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 Aspen | I've some bad news...

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MessageSujet: Aspen | I've some bad news...   Lun 23 Mai 2016 - 12:36

I've some bad news...
Moira & Aspen



« Et merde ! »

La cuillère tombe sur le carrelage, éparpillant de la pâte à cookies un peu partout dans la cuisine. Je m’essuie fébrilement les mains et ramasse l’ustensile avant d’entreprendre de nettoyer tout ça avant le retour de Marius. En règle générale il n’est pas très regardant sur le rangement, mais je ne suis clairement pas d’humeur à supporter des moqueries ou des remarques. Ce qui me met à ce point sur les nerfs ? Bonne question… Trop de choses, finalement. Et comme chaque fois que je panique, je cuisine. Beaucoup. Trop… Autour de moi s’étalent les vestiges de ma panique, s’incarnant en macarons à la framboise, smoothies au kiwi et cookies en forme de lapin… J’ai vidé la moitié du frigo dans la bataille, entassé plus de vaisselle que nous n’en utilisons à deux en une semaine… Et je ne suis toujours pas calmée.

Parce que cette histoire tourne et retourne dans mon esprit, inlassablement… Chaque issue me semble plus effroyable que la précédente, et je n’envisage plus la moindre solution positive dans cette histoire. Je n’aurais pas dû… Ou plutôt je ne voulais pas savoir… Je ne voulais pas voir ces doutes prendre en forme et se transformer en évidence. Plantant rageusement deux pépites de chocolat en guise d’yeux sur un cookie lapin, je ressasse encore et encore ce que j’ai lu. C’est grâce à Malachi que j’ai eu accès à ces dossiers, grâce aux risques inconsidérés qu’il prend en s’associant à l’une des pires pourritures que Radcliff peut compter. Seulement… Le nom qui est ressortit de mes recherches, je ne m’y attendais pas. J’en ai croisé, des infos, des données, j’en ai tracé des diagrammes pour éliminer un à un ceux qui ne pouvaient pas avoir commis un tel acte… Seulement voilà. A la fin, un seul nom en est ressortit.

Wolstenholme. Alistair Wolstenholme. Ce grand mélomane qui m’a maintes fois fait porter des fleurs à la fin de mes concerts, avec qui nous avons eu des conversations si intéressantes sur la musique… Ce type que je sais hunter mais pour qui j’ai bêtement fermé les yeux. Que je n’aurais jamais soupçonné, pour n’avoir jamais eu de problème avec lui… Mais aussi et surtout parce que c’est le père d’Aspen, je pense. C’est bête à dire, mais il ne m’a pas fallu longtemps pour m’attacher à la sulfureuse rouquine. Avec Marius, nous formons un peu le club des cinq… Mais à trois. Seulement voilà. Aspen, fille de chasseur… Fille de celui qui a assassiné ma mère.

Parce que c’est à cette conclusion que je suis arrivée, après plusieurs jours de recherches acharnées. Je n’ai aucune preuve, seulement la certitude viscérale que je ne me trompe pas et que c’est lui, l’abominable assassin de ma mère. Et je me rends compte que je suis injuste. J’ai ardemment souhaité la mort de cet homme, j’étais déterminée à brandir son nom, fièrement, devant mon père… Mais toute cette détermination est retombée, anéantie par mes doutes et mes scrupules. Je ne veux pas voir nos famille se déchirer ni voir le visage d’Aspen ravagé par la douleur au cas où l’issue serait fatale à nos deux meurtriers de paternels. Je ne veux pas voir notre amitié naissante anéantie par la haine que peuvent se vouer un mutant et un hunter. Et puis… Quelque part… Je veux savoir si elle aussi est une tueuse de transmutant. Si elle aussi serait capable de pointer une arme sur moi si elle apprenait ce que je suis. Tout est si compliqué, si détestable… Je voudrais que les choses soient plus simples…

Je ne peux pas en parler à mon père. Encore moins à Artur, j’ai suffisamment subit sa haine à mon égard pour ne pas en rajouter une couche. J’en suis arrivée à la conclusion que je ne veux pas leur admettre que je connais potentiellement le tueur de maman. Mais je ne sais pas mentir, je ne l’ai jamais su. Tout ce que je peux faire, c’est en parler avec Aspen. Elle est la mieux placée pour m’aider. Du moins… Je l’espère. J’ai le sentiment que c’est ce qu’il y a de mieux à faire, mais j’en ai marre de me battre avec des armes que je ne maîtrise pas. Je voudrais que chacun bouge son cul et arrête de vouloir tuer son voisin.

Soupirant, je me passe un revers de main sur le front et regarde le fruit de mon travail et de ma nervosité. Il y a suffisamment de cookies pour nourrir l’immeuble entier… Avec un sourire blasé par ma propre bêtise, je prends mes deux plaques de biscuits et les enfourne au moment même où la sonnette de l’entrée retentit.

Je sursaute, panique, tente de me laver rapidement les mains et me précipite vers la porte. Je l’ouvre pour trouver Aspen sur le paillasson, presque surprise de la voir. J’avais déjà oublié que le temps était passé bien trop vite, qu’il était déjà 15 heures, l’heure à laquelle nous avions prévue de nous retrouver…

« Aspen ! Mince… J’avais pas vu l’heure, désolée pour la tenue… », dis-je d’une voix étranglée et un peu trop aiguë.

Je la laisse entrer, retirant à la va vite mon tablier et tentant de donner une forme correcte à ma coiffure. Bon sang pourquoi lui ai-je dis de venir maintenant ?

« Je reviens, je vais voir si mes cookies ne sont pas déjà en train de cramer ! Installe-toi, et fais gaffe à ne pas glisser sur un des jouets de Sam… Marius a encore oublié de les ranger… »

Deux minutes plus tard, je reviens avec deux grands verres de smoothies et une assiette de macarons. Nerveuse, je m’assoies dans un fauteuil avec un sourire crispé.

« J’espère que tu n’as rien contre la framboise ou le kiwi… Quand je suis nerveuse je cuisine tout ce qui me tombe sous la main… »

J’attrape mon propre verre, commence à siroter le smoothie et le repose.

« Tu vas bien ? On s’est fait beaucoup de souci, avec Marius… Je lui avais dit de te porter des cookies, j’espère qu’il ne les avait pas tous mangé en chemin ? »

Avant d’attaquer les choses sérieuses, m’enquérir de sa santé me semble être la meilleure chose à faire. Trop de gens bien frôlent la mort dans cette ville, c’est à croire que la survie n’est destinée qu’aux enfoirés.




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MessageSujet: Re: Aspen | I've some bad news...   Mar 24 Mai 2016 - 10:25

Aspen goutait enfin à sa liberté retrouvée. Enfin, toute proportion gardée : elle avait encore des courbatures fréquentes un peu partout, et ses jambes lui indiquaient clairement qu’elles n’étaient pas encore prêtes pour un marathon, ni même pour une ballade un peu trop sportive. Du repos, lui préconisaient les médecins, rien que du repos, et pas trop d’émotions fortes, rapport aux médicaments qu’elle avait encore, et qui avait tendance à bouleverser ses hormones et à lui tirer des larmes pour pas grand-chose. Sauf que voilà, le repos pour Aspen était un concept encore un peu compliqué à appréhender, même à quinze jours de sa presque mort. Il s’était passé tellement de choses dans sa vie, il lui arrivait tellement de trucs dingues que son cerveau était en constante ébullition. En quelques mois à peine, c’était la face de son monde qui avait changé, alors qu’elle découvrait une à une les mutations des êtres qui lui étaient les plus chers : son frère d’abord, puis Priam … Et récemment, elle avait appris que Moira Kovalainen, cette amie qu’elle s’était faite grâce à Marius, était l’une d’entre eux aussi. Elle avait pensé moins bien le prendre au départ, quand elle avait finalement fait le lien entre la flamboyante rouquine et ce naze d’Artur, mais finalement, elle s’en était sortie avec une simple boule au ventre, et plus que questions encore en tête. Des questions auxquelles Moira pourrait peut être lui donner quelques réponses, si elle s’y prenait bien.

En attendant l’heure du rendez vous qu’elles s’étaient fixées avec Moira, elle avait flâné dans les boutiques à la recherche des cadeaux pour Astrid : elle savait que la jeune femme ne recevait pas des tas de visites, rapport à sa famille qui vivait loin de là, alors elle était partie à la recherche des cadeaux qui pourraient lui faire le plus plaisir. Au final, elle avait opté pour une énorme boite de chocolats belges de la meilleure facture le tout emballé dans un papier cadeau brillant, mais aussi une paire d’escarpins, sobres mais élégants, pour qu’Astrid n’oublie pas qu’elle était une femme à part entière, et pas juste une maman. Elle qui devait avoir l’impression d’avoir encore dix kilos de trop, prendre un peu soin d’elle-même ne lui ferait pas de mal, c’est sur. Ses emplettes faites, Aspen s’était rendue jusqu’à l’appartement de Marius sans se presser, préférant arriver pile à l’heure qu’en avance. Elle ne connaissait pas les habitudes de Moira par cœur, et peut être était elle encore en pyjama dix minutes avant l’heure de leur gouter. Quand elle toqua à la porte, elle se retint de sourire en apercevant une jeune femme couverte de farine et de glaçage lui ouvrir, l’air un peu débraillé. Ça la changeait de la Moira de concerto, tirée à quatre épingles, ça c’était sur.

- C’est pas grave, ça arrive à tout le monde. Et puis le tablier te sied aussi !

Elle ne se permettait pas encore de trop taquiner Moïra, ou du moins pas aussi ouvertement qu’elle pouvait le faire avec Priam ou Marius. Elle se doutait bien que la musicienne n’était pas du genre susceptible, mais quand même. Elle s’installa sur le canapé du salon, ses emplettes aux pieds, attendant sagement que Moira réapparaisse avec ses grands gobelets de smoothies et une montagne de gateaux à ne plus savoir quoi en faire :

- Woh … Ce sont les docteurs qui t’ont demandé de me gaver comme ça ? Parce que les 5 fruits et légumes, c’était pas, genre, par repas hein, je peux les étaler dans la journée aussi …

Bon après, les smoothies et les macarons, elle adorait ça, alors ce n’était pas comme si elle allait sérieusement s’en plaindre. Elle prit son verre pour trinquer avec Moïra, avant de froncer légèrement les sourcils :

- Nerveuse de ? Quoi , je suis ton premier rencard avec une fille c’est ça ? Promis j’essayerai de pas te brusquer.

Bon, c’était de l’humour à deux balles, « à la Marius » même, mais ça lui évitait de demander de but en blanc à son amie pourquoi elle se mettait dans un état pareil. Elle avait bien senti la nervosité de cette dernière, la veille, quand elle lui avait proposé qu’elles se voient, juste toutes les deux. Sans Marius donc, une première, ce n’était certainement pas anodin. Mais elle lui laisserait le temps de venir aux faits : peut être allait elle lui faire son coming out mutant. Elle aurait apprécié le geste. Mais d’abord, les questions d’usage sur sa santé : elle avait l’impression de passer sa vie à rassurer tout le monde la dessus, ce qui n’était pas évident, surtout auprès de gens qui ignoraient tout de son agression :

- Ça va, j’ai encore quelques raideurs par ci par là, et une grosse carence en fer qui me fatigue pas mal, mais à part ça, tout roule. Je vais même pouvoir reprendre le boulot lundi, si c’est pas génial… Et Marius m’a bien ramené les cookies. Bon certains avaient les oreilles mangées, mais il m’a juré que tu avais fait des cookies lapins et des cookies ours… alors j’ai fait semblant de le croire…

Elle gloussa, avant de reprendre, un peu plus sérieuse :

- Et toi, Comment vas-tu ? tu arrives à gérer le nouveau papa, en plus de tout le reste de ta vie … ?
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MessageSujet: Re: Aspen | I've some bad news...   Mar 31 Mai 2016 - 18:48

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Moira & Aspen



Ma nervosité est palpable... Inutile d'être motiopathe ou télépathe pour le voir, tout dans mes gestes fébriles et ma voix tremblante me trahissent. Je me fais même la remarque que si Malachi me voyait à cette instant, il aurait l'impression de voir un feu d'artifices d'émotions. Je ne suis pas prête. Clairement, je ne suis pas prête à demander à Aspen si son père est un meurtrier. S'il a déjà tué des humains qui n'ont jamais eu à porter de mutation sur les épaules. S'il est possible qu'il ait tué ma mère. Bon sang mais quelle idée m'a pris de lui dire de venir ? Réfléchir avant d'agir, Moira, c'est la clé d'une vie saine et équilibrée... Il a bon dos, l'équilibre ! J'ai l'impression de marcher sur le fil tendu d'une funambule du dimanche, le tout au dessus d'une fosse aux lions. Sirotant distraitement mon smoothie, je hausse un sourcil.

« Oh heu... Non... Mais ça fait jamais de mal, un bon smoothie, hin ! A vrai dire si on écoutait les médecins, on passerait tous notre vie sous une bulle stérile... »

Comment dire que je hais les hôpitaux et les fuit autant que possible... Sauf qu'en ce moment, j'y passe un peu trop de temps à mon goût. Je manque alors de m'étouffer avec ma boisson, riant en crachotant péniblement.

« Oh miiiince ! Je suis démasquée... Le smoothie et les macarons c'était ma tentative de drague, en fait... Bon bah allons-y, passons aux choses sérieuses, hin ! »

Voilà. Humour de merde placé, petite moment détente, ahahaha... Sérieusement, on ne peut en rester aux blagues level Marius ? Ça serait tellement plus cool, moins angoissant... Je voudrais pouvoir lui dire d'entrée de jeu que j'étais une mutante, que c'était le bordel à cause de ça dans ma vie, que mon frère était un chasseur doublé d'un sacré psychopathe, que mon père cumulait l'assassin et le mutant... Oui quelque part... J'aimerais pouvoir parler de tout ça avec quelqu'un qui ne soit ni un mutant, ni un chasseur complètement fou. Juste pouvoir confier tout ça à quelqu'un qui n'émettra pas d'entrée de jeu un jugement à mon égard ou celui de mon frère. Seulement il faut croire que ça, c'est trop compliqué à Radcliff. Je préfère encore demander à Aspen comment elle va et me préoccuper de sa sante pour oublier un instant le champ de bataille qu'est mon esprit. J'esquisse un sourire navré lorsqu'elle me parle de Marius.

« Oh le con... Je savais bien que j'aurais pas dû lui confier la boîte ! Quand il s'agit de cookies, on ne peut plus lui faire confiance... Et je suis sûre que si tu tentes de lui dire quoi que ce soit, il va te faire son regard de chien battu en couinant que c'est pas sa faute, il est cleptomane... Ahlala... Marius n'existerait pas, on aurait du mal à l'inventer ! »

On aurait du mal à en faire le grand crétin absolument génial qu'il est. J'ai beau régulièrement le charrier, sans lui je n'aurais jamais pu remonter un peu la pente. Bon certes j'étais encore loin de voir la surface, mais je n'étais plus au fin fond de la fosse des Mariannes, à me débattre avec tout ce que le règne aquatique avait de plus terrifiant et monstrueux. Souriant avec plus de douceur, je continuais.

« Je suis contente que tu ailles mieux... J'ai vraiment été choquée par ce qui t'est arrivé, mais je n'ai pas eu de détails... Les médecins ont trouvé l'origine du problème ? Enfin... L'essentiel c'est que tu ailles bien, hin ! »

L'essentiel, oui... Dans une ville comme Radcliff, c'est à se demander si être unijambiste ne revient pas à avoir gagné au Loto dans une autre ville civilisée. Je passais une main dans les cheveux en me mordillant la lèvre à sa dernière question. Je m'apprêtais à répondre, lorsque le four se mit à sonner, m'avertissant de la cuisson terminée de mes cookies.

« Ah... Attends, je reviens. »

Ni une, ni deux, je revenais quelques minutes plus tard avec une assiette fumante et pleine de petits biscuits en forme de lapin.

« Voilà ! Attends un peu qu'ils refroidissent et cette fois tu seras sûre de n'avoir que des lapins ! Alors... Marius ça va... Il passe beaucoup de temps à l'hôpital avec Astrid, mais il s'investit beaucoup, ça se voit. Je n'arrive juste pas à comprendre son attitude avec elle. »

Aller aborde le sujet, Moira, arrête de parler d'autre chose, on t'a posé une autre question !

« Honnêtement... C'est un peu le bazar... Je t'avais parlé de mon frère, la dernière fois... Il s'appelle Artur et... Disons que notre entente n'est pas au beau fixe, nous avons pas mal de... Désaccords, pour dire les choses poliment. Il a très mal vécu le décès de notre mère, moi aussi d'ailleurs... »

Je commence tout juste à comprendre que plus les pions se mettront en place, plus Aspen aura de risques – ou de chances, tout dépend du point de vue – de comprendre ce que je suis. Si je lui dis que ma mère a été assassinée par un chasseur de mutants, elle comprendra qu'il y a des mutants dans la famille. Si ce n'est pas ma mère, ce peut être Artur, ou moi... Seulement j'ignore qu'elle connaît mon frère, et que si elle connaît déjà ma vraie nature, elle n'aurait aucun mal à le deviner dans le cas contraire. J'avale un macaron, bois une gorgée de smoothie et cherche un moment mes mots.

« Ma ma mère a été assassinée par un chasseur de mutants. »

Bam. De but en blanc, simplement, sans fioritures, brut de décoffrage.

« C'est brutal, dit comme ça... L'ennui c'est qu'elle n'avait rien d'une mutante, elle était humaine et... Je pense avoir retrouvé son meurtrier... »

Je me rends compte que mon regard n'a pas quitté celui d'Aspen, comme si je cherchais à déceler une potentielle attaque ou agressivité chez elle. Je me rends compte que je suis comme un animal blessé, prêt à se battre pour sa vie quand bien même n'y a-t-il aucune raison de le faire. L'angoisse m'a rendue paranoïaque... Aspen est peut-être la fille d'un chasseur mais... Peut-être ne partage-t-elle pas ses idées ? Avec un peu de chance, le ciel me sourira pour une fois...


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MessageSujet: Re: Aspen | I've some bad news...   Ven 3 Juin 2016 - 20:00

Aspen sirota sagement son smoothie en s’installant plus confortablement, alors que Moïra se tortillait à coté d’elle, apparemment mal à l’aise. La plus jeune des rouquines sentait bien que son ainée n’était pas tout à fait confortable, sans pour autant être sur de la raison : Marius lui avait bien sur expliqué que Moira et L’hôpital ça faisait deux, même trois, même quatre, ce qui expliquait notamment les nombreux textos de la jeune femme, mais son absence à son chevet en personne. Aspen ne lui en voulait pas, loin de la : elle-même en avait soupé des blouses blanches ces derniers temps, et elle préférait voir son amie dans le joyeux foutoir de Marius. Elle gloussa devant leur bêtise commune, avant d’acquiescer sur le cas Marius.

- Je suis bien d’accord, si il n’était pas là, on s’ennuierait quand même pas mal… Même si sa situation avec Astrid me chagrine … Je ne comprends toujours pas ce qu’il fabrique, vraiment. Quand on a une perle comme Astrid comme potentielle copine, on ne tourne pas en rond à hésiter dix ans comme ça… surtout avec un bébé au milieu !

De ce coté là, Aspen était un peu vieux jeu : Elle n’avait rien contre les couple libre, elle n’avait d’ailleurs jamais rien dit sur la paternité un peu erratique de son meilleur ami, mais là... Lui et Astrid etaient FAITS pour être ensemble, et il s’acharnait à refuser l’évidence…. C’en était presque frustrant pour leur entourage même. Elle grimaça un peu quand le sujet se réorienta sur sa propre santé, balayant les questions et interrogations de Moira d’un geste de la main avant de s’envoyer un nouveau cookie encore fumant avec gourmandise :

- Hmmmm, chuper bon. Disons que la toxine qui me paralysait les muscles était connue des médecin, alors j’ai eu de la chance qu’ils puissent me traiter suffisamment vite pour ne pas prolonger mon coma trop longtemps… Du coup je n’ai pas vraiment de séquelle, juste une grosse fatigue et des courbatures de marathonien. Autant dire que je m’en sors très bien !

Elle se brûla le bout de la langue à se jeter sur un autre cookie trop chaud, mais ça lui permit de taire toutes les douleurs qu’elle ne mentionnerait pas à Moira : les cauchemars où elle voyait Rhaena la taillader comme un morceau de charcuterie, les raideurs qu’elle sentait encore dans ses articulations certains soirs, et la recherche stressante d’un nouvel appartement. Mais elle ne pouvait décemment pas raconter que c’était sa colocataire qui avait essayé de l’assassiner. C’était digne d’une mauvaise série policière, pas de la vraie vie. Et puis, elle ne se sentait pas d’expliquer à la rouquine les raisons qui pouvaient pousser quelqu’un à vouloir la supprimer, vraiment pas.*

Elle n’eut d’ailleurs pas besoin de chercher à détourner la conversation, puisque Moira se décidait à se jeter à l’eau, alors qu’elle reposait son verre, posant sa joue sur son poing pendant que son amie se dévoilait soudain, sans aucun préavis. Aspen déglutit de la manière la plus discrète possible, fixant la concertiste sans rien dire dans un premier temps. Qu’elle ne s’entende pas avec son frère ne l’étonnait pas : elle avait elle-même une piètre opinion d’Artur, et si Moira était vraiment … Ce qu’elle était, il n’était pas étonnant qu’ils soient comme chien et chat, et peut être pire encore. Elle se raidit un peu plus alors que Moira poursuit, avec une confession qu’Aspen n’attendait absolument pas : ainsi, la mère de son amie avait été assassinée par un chasseur de mutants. Oh. C’était en effet des choses qui arrivent, mais le fait que la jeune femme lui annonce que sa mère n’était pas mutante ne voulait dire qu’une seule chose : elle avait été victime d’une bavure, une situation absolument horrifiante pour la jeune Wolstenholme. Ses parents étaient de la branche dure, et pourtant la règle avait toujours été claire : on ne tuait que les mutants avérés. Au moindre doute, ils préféraient toujours neutraliser l’individu temporairement pour s’assurer de son identité pour décider de son sort. Jusqu’il y a peu, Aspen voyait les chasseurs comme une sorte de garde fou de la société, un organe de modération du danger mutant : aujourd’hui, sa gorge se serrait en s’imaginant toucher le cheveu d’une personne innocente. Doucement, elle vint poser sa main sur celle de Moira, sincèrement touchée :

- Je suis sincèrement désolée, Mo’. Tu … Tu sais qui est responsable de tout ça ?

Elle avait beau se creuser la cervelle, elle ne se souvenait pas avoir assassiné une femme qui ressemblait, de près ou de loin, à la Kovalainen. Et puis si ça avait été le cas, Artur lui en aurait forcément touché un mot. Cela dit, il était donc tout à fait possible qu’un de ses proches, qu’un membre de sa famille soit le fautif de cette bavure atroce … Alors Aspen attendit la suite des explications de la mutante avec appréhension, la fixant avec son air de chien battu …
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MessageSujet: Re: Aspen | I've some bad news...   Lun 4 Juil 2016 - 0:26

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Marius. L'énigme farfelue et insoluble que je cherchais à résoudre depuis un bon moment déjà. Et apparemment, je n'étais pas la seule, puisqu'Aspen était aussi perdue que moi. A vrai dire, c'était peut-être un truc typiquement français, ça : paradoxal, le français est, incohérent, le français est, et toujours prompt à gueuler et prouver qu'il a raison ! A force de me battre avec lui sur des sujets qui me semblaient illogiques au possible, j'avais fini par baisser les bras et gardais certaines choses pour moi. Seulement là, je pouvais en parler librement, et n'avais pas l'intention de m'en priver.

« Dieu merci nous sommes d'accord ! Il y a des jours où je me demande si Marius n'est pas un extraterrestre en mission pour la planète concon-Apollon, parce que ses raisonnements n'ont aucun foutu sens. Il a une copine formidable, enceinte qui plus est, l'occasion de se poser et de faire sa vie avec elle... Et il fuit. On connaît Marius depuis longtemps, toi et moi, la lâcheté c'est pas son genre. Les problèmes il les affronte en leur faisant un doigts d'honneur, par en partant en courant... J'ai essayé d'aborder le sujet au début, mais rien à faire... Astrid est la femme de sa vie et il s'obstine à lui faire du mal. A mon avis, il est atteint d'un mal très répandu chez les hommes du 21ème siècle : la connerie ! »

Je soupirais et sirotais distraitement mon smoothie en regardant avec amusement Aspen se jeter sur les cookies encore brûlants. Son récit en revanche me fit froncer les sourcils. Je n'aimais pas cette idée que quelqu'un ait pu attenter à la vie de mon amie. J'étais peut-être un bisounours un peu trop enclin à faire confiance aux gens, mais je m'étais très vite attachée à Aspen, l'annonce de son hospitalisation m'avait véritablement bouleversée. Et bon sang qui donc pouvait en vouloir à une jeune architecte ? A croire qu'à Radcliff, tous les prétextes étaient bons pour s'en prendre aux gens.

« Ma pauvre, ça a dû être horrible ! Heureusement que les médecins avaient un remède, je n'ose pas imaginer ce qui se serait passer dans le cas contraire... Mais tu sais qui t'a fait ça ? Et surtout pourquoi ? C'est insensé ! »

Insensé ça oui, puisque j'ignorais que j'avais face à moi une chasseuse susceptible de provoquer la colère de mutants ou de sympathisants mutants. A vrai dire, Aspen était l'une des dernières personnes que j'imaginais avec une arme à la main. Seulement la discussion changea rapidement de cap pour se tourner vers ce qui m préoccupait. Le meurtre de ma mère par un chasseur. Probablement le père d'Aspen. Rien n'allait plus dans notre famille, entre Artur qui nous avait simultanément vaccinés, mon père et moi, que j'avais vacciné à son tour pour lui donner une leçon que je regrettais déjà, mon père qui était aux abonnés absents depuis et l'omniprésence des hunters autour de nous... Marius s'était moqué de moi au début, lorsque j'hésitais à sortir, tétanisée à l'idée de croiser celui qui avait tenté de me tuer... Puis il avait compris. Instinctivement, je serrais la main d'Aspen dans la mienne et relevais les yeux vers elle, la gorge nouée.

« Il s'avère que j'ai un très bon ami qui a quelques... Documents et informations à sa disposition. En les croisant, j'ai pu éliminer petit à petit pas mal de noms. A l'origine, je n'avais que deux données : ma mère est décédée en Irlande, de la main d'un chasseur originaire de Radcliff. Autant dire qu'étant donné la fourmilière à mutants et chasseurs qu'est cette ville, c'était maigre... »

Je mâchonnais l'oreille d'un cookie lapin distraitement, avant de reprendre.

« Il faut que je te prévienne d'une chose. Je... Je ne veux porter aucune accusation gratuite, et c'est pour ça que j'ai tenu à t'en parler d'abord. Si mes informations sont exactes c'est... C'est ton père qui a tué ma mère. »

Certains auraient fait un long discours sur l'espoir et l'amitié, ce genre de connerie... Pour moi, il n'y avait ni façon brutale, ni manière douce d'annoncer ce genre de chose. Si c'était vrai, si Alistair Wolstenholme était le meurtrier de ma mère, ça changeait tout. Enfin non, ça ne changeait pas tant que ça... Contrairement à mon père et Artur, je n'avais jamais souhaité la mort du monstre qui nous avait pris ma mère. Je croyais un peu trop en la justice et était persuadée qu'une incarcération à vie était bien plus efficace pour réfléchir qu'une balle dans la tête. Seulement si je portais ce genre d'accusations devant un quelconque tribunal, si j'apportais les preuves que j'avais récoltées, je prenais le risque de détruire une autre famille.

« Je... Tu n'es pas obligée de me croire. Tu peux même me traiter de folle ou me dire que je me trompe, je t'en voudrais pas. Disons que maintenant tu dois avoir des doutes sur ce que je suis, j'imagine. »

Jamais je n'aurais imaginé qu'Aspen puisse être une chasseuse. Sous entendre que j'étais une mutante ne me semblait soudain plus si dangereux avec elle, parce que je ne l'imaginais pas capable de me faire du mal. Parce qu'également, on m'avait appris à être fière de ma mutation, à la revendiquer, pas à la cacher comme un obscur secret maçonnique.

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MessageSujet: Re: Aspen | I've some bad news...   Jeu 7 Juil 2016 - 23:06

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Parler de Marius était un peu la solution de facilité entre Moira et Aspen : elles le connaissaient toutes deux depuis suffisamment longtemps pour avoir cerné le personnage de la même manière et, surtout, pour en avoir tiré la même conclusion : Marius était un garçon exceptionnel, mais dont il ne fallait pas se fatiguer à trouver une logique dans le comportement. Il devait y avoir une pièce du puzzle qu’elles n’avaient pas, parce que selon tous les algorithmes, toutes les statistiques, Marius n’aurait jamais du … être aussi mariusien. Et pourtant. Alors elle acquiesçait aux remarques enflammées de Moira, tout en avalant une nouvelle gorgée de smoothie :

- Amen ma sœur, j’ai essayé moi aussi, il n’y a rien à en tirer, c’est absolument désolant. Je veux dire, c’est pas comme si c’était une nana inintéressante Astrid en plus, je suis à peu près sur qu’ils arriveraient à faire un truc cool ensemble, en plus d’un joli bébé …

Le pire, c’était qu’elle était à peu près sure que si Marius lui demandait officiellement, en bonne et due forme, Astrid pourrait lui donner une deuxième chance. Astrid et elle avaient ce triste point commun d’avoir un faible pour les causes perdues : elles n’en avaient jamais parlé ouvertement ensemble, mais elle était consciente que certaines de leurs réactions se rejoignaient, même si leurs situations n’étaient pas – Dieu merci- semblables : Elle aurait l’air maline tiens, à se retrouver enceinte de … Oui, non, elle ne voulait même pas y penser. Elle ferait en sorte que ça n’arrive jamais. Pas de la même manière qu’Astrid et Marius en tout cas. Elle n’avait pas la résilience de l’ex caméraman, elle ne le supporterait pas. Et en plus de ça, son père et son frère mettraient un point d’honneur à couper la tête et tout autre membre excroissant de l’indélicat qui la mettre en cloque hors mariage. Alors autant éviter. D’ailleurs, c’était bien que Moira la relance sur son hospitalisation, c’était un terrain moins dangereux, au moins émotionnellement. Elle haussa les épaules, préférant éluder la question plutôt que de lui annoncer tout de go qu’elle avait été agressée par sa collocataire, chasseuse de chasseurs. Sans le savoir, elle ne faisait que reporter l’inévitable, implacable révélation de sa condition de traqueuse.

Aspen se redressa un peu, penchée vers Moira, alors que cette dernière s’expliquait sur ce qui l’avait amené à de telles conclusions. Le long de son explication, Elle se rassurait en réalisant qu’elle ne pouvait décemment pas être la fautive de l’assassinat de la mère de son amie. Elle n’était jamais allée en Irlande, et devait d’ailleurs être une toute petite fille à l’époque et … « C’est ton père qui a tué ma mère ». Le regard chocolaté d’Aspen s’agrandit, non pas de surprise, mais d’horreur. Elle ne pouvait pas être surprise que son père ait tué des gens :c’était ce qu’ils faisaient, tous ou presque, dans cette fichue famille. Ses parents étaient parmi les hunters les plus prolifiques de leur génération, ils avaient sévi partout où la menace était identifiée, mais … Mais se retrouver en face d’une survivante, d’une personne qui était passée à travers les mailles du filet étroit que jetaient ses parents sur leurs victimes… Elle ne savait pas comment réagir, si ce n’était en serrant la main de Moira un peu plus fort. Elle voulait lui dire qu’elle était désolée, pour tout, vraiment, que son père était un monstre, mais … Mais si la mère de Moira avait été une psychopathe dangereuse ? Et si son père avait été en position de légitime défense ? Elle ne savait pas, elle n’avait aucune version complète de cette histoire. Malgré tout, toujours était il que si elle lui affirmait qu’Alistair était celui qui l’avait rendu orpheline, elle n’avait pas grand-chose à lui objecter… Encore moins alors qu’elle relevait la tête vers Moira – Tete qu’elle avait laissé obstinément baissée pendant ces dernières minutes – un peu plus troublée par la fin des confessions de son amie. Des doutes, elle n’en avait jamais eu concernant Moira, puisqu’elle partait du principe que les mutants ne constituaient qu’un demi pourcent de la population. Alors quoi, elle était un aimant à mutants au final, c’était ça le délire ? Elle n’osait pas ôter sa main de celle de l’autre rousse, craignant que son geste soit mal interprété, ou juste interprété tout court, alors qu’elle essayait d’adopter un ton presque calme alors que son cœur menaçait de sortir de sa poitrine à chaque battement :

- Bon … Ok… Je ne pense pas que tu sois folle, pour le coup, bien que je n’ai pas vraiment à me réjouir de ça mais … Euh …. Avant de continuer… Tu es, euh, sensée être capable de faire quoi, au juste ?

Allez, elle avait déjà un pyrurgiste et un hémokinésiste dans sa collection, il n’y avait à peu près rien au dessus de ça niveau dangerosité, non ? Quoique, chanceuse comme elle était… Allez, qu’elle lui dise qu’elle pouvait « juste » voler, ou faire pousser des plantes, ce serait presque un soulagement ….


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MessageSujet: Re: Aspen | I've some bad news...   Jeu 28 Juil 2016 - 22:07

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Je hochais la tête en levant les yeux au ciel. Marius affichait toujours une assurance désinvolte, un sourire colgate à en faire pâlir des stars de cinéma et savait charmer ces dames même avec un discours de beauf fini... Non vraiment, il possédait un talent inné pour se mettre en scène et montrer qu'il était là... Et c'était pourtant la personne la moins assurée dans le sérieux que je connaisse. Dès qu'il s'agissait de s'engager, de faire quelque chose de vraiment adulte, quelque chose qui compte... Il fuyait. Sans raison, comme si être heureux, avoir une vie stable et aimer était trop compliqué pour lui. Comme si... Comme s'il considérait que sa personne n'était pas assez bien pour ceux qui cherchaient à construire quelque chose avec lui. Foutaises ! Il était peut-être un peu concon, le Caesar, mais c'était loin d'être un naze, n'en déplaise à tout ceux qui ne l'appréciaient pas. Voyant bien qu'Aspen était aussi perdue que moi au sujet de Marius, je me contentais de soupirer avant de jeter mon dévolu sur un cookie lapin.

Et surtout avant de me lancer, de tout lui raconter, ou du moins ce que je pouvais. J'accusais clairement son père d'être un meurtrier, tout en refusant d'admettre que le mien en était un qui ne valait pas mieux. Bon sang, mon père... Mon héros, l'homme que j'admirais depuis l'enfance, qui m'avait tout appris de ma mutation, qui m'avait choyé, chérie comme une petite princesse... Mon père m'avait menti pendant des années, prétextant nous protéger nous, les mutants. Il avait tué au nom de quoi ? A quoi ça rimait de hurler qu'il ne fallait pas tuer les mutants s'il tuait à son tour derrière ? La désillusion me restait en travers de la gorge, et j'avais tendance à faire l'autruche à son sujet, comme avec Artur. De peur de les perdre, je préférais encore fermer les yeux sur leurs agissements.

Tout ce que je savais, c'est qu'Alistair Wolstenholme avait vraisemblablement assassiné ma mère, et qu'il était passé dans mon esprit du statut de mélomane agréable à celui de meurtrier à haïr. J'aurais pu vouloir cette vengeance, en parler à mon père et Artur, les laisser donner libre court à leur violence... Mais ça ne me ressemblait pas. J'étais peut-être un peu trop pacifique pour un monde comme celui dans lequel je vivais, mais je ne voulais pas voir nos familles se déchirer alors que les torts venaient des deux côtés. Je préférais en parler à Aspen, avoir son avis, son soutien aussi, quelque part... Mais je refusais que davantage de sang soit versé à présent. Ma mère me manquait horriblement, chaque jour un peu plus, et je ne voulais pas voir qui que ce soit subir ça à son tour. Un jour, le monde ne serait plus qu'une immense plaine verdoyante où gambaderaient licornes et pandas, où tous le monde s'aimerait et se ferait des bisous... Un jour... Dans un dessin animé réalisé sous acide.

Je serrais la main d'Aspen dans la mienne comme pour me raccrocher tangiblement à sa présence, pour me faire à l'idée qu'elle était de mon côté et pas mon ennemie... Mais je la sentie se raidir lorsque je sous entendais être une mutante. Touché... Etait-ce de la peur ? De la méfiance ? De la colère, voire de la haine ? Des avis sur les mutants, j'en avais entendu des tas. De Moren et son fanatisme flippant à Artur et sa jalousie en passant par Marius qui rejetait en bloc tout ce qu'il était, j'avais eu droit aux plus négatifs. Mais j'avais aussi eu celui de Jimmy, qui me poussait à être fière de ce que j'étais... Alors quoi ? Dans quel camp se situait Aspen ? A ma grande surprise, elle ne me pris pas pour une folle mais me demanda simplement de quoi j'étais capable avant de poursuivre davantage. Je haussais les sourcils, perplexe, et poussais un léger soupir en lâchant sa main pour m'emparer de mon verre vide.

« Bon... Ok... Tu veux bien que je te montre ? Ça sera plus simple qu'un long exposé scientifique... »

Je levais le verre à hauteur de nos yeux tout en continuant à parler.

« En fait... Ma voix peut résonner avec n'importe quelle onde. Tu voix le verre qui se met à vibrer ? C'est parce que ma voix entre en résonance avec. Je ne vais pas le casser parce que sinon Marius va me tuer, mais il me suffirait de hausser le ton pour le briser. »

Je reposais alors le verre sur la table, pas très à l'aise et surtout pas rassurée du tout.

« Ça a l'air affreux comme ça... Je peux faire péter des verres, saigner les oreilles ou vomir n'importe qui, mais je n'aime pas trop cet aspect de ma mutation. Je préfère l'autre. »

Je relevais alors la tête avec un petit sourire, faisant moduler ma voix d'une toute autre manière. Résonnant avec le cerveau d'Aspen, ma voix alla se nicher dans l'amygdale pour y endormir l'angoisse et la peur.

« Notre corps est composé d'ondes... Il suffit de savoir trouver la bonne fréquence et n'importe quoi peut te faire planer ! C'est comme de la musique qui te donnerait envie de sauter partout ou de pleurer... Ma voix fait pareil, enfin je crois, je n'ai jamais trop compris comment ça marchait. Là tu te sens moins angoissée parce qu'elle résonne avec ton cerveau. Mais j'te rassure ça n’abîme pas les neurones ! »

J'esquissais à nouveau un sourire avant de faire taire ma mutation. Je n'avais pas non plus envie d'influencer ce qu'Aspen pouvait penser de tout ça en jouant littéralement avec ses nerfs. Je craignais déjà suffisamment qu'elle m'assomme avec un verre ou ne m'étouffe avec un cookies.

« Et... Heu... Et toi ? Tu... Bon merde, je vais arrêter de bégayer. Tu chasses les mutants ? »

Ça, c'était la question à 8000 dollars. Si les choses changeraient une fois qu'elle m'aurait répondu ? Oui et non. Chasseuse ou non, Aspen resterait Aspen. Mais si elle chassait, restait à savoir si elle avait l'ouverture d'esprit suffisante pour ne pas sauter à la gorge du premier venu. Pitié, quoi, j'ai un regard de chiot battu, qui m'en voudrait pour deux ou trois gênes bizarres ?

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MessageSujet: Re: Aspen | I've some bad news...   Jeu 4 Aoû 2016 - 19:58

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Aspen n’appréciait pas des masses la tournure que prenait cette conversation. Pas du tout, en fait, alors qu’elle faisait tous les efforts du monde pour garder une certaine contenance. D’une certaine manière, Moïra avait bien choisi son timing : si elles s’étaient connues tout juste un an plus tôt, Aspen ne l’aurait pas laissé finir sa phrase sans lui avoir planté une de ses dagues dans la carotide. Mais ça, c’était avant, et si le malaise de la plus jeune des deux rousses était perceptible, en tout cas n’avait pas fait le moindre geste en direction de son sac à main, où son arme fétiche était sagement rangée. Elle observait les gestes de Moïra fixement, raide comme une baguette de tambour, alors que cette dernière relevait un verre au niveau de son visage. Aspen écoutait tout en tachant de contrôler les battements de son cœur et les contractions de ses mâchoires. Elle vit les contours de ce dernier tremblait faiblement, alors qu’elle faisait de son mieux, à nouveau, pour ne pas se lever et claquer la porte derrière elle, pour prétendre qu’elle n’avait rien vu, rien entendu. Elle savait bien que c’était injuste, cette réaction, mais elle faisait déjà de son mieux pour faire fi, et bien, de tout ce qu’on lui avait inculqué depuis sa plus tendre enfance, alors bon…

Elle se raidit un peu plus en entendant la voix de la jeune femme se modifier légèrement. Ce n’était pas flagrant, mais suffisamment pour qu’une Aspen à l’oreille fine et surtout terriblement tendue s’en rende compte. Elle sentit aussi ses palpitations s’apaiser, sauf que ça ne lui plut pas. Pas du tout.

- Arrête-ça-tout-de-suite-s’il-te-plait.

Un débit mitraillette, et un regard qui fusille. Que Moira soit une mutante, ok. Qu’elle utilise son don sur elle, même à titre d’exemple, ça c’était pas cool. Pas cool du tout. Même son frère ne lui avait pas fait cet affront, et si la musicienne pensait la rassurer avec ça, elle se plantait royalement. Savoir que Moira pouvait jouer sur son humeur rien qu’en s’adressant à elle, mais avec sa voix et non ses mots, cela réveillait en Aspen des relents nauséabonds d’instinct chasseur. Dans un coin de sa tête, la voix d’Alistair feulait de mécontentement et lui conseillait de s’en allait vite. Ou mieux encore, de donner une bonne raison à la mutante de décamper. Mutante. Brrrr. Aspen se rendit compte que son regard devait être particulièrement sombre en entendant la dernière question de cette dernière, qui osait à peine poser les yeux sur elle. Peut être qu’elle avait remarqué les petits poings très, très serrés d’Aspen sur ses genoux, et ses mâchoires plus serrées qu’un piège à loup.

- Oui.

Elle ne pouvait pas faire plus clair et concis. Pour autant, elle savait pertinemment que ce n’était pas tout à fait la vérité, et même si les révélations de Moïra ne lui plaisaient pas, du tout, elle ne pouvait pas la laisser imaginer plus longtemps le pire. Elle avait osé se montrer totalement honnête et transparente avec elle –une qualité que n’avait pas eu tous ses proches n’est ce pas- , aussi elle se devait de la rassure au moins un peu.

- … Enfin, je le faisais, avant. Puisque tu sais pour mon père, je suppose que tu en as déduis que c’était une certaine … Tradition familiale.

Elle se tut un temps, cherchant la limite à ne pas franchir dans ses révélations.

- Il s’avère que ma génération s’avère plutôt… Décevante pour mon paternel. Ma sœur Calista est contre la chasse. Mon frère… Mon frère idem. Et moi, et bien … J’ai appris, très récemment, que deux des personnes qui comptent le plus pour moi sont des mutants. Un pyrurgiste et un hémokinésiste, pas des trucs qui font rire, ni que l’on peut tenter d’ignorer. Deux des personnes les plus gentilles et attentionnées qu’il m’ait été donné de rencontrer. Et maintenant, Toi. Alors je suppose que ça m’a donné à réfléchir …

Un pauvre sourire, encore crispé, alors que la jeune femme faisait de son mieux pour retrouver un comportement rationnel, malgré l’arrière gout désagréable au fond de sa gorge. Elle savait qu’il fallait encore qu’elle prenne du recul avec cette déclaration, et se persuader que Moïra ne lui ferait pas de mal, malgré les conséquences des actes de son paternel. Pas évident, bien sur, mais… C’était Moïra, même si elles ne se connaissaient que depuis quelques mois, elle avait envie de croire en leur bonne foi commune :

- Tu n’as… Tu n’as rien à craindre avec moi. Et je ne le dirais à personne. Je suis pas bien à l’aise là, mais ça va finir par passer…



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MessageSujet: Re: Aspen | I've some bad news...   Mar 9 Aoû 2016 - 18:28

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Je n'étais pas motiopathe comme Malachi, mais je percevais parfaitement la tension dans les doigts d'Aspen que je serrais toujours doucement entre les miens. Et je devais bien avouer que je n'en menais pas large, moi non plus. J'avais peur, une peur viscérale qui me donnait envie de prendre mes jambes à mon cou au plus vite sans demander mon reste. Dans mon esprit se matérialisaient les pires scénarios qui soit... Aspen, la jolie Aspen, la gentille Aspen, celle qui savait remettre Marius à sa place comme personne ou vous prendre la main pour vous dire que ça irait... Le voyait soudain un couteau dans les mains, et m'égorger sans ciller, comme si c'était normal... Comme si c'était ce qui devait être fait avec les gens comme moi. J'avais peur car soudain, je ne me sentais plus du tout en sécurité dans ce salon pourtant si familier. J'avais peur car malgré la maîtrise de ma mutation et l'entraînement d'Alec qui commençait à porter ses fruits, je ne voulais pas me battre. J'avais toujours répugné à ça, de toute manière. Je n'étais pas faite pour ça, et mon besoin de sang et de vengeance était mort en même temps que William. Tout ce que je voulais, c'était ne plus trembler à chaque fois qu'une nouvelle personne comme Aspen entrait dans ma vie. Je ne voulais pas que nos différences d'opinion mettent fin à notre toute jeune amitié. Je ne voulais pas voir nos éclats de rire et moment de complicité s'envoler simplement parce qu'elle chassait les mutants, et que j'en étais justement une. Lorsqu'elle me demanda d'arrêter d'user de ma mutation sur elle, je retirais ma main comme si je m'étais brûlée et baissais la tête.

« Pardon... Je... Je suis désolée, je ne voulais pas... Je voulais juste... Désolée... »

Je m'étais rarement sentie aussi mal dans ma peau, aussi bête, quelque part... Du coin de l'oeil, je vis les poings d'Aspen se raidir et m'apprêtais à bondir pour lui échapper s'il le fallait. Je n'osais affronter son regard, de peur d'y voir le dégoût et le mépris qui me blessaient toujours bien plus qu'un coup de couteau dans le ventre. Ce rejet-là, je l'avais déjà vécu avec Artur... Aussi, lorsque le « oui » d'Aspen claqua, comme un coup de fouet, je me levais précipitamment et m'éloignais un peu. J'avais besoin de bouger, je prendre du recul... De respirer. C'était bel et bien une chasseuse de mutants. Une personne sûrement bien plus entraînée que moi, capable peut-être de me faire taire à mains nues, qui sait ? Je croisais les bras sur ma poitrine pour masquer les tremblements incontrôlables de mes mains, n'osant toujours pas regarder Aspen. J'en avais plus qu'assez d'avoir peur... Marre de sentir sans cesse mon cœur battre à plus de 200 pulsations par minute dès que je n'étais plus en confiance. Assez d'être une créature fragile et tétanisée, mais je n'étais pas encore parvenue à passer outre tout ça. Pas depuis ce mutant qui m'avait confrontée au supplice qu'Artur avait fait subir à sa jeune sœur.

Aspen repris la parole, et je me décidais finalement à tourner la tête vers elle. « Je le faisais », disait-elle ? Comment ça je le faisais ? Je fronçais les sourcils, pas rassurée pour autant, mais je hochais la tête. J'avais en effet déduis que c'était une possibilité, qu'elle doit une huntress entraînée par son paternel. Je pinçais légèrement les lèvres, me retenant de répliquer quelque chose d'un peu cynique pour la situation. Il lui avait donc fallu être confrontée à deux mutants qu'elle appréciait pour comprendre que tous les tuer n'était pas une solution ? Au moins, elle réfléchissait plus qu'Artur, qui avait tant de merde dans les yeux qu'on aurait pu les confondre avec une fosse à purin.

« Je parle en connaissance de cause mais... Certains mutants sont de véritables perles alors qu'ils possèdent des mutations destructrices. Et à l'inverse, il existe des mutations en apparence bénéfique, mais dont certains salauds usent de façon à servir leurs propres desseins... Ce n'est pas la mutation qui fait le mutant, mais ça tu le sais déjà. »

Mon ton n'était pas agressif, simplement marqué par l'angoisse de me trouvée si proche d'une personne capable de me tuer.

« Je... Je suis désolée d'avoir l'air autant sur mes gardes, c'est juste que... J'ai eu affaire à plus d'un hunter ces derniers mois, et on ne peux pas dire qu'ils aient eu l'esprit aussi ouvert que le tien... »

En réalité, je me méfiais autant des mutants que des hunters, depuis quelques temps. Timidement, je m'approchais à nouveau et m'asseyais doucement dans le fauteuil face au canapé où Aspen avait pris place. Je hochais à nouveau la tête lorsqu'elle me promis de n'en parler à personne. Et surtout, mon cœur se calma un peu lorsqu'elle m'assura que je n'avais rien à craindre avec elle. Un petit sourire étira mes lèvres.

« Je t'avoue que je tiens un peu à ma tête... Et à ma mutation aussi... J'ai testé le vaccin y a trois mois, j'ai moyennement apprécié », et avant qu'elle ne dise quoi que ce soit, j'ajoutais, « Mon frère... Il a jugé que la cécité valait mieux qu'une mutation amplement maîtrisée. »

Ça, c'était une chose que je n'avais toujours pas vraiment pardonnée à Artur. A cause de lui, je n'avais pas été en mesure de me défendre alors qu'on m'agressais par sa faute.

« Ecoute... Je ne suis pas plus à l'aise que toi. J'ai rencontré tellement de chasseurs déterminés à faire le ménage des mutants que j'ai un peu tendance à flipper pour rien, maintenant... J'ai perdu trop de personnes chères à mes yeux à cause de cette guerre stérile... Je n'ai jamais eu envie de me battre physiquement pour tout ça. Défendre le droit à chacun de vivre ou copieusement injurier le prochain chasseur qui voudra me faire la peau pour un gêne différent des siens, c'est tout ce que je suis prête à faire. »

Au grand désespoir de mon père et Jimmy, qui auraient bien voulus me voir me battre un peu plus sérieusement contre les oppresseurs. Seulement voilà... D'abord William, puis ma mère, Marius qui pouvait bien mentir autant qu'il voulait, je ne croyais qu'à moitié à son excuse de l'accident de moto...

« Tu m'as dit que je n'avais rien à craindre avec toi alors... Laisse-moi te renvoyer l'ascenseur. Je m'attache aux personnes, pas au nombre de tête de chasseurs ou de mutants qu'elles ont prises. J'espère juste que... Que ça ne va pas non plus trop changer les choses entre nous... »

Machinalement, j'attrapais un cookie et le grignotais, plus pour m'occuper les mains qu'autre chose.

« Je t'apprécie pour la personne que tu es, Aspen. Si tu me dis que tu ne me feras rien, alors je me fiche que tu sois une chasseuse, une mutante ou un hippie prônant la liberté des bébés phoques. »

Une fois la peur et le malaise passés, peut-être pourrions-nous discuter... Normalement ? Comment avant ?

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MessageSujet: Re: Aspen | I've some bad news...   Dim 14 Aoû 2016 - 23:14

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Aspen était bien consciente que sa réaction était probablement à la fois exagérée et intimidante pour la douce Moira. Elle aurait aimé être cette amie exceptionnelle qui vous accepte tel que vous êtes avec un sourire bienveillant et des bras grand ouverts, qui vous serre contre elle en vous disant qu’elle vous aimera toujours, peu importe votre nature. Oh, oui, elle adorerait. Sauf que voilà, il y avait toujours ces vieilles racines d’éducation qui la retenait agrippée sur un sol acide et froid au fond de sa conscience, l’empêchant de s’élèver et de prendre le recul nécessaire, malheureusement. Elle essayait pourtant, et pensait y arriver, lentement mais surement, mais à chaque fois, à chaque fichue fois, elle avait cette impression de trahison, et de métal fondu qui coulait au fond de son estomac. Elle n’avait pas réussi à l’accepter chez son frère avant plusieurs mois de réflexion et de tourment, et pour Priam, elle l’avait appris dans des conditions où leurs vies étaient en danger, et elle n’avait pas forcément eu d’autre choix que de le couvrir, malgré l’appréhension et la nausée. Maintenant, Moïra… bon, c’était un peu différent : elle s’était ouverte à elle spontanément, malgré les soupçons atroces qui pesaient sur son paternel. Elle n’en était pas obligée, et pourtant elle l’avait fait, par honnêteté envers elle, et parce qu’elle ne voulait pas lui cacher un pan si important de sa vie. Elle devait… elle devait en tenir compte, en dépit de l’acidité dans le fond de sa gorge. Elle ricana de malaise quand la mutante mentionna les différents types de mutants correspondant à différents types de personnes… Elle avait l’exemple dans sa propre chair, elle ne pourrait surement pas la contredire… Sa voix se fit hésitante, mais moins tendue qu’un peu plus tôt, alors qu’elle remettait une mèche de cheveux derrière son oreille, sans arriver encore à croiser le regard de Moïra :

- Je sais… Je sais bien… Tu es pas la … Seule, dans mon entourage à être … Ce que tu es. Je…

C’était un suicide de le dire à quelqu’un qu’elle ne connaissait qu’à peine et qui pourrait retourner l’information contre elle à tout moment. Mais si Moira avait tendu la joue et la main vers elle, alors elle devrait faire de même, probablement.

- … Monfrèrejumeauesthémokinésiste. Voilà. Juste l’un des pouvoirs les plus flippants que j’ai jamais vu. Je suppose que tu dois me trouver hypocrite de flipper par rapport à toi alors que j’ai … ça dans ma propre famille…

Voilà, c’était dit, et il ne fallait pas compter sur elle pour le redire, alors qu’elle reprenait son verre dans ses mains, plus pour les occuper qu’autre chose, elle aussi. Elle gloussa presque en entendant Moïra parler de son ouverture d’esprit. Elle qui avait l’impression d’être un monstre…

- Je vais pas t’ouvrir la gorge dans le salon de Marius, je suis pas une psychopathe… Enfin, je veux dire, si tu avais essayé de me tuer, peut être que si, mais c’est pas le cas, non ? A moins que les cookies soient empoisonnés ? Je ne veux pas être empoisonnée pour la seconde fois en deux mois à peine, pitié … Pas de lapin-cigue, pas de vaccin, deal ?

C’était une tentative de faire de l’humour, mais c’était mieux que rien, non ? La suite des explications de Moïra lui glaça le sang : elle-même avait interdit à Lorcan de se vacciner à nouveau en voyant les effets désastreux que cela pouvait avoir sur son corps et sa psyché, alors comme le frère de Moira avait il pu prendre cette décision pour elle ? Ne l’aimait il pas ne serait ce qu’un tout petit peu ? Elle accueillit la nouvelle avec une grimace on ne peut plus explicite, mais ne rajouta rien sur le sujet. Trop sensible, probablement. Elle inspira profondément, jusqu’à saturer ses poumons de l’air sucré par les pâtisseries, avant de lever un regard incertain en direction de la jeune femme :

- Pour ce que ça vaut … Je suis, hum … d’accord avec toi… Enfin, malgré tout, je persiste à croire qu’un psychopathe mutant est plus dangereux qu’un psychopathe humain … Mais globalement, oui… Tu as raison. D’ailleurs, depuis que j’ai appris pour plusieurs de mes… Proches, je ne chasse plus. Enfin, je ne suis plus pro active, je me défends si on m’attaque, probablement plus virulemment que la moyenne des jeunes femmes de notre age, mais euh … voilà … Je ne fais plus ça. Je ne veux plus le faire, même si vous me faites encore eux … Fin même si j’ai encore un peu de mal.

Si ça ce n’était pas une invitation à la paix, alors elle ne savait pas ce que c’était.

- J’te propose la stratégie du Dont ask, dont tell : pas de conversation sur le sujet, parce que moins j’en sais, moins ça pourra te desservir un jour. D’ailleurs, je ne sais même pas que tu es mutante, voilà. Par contre, je sais que tu es une violoniste hyper douée et qu’en plus, tu fais des coiffures d’enfer. Ça te va ?

Elle espérait que ce serait le cas, puisqu’elle n’avait pas d’autre idée à lui soumettre, alors qu’elle tendait son verre d’un mouvement incertain en direction de la Kova pour trinquer et sceller leur accord…




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MessageSujet: Re: Aspen | I've some bad news...   Dim 11 Sep 2016 - 18:44

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Je me sentais terriblement mal, j'avais envie de me cacher dans un trou de souris pour y disparaître et... Je n'arrivais pas à chasser de mon esprit l'angoisse qui m'étreignais alors que je prenais conscience d'une chose : Aspen était une huntress. Aspen chassait les mutants, Aspen avait appris à tuer les gens comme moi... J'appréciais Aspen. J'aimais son humour, sa joie de vivre, j'admirais son esprit brillant et sa réussite... Mais j'avais peur d'Aspen, j'avais peur de ce visage qu'elle pouvait arborer, je craignais ses réflexes de chasseuse, et pas dessus tout, je redoutais de la voir se retourner contre moi. Car je savais que je serais incapable de lui faire le moindre mal. Parce parce que je n'en étais pas capable, après je maîtrisais assez bien ma mutation pour ça, mais parce que je n'en avais pas envie. Je ne voulais pas faire de mal à qui que ce soit, encore moins à une amie. Il fut une époque où j'aurais pu tuer un hunter de mes propres mains, où j'avais suffisamment de colère et de haine en moi pour aller jusque là... Mais je savais à présent que je ne m'en serais jamais relevée, et que ça n'aurait en rien apaisé mon chagrin et ma douleur. A présent, je ne voulais plus m'en prendre à qui que ce soit, ou du moins pas de cette manière. Je préférais croire que la justice n'avait pas complètement abandonné. Je penchais alors la tête sur le côté en fronçant le nez. Pas la seule à être ce que je suis ? J'esquissais un petit sourire pour masquer la blessure.

« Tu sais... Avant d'être... Ce que je suis, j'suis humaine, hin... C'est juste... La nature qui s'est éclatée à doter des gens d'une séquence ADN random... Mon père expliquerait ça mieux que moi... »

Et finalement, ce qui semblait tracasser Aspen ne tarda pas à sortir, dans un flot ininterrompu de mots que j'eus du mal à saisir. Son frère ? Un... Hémokinésiste ? La vache... Genre il manipulait le sang ? Alors oui, pour le coup, ça faisait peur, clairement. Parce qu'un type capable de faire littéralement saigner du nez son auditeur... C'était pas c'qu'il y avait de plus rassurant.

« Hypocrite ? Non... Pas vraiment... Mon frère chasse les mutants et en a apparemment déjà tué... Alors les jugements familiaux, tu sais... Tu n'as pas vacciné ton frère, n'est-ce pas ? »

Ca... Ca voulait tout dire. C'était comme affirmer sans vraiment le faire qu'Artur m'avait bel et bien soumise à ça. Et ce sans le moindre regret, aussi j'espérais qu'Aspen n'en soit pas arrivée là. Entre frère et sœur c'était... Difficile. Alors je n'osais pas imaginer à quel point elle devait être tiraillée entre son jumeau et les convictions qu'on lui avais mises dans le crâne. Je me contentais de sourire gentiment en reprenant un cookie.

« Si y avait de la ciguë là dedans, je n'en mangerais pas autant, je t'avoue ! Mais tu peux me crois quand je te dis que je serais incapable de tuer quelqu'un. C'est pas dans ma nature, je... J'veux pas utiliser ma mutation pour nuire aux gens. A vrai dire... Elle est là, c'est tout, et si j'ai appris à la contrôle, c'est uniquement pour ne faire de mal à personne. J'suis juste une nana normale avec des cordes vocales un peu cheatées ! »

Juste une nana normale... Dans un sens, je n'avais pas besoin d'arme pour tuer, ma voix suffisait. Mon père m'avait suffisamment fichu la trouille le jour où il m'avait dit que chaque être humain avait une fréquence de résonance, et qu'avec cette dernière j'étais en mesure de provoquer l'arrêt cardiaque du plus sain des athlètes. D'un hurlement, on pouvait tuer... Alors je hochais la tête, on ne peut plus d'accord avec Aspen sur le fait qu'un mutant psychopathe restait plus dangereux qu'un psychopathe sans mutation.

« Disons que sur ce point, je suis d'accord. Un pyrurgiste sera toujours plus dangereux qu'un pyromane, parce qu'il n'a pas besoin d'une allumette et d'une bouteille de gaz pour foutre le feu. Mais ça... Ce n'est pas une question de mutation, c'est une question de caractère, et malheureusement, bien des gens ici ne le comprennent pas... Je pense qu'un mutant meurtrier devrait avoir droit au même jugement qu'un meurtrier bien humain et... Et les meurtres de mutants ne devraient être prendre des allure de quotidien ou de normalité... Tu vois, tu montres toi-même que ce système a des failles, puisqu'en ayant côtoyé des mutants, tu réalises et comprends mieux ce que ça signifie... Il y a les bons et les mauvais mutants, parce que nous restons humains, et qu'un humain c'est foutrement con ! »

Je passais probablement pour une hippie naïve et trop pacifique, mais je préférais croire en un monde plus tendre que de me plier à la dureté de la réalité ou écouter mon père lorsqu'il disait qu'humains et mutants n'étaient pas faits pour vivre ensemble. Aussi, lorsque Aspen me proposa que nous mentionnions plus le sujet et fassions comme si nous ne savions rien l'une de l'autre à ce sujet, je hochais vigoureusement la tête avec un clin d'oeil. On en resterait là, je ne dirais rien, à commencer par la mutation de Marius qu'elle semblait ignorer, et je ne lui poserais aucune questions. Parfait !

« Ca m'va tout à fait ! Je vais retenir que tu es une brillante architecte et que ta robe est d'enfer, d'ailleurs je suis toujours jalouse de la manière dont tu t'habilles ! C'est quand même plus chouette comme ça... »

J'attrapais mon verre à moitié et le fit s'entrechoquer avec celui d'Aspen en signe d'amitié, de paix et d'arc en ciel. Et d'ailleurs... Je ne voulais plus la relancer sur le sujet qui m'avait poussée à la convier à l'appartement. Je ne voulais plus discuter de ça, de peur de toucher de trop près le sujet « Moira=mutante et Aspen=huntress ». Je me passais alors une main dans les cheveux, avalais une gorgée de smoothie, et attrapais deux macarons avant de me réinstaller confortablement dans le fauteuil.

« Bon. Maintenant, parlons sérieusement de femme à femme... », dis-je avec un air de conspiratrice. « Dis-moi tout ! Les amours, tout ça, ça en est où ? »

Voilà. Le sujet de nanas par excellence ! Les hommes ! Ou les femmes, qu'elle soit d'un bord ou de l'autre ne changerait bien ! Et vu que ma vie sentimentale se résumait à un désert vaguement peuplé par quelques histoires sans lendemain, ce n'est pas moi qui risquais d'animer la conversation.

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MessageSujet: Re: Aspen | I've some bad news...   Mar 13 Sep 2016 - 23:46

I've some bad news...
Moira & Aspen




C’était … étrange, comme situation. Aspen sentait bien que Moïra était pas bien à l’aise, et elle ne pouvait que lui donner raison : elle était un peu le prédateur naturel d’une fille comme Moïra, en tout cas sur le papier. En réalité, en ce moment,  Aspen avait plus besoin d’amis que de nouveaux adversaires tout neufs et avides d’en découdre. Elle était un peu lasse de toutes ces guerres, et aspirait à un peu plus de calme et de sérénité dans son existence. Alors quand Moïra lui servit le laïus sur les mutants qui étaient des êtres humains comme les autres, avec juste un petit truc en plus, elle n’eut pas le cœur de venir la contredire ouvertement, et se contenta de sourire faiblement, tout juste autant que l’autre rousse, sans arrêter de se tripoter les doigts :

- Ouais, j’ai juste encore du mal à intégrer … Désapprendre, c’est presque aussi compliqué que dans l’autre sens, tu sais…

Elle ne mettait pas tout sur le dos de son éducation non plus : Noeh lui avait toujours fait barrage à l’idéologie même des hunters, Calista aussi, peu ou proue, elle aurait pu faire de même. Sauf que voilà, se battre, être la meilleure, être capable de faire mordre la poussière à des types qui faisaient deux fois sa taille et trois fois son poids, et bien ça l’excitait, comme le faisait un défi déraisonnable. On lui avait donné le gout du sang, celui de la chasse, comme celle de la chasse aux cerfs ou aux ours, mais avec des humains dont on l’avait persuadé qu’il n’en avait que l’apparence. Elle y avait cru, en toute innocence et bonne foi, tout simplement parce qu’il est tellement plus facile de haïr ce que l’on ne connait pas vraiment. On lui avait dépeint des images de monstres sanguinaires, de psychopathes assoiffés de sang et de vie humaine, et eux en protecteurs de la société et héros des temps modernes. Alors forcément, quand elle se rendait compte que sous une autre perspective, c’était elle, le monstre, cela avait de quoi foutre des migraines, et remettre pas mal de trucs en question. Presque tout, en fait.

Quand Moïra reprit la parole, Aspen écarquilla grands les yeux, alors qu’un Tilt venait de sonner dans sa tête, et que l’évidence lui explosa à la figure : Moira Kovalanein, comme Artur Kovalanein, ce petit crâneur d’Artur. Elle était la grande sœur d’Artur. Et ce moins que rien l’avait vacciné, non mais quel …


- Non
*qu’elle souffla, interdite* non, en fait c’est l’inverse, j’ai jeté toutes les seringues de NH24 que j’ai trouvé chez lui, je supportais pas de le voir souffrir des effets secondaires… Il m’a dit qu’il avait trouvé quelqu’un pour l’aider à maitriser tout ça, genre un type un peu prof, qui ferait ça avec les mutants qui maitrisent pas leur pouvoir … J’ai pas voulu en savoir plus, parce que ça me regarde pas, et que je suis pas encore méga à l’aise avec ce genre d’infos …

Une autre gorgée de smoothie, qu’elle avala comme on avalait un shooter, l’alcool en moins. Elle gloussa un peu nerveusement en entendant la violoniste lui assurer qu’elle n’était pas dangereuse, et qu’elle n’utilisait pas ses pouvoirs pour faire du mal autour d’elle. A voir le regard si doux et bienveillant de Moïra, elle n’avait aucun mal à la croire là-dessus, mais… Rah, elle avait encore du mal quand même, quoi qu’elle en dise, quoi qu’elle fasse :

- Mouais, je suis désolée, faut vraiment que je m’habitue à entendre ce genre de trucs… J’ai encore vachement de mal … enfin, je suppose que moi aussi, de base, quand j’ai un couteau entre les mains, c’est plutôt pour émincer de la volaille ou couper des fraises pour ma salade de fruit plutôt que pour viser quelqu’un … je vais y arriver hein, il me faut juste encore que je m’y fasse … ça va venir, avec le temps, mais ça finira par venir…

Il le fallait, de toute façon, elle n’avait pas le choix. Pour Lorcan, pour Priam, maintenant pour Moïra. Elle Devait changer, pour eux tous, sans quoi elle était condamnée à les perdre. Ce n’était pas plus compliqué que cela, au final, c’était même terriblement binaire comme concept.  Alors Aspen trinqua avec Moïra, accord tacite et explicite entre elles : elles se couvriraient mutuellement, et elles se feraient confiance. Ça ne serait pas toujours facile bien sur, mais elle voulait essayer. Lorcan serait surement fier d’elle et de tous les efforts qu’elle était capable de faire pour lui, et pour les autres. Elle fit voler ses cheveux derrière son épaule avec un sourire un peu plus prononcé et moins coincé que tout à l’heure, alors que la musicienne la complimentait sur sa robe. La, elle était en territoire connu, dans sa zone de confort, et elle pouvait s’y installer sans hésiter :

- Oui hein ? Je fais pas mal d’aller retour à New York pour le boulot en ce moment, du coup j’en profite toujours pour aller dans deux trois magasins de jeunes créateurs… Quand j’étais à Boston, le MIT jouxtait une école de stylisme, j’étais pas mal copine avec certains élèves qui sont devenus les patrons de leur propre marque maintenant, j’adore ce qu’ils font d’ailleurs, du coup je leur fais un peu de pub… Je te passerai leur carte si tu veux, ils doivent faire des fringues de scène à couper le souffle aussi à mon avis !

Elle se leva pour faire un tour sur elle-même et permettre à Moïra d’apprécier le travail : sa robe était faite dans un daim marron de la meilleure facture, et tellement ajustée qu’on pouvait croire qu’elle avait été faite sur mesure sur les mensurations d’Aspen. Ce qui n’était pas tout à fait faux, soit dit en passant. La suite des questions de l’autre rousse lui fit échapper un rire étranglé, alors qu’elle se passait la main dans les cheveux pour les rabattre en arrière tout en se rasseyant :

- Oh mon dieu, on en arrive donc là ? Tu es sure, sure de sure, de vouloir t’immerger dans la vie sentimentale chaotique et affligeante d’Aspen Wolstenholme ? J’te préviens, on en ressort pas indemne …

Elle rit, mais on sentait que le cœur n’y était pas tout à fait. Après tout, elle ne plaisantait qu’à moitié, reprenant une gorgée de boisson sucrée pour se redonner du courage :

- Okay, alors, tu te souviens du mec relou qui m’envoyait des texos, le soir où on s’est rencontré ? Voilà, c’est Noeh. C’est un peu, genre, l’occasion manquée de ma vie. On était ensemble pendant le lycée, genre couple secret, trop accros, et en fait il m’a quitté quand il a su que j’irai pas à la fac ici. Bref, ça, t’étais déjà au courant … En fait, c’est le frere de ma meilleure amie, qui actuellement est plus ou moins la nana de mon frère, bref, trop le bazar … Ce gars là, il a une copine actuellement. Genre une nana trop belle, trop fab’, trop sure d’elle et cool … fin bon, le genre de fille que tu voudrais pouvoir détester, mais tu peux pas parce que voilà, elle est assez sympa, en plus … sauf que ça, il a jamais eu le courage de me le dire, et j’ai du le confronter, et ça a encore fini en drame … Puis il est venu à mon chevet à l’hopital après mon agression .. .Trop bizarre. .. genre il m’avait clairement dit que j’étais qu’une grosse conne et qu’il voulait plus jamais me revoir, et là je le retrouve en train de chialer dans ma chambre d’hopital et à me dire des trucs de fou… Sauf que bon, toujours avec sa nana quoi … Je lui dis de me laisser tranquille, que j’ai besoin de passer à autre chose … Il se débrouille pour se retrouver dans la même salle de ciné que moi pour aller voir le film qu’on était sensées aller voir toutes les deux, tu te souviens ? Bref, on passe la soirée ensemble, c’était un peu bizarre mais ça va quoi … J’arrive à le laisser sur le pas de ma porte, de pas l’inviter chez moi, parce que sinon je savais bien ce qui allait arriver … Bref, j’étais assez plutôt fière de moi et tout, et là … le truc trop bizarre à nouveau, tu vas pas me croire.

Elle soupira. C’était la première fois qu’elle allait en parler à quelqu’un à voix haute, mais finalement, Moïra était probablement la personne la plus à même de la comprend :

- … Je crois que j’ai été hypnotisée ou influencée par un mutant chelou … Parce que je suis allée à l’hopital, deux fois, pour des test et des contrôles, et dès que j’en sortais, j’étais, genre, obsédée par lui … genre comme si je me prenais tous mes anciens sentiments en pleine tronche … J’pensais à lui absolument tout le temps je voulais le voir, le toucher … Je me suis même pointée chez lui un soir parce que ça m’empêchait de dormir, tu te rends comptes ? Bon, il s’est rien passé, mais je me comportais trop Bizarrement, comme une espèce de groupie, alors que c’est tout sauf mon genre … bon, il s’est rien passé la encore, et heureusement, et je suis repartie après, mais quand cette hypnose bizarre s’est évaporée, j’avais honte, ma pauvre, mais genre tellement honte… Ce comportement, c’est Pas moi, jamais de la vie je n’aurai agi comme ça de mon plein gré…

Elle reprit son souffle et releva la tête vers Moïra : mince, elle lui avait juste tout raconter d’une traite, en fait. La pauvre Momo devait être complètement saoulée par ce flux d’information non stop. Du Aspen tout craché.

- … T’es d’accord avec moi que c’est possible, ce genre de conditionnement ? ya des mutants qui peuvent faire ça, et c’est hyper malsain ? Surtout que bon, pourquoi moi ? Alors que j’avais rien demandé ? En plus j’ose même plus envoyer le moindre signe de vie à Noeh maintenant, parce qu’il doit juste penser que j’suis totalement tarée …





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MessageSujet: Re: Aspen | I've some bad news...   Dim 2 Oct 2016 - 16:28

I've some bad news...
Moira & Aspen



J'avais le sentiment qu'Aspen et moi étions un peu dans le même bateau, tout en appartenant à des camps opposés. C'était aussi difficile pour elle que pour moi d'accepter que nous étions des personnes à part entière avant d'être une mutante et une chasseuse et je comprenais parfaitement ce qu'elle voulait dire par « désapprendre ». C'était comme dire à un gamin qui aurait appris qu'un plus un égal deux qu'en réalité il se trompait... Oublier les réflexes, les automatismes, c'était bien plus difficile que de les apprendre, et j'en faisais la désagréable expérience.

« J'comprends c'que tu veux dire... J'ai eu le discours inverse, celui de « les mutants sont une race supérieure, et blablabla »... J'aime pas ce genre de mots, je les trouve trop... Mégalo. »

Sur le plan scientifique, je savais bien que les mutants étaient une nouvelle évolution de la race humaine, mais je n'avais pas le sentiment que ça faisait de nous des êtres supérieurs. Tout juste des étrangetés génétiques, un peu comme un type qui se serait retrouvé avec un orteil en plus. Sauf que faire mumuse avec la télékinésie, par exemple, c'était quand même plus chouette qu'avoir un orteil supplémentaire.

Lorsqu'Aspen me répondit, je serrais les poings sur mes genoux, la colère et la jalousie enflant en moi. Elle avait eu la réaction inverse de celle d'Artur, elle avait voulu protéger son frère, lui épargner à tout prix l'enfer du vaccin... Tandis que lui me l'avait infligé sans le moindre état d'âme. Et lorsqu'elle me parla d'un genre de professeur, bienveillant envers les mutants un peu paumés, je songeais immédiatement à Malachi. Des mutants comme lui, il n'y en avait pas des masses à Radcliff, mais je me contentais de hocher la tête. Aspen ne voulait pas en savoir plus, et il était hors de question que je mette mon ami dans l'embarras en commençant à évoquer son nom.

« Mon frère... Artur... Il devrait prendre exemple sur toi, tiens... Il ne supporte pas ce qu'il n'est pas capable de contrôler, me vacciner c'était en quelque sorte s'assurer qu'il pourrait me manipuler à sa guise et... Ne te méprends, j'adore mon frère, probablement plus que je ne le devrais mais je... Je ne le comprends pas... »

Je sentis une boule se former dans ma gorge et levais les yeux vers le plafond pour contenir les larmes qui perlaient à mes yeux. J'avais la hantise de perdre Artur, de le voir me filer entre les doigts, m'ignorer, me haïr... Plus les jours passaient, moins je reconnaissais le petit frère avec lequel j'avais grandis. Je préférais autant hocher la tête en souriant timidement aux propos d'Aspen que de continuer à me faire du mouron.

« Je pense qu'on a tous... Besoin de s'habituer à tout ça, m'enfin un jour on arrêtera de se taper dessus, hin ! »

Pour l'heure, c'était davantage la superbe robe que portait Aspen, qui me captivait, et je la regardas tourner sur elle-même avec le regard d'une gamine de quatre ans surprenant le père Noël pendant sa tournée.

« Ah ouais je voiiiis ! Madame a des contacts dans la mode, ça explique pourquoi tu es toujours aussi bien habillée ! C'est tellement plus chouette de pouvoir choisir ses vêtements chez un créateur que suivre le même mouvement de mode que madame tout le monde... »

Mes yeux se mirent d'autant plus à pétiller lorsqu'elle me parla de me passer la carte de ses amis styliste.

« Oh ce serait super, merci ! Mon agent a une amie styliste qui a de la merde dans les yeux, régulièrement elle me sort de ces robes pour les concerts... Avec des paillettes partout et surtout des couleurs qui jurent affreusement avec mes cheveux... Une horreur ! »

Qui a dit qu'une musicienne ne se souciait pas de son allure ? Me retrouver affublée d'une robe choucroute pailletée d'un bleu qui faussait avec le roux de mes cheveux me donnait parfois envie de faire ma diva en refusant de monter sur scène ! Et parce que nous en étions à parler comme de vraies filles, autant aborder le sujet qui fâchait régulièrement... Le sentimental. Aaaah les hommes... Ou les femmes, à vrai dire, je me fichais bien de savoir de quel bord était Aspen tant que ça rendait heureuse. Mais visiblement, elle avait l'air d'être tombée sur le roi des cons et des indécis !

« Ah oui oui oui, je suis sûre de vouloir entendre ça ! Surtout s'il s'agit du crétin qui t'a harcelée l'autre fois... »

Et je ne fus pas déçue. Déjà, j'avais mis Noeh dans la case des types un peu chelou et obsessionnels, ceux qu'on se marrait bien à voir dans les livres mais qu'on flippait à l'idée de les croiser dans la rue. Et puis... Je résistais à la tentation de prendre un papier. C'était le frère de la meilleure amie d'Aspen, laquelle sortait avec son jumeau et... WHAT ? Le quatuor de l'enfer ! Mais ce que je n'arrivais pas à saisir, c'est qu'apparemment, Noeh la cata avait une copine genre top modèle bikini Chanel, mais qu'il persistait à s'accrocher à Aspen comme une moule à son rocher. Il était polygame, ou juste complètement con ?

« Wow... Mais heu... Ca lui arrive de savoir ce qu'il veut, à ce type ? Il a une meuf, il t'a traitée de tous les noms mais non ! Il revient à la charge ? Et à ta place, je flipperais grave, c'est super bizarre, le mec qui se pointe bizarrement dans la même salle de ciné que toi... Si j'avais pu, je serais venue, j'aurais prétendu être ta nana et j'lui aurais bouffé le nez, crois-moi ! Et j'ai un peu peur de la suite... »

Qu'est ce qui pouvait être pire qu'un mec qui stalke son ex jusqu'au cinéma ? Pire qu'un couillon qui vient chialer au chevet de la même nana tout en étant avec une autre... ? A mesure qu'Aspen parlait, j'écarquillais les yeux et tentais de contenir le rythme anarchique de mon pauvre petit cœur. Un mutant.. Un mutant qui manipulerait les gens... Bon sang... J'avais beau ne connaître Aspen que depuis quelques mois, ce n'était pas le genre de nana que j'imaginais se pointer chez son ex au milieu de la nuit par obsession. Elle était trop rationnelle pour ça, trop fière aussi. J'aurais pu trouver la situation un peu cocasse, presque amusante, même, si je n'avais pas eu une désagréable impression de déjà vu. Si je n'avais pas eu le sentiment que quelque chose clochait. Je me passais une main dans les cheveux, perdue dans mes pensées, et laissait un moment de silence s'installer entre nous avant de reprendre.

« Si j'te suis bien... Noeh passe un peu son temps à te faire des grands signes en mode « coucou je suis toujours là mais je sais pas choisir alors j'vous veux toutes les deux », mais ce coup-là il n'y était pour rien ? J'veux dire... Quand tu étais à l'hôpital, on ne t'a rien injecté ou faire avaler comme médoc, ça peut pas être ça ? »

Phobique que j'étais, j'avais tendance à me méfier de tout ce qu'on pouvait nous inoculer par intraveineuse dans les hôpitaux, et me demandais s'il n'y avait pas un genre de médecin un peu psycho à Radcliff.

« Après... Des mutations, j'en ai croisé un paquet, ouais... J'ai même entendu parler un jour d'un moment qui savait contrôler les émotions des gens ! »

Bon ok, je n'avais pas fait qu'en entendre parler, c'était Malachi, mais autant déformer un peu la réalité.

« En fait... C'est un peu bizarre, tout ça, et si ça se trouve, je me fais des idées, c'est pas lié, mais... Ça fait quelques temps que je trouve mon frère bizarre, que je ne le reconnais plus, comme j'te disais, et j'ai fini par me demander s'il n'était pas manipulé, s'il n'y avait pas quelqu'un qui le poussait à agir comme il le fait... Tu crois que ça pourrait être lié ? Que ça pourrait être le même mutant qui s'amuse à vous faire tourner en bourrique ? »

Ça paraissait plausible mais... Pourquoi ? Que était le lien entre eux, à part la chasse ? Pousser Artur à tuer et mal agir, quel était le rapport avec Aspen que l'on aurait poussée à aller voir son ex, comme une mauvaise farce commise par un Cupidon du dimanche ?

« T'as pas le souvenir de quelqu'un que tu aurais croisée à chaque fois que tu es passée à l'hôpital ? Si y a vraiment un mutant qui s'amuse à jouer avec les gens, là par contre ça devient dangereux... Surtout si on ne sait pas jusqu'où il peut aller... »

Je mâchonnais le bout de ma paille en plastique en réfléchissant, arrivant à une conclusion évidente qui, pour le coup, n'avait aucun rapport avec le supposé mutant.

« En tout cas, y a une chose de sûre... Noeh il a un pois chiche dans la tête, et il est toujours dingue de toi. Va falloir qu'il se bouge un peu le cul s'il veut avoir une chance. Après... Toi tu en es où, vis à vis de lui ? Supposons un moment qu'il n'y ait pas sa nana ni un potentiel mutant, tu ferais quoi ? »


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MessageSujet: Re: Aspen | I've some bad news...   Jeu 13 Oct 2016 - 17:06

I've some bad news...
Moira & Aspen




Si on avait dit à Aspen qu’elle passerait, dans la même conversation, du statut de tueur sanguinaire de son père, à la mutation de son frère, de la marque de sa robe à ses histoires sentimentales, elle aurait probablement conseillé à son interlocuteur d’arrêter de sniffer la colle. Sauf que voilà, dernièrement, ce genre de conversations lui paraissait de plus en plus … récurrente. Avec son frère d’abord, puis avec Sam, maintenant avec Moira… Elle avait une drole d’impression de déjà vu, et en même temps, n’était ce pas là un signe aussi qu’elle grandissait un peu, et qu’elle arrivait à assumer ce genre de confrontation avec de plus en plus d’aisance ? Oui, elle allait se dire ça, ça la rassurerait un petit peu au moins. D’ailleurs, elle échangea un regard entendu avec Moira : elle voyait que cette dernière aussi avait été biberonnée avec des idéologies un peu limites. Heureusement, elle semblait y avoir été plus imperméable qu’elle-même, aussi elle ne se permit pas de commenter. En revanche, elle fronça à nouveau les sourcils en voyant les poings pâles de son amie se serrer, geste qui trouva son sens avec l’explication de Moira : Ainsi donc, Artur était bel et bien le petit enfoiré qu’elle le soupçonnait d’être, et encore, le qualificatif était encore trop élogieux. Il était un traitre, un traitre à son sang, et pour quelqu’un d’aussi attaché à la famille que la Wolstenholme, c’était probablement le pire des lèse majesté, alors que son visage s’assombrissait dans une moue méprisante :

- Tu adores peut être ton frère, mais ce n’est qu’un sale con, qui ne te mérite probablement pas. Il n’y a rien à comprendre chez les gens bêtes, à part si, évidemment, ils n’ont pas toujours été des têtes de pioche, auquel cas faudrait voir ce qui a pu l’abrutir ainsi…

En tout cas, si elle croisait le Kova parmi les rangs des chasseurs, elle se ferait un plaisir de le défier à l’entrainement pour lui coller deux ou trois mandales de courtoisie. Ça lui ferait les pieds, tiens. En tout cas, il ne s’en tirerait pas comme ça, le petit morveux. Foi d’Aspen.

Sa promesse rangée dans un coin de sa tête, elle ne put s’empêcher de glousser face aux remarques de Moira sur sa robe puis sur sa propre styliste. D’ailleurs, elle grimaça à l’énoncé des paillettes et des fanfreluches. Quelle horreur, cette styliste devait avoir une dent contre la violoniste, pour une raison obscure, à vouloir saboter ainsi une aussi jolie femme que Moira. Un autre scandale dans la vie de la mutante, mais celui-ci, Aspen pourrait le résoudre sans trop de difficultés :

- Dis à ton agent de renvoyer sa pote au Texas au pays des coiffures choucroute et de la paillette en folie, dès que j’ai un ordi je te passe les mails, les sites et les instagram de tous mes petits camarades, et je suis sure que tu trouveras ton bonheur là dedans. Surtout que je suis sure que certains seront juste ravis de te prêter certaines pièces, ça leur ferait une pub d’enfer, c’est important quand on commence dans ce genre de milieu.

Cette promesse fait, Aspen était partie dans une longue, longue explication de tout ce qui avait pu se passer entre elle et Noeh Callahan, ce qui, sans surprise, avait laissé son amie sans voix. Il était vrai qu’à entendre tout ça de vive voix, et pas que dans sa tête, force était de constater que … C’était pas très sain, tout ça, ni pour lui, ni pour elle. Elle avait beau se dire qu’elle ne faisait rien de mal, elle ne s’aidait quand même pas des masses à passer à autre chose, dernièrement. La remarque de Moira lui tira un petit sourire en travers, alors qu’elle croquait les oreilles d’un énième cookie lapin : Noeh, savoir ce qu’il voulait… ça aurait été trop beau. Elle aurait vraiment aimé que cela soit le cas, ça l’aurait quand même soulagé de plus d’une soirée à cogiter toute seule dans son lit.

- Ouais, dans le genre indécis, il se pose là comme on dit… Et moi j’ai pas forcément envie de l’attendre toute ma vie non plus, surtout si je sais qu’il est heureux avec une autre. Et nan, à l’hopital j’y suis allée pour des prises de sang et des rencontres avec un généraliste, j’ai jamais rien eu à manger ou boire, donc ça peut pas être de la drogue … Puis on est pas dans Harry Potter non plus, les filtres d’amour, ça existe pas encore…

Quoi qu’à la rigueur, elle aurait peut-être préféré ça à une intrusion d’un sale d… d’un vilain mutant dans sa tête et dans son cœur. Pas étonnant que Noeh ait été aussi traumatisé, si il avait été violé mentalement ainsi par Adriel pendant des mois… Elle chassa vite cette idée de sa tête avant de reprendre :

- Ouais non mais c’était pas des émotions contradictoires, c’était vraiment des sentiments… Genre j’étais pas toute joyeuse ou niaise, j’étais juste… Genre, amoureuse, avec des vrais sentiments, l’envie de le prendre dans mes bras, de lui dire des trucs de dingue et tout … Mais émotionnellement, j’étais normale, comme si c’était naturel pour moi de ressentir ça, vraiment étrange… Et je sais pas, je connais pas mal de monde à l’hosto a force, mon médecin, certaines infirmières, les nanas de l’accueil, ça pourrait être n’importe qui, en fait…

Elle haussa les épaules, puis finit d’engloutir le reste de son biscuit en hochant la tête, l’air vaguement d’accord : oui, peut être bien qu’Artur était sous le joug d’un mutant psychopathe, mais par principe, elle considérait quand même qu’il restait juste un gros con à qui sa sœur cherchait des excuses, plutôt. La suite des réflexion de Moira la tira de ses pensées, lui faisant monter le rouge aux joues bien malgré elle. Où elle en était, elle ? Parce qu’elle était sensée en être quelque part ? Dans d’autres circonstances, assurément, elle aurait joué les filles farouches et revanchardes, un air bravache et déterminé sur le visage, à jurer par tous les Dieux que Noeh n’était que du passé, et qu’elle avait laaargement tourné la page, qu’il n’y aurait jamais, au grand jamais, quoi que ce soit d’autre entre eux, vraiment, plutôt mourir. Sauf que voilà, Moira s’était montrée particulièrement transparente avec elle, alors elle n’avait pas envie de lui mentir. Et puis, songea t’elle en s’enfonçant dans le canapé en soupirant, la grande rousse n’avait aucune raison de répéter ce qu’elle allait lui dire à qui que ce soit. Peut être qu’en parler lui ferait du bien, là-dessus aussi…

- Franchement ? je ne sais pas. Je suis encore un peu paumée. Je veux dire…

Attrapant l’élastique noir autour de son poignet, elle se mit à jouer avec, le regard un peu dans le vague :

- Si tu veux, à la base, c’est lui qui a rompu avec moi, il y a … 8 ans… Il a pas supporté que je parte à Boston pour mes études alors qu’il restait là, lui. Il m’a dit des trucs horribles et on s’est presque pas parlé pendant 5 ans. Je me suis maquée avec Marius quelques semaines pour soigner un peu mon égo, et puis j’ai eu des petits copains comme ça à droite à gauche, sans vraiment chercher beaucoup de long terme… En partie parce que mes études passaient avant, mais je pense que c’était en partie aussi parce que je n’arrêtais pas de tous les comparer à lui … A leur désavantage, du coup. Je crois que si il m’avait pas jeté comme une vieille chaussette, j’aurai fait en sorte que ça fonctionne malgré la distance, mais bon… Aujourd’hui je sais pas. Je veux dire, si ça se trouve, je suis encore attachée à l’image que j’ai de lui, de l’ado amoureux qu’il était quand on était ensemble… Aussi bien si on remettait le couvert maintenant, ça ne matcherait plus du tout… Je veux dire, j’ai plus 18 ans, lui non plus, on a peut être plus du tous les mêmes objectifs dans la vie… et en même temps …

Elle soupire, encore. Elle sait qu’elle n’est pas bien claire dans ses propos. A défaut, ça résumait bien son état d’esprit.

- En même temps si il était célibataire, que moi aussi, je sais pas… Peut être que je retenterai ma chance, juste pour voir… Pour pas être dans la frustration de me dire « Et si ? » constamment… Mais bon, vu que de toute façon, il est maqué, avec une fille super en plus, la question ne se pose plus. Il faut surtout que je trouve quelqu’un qui me donne envie de ne pas le comparer. Et que j’arrive à être assez impliquée là dedans pour ne pas avoir envie de le faire… Tu vois ce que je veux dire ?


Elle espérait, parce qu'elle ne voyait pas vraiment comment expliquer ça autrement ...

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MessageSujet: Re: Aspen | I've some bad news...   Dim 30 Oct 2016 - 11:55

I've some bad news...
Moira & Aspen



Je commençais à me dire que toute cette conversation, ça faisait beaucoup trop d'émotions d'un coup. Le père d'Aspen avait probablement tué ma mère – probablement parce qu'en absence de preuves, je refusais de me prononcer – j'appréciais pourtant trop la jolie rouquine pour lui en tenir rigueur, c'était une chasseuse et j'étais une mutante... Mais là aussi, quand je la regardais, je voyais la sympathique et dynamique Aspen, l'architecte, la violoniste... Pas la tueuse sanguinaire. Elle pouvait bien avoir un flingue ou un couteau dans son sac, j'avais envie de croire que nous étions suffisamment adultes et responsables pour passer au dessus de ça. Finalement causer chiffons et mecs, c'était quand même moins prise de tête, et ce même si ma vie sentimentale en était à un point mort parfois plus déprimant qu'autre chose. Pourtant, il y avait un sujet encore sensible sur lequel je ne voulais pas que nous nous éternisions : Artur. Peu de gens connaissaient mon frère comme moi, personne ne savait qu'il avait été un petit garçon comme les autres, qu'il avait souffert de son introversion et de sa trop grande intelligence, et qu'il était malheureusement rongé par une haine et une jalousie qui lui faisaient probablement autant de mal qu'à son entourage. Je baissais les yeux et serrais les poings, pour lutter contre cette envie que j'avais de demander sèchement à Aspen de se taire. Elle devait connaître l'Artur arrogant, l'Artur que j'aurais moi aussi volontiers baffé pour lui remettre les idées en place.

« En fait, je... Tu vas trouver ça con... J'ai jamais regretté d'être une mutante, je veux dire... Ça fait partie de moi, d'mon adn, mais je crois que je m'en suis toujours un peu voulu d'en être une et Artur non. Qu'on m'en ai fait cadeau ou que ce soit une malédiction, j'ai quelque chose qu'il n'aura probablement jamais, et si ça pouvait le faire redevenir comme avant, je la lui donnerais sans hésiter, ma mutation... C'est juste que... C'est exactement ce que tu dis. Artur n'a pas toujours été comme ça. Avant il était... Moins haineux, moins extrême, il y a quelque chose en lui qui a changé et je n'aime pas ça du tout... »

Et je ne voulais pas évoquer davantage cette histoire, à moins que ça ne soit pour comprendre pourquoi ou qui avait pu ainsi transformer mon frère. Ou quoi, d'ailleurs ? Après tout, ça n'était pas nécessairement un individu, qui l'avait mis dans cet état. Etrangement, me dire que c'était une chose et non une personne qui lui avait retourné la tête ne me rassurait absolument pas, bien au contraire. Et parce que je préférais chasser de mon esprit l'image d'un monstre plein de gros et de tentacules en train de vampiriser mon frère, je reportais notre attention à toutes les deux sur la ravissante tenue d'Aspen.

« Oh merci, ce serait avec plaisir ! J'en peux plus des horreurs qu'elle me propose en me disant que c'est à la dernière mode... A chaque fois, je dois ramener mes propres tenues ! Faire un peu de pub pour des jeunes créatures et enfin être à la pointe de la mode, ça ça me branche ! T'es géniale, Aspen ! »

Voilà. Ca, c'était spontané, honnête et carrément plus positif. Plus positif aussi que l'affaire Noeh Callahan. Je me demandais bien à quoi devait ressembler sa nouvelle conquête pour qu'il ose hésiter entre elle et Aspen. Et à vrai dire, j'aurais bien voulu savoir à quoi il ressemblait, s'il avait le traditionnel air de petit con que je lui imaginais ou s'il cachait bien son jeu.

« Mais heu... Tu connais son nom, à cette nana ? Et ouais, du coup si on ne t'a rien donné à boire, manger et tout... Tu penses que c'est un taré qui venu s'amuser à t'emmêler les neurones ? »

Un frisson me parcouru l'échine. J'avais beau défendre la condition des mutants, je n'étais pas folle au point de croire que le monde était était aussi rose et remplis de bisounours que Marius le clamait. Des mutants givrés, des psychopathes, des meurtriers, y en avait. Et ça les rendait tout aussi détestables que n'importe quel fou furieux armé d'un flingue ou d'un couteau.

« Wouaw... C'est... C'est super space, en fait ! Si je te suis bien, les sentiments te semblaient réels, logiques, mais avec le recul c'est tout le contraire ? Peut-être que c'est un mutant qui ravive les souvenirs et les sentiments qui y sont liés ? Genre si tu avais détesté Noeh, tu aurais eu une envie de le tarter à ce moment-là ? »

Compliqué, bizarre, toute cette histoire n'avait pas beaucoup de sens à mes yeux. J'avais toujours trouvé que définir une mutation relevait de l'impossible, puisqu'elles étaient toutes plus ou moins différentes, mais celles qui touchaient à la sphère psychologique m'échappaient totalement.

« En plus, je suppose que tu as envisagé l'idée d'enquêter là-dessus ? Le souci c'est que le type ou la nana a une longueur d'avance, il sait qui tu es... Si ça se trouve, si tu essayes de le chercher, il va encore plus jouer avec ton cerveau et ça sera pire encore. Je déteste les gens qui se croient tout permis comme ça, il se prend pour qui ? Cupidon ? »

Se prendre pour un dieu parce qu'on était capable de faire mumuse avec les neurones des gens, ça me donnait juste envie de distribuer des claques. Mais pour l'heure, ce qui était le plus importants, c'était de savoir si les sentiments d'Aspen s'étaient véritablement envolés, ou si, quelque part, ils étaient toujours enfouis en elle. Et à l'entendre parler, y avait toujours quelques chose entre eux, une alchimie un peu bizarre qui peinait à se mettre en route, quelque chose qui les attirait irrémédiablement l'un vers l'autre quand leur rationalisme les poussait à faire le contraire. Aspen me faisait un peu penser à moi, même si nos histoires étaient différentes. J'esquissais un sourire, me demandant déjà pourquoi j'allais lui raconter mon histoire triste et pathétique à pleurer.

« Tu m'as confié ton histoire, alors... Quand je vivais à Chicago, j'étais fiancée à un violoncelliste. Le genre de type parfait, beau à tomber, incroyable musicien, romantique, le mec qui t'aurait tenu la porte sous la pluie toute la nuit, quoi. Je t'épargne les détails, mais il a été enlevé deux mois avant notre mariage. J'ai passé presque six ans à le chercher, entre deux histoires sans lendemain... Et je pense que c'est pas une bonne idée. Pour le coup, c'est différent, j'ai... J'ai appris il y a peu qu'il avait été tué... »

Et j'aurais dû éviter le sujet car déjà, les larmes me montaient aux yeux. Pourtant, je ne me démontais pas.

« A partir de là, j'ai compris que j'avais poursuivi un fantôme pendant des années, que je m'étais fermée à bien des rencontres par obstination, parce que comme toi, je les comparais tous à lui, j'avais peur de m'engager et de le trouver le lendemain sur le pas de ma porte... Il ne faut pas que tu t'empêches de vivre simplement parce qu'une part de toi est restée bloquée à cette époque et refuse de s'en détacher. »

Dire que j'avais traité ce Noeh de petit con et que j'allais malgré tout... Prendre sa défense ? Aucune idée, j'y allais à l'instinct.

« Au lieu de rester tous les deux figés sur ce que vous étiez il y a huit ans, vous devirez peut-être... Réapprendre à vous connaître ? Du genre vous donner rendez-vous dans un café, reprendre tout à zéro comme si vous ne vous connaissiez pas ? Après tout... Vous avez passé plusieurs années sans vous voir, c'est tout comme. Comme ça, tu ne te diras plus « et si ? », parce que t'auras essayé. Si jamais c'est devenu le roi des cons, tant pis, ça ne t'aura engagée à rien ! Bon après, il reste le cas de sa copine, ça c'est à lui de faire son choix, mais bon...

Je jetais un regard à la porte d'entrée et me penchais vers Aspen avec un air de conspiratrice.

« Tu le répéteras pas à Marius, hin ? Quand j'étais ado, j'avais craqué sur son frangin... Bon en même temps, t'as vu comment est Martial, c'est difficile de ne rester indifférente. Je me suis toujours demandée ce qui se serait passé si je n'avais pas eu peur que Marius me réduise en chair à saucisse. Et ça me turlupine encore alors que ça doit bien faire treize ans ! Alors crois-moi, je pense que tu as moins à perdre à essayer de réapprendre à connaître Noeh qu'à vivre avec l'image que tu as gardé de lui à dix huit ans... »

Bien, bravo pour les conseils, Momo ! Et si tu te les appliquais, pour voir ? Mais non. Croquer dans un cookie lapin, ça avait l'air plus chouette.

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