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 (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.

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ADMIN - master of evolution
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SUR TH DEPUIS : 15/02/2015
MessageSujet: (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.   Mar 5 Avr 2016 - 3:31

This light will guide you home
— cesare demaggio & isolde saddler —
Underneath the echoes, Buried in the shadows There you were. Drawn into your mystery I was just beginning To see your ghost But you must know. I'll be here waiting, Hoping, praying that This light will guide you home. When you're feeling lost I'll leave my love Hidden in the sun For when the darkness comes. — when the darkness comes.

Organiser une soirée, ça ne faisait pas forcément partie de ses plus grandes compétences, ni même de ses priorités. Mais ça faisait toujours plaisir aux gens, c’était un bon moyen de prouver que malgré les difficultés des épreuves y avait toujours moyen de se relever et que c’était important de savourer les petites victoires ; quand bien même elles avaient entrainées 63 morts et 103 blessés. Des chiffres qui étaient tellement bien intégrés dans son cerveau qu’il semblait difficile de les en retirer. C’était le genre de chiffres qui ne lui donnait pas du tout envie de faire la fête à elle. Mais elle avait fait partie de ces 103 blessés et elle allait plutôt bien. Encore une cicatrice sur le front et quelques marques par-ci, par-là, mais elle s’en sortait bien. Mieux qu’on ne l’aurait voulu. Parce qu’y avaient 63 autres personnes qui étaient mortes à sa place. Encore une chose qui ne lui donnait absolument pas envie de faire la fête. Elle avait observé un moment les choses se mettre en place avant de quitter le QG pour rejoindre son appartement. Elle avait forcément mieux à faire plutôt que de s’investir là-dedans. Elle était maire de cette ville, alors vu l’état de la ville, elle avait du boulot à revendre. A côté de ça, elle avait un bébé dont il fallait qu’elle s’occupe et un appartement à déménager. Cela dit rapidement, le nez dans les cartons elle se retrouvait plus facilement à se dire qu’une soirée ce n’était pas forcément une mauvaise chose. Mais elle avait Clara et puis les soirées c’était l’endroit parfait où voir plein de couples en train de se bécoter et avec les semaines qu’elle avait passées sans Cesare, elle avait commencé à détesté catégoriquement ce genre de scènes. S’il avait pu être là encore, ça aurait pu être une bonne idée, mais sans lui non, les cartons regagnaient en intérêt. En même temps, y aurait forcément moyen d’entrer plus facilement dans le château, la protection serait levée le temps que tout le monde arrive. Est-ce qu’ils avaient prévu une bonne sécurité du coup ? Non. C’était pas à elle de penser à ça. Ils n’étaient pas stupides, ils avaient la situation en mains. Cela dit ça pouvait l’arranger cette histoire. Ça faisait un moment qu’ils en parlaient de leur deuxième rencard et de toute évidence, ils pouvaient pas faire ça n’importe où en ville. Ni ici, parce que même si un tapis ça leur suffisait, là fallait encore trouver le tapis, sous le bordel. Et sa nouvelle maison, elle ne l’avait pas encore.

Elle laissa échapper un soupire avant d’attraper son téléphone pour finalement se décider à envoyer un message à Cesare histoire de savoir s’ils pouvaient se voir ce soir. Réponse positive, elle lui indiqua l’adresse et l’heure où la rejoindre avant de trouver quelqu’un d’autre à harceler pour qu’on vienne la chercher et qu’on la ramène au château, avant d’aller chercher quelques affaires pour elle, d’autres pour Clara, parce qu’elle n’allait pas la laisser ici de toute évidence. Et rapidement elle s’était retrouvée de nouveau au château, de retour  dans son bureau. Y aurait tout un buffet à portée de main, en plus, cette soirée c’était peut-être vraiment le moment d’en profiter, mais pas avec la foule. Juste avec Cesare. A défaut de pas avoir le temps ou la capacité de préparer quoi que ce soit de romantique, elle pouvait au moins faire l’effort de de se préparer elle, heureusement elle avait une chambre et une salle de bain à portée de main, là où elle avait vécu pendant les fameuses semaines passées loin de lui. Elle pris le temps de se préparer ; pourquoi moins de temps que ce qu’elle avait pu calculé l’autre fois sur le tapis, mais bon, après tout, il avait gagné le débat, alors elle pouvait bien faire cet effort, en plus de sortir la robe sexy bien avant le sixième rencard finalement. De toute façon, le fameux sixième rencard, elle n’était pas sûre de vouloir en parler vu tout ce qui avait pu se dire dessus l’autre fois à l’hôpital. Puisque vu comme ça, c’était quand même le rencard le moins romantique du monde, elle avait fait l’effort de descendre dans les cuisines pour piquer discrètement une bouteille de champagne et deux coupes avant de remonter. Fallait encore qu’elle s’occuper de Clara, biberon couche et compagnie ce qui lui prit plus de temps que prévu si bien que quand elle ferma enfin la porte de la chambre qu’elles avaient partagé ces dernières semaines, il était déjà bien tard. Assez tard pour qu’elle soit obligée d’attraper le baby phone – Clara pouvait bien se réveiller dans 30 secondes juste histoire d’être chiante – et de descendre. Fallait qu’elle attrape Cesare avant qu’il fasse demi-tour en voyant qu’y avait du monde là-dedans et qu’elle ne lui avait certainement pas parlé de ça, de toute façon elle n’avait pas l’intention de se mêler à la soirée – à part pour voler de la bouffe – alors y avait pas de soucis. Elle avait fini par le repérer, dans son coin, évidemment, sans doute à se demander ce qu’il foutait là, ou à se demander pourquoi y avait un château là, alors que d’habitude, y en avait pas. C’était le genre de questions qu’elle se poserait elle en tout cas. Elle s’était dirigée vers lui pour l’attraper par la main. « Viens-là. » Elle aurait pu le saluer et se comporter comme les gens normaux le font, mais elle avait quand même un bébé tout seul dans une pièce et quand bien même y avait personne qui allait la lui voler, elle n’aimait pas trop ça, alors elle se hâtait vers le château, elle passa par une porte à l’arrière, là par où elle était descendu, pour tracer son chemin jusqu’à son fameux bureau où elle pris le temps de pousser la porte qui menait vers la chambre pour vérifier que tout allait bien et elle dormait alors tout allait bien. Elle se concentra enfin sur Cesare. « Désolée. J’avais en tête d’essayer de faire un truc un peu romantique, mais je m’y suis prise un peu tard et elle voulait pas dormir … » Elle désigna du pouce la porte qu’elle venait de fermer. « Alors c’est juste mon bureau, bien en bordel et pas romantique, mais là c’est vraiment mieux que mon appartement … » En plus y avait de la bouffe et du champagne, ce qu’il y avait pas chez elle. Fallait qu’elle vide le frigo alors bon. Bon c’était probablement le pire rencard du monde mais bon, ça devrait bien faire l’affaire.

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You and me against the world, Like a little boy and girl. There were monsters beneath our bed And we were scared until we taught them all to sing and then we had a laugh instead. You and me on stormy seas It had brought us to our knees There were dangers, all around And we were frightened by the wind and when it blew until it blew us to dry ground.



Dernière édition par Isolde Saddler le Lun 11 Avr 2016 - 23:10, édité 1 fois
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ADMIN - master of evolution
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MessageSujet: Re: (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.   Mar 5 Avr 2016 - 16:37


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Ce soir, on avait décidé d’lui foutre la paix – paradoxalement, c’était quelque chose qui arrivait beaucoup, depuis que la nouvelle était tombée comme un couperet sur le coin de son esprit. Est-c’que Rafael laissait vraiment l’occasion à son fils d’encaisser la nouvelle ? Ou prenait-il le temps de le faire lui-même ? Dans le brouillard épais et déconcertant qu’était devenu son esprit, Cesare était bien incapable de s’accrocher à une certitude quelconque : tout ce qu’il savait, c’était qu’il était là, assis sur le bord de son lit, à fixer un néant qu’il semblait être le seul à pouvoir voir. Est-c’que les choses étaient vraiment vouées à fonctionner comme ça ? Un cercle perpétuel de causes et de conséquences, de petits espoirs compensés par des désespoirs abyssaux : et pourtant, qu’y avait-il à regretter, franchement ? Kingsley Moren était mort, ce qui retirait une large, puissante et dangereuse épée de Damoclès d’au-dessus de la tête de Cesare- et dans ses entrailles, avait fondue la certitude de n’rien avoir fait. Aria était vengée, et quand bien même le grand frère était incapable de dire avec assurance que ça permettait à sa cadette de trouver un repos paisible, il pouvait au moins pleinement comprendre c’que ça avait fait naître en lui. Aucune culpabilité, aucun regret- rien d’autre que l’impression que son avenir s’était subitement débouché pour y laisser entrer la lumière. Mais il avait fallu que la trêve soit de courte durée, et que les ténèbres viennent à nouveau étouffer le fin rayon d’espoir qu’il s’était lui-même créé : le combat était perpétuel, et ce soir aussi, le DeMaggio s’retrouvait plus fatigué qu’il n’était prêt à l’admettre. Il avait lâché un soupir, à mi-chemin entre le désarroi et la lassitude, lorsque son téléphone bipant pour lui indiquer un message, brisa le silence épais créé par sa solitude. Il avait été prêt à dévisager l’écran du téléphone avec toute la haine du monde, mais il reconnut le nom d’Isolde sur l’écran ; et son cœur manqua un battement, sombrant dans ses entrailles, sujet à une inquiétude qu’il n’pouvait pas maîtriser. Elle voulait qu’ils se voient – mais pour quoi au juste ? D’un regard vers sa montre, il évalua le temps depuis lequel ils ne s’étaient pas vus – pas très longtemps, en comparaison des semaines qu’ils avaient passées loin l’un de l’autre, et de toutes ces fois où ils avaient lutté contre leur imprudence et leurs envies. Ils s’l’étaient dits, à l’hôpital pourtant, qu’ils n’se sépareraient plus de la sorte- qu’même sa famille à lui n’les empêcherait plus de faire ce qu’ils voulaient ; et Cesare ne put que se sentir coupable d’avoir presque oublié cette promesse, avec tout ce qui s’en était suivi. Il ne mit pas bien longtemps avant de s’décider à répondre à l’affirmative, surpris de recevoir une adresse en guise de réponse ; est-c’qu’il y avait un but précis derrière cette visite ? Apparemment, c’n’était pas chez elle qu’ils devaient se retrouver. Il verrait bien.

La maison était silencieuse, plongée dans les ténèbres tardives d’une nuit d’été, lorsque Cesare descendit pour trouver sa veste – celle qu’il enfila plus pour planquer l’arme accrochée à sa ceinture que parce qu’il avait peur d’avoir froid. Il quitta la demeure sans se retourner, rejoignant sa voiture pour inspecter une nouvelle fois la destination qu’Isolde lui avait donnée – c’était à l’extérieur de la ville, et s’il évaluait correctement ses connaissances du coin, y’avait rien, là-bas. Alors qu’est-c’qu’elle pouvait bien foutre là-bas ? Par force d’habitude, Cesare ne put s’empêcher de sentir ses entrailles se serrer d’appréhension- et si c’était encore une énième difficulté, un piège, une menace ? La possibilité lui fit abandonner sa voiture sur le bas-côté, planquée de toute vue depuis la route, et à près d’un kilomètre de distance de sa destination – une prudence qui lui semblait élémentaire ; Cesare n’avait pas peur de marcher de toute manière, et ça ne lui prendrait guère plus qu’une poignée de minutes. Mais lorsqu’il s’approcha des abords de ce qui ressemblait à un château, Cesare retint un juron, cherchant dans sa poche son téléphone pour tomber sur Isolde ; mais au lieu de ça, il n’eut que le répondeur pour l’accueillir – qu’est-c’qu’il faisait là, honnêtement ? Le DeMaggio se rendit bien vite compte qu’il faisait tâche, rien que par son allure gardée et distante, alors même que tout le monde semblait connaître tout le monde, et que des visages qu’il devinait, il n’se retrouvait pas entouré de hunters. Plutôt l’opposé. A quoi est-c’qu’elle avait bien pu penser, Isolde, franchement ? Ils auraient pu s’retrouver n’importe où, sauf ici. Et les pieds ancrés dans le sol, mâchoires crispées, les sens aux aguets au cas où quelqu’un décide de le considérer comme l’ennemi glissé parmi la foule, le chasseur s’répétait encore et encore qu’il fallait partir. Du moins, jusqu’à ce que la chevelure blonde ne sorte du groupe pour venir vers lui – comment est-c’qu’elle avait seulement pu le voir, alors qu’il s’était tenu tant en retrait ? Il ne se fit pas prier, pourtant pour la suivre, sa main accrochée à celle de la jeune femme, ses yeux sombres inspectant les alentours pour s’assurer qu’aucun élément imprévu ne leur tomberait sur le coin de la tête. Ils traversèrent des couloirs et des couloirs – tous vides, contrairement aux premiers recoins où ils s’étaient retrouvés : c’était donc là qu’Isolde avait été pendant toutes ces semaines ? Pas besoin d’être un génie, ouais, pour deviner où il était- et Cesare n’savait pas vraiment s’il devait être flatté de cette confiance, ou complètement agacé qu’elle ait eu la folie de lui envoyer les coordonnées de cet endroit par sms. Certes, ils s’étaient dits qu’ils feraient les choses différemment – ensemble – mais il restait encore tous les jours du côté des hunters ; une chose qu’elle lui avait demandé, et il fallait qu’ils continuent à agir un minimum selon ces circonstances. A commencer par n’pas l’inviter dans son QG de mutants rebelles. Cesare avait été prêt à lui faire la remarque, aussitôt qu’ils se seraient arrêtés de marcher à toute allure ; mais la porte se refermant derrière eux, Isolde lâchant sa main pour commencer à arpenter la pièce où ils se trouvaient, Cesare oublia complètement ses doutes et ses inquiétudes. Il n’avait même pas remarqué – jusque-là – qu’elle avait fait les choses en grand, et qu’il avait l’air plus ridicule qu’elle, pour l’heure ; elle, elle il n’put s’empêcher de l’observer, l’admirer, graver dans sa mémoire la façon dont son cœur se réchauffa contre son poitrail pour faire naître un fin rictus au coin de ses lèvres. Trop occupé à l’adorer en silence, il n’avait même pas écouté les paroles qu’elle avait prononcées, ignorant la bouffe et tout le reste – même Clara, qu’il crevait pourtant d’envie de voir – elle avait tout éclipsé, le bordel et ses inquiétudes ; et Cesare le lui fit comprendre, en grandes pompes lui aussi, arpentant les pas qui les séparaient pour venir prendre le visage d’Isolde entre ses deux mains, lui offrant un baiser insouciant, passionné et reconnaissant tout à la fois. C’n’était que maintenant, qu’il se rendait pleinement compte qu’il avait bien besoin de la voir ce soir- et que tout ça, rien que tout ça, suffisait déjà à alléger l’enclume qui avait si lourdement pesé sur lui. « T’es parfaite. » qu’il admit, tout contre ses lèvres dans un sourire, déposant un bisou tendre sur celles-ci à nouveau ; elle était complètement folle, et il aurait pu l’engueuler à nouveau pour ça, mais il n’avait pas envie d’y penser. « T’aurais pu me le dire, j’ai l’air d’un clodo maintenant. » un sourcil arqué, il avait cru se souvenir qu’elle avait parlé du sixième rencard pour sortir sa fameuse robe sexy, celle sur laquelle il laissa glisser son regard à nouveau- il semblait que c’était plus facile pour elle de baisser sa garde que pour lui, alors que de toutes les hypothèses qu’il s’était construites dans son esprit pour expliquer cette soirée, il n’avait même pas pensé à ça, tout simplement.

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MessageSujet: Re: (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.   Mar 5 Avr 2016 - 18:54

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Isolde n’avait pas franchement le cœur à la fête, alors pendant un moment, alors qu’elle avait observé quelques instants tout le monde s’agiter pour tout mettre en place, elle s’était dit qu’elle allait simplement rentrer chez elle et faire sa vie là-bas. Ce qu’elle avait fait, pataugeant au beau milieu des cartons qui trainaient à présent aux quatre coins de son appartement. Mais y avait bien eue une partie d’elle qui avait envie de faire quelque chose ce soir. Mais pas avec Insurgency, pas avec Uprising. Ils voulaient fêter une victoire qu’elle ne voyait pas encore elle. Leur alliance, elle était toute nouvelle et pour le moment, les résultats ils n’étaient pas bien concrets. Ce qu’elle faisait à la mairie – ou du moins dans le petit coin du gymnase de la ville dans lequel ils étaient installés en attendant que la mairie soit de nouveau opérationnelle – ça n’avait pas encore changé les choses comme elle le voudrait. Elle savait bien qu’on ne pouvait pas tout faire du jour au lendemain, et sans doute que les autres, ils avaient raison, fêter les petites victoires ces derniers temps, c’était important parce qu’elles étaient bien peu nombreuses. Qu’ils fêtent tout ça pour elle alors, parce qu’elle tout ce qu’elle voulait, c’était passé une soirée avec Cesare. Il lui semblait que ça faisait déjà trop longtemps. Après avoir passé des semaines sans lui, il en fallait peu pour que ça fasse trop longtemps. Ils avaient bien le droit à leur deuxième rencard et ça aurait été mieux n’importe où en ville, mais se balader ensemble en ville, ce n’était pas encore au programme et aller chez elle pour l’instant, ce n’était pas envisageable. Alors le QG en fête, ça pouvait être le lieu idéal, au pire, une fois qu’il aurait quitté le château, Cesare serait incapable d’y retourner, et puis pour une fois, tout le monde avait l’esprit bien trop pris ailleurs pour s’occuper du DeMaggio.

De toute façon, elle l’avait ramené dans son bureau quelques minutes à peine après l’avoir repéré. Ce qui n’avait pas été franchement difficile, même s’il avait voulu se faire discret, elle, elle pouvait le repérer facilement, qu’il soit perdu au beau milieu d’une foule ou au contraire planqué dans un coin à se demander ce qu’il pouvait bien foutre ici. Ils seraient tranquilles dans son bureau, mieux qu’au beau milieu du bordel de son appartement. Elle aurait quand même voulu faire les choses mieux que ça, réorganiser la pièce et sans doute que si elle aurait eu le temps, elle serait allée faire des recherches sur Google pour trouver comment rendre les lieux un peu plus romantique, que ça ait plus l’air d’un rencard que d’elle qui montrait son bureau – dont il se fichait sans doute – à Cesare. Si elle avait eu la bonne idée de s’y prendre plus tôt peut-être bien qu’elle aurait réussi à faire quelque chose de mieux que ça, mais tant pis. Elle avait rapidement oublié son échec quand les mains de Cesare étaient venues se poser contre ses joues et qu’il l’avait embrassée. Rapidement, ses mains à elle s’étaient posées sur ses épaules. Sa réplique étira le sourire qu’elle avait déjà sur ses lèvres et le bisou qu’il ajouta par-dessus suffisait déjà à la combler de bonheur. « J’aurais pas eu l’air encore plus cinglée si je t’avais demandé de me rejoindre en costard dans un coin où y avait rien du tout. » Parce qu’y en avait beaucoup qui devaient penser qu’y avait rien dans ce coin, puisque que le château était parfaitement bien dissimulé par les pouvoirs d’Absalon, à part ce soir, pour quelques instants. « T’es quand même parfait de toute façon. » Il n’avait pas besoin d’être mieux fringué que ça pour être parfait de toute façon. Elle laissa glisser ses mains le long de bras pour venir attraper ses mains. « J’avais besoin d’te voir, tu manques trop vite. Et puis, y a rien qu’à exploser, personne qui est mort et personne qui est blessé. Du coup, ça s’annonce plutôt bien, faut en profiter. » Jusqu’à présent, ça avait toujours été des circonstances désastreuses qui les avaient réunis, mais pas ce soir et ça c’était une bonne chose, une chose dont elle avait eu besoin aussi. Alors peut-être que vu comme ça, ça n’avait pas l’air du rencard le plus romantique du monde, mais bon, ça avait déjà plus l’air d’un vrai rencard que toutes les fois où ils s’étaient vus avant ça. C’était un pas en avant vers le vrai rencard, peut-être bien que ce serait pour le sixième ça, le vrai rencard à l’extérieur, sans se soucier du regard des autres. Le fameux sixième rencard pendant lequel il semblait qu’il allait se passer vraiment beaucoup de choses.

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ADMIN - master of evolution
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MessageSujet: Re: (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.   Mar 5 Avr 2016 - 20:49


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Cesare n’aurait pas eu la tête à grand-chose, ce soir, si Isolde ne lui avait pas envoyé un message providentiel et libérateur : c’était pourtant l’inquiétude, l’habituelle inquiétude qui les rassemblait, qui avait originellement poussé le jeune homme à tout de suite accepter de la voir. La force de l’habitude voulait qu’y’ait une mauvaise nouvelle, quelque chose de déplaisant, une catastrophe quelconque pour les rassembler : tous les deux, ils avaient trop essuyé des circonstances de ce genre pour pouvoir baisser leur garde bien longtemps. Radcliff ne leur laissait aucun répit, et le fait qu’Isolde ait été élue maire n’semblait pas changer grand-chose : et le DeMaggio, il l’avait déjà eue sa catastrophe, les paroles de son père tournant et tournant encore dans sa tête comme une mélopée tortionnaire. Sa mère avait été retrouvée morte, et même pas à cause des explosions provoquées par Kingsley Moren- même pas dans cette zone-là de la ville, même pas pour une raison quelconque. Juste tuée, comme ça, sans crier gare, comme si ç’avait été les risques du métier qui s’étaient retournées contre elle ; un transmutant, qui avait assassiné Isabela sans que rien ni personne n’en sache quoique ce soit. Et l’onde de choc avait laissé un Cesare hagard, fixer dans le blanc des yeux le géniteur qui lui avait si brutalement annoncé la nouvelle : la peine, elle n’avait rien de comparable avec la folie qui s’était incrustée dans son esprit dès lors qu’il avait trouvé le cadavre de sa petite sœur au milieu des décombres de la fête foraine. Mais… mais le drame s’était produit, et l’idée, la scène, les scénarios, les hypothèses, tout tournait à nouveau dans la tête d’un Cesare qui avait préféré rester seul avec lui-même jusque-là ; c’n’était pas comme avec Aria, c’n’était pas comme toutes les autres difficultés qu’il avait pu essuyer. C’était sa mère ; la femme qui lui avait donné la vie, celle qui était associée à trop de souvenirs doux-amers, celle qui était restée insondable jusqu’à la fin. Celle qui avait participé à torturer Aria, et l’avait probablement détesté lui pour être ce qu’il avait été- un dégénéré. Mais la nature elle-même semblait avoir créé un lien invisible et immuable, impossible à briser malgré la mésentente, la haine et la façon brutale dont Cesare avait fini par repousser ce personnage trop ambigu, trop douloureusement ambigu de sa vie. Il avait aimé sa mère, et c’était l’ironie la plus déplaisante de toute sa vie ; alors sûrement qu’il était arrivé jusqu’au point de rendez-vous indiqué par Isolde, l’humeur plus noire que jamais, parce qu’il s’était su incapable de n’pas pouvoir encaisser une autre mauvaise nouvelle en plus de celle-ci, quand bien même il était demeuré froid et sans expression vis-à-vis de tout ça. Y’aurait un enterrement, à un moment donné, d’ici quelques jours probablement ; mais il oubliait volontiers tout ça, dès lors que son regard se posait sur Isolde.

Ce soir, elle n’aurait pas à le supporter en train de pleurer toutes les larmes de son corps pour sa mère ; il n’en avait pas, et déjà dans un coin de sa tête, Cesare avait choisi l’option de complètement laisser de côté la moindre idée d’annoncer la nouvelle à Isolde. La seule fois où elle avait rencontré sa belle-mère, ç’avait été le soir de l’explosion de l’entrepôt, et aux yeux de la Saddler, Isabela n’avait probablement jamais valu plus que son mari, peu importaient les histoires que Cesare avait pu commencer à raconter sur son enfance- les rares moments heureux qu’il gardait en mémoire, ç’avait toujours été grâce à sa mère uniquement. Mine de rien, c’était quand même- encore, une part de lumière qui s’étouffait dans le néant. Un trop gros paradoxe pour lui, et il aurait besoin de jours entiers, peut-être plus encore, pour correctement trier ses sentiments : ceux qu’il éprouvait avec Isolde, étaient toujours aussi clairs, toujours aussi indéniables- et les sourires qui éclairèrent son visage pour la première fois depuis longtemps, ils furent sincères. Sincères tout autant que désespérés, dans quelques recoins meurtries de son âme. Il n’avait même pas observé le décor autour d’eux, n’ayant d’yeux que pour Isolde dans sa si belle robe- pourtant, il avait tout à découvrir du château sorti de nulle part en une nuit à peine : il avait déjà conclu qu’y’avait eu un transmutant, quelque part, qui avait fait marcher ses pouvoirs pour tout ça. Pour créer le château, ou pour le cacher à la vue de tous ? Qu’est-c’qu’il s’en foutait- il était venu ici, et Isolde rayonnait, irradiait d’une joie contagieuse ; c’était terrible de se sentir comme ça, si léger et si insouciant alors même qu’il avait cru être bon à plonger dans le néant de ses doutes. Mais il ne culpabilisait qu’à peine, et dès lors que d’une main, il caressa les cheveux blonds de la transmutante, il en avait oublié tout le reste. « T’aurais fait un pari risqué, d’toute manière, j’dois pas avoir de costard sous la main. » admit-il dans un sourire ironique – ça n’saurait tarder, qu’il doive s’en procurer un, mais c’n’était pas comme s’il avait déjà eu l’occasion d’en porter des masses. Hormis pour les enterrements – chose trop fréquente dans sa vie, l’opportunité s’était bien rarement prononcée. Il était parfait de toute façon- la réplique le fit sourire, alors que d’un baiser onctueux, il remerciait Isolde pour le compliment ; elle lui avait manqué aussi, terriblement, et c’n’était que maintenant qu’il s’en rendait compte. Son cœur avait été meurtri jusque-là, pulsant comme brisé contre son poitrail juste pour survivre avant qu’elle n’apparaisse dans son champ de vision ; ouais, ce soir, il avait besoin d’elle. Mais la fin de la réplique de la transmutante laissa glisser une ombre sur son visage- d’une fraction de seconde, avant qu’il ne force un sourire, une de ses paumes venant à nouveau caresser sa joue- « Ouais, aucune catastrophe. » et ce n’est qu’enfin qu’il daigna regarder autour d’eux – surtout pour ne pas s’perdre dans les yeux d’Isolde et laisser quoique ce soit le trahir ; il n’avait pas envie de parler de tout ça, encore moins de plomber l’ambiance avec quelque chose qui ne l’attristait qu’à un certain degré qu’il n’parvenait pas à comprendre. « Alors... j’te manquais trop et t’as trouvé la solution idéale pour me séquestrer, c’est ça ? » un sourire ironique sur les lèvres, il l’observa à nouveau, ses prunelles sombres détaillant avec attention tous les efforts qu’elle avait faits, et auxquels il ne demeurait certainement pas aveugle. « J’dois avouer que- buffet, champagne- jolie robe. Toi. T’as trouvé les bons arguments. » et en lâchant une des mains d’Isolde, il avait caressé le long de son bras, d’un mouvement de l’autre main attirant Isolde contre lui, pour l’embrasser à nouveau ; non pas qu’il n’ait l’intention de faire que ça, mais elle lui avait manqué tout autant, et se sustenter à ses lèvres, la sentir contre lui comme ça après avoir cru qu’il n’était bon qu’à apprécier sa solitude ce soir, c’était tout ce qu’il voulait.

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MessageSujet: Re: (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.   Mar 5 Avr 2016 - 22:13

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Pour l’instant, Isolde pouvait presque se vanter que ça faisait quelques jours qu’à peu près tout allait bien dans sa vie. Elle était hantée par le bilan de l’explosion de la mairie, les images qui lui restaient en tête et le fait qu’elle avait beau retourner le problème dans tous les sens, elle ne trouvait pas le moyen de faire accuser Lancaster sans qu’il trouve un moyen de s’en tirer, parce qu’il avait du fric et des avocats qui démontraient toute la théorie en un rien de temps, faute de preuve. Elle connaissait un début de mandat difficile avec ces explosions et elle avait toujours plus ou moins l’impression qu’on pouvait lui tomber dessus à tous les coins de rues ; elle ne se sentait définitivement pas assez en sécurité dans son appartement pour vouloir y rester bien longtemps. Mais, à part ça, ses plaies avaient commencées à s’estomper, sa victoire face à Lancaster était quand même motivante ; surtout qu’elle l’avait écrasé et qu’il n’en fallait pas plus pour lui faire plaisir. Elle avait quitté ses semaines de torture sans Cesare et quand bien même ils n’étaient pas encore tout ce qu’ils voulaient être, savoir qu’ils ne resteraient pas à nouveau des semaines sans se voir, ça la soulageait grandement. Elle avait Clara qui était toujours aussi parfaite et le poids de la mort d’Anthea semblait peser un peu moins dans son cœur depuis qu’elle avait décidé de se lancer pleinement dans une campagne qui lui avait de toute évidence bien changée les idées. Y avait du mieux et c’était peut-être pas encore le bonheur parfait, là depuis quelques jours, y avait rien eu pour lui ajouter des bâtons dans les roues et pour une fois, fallait bien avouer que ça faisait du bien.

Et ça ne lui donnait pas forcément envie d’aller faire la fête avec les autres, mais au moins, elle avait l’impression que ça pouvait bien lui donner le droit de profiter elle aussi de sa soirée, comme elle en avait l’envie et la seule chose dont elle avait envie ce soir, c’était de passer du temps avec Cesare. C’était la seule chose dont elle avait envie tous les soirs en rentrant chez elle après une longue journée de boulot. Mais puisque ça ne pouvait pas être tous les soirs, l’idée que ça puisse être au moins ce soir, c’était plutôt pas mal. Elle n’y avait cru qu’à moitié quand elle avait envoyé son message, pas qu’elle pensait pas qu’il puisse toujours trouver un moyen de se libérer pour venir la voir, il avait déjà bien prouvé le contraire, mais elle pensait tellement que son père trouvait toujours un moyen de lui pourrir la vie, qu’elle préférait quand même ne pas trop espérer. Il avait pu venir il était là et il n’avait définitivement pas besoin d’être sur son trente-et-un pour être parfait. « T’as pas de costume ? Qu’est-ce que tu vas porter pour notre sixième rencard ? » Elle prit un air faussement choqué, dans le fond, il portait bien ce qu’il voulait, elle n’allait pas le juger là-dessus. Ce n’était pas comme si elle faisait souvent des efforts elle, alors elle pouvait bien se taire. Elle avait eu l’impression qu’y avait eu quelque chose, pendant un temps très court, une réaction qui aurait pu la laisser penser que cette absence de catastrophe, n’était peut-être vrai que de son côté à elle. Il était doué lui, pour tout de suite voir tout ce qu’elle pourrait essayer de cacher, toujours trop observateur, fallait croire qu’elle en prenait de la graine, le concernant lui en tout cas. Elle ne souleva pas pourtant. Si y avait quelque chose qui n’allait pas, il en parlerait quand il le voudrait. C’était bien un truc qu’elle avait compris quand elle s’était retrouvée en face d’un Cesare peu bavard quand ils s’étaient rencontrés, lui forcer la main, ça ne servait à rien. Il avait vite trouvé de quoi la déconcentrer et lui arracher un léger rire. « J’avais pas forcément pensé à te séquestrer, mais maintenant que tu le dis … » Elle haussa légèrement les sourcils. Le garder enfermer ici, ça aurait presque pu être une bonne idée, si elle avait été vraiment cinglée. Au pire, si elle avait les bons arguments, ça voulait dire qu’il avait de bonnes raisons de rester alors pas besoin de le séquestrer de toute évidence. Ses doigts virent se poser contre sa joue alors qu’il l’embrassait. Y avait pas à dire, cette soirée s’annonçait bien mieux que celle prévue de base, à ranger son appartement et s’occuper des cartons. « Je suis contente d’avoir trouvé les bons arguments du coup. » Même si dans le fond, elle avait du mal à imaginer un Cesare mécontent parce qu’il aurait été invité dans son appartement en chantier avec une Isolde fringuée n’importe comment, mais bon. « J’les ai pas encore tous exposés cela-dit. » Elle arqua un sourcil avant de venir de nouveau l’embrasser. Elle en avait encore tout un stocks d’arguments pour le faire rester si jamais ça devait être nécessaire et la liste n’était clairement pas établie dans sa tête, mais elle pouvait facilement en trouver plein d’autres ; enfin, sans le fond, elle se doutait bien que ce ne serait pas vraiment nécessaire.

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MessageSujet: Re: (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.   Mar 5 Avr 2016 - 22:53


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Après des semaines – compliquées – passées sans Isolde, Cesare pouvait au moins prétendre s’être habitué à sa nouvelle situation ; regarder par-dessus son épaule, inspecter ses faits et gestes et analyser ceux des autres ainsi que les attitudes que ceux-ci avaient à son égard, tout ça faisait désormais partie de réflexes quotidiens si indispensables qu’ils en étaient devenus normaux. C’était ce qui avait toujours fait de lui un bon chasseur, sa capacité à observer ses adversaires tout autant que ses alliés ; son talent pour retenir des petits indices des uns et des autres, pour mieux détecter les moments où les choses ne se passaient pas comme habituellement. Fallait croire qu’il avait été rouillé, à l’époque où il était revenu chez ses parents, et que Rafael avait eu l’opportunité de s’en prendre à Anthea sans même que Cesare ne saisisse le moindre indice des doutes de son père à son égard- ou ses intentions d’aller s’en prendre à Isolde d’une façon plus ou moins directe. Jusque-là, il avait presque cru que le débat sur Isolde avait été réglé le soir de l’explosion de l’entrepôt : à vrai dire, comment ses parents avaient-ils pu croire qu’y’avait encore eu quelque chose entre la Saddler et lui, alors même qu’ils avaient précautionneusement choisi ses menaces de sorte à ce qu’il la perde, d’une façon ou d’une autre ? Que ce soit à cause de la mort, immuable et remplaçable – ou parce qu’il lui avait brisé le cœur en tuant tant de gens qui lui avaient été proches : Cesare n’avait pu s’empêcher de lever les yeux au ciel, quand son père lui avait fait comprendre de laisser tomber sa Saddler s’il voulait avoir son marché pour obtenir la mort de Kingsley Moren : qu’est-c’qu’ils avaient cru, tous, franchement ? C’avait été un peu comme Isolde, qui avait été pendant tout ce temps, persuadée que Cesare avait pu rentrer chez ses parents, ayant regagné leur confiance en faisant exploser une poignée de transmutants. Non, il avait été un fugitif, un errant du cœur et dans la réalité tout à la fois- il avait perdu Isolde, ses parents, et sa sœur tout en une soirée à peine ; aujourd’hui il savait d’ailleurs, que la seule raison pour laquelle Aria était restée à ses côtés, c’était uniquement pour survivre, complotant avec un inconnu total, sa sortie de la ville pour ne plus jamais se retourner. Définitivement, il avait tout perdu avant même de s’en rendre compte, et avant même que les autres ne remarquent quoique ce soit ; ils avaient dû penser qu’il était privilégié dans la trahison, ou quelque chose de c’genre. Mais toujours était-il qu’il avait dû lutter, et luttait encore jour après jour pour gagner des miettes de confiance de la part de son patriarche – il semblait presque que s’il devait y avoir un aspect positif dans la mort de sa mère, c’était celui-ci ; un genre d’accord entre le père et le fils de n’pas trop trainer dans les pattes de l’autre.

C’était bien la seule chose qui permettait à Cesare de s’être échappé de la maison dès qu’il avait reçu le message d’Isolde ; à chaque fois qu’il l’avait retrouvée, ç’avait été en se glissant par les interstices de l’inattention de son père- une preuve bien nette de l’imprudence avec laquelle ils se retrouvaient, toujours plus capricieux, contre le destin et les promesses qu’ils s’étaient faites. Mais au moins sans sa mère, il y avait désormais une paire d’yeux en moins, pour sonder et analyser ses faits et gestes, jour après jour : le pire, c’était que sa mère avait toujours été plus talentueuse pour ça que Rafael- lui, contrairement à ce qu’il croyait, il était bien trop impulsif pour être stratégique. C’n’était pas pour rien, que le patriarche DeMaggio ne saisissait rien des doutes qui avaient glissé contre les parois de l’esprit de son fils ; pour Rafael, il avait suffi qu’il dise qu’un transmutant avait tué Isabela, fournissant quelques preuves pour appuyer ses propos, pour que toute la famille soit assemblée, mue et motivée par cette simple idée. Qu’ils retrouvent donc l’ordure de dégénéré qui avait fait ça à leur famille ; encore aujourd’hui, Cesare était plus souvent spectateur silencieux qu’acteur concret et engagé – un fait que personne n’semblait remarquer, à son plus grand soulagement. Il avait déjà trop lutté, trop cherché, trop combattu pour obtenir une simili-justice pour Aria, et défaire de sa vie à lui la prescience de Kingsley Moren : est-c’que sa vie était condamnée à être un cercle vicieux ? Il n’suffisait de pas grand-chose, dès lors qu’Isolde entrait dans son champ de vision, pour qu’un infime changement entre eux lui donne des ailes, et lui permette de croire qu’y’avait encore des choses auxquelles bien vouloir croire. Est-ce que la Saddler avait déjà saisi quelques-uns des indices, quelques-unes des hésitations qu’il avait été incapable de lui cacher ? Si c’était le cas, il n’pouvait qu’être reconnaissant qu’elle ne cherche pas plus loin que les apparences ; un jour, il lui en parlerait. Peut-être. Peut-être ce soir ou peut-être pas ce soir- Cesare n’savait de toute manière pas quoi dire pour exprimer l’avalanche de sentiments contradictoires qui s’était déclenchée en lui. La seule évidence là-dedans, c’était que ça n’l’empêcherait jamais de profiter du moment avec elle, et d’observer avec plaisir tous les efforts qu’elle avait faits. Ouais, définitivement, elle avait trouvé de bons arguments, et le rictus amusé qu’elle put sentir en l’embrassant, était une bonne preuve de ses sentiments vis-à-vis de tout ça. C’était encore trop nouveau entre eux, les opportunités de profiter sans concession et sans regret ; « Est-c’que ça veut dire que t’as plein de surprises pour ce soir ? » qu’il répondit, se laissant embarquer dans l’humeur séductrice de la jeune femme, se mordillant légèrement la lèvre à cette idée- si elle parlait d’autres arguments, il était impatient de les connaître. Et il avait à peine recommencé à l’embrasser, enivré, avant de se reculer brusquement, affichant un air circonspect : « J’espère que c’est pas notre anniversaire de je n’sais quoi- je sais que c’est pas le tien, mais… ehm, j’suis pas doué avec les dates, hein. » au moins il pouvait être sûr que c’n’était pas l’anniversaire de Clara – encore heureux. Et le sien à lui était censé arriver avant – bien avant – celui d’Isolde, donc ce n’était pas non plus ça. Et est-ce qu’ils avaient vraiment pris la peine de retenir la date à laquelle ils s’étaient rencontrés ? Il avait déjà perdu la tête, le compte des jours, ou la moindre idée sur la date actuelle de toute manière, c’était facile de tout oublier avec Isolde.

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MessageSujet: Re: (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.   Mer 6 Avr 2016 - 0:12

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Depuis qu’ils s’étaient retrouvés pour la première fois, dans l’appartement de Cesare, à chaque fois qu’ils s’étaient retrouvés, ça avait été parce qu’il y avait un problème. Une entaille au couteau contre son abdomen – dont elle gardait une belle cicatrice – la mort d’Anthea, une dispute à propos des élections municipale et une explosion suivie de Kingsley Moren qui avait voulu la tuer. Mais pas cette fois. Cette fois, il était venu parce qu’elle l’avait invité et quand bien même ce n’était pas l’invitation du siècle, au moins, la soirée commençait mieux que les précédentes. Si elle avait eu plus de temps et plus de courage, ça aurait été mieux que ça. Mais elle avait passé trop de temps à endormir une Clara qui avait dû comprendre que son père était dans les parages et s’était dit qu’elle avait trop envie de le voir pour dormir quand sa mère le lui demandait. Finalement elle avait fermé les yeux mais elle finirait bien par se réveiller tôt ou tard. Elle le faisait de moins en moins, se réveiller en pleine nuit trois, quatre fois d’affilées juste pour rendre sa mère cinglée, mais y avait aucune chance pour qu’elle reste assoupie bien sagement jusqu’au lendemain matin. Tant mieux pour Cesare sans doute, lui il n’avait pas eu l’occasion de la voir depuis la mort d’Anthea et ça faisait pas loin d’un mois, alors il devait sans doute avoir envie de la voir. Il pourrait la voir, parce qu’elle était là, elle n’avait pas eu l’intention de la faire garder, quand bien même ça leur aurait offert un peu plus d’intimité. Pour Cesare, elle avait su que ce serait mieux d’avoir Clara avec eux.

Elle avait senti qu’il y avait quelque chose pour perturber Cesare à la suite de ses paroles, elle ne pouvait pas dire qu’elle avait un don tout particulier pour lire ce genre de trucs sur le visage des gens. Elle savait écouter ce qu’on avait à lui dire mais remarquer les signes discrets, ces trucs qu’on ne disait pas, ce n’était pas son fort. C’était son côté un peu trop direct, elle fonçait sans faire attention. Mais avec ceux dont elle était vraiment proche – et Cesare en faisait indéniablement partie – elle faisait beaucoup plus attention, elle était beaucoup plus attentive et là, elle avait été capable de voir quelque chose. C’était passé sur son visage à la vitesse de l’éclair. Y avait quelque chose. Mais elle savait que ce quelque chose, il en parlerait quand ce serait le bon moment, quand il en aurait besoin. Il l’avait fait pour cette histoire avec Moira, alors, quoi qu’il puisse avoir sur le cœur, ça ne pouvait pas être pire que ça. C’était l’impression qu’elle avait de toute façon. Alors, ils étaient partie sur une autre voie, le genre de chemin qui leur ressemblait bien. « Evidemment que j’ai plein de surprises. » Ils l’avaient déjà dit chez elle la dernière fois, elle était pleine de surprises. Dans le fond, il suffisait qu’elle retire sa robe pour que ça puisse créer une nouvelle surprise. Fallait pas croire, dans ce qu’elle portait, y avait pas que la robe qui était sexy. Elle fut surprise quand il recula brusquement en plein milieu d’un baiser. Mais la réplique la fit rire. « Nan, y a rien de spécial aujourd’hui, enfin je crois pas. Je pense qu’on a largement dépassé notre anniversaire, dont je n’ai absolument aucune idée de la date non plus. » Techniquement ils étaient plus proche de leur anniversaire de rupture que du moment où ils s’étaient mis ensemble ou de leur rencontre. Elle ne savait plus non plus exactement quel jour de quel mois ils avaient pu se rencontrer, vu les neuf mois qui les avait séparés, c’était pas le genre de détail qu’elle avait voulu garder en mémoire, elle, elle avait juste voulu oublier tout ça à une époque, alors forcément, elle était mal placée pour pouvoir retrouver cette date.

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MessageSujet: Re: (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.   Mer 6 Avr 2016 - 1:31


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Le temps avait ce don de passer trop lentement et trop vite à la fois – s’il avait encore pu douter de cette théorie à un quelconque moment, les semaines qui étaient passées entre la dernière fois qu’Isolde et lui s’étaient vus, et l’explosion à la mairie et leurs retrouvailles, avaient été un bon moyen de le prouver. Elles lui avaient paru être longues, insurmontables et assommantes, faites de jours où sa patience et sa bonne volonté étaient toujours un peu plus mises à rude épreuve : son seul salut, ç’avait été de se concentrer sur Kingsley Moren, ses faits et gestes, ses décisions, les informations que son père faisait remonter jusqu’à lui, des tonnes et des tonnes d’interrogations pour savoir comment l’affronter. Seul ou avec son père pour palier à toute éventualité- c’en était presque redevenu son obsession, alors même que la veille de dire au revoir à Isolde, il avait semblé avoir décollé dans un autre monde, à mille kilomètres de sa vengeance, d’Aria, ou de quoique ce soit de c’genre. Ces semaines, elles avaient aussi servi à Cesare, le grand-frère, pour faire son deuil de sa sœur – du moins, le deuil de la sœur avec laquelle il avait cru être, et pouvoir fonctionner pendant les mois qui avaient composé leur fuite : parce que finalement, Aria n’avait pas été totalement honnête avec lui, elle lui avait caché bien trop de choses, bien trop de secrets. Et réaliser que si elle n’était pas morte ce soir-là, à la fête foraine, elle aurait simplement quitté la ville avec un parfait inconnu – ou presque – sans lui laisser de moindre mot ou une quelconque explication, ç’avait manqué de le détruire complètement. C’était ce qui l’avait poussé à se retourner contre Isolde, une nouvelle fois, déversant sa rage sur elle pour le faux pas infime qu’elle avait commis, faute de pouvoir le faire sur la principale source de ses souffrances : ça non plus, il n’en avait pas parlé à la Saddler. Il n’avait pas encore mis à haute voix, pour qui que ce soit, le fait que sa sœur tant chérie, sa sœur qu’il présentait si parfaite, si unique, avait été prête à tout laisser tomber d’eux deux pour partir sans s’retourner. Ca revenait à admettre qu’il s’était complètement planté, et que le lien si fort qu’il présentait entre eux deux aux yeux du monde, n’avait été qu’une mascarade savamment menée par Aria elle-même. Et malgré les hantises, malgré les épreuves, malgré les choix qu’il avait faits et tout ce à quoi il avait renoncé pour sa cadette, Aria n’avait jamais pris en considération tout ça- il aurait suffi d’pas grand-chose, une poignée de minutes de décalage, pour qu’elle trace son chemin hors de Radcliff sans même penser à lui plus d’une seconde. Certes, il n’pouvait pas dire qu’il la préférait morte que partie – indéniablement ; mais la trahison avait été brûlante, acerbe et amère. Et les épreuves semblaient vouloir s’additionner sur son échine pour le faire ployer chaque fois un peu plus : au milieu de tout ça, les temps qu’il dérobait au monde avec Isolde, étaient ses seules consolations.

Après tout ça, il rentrait chez lui, où tout n’était plus qu’hostilité, silence et distance- il n’aurait jamais cru se sentir aussi mal d’avoir à endurer une solitude imposée à lui par son propre patriarche ; mais définitivement, il s’était déjà plus facilement fait à l’idée de supporter une conversation avec son père qu’avec sa cousine, par exemple. Et Rayen tournait en rond, comme un fauve aux griffes acérées, depuis qu’elle avait perdu son job au poste de police à cause de l’élection d’Isolde – à croire qu’elle avait vraiment tenu à cet emploi, quand bien même ça n’avait été rien d’autre qu’une vulgaire mascarade pour cacher ses actions de chasseuse. Bien souvent, tout autant qu’il devait se faire bataille pour rester calme et encaisser les attaques en soupirant simplement, Cesare devait aussi se retenir de laisser un sourire sardonique glisser sur ses lèvres en guise de réponse : franchement, ils l’avaient tous cherché, et les DeMaggio n’étaient clairement pas les plus à plaindre. Mais l’inquiétude qui débordait parfois du faciès de marbre de Rayen, il avait hâte de la lire sur le visage de Rafael – un jour, prochainement, même s’il devait tomber avec lui, ça n’avait pas vraiment d’importance. Rien que pour tout ça, Isolde méritait d’avoir une fête, de profiter de celle-ci – et si elle avait décidé de le convier la fiesta, alors il n’allait pas dire non ; tout, sauf rester à broyer du noir entre les quatre murs étriqués et hostiles de la maison familiale. Il ne se lassait clairement pas de l’embrasser, de caresser sa peau ou de flatter de ses œillades brûlantes, sa silhouette si joliment mise en valeur par cette robe ; s’ils continuaient sur cette lancée, elle allait finir par avoir raison sur la rentabilité du temps à s’habiller- mais aucune pensée aussi pragmatique ne l’aidait à s’arrêter. Rien, sauf cette hésitation qui fit rire Isolde- il y répondit à l’identique, parce que même s’il n’se souvenait pas de la date exacte, il savait déjà qu’ils s’étaient rencontrés avant l’été. En fin d’compte, leur anniversaire était déjà passé, et ils avaient été trop occupés à être en froid : alors franchement, ça ne pouvait même pas être considéré comme un anniversaire puisqu’ils n’avaient pas été ensemble. « Oh- alors tu m’as fait toutes ces surprises… juste comme ça. » il s’en mordilla la lèvre à nouveau, l’œillade joueuse et amusée- et histoire de bien faire les choses, il brisa à nouveau la distance entre leurs lippes, pour reprendre ce baiser qu’il avait coupé bien trop vite, et bien trop brutalement. « Y’a un programme particulier, ou on peut improviser ? » parce qu’à vrai dire, si concrètement il se retrouvait séquestré dans un château imprenable, ils avaient tout leur temps – ils s’l’étaient dits, de toute manière ; c’était fini cette époque où ils comptaient les heures, les entrailles enserrées par l’inquiétude.

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MessageSujet: Re: (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.   Mer 6 Avr 2016 - 12:35

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Ce soir, depuis un moment à Radcliff, y avait rien qui était censé déraillé. Rien qui ne devait exploser, aucun coup de feu qui serait tiré, ni de mutant qui perdrait le contrôle sur son pouvoir. C’était une soirée normale, que personne n’était censé pouvoir gâcher. C’était rare ce genre de trucs à Radcliff, parce qu’en général, même les trucs les plus simples, ça finissait en véritable catastrophe dans le coin. Mais pas ce soir. Pour une fois, y aurait rien qui se passerait, que ce soit pour foutre en l’air la soirée qu’ils avaient organisée plus loin dans le château, ou la sienne, qu’elle avait plus ou moins préparer pour Cesare. La ville ne se remettait qu’à peine des explosions de la mairie, tout le monde avait le droit à un peu de répit. De toute façon, à force de tout exploser, il ne resterait pas grand-chose de la ville, alors si même elle, elle en avait conscience, les hunters devaient bien s’en rendre compte aussi. Y avait eu une époque, où elle avait cru que ça ne l’aurait pas gênée de la réduire en cendre cette maudite ville. Mais passé la rage de ce moment-là, fallait admettre que ça ne réglerait pas grand-chose. Y aurait toujours une autre Radcliff, avec les mêmes problèmes. Essayer de régler les choses depuis la mairie, ça pouvait peut-être paraitre complètement fou, vraiment très ambitieux, mais maintenant qu’elle y était, elle avait bien l’intention de tout donner pour montrer que ça pouvait marcher. C’était lent et fastidieux, elle qui n’aimait pas ne rien foutre de ses journées, au moins, elle était servie ces derniers temps et puisqu’y avait pas de Cesare dans son lit, c’était bien souvent entre deux dossiers qu’elle finissait par s’endormir la nuit. Ce soir au moins, elle pourrait se reposer, loin des problèmes qui avaient marqués toutes les autres soirées de Radcliff, loin de ses dossiers et des problèmes de la ville.

Il lui avait suffi de croiser le regard de Cesare pour que tous les tracas du quotidien disparaissent au profit de l’amour qui éveillait chacune de ses cellules. Pourtant ils étaient dans son bureau, là où y avait des piles de dossiers et un tas de bordel qui concernaient la ville de hunters, les hunters, les transmutants et d’autres trucs moins importants comme les événements soit disant important à organiser à Radcliff, comme tous les ans pour que les gens puissent avoir l’impression que la vie reprenait rapidement son cours. Tout ça, ça avait été vite balayé de son esprit par la simple présence de Cesare dans la pièce. Ils n’avaient rien d’un couple normal, alors le fait que l’un comme l’autre n’ait aucune idée de quand pouvait être la date de leur anniversaire, ça n’avait rien de franchement surprenant. Vu comment ça avait été compliqué entre eux, ils n’avaient qu’à se mettre d’accord sur la date eux même. Peut-être qu’ils pourraient choisir celle à laquelle ils s’étaient réconciliés, quand bien même ça pourrait donner l’impression d’oublier le début de leur histoire. Au moins, ce n’était pas une date compliquée à retenir. C’était le jour qui avait suivi la naissance de leur fille. Celle-là, ils pourraient difficilement l’oublier. Elle haussa légèrement les épaules suite à sa réplique. « Nan, t’es juste un gars chanceux. » Y avait pas besoin de trouver des prétexte de toute façon pour ce genre de surprise, elle avait voulu le voir c’est tout. Mais s’il devait y avoir besoin de raisons pour qu’ils se voient, elle tâcherait de toujours en trouver une. Après des semaines passées sans lui, elle ne pouvait pas s’imaginer beaucoup de temps loin de lui et de ses baisers qui lui donnaient l’impression que son cœur allait sortir de sa poitrine. « Nan, y a pas de programme, faut improviser. » De toute façon, est-ce qu’ils auraient été capables de se tenir à un programme précis ? Elle avait tendance à en douter. « De toute façon si y avait eu un programme, il aurait facilement été déréglé par Clara. » Parce que c’était pas facile de prévoir avec précision quand est-ce qu’elle allait pleurer celle-là, mais ils n’avaient pas besoin d’elle de toute façon, pour faire les choses d’une façon qui leur été propre. « Tu peux aller la voir si tu veux, du moment que tu la réveilles pas. » Avec le temps qui lui avait fallu pour s’endormir, mieux valait éviter de la réveiller, mais il ne l’avait pas vue depuis un moment, alors rien ne l’empêcher d’aller se pencher quelques minutes au-dessus du berceau s’il le voulait. En silence. Une fois qu’elle dormait en principe, elle restait endormie même si y avait quelques bruits aux alentours. Ça lui arrivait à elle, de se poser à côté et de la regarder dormir sans qu’elle ne se réveille à la seconde où elle entrait dans la chambre, alors ça devrait aller.

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MessageSujet: Re: (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.   Mer 6 Avr 2016 - 23:18


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Le fait que Cesare ait plus facilement imaginé le pire plutôt qu’Isolde leur préparant une soirée romantique, ça voulait probablement en dire long sur leur relation et leur habitude de s’mettre au second plan. Ce que peu de couples devaient faire, alors qu’à Radcliff il n’se passait pas un jour sans que les prunelles sombres du DeMaggio trouvent deux amoureux enlacés l’un à l’autre, en train de profiter une vie qui semblait peu à peu s’alléger dans les rues. Et même s’il était encore indéniable qu’Isolde avait du pain sur la planche pour vraiment changer Radcliff et effacer tous les problèmes qui dormaient encore discrètement dans les avenues d’ici-bas, l’atmosphère générale s’était allégée. Le couvre-feu ne préoccupait plus personne, et au quotidien, les gens semblaient moins prompts à éviter le moindre contact avec autrui. Pour Cesare, il était toujours difficile de voir le moindre véritable signe positif ; il avait toujours haï cette ville, ses habitants et l’atmosphère générale qui y régnait – l’expérience, irrémédiablement, l’avait toujours poussé à n’pas voir le bon côté dans la vie ici, ou les gens qui occupaient les rues. Dans tout ça, Isolde et lui, ils étaient encore plus souvent occupés à mener des batailles contre des ennemis qui leur étaient propres, plutôt qu’à envisager leur avenir de manière concrète : ils avaient plus de liberté, certes, et ils tenaient leurs promesses - selon lesquelles ils n’laisseraient plus l’assurance de ‘rester séparés et sans avoir le moindre contact, c’est plus prudent’ les empêcher de passer du temps ensemble, mais c’n’était pas encore c’qu’ils s’étaient promis, ou c’qu’ils espéraient secrètement, à chaque fois qu’ils laissaient leur garde et leurs préoccupations tomber à leurs pieds. Les séparations étaient aussi compliquées à gérer, et le temps pouvait parfois passer trop vite avant qu’ils ne se revoient ; ça leur pesait, quand bien même la Saddler devait être trop occupée avec son job de maire et leur fille- peut-être était-il celui d’eux deux qui ressentait le plus lourdement tout ça, mais Cesare s’voyait plus volontiers livrer une guerre avec Isolde que profiter de moments d’insouciance en amoureux. Et quand est-c’que ça cesserait ? Quand est-c’que ces moments-là, juste eux deux, hors du temps et hors de leurs préoccupations, deviendraient quelque chose de régulier, habituel, voire quasi-quotidien ? Lui, il n’avait pas beaucoup de marge de manœuvre pour organiser des trucs pareils – et si dès lors qu’ils se retrouvaient ensemble pour une poignée d’heures, ils s’aventuraient sur des sujets épineux comme le sixième rencard, il fallait avouer que leur vie de tous les jours en tant que couple, allait s’annoncer bien compliquée.

Il s’escrimait, au moins, à alimenter sa positivité plutôt que de trainer ses regrets, son quotidien et ses craintes tout à la fois- ici et maintenant, il avait suffi qu’Isolde referme la porte de son fameux bureau derrière lui, pour qu’il en oublie tout ça, et ses responsabilités élémentaires. Pourtant, c’n’était pas faute d’endurer tout ça au quotidien- la peur viscérale d’être si loin de la jeune femme, alors que Lancaster n’en avait certainement pas fini avec elle. L’appréhension de chaque jour qui passait, et ses songes qui l’éloignaient un peu plus de sa propre situation pour toujours l’amener plus vers Isolde : c’était aussi ce qu’ils avaient essayé d’éviter, sans doute, lorsqu’ils s’étaient dits qu’il valait mieux qu’ils n’se voient pas trop, n’dépendent pas trop de l’autre et ainsi de suite. Maintenant, il pensait plus souvent à Isolde que lui-même, et avec Kingsley mort, sa motivation s’était envolée – il s’demandait, souvent, trop souvent en dévisageant son père ou sa cousine, pourquoi est-c’qu’il poursuivait cette mascarade nauséeuse. Et pourtant, y’avait probablement un tas de bonnes réponses sur le pourquoi du comment, mais à mesure qu’Isolde lui manquait un peu plus, il n’arrivait plus à trouver de logique à ses obligations. C’avait été écrit, probablement, dès l’instant où ils avaient décidé de renouer ; Cesare avait été voué à être le premier à aspirer à plus de simplicité, une fuite en avant qu’il n’obtiendrait peut-être jamais : parce que maintenant qu’Isolde était engagée dans tout ça jusqu’au cou, elle n’allait pas laisser tomber. Ni Insurgency, ni Radcliff, ni tous ses engagements. Et lui, tout c’que son implication engendrait, c’était des conséquences, de nouvelles pertes, de nouveaux deuils, de nouveaux dangers. Alors peut-être que cette soirée-là se présentait déjà comme un mince filet d’espoir, de liberté et de bonheur dans un quotidien qui pesait comme une enclume sur lui : c’était probablement le deuil de sa mère, qui l’faisait penser comme ça et avait rendu les jours précédents aussi mornes que les mois qui avaient suivi sa séparation avec Isolde. Il n’pouvait que sentir la prescience du cercle vicieux, toujours plus oppressante et étouffante, alors que ses bouffées d’oxygène étaient trop rares. Mais il était un gars chanceux, ouais, dans la mesure où la transmutante avait trouvé le bon moment pour revenir à lui avant qu’il ne sombre dans le néant de ses propres songes ; Cesare lui offrit un sourire à ces paroles, amusé et réconforté par la surprise, sa simple présence à ses côtés – des sentiments trop rares, dès qu’il était loin d’elle. Qu’ils improvisent donc, ça ne l’dérangerait pas, même si pour l’heure, il semblait juste incapable de lâcher ses lèvres, ou ses mains, ou le moindre contact avec elle : ils n’avaient certainement pas encore rattrapé toutes ces semaines passées loin l’un de l’autre- c’n’était pas à l’hôpital, juste après une catastrophe, l’esprit hagard et encore hanté par la mort qu’ils avaient frôlé, qu’ils auraient pu faire quoique ce soit de toute manière. La mention de Clara, plutôt que de le réconforter, serra son cœur un peu plus au creux de son poitrail ; ça faisait des semaines qu’il ne l’avait pas vue – tellement longtemps, qu’y’avait une part d’instinct de survie en lui qui avait volontiers balayé le bébé dans un coin de sa tête. Isolde n’pouvait pas savoir, encore une fois : elle n’pouvait pas vraiment comprendre, c’que ç’avait pu lui faire, toutes ces semaines- certes, elle avait dû vivre sans lui- mais lui, il avait dû vivre sans savoir où elles étaient, toutes les deux. Il en revenait, à la dernière fois qu’il l’avait vue- Clara, partagé entre l’appréhension et l’envie, quand bien même il savait très bien qu’y’aurait plus rien en lui pour regretter de l’avoir si près une fois qu’il aurait toutes les opportunités de la voir, la serrer contre lui, et sentir sa présence dans sa vie à nouveau. « Si j’vais la voir, j’peux certainement pas te garantir de pas la réveiller, donc bon... » il soupira, avant de pouvoir s’en empêcher, se rattrapant dans un mince sourire, alors même qu’il essayait, essayait d’chasser cette pensée morne qui était venue jusqu’à lui ; son humeur était comme ça depuis trop longtemps, imprévisible et changeante- soumise à la moindre des pensées qui venaient frôler son esprit. « Mais quand elle se réveillera, tu peux compter sur moi pour faire tout le boulot s’il faut. » fallait bien qu’il en profite- tout comme il avait envie de profiter d’ces moments avec Isolde, quand bien même l’idée d’être un voleur, un cachotier, un délinquant commettant des crimes dans le dos de tout le monde, commençait à avoir raison de sa bonne volonté. Sa mère, Aria, elles avaient toutes les deux voué leurs vies à tout ça, tout c’qui n’concernait ni l’amour, ni la simplicité, ni ce qu’elles voulaient- et elles en étaient là, six pieds sous terre sans aucune reconnaissance de la part de qui que ce soit. Est-c’que ça allait arriver à Isolde ? Est-c’que ça allait lui arriver à lui ? « Je sais même pas c’qu’on est censés faire... » qu’il admit finalement, avant de pouvoir s’en empêcher, lâchant un vague ricanement ironique – la dernière fois qu’ils avaient eu un rencard de quelque genre que ce soit, Cesare était venu jusqu’à elle parce qu’Anthea était morte. Et la fois d’avant toutes ces semaines, ils avaient commencé par une dispute échevelée et violente, censée amener sur la fin de leur histoire, plutôt que sur l’accomplissement de quoique ce soit. Les autres couples, eux, ils n’avaient probablement aucun problème quant à savoir quoi dire, quoi faire, ou comment l’faire dans un rencard – improviser – mais lui, lui il savait juste qu’il n’avait pas les bons habits pour l’occasion, ni le bon état d’esprit, probablement.

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MessageSujet: Re: (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.   Jeu 7 Avr 2016 - 0:28

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Ça avait été dur, mais ils avaient survécu aux semaines sans se voir. Ils avaient tenu bon et ils avaient fini par se retrouver. Aucun d’eux n’avait pu envisager que ça se passerait comme ça, après une explosion et Kingsley Moren. Nan, dans toutes les choses qu’elle avait pu imaginer, ce genre d’évènements, ça ne s’était jamais produit. Elle en avait imaginé pourtant des choses et des fois, elle avait bien été obligée d’imaginer des retrouvailles dans des circonstances dramatiques puisqu’il avait semblé que ça avait été trop souvent dans ce genre de moments qu’ils avaient été réunis ces derniers temps. Alors, dans le fond, l’explosion de la mairie, ce n’était qu’une circonstance désastreuse de plus. C’était tout ce qu’elle avait voulu éviter ce soir. Ils avaient déjà connu trop de problèmes, trop de rencontre fortuites basées sur des malheurs, mais pour une fois, elle estimait qu’ils avaient bien le droit à autre chose. Ils auraient dû avoir tout le temps le droit à plus que ça. A toutes les choses qu’ils avaient pu se promettre, une vie plus simple, une vie plus normale. Ça semblait se rapprocher maintenant qu’ils n’avaient plus besoin de faire en sorte de ne plus se voir pour rester en sécurité. Il lui avait sauvé la vie la dernière fois, alors elle avait bien du mal à pouvoir imaginer être moins en sécurité quand il était à ses côtés que lorsqu’il était de retour chez lui. Les promesses, il lui semblait qu’elles étaient encore plus proches à présent. Parce qu’il était venu et peut-être qu’il était venu en pensant qu’elle avait un problème et qu’il s’était inquiétait, mais ce n’était pas le cas. Ce soir, pour elle, tout allait bien et ça semblait être un pas de plus vers la normalité qu’ils désiraient tous les deux.

Pour elle tout allait bien c’était certain. Y avait des trucs qui la tracassaient. Le bilan de l’explosion qui la hantait, les mille et un obstacles qu’elle ne savait pas comment franchir pour parvenir à ses fins. Les problèmes divers et variés qu’elle devait régler en tant que maire de la ville. Mais globalement, ça allait. Et la présence de Cesare à ses côtés, ça semblait rendre encore tout plus parfait. Là, elle ne se sentait même pas le courage de râler sur ses problèmes parce qu’ils paraissaient infimes en cet instant. Elle était là, avec Cesare, et comme d’habitude, le reste du monde, il semblait bien peu important quand ils étaient ensemble. Alors qu’importait comment ils choisissaient d’organiser cette soirée, elle serait quand même parfaite, même s’ils devaient parler de choses compliquées à un moment où à un autre, elle savait que ce serait parfait. Il pouvait commencer par aller voir Clara s’il le voulait et peut-être qu’elle était un peu trop exigeante à lui demander de ne pas la réveiller alors qu’il ne l’avait pas vue pendant des semaines. Elle, elle la voyait tous les jours, alors elle ne savait pas trop ce qu’il pouvait ressentir dans le fond et peut-être qu’il avait juste envie d’aller dans cette chambre et d’attraper son bébé dans les bras sans se poser de question et elle, tout ce qu’elle trouvait à lui dire, c’était de ne pas faire de bruit pour pas la réveiller parce qu’elle avait galéré à l’endormir. Peut-être bien que lui, il en mourait d’envie, de passer ses soirées à galérer à l’endormir et elle, elle râlait sur ça. Elle senti une vague de culpabilité venir peser sur son cœur d’un coup. C’était parce qu’y avait quelque chose qui n’allait pas chez Cesare. Elle le voyait encore et ça la stressait. Elle lui adressa un sourire à son tour avant de hausser les épaules. « Okay, je te laisserai faire. » Elle n’en avait pas assez profité la dernière fois après tout, qu’il soit là pour s’occuper de la petite, alors elle pouvait bien en profiter aujourd’hui et puis s’il en avait besoin, y avait aucune raison pour qu’elle ne le laisse pas faire. Et eux deux, là maintenant, qu’est-ce qu’ils étaient censés faire ? Elle n’avait pas planifié le truc jusque-là, finalement, faire un programme ça aurait pu être une bonne chose. « Viens … » La main dans la sienne, elle l’avait trainé jusqu’à un canapé dans la pièce, où elle se laissa tomber, l’entrainant à faire la même chose. Elle fixa un moment ses prunelles avant de venir déposer sa main contre sa joue pour la caresser avec tendresse. « Je sais pas ce que c’est, mais je sais qu’y a quelque chose qui va pas. » Il était doué pourtant pour tout dissimuler et elle était certaine qu’il le savait. Mais pour le coup, il ne l’avait pas dupée elle. « J’vais pas te demander ce que c’est, alors si t’as pas envie d’en parler, te force pas. Juste … Je suis là. Et je serais là demain et après. Je serais là quand tu seras prêt. Ok ? » Elle sera toujours là pour lui, elle ne le laisserait pas tomber, elle continuer de le penser, quand bien même elle avait eu des semaines et des semaines pour repenser à tout ça. « Si tu as juste envie d’oublier pour ce soir. Je ferais de mon mieux pour que ça marche. » Si c’était ce qu’il voulait alors elle ferait de son mieux pour l’aider à oublier ce qui n’allait pas et elle ferait ce qu’elle peut pour l’apaiser de tout ce qui pouvait le tracasser.
 

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MessageSujet: Re: (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.   Jeu 7 Avr 2016 - 5:58


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Passés la surprise, le soulagement, l’amusement, y’avait cette part de naturel qui revenait à Cesare ; l’habituelle morosité qui – il fallait croire - lui collait trop intensément à la peau, dès lors qu’il n’voyait pas Isolde pendant quelques heures ou quelques jours. Coincé entre son père et sa cousine désormais, il était bien difficile pour le chasseur de voir au quotidien un quelconque rayon d’espoir auquel se retenir : si souvent, ses pensées s’égaraient vers Isolde et Clara, et il se demandait ce qu’elles faisaient. La Saddler était probablement occupée, happée par ses toutes nouvelles obligations à la mairie, et Clara n’était qu’un bébé qui n’faisait pas grand-chose d’autre de ses journées que le sempiternel cycle, manger, dodo, caca. Pourtant, il s’imaginait évidemment plus souvent à leurs côtés à elle, qu’obligé de supporter le mécontentement de Rayen et la rage de son père : comme quoi, fallait croire que malgré son allure silencieuse, passive et distante, Isabela avait toujours fait figure de tampon, à même de diffuser toutes les tensions possibles et imaginables sans même avoir à faire quoique ce soit. Déjà, Cesare n’se souvenait plus de grand-chose, concernant ses récentes interactions avec sa mère ; elles avaient été on ne peut plus limitées, fuyardes et fuyantes : ça faisait un moment déjà, que sa mère et leur relation en un tout avaient été trop ambigus pour que Cesare continue de s’y accrocher comme quand il avait été un gamin à la recherche d’attention et d’affection. Somme toute, leur lien s’était délité à mesure que celui entre lui et son père s’était renforcé dans leur dévotion pour la cause. C’était paradoxal et désagréable, ce sentiment qu’il avait, que de sa propre génitrice avait été une énigme pour lui jusqu’au jour de sa mort. C’n’était pas pour rien, qu’y’avait trop de vide, trop de doute, trop de problèmes non résolus pour qu’il se sente la capacité d’éprouver quoique ce soit depuis qu’il l’avait perdue. Etait-il censé se sentir triste ? C’était sa mère après tout. Etait-il censé s’en foutre ? Elle avait participé à torturer Aria et à faire peser sur ses épaules à lui ce chantage pour sauver la vie de sa sœur, d’la même manière que son père l’avait fait – irrémédiablement, il aurait dû les détester tous les deux autant l’un que l’autre, et n’jamais se retourner sur ça. Est-c’qu’il ressentirait le même vide béant, si son père devait mourir ? Quelle injustice, que le fait de ressentir de telles choses pour des personnes qui n’ressentiraient rien pour lui dans le cas inverse. Cette injustice, c’n’était que grâce à Isolde qu’il la connaissait ; grâce, ouais, parce que peu importaient la peine silencieuse que ça faisait gronder en lui, il n’pouvait s’empêcher de bénir, d’apprécier et de chérir chaque moment qui faisait de lui un humain, et non plus un chasseur.

Alors évidemment qu’Isolde avait remarqué que quelque chose n’allait pas : y’avait bien qu’elle pour connaitre et reconnaitre toutes les facettes de la personne qu’il était peu à peu devenu à son contact. Cesare ne résista pas, il ne soupira même pas, ou n’eut pas la volonté de fuir, lorsqu’elle l’entraina vers un canapé qui se trouvait dans un des coins de la pièce ; il garda le regard fugitif un temps, avant que sa main sur sa joue ne l’appelle à perdre ses prunelles sombres dans ses yeux à elle. Et comment était-il censé n’rien dire sur tout ça ? Comment pouvait-il juste esquisser un sourire pour lui dire qu’il n’avait pas envie d’en parler ? Ce n’serait jamais parce qu’il n’avait pas envie d’en parler à elle- pas alors qu’elle était là, présente, palpable, sa main posée sur sa joue, sa chaleur accrochée à sa peau ; mais c’était trop compliqué, trop obscur. Trop. Il soupira finalement, levant sa main pour venir atteindre celle d’Isolde et la décrocher de sa joue pour l’enlacer entre ses phalanges, amoureusement, pour lui faire comprendre qu’il n’la repoussait pas – il n’la repousserait jamais – mais qu’il avait besoin de pouvoir la lâcher du regard, au moins pour rassembler ses pensées. « J’en sais rien... j’suppose que… c’est passé trop vite, tout ça. » ce qui était vrai, Cesare s’éclaircit légèrement la gorge, avant de poursuivre : « J’veux dire… Kingsley qui est mort, tout ça… je- je sais même pas c’que ça a pu m’faire… j’ai pas-… l’impression d’avoir rendu justice à ma sœur ou j’sais pas quoi. Ça a juste-… » ses mâchoires se serrèrent, parce qu’il n’l’avait certainement pas admis à haute voix jusque-là ; ouais, la vengeance ça n’servait à rien, il l’avait su avant de se lancer là-dedans, mais c’était un peu comme tout, y’avait une différence entre les blablas et la pratique. « Ca a juste rien fait... » probablement que ç’avait sauvé plein de vies- dont celle d’Isolde. Mais Aria n’était pas revenue, et il n’pouvait pas non plus se dire qu’Aria avait atteint un genre de Nirvana au-dessus du Paradis pour ce qu’il avait fait. Non, Aria s’faisait toujours bouffer par les asticots, quelque part sous terre- et elle ne reviendrait jamais. « J’ai juste… l’impression qu’on perd trop d’temps- sur… pas grand-chose. » peut-être qu’Insurgency, les transmutants, Radcliff, pour elle, c’n’était pas pas grand-chose ; c’était assez important pour qu’elle s’mette sur le devant de la scène, première cible des hunters, figure de proue contre Lancaster. Il releva enfin le regard vers elle, avalant une profonde inspiration pressant un peu plus les doigts de la jeune femme entre les siens ; « Quand j’suis parti, après-… après tout c’qu’y s’est passé à la mairie, à l’hôpital. J’suis rentré chez moi et-… » il haussa les sourcils, son regard cherchant une inspiration dans le néant. « ma mère- elle… elle est morte. Apparemment, c’était un mutant- mais… mais j’crois bien qu’ça s’arrête jamais. » et alors Isolde – un peu comme lui – n’avait aucune raison de compatir, aucune raison de s’torturer l’esprit sur ça ; lui, au fond, c’n’était pas tellement sur le deuil lui-même que sur l’entier sentiment d’inutilité qu’il débattait intérieurement. La chasse, DeMaggio, transmutants, peu importait tout ce qu’il se passait, le cercle vicieux était toujours le même, et peut-être bien que les moments improvisés, comme ça par Isolde, étaient les meilleures opportunités qui soient pour profiter du meilleur ; il avait juste besoin d’lâcher tout ça, pour s’laisser bercer par l’instant. Il le ferait, parce qu’il en avait envie- envie comme il avait envie de passer du temps avec Isolde et Clara ; mais d’abord, il devait laisser le dehors derrière lui.

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MessageSujet: Re: (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.   Jeu 7 Avr 2016 - 14:10

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Finalement, peut-être qu’il fallait toujours qu’il se passe un truc dans leurs vies avant qu’il puisse être de nouveau réunis. Parce que leurs vies, elles étaient toujours trop compliquées, toujours trop mouvement et personne ne semblait à même de vouloir leur laisser un peu de paix. Ils y avaient le droit pourtant, après tout ce qu’ils avaient pu connaitre jusqu’à présent, mais il semblait bien qu’il y avait quelque chose quelque part qui était bien décidé à ne pas leur laisser de répit. Y avait toujours un cadavre quelque part pour tout venir gâcher, ou des blessures à panser. C’était pour ça que les promesses qu’ils avaient pu se faire avaient autant de sens à leurs yeux. Etre ensemble, un jour, quand tout irait mieux. C’était un objectif qu’ils s’étaient fixés depuis un moment maintenant, deux mois, bientôt trois sans que les choses n’aient vraiment pu changer, mais il fallait continuer d’y croire, qu’un jour, les choses iraient mieux, assez pour qu’ils puissent laisser tomber les barrières et profiter de leur vie ensemble et quand ils seraient tous les deux, ensemble pour traverser le quotidien, ce serait physiquement impossible qu’il n’y ait que des merdes dans leur existence. Ils auraient probablement déjà tout connu à ce moment-là de toute façon, alors y aurait plus rien pour venir se glisser entre eux deux. Et puisqu’ils seraient ensemble tous les jours, pourraient jamais y avoir assez de problèmes pour rendre chacun des jours passant un peu plus pesants. Alors la promesse d’être ensemble, c’était aussi celle d’avoir une vie bien meilleure que tout ce qu’ils pouvaient avoir en ce moment. Et ça viendrait, elle en avait la certitude et y avait toute une partie d’elle qui se disait que c’était ce à quoi elle travaillait tous les jours. Parce qu’y avait pas de raison, ce n’était pas que pour les autres qu’elle aspirait à rendre cette ville meilleure, c’était aussi pour elle.

Mais essayer de bâtir quelque chose de meilleur, aussi bien dans la ville qu’entre eux deux, ce n’était pas ça qui allait effacer les peines et ramener les morts à la vie. Pas plus que la vengeance ou la justice ne pourrait y faire grand-chose. Son père, Aria et Anthea ils étaient morts. Ils ne reviendraient pas, qu’importaient tout ce qu’ils pourraient faire. Et elle le lui avait déjà dit dans sa chambre de motel des mois plus tôt, se venger, ça ne changerait rien. Elle, elle pourrait bien tuer Rafael DeMaggio, dans le fond, ça ne changerait pas non plus grand-chose à la peine qu’elle pouvait ressentir pour son père ou pour Anthea, sur le moment, quand elle avait frappé Rafael, elle s’était sentie mieux, mais quand bien même il serait mort sous ses coups, concernant Anthea et son père, ça n’aurait rien changé. « Y a pas grand-chose qui pourra faire partir la peine. Certainement pas la vengeance … » Si seulement ça pouvait suffire, peut-être bien qu’elle l’aurait trouvé le courage d’en finir avec Rafael l’autre soir, comme ça, elle irait mieux et elle ne se poserait plus la moindre question sur Anthea et ne serait pas hantée par la façon dont les Martell pouvaient la détester à présent, parce qu’elle s’était pointait chez eux un beau jour pour leur annoncer que leur fille était – encore – morte. « T’as juste besoin de plus de temps … » Pas de tuer le type qui avait tué sa sœur, ou de tuer la sœur de celui qui l’avait aidé. Ça n’aiderait jamais ça. Mais y aurait un jour, où il se réveillerait et ça irait mieux, sans même qu’il ne s’en rende vraiment compte. Ça avait fait ça pour son père, des années plus tôt. C’était un long processus, pas un truc qui changeait d’un coup et ça faisait un mal de chien, mais ça finirait par aller mieux. Pour lui, comme pour elle. « Peut-être bien que t’as besoin de faire les choses que tu as envie de faire, plus que celle que t’as l’impression de devoir faire … » Et il perdrait moins son temps pour pas grand-chose. Elle n’avait pas l’impression de perdre son temps elle, parce que c’était pas une obligation ce qu’elle faisait et rien que le fait que les gens autour d’elle aient eu envie d’organiser une soirée pour fêter tout ça, ça lui donnait l’impression d’avoir réussi à améliorer un peu la vie des gens et ça c’était ce dont elle avait envie. Elle déposa sa deuxième main sur celle du jeune homme alors qu’il évoquait sa mère. Elle ne l’avait jamais portée dans son cœur celle-là, question de principe. La seule fois qu’elle l’avait rencontrée ça avait été avant l’explosion de l’entrepôt. Mais Cesare, il ne parlait pas d’elle de la même façon qu’il parlait de son père. « Je suis désolée pour ta mère … » Peut-être qu’elle n’était pas vraiment désolée pour sa mère, plus pour lui. Quand bien même ce serait un transmutant qui aurait tué sa mère, elle l’aurait probablement bien cherché, mais y avait une partie d’elle qui avait tellement peu de respect pour son père qu’elle avait presque tendance à se demander s’il n’avait pas joué un rôle là-dedans, il avait bien été prêt à sacrifier sa fille, alors pourquoi pas sa femme hein ? Ouais du point de vu d’Isolde, Rafael il pouvait porter le chapeau pour tout et n’importe quoi. Pourtant, elle garda ça bien au chaud pour elle, histoire de ne pas passer pour la fille qui cherchait encore et toujours à défendre les transmutants, c’était pas le cas, elle en connaissait qui tuait des chasseurs sans scrupules et dans le fond, elle en avait poussé certains à le faire, juste avec Insurgency. « Mais ça va s’arrêter. Ça va pas toujours tomber sur un de nous deux … » Elle y avait pensé à ça aussi, pendant les semaines qu’ils avaient pu passer loin l’un de l’autre, la façon dont la vie semblait s’acharner sur eux et elle en était arrivée à la conclusion, que ça finirait bien par s’arrêter et s’il fallait qu’elle trouve un moyen de nettoyer cette ville de fond en comble pour avoir le droit à ce qu’on lui foute la paix, elle le ferait. Elle était quand même pas trop mal partie depuis qu’elle était à la mairie, même si ça n’allait pas vite et que plus ça lambinait, plus elle se demandait quand est-ce que le retour de bâton viendrait la frapper. « On devrait pas penser toujours négativement. On est ensemble et les choses vont s’améliorer. » Et plus ils se donneraient la chance d’y croire, plus ça deviendrait réel ; elle le souhait en tout cas.
 

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MessageSujet: Re: (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.   Jeu 7 Avr 2016 - 17:05


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Il n’avait pas voulu trainer ses problèmes avec lui, il aurait préféré les laisser dans cette maison morne et silencieuse qu’il supportait de moins en moins ; encore plus depuis qu’il avait réalisé que sa rencontre avec Isolde était en réalité un genre de rendez-vous improvisé. Ils se l’étaient dit, pourtant, lorsqu’ils s’étaient retrouvés à l’hôpital après les explosions de la mairie, qu’ils trouveraient un moyen et un temps pour fêter ça – qu’ils se devaient bien ça, après des semaines de silence et de distance. Happé par le quotidien trop étouffant qui planait partout dans Radcliff, Cesare en avait presque oublié les petites choses qui donnaient tant de valeur à chaque moment passé avec la transmutante ; quelle erreur, au fond, puisque c’était ce à quoi ils se raccrochaient avec tant de volonté pour continuer à y croire – croire en leurs promesses, leurs espoirs, leur avenir meilleur. Pourtant, ça faisait des semaines déjà, Clara avait grandi et le DeMaggio avait loupé des étapes importantes de la vie de sa propre fille : il n’avait jamais changé de couche, l’avait nourrie une fois au biberon, et n’avait jamais passé plus de quelques poignées de minutes avec elle dans les bras. Difficile, somme toute, en vivant comme ça, de s’dire qu’il avait vraiment une chance de sortir de son cercle vicieux de haine et de malheur, pour pleinement vivre des moments aussi simples. Il n’demandait que ça pourtant, mais y’avait toujours quelque chose qui venait se poser sur la route qu’il se dégageait peu à peu ; une trop lourde idée qui pesait sur ses épaules dès qu’il avait quitté Isolde, l’esprit léger, le cœur battant à la chamade, seulement pour sentir celui-ci être stoppé dans sa course par une vérité trop compliquée à gérer. Il avait eu le dos tourné à sauver Isolde, et quelqu’un, quelque part, en avait profité pour s’attaquer à sa mère : était-ce donc ça, sa vie, une constante balance où quelqu’un en ville prenait quelque chose d’autre/quelqu’un d’autre pendant qu’il luttait de toutes ses forces pour sauver les miettes d’humanité qui lui restaient ? Parce que franchement, dans tout son entourage à choisir, le fils aurait préféré sauver sa mère avant n’importe quelle autre personne portant le nom DeMaggio : peut-être était-ce stupide, ou arbitraire, mais il avait partagé des sentiments avec sa mère, que personne d’autre n’avait jamais éprouvés dans leur famille. Comme leur amour pour Aria, par exemple. Il n’avait jamais douté de l’attachement d’Isabela pour sa fille, et bien souvent, dans les prunelles de sa génitrice, Cesare avait cru y saisir les mêmes sentiments de devoir et d’impuissance qui l’avaient glacé lui d’effroi dans une vie qu’il ne voulait qu’à peine.

Alors ouais, dans l’échelle du merdier de sa vie, y’avait de quoi être désolé pour sa mère – parce qu’au fond, Isabela avait eu une vie de merde, elle avait sacrifié ses enfants pour une cause qui avait fini par la tuer. Et encore, c’était trop curieux, trop compliqué, trop arrivé à point nommé pour que Cesare ose simplement croire en la possibilité qu’un transmutant ait comme par hasard tué sa mère de la sorte. Sa mère, elle avait survécu à bien des choses, elle avait affronté des dizaines et des dizaines de transmutants – et comme tout DeMaggio, elle s’en était toujours sortie. Tous ces doutes, toutes ces réalités qui tournaient à plein régime dans sa tête depuis qu’il avait appris la mort de sa mère, Cesare aurait voulu pouvoir juste les prendre de son cerveau, et les poser sur le pas de la porte- claquant celle-ci entre lui et tout ce qui l’accablait tant : mais fallait croire qu’il n’avait fait que piètre figure, et il n’avait pas fallu grand-chose pour que la vérité déborde sur son visage. Au fond, y’avait qu’avec Isolde qu’il pouvait se permettre ça – qu’il pouvait laisser ses ressentiments transpirer par chaque pores de sa peau, alors que dans la maison familiale, il devait toujours ravaler tout ça, n’rien laisser paraître et adopter un faciès neutre pour survivre. Cesare ne put que lâcher un soupir aux paroles de la jeune femme, retenant celles-ci dans l’espoir qu’elles se glissent sous sa peau, s’incrustent dans ses chairs et fassent sens dans chaque petite parcelle de son être : ils étaient ensemble oui, et ç’avait été tellement rare, tellement laissé de compter au profit d’autres obligations jusque-là, qu’ils méritaient d’en profiter. Il le savait, il le savait, et c’était ce qu’il se répétait depuis qu’il avait laissé les premières désillusions fracturer la joie de leurs retrouvailles. En jetant un regard en direction de la Saddler, Cesare laissa un vague sourire, restreint mais honnête, passer sur ses lèvres ; d’un geste de la main, il fit signe à Isolde de venir vers lui, entrainant leurs mains enlacées pour la faire venir sur ses genoux- il avait besoin de la sentir contre lui, comme ça, son bras libre s’enroulant autour d’elle pour la blottir, la sentir bel et bien là, enfin. « Je t’aime. » qu’il lui lâcha, son menton s’appuyant contre l’épaule d’Isolde, avant qu’il ne dépose un baiser sur sa joue ; « Et j’aime tout c’que t’as fait, tout c’que t’as organisé pour nous… » un effort auquel il n’avait même pas pensé- de toute manière, c’n’était pas comme s’il pouvait inviter Isolde dans sa chambre, ou organiser des trucs de c’genre sans avoir l’impression d’être scruté, analysé et espionné dans tous les sens. Peut-être devrait-il abandonner la paranoïa, histoire de pouvoir profiter des chances comme ça – c’était pourtant un processus long, épuisant, et bien difficile à accomplir, dès lors que le moindre obstacle se posait sur leur route à tous les deux. « Désolé d’avoir… un peu ruiné le moment. Mais j’ai envie d’en profiter. » parce que les semaines étaient quand même passées, et ils avaient sacrifié déjà beaucoup trop ; « Avec toi. » sa main était venue caresser son front, dégageant quelques-uns des cheveux qui se trouvaient là, avant qu’il ne vienne l’embrasser avec douceur. Parce que de toute manière, il suffisait d’un rien, pour qu’il se sente vivre à nouveau, Isolde avec lui, Isolde contre lui- ils avaient droit à tout ça, et plus encore.

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              THANK YOU FOR LOVING ME              
WHEN I STILL TASTE OF HEARTACHE AND WAR
it's not easy to express your feelings about how much you care about someone, and how much they've done for you, and shaped you as a person. how can you summarize how he feels in that moment and how much she means to him, in one sentence?

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MessageSujet: Re: (event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.   Jeu 7 Avr 2016 - 18:08

This light will guide you home
— cesare demaggio & isolde saddler —
Underneath the echoes, Buried in the shadows There you were. Drawn into your mystery I was just beginning To see your ghost But you must know. I'll be here waiting, Hoping, praying that This light will guide you home. When you're feeling lost I'll leave my love Hidden in the sun For when the darkness comes. — when the darkness comes.

Elle n’avait finalement pas organisé grand-chose pour cette fameuse soirée. Elle n’était pas très douée pour ça de toute façon. En principe, pour ce qui avait été de participer aux soirées, elle était plutôt douée en principe. Elle avait été plutôt douée en tout cas, quelques années plus tôt, quand elle avait été encore un peu insouciante et désireuse de profiter de la vie. Mais pour ce qui était de les organiser, elle passait son tour, c’était quand même plus simple de participer que de tout gérer. Et ça c’était pour les fêtes, le genre de truc avec plein de monde, de la musique à fond et tellement d’alcool qu’on arrêtait trop vite de compter les verres. Pour ce qui était des rendez-vous amoureux, l’organisation c’était encore plus complexe et elle n’avait pas franchement eu l’occasion de participer à beaucoup de trucs de ce genre. Alors, elle avait beau avoir eu l’idée de faire ça pour Cesare, elle n’était pas allée très loin dans les préparatifs, si bien qu’hormis une bouteille de champagne pour rendre l’ambiance un peu plus romantique, ils étaient juste dans un bureau. Certes un bureau situé dans un château et qui ne manquait pas d’allure, mais ça restait un bureau, avec des dossiers un peu partout, un coin aménagé pour préparer les biberons de Clara et du bordel qu’elle avait eu largement l’occasion d’accumuler au cours des quelques semaines pendant lesquelles elle avait pu s’installer ici. Y avait quand même plus romantique comme endroit que le bureau dans lequel elle bossait. Si y avait pas eu Clara, peut-être qu’elle aurait pu envisager un coin tranquille dans le jardin, avec quelques lumières, ça n’aurait pas été difficile de rendre l’ambiance un peu romantique. Mais là dans son bureau, y avait pas grand-chose à faire pour que l’ambiance soit un peu plus romantique. Ce n’était pas grand-chose en somme ce qu’elle avait organisé, mais l’important, c’était qu’ils puissent être ensemble.

Ils étaient tous les deux, réunis après des tonnes d’épreuves, des retrouvailles trop courtes après des semaines sans se voir alors qu’ils soient ici ou ailleurs, ça n’avait pas d’importance tant qu’ils étaient tous les deux. Les épreuves, ils pourraient toutes les surmonter ; tant qu’ils étaient ensemble alors tout irait bien. Le monde il finirait bien par se lasser à force de les voir se relever alors qu’il s’acharnait contre eux. Y avait rien qui pouvait les arrêter, tant qu’ils restaient unis. Elle ne se fit pas prier avant de venir rejoindre ses genoux, la joue contre son épaule, elle prit une longue inspiration, s’enivrant de son parfum qui lui avait déjà trop manqué depuis la dernière fois. Les quelques mots qu’il prononça, ils lui avaient manqués aussi, tous comme la réponse évidente qu’elle avait à leur répondre. « Moi aussi, je t’aime. » Les dire aussi ça lui manquait. Elle avait envie de les répéter en boucle à longueur de journée. Les dire, encore et encore jusqu’à ne plus avoir de voix. « C’était quand même beaucoup mieux dans ma tête. » Tout ce qu’elle avait pu imaginer quand l’idée avait germée dans sa tête, c’était quand même beaucoup mieux que ça. Mais elle avait été prise par le temps et par son manque de savoir-faire. Au moins, elle avait eu le temps de se préparer elle, c’était déjà ça. « T’as rien ruiné du tout … » Y avait pas grand-chose à ruiner de toute façon. Le seul moyen qu’il aurait eu de ruiner ça, ça aurait été de ne pas venir, mais sinon, comme y avait pas de programme établit, y avait rien à ruiner. « Mais on va en profiter, c’est promis. » Et c’était déjà le cas, même si fallait que ça commence avec des mauvaises nouvelles, le simple fait qu’ils puissent être ensemble, ça lui donnait déjà l’impression d’en profiter. Parce que c’était avec lui et personne d’autre qu’elle avait voulu passer cette soirée.

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the dark will turn into the sunlight.
You and me against the world, Like a little boy and girl. There were monsters beneath our bed And we were scared until we taught them all to sing and then we had a laugh instead. You and me on stormy seas It had brought us to our knees There were dangers, all around And we were frightened by the wind and when it blew until it blew us to dry ground.

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(event, cesare (-18)) ≡ so we lay in the dark.

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