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 Forgive me, I just didn't know what to do ⚔ Mason

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MessageSujet: Forgive me, I just didn't know what to do ⚔ Mason   Mar 2 Aoû 2016 - 1:12

Elle avançait. Elle avançait comme un félin fonçant sur sa proie, dans ces grands couloirs blancs qui ne semblaient n'avoir ni début ni fin. Dans ces grands couloirs aux murs blancs, aux plafonds blancs, aux sols blancs. Dans cet univers tout à fait aseptisé, aussi bien au sens propre qu'au sens figuré. Les hôpitaux ont cette senteur si particulière qui vous prend aux tripes et vous remuent, vous rendant incapable de demeurer insensibles, de ne rien ressentir, de ne pas au moins avoir votre propre perception des choses. Cependant l'effet est plus ou moins important et plus ou moins insupportable selon la personne. Et si, jusque là, Sloane estimait plutôt appartenir aux gens qui ne se sentaient pas extrêmement mal à l'aise et angoissé dans les hôpitaux, là, pour le coup, la donne était toute autre. Sans doute parce que jusqu'à maintenant, elle n'avait majoritairement mis les pieds dans un hôpital autrement que pour interroger des victimes dans le cadre de son travail, ou bien encore quand elle avait accouché. En d'autres termes, il n'avait presque jamais s'agit d'expériences la concernant personnellement directement, et lorsque cela fut le cas pour la première fois, cela avait été pour une bonne nouvelle, pour une excellente nouvelle, même. Willow n'avait jamais été une enfant maladive, et Sloane travaillant souvent en collaboration avec le personnel soignant, elle savait à quel point il était essentiel pour eux de voir leurs services les plus désengorgés possible de tous ces petits cas qui ne nécessitaient pas forcément un petit tour par les urgences. Alors, lorsque sa fille avait pu être malade, la jeune femme s'était toujours d'abord adressé à son médecin de famille, et les choses étaient alors toujours rentrées dans l'ordre suite à ses diagnostics et prescriptions. Mais quand la capacité surnaturelle de Willow s'était réveillée, Sloane s'était montrée bien trop désemparée pour savoir à qui s'adresser directement, sans parler du fait qu'elle n'était pas la plus apte et prompte à faire confiance à n'importe qui pour gérer les choses. Son instinct de mère s'était déployé pour lui éviter d'affoler tout le monde, et de consulter trop de spécialistes à la fois, et à mesure de l'incapacité de chacun d'entre eux à se prononcer, elle avait cessé toute consultation, se renfermant sur elle-même, se disant qu'en tant que sa mère, elle ne laisserait pas sa fille subir encore et encore des examens infructueux et très traumatiques pour la petite bout de chou qu'elle était. Peut-être avait-elle eu tord ... Et cela n'avait été qu'à cet instant là que l'odeur de l'hôpital avait changé de signification pour elle, devenant plus lourde, plus pesante, plus anxiogène, et plus létale, aussi.

Et maintenant ... Maintenant, elle angoissait, ne sachant trop quoi faire de son propre corps, et voyant les secondes s'écouler avec trop de lenteur, trop peu d'empressement. Son taux d'inquiétude et d'incertitudes ne faisait qu'augmenter à chaque grain de sable s'écoulant vers le bas dans le sablier du temps. Le raid mené conjointement par les forces de police et le FBI, représenté ici par nul autre que Mason, avait pris fin depuis plusieurs minutes déjà. Un raid mené contre les laboratoires qui détenaient Willow. Sloane ne s'était pas fait confiance, du moins, pas suffisamment pour demander à être embarquée. De toute façon, le lui aurait-on réellement permis ? Son supérieur direct, à savoir le Sheriff Castellanos, n'était pas aux faits de tout la concernant, pas plus qu'il n'était en mesure de se proclamer omniscient concernant tout ce qui pouvait bien se passer en ville, preuve en avait déjà été faîte à plusieurs reprises, malheureusement. Mais peut-être qu'il avait fini par comprendre, pour Willow, ou peut-être que la jeune femme se faisait des films. En tout cas, elle n'avait voulu courir aucun risque. Elle se connaissait. Elle savait qu'elle pouvait vraiment se révéler impulsive et démesurée lorsque quelque chose lui tenait à cœur, ou lorsque quelque chose la concernait de prêt. Certes, elle n'était pas connue pour tirer à tord et à travers, mais cela ne l'aurait sûrement pas empêché de faire exception à la règle si par malheur elle s'était retrouvée face à l'un des employés des fameux laboratoires. Et une balle, c'est vite partie. Et cela peut faire de gros dégâts, du type irréversible, surtout quand vous êtes une fine gâchette comme elle l'était elle-même. Alors, elle s'était volontairement tenue à l'écart, mais dans le fond, cela n'y avait pas changé grand chose, psychologiquement, pour elle. Elle s'était rongée les sangs, avait ruiné la jolie courbure de ses ongles coupés courts. Elle avait fait grincer encore et encore la chaise sur laquelle elle s'était assise, en attente de nouvelle, branchée sur la fréquence de la police. Elle avait bondi comme une gazelle dès lors qu'on avait annoncé la fin du raid. Elle avait manqué de bousculer une vieille d'âme, dans le hall d'entrée, lorsqu'elle avait filé en courant vers le dehors, les clefs de la première voiture de patrouille venue dans la main, dès lors qu'elle avait entendu via la fréquence radio qu'on amenait à l'hôpital plusieurs personnes détenues par les labo', et retrouvées là alors qu'on ne savait même pas trop qu'elles se trouvaient ici. Elle n'avait eu aucun doute sur le fait que sa fille était dans le lot. D'ailleurs, Mason le lui avait confirmé, très rapidement, par téléphone, alors même qu'elle n'avait pas posé trop de questions, voire même aucune, trop occupée à arriver le plus vite possible à l'hôpital.

Elle avait grillé des feux rouges, mis la sirène à fond, n'avait respecté aucune priorité et laissé traverser la rue à aucun piéton, avant de se garer n'importe comment et en dérapage faisant crisser les pneus, sur le parking de l'hôpital, sur ces places réservées exprès pour les pompiers, les forces de l'ordre et les véhicules médicaux. Mais le tout ne l'avait visiblement pas amenée à arriver avant les ambulances, à les voir garées sur le parking, et à voir l'effervescence qui régnait un peu partout. Seule avec ses questions, ses inquiétudes, ses peurs paniques, aussi, elle avançait à travers ces si longs couloirs, parce qu'on lui avait indiqué le mauvais service, à deux reprises, et que les raccourcis, dans ces fouteux lieux, visiblement, ça n'existait pas. Encore une fois, elle n'avait posé aucune question à Mason, parce qu'arriver sur place le plus vite possible était primordial. Mais maintenant, elle se disait qu'elle aurait dû. Qu'elle aurait dû le noyer de questions, qu'elle aurait dû ne lui laisser aucun répit, jusqu'à ce qu'il craque et l'envoie se faire foutre, et même avec une telle réaction de sa part, elle aurait alors dû continuer. Elle lui avait dit, sans le lui dire, vraiment, combien c'était important. Important pour elle que le raid soit un succès, important aussi qu'on sorte sa fille de là, leur fille de là. Qu'il s'assure lui-même de son cas. Elle n'avait presque rien pu lui dire quand il s'apprêtait à partir pour aller sauver leur gamine. Sa gorge était trop nouée, et elle n'avait même pas su par où commencer, et comment bien s'exprimer. Un regard long et chargé en émotions et en significations avait sans doute suffit, mais elle n'en était pas sûre. Pas sûre du tout même. Elle avait juste besoin qu'il assure, qu'il joue des coudes et dépasse les règles, s'il le fallait, pourvu qu'il lui ramène Willow, pourvu qu'il la sauve. Elle avait mis tant d'attentes sur ses épaules, et maintenant qu'elle savait que leur fille était arrivée à l'hôpital, elle se surprenait par flash à lui en vouloir. A lui en vouloir à lui de ne pas avoir su la tirer de là saine et sauve. Avant de se ressaisir et de se souvenir que c'était elle, elle et elle seule, qui avait fourré Willow dans des serres acérées qui ne l'avaient plus jamais laissée repartir. Avant de se dire, aussi, que, peut-être, il ne s'agissait que d'une visite médicale de contrôle, pour s'assurer que tout allait bien. Mais plongée dans l'attente et l'incertitude, elle sentait son cœur battre si fort dans ses tempes, refusait d'écouter et t'entendre les paroles du personnel médical qui pouvait bien venir vers elle. Tant que ce qu'ils avaient à lui dire, c'était qu'ils ne savaient pas, qu'il fallait directement voir ça avec le médecin qui s'occupait de Willow, elle faisait comme s'ils n'étaient pas là. Et, même, un instant, elle se dit que la seule personne qu'elle voulait entendre, c'était Willow. Pour lui dire qu'elle allait bien, qu'elle ne lui en voulait pas, que tout rentrerait dans l'ordre désormais. Oui, seule lui importait la voix de Willow, et à la limite, celle de Mason, pour lui dire en détails tout ce qui s'était passé. Alors, elle se rongeait les sangs, avançait à toute allure en bousculant du monde sans s'excuser, avant de pouvoir enfin pousser les dernières portes battantes la séparant de sa fille. Ou plutôt la séparant de la silhouette de Mason, debout dans le couloir, à l'extérieur de ce qui devait être une salle d'examen.
    « Je t'en supplie, dis moi qu'elle va bien Mason ... » Elle ne pouvait pas exactement lui tomber dans les bras, n'est-ce pas ? Alors, elle devait se contenter de se saisir de ses avants bras, comme pour le secouer si jamais ce qu'il avait à lui répondre lui déplaisait. Et sans doute aussi pour ne pas sentir brusquement ce risque de chuter à terre, face au choc, et parce qu'après toute cette course dans les couloirs, elle sentait ses jambes se muer en plomb, la brûler, et devenir aussi cotonneuse que possible.
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MessageSujet: Re: Forgive me, I just didn't know what to do ⚔ Mason   Sam 27 Aoû 2016 - 20:16



 MEET ME IN THIS BROKEN PLACE      
SHOW ME HOW TO MAKE IT NEW AGAIN
- SLOANE MCNALLY & MASON LEINSTER -
you and i were meant to be, no way to hide that sort of thing. i keep on running, i'm building bridges that i know you never wanted. look for my heart you stole it away. now i want you to burn my bridges down ⓒonerepublic| burning bridges.

Radcliff, à la fin, c’était plus comme un château de cartes : il suffisait de donner un p’tit coup quelque part – une bonne brise à un endroit bien choisi – pour que la réaction en chaine se déclenche. Direction la chute. Pour une fois, dans le bon sens. Pour une fois ; parce que bordel, c’était rare, et le Leinster avait commencé à croire qu’les choses pourraient changer ici, uniquement une fois que les gelées auraient atteint l’Enfer. Ou peut-être avaient-ils été en enfer pendant tout c’temps, s’était-il alors rappelé, avec cet arôme trop familier au bout de la langue. Il aurait presque fini par croire que la merde allait continuer, sans que jamais le vent ne tourne. Mais les choses avaient changé, maintenant. Rien que par orgueil, Mason aurait eu envie d’la voir, la tronche de Callahan avec sa tenue orange et son air dépité. D’ici peu, peut-être bien qu’ils auraient assez d’doutes, assez de preuves, pour saisir plus encore que l’entreprise du hunter. Ça f’sait un bien fou, d’avoir l’sentiment allégé de le tenir par les couilles, Alexander – de tous les tenir par les couilles ; tous ceux qui tombaient peu à peu, comme des dominos. Il suffisait de retourner le business de l’un d’eux pour découvrir des milliers de connexions avec les uns ou les autres, aux quatre coins de la ville, ou plus loin encore. Quels idiots, ils avaient été, d’suivre Lancaster comme ça, sous le feu des projecteurs. Mais pour Callahan, c’était indéniablement un plaisir tout particulier ; rien qu’pour lui faire payer d’avoir utilisé leur fille contre Sloane. Rien qu’pour avoir posé les mains sur Willow, et fait il n’savait quoi encore avec. Rien qu’pour avoir un jour adressé la parole à la gamine. Rien qu’pour l’avoir dévisagée, traitée comme une dégénérée au mieux, un rat de laboratoire au pire. Et une vulgaire pièce d’échiquier en prime, pour exercer une pression assassine sur la McNally et lui faire ployer l’échine. Ils en avaient fini, d’courber le dos et d’lécher les pieds des connards de cette ville merdique : il était temps maintenant, que ceux qui méritaient de croupir en prison le fassent. C’était à ça qu’servait la justice, non ? La justice de c’système américain auquel le Leinster avait voué des années d’sa vie : sa jeunesse dans l’armée, son début d’âge adulte au front à l’autre bout du monde. Sa trentaine dans les bureaux poussiéreux du FBI. Ouais, tous ces cons qui trônaient derrière des bureaux à Washington ou dans un tribunal à quelques kilomètres d’ici – eux tous, ils lui devaient au moins ça, et plus encore. Tant d’sentiments, mixés à l’ubris du mutant, l’avaient presque poussé à en oublier les objectifs principaux qui se profilaient ce soir. Willow. Willow était plus importante que n’importe quelle guerre d’égo et de pression ; il avait construit en lui-même une haine viscérale à l’égard du sale type qui avait utilisé sa fille comme d’un pion, il n’pouvait certainement pas s’permettre d’en faire autant. Mais à mesure que les convois de police avaient avancé direction le laboratoire secret et reclus de Callahan, le Leinster n’avait pas su avec quelles impressions jongler. Allait-il revoir sa fille, après tout c’temps, après l’avoir abandonnée entre les pattes de sa mère, alors qu’elle n’était qu’un minuscule bébé ? Ou allait-il pénétrer dans l’bâtiment, chercher de fond en comble, pour découvrir qu’en fait, les scientifiques et les hunters s’étaient bien assez tôt débarrassés de la petite, sans considération aucune pour son âge, sa candeur et son innocence ? Il aurait pu croire qu’y’avait quelque chose d’assez humain encore dans ces connards-là pour qu’ils n’soient pas allés aussi loin : mais quelle était la différence entre séparer une mère de sa fille, et user la petite pour faire pression sur la mère, et l’simple fait d’abréger les souffrances d’une gamine pour passer à autre chose ? Il avait vu, en premier front, c’que les guerres, les préjugés, la violence, faisaient aux plus innocents. Et c’n’était pas beau. C’n’était jamais beau.

Il n’avait, en fin d’compte, eu que peu d’temps pour mentalement s’préparer à tous les événements qui s’étaient enchainés dans la nuit ; dans le groupe, il avait trouvé Letha, croisant son regard avant d’se défiler bien assez tôt, comme il le faisait si souvent. S’il avait pu écouter ses tripes, il aurait eu envie que Sloane soit là aussi, parce qu’elle en avait l’droit, elle le méritait après avoir passé des années à s’occuper de Willow seule, après s’être inquiétée en solo pendant des mois et des mois. Et plus encore, probablement ; plus qu’elle n’voulait bien l’admettre, et lui cracher à la gueule quand le ton montait entre eux vis-à-vis d’cette histoire. Il les avait abandonnées, comme ça, du jour au lendemain, laissant douze ans passer sans donner d’signe de vie – et il en récoltait la plus cruelle des leçons qui soient. Il espérait quand même, que si y’avait un Bon Dieu quelque part dans l’ciel, qu’il lui laisserait une chance de s’rattraper, d’faire  les choses mieux, plutôt que d’le laisser moisir dans ses erreurs, ce qui aurait pu être mais n’serait jamais. En fin d’compte, c’était épuisant de s’construire de telles façons d’penser, en plus de subir la vie d’tous les jours, les hauts et les bas d’un quotidien merdique. Il aurait dû être professionnel, irréprochable, Mason ; pendant tout c’temps, sa seule obsession, l’seul truc qui avait attiré son attention, ç’avait été la possibilité de croiser une gamine, quelque part dans un couloir. Et si quelqu’un l’attaquait ? Et si Callahan l’avait transformée en un espèce de chien d’garde ? Et si, et si, et si. Putain, toutes les théories qui s’formaient dans sa tête ressemblaient à un mauvais roman : mais à quoi s’attendre d’autre, dans une ville comme Radcliff ? Il savait qu’il n’était pas parano, à penser comme ça. Et malgré les apparences, malgré ses deux pieds encore fermement accrochés au sol, le cœur du Leinster n’avait pas ralenti d’un centième, alors qu’il l’avait enfin trouvée. Après douze ans à faillir à tous les instincts qui auraient dû agiter son âme. Après des mois et des mois à tourner en rond, dans la paperasse, les rues du coin ; les cauchemars, les doutes. Tout ça. Une douche glacée qui le laissait hagard, au milieu du couloir de l’hôpital : il venait lui-même d’y porter la gamine, à bout de bras, alors qu’elle était encore inconsciente, vociférant aux quatre coins des urgences à la recherche du premier médecin qui bondirait dans l’action. D’après les ambulanciers, Willow était restée sous puissants sédatifs pendant tout c’temps, et ils étaient encore bien incapables de dire concrètement c’que ça voulait dire. Et rien qu’pour ça, Mason avait dû résister à la furieuse envie d’attraper par le col, l’type qui lui avait annoncé la nouvelle, pour l’envoyer valser plus loin, où il n’l’emmerderait pas. Mais dix minutes plus tard – ou peut-être une heure, deux heures, trois jours, il n’savait plus tant le temps semblait passer lentement et infiniment vite à la fois – le brun avait bien envie, d’voir quelqu’un se présenter devant lui pour lui rendre-compte de l’état de santé de la petite. Peut-être que savoir, au moins, permettrait à ses muscles de se décontracter un tant soit peu, apaiserait la tempête brutale qui réduisait à néant sa raison et sa patience : bien assez tôt, il allait rentrer dans cette chambre où ils l’avaient installée, pour qu’enfin on lui dise d’quoi il en retournait. Mais personne à Radcliff n’savait que Willow était sa fille ; un droit d’réclamer quoique ce soit, qu’il avait perdu dès le moment où il avait passé la porte de leur petit appartement, pour n’pas se retourner. A défaut d’mieux, alors, il fit les cent pas : tel un lion en cage, chacun de ses gestes traduisant de l’attitude faussement apaisée de tout ce qui tournait dans sa tête. Bizarrement, l’feu de l’action lui manquait terriblement, maintenant qu’il n’avait rien d’autre à faire qu’attendre. Attendre que des médecins, en qui il n’avait absolument pas confiance, fassent leur job. On aurait pu croire, quand même, que pour les scientifiques, protéger l’humain, la vie, la biologie, serait plus important qu’n’importe quoi : mais il en avait vus et arrêtés tout un tas, ce soir, des connards bien-pensants qui avaient probablement abusé de Willow plus qu’ils n’l’avaient aidée. Et la rage aveuglante remonta vivement chez le flic : heureusement que ces connards n’étaient plus à portée d’son arme, maintenant, parce qu’il était à nouveau pris par l’envie d’faire justice lui-même.

Et heureusement, il n’eut pas à s’faire bataille trop longtemps, avant qu’une infirmière ne quitte la fameuse chambre, refermant soigneusement la porte derrière elle. Elle avait cet air contrit fait pour annoncer des mauvaises nouvelles – ou du moins, des nouvelles pas si bonnes que ça. Alors même qu’il aurait juré être un grand adepte de savoir lire les gens en un seul regard, Mason s’retrouva incapable de deviner à l’avance c’qu’elle allait lui annoncer, la blonde avec ses lèvres pincées. Ils devaient attendre, c’est c’qu’elle lui annonçait. Willow avait passé des mois entiers dans un coma artificiel, duquel elle allait devoir se réveiller, avant qu’ils ne puissent dire quoique ce soit sur son état, mental ou physique. Quelque part dans son blabla, l’infirmière lui dit ce qu’ils avaient fait, quels produits il lui injectait en intraveineuse pour l’aider à retrouver la surface et ouvrir les yeux à nouveau. Et elle le perdit ensuite, même s’il comprit qu’elle disait que le rythme cardiaque était bon, que la tension était bonne, et que la gamine avait été gardée dans de bonnes conditions, malgré sa léthargie. Génial ; il penserait à envoyer un super cadeau à Callahan pour le remercier d’avoir si bien pris soin de sa fille. Une ironie qu’il retint entre ses lèvres pincées, se contentant de hocher la tête pour remercier la jeune femme, et la laisser repartir. S’il devait lui faire un cadeau, à Callahan, Mason f’rait en sorte d’lui offrir une mort rapide, ou une corde pour l’inciter à se pendre dans sa cellule, puisqu’il n’avait désormais plus rien à perdre. Peut-être encore un peu d’sa fortune, ouais. Mais en tout cas, son statut de hunter était désormais réduit à néant, tout comme son image d’avocat intouchable et à même d’rendre n’importe qui intouchable. Ouais-… Alexander Callahan n’était encore qu’au début de la chute vers le néant, aux abords du précipice, en train d’osciller entre tout perdre et pouvoir remonter et retrouver la face, au moins un peu. Et le Leinster allait s’arranger pour que l’destin du chasseur tourne dans un sens plutôt que dans l’autre : il n’avait certainement pas l’intention d’rester les bras-croisés à regarder un pourri le sortir de taule sur une infime erreur dans un coin de dossier. Cogiter à ça, c’était déjà mieux que d’philosopher sur combien d’temps Willow mettrait à sortir de son sommeil pour reprendre un peu contenance. Serait-elle toujours la petite fille qu’ils avaient connue ? – la petite fille que Sloane avait connue. Lui, il n’savait rien d’elle ; rien d’autre que c’que la brune avait bien voulu lui dire, au fil des mois. Pas assez, sûrement, pour s’octroyer le droit de rentrer dans la chambre où elle dormait, s’asseoir sur une chaise en attendant qu’elle se réveille : quoiqu’il en soit, elle ne le reconnaîtrait pas. Willow avait besoin de Sloane, et d’personne d’autre. Alors Mason s’retrouvait à  compter les minutes qui passaient, vociférant entre ses dents à l’égard de la McNally, qui mettait un temps fou à venir, mine de rien. Probablement moins que c’qui lui sembla à lui, alors qu’il se sentait être épuisé d’la tête aux pieds, comme ça, en un clin d’œil. Il avait tout juste soupiré, avant que les portes au bout du couloir ne s’ouvrent, laissant apparaître Sloane. Elle fut à sa hauteur bien assez vite, et Mason lui attrapa les épaules, lorsqu’elle lui saisit ses avant-bras. Il n’allait certainement pas faire durer le suspense plus longtemps, ils avaient déjà bien assez attendu, et s’étaient déjà bien assez rongé les sangs comme ça. « Elle va bien, Sloane. » peut-être, même pas vraiment grâce à lui ; « Je-… j’pense. » parce qu’il semblait qu’maintenant, après tout ça, les parois de son esprit commençaient à s’affaisser les unes sur les autres, pour couper court à toutes les idées qui pouvaient s’construire dans sa tête. « Les médecins disent qu’elle était dans un genre de coma artificiel, au laboratoire. Alors-… faut attendre qu’elle s’réveille. Mais-… mais au moins à l’extérieur, tout semble aller bien. » il n’savait pas s’il avait trop parlé, fait trop d’phrases d’un coup ; tout c’qu’il sut, c’est qu’il hissa une de ses mains pour trouver la joue de la flic, lui offrant un vague sourire. « J’pense qu’tu seras la seule personne qu’elle voudra voir quand elle s’réveillera. » et Sloane, et Willow, et lui aussi, hein, ils auraient bien l’droit à assez d’tranquillité pour rassembler leurs pensées. Il s’écarta donc, pour désigner la porte encore fermée. « Ils vont avoir bientôt fini, t’en fais pas. » et enfin, il s’assit sur une des chaises en plastique du couloir, soupirant comme si c’était la meilleure idée qu’il avait eue de toute la soirée.
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MessageSujet: Re: Forgive me, I just didn't know what to do ⚔ Mason   Dim 25 Sep 2016 - 23:12

Radcliff était une petite ville. Si Sloane n'appréciait pas forcément tous les qualificatifs quelque peu péjoratifs qui pouvaient si aisément être véhiculés dès lorsque des citadins d'une autre ville ou même d'un autre état se lançaient dans le concours de celui qui avait la plus grosse, elle se satisfaisait suffisamment de la situation pour ne pas avoir quitter les lieux. Du moins, c'était ce qu'elle pouvait laisser entendre aux gens qui ne lui étaient pas plus intimes que ça. Parce que dans les faits, il y avait un certain temps qu'elle avait cessé de se sentir ici comme chez elle à part entière, en sécurité et tout ce qui allait avec. Il n'avait pas été dans son état d'esprit, depuis toute petite, d'avoir des ambitions démesurées, des espoirs à en rayer le parquet. Elle avait juste voulu avoir une vie un peu plus simple, lorsqu'elle deviendrait adulte, quelque peu handicapée par toutes ces particularités qui étaient siennes depuis sa naissance. Le fait d'être issue d'une union si peu conventionnelle, de grandir entre deux foyers et deux parents qui avaient si peu de choses en commun et qui, s'ils ne se détestaient pas et n'entretenaient aucune rancœur entre eux, ne faisaient guère que de se croiser. Il n'y avait jamais réellement eu de soirées "en famille", à part pour ses anniversaires, et, de toute façon, tout ceci avait cessé dès l'assassinat de sa mère. Et puis, oui, elle avait ses origines qui pouvaient faire grincer des dents. Les vieux racistes pouvaient lui reprocher ses ascendances amérindiennes qui s'illustraient légèrement dans ses traits si l'on y regardait bien et que l'on était au courant. Les péquenots pouvaient lui tirer un peu la tronche face à son ascendance avec ce pompier qui vivait à New York et les "honorait" de sa présence en venant un peu à reculons, pour Sloane, et surtout, mais alors surtout pas pour eux. Alors, elle n'avait jamais absolument rêvé de partir d'ici, mais elle s'était toujours dit que cela pourrait être une bonne chose, peut-être, si seulement elle respectait certaines règles chères à son cœur. Comme le fait de ne jamais aller se perdre dans une ville bien trop gigantesque où les gens ne font jamais que de se frôler, où les amis véritables sont rares et où on côtoie tout le monde sans jamais réellement bien connaître qui que ce soit. Et puis, une fois adulte, ou plutôt une fois jeune adulte, elle avait rencontré Mason, et sa vie s'était résumée à lui. A être avec lui, à vivre avec lui, et à ne surtout pas décider de partir en le laissant derrière. Ça, c'était lui qui avait fini par le faire ...

Radcliff était une petite ville, et dans certains cas, dans certaines situations, dans certaines configurations, on pouvait avoir tôt fait de connaître du monde, ou plutôt d'être connu et connue par un certain nombre de concitoyens. Le fait d'être flic entrait dans cette catégorie là. Des flics, il y en avait certes un certain nombre, mais au final, on se disait sans doute qu'il valait mieux faire l'effort de les connaître un peu, compte tenu du fait qu'ils étaient tout à la fois ceux qui pouvaient nous enfoncer que ceux qui pouvaient venir nous porter assistance. Et concernant Sloane ... Concernant Sloane, elle entrait en plus dans deux autres catégories, ou plutôt dans deux sous-catégorie : elle était à la fois femme et gradée. Des femmes flics, il y en avait de plus en plus, avec les années, mais celles-ci restaient toujours en sous-effectif comparé à leurs homologues masculins, et la situation resterait sans doute la même pendant plusieurs décennies encore. Et les gradés, par définition, et bien il y en avait moins que les simples officiers, bien évidemment. Alors, les gens finissaient par la connaître. Et cela était peut-être encore plus valable pour le personnel de l'hôpital. Les services de l'état étaient sensés travailler autant que possible main dans la main. Flics, pompiers, médecins, on en passe et des meilleurs, ils étaient tous rémunérés plus ou moins directement par l'Etat, ou du moins par leur état, et leur quotidien faisait qu'ils se croisaient régulièrement. Sloane venait au moins deux à trois fois par semaine ici, en ces lieux, et ce dans les périodes creuses. Ne parlons pas des périodes pleines. Cela allait du petit au gros incident, du simple accident de voiture aux tentatives de meurtres par exemple. Et puis, oui, en tant que femme et que maman, elle était déjà venue ici. Elle connaissait un certain nombre d'infirmières par leur prénom, un certain nombre de médecin par leur nom, et parfois même plus intimement, plus que un ou deux dans le lot se trouvaient être d'anciens camarades de classe. Par définition, si elle n'avait pas été assez maline pour se tirer d'ici dès son émancipation venue, il en était allé de même pour certains autres gens de son âge ... Certains sado-masochistes étaient même revenus ici après avoir étudié ailleurs ! Alors, sans doute aurait-elle un paquet d'excuses à faire à tous ceux qui la connaissaient et qu'elle connaissait, et qu'elle avait pourtant bousculé. Mais tout ceci attendrait. Elle ne pensait de toute façon pas du tout à ça sur le moment présent, et son sens des priorités était tout autre ! Oui, clairement, tous ces gens qui faisaient bien plus partie de son quotidien que Mason, elle les plaçait dans la balance déficitaire, par rapport à son ex, du moment, en cet instant précis !

Maintenant plus que jamais, ils réagissaient sans nul doute en tant que parents, l'un comme l'autre, en mettant tout le reste de côté. Toutes leurs rancœurs respectives, toutes les insinuations ou tous les reproches qu'ils pouvaient avoir sur le cœur et au coin des lèvres depuis un paquet d'années. Leur identité respective, pendant ces fractions de seconde, elle n'importait plus. Ils n'étaient plus Mason Leinster et Sloane McNally. Ils étaient juste deux parents qui s'inquiétaient plus que jamais pour leur enfant, et qui souffraient sans nul doute de ne rien pouvoir faire pour leur fille. Cela expliquait en partie pourquoi, sans doute, ils étaient si brusquement bien plus proches physiquement qu'ils ne l'avaient jamais été depuis leur rupture, ou plutôt depuis que Mason était parti du jour au lendemain. Une proximité physique telle que celle-ci, cela voulait tout dire et ne signifiait rien en même temps. Ils n'allaient pas se rouler une méga pelle, elle n'allait pas lui briser le nez et la mâchoire en lui collant le pain de sa vie, et il n'allait pas la repousser comme on repousserait une fille hypra collante et bien trop tactile à son goût. Ils agissaient l'un sur l'autre comme il fut un temps, lorsqu'ils étaient encore ensembles. Elle avait besoin de lui pour rester debout, ne pas s'effondrer et ne pas hurler, et peut-être la réciproque était-elle vraie au point où elle l'empêchait d'aller régler ses comptes avec ses propres poings auprès des vrais coupables et des principaux responsables de tout ce merdier. Willow passait avant. Avant tout, avant eux, avant les autres, avant les envies de vengeances et de défouloirs. Preuve en était, elle ne demandait absolument pas ce qu'il était advenu de Callahan et de ses potes, s'ils les avaient bel et bien chopés et quel sort ils leur réservaient, quels éléments ils avaient pu saisir et qui pourraient bien les enfoncer encore plus. Tout ceci attendrait, pas Willow. Sloane n'avait plus regardé Mason avec autant d'attente, d'intensité et de force depuis longtemps. Pendant un instant, il représentait son monde, le seul être qui avait le droit de lui parler et de la secouer lui aussi en tous sens s'il le voulait. Elle le regardait comme s'il n'y avait plus que lui, comme si la moindre parole qui pourrait bien fuser d'entre ses lèvres était en mesure de la briser à jamais ou bien de la soulager d'un immense poids, de ce poids si harassant, si oppressant et quasiment si létal depuis toutes ces années. Sans doute parce que c'était plus ou moins le cas ... Elle ne se disait même pas qu'elle pouvait bien lui donner de fausses idées, parce qu'elle savait bien que lui aussi comprenait que ce moment était hors du temps, et qu'elle agissait avec instinct, sans préméditer le moindre de ses gestes, la moindre de ses paroles, en agissement sans fard ni arrière pensée.
    « Tu ... Tu penses ? Ça veut dire quoi tu penses ? » Non, elle n'attendait pas vraiment qu'il ait fini de lui répondre, parce qu'elle avait présentement besoin de ne rien garder pour elle, de s'exprimer dès que les mots et les interrogations venaient à elle. C'était plus sain ainsi, et moins corrosif, peut-être. Mais en attendant, oui, elle lui coupait la parole, là où, en attendant quelques secondes supplémentaires, elle aurait pu tout mieux comprendre. Mais Mason ne lui en tiendrait pas rigueur, n'est-ce pas, compte tenu de la situation et de sa situation en particulier, hmm ? « Alors Callahan ne mentait pas ... » Elle ferma les yeux et expira avec difficulté. Elle aurait tout autant voulu qu'il ait menti qu'il ne l'ait pas fait. Parce que s'il avait menti, cela aurait tout à la fois pu signifier que Willow n'était sous l'emprise d'aucune injection, d'aucun calmant, d'aucune intraveineuse bourrée de substances chimiques et perturbatrices, mais aussi qu'elle était dans un état tout aussi lamentable à l'intérieur qu'à l'extérieur ... « Artificiel, ça veut dire qu'ils peuvent l'inverser, n'est-ce pas ? » Elle savait très bien que son ex n'avait pas fait médecine, mais cela ne l'empêchait quand même pas de poser ses questionnements, si ? « Qu'est-ce que tu en sais qu'elle va vouloir me voir ? C'est de ma faute, tout ça. S'ils ne lui ont pas cramé les neurones avec leurs conneries, elle s'en souviendra ... A côté de ça, toi, tu l'as juste abandonné à sa mère, pas à des monstres ! ... Désolée, je ... Je suis désolée, je voulais pas te crier dessus, ni ... » Malgré lui, sans doute, il trouvait les mots pour ne pas envenimer la situation, pour ne pas la garder dans l'ignorance, et pour la rassurer autant qu'il le pouvait, là où, elle, elle le questionnait sur des trucs dont il n'avait pas forcément la réponse, en plus de lâcher quelque peu ses nerfs sur lui. Alors, à sa suite, elle s'assit dans l'une des chaises en plastique, ou plutôt s'y laissa-t-elle tomber. En prenant sa tête dans ses mains et en sentant ses épaules s'affaisser ... « Je suis sa mère, c'est dans mon ADN de m'inquiéter ... Mason, je ... Toi, tu vas bien ? »

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MessageSujet: Re: Forgive me, I just didn't know what to do ⚔ Mason   Mar 15 Nov 2016 - 3:51



 MEET ME IN THIS BROKEN PLACE      
SHOW ME HOW TO MAKE IT NEW AGAIN
- SLOANE MCNALLY & MASON LEINSTER -
you and i were meant to be, no way to hide that sort of thing. i keep on running, i'm building bridges that i know you never wanted. look for my heart you stole it away. now i want you to burn my bridges down ⓒonerepublic| burning bridges.

A Radcliff, maintenant, il le réalisait, Mason, le lien qui l’unissait à Sloane et Willow était le seul qui importait. Le seul qui avait du sens. Le seul qui avait un quelconque intérêt ; il n’serait jamais resté planté là, à s’contenter de suivre les chemins traditionnels et patients de la loi, avec la vie de sa fille en jeu. Et il n’aurait jamais quitté cette ville, quels que soient ses ordres, sans savoir qu’elle était en sécurité. C’n’était y’a pas si longtemps, pourtant, qu’il faisait comprendre à son ex qu’il n’était là que pour faire son job, avant de repartir tel le voleur qu’il avait toujours été à leur vie. Mason, il n’pouvait pas aimer la façon dont l’existence venait d’lui remettre les pendules à l’heure, comme ça, brutalement, comme un coup sur sa nuque qui n’l’avait pas assommé, ni paralysé, mais avait éveillé de vieilles douleurs qu’il n’avait jamais cru porter. Bêtement, il s’était imaginé qu’il était parti pour d’assez bonnes raisons pour que la culpabilité finisse par s’envoler, mais comme un con, il n’avait évidemment fait que s’voiler la face, au mieux. Au pire, il n’avait qu’essayé de s’déculpabiliser, comme le premier des connards, alors que ç’avait été femme et enfant qu’il avait laissé derrière. Et tout ça pour quoi ? Il n’était pas revenu à Radcliff avec la moindre prétention, il n’se tenait pas face à Sloane là maintenant, persuadé d’avoir des meilleures réponses qu’elle, ou une quelconque légitimité supplémentaire parce qu’il avait été sur le terrain à l’instant t où la vie de leur fille avait tenu à un fil. S'il avait été là dès l’début, Willow n’aurait jamais fini dans cette situation. S’il avait dit à Sloane c’qu’il avait été, à l’époque où ils s’étaient aimés, peut-être qu’elle aurait décidé d’se tourner vers lui, avant d’faire confiance à un pourri comme Callahan. S’il s’était juste contenté d’rester dans les parages, d’reprendre sa vie en mains plutôt que d’fuir à des milliers de kilomètres en coupant les ponts comme une enflure, Willow aurait toujours fait partie d’sa vie, d’une quelconque façon. Le célibat, toutes ces histoires tournant dans sa tête, les chasseurs, l’fait d’être seul avec lui-même la plupart du temps quand il était question d’gérer ses sentiments – tout ça, ça l’avait fait cogiter plus que de mesure. Et il s’en était créé, tout un tas de scénarios. Et il s’en était construit, tout un tas d’images dans sa tête. Mais c’n’était probablement que ce soir, qu’il pouvait vraiment réaliser tout ce qui s’était passé. Douze longues années. Douze ans pendant lesquels sa fille avait grandi, du petit bébé qu’il se souvenait avoir tenu dans ses bras, à la jeune fille qui était étendue dans ce lit, et qu’il n’avait pas la prétention de connaître ne serait-ce qu’un tout p’tit peu. Avait-elle le sale caractère de sa mère, ou le sien à lui ? Qu’est-c’qu’elle aimait ? Qu’est-c’qu’elle faisait ? Que voulait-elle devenir quand elle sera plus grande ? A quoi aspirait-elle ? Qu’est-c’qu’elle pensait de son père, le spectre de sa vie ? Lui, Mason, il était bien placé pour savoir c’que ça faisait, d’vivre trop longtemps avec le poids d’une culpabilité qu’on n’méritait pas d’avoir, quand on s’faisait laisser derrière par son propre parent. Et à Washington, dans sa vie pressée d’agent du FBI, il n’s’était que trop rarement donné le devoir de réaliser que c’était ces mêmes peines exactement qu’il avait imposées à l’enfant qu’il avait amené au monde. Et s’il n’avait jamais fait d’grands projets comme ça, même si Willow était un accident, il avait quand même cru qu’il ferait mieux qu’ses propres géniteurs.

Il s’était bien planté ; et à quel point était-il con et pitoyable, pour n’le réaliser que maintenant, au bord du gouffre, alors que ce soir, il était passé si près d’perdre toutes ses chances d’un jour faire partie d’l’existence de Willow ? Et si elle n’voulait pas le voir, pas lui parler, si elle n’voulait pas qu’il fasse partie de sa vie ? Si elle le détestait ? Lui, il détestait ses parents, au fond du fond, alors il n’pourrait que comprendre la légitimité du sentiment. Tout autant qu’il aurait voulu pouvoir être seul plus longtemps encore, pour s’fustiger un peu plus de tous ces songes, il était bien content, qu’y’ait Sloane maintenant. Et il n’savait même pas pourquoi – leur relation avait désormais cet arôme amer qui n’partirait jamais, il en avait la conviction. Et ça aussi, c’était à cause de lui. A trente-sept ans, il était assez réaliste pour savoir que leur chance était passée, qu’il l’avait lui-même balancée aux oubliettes, et que Sloane, elle méritait mieux. Elle avait toujours mérité mieux ; mieux que lui, mieux que d’être toute seule, mieux que d’s’imposer tout ce qu’elle se reprochait en boucle depuis de trop longs mois. Alors qu’il s’reprochait d’avoir été absent, Sloane, elle, elle s’reprochait d’avoir été là : certes, elle n’avait pas fait l’bon choix, certes, il avait gueulé au beau milieu des chiottes du poste de police quand elle lui avait dit toute la vérité. Mais il méritait pire, lui, sans doute ; que les mots soient dits à haute voix ou non, qu’elles y aient songé ou non, Willow avait eu besoin d’lui, et il n’avait pas été là. Parce qu’il n’avait jamais été là dans sa vie – pas à ses anniversaires, pas aux Noël, pas pour l’endormir le soir ou la rassurer. Il savait, il en avait l’intime conviction, à la voir jour après jour, à l’avoir connue, aimée, à l’avoir observée peu à peu accepter ce ventre s’arrondissant et prêt à changer sa vie – la McNally avait tout donné pour compenser, et elle l’avait sûrement fait. Mais lui, d’l’autre côté de la balance, il avait juste été du vide, et ça, aucun acte de Sloane, aucune générosité potentielle d’la part de Willow, n’pourrait y changer quoique ce soit. Le pire, dans tout ça, c’était qu’il n’pouvait pas expliquer pourquoi, comment ou ce que partir avait pu changer. Il n’arrêtait pas de s’dire qu’il avait été un désastre sur les derniers mois, qu’il avait été dangereux, trop violent, trop détruit : irrémédiablement, Willow elle aurait connu une enfance bien moins joyeuse que tout c’qui pouvait être dans sa mémoire, si elle avait dû grandir avec un père destructeur, alcoolique et colérique. Mais pourquoi, hein ? Pourquoi est-c’que l’avoir elle n’avait pas été assez ? Pourquoi est-ce que ce bébé, Sloane, eux trois, ça n’avait pas pu être sa salvation, sa rédemption, le baume à même de guérir tous les stigmates laissés par la guerre ? Peut-être que sa fille aurait besoin des réponses à ces questions bien précises ; et il échouerait à lui répondre, parce qu’il n’savait pas. L’esprit était compliqué-… juste compliqué, et par rapport au sien, le Leinster avait juste préféré s’noyer dans une fuite en avant, baignée de liqueur et d’indifférence, plus que du reste. Et sans réponse satisfaisante, sans bonnes paroles à même d’effacer ces douze années, Mason, il revenait comme ça, avec l’espoir égoïste d’pouvoir avoir quelque-chose à nouveau. Avec Willow au moins. Contre toute attente, ce soir, il semblait bien que Sloane et lui ils s’en sortaient bien – ou presque ; tous les deux étaient mus des mêmes sentiments, des mêmes sursauts dans les tripes et au creux du poitrail. Mais les mots dépassaient déjà le pas de l’impression, comme le lui rappela brusquement la jeune femme.

Et pourtant, il méritait probablement pire. Letha elle-même, elle ferait partie des gens à même d’croire qu’il méritait pire, à coup sûr ; elle qui avait dû subir une séparation forcée d’avec sa fille, et toutes ces histoires que Mason n’avait pas eu envie d’faire l’effort de connaître. Peut-être que si Willow s’avérait aussi rancunière que lui, il était déjà foutu ; parce que lui, il était tenace dans ses sentiments distants, à faire la gueule à la rousse pour lui avoir brisé le cœur, alors qu’lui, il l’avait déjà tellement fait. Il l’avait fait à Sloane, par exemple, après des années d’histoire, et quelques mois à peine après la naissance de leur fille, alors qu’elle avait été si jeune, si vulnérable, si seule. Et dans c’couloir, malgré tout, elle lui parlait d’une manière plus civilisée que c’qu’il arrivait à adresser à Letha. Fallait croire que lui, quand il foirait, c’était vraiment sur toute la ligne. Pour l’instant, d’toute manière, il n’pouvait pas laisser Sloane, il n’voulait pas quitter ce couloir – il aurait tout l’temps d’essayer d’faire quelque-chose vis-à-vis de Letha. Plus tard. « Ouais, artificiel, ça veut dire… qu’elle a été mise dans le coma, à coup de sédatifs et d’autres trucs. Et qu’il faut attendre que les effets de tout ça-… s’annulent. » en quelques sortes, c’était ce qu’il avait compris. Peut-être n’était-il pas si utile comme compagnie, peut-être que Sloane aurait surtout besoin de vraies réponses concrètes de la part de médecins : mais fallait croire que même à Radcliff, les docteurs étaient trop occupés pour venir dès qu’on avait besoin d’eux. Pour ce soir, tous les deux, ils pourraient peut-être faire preuve d’assez de mansuétude pour n’pas se gueuler dessus, et pour se supporter un tant soit peu ; lorsque la brune s’assit à côté de lui, Mason lâcha un soupir, pour diffuser la tension, expulser les réflexes défensifs illégitimes qu’il aurait pu avoir vis-à-vis des répliques de la jeune femme. Ouais, c’était normal qu’elle s’inquiète. Peut-être qu’il avait moins l’droit, lui, de jouer cette carte-là : qui sait, Willow était peut-être déjà passée par les couloirs de cet hôpital, effrayée et blessée, et Sloane avait dû gérer tout ça toute seule. « Ça va, moi. Oui. » il répondit donc, plus pour dévier le sujet que parce qu’il allait vraiment bien – c’était comme si son cerveau essayait de rattraper douze ans en peu de temps, éveillant des mix de culpabilité, de remords, de hargne, d’incompréhension, de peine tout à la fois. Alors évidemment que ça n’allait pas, mais il était le seul qui était responsable d’cette situation merdique ; le seul qui devrait en assumer les conséquences. Mais si elle devait l’connaître un tant soit peu, malgré ces douze années, elle saurait probablement qu’il mentait. « Ecoute, pour c’qu’on en sait… Callahan l’a peut-être toujours gardée dans ce… coma. » il en serra les dents, il n’avait pas particulièrement envie d’parler de Callahan, ou même d’penser à cette enflure. « Et aussi peu réjouissante cette idée peut être… ça veut aussi dire qu’elle n’a rien vécu de mal ou d’traumatisant. Elle sait peut-être rien d’tout c’qui est arrivé. » le chantage, les menaces qui pesaient sur sa tête, tous les choix difficiles que Sloane avait eu à faire – ou même le fait qu’elle ait été directement à la merci d’un connard de chasseur qui aurait juste eu envie d’la tuer, si elle n’avait pas représenté une pièce d’échiquier fort utile. Il essayait de théoriser la chose, là, Mason – par professionnalisme, par réflexe, il essayait d’parler à la partie pragmatique de Sloane ; elle devait savoir qu’il n’était pas très doué pour le reste. Ça n’l’empêchait pas d’essayer ; d’une main qui vint trouver une place réflexe, compatissante sur son genou, alors qu’il inspirait longuement : « Ca va aller, Sloane… T’es sa mère. La-… la seule personne qui s’est toujours occupée d’elle. » c’n’était que légitime qu’il le reconnaisse à voix haute, comme ça, sans fioritures et sans bons prétextes ; c’était le cas. Sloane avait balancé douze ans de sa vie à être une mère célibataire, à tout endosser, tout gérer, tout supporter. Parce que lui, il était parti, et à l’échelle d’tout ça, ses bonnes raisons n’avaient pas la moindre importance. « Et si elle fait la gueule pour une raison ou une autre… ça ira mieux, avec le temps. » il n’savait pas s’il parlait par espoir pour lui, là, ou si c’était vraiment quelque-chose qui pouvait avoir un sens dans la tête de la McNally. « Mais qu’est-c’que tu vas faire, d’toute manière ? T’casser et n’pas être là quand elle va s’réveiller, parce que t’as peur des conséquences ? Tu savais pas c’qui allait s’passer. Tu l’as pas abandonnée-… abandonner quelqu’un c’est-… c’est un choix. Celui qu’tu feras si tu fais passer ta trouille avant c’dont elle peut avoir besoin. » définitivement, elle pouvait bien croire qu’il parlait d’expérience-là. Peut-être l’avait-elle réalisé avant lui, d’ailleurs, alors que la réalité de ses paroles n’fondait sur lui que maintenant, lui faisant ôter sa main, et détourner le regard. « Peu importe tes erreurs… t’auras jamais autant foiré qu’moi. » il admit, enfin. Et le pire, c’était qu’il n’pouvait même pas promettre de se rattraper : oui, Willow était hors de danger maintenant, elle allait rentrer chez elle, et y’avait d’la place pour un quelconque espoir. Mais y’avait plein d’choses qui étaient indépendantes de sa volonté maintenant, dans cette histoire ; tout c’qu’il pouvait faire, c’était demander aux deux personnes qu’il avait l’plus trahi dans sa vie, d’lui donner une seconde chance. Et plus par peur que par orgueil, il n’savait même pas s’il en avait la force, d’ça au moins.


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MessageSujet: Re: Forgive me, I just didn't know what to do ⚔ Mason   Sam 17 Déc 2016 - 16:51

On avait toujours parlé sur son compte. Parce que la nature humaine est ainsi, qu'elle ne se plait et ne se complaît que dans la critique, les ragots, les rumeurs, les attaques basses, viles et mesquines. On veut toujours voir l'herbe plus verte dans le jardin du voisin, et pourtant, on ne peut s'empêcher de critique ce même voisin, par envie, par orgueil, par jalousie, par nécessité de dissimuler ses propres failles et faiblesses, ou juste par pur petit plaisir mesquin et désaxé. Même des êtres comme Sloane s'y mettait de temps en temps. Tout le monde s'y mettait, et dans le fond, cela n'avait rien de mal ni de surprenant, le tout était de ne pas abuser, de ne pas partir dans l'extrême ou le trop régulier. Et cela expliquait aussi pourquoi, quand on était de l'autre côté de la barrière, c'est à dire quand on était la victime du quolibet, de la moquerie ou de la simple petite taquinerie, cela ne dérangeait pas forcément, alors que des fois, c'était juste très lourd, très pesant, et que cela vous donnait des envies de droites en pleine figure. Mais parfois, vous en veniez à être blasée, et ça, tout ça, ça finissait par couler sur vous comme l'eau sur les plumes des oiseaux. Jolie métaphore pour expliquer qu'à force, vous n'aviez d'autre réflexe de protection que de vous enfermer dans votre bulle et de devenir hermétique à tout ça. Le rester, hermétique, en revanche, c'était compliqué, chaque jour un peu plus, à chaque attaque, à chaque moquerie. Sloane en avait bien encaissé, sur son dos, sur ses épaules, depuis qu'elle était petite. D'une certaine façon, c'était une chose qui appartenait tout autant à son enfance que tous ces autres souvenirs enfantins, comme le fait de pouvoir avoir une histoire avant de dormir, ou de descendre le matin de Noël, encore en pyjama, pour aller compter les cadeaux au pied du sapin. Noël avait toujours eu un petit quelque chose de magique, pour elle, durant les premières années de sa vie. Noël, fête de fin d'année qui marquait l'exception à la règle, quand, pour une fois, elle était entourée, en même temps et au même endroit, de ses deux parents. Après, cela avait changé, surtout après l'assassinat de sa mère, le mariage de son père, et la naissance de ses demi-frères et sœurs. Alors, ouais, on parlait depuis toujours sur son compte, les attaques avaient simplement changé et évolué avec le temps. Et encore maintenant, d'autant plus maintenant, sans doute, la machine s'en verrait réapprovisionner en huile et en petit bois pour continuer de faire flamber le feu. Car Mason était de retour, et désormais, Willow réapparaissait à la lumière du jour. Enfin, si elle s'en sortait ... Mais comme le disait si bien Mason, ils ne pouvaient actuellement pas déjà être fixés sur tout ça. Il leur faudrait attendre, voir les évolutions, ou les immobilismes, tout ça. Ce qui n'était guère rassurant.

Sloane était une jeune femme normalement assez calme, posée, et réfléchie. Mais ses émotions savaient tout autant prendre le dessus que de se taire. La situation était des plus particulières et complexes. Ceci expliquait sans doute cela, mais cela ne changeait en rien le fait qu'elle expulsait quelque peu sa frustration et qu'elle lâchait ses nerfs sur nul autre que Mason. Peut-être qu'il le méritait, peut-être que ce n'était pas cher payé pour ce qu'il avait fait, mais cela ne changeait en rien le fait que, vu d'un œil extérieur tout à fait étranger à leur passif commun, et bien cela semblerait sans nul doute abusif et déplacé, exagéré et non mérité. Elle avait pourtant su avoir de la patience et de la compréhension envers lui, Sloane, fut un temps. Elle n'avait pas claqué la porte dès que leur histoire avait commencé à glisser sur une pente savonneuse sans qu'elle ne s'y sente pour grand chose responsable. Elle était restée, elle ne lui avait pas lâché la main, à Mason, parce que, fuir, elle n'avait jamais personnellement appris à le faire. Elle en avait vu, des tas de gens, autour d'elle, céder à cette pulsion, et à chaque fois, elle avait goûté les conséquences acides et amères tout contre son palais. Elle en avait parfois pleurer, la nuit, quand elle était petite, de voir sa mère ou son père retourner à leur vie habituelle quand ce n'était plus à eux de passer du temps avec elle. Et elle en avait vu ses larmes se tarir quand elle avait constaté que son père se pliait à continuer tout cela, même après le décès de son ex coup d'un soir, plus par habitude et devoir que par envie réelle. Cela avait fini par être un réflexe, comme le fait d'aller tous les ans passer un contrôle pour le cœur, de par son métier, de se plier à des visites semestrielles chez le médecin, de mettre tous les deux ans sa voiture au garage, pour une révision, ça, ça et tout le reste. Alors, oui, Sloane savait ce que c'était que de fuir. Mais elle savait aussi ce que c'était que de faire face, et à quel point cela pouvait vous coûter cher, vous être douloureux et pénible. Et encore une fois, son père avait montré l'exemple. Certes, c'était son métier que d'être pompier, et quand il était entré dans cette tour, il n'avait aucun moyen de savoir qu'elle finirait par s'effondrer sur elle-même. Il connaissait les risques, cependant, que générait son métier, et il savait qu'on avait besoin de lui, alors, par devoir, il y était allé. Et il avait perdu la vie. Auprès de Mason, Sloane ne s'était jamais sentie en danger de mort, sur ce point là, le jeune homme n'avait rien eu à se reprocher, pas plus hier qu'aujourd'hui. Mais il en était tout de même arrivé à l'effrayer, quelque peu, à la pousser à ne plus toujours se sentir en totale sécurité avec lui. Il avait commencé à boire, et il avait même fini par lever la main sur elle et ... Et au final, c'était lui qui était parti, pas elle. Est-ce que cela faisait d'elle une femme fragile ? Non. Peut-être stupide, peut-être désespérée au point de vouloir continuer à se raccrocher aux minces espoirs qu'il lui restait, certes, mais elle n'avait jamais été femme fragile. Elle n'avait jamais dis oui à tout ce qu'il faisait, elle n'avait jamais non plus tout accepter sans broncher, leurs multiples disputes, déjà à l'époque, en étant la preuve. Aujourd'hui, cependant ... Aujourd'hui, en cet instant, tout ça, ça lui semblait appartenir à une autre dimension, parallèle, qui venait quelque peu se mêler à la situation présente, sans en être totalement une partie du passé. Sans doute parce que la peur et la tristesse de Sloane prenaient le pas sur tout le reste, ou que la situation présente faisait que la réalité en était toute altérée.
    « Mais nous, on sait ... Quand elle nous regardera, qu'elle nous demandera de lui expliquer pourquoi elle ne se souvient plus de rien depuis toutes ces années, je ... J'ai aucune idée de comment faire ! » Encore une fois, Sloane n'avait rien d'une brute violente, sanglante, meurtrière, décérébrée, mais là, présentement, si elle avait l'occasion de coller une balle en pleine tête à Callahan, sans hésiter une seule seconde, un seul instant, elle le ferait. Ce serait sans doute si facile, parce que son arme de service était dans son holster, à sa ceinture, et que Sloane était une fine gâchette, qui s'était entraînée encore et encore à sortir son arme de son étui en un rien de temps. Cette main posée sur sa cuisse, ce à quoi elle ne s'attendait pas, ou ne s'attendait plus, plutôt, depuis toutes ces années, fut sans doute l'une des choses qui la ramenait les deux pieds sur terre, ne serait-ce qu'un peu. Abattre Callahan, même mis en relation avec toutes les immondices et atrocités qu'il avait commises, cela n'en resterait pas moins un meurtre de sang froid, sanctionné de plusieurs années de prison. Ce qui la tiendrait une nouvelle fois éloignée de sa fille pour un paquet d'années, alors que, aussi, une nouvelle fois, elle en serait seule responsable. Ou presque. Parce que Callahan l'aurait tout de même bien cherché ! « C'est pas vrai ... Tu as tout de même changé ses couches, au début ... »
D'où sortait cette réflexion ? Sloane n'en savait rien, parce que ces mots là avaient fusé d'entre ses lèvres sans qu'elle n'y pense. Elle ne cherchait en rien à détendre l'atmosphère, ou à diminuer la culpabilité de Mason, c'était juste que ... Juste que c'était sorti, comme ça ... Quand à savoir si ça irait mieux avec le temps ... Malgré tout, malgré le fait que, tous deux, ses parents n'étaient pas entièrement responsables de leur propre mort, elle continuait de leur en vouloir, ne serait-ce qu'un peu, ne serait-ce qu'une partie d'elle. Sa mère avait choisi le mauvais petit ami, et son père n'avait pas fait le choix d'un métier sûr et sans risques. Elle leur en voulait, au fond d'elle, pas toujours, pas tout le temps, et pas en majorité, mais elle leur en voulait quand même. Et elle continuait aussi d'en vouloir beaucoup à Mason, après l'avoir maudit, encore et encore, pendant toutes ces années. Cependant, une partie d'elle n'avait-elle pas continué à sourire en voyant le visage de ses parents sur des photos ? Une partie d'elle n'avait-elle pas continué de sentir un bond se faire dans sa poitrine à chaque fois que son regard s'était posé sur une silhouette ressemblant un peu à celle de Mason, dans les rues de Radcliff ? Pourtant ... Pourtant, Mason avait merdé, et en beauté, en plus. Elle le savait très bien, elle n'avait pas besoin qu'on le lui rappelle, qu'on enfonce de nouveauté le couteau dans la plaie, que l'on remue bien celui-ci, avec sadisme et cynisme. Mais quand c'était Mason lui-même qui étalait les choses sur la table, le ressenti était quelque peu différent. Est-ce que c'était dû au fait qu'il était à même d'en parler, de tout ça, et pour cause, et que, donc, cela évacuait derechef le fait qu'il puisse se mêler de ce qui le regardait pas, puisque, justement, cela le regardait ? Est-ce que cela l'empêchait, elle, de s'insurger, malgré tout, contre le fait qu'on tape sur un grand absent qui ne pouvait donc pas se défendre, puisque, par définition, il n'était pas là, pas présent, puisque absent, puisque en fuite ? ...
    « J'ai jamais su fuir ... Je suis restée dans ce cloaque après la mort de mes deux parents. Je suis restée avec toi jusqu'au bout. Je suis restée là, campée sur mes deux pieds, quand Willow a commencé à souffrir, au lieu d'aller chercher de l'aide ailleurs. ... Je sais pas fuir. J'ai jamais su, ou jamais voulu le faire ... Alors ... Alors, bien sûr que je partirai pas, pas maintenant, pas comme ça, mais ... Mais je suis quand même terrorisée, et ... C'est seulement la deuxième fois, après la période durant laquelle Willow a commencé à souffrir le martyr. Et pour régler le souci, j'ai fais n'importe quoi, j'me suis jetée dans la gueule du loup et ... » Elle le regardait détourner le regard, le sentait s'éloigner physiquement et mentalement d'elle, et ... Et, franchement, est-ce que c'était la chose à faire, pour eux deux, que de s'enfermer à double tour, de couper le lien entre le monde et eux ? Elle ne valait certainement pas mieux que lui, sur ce point là, en cet instant, certes. Mais il lui avait fait gardé une empreinte avec la réalité, alors, elle avait encore les capacités cognitives et réflexives nécessaires pour percevoir un temps soit peu la situation. « Il faut qu'on reste présent pour elle, autant physiquement que mentalement. Si je ne dois pas faire passer ma peur panique avant tout le reste, avant elle, alors, pour un temps, je ne dois pas non plus faire passer notre passé avant son présent à elle. Et je suppose que tu devrais faire pareil parce que, crois moi ... Crois moi, j'aurai ni la force ni l'envie de te faire la guerre, pour que tu restes les fesses ici, à Radcliff. Si j'ai pas appris de toutes mes erreurs, j'peux au moins éviter de reproduire certaines d'entre elles. J'te laisserai pas partir une nouvelle fois, parce qu'elle a besoin de toi, et si j'dois te tirer une balle dans les deux jambes ... Elle a besoin de toi. Et égoïstement, moi aussi. Parce que t'es le seul qui ... Qui comprend. Qui me comprend. Le seul que j'autorise à mal me parler ou à me sonner les cloches, aussi. »
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MessageSujet: Re: Forgive me, I just didn't know what to do ⚔ Mason   Mar 14 Mar 2017 - 2:31



 MEET ME IN THIS BROKEN PLACE      
SHOW ME HOW TO MAKE IT NEW AGAIN
- SLOANE MCNALLY & MASON LEINSTER -
you and i were meant to be, no way to hide that sort of thing. i keep on running, i'm building bridges that i know you never wanted. look for my heart you stole it away. now i want you to burn my bridges down ⓒonerepublic| burning bridges.

Il paraissait que devenir adulte, forçait à prendre des décisions plus sages, à n’pas seulement écouter ses tripes, ses instincts et tous les sentiments aisés qui pouvaient se manifester en premier, dans une situation compliquée. Mason alors, il avait bien du mal à savoir s’il avait un jour été un adulte déjà; à trente-sept ans bien sonnés, ça faisait d’la peine au fond. C’était ce qui avait fait d’lui un si mauvais père, du genre de ceux qu’on pourrait foutre dans les annales, ou ceux qu’on oubliait parce qu’il était juste absent. Que pouvait-on lui reprocher, après tout? Il n’était juste pas là, et à l’époque d’faire son choix, il s’était dit que juste être un fantôme, c’était mieux que d’être un tortionnaire qui battait sa copine et sa fille. Il n’avait jamais levé la main sur Willow, évidemment; mais une fois, une seule fois sur Sloane avait suffi pour brusquement réveiller cette conscience oscillante qu’il avait toujours eue, en lui. Lui-même il n’avait jamais eu de géniteur sur qui compter, de papa ou de maman pour lui apprendre ce qui était bien, ce qui était mal, ou même c’que ça pouvait signifier, d’être une vraie famille. Sa première leçon, ç’avait été de n’faire confiance à personne, pas même aux personnes qui vous donnaient la vie, comme ça, à un petit être innocent qui n’avait rien d’mandé à personne... Et avait-il infligé cette réalité-là à sa propre fille, aussi? Radcliff, ç’avait été une chose, une vague de souvenirs revenant au bord de son esprit. Mais Willow, là, son corps frêle entre ses mains, sa respiration difficile comme seul repère à ses oreilles, ç’avait été une tout autre chose. Maintenant, Mason s’découvrait une conscience qu’il avait cru n’jamais porter - d’une certaine manière, il s’était convaincu en douze ans, d’avoir fait le bon choix en les laissant derrière. Il était juste un boulet, celui qui s’attachait aux mauvaises personnes, dépendait des mauvaises personnes, et attendait toujours plus que c’qu’on pouvait vraiment lui donner. La vie était cruelle- c’était probablement mieux que Willow le sache déjà: elle l’avait expérimenté en premier plan, qu’elle s’en rende compte ou non, elle avait été dans les mains d’une des pires enflures de la ville. Et pendant c’temps, Sloane avait joué au singe sous les ordres de ce connard de Callahan, elle s’était pliée à ses volontés et ses désirs, obligée parce qu’il avait eu la vie de leur fille entre ses mains nimbées de sang. Tuer une gamine, à coup sûr, ça n’lui aurait rien fait à ce salaud; des mots sûrement que la brune n’avait pas besoin d’entendre ce soir. Lui, il n’voulait pas remuer le couteau dans la plaie, et il n’savait que trop bien qu’il n’avait pas la prétention d’avoir dans la tête, de meilleures solutions: il n’avait pas été là, point barre, qu’avait-il à dire alors. Dans ses entrailles et au creux de sa gorge, des noeuds, des barrages d’émotions aussi hauts que le temps qui était passé, et séparait le bébé qu’il avait laissé de la petite fille dans cette chambre d’hôpital, le Leinster était bien trop préoccupé par son propre sort, ses propres crimes pour se concentrer sur ceux de la femme qu’il avait aimée. Sloane avait été là, au moins. Sloane avait essayé. Sloane était ce visage familier à la mémoire de leur petite fille, et elle aurait cette place privilégiée que lui, il n’pouvait pas lui envier - il n’en avait pas le droit, pour l’avoir lui-même désertée.

Mais il n’était pas doué pour réconforter les gens, Mason. Il ne savait même pas comment apaiser ses propres doutes, ou mettre en ordre les pensées qui explosaient et implosaient, se superposaient et s’effondraient derrière la façade morne de son visage à lui. Il savait bien comment garder un minimum de contenance, quand bien même Sloane, d’aussi loin qu’elle le connaissait, serait capable de décrypter des indices que d’autres ne verraient même pas. Ils s’étaient aimés, sans condition, sans arrière-pensée, sans demi-mesure pendant des années; assez longtemps pour qu’il soit légitimement heureux quand elle avait annoncé sa grossesse. Ils avaient été dans la merde jusqu’au cou, incapables de vivre autre part que dans un appartement que seuls leurs efforts rendaient décent, mais Willow, elle avait été voulue dès le moment où elle avait été une idée. Y’avait eu une fraction de seconde à peine, où elle avait été quelque-chose de craint, un avenir duquel ils n’se sentaient pas à la hauteur: Mason, il aurait juré le jour de la naissance de sa fille, qu’il n’serait jamais comme son père, comme sa mère, comme les géniteurs désastreux que la McNally et lui avaient enduré. Il s’était planté. Et définitivement, dans le grand dessein de leurs crimes, il était bien plus fautif que Sloane: peut-être ne lisait-il pas dans l’esprit des gens, lui, mais il s’était quand même rendu compte d’plein de choses, depuis qu’il était revenu dans ce coin de monde désolé. Il n’avait pas été triste d’quitter Radcliff elle-même, le Kentucky lui-même; et avec le temps, il s’était même persuadé que ça n’servait à rien d’être triste pour Sloane ou pour Willow. Elles s’en sortiraient mieux sans lui. Ouais, il s’était vendu plein d’prétextes pour faire passer la pilule: irrémédiablement, il ne méritait que ces longues minutes de doute, d’indécision, de froid plus profond que l’hiver qui les englobait encore. Il voulait que sa fille s’réveille, que tout soit facile pour Sloane, pour Willow et pour lui; merde, il en arrivait presque à espérer une vie qu’il n’avait jamais eue avec elles deux. Il n’avait jamais été intégré à la famille sous quelque forme que ce soit - mais Mason avait toujours le cul vissé sur cette chaise, attendant fébrilement des nouvelles du bébé qu’il avait laissé tomber depuis trop longtemps. Et peut-être bien que tout c’qu’il aurait à faire de tout ça, ce serait encaisser la hargne et la rancoeur de Willow: il la méritait, et il était bien placé pour savoir qu’on pouvait en ressentir, de la haine légitime à l’égard de ces visages inconnus qui avaient abandonné, comme ça, sans prévenir et sans rien expliquer. Il savait qu’il n’pouvait plus abandonner maintenant- il osait même croire qu’il n’était plus c’genre d’homme: douze ans étaient passés depuis ce jour-là, il n’pouvait qu’aspirer à s’être amélioré, au moins un peu. Même si pour maintenant, n’pas abandonner se résumait juste à être au côté de Sloane, à écouter ses doutes, absorber ceux-ci comme une éponge, et savoir quoi en faire, quand bien même gérer ses propres démons n’avait jamais été son truc. Ouais, ils savaient eux; et encore une fois, la brune avait endossé toute une part du fardeau toute seule. Ils savaient tous des mois douloureux d’attente et d’indécision, à chercher, chercher Willow. Comment est-c’qu’un seul type comme Alexander Callahan, pouvait avoir des connexions aussi poussées avec plein de gens pour cacher une petite fille comme ça, de sa propre mère? Bordel, cette idée était si répugnante qu’encore une fois, Mason aurait pu juste céder à l’impulsion d’aller lui envoyer un coup dans la mâchoire, à ce connard.

Eux ils savaient, eux ils connaissaient beaucoup de choses de la vie - n’était-ce pas ça, être adulte, être parent? Ils avaient ingurgité tout un tas de connaissances, de conséquences de leurs actes et d’informations diverses et variées, lesquelles étaient censées les aider dans leur rôle. Willow, elle avait que douze ans, et même s’il s’disait qu’il n’valait mieux pas s’mettre à lui raconter qu’elle avait dormi comme La Belle au Bois Dormant pendant tout ce temps, il s’disait que probablement, la réalité de l’autre côté, était trop hideuse pour que leur fille n’la connaisse. On parlait d’un type, qui l’avait enlevée et retenue en otage, dans un sommeil qui la rendait proie facile, pendant qu’il usait de son influence sur la seule personne en qui Willow avait eu une confiance aveugle, de toute sa vie. Et si Mason il était déjà le parent déchu dans la tête de la petite fille, il n’allait certainement pas laisser Sloane tomber à ce niveau aussi, quoiqu’il advienne. « T’sais... j’préfère me dire qu’y’a peut-être d’autres trucs qui peuvent... plus valoir la peine d’y penser. Peu importe c’qu’elle demande... on l’a retrouvée. Et Callahan mettra plus jamais la main sur elle. » parce que de toute manière, s’il n’devait pas y avoir de justice pour lui, pas de système le faisait pourrir dans une cellule pour le restant de ses jours, alors Mason, il n’savait plus du tout en quoi il allait croire, maintenant. « Et s’il lui arrive quelque-chose, maintenant... J’serai là. Au moins pour la part mutante du truc. » il ne pouvait pas prétendre gérer pour le reste, parce qu’effectivement, il s’était arrêté aux couches; un souvenir qui fit naître un sourire à la commissure de sa bouche, fin et distrait. « Ouais. J’suppose qu’on doit... faire les parents. » ironisa-t-il après les paroles de Sloane, l’observant comme s’il pouvait croire qu’elle comprendrait, qu’il n’sache pas vraiment comment faire, lui. C’était pour ça qu’il s’était cassé: comment être lui, avec ses expériences, ses démons, ses cauchemars, et être le père qu’il avait aspiré à toujours être pour sa fille? Peut-être avait-il eu trop d’attentes, peut-être avait-il cru que la paternité le guérirait comme ça, soignerait toutes ses plaies, effacerait ses désillusions et contrebalancerait tous les souvenirs douloureux. La vie était plus compliquée que ça, pourtant. Et tout c’qu’il avait fait, c’était larguer Sloane avec ses propres problèmes, ses propres traumatismes, ses propres peines, et un bébé à gérer toute seule. Franchement, tout ça, c’était du grand art. « Tu sais que j’déteste Radcliff, pourtant. » Mason se retrouva à marmonner, dans une oeillade presque mutine et complice, comme si ça pouvait être juste anodin comme ça, le pourquoi du comment il haïssait tant ce coin. Ses bons souvenirs, ils étaient si rares- à la fin, Mason en revenant ici, il avait surtout espéré que Sloane ait eu une opportunité, un beau jour, tombée de nulle part, qui leur aurait permis à Willow et elle de tracer leur chemin sans regarder en arrière. C’était chez eux à tous les deux pourtant ouais, mais c’était bien moins évident que ça, en réalité. « J’vais nulle part, d’toute façon, Sloane. Mais-... j’ai pas l’intention de m’imposer, si Willow ne l’veut pas. J’sais que-... ça sera progressif, et que j’vais devoir m’saigner pour... je sais pas, au moins limiter les dégâts. Mais j’sais pas comment j’aurais réagi, moi, si mes parents s’étaient repointés dix ans plus tard, l’air de rien. » et elle le savait bien, Sloane; il n’avait jamais aimé parler de sa ‘famille’ ou plutôt de ceux avec qui il avait partagé assez de gènes pour naître, mais pas assez pour qu’ils veuillent le garder et l’assumer comme fils. Mais pour toutes les fois où il en avait parlé, avec fragilité et confidence, ç’avait été avec elle. Et ils s’étaient toujours compris sur ce point-là au moins; bien souvent, plus jeunes, ils avaient même cru que c’était ce passif là qui rendait leur lien si indestructible. A croire qu’ils n’avaient même pas vraiment pensé au présent, parfois.
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MessageSujet: Re: Forgive me, I just didn't know what to do ⚔ Mason   Mar 11 Avr 2017 - 18:14

Les gens mentaient. Les gens abusaient de votre crédulité. Les gens se faisaient du fric sur votre dos sans avoir le moindre cas de conscience. Le fric c'est le fric après tout, c'est ça ? Il n'empêche qu'il n'était jamais agréable de se faire duper, et encore plus quand on ne prenait conscience de ça que plusieurs années après. Etre manipulé, c'était comme réaliser qu'une main autre que la nôtre en était venue à diriger notre vie, à dicter notre conduite, à guider nos pas. On n'avait rien vu, et le retour sur terre était toujours des plus déplaisants. Et parfois, même un simple petit truc pouvait être objet de frustration et de rancune de notre part. Par exemple, tous les ans, à intervalle régulier, il y avait ces productions littéraires qui sortaient en librairie pour vous aider à maigrir avant l'été, ou pour perdre du poids après les fêtes de fin d'année. Mais pouvait-on réellement parler de livres, quand il s'agissait en réalité bien plus de torchons bâclés, remplis d'idées convenues et de fausses astuces ? C'était la même chose pour les livres censés vous apprendre à élever votre enfant, ou bien à vous préparer à devenir parent. C'était de la connerie, ça. Tous les enfants étaient différents les uns des autres, et vous même, vous étiez différent du couple d'à côté. Il y avait bien trop de particularités et de spécificités dans la vie des gens pour qu'on puisse clairement établir un modèle à suivre et applicable pour tous et partout. On ne peut pas s'enfiler des dizaines de bouquins sur la maternité et la grossesse en espérant pouvoir devenir la meilleure mère juste comme ça. Les bouquins, ils ne vous apprennent pas à réagir quand l'homme dont vous étiez amoureuse, et qui se trouvait aussi être le père de votre fille, en venait brusquement à vous quitter sans s'en retourner. Les bouquins, ils ne vous apprennent pas à trouver votre place en tant que mère quand la propre vôtre a violemment fini assassinée juste devant vos yeux et que, depuis, vous n'avez plus réellement eu de référence maternelle. Les bouquins, ils ne vous apprennent pas à gérer les cauchemars et les crises d'angoisse de votre fille quand le gène mutant de cette dernière se réveille et vous en fait brusquement voir de toutes les couleurs. Les bouquins, ils ne vous apprennent pas à éviter de tomber dans les pièges de tous les tordus et de tous les connards que vous pouvez bien rencontrés et qui exploitent un instant de faiblesse de votre part. Non, tout ça, ça s'apprend sans nul doute sur le tard, et à la dure. Avec les aléas, les crochets du droit, le souffle coupé et toutes ces autres choses qui peuvent composer vos journées en tant que mère.

Les bouquins, ils ne vous apprennent pas non plus à gérer la situation quand votre ex réapparaît dans votre vie et que, même si vous en avez gros sur le cœur le concernant, et que votre rancune et votre rancœur ne se sont pas encore estompées, vous devez pourtant mettre tout ça de côté pour faire front commun et œuvrer ensembles. Sans doute parce que cette situation n'arrive pas non plus tous les jours, et qu'en plus de ça, ce n'est pas tous les jours non plus que votre enfant se trouve être un transmutant. Fort heureusement, sans doute ... L'avis de Sloane sur la question en pouvait pas être pris en compte. Il n'était en rien représentatif, et la jeune femme ne pouvait pas vraiment se prononcer sur la chose en toute impartialité. Qu'elle le veuille ou non, elle était personnellement trop impliquée, et puis, elle avait été bien trop manipulée, son existence avait été bien trop compliquée par tout ça, sans parler du fait que, légalement, son employeur n'était autre que l'Etat, et que l'Etat, il n'était pas trop favorable à tout ça. Ouais, c'était bien compliqué, alors Sloane se satisfaisait plus que bien de ne pas avoir à répondre à toutes ces questions là ! Cependant, ce n'était pas non plus exactement comme si elle pouvait enterrer tout ça, faire comme si de rien n'était, ou bien encore prétendre que tout ceci n'existait pas, qu'il ne s'agissait que de racontars, de délires sortis de l'imagination de gens qui devraient mettre un peu plus le nez dehors au lieu de tomber dans les théories conspirationnistes ou de s'enfiler Marvel sur Marvel. Mason n'avait rien du héros typique tout droit sorti d'une blanche de Comics. Il était en chair et en os, et elle l'avait fréquenté et connu suffisamment intimement et charnellement pour parfaitement savoir de quoi il en retournait. Et Willow aussi existait bel et bien en chair et en os. Alors, toutes ces conneries ... Toutes ces conneries, cela lui empoisonnait la vie, purement et simplement. Pour elle, depuis que la mutation de Willow s'était révélée, la vie, c'était comme de marcher sans cesse sur une corde raide, sans filet de sécurité en contrebas, comme un funambule qui risque à tout instant de se casser la tronche alors qu'on n'a de cesse de lui souffler des vents forts en pleine gueule.
    « Tu arriverais à oublier, toi ? ... » C'était sans doute une question des plus légitimes, après tout, mais dans le même temps. Il ne s'agissait pas vraiment de eux deux, là, mais plutôt de Willow. Seule Willow comptait, seule Willow importait. Mais Sloane savait très bien que, quand tout allait encore bien pour sa fille, cette dernière était très perspicace, et lui mentir ou lui cacher des choses s'était très souvent révélé une tâche des plus ardues. Et pourtant, Sloane était plutôt bien rodée et très performante, en temps normal, de ce côté là ! « Je veux qu'il paye, Callahan, pour ce qu'il a fait. Je veux qu'il passe devant la Justice et que tout le monde sache quel connard il est. Je veux qu'au moins une fois dans ma vie, dans sa vie, à Willow, la justice soit rendue. Et je veux que Willow puisse me regarder et ... Je veux qu'elle puisse me regarder et comprendre que j'ai fais de mon mieux, et que j'avais juste pas toutes les réponses, ni même toutes les solutions. »
Et même si ça pouvait être difficile à croire, elle voulait aussi que Willow puisse se sentir en sécurité avec Mason, qu'elle puisse savoir et comprendre ce que c'est que d'avoir un père. Celui de Mason ne valait pas un clou, et si celui de Sloane avait pu essayer de faire de son mieux, cela n'avait jamais été assez. Plus une obligation qu'une réelle envie. Cassidy McNally avait assumé ses responsabilités, mais, dans le fond, il avait toujours été ailleurs quand il était ici. Et il avait fini par mourir en héros pour la seule ville dans laquelle il ait réellement aimé vivre, New York. Evidemment, à côté de New York, toutes les autres villes américaines, ou presque, faisaient vite pâle figure. Mais plus que New York, ce qu'il avait aimé là-bas, loin de Radcliff, ça avait été sa femme, et leurs enfants. Sloane, elle, elle n'avait pas été prévue au programme, mais il avait fallu faire avec. Un sentiment ténu, comme fantomatique, mais que Sloane avait toujours ressenti depuis qu'elle était en âge de comprendre le monde alentour. Et là, égoïstement, Sloane n'était-elle pas en train de réclamer le même sacrifice que celui de son père, de la part de Mason ? Mais avait-elle vraiment le choix ? Et puis, les choses étaient-elles vraiment comparables ? A ce qu'elle en sache, Mason n'était pas marié et n'avait pas eu d'autre enfant, sauf s'il lui cachait la vérité.
    « Tu sais bien que je déteste Radcliff au moins autant que toi ... » L’œillade fut partagée, sans que Sloane ne se sente obligée d'expliquer ses raisons personnelles. Mason les connaissait déjà. Il y avait les raisons passées, qu'elle avait partagé avec lui du temps où ils étaient encore ensembles, et certaines de ses raisons étaient survenues durant leur relation. Et il y avait les raisons plus récentes, qu'il ne pouvait ignorer car intimement liées à tout ce que Sloane avait dû gérer et subir depuis leur rupture, et intimement liées au sort de Willow et à l'existence qu'elle avait connu durant toutes ces années. Dans tous les cas, tous deux n'étaient clairement pas été par leur passé et passif personnels, c'était le moins que l'on pouvait dire, alors, évidemment, ça n'arrangeait rien, bien au contraire, et ça aidait à complexifier encore plus pas mal de choses ... « Willow ne te hait pas, du moins, tant qu'elle était avec moi, elle n'a jamais manifesté de sentiment négatif à ton égard. Sans doute parce que je ne t'ai pas dépeins comme un connard, ou comme un sale type. Je lui ai parlé de l'homme que j'avais connu, et aimé. Du père qui l'avait aimé, et qui n'en avait rien eu à faire qu'elle ne soit pas un garçon. Le reste ... Le reste, c'était entre nous, et elle n'était en rien responsable de nos disputes. Elle comprenait beaucoup de choses très vite tu sais ... Avant même de devenir télépathe ... » Et puis, Sloane marqua une pause. Sa situation personnelle et celle de Mason étaient bien différentes, alors, on ne pouvait comparer. Juste exprimer son propre ressenti, sans doute. « Il m'arrive encore aujourd'hui de me prendre à espérer et à vouloir qu'Inola réapparaisse dans ma vie en me sortant que tout ce sang autour de sa boîte crânienne, c'est juste une mise en scène pour Halloween, ou que Cassidy pousse la porte d'entrée, les bras chargés de courses inutiles, comme à l'époque, en me sortant un truc du genre « Tu vas pas me croire Atsila, mais j'me suis retrouvé coincé sous des tonnes de gravats, les gars ont trimé des mois pour me sortir de là ... » Ce qui est totalement stupide, parce qu'on n'a pas retrouvé un seul fragment de son corps, et que ça arrivera jamais ... Mais toi, t'es pas mon père, et tu n'es surtout pas ton père. Une tour ne s'est pas écroulée sur ta gueule alors que tu tentais de secourir des gens pris au piège, et t'as jamais été un trou du cul avec ton enfant ... Mais je veux pas que tu te sentes obligé de quoi que ce soit. ... Ce que c'est compliqué ! »
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