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 conquer the wild (marvin)

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MessageSujet: conquer the wild (marvin)   Ven 8 Juil 2016 - 20:05

C’était un de ces jours qui semblaient différents. Plus légers, plus faciles à traverser. Un jour où Merry ne se réveillait pas la boule au ventre, un jour où elle n’avait pas l’impression de bouillir de colère contre le monde entier. Un jour où elle laissait de côté la destruction et la mort. Elle n’avait pas encore fait le lien entre ceci et cela, à vrai dire. Elle ne s’expliquait pas pourquoi certains jours étaient clairs tandis que d’autres étaient sombres, sans que la couleur du ciel y soit pour quoi que ce soit. Elle remarquait à peine qu’elle marchait d’un pas plus léger, et qu’elle était plus encline à lever les yeux pour observer la vie autour d’elle. Elle avait un peu perdu l’habitude de prendre le temps de regarder, tout comme elle avait perdu l’habitude de se poser des questions sur ce qui ne tournait plus rond à l’intérieur de sa tête. Elle subissait les jours qui défilaient, essayait d’en tirer le meilleur, et puis elle se couchait et espérait que le lendemain serait un de ceux qui changeaient. Elle s’était jetée dans la chasse aux mutants comme si c’était la réponse à tous ses problèmes, et elle ne cherchait pas à savoir si oui ou non cela l’aidait, de quelque façon que ce soit. Au moins, elle faisait quelque chose. Au moins, elle remplissait ses journées en attendant les suivantes. Aujourd’hui, elle ne pouvait pas l’avoir manqué : elle s’était levée de bonne humeur. C’était assez exceptionnel pour que même elle s’en rende compte. Et elle ne se demandait pas pourquoi, elle le savait. Elle avait une toute autre mission pour la journée, une qui n’avait rien à voir avec les hunters, et ça suffisait pour lui donner le sourire. Elle devait avouer qu’elle avait pas mal négligé son véritable travail depuis quelques semaines, elle n’avait pas cherché de nouveaux clients qui auraient eu besoin de ses services, elle s’était laissé couler, comme elle avait laissé couler tout ce qui ne relevait pas de la chasse. Mais ça avait été une erreur, et il avait fallu du temps pour qu’elle s’en rende compte, c’est tout.

Merry s’était préparée en sifflotant, troquant son arsenal habituel, couteaux de chasse, revolver, matraques et autres accessoires hunters, pour le sac qu’elle avait l’habitude de préparer quand elle était arrivée à Radcliff. Mais cette fois, avec les gants en caoutchouc et les brosses, elle ajouta par-dessus quelques jouets dénichés la semaine précédente dans un magasin où elle n’avait jamais mis les pieds avant. C’était peut-être ça, qui la mettait réellement de bonne humeur. Ce n’était pas juste l’idée de recommencer réellement à exercer son métier, mais celle de revoir Josh. Elle n’était pas baby-sitter, ce n’était pas un service qu’elle vendait habituellement – d’autant qu’elle avait plutôt l’habitude de travailler chez des personnes âgées – mais elle avait été plus que ravie quand on lui avait confié le petit garçon la première fois. Elle s’était immédiatement sentie à l’aise avec lui, et sa journée s’était littéralement illuminée en sa présence. Parce qu’il était innocent, parce qu’il n’avait rien à voir avec le monde sanglant où elle se noyait actuellement, parce que c’était un enfant tout simplement … Elle avait adoré ce job qui sortait un peu de l’ordinaire, et elle avait attendu avec impatience qu’on la recontacte. Ils l’avaient recontactée. Ou plutôt, elle l’avait recontactée, car c’était la femme qui prenait les rendez-vous, jamais l’homme. L’homme était plutôt du genre bourru, et Merry avait bien compris le message : il valait mieux qu’il ignore à quoi on la payait réellement si elle voulait éviter de le mettre plus en rogne qu’il ne l’était constamment. Officiellement, elle gardait simplement le petit garçon de la famille en l’absence de la maman – ou des deux parents. Officieusement, elle remplissait ses taches habituelles en même temps et s’occupait de la maison, puisque l’handicap de l’homme ne lui permettait pas de le faire. Ca lui convenait bien, à Merry. Tant qu’elle pouvait jouer avec Josh un moment, et qu’en plus on la payait pour ça, elle pouvait faire toutes les cachotteries possibles.

La jeune femme arriva un peu en avance devant la maison des Smedry. Elle sonna et offrit un grand sourire à Marvin quand il vint lui ouvrir la porte. « Bonjour monsieur Smedry ! Comment allez-vous aujourd’hui ? » Elle ne savait jamais trop comment il allait réagir, mais elle était de bonne humeur et elle se conduisait toujours ainsi avec ses clients, elle ne voyait donc pas de raison de le prendre avec des pincettes. Quand il la fit entrer, elle se dirigea directement vers le salon, qu’elle commençait à connaître. « Josh ? Je suis là chaton, tu viens voir ce que je t’ai apporté ? » Lança-t-elle à la cantonade. Elle était toute excitée d’avoir trouvé de nouveaux jouets, elle en oublierait presque qu’elle n’était pas là uniquement pour jouer avec le petit garçon. Et puis, elle en oubliait presque Marvin … « J’ai trouvé de vieux jouets qui étaient à mes frères et moi, je les ai ramenés. J’espère que ça ne vous dérange pas ? » Fit-elle en se tournant vers l’homme en attendant que Josh arrive. C’était un demi-mensonge, parce qu’elle avait achetés ces jouets exprès, mais c’étaient effectivement les mêmes que ceux qu’elle avait partagé avec Ezekiel et Daniel … Et Isobel. Mais Merry était résolue de ne pas penser à Isobel quand elle était ici. La journée était bonne et elle n’allait pas la gâcher aussi facilement.
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MessageSujet: Re: conquer the wild (marvin)   Dim 17 Juil 2016 - 22:22

Conquer the wild
Meredith & Marvin



Il y a des jours où j'apprécie tout particulièrement le fait de n'avoir jamais été à Radcliff et où je regrette, tout particulièrement aussi, d'être obligé d'y croupir désormais. Des jours où je suis de mauvaise humeur gratuitement parce que je n'ai pas la force de me dire qu'il faut que je fasse des efforts parce que l'ambiance à la maison ne tient qu'à mon attitude ouvertement hostile. Des jours où il n'y a vaguement que Cecily et son franc parler qui me soient agréables, supportables. Et puis il y a ces jours, rares, très rares, où j'arrive à oublier. Où quand j'ouvre les yeux sur le plafond de la chambre d'ami, je parviens à ne pas me souvenir que je suis cloué à ce lit, cloué au sol. Des jours où j'arrive à me détacher de cette douleur constante, latente, en arrière-plan, qui me suit depuis mon accident. J'arrive à oublier que je suis réduit à me traîner, que je suis réduit à être obligé de reconstruire ma vie autour d'une femme que je n'aime pas, d'une maison que je ne connais pas, dans une ville qui m'est aussi étrangère que déplaisante. Autour d'un fils que j'ai rejeté pendant des années. Et envers qui mes sentiments sont aussi forts que diffus. Des jours où je n'en veux pas à la Terre entière, où j'accepte sans le savoir ce que sera ma vie désormais. Où je me surprends à regarder Helen sans colère, avec seulement cette curiosité de l'homme qui se retrouve soudainement lié à une femme sans exactement savoir qui elle est. Ces jours là… ces jours là sont rares. Précieux, même, lorsqu'on se souvient qu'ils sont généralement suivis par un coup de gueule de ma part aussi violent que destructeur.

Un de ces jours était hier. Et ce matin, lorsque j'ouvre les yeux, ce n'est pas le plafond de ma maison que je vois, c'est le blanc d'une tempête de neige. D'un blizzard violent qui coupe le visage de ses multiples cristaux de glace. C'est la silence d'une forêt sibérique dans laquelle nous sommes perdus, exposés aux éléments et pourtant plus soudés qu'ailleurs. C'est l'ombre d'une chasse, d'une chasse double. D'informations, d'abord, sous l'ordre de nos supérieurs basés dans  notre base aux alentours de Canberra ; d'un mutant ensuite, sur l'ordre d'un autre supérieur, de celui qui est aussi exténué que nous, aussi trempé que nous, aussi perdu que nous. Un officier que je suivrais jusqu'à la mort. Et que je n'ai même pas réussi à suivre dans la mort. Ce matin, lorsque j'ouvre les yeux, c'est une lassitude dépressive qui m'envahit. Et qui me souffle que rester couché jusqu'à quatorze heures n'a jamais tué quiconque, que je ne me suis pas permis une telle grasse matinée depuis plus de vingt quatre ans, que je le mérite, que j'en ai le droit, que de toute manière, personne ne me forcera à me lever, personne ne m'attend, personne, personne, person.... Des bruits. De pas.

Mes yeux se ferment, un soupir s'étire. Il est six heures du matin. Et je ne me rendormirai pas, rythmé par la rigueur militaire. Je ne me rendormirai pas, aussi, parce que ces bruits de pas, c'est Josh qui tente de marcher sur la pointe des pieds dans le couloir pour mieux se faire discret et ne surtout pas réveiller Papa. Je ne me rendormirai pas, enfin, parce qu’Helen ne va pas tarder à s’activer et à débarquer pour me faire comprendre aimablement, ou non, que je dois m’occuper de mon fils. Et que j’en suis incapable. Et qu’elle a encore appelé cette baby-sitter pour être sûre que rien n’arrivera à son fils chéri. Et que… je soupire et me redresse dans un grognement. Caleçon, tee-shirt large, mes mains se perdent dans mes épis pour tenter de les aplatir, sans grande conviction.

Dix heures et demi. Ca fait une demi-heure qu’Helen est sortie, guère plus que j’ai dit à Josh d’aller jouer comme un grand. Sous-entendu, de me laisser tranquille le temps que je termine mon deuxième café. Café coincé entre mes cuisses le temps que je revienne de la cuisine. C’est à ce moment là que l’on sonne à la porte, me permettant de rejoindre le porche rapidement. Une moue fermée, aucun effort pour être aimable, je considère la jeune femme. « Bonjour monsieur Smedry ! Comment allez-vous aujourd’hui ? » Je fronce les sourcils. « Bonjour. Bien et vous ? » On aurait dû me totemiser Ours vu le grognement que je lâche. Je me tourne à moitié pour regarder en direction du salon. « Gamin, viens dire bonjour ! » Je me mords la lèvre. Je suis bourru, et ça a tendance à transformer mes interventions en aboiement, même si mon gamin ne s’en formalise plus. Papa est comme ça, après tout. Je recule, dans un « Entre » accompagné d’un mouvement de tête, avant de la suivre dans le salon d’où Josh est presque déjà sorti. Gamin adorable, obéissant, naïf et innocent, j’ai du mal à croire que j’aie pu réussir à faire ça avec Helen. Il y a quelque chose de surréaliste dans l’existence de ce petit ange chez deux pourris comme nous. « Josh ? Je suis là chaton, tu viens voir ce que je t’ai apporté ? » Il lui offre un sourire, accentuant ses petites fossettes et plissant ses yeux. Comme toujours lorsqu’il sourit, avant d’acquiescer avec force. Je fronce les sourcils, m’approchant dans un mouvement que j’ai du mal à qualifier de protecteur. « J’ai trouvé de vieux jouets qui étaient à mes frères et moi, je les ai ramenés. J’espère que ça ne vous dérange pas ? » J’hausse les épaules. « Bah, tu les lui as déjà promis, si je dis que ça me dérange, il va être triste. Et puis, il est bien trop gentil pour que je refuse. C’est quoi comme jeux ? » J’ébouriffe la tête de Josh qui s’est jeté dans mes jambes pour me faire un câlin. Comme ça, spontanément. Je suis maladroit avec lui, ne sachant pas comment m’y prendre. Je le porte pour le poser sur mes jambes, le laisse déposer un bisou baveux sur mes joues, que j’essuie immédiatement d’un mouvement d’épaules. « Tu veux boire quelque chose ? T’es supposée le garder juste la matinée ou toute la journée ? Josh, tu as dit bonjour ? » Il enfouit sa tête dans mon cou, avant de lever les yeux vers elle. « Bonjour » Petite voix fluette, petite voix timide, petite voix souriante. « Retourne jouer, va. » Il s’empresse d’obéir, non sans un regard en direction du sac porté par Quinn. Je soupire. « Bon, montre-moi ce que t’as apporté. Helen ne veut pas qu’il soit pourri gâté, moi je veux pas de trucs inutiles. » Je crois qu’une personne normale l’aurait remerciée. Mais je ne compte pas m’abaisser à tomber dans l’hypocrisie mielleuse d’Helen. Surtout pas.


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≈ "Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. [...] Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde" (St Exupéry)

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MessageSujet: Re: conquer the wild (marvin)   Jeu 11 Aoû 2016 - 22:06

« Bonjour. Bien et vous ? » Merry eut envie de lui répliquer qu’avec une tête pareille, il n’avait pas besoin de se forcer à la politesse, parce qu’il était clair qu’il n’allait pas "bien", mais elle ne fit aucun commentaire. C’était l’humeur habituelle de Marvin Smedry, et elle commençait à s’habituer à le voir avec un air toujours plus renfrogné. Au début elle croyait que c’était de sa faute, et elle s’était demandé ce qu’elle avait fait de mal. Et puis elle avait compris qu’elle n’était en rien responsable de l’humeur toujours plus sombre de l’homme. Elle ne savait rien, ou si peu, de ce qu’il avait pu vivre avant. Quelques allusions jetées par sa femme avaient fait comprendre à Merry que leur couple n’était pas heureux à proprement parler, mais c’était bien tout ce qu’elle savait d’eux. Elle essayait de ne pas juger, et surtout de ne pas tirer de conclusions hâtives. Néanmoins … Elle trouvait que l’homme aurait pu faire un effort, de temps à autres. Elle se souvenait d’une époque où elle soutenait mordicus qu’une journée était belle si on décidait qu’elle le serait. Elle avait perdu de son bel optimisme depuis, mais il lui arrivait de retrouver ses vieux préceptes et de s’étonner qu’ils fonctionnent encore malgré tout … Elle se disait que cela ne ferait pas de mal à Marvin Smedry de les tester. Mais elle n’était pas encore prête à lui en parler en face. Un jour, peut-être … En attendant, elle continuait à se demander en silence comment Josh pouvait continuer à être un enfant aussi rayonnant avec un père aussi lugubre. Car le petit bonhomme avait accouru, et s’était même jeté au cou de Marvin pour l’embrasser, chose que Merry trouva aussi étonnante que trop mignonne. Elle eut un sourire attendri, un peu gênée tout de même en voyant Marvin répondre avec froideur à son fils. Elle, elle ne demandait qu’à le serrer très fort dans ces bras, ce petit ! Et elle attendait surtout que Marvin les laisse seuls pour pouvoir le faire autant qu’elle voulait. Mais sous son regard maussade, elle n’osait pas. Il avait quelque chose de possessif envers son fils, malgré son apparente désinvolture. « Bah, tu les lui as déjà promis, si je dis que ça me dérange, il va être triste. Et puis, il est bien trop gentil pour que je refuse. C’est quoi comme jeux ? » Elle se demanda une seconde si cela importait tant que ça à Marvin que son fils soit triste, mais elle repoussa cette idée en se morigénant. Elle n’avait aucun droit de penser comme ça. « Oh, rien de très extravagant, ce sont des vieux trucs et c’est loin des jeux vidéos ou de ce genre de chose, mais je me souviens qu’on adorait y jouer quand on était petits, et j’ai pensé que Josh pourrait aimer aussi. » Elle jeta un regard au petit garçon et lui fit un sourire, qu’il lui rendit timidement. « Tu veux boire quelque chose ? T’es supposée le garder juste la matinée ou toute la journée ? Josh, tu as dit bonjour ? » La petite voix de Josh tira un nouveau sourire à Merry qui lui passa une main dans les cheveux dans un geste plein de tendresse. « Coucou bonhomme. » Et puis son père le renvoya et elle le regarda s’en aller, un petit pincement au cœur. Elle préférait de loin sa compagnie, même s’il faisait encore son timide, à celle de son revêche de père ! Elle reporta pourtant ses yeux sur ce dernier pour lui répondre. « Helen m’a demandé de rester pour la matinée, mais si vous avez besoin que je le garde aussi cet après-midi ce n’est pas un problème, je n’ai rien de prévu ! » Le rassura-t-elle immédiatement. « Et ça ira, je n’ai pas soif, merci. » Elle n’avait surtout pas envie de s’attarder plus que de raison avec lui, et elle ne voulait pas lui donner un prétexte pour lui tenir la jambe trop longtemps.

« Bon, montre-moi ce que t’as apporté. Helen ne veut pas qu’il soit pourri gâté, moi je veux pas de trucs inutiles. » Encore cette humeur maussade, et cette franchise acerbe, mais Merry lui répondit par un sourire tout aussi franc, et elle ne se fit pas prier pour ouvrir son sac. Elle veilla cependant à ce que ses affaires de ménage restent bien au fond, à l’abri du regard de Marvin, afin qu’il ne sache pas ce qu’elle était réellement venue faire chez lui. « J’ai ramené une boîte de Kapla, vous savez, ces morceaux de bois qu’on empile pour faire des constructions … Mon frère aîné était vraiment doué avec ça, moi j’étais plutôt du genre à tout détruire derrière lui. L’avantage c’est que ça se joue à tout âge ! » Fit-elle avec enthousiasme en posant la boîte usée par le temps devant elle. « J’ai aussi ramené des Playmobils, je me suis dit qu’il était peut-être un peu trop jeune pour les Lego … Il aime le western ? C’est tout ce que j’ai trouvé … Enfin, retrouvé. Des cowboys et des indiens.Ca plaît toujours aux garçons normalement, non ? » A présent qu’elle était lancée, elle en oubliait presque qu’elle parlait à l’homme le plus acariâtre du quartier, et elle défaisait ses jouets les uns après les autres, visiblement impatiente de les porter à  Josh pour y jouer avec lui. Elle avait les yeux qui brillaient, et son âme d’enfant avait refait surface en un éclair. Elle avait effacé la hunter en elle, la mort, la violence et la peine, pour ne plus penser qu’au plaisir qu’elle aurait à jouer avec le petit garçon. « Et puis une ardoise magique … Je l’ai essayée avant de venir, elle marche encore. J’adorais ce jeu, mais j’étais toujours triste quand il fallait effacer les dessins pour en refaire de nouveaux … Enfin, c’est le jeu, n’est-ce pas ? » A bien regarder Marvin, elle n’arrivait pas à imaginer qu’il puisse savoir de quoi elle parlait, mais ça lui importait peu. S’il avait joué dans son enfance, il semblait l’avoir complètement oublié. Merry aurait aimé pouvoir lui transmettre un peu de son enthousiasme, et peut-être l’inviter à jouer avec eux, mais elle ne savait pas comment une telle proposition serait reçue de sa part. « Je vais rejoindre Josh pour lui montrer tout ça. Est-ce que … Vous voulez venir ? » Elle avait posé la question avant d’y réfléchir trop longtemps, mais elle s’empressa d’ajouter : « Je suppose que vous avez des choses plus importantes à faire, je ne veux pas vous retenir. Si vous avez besoin de moi, vous pouvez m’appeler. »
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MessageSujet: Re: conquer the wild (marvin)   Sam 27 Aoû 2016 - 17:30

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Mes frères d’armes n’auraient peut être pas de mal à me reconnaître, mais je les vois d’ici hausser un sourcil, ricaner sur ma légendaire sociabilité et cordialité et me faire remarquer que je ne m’arrange pas, loin de là, et que d’ici quelques années, je serai devenu un grizzly et qu’ils ont été mal avisés de me baptiser lynx lorsque j’ai rejoint les SAS. Le fait est que même si je n’ai jamais brillé par mon extraversion, depuis que je suis de retour à Radcliff, je ne fais plus le moindre effort pour paraître sympathique, je préfère me refermer sur moi-même et laisser les choses aller plutôt que me contraindre à une amabilité qui m’excèdera bien vite. Je préfère, aussi, ne pas chercher à cacher lorsque quelqu’un m’emmerde. Je grogne, lorsque je réponds à sa vitalité par un froncement de sourcils et un bonjour presque forcé. Bien, il va bien et qu’elle le laisse tranquille, il n’a pas excessivement envie de faire la conversation et encore moins des jours comme celui là. Sauf que… des jeux pour Josh ? Vraiment ? Si ça ne me dérange pas. Mon haussement d’épaules est si éloquent que je me demande si toute intervention verbale de ma part ne serait pas superflue. Sans pour autant m’en abstenir. Trop gentil pour que je refuse, l’innocence de mon fils me sidère à chaque fois, comme lorsqu’il se jette dans mes jambes pour m’offrir un câlin que je ne sais pas comment considérer. Improvisant dans une maladresse qui m’exaspère, je me débrouille pour qu’il puisse caler sur ma joue un bisou. « Oh, rien de très extravagant, ce sont des vieux trucs et c’est loin des jeux vidéos ou de ce genre de chose, mais je me souviens qu’on adorait y jouer quand on était petits, et j’ai pensé que Josh pourrait aimer aussi. » Des frères et sœurs, c’est bien une chose dont je n’ai qu’un vague souvenir, effacé par le temps, par la distance, par une certaine indifférence aussi. « Ah. Je vois. » Mon frère a déménagé rapidement après l’obtention de son diplôme, j’ai manqué la plupart des fêtes de famille à partir du moment où je me suis engagé dans l’armée et nos  ans d’écart m’ont toujours paru, avant ça, comme un gouffre que ni l’un ni l’autre ne prenait la peine de franchir. Un temps d’arrêt, un décalage dans le silence, j’étouffe un soupir et un malaise dans une question de principe avant de rappeler à mon fils une politesse élémentaire dont je ne suis pas vraiment le porte drapeau. « Coucou bonhomme. » Oui, c’est ça, coucou, elle va jouer suffisamment avec lui pour qu’ils se racontent tranquillement leur vie : je renvoie Josh dans le salon sans plus de cérémonie, préférant qu’il nous laisse, elle et moi, discuter un temps.  Elle va rester longtemps comme ça ? Histoire que je sache combien de temps Helen me l’a foutu dans les pattes, cette fois. « Helen m’a demandé de rester pour la matinée, mais si vous avez besoin que je le garde aussi cet après-midi ce n’est pas un problème, je n’ai rien de prévu ! Et ça ira, je n’ai pas soif, merci. » « Ah. Bah si jamais, vous savez où est la cuisine. N’hésitez pas à vous servir. » Si j’ai besoin qu’elle reste l’aprèm ? Si j’étais quelqu’un de mauvaise foi, je dirais que non. Si j’étais quelqu’un d’opportuniste, je dirais que oui, histoire de me débarrasser de la responsabilité d’occuper Josh. En l’occurrence, comme je suis ni l’un ni l’autre… je préfère décaler la question à plus tard, préférant me rabattre sur les cadeaux spontanés qu’elle a ramenés, tout en me penchant en direction du sac. « J’ai ramené une boîte de Kapla, vous savez, ces morceaux de bois qu’on empile pour faire des constructions … Mon frère aîné était vraiment doué avec ça, moi j’étais plutôt du genre à tout détruire derrière lui. L’avantage c’est que ça se joue à tout âge ! » J’ai l’ombre d’un sourire sur les lèvres. Kapla, ouais, j’en ai de vagues souvenirs. Des souvenirs de destruction, aussi. « Vous avez beaucoup d’écart avec votre frère ? » C’était plutôt mon frère qui détruisait mes châteaux de sable, juste par mesquinerie. Sans plus de méchanceté, mais juste pour m’entendre l’insulter. « J’ai aussi ramené des Playmobils, je me suis dit qu’il était peut-être un peu trop jeune pour les Lego … Il aime le western ? C’est tout ce que j’ai trouvé … Enfin, retrouvé. Des cowboys et des indiens.Ca plaît toujours aux garçons normalement, non ? » Cette fois, c’est une grimace qui s’attarde sur mon visage, plus un rictus qu’autre chose d’ailleurs. S’il aime le western ? Je n’en sais rien. Il a six ans, qu’est ce que j’en sais s’il aime le Western ? De ce que j’en sais, il aime Robin des bois, les tartes aux mirabelles et se déguiser en super héros, alors… « Oui, certainement. Il aime beaucoup. » Ma conviction fait peine à voir. Elle brille surtout par son absence. « Et puis une ardoise magique … Je l’ai essayée avant de venir, elle marche encore. J’adorais ce jeu, mais j’étais toujours triste quand il fallait effacer les dessins pour en refaire de nouveaux… Enfin, c’est le jeu, n’est-ce pas ? » Je cligne des yeux, en détachant mon regard des affaires qu’elle a sorties du sac et en tendant la main pou récupérer ladite ardoise magique « Ouais, si vous le dites… » Je considère l’objet, assez perplexe, mais presque intrigué. Félicitation, Quinn, vous venez de me faire sortir de ma caverne et de m’arracher à mon humeur maussade. « Je vais rejoindre Josh pour lui montrer tout ça. Est-ce que … Vous voulez venir ? Je suppose que vous avez des choses plus importantes à faire, je ne veux pas vous retenir. Si vous avez besoin de moi, vous pouvez m’appeler. » Hein, oh ? Je lui secoue la tête comme pour me sortir de mes pensées, lui tends l’ardoise avant de faire reculer mon fauteuil.

« Pardon ? » Moins agressif, Marvin, moins agressif s’il te plait, arrête de donner l’impression que tu l’engueules quand tu parles. Je me pince l’arête du nez. « Non, c’est bon, vous pouvez lui donner ça, mais que ça ne devienne pas une habitude, hein. C’est tout ce que je demande. Après faut voir avec Helen, peut être qu’elle aura un point de vue différent là-dessus. » Je me mords la lèvre, avant de jeter à nouveau un œil au sac. « Vous avez quoi d’autre là dedans ? » Avant de déporter mon regard sur les kaplas. Et sur les playmobiles. Et de soupirer. « Non, laissez tomber. Remballez moi tout ça, apportez lui. » Et laissez moi tranquille. Ca me gêne de m’apercevoir qu’une presque inconnue connait certainement mieux Josh que moi. Voire qu’elle est plus apte que moi à s’en occuper. Je me sens détestablement inutile dans ce fauteuil. Pire : je me sens de trop. Ce qui ne peut que confirmer à Helen que j’ai besoin d’elle. Je récupère ma tasse de café pour aller la rapporter, sans plus de cérémonie, dans la cuisine. Non sans un regard en direction de Quinn. Et du salon. Ou Josh l’attend. Lorsque je reviens, c’est pour fixer les escaliers vers l’étage, désormais inaccessible. Comme un défi. Puisque Josh est occupé…

Je rapproche le fauteuil le plus possible de marche la plus basse, tends le bras pour agripper la rampe. Je bande mes muscles, termine assis sur la marche alors que le fauteuil dont j’ai oublié de serrer le frein s’éloigne d’un mètre. Bien. Bravo Marvin. Les bras en équerre, j’attrape la deuxième rampe et serre les dents sous l’effort. Je ne sais pas pourquoi, monter cet escalier me semble nécessaire. Comme pour me prouver que je peux toujours me débrouiller seul. Un besoin vital. J’ai peut être besoin de Quinn pour s’occuper de Josh, je n’ai besoin de personne pour s’occuper de moi. A petits coups, en marche arrière pour garder un œil sur mes jambes inertes, je me hisse à la force des bras. Avant qu’ils ne flanchent à quelques marches à peine de l’arrivée. C’est un cri de douleur et de surprise qui m’échappe, avant de me laisser haletant. J’entends des pas précipités, forcément. Sauf que je suis incapable de déterminer si ce sont ceux d’un Josh inquiet qui aurait filé entre les pattes de sa baby-sitter ou ceux de ladite baby-sitter qui aurait demandé à Josh de continuer à jouer. Dans tous les cas… « Ca va, ça va, c’est rien, je gère. Je me repose juste. » Mais bien sûr. Brillante idée, Marvin, que de t’échouer en haut d’un escalier, alors que rien ne t’attend à l’étage. Hormis la chambre que tu as partagée avec Helen. Et tes affaires de militaire qui y traînent, hors de ta portée. Mes doigts triturent les plaques d’identification autour de mon cou.




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≈ "Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. [...] Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde" (St Exupéry)

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MessageSujet: Re: conquer the wild (marvin)   Dim 18 Sep 2016 - 16:07

Merry avait uniquement pensé à faire plaisir à Josh, quand elle était tombée sur les jouets qui lui rappelaient sa propre enfance. Pas un seul instant elle ne s’était dit que Marvin allait faire des histoires à cause de quelques petits cadeaux, qui étaient bien loin des possessions des enfants actuels. Ce n’était pas comme si elle lui avait ramené une console de jeu flambant neuve ! Là, elle aurait compris qu’il n’accepte pas. Elle avait l’impression que Marvin ne râlait que pour la forme, pour s’entendre râler ou pour repousser loin de lui tous ceux qui avaient le malheur de s’approcher un peu trop près. Il aurait montré les dents s’il avait pu, elle en était certaine ! Même avec son fils, il avait du mal à montrer la plus petite once de chaleur. Mais Merry se promis de compenser cette froideur avec Josh en s’occupant de lui, dès qu’elle aurait laissé Marvin seul. Et pour l’instant, elle avait la vague impression que l’homme ne voulait pas la laisser seule avec son fils. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’elle venait ! Est-ce qu’il se doutait qu’elle ne venait pas que pour babysitter le petit garçon ? Est-ce qu’il avait l’intention de la sermonner à propos de ça, ou à propos des jouets qu’elle avait amené sans sa permission ? Mais non, du moins pas tout de suite. Josh avait disparu et Merry exposa sereinement le contenu de son sac à Marvin. Et miracle ! La glace sembla fondre de façon infime, elle cru même voir un très léger sourire sur les lèvres de son vis-à-vis. « Vous avez beaucoup d’écart avec votre frère ? » La question la pris par surprise, mais elle y répondit avec entrain. « Quatre ans avec le plus grand, un an avec le second. En fait, ce sont mes frères adoptifs, mais on a grandi ensemble de la même façon que s’ils étaient de mes parents. » Il y avait eu d’autres enfants qui étaient passés par la maison des Quinn, mais il n’y avait qu’Ezekiel et Dan qui soient restés si longtemps. Avec eux, et avec  Isobel, ils avaient formé une véritable famille. C’était encore un crève-cœur de penser à leur enfance, et surtout à cette petite sœur disparue. Ensemble, qu’est-ce qu’ils avaient pu passer de bons moments … « Et vous, vous avez des frères ou des sœurs ? » Elle ne savait pas pourquoi elle avait posé la question, elle était presque certaine qu’il allait lui aboyer que ce n’était pas ses affaires, mais il avait demandé en premier, elle ne faisait que lui retourner la politesse. Et elle continua son déballage, passant aux playmobils western. « Oui, certainement. Il aime beaucoup. » Vu la façon dont il avait répondu, un je n’en sais fichtre rien aurait été tout aussi efficace, mais Merry ne releva pas. Le sourire qu’il avait eu avec les kaplas s’était éteint et ne se raviva pas, il passa rapidement sur l’ardoise magique sans y voir aucun intérêt, et Merry se sentit d’autant plus impatiente de rejoindre Josh – et de quitter cet ours mal léché. « Pardon ? Non, c’est bon, vous pouvez lui donner ça, mais que ça ne devienne pas une habitude, hein. C’est tout ce que je demande. Après faut voir avec Helen, peut être qu’elle aura un point de vue différent là-dessus. » Merry hocha la tête distraitement, notant dans un coin de sa mémoire de voir avec Helen, qui était de bien meilleure composition que son mari d’après ce qu’elle avait pu en voir. « Vous avez quoi d’autre là dedans ? » Elle suivi le regard de Marvin, surprise et un peu effarée qu’il pose une telle question, mais il reprit avant qu’elle ne puisse trouver quoi répondre. « Non, laissez tomber. Remballez moi tout ça, apportez lui. » Avec un sourire soulagé, Merry récupéra les jouets et referma soigneusement son sac. Pendant une seconde, elle avait cru qu’elle serait obligée de lui expliquer la vraie raison de sa présence ici … Et ça promettait d’être un moment désagréable. Mais elle n’eut pas à le faire et elle tourna les talons pour aller rejoindre Josh dans le salon. Elle allait devoir attendre un petit moment avant de commencer le ménage, juste le temps que Marvin aille s’occuper et l’oublie un peu. Elle s’approcha donc du petit garçon et lui exposa ses jouets, s’attendrissant de chacune de ses réactions émerveillées. En fait, en sa compagnie elle n’avait plus trop envie de remplir ses autres tâches, elle se serait bien contentée de jouer avec lui toute la journée. Elle le savait, les heures passeraient avec une douceur qu’elle ne connaissait plus. C’était un délicat intermède au milieu de la violence de son quotidien, et il n’y avait bien qu’un enfant pour lui offrir ce genre de cadeau.

Mais alors qu’elle avait commencé à montrer à Josh à se servir des Kapla, ses petits rires enfantins retentissant de temps à autre quand ils faisaient effondrer leurs constructions, elle entendit soudain un cri de douleur, et elle leva brusquement la tête, alarmée. « Reste là, chaton, je vais voir. Construits-nous un château pour les playmobils, d’accord ? » Alors que Josh retournait à ses jeux en toute sérénité, Merry s’empressa de se rendre là où le cri avait retenti. Elle ne vit d’abord que le fauteuil vide à quelques pas des escaliers et puis …  « Ca va, ça va, c’est rien, je gère. Je me repose juste. » Merry cligna des yeux, surprise de voir Marvin échoué presque en haut des marches, qu’elle grimpa rapidement pour le rejoindre. « C’est ça. » Fit-elle avec un fin sourire. « Vous avez un autre fauteuil là-haut ? » Elle en doutait fortement, vu la configuration de la maison et des escaliers, un fauteuil aurait été plus dangereux qu’autre chose, mais Marvin ne semblait pas suivre le sens logique habituel. Elle visualisa une seconde toutes les pièces qui se trouvaient à cet étage, et en déduisit que Marvin devait se rendre, sans doute, dans la chambre parentale. Elle avait cru comprendre qu’il dormait en bas, maintenant, mais peut-être que c’était la raison pour laquelle il était monté. Elle ne le voyait pas trop comme un homme nostalgique, mais allez savoir … « Vous voulez que je vous aide ? » Elle n’attendit pas vraiment de réponse pour se placer à côté de lui et le soulever en le prenant sous les bras. Elle s’était déjà occupée de personnes en fauteuil à de nombreuses reprises, et elle n’hésita pas quant aux gestes à avoir. Elle remonta les dernières marches en le soulevant à moitié, faisant de son mieux pour contrebalancer son poids. Il était bien plus lourd qu’elle, mais elle avait développé ses bras depuis qu’elle était entrée chez les hunters, et elle parvint à le mener en haut, puis à le hisser jusqu’à la chambre, où elle le déposa sur le lit. Elle se doutait qu’il était furieux, et qu’elle allait sans doute se faire incendier pour avoir osé le déplacer, mais elle ne pouvait pas le laisser comme ça au milieu des escaliers, et il n’était pas question qu’elle recule devant lui. Elle planta ses poings sur ses hanches le temps de reprendre un peu son souffle, puis lui offrit un nouveau sourire, comme si de rien n’était. « Vous avez besoin d’autre chose ? Je vais rejoindre Josh, vous n’aurez qu’à appeler si vous voulez descendre. »
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MessageSujet: Re: conquer the wild (marvin)   Dim 25 Sep 2016 - 16:59

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Des kaplas. Je ne suis pas un sentimental, je ne suis même pas très famille. Pas que je sois en mauvais terme avec mon frère et mes parents, c’est juste que j’ai accepté très jeune l’idée que je ne passerai pas ma vie en Australie et encore moins à la maison, donc que je ne les verrai pas extrêmement souvent. Ils sont passés me voir à l’hôpital, bien évidemment, avec mon frère, sa femme et ses gosses, mais ils n’ont même pas cherché à dire quoique ce soit lorsqu’il a été évident que j’allais rentrer aux USA avec Josh et Helen. Parce qu’ils savaient que ça allait être le cas. Je ne suis pas sentimental, je tourne rapidement la page sur ce plan là pour passer à autre chose parce que naturellement, je ne suis pas très porté pour tout ça, pour la nostalgie et les souvenirs évoqués au coin du feu. Mais les remarques de Quinn me forcent à me remémorer, dans l’ombre d’un sourire, mon frère qui détruisait mes constructions, juste pour m’embêter, juste pour me sortir de mon sérieux et de ma concentration, juste parce qu’il était mon grand frère et qu’il ressentait le besoin de me le prouver et de me le rappeler. Ma question me surprend presque autant qu’elle la surprend, elle. Et son enthousiasme, même s’il ne parvient pas à me contaminer, allège un peu l’atmosphère pesante que je crée par ma seule manière d’être. « Quatre ans avec le plus grand, un an avec le second. En fait, ce sont mes frères adoptifs, mais on a grandi ensemble de la même façon que s’ils étaient de mes parents. » Je me retiens de la toiser avec un regard interrogatif. Frères adoptifs, c’est elle la fille biologique des parents, dans l’affaire, ou elle est la pièce rapportée dans la famille ? Et qu’importe ? Je soupire. « Et vous, vous avez des frères ou des sœurs ? » Je fronce les sourcils, sans être pour autant surpris par la question : après tout, c’est de bonne guerre : je fais le mec intéressé par sa vie, elle se sent obligé de faire de même… « Un frère. Trois ans de plus que moi. Mais nous ne sommes pas très proches » Et je n’ai pas envie de penser davantage à Sean, je risquerais d’avoir envie de prendre de ses nouvelles, ce qui ne servirait clairement à rien. Un nouveau soupir, je reporte mon attention sur les jeux et jouets qu’elle déballe. Playmobils, cowboys et indiens, bien, ça lui plairait certainement, Josh est typiquement le genre de gosse heureux de tout, à ce que j’ai pu voir. Je me désole. Et enfin, une ardoise magique qui me laisse perplexe, sans plus, par ce que je ne peux pas m’empêcher de considérer comme une inutilité grossière. Je ne sais pas dessiner, et pour avoir vu les œuvres d’art de Josh, lui non plus.

Elle me sort dans mes pensées, je m’empresse de lui dire qu’elle peut donner tout ça à Josh, mais qu’il ne faut pas qu’elle récidive, et blablabla, et tralalala, j’ai beau avoir pas mal de choses à reprocher à Helen, j’ai beau cultiver envers ma femme une rancœur et une méfiance de plus en plus croissantes, ça ne me dérangerait pas le moins du monde qu’elle continue à sociabiliser les Smedry pour trois et qu’elle m’évite d’avoir à échanger ce genre de discussion surfaite et stérile avec une tierce personne. Que Meredith voie avec elle si jamais elle se sent une nouvelle fois d’humeur généreuse, et qu’elle me laisse tranquille, je ne vais pas l’emmerder davantage, et elle ne va pas m’emmerder davantage non plus. Et ce sera parfait. Mes mains sont calées sur les roues du fauteuil, je m’éloigne du salon, je m’éloigne du couloir, je vais poser ma tasse dans la cuisine et lorsque je reviens, je me rends compte que le salon est désormais une terre hostile. Parfait. Et qu’est ce que je peux faire en attendant ?

L’escalier attire mon regard, le goût du défi m’agresse brutalement, comme pour me souffler qu’il serait peut être temps de me prouver que je vaux toujours quelque chose. Que je n’ai pas tout perdu de ma mobilité lorsque j’ai perdu mes jambes. Que je peux encore faire quelque chose, me débrouiller seul, que j’ai encore mon autonomie. Mes mains agrippent la rampe, mes épaules tremblent mais tiennent le coup, des vieux souvenirs de barres parallèles me reviennent en mémoire. Je me hisse comme je peux le long de l’escalier, marche après marche, inspiration après expiration. Jusqu’au moment où mes bras craquent, ou mes épaules cèdent, où je l^$ache dans un cri de douleur et de surprise. Ce n’est rien. Mon œil oui. C’es tune violente blessure dans mon ego. « C’est ça. » Si elle pouvait ravaler son sourire, ça m’arrangerait plutôt. « Vous avez un autre fauteuil là-haut ? » Je la regarde sans comprendre immédiatement. Avant de tenter de me redresser, sans succès. Et pourtant je suis du genre têtu. « Non. Le seul que j’ai est en bas. » Et comment je comptais me déplacer une fois arrivé à l’étage ? En rampant, peut être… je susi stupide. « Vous voulez que je vous aide ? » Je réponds par un grognement, un grognement qui s’intensifie lorsqu’elle me soulève non sans une certaine expertise que je dois lui reconnaître.

Je ne cherche même pas à protester parce qu’ironiquement, je sais que je n’ai pas le choix. Au contraire, je cherche comment l’aider, comment être autre chose qu’un foutu poids mort dans ses bras. Mon ego a mal, si mal, j’ignorais vraiment en avoir un aussi sensible. Et pourtant, il est là, malmené par ma propre connerie, joie. « Vous avez besoin d’autre chose ? Je vais rejoindre Josh, vous n’aurez qu’à appeler si vous voulez descendre. » Je la regarde sans comprendre, appuyant mes mains meurtries derrière moi. La chambre d’Helen. Ma chambre. Dans laquelle je n’ai pas mis les pieds depuis une éternité. « J’ai besoin de mes jambes. » Ma réponse n’est pas prémédité, mais pas irréfléchie non plus : je me contente de répondre franchement à sa question. J’ai besoin de mes jambes, j’ai besoin de partir d’ici, de reprendre ma vie d’avant. Je me passe une main sur le visage. « Allez rejoindre Josh, c’est votre boulot de le surveiller, non ? Helen ne vous paye pas pour me surveiller moi à ce que je sache. » Je sais que je suis supposé la remercier d’avoir réagi aussi vite, mais… mais. « Je vous appellerai. Je peux me débrouiller tout seul. » Me débrouiller, bien sûr. Je regarde autour de moi. Assis sur le lit comme ça, mes déplacements vont être relativement limités mais… je peux me débrouiller. Il faut que je me le prouve. Il faut juste que. « Gardez ça pour vous, en revanche. Dites à Josh que ce n’est rien, que je suis maladroit, une connerie dans le genre. » Plutôt passer pour un imbécile que de passer pour un infirme. « Et ça vaut aussi pour Helen. » Plutôt passer pour un imbécile que de passer pour un infirme vulnérable et à sa merci. Je regarde Quinn dans les yeux. « S’il vous plait. » Mes doigts s'entremêlent autour de mes plaques d'identification.


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≈ "Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. [...] Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde" (St Exupéry)

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MessageSujet: Re: conquer the wild (marvin)   Dim 23 Oct 2016 - 15:27

Marvin était vraiment une créature que Merry ne parvenait pas à comprendre. Trop différent d’elle, sans doute. Et elle préférait ne pas avoir trop de contacts avec lui, car si elle avait essayé de l’adoucir les premières fois, avec force sourires et questions pour engager la conversation, tous ses efforts étaient pitoyablement tombés à l’eau. Marvin ne voulait pas discuter avec elle, il ne voulait pas non plus briser cette glace qui l’entourait constamment. Cela représentait un vrai défi pour Merry, qui avait toujours été avenante et ouverte avec son prochain. Mais Marvin était trop buté, et ses remarques acerbes avaient tendances à la décourager. Elle préférait donc le laisser vivre sa vie, en faisant comme s’il n’était pas là. Elle l’évitait de son mieux – puisqu’il valait mieux qu’il ne la voie pas effectuer son véritable travail chez lui – et tout allait très bien comme ça. Mais aujourd’hui, monsieur Smedry ne semblait pas décidé à la laisser en paix. Elle avait à peine eut le temps de commencer avec Josh que déjà elle accourait pour voir ce qui lui était arrivé. Il avait tenté de se débrouiller seul, comme s’il n’avait pas besoin d’aide pour monter les escaliers. Abandonnant son fauteuil derrière lui, il n’avait pas réussi à franchir l’obstacle des interminables marches … Merry avait déjà vu ça plusieurs fois chez des personnes handicapées dont elle s’occupait, et ça lui fendait le cœur à chaque fois. Ils refusaient leur handicap, ils voulaient se prouver qu’ils étaient toujours capables de faire des choses qu’on leur refusait. Elle comprenait très bien leur ressentiment envers ce corps qui ne voulait plus fonctionner comme avant, et elle faisait de son mieux pour les aider à surmonter ça. Pour Marvin, elle ne ressentait pourtant pas le même sentiment. Elle aurait eu du mal à avoir le cœur serré en le voyant, puisqu’il était si visiblement en colère contre lui-même et contre le monde entier. Il était hors de question qu’elle manifeste une quelconque pitié pour lui, si elle voulait conserver son job ici encore un moment. Elle l’aida donc sans faire de commentaires – bien qu’il aurait quand même eu besoin d’un remontage de bretelles en règles pour cette prise de risque inconsidérée. Il n’avait même pas d’autre fauteuil en haut, et il n’avait sans doute pas réfléchi à ce qu’il ferait s’il arrivait à monter les marches sans incident. Mais peu importe, il était là maintenant.

Une fois déposé dans sa chambre, Merry lui demanda s’il avait besoin de quoi que ce soit, et fut récompensée par un maussade : « J’ai besoin de mes jambes. » Elle resta impassible face à cette réponse qui ne demandait de toute façon aucun commentaire. Ce n’était qu’une manifestation de sa frustration, et elle n’y pouvait rien, malheureusement. « Allez rejoindre Josh, c’est votre boulot de le surveiller, non ? Helen ne vous paye pas pour me surveiller moi à ce que je sache. » Il se trompait un peu là-dessus, mais Merry n’allait pas se risquer à le lui dire. Helen la payait pour faire bien plus de choses qu’il ne le pensait. Et s’occuper de Josh était de loin la plus agréable. « Je vous appellerai. Je peux me débrouiller tout seul. » Elle hocha la tête, pas convaincue pour un sou mais pas encline à discuter ce point. Elle s’apprêta à ressortir, bien contente de pouvoir mettre un terme à ce face à face pas vraiment agréable, mais il reprit la parole et elle s’arrêta. « Gardez ça pour vous, en revanche. Dites à Josh que ce n’est rien, que je suis maladroit, une connerie dans le genre. Et ça vaut aussi pour Helen. S’il vous plait. » Une infime secousse de surprise traversa le visage de Merry et elle hocha à nouveau la tête. Venait-il de lui demander quelque chose avec politesse ? C’était incroyable ! « Ne vous inquiétez pas, il ne s’est rien passé. » Répondit-elle simplement. Elle n’avait pas l’intention de cafarder, que ce soit à Josh qui ne méritait pas de savoir son père dans cet état, ou à Helen qui n’avait pas besoin de tout savoir de ce qui se passait ici en son absence. La fierté de Marvin devait être salement entamée pour qu’il ait prononcé ce genre de demande, et Merry sentait qu’il y avait là un point très sensible. « Je retourne voir Josh, à tout à l’heure. » Et le sujet était clos, elle n’y revendrait pas.

La jeune femme redescendit l’escalier et retrouva le petit garçon qui jouait sagement avec ses kapla. Elle inventa un mensonge pour justifier ce qui s’était passé, sans même parler de son père, et ils reprirent leur jeu comme s’il n’y avait eu aucune interruption. Josh lui raconta l’histoire qu’il avait créée pour ses playmobils, et Merry souhaita une nouvelle fois pouvoir rester jouer avec lui pour le reste de sa vie. C’était paisible, c’était innocent. Il suffisait de le regarder pour qu’elle se sente libérée du poids qui l’oppressait d’habitude. Et ce fut bien à contrecœur qu’elle le laissa une nouvelle fois jouer seul. Elle prit garde de sortir son matériel de nettoyage hors de sa vue, afin qu’il ne puisse pas en parler par accident devant son père, et elle s’attaqua à son véritable travail. Ca ne la dérangeait pas, de faire le ménage, elle regrettait simplement de ne pas pouvoir continuer à jouer avec Josh. Un jour, elle oserait demander à Helen de le garder sans aucune autre tâche à réaliser … Elle plissa les lèvres en entrant dans la chambre de Marvin, où un sacré désordres l’attendait. Elle changea les draps, secoua la couette à l’extérieur, et refit quelques piles de vêtements dans le placard. Et sa main rencontra un objet froid, au milieu des tas de tissus chiffonnés. Vaguement intriguée, supposant que c’était un objet qui n’avait rien à faire ici et que Marvin avait balancé, comme tout le reste, dans un coin pour ne plus le voir, elle le tira dans l’intention de le ranger … Et ses yeux s’agrandirent en reconnaissant un revolver. Elle souleva alors le tas de vêtements, et elle n’eut pas à fouiller bien longtemps pour trouver encore un couteau à cran d’arrêt et deux automatiques. Tout cela sur la plus basse étagère du placard, à la portée de toutes les mains … Et de celles de Josh en particulier ! Elle sentit son cœur rater un battement en réalisant que l’enfant aurait pu tomber dessus à n’importe quel moment. Elle-même avait souvent ouvert des placards quand elle était gosse, en jouant à la chasse au trésor, sans se soucier de savoir si elle avait le droit ou non. Elle attrapa les armes et les fourra tout en haut de l’armoire qu’elle referma soigneusement, ne gardant qu’un revolver qu’elle camoufla aux yeux de Josh, puis monta les escaliers quatre à quatre et jailli comme une furie dans la chambre où se trouvait Marvin. Elle lui désigna l’arme d’un geste furieux. « Bon sang, vous êtes totalement irresponsable ! Je ne veux pas savoir ce que vous faites de vos week-ends, mais vous pourriez au moins ranger vos armes hors de la portée de votre fils ! Qu’est-ce que vous auriez fait s’il les avait trouvées ?? »
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MessageSujet: Re: conquer the wild (marvin)   Dim 6 Nov 2016 - 18:14

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Un défi. Relever la tête, foudroyer quelqu’un du regard, considérer tous les affronts comme des défis. Il y a quelque chose de désespérant à chuter et à n’avoir strictement aucun espoir de pouvoir se relever tout à fait un jour, et il y a quelque chose de ridiculement exaspérant à voir tout son monde s’effriter autour de soi sans être capable de faire quoique ce soit. Être réduit à l’impuissance la plus complète, ça ne m’était jamais arrivé jusque là. Et maintenant, j’ en suis à un point où après une chute dans un escalier, ce soit la baby-sitter de mon fils qui doive me porter jusqu’à un support, jusque dans ma chambre, jusque sur un lit dans lequel m’asseoir. Mon antipathie, mon absence complète d’amabilité pourrait trouver sa source dans cet état de fait, mais même pas : c’est mon caractère de base qui me pousse à grogner plus qu’à parler, à me taire plus qu’à faire la conversation et à tenir le plus loin de moi possible quiconque tenterait de s’approcher, juste parce que je n’ai aucune compétence en sociabilité. Il faudra peut être qu’un jour, je m’efforce d’en acquérir, pour le bien de Josh, mais pour le moment… je tente de garder un air digne, bêtement assis sur le lit de ma femme, dans lequel il est hors de question que je redorme un jour. Les questions de Quinn frôlent mes oreilles, ne s’y attardent pas bien longtemps, mon grognement est à la hauteur de mon humeur et de cette colère latente qui agresse ceux qui osent m’adresser la parole dans ces moments-là. Si j’ai besoin de quoique ce soit ? Ma réponse est aussi évidente qu’instantanée. De mes jambes. Je suis quelqu’un de franc et de direct, et ce n’est pas toujours une qualité, loin de là. Dans un soupir, je préfère ne pas m’attarder sur ce dont j’ai besoin mais que je ne peux pas avoir, et j’essaye de la reconcentrer sur sa mission première : s’occuper de mon fils. Je l’appellerai si j’ai envie de descendre, en attendant je vais rester coincer à l’étage, sans moyen de bouger, à subir l’atmosphère toxique d’une chambre parentale parce que mon orgueil m’interdit de reconnaître que monter à l’étage était une idée complètement stupide et ridicule. Juste l’envie de relever un défi auquel je ne pouvais qu’échouer. Who dares wins, la devise des SASR résonne dans ma tête que je secoue avec virulence pour faire disparaître l’écho.

Elle s’apprête à ressortir, je la retiens de justesse, dans une inquiétude qui me noue les entrailles et s’impose d’un s’il vous plait à la limite de la supplique. Ne pas en parler. Ne surtout pas en parler. Me faire passer pour un père maladroit, un père imbécile, pas surtout pas un père infirme, surtout pas. « Ne vous inquiétez pas, il ne s’est rien passé. » Mes épaules se décrispent et se détendent sans que je ne le veuille, j’esquisse ce qui se rapproche le plus, chez moi, d’un sourire de remerciement. « Je retourne voir Josh, à tout à l’heure. » Je grommelle un à tout à l’heure, qui n’existe que pour se plier à des conventions sociales de politesse, et me voilà seul.

Seul. Dans la chambre d’Helen. Je tends la main pour ouvrir le tiroir de la table de chevet la plus proche, je me décale comme je peux sur le lit pour en inspecter le contenu, puisque de toute manière je n’ai que ça à faire. Un contenu fort palpitant, qui se résume à ce que j’aurais espéré trouvé si j’avais eu un instant à l’esprit que ce lit était encore le mien il y a quelques mois, et que j’étais assez de mon côté du lit. Un paquet de mouchoir, un livre conseillé par mon officier et ami, un porte-clé réalisé par Josh en maternel et un marque-page, l’œuvre de Josh encore une fois, mais bien plus récent. Je soupire en m’apercevant que du bouquin, je n’ai aucun souvenir, mais qu’en plus je n’en avais pas dépassé le premier tiers. Un livre de science-fiction, d’après la quatrième de couverture, que je relis et redécouvre puisque, de toute manière, je n’ai rien d’autre à faire.

Je m’allonge sur le lit pour en lire les premières pages, finalement intéressé par le contenu et surtout conscient que j’ai des années de lecture à rattraper, bouffées par mes missions et des livres abandonnés sur le terrain ou détériorés par la pluie, bien décidé à faire passer le temps du mieux que je peux. Une page, deux, trois, ma lenteur est exaspérante. J’entame la quatrième page lorsque des pas rapides dans l’escalier réveillent de vieux réflexes, ma main plonge sous l’oreiller et enlève instantanément le cran de sécurité de l’arme qu’elle récupère pour mettre en joue… « Bon sang, vous êtes totalement irresponsable ! Je ne veux pas savoir ce que vous faites de vos week-ends, mais vous pourriez au moins ranger vos armes hors de la portée de votre fils ! Qu’est-ce que vous auriez fait s’il les avait trouvées ?? » J’ai le cœur qui bat à tout rompre dans ma poitrine lorsque je me rends compte que non seulement, elle tient l’un de mes flingues dans la main, mais qu’en plus, je suis en train de la pointer avec une arme trouvée sous l’oreiller d’Helen et que mon doigt a trouvé de lui-même le chemin de la gâchette. D’un mouvement, je remets la sécurité. « Woooow ! Lâchez cette arme tout de suite ! Qu’est ce que vous faisiez dans ma chambre ? Elle n’est pas chargée, mais lâchez la tout de suite ! » Je me redresse, en pestant lorsque, forcément, mes jambes ne me répondent pas et m’empêchent de me lever. « C’est quoi votre problème, exactement, qu’est ce que vous avez fait de Josh, vous n’êtes pas supposée le surveiller ? Où est-ce que vous avez trouvé cette arme ? Josh n’a pas le droit de rentrer dans ma chambre en théorie, il ne risque rien, il est très obéissant. Contrairement à vous. » J’ai la main toujours crispée sur l’arme d’Helen, parce qu’elle ne peut appartenir qu’à ma femme, et j’ai bien du mal à détendre mes muscles. Et si ça avait été Josh qui montait l’escalier en courant, Marvin, tu l’auras accueilli comme ça aussi ? Cette pensée me percute avec force, parvient à dénouer mes doigts.


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MessageSujet: Re: conquer the wild (marvin)   Sam 17 Déc 2016 - 23:08

Merry était hors d’elle. Elle ne songeait plus un seul instant au fait que Marvin ne savait pas ce qu’elle faisait réellement dans sa maison au lieu de garder Josh. Elle ne pensait plus qu’à la sécurité de l’enfant, qui avait été mise en péril aussi bêtement par un père négligent. C’était inadmissible, impardonnable. Elle savait qu’il n’était pas un père exemplaire, et qu’il ne savait pas comment se comporter avec son fils : elle l’avait vu de ses propres yeux. Mais elle pouvait le comprendre, il avait une histoire, un caractère, et un handicap qui favorisaient sans doute les difficultés de ce côté-là. Mais à ce point ? Non, elle ne pouvait pas accepter ça. Aucune excuse ne justifiait qu’il garde dans sa chambre des armes, à la portée d’un enfant. C’est pour ça qu’elle déboula sans prévenir dans la chambre où se trouvait Marvin, déversant sa colère sur lui avant de se figer, les yeux écarquillés, en voyant le canon de l’arme pointé sur elle. Cran de sécurité enlevé, prêt à tirer. Il n’y avait aucun doute à avoir, Merry n’était plus une novice en la matière. On avait déjà pointé des armes dans sa direction, on l’avait déjà menacé de cette manière, pour lui apprendre d’abord, et dans des conditions réelles ensuite, face à des gens qui voulaient vraiment sa peau. Mais l’effet était toujours le même : elle sentit son cœur s’emballer et un pic d’adrénaline affluer sous l’effet de la peur. Une peur qui s’effaça presque aussi vite, remplacée par une indignation sans nom, quand Marvin abaissa son arme en remettant la sécurité dessus. Il l’avait mise en joue ! Il avait failli lui tirer dessus !! Elle était si scotchée qu’elle en resta muette une seconde, lui laissant le temps de hurler à sa place. « Woooow ! Lâchez cette arme tout de suite ! Qu’est ce que vous faisiez dans ma chambre ? Elle n’est pas chargée, mais lâchez la tout de suite ! » Merry secoua la tête en brandissant toujours son arme, qu’elle n’avait pas l’intention de lâcher. Pourquoi, pour qu’il puisse la prendre et la charger, tiens ? Mais quelle bonne idée ! Heureusement qu’il était cloué à ce lit et qu’il ne pouvait pas gambader dans toute la maison, Merry était certaine qu’il aurait été capable de descendre les escaliers avec son arme sans plus penser  son fils. « Je sais qu’elle n’est pas chargée, vous croyez que je serais venue vous menacer avec un pistolet chargé ? Comme vous venez de le faire ?? » Elle n’en revenait toujours pas, et elle n’en reviendrait jamais. Il y avait un culte de l’arme dans ce pays qui faisait sérieusement froid dans le dos, et Marvin semblait être particulièrement gratiné de ce côté. Ancien militaire, mais toujours aussi secoué ! « Vous avez des armes dans toutes les pièces ?! J’en reviens pas ! » Merry en tremblait encore de peur et de colère, ses doigts serrés sur la crosse du pistolet. Elle ne détachait pas ses yeux de l’autre arme, incertaine quant à ce que Marvin pouvait encore en faire.

« C’est quoi votre problème, exactement, qu’est ce que vous avez fait de Josh, vous n’êtes pas supposée le surveiller ? Où est-ce que vous avez trouvé cette arme ? Josh n’a pas le droit de rentrer dans ma chambre en théorie, il ne risque rien, il est très obéissant. Contrairement à vous. » Merry poussa une exclamation et leva les yeux au ciel. C’était la meilleure ! C’était de sa faute à présent, s’il laissait traîner ses armes partout ? Il n’avait aucune leçon à lui donner sur la façon de s’occuper de son enfant, clairement. « Il a six ans, ce n’est plus un bébé ! Je pensais qu’il était parfaitement normal de le laisser cinq minutes sans surveillance, jusqu’à ce que je tombe là-dessus ! » Fit-elle en lui montrant le pistolet dans sa main. « Vous croyez qu’il ne partira jamais en exploration dans la maison pour trouver le trésor des pirates ? Ou pour chercher les cadeaux de Noël ? Votre fils est très obéissant et c’est un enfant adorable, mais tôt ou tard, il entrera dans votre chambre, même sans penser à mal. Et qu’est-ce que vous ferez s’il tombe sur votre arsenal ?? Celui-là n’était pas chargé, mais il y en avait un autre qui l’était. Du gros calibre, ça ne pardonne pas. Sans parler de tout le reste, sur la deuxième étagère de votre placard. » Les yeux toujours fixés sur la main de Marvin, elle ne manqua pas le léger mouvement qu’il fit pour desserrer sa poigne autour de la crosse de l’arme. Elle n’hésita pas une seconde : dans un geste souple, elle se précipita sur lui, lui arracha le pistolet des mains et le posa violemment au sol, hors de sa portée. Il était hors de question qu’ils discutent alors qu’il avait une arme chargée entre ses mains nerveuses, elle ne voulait pas sauter pour une raison aussi idiote alors qu’elle avait survécu à bien pire que lui. « Je ne suis pas là pour faire du babysitting. Pas seulement en tout cas. Je suis là pour m’occuper de votre fils et pour m’occuper de la maison en l’absence de votre femme. Je m’en fiche, de votre caractère ou de votre fauteuil roulant. Mais ça ? » Elle désigna l’arme sur la moquette. « Vous me refaites ce coup là, et je vous fais bouffer votre fauteuil en commençant par les roues. » Elle soupira à nouveau et se pinça l’arête du nez. « Vous avez cru que je venais vous tuer ? Sérieusement ? »
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MessageSujet: Re: conquer the wild (marvin)   Sam 31 Déc 2016 - 14:59

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Je suis militaire depuis tant d’années, dans la tête puis dans les faits, que je ne devrais pas être surpris par mes réflexes et mes réactions. Chercher une arme dans la cachette la plus évidente, la pointer en direction de la menace, en ôter la sécurité et caresser la gâchette, tout s’est produit si vite que je n’ai pas eu besoin d’y réfléchir plus d’une fraction de seconde. Mon travail est de protéger, pas de provoquer la mort : mon doigt n’a pas appuyé sur la détente, il s’y pose juste. Sans trembler. Ma main ne tremble pas, mon assurance se répand dans mes veines et n’accepte de refluer que lorsque je me rends compte de l’identité de la menace. Menace. Ma propre arme, de toute évidence, dans la main de cette quasi-inconnue qui s’occupe de mon fils. J’attends quelques battements de cœur, des battements qui ralentissent après s’être à peine accélérés dans ma poitrine, avant de remettre la sécurité en place et de cesser de la mettre en joue. Bordel, mais qu’est ce qu’elle fait, là ? Si j’avais mes jambes, je serais déjà sur elle pour lui arracher l’arme des mains. Mais je suis cloué sur ce lit dans lequel je ne dors plus, à la foudroyer du regard. « Je sais qu’elle n’est pas chargée, vous croyez que je serais venue vous menacer avec un pistolet chargé ? Comme vous venez de le faire ?? » Je serre les dents dans un soupir, avant de détourner le regard une fraction de seconde pour lui accorder ça. « Vous avez des armes dans toutes les pièces ?! J’en reviens pas ! » Je regarde l’arme en question, celle trouvée sous un oreiller alors qu’elle n’était pas supposée s’y trouver. D’un côté, il est rassurant de voir que je peux compter sur elle et sur la paranoïa de ma femme, venant compléter ma propre paranoïa. De l’autre, je n’ose pas imaginer quel arsenal complet Helen a pu cacher sous mes yeux pendant des années sans que je ne m’en aperçoive. Une preuve supplémentaire de cette vaste supercherie qu’a été notre mariage. Une supercherie qu’elle tient absolument à poursuivre quand bien même ce n’est qu’une connerie et une perte de temps. Je reste muet, je refuse de répondre à ses questions pour la simple raison que j’ignore tout de l’arme que je tiens entre les mains. Si je dis qu’elle appartient à ma femme alors que c’est une arme non enregistrée ou enregistrée à mon nom, je doute grandement que ça puisse passer devant la police.

Je fixe Quinn sans parvenir pour autant à baisser le canon de mon arme. Non, mieux vaut ne pas répondre à ses questions, mieux vaut plutôt la remettre face à ses propres responsabilités. Est-ce qu’elle n’était pas supposée s’occuper de mon fils au lieu de fouiller dans mes affaires ? Je ne suis peut être pas très au fait des devoirs d’une baby-sitter mais aux dernières nouvelles, c’est ce qu’elle est supposée faire. « Il a six ans, ce n’est plus un bébé ! Je pensais qu’il était parfaitement normal de le laisser cinq minutes sans surveillance, jusqu’à ce que je tombe là-dessus ! » « Mais vous n’aviez pas à tomber là-dessus ! » Qu’on soit bien d’accord ! Je n’arrive pas encore à discerner ce qui me met le plus sur les nerfs dans tout ça. Qu’elle ait très certainement raison à propos de mon fils, qu’Helen conserve des armes à portée de main, que Quinn fouille dans mes affaires ou que je me rende compte d’à quel point le contact avec une arme à feu m’avait manqué. Je n’arrive peut être pas encore à discerner ce qui me met le plus sur les nerfs, mais une chose est certaine, je ne relâcherai pas mon arme de sitôt. « Vous croyez qu’il ne partira jamais en exploration dans la maison pour trouver le trésor des pirates ? Ou pour chercher les cadeaux de Noël ? Votre fils est très obéissant et c’est un enfant adorable, mais tôt ou tard, il entrera dans votre chambre, même sans penser à mal. Et qu’est-ce que vous ferez s’il tombe sur votre arsenal ?? Celui-là n’était pas chargé, mais il y en avait un autre qui l’était. Du gros calibre, ça ne pardonne pas. Sans parler de tout le reste, sur la deuxième étagère de votre placard. » Sans parler de tout le reste. Mon poing se serre instantanément, par réflexe, autour de mon arme. Qu’a-t-elle découvert d’autre ? Je ne suis pas un meurtrier, je ne suis même pas un assassin, j’ai toujours voulu protéger les civils sous ma responsabilité, j’ai toujours déployé tous les efforts possibles pour épargner les mutants que l’on traquait. Mais une part de moi est toujours prête à l’inévitable. Je ressers ma poigne autour de l’arme, dans l’intention inconsciente de m’en servir si Quinn m’y oblige.

Une intention bridée par la présence de mon fils, une intention avortée lorsqu’elle se jette sur moi. J’ai été formé au corps à corps, j’ai été formé à me défendre à mains nues en n’importe quelles circonstances. Mais pas en étant paraplégique. Il ne lui faut pas plus d’une poignée de secondes pour m’enlever mon arme, il ne lui faut pas plus d’une poignée de secondes pour me renvoyer en plein visage mon impuissance. Il ne lui faut pas plus d’une poignée de secondes pour me convaincre d’une chose : elle sait se battre. Et bien. Je sers les dents, en me reculant comme je peux sur le lit, jusqu’à me retrouver acculer au mur. « Je ne suis pas là pour faire du babysitting. Pas seulement en tout cas. Je suis là pour m’occuper de votre fils et pour m’occuper de la maison en l’absence de votre femme. Je m’en fiche, de votre caractère ou de votre fauteuil roulant. Mais ça ? Vous me refaites ce coup là, et je vous fais bouffer votre fauteuil en commençant par les roues. Vous avez cru que je venais vous tuer ? Sérieusement ? »

Je la foudroie du regard, non sans jeter un coup d’œil en direction de l’arme d’Helen, définitivement hors de portée. Je ne suis pas là pour faire du baby-sitting. « Ce que j’ai pu croire ne regarde que moi. Et en l’occurrence, vu ce que vous venez de… m’avouer, ma méfiance n’est en rien superflu. Si je comprends bien, vous ne baby-sittez pas seulement mon fils, mais moi aussi ? J’imagine que c’est Helen qui vous l’a demandé ? On n’a pas besoin de vous. Je n’ai pas besoin d’aide, je peux tenir une maison par moi-même. » C’est faux, bien évidemment. C’est faux et il serait stupide de ma part de la croire crédule à ce point. « Ca n’est peut-être pas évident au premier abord, mais Josh est obéissant. Il ne risque rien tant qu’il obéit. Quant à cette arme là… » J’ai l’impression que c’est mon divorce qui est en train de se jouer. Et la garde de Josh. « Elle ne m’appartient pas. J’ignorais même qu’elle était là, je l’ai cherchée par réflexe, et j’ai été aussi étonné que vous de la trouver. Mais croyez-moi, Quinn, je n’aurais pas tiré. Je suis juste… » Quatre lettres sont soufflées dans mon esprit. SSPT. « … nerveux. Vous êtes sûre que Josh ne risque rien ? J’ai comme l’impression qu’il va falloir qu’on parle. Un peu. » De ce qu’elle peut penser de moi, dans un premier temps, de ses réflexes, dans un second.   « Toutes les armes en ma possession sont enregistrées. » En ma possession. Je ne préfère pas m’avancer en ce qui concerne celles d’Helen. « Je suis un militaire, un homme des forces spéciales, il serait stupide de penser que je n’ai pas d’arsenal chez moi. Mais rassurez-vous, tout est légal. » Légal, lorsqu’on se contente de la surface. L’avantage d’avoir formé un groupe de Hunter au sein d’une unité d’élite, c’est que toutes nos actions sont si confidentielles que les extras ne sont pas compliqués à recouvrir d’une fine couche de légalité. Une fine couche que les autorités se refusent, le plus souvent, à abimer. « Où avez-vous appris à vous battre ? »


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≈ "Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. [...] Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde" (St Exupéry)

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MessageSujet: Re: conquer the wild (marvin)   Dim 22 Jan 2017 - 21:46

Merry savait, en commençant ce boulot, que Marvin ne lui faciliterait pas la tâche. Helen l’avait d’ailleurs mise en garde à ce sujet, et elle avait rapidement pu juger par elle-même que l’homme n’était pas du genre affable. Elle avait du se cacher pour de lui pour effectuer le travail pour lequel elle était payée, et ça n’avait pas été de tout repos. Mais soit, elle en avait pris son parti, et puis la présence de Josh était une contrepartie très agréable. Mais pas un seul instant elle n’avait pensé que les choses vireraient à … ça. Qu’elle tomberait sur une réserve d’armes, qu’elle serait mise en joue par le propriétaire des lieux, et qu’elle doive en plus se justifier, par-dessus le marché ! C’était dans ces moments qu’elle aurait bien aimé qu’Helen arrive pour expliquer à son mari le pourquoi de sa raison ici. Même si, sans doute, cela ne résoudrait pas le problème des armes. C’était une toute autre question qui se posait là, bien plus épineuse. Elle n’avait aucune envie de partir dans ce débat avec Marvin, absolument aucune. Ancien militaire, il devait être dingue de ses armes, et sans doute trop nostalgique pour accepter de s’en débarrasser. Mais bon sang, il ne réalisait pas qu’il mettait son fils en danger ? Il était complètement irresponsable, mais c’était encore à elle de se justifier. « Ce que j’ai pu croire ne regarde que moi. Et en l’occurrence, vu ce que vous venez de… m’avouer, ma méfiance n’est en rien superflu. Si je comprends bien, vous ne baby-sittez pas seulement mon fils, mais moi aussi ? J’imagine que c’est Helen qui vous l’a demandé ? On n’a pas besoin de vous. Je n’ai pas besoin d’aide, je peux tenir une maison par moi-même. » Merry se demanda un instant s’il croyait vraiment à ce qu’il disait là, mais elle décida que non. Il était orgueilleux et ne voulait pas reconnaître qu’il avait besoin d’aide, mais dans le fond, il devait bien le savoir, qu’il ne pouvait pas tenir sa maison seul. « Je ne vous baby-sitte pas. » Soupira-t-elle. « Votre femme ne m’a rien demandé de tel. » Ce n’était qu’un demi-mensonge, mais ce qu’Helen avait demandé ne le regardait pas. « Je m’occupe de votre maison, c’est mon travail. Même si vous êtes parfaitement capable de le faire seul, vous n’avez qu’à me laisser faire et profiter. Il ya des tas de gens qui prennent une femme de ménage, vous savez. » Elle n’était pas femme de ménage, elle était aide à domicile, mais elle savait que cette dénomination aurait une connotation trop forte pour lui et qu’il la rejetterait avec d’autant plus de force. Elle ne voulait pas l’enfoncer dans son handicap, pas alors qu’il était en plein déni. Il avait besoin de temps, elle comprenait ça. Il pouvait la voir comme une simple femme de ménage, ça ne la dérangeait pas. « Ca n’est peut-être pas évident au premier abord, mais Josh est obéissant. Il ne risque rien tant qu’il obéit. Quant à cette arme là… Elle ne m’appartient pas. J’ignorais même qu’elle était là, je l’ai cherchée par réflexe, et j’ai été aussi étonné que vous de la trouver. Mais croyez-moi, Quinn, je n’aurais pas tiré. Je suis juste…nerveux. Vous êtes sûre que Josh ne risque rien ? J’ai comme l’impression qu’il va falloir qu’on parle. Un peu. » Merry était quelque peu étonnée que Marvin se justifie ainsi, même si ses explications étaient un peu fumeuses aux yeux de la jeune femme. Que faisait cette arme sous l’oreiller, pour commencer ? La question lui brûla les lèvres, mais elle la garda pour elle. Pour l’instant. S’il était d’humeur à parler, pour de vrai, alors elle voulait bien faire un effort. « Toutes les armes en ma possession sont enregistrées. » La précision fit tiquer la jeune femme, qui se demanda s’il y avait des armes appartenant à d’autres personnes dans la maison … A Helen, par exemple. Cette chambre était la sienne, après tout. Qu’est-ce que c’était que cette famille ? « Je suis un militaire, un homme des forces spéciales, il serait stupide de penser que je n’ai pas d’arsenal chez moi. Mais rassurez-vous, tout est légal. » Mouais, elle le croirait parce qu’elle n’avait pas le choix, mais elle trouvait tout ceci extrêmement douteux malgré tout. « Et il serait stupide d’être un militaire entraîné et de garder des armes à la portée de tout le monde dans une chambre à coucher. » Lâcha-t-elle d’un ton léger, l’air de ne pas y toucher. Sans parler du fait que toutes ces armes étaient parfaitement inutiles dans un petit pavillon de banlieue, si ce n’est pour réconforter la parano d’un ancien militaire aigri par sa retraite forcée. « Vous savez, c’est avec des phrases comme "tant qu’il obéit il ne risque rien" qu’on se retrouve avec des accidents domestiques. Et je parle des accidents bêtes avec une bouteille de Javel, parce que généralement les gens n’ont pas tant d’armes chez eux. » Elle avait décidé de laisser couler sa phrase, au début … Mais finalement, elle n’avait pas pu s’empêcher d’y revenir et de lui faire la morale. Ca passerait mal, sans doute, mais tant pis, elle assumerait. « Où avez-vous appris à vous battre ? » La question s’éleva de nulle part. Merry planta ses yeux dans ceux de Marvin sans répondre immédiatement, impassible. Elle aurait pu dire qu’elle ne savait pas de quoi il parlait, qu’elle ne savait pas se battre. Elle n’était qu’une femme de ménage, babysitter à ses heures perdues. Mais elle savait reconnaître une arme non chargée, et elle l’avait désarmé alors qu’il était bien plus aguerri qu’elle. Donc oui, elle savait se battre et il le savait, restait à savoir si elle voulait entrer sur ce terrain avec lui. « J’ai appris mes bases en France. En quoi ça vous intéresse ? » Son ton s’était fait un peu plus mordant, mettant ainsi en garde son interlocuteur. Elle ne parlerait pas de ce dont elle ne voudrait pas parler, c’était maintenant à ses risques et périls s’il voulait poser plus de questions. Mais puisqu’ils en étaient à se montrer indiscrets, elle décida de lui rendre la pareille. « Ce sont les mutants que vous craignez, à vous protéger comme ça ? »
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MessageSujet: Re: conquer the wild (marvin)   Dim 5 Fév 2017 - 10:22

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Lorsqu’Helen m’a annoncé qu’elle avait engagé une babysitter pour s’occuper de Josh, même voire surtout quand j’étais seul à la maison avec lui, j’ai non seulement pris ça comme une attaque personnelle mais aussi comme une preuve de l’absence complète de confiance dans ce qu’on peut hypocritement appeler notre couple. Oh, pas que je pense avoir l’expérience nécessaire pour m’occuper de mon gosse de six ans, pas que je m’attendais vraiment à ce qu’elle me fasse confiance alors que je suis incapable de fermer les yeux en sa présence, mais ça reste vexant. Extrêmement vexant. Surtout que ça ne fait qu’afficher davantage encore la contradiction de notre mariage et son agonie. Et lorsque Quinn s’est pointée pour la première fois devant le perron… avec la présence oppressante d’Helen derrière moi, ses sourires mielleux et son comportement de femme parfaite, de mère attentive et d’épouse comblée, j’ai plus eu envie de vomir mes tripes que de faire le moindre effort pour paraître agréable. J’ai laissé faire, j’ai laissé la situation prendre place sans tenter quoique ce soit pour améliorer des relations distantes avec Quinn, me laisser aller au bon gré de mes élans d’humeur et de mes envies. Supporter la présence d’une tierce personne, voir sous les yeux la preuve tangible que je ne suis même pas capable de m’occuper de mon môme, prendre le parti, du coup, de ne pas m’en occuper le moins du monde, et attendre.

Attendre quoi ? Aucune idée. De toute manière, depuis mon arrivée en juin, j’ai l’impression d’attendre. D’attendre que la situation s’améliore, qu’elle change, que le cauchemar se délite et que je puisse retourner en opération de l’autre côté du monde, que je puisse reprendre mon ancienne vie et que tout ça ne finisse que par être une vieille parenthèse rapidement oubliée, faite uniquement pour me rappeler à quel point je suis fait pour l’armée et non pour… ça. Cette vie plan-plan dans un bled paumé. Cette vie de famille, bien rangée, bien ancrée dans une routine qui me tue à petits feux. Qu’est-ce que j’attends, depuis qu’on m’a foutu dans ce fauteuil, devant ce job de fonctionnaire à la mairie - tiens, prends ça, Marvin, ça t’occupera, c’est bon pour le moral -, face à cette femme qui refuse le divorce, ce gosse qui est tout content d’avoir Papa à la maison, Blackwood, Quinn ? Qu’est-ce que j’attends ? Un peu d’action. Quelque chose. Peut-être, d’ailleurs, que j’attendais exactement ce qui est en train de se passer, cette montée d’adrénaline dans ma poitrine, cette brusque accélération de mon rythme cardiaque, ces tremblements dans mon bras, ces questions que j’assène la soi-disant baby-sitter qui doit avoir d’autres occupations que les gosses, soyons franc, pour posséder de telles connaissances en combat. Est-ce que j’attendais ça ?

Retrouver dans ma paume le contact, le vrai contact d’une arme à feu, retrouver devant moi la menace d’une autre arme, retrouver mes réflexes, retrouver cette insécurité relative, apaisée par mes propres compétences, exacerbée par un contexte, une insécurité apaisante par bien des aspects ? Dans tous les cas… je sers les dents. Je recule comme je peux, je plaque mon dos contre le mur, je crache aussi. Si j’ai cru qu’elle était venue me tuer ? L’idée m’a traversé l’esprit. Et s’est aussitôt enfuie. Si Helen avait voulu m’éliminer, elle l’aurait déjà fait. Non, à la base, je pensais juste qu’elle venait s’occuper de Josh. Pas me baby-sitter. « Je ne vous baby-sitte pas. Votre femme ne m’a rien demandé de tel. Je m’occupe de votre maison, c’est mon travail. Même si vous êtes parfaitement capable de le faire seul, vous n’avez qu’à me laisser faire et profiter. Il y a des tas de gens qui prennent une femme de ménage, vous savez. » J’accuse le coup, en serrant les dents. Des tas de gens prennent une femme de ménage, vraiment ? Grand bien leur fasse. « Si c’est si normal, vous aviez qu’à me le dire dès le début » je finis par cracher, avant d’ironiser sur un « J’aurais mieux rangé ma chambre… » digne d’un adolescent en pleine crise.

Qu’est-ce qu’elle croit, Quinn ? Que je suis inconscient au point de vraiment laisser des armes à portée de main de mon fils ? Je ne m’appelle pas Helen, je ne cache pas des flingues sous mon oreiller, je… je me contrains surtout au calme, à la lucidité et par-dessus tout, au synthétisme des comptes rendus. Je ne m’adresse peut-être pas à mon supérieur, je n’ai peut-être en face de moi qu’une civile, mais aller droit au but, c’est ce que je sais encore faire de mieux. L’arme que je tiens n’est pas à moi. Je ne comptais pas la blesser, toutes mes actions n’ont été que des réflexes, des réflexes bridés par le contrôle. Toutes mes armes sont enregistrées, possédées légalement, même si pour certaines, seuls les SASR les connaissent. Quoiqu’elle en dise, quoiqu’elle puisse en pensée, j’ai la conviction ridicule d’être dans mon droit, d’avoir raison, de ne pas avoir fait d’erreur, moi. Une part de moi, la plus lucide justement, me chuchote que mes arguments sont de la poussière jetée au visage. L’autre part, elle, me fait comprendre que je n’ai rien pour me défendre, rien d’autre que ça. Et que, peut-être, Quinn est trop stupide pour ne pas acquiescer, dire oui monsieur, je comprends et retourner à ses occupations. Dommage qu’elle ait deux neurones fonctionnels de plus que moi. « Et il serait stupide d’être un militaire entraîné et de garder des armes à la portée de tout le monde dans une chambre à coucher. » Je serre les dents en levant les yeux au ciel. « Vous savez, c’est avec des phrases comme "tant qu’il obéit il ne risque rien" qu’on se retrouve avec des accidents domestiques. Et je parle des accidents bêtes avec une bouteille de Javel, parce que généralement les gens n’ont pas tant d’armes chez eux. » Elle a raison, bien évidemment. C’est comme nettoyer un flingue en pointant le canon vers un pote, il est pas chargé, on risque rien. On ne risque rien jusqu’au jour où. Et ce jour-là, le mal sera fait. A la seule différence que… « Admettons que vous ayez raison, je vous écoute : partons du principe que mon fils serait un grand délinquant désobéissant et insolent. Votre marge de manœuvre se limite au maximum à quoi… un mètre vingt, un mètre trente ?, vous les foutez où, vos flingues ? » Ma défense perd en crédibilité, mes justifications se déstabilisent et se déconstruisent mais j’ai l’obstination nécessaire pour continuer à en lui opposer. Même si je sais ce qu’elle risque de me répondre. Que je n’ai, tout simplement, pas besoin d’arme ici.

Je n’arrive pas à savoir qui, du coup, aurait tort ou raison. La preuve : on n’apprend pas à se battre de cette manière lorsqu’on est femme de ménage dans un trou paumé comme Radcliff. Mes yeux se rivent dans les siens, sur un air de défi. Allez-y, Quinn, essayez un peu de nier savoir vous battre et on verra lequel de nous deux peut être le plus de mauvaise foi. « J’ai appris mes bases en France. En quoi ça vous intéresse ? » Je plisse les yeux. En France. Sacrément… inintéressant, ça. Ça répond à la question posée, ça ne répond pas à ma question. « Ce sont les mutants que vous craignez, à vous protéger comme ça ? » Mes muscles se contractent immédiatement, sous l’action de pensée aussi violentes que contradictoires. Je étais un mutant. J’étais un chasseur. J’ai les deux casquettes dans mon placard, et je refuse de les sortir de peur ne pas réussir à choisir entre les deux. Je pourrais lui rétorquer des conneries, l’enfumer bien comme il faut, lui dire de se mêler de ses oignons mais… à vous protéger comme ça, ce simple fragment de phrase, ce qu’il sous-entend et ce qu’il ne sous-entend pas… Au moins, elle sort des sentiers battus, ne me parle pas d’un foutu stress post-traumatique. Et c’est certainement ça qui me pousse à la franchise, ça et mon dégoût habituel pour le mensonge et l’hypocrisie. « Peut-être bien, oui. Il faudrait être fou pour ne pas les craindre, et être encore plus fou pour songer à ne pas s’en protéger. Tout comme on faudrait être fou pour ignorer le pouvoir de destruction qu’ils portent en eux et contre lequel… des portes et des fenêtres ne servent plus à grand-chose. » Je garde les yeux fixés sur elle. « Et vous aussi, c’est parce que vous vous méfiez des mutants que vous avez appris à vous battre ? » Changement de vocabulaire volontaire. Craindre, se protéger… se méfier.


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MessageSujet: Re: conquer the wild (marvin)   Mer 22 Fév 2017 - 19:31

Merry avait l’impression assez nette de discuter avec un adolescent pris en faute. Marvin Smedry avait une drôle de façon d’exprimer sa frustration d’avoir découvert que sa baby-sitter était en réalité quelqu’un chargé de s’occuper de la maison quand il ne regardait pas, et Merry mourrait d’envie de le consigner dans sa chambre jusqu’à ce qu’il ait réfléchi à ses actes, parce que c’était ce qu’un tel comportement appelait comme réaction. Même si, techniquement, la punition était déjà effective : il aurait du mal à bouger de cette chambre. Mais ça ne voulait pas dire qu’il mettrait ce temps à profit pour y réfléchir. Dans un sens, elle comprenait sa réaction, il ne devait pas apprécier les cachotteries de sa femme, et encore moins de se faire remonter les bretelles par une inconnue bien plus jeune que lui – et visiblement sans expérience de la vie. Elle ne le blâmait pas pour ce jugement hâtif, c’était l’impression qu’elle préférait donner sur les gens. Elle ne portait pas sur son front ce qu’elle faisait de ses heures perdues, tout comme lui certainement. Même si sa passion des armes se lisait assez clairement. Elle pouvait comprendre sa frustration, mais ça ne l’excusait en rien. « Si c’est si normal, vous aviez qu’à me le dire dès le début. J’aurais mieux rangé ma chambre… » Elle préféra ne pas relever et se contenta de secouer la tête avec un fin sourire, qui sous-entendait bien assez ce qu’elle pensait d’une telle répartie. Il aurait mieux valut qu’il range sa chambre oui, mais pas seulement pour elle, pour la sécurité de son fils avant tout. Et au fond de lui, il devait bien en être conscient, même s’il ne voulait pas encore le reconnaître. Il tenait à son fils, Merry ne pouvait pas en douter, bien qu’il ait énormément de mal à le montrer. Il ne voulait pas que quoi que ce soit lui arrive, mais il restait négligent, et elle ne pouvait pas accepter ça. Si elle réussissait à lui ouvrir les yeux là-dessus, elle n’aurait pas totalement perdu sa journée – même si elle aurait sans doute perdu son job. « Admettons que vous ayez raison, je vous écoute : partons du principe que mon fils serait un grand délinquant désobéissant et insolent. Votre marge de manœuvre se limite au maximum à quoi… un mètre vingt, un mètre trente ?, vous les foutez où, vos flingues ? » Merry dut se retenir pour ne pas lever les yeux au ciel en soupirant. Au lieu de ça, elle fit mine de réfléchir, comme si la question demandait sincèrement une réponse. Il ne faisait ça que pour avoir le dernier mot et pour ne pas reconnaître ses torts, mais elle ne lâcherait pas le morceau. « Où je les mettrais ? Et bien, pour commencer … nulle part ? Puisque je n’ai pas besoin d’en avoir constamment sur moi ? Sinon, je les laisserai au stand de tir, là où ils sont le plus utile. Et en dernier recours, je les enfermerais dans un endroit où la première baby-sitter venue ne peut pas mettre les mains dessus. Un endroit fermé, avec une clé que je serais la seule à posséder. » Termina-t-elle avec l’air de demander était-ce si compliqué que ça ? Tout en sachant qu’il aurait probablement des tas de choses à répondre à son argumentaire. Mais c’était le b.a.-ba quand on possédait des armes, elle l’avait appris avant même de pouvoir en manipuler une. Il fallait toujours conserver ses armes en sécurité, là où aucune main innocente – ou non – ne pouvait les trouver. Pour un militaire, elle aurait cru qu’il le saurait, d’autant plus avec un enfant en bas âge. Les mentors de Merry, qui étaient pour la plupart des pères de familles, avaient tous possédé des coffres où ils conservaient leurs armes à feu ainsi que toutes les preuves de leurs travaux hunters. Ca ne pouvait pas être une manie uniquement française, mais en connaissant la passion des américains pour leurs jouets explosifs, elle pouvait presque en douter.

Marvin détourna ensuite la conversation sur elle et sur le lieu où elle avait appris à se battre, ce qui ne plu pas du tout à la jeune femme. Mais elle ne profita pour lancer elle aussi sa question, l’air de ne pas y toucher. Peut-être se trompait-elle totalement, et dans ce cas elle n’aurait plus qu’à s’excuser de sa curiosité mal placée ; ou peut-être avait-elle raison. Mais ce n’était pas un aveu facile à faire et elle s’attendait à ce que Marvin l’envoie bouler correctement sans lui répondre. La façon dont il se raidit parla bien assez pour lui, et présagea d’un nouvel accès de colère retentissant. Un accès qui ne vint pas, à la surprise de Meredith. « Peut-être bien, oui. Il faudrait être fou pour ne pas les craindre, et être encore plus fou pour songer à ne pas s’en protéger. Tout comme on faudrait être fou pour ignorer le pouvoir de destruction qu’ils portent en eux et contre lequel… des portes et des fenêtres ne servent plus à grand-chose. » Cette réponse avait au moins le mérite d’être claire, bien plus que ce à quoi Merry s’attendait.  Le peut-être bien valait tous les discours possibles, et confirma la jeune femme dans ses déductions. « Et vous aussi, c’est parce que vous vous méfiez des mutants que vous avez appris à vous battre ? » La question lui revint, bien évidemment, et Merry y répondit sans une once d’hésitation. « Non. »  Elle n’avait aucune envie de s’étendre sur les raisons qui l’avaient poussée à apprendre à se battre. La mort d’Isobel avait été un accident, elle n’en avait jamais douté, et elle ne blâmait pas personnellement le responsable, qui était mort en même temps que sa sœur. Meredith laissa le silence s’installer, les yeux fixés sur l’arme que Marvin avait pointée sur elle. Elle ne se méfiait pas des mutants, et elle en avait payé le prix fort. Après une longue période à errer dans l’indécision, elle avait fini par prendre les devants, et elle avait appris à se battre. « C’est parce qu’ils sont dangereux que j’ai appris à me battre, et que je ne veux laisser personne mourir à cause d’eux. » Les raisons qu’elle invoquait à cette époque lui paraissaient futiles maintenant. Elle avait été pleine d’idéaux, elle demandait la certitude de la dangerosité des mutants avant de les mettre hors d’état de nuire, et elle refusait alors de les tuer. Elle avait changé. Un mutant était un mutant, et un mutant dangereux n’était bon qu’une fois mort. « Je ne veux pas qu’il arrive quoi que ce soit aux enfants. Encore moins quand je les garde. » Ajouta-t-elle finalement avec un léger sourire. Sa sœur était encore bien trop jeune quand elle avait été tuée, et Merry avait juré que cela ne se reproduirait pas si elle pouvait l’empêcher. « Je vais donc aller voir comment Josh s’en sort tout seul en bas. Je reviens. » Fit-elle avant de tourner les talons.
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MessageSujet: Re: conquer the wild (marvin)   Mer 15 Mar 2017 - 23:00

Conquer the wild
Meredith & Marvin



Tenir ses armes hors de portée des enfants est un concept assez élémentaire. Garder ses armes hors d’atteinte des civils est une évidence qu’on apprend, qu’on nous inculque dès que possible, qu’on nous répète dès que possible aussi. Systématiquement. Des évidences, des principes de base. Une arme, quelle qu’elle soit, doit être consignée à la caserne. Si elle ne l’est pas, c’est que c’est une exception et qu’elle est sous notre responsabilité, notre surveillance. En général, c’est à ce moment-là du discours que nos officiers nous jurent avec le plus grand sérieux que le premier faux pas sera le dernier et qu’il sera alors illusoire, si un accident arrive, d’espérer un soupçon d’aide de la part de l’état-major ou encore moins d’envisager éviter la sanction, la prison et la radiation immédiate. J’ai encore en mémoire nos instructeurs, faisant état de toutes les barrières qu’on a dûes franchir pour arriver dans les SASR, et lister une à une, inlassablement, toutes les raisons qu’on pouvait avoir pour ne pas tout foutre en l’air parce qu’on aurait été suffisamment con pour oublier de mettre une sécurité sur une arme déchargée ou mise sous clé. Sous clé.

Et non dans le tiroir d’une table de nuit, non sous un oreiller, non à portée de main d’un gosse de six ans. Je sais bien que je suis en tort, inutile d’en rajouter des couches. Je le sais bien, je le supporte encore moins, et il y a une certaine forme de culpabilité sous mon agressivité et ma mauvaise humeur, j’imagine qu’elle en est aussi consciente que moi. Il y a une certaine forme de culpabilité sous ma réaction ridicule, d’un gamin pris en faute, d’un adolescent en pleine crise de la puberté et qui refuse de s’avouer vaincu, juste par principe, juste par esprit de contradiction. Ai-je imposé une crise aussi ridicule à mes parents quand j’avais quatorze-quinze ans ? Pas à mes souvenirs, j’étais concentré sur mes résultats sportifs et scolaires pour préparer ma vocation de militaire, reclus dans mes pensées, reclus dans ma passion, reclus dans mon obstination, trop concentré pour perdre du temps dans des futilités. Visiblement, mieux vaut tard que jamais. Des tas de gens ont des femmes de ménage, grand bien leur fasse. Je suis un irresponsable qui laisse une arme à portée de main de Josh ? Je sais bien. Mais… admettons qu’elle ait raison, je suis conscient d’une chose: il est hors de question, avec Helen dans la même maison que moi, que je sois désarmé. Surtout avec la vulnérabilité que m’impose ma paralysie fluctuante. Surtout lorsqu’on sait qu’elle ne m’a laissé en vie que pour ne pas priver Josh d’un père et parce qu’elle pense encore m’aimer. Alors, voilà, admettons, où est-ce qu’elle les foutrait, elle, ses flingues ? Son soupire retenu ne m’échappe pas, pas plus que l’ironie de sa réaction.  « Où je les mettrais ? Et bien, pour commencer … nulle part ? Puisque je n’ai pas besoin d’en avoir constamment sur moi ? Sinon, je les laisserai au stand de tir, là où ils sont le plus utile. Et en dernier recours, je les enfermerais dans un endroit où la première baby-sitter venue ne peut pas mettre les mains dessus. Un endroit fermé, avec une clé que je serais la seule à posséder. » Un sourire narquois lui répond. Il lui répond silencieusement que ce qu’elle propose n’est pas envisageable, il lui répond aussi qu’elle est mignonne et bien naïve. Il lui répond aussi que je suis bien conscient qu’elle a raison, mais que dans un même temps, je refuse d’avoir tort. Et il lui répond enfin que la discussion est close, quand mes lèvres articulent un grognement. « Intéressant, j’y penserai. J’avais oublié qu’un handicapé ne peut plus prétendre à la moindre intimité et donc qu’il doit partir du principe que tous ses meubles et tiroirs seront fouillés par la première fouineuse venue. » Ou la première Helen venue. Je conclus mon borognyme par un regard éloquent. Il y a de l’humour dans ce que je raconte, mais il y a aussi un sérieux qu’on me connaît bien. Et un orgueil malmené par une épée de Damoclès, un fort esprit de contradiction et une envie de ne pas avoir le dernier mot.

A cet orgueil s’ajoute aussi une curiosité que je ne retiens pas plus longtemps. Si je garde des armes dans ma chambre et mon épouse aussi, celle qu’on a engagé comme baby-sitter et qu’Helen a de surcroit engagée comme femme de ménage a visiblement des notions de combat au corps à corps qui dépasse les cours de yoga ou les joggings du dimanche. Mes yeux sont méfiants, nerveux, comme mes mouvements et mes remarques. Ses réponses, si elles ne m’infirment ni ne me confirment quoique ce soit, s’agrémente d’une question dangereuse. Une question qui attise mon intérêt, se retranscrit sur mon visage par réflexe. Si je crains les mutants ? Oui, non, peut-être. Reste à savoir si elle, elle les craint. Et ça… c’est une toute autre histoire. Une histoire que je me fixe l’objectif de démêler, à mots couverts, maladroitement, alors que tout mon caractère ne fait que me pousser à une vérité franche et coupante, et à des questions tout aussi franches et coupantes. L’absence de réaction de Quinn m’en apprend moins qu’un excès de colère ou qu’un applaudissement, mais elle me renseigne du moins sur une chose : qu’elle soit mutante ou hunter, elle est impliquée. D’une façon ou d’une autre.

Je suis personnellement les deux, de par mes convictions et mon ADN. Mais dévoiler l’un comme l’autre n’est pas dans mon intérêt. Et ma question abonde dans ce sens, petit pas à mots couverts, dans un changement de vocabulaire qu’on pourrait certainement rendre plus subtil. Mes yeux, eux, ne la quittent pas. Epient chaque mouvement de son visage, chaque crispation de ses traits. Ils n’ont pas épier grand-chose : sa réponse est immédiate. « Non. » Aussitôt ma mâchoire se contracte, aussitôt, je me crispe en me retenant de justesse de me mettre dans une garde beaucoup trop éloquente. A mes yeux, ceux qui ne se méfient pas des mutants sont des fous, au même titre de ceux qui refusent de se méfier des terroristes, des braqueurs de banque encagoulés ou des chauffards alcooliques. Sont des fous au même titre que toute personne refusant de se méfier d’une personne armée, sans connaître ses intentions et son état d’esprit. « Ah bon ? » Ma voix est méfiante, exige des réponses, exige davantage. Son regard sur le flingue d’Helen n’augure rien de bon. Et pourtant, amusant de voir que je ne tremble pas. Que je ne respire pas plus vite. Que je ne panique pas. « C’est parce qu’ils sont dangereux que j’ai appris à me battre, et que je ne veux laisser personne mourir à cause d’eux. » Je me détends instantanément. « Bien. » Oui, bien. Même si… dangereux… oui. Tous, certainement pas, mais ça, c’est encore une autre chose. « Je ne veux pas qu’il arrive quoi que ce soit aux enfants. Encore moins quand je les garde. » Elle sourit, je lui concède un rictus, prenant ça comme une énième provocation dirigée sur les armes trouvées dans ma chambre, mais... « Je vais donc aller voir comment Josh s’en sort tout seul en bas. Je reviens. » Non. Elle tourne les talons, je déplace mon poids mort au bord du lit pour attraper son bras de justesse. « Attendez ! » Mes yeux vont vers les deux armes mises un peu plus tôt l’une en face de l’autre. « Rendez-moi mon flingue. Et vous pouvez remettre l’autre là où elle était. A ma hauteur, mais hors de sa portée ? » Je relâche ma poigne. « J’apprécierais que… cet équipement reste à ma portée. Et entre nous. Ma femme… » Je considère l’arme d’Helen. Même facture que la même. Même goût que moi. C’est un coup à l’estomac que ça m’assène de le remarquer. « … était persuadée les avoir mises sous clés. Elle ignore mes… mon avis sur les mutants, et je tiens à ce que ça reste ainsi. » Ce point commun serait de l’huile jetée sur l’incendie encombrant de son amour pour moi et c’est une chose que j’aimerais éviter si possible puis qu’éteindre l’incendie me semble une nécessité des plus urgentes. Et ma priorité, même si j’ignore si elle comptera me laisser en vie, le jour où notre illusion de mariage volera définitivement en éclats dans son regard.

Un point commun de trop. Un point commun que j’aurais bien aimé ne jamais découvrir. Contrairement à celui qui semble nous lier, Quinn et moi, contre toute attente. Je fronce les sourcils. « Et si vous revenez pour continuer cette discussion, faites donc monter Josh dans sa chambre. On pourra le garder à l’œil. » C’est bien plus de mots et de phrases, au final, que tout ce que j’ai pu lui dire jusque-là. Signe de ma bonne volonté, peut-être, ou signe que le sujet m’intéresse. Et que j’ai quelque chose à dire. « Si au contraire, vous ne préférez pas... restez en bas, j'en profiterai pour faire un somme. »


_________________
≈ "Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. [...] Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde" (St Exupéry)

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MessageSujet: Re: conquer the wild (marvin)   Ven 14 Avr 2017 - 21:40

Merry n’attendait pas l’assentiment de Marvin en lui dévoilant la raison pour laquelle elle avait appris à se battre, pourtant elle fut étrangement satisfaite de l’entendre l’approuver, après le petit mouvement de surprise qu’il avait eu suite à sa franche négation. Il avait cru qu’elle soutenait les mutants, pendant quelques secondes. Elle l’avait lu dans ses yeux, son avis avait brutalement changé sur elle et il s’était braqué, pendant cet infime instant où elle ne l’avait pas démenti. Mais qu’il se rassure, ce n’était pas le cas. Elle ne défendrait pas le cas des mutants. Elle n’était pas la plus fervente hunter de Radcliff, mais elle croyait tout de même en ce qu’elle faisait, et elle exerçait ses fonctions avec soin. Elle était hunter et elle en tirait une certaine fierté. Elle ne savait pas si Marvin en était un, d’autant que la tache serait compliquée dans un fauteuil roulant, mais il partageait ses convictions, elle en était maintenant certaine. Comme quoi les apparences étaient souvent trompeuses : elle n’était pas qu’une baby-sitter un peu fouineuse engagée expressément pour lui rendre la vie dure … Et lui, qu’était-il, derrière ses apparences aigries et sa difficulté à exprimer son affection ? Merry ne l’avait pas encore découvert. Elle n’était pas sûre de vouloir le faire, mais elle avait appris suffisamment de choses sur lui maintenant, pour que la discussion avec lui ne la rebute plus autant qu’avant. Mais avant qu’il n’y ait la moindre véritable discussion, il fallait qu’elle s’occupe de ce pourquoi elle était payée : Josh. Le petit avait été laissé seul en bas un long moment, il fallait qu’elle aille le voir … Peut-être pour vérifier qu’il n’avait pas déniché une carte au trésor menant tout droit dans le placard de son père, par exemple ! Il était souvent sage comme une image et elle ne s’inquiétait pas pour lui, mais le pauvre bout de chou ne méritait pas d’être abandonné ainsi. « Attendez ! » Elle se retourna vers Marvin avant de quitter la pièce, et suivi son regard vers les deux armes. « Rendez-moi mon flingue. Et vous pouvez remettre l’autre là où elle était. A ma hauteur, mais hors de sa portée ? » Lentement, elle se baissa et ramassa le premier revolver, celui qu’elle avait ramené déchargé. « J’apprécierais que… cet équipement reste à ma portée. Et entre nous. Ma femme … était persuadée les avoir mises sous clés. Elle ignore mes… mon avis sur les mutants, et je tiens à ce que ça reste ainsi. » Un fin sourire vint flotter sur les lèvres de Merry mais elle se releva sans avoir touché au second revolver. Celui-là contenait des balles réelles et elle n’avait aucune envie de le remettre à la portée de Marvin, peu importait qu’ils aient discuté un peu plus sereinement. Si elle devait à nouveau venir lui parler, elle n’avait pas envie qu’il puisse braquer ce truc vers elle encore une fois, il était du genre nerveux et elle le pensait capable de tout et n’importe quoi. « Et si vous revenez pour continuer cette discussion, faites donc monter Josh dans sa chambre. On pourra le garder à l’œil. Si au contraire, vous ne préférez pas... restez en bas, j'en profiterai pour faire un somme. » La jeune femme hocha la tête. « Je vais ranger celui-là, quant à l’autre, on le remettra à sa place quand j’aurais terminé mon travail, ça facilitera la conversation. » Elle flanqua un petit coup de pied à l’arme pour la pousser sous un meuble, afin qu’elle reste hors de la vue de quiconque passerait la tête par la porte à ce moment là. Sait-on jamais ! Merry ne voulait pas prendre de risque inutile, d’autant plus si Josh devait monter à l’étage. « Je n’oublierais pas de le ranger avant de partir, je vous le promets. » Ajouta-t-elle d’un ton aussi rassurant que badin, avant de filer hors de la pièce avant que Marvin ne perde de son semblant d’amabilité.

Elle s’empressa de descendre et retrouva Josh là où elle l’avait laissé, jouant tranquillement avec ses playmobils. Merry s’enthousiasma pour le château qu’il venait de construire, et il voulut tout de suite lui montrer à quel point c’était beaucoup plus drôle à détruire qu’à construire … Les morceaux de bois s’effondrèrent quand il en poussa les fondations du bout du doigt et Merry se mit à rire avec le petit garçon. Finalement, après avoir joué avec lui un moment et par là ayant repoussé la décision de retourner ou non discuter avec Marvin, Merry se décida. « Viens, on va jouer dans ta chambre. Tu me montreras ta collection de dinosaures. » Josh ne se fit pas prier et la devança en courant. Elle le suivit plus lentement à l’étage, et prit à nouveau son temps avec lui pour s’extasier devant les petites figurines en plastique qu’il nomma avec application. Finalement, elle le laissa seul à nouveau, et retourna dans la chambre parentale. Elle préférait cent fois jouer avec le fils que discuter avec le père, mais il y avait quand même une certaine curiosité qui la tirait vers lui. Marvin n’avait pas bougé quand elle le retrouva – sans surprise. « Votre femme n’est pas au courant, alors ? » Fit-elle en jetant un regard autour d’elle. Mais c’était la chambre d’Helen ici, d’après ce qu’elle avait compris, et il y avait bel et bien une arme à portée de sa main sous l’oreiller. Du moins il y en avait eu une. La question resta informulée, mais elle flotta tout de même entre eux bien clairement : pourquoi s’armer ainsi, dans ce cas ? « Je ne dirais rien. Je n’ai pas de raisons de le faire. » C’était une promesse. Hunter ou non, les convictions de Marvin ne regardaient que lui – et elle, à présent. Elle le regarda, hésitant à s’approcher, à s’asseoir sur le lit peut-être, mais elle n’en fit rien. « Josh est vraiment un gamin merveilleux. J’aime beaucoup quand votre femme me demande de venir travailler chez vous, ça me plaît de m’occuper de lui en même temps que du reste. Et je comprends que vous vouliez le protéger de ce qu’il y a dehors. Moi c’est ma petite sœur que je voulais protéger quand j’ai commencé à apprendre à me défendre … Même si elle était déjà morte, en fait. » Tuée par un mutant qui n’avait pas contrôlé l’abomination qui rendait son pouvoir instable. Fauchée à même pas vingt ans, dans des souffrances atroces. Merry avait tout fait pour revenir en arrière, tout. Mais elle ne pouvait pas, alors elle essayait juste d’éviter ce même sort à d’autres. « J’apprécierais de ne pas perdre mon boulot ici, du coup. Si possible. » Ajouta-t-elle avec un petit sourire. Josh était un rayon de soleil dans son quotidien, elle en avait besoin.
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