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 [Elizabethtown ~Ciaspen ]Tout sera statagème

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MessageSujet: [Elizabethtown ~Ciaspen ]Tout sera statagème   Dim 16 Oct 2016 - 18:37

Ce sera à la vie ou jamais
— Ciaran O'Doherty & Aspen Wolstenholme —
Je peux tout faire Même des erreurs, Tu peux tout - prendre Mais pas mon coeur, Tout sera stratagème, S'il me résiste, Tout sera stratégie, S'il m'aime — Tout sera stratagème.

Aspen n’était pas tout à fait sure de pourquoi elle avait accepté ce diner, alors qu’elle vérifiait le pli de sa robe dans le miroir de sa chambre, quelques minutes avant de partir. Ce qui était sur, c’était qu’elle avait été on ne peut plus surprise de recevoir l’invitation du psychologue de l’hopital, quelques jours plus tôt, via une petite carte reçue à son bureau. Evidemment, son adresse professionnelle n’était pas difficile à trouver, mais c’était toujours étrange de recevoir ce genre d’invitation de la part d’un quasi inconnu, bien que son explication était tout à fait respectable : il tenait à la remercier pour son aide pendant leurs péripétie à l’hôpital, en tout bien tout honneur, et de discuter de cet évènement pour s’assurer qu’elle n’en gardait aucun traumatisme. De plus, l’adresse de restaurant était tellement prestigieuse que la gourmande Wolstenholme ne s’imaginait pas se priver de ce genre d’opportunité de gouter à des mets si fins et délicats. Le restaurant était à Elizabethtown, donc hors de Radcliff, et c’est peut être ce qui la décida à accepter ce diner : sortir un peu de son environnement habituel, avec une personne différente, cela lui permettrait peut être d’avoir la bouffée d’air frais dont elle avait tant besoin. Alors elle avait convenu d’une date avec Ciaran, et maintenant, il fallait qu’elle se dépêche si elle ne voulait pas être en retard.

En passant dans le salon, elle fit valider sa tenue par Kaisa et Quinn qui étaient confortablement installées dans le salon, satisfaite de son choix : elle était apprêtée, en tout cas bien plus que ce qu’elle l’avait été ce jour là à l’hopital, mais pas trop. Elle n’avait pas envie de ressembler à un poule, ou à une fille désespérée de plaire. Non, elle était tout en grâce et en finesse, pas avec un panneau Je suis Célibataire, au secours, sur le front, et heureusement. Et puis de toute façon, elle ne venait pas pour séduire Ciaran, n’est ce pas ? N’est ce pas ? Bref, elle enfila son manteau, ses escarpins, puis démarra sa voiture dans un vrombissement de moteur : elle avait hâte de profiter d’une vraie soirée de détente et de découverte.
Accepter une sortie avec un homme, pour Aspen, était une véritable thérapie : pendant longtemps, elle avait occulté toute intimité, même amicale, avec des hommes. Elle ne renâclait pas à rencontrer de nouvelles personnes, simplement en dehors de Marius et Priam, qu’elle considérait vraiment comme des presque frères, elle conservait une certaine distance avec les autres hommes. Enfin, ça, c’était avait James : elle avait développé un petit crush pour le new yorkais qu’elle avait rencontré via des amis communs, et à force de soirées en groupes, elle avait fini par accepter un premier rendez vous, rien que tous les deux. Pour Ciaran, c’était un peu différent : elle voulait se prouver qu’elle était capable, capable d’intéresser quelqu’un, même amicalement, sans toute sa cours autour d’elle. Elle avait encore besoin de se prouver qu’elle n’était pas inintéressante et sans relief quand elle devait se suffire à elle-même face à un homme. C’était tragique, ce manque de confiance en elle, et il y avait surement quelque chose de traumatique dans cette histoire, liée à son père ou à ses expériences amoureuses déçues, de quoi se repaitre pour un psy pendant de longues séances, mais ça … Aspen n’y tenait que très moyennement. Elle préférait faire face à sa manière, aussi maladroite pouvait elle paraitre parfois.

Garée devant le restaurant, qui se révélait encore plus chic que ce qu’elle imaginait, Aspen vérifia ses cheveux une énième fois avant de sortir de sa voiture et de chercher le psychologue du regard : elle était pile à l’heure, aussi elle allait voir si ce dernier était plutôt du genre en avance ou retardataire. Se tenant bien droite devant le présentoir des menus, elle vérifiait sur son téléphone si elle n’avait pas reçu un message d’annulation, voire même un message tout court. Finalement, elle découvrit Ciaran qui sortait du restaurant pour l’accueillir, lui offrant un sourire charmant, bien qu’un peu embarrassé. Respire, Aspen, il ne va pas te manger.

- Bonjour Docteu… Ciaran. Vous êtes arrivé il y a longtemps ? Je ne suis pas en retard, j’espère.

Ça lui faisait un peu bizarre de l’appeler par son prénom, et elle n’avait pas pu se résoudre à le tutoyer, pas tant qu’il ne la tutoyait pas en tout cas. Elle remit une mèche de cheveux derrière son oreille, avant de le suivre à l’intérieur. C’était peut être bête ou étrange, mais elle se sentait presque intimidée par Ciaran, à ce moment là : il avait quand même un tout autre standing ainsi, sans sa blouse et prêt pour leur diner. Et il fallait l’avouer, il avait un regard plus que troublant …
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MessageSujet: Re: [Elizabethtown ~Ciaspen ]Tout sera statagème   Dim 27 Nov 2016 - 20:14

Tout sera stratagème
Aspen & Ciaran



Lorsque Ciaran avait envoyé la petite carte d'invitation à Aspen, il n'avait pas cru un seul instant qu'elle accepterait. A vrai dire, il s'était plutôt attendu à ne rien recevoir, quitte à se dire que la jeune femme le prenait pour un fou. Ce qui n'était pas totalement faux, puisque l'Irlandais faisait partie de cette catégorie de personne dont on pouvait aisément dire qu'elle n'avait pas la lumière à tous les étages et un nid d'araignées au grenier. Pourtant, il n'avait pas hésité bien longtemps avant de lui faire porter le pli, rédigeant, d'une écriture si fine et impeccable qu'elle ne pouvait appartenir qu'à un sociopathe, une quelques phrases de remerciements et l'adresse de l'établissement qu'il avait retenu. C'est que Ciaran était un gourmet. Il aimait autant les belles choses que les bons repas, autant les esprits faibles que les génies. Il avait choisi un restaurant d'Elizabethtown, spécialisé dans la gastronomie française, et dont les prix frisait franchement le ridicule. Il ne se souvenait pas avoir jamais vu une blanquette de dinde aussi cher et pourtant, il avait dîner aux meilleures terrasses de Paris ! Seulement voilà : ce restaurant servait les meilleurs plats mijotés de l'Etat, sans la moindre hésitation. Après tout, la belle Aspen Wolstenholme lui avait sauvé la vie, à l'hôpital, et le mutant était pétri d'une curiosité quelque peu malsaine vis à vis de la relation qu'entretenait la jeune femme avec Noeh Callahan. Plus il entendait le jeune homme se plaindre de ses déboires amoureux, plus il avait envie d'exercer ses talents de séducteur sur la ravissante rouquine. Si Noeh faisait la fine bouche, il serait bien le seul ! Et quelque part, l'Irlandais avait simplement envie d'en savoir plus sur la Wolstenholme, savoir d'où elle venait, où elle allait... Comment de jolies mains impeccablement manucurée pouvaient aussi bien manier le couteau, dusse-t-il avoir l'air profondément sexiste en pensant une chose pareille ?

Vraiment, Ciaran avait été surpris de recevoir un message de la jeune femme, et plus encore de la voir accepter. Décidément, tout lui réussissait, depuis quelques temps ! Satisfait, le psychiatre avec convenu avec l'architecte d'un jour, d'une heure et d'un lieu de rendez-vous pour une petite soirée qui pouvait prendre toutes les tournures imaginables. Comme à son habitudes, le mutant avait revêtu un élégant costume taillé sur mesure, optant pour un gris anthracite du plus bel effet, ainsi qu'une cravate bleue marine. Chaque détail était important, et il gardait tout de son allure habituelle sans en faire trop. Juste ce qu'il fallait.

Roulant au son du dernier tube pop rock à la mode, il se surpris à le chanter à tue-tête sans hésiter un seul instant sur les paroles. Décidément, ses goûts en matière de musique étaient aussi ridicules et étonnants que sa culture cinématographique. Jetant un œil à son téléphone posé sur le siège passager, il se rendit compte que pour une fois, il allait avoir de l'avance. Il fallait croire que le rendez-vous le tenait suffisamment à cœur pour qu'il fasse l'effort de ne pas être en retard. Une fois arrivé, il gara sa voiture, glissa le téléphone dans sa poche et se dirigea vers le restaurant. Après avoir donné son nom et demandé sa table à un serveur, celui-ci l'y conduisit, et Ciaran constata qu'il était le premier arrivé. Ce ne fut pourtant pas un problème, car à peine avait-il laissé son manteau au vestiaire qu'il aperçu une imposante et magnifique chevelure rousse au dehors. Aucun doute, c'était Aspen.

Remerciant la personne qui prenait en charge ses affaires, le psychiatre sortit du restaurant pour accueillir sa compagne d'un soir. Elle était en beauté, sans paillettes ni artifices, simplement vêtue avec goût et élégance. Elle marquait plus d'un point, car le psychiatre en avait croisé, des dindes prêtes à impressionner, d'imposantes gourgandines qui rivalisaient de mauvais goût pour impressionner alors qu'elles lui donnaient simplement envie de s'arracher les yeux. Il offrit un sourire à Aspen, scrutant son visage de ses perçants yeux bleus, et lui offrit son bras pour entrer à nouveau dans le restaurant.

« Oh non, je viens tout juste d'arriver ! Un peu plus et nous aurions pu arriver ensemble ! » dit-il avec un sourire amusé.

Il laissa le soin à la jeune femme de laisser ses affaires au vestiaire, et l'accompagna jusqu'à la table qui leur avait été attribuée. Si la salle était pleine, les discussions étaient posées, et il régnait une atmosphère de luxe et de sérénité que l'on trouvait difficilement à Radcliff. Après s'être installé, Ciaran remercia le serveur qui leur apporta les cartes ainsi qu'une carafe d'eau fraîche.

« As-tu fais bon voyage ? Enfin... Tu ne vois pas d'inconvénient à ce que nous nous tutoyions ? Nous avons partagé des émotions si fortes la dernière fois que je me suis dis que ça briserait un peu la distance... »

Il fallait dire que leur première rencontre avait été quelque peu... Mouvementé. Pour ne pas dire fort désagréable pour Ciaran, qui détestait ce genre d'imprévu. Parcourant la carte d'un regard distrait, il préféra reporter son attention sur la jeune femme.

« Tu es ravissante, la couleur de ta robe te sied drôlement au teint. Tu as fais bon voyage ? »

Des badineries, des compliment, toute une sauce savamment étudiée pour entamer les hostilités et la mettre à l'aise. A vrai dire, il ne la connaissait pas encore assez pour savoir quoi raconter d'autre d'entrée de jeu. Lorsque le serveur vint s'enquérir de leur choix, Ciaran avait à peine fini de se dire que le repas allait lui coûter un bras, et il préféra commencer à enterrer son compte en banque en choisissant une boisson.

« Je prendrai une coupe de champagne. Tu veux quelque chose ? »

Trinquer, c'était une bonne manière de poursuivre. A leur récente survie face à un monstre, à cette soirée de calme et de frivolités, ou encore à la curiosité mal placée du psychiatre.

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MessageSujet: Re: [Elizabethtown ~Ciaspen ]Tout sera statagème   Lun 5 Déc 2016 - 21:51

Ce sera à la vie ou jamais
— Ciaran O'Doherty & Aspen Wolstenholme —
Je peux tout faire Même des erreurs, Tu peux tout - prendre Mais pas mon coeur, Tout sera stratagème, S'il me résiste, Tout sera stratégie, S'il m'aime — Tout sera stratagème.

Si il y avait bien une chose qu’Aspen n’avait pas oublié, c’était la clarté des iris de Ciaran. C’est d’ailleurs ce qu’elle remarqua en premier quand il était apparu devant lui comme si il l’attendait lui aussi de son coté depuis quelques minutes. Quand elle y repensait, elle s’était souvent dite que ses iris avaient cet éclat si étrange dans son souvenir à cause des néons, ou tout simplement à cause de la dose d’adrénaline dans ses veines à cet instant précis qui aurait pu tromper ses sens, mais non, définitivement pas, c’était bien les mêmes prunelles topaze qui la fixaient avec intensité et un certain… Plaisir ? Soulagement ? elle ne savait pas vraiment, et c’est pourquoi elle se contentait de fixer le psychiatre, sans baisser les yeux. Il n’était pas né, l’homme qui lui ferait détourner le regard, aussi troublantes ses iris étaient elles, alors qu’elle plaçait son bras autour du sien, relevant un tout petit peu le menton.

- Hmm, et bien tant mieux, je n’aime ni attendre ni faire attendre, c’est plutôt bien tombé.

Elle déposa son long manteau sur un portant du vestiaire, dévoilant une robe d’un vert profond, sa couleur préférée : elle n’était ni trop près du corps, ni trop ample, le genre qui seyait autant à une présentation devant des actionnaires qu’à un diner en tête à tête. Elle avait rehaussé sa tenue d’une paire de bracelets en argent discret, cadeau d’un ami de New York, qui donnait un petit supplément de charme à l’ensemble. Qui le complétait, comme disaient celles qui savent, à la grosse pomme. Elle s’installa en face de Ciaran avec un petit sourire, balayant la pièce du regard comme à son habitude : elle n’avait reconnu aucun visage familier, mais n’arrivait pas encore à se décider de si c’était une bonne chose ou non.

- Oh oui oui, et non. Oui, j’ai fait bon voyage, il faut dire que ce n’est pas si loin, et non, cela ne me dérange pas. Je suppose que Tu… as raison, se vouvoyer donnerait quelque chose d’un peu artificiel à la conversation, ce serait dommage.

Et puis ce n’était pas comme si il avait l’âge d’être son père : il avait quoi, une petite dizaine d’années de plus qu’elle ? Elle tutoyait des collègues bien plus âgés sans problème dans le cadre professionnel, alors pourquoi pas, hein. Quant aux émotions fortes… Elle ne pouvait nier que l’épisode l’avait contrarié, au moins un peu, mais force était de constater qu’elle s’en était remise avec facilité : la force de l’habitude, surement … Le compliment sur sa robe lui tira un sourire, alors que sa question sur son voyage – encore-, le fit s’agrandir un peu plus. S’il se répétait, c’était qu’il n’était peut être pas si à l’aise qu’il voulait bien le laisser paraitre, et cela la rassurait peut être un peu, mine de rien. Il n’était finalement pas si assuré que cela, et ce n’était pas plus mal aux yeux de la rouquine :

- Merci, j’aime beaucoup cette couleur. On dit que le vert va à toutes les rousses, ce n’est pas une légende. Et, oui, toujours aussi bien que la première fois que tu me l’as demandé.

Elle était taquine, c’était sa manière à elle de tâter le terrain, de voir jusqu’où l’humour et le self control de l’homme en face d’elle pouvait aller. Pour l’instant, ce n’était rien de très méchant, après tout elle était en phase d’approche, elle aussi, et se trouvait bien incapable de savoir comment ce dernier allait réagir à tels ou tels de ses paroles ou de ses agissements. Aussi préférait elle y aller doucement, alors qu’elle acceptait dans un hochement de tête sa proposition d’une coupe de pétillant. C’était plutôt innocent, le champagne, peu de chance que cela lui monte à la tête, et ce bien que son estomac soit complètement vide. Il ne fallut pas plus qu’un geste de la main de Ciaran et une petite dizaine de secondes pour que les verres leur soient présentés par un serveur particulièrement zélé. Aspen se saisit de la flute – du cristal, elle en était presque sure- avant de la lever en direction de Ciaran :

- Et bien à nous et notre, hum, victoire contre l’adversité, si j’ose dire…

Elle trinqua puis trempa les lèvres dans l’alcool doucement amer, avant de reprendre, plantant ses prunelles noisette dans celles à l’apparence si pure du psychiatre :

- Et donc tu as eu le dénouement de cette histoire ? Cette bête, ils ont fini par l’attraper, n’est ce pas ? Il n’y a pas eu trop de dégats, à l’hôpital, je n’ai pas vraiment eu l’occasion d’y retourner, à part pour visiter une amie qui est devenue maman il y a peu..

Tiens, voilà qu’elle racontait déjà des détails insignifiants de sa vie… Enfin, il fallait bien commencer quelque part, n’est ce pas ?

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MessageSujet: Re: [Elizabethtown ~Ciaspen ]Tout sera statagème   Jeu 5 Jan 2017 - 17:17

Tout sera stratagème
Aspen & Ciaran



Ciaran O'Doherty ne faisait pas partie de ces tristes hères affublés d'un cruel manque de confiance en eux. Au contraire, il souffrait d'un excès évident de cette confiance, et marchait sur des œufs sans jamais se soucier du risque d'en faire une omelette. Ciaran avait confiance en lui, en son charisme, en ses regards et ses sourires, en sa verve aussi acérée qu'amusante, en sa conversation, mais il avait surtout une confiance aveugle en sa mutation. Et il en jouait, l'imbécile ! Son ego démesuré n'était pas encore parvenu à l'étouffer, et il restait persuadé que jamais personne ne saurait qui il était vraiment. Personne ne pourrait deviner qu'il était en réalité un mutant, doté du merveilleux pouvoir de contrôler les sentiments de tous ceux qui l'entouraient. Personne ne saurait tant qu'il ne dirait rien. Non. Personne ne devinerait, pas même un chasseur, car après tout, il avait grandit dans la terreur de voir un jour l'amour factice et démesuré de ses parents se transformer en haine si la vérité venait à éclater au grand jour. Alors, bien évidemment, il était parfaitement serein au moment où il prenait place face à la plus ravissante huntress qu'il ait jamais eu le plaisir de côtoyer. Qui aurait cru que la belle et sulfureuse Aspen maniait aussi bien le couteau que les bonnes manières et le bon goût ?

Confiant, il l'était, le psychiatre. Sûrement un peu trop, alors qu'il installait par réflexe un climat de confiance et de sérénité à l'aide d'un don qui agissait presque indépendamment de lui, désormais. Par vanité et excès de confiance, il allait la prendre pour plus bête qu'elle n'était, la Wolstenholme, négliger sa perspicacité, et nul doute qu'il s'en mordrait bientôt les doigts. Il était fragile, le château de cartes qu'il avait construit de ses mains, si fragile que si une carte venait à tomber, c'est tout l'édifice qui se casserait la figure dans la foulée. Pourtant, malgré cette fragilité, Ciaran ne s'inquiétait pas, et c'est tout naturellement qu'il entama la conversation. Il devait bien avouer, par ailleurs, que la jeune femme était ravissante. Le vert de sa robe se mariait à merveille avec son teint de porcelaine, et tranchait avec le roux flamboyant de ses cheveux. Nul doute qu'il aurait fait tout son possible pour la séduire, s'il n'avait pas craint de finir avec un poignard fiché contre ses bijoux de famille.

« Disons que si je te tutoie et que tu continues à me vouvoyer en m'appelant docteur ou monsieur, je vais finir la soirée en ayant l'impression d'avoir passé les 90 ans... »

Il esquissa un sourire avant de s'emparer de la carte. Blablabla, elle avait fait bon voyage, que du baratin, des formalités gnangnan que la société continuait à s'imposer, parce que c'était ainsi : les humains communiquaient à l'aide d'une fausse sollicitude à l'égard de leurs congénères. Au final, Ciaran avait déjà oublié sa question et la réponse, car il n'avait pas besoin d'avoir une preuve verbale de l'état de santé d'Aspen. Les sentiments qui l'animait suffisaient à lui faire comprendre qu'elle allait bien. Il était tellement passé au dessus de sa première question qu'il la reposa après avoir complimenté la tenue de la jeune femme. Son sourire se crispa, et il tenta de garder bonne figure, mais il détestait à peu près autant d'avoir l'air idiot que d'avoir tort. On ne l'y reprendrait plus, s'il fallait écouter l'entièreté du récit de la vie de cette vie, il boirait ses paroles. Ce n'était que de l'humour, une petite pique lancée sans mauvaise pensée pour détendre l'atmosphère, et il laissa un léger rire lui dérider le visage.

« Oh... Excuse-moi, je suis un peu fatigué, et je pose si souvent cette question dans la journée que j'ai tendance à me répéter ! »

C'était en quelque sorte vrai, puisqu'il se pliait aux « bonjour, comment allez-vous aujourd'hui ? » avec chacune de ses patients. Le psychiatre se pencha légèrement, un sourire de conspirateur aux lèvres.

« Et entre nous, si tu voyais le nombre d'irlandaises aux cheveux roux qui ne savent pas porter le verre, tu serais surprise... »

C'est à ce moment que le serveur revint avec deux flûtes en cristal que l'on aurait pu faire chanter tant elles étaient fines, et un champagne de la meilleure maison qui soit. La note serait salée, à la fin de la soirée, mais cela n'en valait-il pas la peine ? En spécialiste du dépassement d'honoraires à peine justifiés qu'il était, Ciaran était loin d'être dans le besoin, alors autant en profiter.

« A nous et notre talent face à l'adversité, tu veux dire ! »

Voilà. Se lancer des fleurs, lui agiter des roses sous le nez, c'était gratuit et ça ne demandait pas beaucoup d'effort. Portant la flûte à ses lèvres, Ciaran savourait la finesse des bulles et l'arôme du champagne tout en écoutant Aspen. En premier lieux, son cerveau fit abstraction de l'information concernant l'amie de la jeune, qui était devenue maman. Pourquoi ? Parce qu'il s'en fichait royalement !

« L'hôpital a été bouclé après notre départ, ils ont envoyé toute une équipe d'intervention pour la déloger. Pompiers, policiers, j'ai même vu des militaires armés jusqu'aux dents et prêts à faire sauter le bâtiment s'il le fallait. Seulement, ils ont trop tardé, la créature s'était enfuie. Ils l'ont attrapé quelques jours plus tard, elle était blessée. Je pense que nous avons réussi à l'affaiblir, mais j'ignore à présent ce qu'ils vont en faire. Après tout... C'était un être humain, avant ça... »

Un humain lambda, sacrifié sur l'autel de la science pour forcer un génome dit saint à muter contre son gré. Quelle idée ridicule !

« Toujours est-il qu'en l'absence d'un coupable à pointer du doigt, ils ont arrêté le président d'un laboratoire. Caesar, ou quelque chose du genre... Un français, il me semble. C'est bien la justice, ça ! Quand on ne peut trouver le vrai coupable, on en fabrique un ! »

Le regard perdu dans le vague, Ciaran fut ramené de force à la réalité lorsqu'il se rendit compte qu'il avait beaucoup plus à gagner en faisant attention aux petits détails dans le récit d'Aspen. Elle se confiait à lui, spontanément, pourquoi ne pas en profiter ? Curieux, il esquissa un sourire faussement chaleureux et embraya de suite.

« Mais tu me disais que l'une de tes amies est devenue maman ? Alors ? Boucle d'or ou le petit Poucet ? »

Quel choix étrange que ces deux contes mettant en scène des enfants abandonnés par leurs parents pour désigner une petite fille ou un petit garçon, mais c'était bien là l'empreinte de l'humour décalé du psychiatre. Toujours aussi confiant, il accentue la pression de sa mutation sur Aspen, de manière à ce qu'elle se sente si à l'aise avec lui qu'elle n'ait aucun mal à se confier. Au milieu de paroles futiles, peut-être y aurait-il des détails croustillants ?

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MessageSujet: Re: [Elizabethtown ~Ciaspen ]Tout sera statagème   Dim 8 Jan 2017 - 19:50

Ce sera à la vie ou jamais
— Ciaran O'Doherty & Aspen Wolstenholme —
Je peux tout faire Même des erreurs, Tu peux tout - prendre Mais pas mon coeur, Tout sera stratagème, S'il me résiste, Tout sera stratégie, S'il m'aime — Tout sera stratagème.

Aspen acquiesça avec un sourire compréhensif à la remarque de Ciaran : il est vrai qu'un vouvoiement en sens unique serait rapidement étrange. Un peu comme si elle était en repas-thérapie, en fait, et ce n'était pas vraiment le but. Vraiment pas, même. Alors elle ferait un effort, même si cela risquait de lui échapper de temps en temps. Au pire, elle serait de plus en plus à l'aise, l'aclool et la conversation aidant, cela se ferait tout seul, elle n'en doutait pas une seconde. Elle crut voir passer un minuscule tic de crispation sur son visage , mais il ut tellement furtif, tel une ombre sur ses traits si lisses, qu'elle se demanda si ce n'était pas elle qui avait cligné des yeux de manière un peu étrange. Elle plissa légèrement le nez, avant de lui offrit une nouvelle fois son sourire si charmant :

- Oh, pas de souci, je me doute qu'il y a des déformations professionnelles chez les médecins aussi... Pour ma part, j'ai calculé les dimensions de la pièce et la façon dont elle était faite au moment même ou nous avons passé la porte. Nous avons tous nos réflexes, je suppose !

L'incident passé, elle laissa Ciaran lui expliquer que les irlandaises ne tenaient pas si bien l'alcool que cela. En avait il beaucoup fréquenté ? Depuis quand était il aux Etats Unis ? Autant de question que la rouquine se posait, consciente de ne pas être encore assez familière de Ciaran pour pouvoir lui poser la question sans risque de gêne de la part de l'un ou de l'autre. Hum, il laisserait peut être échapper quelques informations un peu plus tard, si elle avait de la chance. Elle fit tinter son verre contre le sien de bonne grâce, avant d'y tremper les lèvres, sans excès : elle n'avait pas mangé depuis la midi, et encore, une salade rapide, alors si elle commençait à picoler sans raison, elle risquait de rouler sous la table avant même que l'entrée n'arrive. Pas vraiment ce qui était prévu non plus. Son verre en main, elle l'écouta expliquer la façon dont s'était terminée l'aventure du monstre bleu. Elle grimaça, pour la forme, quand il expliqua que la bête avait été capturée et qu'elle était à présent aux mains des autorités : pour être honnête, si cela ne tenait qu'à elle, cette chose aurait fini avec une balle entre les deux yeux. Cette chose n'avait plus aucune conscience, plus rien d'humain, elle n'était que danger pour son entourage... Quand un chien à la rage, on le pique, non ? Cette bestiole là avait plus de la bête furieuse que de l'Homme malade à ses yeux. Mais de là à le dire à voix haute... Elle préféra commenter l'arrestation d'Hippolyte Caesar. Là au moins, elle était en terrain connu :

- Hum, Hippolyte Caesar oui. Je le connais bien, c'est le père d'un très bon ami à moi... Je sais que l'homme n'est pas vraiment parfait, mais de là à l'imaginer créer ce genre de cataclysme … Je veux dire, il est un homme d'affaire et un scientifique de renom, il connaît les protocoles de sécurité, il n'aurait jamais laissé ce genre de choses se produire ...

Et accessoirement, il était chasseur, et elle savait qu'il aurait préféré perdre des millions plutôt que de lâcher un mutant dans la nature comme ça, hors de contrôle... Alors oui, comme disait si bien le psychiatre, c'était proprement injustifié, mais il ne doutait pas que l'armée d'avocats de Caesar le sortirait bien vite de ce mauvais pas. Ce n'était qu'une question de semaines, peut être même de jour pour le magnat de l'empire pharmaceutique. Elle s'attendait d'ailleurs à ce que Ciaran embraye toujours sur le sujet, et pourtant, ce dernier préféra changer de sujet, revenant sur le sujet du bébé d'Astrid. C'était surprenant, cette façon d'aller et venir entre les sujets, mais bon, pourquoi pas ? Après tout, elle avait du répondant, la petite Wolstenholme.

- Oh, euh, une petite fille en effet. Ce qui est assez … inédit, c'est que le papa a eu deux enfants, de deux mères différentes, à quelques mois d'intervalle … C'est toujours assez surprenant comme anecdote...

Elle sourit un peu, pensive, alors que le serveur qui guettait leur table apportait la carte des entrées. Aspen n'hésita pas longtemps, tendant ensuite la carte au psychiatre :

- Je prendrais le soufflé aux champignons. Tu as déjà eu de jeunes mères comme patientes ? Quand je vois les ascenseurs émotionnelles qu'elles vivent, à passer de l'euphorie, à l'abattement, à l'inquiétude frôlant la paranoïa... ça a tendance à me démotiver d'avoir un jour des enfants !

Enfin, pour ça, il faudrait qu'elle ait un homme avec qui les faire, et qui en aurait envie aussi, et ça, ce n'était pas foncièrement gagné...
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MessageSujet: Re: [Elizabethtown ~Ciaspen ]Tout sera statagème   Dim 5 Fév 2017 - 23:32

Tout sera stratagème
Aspen & Ciaran



Ciaran aurait été curieux de savoir quel âge avait Aspen. Tout ça pour savoir si les années qui les séparaient risquait de rendre ses efforts de séduction étrange, à la limite du glauque. C'est qu'elle était belle, la rousse, avec son opulente chevelure flamboyante, ses lèvres pulpeuses et sa peau pâle. Elle était belle et elle avait l'humour incisif, la répartie acérée et un peu plus de deux neurones dans la tête. Seulement, on ne demandait pas son âge à une dame, et Ciaran avait encore suffisamment de notion de bienséance pour ne pas être grossier au point de sortir entre le caviar et les langoustes « mais dites-moi, jolie fleur ? Depuis combien de printemps foulez-vous avez délicatesse et raffinement ce bas monde ? ». Il y aurait mis les formes, c'était certain, mais le résultat aurait été le même : qu'importe le poèmes ou les rimes, une grossièreté restait une grossièreté. Peut-être que par des sous entendus il parviendrait à se faire une idée de son âge ? Elle n'avait pas trente ans, c'était certain, mais était-elle plus proche de la vingtaine ou de la trentaine ?

« Vraiment ? Et quel est ton verdict ? Cette pièce est bien agencée ou vois-tu des choses à revoir ? »

Il était toujours aussi curieux, le psychiatre, curieux de savoir comment fonctionnait l'esprit de la jeune femme. Il était rationnel, c'était évident, mais était-il aussi carré et symétrique que celui de tout architecte qui se respecte ? Aimait-elle les espaces aéré, épuré, à la géométrie parfaite ? Ou les choses plus extravagantes ? Il était curieux, il voulait la connaître et mieux la cerner, mais déjà, cette conversation s'effaçait pour laisser place à cette nuit qui les avait vu passer du stade d'inconnus à compagnons de fortune. Ciaran en gardait un goût amer et une rancœur plus commune, et bien qu'il ne fut pas capable de lire dans les pensées d'Aspen, il l'aurait volontiers suivie dans le but de tuer cette effroyable créature. A quoi bon invoquer l'éthique et le droit à vivre du type qu'avait été cette chose ? Il était mort, englouti par le monstre, l'achever aurait été lui rendre service, ni plus ni moins. Mais il n'avait pas son mot à dire dans l'histoire, le psychiatre, ce qui ne l'empêchait pas de penser tout ça très fort. Aspen n'en savait visiblement pas plus que lui au sujet du traitement réservé à la bête, mais elle semblait en revanche bien plus au courant de l'identité de celui qu'on avait mis en prison. Hippolyte ? Sérieusement ? Soit ses parents ne l'aimaient pas... Soit ses parents ne l'aimaient. Ce devait être un véritable handicap de démarrer dans la vie avec un prénom aussi difficile à porter, et tandis que la rouquine parlait, Ciaran s'énumérait tous les merveilleux surnoms auxquels le pharmacien avait du avoir droit : hippopotame, hippocampe, hypophyse, hypothalamus, Hippo... Plus-supporter-son-prénom ? Bref. En voilà un qui n'aurait pas fini de le faire rire avec un nom.

« Hum... Tu me diras, avec un prénom pareil, ce serait plutôt à Caesar de porter plainte pour torture infantile. Enfin... L'erreur est humaine, il a peut-être cru bien faire et a finalement fait craquer l'allumette de trop ? C'est souvent ça, le problème des hommes d'affaires. Ils sont plein aux as alors ils se prennent pour Dieu et crois-moi, j'en ai psychanalyser plus d'un... »

Des mégalomanes, des directeurs persuadés de faire le bien en diminuant les salaires et en réduisant les équipes, d'autres qui prenaient leur psy pour leur confesseur en attendant simplement que ce dernier leur tapote la tête en leur disant que tout irait bien... Ciaran le faisait à chaque fois. Dès qu'il avait affaire à quelqu'un de particulièrement riche, il se contentait de leur dire ce qu'ils avaient envie d'entendre, et il y gagnait souvent bien plus que pour une simple consultation. Blasé mais pas fou, l'Irlandais ! Pas fou mais spécialiste du passage du coq à l'âne dans une conversation. Il avait eu les quelques réponses qu'il voulait, il avait un nom, et il ne voulait surtout pas risquer de perdre ces quelques brides de confession qu'Aspen lui avait consentit. Une petite fille, ça c'était un peu l'information bateau et pas très intéressante. En revanche, le reste... Deux enfants nés la même année, de mères différentes mais d'un seul et même père. Soit c'était un Gengis Khan bis, auquel cas le monde pouvait commencer à s'inquiéter, soit c'était un individu en manque d'affection, qui la trouvait où il pouvait en faisant de ses multiples compagnes des poules pondeuses. Si Ciaran envisageait que ce soit juste deux accidents et une coïncidence ? Non. Cette hypothèse-là était trop ennuyeuse.

« Oh ? Tu connais ce père un tantinet volage ? Il faut avouer que ce n'est pas très... Commun, surtout à une époque où l'adultère et les enfants nés d'unions différentes ont de telles répercussions. Enfin c'est... Original. Je me demande ce qu'il se passerait si les deux mères se retrouvaient dans la même pièce. »

Crêpage de chignon ? Ou bien s'allieraient-elles pour dire du mal de l'infidèle ? Il aurait volontiers posé d'autres questions, le psychiatre un peu trop curieux, mais le serveur faisait du sur-place depuis quelques minutes dans l'attente de la commande. Avec un léger haussement de sourcils agacé, Ciaran pris la carte, réfléchit un instant puis arrêta son choix sur un magret de canard aux petits légumes.

« J'ai souvent des jeunes mères qui viennent me voir oui. Beaucoup de médecins me confient des femmes angoissées par leur grossesse parce qu'ils n'arrivent plus à les gérer, et je me retrouve à répéter 50 fois que si elle se sentent si triste, puis euphorique plus angoissée à l'idée d'être des mauvaises mères, c'est uniquement à cause des changements chimiques de leur organisme ! »

Conscient qu'il avait dit cela sur un ton quelque par condescendant et agaça, Ciaran se repris avec un sourire malicieux.

« Excuse-moi, j'ai l'air un peu amer, mais c'est simplement que m'entendre toujours dire la même chose est plus fatiguant qu'autre chose. Et il vaut mieux avoir à traiter le cas bénin d'une femme qui subit ses hormones qu'une dépression post-partum, crois-moi ! »

Parce que ce genre de cas aussi, il avait eu à en traiter. Portant sa coupe de champagne à ses lèvres, Ciaran en but une gorgée.

« Tout dépend aussi de ta vision parfaite du monde et de la vie. Tu es encore jeune, bien plus que moi, si je ne m'abuse, tu as le temps de t'imaginer avec un mari fidèle, qui gagne honnêtement sa vie, un pavillon au milieu d'un quartier résidentiel tout ce qu'il y a de plus ordinaire, deux enfants, un chien et le monospace qui va avec... Ça, c'est la vision du monde de la plupart des femmes enceinte qui viennent me voir. Ce n'est pas la tienne, je me trompe ? »

Il s'amusait, il jouait le psychiatre, il jouait avec les sentiments qu'il sentait fluctuer en Aspen. Il jouait en sachant que dans l'équation, le mari fidèle gagnant honnêtement sa vie était supposé être Noeh. Pour la fidélité, il pourrait reprendre à zéro, pour commencer. Ciaran jouait tant et si bien qu'il laissait sa mutation s'exprimer pour lui, poussant Aspen à la confiance et à la confidence. Si pour le moment c'était encore trop discret pour être détecté, il jouait avec le feu. Avant la fin du repas, il s'en mordrait les doigts. Il regretterait de s'être attaqué à plus futée que lui.

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MessageSujet: Re: [Elizabethtown ~Ciaspen ]Tout sera statagème   Dim 12 Fév 2017 - 14:02

Ce sera à la vie ou jamais
— Ciaran O'Doherty & Aspen Wolstenholme —
Je peux tout faire Même des erreurs, Tu peux tout - prendre Mais pas mon coeur, Tout sera stratagème, S'il me résiste, Tout sera stratégie, S'il m'aime — Tout sera stratagème.

Si la pièce était bien agencée ? C'était une salle de restaurant, elle n'avait pas grand chose à en dire : elle n'était, à nouveau, pas architecte d'intérieur, si elle avait plutôt bon goût en déco, cela n'avait rien à voir avec ses études, et en dehors du repérage des murs porteurs et des fenêtres, elle aurait bien été incapable de dire quoi que ce soit de pertinent :

- Hummm, je suppose que l'endroit n'est pas vraiment récent, dès lors que les plafonds sont assez bas. Dans les nouvelles constructions, surtout celles destinées à accueillir du public, et notamment les restaurants, on nous demande des espaces assez hauts de plafond, très aérés, avec le plus de fenêtres ou de baies vitrées possibles... Il ne serait pas étonnant qu'il ait eu une autre destination, au tout début... peut être un bureau de poste, ou alors un magasin. Pour ce qui est de la déco, c'est un peu trop … rouge et couvert de velours à mon goût, mais enfin, il n'y a pas besoin de passer cinq ans au MIT pour s'en rendre compte...

Elle sourit, reprenant une gorgé de sa boisson tout en observant la réaction du psychiatre. Elle en avait fréquenté, des psys, toute son adolescence en fait, du lendemain de la mort de sa mère jusqu'à sa majorité, à s'asseoir sur des canapés bien trop mous, à boire des thés trop sucrés en « parlant de ce qu'elle ressentait ». Certains avaient été une aide précieuse, certains s'étaient écrasés contre la carapace d'ironie et de sarcasme dévastateur de l'adolescente. Il fallait dire qu'à l'époque, Aspen avait ses têtes, plus encore qu'aujourd'hui, et que ceux qui n'étaient pas dans sa liste blanche pouvaient rapidement déchanter, adultes ou non. Cela n'avait pas tellement changé aujourd'hui, simplement la liste était moins... exclusive qu'auparavant.

- Je ne saurais dire. Je sais que la famille Caesar contient nombre d'esprits brillants, mais tourmentés. Certains d'entre eux auraient tout à gagner de passer quelques heures à régler leurs problèmes avec leurs mères, leur passé, ou je ne sais quel fantôme...

Pour Marius, il était plutôt évident que le problème venait de sa mère. Comment expliquer son besoin maladif de plaire aux femmes, à toutes les femmes, sinon ? Y'avait un Œdipe mal réglé la dessous, ou une histoire de trauma venant de l'enfance, c'était sur et certain. S'agissant d'Hippolyte... Elle ne savait pas. Un syndrome de Dieu tout puissant ? Peut être bien, mais elle avait l'impression que c'était plus compliqué que cela, malgré tout...
Elle fronça les sourcils en entendant le psychiatre parler de Marius, et surtout s'interroger sur les réactions des deux mères alors que le service ultra rapide leur déposait leur commande respective et fumante sur la table. Aspen prit une petite portion de son plat, délicieux, il va sans dire, avant de reprendre :

- Je le connais. Et au risque de rendre l'histoire moins croustillante, il ne se passerait pas grand chose si les mamans se rencontraient : l'une est une relation éclair, l'autre est bien plus impliquée dans cette histoire, mais il n'y a pas vraiment de concurrence entre elles, et les grossesses se sont passées à plusieurs mois d'intervalle. Elles n'ont pas du tous les mêmes relations avec le père en question, et celui ci est un bon papa, alors à partir de là … Il ne se passerait rien, ou pas grand chose, à mon avis.

Etait ce de la déception qu'elle lisait dans le regard de Ciaran, alors qu'il tripotait son assiette tout en devisant sur l'insupportable condition de femme enceinte, puis de jeune mère ? Aspen n'était ni l'une ni l'autre, ne le serait probablement pas avant un bail, alors elle ne sentait pas vraiment concernée. Mais malgré tout … Il y avait dans le ton de l'homme en face de lui une certaine... condescendance qu'elle ne lui connaissait pas. Et qu'elle n'appréciait pas, d'ailleurs, malgré ses excuses, au demeurant peu convaincantes.

- hein hein... J'imagine oui …

Elle ne lui ferait pas le plaisir de lui faciliter la justification de ce genre de propos. Qu'il rame un peu, tiens. C'est ce qu'il fit, d'ailleurs, entre deux gorgées de boisson, avançant que sa vision d'une vie parfaite devait être. Aspen dégustait son entrée sans dire un mot, alors qu'un pincement au cœur venait poindre au fond de sa poitrine : tout ce qu'il rapportait là, elle n'en avait jamais voulu. Même les enfants, c'était la dernière de ses préoccupations, et pourtant... Pourtant ce genre de projets, elle les avait bien fait avec quelqu'un en particulier. Un gros benet nommé Callahan, Noeh de son petit nom, il y a bien longtemps. Elle déglutit sa cuillère de velouté avant de secouer la tête. Non, si elle était venue ici, si elle avait accepté ce rendez vous, ce n'était surement pas pour penser à son ex. Aussi, elle rejeta avec véhémence l'image du jeune homme dans un recoin de son esprit. Si violemment que sans qu'elle en soit consciente, Ciaran l'avait probablement ressenti.

- Clairement pas, en effet. Je n'ai pas investi autant de temps et d'énergie dans des études exigeantes et un début de carrière en fanfare pour m'arrêter en si bon chemin pour les beaux yeux de qui que ce soit. Et j'ai déjà un chat, alors le chien, c'est loupé.

Elle attrapa un petit bout de pain pour en déchirer un morceau, avant de planter ses prunelles vertes dans celles si bleus de Ciaran :

- Et toi alors, je suppose que la sainte trinité maison avec jardin – gentille épouse – enfants adorables n'est pas vraiment dans ta liste d'objectifs, me trompe je ?

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MessageSujet: Re: [Elizabethtown ~Ciaspen ]Tout sera statagème   Sam 15 Avr 2017 - 18:45

Tout sera stratagème
Aspen & Ciaran



Aspen était indéniablement une jeune femme intelligente. Elle avait fait de brillantes études, avait l'œil aiguisé et le vocabulaire affûté, elle savait ce qu'elle voulait... Et puis Ciaran l'avait vu faire : elle savait manier le couteau mieux que quiconque et devait une chasseuse hors pair. Par-dessus le marché, elle était belle et avait beaucoup de goût. Nul doute que si Ciaran avait présenté une jeune femme comme Aspen à ses parents, elle aurait été immédiatement adoptée par cette si soupçonneuse famille de chasseurs. Il n'y avait finalement qu'un hic – si l'on excluait le fait qu'entre eux il n'y avait rien de plus que de... L'amitié ? Non, même pas – c'était qu'Aspen était justement bien trop intelligente. Ciaran se méfiait généralement des gens futés, car à moins d'avoir pu les corrompre dès l'adolescence comme Artur, ils finissaient par avoir des doutes quant à ses intentions, voire se démenaient mieux que les autres contre sa mutation. Aspen avait malheureusement un intellect trop développé pour pouvoir un jour figurer sur les étagères de jolies poupées dociles que possédait Ciaran. Artur était et resterait sa plus belle création, quand bien même aurait-il aimé lui offrir une compagne à la hauteur de son génie. Il apparaissait impensable aux yeux du psychiatre qu'un jour Artur soit en mesure de le combattre et de lutter contre son influence. Mais Aspen... Il avait réussi à jouer avec ses sentiments en profitant de la panique induite par la présence du monstre bleu à l'hôpital. Cette fois, il sentait son esprit entraîné lui opposer une certaine résistance. Peut-être Aspen serait-elle son nouveau challenge ? Pour l'heure, il appréciait cette discussion simple et badine qu'ils partageaient, faisant mine de s'intéresser à l'architecture du lieu. A vrai dire, si la cuisine était ici d'un raffinement incontestable, le bâtiment n'avait en revanche rien à envier à celui d'un fast-food.

« Tu as l'œil, Aspen ! En cherchant le numéro du restaurant pour réserver, je suis tombé sur leur page internet. Il s'agit en réalité d'une ancienne droguerie et d'un antiquaire. Ils ont apparemment cassé les murs et réagencé le tout, mais je suppose qu'il doit rester des traces de ce remodelage. »

Il avait l'air parfaitement à l'aise, le psychiatre, comme s'il prenait la conversation comme elle venait, rebondissant sur les mots comme tout un chacun. A vrai dire, cette partie-là de la conversation, il n'avait nul besoin de l'analyser ou de la décortiquer. C'était la suite, plus personnelle, qui allait être intéressante. A présent, Ciaran avait un nom et un portrait quelque peu... étrange de l'homme qui était à l'origine de la fuite de cette créature bleue dans les rues de Radcliff.

« Allons bon... Une famille de génies et des querelles familiales ? Quel dommage que ce soit généralement les plus prompts à fuir les psychiatres, il y aurait pourtant tant à faire pour les aider... »

Les aider, à savoir envenimer plus encore les choses et devenir maître de la décadence d'une lignée mais ça, c'étaient les petites lignes que Ciaran gardait pour lui pour mieux savourer la surprise le moment venu. Maintenant qu'il avait le nom Caesar en tête, il allait le garder. A défaut d'avoir entre ses mains tous les Kovalainen, il pourrait toujours se rabattre sur un autre groupuscule dysfonctionnel. Et Ciaran s'attendait à quelque chose de grandiose, de sensationnel ou d'au moins croustillant au sujet du père volage... Mais rien. C'était d'un ennui mortel, et il peina à dissimuler sa déception. A défaut d'être un bon amant, l'individu en question était un bon père, pas de rivalité entre les femmes, rien d'intéressant. Nada ! Piquant un morceau de viande avec sa fourchette, Ciaran écoutait Aspen en se disant que vraiment, c'était gâcher un beau scénario catastrophe que de faire comme si tout allait bien dans cet étrange ménage à... 2 et demi ? 3 ? Comment appelait-on cela ?

« Je vois... Une erreur compensée par quelque chose d'un peu plus sérieux derrière, je suppose ? Enfin. »

Amer, Ciaran l'était, et Aspen le sentit dans son ton, lorsqu'il parla avec beaucoup de mépris de ces jeunes femmes perdues qu'il accueillait avec le sourire du sauveur et l'envie du bourreau dans son bureau. Ciaran n'aimait pas les enfants, il les trouvait sales, ennuyeux, bruyants, inutiles et sources de bien trop d'ennuis. Point de réponse, quelques mots lâchés pour faire mine d'échanger... Il avait touché une corde sensible, le psychiatre, en parlant de la sorte. Ses yeux plongés dans ceux d'Aspen dans une forme de défi, il fini par reporter son attention sur son assiette. Visiblement, il y avait des choses qu'il avait tout intérêt à cacher à la jeune femme qu'il voulait rester dans ses bonnes grâces. Sans un mot, il déploya de nouveau sa mutation pour inverser la donne et la mettre à nouveau en confiance. Il n'eut pas beaucoup à forcer, car alors que la conversation dérivait sur l'image de la vie parfaite selon elle. Il sentit la mélancolie envahir la jeune fille, un fourmillement de regrets qui la figèrent dans son mouvement et, aussi vite qu'ils étaient venus, ces sentiments s'étaient évaporés. Tout ce qu'elle avait éprouvé avec force l'espace d'une minute venait de se déliter comme si elle refusait d'y penser. Des regrets, un amour perdu... Callahan, probablement. Piquante, la Wolstenholme affirma de nouveau ses idéaux et sa condition de femme forte et indépendante. Une femme qui pourtant se voilait la face sur les sentiments que lui-même ressentait – et alimentait. Il en avait marre d'entendre Callahan geindre à longueur de rendez-vous, pris au piège, qu'il se disait, entre deux jeunes femmes. Et Aspen qui s'évertuait à le repousser... Pour une fois que Ciaran voulait voir deux jeunes gens se tomber dans les bras l'un de l'autre juste pour voir ce qui en ressortirait ! Haussant les épaules, il alla puiser en elle les sentiments qu'elle cherchait à enfouir, les maintenant juste assez pour qu'elle ne puisse les ignorer.

« Tu sais ce que tu veux, c'est une bonne chose aussi. Et puis un chat... C'est bien aussi ! »

Un chat ? Quelle horreur... Il n'y avait pas plus répugnante créature sur Terre aux yeux de Ciaran que le chat. Une bestiole hautaine et arriviste, qui se vautrait sur les canapés et faisait ses griffes n'importe où, un parasite opportuniste qui ne venait quémander de l'amour que pour avoir à manger. Si l'Irlandais détestait à ce point les chats, c'était aussi parce que, inconsciemment, il leur ressemblait beaucoup. Le côté ronronnant en moins. Ciaran était si concentré que lorsque Aspen lui renvoya la balle, il perdit le contrôle qu'il avait sur elle et faillit bien s'étouffer avec sa bouchée de légumes. Secrètement, il espérait que le voir s'étouffer de la sorte chasserait l'étrange impression que devait avoir eu la jeune femme à l'instant où sa mutation lui avait échappé, et ce même si ça n'avait duré qu'une ou deux secondes. Attrapant son verre d'eau, Ciaran en but une longue gorgée et essuyant les larmes qui perlaient à ses yeux.

« Grands dieux non ! Tu vois déjà dans quel état me met la question. Je ne suis pas certain d'être fait pour ce genre de vie bien rangée. J'aime trop l'aventure et la nouveauté pour ça. »

Avec un sourire, il croisa les doigts sous son menton.

« J'ai vu défiler dans mon cabinet bien trop de jeunes gens angoissés à l'idée de n'avoir pas encore trouvé cette sainte trinité dont tu parles. La plupart n'ont pas 25 ans et se sentant déjà trop vieux pour trouver leur moitié et fonder une famille. L'ennui, c'est que la moitié d'entre eux n'en veut pas vraiment, de cet idéal de la famille américaine bien rangée. La plupart s'y contraignent parce que la société le leur dicte, et je trouve ça effroyablement triste de voir des gens sacrifier leur existence pour se plier à un modèle éculé, tu vois ce que je veux dire ? »

Il avait l'air sincèrement peiné, le psychiatre, lorsqu'il disait ça. Et quelque part, il se sentait proche de ces gens perdus, pour la simple et bonne raison que lui-même se sentait souvent étranger au monde qui l'entourait. La différence était pourtant de taille : Ciaran était plus proche de la folie que de la simple hésitation.

« J'espère que tu ne me prends pas pour un vieil aigri, lorsque je dis ça ? Disons simplement que le modèle gentille épouse, enfants adorables et maison avec jardin n'est pas celui qui me convient, mais je ne m'en porte pas plus mal. Tu n'as pas l'air surprise... Suis-je transparent que cela ? »

Il sentait comme une étrange tension s'installer autour de la table. Une tension à la fois excitante et inquiétante.

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MessageSujet: Re: [Elizabethtown ~Ciaspen ]Tout sera statagème   Dim 23 Avr 2017 - 19:04

Ce sera à la vie ou jamais
— Ciaran O'Doherty & Aspen Wolstenholme —
Je peux tout faire Même des erreurs, Tu peux tout - prendre Mais pas mon coeur, Tout sera stratagème, S'il me résiste, Tout sera stratégie, S'il m'aime — Tout sera stratagème.

Parce qu'elle avait tellement de choses à se prouver à elle même, et notamment le fait qu'elle était capable de passer du temps à se lier avec de nouvelles personnes, de diner avec un homme sans être bloquée sur l'image de Noeh, Aspen prenait sur elle pour refouler cette impression étrange qu'elle avait quand Ciaran posait ses prunelles d'une clarté troublante dans les siennes. Il avait ces iris grises presque translucides, les mêmes que l'on retrouve chez les loups et autres prédateurs implacables. Simplement, elle préféra faire fi de la sensation étrange dans le creux de l'estomac, se contentant de sourire aux remarques en apparence badines de son hôte. Il mangeait sa viande avec décontraction, alors qu'elle reprenait une gorgée d'eau, elle intercepta autour d'elle quelques regards interessés, peut être même curieux : de tout évidence, leur binôme détonnait, attirait l'attention de chacun. Curiosité, jalousie, bien malin serait celui qui arriverait à distinguer toutes les réactions que provoquaient ces deux là, ensemble. Bien malin, ou motiopathe, mais ça, c'était une autre histoire.

- Je suppose aussi, je n'en sais rien. Les histoires des gens.... Moins je m'en mêle, mieux je me porte...

C'était peut être ce qui les séparait le plus, tous les deux, mais elle ne pouvait pas le savoir, à ce stade ? Alors la conversation se poursuivit assez tranquillement, entre deux fourchettes de nourritures raffinées et une gorgée de boisson hors de prix. Pourtant, Aspen sentait toujours cette torsion aux tréfonds de ses entrailles, cette sensation que quelque chose clochait sans pouvoir le nommer. Son père appelait sa l'instinct de chasseur, Lorcan l'instinct de suvie, Noeh se serait probablement moqué de sa paranoïa, mais... Il y avait quelque chose, elle le savait, elle le sentait. Etait ce lié à Ciaran ou à quelqu'un d'autre dans la pièce ? Elle ne savait pas, et c'était pour cela qu'elle avait tenté de destabiliser le psychiatre de sa réplique bravache. Elle ne savait pas si il simulait ou si il était véritablement décontenancé, mais en tout cas il était plutôt bon acteur, si ce n'était pas le cas. Terminant le dernier petit bout de salade dans sa minuscule assiette, elle se mit à jouer de sa fourchette entre ses doigts agiles, fixant le psychiatre de son sourcil haussé :

-Je vois ce que tu veux dire, même si un psychiatre aventurier, c'est quand même un tableau un peu surprenant, n'est ce pas ? Je veux dire, cela sort un peu des clichés que l'on a sur les hommes de sciences humaines... Pas de lunettes à double foyer, pas de grosse barbe, pas de routine journalière rassurante et équilibrée... Plus ces qualités de combattant qui ne gachent rien...

Elle termina son verre de vin et, comble de la mauvaise éducation, posa le coude sur la table, la joue dans son poing, la tête un peu penchée sur le coté, le regard un peu en dessous. Charmeuse juste ce qu'il faut, curieuse pour de vrai.

-Je suis intriguée, je l'avoue. Plus cette conversation avance, plus le sens même de celle ci semble m'échapper. Qui êtes vous, Monsieur O'Doherty ? Etait ce totalement un hasard que nous nous retrouvions ensemble ce soir là à l'hopital ? Convenez tout de même que cela ressemble à une coincidence qui n'en serait pas une …


Le vouvoiement était revenue naturellement pour servir l'intimité de l'interrogatoire, y rajoutant un petit film de politesse surannée. Elle attendait la réaction de Ciaran à ses questions quand son téléphone se mit à vibrer furieusement sur la table, le nom de Noeh s'affichant sur l'écran. Avec une rapidité frôlant la violence, la rouquine attrapa le mobile pour refuser l'appel et le fourrer dans son sac en grommelant.

- Navré, je ne m'attendais pas à ce qu'on m'enquiquine à une heure pareille, un jour de semaine. Comme quoi, il vaut mieux ne pas sous estimer les gens... Nous disions ?

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