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 Because we are broken beyond repair (Maxais)

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MessageSujet: Re: Because we are broken beyond repair (Maxais)   Mar 13 Juin 2017 - 21:29

Because we are broken beyond repair


J'essaierai de parler de ça aussi avec lui. Je suppose qu'il a replongé, hein ? Il y a quelque chose de triste, dans la lucidité mêlée d’innocence de ma petite sœur. Elle sait, elle sait que Nolan n’a pas seulement replongé, qu’il s’est totalement immergé dans la faune locale, la faune illégale locale, dès notre arrivée. Je sais que Thais en a conscience, parce que je sais, aussi, de manière plus que confuse, qu’elle et moi nous nous ressemblons bien trop sur ce plan-là. A avoir l’espoir infini que nous parviendrons à réparer notre famille brisée, que nous ne sommes pas encore détruits, juste cassés, et que cette cassure pourra un jour être colmatée. Qu’il suffit, pour cela, de nous maintenir en vie, maintenir les plus soudés possible, nous libérer de toutes nos chaînes, disparaître et recommencer à zéro pour la énième fois mais aussi - voire surtout - la dernière. Je ne souhaite que cela, finalement : qu’un jour nous soyons capable d’endosser de nouvelles identités définitivement. Capable de disparaître définitivement. D’arracher Nolan à tout ça. Mais… « Tu connais ton frère aussi bien que moi... » Et pour le connaître, elle le connaît. Même mieux que moi. Elle était aux premières loges de la dégringolade de Nolan dans les enfers où mon incarcération l’a entraîné, elle était aux premières loges alors que le premier coupable de cette chute, moi, s’en tenait épargné. Ailleurs.

Je ne peux que me sentir coupable de ce qu’est devenu Nolan, je ne peux que me sentir coupable de ce qu’il redevient. Je l’ai entraîné là-dedans par mon inconséquence, je l’ai traîné à nouveau dans le milieu en faisant à nouveau affaire avec Lazar. Et je me sens encore plus coupable de la colère de Thais, tout à l’heure et de sa décision d’arrêter son traitement. J’ai l’impression, j’ai même la certitude, que c’est un hurlement de protestation, cette décision. Une sonnette d’alarme. Pourtant, il est hors de question que je la laisse faire ça, et les médicaments posés entre elle et moi en sont la preuve. J’insuffle de l’autorité dans ma voix, toute celle que je parviens à rassembler. Elle va les prendre, ces comprimés, ces vitamines. Elle va surmonter la maladie, encore et encore, et on la surmontera à trois. Point. Ce n’est pas négociable ; c’est tout juste discutable. J'ai quelques conditions. Tu arrêtes avec Lazar. Je ne veux plus qu'on l'approche tous les trois. Je la fixe, sans pouvoir réfréner un frisson de terreur devant ce prénom maudit. Amusant qu’on continue à l’appeler Lazar, alors qu’il ne mérite en rien l’intimité et la complicité induites par l’emploi d’un prénom. Il faut qu'on trouve un autre moyen Max. Je peux pas rester assise à attendre en priant de vous voir rentrer sains et saufs au motel. J'aurais bien une solution basée sur la logique pure et dure, mais ça vous ferait hurler toi et Nolan. Alors je vais me taire et sagement oublier cette idée un peu foireuse. Mais c'est hors de question que tu replonges là-dedans. Sinon je plonge avec vous deux. J’ouvre la bouche, ma gorge sèche m’empêche dans un premier temps de prononcer le moindre mot. Sinon je plonge avec vous deux. « Tu ne plongeras pas, Thais, je te l’interdis. » Qui suis-je pour lui interdire quoique ce soit ? Ce qu’il reste d’autorité dans notre famille. Pas grand-chose, donc. « Pour moi, c’est déjà foutu auprès de Lazar. Si je le quitte maintenant, il nous tuera. Tous les trois. Je ne peux pas arrêter avec Lazar. » Il faut qu’elle le comprenne. Il faut vraiment qu’elle comprenne qu’il est bien trop tard, désormais, pour moi. Que j’étais conscient en foutant les pieds à Radcliff qu’il serait trop tard, quoique je fasse, quoiqu’il advienne. Mais trop tard pour moi ne veut pas dire trop tard pour elle. Ni trop tard pour Nolan, et ça… « C’est trop tard pour moi, Thais, autant être honnête. Mais je suis d’accord sur un point : il faut trouver une solution. Et cette solution... elle ne dépend pour le moment que d’une chose : » J’accroche ses pupilles. « Regarde-moi, Thais… je ne veux pas te mentir, je ne veux pas te donner de fausses illusions… » Non, vraiment. C’est bien ça le drame, c’est bien ça le pire. C’est que j’aimerais, j’aimerais tant lui mentir, lui dire que tout ira bien, que tout se passera bien, que tout finira bien, mais je n’ai jamais su mentir. Et là, autour d’un café, d’un chocolat chaud, avec ces médicaments entre elle et moi… « Tu dois rester en sécurité. Tu dois rester en vie, tu dois te soigner. Sans toi, notre famille explosera. Sans toi, Nolan n’aura plus de raison d’utiliser pour une bonne cause sa particularité. Sans toi, je n’aurais plus de raison de tenir tête à Lazar. » Et tout ce que je dis est foutrement vrai. « Dis-moi que tu comprends, Thais. Je t’en prie, dis-moi que tu comprends au moins ça. Au moins à quel point… à quel point tu es précieuse. »


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J'ai pas choisi de naître ici, Entre l'ignorance et la violence et l'ennui, J'm'en sortirai, j'me le promets, Et s'il le faut, j'emploierai des moyens légaux; Envole-moi... Loin de cette fatalité qui colle à ma peau — JJG, envole-moi.




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MessageSujet: Re: Because we are broken beyond repair (Maxais)   Ven 30 Juin 2017 - 23:11

Because we are broken beyond repair


-Et c'est aussi pour ça que je vais essayer de lui parler.

Encore. Le mot n'avait pas besoin d'être prononcé. Il s'agissait toujours du même refrain, inlassablement.
Parce qu'au fond, elle restait égoïste, Thaïs. Elle avait déjà fait le deuil de sa propre existence. Son espérance de vie ne volait pas bien haut. Cela n'avait jamais vraiment été le cas. Mais si les deux hommes a qui elle tenait le plus disparaissait, elle les suivraient plus que rapidement dans la tombe. Une vérité qu'elle ne cherchait même pas à dissumuler, s'en servant pour les forcer à faire toujours plus attention.

-C'est trop tard pour moi aussi Maxence.

Elle assénait une fois de plus la vérité comme une claque mentale. Sa douceur s'envolait alors qu'il se voyait replonger. Son visage se fit plus grave, mature. Une expression qui paraissait étrangère sur son visage encore juvénile.

-Je ne suis pas suicidaire, juste lucide. Cette vérité me pend au nez depuis que j'ai quatre ans, et j'ai fini par l'accepter. On a pas les moyens pour me soigner véritablement. Ma survie ne durera pas éternellement. Et... Même s'il le nie, qu'il va déverser sa colère sur toi, tu restes le frère de Nolan. Vous aurez toujours besoin l'un de l'autre. Donc non, tu n'as pas le droit de dire que tout est fini pour toi. Pas quand tu as un avenir. Que ton corps, ta santé, te permet d'avancer. Et ne me dit pas que tu préfères me prendre cette fichue maladie définitivement, je ne te laisserai pas faire, on le sait tous les deux. Tous les trois.

Des mots terribles. Presque cruels, elle en avait conscience. La petite blonde s'en voulait de lui lancer de telles pics, mais il était hors de question qu'il balance sa vie dans un claquement de doigt. Pour Lazar. Encore et toujours ce fichu nom qu'elle haïssait tant. Peut être même plus que son paternel, au final.

-Je t'interdis tout autant de te sacrifier. On est trois, ma parole compte tout autant.

Et elle savait qu'elle parviendrait à ranger Nolan de son côté, comme la plupart du temps. Ne serait-ce que pour contredire leur aîné. Un coup en dessous de la ceinture, certes, mais nécessaire. Elle n'aimait pas les conflits, celui là d'autant plus. Mais il fallait qu'il comprenne son importance. Qu'il n'avait pas le droit de juste disparaître comme ça. Elle comprenait ce qu'il disait, c'était bien ça le plus douloureux. Parce qu'à sa place, Thais en aurait fait autant. Elle aurait fait pire. Parce qu'elle n'aurait pas eu de grande hésitations, elle aurait effacé les traces de ses frères. Passé des accords de partout. Elle se serait perdue, aurait signé la fin de son histoire et aurait entraîné l'homme dans sa chute. Ou du moins, aurait essayé avant que Lazar ne la détruise, un grand sourire aux lèvres.

Les larmes montèrent rapidement face à son discours. Car là ou il la voyait comme le lien qui permettait à leur famille de rester unie, elle, ressentait sa toxicité. La douleur dans leur regard lorsque la maladie reprenait le dessus. Leurs blessures diverses ainsi que leur fatigue.  La jeune femme ne parvenait pas encore à accepter sa propre innocence dans l'affaire. Son regard se fixa sur sa tasse, incapable de soutenir celui de son aîné.

-Je vais essayer Max. Je ferai de mon mieux.

Un filet de voix incertain qui avait du mal à quitter sa gorge. Ibstinctivement, sa main se glissa dans la sienne.

-C'est juste que... J'ai parfois l'impression de vous faire plus de mal que de bien.

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MessageSujet: Re: Because we are broken beyond repair (Maxais)   Dim 23 Juil 2017 - 12:23

Because we are broken beyond repair
Je suppose qu’il a replongé, la voix de Thais me fend le coeur. Tout comme la réponse que je suis obligé de lui donner, la réponse que je garde pour moi à défaut de pouvoir mentir. La question avec Nolan, finalement, ce n’est plus a-t-il replongé mais bien malheureusement combien de temps tiendra-t-il avant de replonger. La question avec Nolan n’est plus se comportera-t-il normalement mais plutôt quand cèdera-t-il à nouveau à l’attrait de l’illégalité, à l’attrait de l’argent facile, à l’attrait de l’adrénaline, du goût du risque, des tentacules les plus sombres des bas quartiers présents dans toutes les villes, toutes les régions, même les plus innocentes ? Nolan a le visage d’un enfant innocent, c’est un ange déchu et je le sais, même si je peine à l’accepter. La seule véritable ange qu’il reste dans notre famille fracturée, meurtrie, entraînée aux enfers et plus bas encore, la seule qui conserve encore une auréole immaculée au-dessus de sa tête blonde est assise devant moi, avec un chocolat chaud. -Et c'est aussi pour ça que je vais essayer de lui parler. La seule pour qui ça vaille la peine de se battre. D’espérer un avenir. D’espérer un futur. Et la seule, aussi, à ne pas avoir de futur justement. Au futur fragile, à l’avenir suspendu à un fil que les Parques menacent à chaque respiration de couper sans le moindre état d’âme. “Merci…” Un soupir, un sourire, que lui offrir de plus que cela, finalement ?

Parce qu’à bien regarder, plus la conversation avance et plus les aveux affleurent, veulent s’échapper de l’implicite pour devenir explicite, veulent s’affranchir de leur immatérialité de sous-entendus pour devenir tangibles, concrets. Lourds de conséquences. Trop tard pour moi, il est bien trop tard pour moi. J’ai, littéralement, vendu mon âme au diable, à notre démon personnel, à notre croque-mitaine, à notre oncle si bienveillant, fut un temps. Alors oui, définitivement oui. Il est trop tard pour moi. Mais pas pour elle, ni pour Nolan. Pas de la même manière, du moins. -C'est trop tard pour moi aussi Maxence. Je ferme les yeux, pour déglutir. Pour disparaître. Pour oublier. C’est trop tard pour elle, bien sûr, ça l’est depuis sa naissance dans un sens, et pourtant… « C’est trop tard depuis des années, mais tu repousses le trop tard chaque jour, Thais… ne l’oublie pas. » Ma voix lutte pour rester douce, pour ne pas se durcir sous l’angoisse et l’appréhension que ce trop tard finisse par la rattraper, et que je sois obligé d’y assister sans pouvoir y faire quoique ce soit. Comme maintenant. Comme chaque jour. -Je ne suis pas suicidaire, juste lucide. Cette vérité me pend au nez depuis que j'ai quatre ans, et j'ai fini par l'accepter. On a pas les moyens pour me soigner véritablement. Ma survie ne durera pas éternellement. Et... Même s'il le nie, qu'il va déverser sa colère sur toi, tu restes le frère de Nolan. Vous aurez toujours besoin l'un de l'autre. Donc non, tu n'as pas le droit de dire que tout est fini pour toi. Pas quand tu as un avenir. Que ton corps, ta santé, te permet d'avancer. Et ne me dit pas que tu préfères me prendre cette fichue maladie définitivement, je ne te laisserai pas faire, on le sait tous les deux. Tous les trois. Je secoue la tête, comme pour réfuter chacun de ses propos. Débat stérile, discussion respirant un air de déjà-vu : j’ai peut-être un avenir, mais cet avenir est enfermé dans des chaînes en acier verrouillées sur mes poignets. -Je t'interdis tout autant de te sacrifier. On est trois, ma parole compte tout autant. Je me mords la lèvre inférieure, je détourne un instant le regard. « Ta mort nous brisera, Nolan et moi, mais nous serons incapable de nous soutenir. », je finis par souffler. Je ne le sais que trop bien : Thais, en vie, est la seule personne qui puisse nous permettre de nous retrouver, mon frère et moi. Trop de déceptions, trop de désillusions autrement. Si Thais est douce, incroyablement précieuse, Nolan et moi sommes fendillés, fissurés, et les bords de nos âmes brisées sont trop coupants pour qu’on ne se blesse pas à chaque fois qu’on se heurte. Et on se heurte bien trop souvent. « Je ne me sacrifie pas, je… c’est comme ça, c’est tout. Si un jour je vois une porte de sortie, je la prendrai, je te l’assure. » Si… le seul problème, dans un sens, c’est que je doute très sincèrement d’en voir une un jour. Mais… mais bon. En attendant, il va de son devoir de faire tout son possible pour vivre. Avancer malgré tout. Se relever, mettre toutes les chances de son côté pour fêter un anniversaire en plus, puis un autre, puis encore un autre, jusqu’à ce qu’on trouve une solution définitive. Nolan l’aide. Moi, je la protège comme je peux. Elle… elle doit rester en vie pour nous donner une bonne raison de nous battre.

-Je vais essayer Max. Je ferai de mon mieux. C'est juste que... J'ai parfois l'impression de vous faire plus de mal que de bien. Mes doigts se resserrent sur les siens, doucement. Avec tendresse, avec prudence, bon sang, avec une telle prudence que tout en moi hurle ma peur de lui faire du mal. « C’est nous qui te faisons plus de mal que de bien. Toi, tu ne nous apportes que du bonheur. Toi, tu ne m’apportes que du bonheur. Tu es mon espoir, Thais. Tu refuses de le voir, tu refuses de le comprendre, mais je te le dis et je te le redirai chaque jour s’il le faut. Tu es mon espoir. Si tu abandonnes maintenant, alors tu m’abandonnes. » Je veux qu’elle le comprenne, je veux qu’elle le sente, qu’elle le sache, qu’elle l’accepte. « Mais assez parlé de ça, dis-moi plutôt si ton chocolat est bon. Et dis-moi donc quels sont tes plans pour les jours et les semaines à venir. » Un sourire. Changeons de sujet de conversation, redevenons un frère et une sœur normaux. Donnons-nous un peu d’illusion. Un peu de temps. Mes yeux dérivent sur l’extérieur du bar, sur l’heure qui avance. « Il ne va pas falloir que je tarde en revanche, je dois aller voir... » Le prénom reste en suspens. Changer de sujet de conversation n’est qu’une douce utopie, Lazar sera toujours là, dans notre dos.


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MessageSujet: Re: Because we are broken beyond repair (Maxais)   Lun 28 Aoû 2017 - 23:38

Because we are broken beyond repair


Le silence de l‘aîné lui disait bien plus qu‘un discours destiné à la rassurer. Ses paupières se fermèrent un instant, alors qu‘elle se retenait de se frapper le front contre la table. Parfois, la jeune femme avait l‘impression d‘être vieille comme les pierres. Une fatigue émotionnelle qui risquait de la submerger si elle n‘y prenait pas garde. Une fois de plus, l‘histoire se répétait, comme un disque rayé.

-J‘espère que cette porte de sortie se présentera rapidement.


Une fois de plus, elle observait le coeur de Maxence se fissurer alors qu‘elle lui exposait la vérité. Qu‘elle lui montrait qu‘elle serait la première du trio à disparaître, malgré le fait qu‘elle soit la benjamine. Et elle se détestait de lui infliger ça. Sauf qu‘un mensonge lui ferait bien plus de mal sur le long terme. Car s‘il se laisser bercerpar l‘illusion de bonne santé que lui offrait Nolan, il se briserait encore plus le jour où elle n‘aurait plus la force d‘inspirer une bouffée d‘oxygène.

-Alors j‘essaierai de m‘accrocher. Je ne t‘abandonnerai pas. Ni toi, ni Nolan. Vous ne me faites pas de mal, d‘accord ? Vous êtes la raison pour laquelle je continue d‘avancer. Vous êtes les deux personnes les plus importantes de ma vie.

Son existence se résumait en leur deux prénoms. Sinon, elle se serait laissé glisser depuis quelque temps. Un combat qui l‘épuisait chaque jour, le tout en sachant la fin inévitable qui l‘attendait. Leur manque de moyen leur refusait la greffe, de véritables prises en charges. La seule solution serait de trouver quelqu‘un qui la guérirait définitivement. Une mutation qui pouvait très bien ne pas exister. Autant rechercher une sardine spécifique dans un océan entier. Un objectif irréalisable. Les probabilités de trouver cette personne avant qu‘elle ne ferme définitivement les yeux étaient bien trop faible. Presque inexistante.

-Pour le moment je me cotente de rester au calme au milieu des livres. Mais j‘en profite pour feuilleter ceux qui sont universitaire, ils sont plutôt intéressants.

Un programme qui n‘avait rien d‘agité ou de palpitant. Sauf qu‘elle n‘avait plus la même liberté qu‘à la Nouvelle Orléans. Elle ne pouvait pas se permettre qu‘on remarque ses capacités à jouer avec l‘illusion.

-Et peut être rencontrer de nouvelles personnes ? Même si on ne peut pas forcément rester longtemps… Je pense qu‘avoir des gens qui nous apprécient, ça peut être positifs. C‘est vrai que je ne sors pas vraiment depuis notre arrivée.

Des amis. Des alliés. Et pas seulement de ceux qui souhaitaient vous utiliser selon leurs humeurs de la journée. Avec son caractère des plus doux, ce ne serait pas si difficile, non ? Du moins, elle l‘espérait. Parce qu‘elle était quelqu‘un de terriblement social, et son besoin de contact humain l‘empêchait de rester sans le moindre lien affectif.

-Les spectacles me manquent un peu.

Jusqu‘à ce qu‘elle se rendent compte qu‘elle ne lui en avait peut être pas parlé, de ces spectacles de rues. Et encore moins de ceux qui se déroulaient près du bayou. Et qu‘il valait mieux pas s‘attarder sur le fait que son passe temps aait un jour impliqué un mignon petit crocodile.

-Le chocolat est délicieux. Merci pour tout, Max.

Elle se pencha pour déposer un bisous sur sa joue, se fichant bien du fait qu‘ils soient en public. Peu lui importait si on la trouvait enfantine avec ses démonstrations d‘affections. Aucun des deux hommes Sanderson n‘y échappait. Aucun ne s‘en plaignait.

Son expression se rembrunit rapidement. Même absent, Lazar parvenait à tout ruiner . Elle soupira, reposant sa tasse vide, et acquiesça lentement. Acceptant cette situation qui ne lui convenait pas le moins du monde.

-Oui… je sais.

Mais elle ne comprenait pas. Tout du moins, elle refusait de comprendre. Faible moyen pour montrer son mécontentement. Sa main serra un instant la sienne, le suppliant silencieusement de revenir indemne. De ne pas se faire hacher menu au passage.

-Tu me raccompagnes à la chambre, où tu y vas directement ?

La blonde essaie de ne pas montrer son inquiétude qui montait en flèche et commançait de nouveau à lui comprimer l‘estomac. Une fois dans la chambre, elle irait sûrement coller Nolan, s‘entourer de ses bras sans demander son avis. Du moins, si le plus jeune de ses frères se trouvait encore au Motel. Sinon… Et bien sinon, elle se rongerait les ongles. Le tout en songeant à attaquer les premières phalanges. A ce rythme, ce ne serait pas ses poumons qui l‘emporteraient. Sa fratrie la rendrait tout simplement cardiaque.


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MessageSujet: Re: Because we are broken beyond repair (Maxais)   Jeu 7 Sep 2017 - 21:46

Because we are broken beyond repair

J’ai certaines convictions. La conviction qu’un jour, tout s’arrangera lorsque je cesserai de retenir ma respiration et qu’elle se faufilera définitivement entre mes lèvres. La conviction d’avoir été le premier domino de cet enchaînement de causes et conséquences qui a détruit la vie des Sanderson, la conviction également de n’avoir été qu’un simple domino. Pas le coup de pouce qui l’a fait tomber, pas la main qui l’a posé à un endroit donné, juste un domino responsable de ne pas avoir su tomber ailleurs. J’ai certaines convictions. Et celles que j’affirme à Thais font partie de celles que rien n’arrivera à ébranler. Lorsqu’elle mourra, si elle meurt, quand elle m’échappera définitivement, Nolan et moi ne nous en remettrons pas. Nous nous entredéchirerons, nous lancerons l’un sur l’autre la responsabilité de son départ. Ca, c’est une conviction, ancrée dans mon âme, imprimée davantage à chaque dispute. Une autre certitude, c’est que ma vie est désormais entrelacée à celle de Lazar et que rien, ni personne, ne pourra nous séparer sans en pâtir, ou sans me tuer. Ma vie est irrémédiablement perdue, la porte de sortie dont elle parle, dont je parle, ne viendra pas. Et si elle apparaît un jour, j’ai beau lui promettre que je l’emprunterai… j’en doute, parfois. Mais… -J‘espère que cette porte de sortie se présentera rapidement. Je lui fais un sourire. Triste. Bien sûr. Toujours. Mais empli de bonne volonté, parce que ma soeur est un joyau, et que je veux la préserver de tout, d’absolument tout, y compris de ma résignation.

Des promesses. Ce conversation se transforme en accumulation de promesses, comme pour nous enraciner dans un avenir en lequel nous ne croyons ni l’un ni l’autre réellement. Je ne suis pas dupe : je ne m’imagine pas mourir vieux. Je ne suis pas dupe : elle ne s’imagine pas survivre non plus. Mais se laisser bercer par des illusions d’espoir, des illusions d’optimisme, des illusions, c’est tout ce à quoi on peut se raccrocher, l’un comme l’autre, avec l’énergie des battants, des battants fatigués de devoir se battre pour avoir ne serait-ce que le droit de respirer. Je sais ce qu’elle vit, je l’expérimente intimement suffisamment souvent pour savoir très exactement ce qu’elle vit lorsque le mucus noie ses poumons, lorsqu’elle suffoque.

Se laisser bercer par des illusions, c’est l’une des rares choses que je sois réellement libre de faire, finalement. -Alors j‘essaierai de m‘accrocher. Je ne t‘abandonnerai pas. Ni toi, ni Nolan. Vous ne me faites pas de mal, d‘accord ? Vous êtes la raison pour laquelle je continue d‘avancer. Vous êtes les deux personnes les plus importantes de ma vie. Et je me laisse envelopper dans ses affirmations, dans la volonté qu’elle insuffle dans ses mots, refusant, cette fois, de douter de sa bonne volonté. Les deux personnes les plus importants de sa vie : d’un doigt, je glisse l’une de ses mèches derrière son oreille, geste du grand frère protecteur envers sa petite soeur. « Nous sommes si semblables, Thais. » Si semblables. Bien trop semblables, finalement. Si différents, également, de Nolan, par bien des aspects. Et malgré tout si proches. La réalité de notre famille me pèse et me fascine dans un même temps. Si l’un de nous abandonne, ce sont les deux autres qu’il abandonne. Mes lèvres se pincent, je retiens un soupir, cligne des yeux, secoue la tête.

Trop de promesse dans cette conversion, pas assez de légèreté. Est-ce que son chocolat est bon, au moins ? Qu’est-ce qu’elle prévoit de faire, demain ? Est-ce que, finalement, elle arrive à vivre normalement ? -Pour le moment je me contente de rester au calme au milieu des livres. Mais j‘en profite pour feuilleter ceux qui sont universitaires, ils sont plutôt intéressants. Je secoue la tête, avec approbation. « Si tu veux, en septembre prochain, on pourrait envisager que tu suives des cours, Thais. » Envisager. Sous un faux nom, par correspondance, avec l’intercession de Lazar. On pourrait l’envisager. -Et peut-être rencontrer de nouvelles personnes ? Même si on ne peut pas forcément rester longtemps… Je pense qu‘avoir des gens qui nous apprécient, ça peut être positif. C‘est vrai que je ne sors pas vraiment depuis notre arrivée. Cette fois encore, j’acquiesce, mais avec moins de certitude. Rencontrer des personnes, c’est un défi. Se faire des amis, c’est un risque. Que je refuse de courir, que je ne peux lui interdire de courir. Elle n’a pas à être à ce point hors du monde, elle ne mérite pas ça. Elle mérite de sortir, de vivre normalement, d’avoir un petit copain, elle mérite d’avoir la vie que je n’ai pas. Elle mérite aussi que je lui fasse confiance. « Tu as raison, reste invisible ne veut pas dire ne pas vivre, ce serait injuste de ma part de vous priver de connaissances. » Un nouveau sourire, comme une autorisation. Se faire des amis, aller à l’université, reprendre le cours d’une vie des plus normales, c’est un objectif osé que je nous propose, mais je suis convaincu que c’est également le meilleur qu’il soit. Et qu’on peut l’atteindre. Qu’on doit l’atteindre, pour l’avenir, pour croire en l’avenir, même si pour cela, il faut que j’achète la liberté de Thais et que j’augmente davantage encore la dette qui pèse sur mes épaules.

-Les spectacles me manquent un peu. Je relève la tête, elle me sort de mes pensées. Les spectacles ? Je fronce les sourcils. C’est vrai que nous ne sortons pas beaucoup, pour ainsi dire pas du tout. C’est vrai que cela fait plus de dix, quinze ans que je ne suis pas allé au cinéma, et tout autant voire plus pour elle. C’est vrai que… -Le chocolat est délicieux. Merci pour tout, Max. Elle se penche dans ma direction, je la laisse faire. « Un jour, j’arrangerai tout, petite soeur. J’arrangerai tout, tu pourras avoir une vie normale, tu pourras faire des études, tu pourras aller voir autant de spectacles que tu voudras, je te le promets. » Mais… Mais en attendant, mes yeux ont eu le malheur de dériver vers une horloge et je me lève, dans un soupir résigné.

En attendant ce jour prochain, ce jour promis, ce jour qui ne viendra - soyons honnête - pas, il faut que je me batte, que je me plie à mes responsabilités, il faut que je laisse Lazar avoir main-mise sur ma vie, sur mon corps, sur mon libre-arbitre. Et que je sacrifie quelques minutes avec ma soeur. Elle soupire, je me retiens de m’excuser : mes yeux parlent pour moi. -Oui… je sais. Sa main vient chercher la mienne, je dépose la monnaie ainsi qu’un petit pourboire. -Tu me raccompagnes à la chambre, où tu y vas directement ? Je sens son inquiétude.

Je la sens si fort que sitôt sortis du bar, je la prends dans mes bras pour la rassurer, je la serre contre moi, ma petite soeur fragile. « Je vais y aller directement, je ne veux pas courir le risque d’être en retard. Veille sur Nolan pour moi. Dis lui que je m’excuse. Dis lui que je reviens ce soir, ou cette nuit, et ne m’attendez pas pour manger. » Je dépose un bisou sur son front, comme lorsque je n’avais que onze ans, et elle que quelques mois, pour lui souhaiter une bonne nuit. « Prends soin de toi, et passe une bonne fin de journée, Thais ! » Je lui souris, encore, pour la rassurer, et je décide de ne pas m’attarder davantage.

Être en retard auprès de Lazar serait une très mauvaise idée.

RP terminé


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