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 Something has broken, but I don't know what exactly - feat. Ezra

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MessageSujet: Something has broken, but I don't know what exactly - feat. Ezra   Lun 7 Nov 2016 - 16:43

Something has broken, but I don't know what exactly
feat. Ezra
J’étais en congé maladie, voilà la version officielle. En réalité, bien que très perturbée, je n’avais posé que ce congé pour trouver un nouveau travail. Cela ne faisait qu’une semaine, peut-être deux, que j’étais sortie de cet enfer. Les stigmates de ce rendez-vous nocturne se voyaient par divers moyens. Le fait que j’étais incapable d’amener ma tasse de thé jusqu’à mes lèvres sans trembler. Cette balafre, bien que superficiel, était toujours visible sur ma joue, le temps que la peau se remettre vraiment. Finalement j'étais là, semblant imperturbable, devant une vitrine qui donnait sur la rue. En réalité, je prenais ma tasse de thé dans le restaurant d’un hôtel qui n’était pas dans mes moyens. Mais Joachim avait un compte ouvert chez eux, il me devait bien ça. Ce monde avait bien changé. En fait non, il venait de se révéler à moi. Toute mon existence devenait enfin clair et petit à petit, je comprenais que mieux encore le chemin qu’avait choisi ma jeune sœur Skylar. Maquiller, coiffée, me tenant parfaitement droite malgré le tremblement intempestif de mes membres en mouvements qui témoignaient de mon traumatisme, je tenais le rôle que j’avais toujours tenu. La poupée, la marionnette, l’image que les gens voulaient voir de moi. Personne ne s’était soucié de mon absence. J’avais été enfermée combien de temps déjà ? Deux mois ? Plus ?... La notion du temps était devenue abstraite. Il me semblait que j’avais perdu toute ma vie dans cet enfer de quatre murs en sous-sol. J’ai toujours été un oiseau qui aimait voler, on m’avait cassé les ailes et on m’avait forcé à contempler le véritable visage de chacun. Il y avait déjà le visage de l’homme dont je suis éperdument amoureuse. Parce que oui, on peut haïr un homme tout en l’aimant follement. C’est cet amour qui me faisait le haïr encore plus. Il semblait parfait, attentionné, à l’écoute et toujours présent. Il m’avait montré ma place dans la société en me bouclant dans son sous-sol. On a tous un rôle, le mien, c’était d’être au service des autres, de la façon dont ils le souhaitaient et surtout, leur faire oublier que je pouvais aussi exister sans eux. Je devais être malléable.

Finalement, il y avait aussi ses sms que reflétait encore mon portable, les regardant en boucle. Mon ami Bob était mort. La seule personne qui m’aimait telle que j’étais, le seul qui ne me demandait pas implicitement d’être quelqu’un d’autre, qui ne me demandait pas d’être à son image. Seth m’avait écrit, s’était emporté, et finalement, m’avait lâché pour vivre son deuil… Sans même un seul instant se demander pourquoi personne ne m’avait vu pendant plusieurs semaines. Comme tous les autres. Chacun suit le fil de sa vie, ne s’intéresse vraiment qu’à un cercle réduit… Et malheureusement pour moi, je ne faisais toujours office que de remplaçante, celle que l’on choisit parce qu’elle est mignonne et que ça s’arrête là. Il est vrai que j’avais pensé frapper à deux portes après ce qui s’était passé. D’abord celle de Malachi… Et puis je m’étais souvenue qu’il avait un fils, qui ne méritait pas de voir dans quel état réel j’étais. Je m’étais aussi souvenue de la réflexion du mutant, bien qu’elle ne se veuille pas agressive, elle était très claire. Je n’avais pas besoin de parler à quelqu’un qui, de base, trouvait que je parlais trop. C’était comme si chaque personne qui se présentait à moi mettait un mur de briques en m’intimant le fait qu’ils voulaient bien des échanges cordiales, mais que pour le reste, je pouvais toujours aller voir ailleurs. J’avais donc pensé au docteur O’Doherty, puis, avec mûre réflexion, j’aurai perdu au contraire tout intérêt à ses yeux. J’étais brisée, la coquille qui se croyait pleine venait de réaliser qu’elle était vide. La réalité, c’est que je n’avais aucune porte à laquelle frappée… Alors j’avais ouvert une porte qui s’entrouvrait depuis bien longtemps déjà. C’est hier soir que j’ai commis l’irréparable, la ligne à ne pas franchir. J’ai tué un homme de sang-froid, comme si tout le reste allait s’arranger. Je l’ai fait pour Bob, me semblait-il, ne pouvant savoir qui avait vraiment mis fin à ses jours. J’avais commis l’acte que je ne pourrais jamais commettre pour Joachim. Jamais je ne pourrais venger ma demi-sœur, mais on me privait aussi de venger Bob. Plus jamais je ne voulais croiser le chemin de ceux qui m’avaient laissés sur le bord de la route. C’était, de toute façon, sûrement le combat des autres. Je ne fais pas parti de ceux qui se mettent une balle dans la bouche quand leur vie semble sans issue. J’efface tout et je recommence. Il était temps. Alors cette nuit-là, quand je reconnu un chasseur, à mes risques et périls, je parvins à prendre le dessus. Avec une haine nouvelle qui ne m’avait jamais caractérisé auparavant j’avais saisi sa tête entre mes deux mains et je lui avais fait ressentir ce que j’avais toujours ressentit. Sauf que je suis la seule à ma connaissance à pouvoir survivre avec autant de charge électrique dans le corps. Il avait d’abord convulsé sous mes yeux qui ne lâchaient jamais les siens, son corps s’était ensuite raidit … Quoi qu’il en soit, à la fin, il baignait dans son sang alors que son corps était encore parfois soulevé par une décharge ou un simple mouvement de muscle involontaire. Il avait payé pour tous les autres. C’était bien triste, mais le monde était souvent fait de cette façon. On prend sur soi et quand il y en a beaucoup trop, tout tombe sur une seule personne.

Aujourd’hui mon regard ne témoignait que d’une chose alors que je regardais toujours à travers la vitre les gens se mouvoir dans la rue. Je suis mutante et je l’assumerais pleinement si tel doit être le cas. J’étais comme un chat bien trop souvent brossé dans le sens du poil qui avait fini par attraper une souris, la montrant fièrement comme un trophée. Je ne me réjouissais pas sur l’acte inhumain que j’avais commis. Au contraire, je me sentais mourir un peu plus à l’intérieur, mais je ne voulais plus n’être que cette poupée de porcelaine que l’on pose sur son étagère pour décorer. On m’avait témoigné le seul effet que je faisais aux autres : une froide indifférence. Personne ne viendrait m’aider, personne ne viendrait même me soutenir. Il n’y avait plus que le vide et mes choix, qui restaient pourtant les mêmes pour mon objectif principal. M’assurer que Faith resterait en vie, même si ça me coûtait la mienne. Alors que le bruit des talons de la serveuse me sorti de mes pensées, je tournais la tête vers elle avec un sourire. « Je prendrais le petit déjeuner français aujourd’hui, merci. » Pour la toute première fois de ma vie, j’avancerais en louve solitaire, quitte à devenir une autre femme et paraitre froide comme la glace. Personne ne pourrait jamais soigner ce trou béant qui séjournait dans ma poitrine. C’est, du moins, ce qui me semblait. Un monstre allait peut-être naître suite à mon acte de la veille, mais la colère dominait et m’empêchait de vraiment raisonner. Je n’en avais pas envie non plus.

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Dernière édition par Diana Peterson le Mar 14 Fév 2017 - 10:07, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Something has broken, but I don't know what exactly - feat. Ezra   Ven 20 Jan 2017 - 22:44


As a lack…

Ce matin la fraicheur était au rendez-vous, mais pas l'humeur. Il ne s'était levé ni du pied droit, ni du pied gauche d'ailleurs, il n'avait rien bu, rien prit… Ezra-Yan vivait simplement un moment de ras le bol astronomique. Entre les disputes incessantes des membres du club, les affaires qui ne tournaient pas exactement comme il voulait, Jacob qui lui prenait la tête et Danny qui faisait la gueule. Ça semblait être de plus en plus habituel chez lui. Et c'était chiant de vivre avec.
Aujourd'hui il n'était pas encore debout. Ce n'était pas souvent que le cadet était levé avant son aîné, voir jamais en faite. Mais aujourd’hui il boudait son lit, ses mirettes lançant des regards noirs à son téléphone le nez dans son café. Qu'il sonne tiens pour régler leur foutu problème de merde, ils allaient être reçu. C'est Tad qui se prit toute sa haine en retour. C'est son rêve qu'il vivait. C'était lui qui rêvait de gravir les échelons du club, de devenir président, et gérer ses gars. Il l'aurait fait bien mieux que lui d'ailleurs ce con. Il aurait aimé ça.
Son cadet ne les menait que par la peur. Une peur réelle de finir en charpie et jeté aux clebs. Mais sans doute n’était-il pas assez extrême pour qu'ils continuent à le faire chier pour un oui pour un non. Tad lui n'aurait pas eu besoin de ça. Il était imposant, mais il avait toujours su se faire respecter sans user vraiment de la violence, à l’instar de son cadet. Seulement il avait fallut qu'il meurt ce con. Et Ezra-Yan lui en voulait de l'avoir entrainer dans tout ce merdier. Maintenant qu'il en était réduit à l'état de crâne mal blanchit, taillant une bavette avec un cendar honteusement plein - et pas que de clopes - ornant un bar croisseux qui en aurait fait pâlir une femme de ménage. Les frères Chandler n'étaient absolument pas des fées du logis, alors la contraction de crasseux et poisseux allait parfaitement à l'ensemble. Et pourtant ils n'avaient qu'une petite baraque de plein pied.
Sa main gauche quitta sa tasse pour frôler l'écran, qui aurait eut grand besoin d'être réparé, pour se perdre dans de lointain souvenir. Si le visage de Cora dessina un sourire sur son visage assombrit, celle de Suzie le rembrunit. Cette petite garce… Ray ne savait pas encore ce qu'il lui ferait quand il la retrouverait. Serait-il capable de lui réserver le même sort que son oncle ? Ou juste serrer ses doigts autour de son cou jusqu'à ce qu'elle en crève ? L'homme s'était toujours demandé ce qu'il avait loupé avec elle. Pourtant il l'avait toujours bien traité. Peut être qu'il aurait dû lui donner plus que de la considérer comme sa régulière ? Une bague peut être ? Connerie… Ni l'un ni l'autre n'étaient fait pour cette odieuse foutaise qu'était le mariage. Qu'est ce qu'il avait loupé alors ? Sans doute la même raison pour laquelle son oncle lui occupait un peu trop l'esprit. Peut être que là il était allé trop loin, submergé par sa haine.
Ah Suzie… Il ne pouvait pas la laisser filer. Non pas avec l'étoile de sa vie.

Après avoir finit son petit déjeuner sommaire, le blond farfouillait dans tout le fatras pour laisser un mot à son frère :

Jte laisse les clefs.

Ça suffisait pour dire qu'aujourd'hui il ne s'occupait de rien. Le club et leur gaminerie, les affaires, et même le sac à puces. Après tout c'est lui qui l'avait ramené. Alors il pouvait bien s'en occuper. Sinon qu'il le remmène dans la poubelle où il l'avait trouvé.
Avant de partir, ses doigts se posèrent machinalement sur sa veste, puis son regard croisa l'azur émeraudé de Mahiingan. Le chiot pencha la tête sur le côté, le regard partagé entre l'interrogation et l'espoir de le suivre. Mais non pas aujourd'hui. Sa main quitta le vêtement à l'effigie du gang, celui-là même qui ne le quittait jamais, qu'il était fier de porter. En Floride peut être, ici ça en devenait presque une corvée. L'homme referma la porte sur les couinements naissant de la bestiole.

Ses pas le conduisirent à Radcliff, après tout c'est pour ça qu'il était là. Elle n'allait pas se manifester toute seule devant lui, sa gamine à la main pour lui rendre. Fallait qu'il la cherche et qu'il la retrouve. Ray n'avait pas vraiment de piste, pas le moindre début d'info. Il savait juste qu'elles étaient quelque part dans cette ville. Radcliff Kentucky, c'est tout ce dont il avait put tirer de l'oncle. Pas de nom, pas d'adresse…
Alors enfonçant son bonnet sur ses étiquettes pour les garder au chaud, il se mit à chercher un peu n'importe où, errant sans but valable. Il se fit passer pour le frère recherchant sa sœur disparue, ça coulait toujours mieux que le mari ou le compagnon. Y avait moins de soupçons de la part des gens accusant à corps et à cris qu'il n'y serait pas pour quelque chose. Et pourtant, on pouvait bien l'accuser d'être un homme violent, et il ne niait pas l'être, mais jamais avec ceux qu'il aimait. Bon si l'on exceptait Danny, mais Danny c'était une autre histoire.
Le biker râla contre le micro climat de la ville, observant d'un air agacé les nuées de vapeur s'échappant de ses lèvres. Il commençait à se geler les noix là dehors sous ce ciel gris, peut être aurait-il dû emmener le clebs au final. Il était encore assez petit pour qu'il puisse le caler dans son manteau. Ça aurait apaisé un peu son humeur de chien…
Un chien, pour apaiser son humeur de chien, par un temps de chien… C'était une charade non ? Surtout qu'il n'avait pas trouvé d'info concernant Suzie. Mâtiné constructive…
Bon c'était finit les conneries. Ecrasant sa clope dans le cendrier, Ray franchit la première porte qui se trouvait dans son dos, sans regarder la devanture, ni la tronche des clients à l'intérieur. Il n’en avait un peu rien à foutre de cette non moins joyeuse populace, dont il n'allait pas tarder à être le centre des conversations. Pourtant il ne s’était pas trop mal sapé aujourd'hui. Enfin du moins normal selon se critère. Son pantalon n'avait qu'un genou de trouer et ses godasse n'avaient pas le talon bouffé par le sac à puce. Il avait juste bouffé un lacet, donc il en avait un d'un orange de meilleur gout. Rien qui ne pouvait pas passer inaperçu.
Ôtant son bonnet, l'électricité statique crépita à ses oreilles faisant se dresser ses cheveux sur sa tête. Le rire d'un gamin attira son attention, surtout quand il se rendit compte que c'était sa tête qui le faisait rire. Alors il força sa bille de clown en frottant les mailles sur ses tiffes, forçant les rires du gosse. Jusqu'à ce qu'il se fasse réprimander par sa mère. Ezra-Yan lui tira la langue à cette mégère, jusqu'à ce que ce soit lui qui se fasse engueuler par un serveur.
- « Monsieur vous n'avez rien à faire ici, vous dérangez les clients.
L'intéressé papillonna sous son nez, l'air tout à fait sérieux avec sa coiffure du "j'ai mis les doigts dans la prise, mais j'm'en fou".
- Désolé de pas avoir l'air d'être né avec une petite cuillère en argent dans la bouche et un balai dans l'fion, môôôssieur le pingouin… dit-il avec une voix forcée pseudo aristocratique et des gestes à la Jack Sparow. C'est dommage pour vous si des rires de gosse vous emmerdent. Acheva-t-il sur un ton plus sérieux et moins avenant.
Décidément il n’était pas d’humeur… Le fait qu’il n’ait sciemment rien pris depuis la veille n’aidait pas. Et sa gosse semblait lui manquer bien plus que d’habitude aujourd’hui.
- Permettez maintenant, j’ai quelqu’un à retrouver. Lâcha le blond avant de tourner les talons sous son air interloqué, en remettant ses cheveux en place.
Ray l’avait vu en passant à travers la fenêtre, mais avant de décidé de venir se réchauffer la carcasse dans ce bouge à bourgeois prout prout, il n’avait eu aucune arrière pensée, seulement maintenant qu’on voulait le foutre dehors pour des prétextes minables… Le délit de sale gueule il n’aimait et la provocation c’était son truc, alors si ça les emmerdait qu’il soit là, tant mieux. Puis il avait besoin d’une pause. Se dirigeant d’un pas sûr vers la table de la brune aux mains tremblantes, ses mains, encore froide du dehors, se posèrent sur ses épaules et ses lèvres sur sa joue, lui murmurant un « Bonjour ma douce. », sous le regard fulminant du serveur. L’homme ne la connaissait absolument pas, mais il faisait tout comme.
C’est sa fragilité qui l’avait attiré, comme un prédateur alléché par une faible proie. C’est pour ça qu’il l’avait choisit elle plutôt qu’une autre, lui offrant un sourire enjôleur, tandis qu’il s’installait sans aucune gêne.
- Je prendrais la même chose merci. Dit-il en pointant un doigt vers la carte en face d’elle, un air moqueur accroché au visage envers son détracteur.
Qu'il fasse donc son taf au lieu de l'emmerder tiens, peut être qu'il lui lâchera un pour boire à la fin, s'il est sage. En plus ses tatouages se trouvaient masqués par son écharpe et ses mitaines, alors il paraissait un peu moins mauvais genre.
- Et dire que les pauvres se déguisent comme eux, rien que pour toucher du doigt leur milieu pourrit, et se donner l'illusion de s'y intégrer. Alors qu'eux au fond rêvent d'être comme nous, de simple petite gens. Dit-il plus pour lui que pour son interlocutrice forcée.
Puis ses yeux bleus se posèrent vraiment sur elle.
- Désolé, je ne voulais pas interrompre votre déjeuner. Mais il est dommage de vous laisser ainsi esseulé.»
Ô que ça faisait bizarre d'entre ces mots sortir de sa bouche. Presque peur même. A croire qu’il s’adaptait inconsciemment à son milieu. Ou qu’il avait décide d'être un peu civilisé dans son envie de provoquer. Au risque de s'en prendre une de la part de la belle. Il n'était plus à un beigne près…

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MessageSujet: Re: Something has broken, but I don't know what exactly - feat. Ezra   Mar 14 Fév 2017 - 9:40

Something has broken, but I don't know what exactly
feat. Ezra
On peut observer le même point fixe pendant des heures sans même le voir réellement. Les détails nous échappent lorsque notre esprit est accaparé par une idée. Joachim était l’idée. L’enfer est parsemé de bonnes intentions. Il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Deux ans. Pas deux mois. Deux ans. A quel moment, au juste, m’étais-je cogné la tête aussi fort que je ne me rappelais même plus le sens du mot méfiance ? Ma crédulité avait été sans borne à ce moment précis et finalement, comme tout à chacun, je ne pouvais m’en prendre qu’à une seule personne : moi. Quelqu’un qui n’assumerait pas ses actes pointerait du doigt Joachim Cunningham et le dénoncerait pour le crime que je venais de commettre. Contrairement à ce que ma sœur m’avait dit, je ne semblais pas y prendre goût. Le seul souci étant que j’avais moins de respect pour la vie humaine en rendant justice de mes propres mains. Protéger, cela aurait dû rester ma vocation. Faire couler le sang était celle que ce cher propriétaire de galeries d’arts avait voulu me choisir. Mais tant que je faisais des dégâts dans son éthique, cela me convenait. Pour l’instant… Mais pendant combien de temps encore ? L’idée m’était passée par la tête d’aller au cabinet de ce cher Ciaran et de voir ses yeux brillants de mille feux. Très mauvaise idée. C’était un médecin, rien d’autre. C’est dans ces moments difficiles où il ne reste plus personne que l’on comprend finalement à quel point l’on est seul. A quel point notre vie est insignifiante parce que personne ne tient à nous. Je ne pouvais pas jeter la faute que sur mes congénères. Bien que l’on m’est, de toute évidence, mis de côté. Seulement, croire que l’on a touché le fond ne veut pas dire que ce soit vrai. Un individu allait bientôt me le prouver alors que je me moquais des gloussements de l’enfant d’à côté. Je ne travaillais pas, j’étais cliente, je n’avais pas le moins du monde envie de comprendre ou de regarder ce qui se passait à quelques mètres de moi alors que le serveur semblait être en mauvaise posture avec un nouvel arrivant. A quoi bon s’immiscer dans une histoire alors que personne ne s’était jamais soucié de la mienne ? Trop bonne trop… Enfin je me comprenais. Fermer les yeux, bien que ce geste soit lâche, était la dernière chose qui me restait pour pouvoir sortir la tête de l’eau. Je ne savais pas encore ce qu’était devenue Faith, ni Joachim et encore moins, malheureusement, Ezeckiel. Mais il me semblait que j’étais en trop mauvais état pour parvenir à me préoccuper des personnes qui comptaient. Il me semblait que j’étais trop las pour continuer à me battre pour moi ou qui que ce soit d’autre. La haine était le seul sentiment qui faisait battre ma poitrine dans ces heures sombres de ma vie.

Le baiser de la mort. Il n’y avait pas d’autres termes pour définir ce que je venais de recevoir comme cadeau après avoir vécu l’enfer, plusieurs mois, coincée dans une pièce … dans une cage à oiseaux. Froid, mordant et profondément désagréable. Je ne supportais pas que l’on me touche quand ça n’allait pas, encore moins que l’on me prenne par surprise de cette façon. Son allure, ses gestes, cet inconnu avait l’apparence de l’intérieur de Joachim. Mais même avec beaucoup d’efforts, il n’arriverait jamais à la hauteur de la perfidie de l’homme que j’aimais. La représentation funeste qui se posa face à moi avait eu la chance de retirer ses mains à temps. Un léger courant électrique me parcourait le corps, comme si j’avais voulu disposer d’un grillage électrique pour empêcher les vaches du troupeau de s’amuser à me toucher une nouvelle fois. Néanmoins, j’étais ouverte et je pouvais donner les bénéfices du doute à quelqu’un. Surtout si plus tard je pouvais lui casser une ou deux dents s’il se révélait être un homme de la pire espèce. Me battre contre quelqu’un plutôt que contre moi-même était, ces derniers temps, une alternative qui me plaisait. Alors je le laissais jouer son petit jeu avec le serveur, avec moi, avec le restaurant tout entier. Mais jamais je ne baisserais ma barrière électrique et tant pis si monsieur se permets encore de me toucher. On apprend à supporter les brûlures causées par l’électricité quand on s’approche trop près de cette dernière.

« J’espère que vous aimez les abats… » Lâchais-je d’une voix plutôt distraite, faisant référence à ce que j’allais manger. Artifice évidemment, mais je regrettais de ne pas en avoir pris pour voir l’air dépité de la personne en face de moi. « On veut être la personne que l’on n’est pas… J’ai été les deux et la seule chose qui change… Ce sont les problèmes. » Je mettais d’ailleurs bien trop frottée auprès de l’un d’eux dernièrement. « Certaines personnes savent voir les côtés positifs de leur vie. Certains se battent pour obtenir ce qu’ils veulent réellement et… Le chemin est bien plus intéressant que l’arrivée. Le but justifie les moyens… » Tous les moyens étaient bon pour rendre au moins un minimum les coups que Joachim lui avait porté. « Quant à ma solitude, elle est souhaitée, tout comme le fait de me mettre en vitrine. » Seule moi pouvais comprendre mon geste et ma façon d’agir. Plantant mes yeux dans celui d’inconnu, c’est une femme au cœur de glace qui semblait poindre. L’amicalité est quelque chose que l’on perd quand on voit à quel moins elle mène au néant. La seule personne que je pouvais encore compter dans ma vie était la même qui m’avait bien dit que je ne compterais jamais. A juste titre. Encore plus maintenant…

L’envie d’en coller une à l’homme d’en face était la première chose qui m’avait traversé l’esprit. Seulement j’aimais la subtilité. Chose qui faisait qu’en reposant ma tasse délicatement sur la table, je laissais mes doigts sur la anse. Laissant ma main accessible à celui qui se croyait malin. Personne n’aime toucher une anguille électrique, mais tout le monde peut se tromper et penser que j’étais qu’une faible proie. Le jeu n’en serait que plus drôle s’il venait à faire une nouvelle fois l’erreur de porter ses sales pattes sur moi. « Vous avez un rendez-vous important en ville j’imagine… » Rentrer dans le jeu de l’homme si peu distingué, c’était souvent cela qui m’avait sauvé la vie. Savoir s’adapter aux personnes qui nous font face. Il voulait jouer à l’homme qui me connaissait, puis à celui qui était tout bonnement gentleman. La poursuite de la chose se voulait des plus simples. Il allait jouer les hommes de bonne famille ou homme d’affaires. C’était presque certain. Il valait mieux éviter de contrarier un malade, bien que le jeu puisse être amusant. Mes envies étaient meurtrières et je pouvais difficilement jauger lequel d’entre nous deux étaient le plus atteint. Nous ne correspondions pas à ce que les autres attendaient de nous, c’était la seule certitude en cette matinée glaciale.


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MessageSujet: Re: Something has broken, but I don't know what exactly - feat. Ezra   Dim 12 Mar 2017 - 21:41


As a lack…

On ne pouvait pas dire qu’il se trouvait parfaitement fier de ce qu’il venait juste de faire. Même si faire chier les gens et son monde se trouvait être le plus grand de ses dadas. Foutre un bon coup de pied dans la fourmilière, les voir s’agiter dans tous les sens, observant celles qui attaquent, celles qui fuit, et celles qui sauve les meubles. Puis finir par pisser dessus et regarder combien ressortirait vivante de la noyade. Bah quoi on a pas toujours un seau d’eau sur soit, puis on va pas se mentir que l’alcool ça se gâche pas. Même pour faire chier des insectes.
Quoi ? Ça devait être une métaphore ? A peu de chose près… Nan l’homme n’avait jamais eut d’estime pour les personnes se croyant au dessus des autres, pétant plus haut que leur cul, prétendant, avec ce fameux mouvement de tête qui donne toujours envie de tordre des cous, que "Tu comprends mais t’es pas de notre monde". Et pourtant avec un prénom comme Ezra-Yan, il pourrait faire partit de ces buveurs de thé avec le petit en l’air. Mais non… Ray n’avait pas du tout cette compréhension. Lui préférait encore le choc des cultures, la rencontre du troisième type.
Si on ne l’avait pas si poliment fait chier, sans doute se serait-il contenté d’aller mendier des renseignements à la réception, pour s’en aller en laissant tout ce beau monde de merde tranquille. Mais non. La provocation faisait également partit de ses loisirs à temps plein. Surtout lorsque l’on s’attaque à ce qu’il y avait de plus beau à ses yeux : le rire d’un enfant. C’était quelque chose de si beau à entendre et à voir. Cette petite bouille illuminée d’un sourire. Sourire souvent édenté par la perte des dents de lait, mais qui ne retirait rien au charme du moment. Sans doute que c’était son âme de père qui parlait en cet instant. Ou le fait que Cora lui manquait vraiment. Néanmoins, il ne pouvait cautionner que l’on réprime un enfant pour ça.
La jeune femme n’aurait donc qu’à s’en prendre à cette mauvaise mère, sur le fait qu’il en soit venu à troubler sa matinée. Et elle pouvait bien lui envoyer tous les regards réprobateurs qu’elle voulait, ce n’était pas le genre de chose qui prenait avec lui. Disons qu’il se trouvait maître en la matière auprès des abrutis qui lui servait de larbin. Du coup, Ray se contenta de l’écouter, tout simplement, se mettant à l’aise. Ôtant son manteau, puis son écharpe, et enfin ses mitaine, qui trouvèrent leur place dans sa poche. Ce n’était pas très hygiénique de manger avec ça après tout. Etrangement, sa cote sur l’échelle du mauvais genre, sembla monter bien plus rapidement, qu’une caresse bien placée fait grimper au rideau. Regard outrée, pupilles qui se détournent, l’homme avait l’impression d’être passé, en trente seconde chronos, du connard sans gêne au lépreux en décomposition avancé. Charmant. Alors pour en ajouter plus à leur vision, il s’étira de tout son long, les inscriptions encrées sur ses mains, indiquant "My life my rules", valaient tous les doigts d’honneur du monde.

Sa chaise claqua sur ses pieds, lorsque les deux avant retrouvèrent le sol, sa langue humectant ses lèvres. Nan les abats il n’aimait pas trop. Bien que son palais en conserve encore cet agréable souvenir. Son père leur avait déjà cuisiné ces parties peu ragoutantes, dans leur jeune temps : foie, cœur, cerveau, œil même. Sa préférence allant pour la langue. Même si l’œil faisait un parfait projectile, au bout d’une cuillère assez souple, pour que l’impact soit à la hauteur du méfait. En revanche, les retombées encourues n’avaient rien à voir avec une cuisson plus ou moins parfaite.  
- « Disons que Abba est quand même un peu dépassé de nos jours. A part peut être en soirée disco sous exta. Dit-il le plus sérieusement du monde. Mais soit, chacun ses gouts. Sinon dés le matin, j’envisagerai plus un pied de cochon dans un bol de café au lait. M’enfin les goûts et les couleurs hein. Là son ton fut plus marqué par l’ironie.
Comme s’il ne savait pas où placer la plaisanterie du sérieux. Mais il le savait que trop bien. Comme il savait qu’elle mentait, seulement il choisit de ne rien en dire. Le biker se plaisait simplement à paraitre déroutant. Passant un bras par-dessus le dossier, sa main gauche se posa sur la nappe blanche, telle une araignée tendue sur ses pattes.
- Je m’opposerais sur un point : on peut être qui ont veut, s’inventer la vie que l’on veut, les problèmes resteront les mêmes, mais à une échelle différente. Ce qui change c’est la façon dont on les contourne, ou les affronte. Ses doigts chopèrent le verre, et le retourna sur une miette échouer à côté de sa serviette. Ces gens là paie pour que d’autre s’en charge. Leur vie n’est pas plus misérable que la notre, elle ne vaut juste pas la peine qu’on s’y attarde.
Remarquant son geste, le serveur se hasarda de nouveau vers leur table.
- Souhaitez-vous que je vous retire votre verre ? Demanda-t-il d’un ton puant la politesse forcé.
- Non. Mais je souhaiterais bien qu’il soit remplit. Lui répondit-il sur le même ton, un affreux sourire calé sur le visage.
- Et que désirez vous boire ?
- Il est tôt voyons, du château la pompe c’est très bien. Maintenant c’est vous que vous pouvez retirer. »
En plus s’il le prenait pour un alcoolique, ce qui était parfaitement appuyé dans son ton, ils n’allaient pas être pote. Bon c’était vrai, mais c’était pas non plus la peine de le souligner. Petit con.
Bien sûr avec cette intervention si utile de sa part, il en avait oublié sa réflexion sur le faite de mettre des jolies femmes en vitrine. On l’aurait accusé de faire mention au si célèbre quartier rouge d’Amsterdam. En plus de la traiter de fille de joie. Enfin, peut être était-elle une demoiselle tarifé ? Pour ce qu’il en savait, ce n’était pas si honteux. Avec un bon patron, on pouvait bien gagner sa vie. Enfin… Pour ce qu’il en savait, il n’était pas de ce bord là, mais le pratiquait. Il n’allait pas leur demander si elle avait un bon syndicat en allant visiter leur jardin.
Pour ce qui était de sa dernière question, il dû prendre le temps de la réflexion. Pour qui donc allait-il se faire passer ? Pour ce qu’il n’était pas ne servait rien, mais éviter les préjugés se trouvaient être mieux.
- « Disons que le rendez-vous ne risque pas de venir de si tôt. Mais quand il viendra, il le sera oui. Dit-il en se calant d’une façon plus convenable sur la chaise. Je cherche deux personnes qui me sont chères, et qui ont disparues. Je sais qu’elles sont là quelque part. Mais je ne sais pas trop par où commencer. Et j’ai peur qu’il leur soit arrivé quelque chose.
Ah… cet art de pisser dans les violons. De raconter une vérité qui cachait un mensonge. Tout du moins, il ne mentait absolument pas sur sa démarche, ni sur sa motivation. Disons que les raisons étaient autres, et les taire valait mieux. Libre à elle de s’inventer le scénario qu’elle désirait, en le voyant. Ce n’était pas ça qui manquait.
Plus ou moins inconsciemment, sa main se rapprocha de celle qu’elle avait laissé trainer sur la table, prête à être cueillit, presque comme une demande.
- Mais vous, peut être que vous cherchez également à disparaitre aux yeux de quelqu’un ? Le visage d’une femme ne devrait pas être orné de pareil couleur. »
Evidemment qu’il faisait une référence, plus ou moins subtile, aux bleus qu’elle arborait. Remarque ironique pour le personnage violent qu’il était. Néanmoins, jamais il n’avait fait de mal à la femme qu’il aimait, hormis élever la voix. Jamais il ne pourrait lui faire du mal.

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You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when
skies are grey. You never know, dear, how much I love you. Please
don't take my sunshine away ~
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Something has broken, but I don't know what exactly - feat. Ezra

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