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 long time no see (lazence)

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SUR TH DEPUIS : 14/06/2015
MessageSujet: long time no see (lazence)   Sam 27 Aoû 2016 - 18:14

long time no see
Lazar & Maxence



« Chambre n°24, voilà les clés » Je récupère le trousseau, me tourne vers Nolan et Thaïs dans un sourire légèrement crispé. Comme d’habitude, Nolan est déjà occupé à mâcher un chewing-gum, nonchalant, et à considérer le hall d’entrée du motel où on va poser nos affaires le temps de trouver un plan un peu plus stable. Thaïs me fait un grand sourire, spontanée elle, comme toujours, pour m’encourager. Le contraste entre mes deux cadets est tel qu’il me déstabilise à chaque fois un peu plus. « Merci. Nolan, Thaïs, on s’installe ? Thaïs, ça va aller pour toi ? Deux étages… » Je quête dans son regard la moindre fatigue, juste avant d’enchaîner sur un ton un peu plus sec. « Nolan, va décharger la voiture, je te rejoins tout de suite. Prends les clés. Thaïs, monte lentement, on arrive. Je termine de signer deux trois trucs. » Ce sont des ordres, et je sais pertinemment que pour que Nolan m’obéisse, il faut que je laisse notre sœur le convaincre de faire autre chose que buller. Je me tiens les côtes dans une grimace lorsque je réinstalle mon sac à dos pour relire les papiers qu’il me reste à parapher. C’est toujours le plus compliqué, lorsqu’on sait que je suis en cavale depuis trois ans et que toute arrestation se soldera par la peine capitale. Maladroitement, en me faisant horreur, j’inscris de fausses initiales, en accord avec ma fausse carte d’identité. J’ai les mains moites lorsque mon interlocutrice me dit que tout est bon, j’ai les mains moites que j’essuie sans grande réussite sur ma veste, tout en récupérant des mains de ma sœur le sac qu’elle a pris la peine de sortir de la voiture.

Une demi-heure plus tard, une clé en poche, Nolan et Thaïs s’installant dans l’appartement, je suis à nouveau sur le trottoir. Skate, sac à dos, j’inspire à fond. La carte achetée dès notre arrivée à Radcliff s’épanouit entre mes doigts, je trace machinalement le chemin qui va me conduire jusqu’à la villa dont j’ai payé un peu trop cher l’adresse. Pas si loin que ça, lorsque j’ai choisi ce motel, ce n’était pas pour rien. Un coup d’œil à ma montre m’apprend qu’il est tout juste dix heures, pas trop tôt, mais suffisamment tard en théorie pour se pointer à l’improviste chez le pire homme de l’univers. Bien trop rapidement, je m’arrête, relève la tête. Le quartier est sécurisé, habité de plusieurs résidences de luxe. Je considère la bâtisse, l’enceinte qui la clôture. Et bien malgré moi, j’écarte immédiatement la solution la plus simple, sonner, frapper, me présenter pour en considérer une bien moins légale mais qui me permettrait de prendre l’ascendant sur la conversation, dès le début. Parce que venir demander un service à Lazar, ce n’est jamais sans risque. Bien au contraire. Et que même s’il ignore sûrement encore que je suis à l’origine de sa chute en Nouvelle-Orléans, il ne va pas non plus m’accueillir les bras grands ouverts.

Portail. Hommes en train de patrouiller. Son chien que je connais un peu trop bien. Et très certainement alarmes. Je soupire avant de reprendre ma route et de compléter mon repérage. Autant pour mes espoirs de me confronter au plus vite à Lazar, il faut que je reporte ma visite à demain. Ou après demain. D’un coup d’œil, mes trois ans de cavale commencent à payer, je cherche des failles. Sans en trouver au premier coup d’œil.

Deux semaines. Cela fait deux semaines que nous sommes à Radcliff. Et la nuit est complète. Un croissant de lune m’offre un soupçon de lumière et surtout des ombres où me cacher. Mon cœur bat la chamade dans ma poitrine, des gants, une veste, une capuche et un sac à dos serré, je suis de retour dans la rue de Lazar, à quelques pas de sa villa que je commence à un peu trop connaître. Tout va se jouer à la seconde près. Sauf qu’il n’est pas question de me dégonfler. Pas maintenant. Je prends mon élan, mes mains gantées agrippent le haut du mur et je me réceptionne dans une nouvelle grimace, accroupi, dans un angle et surtout à l’ombre. J’ai les mains moites, encore. Pour le moment, tout se passe bien. Parce que j’ai fait le plus simple. Maintenant, il ne me reste plus qu’à… je m’immobilise et me recroqueville sur moi-même lorsqu’un des hommes de main de Lazar se rapproche un peu trop. Pendant ce qui me semble être une éternité, je suis obligé de retenir ma respiration. Et il finit par se décaler. J’en profite pour tenter ma chance, atteindre le mur de la villa, me glisser vers une fenêtre. C’est la nuit, je dois parier que l’alarme sera désactivée. J’ai les mains plus seulement moites mais aussi tremblantes lorsque je déverrouille une fenêtre et me faufile dans ce qui semble être un salon pour aussitôt me plaquer contre un mur, le cœur menaçant d’exploser. « Tu y es presque, Max, tu as fait le plus dur. » J’essaye de me rassurer comme je peux. Avant de quitter la sécurité du salon. Je suis tendu. Sans m’improviser voleur, je commence à avoir de l’expérience. Mais je sais que je risque gros. Sans compter Fergus. A cette pensée, je sors de mon sac un flingue que j’arme sans tarder d’une seringue anesthésiante. Qui va se planter dans la cuisse du chien à l’instant où je l’aperçois. Je l’enjambe sans plus tarder. L’important, c’est le bluff. C’est l’assurance. C’est tout ce que je n’ai pas.

La porte s’ouvre dans un grincement, dans une grimace aussi. Et j’allume la lumière dans la foulée. Avec un 9mm dans les mains, après un rapide changement d’arme pour du calibre légèrement plus nocif. Je tourne sur moi-même pour attraper la première chose qui me passe sous la main et le lancer sur le corps étendu sur le lit. J’attends qu’il ouvre les yeux et soit capable de réfléchir, juste une fraction de seconde, avant de me lancer sans lui laisser le temps de respirer. « C’est étrange d’échanger les rôles… » Ma verve ne tarde pas à me faire défaut. « Euh… salut. » Brillant, Maxence, brillant. « Tu te souviens de moi ? »


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MessageSujet: Re: long time no see (lazence)   Dim 28 Aoû 2016 - 13:03



– long time no see –
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En soupirant, Lazar referma le dossier dans lequel il avait le nez plongé depuis deux heures et se laissa aller en arrière dans son confortable fauteuil. Portant les mains à son visage, il se massa les tempes dans l’espoir de faire partir le début de migraine qui commençait à pointer le bout de son nez. Gérer un empire criminel tout en faisant profil bas était un exercice de haute volée qu’il gérait généralement avec brio, mais il lui arrivait de temps à autres de tomber sur un os – la douane, les fédéraux, un rival un peu nerveux … En l’occurrence, le problème qui avait accaparé une grosse partie de sa journée ainsi que de sa semaine consistait en une vérification un peu trop poussé des faux papiers de quelques uns de ses hommes ; rien qu’il ne puisse surmonter, mais il fallait graisser quelques pattes, en menacer d’autres, trouver les données incriminées et les modifier pour que tout ait l’air parfaitement en règles. S’il fallait qu’il envoie quelqu’un se rendre dans les soi-disant villes de naissance de ses sbires pour inscrire de faux noms sur les registres de naissance, alors il donnerait l’ordre dans la seconde. Mais il venait à bout de cette petite crise, et il avait déjà envoyé ses directives à ses contacts compétents – le tout accompagné d’une jolie petite somme pour les motiver, bien évidemment. La discrétion était la clé de toute cette affaire, mais il savait aussi qu’il était hors de question que viennent planer sur lui les mêmes soupçons qui l’avaient poussé à partir de la Nouvelle-Orléans – pas alors qu’il ne pouvait pas se permettre de choisir un point de chute différent de Radcliff. La ville était petite, certes, mais elle disposait de tout ce dont il avait besoin ; et puis, il n’avait pas très envie que son dossier médical se balade un peu partout. Il s’était déjà plié en quatre pour faire comprendre aux médecins qui s’occupaient de lui que si la moindre information à son sujet filtrait quelque part, il s’arrangerait pour qu’ils n’aient plus jamais les moyens d’exercer dans un hôpital – et de vivre correctement de manière générale.
Se baissant, l’Irlandais grattouilla la tête de son chien couché à ses pieds et grimaça : l’un des médicaments qu’il devait prendre avait le désagréable effet de rendre ses os douloureux. Ca n’avait rien d’insupportable, mais ça pouvait devenir gênant pour peu que son tibia décide soudainement d’être souffrant. Pour le moment, il sauvait les apparences, mais plus il voyait ses résultats d’analyse, plus le doute commençait à s’installer. Il ne baissait pas les bras néanmoins – hors de question de s’incliner face à la maladie. Il sortirait de là entier, quoi qu’il en coûte, dusse-t-il trouver un mutant pour mourir à sa place.
S’extirpant de son fauteuil, il prit le temps de ranger ses affaires et de sécuriser ce qui devait l’être avant de descendre, Fergus sur les talons. L’animal était l’unique autre présence à l’intérieur même de la maison, Aisling était absente pour la soirée. Tant mieux : il était particulièrement fatigué ce soir, et ce malgré un autre médicament qui l’empêchait de fermer l’œil immédiatement. Mais à près de deux heures du matin, il allait bien falloir qu’il dorme. Et le verre de scotch qu’il se servit aiderait sûrement à l’envoyer dans les bras de Morphée.

Ce fut d’un sommeil sans songes que Lazar fut brutalement tiré. Il ne sut pas ce qui lui tombait dessus, mais l’objet jeté contre lui lui tira une grimace et un sursaut qui le fit s’asseoir d’un coup. Par réflexe, il alla pour glisser la main sous son oreiller, avant de se rappeler que sa chambre était le seul endroit de sa villa où il n’y avait pas d’armes – la faute à une épouse parfois un peu soupe au lait avec ses infidélités. S’insultant intérieurement de n’avoir même pas un couteau à portée de lui, le gangster plissa les yeux, la lumière lui agressant les rétines. Dire qu’il avait enfin réussi à s’endormir après avoir tourné en rond pendant encore une heure. Décidément, son humeur n’allait pas en s’arrangeant. A dire vrai, elle ne fut pas loin d’être absolument massacrante lorsque ses yeux finirent de faire le point sur la silhouette qui se tenait dans l’encadrement de la porte et le menaçait avec un petit pistolet qui ne lui aurait pas fait grand’ chose de dangereux du moment que la balle ne touchait pas un point vital. C’était à croire que certaines personnes ne changeaient jamais, s’enfonçant dans une médiocrité crasse et une bêtise qui aurait presque pu être attendrissante si elle n’était pas parfaitement irritante.

- Malheureusement oui,
répondit-il à la question de Maxence d’une voix calme et légèrement rauque.

Difficile d’oublier ce garçon qui avait été l’un de ses poulains favoris dès qu’il avait réalisé qu’il tenait avec lui un filon d’exception. Sans doute qu’il aurait fini par s’intéresser au reste de la fratrie s’il n’avait pas dû plier bagages de Nola des années plus tôt. D’ailleurs, quand on connaissait l’historique du Sanderson, sa présence à Radcliff était d’autant plus étrange. O’Callaghan haussa un sourcil et pencha légèrement la tête sur le côté.

- La peine capitale te tente tellement pour que tu sois très exactement à neuf cent soixante-dix-huit kilomètres de l’endroit que tu n’étais supposé quitter sous aucun prétexte ?


S’il était là, ce n’était sûrement pas par hasard : les Etats-Unis grouillaient de petites villes plus perdues les unes que les autres, et s’il avait vraiment voulu échapper à la justice, il se serait caché en Alaska plutôt qu’à moins de mille kilomètres à peine de la Louisiane. Mais ce n’était pas la réponse qui intéressait le plus Lazar.

- Et, plus important …

Se glissant hors des draps, il se mit debout et ne laissa absolument rien passer sur son visage de la vague de douleur qui secoua son squelette. A la place, il se contenta de vriller son regard d’un vert émeraude dans les yeux de Maxence. Il ne l’impressionnait pas, ne l’avait jamais fait, et ce n’était pas maintenant qu’il essayait de jouer aux durs avec un petit calibre en mains que ça allait commencer.

- Qu’est-ce que tu viens faire chez moi à quatre heures du matin ?






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MessageSujet: Re: long time no see (lazence)   Dim 28 Aoû 2016 - 16:12

long time no see
Lazar & Maxence



Parfois je me demande si celui que je suis devenu a été forgé par Lazar, par la prison, par la vie ou juste par un concours de circonstances. Si, des années plus tôt, Lazar ne l’avait pas vu sur un skate en train de rivaliser avec des mecs bien plus âgés que moi, ma vie aurait été drastiquement différente. Parfois, je me demande aussi si notre destin n’est pas tracé à l’avance et si malgré toutes mes réticences, le flingue que je tiens dans la main, ces faux papiers que je me traîne, cette aisance que j’ai à me faufiler dans une baraque pour récupérer des biens de valeurs, j’étais voué à les avoir. Et là, forcément, les yeux rivés dans ceux de Lazar, je suis bien obligé de me reposer la question. Une nouvelle fois. Une énième fois. Et je me rends compte que malgré tout notre passif, malgré tout ce qu’il m’a appris, tout ce qu’il m’a forcé à apprendre, malgré ce qu’il a fait de moi, malgré ce en quoi il m’a transformé, je ne lui arriverai jamais à la cheville. Parce qu’il me suffit d’une phrase, pas plus, pour que je perds contenance, pour que je perde toute crédibilité, pour que mon discours savamment écrit, appris, répété, millimétré, s’envole en fumée sous cette terreur qu’il fait naître en mon sein, une terreur que je n’arrive pas à combattre lorsque je sais ce qu’elle implique et d’où elle vient. Nolan a raison. C’était une erreur de venir ici. Et c’est bien de s’en rendre compte une fois que je ne peux plus du tout faire demi tour.

Je n’ai plus qu’à avancer, maintenant. A me parer d’assurance, même si c’est on ne peut plus faux. S’il se souvient de moi ? Je n’arrive même pas à savoir quelle réponse j’attends à cette question. Il y a trois ans mon plus grand rêve aurait été qu’il m’oublie. Maintenant… - Malheureusement oui,. Ah. Je déglutis. Péniblement. On n’a pas vraiment l’impression que c’est moi qui tiens l’arme de poing et que c’est lui que je viens de réveiller. Je n’aurais pas dû le réveiller. - La peine capitale te tente tellement pour que tu sois très exactement à neuf cent soixante-dix-huit kilomètres de l’endroit que tu n’étais supposé quitter sous aucun prétexte ? Cette fois, c’est ma respiration qui se fait pénible. Comme une main posée sur ma cage thoracique, sous ce que je perçois comme étant une menace implicite. J’ai la gorge sèche. Il faut que je parle, il ne faut pas que je lui laisse le temps de parler, le temps d’inverser la tendance, de prendre le dessus et de me réduire à néant. Même si pour ça, il est déjà trop tard. - Et, plus important… Ma main crispée sur l’arme le suit lorsqu’il se lève. Une main tremblante. Et une main moite. Comme toujours. Mon autre main, elle, s’en va rabattre la capuche qui cachait toujours mon visage. - Qu’est-ce que tu viens faire chez moi à quatre heures du matin ? C’est une bonne question.

Et c’est une question qui me fait arrêter un battement de cœur lorsque je me rends compte que je ne sais plus comment formuler la chose. Naturellement, j’aurais tendance à lui dire s’il vous plait et j’aimerais, parce que je suis incapable de faire preuve d’impolitesse. Sauf que je suis conscient qu’à partir du moment où je pars sur ces bases, non seulement je perds toute crédibilité, mais en plus… mais en plus je ne peux plus rien exiger de lui. Je déglutis, encore, en raffermissant ma prise sur l’arme, en me décalant, aussi, pour m’éloigner de la porte et du couloir vide dans mon dos. Ca aussi, c’est grâce à lui que je l’ai appris. « Je sais me faire discret, et ils ont autre chose à faire que de me chercher. Je ne suis pas stupide, Lazar. » Tiens donc… « Tu ne me fais pas peur. » Alors pourquoi est ce que je me sens obligé de le lui affirmer ? Parce qu’il me fait peur. Immensément peur. Parce qu’il a ce charisme que je n’ai pas, cet impact dans ma vie que rien n’effacera, parce que mon sens de l’honneur me rappelle chaque jour que c’est à lui que je dois ma médaille, que c’est à lui que je dois une enfance presque heureux autour du snow, que c’est à lui que je dois la survie de Thaïs depuis qu’on a découvert sa maladie. Parce que je lui dois de l’argent, aussi, et que quelque part, je compte bien le rembourser un jour pour définitivement couper ce lien qui me rattache à lui. « J’ai besoin de ton ai… » Non, il ne faut pas que je formule la chose ainsi. « Tu vas faire quelque chose pour moi. » Ca me met mal à l’aise, de me comporter comme ça. C’est… ce n’est même plus étrange comme inversion des rôles, c’est anormal. « J’ai besoin que des personnes arrêtent de me suivre. » Ne pas parler de Nolan, ne pas parler de Thaïs. C’est une affaire entre moi et les Hunters, entre moi et Lazar. Pour que ma famille soit mouillée le moins possible dans cette affaire.


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MessageSujet: Re: long time no see (lazence)   Dim 28 Aoû 2016 - 18:09



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Lazar n’était pas un enfant de chœur. Il ne l’avait jamais été et ne le serait jamais. Il était fait de telle façon qu’il n’agissait que pour son profit personnel, et peu importe les dommages collatéraux qui en découlaient, tant qu’il obtenait ce qu’il désirait, alors le monde pouvait bien brûler qu’il le regarderait s’écrouler en sirotant un verre de scotch de qualité. Lorsque son attention se portait sur quelqu’un, la personne qui avait eu le malheur d’éveiller sa curiosité pouvait s’attendre à ce que son existence vire au cauchemar. Maxence Sanderson était bien placé pour en témoigner. C’est dommage pourtant : son destin s’était joué à un rien. A un chauffeur en retard de cinq minutes à dire vrai. Si Lazar était monté dans sa voiture à l’heure où il était censé partir, alors il n’aurait pas remarqué ces jeunes en train de faire du skate dans le parc face au café où il s’était installé ; il n’aurait pas repéré le petit garçon, debout sur sa planche, qui filait avec une aisance et une souplesse prodigieuses, devançant des jeunes hommes bien plus âgés que lui. Il ne serait pas allé le voir pour lui parler et apprendre son nom pour mieux revenir plus tard et faire la connaissance de sa mère. Et il n’aurait pas lentement mais sûrement refermé ses griffes autour de la petite famille. Il n’aurait pas fait en sorte d’endetter la pauvre femme célibataire pour qu’elle lui doive la réussite de son fils et le semblant de vie potable qu’ils avaient eu. Cela dit, Maxence n’aurait jamais été champion olympique, il n’aurait jamais connu la gloire et l’ivresse de la victoire qui n’avaient été possible que grâce aux investissements de l’Irlandais – car c’était tout ce qu’il était, un investissement qui devait être rentable sur le long terme. Et il l’avait été, un temps, avant qu’il ne prenne un blâme qui l’avait envoyé tout droit en prison. Cela dit, ça n’avait été qu’un petit contretemps, rien de plus, et il aurait dû reprendre ses paiements dès qu’il était sorti de sa cage. Seulement … seulement, les choses ne s’étaient pas passées comme prévu. Les fédéraux avaient mis leur sale nez dans des affaires qui ne les regardaient pas, et même si le gangster avait fait ce qu’il fallait pour qu’on ne puisse pas remonter jusqu’à lui, il avait préféré partir, le temps que les soupçons qui pesaient sur lui se fassent oublier. Après tout, les absents ne peuvent être accusés que dans une certaine mesure. S’il avait sacrifié cette partie de son empire, il ne manquerait pas de faire son grand retour dès que l’occasion se présenterait.

En attendant, il avait un petit problème à régler. Un agaçant, insignifiant et bruyant problème. Ce que Sanderson fichait chez lui à une heure pareille, il ne le savait pas encore mais il n’allait pas tarder à le découvrir, dusse-t-il le disséquer morceau par morceau pour le faire parler ; mais à voir ses grands yeux larmoyants de petit chiot apeuré, il n’aurait qu’à choisir les bons mots à employer pour qu’il lui dise tout ce qu’il voulait entendre – comme autrefois.
Ce « tu ne me fais pas peur », cette tentative pitoyable de lui faire croire qu’il ne le hantait plus dans ses cauchemars tira à l’Irlandais un sourire amusé et condescendant, quelque chose de moqueur et de méprisant.

- Ah oui ? C’est vrai qu’on ne dirait pas, vu comme ça.

Il était tellement ridicule que ça lui aurait presque donné envie d’être gentil avec lui, si seulement il était capable de faire preuve de gentillesse pour quelqu’un d’autre que son chien, et sa femme de temps en temps.
Lazar haussa un sourcil lorsque le jeune homme fit un lapsus qui ne lui échappa pas le moins du monde. Son aide, rien que ça. Peut-être était-il vraiment devenu fou pour oser réclamer quelque chose de lui. Ceci étant dit, l’évènement était suffisamment exceptionnel pour l’intriguer. Au pire, ça lui donnerait une vraie bonne raison de laisser échapper toute sa mauvaise humeur sur lui, quitte à le sortir de chez lui dans une bâche étanche. Qu’il soit poursuivi, ça ne l’étonnait pas le moins du monde ; qu’il vienne lui demander, à lui, le pire monstre de son existence, de faire disparaître ses poursuivants, c’était là la preuve qu’il s’était fait des ennemis de taille. Pauvre petit. Faisant mine de réfléchir, Lazar pivota pour se diriger vers son armoire, ne s’occupant plus du revolver que Maxence tenait entre ses mains.

- Que je résume : tu viens jusque chez moi, tu me réveilles et tu viens me demander mon aide pour échapper à quelques petits traqueurs agacés, hm ?

Ouvrant le meuble, il attrapa la robe de chambre noire qu’il avait raccrochée deux heures plus tôt à peine et l’enfila tranquillement avant de refermer les portes de bois et de s’approcher de Maxence. Il ne se colla pas à lui, loin de là, seulement il était suffisamment à côté de lui pour pouvoir détailler les moindres trait de son délicat visage. Visage qu’il aurait volontiers dépecé pour avoir été réveillé à une heure pareille. Debout devant le couloir, ses yeux étaient pourtant tournés vers l’ancien champion, aussi froids qu’à l’accoutumée.

- Dis-moi, qui est-ce que tu as fâché ? Une vendeuse de fleurs à qui tu n’as pas rendu la monnaie ? Un boulanger à qui tu as oublié de dire merci ?

Un fin sourire étira ses lèvres une nouvelle fois tandis qu’il ajoutait :

- Ou bien est-ce que tu as réussi à mettre les mauvaises personnes en colère cette fois ?

Sans un mot de plus, il passa à côté de lui et s’engouffra dans le couloir, ne prenant pas la peine d’allumer la lumière, les lueurs extérieures lui suffisant bien pour s’y repérer. En revanche, un détail le chiffonnait grandement depuis quelques instants.
Il n’avait pas encore vu son chien.





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MessageSujet: Re: long time no see (lazence)   Dim 4 Sep 2016 - 13:21

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Je n’ai rien à faire là. Et j’ai du mal à déglutir, rien que d’y penser. Mon arme ne me servira à rien, je ne suis pas de ceux qui s’en servent sans hésitation. Mon assurance, elle, me fait déjà défaut, tout comme cette confiance en moi que je n’ai jamais eu dans ce genre de situation. Il ne me reste, au final, que ma détermination. La seule chose qui puisse me maintenir à flots, alors que je suis à la dérive depuis plus de treize ans maintenant. Je ne suis pas stupide. Cette affirmation pourrait être crédible si elle ne venait pas de moi. Le problème c’est que… non, je ne suis pas stupide, mais je ne suis pas non plus infaillible pour dans la moyenne haute de la population sur ce plan là. C’est une erreur d’être venu jusqu’ici. Maintenant, tout ce qu’il me reste à faire, c’est de limiter la casse. Et d’essayer de me convaincre qu’il ne me fait pas peur. Plus peur. A son sourire, il est clair que ni l’un ni l’autre ne sommes malheureusement dupe. - Ah oui ? C’est vrai qu’on ne dirait pas, vu comme ça. J’inspire, gonflant mon torse sans que ça n’ait le moindre effet. « Crois ce que tu veux, ça ne changera rien. » Cette phrase, tout faite, sortie de ce qui pourrait être un film de seconde zone, elle marche bien mieux sur moi que sur lui, je le sais mais… il ne faut pas que je perde le nord, et si pour me maintenir à flots, il faut que je passe par là…

J’ai besoin d’aide. C’est indubitable. Depuis que mon père nous a abandonnés, j’ai besoin d’aide. Depuis que ma mère a commencé à se tuer à la tâche pour payer le loyer, payer nos habits, payer notre nourriture, j’ai besoin d’aide. On a besoin d’aide. Et pendant un temps, Lazar nous a offert cette aide sans arrière-pensée, ou du moins nous le pensions. Maintenant que je sais à quoi tout ça rime… je reviens malgré tout vers lui. J’ai besoin d’aide, et même s’il le formuler comme ça n’est clairement pas une bonne idée, le fond reste le même. Pourquoi être venu en pleine nuit ? Parce que déjà que je suis prêt à ramper à ses pieds et à lui lécher les bottes pour obtenir ce dont j’ai besoin… il faut que je garde un tant soit peu de contrôle. A défaut d’être crédible. - Que je résume : tu viens jusque chez moi, tu me réveilles et tu viens me demander mon aide pour échapper à quelques petits traqueurs agacés, hm ? Je déglutis en le suivant du regard. Mes yeux vont de ses mains à son visage, sans arrêt, à la recherche d’une menace. Stupide Max. C’est lui la menace, et je me suis jeté dans la gueule du loup en bêlant comme un mouton. Pour échapper à quelques petits traqueurs agacés. Si seulement… Lorsqu’il s’approche de moi, je recule d’un pas, sans le vouloir, juste par réflexe. J’ai à légèrement lever les yeux pour continuer à le fixer. - Dis-moi, qui est-ce que tu as fâché ? Une vendeuse de fleurs à qui tu n’as pas rendu la monnaie ? Un boulanger à qui tu as oublié de dire merci ? Je serre les dents en inspirant, je serre les dents, je serre les poings, je ne m’aperçois qu’à cet instant que je ne le tiens plus en joue, que j’ai baissé les bras. Que j’ai baissé les bras. Et pas que métaphoriquement. Ou bien est-ce que tu as réussi à mettre les mauvaises personnes en colère cette fois ? Je le regarde sortir de la pièce, je le regarde se diriger dans le couloir, je me rends compte à cet instant à quel point rien, strictement rien n’a changé en trois ou treize ans. A quel point il reste le maître en n’importe quelle circonstance. Et qu’en définitive, c’est moi qui vais continuer à trottiner derrière lui. Ridicule. « Lazar, je... » Je crois que souvenir qu’il déteste cette manie que j’ai de ne pas finir mes phrases, de perdre mon souffle entre temps, de ne plus oser aller au bout de mes pensées. « Tu ne me fais pas peur. Tu entends ? Tu ne me fais plus peur. Alors… » Alors ? Alors je ne sais pas. Je n’ai jamais été un très bon joueur de poker. Et encore moins un très bon menteur. Donc bluffer… « J’ai des… » Je fronce les sourcils, en sortant à mon tour de la pièce. « Ca ne te regarde pas. Tu... » C’est un carnage, c’est une comédie, c’est une mise à mort que je signe, là. C’est pathétique, aussi, de voir à quel point je suis incapable de jouer le dur. Je le remets en joue, ayant jusqu’au culot d’effleurer son front avec le canon de mon arme. « Dans tous les cas, je suis gagnant, Lazar. Si je te tue maintenant, je règle un de mes problèmes. Si tu acceptes de…. » Il faut vraiment que je fasse attention à ma manière de formuler les choses. « Si tu m’obéis, j’en règle un autre. Toi, si tu crèves, je suis pas sûr que ça arrange tes affaires. » J’ai retrouvé un peu de sang-froid. Un peu d’assurance.

Alors pourquoi est ce que je me suis senti obligé de le regarder dans les yeux ? Pourquoi est ce que mes rétines ont accroché la forme de son chien, endormi juste derrière lui ? Pourquoi est ce que je ne peux pas m’empêcher de transpirer à la seule idée qu’il s’en aperçoive ?


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MessageSujet: Re: long time no see (lazence)   Jeu 10 Nov 2016 - 19:02



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Lazar était fatigué. Il n’était pas lessivé émotionnellement, bien entendu : sa fatigue était purement physique. S’il gérait parfaitement le stress et ses conséquences, il ne pouvait pas se soustraire indéfiniment à une tension qui pesait sur ses épaules depuis les quarante dernières années. Ca n’était pas constant, bien entendu, mais depuis les derniers mois, depuis qu’il avait repris ses affaires tout en restant caché et, surtout, depuis qu’il avait appris pour son cancer, il s’était retrouvé plus facilement somnolent, plus facilement couché à des heures moins absurdes que d’ordinaire. Lui qui aimait que sa vie soit réglée comme du papier à musique se voyait contraint de devoir faire avec les aléas de sa santé défaillante. Les médicaments lui faisaient mal tout en essayant vainement de contrer les cellules rebelles qui le rongeaient de l’intérieur, les effets secondaires ne tarderaient plus à se manifester s’il passait à un traitement plus agressif et il ne devait en aucun cas laisser voir cette faiblesse à qui que ce soit, pas même à sa femme. Il ne savait pas qui, entre elle et ses rivaux, causerait le plus de dégâts en possession de cette information. Aussi, le gangster n’avait-il rien dit à personne, profitant des moments où il allait bien et faisant avec les autres. En l’occurrence, Lazar était fatigué.
Et lorsqu’il était fatigué, il était de mauvaise humeur.

Refermant la robe de chambre qui lui tombait jusqu’à mi mollet comme le faisait son emblématique manteau noir, il alla gentiment rappeler à Maxence qu’il ne lui faisait pas peur, pas même avec son petit calibre en main. Oh bien sûr, il savait parfaitement qu’une balle bien placée ne manquerait pas de le blesser gravement, voire de le tuer si le jeune homme parvenait, par l’intervention du Saint-Esprit, à percer un point vital. L’Irlandais savait aussi que le gamin ne manquerait pas de vouloir arrêter l’hémorragie, au moins un temps avant de fuir. Il avait beau jouer les gros durs, il n’avait pas une once de méchanceté en lui. Ca se serait su, si ça avait été le cas : bien des déboires lui auraient été épargnés et il ne serait pas dans une telle situation s’il avait été un peu plus vindicatif. Malheureusement pour lui, heureusement pour les autres, il était aussi dur qu’une motte de beurre laissée en plein soleil. Du moins, c’était comme ça que Lazar le voyait. Alors, forcément, lorsqu’il l’entendit prononcer l’affirmation la moins crédible du monde, il ne put empêcher un léger rire de remonter le long de sa gorge, venant accompagner le sourire amusé qui lui tirait les lèvres.

- C’est bien, continue à le répéter et peut-être que tu finiras par convaincre quelqu’un.

Il ne savait pas qui se laisserait avoir par une telle absurdité, mais il y avait des imbéciles partout – et il ne faisait pas partie de ceux-là, bien entendu. Il n’était même pas du genre à jouer les idiots, ou alors seulement quand il pouvait s’en servir pour moucher ses adversaires et les coiffer au poteau. Avec sa carrure pas spécialement impressionnante et son calme si difficile à briser, on avait tendance à le prendre pour un petit poisson quand on ne le connaissait pas. Il n’y avait rien de plus faux. Plus qu’un requin, Lazar était une baudroie, un poisson des abysses agitant une petite lueur d’espoir dans les ténèbres pour mieux dévorer tous ceux qui venaient s’y cogner. Et Maxence ne tarderait pas à se faire avoir par cet horrible stratagème s’il ne tenait pas un peu mieux sa langue – et s’il ne se décidait pas à finir ses phrases. Décidément, en trois ans, rien n’avait changé.
Le sourire du gangster se fana et il arqua un sourcil en sentant le canon de l’arme effleurer son front. Tiens donc : le petit se découvrait suffisamment de courage pour oser être plus tactile. Enfin, si on pouvait vraiment appeler ça tactile. C’était ridicule, c’était moi, c’était mal assuré et c’était particulièrement agaçant. S’arrêtant de marcher, il se tourna vers le garçon et vrilla son regard dans le sien. Qu’il s’agisse d’un 9mm ou d’une sulfateuse, rien de ce qu’il aurait pu tenir entre ses mains n’aurait été une arme suffisante pour l’inquiéter ; rien de manipulé par Maxence Sanderson n’aurait réussi à le faire se sentir menacé. Rien, sauf peut-être son dossier médical, et il emporterait ce secret avec lui dans la tombe.

- Si je meurs, la pérennité de mes affaires sera le cadet de mes soucis. Toi en revanche … eh bien, nous nous retrouverons en enfer pour en parler après ton petit passage sur la chaise électrique. A moins qu’ils ne préfèrent te piquer comme un chien.

Si Maxence le tuait, il espérait bien que ses larbins et que sa femme se chargent de le retrouver, que ce soit pour lui faire la peau ou bien pour prendre un malin plaisir à le voir être accusé de récidive et être envoyé directement dans le couloir de la mort.
Lazar fixait Maxence et, malgré la pénombre, il ne manqua pas de remarquer le coup d’œil qu’il sembla jeter derrière son épaule l’espace d’une seconde avant de reporter son attention sur son croque-mitaine attitré. Le sachant bien trop peu préparé pour être venu avec une aide et se doutant qu’il n’aurait pas pensé une seconde à le feinter d’un tel regard pour le détourner de lui, l’homme de noir vêtu se retourna pour regarder derrière lui.
La forme noire étendue sur le sol était reconnaissable entre mille : celle d’un énorme chien à la fourrure aussi noire que le cœur de son maître.
Son chien.
L’espace d’un instant, Lazar se dit qu’il devait s’agir d’une mauvaise blague. Que ce n’était pas Fergus qui était étendu là, qu’il s’agissait d’un corniaud errant qui était entré là et était venu mourir dans sa maison … mais non, c’était bien le grand Saarloos qui était là à quelques pas de lui, étalé de tout son long et bien trop immobile pour que ça lui plaise. Il ne voyait pas de flaque de mauvais augure sous le corps de l’animal, mais ce qui l’avait mis à terre pouvait aussi bien être un sédatif que du poison. Et il espérait vraiment qu’il n’était pas en train de regarder le cadavre de son chien.
Le silence qui s’était installé était pesant, lourd, menaçant. La voix de Lazar, elle, était affreusement calme, mais son ton avait quelque chose de glaçant.

- Tu sais, si tu voulais tellement en finir, il suffisait de demander : je me serais fait un plaisir de t’aider à mettre fin à ta petite vie.

L’Irlandais se retourna et son expression avait perdu cette indolence qu’il avait affiché jusqu’à présent. Son visage était dur, son air mauvais, son regard noir de colère. Il n’y avait pas de rictus affreux déformant ses traits, pas de frémissement annonciateur d’un éclat de voix. Il n’y avait que cette force inébranlable que Maxence venait de réveiller. S’il y avait bien un être au monde auquel le gangster s’était réellement attaché, c’était Fergus. C’était le seul, l’unique auquel il témoignait une quelconque marque d’affection, la présence qui ne le quittait jamais vraiment – plus qu’un chien de garde, c’était une ombre. Alors, qu’on tente de le tuer, ça avait le don de lui faire perdre de son flegme et d’exposer au grand jour ses côtés les plus noirs.
D’un geste rapide, il saisit le poignet de Maxence et le tordit violemment, jusqu’à ce qu’il relâche le pistolet que l’Irlandais aux yeux verts s’empressa de saisir avant de le pointer sur le jeune homme.

- Tu voulais parler ? Très bien : nous avons … une heure. Si dans une heure mon chien n’est pas réveillé, je te livrerai aux fédéraux. En plusieurs morceaux, cela va sans dire.

L’envie de lui trouer la tête sur-le-champ était forte, mais Lazar se contint. Si Fergus était mort ou s’il conservait des séquelles quelconques, il se ferait un plaisir pervers de dépecer vivant l’impertinent qui avait osé venir le déranger et s’en prendre à ses affaires.

- Tu vas m’expliquer ce que tu veux, Maxence, avec des mots précis et des phrases qui se terminent par autre chose que des points de suspensions. Il doit bien te rester quelques notions de politesse : on ne laisse pas les gens deviner ce qu’on veut dire.

Son regard couleur d’émeraude lançait des éclairs, et il poussa le vice à ajouter :

- Et quand on est un bon garçon, on dit « s’il vous plait », « merci » et « monsieur ».





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MessageSujet: Re: long time no see (lazence)   Mar 29 Nov 2016 - 22:55

long time no see
Lazar & Maxence



Il faut que je garde en tête que pour la première fois depuis notre première rencontre, j’ai d’une certaine manière le dessus sur Lazar. Il faut impérativement que je garde ça à l’esprit, parce que sinon… parce que sinon, je vais m’écrouler. Seule la volonté m’empêche de perdre pied, à cet instant, seule la volonté me maintient en un seul morceau. La volonté de lutter, la volonté de ne pas m’écraser, la volonté de me protéger, la volonté de protéger Nolan et Thaïs, de garder les Sanderson en vie et de réparer toutes ces erreurs que je sème derrière moi. Lazar est plus petit que moi, plus âge que moi, en moins bonne condition physique que moi. J’ai une arme à feu chargée entre les mains, lui non. Alors pourquoi, bon sang, pourquoi est-ce que je tremble, pourquoi est-ce que ma voix persiste à n’être qu’un filet d’air ? Parce que je suis faible, parce que je ne parviens plus à voir en Lazar quelqu’un d’autre qu’un monstre, qu’un monstre fait d’ombre et de poussière, qu’un croque-mitaine des contes contre lequel je ne peux rien. Et lorsque je plisse les yeux, surgit cet oncle miséricordieux qui nous a tout offert pendant six longues et presque heureuses années.

Je force ma poigne à se raffermir sur l’arme qui me semble d’un poids anormalement élevé au moment où il fait un pas en avant. Je recule, par réflexe, je lui offre cette supériorité évidente. Formulé comme il le résume, ma situation n’est plus simplement ridicule, elle est particulièrement risible et je ne peux que m’en rendre compte. Tenir bon, tenir ferme, je sais ce que je suis supposé faire mais même lorsque je tente de me répéter que je n’ai plus peur de lui, l’évidence est hurlée entre nos deux, dans un éclat de rire qui me glace le sang. - C’est bien, continue à le répéter et peut-être que tu finiras par convaincre quelqu’un. Et ce ne sera pas lui. Et ce ne sera pas moi. Peut être le voisin, peut être un spectateur naïf, mais on sait très bien, l’un comme l’autre, que la balance ne penchera jamais en ma faveur. Mes phrases restent inachevées, étranglées dans ma gorge serrée. Je ne suis ni un bon menteur, ni un grand orateur, je ne sais même pas formuler une évidence et tout ce que je parviens à penser de cohérent ne fait que me supplier de mettre un terme à cette mascarade et de me décider à tirer, ou à m’enfuir. Je prends sur moi, suffisamment pour relever le canon de l’arme et la plaquer contre le front de mon tortionnaire. De mon oncle. De mon sponsor, de mon protecteur, de mon maître-chanteur, de mon lucifer, qui m’a apporté la lumière pour mieux m’aveugler et l’éteindre brusquement, pour mieux planter un couteau dans mon dos en m’arrachant mon âme.

S’il meurt, je veux me persuader que ça servira mes intérêts, que tout s’arrangera pour moi, que rien n’empirera. Qu’il meure ou qu’il vive, je veux me convaincre qu’on va s’en sortir, Nolan, Thaïs et moi, et qu’on ira de l’avant, véritablement. Pour la première fois depuis vingt ans. Mais pour ça, pour que je parvienne non seulement à m’en convaincre mais aussi à l’intimider, ou dans une moindre mesure lui faire comprendre que j’a changé, il faut que j’apprenne à garder la tête haute. - Si je meurs, la pérennité de mes affaires sera le cadet de mes soucis. Toi en revanche … eh bien, nous nous retrouverons en enfer pour en parler après ton petit passage sur la chaise électrique. A moins qu’ils ne préfèrent te piquer comme un chien. Chien. J’ai le souffle coupé à ce seul mot. Chien. Le regarde de Lazar provoque en moi une sueur glacée, à la seule idée qu’il commence à chercher son chien. J’essaye de me reconcentrer sur ce qu’il vient de me dire, mais seul le dernier mot me revient. La dernière phrase. A moins qu’ils ne préfèrent te piquer comme un chien. Sait-il que c’est à cause de moi qu’il a dû fuir la Nouvelle-Orléans ? Non, sinon je serais déjà mort. Je souffle, pour tenter d’amoindrir ma panique. Il faut que je me calme. Il ne faut surtout pas que je regarde par-dessus l’épaule de Lazar. Il faut que… Je ferme les yeux un court instant, lorsqu’il se tourne pour regarder dans la direction de l’ombre où vient de se poser involontairement mon regard.

« Ecoute, Lazar, je… » Son silence est éloquent, glaçant, pesant. Angoissant. J’ai de plus en plus de mal à tenir l’arme entre mes doigts, je fais un pas en arrière. Son chien, je n’aurais jamais dû toucher à son chien, mais… mais il n’y avait pas d’autre solution. - Tu sais, si tu voulais tellement en finir, il suffisait de demander : je me serais fait un plaisir de t’aider à mettre fin à ta petite vie. Je déglutis avec difficulté. Ma voix n’est qu’un filet d’air soufflé, [goldenrod] « Je vais t’expliquer, il… »[/color] Ma phrase est tuée par son visage, dur, et son regard noir de colère. J’ai du mal à respirer, véritablement du mal à respirer. Cela valait le coup de s’introduire jusque là… Lorsqu’il s’approche de moi, tord mon poignet avec violence pour me faire lâcher une arme que je ne tenais déjà plus que du bout des doigts, je ne peux pas retenir un glapissement de douleur. Et de surprise. Je fais un nouveau pas en arrière dès qu’il me relâche, en considérant avec un certain affolement l’arme qu’il a désormais en sa possession. - Tu voulais parler ? Très bien : nous avons… une heure. Si dans une heure mon chien n’est pas réveillé, je te livrerai aux fédéraux. En plusieurs morceaux, cela va sans dire. J’hoche la tête, péniblement. Une heure.

Je n’ose pas demander ce qu’il adviendra de moi si l’animal est réveillé d’ici là. J’ouvre la bouche pour le supplier, encore une fois, de m’écouter, mais les mots restent étranglés dans ma gorge. - Tu vas m’expliquer ce que tu veux, Maxence, avec des mots précis et des phrases qui se terminent par autre chose que des points de suspensions. Il doit bien te rester quelques notions de politesse : on ne laisse pas les gens deviner ce qu’on veut dire. Et quand on est un bon garçon, on dit « s’il vous plait », « merci » et « monsieur ». Mes yeux ne cessent d’aller du canon de l’arme, que je sais chargée, au visage de Lazar. Déjà que la situation n’était pas réellement en ma faveur, mais elle vient d’empirer à un point tel que je m’étonne d’être encore en vie. « Ecoute, Lazar, je… » Des phrases qui se terminent par autre chose que des points de suspensions. Nolan avait raison : c’était une erreur de se rappeler au bon souvenir de Lazar.

Et Nolan a raison, aussi, en me traitant de lopette, en me traitant de lâche, en se moquant de ma faible volonté. Face à Lazar, je ne peux rien faire. Je ne peux que m’écraser. Et il est effrayant de voir qu’à seize, dix-sept ou trente ans, rien n’a changé finalement. Je m’étais juré en sortant de prison de ne plus jamais retomber sous sa coupe, de me débrouiller pour ne plus jamais rien lui devoir d’autres que ces dettes immenses que les Sanderson ont accumulées au fil des ans. Lorsque je l’ai trahi, lorsque je l’ai vendu anonymement à la police, j’ai cru m’être totalement affranchi de son influence. Douce illusion que c’était… « J’ai besoin de ton aide. » Ma voix est un mélange entre une supplique et une reddition. S’il me le demande, je m’agenouillerai devant lui, je le sais, pour réitérer ma demande. Mais la vie de Nolan et de Thaïs, la protection de mon frère et de ma soeur est bien plus importante que moi, bien plus importante que ma fierté, que mon orgueil, que mon intégrité. « Je peux t’être utile, Lazar, je peux… » On ne laisse pas les gens deviner ce qu’on veut dire « Je t’en supplie, Lazar, il faut que… » Supplier Lazar, c’est s’exposer à une réaction bien différente de celle que l’on espère obtenir. Je le sais, pourtant. Mais je ne parviens tout simplement pas à achever mes phrases, je ne parviens tout simplement pas à être celui qu’il faudrait que je sois. « J’ai des Hunters à mes trousses. Et tu es le seul que je connaisse qui ait les ressources pour les arrêter. » Je suis misérable. « Je ne veux pas d’embrouilles, juste une vie normale »


_________________
J'ai pas choisi de naître ici, Entre l'ignorance et la violence et l'ennui, J'm'en sortirai, j'me le promets, Et s'il le faut, j'emploierai des moyens légaux; Envole-moi... Loin de cette fatalité qui colle à ma peau — JJG, envole-moi.




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MessageSujet: Re: long time no see (lazence)   Mer 28 Déc 2016 - 15:54



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La réputation de Lazar n’avait rien d’usurpé. Si le gangster pouvait donner l’impression d’être trop mou, trop débonnaire pour être aussi malhonnête qu’on le prétendait, c’était pour mieux attirer de potentielles proies dans ses filets. Il n’y avait qu’à voir comment il avait appâté la famille Sanderson pour s’en rendre compte. Ce n’était pourtant pas la méfiance qui faisait défaut à feue la mère de famille à qui il s’était adressé lorsqu’il avait repéré le potentielle de son fils, mais la fatigue, le désespoir et un savant mélange d’insistance et de séduction de la part de l’Irlandais étaient venu à bout de ses barrières. Il avait dû jouer le jeu et se présenter comme une figure bienveillante pour s’assurer de la rentabilité de son investissement sur le long terme. Et à partir du moment où Maxence avait été sacré champion olympique, les masques étaient tombés : il était redevenu celui qu’il était réellement, un monstre froid et sans cœur, un personnage qu’on n’imaginait pas croiser un jour et auquel on n’avait absolument pas envie de s’enchaîner. Sauf qu’il les avait tenu, tous les quatre, à sa merci dans le creux de sa main, et il les avait manipulé selon son bon vouloir. Ensuite, Maxence s’était fait coffrer en portant un blâme qui aurait pu mettre les affaires O’Callaghan dans un péril tout relatif. Puis il était sorti de derrière les barreaux lorsque sa génitrice était morte. Ensuite, il avait disparu de la circulation en même temps que lui, lorsque les fédéraux avaient mis leur sale nez dans des dossiers qui ne les regardaient pas.
Et maintenant, ce petit merdeux avait le culot de venir le réveiller chez lui, de le tirer du sommeil alors qu’il était malade et agacé et, pire que tout, il s’en était pris à son chien. Sous son cœur de glace, Lazar avait pourtant réussi à s’attacher à la bête. A dire vrai, c’était sûrement le seul être vivant qui avait droit à une considération sincère et des attentions purement gratuites de sa part. Enfin, il y avait son épouse également, mais il était bien moins désintéressé avec elle qu’il ne l’était avec Fergus. Rien d’étonnant dans ce cas à le voir entrer dans une colère noire à la vue de la silhouette massive étendue sur le sol, inerte. Si jamais il ne se relevait pas, si c’était du poison et pas un sédatif qui coulait dans ses veines, alors Maxence ne regretterait pas seulement d’être venu, non : il regretterait d’être né.

Le pistolet volé à son insupportable intrus pointé vers ce dernier, l’Irlandais dardait son regard vert sur la silhouette qui tremble devant lui. Si d’ordinaire il apprécie l’effet qu’il peut produire sur autrui, ce cas précis l’agaçait prodigieusement. L’ancien champion olympique était fragile, faible, facile à faire vaciller, et ce n’était pas ses quelques années passer à se faire secouer dans les douches du pénitencier de la Nouvelle-Orléans qui avaient changé quoi que ce soit à cet état de fait : face à son croque-mitaine personnel, le jeune homme n’était rien de plus qu’un petit garçon affolé. Ca ne suffirait pas à calmer les ardeurs de Lazar qui lui aurait volontiers collé une balle dans la tête en rétribution d’un tel affront, mais avant de songer à l’abattre, il était curieux de savoir ce qui avait bien pu le conduire à agir de manière aussi irréfléchie – et quelque peu suicidaire. Un rictus discret vint dessiner une ride au coin de son nez et il retira la sécurité du pistolet lorsque le grand brun entama une phrase qu’il ne termina pas.

- J’ai pas été assez clair ou tu es devenu encore plus stupide depuis la dernière fois ?

Il n’avait pas haussé le ton, mais sa voix rauque était dure, menaçante, effrayante même. Il n’hésiterait pas un instant à presser la détente s’il jugeait que finalement il ne voulait pas se donner l’effort de l’écouter. Ses yeux émeraudes plantés dans ceux de Maxence, il ne brisa pas une seconde le contact visuel, comme un serpent hypnotisant sa proie.
Et ce ne fut pas la demande surprenante du garçon qui aida le gangster à changer d’avis sur la question. Pour quelqu’un qui venait réclamer de l’aide, il s’y prenait bien mal. Vraiment très mal. A dire vrai, ça donnait bien envie à Lazar de l’aider, oui, et il réglerait volontiers ses problèmes d’une façon plus que définitive. Laissant son doigt loin de la gâchette pour ne pas l’enclencher accidentellement, il ne dit rien, muet comme une tombe, laissant le jeune Sanderson développer ses propos. Enfin, c’était beaucoup attendre de sa part que d’espérer des phrases de plus de cinq mots. Un sifflement agacé finit par sortir d’entre les lèvres du truand. Qu’il en vienne au fait au lieu de supplier comme une catin ! pensa-t-il, agacé par les hésitations et les bégaiements de sa petite victime de longue date.
Cela dit, il ne put nier qu’il fut étonné de la teneur de la demande. Il s’était attendu à ce que le gamin soit enfoncé jusqu’au cou dans des problèmes d’argent, que les forces de l’ordre soient à ses trousses ou que d’autres créanciers soient venu réclamer sa tête, mais des chasseurs, ça, il ne l’avait pas vu venir. Comment l’aurait-il pu ? Maxence n’était pas un mutant, certainement pas. Rien ne justifiait qu’il se fasse courser comme du gibier par cette merveilleuse petite milice mondiale.

- « Normal » n’est pas un terme qui s’applique aux gens comme toi.

Pas quand on avait le bagage qu’il se trainait, pas quand on était endetté auprès de Lazar O’Callaghan et certainement pas quand on s’introduisait chez lui en plein milieu de la nuit pour le réveiller d’un lancer de bibelot en pleine tête. D’un geste de sa main armée, il l’invita – ou plutôt, lui ordonna silencieusement de passer dans le bureau devant lequel ils se trouvaient. Marchant derrière lui, il lui indiqua le fauteuil en face de la massive table de bois vernie derrière laquelle il prit place une fois que le brun fut installé, sans cesser de le tenir en joue une seule seconde. L’Irlandais resta silencieux de longues secondes, son fabuleux cerveau maintenant bien réveillé se penchant sur ce drôle de problème qui venait de lui être présenté.

- Si je comprends bien, tu viens chez moi en pleine nuit, tu t’en prends à mon chien et tu me réveilles de force tout ça pour réclamer mon aide parce que tu n’as pas été capable de régler les problèmes toi-même. C’est bien, certaines choses ne changent pas : tu restes le petit garçon que j’ai vu grandir.

Jamais, ô grand jamais il n’arriverait à le prendre au sérieux. Pas alors qu’il tremblait comme une feuille dans la tempête dès qu’ils se trouvaient dans la même pièce, pas alors qu’il avait encore tant de pouvoir sur lui après des années sans aucun contact. Mais ce n’était pas le moment de jouir de ce contrôle qu’il avait : pour le moment, ce qui l’intriguait réellement, c’était la cause de sa présence entre ces murs.

- Et qui de ta sœur ou de ton frère est le mutant recherché ? Parce que soyons honnêtes, si c’était toi, tu te serais servi de ton pouvoir depuis longtemps pour te tirer d’affaire. Et comme tu n’as certainement pas quitté Nola sans ta charmante petite fratrie, ils doivent être dans tes bagages avec toi. Alors dis-moi, lequel a attiré l’attention sur ta jolie petite tête de condamné à mort ?






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MessageSujet: Re: long time no see (lazence)   Jeu 5 Jan 2017 - 13:25

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Endormir le chien de Lazar ne m’a pas semblé à un seul instant être une prise de risque inconsidérée, un caprice ou une option parmi plusieurs. C’était le seul moyen de continuer ma progression dans la demeure, c’était le seul moyen d’atteindre Lazar, c’était le seul moyen point final. Pourtant, je commence à me rendre compte que c’était une erreur. Tout comme le fait de me penser capable de lui tenir tête. Tout comme espérer garder l’ascendant sur ce monstre qui m’a protégé, qui m’a tout donné à avant de tout me reprendre et de me prendre davantage encore que ce qu’il m’avait donné. C’était une erreur et si je veux être honnête avec moi-même, penser à un seul instant qu’il était une solution à mon problème de chasseur en était une aussi. En est une aussi. Mon arme est retournée contre moi, mon poignet n’a pas pu résister, je n’ai pas pu tirer quand il en était encore temps: tout part en fragments d’assurance. Mes plans, mes espoirs, mes idées et mes certitudes, tout chancelle, tout part en fumée. Il ne reste que mes tremblements, il ne reste que mes phrases inachevées, il ne reste que le regard de Lazar planté dardé sur moi et sa colère, à fleur de peau, prête à me faire payer jusqu’au moindre centime de mon insolence et de ma prétention.

Nolan avait raison, en clamant à qui voulait entendre que c’était une mauvaise idée. Nolan a raison, en me traitant de lâche, et faible et de lavette. Nolan a raison, parce que mon souffle se coupe une nouvelle fois lorsque Lazar ôte la sécurité de l’arme et la pointe un peu plus sur ma tête. - J’ai pas été assez clair ou tu es devenu encore plus stupide depuis la dernière fois ? Mon sang se glace dans mes veines, je me demande comme je peux encore respirer alors que chacun de ses mots attise un peu plus le brasier de terreur qui martèle mes tympans et me consume de l’intérieur. Mon sang se glace, mais malgré la menace plus que sérieuse que Lazar apose sur ma vie, je m’avère un capable d’achever mes phrases. Bien aux contraires, elles se mettent à trembler, elles s’essoufflent en quelques mots, elles s’échouent sur les récifs de ma panique. Et elles finissent aussi par rendre les armes, autant que moi.

J’ai besoin de son aide. Je pensais pouvoir l’exiger, je dois revenir à la raison et me contenter de le supplier. Je pensais pouvoir lui imposer mes conditions, mais s’il faut qu’il étale les siennes et bien… - « Normal » n’est pas un terme qui s’applique aux gens comme toi. Comme toi. Avec un peu plus de courage, un peu plus de répartie et surtout un peu moins de terreur dans les veines, peut-être aurais-je été capable de lui demander d’expliciter ses propos, mais je ne peux que le fixer et lui obéir sans discuter lorsqu’il me désigne son bureau. - Si je comprends bien, tu viens chez moi en pleine nuit, tu t’en prends à mon chien et tu me réveilles de force tout ça pour réclamer mon aide parce que tu n’as pas été capable de régler les problèmes toi-même. C’est bien, certaines choses ne changent pas : tu restes le petit garçon que j’ai vu grandir. Mes poings se serrent sous l’attaque, mes points se serrent sous ces vérités qu’il me jette au visage avec désinvolture, comme pour appuyer ses propos. Je reste le petit garçon qu’il a vu grandir, je reste le petit garçon qu’il a, d’une certaine manière, élevé. Pas comme son propre fils, je ne me fais pas d’illusion: ma situation aurait été dans ce cas là bien pire, mais… un petit garçon qui a fait l’erreur de le voir comme un oncle, pire, comme un père.

Je n’ose pas répondre, j’ignore même ce que je serais capable de répondre si je parvenais à ouvrir la bouche, mais mon regard, mon regard en dit long. Long sur ma colère contenue, long sur mon désespoir, long sur ce sentiment d’impuissance qui ne cesse de grandir depuis que la situation s’est retournée en sa faveur à lui. Si elle a à un seul instant été en ma faveur. Je crains la suite des événements, je crains de me rendre compte que non seulement, je me suis condamné en revenant de moi-même me jeter dans la gueule du loup mais qu’en plus, j’aie condamné un Nolan et une Thaïs qui m’avaient mis en garde, chose que Lazar ne se fait pas prier pour me confirmer sans plus tarder. - Et qui de ta sœur ou de ton frère est le mutant recherché ? Parce que soyons honnêtes, si c’était toi, tu te serais servi de ton pouvoir depuis longtemps pour te tirer d’affaire. Et comme tu n’as certainement pas quitté Nola sans ta charmante petite fratrie, ils doivent être dans tes bagages avec toi. Alors dis-moi, lequel a attiré l’attention sur ta jolie petite tête de condamné à mort ?

Mes tremblements disparaissent brusquement. Ils avaient atteint leur paroxysme: pourquoi chercher à aller plus loin ? Mes tremblements disparaissent, mon regard se voile. Et comme il y a bien trop d’années maintenant, treize ou quatorze, comme lorsque je me suis retrouvé avec le sang d’un cadavre sur les mains, et la vie, la protection de ma famille sur les épaules, je retrouve mon assurance. Une assurance qui naît dans un sentiment d’urgence. Je ne sais pas mentir. Je déteste mentir. Mais plus que tout: je suis prêt à absolument tous les sacrifices pour assurer la protection - somme toute relative actuellement - de Nolan et Thaïs. Y compris les pires atrocités. Y compris mon honnêteté. Y compris ma liberté. “Ils ne sont pas avec moi. Nolan est majeur, maintenant, il a pris son indépendance et il a tenu à emmener Thaïs avec lui.” Mes propos vibrent d’une seule et même véracité: celle de l’espoir. Quelque part, je ne fais qu’énoncer ce qui aurait pu être vrai si je n’avais pas réussi à maintenir mon petit frère et ma petite soeur à côté de moi. Quelque part, la conviction que j’aurais aimé que ce soit vrai renforce ce mensonge. Un mensonge aussi ferme et assumé que celui qui m’a conduit en prison. ”Toutes les mutations ne sont pas offensives, Lazar. Toutes ne sont pas… utiles pour se tirer d’affaire comme tu dis.” Et une nouvelle fois, le fait que ce ne soit pas totalement un mensonge me permet de ne pas faiblir, me permet de garder la tête haute, me permet de ne pas entendre ma voix se briser et mon regard se détourner des yeux de Lazar. ”Je suis seul. Si j’avais encore Nolan et Thaïs, tu penses sincèrement que j’aurais fait la bêtise de revenir te voir ?” Mes poings sont si serrés que mes ongles écorchent ma paume. ”Que dois-je te donner pour que tu m’accordes ta protection ?”


_________________
J'ai pas choisi de naître ici, Entre l'ignorance et la violence et l'ennui, J'm'en sortirai, j'me le promets, Et s'il le faut, j'emploierai des moyens légaux; Envole-moi... Loin de cette fatalité qui colle à ma peau — JJG, envole-moi.




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long time no see (lazence)

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