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 (xmas) Je t'offrirai, les hautes lumières ♢ Faithzekiel

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SUR TH DEPUIS : 26/04/2014
MessageSujet: (xmas) Je t'offrirai, les hautes lumières ♢ Faithzekiel    Mar 10 Jan 2017 - 22:34



Je t'offrirai, les hautes lumières  





38 jours plus tôt.  L'eau ruisselait, coulait sur sa peau, venait humidifier ce manteau d'une laideur sans nom. Novembre. Détroit, ville du vol et de la corruption. La température moyenne allait de 9 à 2 degrés. Rien d'atroce, rien de merveilleux non plus cela dit. La blonde connaissait cela, depuis longtemps maintenant. Cette idée de revenir dans cette ville, pour le traquer, pour lui faire la peau. Il avait peu de temps, pour la pousser à faire le choix de reprendre des contacts dans cette ville qui empestait son lourd passé, avec son nom qui était à vendre et que tout le monde était invité à attraper pour se faire payer. Marchant, les cheveux attachés, capuche sur la tête, avançant péniblement vers un des nombreux immeubles abandonnés de cette ville. 30 % de la vile était purement et simplement abandonnée. Cela semblait peu, mais immense lorsqu'on avait conscience de la taille de cet endroit. La mutante se retrouva face à un immeuble qu'elle connaissait, par des murmures, par des idées et par une intuition qui ne saurait la tromper. Le « Fisher Body Plan 21 » était un lieu célèbre de Détroit, abandonné évidemment. La blonde glissa au travers d'une fenêtre brisée. Mal sappée, armée d'un sac à dos, d'une lampe torche et d'un fusil à pompe, elle avança timidement dans la structure. Retirant sa capuche pour avancer en silence dans ce lieu, où elle pouvait entendre des grincements plus loin, quelques rires reculés dans les tréfonds du bâtiment. Cette errance qui rappelait son passé, vint à bien vite voler en éclat. La lumière vint à brutalement s'allumer, celle qui n'avait pas brillé depuis la fermeture de l'usine en 1993 venait de miraculeusement prendre vie et en moins de temps qu'il n'en fallut pour la faire quitter cette ville, la blonde fut prise à la gorge et vint à traverser le reste de la pièce, roulant sur le sol en sentant son dos venir épouser le carrelage brisé recouvert par le temps. Ce fut pourtant avec une surprise maladive, qu'au loin l'individu d'un certain âge  vint à s'approcher avec ce regard familier pour l'observer  depuis la hauteur tandis qu'elle restait à terre avec un sourire narquois au bord des lèvres.   « Skylar Cunningham.  » La mutante se courba légèrement en s'appuyant sur son coude pour se redresser légèrement. « Toujours vivante. » Et dans un geste brusque, il la fit voler à nouveau contre un mur, la laissant pleinement inconsciente. Bon retour à Détroit.

Aujourd'hui. Pleinement enfoncée dans sa baignoire, la demoiselle observait ses cheveux flotter. Longs, trop, ils l'étaient. Son regard perdu dans le vide tout comme sa main hors de la baignoire, observant la serviette qui était toujours pleinement installée sur le miroir de sa salle de bain – comme sur tous les miroirs. Il était tôt, la demoiselle savait qu'elle allait passer du temps à se préparer et qu'elle aurait sans doute mal aux pieds avant l'arrivée du médecin à force de marcher avec des talons dans son appartement. Prenant une profonde inspiration avant de plonger la tête sous l'eau. Ce bruit sourd qui venait la couper du monde n'avait pas de prix et elle l'aimait, plus que tout. Secondes hors du temps. Minutes loin du monde. Heures en apesanteur. Vie achevée et enterrée. La mutante hallucinait toujours, mais cela était devenu habituel. Elle n'en était plus surprise, sauf cette fois-là. Sentant bruatelement une main écorchée se saisir de la sienne. Venant s'extirper de l'eau par instinct en ramenant son bras vers elle, ce fut sans surprise qu'elle se retrouva face au vide. La respiration forte en venant serrer sa poigne et balayer tristement sa salle de bain du regard alors que ses longs cheveux blonds venaient à s'accrocher à son corps humide. La mutante s'extirpa alors de son élément, il était temps de revenir dans la réalité. Glissant une serviette au niveau de sa poitrine, approchant du miroir couvert. Retirant brutalement la serviette pour se retrouver face à son propre reflet, vide, il n'était pas derrière elle cette fois-ci. Venant s'appuyer fermement sur le lavabo en pierre, elle baissa le regard vers l'évier en observant sa longue chevelure qui descendait presque plus bas que son dos. Soupirant alors pour se mater une nouvelle fois dans la glace, et d'un geste sûr elle attrapa un peigne ainsi que des ciseaux. Plaquant parfaitement ses cheveux pour faire face au miroir. La mutante effectua quelques coupes pour retrouver ses cheveux a la moitié de son dos. Elle n'était plus dans cette cage blanche, elle ne comptait plus les centimètres pour ne pas perdre le décompte des jours. Cela semblait anodin, et cela l'était, sauf pour elle. Ramassant ses cheveux pour jeter ces derniers avec un sourire en coin : il était l'heure de faire sa princesse, et de sauver cette tête de fille banale. Maquillée, glissée dans une robe bustier caramel dior avec une ceinture, des talons qui avaient le mérite de déjà lui éclater les pieds et parfaitement coiffée pour laisser ses cheveux épouser ses épaules, Faith se sentait pourtant toujours aussi fade – belle, mais fade. Le sourire ne manquait pourtant pas : de le voir, lui, celui qui avait frôlé de lui échapper. Cela ne changea pourtant rien, face à cet éternel seul miroir qu'elle osait découvrir.

Il n'allait pas tarder, alors que perchée sur ses talons elle observait son bureau. Tous les noms accrochés, tous ces fils, tous ces codes utilisés et toutes les photos barrées. Cela ressemblait au repère d'une psychopathe et Faith ne parvenait pas à se dire que cela était acceptable pour les autres, mais inimaginable d'y renoncer pour elle. Dans sa main, la mutante tenait toutes les serviettes qui couvraient habituellement les miroirs. Elle ne voulait pas lui mentir, mais elle voulait passer une soirée paisible, ne pas aborder les sujets difficiles – et si cela était inévitable alors, elle ne saurait faire autrement. Ce fut la sonnerie qui vint à retenir, dégageant la demoiselle de ses pensées alors qu'elle faisait claquer ses talons pour à nouveau fermer le bureau à clé. Déposant les serviettes dans son bac à linge pour ranger la clé du bureau dans sa table de nuit dans un livre – la préface comportait honteusement un espace découpé spécifiquement pour la clé. La mutante traversa finalement la pièce principale. La table basse était mise, il ne manquait que tous ces toast qui avaient demandé trop de temps à celle qui avait l'habitude de manger des pâtes. En plat ? Des lasagnes, parce qu'il aimait ça et que cela était facile à faire. Ouvrant la porte avec un grand sourire sur le visage. La mutante se retrouva face à Ezekiel, tout sourire avec un costume, une bouteille et des fleurs.  « Tu sais, tu devrais te reconvertir en fleuriste.   » La mutante ne lui laissa pas le temps de répondre en venant se saisir du bouquet avec malice pour finalement s'approcher de lui et plaquer tendrement ses lèvres contre les siennes. « Je suis belle et je le sais bien assez, tu es beau et je ne me lasserai jamais de te le répéter.    » Lui laissant alors le plaisir de franchir le seuil de la porte.




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Le jour
 Il s'est levé, et nous réclamions de vivre.  
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MessageSujet: Re: (xmas) Je t'offrirai, les hautes lumières ♢ Faithzekiel    Mar 7 Fév 2017 - 21:52

les hautes lumières.
Après la nuit, avant le jour...

Le sang s'insinuait entre ses doigts alors qu'il renforçait la pression, que son coeur semblait prêt à faire voler ses côtes aux quatre coins du couloir et qu'une goutte de sueur venait entraver sa vision, chatouillant son front avant de s'abattre en plein dans son oeil. Clignant plusieurs fois pour stabiliser sa vision, un téléphone coincé entre son épaule et son oreille alors qu'il détaillait le cas dans les moindres détails au chirurgien orthopédiste, de nouvelles compresses vinrent s'empiler sous ses mains fébriles qui peinaient à contenir l'hémorragie. Des mots rassurants glissés entre deux ordres lancés à la cantonnade, à cette équipe qu'il peinait à apprivoiser à nouveau alors que la sérénité ne revenait pas tout à fait dans le regard de ses collègues en sa présence, le médecin sentait le doute vriller leurs iris, broyer son thorax. Comme s'il était interne à nouveau, que ses preuves devaient être faites, et il se revoyait là, dix ans plus tôt, bredouiller quelques explications sur la marche à suivre dans l'urgence de sa première garde. Il avait l'expérience, pourtant, le statut. Même après Constance, y'avait pas eu cette méfiance sur leurs traits, juste cette compassion qui lui faisait tout aussi mal aux tripes sans pourtant se révéler si insupportable. Un mois qu'il avait repris à temps partiel, qu'à force de le voir dans son bureau, traîner les couloirs, les salles de soin, on avait fini par l'autoriser à revenir officiellement. Comme la dernière fois, c'était probablement le sous-effectif qui pesait en sa faveur, lorsque les collègues peinaient à tenir le rythme et que son retour sonnait tout autant comme une imprudence que comme l'aubaine attendue de tous. Rien n'était idéal, cependant, lorsque chacune de ses prises de parole s'accompagnait de hochements de têtes frénétiques des infirmiers ou de regards blasés, selon qu'il leur fasse peur ou se soit attiré leur mépris suite à son écart de conduite. La plupart comprenait que cet accident qu'il avait pu avoir l'avait traumatisé, alors que l'on murmurait sur son lourd passé, à raviver la plaie. Mais y'avait ceux qui étaient présents, lorsqu'il avait littéralement pété les plombs. Qui ne croyaient pas qu'en si peu de temps, il puisse être redevenu maître de lui-même, entièrement. Et ils avaient raison. Quelque part, il devait bien le savoir, pour ne pas avoir eu le cran de les confronter à leur position, à reprendre ce rôle de chef qui lui seyait si bien avant tout ça. Il aurait pu leur demander en les regardant droit dans les yeux, ce qu'ils avaient à dire au lieu de marmoner, s'il avait été sûr de lui. Mais il n'était plus sûr de grand chose, Zeke, alors il fermait sa gueule et se contentait de faire son boulot, de rentrer chez lui en tâchant de laisser le tout derrière lui. Ruminant malgré tout encore et encore.

Garant sa voiture le long du trottoir, légèrement de travers, rabattant son rétroviseur pour éviter de ne pas le retrouver le lendemain matin, l'homme claqua la portière dans son dos après avoir récupéré l'imposant bouquet de roses blanches, l'inévitable. Attendant de jeter un regard à son reflet dans l'imposant miroir de l'ascenseur, ses doigts desserèrent le noeud de sa cravate qui l'étouffait déjà, avant de remettre un peu d'ordre dans ses cheveux. Il y eut une seconde de battement, un pas en avant pour qu'il se mette à frotter vigoureusement son front, y décrochant le carmin qui s'y était logé durant l'intervention, plus tôt dans la journée. Ce n'était pas grand chose, juste suffisant pour qu'il finisse par le remarquer alors que son pouls s'emballait à nouveau. Un regard nerveux à sa montre, comme si elle allait lui en vouloir d'avoir la moindre seconde de retard, et les portes s'ouvrirent sur un médecin dont l'agitation allait crescendo. Il 'n'avait pris qu'un cachet ce jour-là, comme à chaque fois qu'il bossait, s'évitant d'être assomé sans pour autant prendre le risque de se mettre à halluciner plein pot. C'était sûrement plus simple lorsqu'il en prenait un de plus, ça aidait à calmer son appréhension, mais pas ce soir, pas pour cette occasion là. De toute façon, il estimait ne plus rien avoir à cacher depuis cette soirée au bord du lac, et s'il donnait un minimum le change en général, c'était plus pour leur éviter un moment désagréable à tous les deux. Il n'angoissait pas, en allant voir Faith, pas vraiment. Il fallait dire qu'en un an et demi, ils s'étaient déjà trouvés tous deux dans de ces états pas possibles, que le pire semblait derrière eux, même si le médecin semblait prendre la relation au jour le jour, éviter de se projeter. Il savait à peine dans quel état il se trouverait le lendemain, ce n'était pas pour se mettre à tirer à deux des plans sur la comète. Beaucoup de choses avaient changé, depuis cette nuit où ils s'étaient réconciliés. S'il n'allait pas mieux que ce jour-là, le problème ne venait pas d'elle. Il n'y avait pour ainsi dire rien venant de Faith qui le mettait plus mal qu'il ne l'était déjà en permanence. Les soucis étaient ailleurs, et la retrouver ce soir n'avait rien de douloureux. C'était presque normal, très agréable aussi, de savoir qu'il passerait cette soirée-là avec elle. Il y avait toujours des choses qu'il ne disait pas vraiment, qu'il n'avait pas développé depuis la grande discussion de la maison au bord du lac, qui restaient en suspens derrière chacune de leur retrouvaille, mais il tâchait de ne pas y penser, de se dire que ce n'était pas important. Peut-être aussi parce qu'il y avait des non-dits de son côté à elle aussi. Ce genre de sujet qui se taisait depuis des semaines et des semaines, que chacun devait bien sentir peser sur les épaules de l'autre, sans pour autant qu'ils aient cherché à se lancer là-dedans. Ce n'était d'ailleurs pas dans cette optique que le médecin sonna chez elle, se contentant du soulagement s'engouffrant dans ses veines et détendant enfin son visage dans un sourire lorsqu'il la vit ouvrir la porte. « J'y penserai, c'est une idée pas si mauvaise. » Un rictus amer aux lèvres en songeant que le jour de sa reconversion pourrait s'annoncer plus tôt que prévu si les urgences continuaient à tendre le dos, l'homme oublia rapidement l'ironie pour céder sous les lèvres de la mutante. A croire qu'elle avait un don pour faire taire les pensées parasites, ou que sa concentration se voyait bien trop rapidement perturbée par sa présence pour s'attarder sur autre chose.  « T'es encore plus belle, ce soir, alors j'te le dis quand même, hein. » Un sourire aux lèvres alors que son regard suffisait à lui dire à quel point elle était incorrigible, mais qu'il la trouvait des plus magnifiques quand même, et l'homme s'engouffra à l'intérieur de l'appartement. Il était vrai qu'il avait fait un effort de taille, sorti son rasoir électrique pour en finir avec la barbe de deux semaines qui lui grattait le menton, repassé chaque pièce de son costume alors que le fer à repasser n'avait plus été délogé depuis des mois. Il y avait toujours ces cernes qui bordaient son regard, la fatigue de ces nuits sans sommeil qui hantait ses traits, mais il y avait du mieux. Pour elle, uniquement, plus que pour lui-même, parce qu'à bien la connaître il se doutait quand même qu'elle serait sublime, ce soir encore plus, et qu'il serait mal venu de s'amener en jean-pull-veste à son appartement. Retirant sa veste pensivement pour venir la poser sur le dossier d'une chaise, Zeke se retourna finalement pour revenir vers elle. « Tu sais qu'ça sent vachement bon. J'serais presque jaloux de tes talents culinaires si tu m'dis pas tout de suite que c'est du surgelé réchauffé. » L'auto-dérision, toujours, pour faire oublier le fait que non, il ne s'était toujours pas amélioré sur ce plan là. Venant glisser ses mains sur ses hanches pour les nouer dans son dos, geste naturel rapprochant leurs deux corps alors que le médecin profitait de l'instant pour détailler un peu plus ses grands yeux. « La journée était trop longue. J'ai pas arrêté de courir et en même temps j'avais l'impression que le temps défilait pas. » Il ne s'étalait pas, jamais, sur la difficulté qu'avait été la reprise, son mutisme habituel au sujet du travail devait suffir à laisser suspecter que non, ce n'était définitivement plus un accomplissement de tous les jours comme ç'avait pu être le cas des années durant. « J'ai pas arrêté de penser à toi. J'attendais que ça, de te rejoindre. » Et c'était vrai, à chaque minute de chaque pause, à chaque fois que le stress montait un peu trop. Ses lèvres se déposèrent doucement à l'angle de sa mâchoire, tendrement, avant que le médecin ne reporte son regard dans le sien, pour finalement fondre sur ses lèvres. Un baiser plus appuyé, de ceux qu'il avait attendu toute la journée, la veille aussi, et l'avant-veille même. Le genre dont il rêvait presque la nuit lorsque ses yeux restaient grands ouverts malgré l'heure tardive. A croire qu'il n'y avait que ça qui ne changeait pas, alors qu'il finissait par rompre le baiser, son souffle hésitant une seconde au bord de ses lèvres. « Maintenant, on peut passer aux choses sérieuses. » Un air malicieux aux lèvres alors qu'il se détachait à contre-coeur, jamais si bien qu'à la tenir dans ses bras, pour contourner le canapé et venir contempler l'agencement de la table. C'était une soirée quasiment normale, et c'était presque étrange. Doucement étrange, cependant, non pas qu'il soit prêt à s'en plaindre, alors que son regard fatigué notait les efforts de présentation avant de revenir se poser sur elle. Avec cette foutue mélancolie qui ne décrochait pas de ses iris, qui ne s'estompait pourtant jamais si bien qu'avec elle.

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this is us, two months after The Fight ☽ we are not the same as Before. you are still beautiful, god, i will always call you beautiful. Maybe we weren’t made for each other from the beginning. But I wouldn’t give up the journey for anything. You and I, we make each other our best selves. Still me. Still you. But together, infinitely stronger.
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MessageSujet: Re: (xmas) Je t'offrirai, les hautes lumières ♢ Faithzekiel    Mer 8 Fév 2017 - 10:05



Je t'offrirai, les hautes lumières  





36 jours plus tôt. Le regard perdu dans les ténèbres, les yeux bandés, les mains fermement attachées à la chaise. Tous savaient, qu'il fallait que son regard ce pose sur un objet pour le déplacer et rien de plus. L’horloge, sonnait dans la pièce, toutes les heures, venant rappeler à la mutante qu'elle n'était pas hors du temps et que sa patience serait de fer si elle voulait parvenir à gagner du terrain, et regagner la confiance de ceux qui avaient pour elle une haine sans faille. Les coups, avaient le mérite d'être originaux. Tantôt, des armes blanches, des poings, mais les mutations venaient s'inviter dans l'histoire. Les hunters avaient bien des idées, des concepts et des armes : jamais ils ne pourraient venir défier la force d'une mutation lorsque cette dernière avait la possibilité de n'être que la torture et le plaisir de la blessure. Faith ne s'attendait pas, à des bras, mais à des coups. La demoiselle fredonnait, comme pour se moquer, parce que si la peur venait à nouveau la dévorer, la ville viendrait à la dévorer. Le froid venait caresser sa chair, n'ayant aucune idée d'où se trouvait ses affaires. Elle devait attendre, toujours. Deux jours, que cela durait, cette attente, quelques brèves questions qui n'avaient aucun sens où presque. La torture ne marchait pas, cela n'était que l'illusion d'une tentative fausse de venir extirper la vérité par abus de pouvoir. La blonde, vint finalement à redresser pleinement la tête avec un rictus en coin, quand la porte vint à s'ouvrir pour laisser plusieurs pas se faire entendre. La pièce était assez large, et l'écho laissait penser qu'elle était vidée de ses meubles. Cela n'était pas surprenant, Détroit était une ville massivement abandonnée et la plupart des gens dans la misère venaient s'y cacher – les vols furent donc légion lors de la chute de la ville dans l'estime nationale. Finalement, ce deux parfums qui vinrent se mélanger, laissant supposer deux présences.  « Tu es revenue, de ton plein gré. Sérieusement Sky' ? Tu sais que tout le monde ici veut ta peau ? Fallait pas tuer n'importe qui...  » La mutante laissa échapper échapper un rictus moqueur mêlé d'un soupir lassé. Dans un élan de grâce, son visage fut frappé par un poing américain, venant entraîner sa tête vers la droite. Sa bouche imbibée de sang, venant à cracher le liquide qui se glissait entre ses dents et dépassait ses lèvres. « Visite de courtoisie ? » Laissant échapper un rire narquois à nouveau en redressant son visage.  «  J'ai besoin de trouver quelqu'un, et j'sais aussi que vous êtes dans la merde. Simple alliance temporaire.Vivre pour se battre un jour de plus. » Faith savait où elle mettait les pieds : ils n'éprouvaient nullement de la haine pour elle, sinon, elle serait morte ou déjà remise à ceux qui lui feraient bien pire.


Aujourd'hui. Faith, n'embrassa jamais un métier par passion. Adolescente, déjà, elle ne savait pas quoi foutre de sa vie. Lui, il avait la médecine dans ses tripes. Peut-être, que ses actes n'étaient pas les bons, mais la demoiselle était persuadée que la médecine était faite pour lui et qu'il pouvait se vanter d'être un bon médecin. Elle le savait, parce que sans ce talent, il ne serait pas là aujourd'hui et elle serait probablement toujours dans un fossé, son cadavre bouffé par les verres et autres animaux délicieusement dégueulasses. Faith s'était intéressée à la médecine, plus pour comprendre le système que réellement pour venir à faire naître une envie chez elle de se joindre à cette idée qu'un serment d’Hippocrate avait de la valeur dans ce bas monde. La mutante, n'avait pas le recul nécessaire pour apprécier le milieu hospitalier lorsqu'il n'était pas question de son amant, mais elle essayait malgré tout de façon maladive pour parvenir à mieux saisir son quotidien. « C'est plutôt toi, qu'il faut féliciter pour l'effort, mais merci. » Parce que depuis qu'elle le connaissait, Zeke avait une tendance assez maladive à faire des efforts pour les événements et rien de plus. Il plaisait aux autres lorsque cela était nécessaire et rien de plus. Il ne voulait pas s'aimer lui-même, ni même se trouver beau. Cela était amusant, parce qu'ironiquement il avait la carrure d'un homme qui vivait sainement – plus ou moins. Faith avait un corps agréable et pourtant son mode de vie était tout sauf saint. Se détachant pour saisir un vase dans un placard sans jamais réellement le quitter du regard, laissant se remplir le récipient pour finalement glisser les fleurs avec délicatesse. Lui laissant simplement le temps de retirer sa veste tandis qu'il revenait vers elle. La remarque sur la cuisine lui dégagea un haussement de sourcils et un geste négatif de la tête. Faith cuisinait bien, de façon potable dirons-nous, mais elle le faisait rarement. Le laissant déposer ses mains sur les hanches de la demoiselle puis dans son dos, appréciant l'instant, le moment de paix intérieur qui semblait toujours lui manquer dans les mauvais moments. « J'ai encore le temps de brûler le plat et de devoir commander de la bouffe en urgence, ne crions pas victoire trop vite. » Faith n'avait rien d'une parfaite ménagère.

La mutante glissa à son tour ses mains dans le dos d'Ezekiel, comme pour s'assurer qu'il était réel, que son esprit n'était pas fou et qu'elle était sereine même dans les pires moments de sa vie. Ne cessant de la fixer pour autant, alors qu'il venait à évoquer son travail. Le sujet de l'hôpital de tombait jamais sur la table pour plusieurs raisons : il n'était pas du genre à en parler, elle n'aimait pas les hôpitaux, et cela pouvait mener de manière totalement folle au sujet des hunters. Cela était surprenant, agréable de l'entendre se confier sur sa vie, son quotidien, même si cela était pour exprimer une détresse. Cela la réconfortait aussi, dans son rapport au temps lorsqu'elle savait qu'elle allait voir Ezekiel dans la journée : les minutes devenaient des heures et des heures devenaient des jours. Dans un cercle vicieux, que Faith comptait briser, sans états d'âmes. Cela faisait mal, de l'entendre venir dire qu'il était malheureux et la main de la blonde se porta par instinct sur le visage du médecin avec un sourire triste, mais touché par ce qu'il disait parce qu'elle avait la sensation d'être sa raison d'avancer, de marcher, de vivre. « La prochaine fois, je débarquerais à l'improviste dans ton bureau. » Parce que ce moment avait été doux, amer, mais elle le ferait à nouveau pour simplement vibre quelques instants hors de la réalité. Le baiser fut doux, envié et désiré depuis le dernier. L'absence devenait plus rude, plus ardue à mesure que la relation grandissait. L’insupportable attente de la « prochaine fois ». D'autant que la dernière fois, cela remontait à la maison de campagne du médecin, et que le début du séjour ne fut point joyeux. Venant finalement retirer sa deuxième main du dos du brun pour glisser ses deux paumes dans la nuque et le cou d'Ezekiel comme pour venir renforcer l'instant que personne ne pourrait lui voler, pas cette fois, même elle, elle ne pourrait pas. Un instant trop bref, mais qui nécessitait une fin – sinon Faith allait partir dans des élans d'affections qui n'avaient rien des élans platoniques de Zeke. Même s'il fallait reconnaître, qu'à ce jeu là, Zeke commençait aussi à s'imposer. Se retrouvant au bord de ses lèvres, sans le quitter des yeux, mais fermant ses pupilles un bref instant : c'était réel, la situation était réelle. L'observer se détacher enclencha un sourire chez elle, accentuée par ses paroles, mais ce sourire vint à se perdre dans un brin de mélancolie tandis qu'il cessait de la regarder. Elle resta immobile quelques secondes alors qu'il revenait déjà poser son regard sur elle. Croisant les bras avec un sourire en coin. « Ma mère pensait qu'une table bien présentée était le premier pas vers un repas réussi, et j'adorais le faire avec elle. » Esquissant un sourire en coin en s'approchant De Zeke en lui faisant un signe de la main, venant saisir cette dernière au passage pour l'inviter à la suivre.  « J'ai un truc pour toi, promis rien de sexuel.  » Certes « pas de cadeaux » fut imposé, mais Faith n'offrait rien : elle rendait, nuance.


Gravant les marches de l'escalier toujours en tenant la main de Zeke avec un sourire en coin perplexe, malgré la certitude de son choix. Prenant direction de sa chambre, poussant la porte en faisant claquer ses talons sur le sol. Délaissant quelques secondes la main du médecin pour se diriger vers le placard qu'elle ouvrit d'un geste assuré. Observant Zeke avec un sourire moqueur alors qu'elle laissait échapper un rire narquois tandis qu'elle ouvrait un tiroir de sa commode en tournant le dos à son amant, pour finalement se tourner à nouveau vers lui en déposant une main au sein du meuble. « Tu as de la place pour des affaires dans le placard, chemises, manteaux, enfin bref ce que tu veux. Ce tiroir est aussi pour toi, parce je suis peut-être un peu superficielle, mais j'suis pas une accro du shopping.  » S'éloignant du meuble pour revenir vers Ezekiel d'un pas lent. « C'est difficile, pour moi, de comprendre qu'il faut donner pour recevoir. Non pas donner, du faux, du superficiel, mais du vrai. Alors voilà, je fais un pas, parce que j'y pense depuis longtemps. » S'approchant de Zeke en souriant.  « Ce n'est pas une invitation à vivre ensemble, car c'est chez moi et ça le restera, mais tu es dans ma vie et j'aimerais que tu sois dans ma vie, plus qu'une fois toutes les deux semaines. » Passant une main dans ses cheveux, parce qu'elle était anxieuse, parce que Faith ne savait pas comment marchait les relations, les couples et autres histoires sentimentales. « Chez toi, mes affaires seraient un danger pour toi, mais ici, y a presque que moi. Alors, en bas sur le bar il y a une clé, avec un porte clé de Grêce. Tu peux la prendre, je ne te force pas la main. Néanmoins, je veux que tu saches que tu n'as pas besoin d'être invité pour être là. Je veux que tu saches, que tu as la possibilité de venir, sans mon invitation. Parce que je triche, je choisis quand tu viens, mais j'ai aussi mes moments où je suis super sexy en short et en pull.  »  Déposant une main sur la joue d'Ezekiel avec un sourire. « Et des fois, c'est pas glorieux, comme tout le monde. Sauf que moi, j'ai pas besoin d'une bague pour vouloir et offrir le meilleur et le pire.  » Retirant sa main en souriant une dernière fois, croisant les bras sur sa poitrine en détournant le regard quelques brèves secondes. « Voilà, en gros j't'offre un tiroir, j'progresse dans la générosité matérielle. » Parce que Faith, ne savait quoi dire, alors elle préférait rire d'elle-même : comme il le faisait, bien plus souvent qu'elle.





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MessageSujet: Re: (xmas) Je t'offrirai, les hautes lumières ♢ Faithzekiel    Dim 12 Mar 2017 - 20:04

les hautes lumières.
Après la nuit, avant le jour...

Un sourire aux lèvres alors qu'elle évoquait le potentiel drame qui pouvait arriver avec la nourriture, parce qu'avec le chaos qu'avait été leurs vies depuis quelques mois, ce n'était finalement pas bien grave. Et si c'était le pire qui pouvait arriver, il ne s'en plaindrait pas. Ce serait presque banal en fait, pour le mauvais cuisinier, de sentir cette odeur de cramé familière s'élever du four. Banal tout court, d'ailleurs. Rien que d'avoir ce genre de préoccupation était un peu étrange, à côté du reste. C'était agréable, aussi, quelque part, de ne pas tendre le dos, de simplement essayer de profiter de l'instant sans devenir parano. « J'voudrais pas te porter malheur. Dès que je m'approche d'une plaque de cuisson, tout part en vrille. Tu m'en voudras pas si je te laisse continuer à gérer d'une main de maître. » Ses talents culinaires, ce n'était pas un secret dont il avait honte. Après tout, il avait bien dû commander chez un traiteur pour son anniversaire, après avoir tout de même jeté un oeil aux recettes mexicaines sur un site internet. Il n'y comprenait rien, il s'y était résigné. En revanche, les paroles suivantes, ce n'était pas le genre de chose qu'il allait prendre à la légère. Rafermissant sa prise sur ses reins en sentant son coeur s'accélérer, un soupir mêlé d'un rire gêné lui échappèrent alors qu'elle devait parfaitement le sentir résonner au fond de sa poitrine. « Il est un peu trop bien rangé en ce moment. Stylos, dossiers bien alignés, tu vois. Au fond, ça manque un peu de désordre. C'est plus drôle que quand c'est bien ordonné. » Essayer de poursuivre sur sa lancée à elle, trouver des paroles aussi sensuelles, innocentes mais qui en disaient long... non, non décidément, il n'était pas doué, mais poursuivait sur sa lancée. « Tu viens quand tu veux donner du travail à la femme de ménage. » Là, c'était peut-être le mot de trop, alors qu'il s'enfonçait de plus en plus dans ses maigres tentatives de langage salace. Se raclant la gorge pour se redonner une constance, Zeke fit mine de s'intéresser au reste du salon en marmonnant. « C'était un peu naze. » Reportant son regard sur elle comme si la réalité venait de le frapper en pleine face, un rire s'arracha à ses traits interloqués alors qu'il détachait l'une de ses mains pour la passer sur son visage. « Bureau. Quand tu veux. C'est ouvert. Tout le temps. » Y aller avec des mots simples sans grand discours, c'était finalement tout aussi bien. « Par contre si j'sais que tu peux venir à tout moment, va y'avoir une hausse du taux de mortalité aux urgences. Je te ferai signer une décharge, comme quoi t'es responsable de mon manque de concentration. »

Faith n'abordait pas souvent sa mère, et ses mots le laissèrent un instant silencieux, alors qu'il hochait la tête à ce souvenir qu'elle évoquait. C'était des informations qui filtraient, inattendues, ces petits morceaux d'existence qu'il découvrait petit à petit. Il ne cherchait plus à tout savoir, tout de suite, à briser le mystère. Il ne la forçait pas à parler, elle ne le forçait pas non plus, et les mots s'évadaient naturellement, sans cette pression des révélations qui avait pu exister à de nombreuses reprises. Haussant les sourcils à ses mots énigmatiques, il accepta sa main en la suivant, secouant la tête. « Mince alors, j'suis déçu. » Un rictus aux lèvres alors qu'elle lui promettait que ce n'était pas sexuel, ironique lorsqu'il était de notoriété commune qu'il n'était pas celui à attaquer le premier. S'arrêtant après deux pas dans la chambre, l'observant en sentant une pointe d'angoisse naître en réponse à ses airs mal assurés, le brun la contemplait en tâchant de garder une expression neutre. Jusqu'à ce qu'elle élucide le mystère de ses manigances, qu'il mette un temps à réaliser ce qu'elle était en train de proposer. Préférant sceller ses lèvres en la laissant poursuivre, tant le moment lui semblait rare et qu'il ne savait pas tout à fait quoi dire, le médecin restait planté à l'entrée de la pièce, sans un pas, sans un mot. Pourtant son coeur s'agitait plus fort dans sa poitrine, à lui en faire mal aux côtes, et un maigre tremblement vint contracter sa main droite, bientôt pressée sous la main gauche pour éviter à son corps de trahir sa nervosité. Il fallait avouer qu'il ne savait plus vraiment comment ça fonctionnait non plus, avec ses nerfs déréglés qui le tiraillaient, qui lui faisait perdre ses moyens pour un rien. Que c'était inattendu et pourtant une évidence, qu'il l'aimait un peu plus encore pour se montrer si courageuse après tout ce qu'ils avaient vécu. Pour prononcer ces mots, nageant en terrain inconnu, alors qu'il rompait instantanément le silence dès qu'elle eut terminé, de la première phrase qui lui venait en tête. « J'ai beaucoup de chemises. Vraiment beaucoup. C'est à peu près toutes les mêmes, j'sais pas pourquoi j'en rachète tout le temps, je crois que c'est un peu compulsif. Puis y'en a des franchement moches aussi que t'as jamais vu. C'est moi, l'accro au shopping. » S'humectant les lèvres alors qu'il se retrouvait légèrement désinhibé, une fois de plus, à parler avant d'avoir pensé, un sourire vint se greffer au coin de ses lèvres. « J'préfère te prévenir avant de les ramener, ça peut faire un peu peur, dans le genre psychopathe de la chemise blanche. » Ce n'était définitivement pas ce qu'il aurait dit, s'il avait eu le temps de s'y préparer, si les cachets ne l'avaient pas fait plâner ces derniers jours. Pourtant, il souriait comme un idiot, un imbécile heureux en l'observant. « Hormis ce détail je pense que je devrais pas être trop envahissant. Et puis, j'suis vachement sexy en pull et short aussi, tu verras. » S'approchant d'elle en glissant une main sur sa joue, la perdant dans sa nuque en la contemplant, ses traits redevinrent plus sérieux, alors qu'il mesurait pleinement ce qu'elle proposait. « Si on m'avait dit ça y'a un an et demi, Faith Cunningham. » La tendresse qui embrasa ses iris était sans pareille, alors qu'il l'observait, que l'instant s'ancrait au milieu des souvenirs qu'ils avaient pu partagé. « Le meilleur et le pire, on en connaît déjà un rayon. On est toujours là, au final. C'est ça le plus important. Et cette clé, c'est important.  » Venant coller son corps au sien en ne parvenant à rester plus éloigné. « Je t'aime. » Glissant ses mains le long de ses épaules, de ses bras en prenant garde à ne pas lui tirer les cheveux au passage, toujours. « Je note, pour la bague, pour le jour où je t'épouserai. » C'était sorti tout seul, sur le ton de l'humour, pourtant une fois de plus c'était sorti un peu vite, et après être resté interdit, à la fixer, il fit ce qui lui semblait le plus logique pour éviter une conversation qui pourrait être gênante. Humer l'air en tournant la tête vers la porte. « Hm, ça sent pas le brûlé non ? »

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MessageSujet: Re: (xmas) Je t'offrirai, les hautes lumières ♢ Faithzekiel    Dim 12 Mar 2017 - 21:57



Je t'offrirai, les hautes lumières  





35 jours plus tôt. Égarée, elle ne l'était pas. Chez elle, elle ne le serait jamais. Sans foyer, sans maison, dieu ne prétend posséder rien d'autre que la terre. Mais que reste-t-il à ceux dont la terre devint une terre brûlée, ardente et décadente ? Rien, il fallait la quitter et l'observer renaître dans le silence glorieux de l'abandon. Allongée sur ce lit d'infortune, la demoiselle fit silence. Lourd, pesant, enivrant il fallait bien l'avouer. La mutante fut soignée, ses blessures étaient devenues vaines. Elle n'était pas attachée, mais simplement enfermée dans cette pièce froide et glauque, mais qui faisait office de prison d'infortune le temps de lui offrir la possibilité de se demander : pourquoi elle n'était pas morte. La réponse, elle pensait l'avoir – comme toujours. Pourtant, alors que la porte vint à s'ouvrir pour laisser entendre des bruits de pas jusqu'à son lit. La même présence que depuis le début vint à se faire ressentir à ses côtés. Un souvenir du passé, un ancien membre de la cause qui depuis le début ne semblait pas éprouver de haine. Il n'était jamais celui qui venait la frapper, mais qui la regardait sans doute de haut, comme une infinie victoire sur celle dont la vie était dérisoire à cet instant. Venant déposer délicatement sa personne sur le lit, aux pieds, en venant laisser transparaître sa tendre respiration.   « Le conseil, accepte un compromis, mais il aimerait te soumettre à un test. »   Laissant échapper un rire narquois en contractant ses côtes. Secouant négativement la tête. «  Le conseil c'est pour se la péter ou j'rêve ? » Détournant son regard vers celui qui vint à déposer une main sur sa cheville. Se retournant pour brutalement placer son pied sur sa gorge et le plaquer sur le lit, faisant pression sur sa trachée en ressentant une douleur intense. Il respirait, elle expirait sa colère.      « Je vais prendre ça pour un oui, demain dans la soirée tu comprendras. Un mutant guérisseur viendra te chercher, essaye de ne pas l'agresser. » Il vint à laisser échapper un rire malin, tandis que la blonde ne lâchait pas la pression, mais face à ce regard qu'elle ne connaissait que trop bien, elle retira son pied. Le poing de Faith venant se morfondre dans un visage de haine, plongeant sa poigne sur son visage d'un geste brusque et parfaitement maîtrisé. «  ça c'est pour avoir refusé de m'aider pour Joachim, j'voulais un putain de plan de manoir. J'suis pas ta pote, tu m'touches je te bouffe. »





Aujourd'hui.  « Quand je m'approche de ton torse ça part en vrille, c'est plutôt équitable comme relation. » Il fallait l'avouer, qu'elle fut souvent l'investigatrice. Il s'émancipait de cela, et il n'avait pas intérêt à compter sur mademoiselle « femme au foyer », puisque cela ne pourrait marcher dans ce sens. Elle ne serait pas une femme délaissée, devant s'occuper du chien, de la bouffe et des courses. Il avait été marié à une hunter profondément bête, il devait donc savoir que le mariage basique ne pouvait pas marcher. Faith savait, que dans son ancien couple, Constance ne fut jamais faible… néanmoins, la blonde adorait cette image de femme bête en train de parler avec son poisson rouge. Une étrange image vint alors dans la tête de la mutante face aux maladresses de son amant, lorsqu'il essayait de répondre à la réflexion naturelle de la blonde. Lui patogeait, puis finalement, venait presque à se noyer totalement dans sa propre contre attaque verbale. La mutante se contentant de laisser paraître un immense sourire en contenant autant qu'elle le pouvait un sourire moqueur. Le laissant s'enfoncer jusqu'à finalement qu'il revienne à son tour remettre sa propre répartie en cause alors qu'elle laissait paraître une moue moqueuse sans oser lui dire qu'il s'enfonçait comme le Titanic. Il se rattrapa néanmoins plutôt bien, avec une pirouette délicate en venant même l'accuser d'être source de son manque de concentration. Laissant paraître un rire narquois en trois temps, trois sons identiques qui vinrent enfoncer la moquerie du brun. « D'accord, docteur Blackwell, mais en échange j'aimerais l'emploi du temps de l'infimière rousse qui s'était occupé de moi une fois. Elle était grave sur toi. De toute façon, les rousses c'est toutes des connasses. » Faith laissa échapper un rire moqueur, mais en réalité, il existait un fond de sérieux : elle se souvenait de cette pimbêche qui matait ouvertement Ezekiel. Jalouse ? Non. Possessive ? Assurément, et passionnément. Il ne fallait pas le prendre comme une attaque à sa vie intime, mais plus une défense acharnée de son couple qui nécessitait un baiser langoureux face à cette infirmière. De plus, le roux était la seule couleur naturelle qui n'ornerait jamais la tête de la blonde.


Déçu ? La blonde se contenta de laisser paraître un sourire enjôleur et une voix plus sensuelle, légèrement moqueuse, mais toujours pour venir pousser Ezekiel vers une part de personnalité qu'il avait malgré ses airs de gentil garçon. « Qui ne le serait pas ? » Cela rappelait les vacances en Grèce, ce moment où pour la première fois, Ezekiel avait été incapable de contrôler une forme de jalousie. Cela était toujours agréable, surtout pour une fille qui était tombée bien bas, et qui connaissait trop bien la valeur de son corps dans le regard de ceux qui ne la connaissaient pas. La beauté n'avait rien de terrible, au contraire. La mutante savait néanmoins, quand elle en était arrivée au point, où elle ignorait si elle était aimée pour plus que son reflet dans la glace. Avec lui ? Cela était une certitude, mais cela était toujours rassurant de l'admirer de ses propres yeux. Qu'importait, ce bref moment d'humour laissant place à une étrange preuve d'amour. Il n'existait que cela, des preuves à l'amour, et les épreuves face à la mort. La demoiselle faisait un pas, difficile, mais qui le serait autant pour lui une fois qu'il réaliserait qu'elle était pathétique, ne dormait pas, ne mangeait parfois pas et ne sortait pas durant des jours. Faith prenait un risque, parce qu'il était le seul à pouvoir et pire encore : à vouloir l'aider. Ce fut donc une longue déclaration, trop mélodramatique à ses yeux, pour ses prunelles lourdes sublimées par du maquillage. La réponse d'Ezekiel, était presque évidente. La peur de Faith, se trouvait dans les éventuelles conditions qu'il allait prononcer. Cela ne fut pas le cas, et sans doute que la surprise de la demande fut assez forte pour s'éviter des remises en doute.  Un silence, inespéré tandis qu'elle relevait les yeux une fois qu'il vint à s'exprimer en retour. Pourtant, le soulagement s'extirpa de ses dents alors qu'il venait à en rire, à montrer une décomplexions sans rejet, sans peur, sans réticence face à son instant d'innocence. La mutante vint à se détendre, en occultant de lui dire qu'elle avait une haine profonde des « hommes en blouse blanche » et qu'elle irait donc lui acheter des chemises fleurs moches pour compenser ce manque de couleur dans sa garde robe. Son sourire était rafraîchissant, et autant la scène était niaise, qu'elle ne pouvait que plaire dans le regard de celle qui éduquée dans l'idée d'une vie à deux sur le sentier des amoureux. Sa réponse était apaisante, son humour maladroit brisait ses effrois, elle aurait donner sa vie pour ressentir rien qu'une fois à nouveau cette paix là entre deux combats.  Se laissant approcher, glissant une main dans le dos d'Ezekiel pour la déposer sur son épaule par derrière en ne cessant de l'observer dans un silence désespérément apaisant. La chaleur humaine suffisait, étrangement, elle comblait ce trou béant. Le sentant contre elle, ces mots qui devenaient quotidien. Elle y croyait, elle l'entendait, et pourtant elle pouvait le dire : elle le savait, et elle n'oubliait pas, qu'il ne partirait pas. La remarque sur la bague, sembla presque étrange. Elle devrait lui dire, qu'elle ne pourrait pas avoir d'enfant, et que légalement, il épouserait une fille qui n'existait pas. Difficile, mais elle préféra détourner le sujet dans un soupir assuré. « Mon seul bijou fut ton cadeau d'anniversaire, difficile de me faire plaisir à ce niveau-là de toute façon. »

Ce fut pourtant, bref, puisqu'il vint à instinctivement la faire remarquer l'odeur étrange. La mutante venant à se dégager d'Ezekiel sans réfléchir en s'élançant au pas de course. « Merde, sauver la bouffe, sauver la bouffe . » S'arrêtant en plein milieu du couloir en se penchant légèrement. « Merde sauver les Louboutin, sauver les Louboutin. » Laissant tomber ses chaussures à terres – des Louboutin donc. Avant de se retourner vers Ezekiel en marchant pieds nues à reculons. « Si tu veux retirer ta chemise et tester les placards, faut pas te déranger pour moi. » Affichant un rire moqueur pour finalement se presser dans l'escalier en arrivant dans la cuisine d'un geste rapide, venant ouvrir le four avec la télékinésie et sortir de plat de la même façon pour déposer ce dernier dans l'évier et ouvrir le robinet manuellement pour prévenir de tout incendie. En effet, le repas était brûlé. La mutante soupira en jurant sur le plat et en remontant sa robe bustier après cette course sans soutien-gorge ni talons. Venant à prendre la direction de son salon pour se saisir de son téléphone en cherchant dans son répertoire les numéros récents. Grimpant d'un décibel ou deux pour se faire entendre face aux numéros des différents livreurs. « Tu préfères Chinois, Italien ou Pizza ? »





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La nuit
 Elle s'est levée, et nous demandions à mourir.
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