avait toujours bien fait rire parce que jusque là, je n'avais pas de père. Ou plutôt... J'en avais un que je ne connaissais pas, et qui ignorait mon existence, donc ça revenait un peu au même. Or là... Il avait beau avoir les yeux aussi vides que la cervelle d'une Kardashian, il avait tout sauf l'air heureux de voir Kaisa et les quelques égratignures qui couvraient mon visage. Ok, papa pas content, ça fait peur, je prends note. Aussi, j'assistais, béate, à un échange qui, dans d'autres circonstances, m'aurait beaucoup fait rire. C'est qu'elle avait de la répartie, Kaisa ! Et... Même si en fifille fan de son père je me sentais obligée de le défendre, je devais bien avouer que ma compagne d'infortune avait raison. D'autant qu'elle faisait des études de médecine, d'après ce qu'elle venait de dire, et je n'avais que des égratignures et...

Et pourquoi les murs se mettaient-ils à tourner, soudainement ? Si j'avais un peu mieux écouté en bio – en même temps, qui écoute Stevens ? Elle est barbante, la vieille – j'aurais peut-être retenu que faire de l'exercice, se payer la frousse du siècle et user de sa mutation, le tout sans avoir rien mangé de la journée... C'était pas franchement l'idée du siècle. Kaisa m'aida à m'installer dans le fauteuil, où je restais là, à papillonner des yeux pour maintenir mon attention focalisée sur son visage. Tout dansait autour de moi, et un roulement de tambour désagréable rythmait le tout dans mes oreilles. Je grimaçais et marmonnais quelques mots, pas enjouée à l'idée de devoir tout nettoyer si mon estomac décidait de partir en vacances.

« J'ai pas envie de vomir, j'ai rien dans le bide... Nan j'ai juste super mal au crâne et une dalle de ouf, il reste du saucisson ? »

Pas des gâteaux, pitié ne ramène pas des gâteaux... S'il voulait que je vomisse, me foutre un truc sucré sous le nez serait le meilleur moyen pour que ça se produise. Mais au lieu de ça, mon père revint avec trois petits verres et une bouteille d'un alcool ambré que je n'aurais su identifier, et ce pour deux raisons : l'étiquette était à moitié effacée, et j'étais mineure, donc pas censée avoir le droit de boire, donc j'ignorais ce qu'il y avait dedans et non je ne passais pas forcément ma vie à vouloir transgresser les règles ! Ou du moins pas celle-ci. Seulement là... A peine les verres remplis, j'attrapais le mien et le sifflais d'une traite avant de grimacer et de tousser comme si on m'avait enflammé le gosier avec un briquet.

« La vache ! Mais c'est dégueu, ton truc ! C'est quoi ? »

Probablement du whisky ou du rhum brun, vu la couleur... A vrai dire, ça avait la même odeur que ce que j'avais l'habitude de ramasser quand ma mère roupillait dans le canapé après avoir trop bu. Autant dire que d'odeur comme de goût, ça ne me plaisait pas et me rappelait bien trop de souvenirs désagréables. Au prix d'un effort surhumain, je me levais en ignorant la mine agacée de mon père ou tout ce que Kaisa pourrait redire à ça, et me dirigeais à pas hésitant en direction de la cuisine. Un couteau, une planche en bois, du saucisson et un gros morceaux d'emmenthal et j'étais parée à tenir le reste de la nuit s'il le fallait !

« Non non j'ai pas sommeil... », mon cul, Aily... « J'préfère rester avec vous, t'façon j'vais passer la nuit à faire des cauchemars, vu le malade qu'on a croisé ce soir... »

Lorsque Kaisa fut... Cordialement invitée à appeler mon père monsieur, je ricanais en entendant la demoiselle réplique.

« Et bim ! Dans les dents ! »

Mais je baissais les yeux immédiatement, consciente que ça n'était vraiment pas le moment de plaisanter, et reportais mon attention sur mon Saint Grall de la cochonaille adoré. Me calant un peu plus confortablement dans le fauteuil, je tentais de faire abstraction du mal de crâne qui me vrillait la tête et écoutait le récit de Kaisa. Je me serais en revanche bien passée de la partie concernant ma mutation... C'était con à dire, mais elle me fichait la frousse. Un peu paradoxal, quand on savait que je pouvais contrôler la peur des gens... Seulement voilà ! Le contrôle, je ne l'avais pas ! Du tout ! A tel point qu'en faisant peur à l'autre abruti, j'avais traumatisée Kaisa, et je m'en voulais encore.

« Désolée, d'ailleurs... Que tu en aies fais les frais... Je maîtrise encore ce... Truc... »

Je n'avais découvert ma mutation que récemment, à une période de ma vie où tout était plus important que ça, et personne n'avait pu m'aider à m'en dépatouiller. Personne n'avait été là pour que j'en parle, et je n'osais même pas encore dire à mon père combien ça me filait la frousse, tout ça. C'était simple, pourtant : ma mutation, je ne l'aimais pas. Je la subissais, sans savoir quoi faire pour la maîtriser, sans savoir comment m'arranger pour que mes émotions ne la déclenche pas... Sans savoir qu'elle aurait pu être utile, une fois bien en plus.

« Un Hunter ? C'est quoi, un Hunter ? »

Et là... Je dus avoir l'air particulièrement bête. Car non, je ne savais pas ce qu'était un hunter, pas plus que je n'étais au courant du fait que des malades chassaient les gens comme moi à cause de leur mutation. Je ne savais rien de tout ça, car personne ne m'en avait parlé, et je ne pouvais même pas blâmer mon père ! Il n'avait tout simplement pas eu le temps de m'en causer.

« Ooook... Alors je crois qu'il se passe des trucs louches dans cette ville, et j'aimerais bien qu'on me mette au courant... Si tu dis un hunter, c'est qu'ils sont plusieurs ? Genre y a un groupe de malades en ville qui pourchassent des gens ? C'est complètement con ! J'lui ai rien fais, à ce type ! Bon ok j'l'ai un peu bousculé, mais jusqu'à preuve du contraire ça mérite pas la mort ! »

Je voulais des explications. Maintenant. J'étais prête à rester éveillée malgré la fatigue, mais je ne voulais pas aller me coucher sans savoir. Sans comprendre. Sans réaliser que le monde dans lequel j'étais venue vivre était peut-être pire que celui que j'avais quitté.
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MessageSujet: Re: Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa   Mer 28 Sep 2016 - 23:18

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Ailionora & Kaisa & Razen



-Ca j'crois que c'est votre rôle, j'fais des études de médecine, pas d'institutrice. Razen s’est toujours décrit comme étant un homme particulièrement calme, posé, patient et surtout, oui surtout, très conciliant. Il est habitué aux grands discours d’Alvin, à ces babillements d’insatisfait, il est habitué à ceux qui râlent, qui s’égosillent contre le monde, contre la pluie, contre les nuages et contre la loi de l’emmerdent maximal, il se plie généralement de bonne grâce à toutes sortes de diatribes et geigneries, avec un demi-sourire patient et un regard dans le vide. Razen, donc, s’est toujours considéré comme étant un gentil bonhomme, prêt à endurer les pires souffrances dans le silence pour mieux laisser les imbéciles le meubler, le silence. Mais il doit bien reconnaître que parfois, dans de rares situations, il n’a pas de patience. Strictement rien dans ses réserves. Quand il a passé une journée particulièrement merdique par exemple. Ou encore quand il a particulièrement mal dormi. A noter que les particulièrement sont là pour anticiper les réactions visant à faire remarquer que la plupart de ses journées sont merdiques et que ça fait plus de vingt ans maintenant qu’il n’a pas passé une nuit complète. Quand on le prend pour un imbécile, aussi, l’aveugle doit bien reconnaître que là non plus, le gentil bonhomme n’est pas très présent. Et, enfin, lorsqu’il vient de cumuler tout ça et de s’inquiéter encore et encore pour sa fille, Razen n’est plus capable de laisser passer quoique ce soit.

Inutile, donc, de préciser à quel point la remarque de Kaisa n’est pas très bien reçue. Et inutile aussi de préciser que même si Razen sait qu’il aurait pu s’abstenir de sa première remarque, même s’il sait qu’en répliquant à nouveau, il ne fait qu’envenimer la situation, il n’a aucune hésitation à rétorquer un acide voire cinglant « Merci de me rappeler ma cécité, tu prends vraiment un excellent départ avec moi, Kaisa. ».

La seule chose qui le retient d’aller plus loin et de continuer à renchérir, c’est Ailionora qu’il n’a plus dans ses bras et pour laquelle il s’inquiète instantanément. Son ton est péremptoire, ses ordres ne souffriraient aucune réplique, il laisse sa fille s’asseoir pour aller d’un pas sûr mais pas moins agité chercher le seul remède qui soit réellement efficace sur toute personne. Les trois verres à shot sont sur la table. « J'ai pas envie de vomir, j'ai rien dans le bide... Nan j'ai juste super mal au crâne et une dalle de ouf, il reste du saucisson ? » La réponse d’Ailionora aux questions posées de Razen ne l’étonnent pas une seule seconde. « Toujours, va le chercher si tu veux, mais tu partages. » Question d’éducation, question de principe : le frigidaire des Townshend est toujours pourvu de saucisson. Il sert les verres, n’attend pas pour terminer le sien. « La vache ! Mais c'est dégueu, ton truc ! C'est quoi ? Non non j'ai pas sommeil... J'préfère rester avec vous, t'façon j'vais passer la nuit à faire des cauchemars, vu le malade qu'on a croisé ce soir... » Pas la peine de répondre à ça, elle peut lire ce qu’il y a d’écrit sur la bouteille, aux dernières nouvelles. Pas la peine non plus de répondre au -Ca va... Merci, pour tout. de l’intruse. Razen balaie les remerciements d’un haussement d’épaules : elle pourra dire ce qu’elle voudra, tant qu’il n’aura pas eu de contact physique et surtout mutant avec elle, il est hors de question qu’il abaisse sa garde. -Y a qu'mon chef de service qui a droit au monsieur, l'prenez pas personnellement. Il arque un sourcil. « Et bim ! Dans les dents ! » Si sa concentration et sa mutation auscultent la jeune femme et la fatigue qui l’assomme, il ne perd pas un seul de ses mots. Et il ne perd rien non plus du ricanement d’Ailionora. « Ailionora… » sa voix est une mise en garde, tout comme l’emploi du prénom complet de sa fille. Et sa poignée de main se raffermit, choisissant l’angle qu’il faut pour faire mal à la jeune fille sans que cela ne puisse passer pour autre chose qu’un accident. « Vraiment ? Je me contenterai de Seigneur ou de Maître dans ce cas, puisque le Monsieur est déjà pris. » Il teinte ses derniers mots d’humour, pour désengager la tension. Il ne peut pas sentir la jeune fille. Mais ce qu’il peut sentir, en revanche, c’est que ça ne mènera à rien de la braquer, surtout pas avec Aily à côté.

Il libère la main de Kaisa pour mieux se laisser tomber dans le canapé et passer une main autour des épaules de sa fille dans un mouvement aussi instinctif que protecteur. Les oreilles grandes ouvertes, tout en chipant des morceaux de saucissons dans les mains de la dernière des Townshend, il écoute attentivement le récit de la soirée. -Je rentrais tranquillement chez moi quand Aili m'a foncée dessus. Voilà qui commence bien. Elle a à peine eu le temps de me parler qu'un homme nous tirait déjà dessus. On a réussi à se cacher quelque temps dans les buissons avant que je ne l'assomme à moitié pour qu'on puisse reprendre la fuite. Sauf qu'en plus d'être solide, il était tenace et plutôt rancunier. Il nous a talonnées, jusqu'à une ruelle qui doit être à trois cents ou quatre cents mètres. Et pour nous sauver, Aili a utilisé son pouvoir sur lui, ça a été plutôt efficace d'ailleurs. Il est peut être encore sur le sol à sangloter. Puis on est arrivée ici. Razen s’est crispé. A la mention de la mutation de sa fille, évoquée comme une évidence, comme quelque chose de normal par Kaisa, il s’est crispé. Instinctivement. Et il resserre sa prise autour d’Ailionora avant de déposer ses lèvres sur le haut de son crâne, dans une marque d’affection dont il n’est pourtant pas vraiment le porte drapeau en temps normal. « Désolée, d'ailleurs... Que tu en aies fais les frais... Je maîtrise encore ce... Truc... » Avec un contact aussi intense, Razen ne peut que sentir, savoir, comprendre brutalement deux choses : déjà, qu’il a peut être, éventuellement, loupé quelque chose en n’abordant pas plus en détail avec Ailionora la question de sa mutation, et de celle qu’il garde secrète pour le moment. Ensuite, qu’elle est terrifiée, sa fille, par ce qu’elle ne maîtrise pas, par ce qu’elle ne comprend pas, par ce qu’elle est obligée de subir. Lui, il a dû apprendre seul, enfermé dans ses ténèbres et dans ses angoisses. Il ne peut que comprendre sans comprendre. Mais il ne peut, non plus, rester indifférent. Il va falloir qu’il lui en parle, et vite, dès que la nuit sera passée.

Tout occupé à ausculter sa fille, Razen manque presque la dernière estocade. -Je sais pas exactement qui était ce type. Mais il avait tout du parfait petit Hunter. S’il l’entend, ce n’est que grâce à la réaction d’Ailionora. « Un Hunter ? C'est quoi, un Hunter ? Ooook... Alors je crois qu'il se passe des trucs louches dans cette ville, et j'aimerais bien qu'on me mette au courant... Si tu dis un hunter, c'est qu'ils sont plusieurs ? Genre y a un groupe de malades en ville qui pourchassent des gens ? C'est complètement con ! J'lui ai rien fait, à ce type ! Bon ok j'l'ai un peu bousculé, mais jusqu'à preuve du contraire ça mérite pas la mort ! » Pendant un instant, Razen envisage de garder le silence. Il s’écarte même légèrement d’Ailionora, sa main cherche la bouteille, finit par trouver sa proie, ne prend même pas la peine de se servir un verre et cherche plutôt une gorgée directement au goulot.

Juste de quoi se donner de l’inspiration, qu’il se dit. De l’inspiration avant de se lancer. « Tu es une mutante, Aily. Ils n’ont pas à chercher plus loin, si on suit leur logique, ça suffit pour de toi le diable sur Terre. Tu n’as pas vu tes petites cornes dans tes cheveux ? » Sa main ébouriffe sa fille. Les Hunters, Razen n’a pas vraiment de griefs contre eux, il trouve juste leur raison de sa battre complètement stupide dans la plupart des cas. Mais dans la plupart des cas, aussi, ils sont prêts à payer cher pour des informations. Et ça… Razen n’est pas du genre à cracher dessus. Mais Ailionora et Kaisa ne sont pas obligées de l’apprendre. « Ils sont plusieurs, oui. Ils forment en quelque sorte une… organisation, pas vraiment officielle, pas vraiment officieuse. Il n’y a pas de chefs, mais il y a quelques leaders. Dans tous les cas, ils se pensent intouchables et tout puissants, ce qui les rend dangereux. » Résumé succinct, Razen cherche ce qu’il peut dire de plus sans risquer quoique ce soit. Ses yeux vides se perdent en direction de Kaisa dont il n’a certainement pas oublié la présence, et encore moins la dernière intervention. « Tu sembles bien connaître les Hunters, toi. Quelque chose à confesser tant qu’on y est ? Tu es une mutante ? » Oui, il est direct, Razen, mais il n’a en même temps aucune raison de ne pas l’être. Si Kaisa était une sympathisante Huntress, elle n’aurait pas ramené Ailionora.

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MessageSujet: Re: Another night will pass until we're sheltered... | Ft. Kaisa   Dim 6 Nov 2016 - 21:55

Another night will pass until we are sheltered...
But for now, it's time to run !
Kaisa & Ailionora


Elle fronça doucement le nez. Non, elle n'avait pas voulu lui rappeler sa cécité. Mais aux dernières nouvelles il existait bien des moyens, sans avoir besoin d'être voyant, pour connaître l'heure. Toutefois, elle ne releva pas, ne voulant pas encore plus envenimer la situation. La Finnoise se contenta de tapoter le dos d'Aily pendant sa quinte de toux.

-Du Whisky ?

Une réponse dite un peu au hasard. Ce gout lui étant parfaitement étranger. Elle savoura la brûlure de l'alcool. La jeune femme ne savait pas si ça parviendrait à la détendre, mais au moins, le liquide ambré avait de quoi détourner suffisamment son attention.

La douleur lui fit froncer les sourcils. Pourtant elle ne fléchit pas, ne retira pas brusquement sa main dans un réflexe. La brune resta parfaitement immobile jusqu'à ce que l'homme ne la lâche. Un accident ? Surement. Pas la peine dans faire un foin et de pleurer pour une madeleine pour si peu. Il en fallait plus pour lui arracher une grimace. Son attention se concentre plus sur Aily, pour déceler le moindre problème et intervenir. Un peu comme un minuscule maman poule qui veillait sur son oeuf. Alors qu'elle venait tout juste de rencontrer l'adolescente. Sa propre logique avait de quoi lui donner envie de se frapper la tête contre un mur. Toutefois, elle le faisait déjà avec chacun des gamins dont elle pouvait s'occuper à l’hôpital.

-C'est pas grave Aily, t'en fais pas pour ça. T'apprendras à la contrôler au fur et à mesure, hm ?

Certes, elle avait eu droit à une bonne grosse frayeur, mais elle préférait ça à se prendre une balle, merci bien. Et puis... L'adolescente ne l'avait pas volontairement attaqué non plus. Elle n'avait aucune raison de lui en vouloir. Elle comprenait sa détresse, comme si elle avait déjà du y faire face. Ou plutôt aider quelqu'un qui avait dû y faire face, vu qu'elle ne possédait pas de don. Peut être était-ce la raison pour laquelle la différence de l'adolescente ne l'effrayait pas, qu'elle trouvait cela normal d'avoir quelques petits débordements le temps de pouvoir se maîtriser. Car ces pouvoirs n'avaient rien de maléfique.

Son regard s'attarda sur le saucisson, intéressée. Mais son estomac fut d'un tout autre avis, se serrant brutalement à la simple idée de manger. Mieux valait ne pas insister, pour le moment. La peur n'avait pas le même effet sur tout le monde, et si sa compagne d'infortune s'en retrouvait affamer, Kaisa, elle, se retrouvait dans l'incapacité d'avaler quoi que ce soit de solide pour le reste de la nuit.

Le discours d'Aily détourna rapidement son attention. Ainsi, elle ne savait vraiment rien en ce qu'il concernait les chasseurs. Une vérité qui avait de quoi déstabiliser. Comment l'être humain pouvait-il s'abaisser à ça ? Jusqu'à maintenant, elle n'avait aucunes réponses à fournir. Elle doutait de les avoir un jour, en vérité.

-Non, je ne suis pas une mutante. Mais j'ai déjà failli me faire avoir par un chasseur il y a quelques temps parce que je rentrais chez moi un peu plus tard que prévu. Tout ça à cause d'un couvre-feu stupide.

Une once d'amertume teintait sa voix, une fois de plus. Sans Gray, elle aurait sûrement eu droit à un aller simple aux urgences. Ou à la morgue, au choix. Si la finnoise savait se battre, au moment de la confrontation, ses côtes ne s'était pas encore remise de l'accident, limitant totalement sa liberté de mouvement. Alors, oui, elle avait encore du mal avec ces derniers. Ironique, alors que son père faisait parti des chasseurs les plus réputé de la ville, sans qu'elle ne le sache. L'ignorance fait le bonheur, pourrait on dire. Et son géant de meilleur ami, dont elle ne se le rappelait pas à ce moment là, avait eu le loisir de lui expliquer tout le foutoir qu'il y avait en ville, le tout en devant calmer une crise de panique. Les Hunters lui avaient toujours refilé une frousse bleue depuis son réveil. La moindre allusion suffisait à la faire se tendre durant les premières semaines.

La brune laissa Razen tout expliquer à sa fille. Bien sûr, qu'elle aurait pu ajouter des détails, mais à quoi bon ? Apprendre que des gens veulent votre peau à cause d'un petit changement dans votre ADN est largement suffisant à encaisser en une soirée.

-Au final, moins on croise de chasseurs, mieux on se porte.

Mutation ou pas d'ailleurs. Une conviction qui risquait d'être ébranlée le jour où elle apprendrait que ce père qu'elle chérissait tant en faisait parti.

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