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 we are a family (dhanentine)

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SUR TH DEPUIS : 01/03/2015
MessageSujet: we are a family (dhanentine)   Mar 29 Nov 2016 - 23:05

we are a family
dhan & clémentine
Tu n’oses pas t’approcher de la pharmacienne. Pourtant, tu es professeur de biologie, tu es la mieux placée pour savoir, même sans l’aide de ce qu’il y a dans cette petite boite, ce dont tu es déjà intimement convaincue. Etrange chose que ton organisme, Clémentine. Tu ne le comprends pas la majorité du temps, tu restes perplexe devant ses disparitions, ses flottements et cet état si particulier qui te permet de traverser la matière, mais dans des moments comme celui là, tu crains de le comprendre tout en sachant que… et bien, que tu as envie de savoir. Tu oscilles entre deux états, ma princesse, et cette fois on ne parle pas de déphasage. Trop de doute en toi, ma petite puce, trop d’angoisse et de perplexité, trop d’hésitation. Lorsque tu sors de la pharmacie, tu as à la main crispée autour de la boite, comme de peur de la perdre. Tu es bien trop nerveuse, tes doigts remettent en place inlassablement des mèches qui n’osent même plus s’échapper, tu cherches de quoi t’occuper les pensées pendant que tu te diriges vers votre appartement, vers ton refuge, vers ce cocon protecteur où, et tu le sais, tu ne risques rien. Tu ne risques plus rien.

En dehors, bien évidemment, de devenir aussi bête que ton mari, mais ce n’est que mon avis. Selon toi, tu ne risques que d’être heureuse, chez toi, chez vous, dans cette complicité que tu redécouvres chaque jour avec émerveillement, ces quelques secondes qui précèdent votre première prise de bec lorsqu’il a le malheur de risquer d’attraper froid ou lorsque tu termines le café et ne lui laisses qu’une dernière goutte de principe. A ces pensées, tes lèvres s’étirent dans un doux sourire… un sourire qui ne tarde pas à disparaître sous un froncement de sourcils et un mordillement qui marquent tous deux ta réflexion intense. Tu n’as aucune certitude autre que cet instant que tu rechignes à revendiquer, Clementine, pourquoi te faire du souci dès maintenant ? Attends donc d’avoir la moindre certitude, cela vaut mieux pour tes nerfs. Oh, bien sûr que si, te voir t’angoisser pour un rien et surtout pour ça est particulièrement savoureux mais je crains que tu ne t’y prépares un peu trop bien. Et que tu sois déçue.

Tu es morte, Clémentine, il y a des années, tu n’es qu’un fantôme, qu’une hypocrisie, qu’une illusion qui se croit réelle, mais tu restes ma fille, et je ne veux surtout pas que tu souffres comme j’ai pu souffrir. A mon époque. Tu es morte, ma princesse, mais au fond de toi, malgré tous mes efforts, tu gardes cette certitude d’être en vie. Et je ne veux pas te voir te prendre un couteau en plein coeur, malgré tout ce que je peux te faire subir. Comme une mère ne peut survivre à la mort de sa fille, une mère ne peut pas souhaiter à sa fille de connaitre ce qu’elle a elle-même connu. Ce serait inhumain. Même si tu ignores tout ça, ma petite princesse.

Quoiqu’il en soit, tu es chez toi bien plus rapidement que tu ne le prévoyais. Tu refermes avec minutie la porte, tu te déchausses toujours avec autant de maniaquerie dans le moindre de tes mouvements et lorsque ta veste dégringole ton épaule, c’est pour trouver sa place dans le plus bref délai au porte-manteau de votre entrée. Ma princesse, lorsque tu es tendue, ton comportement s’en trouve si drastiquement changé que c’en est ridiculement drôle pour toute personne t’observant. Sauf que tu es seule, dans cet appartement, sauf que ton mari ne devrait pas rentrer avant quelques heures, sauf que tu as bien du temps devant toi pour tourner et tourner en rond dans ton bocal, pour te perdre dans tes suppositions et surtout te figer devant un résultat que tu guettes avec appréhension. Tu prends ton temps, Clémentine, pour ranger ton sac à main, bien plus de temps que d’ordinaire. Tu fais même un peu de rangement, pour repousser au maximum l’inévitable. Mais, ma petite puce, repousser ne sert à rien : le temps file entre tes doigts, et si Dhan arrive et voit tout ça, il risque de se faire des idées. Ou de comprendre. Ou de ne rien voir et tu te retrouveras bien bête, à ne plus savoir quoi dire ou quoi faire.


Une heure et demi plus tard, il t’en aura fallu du temps, tout de même, ma petite princesse, tu fixes la petite croix entre tes doigts. La sentence est tombée, le glas a sonné. C’est positif. Et tu le savais, tu t’en doutais, tu l’espérais ? Ca, tu n’arrives pas à le déterminer, tu n’arrives de toute manière toujours pas à savoir comment tu vas l’appréhender. Il y a cette réalité, entre tes doigts, et tout ce qui va en découler, tout ce que ça va impliquer. Tu sais, Clémentine, que votre vie va changer à partir de là.

Mais qu’avant, il faut que tu le dises au principal intéressé. Et comme tu sais qu’il attend ça depuis des années… tu sais que tu ne peux pas simplement lui envoyer un texto. Tu sais aussi que pour toi, pour toi aussi, il en est hors de question. Et tu sais, enfin, que tu ne peux absolument pas lui cacher quelque chose comme ça, même pour quelques jours, le temps de trouver comment lui présenter la chose.

Ça y est, Clémentine, rien que d’y penser, tu es toute excitée. Anxieuse, bien sûr, comme toujours, mais avant tout toute excitée en songeant à la réaction qu’il aura. D’ailleurs, tu n’auras pas longtemps à attendre : n’est-ce pas lui que tu entends sur le palier, en train de saluer la voisine ? Tu sors en vitesse des toilettes, jette boîte, notice, sac de la pharmacie en vrac dans ton sac à main que tu jettes maintenant dans votre chambre, sur votre lit. Tu te jettes, aussi, sur le canapé avec un livre en main. Et ta réflexion qui tourne à toute vitesse, à la recherche d’une solution.  


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MessageSujet: Re: we are a family (dhanentine)   Mer 7 Déc 2016 - 19:09

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dhan & clémentine
Cela avait été une rude journée pour Dhan, et il avait hâte de rentrer chez lui. Il était pourtant difficile d’entamer la bonne humeur légendaire du pompier, mais ils avaient enchainé les déconvenues toute la journée, allant d’accident de la route en petite vieille en détresse respiratoire, jusqu’à ce que le camion se mettre a crachoter, le moteur apparemment grippé sans qu’ils n’arrivent à mettre le doigt sur une quelconque défaillance. Ils étaient rentrés cahin-caha jusqu’à la caserne pour remplir leurs plannings d’intervention, mais avaient été interrompus, encore, par une convocation de leur lieutenants. Tous s’étaient rejoints dans la salle de repos, où le grand manitou avait annoncé son départ anticipé à la retraite : une vilaine tumeur au niveau de l’estomac, pas du joli, et il voulait passer les derniers mois de sa vie à se battre de son mieux contre le crabe et à profiter de la vie. Autant vous dire que lorsque qu’il quitta son uniforme pour enfiler ses affaires de civil, il n’avait envie que d’une chose : rentrer chez lui, s’enfermer à double tour et se poser devant la télé, ou devant la console, avec Clémentine, et tâcher d’oublier cette journée franchement naze. Ou alors se regarder un film, tiens, c’était bien un film. Il était tellement blasé qu’il n’avait même pas envie de passer par le marché de noel, pourtant le fond de l’air était doux, et il était d’ordinaire le premier à chantonner à tue tête les comptines de noel que crachaient les hauts parleurs. Non, retour à la case Casa, pas de détour, nada, niet, nothing. Il voulait retrouver sa Clémentine et voilà tout.

Sur la route du retour, il réfléchissait à tout ce qui avait pu se passer ces derniers mois à Radcliff : il ne pouvait pas se voiler la face plus longtemps, cette ville devenait de plus en plus dangereuse, moins … hospitalière qu’elle lui était apparue quand ils avaient déménagé ici. Et puis il avait l’impression que Clémentine n’était pas tout à fait heureuse, ici : elle ne lui avait jamais parlé de ça, mais rien que ses mésaventures avec les lycéens pro hunters, cela l’avait plus secoué qu’elle ne voulait bien l’admettre. Alors oui, forcément, il ne pouvait le nier, il songeait de plus en plus à l’après. L’après, c’est ce qui pouvait advenir de la ville dans six mois, un an, deux ans, alors que l’influence d’Isolde sur la mairie faiblissait lentement mais surement, et que les chasseurs reprenaient de leur coté du poil de la bête. Et si Clémentine devait finalement se faire recenser, qu’adviendrait il de sa place au lycée ? de sa sécurité en ville ? tellement de questions qui tournaient dans la tête de Dhan de manière de plus en plus récurrentes, et cela l’embêtait un peu. Il n’était pas fait pour s’inquiéter comme ça, Dhan, il était du genre rêveur et optimiste, pas à se poser un millier de question. Comme quoi, tout pouvait arriver un jour…

Les dernières marches de l’escalier avalées en une ou deux enjambées, il avait ôté ses chaussures rapidement dans l’entrée avant de passer la porte, avec un soupir de soulagement : c’est bon, il était rentré, en un seul morceau, et c’était déjà une victoire compte tenue de sa journée :

- Cleeeeeeem ? Cleeeeeem tu es lààààà ? Mince, il faut froid dans l’appartement non ? On se fait un chocolat chaud ? et tu …

Il releva la tête et s’arrêta net, interloqué, un sourcil haussé en voyant sa chère et tendre en face de lui, sur le canapé :

- … Ton bouquin est si facile que ça que tu te challenges à le lire à l’envers ?


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MessageSujet: Re: we are a family (dhanentine)   Mar 20 Déc 2016 - 0:14

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dhan & clémentine
Entre vous deux, ça a toujours été un sujet prompt à créer les soirées les plus tendues, les plus froides et les plus distantes. Un sujet que vous avez abordé un bon nombre de fois, surtout au début de votre mariage, un sujet sur lequel tu n’as jamais vraiment réussi à te positionner. Tu as envie d’être mère, ma Clémentine, voilà une certitude. Tu as envie de porter vos enfants, tu as envie de les tenir dans tes bras, tu as envie de créer la vie, dans un mélange de vos traits, de vos héritages, de votre personnalité. Tu as envie qu’ils héritent de l’humour de Dhan, du rire de Dhan, du visage de Dhan, tu as envie de serrer tout contre toi des enfants qui symboliseraient bien davantage que tout ce qu’ils pourraient imaginer. Mais… mais en même temps…

Tu doutes, Clémentine. Pas de Dhan, pas de votre mariage, pas de votre amour et certainement pas de votre avenir ou encore de votre engagement l’un envers l’autre, non. Tu doutes de toi, Clémentine, et ce doute est bien plus vicieux que tout ce que quiconque pourrait imaginer. Tu doutes de tes compétences de mère, tu doutes de la réalité même de ton existence, tu doutes de pouvoir porter cette grossesse à terme, tu doutes d’être capable de les aimer, d’être capable de les chérir, de les protéger, alors même que tu sais, que tu sais tout au fond de toi que c’est ce que tu désires le plus au monde. Mais entre ce que tu veux et ce qu’il faut, entre ce que tu veux et ce qu’il est responsable de faire… tes doigts tremblent, lorsque tu reposes le test de grossesse, tu essayes de te détendre pour aborder le plus sereinement possible la situation.

Sereinement. Calmement. Lucidement ? Mais comment est-ce que ça peut-il t’être seulement possible, Clémentine, alors que déjà tu frémis d’excitation, d’angoisse et d’une avalanche d’émotions toutes plus fortes les unes que les autres, toutes plus contradictoires les unes que les autres. Tu as envie d’appeler Dhan, tu as envie de tout bien préparer. Tu as envie de le contacter immédiatement et, misère, que tu aimerais être capable de te téléporter d’un clignement d’oeil ! Dissiper d’un soupir la distance qui te sépare de ton mari pour l’embrasser et puiser en lui ce qu’il te manque, actuellement, pour complètement chasser tes doutes et faire s’évaporer cette angoisse qui t’empêche de totalement te réjouir. Tes voeux deviennent réalité, ma princesse, ne t’en fais pas pour cela, puisqu’il te suffit d’espérer avoir un peu de temps devant tout pour qu’aussitôt, la porte s’ouvre.

Et pour qu’aussitôt, sa voix résonne et toi tu te jettes comme tu peux sur le canapé pour ouvrir un livre et plonger ton regard dans les lignes et les phrases qui s’obstinent à rester obscures malgré tout. - Cleeeeeeem ? Cleeeeeem tu es lààààà ?” Tu fais ton occupée, tu fais ta captivée, tu réfléchis à toute vitesse, ma princesse, mais bon sang, que toute originalité t’échappe ! Que vas-tu lui dire ? ”Mince, il fait froid dans l’appartement non ? On se fait un chocolat chaud ? et tu…Ton bouquin est si facile que ça que tu te challenges à le lire à l’envers ? Tu relèves aussitôt la tête: bon sang, quelle bien piètre espionne et comédienne tu fais, ma petite puce. Il ne lui aura pas fallu plus d’une poignée de secondes pour te percer à jour, combien lui en faudra-t-il de plus pour comprendre de lui même ?

Si mes interventions te déplaisent, Clémentine, tu peux me le dire directement au lieu de m’ignorer. Regarde toi, à sauter sur tes pieds, dans un large sourire de bonne humeur. Cela doit bien faire des semaines qu’il n’a pas dû te voir ainsi, cela fait d’ailleurs bien des semaines que tu n’as pas eu l’esprit aussi léger. C’est sa présence qui te fait cet effet, petite puce, c’est sa présence qui, à elle seule, suffit pour que tes angoisses s’envolent et ne reste que la perspective de sa joie à lui, de la création d’une famille, de leur famille. C’est sa présence qui fait que tu refermes le livre avec enthousiasme. ”Tout à fait, mon amour ! C’est toujours plus amusant comme ça, et puis, je l’ai déjà lu celui là !” Sur la pointe des pieds, tu viens lui voler un baiser sur ses lèvres. ”Tu trouves qu’il fait froid ? Je viens de rentrer, ça doit être pour ça, j’ai… oh, je vais pousser un peu le chauffage. Mais enlève ta veste, et va mettre un pull en attendant. Tu as passé une bonne journée ?” Il est rare, ma belle, rare que tu sois aussi bavarde, rare que tu sois aussi volubile, rare que tu sois aussi énergique. Qui êtes vous et qu’avez vous donc fait à ma petite clémentine ?



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MessageSujet: Re: we are a family (dhanentine)   Mar 27 Déc 2016 - 19:30

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dhan & clémentine
Pour être tout à fait honnête, Dhan était un peu surpris de voir Clémentine installée en tailleur sur le canapé. D'ordinaire, le canapé, c'était son royaume à lui, il venait y diner quand il était seul, jouait à la console, regardait des films et des séries après une longue journée de travail, et Clem ne venait le rejoindre qu'en début de soirée, son bouquin à la main, ou pour suivre une de leurs séries préférées. A part ça, le royaume de sa rousse, c'était la table du salon, à quelques mètres de là : elle y avait toute la place nécessaire pour y étaler ses livres et ses copies, et la lampe qui se tenait juste au dessus de sa tête lui évitait la lumière bien plus tamisée de l'autre coté du salon. Parfois, ils pouvaient passer des heures à quelques mètres l'un de l'autre, sans rien se dire, se repaissant de la présence réconfortante de l'autre, chacun de son coté. C'était ça, être un couple marié tranquille et heureux. Alors forcément, la voire assise là, à SA place, à tenir un bouquin à l'envers avec ses grands yeux égarés et ses joues un peu roses, c'était intrigant. Enfin, il n'eut pas le temps de se poser plus de questions que cela que déjà elle venait se hisser sur la pointe des pieds pour lui planter un baiser sur les lèvres, virevoltant d'un pied à l'autre en babillant joyeusement. Joyeusement ? Depuis quand c'était elle qui babillait, et lui qui trainait les pieds en tirant une gueule de six pieds de long ?

-oh euh, d'accord, si tu le dis …

Il se frotta l'arrière du crâne, un peu circonspect, la laissant s'agiter et lui poser un million de questions qu'il était plutôt du genre lui, à lui poser, d'ordinaire, plutôt que l'inverse. Bon, après, c'était lui qui était allé geler dehors, donc c'était plus logique, mais bon … Docile, il hocha la tête, trainant des savates jusqu'à la chambre pour lâcher sa veste sur la chaise du bureau, et enfiler un pull mélangeant motifs de noël et citation de starwars, avec un père noël Yoda dessus. Un classique :

-beh un peu, mais je suis fatigué aussi, je dois être plus frileux que d'habitude. Tu sais ce qu'il manque dans cet appart ? Une cheminée, une vrai cheminée. Ou un chien énorme pour nous tenir chaud. Ou un mouton, pourquoi pas. Et j'ai passé une journée nulle, nulle nulle nulle …

Ainsi vêtu, il vint retrouver Clémentine dans la cuisine, la serrant dans ses bras, le dos de sa femme contre son torse, fourrant son nez encore froid dans son cou, respirant son parfum tiède pour y chercher du réconfort :

-du coup, j'avais hâte de rentrer pour qu'on soit tous les deux. Je sais pas trop, cette année, les fêtes ça me déprime un peu, va savoir pourquoi … du coup j'ai juste envie d'être avec toi, qu'on regarde un film et qu'on se commande des sushis... Enfin, et toi, ta journée, du coup ? Toujours sur les copies des examens blancs ?

En tout cas, ses copies devaient être excellentes, pour la mettre en joie comme ça … enfin, tant mieux, il en fallait au moins un des deux de bonne humeur. Même là dessus, ils restaient synchros, c'était trop fort quand même...


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MessageSujet: Re: we are a family (dhanentine)   Mer 4 Jan 2017 - 14:28

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dhan & clémentine
Tu es surprenante, ma petite Clémentine. Surprenante par cette incapacité que tu as à simuler la moindre décontraction lorsque tu n’es, en fait, qu’une boule de nerfs en proie à la plus vive des agitations. Tu es surprenante parce que tu aurais pu te réfugier dans bien des recoins de votre appartement, dans votre chambre, sur votre lit, sur ta chaise habituelle autour de la table, entourée de copie, allongée sur le tapis, ou simplement en tailleurs sur ton pouf préféré, mais non: te voilà sur le canapé, royaume de Dhan par excellence, en train de lire un livre à l’envers dans une crédibilité somme toute plus que relative. Comme si tu ne pouvais que vouloir être remarquée. Comme si tu voulais que ton mari te pose des questions, finalement. Et il tarde, d’ailleurs, le bougre, il tarde à découvrir le pot aux roses, un pot qui se semble pourtant plus qu’évident ! Non mais regarde toi, ma princesse, regarde toi ! Tu sautes sur tes pieds, tu sautes sur ton mari pour te hisser sur la pointe des pieds, effleurer ses lèvres, lui voler un baiser et l’ensevelir de questions, puisqu’il a le culot de ne pas le faire lui-même. Vos places sont échangées, vos rôles sont inversées, tu brûles d’une anxiété, d’une envie de lui hurler et d’une crainte - rendue muette par le reste - que finalement, il ne soit plus partant. Parce qu’il est trop tard pour reculer. Parce qu’il a beau n’avoir que quelques semaines, ce petit en ton sein, tu l’aimes déjà autant que tu le crains.

-oh euh, d'accord, si tu le dis… La réaction de ton mari pourrait attirer sur ton visage un froncement de sourcil ou faire naître entre tes deux yeux une petite ride contrariée, mais il semblerait que pour cette soirée, tu ne parviennes pas, même avec tous les efforts du monde, à avoir grise mine. Dans ta petite tête de linotte, tes méninges s’activent, tes neurones bataillent entre eux à la recherche d’une idée. Tu t’échappes, laisses ton mari quitter sa veste, enfiler un pull, tes doigts augmentent un peu le thermostat avant de revenir vers Dhan, comme attirée par l’aimant qu’exerce sur toi cet homme que tu connais depuis toujours. Tu l’écoutes même répondre à tes questions, sans cesser de t’agiter. Un coup, tes mains replacent correctement les coussins du canapé, un autre elles se dispersent pour remettre dans le bon ordre les DVDs entassés en pile à côté de la télévision, ceux que vous aviez sélectionnés le week-end précédent pour finalement leur préférer une bonne série. -beh un peu, mais je suis fatigué aussi, je dois être plus frileux que d'habitude. Tu sais ce qu'il manque dans cet appart ? Une cheminée, une vrai cheminée. Ou un chien énorme pour nous tenir chaud. Ou un mouton, pourquoi pas. “Un mouton, carrément ? Un rire s’échappe de tes lèvres avec légèreté lorsque tu vous imagines heureux propriétaires d’un mouton, avant de te faire la remarque que si cet appartement est froid, ce n’est peut-être pas une bonne chose pour un enfant et qu’il vous faudra sûrement investir dans des chauffages plus performants, ou… Et j'ai passé une journée nulle, nulle nulle nulle… Tu l’entends terminer de répondre à tes questions de la cuisine, où tu étais en train de lui préparer une boisson chaude, comme pour mieux t’excuser de ne pas avoir mis le chauffage plus tôt. Aussitôt, tu t’apprêtes à aller l’enlacer, mais il te prend de vitesse pour mieux enfouir un nez tout froid dans ton cou, en te faisant pousser un petit cri de surprise. ”Bon sang, c’est vrai que tu as la truffe toute froide…”

-Du coup, j'avais hâte de rentrer pour qu'on soit tous les deux. Je sais pas trop, cette année, les fêtes ça me déprime un peu, va savoir pourquoi…” Tu te décides à lâcher tout ce que tu tenais juste pour monter à nouveau sur la pointe des pieds et enlacer ton Dhan, ton Dhan à toi, juste pour qu’il sache que tu es là. ”J’imagine qu’après tout ce qu’il s’est passé, c’est normal d’être un peu déprimé…” Les fêtes de fin d’année, pourtant, ce sont en général pour vous un moment fort où il fait bon s’agiter et décorer la maison, où vous prenez le temps de vous promener rien que tous les deux et d’aller flâner dans le marché de Noël, où vous rentrez au Brésil voir ton père, ou ta belle famille… Vraiment, Clémentine, pour que ton mari soit déprimé par les fêtes, cette année… Cette ville vous ronge. Et ton enthousiasme en prend un coup. Du coup j'ai juste envie d'être avec toi, qu'on regarde un film et qu'on se commande des sushis... Enfin, et toi, ta journée, du coup ? Toujours sur les copies des examens blancs ? Tu poses ta tête sur son torse, l’embrasses une nouvelle fois avant de ramener tes talons au sol et lui tendre un mug bien chaud et de vous rapatrier dans le salon, armée de ton chocolat chaud. ”J’imagine…” Tu imagines bien son envie d’une soirée tranquille, en amoureux, parce que cette envie, tu l’as bien souvent toi aussi après une journée qui s’est éternisée.

Et toi, Clémentine, ta journée ? Ta journée. Tes copies. Une de tes mèches s’entortille entre tes doigts, tu t’installes en tailleur sur ton pouf, comme toujours, en faisant glisser ta tasse sur la table basse. ”J’ai passé une bonne journée. Mais je t’avoue que mes copies…” Tu lui lances une petite grimace. ”Je les ai laissées un peu de côté.” Tu prends ton inspiration. Allez, ma petite puce, vas-y, raconte lui ta journée, ta journée sans cours si palpitante. ”J’ai pas fait grand chose, en fait… ce matin, un peu de ménage, j’ai aussi réfléchi aux menus de la semaine, histoire de commander les courses” Des menus qu’il va falloir reprendre depuis le début. ”Tes parents ont appelé, aussi, ils voulaient savoir si on avait pris nos billets d’avion pour rentrer.” Magnifiques anecdotes. Tu cogites, tu cogites, mais tu ne trouves toujours pas de façon de lui dire. ”Ensuite, je suis passée un peu à la pharmacie, tout à l’heure, tu sais que je me sentais pas bien ce matin.”. Il faut que tu lui dises, Clémentine, parce que le suspens est amusant deux minutes, mais bon... ”Dhan, il faut qu’on parle.” Mais ne lui dis pas comme ça ! Bon sang, le pauvre bougre va faire un arrêt cardiaque ! ”Je ne vais pas pouvoir manger de sushis ce soir.” Mais bien sûr. Tout ça pour ça.

Toute cette réflexion pour cette conclusion. Toute cette agitation pour ce regard planté dans le sien, ce sourire sur tes lèvres qui tranchent avec la gravité - involontaire et malvenue - de tes propos saupoudrés d’un dramatisme ridicule. Sais-tu comment j’ai annoncé ta naissance à ton père, Clémentine ? En lui hurlant au téléphone la lettre que je lisais et qui confirmait ton adoption, à toi, mon chaton de quelques semaines à peine. Et toi, tout ce que tu trouves à dire, c’est que tu vas devoir te passer de sushis ? ”Et vraisemblablement pas non plus pendant les neuf prochains mois.”


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MessageSujet: Re: we are a family (dhanentine)   Sam 7 Jan 2017 - 22:54

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dhan & clémentine
Oui, un mouton, pourquoi pas ? C'était marrant les moutons, bon, paraît il que ce n'est pas le plus malin des animaux, mais c'est sacré mignon, surtout quand ils sont petits, non ? Dhan s'imaginait bien avec un petit agneau tout mignon et tout bouclé bêlant dans ses bas, à lui donner le biberon alors que Clémentine les observerait, attendri. Bon après, il ne savait pas trop comment ça se passerait pour les choses basses matérielles, genre l'hygiène et sa nourriture, mais bon, on pouvait bien rêver cinq minutes, non ? D'ailleurs, il y pensait encore, à son idée un peu bête, quand Clementine poussa un petit couinement surpris en sentant son nez froid contre sa peau. Il fallait dire que l'arrière du camion d'intervention était bien chauffé pour les malades et les blessés, mais la cabine avant, c'était quand même une autre histoire … Il se contenta de lui lancer un petit regard par dessous tout désolé, reculant un peu pour ne pas lui donner froid, à elle aussi. Enfin, juste cinq secondes, pour la forme, avant de reprendre la jeune femme dans ses bras, passant ses mains dans son petit dos pour la frictionner doucement, marmonnant dans sa barbe et dans l'épaule de celle ci :

Mouais... Ben c'est pas dans ma nature alors j'avoue, j'aime pas trop beaucoup ça...

Clairement, il préférait être de bonne humeur, c'était bien plus naturel chez lui. Il savait qu'il existait des gens qui se complaisaient dans leur malheur ou leur mélancolie, mais ce n'était clairement pas son cas, alors quand il était un peu chiffonné, il le ressentait tout de suite, et son entourage le percevait immédiatement également., forcément. Heureusement, cela ne durait rarement plus d'un jour, deux grands max, puis ses bonnes habitudes et ses grands sourires ensoleillés revenaient. En attendant, Clémentine serait son réconfort, comme elle l'était au quotidien, qu'elle en ait conscience ou non. C'était d'ailleurs pour cela qu'il ne la lachait pas, telle une -grosse- moule à son -petit- rocher, continuant de lui caresser le dos, un œil aussi sur la casserole de lait qui chauffait sur le feu derrière eux. Il l'écouta raconter sa journée, mélange de routine réconfortante et d'appels prometteurs, qu'il aurait préféré partager avec elle, vraiment.

hum, pour la liste de courses, je pourrais jeter un coup d'oeil, si jamais j'ai envie de faire un plat un soir où tu as conseil de classe ? Ou même ou tu as pas conseil de classe, d'ailleurs...  Et tu leur as dit quoi, du coup ? C'est vrai qu'on en a pas trop parler, mais partir pour les fêtes ce serait top... Même si bon, faudrait voir si j'arrive à poser des congés à la caserne, on est en sous nombre, c'est pas totalement gagné non plus …

Il soupira, avant de tendre le bras derrière son épouse pour éteindre le feu sous le lait. Pas envie de nettoyer le plan de travail, par dessus le marché. Leur restait il du vrai chocolat en tablette, ou devrait il se contenter de chocolat en poudre ? Vaste question. D'ailleurs, c'est pour cela qu'il ne réagit qu'à moitié aux tentatives de Clémentine pour attirer son attention :

Hmmm ? Tu as chopé froid, quelque chose ? Forcément à fréquenter un lycée avec des centaines de personnes et les virus et microbes qui vont avec, il y a de quoi choper tout et n'importe quoi... Me parler, Amour ? Parler de quoi, du coup ?

Comme on dit, totalement à coté de la plaque. Il n'était même pas inquiet de cette phrase qui aurait du le mettre aux abois, si il avait été dans son état normal, il était juste... A l'ouest. D'ailleurs, il se contenta de ciller quand Clem lui annonçait qu'elle ne pourrait pas manger de sushis avec lui ce soir : … Elle avait une sorte de gastro, en fait, c'était ça ? Il était vrai que manger du poisson cru et du riz gluant quand on avait la nausée, ce n'était pas enthousiasmant et... Pendant 9 mois ?! Elle ????? Mais ???? Mais alors ???

… Oh ?

Il recula d'un pas, la bouche aussi ronde que l'onomatopée qui en sortait, les yeux comme des billes aussi :

…. Ohhhhhhh ?

Ah, enfin il percutait, alors que ses yeux s'écarquillaient un peu plus, brillants d'un éclat nouveau, et qu'un sourire immense barrait son visage fatigué :

Pas de viande crue non plus ? Pas de fromage français ?

Il lui saisit la main, courant presque jusqu'au canapé pour s'y asseoir, posant la jeune femme sur ses genoux, l'air aussi ravi que déboussolé :

tu es... tu es sure ? Depuis quand est ce que … ? mais ça va, toi, tu es sure que ça va ?

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MessageSujet: Re: we are a family (dhanentine)   Lun 16 Jan 2017 - 20:38

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Tu le fais languir, ton mari. Tu le fais patienter, avec tes histoires follement passionnantes d’une journée passée à ne rien faire, au final. A ne rien faire, puisque j’étais aux premières loges pour te voir hésiter, osciller, changer d’activités toutes les demi-heures sans mener une seule tâche à bien. Tu as eu ses parents aux téléphones, oui, mais de quoi avez-vous parlé ? De tout, de rien, surtout de rien. Tu es complice avec tes beaux-parents, ma princesse, presque autant qu’avec ton père, bien plus que tu ne l’as jamais été avec moi. Oh, ne t’y méprends pas, je ne suis pas jalouse, loin de là, je suis bien, bien plus que ça. T’entends-tu leur parler, parfois ? On a l’impression que tu t’adresses à tes propres parents. On a l’impression que tu les connais depuis toujours. Je sais que c’est le cas, mais… j’aimerais, parfois, être encore en vie pour vous séparer, pour t’éloigner d’eux, t’éloigner de ton affection si profonde, si sincère pour eux, une affection réciproque que tu ne mérites pas. Tout comme celle que te porte ton mari, non ? Ma Clementine, j’espère que tu es au moins consciente que son amour est voué à… Clementine, tu m’écoutes ? Visiblement non, puisque tu te concentres sur cette tasse brûlante entre tes doigts, tes jambes assises en tailleurs, ton équilibre sur ton pouf et la façon de présenter les choses. ce qui laisse d’ailleurs à Dhan le temps de réagir à tes aventures de la journée. ”Hum, pour la liste de courses, je pourrai jeter un coup d'oeil, si jamais j'ai envie de faire un plat un soir où tu as conseil de classe ? Ou même où tu as pas conseil de classe, d'ailleurs…” Tu ne prends pas la peine de répondre, tu désignes juste l’ordinateur, encore posé sur la table du salon, entrouvert, où il trouvera la liste à modifier à sa guise. ”Et tu leur as dit quoi, du coup ? C'est vrai qu'on en a pas trop parlé, mais partir pour les fêtes ce serait top... Même si bon, faudrait voir si j'arrive à poser des congés à la caserne, on est en sous nombre, c'est pas totalement gagné non plus… Tu lèves la tête dans sa direction, ma puce. Ma parole, ne serais-tu pas, par hasard, en train de te jeter sur cette distraction, cette digression pour reposer la suite de la conversation ? ”Je leur ai dit à peu près ça, mais c’est vrai que ce serait génial qu’on puisse y aller ! Ca nous ferait du bien à tous les…” Une hésitation ? ”deux.” Ton soupir achève ta phrase, tu espères de tout coeur qu’il n’y aura pas prêté attention.

De toute manière, ton Dhan, tu le sens bien, n’est pas totalement là. Comme toi lorsque tu as des soucis, comme toi lorsque tu es fatiguée. Tu reposes ta tasse, tu te lèves, tu te rapproches de lui, tu continues de raconter ta journée, toujours aussi hésitante quant à la manière de présenter les choses. Ton passage à la pharmacie, c’est un point de départ. Pas forcément le meilleur, mais… il faut qu’on parle, très sérieusement, Clémentine ? Hmmm ? Tu as chopé froid, quelque chose ? Forcément à fréquenter un lycée avec des centaines de personnes et les virus et microbes qui vont avec, il y a de quoi choper tout et n'importe quoi... Me parler, Amour ? Parler de quoi, du coup ? Tu secoues la tête. Est-ce que tu es malade ? Non, ça non. Les nausées, elles sont tout à fait normal, quant au reste… on verra bien, on verra plus tard. Tu t’enfonces dans des eaux troubles, ma princesse, des eaux troubles dans lesquelles je n’ai jamais eu le loisir de m’aventurer. Des eaux inconnues, autant pour toi, que pour Dhan. Autant pour toi, que pour moi. Des eaux qui commencent par un régime alimentaire restreint. Tu ne mangeras pas de sushis ce soir. Ni demain. Ni les neuf prochains mois.

Tes yeux guettent une réaction chez Dhan, ton visage reflète, ma petite puce, une impatience mêlée d’angoisse. … Oh ? Tu hoches la tête. Il recule: ton angoisse s’envole, libère un petit sourire. …. Ohhhhhhh ? Tu hoches derechef la tête, cette fois, tes mains se posent sur ton ventre, comme un nouveau réflexe, un nouveau tic, toc, un nouveau et naturel réflexe. Pas de viande crue non plus ? Pas de fromage français ? Ton sourire s’élargit, tu es certaine qu’il a compris. Pas de viande crue, pas de fromage français ? Tu confirmes, un sourire taquin se glissant et s’affirmant. Tu te laisses faire, tu te laisses conduire au canapé où tu retrouves les genoux de ton mari. Tu es... tu es sûre ? Depuis quand est ce que… ? mais ça va, toi, tu es sûre que ça va ? Tu l’embrasses sans rajouter un mot, sautes sur tes petits pieds, te glisses dans votre chambre, fouilles à la recherche du test et le ramènes pour lui présenter la croix bien claire, bien nette. ”Je… je m’en doute depuis quelques jours, mais comme je n’en étais pas certaine, je n’osais pas… te faire un faux espoir.” Te voilà nouveau sur ses genoux, tu saisis ses bras d’autorité pour qu’ils t’enlacent. ”On va être trois, si tout se passe bien, tu te rends compte, Dhan ?” Trois. Vous ne serez plus seulement un et un, vous serez 1+1=3, et ça… tu n’es peut être pas professeur de maths, ma princesse, mais tu trouves ça magique. ”Il va falloir prendre rendez-vous chez le médecin, tu crois qu’on pourra en parler à Scarlett ? Ca va être long, d’attendre trois mois pour en parler à tes parents…” Et ton père, tu y penses, toi, à ton père ? ”J’ai hésité à t’envoyer un SMS, mais je me suis dit que… ce n’était pas très…enfin… j’aurais pu t’attendre pour savoir mais… à partir du moment où je suis allée chercher le test de grossesse à la pharmacie, je... “ Pourquoi… pourquoi, ma petite puce ? Pourquoi ce besoin de te justifier ? Ne peux-tu pas seulement lui poser la question qui te trotte dans la tête ? Ta voix se mue en souffle, en murmure, en chuchotement, comme un secret. ”Tu es heureux ?”


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MessageSujet: Re: we are a family (dhanentine)   Dim 22 Jan 2017 - 22:18

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Etre père avait toujours été une évidence pur Dhan, plus qu'un projet pour le futur, c'était … c'était quelque chose qui devait intervenir dans sa vie, à un moment ou un autre.  Enfin, une évidence à partir du moment où il était tombé amoureux de Clémentine, c'est à dire des années auparavant, alors qu'il était encore adolescent : emménager avec Clém, se marier avec Clém, avoir des enfants avec elle, c'était un rêve pour Dhan, son désir le plus cher au monde. Cela pouvait avoir l'air d'être d'une banalité affligeante, mais Dhan s'en fichait et surtout, quand on connaissait le passif de Clémentine, cet objectif était bien, bien moins classique que l'on pouvait le croire. Dhan était bien conscient, et ce depuis des années, des réticences de sa chère et tendre  sur le sujet, et ceux pour un million et demi de raisons toutes plus personnelles et délicates les unes que les autres : d'abord, les mauvais souvenirs liés à sa propre enfance, puis la crainte de la transmission de son gêne mutant et, encore plus complexe à gérer, ses doutes persistants sur la véracité de sa propre existence … Ils en avaient parlé, souvent, s'étaient pas mal disputés aussi sur le sujet, et maintenant, maintenant … Il ne pouvait y croire. Il n'osait y croire. Après tout ce qu'ils avaient traversé.... Ils avaient réussi ? Ils attendaient un petit bébé ? Un petit « eux » rien qu'à eux ?  Il se laissa embrasser puis la suivit du regard alors qu'elle bondissait sur ses jambes pour disparaître dans leur chambre, alors qu'il  se passait la main sur le visage, hébété : ils allaient être parents. Il allait être papa. Il releva la tête alors que Clémentine s'asseyait à nouveau auprès de lui, lui attrapant les bras en babillant joyeusement. Dans le flot de ses paroles, Dhan intercepta une petite phrase qui lui fit froncer les sourcils :

- Si tout va bien ? Et pourquoi ça irait pas bien, hein ? Parce qu'il y a aucune raison qu'il y ait un souci, on va tout faire pour, hein ? Hein ?

Il la serra un peu plus fort, l'installant mieux sur ses genoux,  l'écoutant sagement en posant son menton sur son épaule, inspirant profondément son odeur tout en battant des cils, l'air pensif et concentré en même temps :

- oui, Scarlett, c'est une bonne idée. Je pense qu'elle sera en mesure de répondre à absolument toutes nos questions,  et puis nous rassurer sur tout ce qu'on va devoir organiser et tout … En plus, Caleb et elle sont un peu dans la même situation, avec l'arrivée de Garrett et tout … je, Pfou … c'est dingue et... Je, ouais, je pense que mes parents comprendront quand on se verra, mais si tu as envie de leur en parler plus tot, surtout n'hésite pas, hein, si ça peut te faire plaisir …  Et puis à beau papa aussi, hein !

Il embrassa son épaule à nouveau, alors qu'une de ses mains venait se perdre dans la chevelure dans la jeune femme. Il n'avait plus froid, il n'était plus fatigué, il avait l'impression d'être l'engeance étrange d'une pile électrique et d'une cocotte minute.

- Par texto, tu aurais pris le risque que je fasse une crise cardiaque ? Que j'arrête de sauver quelqu'un parce que je serais tombé dans les pommes ? Hahahaha j'imagine même pas la tronche du texto que tu aurais pu m'envoyer, trop bizarre... Genre des émoticones de bébés et de couches ? J'sais pas...

Il secoua la tête, alors que son front touchait à présent la joue de la jeune femme qui murmurait sa dernière question. Si il était heureux ? C'était une vraie question, ça ? Il ne répondit pas tout de suite, tellement les mots lui manquaient, tellement son cœur était au bord de l'implosion, littéralement.

- Je suis... Je sais pas c'que je suis. Je suis dans un rêve c'est … C'est merveilleux, Clém'. C'est magique.

Sa voix avait un petit truc rauque différent de d'habitude. Non non non , il ne pleurait pas, pas du tout, il avait juste un truc dans l'oeil. Dans les deux. La faute au froid, dehors, tout ça …


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MessageSujet: Re: we are a family (dhanentine)   Sam 4 Fév 2017 - 17:06

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La maternité. Voilà un terrain que tu t’interdisais, qui avait même électrisé votre relation à Dhan et toi au tout début, lorsque juste après la fin du lycée vous aviez déjà songé à construire quelque chose. Le long terme et vous, une relation ancrée dans une histoire, dans une éternité, dans un depuis toujours et tourné vers un et pour toujours aussi limpide qu’évident, implicite dans tous vos baisers, dans toutes vos caresses, dans tous vos regards complices et amoureux, le long terme et vous c’était du prévu. Presque de l’acquis. Alors vous marier, même si vous avez pris votre temps pour le faire, vous marier, avoir des enfants, fonder une famille tous les deux, c’était… quelque part, ça semblait couler de source, et quelque part, aussi… tu édifiais à chaque fois que tu y songeais un peu plus un rempart, destiné à te protéger. A te calfeutrer. A te recroqueviller pour ne pas avoir à affronter tes peurs. Ma fille, que tu es ridicule.

La maternité. Voilà une terre inconnue dans laquelle tu viens de t’aventurer, de prendre du moins conscience que tu as commencé à t’y aventurer. Un peu moins de neuf mois devant vous, avant que vous ne passiez de deux à trois, avant que tout soit bouleversé autour de vous, neuf mois pendant lesquels, et je me fais prophète, vous allez vous disputer, vous allez vous angoisser, vous allez vous prendre la tête pour des monceaux de petits détails. Neuf mois que je n’ai pas connus, neuf mois qui font de toi une femme comme je ne l’ai jamais été, comme je n’ai jamais pu l’être.  Neuf mois et les maths laisseront le pas à la biologie pour que 1+1=3, que toi plus lui égale un nouvel être humain. Tu es professeur de biologie, Clémentine, toi plus que quiconque sais comment tout ça se passe et pourtant, pourtant… tu t’émerveilles. Si tout se passe bien. - Si tout va bien ? Et pourquoi ça irait pas bien, hein ? Parce qu'il y a aucune raison qu'il y ait un souci, on va tout faire pour, hein ? Hein ? Un frisson te parcourt de la tête aux orteils devant la conviction de ton mari, devant le fait, aussi, qu’il ait relevé cela. Si tout se passe bien. Tout peut tourner au drame, c’est ta peur la plus profonde, ton angoisse la plus tangible. « On va tout faire pour que tout se passe bien, oui, bien sûr », mais… mais tu refuses de fermer les yeux sur tous les risques qui se profilent à l’horizon. Vous allez tout faire pour que ta grossesse se passe bien, c’est une certitude.

A commencer par aller voir les différents médecins, à commencer par aller voir Scarlett, aussi. Peut-être. - Oui, Scarlett, c'est une bonne idée. Je pense qu'elle sera en mesure de répondre à absolument toutes nos questions, et puis nous rassurer sur tout ce qu'on va devoir organiser et tout… En plus, Caleb et elle sont un peu dans la même situation, avec l'arrivée de Garrett et tout… je, Pfou … c'est dingue et... Je, ouais, je pense que mes parents comprendront quand on se verra, mais si tu as envie de leur en parler plus tôt, surtout n'hésite pas, hein, si ça peut te faire plaisir…  Et puis à beau-papa aussi, hein ! Il t’embrasse l’épaule, tu en profites pour poser tes lèvres sur sa joue. Attendre trois mois, c’est long, très long, ça te semble… interminable et pourtant, n’est-ce pas ce qu’on préconise ? Pourtant… « Il faudra que j’appelle Papa, oui… peut-être juste pour savoir s’il rentre lui aussi à Rio pour Noël, comme ça… » Comment ça ? Les trois mois se sont déjà évaporés dans tes pensées pour se transformer en trois petites semaines, si ce n’est moins ? Pourquoi donc, tu n’as pas envie de leur annoncer par téléphone, par sms, comme tu as pourtant songé à le faire pour ton propre mari ?

Ma fille, parfois, certaines de tes réflexions me dépassent. - Par texto, tu aurais pris le risque que je fasse une crise cardiaque ? Que j'arrête de sauver quelqu'un parce que je serais tombé dans les pommes ? Hahahaha j'imagine même pas la tronche du texto que tu aurais pu m'envoyer, trop bizarre... Genre des émoticones de bébés et de couches ? J'sais pas... Tu éclates de rire, tu m’ignores, tu te laisses aller à imaginer, toi aussi, la tête des textos que tu te serais amusée à composer. « J’imagine, si, justement. J’ai hésité à te faire un rébus… ou une charade, tiens, une charade entièrement composée de smileys… tout en demandant à tes collègues de filmer en amont, pour immortaliser ça… zut alors, j’ai vraiment, vraiment manqué quelque chose. Peut-être que pour le deuxième… » Ne t’emballe pas trop, ma princesse, déjà un, c’est un exploit. Deux… souhaites-tu provoquer l’apocalypse ?

De toute évidence, oui. Ton murmure, du moins, le laisse présager, brutalement sérieux, brutalement secret, brutalement… sincère et anxieux dans son interrogation. Doutes-tu vraiment de son bonheur à l’instant ? Absolument pas. Et pourtant… tellement, dans un sens ; juste tellement… - Je suis... Je sais pas c'que je suis. Je suis dans un rêve c'est… C'est merveilleux, Clem'. C'est magique. Tu acquiesces sans rien rajouter pour le moment. Pourquoi acquiescer ? Parce que, finalement, tu ressens la même chose. Magique, c’est le terme. « C’est marrant, parce que, finalement… c’est une surprise sans en être une, non ? Je veux dire, on le veut, on a cherché à l’avoir, ce petit, et plutôt deux fois qu’une… » Ton sourire est taquin, ton sourire est amusé, espiègle jusque dans ces éclats de joie qui étincellent dans tes prunelles. « Il est là, il est juste là, sous nos yeux… » Tes mains se posent sur ton ventre, guident celles de ton mari que dont tu entremêles les doigts aux tiens. « Et pourtant, je ne sais pas pour toi… mais pour moi… c’est dur de… le concevoir. De l’imaginer. C’est tellement indescriptible… Et pourtant, je sais qu’il ou elle est là, je sais et je le sens, et… » Tu plonges ton regard dans celui de ton mari. Tu penses à moi, c’est évident. Tu penses à moi, tu m’imagines, à tort ma princesse mais tu l’ignores encore, à ta place, avec toi grandissant en mon sein. « Tu penses que ma mère a douté, un jour, pendant sa grossesse, de mon existence ? » Tes doigts montent caresser la barbe de ton mari. « On va l’aimer, notre enfant. Parce qu’il sera là. Bien réel. Aussi réel que nous. »


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MessageSujet: Re: we are a family (dhanentine)   Mar 7 Fév 2017 - 21:03

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On va tout faire pour. Bien évidemment, qu'ils allaient tout faire pour, et lui le premier ! Il l'envelopperait dans du papier bulle, si c'était la manière la plus sure de lui faire passer les neuf prochains mois sans encombre, il l'ensevelirait sous la ouate et le coton même, en dernier ressort. Il vérifierait chaque plat, chaque boisson, chaque tout et n'importe quoi pour que rien ne puisse mettre en danger sa vie ou celle de l'enfant. Leur enfant, à eux deux. Il avait encore du mal à y croire. Alors à la place, il acquiesçait, un peu béatement, à tout ce qu'elle pouvait lui dire. Faire venir son père à Rio ? Mais oui, mais quelle bonne idée, merveilleuse, sublime … En même temps, elle aurait pu lui suggérer de s'enrouler dans du jambon de Parme qu'il aurait trouver ça brillant, dans l'état euphorique dans lequel il était.

- Oui oui oui, faisons donc ça… Je suis sur que si il y a de la place pour deux, il y en a pour trois. Enfin… Pour trois et demi.

Et voilà, le retour en force du sourire démesurément niais découvrant ses dents toutes blanches. Il devait avoir l'air totalement nigaud, mais il s'en fichait bien. Il caresse les cheveux brillants de la jeune femme, n'osant pas encore toucher son ventre. Trop tôt ? Peut être bien, mais il finirait bien par succomber à la tentation, à un moment ou à un autre. Pour l'instant, il était concentré à sourire aux bétises de son épouse. Des smileys, non mais hey, c'était qui l'adulte responsable dans leur couple, d'ordinaire, hein ?

- Moui, non, évite, sinon j'vais en entendre parler pendant des mois et des mois après, ça serait juste insupportable… Et le deuxième, on va attendre déjà que le premier arrive avant d'y penser, tu peux pas être constamment multi tâche !

Le pauvre, si il savait. Il baissa les yeux en voyant les mains de Clem' se glisser sous son pull, sur son ventre encore si plat et ferme. C'était tout petit, minuscule, et pourtant celui ou celle qui s'y cachait allait changer leur vie à tout jamais. Elle avait raison, il n'aurait peut être pas du être aussi surpris, et en même temps… Il avait toujours craint que les certitudes de Clem' sur sa pseudo intangibilité pousse son corps a refuser la grossesse… Evidemment, ils n'utilisaient plus de contraception depuis un moment, mais… Il ne s'attendait juste pas à ce que ça arrive… Si vite ? Il secoua la tête, avant de reprendre doucement :

- C'est dur de l'envisager oui, mais parce que c'est tout neuf… Tu verras demain, la semaine prochaine, dans un mois… et encore plus quand les modifications physiques s’opéreront, ce sera juste une évidence… Et je ne te parle même pas du moment où l'on va commencer à se chamailler pour le prénom !

Ça, il en était sur et certain, ils allaient se prendre la tête sur ce genre de questions, c'était obligé. Et puis il céderait, d'une manière ou d'une autre, si la technique des yeux de chiot battu ne faisait pas l'effet escompté.

- Ta mère ? Clèm', je euh ... J'en ai rien à faire de ta mère et de ses soucis mentaux, tu sais pourquoi ?

Oui, c'était impoli, mais tant pis. Il l'embrassa sur le bout du nez en lui faisant un petit clin d'oeil:

- Parce que les fantômes ne peuvent pas avoir de petit bébé dhan tout mignon dans le veeeeentre. Donc si ça c'est pas une preuve que tu es ma Clémentine en chair, en os et en embryon, je sais plus quoi te dire, et ouaip ! Et je l'aimerai autant que toi je t'aime. C'est pour dire !

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MessageSujet: Re: we are a family (dhanentine)   Dim 19 Fév 2017 - 21:30

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Tu as tellement de détermination en toi, Clémentine. Une rage de vivre, un brasier ardent, ce besoin de prouver au monde, de te prouver que tu es en vie et que tu le resteras. Tu as en toi bien trop d’amour que tu offres chaque jour à Dhan, que tu es prête à offrir à cet enfant que tu portes, que tu as hâte de connaître. Tu as une telle soif de grandir, Clémentine, une telle soif de t’épanouir, de lutter, de t’affirmer, d’exister. Tu as tellement de rage, de colère, d’espoir et d’optimisme en toi. Je te connais, ma petite princesse, je te connais bien mieux que tu ne te connais toi-même. Tu as tout ce qui pourrait faire de toi une grande femme, une femme heureuse, une mère exceptionnelle. Alors pourquoi te bornes-tu à être médiocre en tout point, dans tous les domaines, pourquoi te brides-tu sans cesse, pourquoi doutes-tu ? Oh, je t’entends d’ici, Clémentine, tu vas me blâmer, tu vas blâmer mon suicide, tu vas blâmer les propos, tu vas blâmer mon fantôme. Blâmer une morte pour ne pas accuser ceux qui vivent. Blâmer ta mère pour ne pas accuser ton père d’avoir lui aussi sa part de responsabilité dans l’adulte si mature et si ouverte, si assurée et si fière de ce qu’elle est, que tu es devenue. Ce que tu regardes dans la glace quand tu te lèves, Clémentine, ce n’est pas de mon fait, c’est du tien, c’est de celui de ton père. Et cette mère qui doute, cette femme qui hésite, ce petit avorton recroquevillé sur un canapé, c’est toi, pleinement toi, bien plus toi que tout ce que tu peux être au fond ce que tu aurais pu être si tu avais laissé le temps à ta chrysalide de se former, de se solidifier, de se fissurer pour en laisser sortir un papillon dans toute sa splendeur.

La vérité, Clémentine, c’est que lorsque tu dis que vous allez tout faire pour que tout se passe bien, tu n’y crois pas. Tu n’y crois qu’à moitié. Tu veux y croire mais tu en es incapable. Tu atrophies tes certitudes, tu les trempes dans l’acide de ces doutes qui te tourmentent et tu affiches un sourire fragile et une confiance absolue en ton mari pour ne pas penser à ce qu’il y a derrière la façade. Vous allez tout faire pour que tout se passe bien. Vous allez aller voir des médecins, vous allez en discuter avec vos amis dégénérés, vous allez surveiller la grossesse attentivement. Comme c’est mignon. Mais ça ne suffira pas, ça ne suffira jamais tant qu’au fond de toi, tu douteras. Vous allez en parler autour de vous, vous allez en parler à vos parents, à votre belle-famille, vous allez en parler à vos amis, vous allez le hurler au monde, vous allez respecter les règles, vous allez patienter trois petits mois avant de l’annoncer sur vos réseaux sociaux, vous allez fait attention, vous allez vous aimer, vous allez vous rassurer, vous allez encore plus vous supporter, mais ça ne suffira pas. Ca ne suffira jamais tant que tu n’en seras pas convaincue. Et tu le sais, aussi bien que moi. Tu le sens. - Oui oui oui, faisons donc ça… Je suis sûr que s’il y a de la place pour deux, il y en a pour trois. Enfin… Pour trois et demi. Faisons comme ça : c’est qu’il est complaisant ton mari, quand il est heureux. Il est souriant, il est là et il te rassure. Ses caresses t’apaisent plus que quoique ce soit d’autres, te poussent même à faire de l’humour.

Sa présence, sa seule présence, atténue ma voix, te raffermit dans toute la foi que tu peux avoir en lui, avoir en vous. Que tu es forte, ma Clementine, lorsque tu oublies à quel point tu es faible. Que tu es forte, quand tu t’imagines envoyer à Dhan un simple amas de smiley pour annoncer sa paternité future. Que tu es folle, enfin, quand tu m’écartes, quand tu écartes tes doutes pour rire de tout cela, rire de ce qu’il te dit. - Moui, non, évite, sinon j'vais en entendre parler pendant des mois et des mois après, ça serait juste insupportable… Et le deuxième, on va attendre déjà que le premier arrive avant d'y penser, tu peux pas être constamment multitâche ! Il n’a pas tort : attends de savoir en gérer un avant d’en espérer un deuxième, et toute cette équipe de football que ton mari meurt d’envie d’avoir, que tu couvrirais toi aussi d’amour. Attends un peu avant de te projeter. Savoure, ma fille, savoure cette excitation enfantine qui te surprend, cet étonnement qui refuse de se dissiper, cette fascination que vous partagez face à cette vie si petite et déjà si présente. Difficile, n’est-ce pas, d’imaginer que tu portes la vie, et que rien ne se voit. Tu n’es pas la seule de ton couple, d’ailleurs, à être aussi… stupidement dubitative. Le test de grossesse est formel, tu sais qu’il ou elle est là, et pourtant… pourtant… - C'est dur de l'envisager oui, mais parce que c'est tout neuf… Tu verras demain, la semaine prochaine, dans un mois… et encore plus quand les modifications physiques s’opéreront, ce sera juste une évidence… Et je ne te parle même pas du moment où l'on va commencer à se chamailler pour le prénom ! Je te sens lever les yeux au ciel aux propos sur les modifications physiques, je t’entends soupirer, amusée, à la seule idée de vous entendre vous disputer pendant des semaines sur un prénom, sur des prénoms, sur des surnoms, sur la couleur de la chambre, sur les vêtements pour enfant que vous commencerez à accumuler d’ici quelques mois déjà. « J’ai hâte que les négociations commencent, tiens… il vous faudra des arguments solides, Harshavardhan Stevens » Tu l’embrasses sur le bout du nez « Parce que j’affuterai les miens, tu verras » rajoutes-tu dans un sourire taquin, avant de prendre ton inspiration.

Et de poser l’une de ces trop nombreuses questions à mon propos qui te torturent, qui te titillent, qui te tourmentent presque autant que tes doutes. Si j’ai un jour remis en question ton existence quand je te portais ? Jamais, jamais ma princesse. Parce que je ne t’ai jamais portée en mon sein. Je ne t’ai pas vue grandir pendant neuf mois, mon ventre s’arrondir. Tu es adoptée, Clémentine, mais tu l’ignores. Tu es adoptée, Clémentine, et personne ne te le dira jamais. - Ta mère ? Clem', je euh ... J'en ai rien à faire de ta mère et de ses soucis mentaux, tu sais pourquoi ? Parce que les fantômes ne peuvent pas avoir de petit bébé Dhan tout mignon dans le veeeeentre. Donc si ça c'est pas une preuve que tu es ma Clémentine en chair, en os et en embryon, je sais plus quoi te dire, et ouaip ! Et je l'aimerai autant que toi je t'aime. C'est pour dire ! Tu te réfugies dans les bras de ton mari, muette. Et moi, je n’ai rien à dire, je n’ai même plus droit à la parole à cet instant. Qui donc à des soucis mentaux dans l’affaire ? Toi, moi, lui ? C’est relativement flou, quand on y pense. Mais tu t’en fiches, tu t’en fiches tant, ma princesse, que tu ne m’entends plus. M’as-tu jamais entendue ? Tu t’en fiches, parce que ce n’est plus de moi dont il est question. Il n’a d’ailleurs jamais été question de moi. Et ça, tu en prends conscience, là, maintenant.

« Tu as raison, ma question était stupide. Il faut que j’arrête de penser à elle, parce qu’on n’en a rien à faire, finalement. L’important, c’est toi, c’est nous, c’est lui. Et c’est notre avenir. Pas son passé. » Ta voix s’infléchit d’une détermination nouvelle. Tu es forte, ma princesse. Tu es un diamant martelé, ébréché, mais tu es forte. Infiniment forte, lorsque tu oublies que tu es faible. Infiniment forte lorsqu’il te fait oublier que tu es faible. Infiniment… Tu l’embrasses avant de sauter sur tes pieds. « Bon, c’est pas tout mais... j’appelle Papa et pendant ce temps-là, tu commandes à manger parce que j’ai faim. » Tes mains ont déjà récupéré ton portable, délaissé sur la table du séjour à côté de tes affaires. « Prends ce qui te fait plaisir, mais pas de poisson cru, pas de crudités, pas de charcuterie… enfin… prends ce que tu veux. »


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