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 Roman | First Training

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MessageSujet: Roman | First Training   Ven 2 Sep 2016 - 0:48

First training
Roman & Ailionora



Je soupirais de soulagement en entendant enfin la sainte cloche bénie du lycée ! JOIE ! Cette journée touchait enfin à sa fin ! J'avais regardé les minutes s'égrener à la vitesse d'un escargot asthmatique, baillant à n'en plus finir tandis que mon stylo naviguait vaguement à la surface du papier pour donner l'impression que je suivais. En réalité, j'avais plutôt gribouiller des petits dessins dans les marges et copié la moitié du cours, mais je ne savais même pas ce que j'écrivais. Paraît-il qu'on était en cours de littérature anglaise, mais pour c'que ça me passionnait... Celeste avait l'air elle de bailler aux corneilles, et je me demandait laquelle de nous deux allait sombrer la première. Que n'aurais-je pas donner pour me trouver sur la glace, mes patins aux pieds, glissant sans me soucier d'autre chose que des jeux que je préparais ? C'était ça, mon avenir ! Patineuse, point barre ! Déterminée à envoyer chier toutes les russes qui raflaient depuis des années les médailles, décidée à monter sur le podium pour, du haut de mon petit mètre cinquante cinq, dominer le monde du patinage. Je me fichais bien de la théorie, des connaissances, de tout ce qu'on nous bassinait à l'école... Tout ce qui m'intéressais, c'était de passer ma vie sur la glace, point barre.

Alors que tout le monde ramassait ses affaires, j'attrapais mon sac, y fourrais sans ménagement trousse et cahier, et glissais ma paire de patins sur mes épaules. Après avoir dit au revoir à Celeste, je m'élançais hors de la salle, plus que pressée de retrouver la patinoire. C'était vendredi, le jour où le gérant me laissait la piste pour m'entraîner librement, j'attendais ce jour toute la semaine ! En quittant l'enceinte du lycée, je sortis mon téléphone et remarqua que mon paternel préféré m'avait laissé trois messages. Ça ne m'étonnait pas de lui, il s'ennuyait tellement l'après midi qu'il me laissait parfois une dizaine de messages, parfois sans aucun sens, pour s'occuper. Cette fois, il y avait une blague à base de zoophile rentrant dans un bar qui me éclater de rire, un message à moitié tronqué que je ne compris pas, et un troisième me demandant à quelle heure je rentrais et si j'avais quelque chose contre une troisième soirée pizza dans la semaine. Comme si j'allais dire non à de la pizza, tiens ! Une soirée avec papa, juste lui et moi, un film ou une bêtise du genre, deux trois trucs à se raconter et à manger, c'était tout ce que je pouvais espérer pour commencer le weekend ! C'était bientôt mon anniversaire, d'ailleurs... J'avais oublié ce détail. Les anniversaires, ça n'existait plus trop chez moi depuis le décès de ma grand mère. Ma mère bossait tellement et avait tellement de choses à faire qu'elle avait plus d'une fois oublié et... Au fond je m'en fichais un peu. J'étais davantage peinée de ne pas pouvoir passer du temps avec elle que de savoir qu'elle avait oublié.

J'avais beau lui en vouloir, elle commençait à me manquer terriblement, et je m'inquiétais de n'avoir aucune nouvelles d'elle. Alors... Fêter mon anniversaire avec papa, j'appréhendais un peu la chose. Allait-il oublier ? Me faire une surprise ? Être absent lui aussi ? Je n'en savais rien et à vrai dire, je préférais ne pas y penser. Pizza, soirée tranquille, patin, voilà ce qu'il fallait retenir ! La tête baissée, je pianotais quelques mots pour lui dire que je serais de retour après mon entraînement, et j'étais si concentrée sur l'envoi de ce texto que je percutais de plein fouet la personne devant moi.
Avec ma délicatesse légendaire, je m'apprêtais à le traiter de con fini en lui demandant de regarder où il marchait, mais à peine avais-je relevé les yeux que je me ravisais immédiatement.

« M'sieur Griske ? Oh mince j'suis désolée ! J'vous avais pas vu je... J'envoyais un message à mon père, il est un chouilla stressé quand j'lui réponds pas et... J'vous ai pas marché sur les pieds, au moins ? »

Bizarrement, cet homme-là m'inspirait le respect. Grand, calme, aussi froid que les steppes de Sibérie, j'avais davantage envie de baisser la tête en demandant pardon que de lui chercher des noises. Et puis il était bienveillant avec moi, connaissait ma mutation et ne me jugeait ni ne me brimait pour cela. Ca changeait grandement des chasseurs qui me faisaient froid dans le dos.

Soudain, alors que mon petit cerveau commençait à se mettre en marche, je réalisais que mon entraînement de patin allait tomber à l'eau. Griske, mutation, chasseur... N'était-ce pas aujourd'hui que nous avions rendez-vous justement pour qu'il m'apprenne un peu mieux à la maîtriser ?

« … Attendez c'est aujourd'hui ? Miiiince j'avais complètement oublié ! Bah... Heureusement qu'on s'est croisés, hin ! Et... Heu... Vous voulez toujours bien m'aider, hin ? »

J'en avais peur, de cette mutation... Ce qui était plutôt comique quand on savait que j'étais capable de maîtriser, en théorie, la terreur sous toutes ses formes. J'avais même songé au vaccin et j'y songeais encore... J'allais finir par aller trouver cette vieille ronchon de Stevens pour qu'elle m'y aide, tiens ! Mais pour l'heure, je servis à Roman mon plus adorable regard de puppy dans l'espoir qu'il ne nous mange pas toutes crues, moi et ma mémoire de poisson rouge.

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MessageSujet: Re: Roman | First Training   Sam 10 Sep 2016 - 15:39

Le regard perçant de Roman aperçoit enfin Ailionora dans la foule. Cette dernière part dans la direction opposée, ce qui lui fait froncer le regard, lui donnant l'air d'un serpent prêt à bondir sur sa proie. Sans perdre de temps, il s'avance d'une marche rapide jusqu'à la dépasser. Une fois posté à une dizaine de pas d'elle, le chasseur se retourne. Il observe l'adolescente qui garde les yeux rivés sur son téléphone, jusqu'à ce qu'elle ne lui rentre dedans sans y faire attention. Il voit percer dans son regard une envie de s'agacer de ce qui vient de se passer, qui disparaît aussitôt dès qu'elle aperçoit qui se trouve en face d'elle. Croisant les bras, Griske lui adresse un sourire bienveillant. Un de ces rares sourires qui, pour ceux qui le connaissant, ne dit rien qui vaille et transpire le mensonge à plein nez. - Tout va bien, ne t'en fais pas. Roman se met à constater son état physique : elle a l'air en forme, de bonne humeur. Rien ne laisse supposer que les choses se sont mal passées en cours pour elle aujourd'hui, ce qui est un bon point. Enfin, en quelques sortes. Le chasseur se doute que sa mutation n'est que plus efficace lorsque, de base, la jeune femme n'est pas de bonne humeur, voire mieux, en colère. Il va juste falloir trouver ce qui pourrait la mener à cette autre façon de voir les choses aujourd'hui. - Heureusement, oui. Sa réponse reste avenante, presque amusée. Il trouve ça extraordinaire, cette joie de vivre qui semble émaner de la demoiselle, alors que dans ses veines coule la preuve de sa monstruosité, une monstruosité capable de la faire devenir un cauchemar vivant. Une dégénérée contrôlant la peur des autres, ça n'est pas tous les jours que Griske en rencontre. Et ce spécimen-là, il a eu la chance de parvenir à lui faire croire qu'il était là pour elle, pour l'aider.

Son inquiétude de savoir s'il veut toujours travailler avec elle conforte le Norvégien dans son idée qu'il a véritablement fait une affaire en or. Elle semble croire en lui ; en lui, en sa sympathie, en son envie noble de la pousser à tirer le meilleur de sa mutation. Lui, il sait que ce sera tout l'inverse qui ressortira de leur collaboration supposément bénéfique pour elle. Il va la transformer en une chose capable de terrifier la moindre personne croisant son chemin, mis à part lui. Il va recommencer ce travail de fond qui lui manque tant, après son premier essai victorieux avec Charlie. Pour la deuxième fois, même, il réussira. Et en ce moment, Roman a besoin de réussir des choses. Depuis sa discussion avec Scarlett, quelque chose ne tourne plus rond chez lui. Il a compris que rendre des visites surprises comme il a pu le faire avec Kovalainen n'allait pas lui servir, au contraire : ce dont il a besoin, c'est de canaliser toute cette colère qui le ronge. Il doit la maîtriser avant de recommencer à tuer de façon compulsive, même s'il en meurt d'envie. Non pas que la vie des mutants qu'il arrache lui importe, loin de là, juste qu'il va se faire repérer, bientôt, si ce n'est pas déjà fait. Travailler sur la mutation d'Ailionora, c'est s'assurer de s'occuper assez l'esprit pour ne pas faire de mauvais pas auprès de Scarlett, Anya, Charlie. Ce mauvais pas qui menace toutes les personnes qui l'entourent désormais – qu'elles le veuillent, ou non. - Bien sûr, qu'il répond à l'adolescente avec un sourire doux. - Tu ne vas pas avoir besoin de ça. Roman désigne les patins qu'elle porte à l'épaule. Son ton continue d'être bienveillant. Il n'est pas fâché, comme il vient de lui laisser entendre. Il n'est pas en colère, jamais, pas contre elle. Ailionora n'a rien fait. Pour le moment, elle est la seule à accepter de suivre ses conseils.

- Nous nous rendons au parc, qu'il annonce. Les mains dans les poches de son pantalon, le chasseur commence à prendre le chemin de leur destination. Sa première idée était de continuer à voir se développer une relation de confiance simple, naturelle. Griske sait encore peu de choses sur elle, mais il devine qu'elle n'est pas comme Charlie : cette dernière n'avait plus beaucoup d'attache, quand il l'a retrouvée. Elle n'en avait même jamais eu. Elle s'est débattue, elle a cherché à se refuser à son destin de le suivre, pour mener à bien un dessein qu'il avait tout tracé pour elle, avant qu'elle ne concède au final à l'écouter... après nombre d'essais pour la faire retrouver le droit chemin. Peut-être qu'Ailionora ne le poussera pas à en arriver jusque-là. En lui proposant son aide, Roman espère lui éviter l'issue plus difficile à endurer, si elle a un jour dans l'idée de ne pas se plier à ses exigences. Elle ne s'en doute pas, bien sûr, mais le quinquagénaire sait ce qu'il veut. Sa mutation est une aubaine. Une horreur et une chance de recommencer à zéro, de se bâtir une nouvelle arme contre les mutants ou les pro-mutants, afin que personne ne puisse s'en perdre à lui. Charlie a ce côté offensif indéniable, Ailionora sera la force tranquille de leur futur trio. L'ancien trafiquant saura lui présenter les points positifs de cette merveilleuse idée en temps voulus. En attendant, établir une relation de confiance ne se fait pas en peu de temps. - Comment s'est passée ta journée ? Raconte-moi. A première vue, sa question semble banale. Derrière se cache juste le désir de Roman de récupérer quelques informations utiles concernant les choses qui plaisent ou non à l'adolescente dans la vie de tous les jours ; les personnes contre qui il pourra la retourner, les choses contre lesquelles il pourra l'agacer, les moments pénibles qu'elle pourra oublier. Et, tout ça, grâce à lui et à l'aide précieuse qu'il va lui apporter dès aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: Roman | First Training   Sam 1 Oct 2016 - 19:56

First training
Roman & Ailionora



Y avait pas à dire, je me sentais franchement bête d'avoir ainsi bousculé m'sieur Griske. Il avait beau être bienveillant avec moi, il avait un don pour me fiche la trouille, avec son regard couleur esquimau sans parfum, sans sucre, sans rien. Le genre de regard qui me donnait envie de me faire toute petite en disant « oui monsieur, bien monsieur », et ce même s'il tentait de me faire bouffer des brocolis. Quoi ? Osez me dire que vous ne vendriez pas père et mère pour éviter de manger des brocolis ! Bah Griske, c'était un peu ça... Sauf que lui aurait réussi à m'en faire manger sans même ouvrir la bouche. Bizarrement, j'avais le sentiment que c'était le genre de type qu'il valait mieux ne pas emmerder, celui qu'on était comptant de compter parmi ses amis et non ses ennemis... Pourtant, alors que je m'excusais, il me gratifia d'un sourire aussi chaleureux qu'une grotte humide du fin fond de l'Oregon et, pour une raison qui m'échappait, je me détendis immédiatement. J'étais sûrement naïve, à lui faire confiance, à voir en lui un homme un peu réservé mais bienveillant et prompt à aider son prochain. Comment aurais-je pu deviner que le mec avait un palmarès meurtrier supérieur au PIB de n'importe quel petit pays ? Ah oui... J'aurais pu le savoir si mon adorable papa m'avait dit « au fait, ne parle pas aux vieux messieurs avec un accent russe, ce sont toujours les vilains, et pas qu'au cinéma ! » Et quelque part, il valait mieux pour moi que je ne sache jamais que mon aveugle de paternel bossait avec ce type. Je préférais rester dans l'ignorance et croire au père Noël pour le moment.

Je rentrais la tête dans les épaules en murmurant un petit « désolée », penaude d'avoir oublié notre rendez-vous. Dans un sens, je ne pouvais pas nier que ça m'emmerdait un peu de ne pas pouvoir aller patiner, mais j'attendais ce premier entraînement depuis longtemps que j'avais du mal à contenir mon enthousiasme. J'allais enfin apprendre à contrôler ma mutation ! A la comprendre, à la connaître... Peut-être qu'au terme de nos entraînements j'arriverais à l'accepter ? Pour le moment, c'était loin d'être le cas, et la seule raison pour laquelle je n'avais pas tenté de me procurer un vaccin, c'était pour ne pas décevoir mon père. Les effets secondaires, ça me semblait être du pipi de chat, à côté de ce que j'étais capable de faire ! J'avais envie de pouvoir m'autoriser à côtoyer des gens, à me faire des amis, sans craindre de les faire mourir de peur à la moindre émotion forte. Je n'en avais même pas parlé à Celeste, mais j'avais constamment peur qu'elle découvre ce que j'étais capable de faire et me traite de monstre, comme tous les autres. J'avais d'ailleurs été plus que surprise de voir que Kaisa prenait ma défense en ayant conscience de ce que j'étais capable de faire. Alors que mon nouveau prof désignait mes patins en me disant que je n'allais pas en avoir besoin, je resserrais mes doigts contre le métal froid de la lame.

« Je me doute, oui... J'les a pris par réflexe, d'habitude, le soir, je vais m'entraîner à la patinoire jusqu'à la fermeture. »

J'allais même poursuivre, lui dire que je préparais une compétition importante, mais je me ravisais. Qu'est ce que ça pouvait bien lui faire à part l'ennuyer, de savoir que je patinais ? Y avait quelque chose d'à la fois inquiétant et fascinant chez lui, quelque chose qui me donnait envie de m'approcher tout en ayant peur de me brûler. Je me contentais de hocher la tête alors qu'il m'annonçait que nous nous rendions au parc, et restais résolument silencieuse pendant le trajet... Ce qui me mettait encore plus mal à l'aise. Ce silence, c'est lui qui le brisa, alors que nous longions les grilles chargées de verdure du parc en direction de l'entrée. Je tournais la tête vers lui d'un air étonné, ne m'attendant pas du tout à ce qu'il me demande ça.

« Oh ! Heu... Bof... Pas trop mal... Disons que je n'ai jamais été très studieuse, ça ne m'intéresse pas de rester le cul vissé sur une chaise à écouter des conneries... »

Corrige ton vocabulaire, Aily, on ne parle pas comme ça !

« Désolée... J'suis un peu vulgaire... 'Fin... J'ai pris un C en histoire, ça devait faire des années que ça ne m'était pas arrivé, j'ai fichu le feu à une éprouvette en chimie parce que j'ai confondu la poudre de craie avec du souffre, et ma prof de bio m'a promis que si je ne connaissais pas par cœur les base azotée de l'ADN pour lundi, elle me transformerait en grenouille... »

Rien que d'y penser, un frisson me parcourut l'échine. Si y avait bien une prof avec laquelle je ne m'entendais pas, c'était bien la vieille Stevens. Pète sec, coincée du cul, chiante... Elle avait tout pour me plaire !

« J'crois qu'il n'y a pas grand chose d'autre de plus à dire... Si ce n'est que je continue à avoir peur d'aller voir les autres à cause de ma... Fin vous savez... J'sais pas trop quoi vous dire de plus, c'était une journée assez banale ! »

Je passais le portail du parc, cherchais du regard un banc libre, et m'enfonçais vers les coins plus tranquilles, ceux où les gens allaient moins souvent à cause des cygnes qui faisaient la loi et chassaient régulièrement les passants qui s'approchaient un peu trop de l'eau.

« Et... heu... Vous ? Ça a été ? En fait, je ne sais même pas c'que vous faites dans la vie ! »

Je ne savais même rien du tout en dehors de son nom et du fait qu'il connaissait ma mutation... Si je n'avais pas eu cette fâcheuse tendance à penser que le monde était tout rose, ça m'aurait peut-être mis la puce à l'oreille...

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MessageSujet: Re: Roman | First Training   Lun 31 Oct 2016 - 17:30


Ailionora et Roman

First training


Le récit de l'adolescente intéresse peu Roman, mais il sait que son devoir est de l'écouter jusqu'au bout s'il espère pouvoir rapidement gagner sa confiance. Enfin, en gagner toujours plus, car si désormais elle marche sans crainte ou méfiance à ses côtés, c'est qu'une certaine confiance est déjà bien installée. Une satisfaction dont le Griske s'est déjà congratulé, dès les premiers instants où il a appris à faire connaissance avec la jeune Ailionora. Une demoiselle charmante, naturelle, à l'impulsivité plutôt semblable à la sienne et, surtout, sujette à la crainte de faire du mal avec sa mutation. Une dégénérée parmi tant d'autres que le chasseur n'a pas pu se résoudre à laisser de côté. A l'image de Charlie, elle possède ce petit il-ne-sait-quoi dont il peut faire n'importe quoi. Ce que Roman peut en dire, c'est que sa mutante avait à ses débuts la fougue, Ailionora a elle la crainte. La première a eu ce petit point à la fois fort et faible sur lequel a appuyé le Norvégien pour la détruire de l'intérieur, dorénavant il a sous les yeux la possibilité d'en faire de même avec la petite brune, cette fois-ci en jouant subtilement sur ses propres peurs, en dépit de celles des autres. Roman la laisse donc parler. Elle évoque sa journée, ses capacités à l'école qu'elle semble sous-estimer, son désir de faire autre chose que de rester assise sur une chaise de cours... Chaque petit détail sonne comme idéal aux oreilles du chasseur. Tout ce qu'elle ose avouer sans se douter de ce qu'il peut en faire, c'est merveilleux. C'est s'offrir de multiples possibilités sur leur avenir commun à chaque nouvelle seconde passée ensemble, à chaque pas fait au même rythme. Cette sensation de satisfaction et de confiance, Roman ne l'avait pas éprouvée depuis longtemps et elle lui avait manqué.

- En grenouille ? Intéressant, qu'il ponctue, adressant un petit sourire à l'adolescente. La suite est des plus intéressantes. Observant les alentours d'un bref coup d'oeil circulaire, Roman finit par se pencher légèrement vers Ailionora, sans pour autant baisser le ton. - A cause de ta mutation, Ailionora, tu peux le dire. Cette appréhension qu'elle peut avoir rien qu'à l'idée de l'évoquer, il veut la voir disparaître. A côté de ce qu'elle craindra réellement, un jour, ce n'est rien, vraiment rien. Le Norvégien a dans la tête un plan aussi bien rodé que celui dont il a usé pour plier Charlie à sa merci, si bien que la gamine à sa droite doit penser dès à présent qu'à ses côtés, elle n'a pas à faire attention. Elle peut laisser libre-court à sa parole, s'imaginer qu'un jour elle maîtrisera sa mutation à la perfection – et ce sera le cas. Toutefois, le jour où cela sera possible, la contre-partie aura pris bien plus de place dans sa vie qu'elle ne peut y penser. Quand Ailionora contrôlera sa mutation de bout en bout, elle ne sera autre que sa mutante. Sa deuxième mutante, pour être précis, mais sa mutante tout de même. Et Roman n'attend plus que ça.

La question de l'adolescente fait poindre sur les traits du Norvégien la mine de l'homme sérieux. - Je suis homme d'affaires. Autrefois, j'étais réputé pour un marché assez bien installé en Norvège. Les choses ont fait que j'ai dû changer d'environnement et, chemin faisant, je me suis retrouvé à Radcliff. Pour l'instant les choses sont plutôt calmes, mais je croise les doigts, mes efforts finiront par payer. Son ton laisse sous-entendre qu'il ne développera pas bien plus. Les détails ne sont sans doute pas bons dans ce genre de moment, en particulier s'il a l'intention de maintenir ce lien de confiance qui est en train de s'établir entre lui et Ailionora. S'il lui laisse la possibilité de quémander plus, peut-être prendra-t-elle soudainement conscience qu'il ne dit pas tout... - Comme les tiens avec ta mutation. La solution est donc de la place au cœur de la conversation. Roman privilégie de plus l'évocation de sa mutation, ce sujet délicat pour elle qu'elle préfère aborder sans la nommer ou en baissant le ton. Un regard qui passe dans celui de la jeune femme, et le Griske passe le premier le portail qui donne sur le parc au centre de la ville, où il a guidé l'adolescente au fil de leur conversation. - Tu ne risques rien en ma présence, Ailionora, je t'en fais la promesse. Se dirigeant vers un banc libre, au cœur du parc, Roman le désigne d'une main, un sourire toujours aussi avenant sur les lèvres. - On va s'asseoir un peu, si tu veux bien... A voir maintenant si elle comprend ce qu'ils vont tenter désormais pour voir où en est Ailionora avec sa chère mutation...

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MessageSujet: Re: Roman | First Training   Sam 17 Déc 2016 - 21:45

First training
Roman & Ailionora



Roman Griske était un monstre, un tueur de mutant, un type aussi froid que la Sibérie qui l'avait vu naître et probablement la personne la plus dénuée de remords que la Terre ait pu porter. Mais tout ça, c'était des choses que j'ignorais, car je n'avais jamais eu affaire à ce Griske. Je ne connaissais pas son masque grimaçant de haine, seulement celui qui me souriait avec une bienveillance qui m'imposait le respect. Il avait cette façon étrange de canaliser ma personnalité j'enfoutiste et vulgaire, si bien qu'en sa présence, je préférais me faire toute petite et apprendre à faire la révérence. Roman Griske ne me faisait pas peur, comme bien des mutants, Roman Griske me fascinait. M'impressionnait. Simplement parce qu'il avait un charisme écrasant, et si quelqu'un s'était pointé en me disant « tu vois ce type que tu bassines avec la banalité de ta journée ? C'est un meurtrier ! », j'aurais ris au nez de cette personne avant de lui demander avec plus ou moins de politesse de s'excuser. Malgré tout, je me sentais observée, détaillée, scrutée, et lorsqu'il prononça le mot mutation, je sursautais et baissais les yeux en me mordillant la lèvre inférieure.

« J'ai encore un peu de mal à appeler ça comme ça... Ca me fait tellement peur que j'ai l'impression d'être un monstre, pas un genre d'humain cyborg plus évolué que la moitié... J'veux dire... Et si un jour je tue quelqu'un en lui fichant la trouille ? Pousser un crétin à se faire pipi dessus c'est rigolo deux minutes, mais je... »

Je soupirais, incapable de finir ma phrase. Comme un superbe majeur levé en direction du karma, ma mutation était un paradoxe complet : je pouvait créer ou annihiler la peur, mais c'est moi qui la craignait plus qu'autre chose. Je me grattais nerveusement la tête en tentant de ne pas me laisser distancer par Griske, du haut de mes courtes jambes de naine. Je n'attendais plus qu'une chose, qu'il me dise qu'il était en mesure de m'apprendre à la contrôler. Car la contrôler, ça signifiait ne plus en être la victime et pouvoir l'effacer, l'enfouir au fond de moi pour ne plus m'en servir qu'en cas d'extrême urgence. Ou peut-être... Non. Ne va pas penser ça, Aily, c'est mal. Me dire que je pouvais prendre ma revanche, m'amuser un peu avec ce don que la nature avait jugé bon de m'offrir... C'était tentant, mais c'était aussi pencher vers le côté obscur, et je n'étais pas franchement certaine que ça soit très bien pris par le commun des mortel. Toujours est-il que si Griske m'apprenait à contrôler mon don, j'étais prête à le regarder comme le Messie et à m'y accrocher comme un bébé koala à sa mère.

« Homme d'affaire ? Wouaw ! La classe ! Et ça consistait en quoi, vot' marché ? Si c'est pas indiscret... J'vous souhaite de réussir à faire des affaires ici mais bon... C'est tellement paumé que j'ai du mal à voir quel genre de business on peut faire... »

A vrai dire, je ne côtoyais pas franchement les grands business men, et pour le moment, je n'étais au courant que de l'existence de deux gros labos pharmaceutiques, l'un ayant fait scandale avec l'histoire des vaccins, l'autre ayant un bâtiment tellement snob et moche dans le centre ville qu'on avait du mal de passer à côté. Encore des gens pétés de fric qui devaient se prendre pour des visionnaires en embauchant des architectes déglingués à la javel... Et puis ma mutation revint sur le tapis, comme un bon gros rhume qu'on aurait cru envolé avant qu'il ne se décide à revenir pour vous pourrir le réveillon de Noël. Je baissais à nouveau les yeux et hochais la tête avant de le suivre jusqu'à un banc pour nous y asseoir. Pendant un long moment, je fixais mes pieds, la poussière des graviers qui était venue les salir, les lacets colorés que j'avais préféré aux noirs, le petit logo de la marque... Tous ces détails me semblaient soudain très intéressants, et je peinais à reprendre.

« C'est... C'est con, on s'connaît à peine mais je... J'vous fais confiance. Vous êtes bienveillant avec moi, vous ne me regardez pas comme un monstre... Mais je ne sais pas trop quoi faire, en fait», je relevais alors les yeux vers lui, « Vous croyez que je devrais me faire vacciner ? Que... Que ça serait mieux pour tout le monde ? J'y ai pensé, vous savez... »

Ce qui me faisait peur, ce n'était pas d'avoir mal, les piqûres ça me laissait de marbre, c'était plutôt les effroyables effets secondaires que l'on rapportait. Perte de la mémoire, folie, mutation incontrôlable, perte de l'usage d'un membre ou d'un sens... Je n'étais pas certaine de vouloir sacrifier mes gênes pour un tel prix. C'était peut-être égoïste mais au fond, je préférais encore risquer de faire peur à quelqu'un plutôt que de me retrouver aussi bigleuse que mon paternel, qui n'était pas capable de faire la différence entre un mur et la voisine lorsqu'il quittait l'appartement. Un handicapé à la maison, c'était bien suffisant, surtout depuis que tonton Alvin était parti !

« Vous... Vous voulez que je vous montre ? Je veux dire... Vous savez ce que je sais faire, mais vous l'avez jamais vu... Après, j'suis pas certaine que vous ayez très envie de faire une crise d'angoisse maintenant... »

Je regardais autour de nous, m'attardant sur les enfants qui jouaient, les parents qui les surveillaient ou discutaient entre eux, ce type sur le banc d'à côté qui dessinait je ne sais quoi sur un carnet à croquis... Aucun d'entre eux ne méritait d'être le cobaye d'une mutante incontrôlable.
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MessageSujet: Re: Roman | First Training   Sam 4 Fév 2017 - 18:24

Après avoir pris place sur le banc, Roman se met à observer les lieux. Le parc est un peu rempli, en cette fin d'après-midi, mais les quelques âmes en peine qui s'y trouvent pourront aisément leur servir un peu plus tard. Leurs activités ne semblent pas être bien intéressantes, partagées entre lecture, discussion et sport, une petite crise d'angoisse tout droit venue de l'esprit d'une adolescente ne devrait pas faire grand mal. Croisant simplement les mains devant lui, le chasseur reporte son attention sur Ailionora, pile au moment où cette dernière évoque la confiance qu'elle lui porte. Le sourire faussement sincère de Roman s'élargit alors encore un peu ; de façon imperceptible mais pourtant si évidente pour une jeune femme qui le connaît encore si mal. Ces quelques paroles ne font que confirmer au Griske son très bon départ avec elle. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, une relation de confiance, d'entraide, de simple présence réconfortante s'est tissée entre eux. Preuve qu'avec les bons mots et la bonne attitude, Roman peut réussir à se faire tous les amis qu'il souhaite ; en particulier des amis très influençables et manipulables prêt à beaucoup de choses pour lui. En somme tout le profil d'Ailionora.

L'évocation d'une possible vaccination lui fait toutefois perdre de sa superbe. Les sourcils de Roman se courbent de façon négative, d'un air qui ne dit rien qui vaille. - Qui t'a mis une idée pareille dans la tête ? Même si dans son ton se devine un léger reproche, l'inquiétude fictive que le quinquagénaire songe à placer au cœur de sa question permet de rectifier le tir. Ailionora ne doit pas penser qu'il lui en veut pour cette idée, elle ne doit s'imaginer que comprise dans sa réflexion et écartée de la mauvaise direction par son intervention. Rien d'autre. Pour le moment. - Le vaccin ne t'aidera pas. Ce qu'il te faut, c'est apprendre à te servir de ta mutation, comme nous en avons déjà parlé. Je suis bien là pour ça, pas vrai ? Le sourire de circonstance refait surface sur les traits de Roman. Le meilleur moyen pour continuer à cultiver une confiance aveugle et une future ascendance dans leur lien, qui deviendra un jour aussi particulier que celui qui l'unit à Charlie.

La proposition de l'adolescente tombe ensuite à merveille. Le regard de Roman croise une dernière fois le sien, visiblement ravi, avant de se déposer sur un duo de passante juste devant eux. - J'en serai honoré. Le chasseur se permet un petit rire bienveillant face aux préoccupations d'Ailionora. - Une crise d'angoisse ne me fait pas peur, mais je pense que cela serait contre-productif si je veux pouvoir t'aider ensuite, en un sens tu as raison. Se décalant de quelques millimètres sur le banc, Roman penche légèrement la tête dans sa direction. Il garde le regard rivé sur la victime qu'il a repéré dès leur arrivée, sur un banc un peu plus loin de celui où ils sont installés, pour pousser l'adolescente à en faire inconsciemment de même. - Nous ne sommes pas seuls dans ce parc, Ailionora, il te suffit de faire un choix... Ses prunelles viennent passer dans les siennes, pour mesurer sa motivation, avant que, dans un petit haussement d'épaules, le quinquagénaire fasse mine de se détendre et d'attendre la suite. - Le moment est à toi.

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MessageSujet: Re: Roman | First Training   Sam 15 Avr 2017 - 18:47

First training
Roman & Ailionora



A bien y réfléchir, la situation me faisait presque rire. Enfin rire... En fait, y avait de quoi jaser, pour les gens à l'esprit mal tourné : une ado et un vieux en âge d'être son grand-père, assit côte à côte sur un banc. Ah non mais j'vous jure, j'en connaissais qui n'aurait pas hésité à faire des conclusions chelou, hin ! Pour tout dire, ça me faisait sourire, et je dû baisser la tête pour ne pas avoir l'air d'une tarée finie riant aux blagues vaseuses de ses 36 personnalités bipolaires. La question de Griske me surpris, et je relevais la tête, prise au dépourvu.

« En fait, je... Ce n'est pas une personne en particulier qui m'a dit ça, c'est plutôt un ressentit général. On parle beaucoup de mutants à la télé et dans les journaux, les gens en ont peur... Il suffirait que je me lève en hurlant « je suis une mutante ! » et vous pouvez être certains que deux ou trois parents vont récupérer leurs mômes pour filer en vitesse. On est les monstres du 21ème siècle, et la seule chose qui empêche certains d'en profiter et de nous parquer dans des cirques, c'est parce qu'on a inventé la notion de dignité humaine entre temps. »

J'étais défaitiste mais surtout incroyable lucide. Je savais pertinemment que le monde n'était pas encore prêt à accepter les mutants. On avait fini par tolérer les gens avec un membre en moins, ceux qui naissaient avec une difformité quelconque, mais il avait fallu plusieurs siècles de tolérance et d'acceptation pour ça. La différence, cette fois, c'était que moi et les autres mutants étions potentiellement dangereux. Et c'était ça qui faisait de nous des monstres aux yeux de pas mal de gens. Le temps qu'on accepte pleinement les mutants, j'aurais le temps de manger les pissenlits par la racine ! Je serrais les poings, à moitié convaincue seulement par ce que me disait Griske. Il n'avait peut-être pas tort, peut-être le vaccin ne serait-il pas une solution mais un problème de plus à gérer ? Il était là pour m'aider. Ça oui, je l'avais bien compris, mais j'avais plutôt peur d'être une mauvaise élève, comme je l'avais toujours été pour le reste. J'étais certaine que certains mutants de mon âge contrôlaient déjà parfaitement leur don et ça me rendait un peu jalouse. Moi, j'en étais encore à essayer de comprendre ce que j'étais capable de faire, comment et jusqu'à quel point. Pour le moment, j'avais des limites rapidement atteintes et je ne contrôlais pas des masses ce que je faisais, ce qui me rassurait quelque part : si foutre une peur bleue à un type me filait la migraine, je ne risquais pas de pousser le vice jusqu'à le tuer. Seulement, ce que je ne contrôlais pas du tout, c'était ce ressentit que j'éprouvais. Chaque fois que je faisais peur à quelqu'un, même inconsciemment, je ressentais sa terreur, et c'était cette partie-là qui, égoïstement, me répugnait le plus. J'avais eu l'espoir, l'espace d'un instant, que Griske voudrait encore discuter et refuserait ma proposition, mais c'était en vain. Je n'avais plus d'autre choix que de me plier à ce que j'avais moi-même déclenché. Inconsciemment, je me recroquevillais sur moi-même lorsqu'il s'approcha et se pencha vers moi avec des allures de conspirateur. Nous ne sommes pas seuls... Il en avait de bonnes, lui ! C'était bien ça, le problème ! Déclencher un mouvement de panique, voilà ce qui risquait de se passer ! Je soupirais profondément et détournais mon regard du bac à sable. Définitivement, je préférais épargne une terreur supplémentaires à des gamins qui devaient déjà suffisamment faire pipi au lit en se réveillant dans le noir la nuit. Tant pis pour lui, le type assit sur le banc d'à côté serait ma victime. Cherchant à puiser dans ce ressentit que j'éprouvais à chaque fois que ma mutation s'éveillait, je me concentrais sur lui, sa feuille, son crayon, et ses angoisses.

Andrew Smith était un jeune homme de dix-neuf ans dont l'esprit tournait toujours à cent à l'heure. Il était vif, curieux, intelligent et surtout, il possédait une justesse dans le regard qui faisait de lui un très bon dessinateur. Il aimait venir s'asseoir sur un banc dans le parc pour dessiner tout ce qui lui passait par la tête, ou encore faire de ce petit groupe de moineaux se battant pour un morceau de mie de pain un escadron vaillant se battant pour la liberté sur sa feuille. Aujourd'hui, il était venu profiter de la fin de l'hiver pour dessiner les arbres et les premiers bourgeons qui tentaient de percer la neige. Il avait choisi tout un assortiment de crayons aux couleurs pastels pour mettre le tout en couleurs, et se réjouissait d'avance de pouvoir offrir le dessin terminé à sa jolie voisine, celle dont il était secrètement amoureux depuis le primaire. En somme, Andrew Smith était un jeune homme parfaitement ordinaire, un de ces gamins qui avaient grandit à Radcliff et n'avait jamais connu ni la côte ouest, ni la côte est. Un gamin qui, malgré lui, allait faire office de cobaye à une mutante incontrôlable. Alors que son annulaire gauche frottait doucement la feuille de papier pour estomper un peu le rose pâle d'une fleur, il lui sembla voir bouger l'arbre sur son dessin. Fronçant les sourcils, il secoua la tête et cligna des yeux pour chasser cette impression. Au bout de quelques minutes, pourtant, il vit les traits de son dessin se durcir, le brun du bois se change en charbon, et une hideuse bouche acérée se dessiner sur le tronc. Devant ses yeux se mouvaient une effroyable forêt de cauchemars, à l'image de celle dans laquelle il s'était perdue étant enfant, et qui lui faisait peur depuis. Lorsque l'arbre sembla être sur le point de sortir de la feuille, il poussa un glapissement apeuré, projeta le carnet en l'air et se dépêcha de sa ramasser ses quelques affaires en tremblant avant de s'enfuir en courant. Devenait-il fou ?

Et voilà. Ça a même mieux marché que prévu, il en est parti en pleurant, le pauvre garçon. J'avais sentis la terreur enfler en lui sans pour autant avoir conscience de ses souvenirs. Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine et une migraine commençait à pulser à mes tempes. J'avais mal, j'étais perturbée et surtout, maintenant que j'étais lancée, je ne savais plus comment m'arrêter. Comme un hideux serpent, ma mutation se déploya autour de moi d'une manière anarchique et bientôt, tous les gamins du bac à sable sortirent en hurlant et pleurant. Les uns prétendaient avoir vu un serpent, d'autres un monstre, et les derniers hurlaient sans être capables de dire quoi que ce soit de censé. Mais surtout, à côté de moi il y avait Griske. Victime involontaire et collatérale de mon absence de contrôle, il ne put que subir l'effet de ma mutation. Un trop plein d'informations me vrillait à présent le crâne, et j'avais toutes les peines du monde à me contrôler.

« Je... Je suis désolée... Je contrôle plus rien... »

J'en avais les larmes aux yeux, et tout ces hurlements et ces pleurs terrifiés résonnaient avec force à mes oreilles. C'était donc à ça que j'allais être condamnée toute ma vie ?
© Grey WIND.

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