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 (Razael, xmas ) Snowflakes are kisses from heaven

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MessageSujet: (Razael, xmas ) Snowflakes are kisses from heaven   Mer 11 Jan 2017 - 21:12

Snowflakes are kisses from heaven

La brune embrassa la joue de son petit ange d‘un baiser sonore avant d‘enfiler son manteau, Cerberus sur ses talons, pour une bonne balade. Le tout, en laissant William en proie à la petite de trois ans qui s‘était mise en tête de le faire jouer à la dînette. Un sourire amusé la trahit alors qu‘elle encourageait Hope. Après tout, ça leur ferait un moment rien qu‘à eux, où le Blackson pourrait prendre le temps de la découvrir un peu. Et ça le forcerait à mettre sa gêne et sa peur de blesser la fillette de côté. Parce que cette dernière s‘attachait déjà, et n‘hésitait pas une minute à le suivre à la trace, oubliant sa timidité naturelle.

De plus, elle avait besoin de sortir. Plus exactement, Rachael se forçait à sortir. Elle ne pouvait pas se permettre de rester enfermée tout au long de sa vie, à cause de la vaccination. A cause de Cameron. La peur de le revoir ne devait pas dicter le reste de ses jours. Elle refusait de lui laisser autant de pouvoir sur son existence. Il l‘avait déjà privée de son don, abusant de sa confiance. Les chances pour qu‘il débarque à Radcliff aussi rapidement restaient minces, pour son plus grand bonheur. Même s‘il ne lâcherait pas l‘affaire, qu‘il „voudrait lui faire entendre raison“. Et même si elle devait le croiser, la brune n‘était pas véritablement seule. Ses doigts glissèrent doucement sur la fourrure de Cerberus,  à l'affût dans cet environnement qu‘il ne connaissait pas le moins du monde.

Tout se passait bien. L‘air froid, presque mordant, la maintenait efficacement éveillée. Le charme du marché de Noel enneigé acheva de la détendre. L‘atmosphère des fêtes de fin d‘années avait toujours quelques chose de magique à ses yeux. Une tradition que sa famille avait toujours respectée. Ne restait plus qu‘à trouver des petits cadeaux pour William, Jimmy et Reese. Ceux de Hope étaient déjà emballés depuis quelques jours.  

Tout se passait pour le mieux, jusqu’à ce que Cerberus ne fonce malencontreusement contre quelqu’un. Pas pour l‘attaquer, ça non. Mais pris dans son jeu et avec sa force, l‘animal bouscula un homme. Avec une canne d‘aveugle. La brune se précipita vers l‘inconnu pour l‘aider à se redresser et lui redonner sa canne.

-Cerberus, stop ! Je suis vraiment désolée, il ne voulait pas attaquer. Mais il n‘a pas vraiment l‘habitude de pouvoir jouer dans la neige... Du coup, il oublie qu‘il n‘est plus un chiot.

Et…. Rachael commençait à trop parler et à s‘emmêler les pinceaux. C‘en serait presque risible tant cela tranchait avec sa façon habituelle de parler. Son aplomb avait disparu quelque part entre les stands. La faute à la fatigue, au stress accumulé ces derniers jours. La brune n‘avait pas vraiment d‘excuses au final. Sérieusement, elle culpabilisait. Même si l'animal n‘avait pas eu de mauvaises intentions. Une attaque se serait résumée par une vilaine morsure, là, il n‘avait même pas eu un grognement. Sauf que le brun pourrait toujours très mal le prendre, lui faire une remarque mordante. Chose qu‘elle préférerait éviter. Surtout avec ses nerfs continuaient de faire les montagnes russes. Ce manque de contrôle sur sa propre personne l‘agaçait. Normalement, elle parvenait toujours à tout retrancher derrière son sourire. Et là, elle avait juste l‘air d‘une adolescente qui aurait fait le mur avec sa nervosité. A trente trois ans.

-Je peux vous offrir un café ou un chocolat chaud pour me faire pardonner ?

Il devait avoir froid, avec la neige qui le recouvrait encore.  




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MessageSujet: Re: (Razael, xmas ) Snowflakes are kisses from heaven   Sam 14 Jan 2017 - 16:42

Snowflakes are kisses from heaven

Une chose est sûre : Razen aime la période de Noël. Déjà parce que même s’il ne peut plus profiter des décorations, même s’il ne peut plus se pâmer devant la beauté des pulls-moches-de-Noël qui commencent à pulluler un peu partout, même s’il ne peut plus se moquer de la bedaine factice des pères Noël tout aussi factices, et bien il reste les odeurs et les sons. Les chants qui traversent le marché de Noël dressé pour l’occasion, qui viennent lui transpercer les tympans pour s’installer sous son crâne et se murmurer toute la journée du bout des lèvres, les senteurs de pain d’épice, de marrons chauds, de vin et de rhume qui se logent dans les narines et font saliver le malheureux ensorcelé par leur charme… Ensuite, si Razen aime tant la période de Noël, c’est aussi parce que malgré le froid, malgré la neige, malgré l’absence d’Alvin… il y a Ailionora cette année, avec lui. Et la fille de Razen est une personnification, par bien des aspects, d’une innocence que l’aveugle a perdue à huit ans, lorsqu’on lui a annoncé qu’il serait désormais seul au monde, avec ses deux petits frères à charge. Des années, trente ans même, trente années à lui glacer le sang par la vieillesse de la chose. Et pourtant, Razen se réveille encore parfois en sursaut, lorsqu’il entend des sirènes de police à défaut de pouvoir contempler sur le plafond de sa chambre les couleurs d’un gyrophare.

Un bâillement, une tasse de café, Razen caresse machinalement la tête du chien qu’il a offert, en avance, bien en avance même, à Aily pour Noël. Disponible dans un refuge, à ne pas vouloir le manquer, cadeau de Noël mêlé à celui d’anniversaire – qu’il a d’ailleurs magistralement oublié – le chien a rapidement pris ses aises chez les Townshend, remplaçant le départ de celui d’Alvin tout comme Aily a pu, elle, remplacer Alvin par bien des manières. Un coup de langue arrache une nouvelle fois l’Anglais à ses pensées anormalement nostalgiques et songeuses ce matin, il grogne en plongeant à nouveau le nez dans le café, qu’il termine d’une traite, et la main dans un journal en braille, qu’il reçoit bien trop irrégulièrement à son goût, sur l’actualité économique du mois précédent ; un sujet particulièrement palpitant qui a un don certain pour donner à Razen l’envie brutale de sortir Bigorneau.

Bigorneau. Vraiment. A-t-on déjà vu nom plus ridicule pour un animal aussi imposant que la bête en question ? C’est une question qui occupe l’esprit de l’aveugle suffisamment longtemps pour que lorsqu’il en arrive à une conclusion, ils soient déjà dans le froid, la neige et – misère – la solitude des parcs et des enfants hurlants. Il tient la laisse de l’animal, mais il tient surtout à ses doigts, et à ses doigts sans gants qui gèlent et hurlent à la torture et à l’esclavagisme depuis une quinzaine de minutes. Et forcément, lorsqu’il s’arrête de marcher pour chercher dans les poches de sa veste ce qui pourrait, éventuellement, lui permettre de conserver quelques phalanges… c’est à ce moment précis que Bigorneau décide d’aller voir ailleurs. « Oh putain merde, sale clébard ! » C’est la surprise qui parle – et la surprise est vulgaire chez les Townshend – et un petit peu d’angoisse aussi. Parce que retrouver un chien qui ne comprend pas toujours qu’il s’appelle Bigorneau et non Ducon, quand on est aveugle, ce n’est pas le plus facile. Razen enfile ses gants, déplie sa canne, s’apprête à partir à la recherche d’un imbécile de chien. Sauf que le karma étant le karma, ça ne peut pas être aussi simple : le choc d’une rencontre inopinée avec ce qui semble être un animal – Bigorneau ? – envoie Razen au sol avant même qu’il ait eu le temps de comprendre ce qu’il se passait. « Ah putain ! » Il a de la neige partout, il n’a pas besoin de le voir pour le savoir. Et le juron bien articulé, aux syllabes bien décomposées, parle pour lui. L’aveugle en a perdu tous ses repères. Vraiment tous. Lorsqu’une main se saisit de la sienne pour l’aider à se relever, lorsqu’il se crispe mais se laisse faire malgré tout, lorsqu’il s’écarte et se secoue – inutilement, Razen ne sait plus, vraiment plus, où il est. -Cerberus, stop ! Je suis vraiment désolée, il ne voulait pas attaquer. Mais il n‘a pas vraiment l‘habitude de pouvoir jouer dans la neige... Du coup, il oublie qu‘il n‘est plus un chiot. La voix est bien trop proche au goût du mercenaire, bien trop inconnue aussi. Et ses sourcils se froncent un instant avant que les automatismes ne prennent le pas et détendent ses traits. Sa canne se reloge entre ses doigts, son souffle se perd et Razen se masse l’arrière de son crâne qui a heurté le sol avec force et conviction. -Je peux vous offrir un café ou un chocolat chaud pour me faire pardonner ? Un grognement, voilà ce qui répond en premier à la jeune femme. Un grognement très élégant, très classe, au comble du raffinement. Un grognement qui s’apparente à une répétition des mots clés. Cerberus, neige, chiot, café et surtout, surtout chaud. Bordel, oui, un café bien serré, bien corsé, bien brûlant. « Cerberus, c’est votre chien ? » Il finit par retrouver une élocution plus convenable, secoue la tête et se rend compte que son bonnet est resté au sol. Bonnet, chien, canne, tranquillité et repère : il perd tout, de toute évidence. « Vous inquiétez pas, ce n’est rien. Au moins, ça aura eu le mérite de me réveiller. » Il secoue la tête, encore une fois. «  Vous pouvez m’offrir un café, ouais. » Un sourire s’affiche sur les lèvres de Razen, à mesure qu’il se souvient de comment une personne normale fait pour être un animal sociable, comme tout être humain qui se respecte. Et sociable, c’est qu’il sait l’être, Razen. « Mais d’abord… je peux abuser de votre culpabilité ? Juste avant que… Cerberus ne me saute dessus, j’ai perdu mon chien. Il doit pas être bien loin, mais… » Il lui offre – ou du moins pense lui offrir puisqu’il est loin, très loin, de la regarder dans sa direction – un sourire contrit.

Razen est aveugle, et Razen use, et abuse de son handicap pour extorquer un peu de temps, de patience et d’aide de la part des autres. Les humains sont des créatures sociables, totalement stupides et prompts à s’autodétruire, mais ce sont aussi des créatures le plus souvent compatissantes. N’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: (Razael, xmas ) Snowflakes are kisses from heaven   Dim 15 Jan 2017 - 18:15

Snowflakes are kisses from heaven

Le grognement de l‘homme ne lui annonçait rien de bon. Son froncement de sourcils non plus. Il allait l‘incendier…  Quelques semaines plus tôt, elle aurait simplement relevé le menton. Quitte à avoir tort, elle aurait assumé jusqu‘au bout. A ne jamais baisser la tête. A encaisser sans ciller. Sauf que ça, c‘était avant. Avant que celui qui se proclamait comme son meilleur ami ne lui enfonce une seringue remplie de vaccin entre les côtes. Qu‘il ne brise sa confiance et sa mutation. Maintenant, elle devait reconstruire correctement sa carapace, protéger ses faiblesses qui la rendaient bien trop vulnérable. Sensible. La brune se mordit la joue, prête à entendre les remarques mordantes. Qui ne vinrent jamais. Toutefois, elle n'allait pas se plaindre sur ce point.  Elle en profita pour ramasser son bonnet et le lui rendre après s‘être débarrasser de la neige le recouvrant.

-Oui, Cerberus est mon chien. Un husky.

Chien qui avait retrouvé son calme et observait l‘inconnu sans ciller. La voix de sa maîtresse avait eu un effet direct sur lui, l‘immobilisant directement. Presque irréprochable, adorable. Toutefois, Rachael, continuait de le surveiller du coin de l‘oeil, au cas ou l‘envie de se défouler reviendrait. Car l‘animal n‘avait pas l‘air épuisé, bien au contraire. Avec lui, cela ne représentait qu‘un échauffement, tout au plus. Seule une journée entière avec Hope parvenait à le fatiguer correctement.

-Oui, bien sûr.

Parce qu‘au fond, elle était serviable Rachael. Et qu‘elle s‘en voulait de l‘avoir fait tomber, même si cela avait été un accident. Son regard balaya la rue à la recherche du chien perdu. Elle ne se souvenait pas d‘en avoir croisé un sans laisse. Mais avec le nombre de personnes présentes, ça ne l‘étonnait guère. D‘autant plus qu‘elle regardait les différentes décorations de Noel ainsi que les figurines en bois.  

-Il s‘appelle comment ? Une race particulière ?

Qu‘elle ne lui retrouve pas un pinscher à la place d‘un doberman, quoi. Puis avoir le nom de l‘animal serait pratique, qu‘elle ne l‘appelle pas „machin“ au milieu de la rue. Il ne se reconnaîtrait pas, et elle ne savait que trop bien qu‘il ne servirait à rien de lui courir après. Il irait toujours beaucoup plus vite qu‘elle. Sa main se glissa sous le bras de Razen, sans gestes brusques. La brune retrouvait petit à petit son aplomb. Elle se faisait avoir par son sourire, sa manière d‘agir. Sa propre générosité aussi. Mais tant pis. Il ne savait presque rien d'elle, et là, au milieu de la foule, que risquait-elle ? Et à quelques jours de Noel, elle n'avait pas l'envie de se méfier de tout et de tout le monde. Même si une petite voix, dans le fond de son esprit lui hurlait de le faire.

-Comment vous appelez vous ? Moi c‘est Rachael.

Un prénom n‘engageait rien du tout, elle le savait parfaitement. Raison pour laquelle elle le lui donnait aussi facilement. Ca serait aussi nettement plus simple, lorsqu‘elle retrouverait le fugitif, et qu‘elle lui offrirait son café aussi. Et déjà la brune recommençait à marcher, son regard balayant attentivement les stands qui l‘entouraient.

-Vous pensez qu‘il aurait pu aller vers les stands de nourriture ?

Elle en avait vu avec des bretzels aux lardons et fromage, qui paraissaient délicieux au passage. Vente de frites, de saucisses, et un peu de tout et n‘importe quoi. La meilleure combinaison pour attirer un chien, non ? La voix de l‘estomac. Sauf s‘il avait adopté une exception.



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MessageSujet: Re: (Razael, xmas ) Snowflakes are kisses from heaven   Jeu 19 Jan 2017 - 18:24

Snowflakes are kisses from heaven

Razen est du genre sociable. Il ne souffre - malheureusement diraient certains - d’aucune timidité, d’aucune réserve et lorsqu’il s’agit d’entamer la conversation et de mettre les personnes à l’aise, il n’a pas son pareil. Il en oublierait presque, et son interlocuteur aussi, qu’il est aveugle. Tactile, il ne met jamais plus d’une poignée de minutes à provoquer un premier contact épidermique, sait lorsqu’il ne faut pas brusquer les choses mais a aussi une intuition peu commune sur ce qu’il faut faire, quand il faut le faire, souvient bien avant qu’il ne sache pourquoi c’était ce qu’il fallait faire. Razen, donc, a beau être un mercenaire un peu bourru, a beau être un aveugle dépendant, quoiqu’il fasse, d’une aide extérieure pour bien des choses, Razen a beau être une crapule de première catégorie et un enfoiré sur de trop nombreux aspects, Razen sait évoluer en société. Sans difficulté. Il se fond dans la masse, il est un homme comme les autres, paraît du moins être un homme comme les autres.

Mais s’il y a bien une chose qui puisse parvenir en un temps record à le faire sortir de sa réserve polie et de sa bonhomie habituelle, ce sont bien le genre de mésaventure comme celle qui vient de lui arriver. Non seulement le voilà couvert de neige, mais en plus - et c’est bien le pire à n’en pas douter pour un homme comme lui - le voilà sans repère. Sans le moindre repère. Ce n’est pas tant la chute qui le terrifie, c’est la perspective des chutes, c’est cette angoisse sourde née d’une anticipation peut être exagérée. Razen n’a pas peur du vide, il n’a pas peur du noir - heureusement - mais il est terrifié, tétanisé à la seule idée qu’il risque à nouveau de tomber. Ce qui, à n’en pas douter, explique son grognement. Et son amabilité inexistante. Ainsi que le temps, précieux, trop long, qu’il met à reprendre ses esprits. Un soupir, Razen se force à se remettre les idées en place. Oh, il ne va pas s’excuser, d’ailleurs il n’a pas à le faire, mais… s’il peut au moins en savoir plus sur la jeune femme qui vient de l’aider à se relever… Ses mains trouvent le contact de ce qu’il devine être son bonnet, ses gants l’aveuglant plus sûrement que sa cécité par bien des aspects, il murmure un merci à l’instant où elle répond à sa question sur l’animal. -Oui, Cerberus est mon chien. Un husky. Un husky. Bien. Comme le chien d’Aily. Que Razen a laissé filé ou, pour être de bonne foi et indulgent avec l’aveugle, qui lui a filé entre les doigts. Il est bien embêté, l’Anglais. Il est bien embêté, et il le serait davantage s’il n’avait pas une jeune femme toute aimable, toute gentille et toute gênée à exploiter, avec des yeux plus que fonctionnels qui plus est. S’il peut abuser de sa culpabilité ? -Oui, bien sûr. Razen sourit avec gentillesse. Voilà qui l’arrange bien. -Il s‘appelle comment ? Une race particulière ? Razen fronce les sourcils. Frissonne lorsqu’elle le touche, attrape son bras, très certainement dans le but de le guider. Ce qui en serait pas de refus. ”C’est un husky. J’imagine similaire au vôtre. Il s’appelle Bigorneau…” Razen a un sourire qui se raffermit sur ses lèvres. ”C’est le chien de ma fille.” Un sourire qui se trouble. ”Ma fille qui va me tuer si je ne le lui ramène pas… Bon sang mais quelle idée j’ai eue d’aller le promener alors que dans mon état, je serais bien incapable de le différencier d’un mouton…” Le ton de Razen est agacé, frustré et surtout, surtout exaspéré par sa propre bêtise. Quelle idée, oui…Et quelle idée aussi de s’en remettre autant à une illustre inconnue. La méfiance naturelle de Razen est endormie sous la neige, endormie sous des couches de vêtements qui le rendent vulnérables. Il brûle d’envie d’enlever ses gants et de chercher un contact pour comprendre qui est cette femme, mais il sait qu’il n’y aurait rien de plus suspect qu’un tel comportement.

Ses doigts grimpent à sa barbe pour la frotter et enlever la neige qui s’y trouve encore accrochée alors qu’il tente comme il peut de retrouver des points de repère en s’appuyant sur les sons, les odeurs et tout ce qu’il peut réussir à attraper avec ses sens encore fonctionnels. -Comment vous appelez vous ? Moi c‘est Rachael. Razen remonter ses verres teintés sur son nez. ”Hum ? Joli prénom ! Pour ma part, c’est Malcom” Un prénom pioché au hasard dans ses multiples identités, un prénom jeté sans trop y penser. Razen est bien trop rare, bien trop singulier à son goût pour qu’il ne s’hasarde à le laisser traîner dans les oreilles d’une personne qu’il n’a pas encore sondée. Et Malcolm est aussi le prénom de la carte d’identité avec laquelle il a fini par acheter l’appartement où Ailionora et lui se trouvent. C’est aussi l’un des prénoms qui lui confèrent la nationalité américaine. Tout un ensemble d’avantage. -Vous pensez qu‘il aurait pu aller vers les stands de nourriture ? Et cette troisième question, Razen ralentit, invite Rachael à faire de même de son côté.Vers les stands de nourriture ? ”C’est fort probable vue sa maîtresse… normalement, il a une laisse, et un collier qui doivent traîner derrière lui. Mais je ne vais pas pouvoir le décrire davantage...” Un soupir. Razen, lui, aimerait bien non seulement retrouver le clébard, mais en plus aller, lui, vers les stands de bouffe. Parce qu’un Townshend se nourrit de viande, de chaud et de gras. Surtout de gras puisque le gras, comme chacun le sait, c’est la vie. ”Est-ce que vous pouvez juste me décrire rapidement où on est, dans le parc ? Ce n’est pas que je sors rarement seul mais… pour tout dire… je n’ai plus la moindre idée d’où on est. Foutu chien.” Il prend son inspiration. S’écarte de Rachael pour libérer des mains qu’il met en porte-voix. ”BIGORNEAU, DUCON, AU PIED !” On sait jamais, sur un malentendu, ça peut marcher. Merci bien, Razen ne voit pas les regards que les passants peuvent lui jeter. ”Il est encore jeune, normalement. On l’a récupéré dans un refuge il y a deux semaines…” Aily va le tuer. Et lui va être obligé de la tuer, aussi, par principe.


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MessageSujet: Re: (Razael, xmas ) Snowflakes are kisses from heaven   Mar 31 Jan 2017 - 18:21

Snowflakes are kisses from heaven

-Votre fille ne vous tuera pas, puisqu‘on va le retrouver, ce Bigorneau.

Comment ça, elle se montrait peut être un peu trop optimiste ? Radcliff n‘était pas aussi immense que cela, de plus, elle doutait que l‘animal ne soit sorti du Marché de Noel. Du moins elle l‘espérait, parce que sinon, cela deviendrait nettement plus folklorique.

-Et puis, ça arrive à tout le monde de vouloir promener son chien.

Après tout, il n‘était pas si rare de voir des personnes aveugles posséder des animaux. Et ce genre de mésaventure, ça arrivait à tout le monde. Il suffisait de lâcher à peine prise sur la laisse. Ou que ces derniers aient une force suffisante pour vous filer entre les doigts. Le genre d‘expériences vécues un bon nombre de fois avec Cerberus.

-Enchantée, Malcolm.

Pas de mensonge. Même si elle comprendrait qu‘il ne le soit pas, lui. Ne l‘avait-elle pas envoyé tête la première dans la neige ? Mais l‘homme n‘avait pas l‘air de lui porter rigueur. Rachael ne tiqua pas au prénom, assimilant ce qu'il disait sans sourciller ni protester. Pourquoi mentirait-il sur ce genre d‘informations ?

-On doit être à trois minutes des stands de nourritures, ils sont vers notre droite. On se trouve quand même à une bonne distance de l‘entrée du parc. Je suis désolée, je ne connais pas bien l‘endroit, je viens tout juste d‘arriver en ville.

Deux minuscules semaines qui étaient passées affreusement vite. Et où elle n‘était que très peu sorti. L‘adrénaline avait fini par retomber. Raison pour laquelle la brune avait eu du mal à affronter l‘extérieur. A ne pas sursauter au moindre mouvement trop brusque. Sans compter les étourdissements dû à la fatigue qui s‘accumulait mais qu‘elle savait parfaitement dissimuler.

Lorsque le brun s‘écarta, elle le laissa faire, malgré la surprise face à l‘appel de son chien. Oui. Bon. D‘accord. Ca valait toujours la peine d‘essayer. Même si elle doutait de voir l‘animal réapparaître comme par magie. Son regard dériva sur Cerberus qui lui, restait parfaitement calme. Dire qu‘elle ne pouvait même pas lui demander son aide. Ca aurait été tellement plus simple. Sauf que la brune ne savait pas s‘immiscer dans les pensées de son husky pour lui faire comprendre chacun de ses ordres. Du moins, pas de telles demandes. Le canidé n‘avait jamais rencontré son comparse, alors pour le rechercher… Ce serait comme demander au ciel de devenir rose bonbon. Totalement irréaliste.

La vaccinée soutint le regard d‘un passant qui les dévisageait avec désapprobation. Elle avait beau avoir perdu de son assurance, ce genre de jugement continuait de l‘agacer passablement. Au point ou elle relevait le menton du haut de son mètre soixante, rendant la même expression hautaine qu‘on lui avait servi. Qu‘est ce que ça pouvait bien leur faire, hm ? Certes, la façon dont il appelait son chien n‘était pas vraiment orthodoxe,, et alors ?

-BIGORNEAU !

Pas sûr que le chien ne réponde à cette voix qui lui serait parfaitement inconnue. Seul le brouhaha habituel lui répondit. Bon…. Autant continuer à avancer. La brune s‘assura que "Malcolm" la suivait, en direction de la nourriture. Son regard continuait d'observer ce qui l‘entourait, attentive au détail. Jusqu'à ce qu'elle n'aperçoive un petit bout de laisse qui avançait joyeusement sur la neige.

-A droite, il n'est pas loin !

Sa main se glissa dans celle de son comparse avant de forcer légèrement le pas, en appelant à nouveau le fugitif. Qui semblait déterminé à s‘éloigner tranquillement, comme pour les narguer.

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MessageSujet: Re: (Razael, xmas ) Snowflakes are kisses from heaven   Dim 12 Fév 2017 - 19:43

Snowflakes are kisses from heaven

-Votre fille ne vous tuera pas, puisqu‘on va le retrouver, ce Bigorneau. Et puis, ça arrive à tout le monde de vouloir promener son chien. « Si vous le dites... » Il a un petit sourire crispé à cette phrase, le Razen, parce que cette jeune femme, aussi gentille et naïve qu’elle puisse lui sembler être, ignore la dangerosité d’une Townshend vexée, frustrée et flippée. Ce qu’Aily ne manquera pas d’être si elle découvre que son père a non seulement perdu Bigorneau, mais qu’en plus il n’a strictement aucune idée d’où il a pu partir, ce crétin d’animal. Crétin des Alpes, même, qu’il aurait pu le qualifier si les huskys n’avaient pas plutôt été les animaux de compagnie des lapons. Dans tous les cas... Ailionora va le tuer, et Razen en fait légèrement trop pour faire comprendre à la jeune femme l'urgence de la situation, d'une part, et le caractère in-dis-pen-sable de son aide d'autre part. Razen n'a pas seulement une conscience aiguë de tous les avantages que peut lui offrir son infirmité : il les exploite à outrance et dès que possible, surtout lorsqu'il est question d'exploiter la gentillesse d'autrui pour se simplifier la vie et se faire de nouveaux amis. Et de nouvelles amies, aussi. Surtout. Parfois.

Quoiqu'il en soit, il a envie d'en savoir plus sur elle, presqu'autant que de retrouver ce foutu animal. Sa peau protégée du froid est aveugle, sa mutation est bridée et entravée, son infirmité est omniprésente : il crève d'envie de retirer ses moufles et de saisir la main de Rachael en contact direct. Rachael. Joli prénom. Quant au sien... Razen ment. Il ment comme il respire, il ment aussi souvent qu’il mange, il ment lorsqu’il fait semblant d’être beaucoup plus diminué qu’il ne l’est en réalité, il ment lorsqu’il fait semblant d’être bien moins diminué qu’il ne l’est en réalité. Razen ment et il ment si souvent, depuis si longtemps, que parfois il en oublie de dire la vérité. Mais s’il ment, l’aveugle, c’est parce qu’il cherche à se protéger. A dresser des murs de mensonge entre lui et les autres pour que s’ils décident un jour d’en savoir plus sur lui, ils aient des couches et des couches à briser, et qu’ils en viennent à se perdre dans un labyrinthe de mensonges et de vérités avant de le trouver lui et ses flancs exposés aux agressions qu’il ne peut pas voir venir. Razen ment. Et il s'appelle donc Malcolm, aujourd'hui. -Enchantée, Malcolm.

L'aveugle soupire en tentant de faire un tour sur lui-même comme si la vue pouvait lui revenir vingt ans après sans crier gare et parce qu'il a le tournis. Les stands de nourriture sont une possibilité, mais il faut bien l'avouer : ils ne parlent que d'hypothèses, là. Et il ne sait même plus où ils se situent, dans quelle direction partir... il est perdu, le Razen. -On doit être à trois minutes des stands de nourritures, ils sont vers notre droite. On se trouve quand même à une bonne distance de l‘entrée du parc. Je suis désolée, je ne connais pas bien l‘endroit, je viens tout juste d‘arriver en ville. Un sourire indulgent, un mouvement, Razen lui fait comprendre que « Ce n'est pas grave, c'est déjà suffisamment pour que je me repère. » Ou presque. Au moins commence-t-il à retrouver des points de repère et ça, c'est déjà beaucoup. Pour un homme aveugle, Razen souffre d'une phobie relativement handicapante puisqu'à la seule idée de tomber, chuter ou trébucher, ce sont des sueurs froides qui le tétanisent. Et cette phobie, s'il s'en accommode en temps normal, revient douloureusement à la charge dès que son assurance se fendille pour une raison ou une autre.

Une assurance qu'il reconstruit à son rythme, et qu'il réaffirme dans un demi-sourire avant de mettre ses mains en porte-voix pour mieux hurler le nom de son animal, indifférent aux regards qu'il peut susciter et qui, de toute manière, ne peuvent pas l'atteindre. La réaction de Rachael, en revanche, excite toute son attention, de sa respiration, aux mouvements qu'il entend, en passant par le BIGORNEAU ! qui pose sur ses lèvres un sourire plus que satisfait et espiègle. Il a beau ne pas l'avoir sondée, il l'apprécie de plus en plus. « BIGORNEAU ! » renchérit-il avant que la main de Rachael ne l'invite à reprendre leurs routes. « Ca me semble bien mal barré, cette histoire... » conclut-il puisque de toute évidence, Bigorneau n'a pas encore jugé bon de réagir.

Razen affiche d'ailleurs un air soucieux, lorsqu'il commence vraiment à envisager de rentrer sans le clébard d'Aily. Il sait qu'il n'est pas un père exemplaire, il sait même qu'il est loin d'être un père un tant soit peu modèle, il sait encore qu'il ne sait même pas être un père potable, mais il aurait aimé au moins sauver les meubles sur des détails comme ça. « Bon... laissez tomber, je... » -A droite, il n'est pas loin ! Il sursaute lorsque la main de Rachael glisse dans la sienne, un sursaut qu'il transforme en assurant lorsqu'il resserre la poigne pour ne surtout pas la perdre. « Je vous suis ! »

Bien grand mot. Ils n'ont pas fait cinq pas à ce pas vif et rapide que Razen trébuche. Que son cœur s'arrête un instant avant de s'emballer de terreur lorsqu'il est incapable de retrouver son équilibre, qu'il s'écroule par terre sans un seul instant oser lâcher Rachael, pour mieux la faire tomber sur lui. Il est figé par terre, avec une douleur dans le poignet qui a encaissé une bonne partie du choc pour lui et ses terreurs d'enfant qui remontent à la surface. Il n'y a que la présence de Rachael – en train de l'écraser et qu'il refuse de lâcher – pour l'empêcher de pleurer de terreur. Charmant. Mais au moins, et il y réfléchit en se redressant très lentement et en se forçant à lâcher les doigts de la jeune femme qu'il a dû malmener dans l'opération, son poignet vraisemblablement foulé va lui servir de prétexte pour enlever ses gants. Ce qui ne serait pas du luxe. « Désolé, je... » Il a un petit rire nerveux. « J'ai trébuché, je n'ai pas vu sur quoi... courir ou marcher d'un pas vif avec un aveugle est toujours un défi des plus... Rachael, c'est votre chien qui vient de poser sa tête sur mes jambes ou c'est bien ce que je pense ? » Bordel, si c'est vraiment Bigorneau qui vient de rappliquer, Razen n'arrive pas à savoir s'il doit remercier le karma en le sacrifiant sur un autel ou s'il doit conspuer son destin avec violence. « Dans tous les cas, je crois qu'un café s'impose de plus en plus. » Et ce n'est pas peu dire.


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MessageSujet: Re: (Razael, xmas ) Snowflakes are kisses from heaven   Jeu 2 Mar 2017 - 14:38

Snowflakes are kisses from heaven

La chute lui arracha un petit cri de souris sous la surprise. La brune se crispa à l'attente de l'impact, sachant que le bitume ne serait pas le moins du monde accueillant. Sauf que le choc ne fut pas aussi violent que ce qu'elle ne l'avait pensé. Surtout à cause d'un corps qui avait amorti sa chute en bonne et due forme. Malcolm. Qui ne la relâchait toujours pas. La brune redressa légèrement le visage et piqua un fard, à califourchon sur le brun. L‘art et la manière de se retrouver dans une position gênante. Ce n‘était pas censé arriver que dans les films ça ? Ses doigts endoloris lui prouvaient malheureusement le contraire.

-Ca va aller ?

L‘inquiétude perçait dans sa voix. Toutefois, elle n‘osait pas vraiment bouger, attendant patiemment qu‘il relâche un peu sa prise. Mine de rien, elle en profita pour vérifier qu‘il n‘aient pas de blessures apparentes.

-Je suis désolée, je n'aurais pas dû vous faire accélérer.


Ca avait été totalement idiot de sa part, d‘ailleurs. Elle s‘en voulait, et pas qu‘un peu. Parce qu‘il avait dû se faire mal, le pauvre. D‘autant plus qu‘il lui avait amorti sa chute. Elle lui épousseta un peu sa veste avant d‘entendre une petite toux gênée non loin d‘eux.

Oui, Rachael. Ce serait bien de te redresser aussi. Et surtout, de ne pas rester sur lui comme ça. C'était embarrassant. Vraiment. La brune fut presque heureuse qu‘il ne puisse pas voir ses joues qui avaient viré au carmin. Elle tourna la tête pour tomber nez à museau avec un husky inconnu au bataillon. Cerberus, lui, se contentait de flairer ses cheveux et de tirer légèrement sur sa manche pour la pousser à réagir.

-Vous pensez bien, j‘ai l‘impression qu‘il s‘agit de Bigorneau.

A l‘entente de son nom, l‘animal porta son attention sur elle l‘espace de quelques secondes, effaçant les derniers doutes. Il s‘agissait bien du fugitif. Rachael se redressa doucement avant d‘aider Malcolm et de lui remettre la laisse.

-Oui, le café est plus qu‘impératif. Je vous dois bien ça après tous les soucis que je vous ai causé.

Elle glissa son bras sous le sein avec précaution, pour ne pas lui faire mal, puis se dirigea vers le café le plus proche. Ca leur permettrait de se réchauffer un peu au moins. Et elle pourrait se faire pardonner, aussi. Une fois sur place, elle soupira de bien être alors qu‘elle se retrouvait assez proche du radiateur. Si la brune avait l‘habitude du froid et le supportait bien, la neige fondu qui avait coulé le long de sa colonne vertébrale n‘était pas forcément agréable. De quoi lui promettre une bonne grippe dans les jours à venir si elle ne faisait pas attention.

-Vous voulez quoi comme café ? Corsé ? Assez doux ? Capuccino ?

La vaccinée énonçait tranquillement les possibilités tout en lisant la petite carte. Si elle aimait le thé, elle adorait tout autant le café. Toutefois, son choix fut assez rapide. Il y en avait quand même un peu moins de possibilités qu‘à New York.

Son regard se porta ensuite sur le poignet de son compagnon d‘infortune et elle fronça doucement les sourcils en voyant qu‘il ne le bougeait quasiment pas.

-Votre poignet… ?


Et de nouveau, elle se mordit la joue. Elle aurait peut être mieux fait de ne pas sortir. Ca aurait éviter à Malcolm d‘avoir une catastrophe ambulante sur les bras.

-Je peux regarder ?

La brune n‘était pas médecin, loin de là. Ces études ne l‘avait jamais intéressée. Par contre, elle savait reconnaitre si c‘était vraiment moche ou pas. Merci à son père et son frère qui l‘avaient de nombreuses fois embarqué avec eux dans la forêt pour pratiquer la chasse et la survie.


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MessageSujet: Re: (Razael, xmas ) Snowflakes are kisses from heaven   Sam 11 Mar 2017 - 21:40

Snowflakes are kisses from heaven
Razen n’aime pas tomber. Déjà parce que c’est désagréable, ensuite parce que personne n’apprécie se retrouver confronter sans préparation à l’une de ses phobies les plus intimes, aux dernières nouvelles du moins. Et les chutes, bien avant que sa mutation ne vienne lui ôter la vie, ont toujours constitué chez lui une angoisse tétanisante, qu’il n’était capable de surmonter qu’à grand renfort d’encouragement de la part de ses parents. Pas de vertige, non, pas de peur des hauteurs, non. Juste la peur de la perspective de chuter, sans contrôle, de dégringoler des pentes et des escaliers sans être capable de maîtriser son environnement et les coups, sans être capable d’interrompre la chute. Les cours de judo auxquels on l’a inscrit, dans lesquels on leur apprenait justement à se réceptionner, auraient pu fonctionner si seulement Razen n’avait pas fait de crise de panique à chaque fois qu’on leur demandait de chuter, justement. Des crises de panique allant de l’apathie et de la tétanie la plus complète à l’hystérie et les larmes d’un aîné terrifié. Pas de bons souvenirs. Et plus de trente ans plus tard, même s’il ne pleure plus à chaque perte d’équilibre, Razen n’aime pas tomber. Encore moins brutalement, encore moins en présence d’une inconnue, dans un lieu inconnu, pour une raison inconnue. Ses poignets encaissent brutalement le choc – autant pour les cours de judo – et la douleur lui vrille les os jusque dans les épaules. Un premier choc, contre le sol, un second presque immédiat, de la jeune femme sur lui. Deux chutes en moins d’une heure, les nerfs de l’aveugle sont mis à rude épreuve et cela se sent dans sa prostration. -Ca va aller ? La voix de Rachael est un repère, auquel il se raccroche immédiatement, sans oser la lâcher, ne la laissant s’échapper que lorsqu’elle se redresse. Il ne la suit pas dans son mouvement. Est-ce que ça va aller ? Il secoue la tête. « Juste un peu sonné » et c’est bien le cas de le dire. Juste un peu sonné, sonné suffisamment pour qu’il songe à s’excuser, à s’excuser comme pour mieux mettre en lumière la responsabilité directe de Rachael. -Je suis désolée, je n'aurais pas dû vous faire accélérer. Il a un sourire, et un haussement d’épaule. Et à nouveau un sourire un peu plus appuyé lorsqu’une toux gênée s’impose et qu’il prend réellement conscience de leur proximité, une fois la panique de la chute encaissée.

Une proximité qui ne saurait le déranger d’une quelconque manière : le contact de leurs visages, le contact plus que bref de leurs épidermes lui ayant renvoyé en surface ce qu’elle est. Une femme – même s’il s’en doutait plutôt – et une femme bien proportionnée, pour rester dans le physique. Une femme, aussi, dans ses espoirs, dans ses désirs, dans ses intentions et dans ses convictions. Une femme pleine de bonne volonté, douloureusement heurtée, qui relève la tête pour sortir d’un cocon protecteur, une femme aimable, une femme avec une histoire. Razen ne peut se targuer de la comprendre, ils n’ont été en contact direct que trop peu de temps, mais il a effleuré la surface, et la surface est belle, à ses yeux particulliers, une surface en qui il peut se fier selon sa première impression. Elle se redresse, se relève, le libère alors que l’attention de Razen dévie et l’interrompt dans sa phrase, pour mieux reporter ses sens vers l’animal stupide qui vient de poser sa tête sur ses jambes. Crétin. -Vous pensez bien, j‘ai l‘impression qu‘il s‘agit de Bigorneau. Razen se redresse davantage encore, envisage de s’appuyer sur son poignet – vraisemblablement foulé même s’il n’y connaît rien – et rend les armes devant la pointe de douleur. Il plie les doigts en grimaçant, se relève définitivement tout en ôtant ses gants. Lorsque Rachael glisse entre ses doigts la laisse, Razen l’identifie immédiatement, la fait glisser dans sa main gauche puisque la droite semble compromise. -Oui, le café est plus qu‘impératif. Je vous dois bien ça après tous les soucis que je vous ai causés. Un sourire, Razen doit se fier à son ouïe pour regarder à peu près dans la direction de la jeune femme. « Allons-y donc » fait-il, enthousiaste : il faut bien noter qu’il ne dément pas à un seul instant qu’elle ait pu lui causer du souci, hein. Ce serait si dommage de se priver d’un pigeon aussi bien disposé à son égard, surtout lorsqu’on parle d’un café offert et d’une discussion pour passer le temps. Et d’un œil supplémentaire pour surveiller Bigorneau. Un bras se glisse sous celui de Razen, qui se laisse faire, en profite pour chercher un nouveau contact, sans succès. Peste soit l’hiver et ces habits qu’il oblige à porter, à accumuler, peste soit le froid et tout ce qu’il pose en entrave aux mutations des honnêtes gens. Le mutant est prompt à s’agacer en pensée, mais son sourire ne quitte pas à un seul instant son regard pour autant. Peste soit de tout cela, et merci à la chaleur que le radiateur déverse sur eux au moment où ils franchissent la porte d’un café. Razen se laisse guider, sans chercher à réfléchir. Prudent, il sait l’être. Méfiant, il sait l’être aussi et peut être plus encore. Paranoïaque ? Juste ce qu’il faut. Mais là, ce qu’il a pu lire de Rachael ne l’a pas encouragé à tout cela, et ce simple fait lui suffit. -Vous voulez quoi comme café ? Corsé ? Assez doux ? Capuccino ? A leurs pieds, les deux chiens se couchent, respectueusement. S’il ne peut pas les voir, Razen se les imagine sans trop de difficultés, deux grosses boules de poils identiques et trempées par la neige… Il ouvre sa veste, ôte son écharpe, bref se découvre comme il faut sans mobiliser sa main droite, avant de répondre. « Un café assez corsé, ça sera très bien. De quoi réchauffer, surtout ! Ce n’est pas que se rouler dans la neige ne soit plus de notre âge, mais je comprends pourquoi on évite de le faire tous les deux jours ! Vous allez prendre quoi, vous ? » Il a un regard rieur, et un sourire amusé. Le combo gagnant, excepté que le tout grimace dès qu’il tente de bouger sa main. Et merde. -Votre poignet… ? Je peux regarder ? Un soupir, il n’hésite qu’une fraction de seconde avant de saisir ce qui est une opportunité sans pareille pour creuser sous la surface, comprendre Rachael en profondeur et extirper suffisamment d’éléments pour mieux envisager la suite. Se faire des amis est toujours une bonne chose, surtout lorsqu’on est un mercenaire aveugle et solitaire. « Bien sûr ! Vous êtes médecin ou infirmière ? Ou juste détentrice d’un brevet de premiers secours ? » Il affiche aussitôt un air contrit pour mieux faire marche arrière. « Oh, ça sonne comme un interrogatoire… ne le prenez pas mal, je suis juste un homme curieux… j’imagine que si vous proposez, c’est que vous avez des connaissances ou juste que vous pouvez voir plus efficacement que moi un bleu, une écorchure ou que sais-je… bref, je m’égare : dès que je bouge les doigts, ça me lance. En fait, le moindre mouvement est douloureux… je mise sur une foulure… » Il grimace, l’aveugle. Et cette grimace n’est pas feinte, loin de là.


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MessageSujet: Re: (Razael, xmas ) Snowflakes are kisses from heaven   Dim 21 Mai 2017 - 16:35

Un soupir de contentement lui échappa alors qu'ils arrivaient dans le café. Elle aimait la neige, bien sûr, mais elle si elle pouvait éviter d'attraper un gros rhume, ça ne serait pas de refus. Et même si elle le gardait sous silence, la brune était bien contente d'échapper au regard entendu de certains passants qui avaient vu leur chute. Si elle se fichait bien de ce qu'ils pouvaient penser, Rachael n'aimait pas attirer l'attention.

-Juste détentrice d'un  diplôme de premier secours et habituée  à ce genre de blessures.

En même  temps, vu l'historique familial... Son père  avait pris de les emmener en forêt  depuis leur plus jeunes âges avec son aîné. Et des deux, elle s'était  révélée la plus prudente et aussi celle qui possédait  l'équilibre le plus sûr. Alors elle ne comptait plus le nombre de fois où elle avait du s'occuper  des chevilles ou des poignets d'un frère  un peu trop impatient et casse cou.

-Ne vous en faite pas. C'est normal d'être  curieux. Quand c'est  des petites choses pas trop graves j'ai  appris à  les gérer  avec le temps.

Devenir maman l'avait formée. Surtout avec une petite fille aussi énergique  Que la sienne. Heureusement qu'elle  avait reçu  l'aide  de son aîné, tout de même. D'un  autre aussi, mais elle le chassa rapidement de son esprit. Ce n'était pas le moment de penser à Cameron. Clairement pas. Il lui avait volée quelque chose d'inestimable, et elle  n'était pas prête à lui pardonner.

Sa main remonta délicatement la manche pour qu'elle puisse voir les dégâts. Ça ne ressemblait pas à une fracture, ce qui restait un bon point en soi. Mais la chute avait quand même été  violente. Il avait du amortir leur poids combinés. Au souvenir de l'atterrissage elle retrouva une belle teinte rosée avec l'embarrassement.

-Ca n'a  pas l'air  cassé, même  si je pense qu'il  faudrait voir un médecin pour en être  sûr.

Rachael relacha son poignet, ne prolongeant pas trop le contact. Cela ne se faisait pas de s'accrocher au bras d'un  inconnu de cette façon, aussi charmant soit-il. Même s'il  ne pouvait pas le voir, elle lui rendait inconsciemment son sourire. Il dégageait  quelque chose de chaleureux.

-Je pense que je prendrai un chocolat chaud.

Enfantin ? Possible. Mais il s'agissait d'un  de ses péchés mignons. Et quoi de mieux que le chocolat pour se réconforter et se réchauffer ? Son regard s'attarda sur les différentes propositions de muffins avec envie, et elle se promit de revenir avec Hope. Sûrement le lendemain, rien. Ça leur ferait une petite sortie entre filles, en plus de Cerberus, bien entendu. La première  depuis leur fuite.

La Thomas passa leur commande à  un serveur avant de reporter son attention sur le brun. Sa curiosité  naturelle la titillait. Et elle devait se retenir pour ne pas poser mille et une questions, sachant parfaitement qu'elle  devrait y répondre  à  son tour. Une pente bien trop  glissante, surtout face à quelqu'un  qu'elle venait tout juste de rencontrer. Injustice, vraiment.

-Vous vivez à Radcliff depuis longtemps ?

Ca c'était  sauf comme question, non ? Pas trop intrusif ? Elle réapprenait à  être  sociable, et elle faisait attention à ne pas commettre de gaffes. Autant les conversations dans le cadre de son travail ne lui posaient aucun problèmes... Dans le milieu professionnel, elle marchait comme une machine bien huilée. Autant elle ne savait plus gérer  ce qu'il  se passait en dehors. De quoi lui faire tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Par crainte des réactions en face. La brune avait parfois l'impression  d'être  en décalage.
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MessageSujet: Re: (Razael, xmas ) Snowflakes are kisses from heaven   Mer 7 Juin 2017 - 20:52

Snowflakes are kisses from heaven
Ce qui est marrant, c’est de voir que Razen est encore de bonne humeur. Pourtant, tout semble s’être accumulé pour piétiner, écraser, étirer, malmener, faire disparaître son sourire agaçant. Il est tombé, et pas une mais bien deux fois, il a roulé dans la neige jusqu’à en avoir dans le cou, il a perdu son stupide chien - pardon, celui d’Ailionora - et pour finir l’énumération, son poignet le lance douloureusement depuis sa seconde chute, comme un petit mémo fait spécialement pour lui tapoter l’épaule et lui chuchote hé, coco, tu passes un aprèm de merde, hein ?. Alors oui, Razen a bien tout ce qu’il faut pour être de mauvaise humeur. Et, sans trop d’explication, il arrive quand même à rester enthousiaste, curieux et bavard. Le mercenaire s’installe dans le café, se déleste de toutes les épaisseurs qui l’isolent aussi bien du froid que du monde, prend ses aises et réclame un café, corsé, ce qui sera parfait pour le réchauffer et le réveiller dans un même temps. L’idéal. Et le meilleur moment pour en savoir plus sur sa tortionnaire et sauveuse en même temps. Un mélange explosif, doublé de tout ce qu’il a pu percevoir d’elle. « Juste détentrice d'un  diplôme de premier secours et habituée à ce genre de blessures. » Un sourire, Razen ne se fait pas particulièrement charmeur, juste sympathique. « Ne vous en faites pas. C'est normal d'être curieux. Quand c'est des petites choses pas trop graves j'ai  appris à  les gérer  avec le temps. » Un nouveau sourire, toujours plus ferme, toujours plus présent, toujours plus sincère. Voire de connivence. « Ah bon ?Maladroite, ou entourée de maladroite je présume ? » il rajoute même d’un ton rieur, tout en frémissant lorsque le contact s’établit et que des vagues de connaissances s’immiscent dans ses pensées sans vraiment d’ordre et de logique. Elle est comme ça, la mutation du mercenaire. Aussi capricieuse, aussi variable que la mer : elle vient par vagues qui s’écrasent contre les falaises de son esprit, noient le sable de ses pensées et se retire, puis revient avec force une fraction de seconde plus tard. Elle est comme ça, changeante, elle se teinte selon son humeur, lui souffle la douceur de Rachael, la délicatesse dont elle fait preuve en remontant sa manche. Elle est comme ça, sa mutation, elle est joueuse, elle apprend à Razen que Rachael est encore gênée par la chute provoquée un peu plus tôt, qu’elle s’en inquiète un peu, aussi. « Ca n'a  pas l'air  cassé, même  si je pense qu'il  faudrait voir un médecin pour en être  sûr. » Le tout en l’espace d’une respiration, d’un clignement de paupière. D’un soupir. Le contact disparaît, la présence envahissante de la jeune femme aussi, il faut toute la concentration du mutant pour ne pas retenir la main de Rachael dans une insistance qui pourrait paraître déplacée.

Aller voir un médecin ? La petite grimace chagrinée de l’aveugle, lorsqu’il s’attarde sur le conseil, est éloquente : « Moui, j’envisagerai ça… » Il en est absolument hors de question. Ce n’est pas que Razen n’aime pas les médecins, c’est qu’il a pour eu un avis qui oscille en règle générale entre le mépris et la condescendance. Un mépris et une condescendance nés tous deux de l’échec des multiples médecins qu’il a pu voir, à dix-sept ans, à mesure que sa vue déclinait, à mesure que les ténèbres gagnaient la bataille rangée et le condamnait à une cécité exécrable. S’il a appris à faire avec, à revendiquer son handicap comme une force et un avantage, Razen en veut aux médecins. Alors oui mais non, si son poignet n’est pas cassé, il l’enfermera dans une attelle et ce sera tout. Et ce sera bien suffisant.

Les doigts de la main indemne de l’aveugle tapotent sur la table à un rythme régulier lorsqu’il tend l’oreille, profitant d’un instant de silence, pour prendre un peu mieux connaissance du lieu. « Je pense que je prendrai un chocolat chaud. » Un chocolat ? « Excellent choix. » Tout à fait, excellent choix. Sait-elle que le chocolat est réputé pour ses propriétés dignes d’un anti-dépresseur et surtout ses capacités aphrodisiaques ? Il envisage de lui en faire part, mais elle le prend de court en relançant une conversation sur la pente descendante – sans mauvais jeu de mot, bien sûr, sans aucune référence à leur chute d’un peu plus tôt, bien sûr. « Vous vivez à Radcliff depuis longtemps ? » La relance, une question piège, attire sur les lèvres du mutant un sourire amusé.

Amusé de voir à quel point une question innocente, dans la bouche d’une autre personne, pourrait être une sérieuse agression contre l’intimité, l’indépendance, la sécurité du mercenaire. Depuis combien de temps est-il à Radcliff ? « Quelques mois, tout au plus. J’ai suivi mon frère, pour son boulot, il avait un contrat dans le coin. » Il a un doute, Razen, même s’il ne le montre pas. Son identité malcolm, a-t-elle un frère, déjà ? Oui, très certainement puisque c’est sous ce nom qu’ils ont loué l’appartement. Quoique… ils s’étaient déclarés comme étant en colocation ? Il a un doute, un sérieux doute, signe qu’il vieillit lui dirait Ailionora, ou signe, tout simplement, qu’à force de vivre derrière des paravents, il en a perdu le sens des réalités. De la vérité. De la simplicité présente dans l’honnêteté. Quoiqu’il en soit, tant pis, ce qui est dit et dit. « On vit ensemble, lui et moi, c’est plus simple, et comme il voyage pas mal, ça me fait voir du pays. » Il termine sa phrase sur un petit rire. Voir, voir du pays, c’est drôle, n’est-ce pas ? Non ? Et bien dommage, lui, ça le fait rire. « Et vous ? Du coin, en voyage, en vacances, perdue ? Vous êtes une vraie de vraie de Radcliff, ou une valeur ajoutée à la ville ? »


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Dernière édition par Razen Townshend le Lun 24 Juil 2017 - 11:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Razael, xmas ) Snowflakes are kisses from heaven   Dim 2 Juil 2017 - 23:55

Snowflakes are kisses from heaven

-Entourée de personnes maladroites, surtout.

Son ton devint rieur. Elle ne comptait plus le nombre de petites blessures qui avaient pu s‘enchaîner au fil des années. Son frère, puis ensuite certains amis. Et maintenant son petit trésor qu‘elle couvait en bonne mère poule.

La Thomas haussa un sourcil, curieuse. Le ton qu'il avait employé en disait long sur ses pensées.

-Vous n‘aimez pas trop les médecins ?


Plus une affirmation qu'une véritable question. Peut être qu‘elle venait de dépasser une limite. Qu‘elle commençait à empiéter sur la vie personnel de cet homme qu‘elle ne connaissait que depuis quelques minutes à peine. Elle se mordit la langue pour ne pas s‘excuser sur le champs. Il fallait qu‘elle se reconstitue son assurance. Et rapidement. Ca ne pouvait plus durer, toutes ces indécisions. La brune recommençait à s‘ouvrir aux gens, et le sourire amical de cet homme la confortait dans cette voix. „Malcolm“ était le premier avec qui elle tenait une conversation, sans que cela ne soit professionnel, au bout d‘un téléphone, ou un membre de sa famille.

La brune ne put s‘empêcher de rire avec lui. Oui, en effet, le jeu de mot était terriblement bien placé. Devrait elle détourner le regard et rester silencieuse ? Non. Pas quand il en riait de bon coeur et paraissait parfaitement à l‘aise. Elle n‘offrait pas de pitié, pas quand elle trouvait ça agaçant.

-Non, pas une vraie de vraie. Je viens tout juste d‘emménager dans le coin. J‘ai aussi pas mal bougé avant d‘attérir ici.

Mais elle taisait la véritable raison. Sa fuite qui ne cesserait que lorsqu‘elle serait certaine que Cameron ne viendrait pas toquer à sa porte, comme une fleur, pour rentrer de nouveau dans sa vie. Et tout envoyer valser, une fois de plus. C‘en était presque comique de voir à quel point elle pouvait craindre un homme qu‘elle avait adoré. Son ancien meilleur ami. Et pourtant, il était la seule et unique raison de son exil. Le fautif qui les avaient fait partir de leur foyer. Et elle ne cessait de remercier intérieurement certains de ses associés qui leur avaient permis de partir rapidement sans laisser de traces. Son frère qui aidait à brouiller les pistes aussi. Certaines fréquentations étaient à éviter, certes, mais elle avait su cultiver les siennes, rester dans les bonnes  grâces de ceux qui possédaient de tels moyens. Le tout en restant dans la légalité. Un jeu de funambule qui les avaient sauvées, elle et Hope. Mais elle ne pourrait pas se terrer éternellement. Ce qui au fond, était bien dommage. Elle savait qu‘elle n‘avait pas les capacités de se protéger face à un Hunter. Plus depuis sa vaccination qui l‘avait fragilisée bien plus qu‘elle ne l‘aurait pensé.  


-Ca fait longtemps que je ne suis pas venue ici. Au point ou je ne me rappelle plus des rues.

Plusieurs années s‘étaient écoulées, et l‘endroit lui avait paru parfait pour se terrer quelques temps. Pour le père de sa fille, en premier lieu. Mais aussi parce que personne ne viendrait la chercher dans un endroit aussi perdu que celui-ci. Un double avantage, sauf qu‘on ne l‘avait pas averti de la surpopulation de Hunters. Ils avaient dû l‘enlever des guides touristiques, visiblement. Ca devait faire mauvais genre.

L‘analyste remercia le serveur, et s‘empara de sa tasse avec un bonheur non dissimulé. Le chocolat… Son éternel amour. Celui qui réconfortait et donnait du courage.

-J'espère que le café vous plaîra...

Une façon comme une autre de savoir si on lui avait pardonné sa bêtise.
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MessageSujet: Re: (Razael, xmas ) Snowflakes are kisses from heaven   Dim 30 Juil 2017 - 1:23

Snowflakes are kisses from heaven
-Entourée de personnes maladroites, surtout. L’inquiétude, la douceur, le savoir-faire, l’habitude, le rire glissent le long de l’épiderme de Razen alors que le contact épidermique s’attarde. Il apprend, il comprend, il remarque, le mutant, sans pour autant être capable de lire dans des pensées. Une limite de sa mutation que l’on pourrait croire de taille mais qu’il a appris, très tôt, à négliger. Il comprend suffisamment de chose, le mutant, qu’il n’a pas besoin d’en savoir plus pour se rendre compte que non seulement, il y a définitivement beaucoup à tirer de Rachael mais qu’en plus, sa méfiance peut faire d’elle une personne extrêmement fiable. Un outil à double tranchant qu’il convient de manipuler avec le plus grand soin au risque de se couper profondément suite à une mauvaise manip’. Quoiqu’il en soit, maladroit ou non, outil ou non, le fil des pensées de Razen est interrompu par le verdict: pas de fracture, mais à voir. Et aller consulter un médecin ne serait pas de trop. Oui, mais… comment dire que non ? Razen n’aime pas les médecins, et il n’ira pas foutre dans les pattes d’un incapable un fric dont il a besoin, juste pour s’entendre dire que ce n’est pas fracturé mais qu’il serait plus sûr d’aller voir tel spécialiste etc. Ou pire encore : s’entendre dire d’une voix chargée de pathos que ça doit lui arriver souvent vu son handicap et que… Vous n‘aimez pas trop les médecins ? Un rictus crispé se veut sourire. “On va dire que dans toutes les professions, il y a des incapables, et que pour celle-là, pour le moment, je n’ai croisé que les incapables.” Razen n’aime définitivement pas ce corps de métier qui s’est avéré impuissant des années plus tôt lorsque sa vue déclinait et que tout ce qu’ils trouvaient à lui dire, c’était que c’était inexplicable. Il n’a guère envie de s’appesantir sur le sujet, il n’en a jamais eu envie à dire vrai : moins il les voit, mieux il se porte, fin de l’histoire.

Mieux vaut changer de sujet. Et pour changer de sujet, ils le font, au rythme des doigts de Razen pianotant sur la table. Au rythme de ses oreilles cherchant à bien imaginer son environnement. A se représenter la pièce, l’agencement des tables, les allers et venues des serveurs, de ce café déposé devant lui. Ce chocolat commandé par Rachael. Et la discussion qui se poursuit. S’il vit à Radcliff depuis longtemps. Bien trop à son goût mais pas assez pour qu’il puisse le clamer haut et fort cependant. Et elle ? Son rire est charmant, en réponse au jeu de mot dont il ne se lassera jamais, comme pour mieux raffermir sa position de force sur son handicap. Il est aveugle, oui, mais ce n’est pas une raison pour se mettre en PLS dans un coin et pleurer éternellement sur son sort. Au fil des années, Razen a transformé son handicap en force. Et il le revendique dans ce genre de remarque, se satisfait d’éveiller plus de rires sincères que de sourires gênés. -Non, pas une vraie de vraie. Je viens tout juste d‘emménager dans le coin. J‘ai aussi pas mal bougé avant d‘atterrir ici. Un sourire, Razen cherche sa tasse du bout des doigts et la lève, comme pour porter un toast. « Dans ce cas, trinquons à nos découvertes respectives de la ville, non ? » Découverte, oui mais non, elle le contredit presque immédiatement en éveillant son attention par le choix de ses mots. - Ca fait longtemps que je ne suis pas venue ici. Au point où je ne me rappelle plus des rues. L’aveugle prend le temps de boire une gorgée de café, de s’y brûler le bout de la langue dans une grimace. Un peu trop chaud, ce café, son organisme lui hurle la température exacte du liquide, la provenance du café, le dosage en sucre… il comprend tout, sans y songer. Et il comprend surtout que le café est à peine comparable à de la pisse de chat. Dommage. Au moins, il a la satisfaction de ne pas l’avoir payé, c’est déjà ça.

-J'espère que le café vous plaira... La voix de Rachael le fait sortir de ses pensées, il se rend brutalement compte que tout à son analyse de l’origine de la tasse, et des multiples craquelures invisibles à l’œil nu qui la parsèment, il en a oublié de répondre. Il en a oublié de parler. Il en a oublié où il se situait, avec qui il était. Il s’est laissé emporter par sa mutation, dans une perte de contrôle infime mais… déstabilisante par son caractère plus qu’inhabituel. Et donc… elle espère que le café va lui plaire ? « Il est particulièrement délicieux. Un subtil mélange d’eau croupie et d’odeur de déchetterie, un véritable régal » S’il aurait pu mentir ? Oui, bien sûr, mais ça aurait été une occasion de plus de jouer davantage encore avec la culpabilité de sa vis-à-vis et Razen déteste gâcher d’aussi beaux potentiels. Plus elle culpabilisera, plus – s’il joue finement – elle voudra l’aider, se faire pardonner. Sur la durée. Il aime avoir des contacts, le mercenaire, il aime avoir des cartes en main. Il aime, encore plus, avoir des amis, des connaissances, des pions à sacrifier si besoin, et des cafés offerts. « Mais l’intention et le fait que ce soit un cadeau le rende tout à fait comestible, rassurez-vous. Et vous, votre chocolat est-il à la hauteur de vos attentes ? » En espérant que ses attentes ne soient pas trop élevées : le pourcentage de cacao dans ce qu’il sent doit être inférieur à celui contenu dans des sushis lyophilisés. C’est dire. Mais bon. C’est dans l’adversité que les liens les plus forts se créent en général, non ? « Que faites-vous dans la vie, du coup, Rachael, si ce n’est pas trop indiscret ? J’aime me faire une idée de mes interlocuteurs à défaut de ne pouvoir les voir. Ça renforce ma mémoire, me donne une image à laquelle me raccrocher… » Et surtout, d’autres moyens d’en savoir plus sur son potentiel de carte à jouer. Alors, atout négligeable, non négligeable ?



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MessageSujet: Re: (Razael, xmas ) Snowflakes are kisses from heaven   Sam 23 Sep 2017 - 23:55

Snowflakes are kisses from heaven

-Alors je m’estime chanceuse de ne pas être médecin. Mais malheureusement, je ne peux rien affirmer pour votre poignet.

Seul le temps pourrait l’informer. Et s’il s’agissait bien d’une fracture, le brun ne pourrait plus bouger son poignet correctement. Pour le moment, il n’y avait rien d’alarmant. La Thomas recula ses mains, brisant le contact pour retrouver une distance plus polie.

-Je me renseignerai pour un meilleur café dans les prochains jours.

Son sourire pourrait presque s’entendre dans sa voix. Non, elle ne s’offusquait pas pour si peu, bien au contraire, l’humour de Malcolm la mettait de bonne humeur. Parce qu’il lui donnait cette impression de normalité. Qu’il ne la dorlotait pas comme si elle risquait de se briser à la moindre parole. Ce qui lui permettait aussi de retrouver des points de repères.

Rachael trempa les lèvres dans son chocolat mais grimaça doucement, déçue par le goût de celui-ci. Les boissons trouvées dans les stations-services des autoroutes possédaient plus de saveurs. Et cela n‘avait rien d‘un compliment.

-Pas vraiment. Je dirais… Un doux mélange d‘eau chaude avec un léger arômes de cacao. Le tout sucré à saturation dans l’espoir de faire passer le reste.

Même si ces mots s’avéraient plutôt sévères, sa bonne humeur ne disparaissait pas. Le fait que la boisson soit brulante permettait de réchauffer ses doigts encore bien glacés, et la brune n’allait pas se plaindre sur ce point. Même si un véritable chocolat viennois n’aurait pas été de refus. Eh bien, tant pis, elle en ferait un à la maison, la recette n’avait rien de sorcier.

-Non, ce n‘est pas indiscret, ne vous en faîtes pas pour ça.

Le fait que quelqu’un puisse associer son nom à son métier ne posait pas de problèmes. Il n’y avait aucun risque là-dedans. La plupart du temps, ses interlocuteurs changeait rapidement de sujet une fois qu’elle abordait des chiffres. La bourse ne passionnait pas le monde entier, encore moins les mathématiques.

- Je suis analyste financière. Beaucoup de chiffres, au final. La majorité des personnes ne sont pas vraiment fascinées par mon métier.

Une réponse assez courte, mais elle ne se voyait pas trop s‘étendre sur le sujet. Pour ne pas lui donner envi de s‘endormir au passage, surtout. Les histoires d‘un médecin ou d‘un pompier suscitait bien plus d‘attention que les siennes. Chose qu‘elle comprenait et acceptait plutôt bien. Rachael n‘en n‘aimait pas moins ce qu‘elle faisait, bien au contraire. Ce métier lui avait rapportée des relations non négligeables lorsque les clients étaient satisfaits. Des relations qui lui avaient aussi permis de quitter New York pour Radcliff, le tout, sans que Cameron ne puisse la suivre. Et malgré la distance, la vaccinée avait su garder ces liens intacts, continuant de gérer leurs dossiers entre différents coups de téléphones et mails.

-Et vous ?

La tête de Cerberus se posa sur ses genoux, lui rappelant sa présence, et qu’il désirait un minimum de son attention. Machinalement, ses doigts lui gratouillèrent le crâne, ce qui semblait le satisfaire pour le moment.

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(Razael, xmas ) Snowflakes are kisses from heaven

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