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 fly, you fools (christmas/marvily)

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MessageSujet: fly, you fools (christmas/marvily)   Lun 2 Jan 2017 - 23:12

fly, you fools
Marvin & Cecily



Noël, Noël, fête en famille, fête de famille, joie, bonheur et paillette dans les cœurs… J’ignore si Josh a pris conscience de la tension lors du repas mais une chose est certaine : elle n’a échappé ni à sa mère, ni à son père. Les cadeaux viennent d’être ouverts, les sourires sont de mise, le champagne et l’alcool aussi. Pour faire passer le goût amer d’une illusion et d’un mensonge constant. Mon fauteuil que je n’ai pas quitté depuis la soirée de mon anniversaire, comme une punition et un rappel à l’ordre du pourquoi du divorce qui traîne – bon sang – bien trop en longueur, mon fauteuil parvient à s’échapper dans l’entrée. Josh vient tout juste d’obéir à sa mère et à son père et d’accepter d’aller se coucher, Josh vient tout juste de déposer sur ma joue son rituel bisou pour me souhaiter une bonne nuit. Et Helen est à présent en train de le border à l’étage, l’endroit inaccessible par excellente pour un paraplégique. Je suis dans l’entrée, mon portable posé sur mes jambes, dans l’attente d’un sms ; d’une réponse, du moins. La soirée a été un désastre, les épaves de cadeaux, plus ou moins originaux, plus ou moins impersonnels, qui sont posés, rangés, classés sur la table, sont les piètres témoins d’un mariage qui est en lambeaux et d’une famille hypocrite qui tente de croire à la magie de Noël juste pour conserver dans les yeux d’un gosse des étoiles vouées à mourir à plus ou moins court terme. J’aime mon fils, c’est une certitude, sans quoi je n’aurais pas accepté de me prêter aussi longtemps au jeu de la petite famille soudée et parfaite, mais il faudra bien qu’un jour il comprenne que Papa n’aime pas Maman et que Maman est un danger public. Mes yeux consultent le téléphone, cherchent à tout prix une échappatoire avant qu’Helen ne redescende. La trêve qui a marqué mes trente-cinq ans n’est plus qu’un vieux souvenir aussi appétissant qu’un chewing-gum délaissé sur un trottoir depuis quelques heures.

Sitôt le sms de confirmation affiché sur mon portable, j’imprime un mouvement de rotation à mon fauteuil pour le faire avancer en direction du porte-manteau avant de me reprendre et de faire un détour dans la cuisine. De retour dans l’entrée, je me hisse comme je peux pour récupérer ma veste, mon bonnet et mes gants, je ne perds pas de temps pour disparaître et quitter la maison, malgré la neige et le froid ambiant. Il faut être un imbécile pour fuguer par ce temps, cette température et surtout par cette heure plus que tardive, voire extrêmement matinale, mais mes gants et mon bonnet enfoncés à la va-vite me permettront théoriquement d’y survivre. Ainsi que mes compétences de SASR, les seules qui me soient encore bien utiles actuellement. Je me repère comme je peux dans le quartier que j’ai appris à connaître, je refuse de faire la moindre pause pour m’éloigner le plus possible non seulement de l’atmosphère pesante du foyer Smedry mais pour ne surtout pas me retrouver à avoir une Helen sur le dos s’il lui venait l’idée idiote de venir me chercher.

Une quinzaine de minutes à un rythme soutenu, c’est ce qu’il me faut pour rejoindre un point de rendez-vous. Un rythme soutenu pour le plaisir d’éprouver mon physique mais aussi pour me réchauffer et m’occuper l’esprit autrement qu’en me demander s’il est possible d’ajuster des chaînes à un fauteuil roulant. Lorsque j’y arrive, je distingue déjà la silhouette de Cecily, enveloppée dans un manteau mais laissant malgré tout quelques mèches blondes s’échapper de son bonnet. Je lui fais un signe de main, avant de forcer pour dégager mes roues d’une neige un peu trop épaisse par endroit. Il n’est pas supposé neiger dans le Kentucky, bon sang… Je souffle sur mes gants en arrivant avant de lui lâcher un sourire bougon – ma spécialité à n’en pas douter. « J’ai apporté de quoi boire. Et manger. » Une bûche que nous étions supposés déguster demain en famille, mais puisqu’il semble évident que le terme famille ne s’applique en rien au Smedry-O’Doherty, je ne vois pas à qui elle manquera. Surtout qu’il y en avait une deuxième dans le réfrigérateur, et que j’ai laissé à Josh celle aux mirabelles. « Une idée d’où aller ? Jusque-là, mon objectif était de trouver une compagnie un peu moins angoissante que ma belle-famille. Vous n’attendez pas depuis trop longtemps j’espère ? »

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≈ "Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. [...] Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde" (St Exupéry)

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MessageSujet: Re: fly, you fools (christmas/marvily)   Mar 10 Jan 2017 - 13:12

Fly, you fools
Marvin & Cecily



Je raccrochais le téléphone, un sourire mélancolique aux lèvres. Exceptionnellement cette année, il était tombé une grosse quantité de neige dans tous l'état, et le ciel était si chargé que tous les vols avaient été annulés. Pas de Noël en Alaska pour moi cette année, quand j'aurais été ravie de mettre les pieds hors de cette ville peuplée de malades. Prendre l'air, voir du pays, réveillonner en petit comité, au chaud et au coin du feu, c'était tout ce qu'il me fallait pour passer un Noël agréable, mais la météo semblait en avoir décidé autrement. J'avais un instant considéré la possibilité de rouler jusqu'à la gare la plus proche, mais les petites routes de campagne reliant Radcliff au reste du pays était à peine accessibles. Moralité : un réveillon dans le plus grand des calmes ! Nul doute qu'Adrian m'aurait ramenée par la peau des fesses s'il l'avait su, mais... M'imposer à la dernière minute, non merci, très peu pour moi.

Haussant les épaules, je me levais du canapé et entrepris de vider la valise que j'avais préparée en vue de mon voyage. Cette annulation me laissait un arrière-goût amer dans la bouche. J'aimais Noël, j'aimais la convivialité tant qu'on ne m'imposait pas la présence de toute la famille élargie, j'aimais ce moment de partage unique, et peut-être aurait-ce été l'occasion pour moi de revoir Nathaniel dans un contexte neutre, moins propice à nous voir nous étriper pour un oui ou un non. Une fois la valise vidée, je m'adonnais à mon petit plaisir du soir, un bain bien chaud, et commandais un repas par totale paresse et manque de motivation. Jamais je n'aurais cru que Noël puisse avoir l'air aussi triste et morne, lorsqu'on le passait seul. Soupirant, je grignotais mon repas sans grande conviction, tout en zappant sur les différentes chaînes de la télé. Entre les divertissement abrutissants de Noël et la 150ème rediffusion de Home alone, je me demandais s'il y avait vraiment des gens payés pour composer les programmes de cette période de l'année. Rien. Strictement rien à regarder ! Soupirant à nouveau, j'éteignais la télé et me dirigeais vers la bibliothèque, d'où je m'empressais d'extraire le premier roman venu.

J'avais à peine lu cinquante pages que mon téléphone vibrait, m'informant que j'avais reçu un sms. Sûrement les « joyeux Noël » qui commençaient à tomber. Je haussais alors un sourcil en découvrant un message de Marvin, dont je n'avais pas eu de nouvelles depuis... Depuis qu'il m'avait sauvé la peau après l'attaque de ce hunter dont je me serais bien passée. Je me rendis alors compte que je n'avais même pas pris le temps de le remercier autrement qu'en articulant mollement quelques mots plein de gratitude, alors même que je me vidais de mon sang. J'étais douée pour bien des choses, mais certainement pas pour remercier les gens. Apparemment, son repas en famille semblait s'être bien plus mal passé que le mien en solitaire, et je n'avais de toute manière rien d'autre à faire de la soirée, alors... Quelques mots pianotés sur l'écran, je refermais le livre et me levais prestement pour mettre quelque chose de plus présentable qu'un vieux jogging et une robe de chambre. Au bout de deux minutes à m'activer avec énergie, je me rendis compte que j'étais de bien meilleure humeur, presque... Euphorique. Sûrement le fait de savoir que je n'allais finalement pas le passer seule, ce réveillon. Et peut-être parce qu'au fond, j'appréciais ce ronchon monté sur roulettes.

Un bonnet sur les oreilles, un long manteau sur le dos et des gants bien chauds aux mains, je sortis affronter le froid, lequel me frappa au visage avec la force d'une gifle. Très bien. Parfait. J'étais partie en avance dans l'espoir de trouver le marché de Noël encore ouvert à cette heure, histoire de ne pas arriver les mains vides. Malheureusement, je trouvais les petits chalets fermés, et il ne restait plus qu'un petit magasin mêlant à la fois l'épicerie et le bazar d'encore ouvert. Tant pis, ça serait l'affaire. Ma babiole en main, je regagnais tranquillement notre lieu de rendez-vous et cherchais Marvin du regard. Deux minutes, cinq... Au bout de dix minutes, je commençais à piétiner à cause du froid et regrettais d'être partie si tôt de chez moi. J'allais lui envoyer un message pour lui dire que je me mettais à l'abri dans un café, quand j'entendis un raclement régulier derrière moi. A n'en pas douter, rouler dans la neige, ça ne devait pas être quelque chose d'évident. J'esquissais un demi sourire, figée qu'était mon visage à cause du froid.

« Du champagne et une bûche ? Et bien... Vous ne faites pas les choses à moitié. »

Avec cette même pudeur et solennité ridicules qui traduisaient notre... Relation ? Appelons ça comme ça, je lui tendis la main pour le saluer.

« Je suis arrivée il y a une dizaine de minutes, j'étais partie plus tôt pour trouver de quoi marquer le coup mais... Je n'ai pas vraiment trouver mon bonheur. Enfin... Joyeux Noël quand même, Marvin ! »

Je lui tendis alors la peluche d'un nain à l'air bougon, aux yeux asymétriques et au bonnet d'un vert criard du plus mauvais goût. Sur son gros ventre était écrit « je parle ! », histoire de rendre la chose encore plus cauchemardesque qu'elle ne l'était déjà.

« C'est un nain de jardin qui ronchonne quand on lui appuie sur le ventre... Allez savoir pourquoi, j'ai pensé à vous en le voyant. »

Fière de ma petite blague, je souriais plus franchement, les joues rosies par le froid. Je frottais alors les mains et les tendis vers Marvin pour le débarrasser un peu.

« Vous voulez que je prenne quelque chose ? A moins que vous ne m'ayez caché avoir quatre bras, vous allez être embêté. Il y a un petit kiosque dans le parc, un peu plus loin, il me semble qu'en hiver, ils y installent des lampes chauffantes, si ça vous dit. »

Mettre les pieds dans un café avec à boire et à manger, ce n'était certainement pas l'idée du siècle, et encore moins si c'était pour supporter d'avoir en boucle des chants de Noël en guise de fond musical.


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MessageSujet: Re: fly, you fools (christmas/marvily)   Dim 22 Jan 2017 - 17:30

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Marvin & Cecily



Au moins ai-je l’intuition que je suis en train de franchir des limites inviolées jusque-là. Au moins sais-je à quel point mon comportement est en train de devenir inexcusable à bien des niveaux. J’imagine que ça pourra servir à plaider en ma faveur le jour où je me retrouverai devant le juge pour finaliser mon divorce. Mais… mais la rancœur est là, la rancœur est trop forte et la frustration n’a jamais été aussi exacerbée qu’en cette soirée qui est supposée, sur le papier, célébrer la famille. Quelle famille ? Une femme que je n’aime pas, qui m’a collé dans un fauteuil pour le reste de ma vie. Un beau-frère en tout point haïssable par une hypocrisie évidente et un fils, un fils si innocent que ça me fait mal de voir à quel point sa vie est sur le point d’être gâchée par les adultes qui sont pourtant responsables de lui, de son bien-être et de son avenir. Je plaide coupable à ce propos, je plaide encore plus coupable vu ma sortie très malvenue d’un point de vue timing mais… mais lorsque j’arrive à proximité de celle qui est, était ?, supposée s’occuper de mon divorce, je me rends compte que j’ai fini par faire ce que je voulais et que j’ai rejeté en bloc ce que je devais faire. Une liberté si… différente de tout ce que j’ai pu choisir auparavant, plié et restreint à la chaîne de commandement et à la hiérarchie, à l’autorité et à l’obéissance, que ça pourrait me perturber grandement si je n’en avais pas rien à faire, désormais. Si je ne tâchais pas depuis des moins de me convaincre que j’en ai plus rien à faire. Je lutte contre la neige pour faire avancer mon fauteuil, je me creuse des ornières, je lui offre un sourire crispé et légèrement fatigué. De quoi manger et à boire, voilà ma contribution pour cette contre-soirée de Noël improvisée. « Du champagne et une bûche ? Et bien... Vous ne faites pas les choses à moitié. » J’hausse les épaules, mon sourire perd de son caractère bougon, s’avance légèrement sur le terrain d’un sourire sincère, ce qui ne m’est pas vraiment habituel. Une main tendue, je m’excuse pour la précipitation et mon regard. « Je suis arrivée il y a une dizaine de minutes, j'étais partie plus tôt pour trouver de quoi marquer le coup mais... Je n'ai pas vraiment trouvé mon bonheur. Enfin... Joyeux Noël quand même, Marvin ! » Marquer le coup ? Trouvé son bonheur ? Je dois avoir une moue clairement interrogatrice le temps qu’elle me tende une… un… truc. Je bougonne un « Joyeux Noël vous aussi, Cecily… ? » en attrapant le… la… chose. Je parle. Ah. Ben on est bien content de l’apprendre. « C'est un nain de jardin qui ronchonne quand on lui appuie sur le ventre... Allez savoir pourquoi, j'ai pensé à vous en le voyant. » Je presse l’abdomen de ce qu’elle a décrit comme étant un nain – honnêtement, elle m’aurait dit que c’était un champignon ou la représentation d’une bactérie, je l’aurais cru sur parole – et m’ébahis devant le grognement qui en sort. Avant de relever la tête… un peu circonspect. « Je vois… » Le cadeau serait provenu de Josh, je l’aurais remercié en notant dans mon esprit de m’inquiéter pour son développement mental ; il serait estampillé de la marque d’Helen qu’il serait déjà perdu dans la neige affublé d’un trop franc c’est immonde, dégage moi cette horreur, mais là…  je n’ai aucune idée de la réaction à avoir, de la réaction attendue. Alors je presse une seconde fois le ventre du nain pour l’écouter râler. « C’est… je dois admettre que ça a le luxe d’être original et particulièrement ressemblant. Merci pour l’intention. » Pour l’intention, remarquez bien… Merci pour l’intention, et l’attention, pas nécessairement pour ce qu’on ne considèrera jamais comme une œuvre d’art. Je le dépose sur mes genoux, à côté de la bouteille de champagne, avant de me frotter les mains à mon tour.

« Vous voulez que je prenne quelque chose ? A moins que vous ne m'ayez caché avoir quatre bras, vous allez être embêté. Il y a un petit kiosque dans le parc, un peu plus loin, il me semble qu'en hiver, ils y installent des lampes chauffantes, si ça vous dit. » J’affiche encore une fois une moue chargée de doutes, le temps de faire le point entre ce que je pense et ce que la lucidité me pousser à admettre. « Prendre quelque chose, pas spécialement, mes jambes sont peut-être des poids morts, elles me servent au moins de support mais… si vous pouviez me pousser jusqu’au dit kiosque, je vous avoue que… je ne dirais pas non. » Je plisse les yeux dans la direction indiquée, à la recherche du parc et surtout à la recherche d’un point autre que Cecily où poser mon regard. « Vous passiez vraiment Noël toute seule ? Mais… excusez-moi si je suis un peu indiscret, Cecily… », sachant que je ne m’en veux qu’à moitié : si elle ne veut pas répondre, qu’elle m’envoie dans les roses et personne n’en fera un drame, « Vous ne m’aviez pas dit que votre frère était en ville ? »

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≈ "Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. [...] Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde" (St Exupéry)

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MessageSujet: Re: fly, you fools (christmas/marvily)   Dim 5 Fév 2017 - 23:34

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Marvin & Cecily



La situation était vraiment étrange. Deux Noël raté, un rattrapage qui sonnait faux, j'avais l'impression d'être dans un film de série Z avec un scénario écrit à la truelle et des protagonistes excessivement mal joués. Sauf que l'héroïne, c'était moi, et je n'aimais pas ce rôle. J'aurais dû être en train de passer Noël en famille, Marvin aurait dû sourire à la vie – ce qui entre nous aurait été un changement aussi radical qu'inattendu – et ouvrir des cadeaux avec son fils et sa femme. Si seulement il avait eu des sentiments pour cette femme, si seulement elle n'avait pas été une sorte de mégère envahissante. Alors, histoire de rendre la situation encore plus étrange qu'elle ne l'était, je tendis à mon compagnon d'infortune le merveilleux présent que j'avais acheté spécialement pour lui. J'aurais pu acheter une boîte de chocolat, ou un beau livre... Mais à présent que je voyais la peluche dans ses mains, j'étais partagée entre la fierté d'avoir trouvé le présent parfait et la honte d'avoir cédé pour une chose aussi hideuse. Avec un sourire amusé, je répliquais :

« Faites juste semblant de l'aimer, ça m'ira. »

Il n'avait pas forcément besoin de l'aimer, juste de reconnaître qu'en effet, c'était bien moins impersonnel que ce que les gens mal à l'aise s'offraient entre eux : du parfum, des chocolats, un pyjama... Autant de présent qui hurlaient « je ne te connais pas, je suis incapable de t'offrir quelque chose de personnel ». Et pourtant, c'était ce que l'on retrouvait au pied du sapin à chaque Noël. Une preuve de plus qu'en 2015, les gens ne se connaissaient plus. Chassant ces idées noires que je refusais de verbaliser pour ne pas gâcher l'esprit de Noël, j'esquissais un sourire et attrapais les poignées du fauteuil pour commencer à pousser Marvin jusqu'au kiosque. Il fallait bien admettre qu'avec la neige, ça devenait mission impossible. Je haussais alors les épaules, songeuse, tout en poussant le fauteuil sur la rampe prévue à cet effet et en l'installant sous les lampes. Des guirlandes lumineuses avaient été tendues entre les colonnes, et un petit haut parleur diffusait faiblement des chants de Noël dont je me serais bien passée.

« Je devais aller retrouver mes parents en Alaska, mais avec la météo, tous les avions sont coincés à terre. Alors oui, je passais Noël seule, mais ça ne me chagrine pas plus que ça. Des Noël, j'en ai passé plus d'un et j'espère en vivre plein d'autres alors quelque part... Je m'en fiche. »

Peut-être allait-il me trouver ridicule ou défaitiste, mais je n'étais pas le genre de femme à pleurer sous la couette quand on oubliait de me souhaiter un joyeux anniversaire ou quand je me retrouvais justement seule le soir du réveillon. C'était triste, mais il n'y avait vraiment pas de quoi en faire un drame.

« Je n'ai pas dit à mon frère que je passais Noël ici, finalement. Il serait venu me chercher par la peau du cou, il aurait fallu ajouter une assiette, l'invitée de trop, vous voyez... »

En réalité, je ne savais toujours pas comment me comporter avec Adrian. Comme la grande sœur que j'avais toujours échoué à être ? Comme une inconnue ? Jouer la comédie ? Pour Noël ce n'était vraiment pas l'idée du siècle. Alors je me tournais vers Marvin, moi aussi curieuse, et m'installais sur une chaise.

« Et vous ? Vous avez eu l'air de passer un réveillon bien médiocre. Beau-frère insupportable ou simplement votre femme qui est fidèle à elle-même ? »

Pas très aimable, comme remarque, mais plus je côtoyais la Smedry, plus j'avais d'amitié pour son mari et non elle. Il était bourru, irrespectueux et c'était un mufle, mais lui aussi moins ne sonnait pas faux dès qu'il ouvrait la bouche.


633 (j'ai presque le sentiment que c'est court, là...)
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MessageSujet: Re: fly, you fools (christmas/marvily)   Dim 19 Fév 2017 - 21:33

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Marvin & Cecily



Je devrais avoir honte, je le sais bien, mon sens de l’honneur, ma morale et ma conscience me le hurlent sans discontinuer depuis que j’ai quitté le domicile familial, mais la situation en viendrait presque à m’amuser. Le fait est que je me détends rapidement, au contact de Cecily, que l’incongruité de cette sortie dans la neige alors que je suis en fauteuil, dans le froid et en pleine nuit alors que ce soir, c’est Noël, a quelque chose d’irréel. De surréaliste. J’essaye d’ignorer Helen, j’essaye d’occulter son frère de mes pensées, je pousse loin de mes préoccupations mon fils, qui doit dormir maintenant, et je culpabilise de réussir à faire ça sans trop avoir à forcer. Pour ma défense, l’immonde… nain ? gnome ? gobelin ? korrigan ? qu’elle me tend m’aide à sourire et à ronchonner dans mon coin alors que je l’observe sous toutes les coutures à la recherche d’un quelque chose qui le rendrait plus intéressant voire moins moche qu’il ne l’est. Sans succès. La seule chose qu’il a pour lui, au final, c’est non seulement de grogner avec un savoir-faire des plus palpables mais aussi d’être porteur d’une attention qui, aussi étonnant que ça puisse paraître, me touche. Vraiment. Ce qui est affreusement con, lorsqu’on me connait un peu. Marvin n’est pas touché, parce que Marvin est indifférent à tout, détaché de tout et qu’il n’a un regard centré que sur son propre nombril. Marvin n’accorde aucune importance aux fêtes et aux cadeaux parce que Marvin n’a jamais été capable de vraiment en sentir ou en saisir l’importance, Marvin est un putain de misanthrope et ermite qui s’est caché derrière un uniforme et des océans pour mieux continuer à vivre sa petite vie bien rodée d’asocial. Je me désespère, parfois.

Si ce n’est souvent. Mes propos incertains, maladroits pour remercier Cecily en sont la preuve irréfutable. « Faites juste semblant de l'aimer, ça m'ira. » Je relève les yeux dans sa direction, avec un sourire goguenard aux lèvres. « Voyons Cecily, si vous n’avez pas encore compris que j’ai l’hypocrisie en horreur, je me demande sérieusement si vous m’écoutez quand je vous parle, depuis cinq mois... » Parce que s’il y a bien une chose qu’on apprend vite lorsqu’on me côtoie, c’est que je dis ce que je pense. Souvent trop abruptement pour que ce soit socialement acceptable, d’ailleurs, à ce qu’il paraît, mais je n’ai pas le moins du monde envie de faire des efforts pour tenir des propos constamment politiquement corrects, mon seuil de tolérance pour le mensonge, même minime, étant très bas. Très, très bas. « Il est immonde, mais je pense être capable de m’en accommoder. » Je lui lance un regard en coin avant de soupirer sous le froid et de la laisser évoquer une solution de repli. Une solution à laquelle j’adhère complètement, à la condition qu’elle me pousse jusqu’à un abri. On a facilement l’air con, embourbé dans la neige, lorsqu’on est dans un fauteuil.

Il ne nous faut pas longtemps pour atteindre le kiosque, mes réflexes prennent le dessus pour prendre connaissance du périmètre. Presque inconsciemment, je cherche les cachettes, les issues, les caméras et mes yeux ne se heurtent qu’à de vulgaires guirlandes lumineuses et à des haut-parleurs crachotants qui m’arrachent encore un sourire. Noël dehors, à se peler dans la neige et dans le froid, ça ressemble davantage à ce à quoi je suis habitué et ça me va. Mais… je ne suis pas stupide au point de croire qu’une femme comme Cecily conçoit également les Noël de cette manière… « Je devais aller retrouver mes parents en Alaska, mais avec la météo, tous les avions sont coincés à terre. Alors oui, je passais Noël seule, mais ça ne me chagrine pas plus que ça. Des Noël, j'en ai passé plus d'un et j'espère en vivre plein d'autres alors quelque part... Je m'en fiche. » Mes yeux se plissent de surprise. « Vous vous en fichez ? » Je ne juge pas : qui serais-je pour juger alors que je n’ai pas vu mes parents depuis des mois, que je ne suis pas chez moi pour Noël non plus mais que je ne peux, en revanche, pas blâmer d’avions ou quoique ce soit. « Je n'ai pas dit à mon frère que je passais Noël ici, finalement. Il serait venu me chercher par la peau du cou, il aurait fallu ajouter une assiette, l'invitée de trop, vous voyez... Et vous ? Vous avez eu l'air de passer un réveillon bien médiocre. Beau-frère insupportable ou simplement votre femme qui est fidèle à elle-même ? » Du coup, je dégage une chaise des flocons qui l’encombrent pour y poser champagne et bûches, surveillés de près par le nain. C’est marrant, quand elle parle de son frère, j’ai l’impression qu’elle parle de mieux, qui ne s’est jamais gêné, aussi loin que je m’en souvienne, pour me traîner par la peau du coup à ses fêtes et autres sorties sociales, juste pour que je rencontre des gens et que je sorte la tête de mes affaires. C’est d’ailleurs grâce à lui que j’ai rencontré Helen, de mémoire. « Il sera déçu que vous ne l’ayez pas appelé » Un haussement d’épaule. « Et soulagé dans un même temps. Mon propre frère est dans le même genre, sauf que j’ai toujours été son petit boulet. M’enfin… oui, Ciaran a été odieux… non pas odieux… obséquieux. A me donner envie de l’étrangler. Et Helen n’était pas mieux… » Là, c’est moi qui suis odieux avec elle, je le sais, mais… plus ça va, moins je supporte la situation entre deux dans laquelle on est. « Bref, n’en parlons plus. Alaska vous avez dit ? Je n’y suis jamais allé… j’imagine qu’il y a plus de neige qu’ici ? » Question de merde. « Il n’y a pas de neige, pour Noël, chez moi. Mes parents habitent à deux pas de la mer, on fêtait Noël sur la plage, dans le sable. » Je ne suis pas nostalgique, juste… « Je suis un foutu con, hein… »

996 mots
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≈ "Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. [...] Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde" (St Exupéry)

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