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 (Cesare) | Time to break through the anger

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SUR TH DEPUIS : 30/04/2015
MessageSujet: (Cesare) | Time to break through the anger   Dim 2 Oct 2016 - 20:10

Time to break through the anger
Moira & Cesare



Les sourcils froncés, je perchais sur mon nez une paire de lunettes qui me donnait un air bien plus studieux que je ne l'étais en réalité. Du bout des doigts, j'attrapais la corde que me tendait le luthier et commençais à en inspecter la surface et la qualité. Sous la lumière orangée d'une lampe de bureau, le fin filament brillait légèrement, et j'avais beau tirer dessus, il résistait. Mal à l'aise, le luthier semblait danser d'un pied sur l'autre et jugea bon de meubler le silence.

« Elles ont été faites sur le modèle de celles que vous nous avez amenées la dernière fois, mademoiselle Kovalainen, mais si vous avez quoi que ce soit qui vous chiffonne, je vais m'empresser de les refaire. »

« Non, non... Elles sont parfaites ! J'ai un mal fou à trouver de bonnes cordes pour mon violon, dans le coin, vous me sauver la vie ! Je vais rentrer les essayer, je repasserai dans la semaine pour récupérer le nouvel archet... »

Sortant de mon portefeuille quelques billets afin de régler un jeu de cordes neuves et la révision de mon instrument, je réalisais à quel point mon métier pouvait être fascinant... Et coûteux. Entretien de l'instrument, achats réguliers de nouvelles cordes, de crins, d'archets, de colophane... J'avais parfois l'impression que mes cachets de concert fondaient comme neige au soleil en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire. Hissant la housse du violon sur mon dos et mon sac à main sur l'épaule, je saluais le luthier qui semblait prêt à faire un malaise, et quittais sa boutique. Le pauvre homme avait eu l'air sur le point de rendre l'âme lorsque je lui avais amené l'instrument... Encore un qui avait peur d'abîmer une pièce d'époque !

Sortie de la boutique, je profitais de la fin de matinée pour aller faire quelques courses, histoire de nourrir autrement qu'avec des pâtes au ketchup mon crétin de coloc frenchy. Jamais je n'avais vu quelqu'un qui soit à ce point incapable de se nourrir sans risquer de s'intoxiquer... Marius était tout bonnement incapable de se faire cuire un steak ! Entre lui et Artur qui mesurait les quantités au gramme près, j'avais l'impression d'être entouré d'andouilles qui ne survivraient pas du jour en pleine jungle. Je me hâtais alors en direction du centre ville afin de ne pas perdre de temps, et consultais rapidement mon emploi du temps de la journée. J'avais jusqu'à 16 heures avant d'aller donner son cours de violon à la petite Amance, à l'orphelinat, j'étais largement dans les temps, et m'accordais un petit détour par le parc, lequel était pratiquement désert à cette heure-ci. Entre les enfants à l'école et les adultes enfermés dans leurs bureaux ou derrière un comptoir, je pouvais flâner tranquillement sans risque de me prendre un ballon dans la figure ou...

Bam ! Percuter quelqu'un de plein de fouet, ce que je fis alors que je bifurquais sur le sentier sablonneux.

« Oh pardon ! Je suis désolée, je ne vous avais pas v... »

Mais alors que je relevais les yeux, mon cœur rata un battement, mes pupilles s'étrécirent et je sentis mes jambes flageoler comme si elles étaient prêtes à m'abandonner ici. La peur me comprima les entrailles, la bile vint me chatouiller la gorge, et je souhaitais alors être invisible, minuscule, n'importe où mais pas ici. Pas face à lui. Car je le reconnaissais, celui que j'avais face à moi. Je le reconnaissais pour l'avoir vu de bien trop près, pour l'avoir haïs sur le coup, pour l'avoir crains depuis. Sans que je puisse lutter contre, les souvenirs s'imposèrent à mon esprit, menaçant de me faire vomir sous l'effet de l'angoisse. Je n'avais rien oublié. La peur, la douleur, l'impuissance, une terreur sourde alors que je me noyais dans mon propre sang, et l'acceptation de la mort quand la souffrance était devenue trop insupportable. Pourtant, il n'y avait pas d'animosité sur son visage, pas de haine dans son regard... Il avait même l'air aussi surpris que moi. Je réalisais alors qu'il devait me croire morte, normalement, qu'il devait avoir l'impression de voir une revenante et que ça, c'était mauvais. Très mauvais pour moi. Serrant la lanière de mon sac contre moi, je reculais en déglutissant avec difficulté.

« P... Pardon... J'voulais pas... Je... J'ai vraiment pas envie de mourir une deuxième fois... »

Ah ça non, mais il aurait fallu être con pour ne pas s'en douter... J'aurais voulu m'enfuir, mais j'étais tétanisée sur place, mes jambes refusaient de m'obéir, comme si elles étaient plongées dans du béton.

« J'suis désolée pour ta sœur, si tu as été blessé la dernière fois, mais pitié, j'y suis pour rien... »

Et je me sentais bête, toute petite, insignifiante... Malgré l'entraînement que j'avais reçu avec Alec, je doutais être capable de me défendre suffisamment pour l'étourdir et m'enfuir s'il lui prenait l'envie de m'attaquer. Pourtant, instinctivement, j'étais sur le qui-vive. Une jambe en arrière, l'autre légèrement fléchie, les poings prêts à frapper... Et cette fois, j'avais la pleine maîtrise de mes yeux et de ma mutation.


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MessageSujet: Re: (Cesare) | Time to break through the anger   Ven 6 Jan 2017 - 2:41

La vie normale, la vie nouvelle ; Cesare tâtonnait encore, tel un animal blessé qui léchait ses plaies trop fraiches. Il avait beau s’impatienter, tourner en rond entre les murs de la maison, avoir des songes en boucle, arpenter le monde extérieur maintenant, lui semblait être une marche dans le noir. Est-ce que tout allait finir par lui échapper, comme si un chronomètre invisible, calculait la trêve à laquelle il avait droit. Qu’est-ce qu’y allait bien pouvoir se passer, quand celui-ci arriverait à zéro ? D’où arriverait la prochaine menace ? Avec quelle force tomberait le prochain obstacle, éparpillant des ondes et des ondes de catastrophe partout dans l’équilibre fragile qu’il essayait d’atteindre ? Il était presque désespéré, Cesare, dans sa façon de n’pas vouloir y croire, au défaitisme habituel de son esprit. Mais alors qu’il essayait, rencontrait de nouvelles personnes, affrontait de nouveaux visages, normalement pour trouver un job comme le type le plus normal du monde, il cherchait toujours ce qui clochait. D’où sortirait le prochain adversaire, le prédateur rodant par-dessus son épaule – au fond, l’énième individu à Radcliff qui aurait une dent contre lui, ou servirait quelqu’un avec une rancœur insatiable, et tomberait comme du plomb sur la carcasse tout juste remise sur pattes du DeMaggio. Il pouvait bien en devenir parano au point d’la sentir flotter dans l’air, la mauvaise nouvelle palpable uniquement pour lui ; la gifle sans merci imposée par la vie, et qu’il s’prendrait à la volée, parce que même à vingt-sept ans, il semblait bien que le brun n’avait pas appris, encore. Pas assez. Pas assez impitoyablement, sans retour possible, sans illusions éphémères, sans échappées désespérées. Ca lui en coûtait, plus que jamais, d’avoir des pensées pareilles pour le trahir. Il était avec Isolde, maintenant ; et ils avaient Clara, et tout, tout autour de lui avait le potentiel doucereux et inédit d’être… parfait, dirait-il. Il n’avait pas beaucoup d’attentes, pas de demandes surdimensionnées, pas de souhaits irréalistes. Au fond, Cesare, il n’exigeait rien d’particulier – rien d’autre que d’avoir la chance d’avaler assez d’air frais dans ses poumons pour remettre son esprit à zéro. Assez, pour pouvoir apprécier la présence d’Isolde à ses côtés, les petites choses du quotidien : le fait de se réveiller au côté de la femme qu’il aimait. Le fait de n’plus compter son temps avec sa fille. Le fait de-… d’exorciser, presque, c’qui lui avait tant collé à la peau, des défauts et des torts gravés dans ses chairs, qui fondaient, en même temps que ses entrailles se dénouaient. Direction un genre d’espoir, qu’il n’s’était vraiment jamais permis d’avoir, avant. Bientôt, les plaies à son abdomen ne deviendraient qu’un vieux souvenir, doucement rosi comme tous les autres stigmates accrochés sur son épiderme. Et avec ça, peut-être qu’avancer, tourner la page, serait plus facile. Peut-être.

Dans son éternelle façon de penser, Cesare avait bien du mal à imaginer les choses se faire d’une façon aussi simple, comme le nœud d’une corde qui se dénouerait tout simplement en tirant les deux bouts – comme un jeu d’enfant. Sa vie, elle n’était pas un jeu d’enfant ; y’avait déjà plus d’un nœud pour préoccuper son esprit, bloquer son énergie, focaliser sa négativité réflexe et amère. Ils avaient derrière eux, Isolde et lui, des mois d’épreuves impitoyables. Et il en portait le blâme pour beaucoup d’entre elles, en supportait encore le poids, arque boutant son dos, brisant son échine ; c’n’était pas facile, alors, de laisser cette réalité-là couler, de lâcher cette vérité pour se concentrer sur quoique ce soit d’autre. Certainement pas sur des idées aussi abstraites que celle d’avoir un job, un tant soit peu stable, sur le long terme, pour rendre plus fortes les fondations de son avenir tout offert avec Isolde. Et aussi vite que la volonté perçait à travers son esprit, elle s’envolait sur le trajet aller, direction le centre-ville : et elle était complètement évaporée, dès qu’il faisait le moindre premier pas dans le monde actif. Un échec, pour Cesare, indéniablement. C’n’était pas faute de vouloir – de souhaiter de toute son âme que les choses soient si faciles : et pourtant, c’n’était pas si facile que ça à embrasser, comme songe, quand chaque regard distrait sur les rues de Radcliff pouvaient lui faire voir son père, ou un autre chasseur qu’il n’avait que trop longtemps côtoyé. Pourquoi pas, pire encore, le faciès tortionnaire de quelqu’un qui avait eu à subir les conséquences de ses choix et de ses actes. Alors, est-c’qu’essayer de vivre, essayer d’aller de l’avant, n’était pas juste une fuite désespérée ? Cesare, quand il creusait, il se sentait désespéré ; comme un étranger dans une normalité qui n’avait jamais été faite pour lui, et pour laquelle il n’avait jamais été fait. Des domaines trop risqués, trop pentus, où son cœur et ses tripes lui disaient deux choses différentes : il voudrait bien qu’un putain de miracle tombe du ciel pour effacer tout son passé, chasser même les remords de sa tête, parce qu’il était lâche comme ça. Il aimerait bien, l’avoir cette révélation d’l’ordre de l’épiphanie, pour que tout se mette en place logiquement dans son crâne, et qu’il avance comme un poisson nagerait dans un vaste océan, plein de possibilités. Il n’était pas assez doué avec les mots, lui, pour même pouvoir expliquer sa situation à qui que ce soit – pas même à Isolde ; ils étaient encore à Radcliff parce qu’elle l’avait décidé, bien plus que parce qu’il avait partagé un tant soit peu cette avis – et pour connaître déjà la mutante aussi bien qu’il connaissait le dos de sa main, les tréfonds de son âme et de l’amour qu’il lui portait, Cesare s’doutait qu’elle avait déjà dû être persécutée par les remords, quand il avait été à l’hôpital. Il n’voulait pas remuer le couteau dans la plaie – il n’voulait même pas s’apitoyer sur son sort, tourner et tourner dans une spirale infernale où il n’avancerait pas : nan, il voulait bien, avancer, progresser, trouver l’idée évidente qui rendrait ça facile. Mais au lieu d’faire les choses comme ça, Cesare se retrouvait là : à faire des détours dans les rues, évitant d’aller chercher Clara à la crèche, avec pour seule compagnie Magnus, son chien. Y’avait eu ces moments, sporadiques et diffus, où il avait été jusqu’à son appartement, où le chiot s’était trouvé dans les temps qui avaient suivi son anniversaire à lui : là-bas, maitre et chien s’étaient retrouvés. Juste tous les deux. Et parfois, dans ces moments-là, même Isolde n’avait pas manqué à Cesare ; même l’impossibilité de la voir elle, n’avait plus pesé sur son palpitant au point de l’étouffer. Il avait bien douté, au moment de comprendre que la Saddler avait été assez folle pour lui confier la vie d’un pauvre animal innocent, de sa capacité à offrir de l’attention et plus encore de l’affection à cette pauvre bête : souvent, pourtant, ils avaient fini l’un avec l’autre sur le canapé, à apprécier le silence, le lien qui se faisait au-delà des mots. Y’avait quelque-chose de logiquement mécanique, dans l’acte de s’retrouver dans un parc, avec un clébard, à lui balancer un bâton pour qu’il aille le chercher, le ramène, pour mieux repartir l’instant d’après.

Il en avait presque la tête vidée au bout de quelques minutes ; Magnus était, de l’autre côté, totalement ravi de s’épuiser les pattes, de tourner et tourner dans le même cercle-vicieux d’actes limités, comme s’ils n’étaient que deux robots. Avec de la chance, Cesare aurait ce soir l’esprit assez vide pour chasser les mauvaises choses d’sa tête, et se concentrer sur le positif si évident qui pulsait dans ses veines, dès qu’Isolde apparaissait dans son champ de vision. Le DeMaggio avait arrêté de penser, de s’concentrer sur le reste, au point de s’arrêter au milieu d’un chemin, son regard suivant encore et toujours les contours du chien qui gambadait gaiment à la recherche du bâton, pour venir se coucher dans l’herbe et commencer à le mordiller de tous les côtés. Il en avait tant oublié le reste du monde, que lorsque celui-ci revint, se fracassant contre lui avec force, il n’eut qu’à peine une réaction ; rien d’autre qu’une vague excuse, marmonnée aurait-il juré. Ou peut-être s’étouffa-t-elle dans sa gorge, dès qu’il reconnut la chevelure flamboyante, le regard glacé et pourtant… fragile de l’astéroïde de réalité qui venait de tout réduire en morceaux dans son atmosphère. Cesare en cilla, trop conscient de l’implacabilité du monde pour même croire ou espérer à un cauchemar ; il savait, évidemment, que Moira Kovalainen était vivante – un murmure qui était remonté à Insurgency, des histoires compliquées, une nouvelle qui était sortie d’entre les lèvres d’Isolde, droit sur lui, et qu’il n’avait su comment interpréter, sur le moment. Maintenant il savait, au moins jusqu’à un certain degré : la bile qui remonta jusque contre son palais n’eut pas l’arôme de l’orgueilleux qui avait échoué, du revanchard prêt à sauter à la gorge de sa victime à nouveau, pour être sûr de finir le travail, cette fois. Au contraire, le long de ses flancs, ses poings s’enserrèrent sur le vide, rien d’autre que la douleur de ses paumes à lui. Avait-il respiré Cesare, depuis tout ce temps ? L’air semblait lourd et défait de toute consistance à la fois – il avait sans doute blêmi, même si tout c’qu’il pouvait ressentir, c’était la façon dont son cerveau semblait tambouriner contre son crâne. Les premiers mots que la rousse balbutia, Cesare ne les enregistra pas : mais irrémédiablement, sa tête se reconnecta au monde. Et ouais, tout ça, c’n’était que la preuve… la preuve que les choses n’changeaient pas si facilement, juste parce qu’on pouvait le vouloir. Par fierté, orgueil – non, par rancœur tenace et encore bouillante, dévastatrice – assassine comme il n’oserait pas l’avouer, Cesare en vint à froncer les sourcils, face à la peur on ne peut plus légitime de sa vis-à-vis. Ses lèvres, pourtant, ne lui brûlèrent pas de honte – pas encore, alors que son premier réflexe fut celui qui lui avait fait déployer tant de cruauté à l’égard de Moira Kovalainen. Juste comme ça. « J’ai pas vraiment pour habitude de suivre quelqu’un dans un lieu public, en pleine journée, juste pour tuer. » et si ces paroles auraient, sur le papier, l’allure d’un sarcasme cruel, le ton de Cesare, il semblait, n’était pas près de changer, pour chaque Kovalainen qu’il croiserait. Celui de la froideur, de la hargne ; du grand-frère qui n’avait pas oublié, et n’oublierait jamais. « C’est pas tout le monde qui peut prétendre vouloir tuer quelqu’un à ce point. » et la noirceur qui s’empara de ses prunelles était sans équivoque ; parce que revinrent, comme une sérénade destructrice, les mots d’Artur Kovalainen à ses souvenirs. Aria était juste morte parce qu’elle avait été là, victime désignée par le hasard – rien d’autre que le hasard, et la violence sanglante de ses deux bourreaux. Oui, il parlait d’Artur, de Kingsley, de leurs impulsions de tueurs qui les avaient faits traquer Aria à travers le chaos tout entier d’une fête foraine qui tombait en ruines partout autour d’elle, esseulée, et plus vulnérable que jamais. Et alors qu’il se retrouvait à court de mots, presque contre son gré, les traits du brun semblèrent se tasser. Son regard, intense, tant accroché à elle pourtant, que c’était comme s’il la maintenait en otage à nouveau, rien qu’avec ses iris. Des prunelles d’où la hargne réflexe fondait comme neige au soleil, Cesare déglutissant dans le nœud à sa gorge, comme si l’air lui manquait. C’était la première fois, la toute première fois en près de dix ans, qu’il se retrouvait nez à nez avec une de ses victimes. Généralement, elles ne survivaient pas. Et Moira, avait sans doute le faciès de tous ceux qui avaient été gagnés par la peur, au moment de mourir de ses mains à lui. Etait-il censé… était-il censé s’excuser ? Ces mots n’auraient sans doute pas la moindre importance, songea-t-il. Si Artur Kovalainen devait ramper à ses pieds, en suppliant son pardon, il n’en serait pas capable pour autant Cesare. Il n’aurait même pas l’âme d’lui accorder le moindre repos de l’âme, en prétendant pouvoir excuser l’acte qui avait ruiné sa vie. Ça devait être la même chose, ici. Alors qu’il était à court d’idée, de temps, peut-être même de silence, le museau humide de Magnus le rappela au reste de l’univers, Cesare descendant volontiers son attention sur le chien, qui était revenu jusque-là. « Tu devrais poursuivre ton chemin. » il dit simplement, campé sur ses deux pieds, comme soutenu sans réelle intension par la présence d’un simple chien à ses côtés. C’était plus que ça, au fond… elle avait sûrement eu une destination vers laquelle aller, une vie qu’elle conquérait à nouveau – comme lui. Et tout DeMaggio qu’il était, tout chasseur, tout tueur, tout frère d’Aria encore aujourd’hui malgré les mois, il n’pouvait d’toute manière pas garantir, d’pouvoir supporter de la regarder plus longtemps sans que le mince voile entre ses propres remords et sa rancœur ardente ne s’effrite.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: (Cesare) | Time to break through the anger   Jeu 16 Fév 2017 - 13:17

Time to break through the anger
Moira & Cesare



Il avait eu l'air surpris, comme n'importe quel type que l'on aurait bousculé... Et puis plus rien. Il n'y avait ni colère ni sentiment de trahison dans ses yeux, y avait même pas l'ombre d'une véritable surprise, feinte ou non. Comme si me voir ne lui avait fait ni chaud ni froid, comme si voir une revenante, une mutante censée être morte ne lui faisait... Aucun effet. Si je n'avais pas été tétanisée par la peur, j'aurais probablement réagi plus tôt, lui aurais demandé des comptes immédiatement mais pour l'heure, j'en étais encore à le supplier comme s'il avait été sur le point de me tirer dessus à nouveau. C'était bien beau d'avoir appris à me battre, mais je répugnais toujours autant le faire, d'autant que... D'autant qu'il n'avait pas du tout l'air d'avoir envie de recommencer. Qu'est-ce qui l'avait calmé, depuis la dernière fois ? S'était-il acheté une conscience ? Plissant les yeux, j'avais comme l'impression qu'il me manquait des détails, dans l'histoire.

« Je ne suis pas comme mon frère », répliquais-je comme si c'était une évidence, « Et visiblement, toi non plus. Je ne te demande ni excuse ni repentir, juste... J'ai besoin de donner un sens à tout ça, alors... »

Alors quoi ? Maintenant qu'il était devant moi, j'allais l'inviter à prendre un café pour en discuter, et on repartirait de là en riant comme si rien ne s'était passé ? J'ignorais tout de ce type, d'où il venait, ce qu'il faisait, tout ce que je savais, c'était que nous étions partis du mauvais pied lors d'une mission ratée, et que ça s'était poursuivi quand il avait décidé de reporter sur moi son besoin de vengeance. Il n'empêchait que j'avais besoin de comprendre, de trouver une raison à tout ça. Rester sur l'image d'un tueur sanguinaire quand il me donnait à présent l'impression d'être un type lambda, ça me semblait inconcevable, et j'avais beau le regarder, j'avais beau retrouver la même noirceur dans son regard, je n'arrivais pas à y voir l'homme qui avait bien failli me tuer. Je ne comptais pas lui demander de pardonner Artur, et ce pour plusieurs raison : ç'aurait été insultant, et moi-même, j'étais incapable de véritable pardonner à mon frère d'avoir assassiné une fille qui ne lui avait rien fait, tout ça parce qu'un psychopathe bon à enfermer le lui avait demandé. Alors je soupirais, resserrant ma prise sur mon sac.

« Je n'ai pas l'intention de remuer le couteau dans la plaie, seulement... Avant que tu repartes, avant que je reparte et qu'on oublie cette rencontre, y a une chose que j'aimerais savoir. Tu n'as l'air surpris de me voir, comme si... Comme si tu savais depuis le début que j'étais vivante. Comment ? »

J'avais peur de la réponse. Peur de savoir qui pouvait l'avoir mis au courant, peur d'apprendre que c'était peut-être mon père qui le lui avait dit ou transmis. Car ça ferait un mensonge de plus à ajouter à une liste qui ne cessait de s'allonge. Ça signifierait que je me serais cachée pendant des mois, aurais infligé à mes proches la vision d'une revenante, tout ça pour lui obéir, tout ça alors qu'au final, celui qui aurait dû me croire morte semblait au courant de la vérité depuis bien longtemps. Y en avait, des choses qui se bousculaient dans mon esprit, des questions, des incertitudes... Mais je me rendais compte que je n'arrivais pas à lui en vouloir comme je l'avais cru. Maintenant qu'il était face à moi, j'avais plus de peine pour la perte qu'il avait subit que de colère à déverser. Peut-être parce qu'au fond, le fait d'être en vie me suffisait, contrairement à Artur, qui persistait à mener une vendetta ridicule contre tous les mutants qu'il croisait. Baissant alors les yeux vers le chien qui l'accompagnait, je résistais à la tentation de changer de sujet, de lui demander comment il s'appelait et de faire comme si nous étions simplement des connaissances heureuses de se croiser. Nous n'étions ni des connaissances, ni des amis. Juste deux inconnus que le karma s'était amusé à pourrir.

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