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 wrong time, wrong place (lorcan)

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MessageSujet: wrong time, wrong place (lorcan)   Lun 19 Sep 2016 - 22:25

Roman pousse avec virulence la porte du bar. Il adresse un dernier regard noir à l'homme qui vient de le jeter dehors, un grognement sourd se fraye un chemin depuis les tréfonds de ses poumons, avant que son attention se focalise sur la rue qui l'entoure. Sombre, plongée dans une obscurité bien plus étouffante qu'au moment où il est entré dans le bar, elle ne vit qu'au son de quelques personnes s'étant perdues hors de leur domicile. Comme lui. Une fois arrivé dans sa maison vide, après sa discussion avec Scarlett, Roman ne savait plus quoi faire. Il s'est d'abord assis sur son canapé. Il a attendu, les mains liées, les lèvres scellées. Il s'est rapidement agacé du silence, de l'impression d'avoir tout, trop perdu tout d'un coup, alors il s'est relevé. Il a commencé à s'avancer vers la cuisine, a fait deux pas à l'intérieur et a fait demi-tour la seconde suivante. Les cent pas, il les a rarement faits dans sa vie. La première fois, c'était après avoir été balancé hors de son pays natal. La seconde, quand il a dû trouver un moyen de se venger, après le décès de Slava, la perte de son trafic. La troisième, elle n'est autre qu'aujourd'hui. Ce soir, le Norvégien tourne tel un lion en cage. Il hésite, trépigne, observe son environnement tout en ayant du mal à le reconnaître. Scarlett ne veut pas de lui. Elle refuse de le savoir proche, elle a imposé des limites. Elle ne souhaite pas pouvoir le comprendre, être surprise, elle ne veut pas de lui. Dans la tête de l'homme enfermé tournent en boucle les images de sa peur, de sa colère, de son refus, et les émotions déjà bouleversées du Griske s'échauffent. Il s'agace, seul, il râle, grogne comme un animal, et, à son tour, il refuse.

Il refuse l'évidence qu'a souhaité déterminer seule Scarlett, sans son accord. Roman s'est montré faible sans le vouloir, face à elle, il a accepté sans en ressentir immédiatement les bienfaits. Avec le recul, il ne comprend même pas ce qui a pu se passer. Les ordres, d'habitude, il les donne mais ne les reçoit pas. Pourquoi est-ce que les choses changeraient aujourd'hui ? Oui, Scarlett Faust est différente. Oui, il ressent une chose indescriptible pour elle. Oui, il a besoin d'elle. Non, il ne se laissera pas faire. Il combattra ce qu'il ressent autant qu'il le peut, il la fera souffrir du même mal que lui, pour qu'elle puisse partager à la fois ce bonheur et cette souffrance qui semblent si bien s'accorder quand il pense à la jeune femme, pour, toujours, pouvoir en parler. Et espérer se comprendre. Malheureusement, à présent qu'il se trouve dans cette grande rue, esseulé, incompris par Scarlett et ce barman qui ne percute rien à rien, le chasseur n'est pas certain d'avoir envie de rentrer chez lui. Il sait qu'il va recommencer à tourner en rond, en quête de plus de réponses, de plus de présence, dans l'envie de se débarrasser de ce besoin de blesser qui lui permettrait de se soulager de ce poids inextricable placé sur ses épaules, et... C'est ça.

Bien stable sur ses deux jambes, Griske fronce les sourcils. Une main posée sur le mur le plus proche, il inspire et expire calmement. Redevenir maître de soi est indispensable, s'il veut mener son dessein à bien. Il ne va pas recommencer le manège du bar, il va se montrer plus calme et réfléchi, afin de faire ce qu'il sait faire de mieux : faire souffrir. Un besoin qu'on ne retrouve pas chez la plupart des gens, ou du moins pas officiellement, mais qui le fait vivre à lui. Roman vit pour se venger de ses fêlures et déceptions à travers ses actions peu louables. Incapable de voir l'intérêt de changer maintenant, encore plus depuis la discussion qu'il a eue plus tôt dans la journée, le quinquagénaire inspire une dernière grande bouffée d'air. Les deux pauvres verres d'alcool fort ne l'arrêteront pas. Un premier pas en avant, un second. Bientôt, les pas du chasseur s'enchaînent sans but précis. Il avance, avance, persévère, jusqu'à ce que son épaule percute celle d'un autre. Bourru, il lance un regard en arrière à l'étranger qui vient de lui foncer dedans (car il n'est pas à l'origine de l'impact) avant qu'une insulte en russe de lui échappe. Puis, au lieu de poursuivre sa route, il se met à calquer sa démarche sur celle de l'inconnu. Il finit par accélérer le rythme, rien qu'un peu, assez pour rattraper le fautif – et future victime – et se saisir d'une poigne massive de son épaule. - Quel est le problème ?, qu'il le menace, ses prunelles sombres se braquant dans les siennes. Roman le dépasse de plusieurs centimètres, il en profite pour que sa main insiste un peu plus sur sa frêle épaule. Le coup de poing de cette dernière part brusquement, sans prévenir. Ses doigts se sont détachés pour ne plus former qu'un et blesser une première fois... car ce n'est que le début.
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MessageSujet: Re: wrong time, wrong place (lorcan)   Dim 25 Sep 2016 - 13:30

Lorcan avait quitté le manoir Porter avec la sensation d’être complètement vidé. De son sang, un peu, mais surtout de toute son énergie. Il avait un peu abusé sur l’entraînement cet après-midi, même Malachi le lui avait fait remarquer, et il ne s’était arrêté que quand il avait remarqué que le tremblement de ses mains ne se calmait pas quand il éteignait son pouvoir. Il contrôlait de mieux en mieux sa mutation, grâce aux exercices que son professeur ne cessait d’inventer pour lui, mais les subtilités de l’hémokinésie le laissaient toujours à plat. Aujourd’hui encore plus que les autres fois, parce qu’il avait refusé de s’écouter et d’écouter les mises en gardes de Malachi, s’entêtant rageusement à s’enfoncer dans un épuisement qui avait au moins l’avantage de lui laisser la tête vide. Il ne se faisait aucune illusion, il savait parfaitement pourquoi il s’était ainsi poussé à bout. La dispute qu’il avait eue avec Salomé continuait de revenir en boucle dans sa tête, et il ne parvenait pas à faire taire sa voix qui lui répétait sans cesse qu’il pactisait avec l’ennemi. Plus il pensait, plus il s’énervait, et plus il s’énervait, moins il se sentait en mesure de passer outre. Elle avait choisi son camp et il avait choisi le sien, visiblement, et pour tout dire, il était furieux que les deux soient aussi éloignés que possible. Peut-être qu’il aurait pu accepter qu’elle redevienne hunter si elle le lui avait annoncé autrement, ou si elle n’avait pas réagi aussi mal quand il avait parlé de la personne qui lui apprenait à se servir de sa mutation … Mais comme d’habitude, elle était montée dans les tours, elle avait fait étalage de sa mauvaise foi légendaire, et Lorcan lui avait immédiatement emboîté le pas. Ils ne s’étaient pas reparlé depuis, chacun se drapant dans sa fierté … Et bon sang, ça le rendait fou ! Il avait passé les derniers jours à se dire qu’elle ne comprenait rien à rien et que son hypocrisie ne valait pas la peine qu’il se prenne la tête dessus. Mais entre le dire et le faire réellement, il y avait une sacrée marge, alors forcément … Lorcan se prenait la tête, et bien comme il faut. C’était la raison principale qui l’avait poussé à recontacter Malachi et à s’impliquer dans cet entraînement avec plus de ferveur qu’il ne l’avait fait jusque là. Juste pour emmerder Salomé. Puisqu’elle détestait tant que ça l’idée qu’il s’entraîne avec un autre mutant, il allait en profiter.

Il était trop fatigué pour penser à autre chose qu’à son lit, maintenant. Sam avait été reléguée dans un coin de sa tête et Lorcan espérait qu’elle y resterait jusqu’à nouvel ordre. Il préférait quand même repenser aux progrès qu’il avait faits avec ses pouvoirs, qui commençaient enfin à lui obéir quand il le désirait, et avec lesquels il commençait à entrevoir plus de possibilités qu’il ne l’avait fait par le passé. C’était beaucoup plus subtil qu’il ne l’avait cru depuis le premier jour où il avait compris qu’il était mutant, et il lui faudrait encore beaucoup de temps avant de pouvoir appréhender pleinement cette mutation … Mais il commençait à se réconcilier avec elle. Par moment il parvenait même à la trouver intéressante, ce qui n’avait jamais été le cas avant. Quand il surmontait son dégoût de lui-même, il faisait des choses assez impressionnantes … Mais il regrettait que cela lui demande tant d’efforts et d’énergie. Il marchait dans les rues de Radcliff comme un zombie, et il regrettait de ne pas être allé chez Malachi en voiture. Généralement, marcher après ses entraînements l’aidait à repenser à tout ce qu’il avait appris, mais aujourd’hui il avait surtout envie de se coucher et de dormir, pas de faire le point sur sa progression. Il croisait peu de monde dans les rues et ne prêtait aucune attention à ce qui l’entourait, et quand un homme le percuta à l’épaule – visiblement pas plus attentif que lui à ses pas – il lâcha un vague : « Pardon … » sans s’arrêter ni se retourner. Comme souvent lorsqu’on heurte quelqu’un sans le vouloir, il était déjà sorti de ses pensées au bout de deux pas, anonyme sans intérêt au milieu de cette ville. Lorcan ne remarqua donc pas que l’homme avait rebroussé chemin pour le suivre, il ne le constata que quand il se planta devant lui en posant sa main sur son épaule. « Quel est le problème ? » Un problème ? Le jeune homme arqua un sourcil perplexe, notant avec agacement que cette poigne sur son épaule se faisait un peu trop pressante, et que le regard de l’homme brillait de rage. La lassitude de son entraînement l’empêcha de se poser trop de question, et il haussa les épaules. Il avait du tomber sur un poivrot aviné au caractère de roquet, c’était bien sa chance. Il allait le laisser aboyer si ça lui faisait plaisir, mais il comptait quand même lui demander de le lâcher pour reprendre sa route. « Y’en a pas, je … » Le coup partit trop vite pour les réflexes ralentis de Lorcan, et le poing de l’homme s’abattit sur lui. La douleur explosa à travers son visage et il recula d’un pas, à moitié sonné. « Putain mais vous êtes malade ! Qu’est-ce qui vous prend ??? » Cette fois, il regarda l’homme d’une toute autre façon, bien moins négligente. Il s’était trompé, ce n’était pas un poivrot, pas avec une frappe comme ça …

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MessageSujet: Re: wrong time, wrong place (lorcan)   Dim 9 Oct 2016 - 11:39

Roman n'a pas entendu le pardon. Il n'a pas mesuré l'excuse qui lui a été adressée, il n'a pas réalisé que les choses auraient pu bien se terminer. Il ne sait pas dans quel monde, pas dans le sien en tout cas, mais l'idée fugace qu'il aurait pu éviter de retomber dans le même travers, une nouvelle fois, a fait son chemin, avant qu'il ne succombe. Il cogne pour oublier, il cogne pour ressentir. Il cogne pour faire mal, il cogne pour empêcher la fuite. Il cogne pour débarrasser de son mal-être, il cogne pour se prouver qu'il n'est pas perdu. Il cogne pour se souvenir qu'Elle n'a pas tout détruit, il cogne pour se remémorer le temps où rien n'était arrivé. Il ne connaît pas ce gosse, il ne veut pas le connaître. Roman continue de se laisser guider par cet instinct répugnant, celui qui prévaut la force et la violence, la virulence, plutôt que de laisser l'instinct lui hurlant de s'arrêter là prendre le dessus. Dès le coup donné, Roman sent une vague de bien-être l'envahir. Un bien-être malsain, divergent, quelque chose d'inhumain et aussi désagréable qu'apprécié par tout son être. Son esprit embrumé ne l'est plus tellement, ce qui est une bonne nouvelle, quand on comprend qu'il n'a pas a fini. Il est prêt à poursuivre encore et encore, jusqu'à ce que cette rage qui le consume depuis tout à l'heure disparaisse. Il ne doit pas lui en vouloir. Elle n'a pas voulu le blesser, ni se méprendre sur ses intentions. Elle n'a pas cherché à se débarrasser de lui comme elle n'a pas cherché un moyen de mettre en sécurité Evelyn Blackwood en lui faisant promettre. Des promesses, des promesses et encore des promesses. Scarlett est bien la seule à pouvoir obtenir une telle chose de sa part. Et encore... Le chasseur n'est pas certain de pouvoir s'y tenir. D'ailleurs, l'idée fugace que ce gosse puisse faire partie de sa famille lui traverse l'esprit, le fait soudain ralentir, réfléchir... avant qu'il ne se ravance de son pas lourd et maîtrisé. Il se contre-fout que cet inconnu connaisse la médecin, de près ou de loin, ce dernier ne le connaît pas lui. Il ne pourra pas affirmer avoir été emmerdé par un homme quelconque dans la rue car Griske se décide soudain à tout faire pour l'en empêcher. Tous deux se sont trouvés au mauvais endroit, au mauvais moment, c'est une coïncidence qui va se terminer comme elle doit se terminer.

Sans attendre, Roman se rapproche de nouveau du jeune. Il le repousse pour que ce dernier relève la tête et frappe. Il cogne sans calculer où le coup va s'écraser, il veut juste faire du mal. Blesser autant qu'il se sent blessé. Marquer au fer rouge comme il a été marqué par l'apparition merveilleuse de Scarlett Faust dans sa vie. Il se débat sans le savoir, au fond, il se débat si férocement qu'il ne trouve pas d'autre moyen pour exulter toutes ces émotions qui le pourchassent que de s'en prendre à un innocent dans la rue. N'est-ce pas ce qu'il sait faire de mieux ? S'en prendre à de bêtes innocents dans les rues ? Les rues, ces longues rues de Radcliff, auparavant de Norvège, encore avant de l'Europe dans son ensemble, les rues, plus ou moins accueillantes, terrain de jeu privilégié de son esprit malmené par une existence singulière. La violence est la seule forme d'expression juste trouvée par Griske. Quand il se recule d'un pas, après avoir atteint son nouvel objectif, il fait rouler ses épaules, comme pour se délester d'un poids devenu trop lourd, même pour lui. L'incompréhension, une pointe de culpabilité peut-être, toutes ces choses qui peuvent le faire passer pour un tantinet humain, elles glissent le long de son dos pour atterrir au sol. A présent, il est seul face à ses actes. Il est seul maître de la situation, il n'en connaît pas sa finalité mais il n'en a rien à faire. Il est là. Il est dans cette rue, à frapper sur ce gosse qu'il ne connaît ni d'Eve, ni d'Adam, et il n'a pas envie de s'arrêter. Au contraire, il prend soin de faire craquer chacune de ses phalanges massives pour annoncer à celui qui lui fait face qu'il ne va pas cesser. Il va poursuivre son œuvre jusqu'à ce qu'il puisse la signer proprement.

Roman ne laisse pas à l'autre le temps de relever la tête que sa main vient enserrer sa gorge. Le forçant à reculer jusqu'au mur le plus proche, il comprime un peu plus sa trachée. Il ne réfléchit plus, se souvient d'avoir été dans la même situation, les rôles inversés, avec le mari géant de la mutante. Ce soir, toutefois, il est maître de tout ce qui va pouvoir se passer. Et il compte bien le rester jusqu'au bout. Son regard se braque dans celui du jeune, alors que ses sourcils se froncent. Laissant une longue inspiration remplir ses poumons, le chasseur finit par laisser échapper quelques mots : - Она не понимает. avant de repousser l'inconnu sur le côté. Ce qu'il espère, c'est qu'il chute, qu'il soit gagné par une peur peu commune, qu'il comprenne ce qu'il vient de dire et peut-être que... peut-être qu'elle le ressentira. Peut-être que Scarlett comprendra de là où elle se trouve ce que le Norvégien ressent, et ce n'est autre que sa frustration qu'il vient de livrer dans sa langue maternelle : elle ne comprend pas. Ses propres mots qui résonnent dans son esprit, Roman espère les oublier bien vite, alors qu'il jette un coup d'oeil au pauvre gosse qui ne doit pas comprendre, lui non plus, ce qui lui arrive, avant que le chasseur ne fasse un pas dans sa direction.

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MessageSujet: Re: wrong time, wrong place (lorcan)   Dim 23 Oct 2016 - 15:24

Lorcan n’avait rien vu venir. Epuisé et l’esprit occupé, la seule chose qui l’intéressait était de rejoindre son lit. Habituellement, il se vantait de ses excellents réflexes, de sa condition physique bien meilleure qu’elle ne le fut quelques mois plus tôt quand il se laissait miner par le NH24 et son pouvoir. Il avait repris le contrôle de son corps et de son esprit à présent, et il en était plutôt fier. Mais ça valait sur un ring de boxe ou face à un mur d’escalade. Dans une rue déserte, la nuit, il n’avait aucune raison d’être vigilant. Une grave erreur, surtout pour un mutant : mais qui aurait pu le désigner comme mutant ? Qui serait venu l’emmerder alors qu’il n’était même pas si tard, et que les hunters se faisaient relativement plus discrets depuis quelques temps ? Il avait baissé sa garde. Il n’avait même pas songé à la garder levée, pour dire vrai. Et ce type complètement aviné qui l’avait pris pour cible, ça l’avait surpris dans sa torpeur insouciante. Il ne songea même pas aux hunters, quand le poing de l’homme s’abattit sur lui la première fois. Parce que c’était terriblement commun, de tomber sur un abruti qui avait besoin de se défouler et qui prenait pour ça la première raison qui lui tombait sous la main. C’est ça qui vint à l’esprit de Lorcan en tout premier : Merde, ce type est taré. Rien de plus, sans chercher d’explication rationnelle, parce que ce type n’en avait sûrement pas. Mais ça allait passer. Il n’était pas non plus le premier passant venu et il allait très bien s’en sortir, passé le moment de surprise. Il n’allait pas laisser un connard le tabasser pour se défouler. Il n’avait pas du tout envie de se battre avec lui, néanmoins. S’il pouvait s’en tirer sans avoir à en passer par là, il préfèrerait … Mais le type en face ne l’entendait pas de cette oreille. Avant que Lorcan n’ait pu faire un geste, de défense ou même d’attaque, il le repoussa à nouveau et envoya un nouveau coup, que Lorcan ne parvint pas à esquiver. Ses réflexes étaient décidemment bien mis à mal par l’entraînement et la perte de sang chez Malachi, et il sentait maintenant ses oreilles bourdonner furieusement. La violence brute de l’homme, ses coups précis, et puis ce regard d’acier qu’il lui lança en se reculant … Sans doute avait-il un besoin viscéral de se défouler sur une victime anonyme, mais il n’en était pas à son coup d’essai, et cela fit naître une vague appréhension chez Lorcan. Il avait déjà vu ça. Il savait très bien ce qui allait suivre. Il ne le connaissait pas, mais il reconnut sans mal les gestes d’un homme habitué à se battre, voire même à tuer. Il y eut une seconde où ils se regardèrent sans rien dire, et où le jeune mutant put voir avec une netteté effarante l’homme se préparer à frapper à nouveau.

Pendant ce court laps de temps où il ne se passa rien, Lorcan sut qu’il pouvait fuir. Un coup d’œil sur sa droite lui apprit qu’il avait un espace suffisant pour échapper à cet homme. Et s’il y avait une chose qu’il savait faire, c’était courir. Depuis toujours, il savait courir, il adorait ça, et il pourrait semer ce malade sans aucun problème, même dans son état. Mais s’il savait courir, fuir il ne savait pas. On ne lui avait pas appris à fuir mais à faire face. Il n’y avait que les faibles et les proies qui fuyaient, et il n’était pas dans ces catégories là, on le lui avait interdit dès sa plus tendre enfance et il l’avait accepté. Alors il laissa passer ce bref instant où il avait encore une chance de s’esquiver, parce qu’il y avait quelque chose dans son ADN qui l’empêchait de fuir. Et l’homme frappa à nouveau, puisque c’était ce qu’il semblait voué à faire, et puisque Lorcan l’avait tacitement accepté en ne prenant pas la poudre d’escampette. Une main de fer vint enserrer sa gorge, écrasant sa trachée et le forçant à reculer jusqu’à ce que son dos heurte le mur derrière lui, et instinctivement, Lorcan tenta de le faire lâcher prise en agrippant ses doigts à cette poigne implacable. Les lèvres de l’homme remuèrent, prononçant des mots dans une langue dure qu’il ne connaissait pas. Déjà, Lorcan commençait à suffoquer, incapable de faire desserrer ces doigts qui comprimaient ses voies respiratoires, quand l’homme le lâcha enfin. Rejeté sur le côté, il trébucha mais se retourna très vite vers l’homme. Surtout ne pas lui tourner le dos. Il avait peur mais il connaissait les règles, il savait comment cela se passait. On lui avait appris à être un chasseur et à traquer ses proies. Même sans jamais avoir appliqué ce qu’il savait depuis son adolescence, cela ne s’oubliait pas. Et il savait qu’il était maintenant devenu la proie. Alors il savait ce que la proie ne devait pas faire. Ne pas montrer sa peur. Ne pas montrer ses faiblesses. Ne pas offrir de prise trop facile. Quand l’homme fit un geste vers lui, Lorcan se redressa brusquement et attaqua. Sa droite heurta la tempe de son attaquant, puis l’uppercut le frappa à la mâchoire. Malgré la fatigue qui rendait ses coups moins efficaces, Lorcan gardait en tête toutes les heures à s’entraîner à la boxe. Ce n’était plus un entraînement, les conditions étaient mauvaises au possible, mais il frapperait encore et encore, tant qu’il le fallait. Il avait espéré le raisonner, au début. Mais cet espoir là n’avait pas duré plus de quelques secondes en réalisant que l’homme n’était pas de ceux qu’on raisonne. Maintenant, il fallait juste se défendre, frapper, faire mal et espérer que cela érode suffisamment la confiance de l’homme pour qu’il le laisse tranquille. S’il ne s’attendait pas à ce que sa victime réplique, peut-être qu’il perdrait son envie de se battre. C’était la seule chose à laquelle Lorcan se raccrochait, alors qu’il gardait sa garde levée et s’apprêtait à frapper encore.

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MessageSujet: Re: wrong time, wrong place (lorcan)   Sam 19 Nov 2016 - 17:19

Ce jeune qui ne tombe pas, ce jeune qui s'érige contre lui, Roman le regarde sans le voir. Ce jeune qui refuse de se laisser faire, ce jeune qui possède sans doute la même volonté de fer que lui à ne pas accepter que la vie l'écrase ce soir, Roman le toise sans mesurer les conséquences de son acte. Il ne réalise pas qu'il est interdit de faire ce qu'il fait, il ne calcule plus quelles sont les choses qui sont autorisées ou non dans la vie. Pour la première fois, ou plutôt que la énième fois, il fait le choix d'oublier. Le chasseur ne se laisse pas conduire par des règles, des principes, une morale. Il méprise ces mots autant qu'il les maudit, il les hait au même titre qu'il refuse de les comprendre. A travers son regard vide d'expression, au travers de son âme vide de toute vie, Griske sait que cette soirée marque un tournant dans son existence. Un peu comme à chaque fois que la vie s'est imposée à lui. Cette fois encore, elle a pris la décision de ne pas le remercier, de le laisser sur le bord de la route. Et quand cette égoïste agit de la sorte avec lui, Roman ne sait pas s'arrêter. Il refuse de s'asseoir sur un bout de trottoir et de pleurer son sort : il se relève, il inspire un grand coup et il cogne. Il cogne les autres, il se cogne lui, il cogne tout ce qui est possible de cogner pour montrer aux autres qu'il est plus déterminé que n'importe qui à mériter ce qu'il doit mériter dans la vie. Il se fout de savoir s'il blesse des vies au passage, encore moins les vies mutantes, les vies de toutes les personnes qu'il ne porte en aucun cas dans ce cœur qu'il ne possède pas, il est le seul qui compte. Avant, il y a eu le temps d'un instant Slava. Aujourd'hui, il se peut qu'il y ait, le temps d'un instant ou plus, Scarlett. Néanmoins, ce n'est pas ce soir que les choses semblent aller en ce sens pour le quinquagénaire.

Quand le premier coup donné en retour au sien tombe sur sa tempe, Roman serre les dents. Sa vue tourbillonne, son champ de vision se trouble, titube. Son corps également. Ce dernier se courbe un peu, se courbe tout court quand un deuxième assaut vient cogner sa mâchoire inférieure, quand la douleur remonte dans toute sa tête et lui arrache un grognement. Sa main vient trouver appui contre le mur à sa droite. Son autre main vient se déposer contre son visage à présent douloureux, dans l'idée de faire disparaître cette faiblesse l'instant suivant. Sauf que ce n'est pas le cas. Rien ne prend la poudre d'escampette. La douleur reste, enfle, grandit. En l'espace de quelques minuscules secondes, Griske a le sentiment que sa tête toute entière a pris des coups, plusieurs, multiples, déstabilisants. Son regard va et repart devant lui et vers le sol, en direction du visage de son adversaire et d'un trou noir qui commence à se former sous ses paupières. Finalement, une toux le secoue. Ses poumons exultent un mal qui n'est rien, jusqu'à ce que du sang atterrisse sur le sol. Poussant un deuxième grognement, Roman vient essuyer ses lèvres d'un geste brusque. Ce qu'il ne peut supporter d'être blessé. Et ce qu'il ne peut supporter de l'être par un pauvre gamin sorti de nulle part.

Se redressant lentement, le quinquagénaire finit par accrocher le regard de l'inconnu. Il l'observe en silence. Longuement. Il ne dit rien, il n'y a que sa respiration vieillissante et éprouvée par l'effort qui informe qu'il est toujours bel et bien en vie. Les battements de son cœur s'apaisent. Roman se dit qu'il pourrait partir. Il pourrait abandonner l'affaire ici, maintenant, et laisser à ce pauvre gosse l'opportunité de vivre le reste de sa vie sans que cette rencontre vienne tout gâcher. Il pourrait se montrer bienveillant, aimable, humain. Il pourrait, mais il n'en a pas l'envie. Lui, il n'est pas heureux. Lui, il semble être le seul à mériter de souffrir, ce qui est injuste. Il est temps pour les autres de comprendre ce que c'est. Il est temps pour tous ces monstres, tous ces démons dont il ne parvient pas à se débarrasser comme il l'aimerait, que leur désir de vivre une vie sans problème dans un monde parfait n'existe plus. Et il va dès à présent mettre un point d'honneur à leur faire comprendre. - Vraiment ?, qu'il articule avec difficulté. Ses mâchoires refusent tout d'abord d'en faire plus, mais Roman n'est pas prêt à s'arrêter en si bon chemin. - Tu comptes me faire mal avec ça ? Un petit rire fou fait lever ses épaules, tord les traits de son visage d'une apparente sympathie qui en est tout, sauf une. Puis le chasseur se ravance subitement vers le gamin. Ses pas lourds font crisser ses chaussures sur le trottoir, jusqu'à ce que ses mains puissantes puissent repousser l'inconnu plus loin. Une forme évidente de provocation, une façon d'obtenir ce qu'il désire soudain plus que tout au monde. Il veut la voir, cette colère, cette fureur, couler dans les veines de ce jeune, dans tout son être jusqu'à ce qu'il ne se reconnaisse plus, jusqu'à ce qu'il devine que ce qu'il éprouve tout au fond de lui n'est autre que la folie qui ronge Roman jour après jour. Réitérant son geste, le Norvégien se met reculer de quelques pas claudicants. - Frappe ! Frappe ! Qu'est-ce que tu attends ?! Sa main vient dégager le sang qui s'est de nouveau échappé de ses lèvres. - Tu as conscience que tu vas mourir ? Tu le sais. Alors pourquoi t'en priver ? Amuse-toi. Profites-en. Un rire accompagne les mots de Roman.

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MessageSujet: Re: wrong time, wrong place (lorcan)   Dim 27 Nov 2016 - 20:36

Il aurait pu croire qu’il avait gagné. Pendant quelques secondes, Lorcan aurait vraiment pu y croire, quand le type s’était courbé sous ses coups. Des coups reçus, des coups rendus, chacun avait mesuré les forces de l’autre, ils étaient quittes, ça pouvait s’arrêter là. Ouais, il aurait pu y croire, seulement il n’y cru pas plus qu’un instant. Quand l’homme se redressa, cracha un peu de sang et le regarda à nouveau, il fut très clair que les choses ne se passeraient pas comme ça. Lorcan avait vu dans les yeux de son agresseur quelque chose qui signifiait clairement qu’il ne s’arrêterait pas là, et que ce n’était pas deux coups de poings qui allaient lui ôter l’envie de se défouler sur lui. C’était ça, hein ? Juste une envie de se défouler. Parce que Lorcan ne le connaissait pas, ce pauvre type, et qu’au fond il ne lui avait absolument rien fait. Nan, il ne lui avait rien fait, et il eut envie de le lui gueuler bien fort, de pousser un gros "Merde !" qui ne s’adresserait sans doute même pas à lui, mais à la fatalité en général. C’était quoi, cette embrouille ? Pourquoi lui, pourquoi ce soir, pourquoi, pourquoi ? Mais il ne dit rien, il se contenta de rendre son regard à l’homme, tous les muscles tendus pour esquiver le prochain coup. A quoi ça pouvait bien servir, de discuter ? Il discutait tout le temps, Lorcan. Pour tout et n’importe quoi, il discutait, il marchandait, il biaisait, mais plus depuis qu’il s’était pris la tête avec Salomé, et surtout pas ce soir. Ca faisait des semaines qu’il serrait les dents en essayant – sans grands résultats – de ne pas prêter attention à cette colère qui ne le quittait plus depuis que Sam était partie de chez lui, ce fameux soir où il s’étaient tout dit sans chercher à s’épargner. Il était tout le temps prêt à exploser, depuis, et il évitait de provoquer des situations où il ne se retiendrait pas. Il se la fermait, du coup. Avec tout le monde. Et ce soir, il se la fermerait encore, mais surtout parce qu’il savait que ça ne servirait à rien de discuter avec un type bien plus enragé que lui. Il ne gagnerait sans doute pas, s’il entrait dans ce jeu là.

Le silence s’étira entre eux, sans que rien ne se passe, et Lorcan sentit sa nervosité enfler à chaque seconde qui s’écoulait sans que l’homme ne fasse mine d’attaquer. C’était bien le pire : attendre, immobile, sans rien faire. Il ne savait pas ce qui pouvait bien se passer dans la tête du gars en face, et il ne pouvait pas détacher son regard du sien, de peur de relâcher son attention. Mais son cœur qui battait de plus en plus fort le poussait à s’agiter, à crisper et à décrisper ses poings trop serrés, dans l’attente de quelque chose qui ne venait pas. Les nerfs à fleur de peau, il aurait préféré une castagne en bonne et due forme, histoire que ça passe plus vite, histoire qu’il sache où il en était et qu’il puisse agir. Quitte à se faire casser la gueule, au moins il saurait, et il se défoulerait un peu au passage … Juste un mauvais moment à passer, et voilà. Seulement il n’aimait pas cette lueur démente dans le regard de l’autre, et ça l’énervait passablement. C’était sans doute le but de ce silence : faire augmenter sa peur, et peut-être aussi sa colère, histoire qu’il perde ses moyens. Lorcan connaissait cette méthode, mais elle ne lui avait jamais réussie. La patience, ce n’était pas son fort, il ne savait pas se calmer pour attendre ce qui arriverait en conservant la tête froide. « Vraiment ? Tu comptes me faire mal avec ça ? » Le rire de l’homme lui vrilla les tympans, et il eut un frisson irrépressible devant cette manifestation de démence. Il y avait quelque chose d’infiniment dangereux dans ces quelques paroles, quelque chose qui terrifia Lorcan. Et soudain il regretta de ne pas avoir su fuir quand il le pouvait encore, sans même pouvoir dire pourquoi. Quand l’homme s’avança vers lui, il se fit violence pour ne pas reculer, mais il leva les mains devant lui par réflexe quand il le repoussa en arrière, prêt à rendre coup sur coup. Mais rien de plus, il n’y eu pas de coup, et Lorcan le regarda avec un peu de stupeur quand il s’écarta de lui. Quoi, c’était tout ? Il y avait trop de violence qui émanait de cet homme pour que ce soit réellement tout ce qu’il comptait lui faire. « Frappe ! Frappe ! Qu'est-ce que tu attends ?! » A nouveau, de la stupeur. Lorcan n’était pas sûr de bien comprendre ce qui se passait, mais il secoua la tête. Il n’allait pas frapper juste parce que l’autre lui en donnait la possibilité. Même si, bon sang, il en avait envie là. Il avait envie de le frapper, ce connard, et qu’ils en finissent au lieu de se tourner autour. Lorcan était tendu au possible et il avait bien envie d’obéir, mais pas question, nan, pas question. C’était tout ce que l’autre attendait, il n’allait pas lui donner ce plaisir. « Tu as conscience que tu vas mourir ? Tu le sais. Alors pourquoi t'en priver ? Amuse-toi. Profites-en. » Mourir. Nan, pas mourir. Se faire aligner sur le carreau à la rigueur, c’était un peu ce que Lorcan avait pressenti depuis le début, mais mourir ? Il sentit un bloc glacé lui peser sur l’estomac, soudain. Une peur bien plus consistante que tout le reste. Putain, ce taré avait l’intention de le tuer ? Et il lui proposait de s’amuser en attendant ! C’était des conneries, rien que des conneries. Pour lui faire peur, ouais. Seulement, ça marchait vachement bien. Il était terrifié, là. Il était terrifié, il était fatigué, il n’avait pas envie de discuter, et il n’avait plus aucune once de volonté. Il ne réfléchi pas plus longtemps, et il obéi : il frappa. De toutes ses forces, comme si sa vie en dépendait vraiment, le visage déformé par toute la violence qui émana soudain de lui. Okay, il allait frapper, il allait s’amuser, il allait se défouler. Ca faisait des semaines qu’il crevait à tout garder à l’intérieur, à rien dire à personne. Des semaines où les seuls moments de défoulement étaient ses entraînements hémokynésiques, mais il avait ensuite le regard dégoûté de Salomé gravé derrière les paupières alors ça ne faisait pas autant de bien que prévu. Ses poings frappèrent, encore et encore,  visage, ventre, visage, ventre. Il s’était mis en mode automatique, et il fallait avouer que jusque là, en effet, il en profitait. Comme prévu. Mais quand il vit son poing rougi par le sang qui coulait de la bouche de l’homme, il se figea. « Putain. » Il essuya sa main sur sa veste en tremblant. Il avait pété un plomb et il en ressortait comme s’il s’éveillait d’un cauchemar particulièrement tordu, bien plus effrayé soudain par lui-même que par le gars qu’il venait de tabasser. « Laissez-moi tranquille. » Souffla-t-il, presque suppliant.


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MessageSujet: Re: wrong time, wrong place (lorcan)   Sam 7 Jan 2017 - 20:33

Le rire qui passe les lèvres de Roman, il n'a rien de normal. Il n'a peut-être même rien d'humain, il n'a aussi rien à faire là. Il ne peut pas plaisanter du malheur qu'il est en train de créer, il ne peut pas se moquer de cette situation, terrible, cruelle, qu'il a façonnée de ses propres mains. Le chasseur ne doit pas en rire mais, au contraire, poursuivre. Il doit faire perdurer l'instant dans une étrange atmosphère de peur et de mort, afin que le parfum de douleur qui se distille des coups qu'il assène soit encore plus délicat que tous les précédents. Chaque nouvelle victime laisse transpirer cette effluve si particulière dont le Griske ne peut se passer.

Peut-être est-ce une addiction ? Un savant mélange entre folie et maladie ? Roman n'a pas la réponse. Et, plutôt que de la chercher, il préfère s'en éloigner en laissant le côté théorique des choses de côté. Ce qu'il aime par-dessus tout, c'est la pratique. Les os qui craquent, la peau qui se tord, les grimaces sur les visages. Il aime ces moments de doute qu'il peut apercevoir dans les regards : est-ce la fin ? Est-ce trop tard ? Ai-je encore une chance ? Roman ne réalise pas que toutes ses victimes n'ont pas toutes ces pensées en tête ; seulement quelques-unes d'entre elles. Toutefois, il a besoin de ce côté répétitif dans l'ordre des choses. Il ne peut quitter la scène sans avoir laisser libre-court à toute son imagination, toutes ses improvisations, il est incapable d'abandonner le combat sans avoir donner le coup fatal. Ce n'est pas envisageable pour Roman Griske.

Alors, Roman arrête doucement de rire. Ses propres blessures continuent de s'éveiller, le sang coule lentement. Les sens du quinquagénaire sont si éveillés qu'il peut sentir le liquide se frayer un chemin le long de son épiderme. C'est dans un moment comme celui-ci qu'il se sent plus vivant que jamais. C'est dans un tel moment, aussi dramatique pour son adversaire que poétique pour sa personne, qu'il repense brièvement au corps inanimé de Slava, à la beauté de Scarlett. L'une morte, l'aute vivante. L'une ayant guidé son cœur vers des sentiments inconnus, la seconde les ayant sauvés d'une mort certaine. Deux femmes qui auraient sans doute eu du mal à comprendre ce qu'il est en train de faire si elles avaient été présentes.

Mais elles ne le sont pas. Roman en reprend conscience quand un nouveau coup tombe. La douleur se propage dans son estomac. Elle se diffuse par vagues, une première, une seconde, une troisième. Elles s'enchaînent les unes après les autres, ne lui laissant aucun répit. Son sourire est encore là, incrusté sur ses lèvres abîmées. Elle n'arrive plus à partir, cette preuve de sa démence passagère. Elle ne parvient plus à prendre le large, cette marque laissée par la dose d'alcool un peu trop élevée qu'il a avalé, sans plus y penser.

Roman sent pleuvoir les coups. C'est plaisant. C'est affreusement plaisant de ressentir toute cette violence, ce mal-être qui s'évade de ce p'tit gars pour venir le percuter lui. C'est dingue comme il peut réussir à lire dans l'esprit des autres ; c'est fou comme il a à chaque fois raison, quand il mise sur un cheval au pif et espère le voir gagner la course. Ce soir, ses pensées se sont toutes tournées vers ce gosse qui marchait dans la rue. Il a suffit que Roman croise son chemin pour le désigner. Ça aurait pu tomber sur un autre ; mais maintenant qu'il sent les coups de poings s'échouer avec de plus en plus de force, toujours plus de rage, sans aucun doute une colère qui a gardé le silence trop longtemps, il se dit qu'il n'aurait pas pu mieux tomber. Il a fait le bon choix.

Le jeune s'arrête. Son juron parvient difficilement jusqu'aux oreilles du Norvégien. Sa vision est si trouble qu'il distingue à présent à peine l'inconnu en face de lui. Il voit poindre dans son champ de vision plusieurs tâches brillantes, qui scintillent un peu plus à chaque battement de cils. Griske remarque ensuite le sang qui s'est mis à couler, de son arcade sourcilière, de son nez, de sa bouche, d'une main tremblante qu'il passe le long de son visage, satisfait. C'est une forme de mutilation, songe Roman, presque soulagé, à laquelle il vient d'avoir droit. Puisqu'il ne se fera jamais cela à lui-même, par principe, par conviction, il n'a qu'à provoquer le monde pour que le monde s'en prenne à lui. Ça le libère de ces poids trop lourd qu'il a sur les épaules, ainsi que de ceux qu'il peut avoir sur le cœur, aussi.

Roman fait un pas sur le côté, sans le vouloir. Son corps menace de le lâcher. Un rire monte de sa gorge. Doucement, l'une de ses mains vient s'assurer que les dégâts sont aussi conséquents du côté de son ventre, de son abdomen. On dirait bien que oui. - Tu ne te sens pas mieux ?, qu'il demande enfin. Ses mâchoires lui font un mal de chien. Les quelques mots qu'il vient de prononcer lui arrachent une toux violente.

Quand il se redresse, tant bien que mal, la vision de Roman s'est légèrement améliorée. Il remarque ce qu'il a fait à son adversaire. Il s'en ravit. Penchant la tête sur le côté, il prend soin de faire craquer la vertèbre qui le tire douloureusement. Une fois cela fait, il plonge la main dans son manteau. Le tout se passe tellement au ralenti qu'on pourrait penser que le Griske se trouve en plein milieu d'un film d'action. Mais non. L'arme se dégage sans accroche de son abri. Elle apparaît dans le champ de vision de l'inconnu, Roman savoure chaque seconde de sa découverte.

Ses doigts sont si resserrés autour de la crosse que ses phalanges sont apparentes. Il fait un pas en arrière, encore fragile pour aller trop vite, afin de pouvoir tendre le bras en direction du gosse en face. - Est-ce que tu veux rajouter quelque chose ? Sa voix se veut encore plus douce qu'auparavant, tranchant si effrontément avec tout ce qui vient de se passer. Histoire de distiller au mieux, à présent, les effluves d'une torture plus psychologique. Roman a fini de s'en prendre directement à l'inconnu, il désire à présent pouvoir se jouer de ce qu'il a dans la tête. S'il a réussi à sortir autant de rage en le frappant, il aura peut-être besoin de se confier à l'être si semblable à lui qu'est le Norvégien ce soir. Une sorte de petite thérapie comme Roman les chérit, on peut difficilement demander mieux.

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MessageSujet: Re: wrong time, wrong place (lorcan)   Dim 22 Jan 2017 - 21:40

Il avait frappé. Il avait laissé libre cours à sa colère, à cette violence étouffée trop longtemps. Il était toujours comme ça, il s’était déjà fait avoir plus d’une fois avant ce soir et il en ressortait toujours hébété. Avec une énergie débordante qu’on avait essayé de canaliser depuis son enfance, et une éducation de hunter nécessitant qu’il ait une maîtrise de ses émotions parfaites, Lorcan avait du apprendre, souvent par la contrainte, à ravaler ce qui menaçait sans cesse d’exploser. Quand il se lâchait, il devenait violent, il ne contrôlait ni ses gestes ni ses paroles. Poussé à bout, il en devenait odieux comme il l’avait été avec Salomé … Ou il prenait son meilleur ami comme punching-ball, comme lors de la fête des fondateurs. Il savait que c’était un problème, et il savait aussi qu’il était loin de se contrôler. C’était ce que Malachi avait essayé de lui enseigner, depuis des semaines qu’ils se voyaient dans son manoir, mais si Lorcan parvenait quelquefois à accéder à cette maîtrise que le professeur voulait le voir atteindre, ce n’était toujours que temporaire. Et ces derniers temps, ça ne marchait plus du tout. Lorcan se défoulait en laissant couler sa mutation, mais il ne faisait aucun effort sur ses émotions. Il trouvait que se retenir de hurler au visage de tous ceux qu’il croisait, c’était déjà pas mal. Mais il avait franchi un nouveau pas ce soir. Il ne se souvenait pas d’avoir jamais perdu la maîtrise de lui-même à ce point, et il en émergea plein de stupeur et de honte. Le pire, ce n’était pas de voir le sang, ce liquide rouge qui maculait ses poings ainsi que le visage de l’homme, message on ne peut plus clair de ce qu’il venait de faire. Le sang était un symbole très fort qui ne laissait jamais Lorcan indifférent. Mais non, ce n’était pas le pire. Parce qu’il y avait le regard de l’homme sur lui, et ça, ça l’ébranlait bien davantage. Cet inconnu qui semblait apprécier la douleur qui émanait de ses membres après les coups de Lorcan, et qui ne répliquait pas. Comme si c’était tout ce qu’il avait cherché à obtenir de lui, et que la victoire était hautement savoureuse … Cela, Lorcan ne pouvait pas le comprendre, c’était un comportement trop différent de ce qu’il était. Mais il en eut peur. Une peur viscérale et profonde, qui le mettait en garde contre cet inconnu qui se laissait tabasser sans réagir et qui était assez tordu pour en jouir ensuite. Il avait réussi, il avait poussé Lorcan à faire ce qu’il refusait de faire. Et maintenant quoi ? L’homme ne faisait rien, si ce n’est tâter ses blessures en … riant ? Un frisson glacé traversa Lorcan. Il était toujours acculé, et il avait envie de fuir le plus loin possible de ce taré. « Tu ne te sens pas mieux ? » La question le prit de court, et il haussa les sourcils, la surprise s’affichant clairement sur son visage avant qu’il ne se rembrunisse. Il déglutit et secoua la tête avec force pour bien indiquer que non, il ne se sentait pas mieux. Et pourtant. Pourtant il avait effectivement pu apprécier de se défouler sans conséquences, quand ses poings heurtaient ses os et qu’il avait cessé de se poser des questions. La violence à l’état brute avait toujours cet effet sur lui … Et la honte qu’il en ressentait était à la hauteur de la satisfaction que cela lui procurait. Il n’était pas censé aimer ça.

Le silence était toujours tendu entre les deux, Lorcan refusant de desserrer les dents, piégé dans cette attente insupportable. Il se répétait qu’il n’aurait pas du frapper, que rien ne le justifiait. Le sang qui maculait le visage de l’homme en face de lui était une torture à regarder, un rappel de sa monstruosité – et ce n’était même pas à sa mutation que cela faisait référence, pour une fois. Juste à son impulsivité et à cette capacité à une violence incontrôlable. Pas une fierté, loin de là. Mais l’homme ne s’en offusquait pas … Il ne semblait plus enclin à frapper, comme s’il avait eu son compte et qu’il était rassasié. Pourquoi ne pas le laisser partir, dans ce cas ? Lorcan n’avait pas oublié sa menace, le fait qu’il ait prévu de le tuer, et cela augmentait sa nervosité, mais l’homme prenait son temps … Jusqu’à ce qu’il enfonce les doigts dans sa poche, et qu’il en ressorte lentement un revolver. Son bras se redressa dans la direction de Lorcan, qui sentit ses membres se glacer à la vue du canon de l’arme. « Est-ce que tu veux rajouter quelque chose ? » Le geste était étrangement similaire à celui qu’Alistair avait eu, des mois plus tôt, et la même certitude s’était installée en Lorcan. Il allait tirer, il ne le louperait pas. Pas d’aussi près, pas avec cette lueur dans le regard depuis que leurs chemins s’étaient croisés. Contrairement à son père, ce type ne changerait pas d’avis. « Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? » Grogna Lorcan sans quitter le canon des yeux. Il avait les poings serrés si fort que ses muscles se tétanisaient, que ses ongles s’enfonçaient dans ses paumes jusqu’au sang. « Vous allez me tuer ? » Ce type voulait qu’il parle, ça le faisait sans doute bander de discuter un peu pour sentir la peur imprégner ses victimes. Et bien, il allait parler. Gagner du temps au moins, pour trouver un moyen de s’en sortir vivant … Lorcan ne voulait pas mourir. Pas question. « Vous êtes un foutu taré. Vous ressentez quoi, à prendre les gens au hasard dans la rue pour les flinguer ? Vous prenez votre pied, là ? » Ce n’était sans doute pas la chose la plus intelligente à dire, mais avec une arme pointée vers lui et la certitude que rien de ce qu’il pourrait dire ne le sauverait, Lorcan n’avait pas l’intention de se la fermer. Son cœur battait à un rythme effréné dans sa cage thoracique, il cognait jusque sous ses tempes. « Putain, et vous attendez quoi maintenant ? Que je vous lèche le cul en suppliant ? Ou que j’avoue que j’adorais vous frapper ? Si c’est ça que vous voulez, on peut recommencer ! » La colère était montée, raz de marée inéluctable et destructeur. Les dernières barrières tombèrent, et son pouvoir se manifesta de lui-même. Le bras armé de l’homme fut violemment dévié, écarté par une poussée invisible. Le sang qui lui barbouillait le visage coagula en une boule informe qui le heurta au front, puis s’écarta pour reprendre de l’élan et s’écraser une nouvelle fois sur son visage où elle explosa dans une gerbe rouge en faisant reculer l’homme. Ce n’était rien, faible défense pour une mutation affaiblie, et Lorcan sentit un liquide chaud couler de son nez tandis qu’une violente migraine apparaissait sous son crâne. Il porta ses doigts à son visage, à peine surpris de voir que c’était lui qui saignait, à présent. Il avait trop abusé de sa mutation tout l’après-midi, et il en faisait les frais à présent. Mais il ne se laisserait pas tuer sans réagir … Même s’il ne pouvait plus faire que cela.

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MessageSujet: Re: wrong time, wrong place (lorcan)   Dim 9 Avr 2017 - 14:08

Les deux premières questions de l'inconnu fusent. Roman sourit de plus belle. Il n'est pas idiot, il n'est pas non plus novice en la matière. Cette flamme qui s'éteint peu à peu dans le regard de son adversaire, ces mots qui dépassent sans doute sa pensée, ce sont des choses qui ne sont dues qu'à la peur. Cette peur qui commence à le prendre aux tripes. Cette peur qui va continuer à le paralyser, au fil des minutes, au beau milieu de cette rue. A présent, en toute logique, dans ses veines coule cette envie furibonde de continuer à vivre, la détermination pour se sortir vivant -ou non ?- de cette situation improbable, pour ne surtout pas crever sur ce trottoir, esseulé et suppliant. Roman ne rétorque cependant rien. Il se contente de sourire à ces réflexions acides, prononcées dans un dernier espoir de sa victime de le voir s'éveiller, se réveiller. Car oui, un homme tel que lui, capable de se retourner contre un inconnu dans la rue pour le frapper, l'humilier, éprouver une rancœur telle qu'il est désormais prêt à lui arracher la vie, cet homme-là, Roman, il doit bien avoir un cœur quelque part. Bien enfoui, finement dissimulé, mais il doit bien y avoir une petite part d'humanité chez lui, comme chez tout le monde.

Roman bouge légèrement la tête de droite à gauche. À la fois pour répondre silencieusement à la nouvelle interrogation de son camarade de jeu, mais aussi pour nier cette affirmation que beaucoup se sont faits à son sujet, cherchant à lui trouver une excuse, tentant d'humaniser l'inhumain. Roman ne réalise pas comme les autres que ses actes ont des conséquences. Il le comprend, l'assimile, mais n'y fait pas attention. Il cherche à atteindre dans son déséquilibre la pire issue que chaque situation puisse cacher. C'est ainsi qu'il voit le monde, c'est de cette manière que les informations sont perçues par son affreux mental si peu sain, encore moins serein, c'est par ce spectre étroit que Roman envisage de voir les choses bien se terminer ce soir. Comme tous les autres soirs, et comme tous les autres jours. La mort de ce gamin ne sera qu'un nom de plus sur sa liste – si nom le Norvégien arrive à deviner par la pensée, toutefois. Ce qu'il ne tentera évidemment pas.

Ce gosse restera un vulgaire inconnu. Un jeune qui se trouvait peut-être au mauvais endroit, au mauvais moment, mais dont Roman avait besoin pour aller mieux. Pour ne plus penser à Scarlett et au fait qu'elle ne suive pas le plan qu'ils ont établi. Scarlett et ses promesses en l'air, Scarlett et ses mensonges, Scarlett et son sourire presque capable de lui faire oublier ses trahisons, Scarlett et sa voix douce, désireuse de le mener vers d'autres horizons. Le visage de Roman se durcit d'une expression nerveuse, alors que sa main se resserre autour de l'arme qu'il maintient toujours en direction de l'inconnu. Dans cette configuration, il ne peut pas le manquer. S'il ne bouge pas, la balle atteindra sa mâchoire. Elle viendra mordre sa peau, la soulever jusqu'à l'arracher sauvagement, et le jeune mettra du temps à mourir. Soit le temps que son sang quitte à jamais l'abri vital de sa peau, que son corps ne perde toutes ses forces et que personne ne puisse arriver à temps pour l'aider, ou envisager de lui sauver la vie. Si Roman fait le choix d'abaisser un peu l'arme, la balle partira se loger dans le cœur. Il n'y aura pas de détour, il n'y aura pas d'attente, pas de souffrance, l'autre crèvera dès que le son de la détonation se sera évaporé dans l'air. Il n'y survivra pas, et Roman aura même la possibilité d'observer la vie quitter son corps échoué au sol.

Sauf que le cri change soudain tout. Roman n'a pas le temps de comprendre ce qu'il se passe que sa main se retrouvé déviée. Son bras suit le mouvement, tandis que son corps n'a pas d'autre choix que de se tordre à son tour pour éviter d'être démantelé par la force de l'assaut. Le souffle de Griske est tout d'un coup saccadé, si saccadé que le chasseur sent ses poumons s'affoler toujours plus au fil des secondes. Toutefois, l'attaque ne s'arrête pas là. Elle se poursuit, toujours plus violente, toujours plus acharnée, sans que l'ex-russe ne puisse avoir le temps de se décider entre se poser des questions sur comment tout cela est en train d'arriver, ou tenter de reporter son attention sur le jeune, qui ne s'est même pas approché de lui pour lui infliger tout ça. - Non..., que Roman grogne, cherchant à croiser le regard lointain de son assaillant. Mais il se retrouve frappé une première fois, sa tête se retrouvant bousculée en arrière, avant que le quinquagénaire n'ait tout le temps de voir la nouvelle attaque se préparer avec soin. Le sang quitte sa peau, tirant un peu au passage, quand le liquide rougeâtre a commencé à sécher, le tout formant une nouvelle masse informe, flottant devant son regard.

Le temps ne s'arrête pas plus, Roman voit la boule de sang foncer à nouveau vers son visage, le faisant reculer, l'étouffant, l'étranglant. Un sentiment de suffocation ébranle tout son être, jusqu'à l'obliger à faire un premier pas de recul. Il ne voit plus rien. Il ne voit plus rien. Lorsque ses paupières tentent de se rouvrir, le sang les en empêche, le sang les en prive, le sang coule sur ses traits pour les tétaniser. Roman grogne encore, cette fois-ci plus comme un animal blessé, pris au piège, dont la colère remonte en flèche, alors qu'elle s'était peut-être apaisée sans le savoir juste auparavant. Dans un effort certain, Griske cherche à apercevoir l'inconnu. Il est toujours non loin, à une dizaine de pas à présent, et le geste qui accompagne cette constatation n'est qu'une main levée, au cœur de laquelle se trouve toujours une arme chargée. Les paupières de Roman redeviennent lourdes, tandis que le coup part. La détonation est le seul indice capable de lui indiquer qu'il a peut-être réussi à le toucher ; malheureusement, ses doigts ont beau venir au niveau de son regard, pour espérer faire disparaître le sang, rien n'y fait. Alors, doucement, Roman commence à rebrousser chemin. Perdu, il pense se retourner à l'opposé de l'endroit où le corps du jeune est censé dorénavant joncher le sol. Il continue de maintenir comme il le peut l'arme devant lui, pour empêcher quiconque de l'approcher. Il doit fuir, à présent, fuir loin pour se débarrasser de ce sang qui le souille, qui le dégoûte, mais aussi, et surtout, loin de ce mutant tout aussi répugnant auquel il a bien fait d'ôter si généreusement la vie.

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