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 [INTRIGUE] In the middle of the night [ft. Ivo & Hippo]

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SUR TH DEPUIS : 20/03/2016
MessageSujet: [INTRIGUE] In the middle of the night [ft. Ivo & Hippo]   Sam 9 Juil 2016 - 12:38

In the middle of the night
Gene & Ivory & Hippolyte



Si on lui avait dit qu’elle finirait, de nuit, à examiner une scène de crime dans un immeuble désaffecté en bordure de la ville, Gene aurait peut-être revu à la baisse les attentes de son stage. Puisqu’elle était tenue de se trouver sur le terrain au moins pendant la moitié de son année scolaire afin de la valider, elle avait réussi à être acceptée par la police locale et avait été placée sous la tutelle d’un criminologue qui avait le mérite d’être efficace à défaut d’être sympathique. L’homme était sec, cassant, un espèce de monsieur je-sais-tout qui la regardait de haut et la prenait pour un larbin au lieu de prendre la peine de réellement la former au métier. La jeune femme n’était pas du genre à s’énerver facilement, mais elle devait bien avouer que ce type lui tapait royalement sur les nerfs. Qu’elle doive le supporter en plus alors qu’elle aurait pu être chez elle à dessiner ou à passer une soirée tranquille avec Jim l’enchantait encore moins. Mais bon, c’était les aléas du métier, et si elle devait apprendre à la dure, eh bien soit ; après tout, elle n’avait pas choisi une voie facile, loin de là, et le monde n’attendrait pas qu’elle soit bien disposée pour continuer à tourner. Alors elle était là, un petit sac en bandoulière avec un carnet de note à l’intérieur, attendant que son supérieur en ait terminé avec son monologue déclamé avec monotonie et une condescendance parfaitement audible, et elle se demandait bien ce qu’ils trouveraient de plus sur une scène qui avait déjà été examinée lorsqu’un bruit plus loin la fit tourner vivement la tête. Elle resta immobile un moment, finissant par se dire qu’elle avait seulement imaginé ce son lorsqu’elle l’entendit à nouveau. Cette fois, même le criminologue qu’elle accompagnait se redressa, agacé qu’on l’interrompe dans ses explications et son monologue. Bombant le torse comme un coq, décidé à voir ce qui se tramait, il fit signe à Gene de ne pas bouger et s’éloigna dans les couloirs déserts, sa lampe torche à la main. La mutante n’était pas certaine que se séparer dans un décor digne d’un film d’horreur était une excellente idée, d’autant plus lorsqu’il s’agissait d’une véritable scène de crime, mais elle n’eut pas l’occasion d’émettre la moindre protestation que déjà le grand type au visage sec avait disparu au détour du corridor. En soupirant, elle resta là, cherchant d’autres indices en attendant, jusqu’à réaliser que ça devait faire vingt bonnes minutes qu’elle était toute seule. Pas rassurée le moins du monde, elle sortit sa petite lampe torche à son tour et se mit à la recherche du scientifique, tentant de calmer ses angoisses. Ces murs décrépis, ces morceaux de plâtre qui crissaient sous ses chaussures, ces câbles et ces fragments de barre de fer qui pendaient du plafond : tout l’environnement avait de quoi faire se dresser les cheveux sur la tête de l’impressionnable jeune femme qu’elle était. Aussi, ce ne fut pas très étonnant qu’elle sursaute violemment en entendant du bruit derrière elle et qu’elle se retourne vivement, braquant sa lumière sur … une jeune femme qu’elle n’avait absolument jamais vu de sa vie. Si c’était une squatteuse, elle allait être mal. Ses illusions lui seraient plus que vitales si jamais elle se retrouvait dans des problèmes aussi gros qu’elle le pensait.

- Euh … bonsoir … ?


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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] In the middle of the night [ft. Ivo & Hippo]   Jeu 14 Juil 2016 - 23:17


-gene, hippolyte & ivory-
In the middle of the night
Depuis qu’Ivory avait déménagé et changé de job, elle n’avait pas encore vraiment profité. Il y avait eu beaucoup de paperasses, mais c’était un mal nécessaire. Elle se sentait plus libre. Pas plus en sécurité, mais plus libre. Au moins avait-elle quand même protégé un peu les personnes qu’elle connaissait en agissant comme ça. Elle ne pouvait pas en être certaine, mais elle avait fait de son mieux en tout cas. C’était déjà pas mal au fond. Et ce soir, elle comptait bien profiter de cette liberté retrouvée malgré la créature qu’un des labos de la ville avait laissé filer. À ses yeux, il était maintenant très clair que quelqu’un avait maudit ce foutu patelin et que le calme ne règnerait jamais. Faute de calme, Ivo ne se priverait pas pour autant. C’était un peu pour ça qu’elle avait choisi ce bâtiment abandonné en bordure de la ville, assez loin de chez elle, mais pas trop, pour enfin ressortir ses bombes de peintures et ses modèles.
L’art lui manquait, se laisser aller à son inspiration encore plus. Elle n’en vivrait jamais, mais ça n’était pas le but de la manœuvre. Ivo était un esprit libre et elle avait compris que tenter de se conformer même un minimum à la société, c’était peine perdue. Encore plus quand on a un psychopathe qui menaçait de vous tuer. Alors elle avait décidé de vivre comme elle en avait envie et franchement, elle se sentait mieux.

Dans l’immeuble, elle sélectionna quelques murs et elle se mit au boulot. Elle n’entendit personne dans un premier temps, mais elle restait sur ses gardes, en ville et en dehors, il valait mieux faire attention à tout, y compris à des bruits qu’on aurait pu juger inoffensif. Le pire dans tout ça, c’était que cette espèce de force toute neuve, elle la devait à son histoire suicidaire avec Charlie. Elle se sentait plus forte et plus libre, plus décidée que jamais à n’en faire qu’à sa tête et à pouvoir se défendre et se battre pour ça. Pour beaucoup, ça n’aurait eu aucun sens, mais elle ne demandait à personne de comprendre de toute façon.
Quand Ivo descendit d’un étage, elle se retrouva face à face avec une femme qui devait avoir plus ou moins son âge. Les doigts tâchés d’un tas de nuances de peinture qui donnait une couleur dégueulasse, elle adressa un signe à la demoiselle e, redressant son sac à dos qui se faisait la malle, faisant ainsi s’entrechoquer les bombes de peintures. Elle n’en semblait même pas gênée.

- « Salut. »

Haut perchée sur ses talons avec sa lampe de poche, un jeans slim tout aussi tâché que ses doigts, un t-shirt qui avait sans doute vu beaucoup de travaux et ses cheveux beaucoup trop longs ramenés en couettes retenues par de nombreux élastiques pour que ses cheveux ne la gênent pas trop, Ivory n’avait clairement pas l’air d’une adulte responsable. C’était un euphémisme. En vérité, elle ne s’était jamais considérée comme tel. Qui voulait devenir adulte et perdre l’éclat propre aux enfants de toute façon ? On pouvait grandir, devenir conscient de son environnement, sans pour autant rien lâcher après tout.

- « Z’avez pas l’air très à l’aise. J’dis ça j’dis rien… Vous avez croisé un fantôme ? » Autre bruit non loin… Autre personne ? « Y a quelqu’un d’autre avec vous ? »

Non, elle n’allait pas stupidement hurler en demandant s’il y avait quelqu’un. Pouvait-on faire plus débile dans les films d’horreurs d’ailleurs ?
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] In the middle of the night [ft. Ivo & Hippo]   Mer 20 Juil 2016 - 15:17

In the middle of the night
Gene & Ivory & Hippolyte



Hippolyte Caesar faisait partie de ces chasseurs rodés, entraînés, il avait passé plus de trente années de sa vie à traquet des mutants et à les abattre au nom d'une cause qu'on lui avait vendue comme étant juste. Il n'éprouvait ni dégoût ni plaisir à tuer, c'était un travail comme un autre, qu'il convenait d'effectuer avec le plus de propreté et de rigueur possible. Quelque part, il n'avait jamais envisagé les choses autrement.

Et puis il s'était découvert une mutation sortie de nulle part, appris que Marius en était un lui aussi, tenté de le tuer pour une bête histoire de gêne... C'était peut-être ça, le coup de fouet dont il avait besoin pour s'éveiller après des décennies dans la peau d'un brave petit soldat. Etait-il dans l'erreur depuis le début ? Pouvait-il se permettre de faire une exception avec Marius et ne pas subir de culpabilité pour les autres ?

Cela faisait plus de deux mois qu'Hippolyte n'était pas sortit chassé le mutant. Trop occupé à tenter de recouvrer la mémoire, trop inquiet pour la santé de Marius, fatigué de se prendre la tête à lui faire comprendre qu'il n'était pas un déchet pour la société mais simplement un idiot fini. Ce qui, en soi, changeait pas mal de choses. Seulement, cette histoire de créature échappée de ses laboratoires le tracassait bien trop pour qu'il ne s'y implique pas personnellement. Il avait été plus que surpris d'apprendre qu'on l'accusait d'en être le responsable, puisqu'il ne se souvenait pas avoir jamais autorisé de tels tests sur des humains. Pour cause, c'était Marius qui avait signé tous les papiers pendant que son père était à l'hôpital. Pendant un instant, celui-ci avait été tenté de mettre trois paires de baffes à son fils en le traitant d'incompétent, avant de se rappeler qu'un peu trop de stress pouvait le faire passer en deux minutes de la case « survivant » à « six pieds sous terre ».

C'est pourquoi il se retrouvait dans ce vieil immeuble désaffecté, sur les traces de la créature, réfléchissait en même temps à un moyen de blanchir son abruti de fils cadet. Il faisait nuit noire, seule la lumière de la lune et sa lampe de poche éclairaient d'une lumière blafarde les lieux. Silencieux, le chasseur évoluait entre les étages en inspectant chaque pièce avec minutie. Et à vrai dire, s'il s'attendait à croiser quelqu'un, c'était la créature. Pas deux demoiselles qui n'avaient visiblement rien à faire là. Braquant la lumière de sa lampe torche au sol pour ne pas les aveugler, il les détailla d'un regard froid. Il baissa le revolver qu'il avait dans l'autre main sans un mot. Une jeune fille dont l'innocence transpirait par tous les pores de sa peau, à tel point qu'il s'étonnait de ne pas voir une auréole scintiller au dessus de sa tête et une... Artiste ? Haussant un sourcil, le chasseur la dévisagea. Couverte de peinture, un look improbable d'un goût plus que douteux et des couettes qui lui donnaient l'allure d'une gamine de six ans. Qu'est ce que c'était que cet énergumène ?

« Qu'est ce que vous fichez ici ? C'est dangereux, vous feriez mieux de vous en aller... »

Puis, toisant la punkette avec un regard peu aimable, il ajouta.

« A moins que mademoiselle l'artiste n'ait décrété qu'un immeuble désafecté était l'endroit idéal pour accueillir ses croûtes ? »

S'il était désagréable ? Si peu... Il n'avait pas envie de s'embarrasser de deux gamines alors qu'il cherchait une créature plus que dangereuse.

« Je ne voudrais pas vous affoler, mais la créature qui rôde dans Radcliff est ici... Et elle n'a pas spécialement l'intention de vous proposer de jouer aux cartes. »

Sans rien ajouter, il les contourna et inspecta la pièce la plus proche. Rien non plus. C'est à ce moment qu'un hurlement retentit à l'étage du dessus, faisant se figer le chasseur sur place. Tournant à nouveau les yeux vers les deux inconnues, il chuchota.

« L'une de vous est venue accompagnée ? »
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] In the middle of the night [ft. Ivo & Hippo]   Sam 23 Juil 2016 - 19:04

In the middle of the night
Gene & Ivory & Hippolyte



Gene ne s’était pas spécialement attendu à croiser quelqu’un d’autre ce soir. A dire vrai, elle aurait plutôt imaginé finir son investigation avec son supérieur, rentrer chez elle et finir la soirée devant une série, un film ou un jeu histoire de se vider la tête. Mais la situation avait commencé à prendre un tournant qui ne lui plaisait pas beaucoup, et plus les minutes avançaient, plus elle avait l’impression de se retrouver dans un film d’horreur – seule, de nuit, dans un immeuble abandonné où avait été commis un meurtre quelques jours plus tôt. Et voilà qu’elle se retrouvait face à une parfaite inconnue jaillie de nulle part. Certes, elle n’avait pas l’air hostile, mais la mutante savait qu’il ne fallait pas se fier aux apparences. Celle de la jeune femme devant elle était pour le moins remarquable : de la peinture partout, des cheveux d’un noir de jais noués en couettes et un sac en bandoulière autour de l’épaule, elle ne passait pas spécialement inaperçue. C’était le genre de look qui plaisait beaucoup à Gene, mais elle était un peu trop stressée pour penser à la complimenter sur son allure – même s’il fallait bien avouer qu’elle se sentait un peu moins peureuse maintenant qu’elle n’était plus toute seule.
Cette impression ne dura pas longtemps néanmoins ; il suffit d’un bruit plus loin dans le couloir pour qu’elle se retourne vivement. Elle hocha la tête à la question qu’on lui posa.

- Ouais, y a quelqu’un – un criminologue avec lequel je bosse.

Ce n’était pas forcément le genre d’information à révéler à n’importe qui, elle s’en rendit compte après avoir parlé. Les criminologues faisaient partie de la police et elle savait qu’après tous les scandales qui avaient touché celle de Radcliff, elle n’était plus vraiment très bien vue par la population locale. Tant pis : si elle devait se faire hurler dessus parce qu’elle était liée à cette institution, alors soit. Elle assumait d’être ici à une heure aussi tardive.
En revanche, l’homme qui surgit soudain au détour du couloir, elle ne savait absolument pas ce qu’il faisait ici. Et de voir cette silhouette toute de noir vêtue arriver vers elles, un pistolet à la main, ça n’apaisa pas son esprit du tout. L’étudiante déglutit un peu, la tête légèrement rentrée dans les épaules, impressionnée par l’air autoritaire qui se dégageait du nouvel arrivant. Elle pâlit en apprenant que le monstre qui terrorisait la ville se trouvait dans les environs proches, sentant la peur revenir au galop. Il ne manquait plus que ça : qu’elle se retrouve plantée là avec une créature enragée que personne n’arrivait à capturer et qui avait déjà fait son lot de morts. Elle hocha doucement la tête et regarda l’inconnue à côté d’elle, puis se décida à aller attendre dehors près de la voiture dans laquelle elle était arrivée. Mais alors qu’elle s’apprêtait à tourner les talons, Gene entendit un hurlement terrible provenir de l’étage supérieur et elle pâlit violemment. Elle déglutit et regarda l’homme qui s’était de nouveau tourné dans leur direction avant d’hocher doucement la tête et de répondre en murmurant :

- Moi. Je … je suis venue travailler avec mon supérieur.

Ce n’était pas vraiment son supérieur à proprement parler, mais c’était lui qui se chargeait de surveiller ses opérations, de relire ses rapports et de lui apprendre les ficelles du métier sur le terrain. Un autre hurlement retentit et elle écarquilla les yeux.

- Il faut l’aider. On peut pas le laisser comme ça.

C’était complètement idiot, suicidaire, dangereux à souhait, mais d’imaginer ce type se faire dévorer vivant par un monstre sanguinaire, elle avait beaucoup de mal à l’accepter alors qu’elle aurait pu faire quelque chose – elle ne savait pas quoi, mais quelque chose.



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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] In the middle of the night [ft. Ivo & Hippo]   Mar 2 Aoû 2016 - 19:42

-gene, hippolyte & ivory-
In the middle of the night
Ivory n’était venue que pour profiter du coin reculé, pouvoir barbouiller les murs en toute quiétude, renouer avec ses passions. Elle n’avait pas vraiment prévu de tomber nez-à-nez avec des gens. La demoiselle à la limite, elle pouvait s’y faire. Elle avait l’air timide mais plutôt sympa même si dans cette ville, mieux ne valait pas s’y fier. Le mec qui avait l’âge d’être son vieux et qui en avait même un peu l’attitude, elle s’en serait bien passée en revanche. Elle retrouvait dans son regard quelque chose de Shaun et d’autres gens qu’elle avait croisé. De la condescendance pour l’essentiel et une propension à juger gratos. Ça aurait pu la toucher à une époque, mais à l’heure actuelle, ça n’était certainement pas ça qui allait la faire sortir de ses gonds. D’ailleurs, elle prit le temps de lui offrir son plus beau sourire label « je t’emmerde mon vieux ». Qu’il le prenne comme bon lui semble. Que les quatre qu’ils étaient censés être, il manquait quelqu’un. Non pas qu’elle était pressée d’encore se faire juger de la racine des cheveux jusqu’aux orteils. Rien qu’à le voir, elle se demandait si Marius n’avait pas été adopté. Ivory n’avait jamais rencontré son père, mais c’était difficile de ne pas savoir à quoi il ressemblait puisque c’était aussi le patron de sa sœur. Sérieusement…

- « Mademoiselle l’artiste vous emmerde vous et votre jugement à la con. Cette ville est de toute façon un foutu danger dans son ensemble. »

Elle n’aurait peut-être pas du lâcher ça comme ça et sur un ton à la fois agacé et sarcastique, mais tant pis. C’était trop tard, c’était dit. D’autant que bien évidemment, il fallait qu’elle ait choisi un endroit où rôdait la bestiole. Ça ne la surprenait même plus. Manquait plus que Roman tiens. À la question sur l’accompagnement, Ivo pointa du pouce la demoiselle à côté d’elle sans rien ajouter. Quelque chose lui disait que le gars ne risquait pas de se pointer avec le sourire et qu’il y avait même de forte chance pour qu’il ne se repointe même pas.

- « Franchement, j’suis pas sûre qu’on puisse encore grand-chose pour lui, sans vouloir être défaitiste. » Mais elle n’aurait pas aimé une réponse comme ça et toute égoïste qu’elle était devenue concernant ce genre de chose, elle soupira. « Mais sait-on jamais. »

Quand un cri de plus se fit entendre bien que moins expressif, Ivo soupira et tripota un moment l’intérieur de son pendentif avant de le refermer, le bout de ses doigts étant déjà en train de prendre une étrange teinte, une étrange texture. Seth avait finalement pu lui trouver un tout petit diamant, facile à planquer, elle allait pouvoir mettre à l’épreuve la solidité de la chose, se concentrant pour accélérer le phénomène. L’un des deux pouvaient très bien haïr les mutants, voire même les deux, mais elle n’en avait rien à cirer… Dans le pire des cas, elle les laisserait en plan et ils se demeureraient avec la bestiole.

- « J’ai pas spécialement envie de jouer aux cartes, mais faut au moins essayer de sortir ce type de là. »

À ce stade, la texture avait déjà gagné pas mal de terrain, il ne lui faudrait que quelques secondes pour finir son chemin.
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] In the middle of the night [ft. Ivo & Hippo]   Dim 11 Sep 2016 - 18:53

In the middle of the night
Gene & Ivory & Hippolyte



Hippolyte détestait viscéralement l'insolence et l'insubordination. Son calme et sa patience avaient d'ailleurs été mis à rude épreuve pendant des années, avec Marius, mais il était toujours pris de l'effroyable envie de faire goûter le parquet à tous ceux qui osaient lui répondre avec un peu trop de hargne. Aussi, il n'était pas étonnant de constater qu'il avait déjà l'irrépressible envie de faire bouffer ses couettes à l'artiste en herbe qui l'envoyait balader. Elle avait la langue bien pendue, et il se demandait combien de temps elle pourrait tenir ainsi face à un monstre déterminé à tout détruire sur son passage. Qui sait ? Peut-être arriverait-elle à le mettre suffisamment en colère pour qu'il ne s'intéresse plus qu'à elle ?

« Si vous avez envie de vous faire tuer, grand bien vous fasse... », marmonna-t-il avant se tourner vers la timide jeune femme qui l'accompagnait.

Plus effacée, plus apeurée aussi, elle semblait n'avoir qu'une envie : sortir du bâtiment en un seul morceau. N'importe qui l'aurait souhaité, de toute manière. Ainsi donc, c'était avec un criminologue qu'elle était venue. Comme si dresser un portrait psychologique à deux dollars de la créature pouvait leur servir à quoi que ce soit... C'était plus fort que lui, Hippolyte détestait la psychologie. Il avait horreur de cette non science invasive, sans aucun résultat fiable, se basant sur cette chose bien trop complexe qu'était l'esprit humain. On pouvait interpréter la même expression de bien trop de façon différente, en psychologie, et il se souvenait encore de cet individu sirupeux qui était venu l'emmerder tous les jours après son réveil à l'hôpital pour tenter de l'aider à retrouver tous ses souvenirs. La psychologie, c'était l'art et la manière d'emmerder, de chercher des problèmes où il n'y en avait pas, et de facturer le tout plusieurs centaines de dollars. Et la psychologie criminelle, c'était la même chose : à quoi bon tenter d'excuser un criminel ? Pourtant, le chasseur ne releva pas, se contentant simplement de hocher la tête car en effet, l'homme qui accompagnait la jeune étudiante allait avoir besoin d'aide et vite.

« Vous pouvez me dire par où il est parti ? Qu'on sache au moins dans quelle direction le chercher... »

A peine avait-il eu le temps de prononcer ces quelques mots que Mimi Cracra reprenait pour leur affirmer qu'il n'y avait déjà plus rien à faire pour le pauvre homme. Certes, elle avait sûrement raison, mais ça ne leur coûtait pas grand chose, si ce n'est quelques frayeurs, de tenter de le sauver. Un nouveau hurlement retentit, comme pour appuyer les dires de la jeune femme, et le chasseur se tourna vers le couloir qui menait à l'étage supérieur. Plus de doute possible, le type était quelque part au dessus d'eux. Se tournant à nouveau vers les deux femmes, il fronça les sourcils en voyant la peau de la punkette en train de changer de couleur. L'arrondis du visage vit ses angles se durcir, l'épiderme se mit à briller, et il ne fallu par longtemps au chasseur aguerrit qu'il était pour comprendre qu'il avait affaire à une mutante. Il dut alors lutter contre l'irrépressible envie de sortir son arme pour lui mettre une balle dans le crâne avant que la transformation ne soit totalement achevée. Difficile de se battre contre trois décennies de chasse, d'habitudes, d'absence totale de remords lorsqu'il abattait un mutant... Et difficile de ne pas voir Marius à la place de la jeune femme, de ne pas se dire que ce pourrait être lui. Il l'entendait encore lui demander s'il avait l'intention de tenter de le tuer à nouveau, il se revoyait encore lui affirmer avec une certitude sans faille que jamais il ne pourrait à nouveau tenter quoi que ce soit. Mais son esprit trop rationnel, trop logique, trop mathématique lui hurlait qu'il était inconcevable d'en épargner un s'il tuait les autres sans distinction. Détruire la créature qui était sortie de ses laboratoires, c'était une chose. Neutraliser un mutant mégalomane ou dangereux également. Mais s'en prendre à une mutante qui n'avait finalement rien fait d'autres qu'utiliser son don pour se protéger de ce qui allait suivre... Bon sang qu'il réfléchissait trop. La main tremblante et serrée autour de son revolver, il luttait contre ce geste naturel qui l'aurait poussé à lever le bras. Soupirant, il préféra désigner le couloir d'un mouvement de tête.

« Les cris venaient de là-bas... Si vous avez fini votre petit numéro, on peut peut-être y aller ? »

Et que faire de la demoiselle apeurée qui les accompagnait ? La laisser dans ce couloir en espérant qu'elle serait en sécurité ? Non... Il valait mieux qu'elle vienne elle aussi. Une fois face à l'escalier, Hippolyte leur intima le silence, gravissant les marches le plus silencieusement possible. Mais ça, c'était sans compter la créature qui, dans la pièce d'à côté, envoya valser un meuble à travers la cloison, lequel alla terminer sa course dans l'escalier, en détruisant la moitié au passage. Le chasseur eut tout juste le temps de s'agripper à la rambarde d'une main et saisir le bras de l'étudiante de l'autre avant qu'elle ne chute. Il hissa la jeune femme, se releva à son tour et scruta l'obscurité à l'aide d'une pâle faisceau de sa lampe torche. Rien. Aucune trace de la jeune artiste, et pas un bruit également. Tout ce que l'on pouvait espérer pour elle, c'est que sa mutation la sauve d'une mort certaine. Hippolyte fut tenté d'appeler pour avoir de ses nouvelles, mais il craignait que la créature ne les entende. C'est finalement lorsqu'il vit du mouvement dans les décombres qu'il comprit que la jeune femme s'en était sortie, et que s'ils faisaient vite avec la créature, lui et la criminologue en herbe pourraient lui porter secours.

« Vous n'avez rien ? » Demanda-t-il machinalement à la jeune femme.

Passé ce moment de frayeur, Hippolyte se dirigea vers la pièce d'où était sortit le meuble, lequel avait laissé un trou béant dans le mur. Et à l'intérieur, point de créature assoiffée de sang, mais un spectacle autrement plus macabre... Le cadavre d'un homme, probablement le criminologue, couvert de sang et les entrailles à moitié répandues sur le sol.

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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] In the middle of the night [ft. Ivo & Hippo]   Dim 25 Sep 2016 - 4:54

In the middle of the night
Gene & Ivory & Hippolyte



Gene avait peur. C’était une émotion qu’elle contrôlait très mal et, toute hyperémotive qu’elle était, elle doutait d’y parvenir un jour. Son imagination débordante et sa tendance à tout dramatiser ne l’aidaient pas à rester calme, et il n’avait pas fallu très longtemps pour qu’elle en arrive à la conclusion qu’elle ne ressortirait pas vivante de ce bâtiment, voire qu’elle y mourrait seule, abandonnée par les inconnus qu’elle avait croisé au détour d’un couloir qu’elle aurait pourtant pensé vide. Cependant, rien ne l’inquiétait autant que les hurlements terribles qu’ils entendaient depuis quelques instants. Elle doutait qu’il s’agisse d’une cinquième personne, et elle ne pouvait que penser au criminologue qui l’accompagnait, à ce qu’il devait être en train de subir aux mains d’elle ne savait qui ou quoi, et elle n’avait aucune idée de comment gérer la situation. En revanche, elle ne se priva pas de lancer un regard aussi bien paniqué qu’incrédule et même légèrement courroucé à la jeune femme qui se tenait près d’elle. Comment pouvait-elle affirmer une chose pareille avec autant de détachement ? Il était question d’une vie qui était peut-être en train de toucher à sa fin, mais l’étudiante ne pourrait certainement pas se résoudre à laisser là son supérieur. Mais elle alors qu’elle commençait à ouvrir la bouche pour répondre, elle remarqua que la texture de sa peau était en train de changer. De pâle et douce, elle devenait plus translucide, brillant à la faible lumière de leurs lampes de poche respectives. A voir une deuxième mutante, elle se sentit légèrement plus rassurée : son don à elle était purement mental et elle n’était pas certaine de pouvoir se défendre grâce à lui, alors que ce qu’elle voyait là semblait être autrement plus efficace pour gérer le monstre qui rôdait entre ces murs.
L’homme qui les avait rejointes leur intima de le suivre en silence, et elle ne se fit pas prier pour lui emboîter le pas. Elle ne savait pas se battre, mais elle pourrait toujours aider à faire diversion au cas où – et puis, elle se sentait responsable de l’état du criminologue qui supervisait son stage.
Sans un bruit, elle marcha derrière l’inconnu, et grand bien lui en pris puisque ce ne fut qu’à lui qu’elle dû de ne pas chuter lorsque le meuble traversa le mur pour venir s’écraser plus bas, entrainant une partie de l’escalier et la drôle de jeune femme avec lui. Agrippée à lui, elle hocha la tête, essayant de ne pas se laisser envahir par la panique.

- Ca … ça va.

Physiquement, c’était la vérité ; mentalement, ce n’était pas tout à fait ça. Elle se pencha par-dessus la rambarde défoncée de l’escalier et sentit une vague de soulagement pointer le bout de son nez en voyant remuer plus bas la silhouette de la demoiselle. Il faudrait appeler les secours en sortant de là.
Continuant leur ascension, le duo finit par arriver dans la pièce où les cris s’étaient tût – et pour une bonne raison : le pauvre criminologue gisait au sol, les viscères sorties de son ventre, une mare de sang se répandant rapidement autour de lui. Gene en eut un haut-le-cœur avant de sentir les larmes lui monter aux yeux. Ce n’était pas vraiment de la peur, mais plutôt du chagrin : tout aussi imbuvable eut été l’homme, il ne méritait pas de finir de manière aussi atroce.

- Oh non … murmura-t-elle, sa main venant serrer la veste de son compagnon d’infortune par pur réflexe.

Mais elle n’eut pas le temps de s’apitoyer sur le sort du mort bien longtemps : un bruit de cavalcade dans le couloir attenant lui fit se dresser les cheveux sur la tête. L’inquiétude revint au grand galop et elle regarda l’homme à côté d’elle. Elle n’avait aucune idée de ce qu’ils allaient faire désormais, ni de comment ils allaient gérer ça. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’il était armé et qu’il avait l’air de savoir ce qu’il faisait. Et s’il avait un minimum d’entraînement au combat, il n’allait pas tarder à pouvoir s’en servir alors que le monstre semblait courir dans les corridors autour de la pièce, comme pour mieux cerner le terrain et préparer son retour.
Un retour qui se terminerait sûrement dans le sang, et elle espérait qu’il ne s’agirait ni du sien ni de celui du grand quinquagénaire de noir vêtu.




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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] In the middle of the night [ft. Ivo & Hippo]   Dim 16 Oct 2016 - 21:28

In the middle of the night
Gene & Ivory & Hippolyte



Peu de choses étaient susceptibles d'effrayer Hippolyte. Il ne craignait pas l'obscurité, se fichait royalement des araignées, et état prêt à suivre la mort sans broncher le jour où elle viendrait le chercher. Il était capable de faire preuve d'un calme redoutable dans toutes les situations de stress, et il n'y avait jamais eu que Marius et ses colères, Marius et ses accidents et surtout Marius et son cœur pour l'inquiéter au point qu'il en perde son sang froid. Ça et... L'eau. Douloureux souvenir d'enfance, le chasseur ne supportait pas de mettre les pieds dans plus de vingt centimètres d'eau, et l'emmener visiter un aquarium revenait à lui provoquer une crise d'angoisse sans précédent.

Mais dans cet immeuble désaffecté, il n'y avait ni inondation, ni Marius pour lui mettre les nerfs à vif. Rien qu'une artiste au goût douteux qui était partie faire de l'archéologie dans les décombres, et un monstre sanguinaire à la peau bleue. La jeune femme qui l'accompagnait serait finalement de bien meilleure compagnie que les deux autres. Alors qu'il hissait ce petit poids plume sur le plancher poussiéreux, le monstre continuait de arpenter les pièces à quelques mètres d'eux. Faisant fi de la présence du monstre, ils montèrent à l'étage supérieur, se rapprochant non seulement de la créature, mais certainement de l'homme qui avait hurlé quelques minutes plus tôt. Sur ses gardes, Hippolyte gardait son revolver à la main et avançait à pas feutrés, invitant la jeune femme à faire de même. Lorsqu'ils découvrirent le cadavre qui accompagnait la demoiselle, le chasseur se contenta d'un soupir de résignation. A vrai dire, il avait vu plus d'un innocent mourir de la main d'un dégénéré, bien qu'il n'ait jamais vu de spectacle aussi répugnant. Les viscères à l'air, l'homme semblait avoir été dépecé vivant, et la moitié de ses organes avaient été dévorés. Il sentit la demoiselle l'agripper, et lui cacha le visage dans un geste un peu brusque mais qui se voulait réconfortant.

« Ne regardez pas... Si vous commencez à vomir, vous allez vous faire tuer dans la minute. Qui était cet homme ? »

C'était cru mais étonnement réaliste. Si elle commençait à flancher ici, elle ne tiendrait pas trente secondes face au monstre. Lequel revint à la charge au moment même où le chasseur finissait sa phrase, cavalant dans les couloirs comme s'il voulait leur rappeler qu'il était là, et qu'ils étaient pris au piège. Immédiatement, Hippolyte fit passer la jeune femme derrière elle, s'assura que le chargeur de son revolver était plein, et le brandit en direction de la porte. Il indiqua rapidement sa ceinture à la demoiselle

« Prenez le couteau qui est attaché à ma ceinture, vous aurez au moins quelque chose pour vous défendre contre cette créature. »

Reculant doucement, il tenta d'ouvrir la porte secondaire, celle qui menait à la pièce suivante, mais elle était loquée de l'autre côté par un meuble ou un écroulement du plafond. Finalement, lorsque la créature entra, ils n'avaient plus la moindre possibilité de sortir. Le monstre barrait la seule sortie, ils étaient au quatrième étage, et il n'y avait aucune sortie de secours. Pendant un long moment, le monstre les regarda fixement, ses babines couvertes de bave et de sang, puis son regard se porta sur sa première victime, laquelle gisait à quelques dizaines de centimètres de Gene et Hippolyte. Alors, pour protéger son repas, il se jeta sur eux, toutes griffes dehors, en poussant un grognement guttural. Hippolyte poussa Gene sur le côté et se prit la créature de plein fouet. A moitié assommé contre le mur, il tenta de la repousser, stupéfait par la force brute de la bête. Malheureusement, il n'avait qu'un revolver, et le couteau qu'il gardait au cas où dans sa botte était inaccessible.

« Fuyez ! Dépêchez-vous pendant que je le retiens ! »

Allait-il mourir ici ? Tué par une créature ironiquement sortie de ses laboratoires. Il parvint à tirer une balle, mais celle-ci ne fit qu'effleurer le flanc de la bête qui, de rage, redoubla de violence.
© Grey WIND.

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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] In the middle of the night [ft. Ivo & Hippo]   Dim 25 Déc 2016 - 19:29

In the middle of the night
Gene & Ivory & Hippolyte



Si elle avait pu prévoir que les choses prendraient un tournant aussi tragique, Gene n’aurait pas mis les pieds hors de chez elle ce soir-là, et elle aurait tout fait pour empêcher son supérieur de l’emmener vadrouiller dans la zone industrielle déserte. Fallait-il être fou ou bien complètement inconscient pour s’aventurer dans des quartiers pareils alors qu’un monstre rôdait dans les rues de la ville. La créature ne se cantonnait pas aux endroits désaffectés pourtant : elle avait été aperçue dans les coins huppés comme dans les quartiers résidentiels, en forêt ou bien encore dans les usines qui bordaient çà et là les limites de Radcliff. Rien ni personne ne pouvait prévoir ses mouvements, comprendre son mode de pensée ou ce qui la motivait si ce n’était une soif de sang que rien ne semblait satisfaire. C’était un monstre comme on en voyait dans les films ou dans les livres, une chose qui ne vivait que pour chasser et tuer. Il n’aurait plus manqué que sa morsure soit contagieuse et l’Etat aurait été rasé en un rien de temps par une armée d’hommes et de femmes dénaturés par une mutation qui n’avait rien à avoir avec celle dont la nature avait pourvu la jeune étudiante.
Mutation qui menaçait d’ailleurs de surgir à tout instant tant elle était à fleur de peau. La peur, le stress, un instinct de survie venu de nulle part, tout cela contribuait à la mettre dans un tel état que le moindre stimulus trop violent aurait tôt fait de révéler ses illusions à l’homme sévère aux côtés duquel elle se tenait. Il ne manqua pas d’ailleurs de lui cacher le visage, un peu brusquement certes, mais il eut au moins le mérite de l’arracher à la vision du cadavre éventré à deux pas de là. Elle aurait volontiers répondu à la question qu’on lui posa, mais un bruit de course autour de la pièce lui coupa tout envie de répondre. Elle se laissa totalement faire lorsque son camarade d’infortune la fit passer derrière lui ; après tout, armé et préparé comme il était, il avait bien plus de chance qu’elle de tenir tête à la créature qui s’apprêtait à les attaquer. Elle, elle ne savait pas se battre. La seule chose qu’elle savait faire, c’était manier ses illusions au point où même le sens du toucher en était affecté. Elle n’avait jamais utilisé son don pour faire du mal, mais peut-être que cette fois, il lui faudrait faire une exception. Obéissant à l’ordre qui lui était donné, elle récupéra le long couteau de chasse à la ceinture de l’homme et serra sa prise autour du manche de cuir. Docile encore, elle suivit le mouvement jusqu’à la porte secondaire qui resta désespérément fermée. Un instant plus tard, le monstre entrait en trombes, les fixant de son regard fou injecté de sang. La seconde d’après, il était sur eux. Se sentant poussée en arrière, Gene recula et ne put que voir l’homme se faire assaillir avec une violence rare. La bête griffait et mordait, redoublant de fureur lorsqu’une balle frappa son flanc, le blessant juste assez pour l’enrager d’autant plus.
Figée sur place, la jeune femme ne savait pas quoi faire. Son instinct lui hurlait de fuir, et elle était prête à tourner les talons et courir dans la nuit pour échapper à une mort certaine, mais … mais elle était trop altruiste, trop empathique, trop attachée à son prochain malgré ce qu’elle pouvait prétendre pour laisser l’inconnu à son triste sort. Alors, elle laissa jaillir la mutation qu’elle jugulait tant bien que mal depuis ces dernières minutes.
Un hurlement strident, horrible, retentit dans la salle alors qu’une gigantesque silhouette blanche tomba du plafond droit sur la bête qui recula, montrant les crocs face à l’aberration qui se tenait maintenant devant elle. Le nouveau monstre avait des allure humanoïdes, une peau blafarde tendue sur des os secs et des tendons visibles sous un épidermes qu’on aurait dit abimé par le froid. Deux yeux aveugles enfoncés dans un crâne chauve surmontaient une bouche garnie de crocs pointus qui dépassaient de ses lèvres gercées comme autant de petites lames de couteaux. Les deux êtres difformes se jaugèrent du regard, grondant et bavant, hostiles. Finalement, ce fut le grand wendigo qui se jeta le premier sur son adversaire, toutes griffes dehors. L’illusion était visible aussi bien pour le mutant difforme que pour l’inconnu que Gene se précipita pour aider à se relever. Laissant l’hallucination faire son travail, laissant sa mutation active pour ne pas rompre le charme trop tôt, elle attrapa le bras de l’homme et l’entraina à sa suite vers la sortie. Elle ne sut pas vraiment quelle direction elle prenait ; tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle dévala les escaliers jusqu’à être bloquée par l’éboulement qui leur avait coupé la route plus tôt. Alors elle bifurqua dans les couloirs et finit par tourner dans une pièce vide. Lâchant l’inconnu, elle posa les mains sur ses cuisses et se plia en deux, inspirant et respirant longuement pour retrouver son souffle. Elle n’était pas une grande sportive, et cette petite course puisait dans le peu d’endurance qu’elle avait.
Finalement, relevant les yeux vers l’homme au regard sévère, elle parvint à dire lorsqu’elle put respirer correctement :

- Les wendigos, c’est … toujours efficace … Désolée de pas avoir réagi plus tôt.





© Grey WIND.

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[INTRIGUE] In the middle of the night [ft. Ivo & Hippo]

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