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 (septembre 2015) Pride of utopia [ft. Razen]

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MessageSujet: (septembre 2015) Pride of utopia [ft. Razen]   Dim 28 Aoû 2016 - 13:47



– pride of utopia –
ALISTAIR ET RAZEN / BELIEVER, YOUR SPOTLIGHT ON THE SUBJECT SO INCORRECT AND SUGGESTION SUGGESTS THAT I'M SOMEONE YOU SHOULD NOT RESPECT ; OH YOU WEAR YOUR FACADE SO WELL, COVERED UP IN A PLASTIC SHELL, YOU'RE A LIAR TO EVERYONE AROUND YOU, JUST DON'T FORGET – COHEED & CAMBRIA.


Debout au milieu du hall désert de l’hôtel abandonné en bordure de la ville, Alistair attendait, mains glissées dans ses poches. Il avait bien conscience d’être en terrain découvert et d’être une cible de choix, mais il n’avait pas peur d’être ainsi à portée de vue et de tir d’un éventuel assaillant : tous les sens aux aguets, il entendait tout, du moindre crissement de pneu des voitures dans le lointain que le bruit incessant des insectes qui pullulaient dans les hautes herbes ayant envahi l’immeuble. L’avantage de ce point de rendez-vous, c’était qu’il était certain que personne ne viendrait jamais les déranger lorsque son « contact » arriverait. Son dernier message l’avait intrigué : de quel fameux coli parlait-il ? Il ne se souvenait pas avoir payé Razen Townshend pour une quelconque mission ces derniers temps, ayant besoin de se défouler lui-même en chasse et en affaires. Alors que diable l’aveugle pouvait-il bien avoir qu’il veuille lui livrer gratuitement ? Méfiant, le patriarche Wolstenholme était venu armé, bien entendu, et surtout prêt à demander des comptes dès que l’autre serait arrivé. En attendant, il était là, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon de costume, enveloppé dans l’air tiède de cette soirée de septembre, ressassant tout ce qui avait pu se passer ces derniers mois.
S’il n’était pas du tout revenu sur ses positions concernant la chasse, il s’était surpris à les nuancer lorsque ses enfants entraient dans l’équation. Et il ne savait pas quoi penser de ça. Son instinct de chasseur, entretenu depuis qu’il avait été en âge de choisir quelle voie suivre, lui hurlait que c’était une erreur, que Lorcan était une abomination comme les autres et qu’il n’avait pas à avoir de traitement de faveur ; d’un autre côté, Alistair restait père, et l’idée de tirer une balle dans la tête de son fils, transmutant ou non, lui était encore trop insupportable pour que sa nature de tueur prenne le dessus. Tueur … c’était bien comme ça que Calista l’avait appelé. Et elle était passé beaucoup plus près de la mort que son jeune frère, alors que ce n’était pas sur elle qu’il avait pointé une arme. Tout ce qu’il avait fait, c’était lui injecter une dose de NH25 pour s’assurer que l’horreur qu’elle avait dans les veines disparaisse. Mais le sérum était bien trop instable, et ses effets secondaires avaient été dévastateurs. S’il avait su que les choses se dérouleraient ainsi, l’aurait-il vaccinée malgré tout ? L’aurait-il plutôt égorgée dans son salon ? Ou bien serait-il parti en lui disant de faire ses affaires et de quitter la ville ? Il était pourtant sûr qu’elle n’était pas mutante – mais jusqu’à il y a peu, il était certain qu’aucun de ses enfants ne portait le gène qui avait poussé leur mère au suicide. Il le savait, qu’il aurait dû leur demander les résultats de leur dépistage, mais il avait choisi de leur faire confiance et de les croire lorsqu’ils lui avaient affirmé qu’ils étaient humains et bien humains tous les trois. Quelle regrettable erreur.
Un bruit dans son dos attira son attention et il fit volte-face, sa main déjà sur la crosse de son arme. Il se détendit et laissa retomber son bras en reconnaissant la silhouette qui approchait.

- Townshend.

Sa voix était calme, froide, cordiale : c’était un échange professionnel qui allait se dérouler, et rien de plus. Il n’y aurait jamais d’affinité particulière entre eux, d’autant plus que le chasseur restait particulièrement méfiant vis-à-vis du mercenaire. Après tout, ces gens-là offraient leur loyauté au plus offrant, et il n’aurait plus manqué qu’il fasse affaire avec quelqu’un lui voulant du mal pour qu’il retourne sa veste sans aucun remord et ne le vende à ses pires ennemis – et depuis l’investiture de Saddler à la mairie de la ville, ils étaient légions, ceux qui pourchassaient les gens comme lui. Il avait réussi à se faufiler entre les mailles du filet, mais pour combien de temps encore ? Ca, il n’en avait aucune idée, mais il travaillerait d’arrache-pied à ne pas tomber comme les autres.
Remarquant soudain quelque chose d’inattendu, Alistair plissa les yeux et posa son regard d’acier sur la personne que Razen trainait derrière lui. Une personne à qui on avait noué un sac autour de la tête pour ne pas révéler l’endroit où ils allaient. Une personne qui, à en juger par la taille et la carrure, était une jeune femme.

- Qui est ce fameux colis ?






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Dernière édition par Alistair Wolstenholme le Sam 8 Oct 2016 - 19:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (septembre 2015) Pride of utopia [ft. Razen]   Mar 30 Aoû 2016 - 23:37

Pride of utopia
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Razen sait depuis longtemps que s’il y a une chose qu’il ne partage plus avec le commun des mortels, et ce depuis des années, c’est bien un certain sens de la moralité. Oh, elles sont bien quelque part, ces valeurs offertes et transmises par ses parents quand ils étaient en vie, mais elles sont surtout bien rangées dans un coin, sous quelques épaisseurs de vie et quelques familles d’accueil, elles sont bien rangées, pas dérangées, tranquille, sous quelques centimètres de poussière. Et il n’est pas près de faire le ménage dans ce coin là, ce serait bien trop dérangeant pour lui. Et en attendant… Razen sait que ce qu’il est en train de faire, c’est mal. Non, pire que cela, c’est une trahison des plus amères, des plus cruelles, des plus… nécessaires. Planté en plein milieu du séjour, il a logé dans sa gorge une certaine rancoeur. S’il aimerait clamer qu’elle n’influence en rien sur son choix et sur sa décision, il est trop lucide pour ne pas savoir qu’il fait juste preuve d’une grossière mauvaise foi. Tout en étant certain que même si cette petite garce ne l’avait pas pris pour un punching ball, la conclusion aurait été la même.

Et la conclusion, il ne va pas tarder à l’écrire, ou à la dire plutôt. « Envoyer » Envoyé, le message provenant en apparence d’Alvin. Envoyé, le guet-apen, envoyés, finalement, ces quelques mots qu’il a dicté au téléphone avec une certaine minutie et surtout avec choix. Alvin dort, un somnifère va le tenir écarté du réveil pour les douze heures à venir, somnifère que Razen n’a pas hésité une seule seconde à lui donner. La confiance entre les deux frères, l’aveugle la piétonne chaque seconde un peu plus mais il repousse avec force toute culpabilité: il aura bien le temps de la laisser le briser lorsque tout sera fini. Protéger Alvin, protéger Ailionora, voilà quel est son objectif et il est hors de question de se laisser attendrir par des états d’âme aussi superflus que éphémères. C’est ce qu’il croit, du moins. Ce qu’il veut croire. Sa main arrache mécaniquement du porte-manteau sa veste, ses doigts vont chercher sa canne blanche, sa mutation est déployée autour de lui, crépitant sur son épiderme comme un courant électrique. Le mal de tête commence à poindre mais il ne relâchera pas sa vigilance de sitôt. Dans une heure, peut être deux, maximum trois, tout sera derrière lui, derrière eux. Le portable vibre dans sa main, Razen câle un écouteur à son oreille pour écouter la réponse. Bien sûr qu’elle va venir. Et elle veut qu’ils se voient immédiatement. Forcément. Razen n’a rien laissé au hasard, il a pesé ses mots, choisi ses hésitations. ll sort de l’appartement en même temps qu’il dicte au téléphone sa réponse, légèrement plus empressée. S’il pose un sentiment d’urgence, elle deviendra négligente.

Il est accroupi, dans l’ombre, dans un coin de la pièce. Accroupi et surtout la paume de la main plaquée contre le sol, en béton armé, dans un bâtiment en marge de la ville. Qui a l’avantage de présenter au sol une surface uniforme, homogène, qui pulse dans sa main des vagues d’informations. Se concentrer, Razen sait faire. Peut être pas aussi longtemps, peut être pas aussi intensément, une goutte de sang perle de sa narine à l’instant même où un pas se pose, où l’air se trouble et enveloppe l’esprit de Razen. La goutte de sang se densifie, ses soeurs la suivent quand l’aveugle se lève. Elle cherche Alvin, bien sûr, et elle ne le voit pas, bien sûr aussi. Sa main étrangement vierge de toute moiteur s’affermit lorsqu’il laisse ses tempes hurlent leur protestation, ses forces le quitter, son doigt appuyer sur la détente une fois, puis deux, puis trois, puis quatre, pour être certain de l’avoir touchée. Dès qu’il entend un corps s’écrouler, il change d’arme, délaissant le fusil, juste avant de relâcher la tension. Et dès qu’il relâche la tension, il titube, étranglé d’un vertige, étouffé de nausée, tétanisé de terreur à sentir le sol perdre de sa stabilité et sa phobie enfantine des chutes prendre le dessus. Sa main se plaque contre le mur qui l’abreuve de connaissance, lui soulève le cœur et l’écœure de cette mutation dont il vient de faire une surdose. Une quarantaine de minutes, c’est ce qu’il lui faut pour reprendre ses esprits, une quarantaine de minutes où il reste assis, dos au mur, la main posée sur la nuque de la mutante pour surveiller son rythme cardiaque, après lui avoir injecté dans les veines ce qu’il réservait potentiellement à lui-même. Sur les quatre tirs, seuls deux l’ont atteinte, une à l’épaule, l’autre dans la poitrine. Des petites doses, qui suffiront à la laisser groggy à son réveil pour plus de quatre ou cinq heures. D’une main fatiguée, Razen tente d’essuyer le sang qui a coulé le long de son menton. Il serait de bon ton d’être présentable. Alvin viendra nettoyer celui qui a maculé le sol, un peu plus loin. Si, du moins, il n’a pas vent avant ça de la trahison de son aîné. Un soupir, Razen finit par se lever lorsque Abberline émet un grognement. Ses articulations lui font mal, sa tête menace d’exploser, il commence à être passablement de mauvaise humeur, le mutant, sans compter que le poids de sa trahison commence déjà à poindre. D’une main de fer, il la soulève avant qu’elle ne comprenne réellement ce qui lui arrive, passe autour de sa tête un sac pour mieux la rendre sourde et plante son arme de poing dans son dos, avant de persifler. « On va faire une petite promenade, mistinguette, et n’essaye pas de me transformer en kebab cette fois, ou je te transforme en steak haché. » Que l’avertissement soit bien clair. « C’est compris ? Alors avance, on a un rendez-vous et on serait mal avisé d’arriver en retard. »

Et mal avisé, c’est le moins qu’il puisse dire lorsqu’on sait avec quelle prudence il considère celui qu’il a contacté pendant qu’elle dormait. Quelques minutes leur suffisent pour franchir la route, pénétrer dans l’hôtel abandonné et écouter. La canne de Razen ne lui a jamais été aussi utile, sa précédente démonstration de force laissant traîner un mal de crâne à la hauteur d’un lendemain de cuite. - Townshend. Un claquement de langue répond à ce simple mot. Oui, Townshend, oui, c’est bien la peine de s’affubler de pseudonyme pour conserver un tant soit peu d’anonymat… « Je me contenterais de Janeiro. » Rétorque-t-il quand Abberlina se paye le luxe d’un « Townshend ? Espèce de bâtard… » qui lui offre le droit de se prendre un coup dans les côtes. - Qui est ce fameux colis ? D’un mouvement, Razen la balança dans la direction très approximative du Hunter. « Celle que vous m’avez payé à trouver. Si mes souvenirs sont bons. J’espère que je ne l’ai pas confondue avec une autre, d’ailleurs, je ne vois pas très bien quand y’a des nuages. Au pire, faites en ce que vous voulez, parait que vous êtes veuf, donc bon... » Qu’il se taise. Tout de suite. La fatigue parle à sa place et lorsque la fatigue parle… « J’attends le paiement sur le même compte en banque que précédemment. »

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MessageSujet: Re: (septembre 2015) Pride of utopia [ft. Razen]   Sam 8 Oct 2016 - 23:32



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Lorsqu’Alistair Wolstenholme avait une idée en tête, il était très difficile de l’en déloger autrement qu’à coups d’argumentaires suffisamment longs et détaillés pour le faire revenir sur ses positions. Lorsqu’il avait imaginé ce centre de détention pour mutants, quelque part dans un Etat très loin du Kentucky, personne n’avait été là pour lui dire que ce n’était pas une bonne chose à faire, qu’il allait se casser les dents sur ce projet colossal et qu’il en subirait les conséquences pour les années à venir. Au contraire : Galaad, son propre frère, s’était joint à lui, et ensemble avec d’autres chasseurs, ils avaient bâti l’œuvre d’une demie décennie de labeur. Ils avaient géré leur affaire d’une main de maître, effaçant les preuves, jouant avec la logistique et mettant au pas tous les dégénérés qui venaient à eux jusqu’à les dresser comme de bons petits soldats, de bons petits cobayes qui leur seraient dévoués corps et âmes et qui leur servirait pour tuer leurs semblables. Sauf que bien entendu, rien ne s’était passé comme prévu, et tout avait volé en éclats – littéralement. Tout ça par la faute d’une mutante, une seule – la petite protégée d’Alistair, celle qu’il avait juré de retrouver pour lui faire payer un tel affront. Sauf qu’elle lui avait filé entre les doigts, encore et encore. Même lorsqu’il l’avait retrouvée à Radcliff, il n’avait pas été capable de la garder dans ses filets. Et l’appel à un duo de mercenaires n’avait pas aidé non plus ; pourtant, les frères Townshend avaient admirablement bien vendu leur affaire, et si le vieux chasseur avait rechigné à se payer leurs services, il avait fini par admettre que seul, il ne parviendrait pas à capturer la jeune femme qui l’intéressait. Sauf que les mois avaient passé et qu’il n’avait pas eu le moindre résultat. Il en avait parlé plusieurs fois, à Razen d’abord, puis à Alvin directement, se demandant s’ils ne lui cachaient pas simplement des informations. Suspicion avérée et qui avait fini de le mettre dans une colère noire. Cela dit, plutôt que d’aller lui-même régler ses comptes, il avait envoyé la jeune Abberline au front, trouvant un moyen détourné de lui faire comprendre que c’était les Townshend qui avaient assassiné son frère ; c’était un mensonge éhonté, mais la manœuvre avait été efficace. Suffisamment, en tout cas, pour que Razen le recontacte pour lui livrer … il ne savait qui.

Quoi qu’il en soit, le vieux chasseur fut présent à l’heure au lieu de rendez-vous, toujours aussi méfiant vis-à-vis de l’homme avec lequel il faisait affaire. Après tout, la loyauté d’un mercenaire s’achète à coups de chèques, et s’il s’avère qu’on l’a payé cher pour lui tendre un piège, il ne pourra s’en prendre qu’à lui-même d’avoir manqué de prudence. Cela dit, lorsqu’il lui présente le fameux colis et que le colis en question prend la parole, il ne peut s’empêcher d’arquer un sourcil, soudain beaucoup plus attentif, son humeur légèrement améliorée. Il saisit le bras de la jeune femme lorsqu’elle tituba dans sa direction – fermement, mais sans lui faire mal, d’une poigne assurée qui pouvait à tout instant se changer en une étreinte suffisamment forte pour que, d’un coup de poignet, il lui brise le bras.

- Bonjour, Tessa.

Il sentit la raideur dans le corps de la petite blonde au moment où elle l’entendit parler. Si elle ne répondit rien, elle ne manqua pas de se recroqueviller sur elle-même pour autant, Alistair la forçant à rester debout, raffermissant sa prise avant de se tourner vers l’aveugle.

- Je suis curieux de savoir où vous l’avez trouvée.

Depuis le temps qu’elle était en fuite, qu’elle errait à Radcliff sans que personne ne soit visiblement capable de lui mettre la main dessus, c’était assez ironique que ce soit finalement des gens sans aucun rapport avec la cause hunter ou le combat mutant qui la lui aient ramenée. Enfin, l’un d’entre eux du moins, vu que le cadet Townshend était aux abonnés absents.

- Vous avez été plus efficace que votre frère.

Le ton était sévère, froid, et montrait à quel point il avait été agacé par le retard pris par le duo pour lui apporter sa cible.

- Vous avez pris votre temps pour la ramener.







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MessageSujet: Re: (septembre 2015) Pride of utopia [ft. Razen]   Sam 22 Oct 2016 - 14:52

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Ce serait un mensonge que de dire que Razen n’a jamais utilisé sa mutation de la sorte, mais de tels déploiements d’énergie se comptent assurément sur les doigts d’une main. Et à l’ombre de la migraine qui commence à s’installer, et durablement à n’en pas douter, Razen n’a pas à se demander une seule seconde pourquoi. Sa mutation, il l’utilise en permanence, sans même en avoir conscience. Elle déforme sa façon d’être, elle déforme sa façon de penser, d’analyser les choses. Difficile d’expliquer à d’autres qu’il comprend. A différents degrés, bien sûr, selon son envie et ses besoins, mais il comprend tout, absolument tout. Et paradoxalement, il est incapable de comprendre les choix et les récentes décisions d’Alvin, tout comme il est incapable de comprendre qu’il existe potentiellement d’autres solutions. Paradoxalement, pour un homme doué d’une mutation au coeur de laquelle se loge une ouverture d’esprit sans égal, Razen est un homme enfermé dans les oeillères de son déni et de sa mauvaise fois, dans des ornières creusées par des cicatrices que le temps n’a refermé qu’au détriment de vives douleurs. Des trois enfants Townshend, il est celui qui aurait pu avoir le plus de souvenirs de leurs parents, il est aussi celui qui a oublié, à présent, le goût des couleurs et la rugosité de la lumière, il est celui qui sait qu’il aurait dû se souvenir de visages mais qui ne se remémore que des voix. Il est celui, aussi, qui devait être le garant d’une unité, d’une cellule familiale, et qui ne tient à présent entre ses mains que la chair disloquée d’une famille dont il vient brutalement de faire cesser l’agonie.

Il est, enfin, celui qui pousse Abberline devant lui, sans le moindre remord. Pour le moment. En aura-t-il lorsqu’Alvin apprendra ce qui est en train de se passer ? Peut être, mais ce n’est clairement pas à ça que Razen doit accorder son attention s’il veut s’en sortir sans trop de dégâts. Les insultes de Tessa ne l’atteignent pas le moins du monde, renforcent même éventuellement sa satisfaction à l’idée qu’il va en être débarrassé définitivement sous peu. Ses doigts, libérés de la présence de la mutante vaccinée, se recroquevillent autour de sa canne, support tangible lorsque ses capacités lui interdisent de chercher à vouloir trop comprendre ce qui l’entoure. - Bonjour, Tessa. Un petit sourire mesquin trace son chemin sur les lèvres de Razen. Il ne voit peut être pas ces délicieuses retrouvailles, mais il faut bien avouer qu’il les savoure. Et que le fric qu’il ne va pas tarder à empocher, sans pour autant y être totalement étranger, n’en est pas la seule raison. C’est un homme charmant que Razen, mais il n’apprécie pas vraiment être traité comme un vulgaire kebab et il a la rancoeur aussi tenace que persistante. - Je suis curieux de savoir où vous l’avez trouvée.

S’il ne lui concède pas un sursaut de surprise, Razen doit bien admettre qu’il ne s’attendait pas à une telle question. Et que, pour tout dire, ça ne regarde en rien le Wolstenholme. Le chasseur se rend-il bien compte qu’il est en train de demander à un fin mycologue de lui livrer la liste de ses bons coins à champignons ? Tranquille, l’aveugle se pare d’un petit sourire discret mais néanmoins présent, souhaitant faire comprendre au trader qu’ils n’évoluent certes pas dans la même cour aux yeux du monde, mais qu’en l’occurrence, tout employeur et employé qu’ils sont, ni l’un ni l’autre ne trouvera d’intérêt à traiter son vis-à-vis comme un subordonner. Et encore moins à le sous-estimer. Si Razen est passé maître dans l’art d’apparaître plus faible qu’il ne l’est, il n’en sait pas moins s’imposer malgré son handicap. Et lorsqu’il s’agit de frayer avec des chasseurs, c’en devient une nécessité. “Je l’ai trouvée là où elle était.” Sa voix, douce mais ferme, veut tout dire. Ou du moins, il l’espère: ce n’est pas qu’il n’a pas envie de perdre son temps mais c’est tout comme. Avec un soupçon d’impertinence en plus, il ne se serait d’ailleurs pas dérangé pour rétorquer un nonchalant la curiosité est un très vilain défaut ou encore un c’est bien dommage pour vous, mais aux dernières nouvelles, Razen est malheureusement loin d’être stupide à ce point.

Borné, buté, outrageusement amoral, mais pas stupide. Il cumule un certain nombre de défauts, et pas celui là. Au contraire, certainement, de Wolstenholme qui fait la cruelle erreur non seulement de mentionner Alvin mais en plus d’en sous-entendre un portrait peu glorieux. Et d’ajouter à cela un reproche glacial. - Vous avez été plus efficace que votre frère. Vous avez pris votre temps pour la ramener. Razen cligne des yeux. Sans bouger. Il est parfois l’heure de jouer, parfois l’heure de se moquer, parfois l’heure d’être désinvolte. Mais parfois, aussi, l’atmosphère s’électrise, se charge de tension. Comme à l’instant. Razen change imperceptiblement d’attitude. Lentement, ses doigts viennent remonter ses lunettes au niveau de son nez, avant d’en crocheter les verres pour les replier et les ranger dans sa poche. Son regard noir, glacial et surtout inerte, se tourne dans la direction du Hunter. “Mon frère appâte et attire, moi je ferre le poisson et j’empoche les récompenses. Il n’y a pas de plus de moins efficace, Wolstenholme. Quant aux délais… les dégénérés ne sont pas les plus faciles à mettre en cage.” Et puisque l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, vous n’aviez qu’à la chercher vous-même se retient-il d’ajouter. Ca risquerait d’être mal pris. À juste titre. ”Après, si vous n’en voulez pas, je dois bien être capable de trouver un autre acheteur. Ce ne sont pas les clients qui manquent…” Sa voix n’est pas agressive, surtout pas. En revanche, elle est couverte d’une once de menace. Ce n’est pas parce qu’il est aveugle qu’il acceptera de se faire avoir. Les plus grands voyants, oracles et prophètes de la mythologie grecque étaient aveugles et Razen, sans oser aller jusqu’à se comparer aux Phineas, se juge toutefois plus à même de tenir tête à des requins comme le trader que bon nombre de personnes. Peut être parce qu’il est lui-même un charognard dans son genre. Très certainement même. “D’autant plus que vos reproches sont particulièrement inappropriés, je n’ai pas souvenir que vous nous ayez imposé une date butoir. Juste une requête, agrémentée d’une motivation pécuniaire. Vous avez votre mutante, je veux mon fric.” Le deal est simple. Mais Razen étant ce qu’il est, il pressent non seulement que la donne n’est pas équitable entre les deux hommes, mais aussi que Wolstenholme a des cartes en main que Razen n’a pas. Et sa simple paire de reines risque de ne pas faire le poids.

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MessageSujet: Re: (septembre 2015) Pride of utopia [ft. Razen]   Jeu 10 Nov 2016 - 19:00



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Rancunier, Alistair l’était. Il l’était assez pour attendre patiemment son heure, dusse-t-elle arriver bien des années après l’affront subi. Méticuleux, attentif et sûr de ce qu’il faisait, ses aptitudes de chasseur se trouvaient complétées par son acharnement dont il faisait preuve dans son métier. Après tout, être trader requérait de l’entêtement et une extrême confiance en ses capacités, le tout couplé à une finesse d’analyse hors pair. Le vieux chasseur profitait de tout cela et ne manquait pas de s’en servir lorsque le besoin s’en faisait sentir. Plus d’un mutant était tombé sous ses coups après une traque aussi longue qu’acharnée et plus d’un subirait le même sort dans les temps à venir. Pour l’heure, c’était une dégénérée en particulier qui accaparait son attention et il espérait bien que la leçon qu’il lui inculquerait lui rentrerait dans le crâne avant qu’il n’y colle une balle, car après avoir été mené par le bout du nez d’une telle façon, son orgueil n’aurait pas supporté qu’il laisse Tessa impunie. Pire : il savait la jeune femme un peu plus maline qu’elle n’en avait l’air, et maintenant qu’elle avait goûté à la liberté et au monde extérieur, il serait impossible de la faire revenir à cet état docile qui lui avait permis de la modeler et de la faire agir à sa guise. Le petit esclave bien obéissant n’existait plus : ne restait plus qu’une dégénérée comme les autres qui avait fait l’erreur de le mettre en colère.

Maintenant qu’il la tenait par la peau du coup, sa poigne de fer resserré autour de son bras frêle, il réfléchit à la façon dont il pourrait l’utiliser pour en faire un exemple. Il réfléchissait et il tentait de chasser de son esprit les images de Lorcan, Aspen et Calista. Pour la cadette Wolstenholme, il ne se faisait pas trop de souci quant à ce qu’elle pourrait penser de ses actions ; Calista le détestait et rien ne pourrait sauver son cas aux yeux de son aînée. Mais Lorcan ? Que penserait son mutant de fils ? Rien, rien de plus que d’ordinaire : son père était un chasseur convaincu et respecté, il le savait et rien ne viendrait troubler cet état de fait, pas même lui, pas même le doute qu’il avait réussi à implanter quelque part, très loin dans l’esprit d’Alistair. Un doute qu’il ne pouvait se permettre de laisser prendre le dessus. Il avait encore trop à faire, trop de raisons pour lesquelles se battre pour se laisser submerger par ce que signifiait le gène pourri de sa descendance.
Reportant son attention sur la jeune femme qu’il maintenait toujours, il tourna son regard d’acier vers l’aveugle mercenaire qui lui faisait face. Il avait quelques questions à lui poser et il ne manqua pas de le faire. Peut-être que ses propos tenaient un peu de la provocation ; peut-être même seraient-ils mal interprétés par Townshend. Mais ça, il s’en fichait bien. Au contraire : il était curieux de le voir réagir, d’une manière ou d’une autre. Et quoi de mieux pour le faire parler que d’évoquer son frère ? Alvin l’avait déçu, mais d’un autre côté, il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même : il aurait dû se douter qu’un mercenaire ne pouvait être digne de confiance, peu importe la somme avec laquelle on l’appâtait. Il avait bien des griefs à l’égard de cet homme, griefs concentrés en une simple phrase adressée à Razen : « vous avez été plus efficace que votre frère ».
La remarque fit mouche et l’ambiance changea. Il n’y eut pas de cris, pas d’insultes, pas de position menaçante, mais l’atmosphère s’était électrisée en un instant à peine. Le vieux trader ne s’inquiéta pas : c’était à prévoir. A dire vrai, l’inverse l’aurait déçu. En silence, il écouta l’aveugle lui parler et le remettre à sa place l’air de rien – du moins, essaya de le remettre à sa place. Le patriarche Wolstenholme ne répondit pas tout de suite, le laissant développer son propos avant de répliquer.

- Oh non, vous ne trouverez aucun acheteur pour celle-là. Pas sans sacrifier sa dégénérescence par mesure de sécurité, et un mutant vacciné ne vaut plus grand’ chose sur le marché.

Peut-être y aurait-il un chasseur un peu plus haineux, un peu plus sadique, un peu plus psychopathe pour se procurer des vaccinés à tirer comme du gibier, mais même ceux-là étaient rares. Townshend aurait du mal à revendre Tessa si l’envie lui prenait soudain de lui damer le pion, et il était hors de question que ça se passe aussi mal.
Penchant doucement la tête sur le côté, Alistair détailla son vis-à-vis de son regard aussi froid que l’acier dont étaient faits ses iris, et il finit par dire tout à fait calmement :

- Vous êtes plus pressé que d’habitude, Townshend. Il y a une raison pour que vous vouliez vous débarrasser d’elle aussi vite ? Vous êtes loin d’être sur la paille, ce n’est pas une question d’argent. Alors … quoi ?

Alors quoi, en effet, et Alistair avait des connaissances que Razen ne possédait pas. Comment le mercenaire aurait-il pu se douter que c’était son client qui avait envoyé Tessa les attaquer, lui et Alvin, en lui faisant croire qu’ils étaient responsable de la mort de son si précieux jumeau ?






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MessageSujet: Re: (septembre 2015) Pride of utopia [ft. Razen]   Mar 29 Nov 2016 - 22:56

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Alistair & Razen



Vénal, il est indéniable que plus les années passent, et plus Razen le devient. L’argent, au départ, était une nécessité, la condition sine qua none pour qu’il puisse élever son frère et qu’ils s’arrachent enfin au système de familles d’accueil. Puis les années ont commencé à se faufiler entre eux et les foyers, entre eux et leur passé, leur réputation a quant à elle commencé à s’imposer, à s’étendre, leurs compétences à s’affiner et leur caractère à s’affirmer. Et Razen, au fil du temps, a trouvé dans l’argent plus seulement la preuve la plus tangible de leur indépendance, mais aussi un bien à acquérir, à rechercher, à dépenser, un luxe dans lequel se baigner pour ne manquer de rien et pallier ces manques qui se faisaient de plus en plus douloureux dans sa poitrine. Vénal, Razen a conscience de l’être. Amoral, aussi. Méprisable, très certainement. Mais il ne regrette en rien les choix qui l’ont mené jusque là, et ne compte pas davantage regretter celui qu’il a pris lorsqu’il a décidé d’accomplir seul le contrat pour lequel il avait été payé.

Les regrets sont contreproductifs. Regarder en arrière est le meilleur moyen de se prendre un mur. Son pouvoir n’est pas de remonter le temps et de changer le cours des choses. Ils n’avaient besoin ni d’un chasseur à leurs trousses, ni d’un apport financier en moins. Elle était un danger et un problème pour tous les deux. Les arguments ne manquent pas pour alléger la conscience du grand frère, et il sait bien qu’à force de se les répéter, peut être qu’ils parviendront à chasser cette pointe de culpabilité qu’il nie et nie encore avec une fermeté exemplaire. Débarrassé de la proximité de la mutante, d’ailleurs, il espère que les choses s’avèreront plus simples. Une fois que Tessa sera tuée, ce qu’il souhaite du fond du cœur afin d’enterrer – littéralement – toute cette histoire au plus vite, les regrets, la culpabilité, tous ces poids inutiles et vains s’envoleront et la vie pourra reprendre son cours, centrée sur lui, sur Alvin, sur Aily et même sur un Ren retrouvé et déjà perdu. Un Ren enlevé, dans un premier temps, par un homme d’ailleurs lié à celui qui lui fait face. A cette pensée, Razen sent un long frisson dégringoler sa colonne vertébrale et une rancœur rance remonter dans sa gorge comme de la bile.

La tranquillité apparente de l’aveugle détonne avec ses pensées violentes, éparses et surtout brusques. Sa nonchalance n’est que le pendant le plus direct, le revers de la médaille de ce qui le tourmente. Et cette crispation qu’il a, cette crispation qui le traverse et qui lui échappe lorsque Wolstenholme se met à critiquer son frère, n’est qu’une preuve des plus tangibles de la fragilité du voile qui sépare son calme de son agitation. Un rien peut le briser, le Razen, mais ce rien doit frapper un point aussi sensible que fragile. Et pour l’atteindre, il faut traverser des strates d’amoralité, des épaisseurs de désinvolture et une intelligence hors du commun lorsqu’il s’agit de comprendre ou d’anticiper la volonté de l’autre. La mutation de Razen est un diamant brute, aux multiples facettes, aux côtés polis et aux écorchures anguleuses. Elle peut couper, broyer, masser, apaiser, et il en use voire en abuse à chaque instant, sans plus en avoir véritablement conscience, sans plus pouvoir dissocier ce qui provient de lui ou de ces quelques gênes en plus. Qui font partie de lui, dans tous les cas. Son frère. Il est piqué au vif, l’aveugle, et il riposte d’un regard aussi vide que sombre. Les yeux sont le miroir de l’âme, et si d’ordinaire les siens sont un miroir sans tain, ils gagnent en expressivité sous la colère maîtrisée.

- Oh non, vous ne trouverez aucun acheteur pour celle-là. Pas sans sacrifier sa dégénérescence par mesure de sécurité, et un mutant vacciné ne vaut plus grand’chose sur le marché. Razen fixe la direction du trader sans sourciller. Ne pas trouver d’acheteur pour Abberline est un risque, oui, mais en rien une certitude et Wolstenholme devrait le savoir : des chasseurs à la recherche de cible d’entraînement pour leurs rejetons à ceux qui veulent voir tout simplement cette race distincte de l’homo sapiens être rayée de la surface de la Terre. Pour beaucoup, un mutant de moins est un pas en avant, une mutante même récalcitrante en plus dans un tableau de chasse est un succès en plus. D’une voix douce, l’aveugle souffle : « Vous seriez étonnés de savoir le nombre d’acheteurs qu’il y a sur ce marché bien précis. Vous n’êtes pas une rareté, Wolstenholme, vous n’êtes qu’un individu parmi tant d’autres dans un banc de maquereaux. A la différence près que vous êtes mon employeur, et que vous avez la primeur de l’achat. » Achat, plus Razen s’avance dans ses propos, plus les termes jusque là flous s’affirment et la réalité s’impose à ses rétines aveugles. Trafic d’être humain, commercialisation, esclavage, ce qu’il fait est un crime contre l’humanité. Une humanité à laquelle il n’appartient de toute manière pas tout à fait, n’est-ce pas ?

- Vous êtes plus pressé que d’habitude, Townshend. Il y a une raison pour que vous vouliez vous débarrasser d’elle aussi vite ? Vous êtes loin d’être sur la paille, ce n’est pas une question d’argent. Alors… quoi ? D’un frisson contrôlé, Razen penche la tête sur le côté sous la question du chasseur. Ses alarmes intérieures hurlent au loup, sonnent à tue-tête dans ses pensées pour lui chuchoter de fuir, de fuir tout de suite, qu’il y a quelque chose à comprendre mais que même lui ne dispose pas de tous les éléments pour résoudre le puzzle caché, ce puzzle dont les pièces lui tombent une à une à portée de main sans qu’il ne puisse voir de liens entre elles pour le moment. Pressé ? « Je suis un mercenaire, Wolstenholme, et un mercenaire sait lorsqu’il doit prendre son temps, et lorsqu’il n’a pas intérêt à traîner à proximité de ses proies. Vous venez de le souligner : elle est particulièrement sauvage, et dangereuse, à sa manière. » Il en a d’ailleurs fait les frais, le tissu cicatriciel qui déforme son épaule en est une preuve indélébile. « Il y a-t-il un problème pour que vous vous inquiétiez autant ? »

Il devrait partir, l’anglais, et il le sait. Mais sa mutation, bien qu’elle possède une tripotée d’avantages, présente également un inconvénient de taille : habitué à tout comprendre, Razen veut tout savoir. Et ne supporte pas de rester dans l’ombre, ironie cinglante lorsqu’on considère sa cécité. S’il reste, ce n’est que pour éclaircir la situation. S’il attend une confirmation que le reste de sa paie sera belle et bien versée sur son compte en banque, c’est parce qu’il guette la moindre miette d’indice. Et un indice bien évidemment autre que le prénom de Galaad, qui flotte sur ses lèvres à chaque fois qu’il prononce le nom de famille du chasseur. Wolstenholme sait-il à quel point il est lié aux Townshend ? Est-ce cela, ce flottement incertain que Razen pressent dans tous les pores de sa peau, comme une vérité hurlée aux oreilles d’un sourd ? Ou y-a-t-il donc un autre secret, derrière le secret ; un autre non-dit, derrière le non-dit ; une autre trahison, derrière la trahison ?

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MessageSujet: Re: (septembre 2015) Pride of utopia [ft. Razen]   Mar 27 Déc 2016 - 0:07



– pride of utopia –
ALISTAIR ET RAZEN / BELIEVER, YOUR SPOTLIGHT ON THE SUBJECT SO INCORRECT AND SUGGESTION SUGGESTS THAT I'M SOMEONE YOU SHOULD NOT RESPECT ; OH YOU WEAR YOUR FACADE SO WELL, COVERED UP IN A PLASTIC SHELL, YOU'RE A LIAR TO EVERYONE AROUND YOU, JUST DON'T FORGET – COHEED & CAMBRIA.


Alistair avait pour Razen Townshend des sentiments très mitigés.
D’un côté, il ne pouvait nier l’efficacité du mercenaire : il avait toujours mis un point d’honneur à réaliser les contrats dans les temps et à fournir ce qu’on lui réclamait sans jamais abîmer la marchandise, ou alors seulement lorsque la situation le demandait. Si le trader savait très bien que cette loyauté-là se mesurait à la quantité de zéro qui s’alignaient sur le chèque promis à l’arrivée, il savait aussi qu’une fois acquise, elle était inaliénable pour peu qu’aucun autre employeur potentiel ne vienne le court-circuiter. D’un autre côté, c’était bien cela qui le dérangeait : l’Anglais n’avait aucun principe, aucun honneur, il ne suivait que ses propres règles et un code qui n’avait pour autre but que de le servir au mieux, peu importe que l’éthique passe à la trappe ou que personne ne puisse se permettre de lui faire confiance. En réalité, il n’était même pas sûr que ses frères puissent compter sur lui ; Ren, il savait ce qu’il en était : son neveu d’adoption ne voulait plus rien avoir à faire avec sa famille. Alvin, ça devait être autre chose encore. Mais il savait qu’Alvin était une faiblesse pour Razen, sinon il n’aurait pas pris un ton aussi glacial pour lui répondre lorsqu’il avait évoqué son cadet. Sans être suffisamment idiot pour insister alors que le moment ne s’y prêtait pas, le vieux chasseur ne laisserait pas cette information lui échapper. En attendant, il se contenterait de voir si l’homme avait compris qui avait précipité Tessa dans leurs bras en les faisant passer pour les assassins de son frère ou s’il était totalement ignorant sur le sujet. Il trouvait au Townshend une capacité prodigieuse, presque miraculeuse même, à tout comprendre très vite. Il le savait intelligent, certes, redoutablement malin même, mais c’était parfois trop gros pour être naturel. Lorsqu’il aurait plus de temps devant lui, peut-être irait-il vérifier ce qu’il en était vraiment.

- J’ai la primeur de l’achat, certes, mais je suis également l’une des deux seules personnes à pouvoir la tenir au pas – l’autre étant mort.

Pas besoin de préciser qu’il parlait du jumeau Abberline ; de toute façon, le gémissement malheureux lâché par Tessa suffit largement à faire disparaître le moindre doute qui aurait pu subsister. Alistair resserra sa poigne autour du bras de la jeune femme qui se tût à nouveau, immobile, à la merci de son maître. Il n’avait plus désormais qu’à décider ce qu’il allait faire d’elle. La briser à nouveau pour en faire une chose docile ? Ca ne marcherait plus. Pas alors qu’elle avait goûté à la liberté, pas alors qu’elle avait commencé à comprendre qu’elle aussi avait un libre-arbitre dont elle pouvait disposer à sa guise. Et il ne pouvait décemment pas la laisser filer dans la nature, instable comme elle était. La seule solution qu’il lui restait s’imposait petit à petit à lui et, endurci par des années de traque, il saurait prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que personne ne croise plus jamais la route de Tessa Abberline.
Quant à Razen, il comptait bien comprendre d’où venait la fébrilité qui semblait l’animer depuis qu’il avait mis les pieds dans ce hangar. D’ordinaire, le mercenaire n’était pas avare de sarcasmes et de discussion, même brève. Là, il semblait pressé, désireux d’en finir une bonne fois pour toutes avec l’affaire Tessa. Etait-ce pour sauver sa relation avec son frère et le mettre à l’écart du courroux du patriarche Wolstenholme après ses échecs répétés à exécuter ce qu’on lui avait demandé de faire ? Peut-être. Peut-être y avait-il autre chose encore, une hésitation que le quinquagénaire ne saisissait pas mais qu’il aurait aimé savourer correctement : voir le Townshend reculer alors qu’il était toujours si assuré, c’était un spectacle à ne pas manquer.

- Le seul problème que je vois, c’est qu’il n’y a qu’un seul des deux mercenaires auxquels j’ai confié ce contrat qui se soit présenté. Votre frère n’aurait probablement pas déserté sur une mission aussi simple, pas sans une excellente raison. Toujours est-il que vous êtes seul à vous être acquitté de la tâche : il est donc normal que je déduise de la somme due le salaire d’Alvin.

Alistair jouait sans doute avec le feu, à provoquer ainsi le mercenaire. Mais il avait envie de le mettre au pied du mur, de lui faire avoir un lapsus malencontreux ou une réaction incontrôlée. Il était bien placé pour savoir que malgré toute la meilleure volonté du monde, on ne pouvait pas toujours tourner la situation à son avantage. Ne restait plus maintenant qu’à voir jusqu’où il pourrait pousser Razen avant de risquer avoir l’aveugle à ses propres trousses. Alors, il n’y aurait plus qu’à régler le problème d’une balle, comme il le ferait sans doute avec la jeune femme qu’il tenait encore fermement dans sa main puissante.







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MessageSujet: Re: (septembre 2015) Pride of utopia [ft. Razen]   Ven 6 Jan 2017 - 21:53

Pride of utopia
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Bien évidemment, Razen se méfie du trader comme de la peste. Il s’en méfie tout en ne pouvant s’empêcher de réfléchir en terme de profits. Il est comme ça, Razen, il a l’esprit pratique, il a en tête la plupart des principes élémentaires en matière d’économie, de diplomatie et de commerce. Après, tout, il a l’avantage de comprendre ce qui échappe la plupart du temps aux personnes normales. Il a l’avantage, de mêler intuition et compréhension immédiate, il a l’avantage de ne pas être bridé par une conscience et une honnêteté de toute manière surfaites dans un monde comme celui dans lequel il navigue. Razen, donc, n’est pas un homme à tenir pour acquis ce qu’il a, il n’est pas un homme qui se repose sur ses lauriers ou qui, parce qu’il a fait confiance, une fois, à une personne, et que ça a payé, récidivera systématiquement la fois d’après. L’Anglais a appris à se méfier des puissants, et plus encore des faibles. Il a appris à se méfier des employeurs, de se méfier de toute personne liée par contrat à une autre. Des hommes comme le Wolstenholme, Razen sait à quoi s’attendre. Une défiance réciproque, un avis mitigé. Et un risque élevé que l’un se retourne un jour contre l’autre, sans lui avoir au préalable envoyé un quelconque carton d’invitation. Le hunter n’a pas l’exclusivité de l’achat, qu’il ne s’imagine pas le contraire, et qu’il ne s’imagine pas non plus être le seul à pouvoir être intéressé par la mutante. Razen n’y a pas vraiment réfléchi, mais il sait qu’il ne lui faudrait pas plus d’une petite heure pour sélectionner d’autres potentiels acheteurs, tous des hunters, allant des chercheurs peu scrupuleux à tous ces psychopathes en puissance qui ont besoin de jouets pour leurs chasses à courre. Et il tient à le rappeler à son employeur. Et débiteur.

- J’ai la primeur de l’achat, certes, mais je suis également l’une des deux seules personnes à pouvoir la tenir au pas – l’autre étant mort. Il a un sourire, le Razen. Il a un sourire, un sourire prudemment intéressé, un sourire curieux aussi. Particulièrement sauvage, la Tessa. Si l’Anglais a une petite idée de la façon que va employer Wolstenholme pour la mettre au pas – très certainement une balle dans la tête, il est curieux de savoir qui était l’autre que le hunter vient de mentionner. Le frère d’Abberline, celui-là même qui a été tué, soit disant par Alvin, celui-là même qui… un frisson parcourt la colonne vertébrale au moment même où la mutante droguée laisse échapper un gémissement qui ne fait qu’appuyer la thèse du frère mort. Comment Wolstenholme sait-il que l’autre Abberline n’est désormais plus qu’un cadavre ? C’est un problème, ce point d’interrogation. Ce sont des problèmes, même, ces points d’interrogation qui se multiplient. Plus ils s’imposent, plus l’un des pires défauts de Razen s’attarde et insiste. La curiosité s’envenime, les questions s’agglutinent. Et le mercenaire, qui devrait être parti depuis bien des minutes maintenant mais qui s’attarde, s’enferme de plus en plus dans ces questions qui le tourmentent. Trop d’inconnues, trop de zones d’ombre que n’éclairent que la présence et le patronyme Wolstenholme… - Le seul problème que je vois, c’est qu’il n’y a qu’un seul des deux mercenaires auxquels j’ai confié ce contrat qui se soit présenté. Votre frère n’aurait probablement pas déserté sur une mission aussi simple, pas sans une excellente raison. Toujours est-il que vous êtes seul à vous être acquitté de la tâche : il est donc normal que je déduise de la somme due le salaire d’Alvin. Des zones d’ombre qui s’intensifient, qui se densifient, qui deviennent matérielles. Des zones d’ombre et des petites piques lancées par le chasseur.

Razen n’est pas dupe, ou ne pense pas l’être, du moins. Il y a quelque chose de louche, dans tout ça, quelque chose qu’il pressent sans pour autant parvenir à mettre le doigt dessus, sans parvenir à mettre des mots dessus. Ce qui est insupportable. « A quoi jouez-vous, Wolstenholme ? » Après un silence posé, troublé par leurs respirations, la voix de Razen s’élève enfin. Il comprend sans qu’il n’ait besoin d’user pour cela de sa mutation, il comprend l’un des objectifs du hunter. Ce n’est pas compliqué : mentionner Alvin une fois, est normal. Deux fois, c’est une erreur. Trois fois, c’est une provocation. Oubliée, Abberline, oubliée la culpabilité vis-à-vis d’Alvin. La mutation de l’Anglais fourmille à nouveau sur son épiderme, glisse et s’immisce dans sa respiration, dans son souffle et ses soupirs. Elle s’active, aveugle au reste, omnisciente. Elle s’active dans ses méninges, pour porter sa réflexion bien plus loin que ce ne devrait le permettre l’intelligence humaine. « Aux dernières nouvelles, vous avez passé le contrat avec moi. Vous avez signé pour une somme dépensée, pour une mutante ramenée. » Tout naturellement, Razen s’appuie à la paroi la plus proche, sa paume se recroquevillant sous la fraîcheur du mur. Les connaissances affluant dans son esprit et se répandant dans toute la pièce, dans tous les murs du moins. La configuration de l’espace s’étant ravivée dans ses pensées, il fait un pas en avant, sa canne devenue inutile continuant à jouer la comédie. « La présence des deux frères n’a jamais été mentionnée comme étant obligatoire. Je suis le cerveau du duo, Alvin en est les yeux et les muscles. Alors je vous le répète, Hunter : à quoi jouez-vous ? Vous n’avez pas de quoi me payer ? » Il lance la dernière phrase sur un ton moqueur mais pas moins menaçant. S’il n’avait pas été aveugle, s’il n’avait pas craint pour la survie de ses doigts, Razen n’aurait pas hésité à tendre la main. « Mon frère sera déçu de l’apprendre. » Il fait une pause. « S’il a rejoint votre famille, c’était par appât du gain, dans mes souvenirs. » Ren. Mentionner le plus jeune des Townshend est un risque que Razen prend malgré tout. « Donnez-moi mon argent, Wolstenholme. » Ce n’est plus une demande.

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(septembre 2015) Pride of utopia [ft. Razen]

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