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 You’re gonna cry, brat ? [Octaryan]

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SUR TH DEPUIS : 12/09/2016
MessageSujet: You’re gonna cry, brat ? [Octaryan]   Mer 12 Oct 2016 - 1:28


Go back to Lexington…

Danny tirait une tronche de six pieds de long à côté de lui. Et ce n’était pas le magnifique œil au beurre noir, que lui avait laissé Tad avant de partir, qui allait lui donner une tronche plus avenante. Ça faisait un moment que leur grand frère ne venait plus avec eux pour voir leurs cousins. D'autres chats à fouetter et trop vieux pour être envoyé en vacances, qu'il disait. C'est vrai que les Dogs lui prenait pas mal de temps. Mais au moins avec ça il n'avait pas à se casser le cul avec un taf honnête. Mais ce qui l'avait toujours le plus étonné dans tout ça, c'était que l'ancien flic qu'était leur père le laisse faire. A croire que ses parents s'étaient fait à l'idée que leur aîné se trouvait être une cause perdue. Finalement des trois, c'est Danny qui s'en sortait le mieux. Le moins fracassé du trio. Mais celui qui se prenait le plus de taloche. D'ailleurs, avant leur départ, c'était partit de rien. Comme d'habitude. Juste un "cause mieux à maman" que Tad n'avait pas encaissé. Ça devenait tellement tendu entre eux que partir à Lexington faisait en réalité des vacances à tout le monde. Bien que son frère semblait de moins en moins apprécier leur escapade au Kentucky. S’en doute s’estimait-il trop vieux pour être envoyé, plus ou moins contrait et forcé, chez ses cousins.
Finalement y avait bien qu'Ezra qui était ravis de se taper les quinze heures de caisse, coincé entre la portière et le cul du clebs, le poussant un peu plus à chaque fois à faire connaissance avec ces cons de moucherons qui se collaient sur la vitre, comme si c'était lui qui prenait toute la place. Avec sa carrure de cornichon, qu’il avait encore à dix huit ans, il aurait put voyager dans la boite à gant.
- «Pourquoi t'es le seul à être content d'aller là-bas Ray ? Finit par lui demander frangin bougon, lassé de mater la banane fendant sa poire.
- Et toi pourquoi t'es chiant ? C'est les vacances on va être peinard. Et t’as rien d’autre à faire t’façon. Arrête de faire la gueule. Si t'as mal au crâne fallait pas faire chier Tad.» Se moqua-t-il.
Le regard qu'il lui lança alors fut aussi noir que ce coquard. Que n'avait-il pas dit là ?

Faire chier son frère, quand son humeur n'est pas rose n'est assurément pas une bonne idée. Surtout dans un endroit confiné. Ce n’est pas franchement ce qui l'arrêta. Et comme à chaque fois, Danny se demandait si son frère n'avait pas un énorme penchant pour le masochisme.
Enfin arrivé chez leurs cousins, Ray fut le premier à sauter or de l'habitacle. Là c'est lui qui avait un bon mal de crâne, et son nez saignait encore, tâchant allègrement son t-shirt. Le blond oubliait souvent que Danny frappait plus fort que lui. Peut être parce qu'il frappait bien trop fort pour qu'il s'en souvienne. Leur cousine vint les accueillir, ravis de les retrouver pour deux semaines.
- « Les garçons, regardez dans quel état vous vous êtes mis ! » S'exclama-t-elle en inondant de mouchoir le visage du plus jeune.
Cette phrase valait pour elle tous les bonjours du monde. Pourtant elle avait l'habitude. C'était courant que les frères Chandler se tapent dessus. Puis elle aussi avait deux garçons, et une fille coincée entre eux. Celle qui portait le plus la culotte soit dit en passant. Donc elle devrait avoir l'habitude et ne plus leur servir cette tête déconfite. Mais non. Ça ne loupait jamais. Et ça amusait grandement Ray. Jamais il ne s'en lassait. A croire qu’il faisait exprès d’asticoter Danny, rien que pour l’entendre dire ça. Comme un rituel d’arrivée. Ça faisait du gamin quelqu’un de pantouflard, mais ça lui allait bien.
Ray possédait ses petites habitudes ici. En plus de faire les quatre cent coups avec Dylan, Jayden et Leïla. La raison pour laquelle il était toujours ravi de revenir aussi, c’était de pouvoir se faire les dents sur son os à mâcher préféré. Voir jusqu’où il pourrait la pousser ce coup-ci. Sentir la peur l’envahir dès que son regard croisait le siens. Et ça l’étonnait que Danny n’ait pas encore compris ça. Outre le fait qu’ici ils n’avaient pas les parents sur le dos, ni les soucis que leur apportaient leur aîné, s’amuser avec cette gamine lui apportait une joie des plus malsaine. Enfin, malsaine pour qui ? Aux yeux des autres peut être. Pour lui c’était parfaitement normal.
Comme d’habitude les retrouvailles furent assez mouvementées, la fratrie de Lexington étant à la fois admirative et envieuse des changements corporels des frères de Floride. Encore de nouveau tatouage. C’était un peu comme une drogue, quand on commence on ne s’arrête pas. Et Ezra semblait bien moins raisonnable que son aîné. Laura et Ben pouvaient être sûrs qu’après la tornade Danezra passée, ils allaient en entendre parler pendant des semaines. Si son cousin laissait faire grand bien lui fasse, eux n’avaient pas élevés leurs gamins comme ça. Tout du moins, c’est bien ce qu’ils pensaient. S’ils savaient avec qui ils trainaient…

Les Chandler avaient leur endroit avec leur groupe, c’était comme un rituel de venir trainer leurs guêtres par là, bien que ça ne plaisaient pas toujours à tout le monde. Mais Ray s’en fichait. Il s’en fichait toujours. Provoquer les autres c’était son credo. Et maintenant qu’il avait intégrer les Dogs, au côté de Tad, bien que la chose ne soit pas encore officielle, ce n’était pas ces petites frappes qui allaient lui faire peur. C’est surtout qu’il avait envie de croiser la gamine. Ça il ne pouvait pas s’en empêcher. C’était comme un gosse qui attend de déballer ses jouets pour noël. Bébé Octavia se trouvait être le joyau au milieu de tous.
Malgré les protestations de Laura, le blond n’avait même pas prit la peine de changer de vêtement pour sortir. A croire qu’il aimait se balader en ayant l’air d’avoir égorgé quelqu’un. Et c’était le cas. Le sang ne l’avait jamais dérangé et surtout pas le siens. Puis ce serait paradoxal, sachant qu’il fréquentait à présent les lieux de combat clandestin en temps que boxeur.
Jorkan leur filait allègrement le train, surtout celui de son maitre, qui ne semblait pas vouloir se dérider pour un sous.
- « Qu’est-ce qu’on fait Ryan ? Finit par lui demander Leïla, impatiente de se servir de cette batte qu’elle se plaisait à emmener partout.
Ça faisait combien de temps qu’ils n’avaient pas dégommé des boites aux lettres ? Ici c’était bien la chose la plus excitante à faire, vu qu’ils ne risquaient absolument pas de tomber sur un crocodile qu’ils pourraient chatouiller. Se trouver face à un canon et parler dans le micro, ça part contre…
- T’as qu’à voir combien de boite tu peux exploser, avant de te prendre de la chevrotine dans les seins que t’as pas.
- Vas te faire foutre ! »
Le garçon lui adressa un large sourire, faisant craqueler la couche d’hémoglobine tâchant encore ses lèvres. Croutes qu’il essuya d’un revers de main, étalant le tout sur sa joue, lui donnant un demi-sourire de joker. Puis le chien de Danny se mit à grogner en direction de l’angle de la rue. Tiens donc, déjà le comité d’accueil ? S’ils se retrouvaient au poste dés leur arrivée, ils exploseraient déjà leur score.

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MessageSujet: Re: You’re gonna cry, brat ? [Octaryan]   Mar 15 Nov 2016 - 20:08

Les côtes encore endolories des contorsions réalisées pour s'infiltrer dans la maison, pour en ressortir trente bonnes minutes plus tard, elle avait tenu tout le monde en haleine depuis qu'elle était partie. C'était la première fois qu'on la laissait agir seule, sur les instructions du boss, et personne n'avait envie qu'elle se plante, on le lui avait d'ailleurs bien fait comprendre. Livrant son butin aux mains du grand Jack, la gosse était restée de marbre, gardant sa fierté pour elle, celle de savoir parfaitement que cette fois, elle avait fait fort. La mine renfrognée et les cheveux noirs bataillant autour de ses traits pâles, elle attendait le verdict, gardant bien au chaud au fond de ses poches ce qu'elle avait gardé pour elle, pour la mère, pour éviter la torgnole de plus en rentrant. C'était qu'elle foutait sacrément les jetons, en ce moment, à croire qu'elle y tenait vraiment à ce que le père sorte de tôle avant l'heure. Elle n'y avait pas cru une seconde, Octavia, parce que tout le monde le disait, que le Coleman sortirait jamais. Qu'il vendrait pas ses hommes et que le procès ne serait jamais renégocié. Elle comprenait à peu près, en laissant traîner ses oreilles ci et là, ce que personne ne lui expliquait clairement. C'était pas comme si elle l'avait vraiment connu, comme si elle en gardait de bons souvenirs. Tout ce qu'elle savait c'était qu'en attendant, c'était à cause de lui que la mère tirait la gueule et la faisait autant chier depuis toujours, pendant qu'il avait son cul bien à l'abris de celle-là en prison. Les mâchoires serrées, elle observait les gamins rentrer un à un, présentant leurs larcins alors que ses narines se plissaient de dédain. Y'en avait pas un pour l'égaler à ce boulot-là, à croire qu'ils prenaient ça pour un jeu, donnant raison aux plus vieux qui ne manquaient pas de sévérité envers les plus fainéants, les moins doués. C'était elle la plus jeune, malgré ce regard féroce qui lui donnait bon nombre d'années de plus, toisant ses pairs de ces iris qui en avaient déjà bien trop vu. S'introduire chez les gens, les piller sans merci, c'était ce à quoi on la formait depuis des mois, avec cette allure fluette qui lui permettait de passer inaperçue, de s'immiscer n'importe où. Fallait bien s'enorgueillir d'une manière ou d'une autre, et si les débuts avaient été motivés par la crainte de se payer une râclée, c'était désormais un défi de tous les jours. Une bonne raison de se pavaner en se sachant la plus efficace des mômes du quartier. Elle embêtait souvent Priam avec ça, à venir le titiller en lui racontant à quel point elle se faisait un nom, dans le milieu. C'était ce que le grand Jack répétait, ne faisant pas exception ce jour-là, alors qu'elle se contentait d'un simple hochement de tête, qu'aucune effusion sentimentale ne troublait les glaces de son regard. Ne pas montrer ce qu'elle ressentait, c'était son crédo de tous les jours, depuis qu'elle avait compris à quel point les choses étaient plus simples ainsi. On l'emmerdait moins, on la laissait tranquille. Elle avait toujours du mal à ne pas s'énerver et se mettre à s'époumoner pour un rien, mais elle faisait des efforts. Prenant exemple sur ceux qui faisaient fermer leur gueule aux plus teigneux de leur simple présence. Elle aimerait bien être comme ça, plus tard, Octavia. Se faire respecter en n'ayant qu'à entrer dans une pièce. C'était un truc qui lui plairait bien.

Foulant la ruelle de son pas conquérant, la petite brune passa déposer ce qui lui restait de son cambriolage, les planquant sous l'oreiller de sa mère, s'disant que ça la calmerait un peu ce soir. Prévoyant déjà de se barrer dès qu'elle commencerait à hausser le ton, parce qu'elle en avait marre, à force. Qu'il y en avait d'autres qui l'estimaient à sa juste valeur, et qu'elle s'en foutait bien que celle-ci ne soit jamais contente. Dévalant les escaliers en achevant d'enfiler son sweat - enfin, encore un sweat subtilisé à Priam aux manches trop grandes et tombant trop bas - la môme ne tarda pas à partir se perdre dans le dédale de ruelles qu'elle avait fini par connaître comme sa poche. Sortant le paquet de chewing-gum qu'elle avait volé en même temps que le reste, pour en fourrer un dans sa bouche et se mettre à le mâcher sans élégance, il fallut qu'elle débouche dans une nouvelle rue pour que son pas daigne enfin ralentir une seconde. Dardant ce même regard farouche sur ceux qui se tenaient sur son chemin, sa main se crispa sur le paquet qu'elle rangea dans son jean dans un geste contrarié. Malgré son visage qui s'était instantanément fermé, la lueur de surprise qui vrilla son regard resta bien perceptible pendant dix bonnes secondes, alors qu'elle reprenait sa route, déjà fâchée après elle-même d'avoir marqué cette hésitation. C'était pas la chose à faire, face à lui. Oui, parce que malgré les autres, elle ne voyait que lui, massif en face d'elle, et malgré ses efforts pour les regarder tour à tour, ses yeux revenaient inévitablement se braquer sur lui dans la seconde. Comme si elle craignait qu'il ne la prenne de court. Parce qu'elle restait sur ses gardes, tendue de la tête aux pieds, quand il s'agissait de Ray. Qu'il n'y avait rien à faire depuis qu'elle le connaissait, depuis qu'il s'était incrusté dans la ruelle trop régulièrement, en territoire conquis alors qu'elle se savait chez elle, qu'elle n'avait pas envie qu'on l'emmerde chez elle. Elle avait grandi, depuis la dernière fois, c'était en tout cas l'impression qu'elle avait, espérant bien qu'il allait le voir. Il y avait des choses qui avaient changé, des choses qui faisaient que non, elle n'avait pas peur de lui. Plus peur de lui. Pourtant ce noeud si caractéristique en sa présence se reformait déjà dans son ventre, alors qu'elle traînait des pieds jusqu'à eux, levant le menton dans leur direction. Ne pas se laisser faire. Pas cette fois. Faire plus d'efforts. Parce que c'était plus une gamine. Elle n'avait plus six ans. « Ah, pas trop tôt. » C'était que ça faisait office de bonjour, entre ses lèvres butées, fixant ses grands yeux sombres sur Ray. Comme s'ils avaient été attendus. Comme si l'idée de le voir hanter les murs de son quartier ne lui avait pas collé des frissons dans le dos depuis la dernière fois. Comme si les éclaboussures vermeilles qui décoraient sa poitrine et ses lèvres ne complètaient pas suffisamment le tableau pour lui serrer les tripes. « Cool ton t-shirt. » Fixant toute son attention sur lui, incapable de s'en détourner, la môme se stoppa devant lui en continuant à le toiser. C'était plus fort qu'elle, et ce depuis ce qui semblait être une éternité du haut de ses sept ans passés. Venir se frotter au danger, parce qu'il n'y avait rien de pire que de savoir qu'il en profitait, qu'il savait exactement le sale effet qu'il lui faisait. Qu'il fallait que ça s'arrête, si elle voulait un jour ressembler au grand Jack, se faire respecter. Que ce genre de truc s'apprenait tôt, c'était ce qu'on lui avait dit, et que c'était pas le genre de morveuse qui allait pleurer dans les jupes de sa mère. C'était ce qu'elle se répétait pour se donner du courage, la gamine, ne cillant pas une seconde. « J'ai le même, moi. » Articulant avec soin, prenant le temps de réfléchir aux mots qui lui donneraient l'air le plus sérieux possible, la voleuse en herbe fourra ses mains dans ses poches en se balançant vaguement d'avant en arrière, avant de subitement arrêter. C'était naze, de faire ça. « J'suis sûre qu'il est même encore mieux. Plus rouge, et sale. » La fierté de le dire vrilla ses prunelles alors qu'elle se laissait emballer par ses révélations, oubliant de marquer des tas de pauses comme le faisait le grand Jack pour impressionner les gens. « Et puis surtout c'est pas mon sang à moi qui est dessus, au moins, et y'en a vraiment plein alors tu te crois peut-être plus malin mais tu l'es pas du tout. » Finissant par la boucler, à bout de souffle à fanfaronner devant eux, devant lui, Octavia continua à le fixer en attendant sa réaction, certaine d'avoir marqué des points. Parce qu'il n'était pas plus malin qu'elle, que c'était la fille la plus futée du quartier, tout le monde le disait, même s'il fallait avouer qu'il n'y avait pas beaucoup de filles non plus. Alors qu'il ne vienne pas l'emmerder, parce qu'elle aussi avait du sang sur ses t-shirts. Bon, sur un seul pour être précise. Mais elle en avait. Elle regrettait d'ailleurs un peu de ne pas le porter aujourd'hui.

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MessageSujet: Re: You’re gonna cry, brat ? [Octaryan]   Mar 22 Nov 2016 - 0:23


Go back to Lexington…

Déjà…
C'est ce que tout le monde semblait penser. Leur petite bande rivale préférée. Tout du moins celle à laquelle ils se frottaient le plus souvent. Faut dire qu'habituellement la fratrie zonait toujours dans la baraque à leur arrivé. Mais pas ce coup-ci. A peine leur affaire jetée qu'ils avaient tous emboîtés le pas de Danny, qui partait seulement faire dégourdir les pattes de Jorkan.
Par conséquent ouais, fallait s'attendre à les voir déjà débarquer, comme s'ils étaient affublés d'un radar. Mais Ray ne partageait pas franchement cette réflexion. Son regard planté sur la fourrure bleu du clebs, son esgourde restait attentif à ses grognements. Et ils étaient en tout point différent de ceux alertant de leurs rivaux. C'est bien pour ces raisons que l'adolescent avait toujours préféré les animaux à ses homologues humains. Ces compagnons à poils ressentaient et voyaient bien plus de choses qu'un homme. Ils en disaient bien plus également, sans se servir de mot. Suffisait juste de prendre la peine de les écouter. Et clairement ce que lui grognait là Jorkan, c'était "jouet". Et il n'y avait bien qu'une personne qu'il appelait jouet. Son jappement ne fit que le confirmer d'ailleurs, avant que Danny ne le rappel à son pied. Enfin personne… Si l'on pouvait considérait comme tel une demi portion comme elle. Même pas la moitié d'une femme, encore moins d'une fille. Juste un os qu'il n'en avait pas finit de mâcher.
Son regard s'ancra sur sa mini personne, dés lors que le chien avait signalé sa présence, tout du moins il la devinait, le temps que l'obscurité de la rue ne la révèle. Et il ne rata pas une miette. De sa faible surprise jusqu'à son hésitation. Elle il ne la loupait jamais, sur rien du tout. Parce qu'il ne connaissait que trop l'effet qu'il avait sur elle, et le blond adorait en jouer. Ce n'est pas pour rien qu'il aimait toujours leurs escapades à Lexington. C'était pour elle. Un peu comme un amoureux transit se languissant de l'amour de sa vie. Souriant comme un débile à sa vue et cour… Ouais non, là faudrait voir à pas trop pousser mémé dans les orties !
Son sourire à lui n'était rien d'autre qu'un sourire de satisfaction. Elle avait grandit quand même cette morveuse, Ezra l'avait remarqué, mais il n'en dira rien. A ses yeux, elle restera éternellement la merdeuse traînant dans leurs pattes.

Personne ne dit rien en la voyant traîner ses guêtres jusqu'à leur pomme. Parce que tout le monde savait que c'était son jouet à lui, sa danse. Qu'ils pouvaient y participer, mais qu'il n'y avait que lui qui pouvait ouvrir et fermer le bal. My life, my rules. Il en avait toujours été ainsi, parce que dans la bande le chef c'était lui. Et quand bien même le gamin n'avait jamais revendiqué ce titre, il en avait l'étoffe. Puis même s'ils étaient aussi du même sang, que techniquement ils n'avaient rien à craindre de leur cousin, ils en avaient une certaine méfiance. Et ce n'était pas sa nouvelle appartenance aux Dogs, bien qu'officieuse, qui allait arranger ça.
Le garçon voyait bien qu'elle était incapable de le lâcher du regard, même en observant tour à tour son frère, ainsi que ses cousins. Son expression se fit alors plus prédatrice, la lorgnant d'un air carnassier. A l'image d'un vautour attendant le moment propice pour fondre sur sa proie. Seuls les couinements de Jorkan se faisaient entendre, jusqu'à ce que la gosse ne vienne à briser le silence. Ezra la laissa parler, daignant baisser la tête pour pouvoir la voir. Ses lippes s'étirèrent à mesure qu'elle s'emballait. Fanfaronnant comme toutes ces petites frappes qui ne voient pas qu'ils ont perdu une immense occasion de se taire. Elle en oublia même de respirer. Ben alors…
Si sa bouche avait put s'étirer jusqu'aux étiquettes elle y serait allé, rivalisant avec le sourire du chat du Cheshire. Cette gosse était tellement mignonne qu'il avait envie de lui tirer les joues.
Reniflant d'une façon significative, sa main nouvellement tatoué ébouriffa ses cheveux, puis il lui tira les joues sans ménagement.
- « Elle est pas mignonne la petite mini Octopus. Ah elle est dure ta vie…
Calant sa paluche entre ses épaules, il s'accroupit à sa hauteur et la prit dans ses bras. Parce que bon, en restant debout elle était un peu trop à hauteur… Bref…
Lui tapotant la tête, son genou se posa par terre, pour ne pas perdre l'équilibre, et il l'écarta de lui avant de la regarder un peu longuement. A la réflexion faite, c'était la première fois qu'il lui faisait un câlin non ? Ou il ne s'en souvenait vraiment pas. Peu importe. Son regard se fit quelque peu triste.
- Je suis désolé pour toi que ta mère soit trop pauvre pour se payer des serviettes hygiéniques, et des t-shirt neufs pour toi.»
Lui tapotant l'épaule il sortit un billet de dix dollars de son larfeuille et lui tendit : «Tiens». Derrière lui son public s'apprêtait à rire, mais ce fut le dégoût qui l'accueillit.
- « Ray, c'est immonde ça ! S'exclama son cousin.
- Nan c'est franchement dégueulasse ! » Renchérit sa sœur.
Seul Danny resta muet pour l'heure, se pinçant les lèvres pour ne pas rire. De toute façon qu'ils disent quelque chose ou non, le cadet s'en fichait pas mal. Il n'avait pas besoin de leur approbation, ou d'avoir quelqu'un qui le pousse à agir, il le faisait très bien tout seul. Et il n'aurait pas eut les autres en toile de fond qu'il se serait comporté pareil. D'ailleurs pour lui ils n'existaient même plus. Il n'y avait que lui et Octopus.
Se pinçant le pif entre le pouce et l'index, il le tordit quelque peu, et penchant la tête en avant expira fortement. Il attendit quelques secondes et le liquide vermeil se mit de nouveau à couler, tout chaud, de son nez. Il était fort pour ça. Souvent étant petit il avait fait punir ses grands frères, pour se venger, en se faisant saigner tout seul. Et ce n'était jamais le petit saignement.
- « Tu veux de l'aide peut être ? Lui proposa ironiquement Danny.
- Ça te ferait trop plaisir de l'avoir à nouveau. Lui répondit son cadet, sa voix rendu nasillarde par ses cavités pincées.
Une fois sa main repeinte de sang, il l'essuya généreusement sur le t-shirt du gnome.
- Tiens, tu pourras l'ajouter à ta collection. Et ça reste dans le thème des menstrues, même si c'est nasal. Comme ça on a le même t-shirt cool, t'es contente ? »
Ezra lui disait ça en étant le plus sérieux du monde, lui offrant le sourire du grand frère qui vient d'offrir à sa mini frangine le meilleur cadeau du monde. Ensanglanté en prime. Et jusque ici il avait été gentil avec elle. Maintenant, il n'allait pas la raté. D'ailleurs son sourire s'effaça en conséquence, lui montrant une mine plutôt fermée.
- « Maintenant on va être sérieux deux secondes si tu veux bien. Dit-il d'un ton légèrement moins avenant, marquant une pause avant de reprendre. Si t'es assez stupide pour, non seulement de te vanter d'avoir buté des mecs, en conserver des preuves chez toi, c'est que deux nous deux, le moins malin, c'est toi.
Reniflant bruyamment, l'adolescent ne se préoccupa pas du sang dégoulinant de son menton, tâchant un peu plus son t-shirt. Sa langue passa même inconsciemment sur ses lippes, se délectant de son propre vin.
- Parce qu'à ce stade de stupidité, on peut aller direct chez les condés avec tout ça. Si t'as d'la chance, tu ressortiras peut être pour ta majorité. Avec un peu moins, jamais… Comme ton andouille de père. Prenant son temps pour parler, en plus de marquer une pause entre chaque phrase, pour lui laisser le temps de digérer, il ignorait la première intervention de son frère. Quoi que dans ton cas, la seul chose qu'il pourrait chercher ce sont des chatons égorgés.
- Ray…
- Quoi ?!
Essuyant son nez d'un revers de manche, le blond se tourna vers son frère. Ce que ça pouvait l'agacer quand il faisait ça. A l'appeler sans dire quoi, alors qu'il parle merde !
- Tu vois pas qu'elle essaie juste de t'impressionner ? Commença-t-il sur un ton moralisateur, pouvant faire croire qu'il était de son côté. En faite elle est juste amoureuse cette gosse ! Tu vois pas à quel point elle est transit ? Elle peut même plus te lâcher du regard, tellement tu lui as manqué. Soit sympas un peu.
En faite c'était juste moqueur. Comme à son habitude Danny excellait dans l'hypocrisie. Et son cadet en sourit largement, ravi de voir qu'il ne faisait plus la gueule. Derrière les trois autres ne purent s'empêcher de rire.
- Ah Danny, mon Danny… Si encore y avait que le caractère. Mais là on peut même pas dire que ce soit la moitié d'une femme. » Dit-il en pointant sa poitrine même pas naissante, tout en sachant qu'elle était bien trop jeune pour être formé.  
Portant de nouveau toute son attention sur Octopus, il posa ses mains sur ses genoux pour se pencher à sa hauteur. Reniflant pour la énième fois, le revers de sa main essuyant son tarin sur le même registre, s'en mettant un peu plus partout encore.
- « Je suis désolé de briser ton petit cœur de princesse, souffla-t-il presque d'un ton un plus doucereux, comme si c'était un secret, mais je les prends pas au berceau. Faudra revenir dans quinze ans.
Ezra-Yan lui offrit le sourire compatissant du petit copain s'apprêtant à larguer sa futur ex, puis lui tapota la joue.
- Maintenant tu vas être une bonne fille et arrêter de raconter des vilains mensonges. Et tu vas aller gentiment rejoindre ton bac à sable et jouer avec les tampons de ta mère. Faut laisser faire les grands maintenant.»
Encore une fois le garçon avait bien pris son temps entre chaque phrase, posant chaque mot, sur un ton un peu mou. En faite il se serait adressé à bébé de deux mois que ça aurait donné le même effet. Oui il ne la croyait absolument pas. Mais quand on la voyait, même si c'était un véritable roquet, comment croire cette môme quand elle affirmait avoir tué ? Avec une bouille pareille, impossible de la prendre au sérieux.

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MessageSujet: Re: You’re gonna cry, brat ? [Octaryan]   Mar 31 Jan 2017 - 20:09

Y'avait quelque chose qui gonflait au fond de son thorax, qui prenait de plus en plus de place, la sphère de colère, comme l'appelait Priam, lorsqu'il essayait de lui filer deux ou trois tuyaux pour qu'elle se dégonfle, arrête de lui faire mal comme ça. Celle qui finissait toujours pas occuper tout l'espace, qu'elle ne ravalait jamais si ce n'était en sa présence à lui, parce qu'il ne parvenait jamais à l'énerver suffisamment, mais toujours à la calmer après ces autres contre lesquels elle disait n'pas avoir peur de se lancer. Il l'avait sûrement déjà préservée de bien des coups dans les dents, et peut-être lui en aurait-il évité davantage s'il s'était tenu toujours à ses côtés. Un peu comme à cet instant, où finalement, y'avait personne pour l'aider à maîtriser ses sales nerfs qui s'emmêlaient. Ray maîtrisait l'art de la foutre en rogne, de lui foutre les jetons, et le mélangé n'était jamais bon. Ce n'était pas lui qui allait apaiser le déluge qui ronronnait déjà derrière ses prunelles si sombres pour une môme de son âge, qui en avait trop vu, trop vécu. Elle étouffait déjà dans la bile qui lui brûlait la gorge alors que ses joues la tiraillaient sous ses grandes paluches prenant un malin plaisir à l'infantiliser. Ta gueule, ta gueule. Elle voulait gueuler, s'égosiller et se débattre, et pourtant elle restait totalement tétanisée, vulgaire pantin face à celui qui ne la connaissait que trop bien. Au point de savoir à quel point elle pouvait virer au rouge pivoine lorsqu'il avait le malheur de l'appeler Octopus, lui donnant envie de lui cracher au visage. Avant de se souvenir de ce qui s'était passé, la fois où c'était arrivé, quand elle avait voulu imiter l'un des grands qui l'avait fait à un pauvre type qui traversait leur quartier. L'mec n'avait pas demandé son reste, filant un peu plus vite encore dans sa petite chemise et son petit pantalon bien repassés. L'erreur avait été cruelle pour Octavia, et sûrement que ses quatre ans de l'époque lui avaient sans doute évité une raclée comme Ray aurait pu en mettre à quelqu'un de plus vieux. Il lui semblait qu'elle pouvait encore entendre son rire et comme ça l'avait hérissée d'être ainsi humiliée, encore. A croire qu'il ne savait que faire que ça. Qu'elle ne pouvait s'empêcher d'avoir la frousse quand même, même si la fureur prenait plus d'importance à chaque nouvelle visite. C'était pas qu'elle le détestait lui, non. C'était cette foutue impression qui lui nouait la gorge des jours, des semaines durant après son départ qui la mettait hors d'elle. Elle voulait pas, elle voulait plus Octavia. Ruant en grognant alors qu'il allait jusqu'à la prendre dans ses bras, elle avait beau se débattre qu'il n'en démordait pas, que ça ne semblait que faire rire un peu plus encore le reste de sa clique. Un spectacle, voilà ce que c'était, et elle s'arrêta spontanément en réalisant qu'il allait p'tetre falloir changer de tactique.

La phrase de Ray la laissa un instant interdite, passant et repassant plusieurs fois dans sa tête alors qu'elle tentait de rester concentrée, de pas montrer qu'elle comprenait pas tout, là tout de suite. A en juger par les exclamations des autres, c'était assez moche, mais le lien qui se fit dans sa tête ne semblait pas la hauteur de leurs airs à eux. Elle n'savait pas trop ce que c'était, au juste, tout ce sang là, qui traînait au fond de la poubelle sur ces espèces de boudins en tissu, sa mère lui avait dit qu'elle pissait le sang du nez de temps en temps et elle était sacrément en rogne quand ça arrivait. Si Octavia comprendrait sûrement à l'adolescence toute seule que sa mère avait déformé le tableau pour n'pas s'embarasser de quelques explications, la laissant en proie à une terreur sans nom lors de ses premières règles - à même se demander si ce n'était pas une hémorragie suite à de mauvais coups reçus dans le bide - là tout de suite, elle restait sur les saignements de nez. « Qu'est-ce-t'as, c'est la honte d'être pauvre ? » Ce fut tout ce qu'elle crut bon d'aboyer en premier lieu pour sauver ces secondes de silence, lui arrachant les billets des mains en les jetant au-dessus de son épaule. C'était rien, d'être pauvre, dans l'fond. Fallait dire que c'était tout ce qu'elle avait connu jusqu'ici, les demeures pillées semblant s'aligner dans un luxe qui ne la touchait pas - pas encore. Difficile de penser autrement alors que son plus grand modèle dans la vie était le grand Jack, le plus grand voyou du quartier. C'était peut-être quelque chose qui aurait été différent, si elle avait pu profiter de la fortune du daron, au lieu qu'il se retrouve le cul vissé en taule sans leur laisser un rond. Mais c'était pas l'cas, comme aimait s'en lamenter la mère. « Trop sympa, oulala. » Baissant un oeil morne vers son t-shirt désormais retartiné de carmin, ses grands cils ramenèrent son regard au sien, le fixant de toutes ses forces alors que ses mots sortaient de manière hâchée entre ses dents. « Pas la peine de t'donner ce mal, j'pouvais le récupérer toute seule. »

Cela se transforma en marmonnement avant de s'éteindre tout bonnement, le ton de Ray suffisant à l'immobiliser alors que cette foutue crainte revenait lui tordre les tripes à lui en filer la nausée. C'était qu'il la faisait flipper, à parler comme ça, putain. Il la faisait franchement flipper, au point de laisser l'aigreur de l'évocation de son père se faire la malle deux secondes. Elle aurait pu rester pétrifiée là, légèrement inclinée en arrière pour s'éloigner un maximum sans que ses pieds daignent se décoller du sol, si les mots du frère n'avaient pas détourné son attention deux secondes. Sa mâchoire manqua de se décrocher alors qu'elle s'arrachait enfin à la contemplation quasi-hypnotique du nez sanguinolent que Ray agitait devant elle à chaque fois qu'il proférait de nouvelles mises en garde. Son esprit s'agitait à mort, entre les ricanements accompagnant l'hypothèse qu'elle puisse être amoureuse de cette grande tête de guiche, le mot sur son père, l'air sérieux de Ray qui la remettait à sa place. Mais pire, pire que tout, la remise en question de ses dires. C'était vraiment le pire. A l'en faire trembler de rage, à entendre les mots sans prendre la peine d'écouter, parce que ça y'était, elle allait exploser, là tout de suite maintenant. Elle avait franchement exploser.

Un grondement guttural s'éleva des tréfonds de sa gorge, chiot enragé profitant qu'il se tienne toujours penché vers elle pour s'approcher d'un pas en continuant à le dévisager, ses petites mains venant se coller à son nez sans ménager sa force, pressant avec violence en récupérant le liquide chaud pour s'en tartiner deux peintures de guerre sur les joues, levant le menton l'air de dire t'l'avais vue venir, celle-là, pauvre con ? Les traits barbouillés de sang pour effacer la trace qu'il avait dû y laisser en lui tapotant la pommette, un grognement acheva de délier sa langue. « Dans quinze ans, j'reviendrai t'buter, t'verras si c'était les tampons d'ma mère. » Les tampons de nez, bien entendu. « T'me crois pas, parce que j'suis sûre que t'l'avais pas fait hein ? Hein ? T'l'avais pas fait, toi tu jouais encore dans tes bacs à sable d'moins pauvre que moi. » Encore un peu et la fureur allait se mettre à lui mousser aux lèvres, alors que tous ses mots se mélangeaient, qu'elle s'approchait comme jamais, à quasiment venir coller son front au sien pour continuer à capter son regard. « Moi j'l'ai fait, toi tu m'crois pas mais j'l'ai fait, et c'était pas des chatons. » Rugissant sans tenir le moindre du monde compte de ses remarques prônant la discrétion, la gosse fulminait alors que les mots débordaient, encore et encore. « T'avais quel âge toi hein ? C'qui la princesse ?! » Les vociférations allaient lui donner des airs de cinglée, prête à s'faire enfermer, sa pire face prenant le dessus sur le peur qui reviendrait bien assez tôt sans doute. « Et j'serai jamais amoureuse de toi ou de personne, j'suis pas complètement débile, c'est pour les débiles, ça. » Achevant sa tirade alors que sa cage thoracique s'élevait et s'abaissait dans un rythme effréné, prenant lentement conscience de l'avoir menacé de mort, la brune la boucla, le toisant en essayant de pas perdre ses moyens à nouveau, à vouloir parler comme les grands, à s'emporter comme une timbrée. Y'avait vraiment que Ray, pour la faire dérailler comme ça.

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MessageSujet: Re: You’re gonna cry, brat ? [Octaryan]   Jeu 9 Fév 2017 - 2:28


Go back to Lexington…

De la fascination. Curieuse, malsaine peut être. Mais surtout jouissive et profondément sadique. C’est ce que lui inspirait la gamine. Une grande, grosse et énorme fascination. Et ce depuis qu’il avait vu le ventre de sa mère s’arrondir, jusqu’au ce que ses petits yeux sombres ne se posent sur lui, se choquant à la froideur du bleu de ses iris, sous son petit duvet noir. Ezra-Yan se souvenait encore des frayeurs qu’il lui avait collées, à sa mère, en l’emmenant faire un tour en poussette sans prévenir personne. Puis des tours qu’il passait son temps à lui jouer à ce petit poulpe. Rien que pour elle il supportait quinze heures de bouzine. Rien que pour elle il était toujours ravis de faire ses valoches, et ce depuis maintenant sept ans. Alors pour l’avoir vu en couche culotte, baver sur le mamelon de sa mère, faire ses premiers pas, prononcer ses premiers mots, faire ses premiers rots et accessoirement lui vomir dessus parce que le repas ne passait pas… Non il ne pouvait pas la prendre au sérieux. Ce petit bout de gamine pourrait être sa sœur, du coup ouais c’était plus fort que lui. Il se devait de l’asticoter quand il la voyait, même si elle le lui rendait bien, toujours. L’adolescent en venait parfois à regretter leur si grand écart d’âge. Peut être que ça ce serait passé autrement si elle avait le siens. Ou peut être pas…
Enfin c’est surtout que des fois il les oubliait ces onze ans d’écart. Il en oubliait qu’elle était encore une gamine, et lui presque un adulte. Du moins sur le papier, parce qu’en pratique c’était tout à fait autre chose. Du coup il en oubliait qu’elle ne pourrait pas tout comprendre, de ce que ses pensées lubriques pourraient bien trouver à lui sortir de graveleux. Parce que de toute façon, qu’elle bitait ou pas, Ray savait très bien que la gosse ferait tout pour pour donner le change. Histoire de ne pas perdre la face. Parce qu’elle détestait ça, la petite, de perdre la face, surtout devant lui. Même s’il le sentait, à travers ses mots, à travers tout son être, tel un prédateur en pleine chasse, il sentait la peur qu’il lui instillait. Et ça l’amusait. Ça lui plaisait. C’était un sentiment qui lui avait toujours fait prendre son pied. Jouir même… Distiller la peur de sa simple présence, d’un simple regard, avant de ne devoir user de mot ou bien d’acte. Depuis tout gosse le blond avait bien compris que c’est ce qu’il inspirait aux autres, sans vraiment en avoir conscience. Dans son comportement bien trop proche de celui d’un animal, dans sa façon de parler, de s’imposer… Avec le temps il avait appris à en jouer, et même si aujourd’hui il l’apprenait encore, ce jeu de la peur, il était doué. Il était doué parce qu’il savait la flairer cette peur, comme un chien policier renifle de la drogue. Il savait noter la faille à exploiter, repérer les personnes brisées, ceux qu’il pourrait recruter, modeler, dresser… Peut être parce que quelque part lui aussi était cassé. Plus facile de retrouver ses semblables ainsi. Comme un phare dans la nuit.
Quelque part Octa, elle était comme ça. Comme lui… Mais peut être plus influençable. Sans doute due à son jeune âge, ou due au fait qu’elle n’ait pas ce truc cassé en elle. Sans doute que sa place à lui aurait été derrière les barreaux. Derrière les barreaux et chez les barjots. Les siphonnés du bocal, les pétés du casque, les psychocéramiques, les timbrés… Ouais, sans doute qu’il y aurait parfaitement eu sa place, comme tant d’autre. Seulement il n’y était pas. Seulement ses parents s’étaient contentés de l’élever comme il pouvait, sans perdre leur temps chez un psy. Ils auraient peut être dû, ils l’avaient pas fait. Et il était là, le t-shirt et la gueule pleine de sang, agitant un tarin rougit au dessus d’un gnome en colère. Un gnome ou un petit clown. Ouais elle était un clown, parce qu’il ne pouvait s’empêcher de rire face à ses efforts trop vains pour paraitre crédible une seule seconde. Pas à ses yeux en tout cas… Sans doute parce qu’il la connaissait trop bien la môme. C’est pour ça que le gosse se contenta de rester silencieux face à ses répliques et son petit manège. T’façon y avait rien à répondre. Les billets il ne prendrait même pas la peine de les récupérer. Qu’elle les aurait déchiré qu’il s’en fichait pas mal. Et puis pauvre, pas comme si les Chandler roulaient sur l’or, entre la retraite anticipé minable de son daron, le faible revenu du taf de sa mère et le braconnage. Lui gagnait plus en truandant les combats avec Dany et en tant que Prospect chez les Dogs. Alors bon, pas de quoi réagir à pauvre argument marmonné du bout des lèvres. La seule chose qu’il fit, fut de glisser ses mains derrières ses oreilles en rigolant, pour lui signifier qu’il n’avait rien entendu.

Enfin, il la connaissait, cependant Octavia parvenait encore à le surprendre. Ray se redressa d’un coup quand elle lui pressa le nez, la douleur se réveillant, galopa dans ses fosses nasales jusqu’à son front. Se pinçant ses narines entre le pouce et l’index, le sang lui coula de nouveau entre les doigts. Son t-shirt allait finir par totalement changer de couleur à ce rythme !
Ses yeux s’écarquillèrent face au pétage de câble de la gamine. Ray en demeura tellement coi, qu’il en oublia les autres derrière et qu’il n’entendit même pas Jorkan aboyer. C’est surtout que son cerveau cherchait un sens à ce qu’elle venait de dire.
Bon ok, la menace de mort c’était clair comme de l’eau de roche. Mais le reste… Putain… Elle en tenait une couche celle là ! On lui avait pas appris à s’exprimer correct à l’école ? Rho l’cadeau ! Sans doute que si justement il ne la connaissait pas si bien, il aurait abandonné d’essayer de trouver un sens au méchoui de ses mots. Il lui fallut quelques minutes, le temps de brancher son décodeur et d’enclencher la fréquence Octopus, mais il finit par comprendre. En effet… Lui avait douze ans quand il avait défoncé le crâne de son pote Teddy pour lui ouvrir le thorax, mais à l’inverse d’elle, il savait que c’était une chose dont il ne devait pas se vanter. De toute façon, à l’époque personne l’avait cru et personne ne l’avait retrouvé le Teddy. Alors autant ne pas ressortir ce dossier. Par contre jouer avec des alligators et des crotales, c’était pas forcément mieux…
Son rire, rendu nasillard par son pif pincé, finit par briser le court silence qui c’était plus ou moins installer. Si on exceptait l’intervention du clebs.
- « Woooh. Ça y est toi être calmé Pocahonctopus ? Dit-il moqueur avant de relâcher ses narines. J’crois qu’j’ai capté en faite. Tu les tues en leur f’sant exploser le cerveau ! Parce que si tu cause à tout l’monde comme ça, putain ! ils doivent pas biter un broque de c’que tu bave ! S’exclama Ray en levant les bras au ciel, écartant les doigts, comme pour mimer une explosion de tête.
Marquant une pause entre chaque phrase, lui se montra parfaitement calme. A l’inverse d’elle, lui n’avait aucune raison de s’énerver. Reniflant bruyamment, ses dents maltraitèrent l’ongle de son petit doigt, tandis que ses yeux, brillant de malice, l’observaient en se retenant de rire.
- En effet… Admit-il. J’étais plus vieux, mais c’est tellement plus amusant de jouer avec de futur sac à main et des bêtes à venins, quand une seule morsure peu t’envoyer à la morgue.
Là-dessus Dany ne pouvait qu’approuver. Lui qui avait bien faillit perde ses deux guiboles, emporté par un croco. Et combien de fois il l’avait retrouvé, à à peine trois ans, en train de tirer sur la queue d’un mocassin. Puis à cinq ans, à poil et un caleçon sur la tête en guise de turban, en train d’essayer de charmer un crotale avec sa flute à la con. Inconscient qu’il était ce gamin à jouer comme ça avec la mort. Mais jamais il ne s’était fait mordre ! Avec Tad ils avaient monté un numéro pour touriste. Ça avait durée quatre jours, avant que leurs parents ne découvrent le pot aux roses. Ah ça, ils s’étaient tous les trois pris une telle rouste, qu’ils n’avaient pas put s’assoir pendant trois jours !
- Tu veux vraiment pas lui parler de ton petit numéro avec les serpents à sonnettes, quand t’avais cinq ans ? Intervint Danny.
Son cadet lui décocha un regard un coin et balaya sa proposition d’un revers de main.
- Nan… On va pas faire un concours de bite, la pauvre n’est pas équipé pour. Mais t’as raison ma petite Octopus, dit-il en se penchant une nouvelle fois vers elle et lui tapotant la joue, l’amour c’est nul. C’est une histoire de grand. C’est pas ta mère qui va t’apprendre ça. »
Oui c’était naze de s’en prendre à sa mère comme ça, sur des sujets qu’elle ne pouvait pas comprendre. Mais c’était de sa faute à lui, si elle ne lui faisait pas son éducation ? A croire que plus rien n’comptait maintenant qu’le vieux de la p’tite avait atterrit au violon. Pauvre gamine… Elle n’allait pas aller loin avec une mère pareille. C’est à peine si elle allait découvrir les choses de la vie. Ou peut être pas de la meilleure des façons.

Profitant qu’il soit encore à sa hauteur, et que le sang sur ses doigts soit encore frais, pour lui rajouter une ligne sur les joues et un point sur le nez. Voilà c’était mieux comme ça. Un mignon petit chaton. Se redressant, Ezra-Yan essuya ses mains sur ses poches arrières, et jetant sa tête en arrière, fit un tour sur lui-même pour prendre un peu de distance. Son nez renifla, encore, tandis que ses yeux se perdirent dans la contemplation du ciel, ses paluches s’enfonçant dans ses baguenaudes.
- « Par contre, y a un truc qui me chiffonne un poil. Ses épaules se soulevèrent, puis sa tête roula pour regarder vaguement vers la fenêtre, vers laquelle ses pas le menaient. Tu me pète les esgourdes en voulant me faire croire que t’as buté un mec plus grand et plus large que moi… toi… bébé Octopus… trente centimètres les bras levés… Par contre moi, tu veux me faire poireauter une décennie et demi ?
Son pied se suspendit dans les airs, avant de se laisser retomber en arrière, amorçant une marche arrière, tandis qu’il ravalait le peu de distance qu’il avait mis entre eux. Son corps se balança en avant, stoppant son visage à quelques centimètres du siens.
- S’cuze moi du peu si j’ai un peu de mal à avaler tes couleuvres. T’as les foies ou quoi ? Il se redressa de toute sa hauteur et la toisa, l’œil brillant d’une lueur mauvaise. Moi j’te crois pas !
Reculant de nouveau, il sortit ses mains de ses poches, la gauche armée d’un couteau à papillon. Ezra-Yan l’adorait ce couteau, parce que c’était un cadeau de son frère Tad. Il avait mis du temps à le manipuler, il avait même faillit en perdre un doigt. Mais maintenant… maintenant, c’est un jeu d’enfant. D’un mouvement souple du poignet, il le déplia, ses doigts souples le manipulant avec une aisance déconcertante.
- Moi j’suis comme saint Thomas, j’crois que ce que je vois. Alors on va jouer à un jeu. Amorçant deux pas en arrière, le jeune homme s’arrêta et pointa la lame contre lui. Par ici ça ne fait que blesser, mais ça fait un mal de chien. Par là t’as la rate, ici le foie, là l’estomac. Juste entre ses deux côtes, les poumons, et là le cœur.
A chaque partit qu’il énonçait, la pointe entailla une partie du tissu, comme pour lui marquer les points. Il prenait son temps, pour qu’elle assimile bien, ignorant son frère qui l’appelait pour l’intimer à arrêter. Appel dont il n’y répondit que part un signe de main qui ne voulait que dire « je sais ce que je fais ».
- Mais vu ta taille de nainbus, ce point là est mieux. Il pointa l’intérieur de sa cuisse. La fémorale…
Manipulant le couteau, la lame rentrant de nouveau dans son étui de métal, avant d’en ressortir, tandis qu’il se rapprochait de nouveau d’elle. Ezra-Yan était un véritable acteur dans ce théâtre qu’était la rue. Et il savait parfaitement occuper son espace, placer ses mots, son ton, ses gestes. Il était joueur, il aimait jouer, et ce sur tous les plans. Au détriment de sa propre sécurité.
Le manche pivota entre ses doigts, sa main attrapa son poignet, puis claqua la garde dans sa paume, avant d’écarter les bras.
- Alors maintenant montre moi. Vas-y… J’attends ! Je suis à ta merci Octopus, je ne bouge pas. Tu sais où frapper. Alors montre-moi, comment tu l’as tué.
Son ton se trouvait posé mais horriblement pressant. La tension monta d’un cran, autant pour son frère que pour ses cousins. Même Jorkan se balançant d’une patte à une autre, nerveux, en regardant son maitre.
- Pardon… Comment tu l’as soit disant tué… A moins que tu l’ais fait dans son sommeil. Lâchement, et là y a pas franchement de quoi s’en vanter. S’acharna-t-il, avant de laisser traîner volontairement sa dernière phrase. Poussant la moquerie dans chaque mot. Ou tu l’as juste assommé avec ton baratin de gamine en mal d’attention ? »
Le regard qu’il planta dans le siens était indescriptible. Ray n’avait pas peur non… A se demander s’il était capable de la ressentir la peur. S’il avait seulement conscience de ce sentiment. Pourquoi aurait-il peur ? C’est elle qui avait peur, comme à chaque fois. Même si c’était la première fois qu’il la poussait aussi loin dans ses retranchements. Sans doute serait-il surpris, sans doute qu’il ne le serait pas. Octavia le savait, qu’elle ne devait pas jouer avec lui sur ce plan là.
Peut être qu’il l’y avait sa place chez les tafalos, les mabouls, les starbés du bulbe. Les narvalos, les ravagés du cerveau, les azymutés… Pourtant il était encore là, poussant une gamine à le planter. Ouais il était encore là… Mais dans quel état ?

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