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 family issues (razalvin)

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MessageSujet: family issues (razalvin)   Jeu 12 Jan 2017 - 14:11

family issues
Alvin & Razen



C’est naturellement dans ces moments-là que Razen se rend vraiment compte qu’Alvin n’est pas là. N’est plus là. Oh, il perçoit son absence à chaque instant, dans tous ces petits détails qui étaient jusque là invisibles, dans ces constantes du quotidien soudain disparues, mais… mais Ailionora aide à remplacer un frère et un soutien, elle se charge de ce que le voyant de la fratrie faisait. Elle lit les courriers, elle lui retrouve ses clés, ses livres, ses marques pages… elle comble autant qu’elle peut, plus ou moins consciemment, le vide que le petit frère a laissé derrière lui. Mais lorsque Razen sort, lorsqu’on le contacte pour un contrat, une embauche, il se retrouve seul, l’aîné des Townshend. Désagréablement seul. C’est losrqu’il prend sa canne, qu’il sort de son appartement sans soutien, c’est lorsqu’il sent la neige se poser sur lui, lorsqu’il entend des sons légèrement assourdis par l’hiver, lorsqu’il sent l’agitation de la foule, qu’il se rend réellement compte que quelqu’un lui manque. Une fille ne remplace pas un frère. Une mutation ne remplace pas un frère. Rien, au final, ne peut remplacer un frère.

Surtout, bordel, lorsqu’on doit négocier des contrats avec des crapules; surtout, bordel, lorsqu’on est soi-même une crapule et qu’une cécité complète nous handicape bien plus que ce qu’on veut l’admettre. C’est lorsqu’il s’apprête à négocier les termes d’un contrat que Razen ressent le plus l’absence d’Alvin. Lire est hors de ses capacités, juger la sincérité d’un inconnu, au-delà de ses compétences, n’en déplaise à sa mutation. Alvin, lui… il est agacé, le Razen, il est agacé de voir que malgré toute sa mauvaise foi, malgré les mois et les semaines qui passent et le dépassent, il n’arrive pas, vraiment pas, à s’y faire et encore moins à avancer sur ce plan-là. Et en toute honnêteté - chose rare lorsqu’on parle du truand - il n’en a pas l’habitude. Sans être sa plus grande force, il a d’autres qualités le bougre, sa capacité à aller de l’avant lui a toujours ouvert les portes. Surmonter la mort de leurs parents, s’enraciner dans la conviction profonde qu’il fallait garder leur famille unie, ne pas regarder en arrière et s’affirmer dans le présent, oublier sa cécité et se battre pour la garde d’Alvin, oublier les difficultés financières et se jouer du système pour tirer son épingle du jeu… Razen n’a presque jamais regardé par dessus son épaule pour se plaindre ou fixer ce qui aurait pu être avec nostalgie et désespoir, avec envie et regrets. Mais aujourd’hui… bon sang, qu’il déteste ça. Qu’il déteste ce sentiment qui le pousse à remettre ses décisions, désormais ineffaçables, en question. Qu’il déteste cette culpabilité qui l’effleure, l’écorche et le lacère lorsqu’il y prête attention. Et qu’il déteste ce froid, ce silence, cette solitude aveugle dans laquelle il est enfermé.

Il a les mains crispés sur sa canne, l’aveugle. Il a les sens à l’affût, troublés malgré tout par le froid - il fait très exactement -2, avec un ressenti de -5 pour lequel il faut remercier ce vent qui ne cesse pas un seul instant, il a l’ouïe parfaite qu’un bonnet chagrine, tout en protégeant ses oreilles. L’homme est en retard, et Razen s’impatiente, appuyé contre le muret d’un mètre qui sépare le parking de la forêt. Ses mains sont aussi aveugles que ses yeux, ainsi enveloppées dans des gants. L’Anglais déteste l’hiver plus que jamais. Savoir le taux d’humidité de l’air, la température exacte au celsius près, le taux de pollution dans les flocons qui ont le malheur de tomber sur sa nuque, ça ne l’intéresse pas. Ce qu’il aimerait connaître, c’est l’heure. L’heure qu’un téléphone tactile ne peut lui fournir sans qu’il enlève ses gants, bien sûr. Il ronchonne, Razen. Et ça fait au moins vingt minutes qu’il ronchonne comme ça. Finalement, la neige crisse, un peu plus loin, sur ce parking dénué de tout passant. La neige crisse, derrière lui, s’approche. Et la démarche, la démarche… si la silhouette de Razen, de dos, peut être confondue avec une autre sans difficulté, invisible qu’il est dans une veste commune, une posture des plus communes et une canne pliée en quatre dans sa main, la démarche qui arrive… c’est l’écho d’un souvenir diffus. Un souvenir en lequel Razen n’a pas vraiment confiance. Un souvenir en lequel il ne veut pas non plus s’hasarder à croire. la coïncidence serait trop grande. Et le faux espoir trop douloureux. ”Vous êtes en retard.” Préfère-t-il, et de loin, remarquer dans un sourire. L’une de ses mains s’ôte de son gant, il fait semblant de consulter son téléphone, quinze-heures-vingt-sept articule soigneusement la voix artificielle, comme pour insister sur le rendez-vous, supposé être vingt-sept petites minutes plus tôt. ”Mais bon, rien de dramatique.”  Razen se retourne, appuie ses coudes au muret, essaye sans succès de s’imaginer. Bonnet, écharpe, lunettes, barbe, veste, gants, il a toute la panoplie de l’espion russe sous couverture: plus grand chose de son visage n’est exposé au vent et au froid. Et plus grand chose de son être ne peut laisser se déployer autour de lui une mutation aux limites aussi concrètes que diffuses. ”Oliver London, pour vous servir.”

Une mutation qui le pousse à comprendre qu’il y a quelque chose de louche. A moins que ce ne soit juste son intuition qui ne parle. Le contrat, proposé via les canaux habituels, une adresse mail factice, des noms tout aussi factices, n’est pourtant pas supposé être particulièrement ardu, ou risqué. Juste habituel.

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MessageSujet: Re: family issues (razalvin)   Lun 6 Fév 2017 - 13:52


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Radcliff, ça lui rappelait tout un tas de mauvais souvenir à Alvin. Il n’avait pas quitté cette ville pour rien. Il en avait eu le besoin et il s’était juré que jamais il ne remettrait les pieds dans le coin. A quoi bon de toute façon ? Radcliff, c’était un peu ce genre de trou du cul du monde, paumé en plein milieu du Kentucky. Une ville bien pourrie en plus. Il se souvenait des explosions qui avaient terrorisées la ville, il se souvenait de la quarantaine, du couvre-feu,  de tout ce qui avait rendu cette ville encore plus pourrie que ce dont elle pouvait avoir l’air, en apparence. Il se souvenait surtout de Tessa. Ce n’était pas ici qu’il l’avait rencontrée, non, ça avait été bien avant Radcliff, sur la route, quand il s’était rapproché d’elle, qu’il avait prétendu vouloir l’aider à l’époque où tout ce qu’il avait voulu, c’était le fric qu’on lui promettait pour la tête de la jeune fille. Et puis, il avait passé du temps avec elle, il avait appris à la connaitre, à l’apprécier et l’argent était devenu un détail dont il avait décidé qu’il pourrait se passer. Mais Tessa, elle avait trouvé le contrat dans ses affaires, alors elle était partie, elle s’était barrée et il l’avait laissée faire. Pourtant, il avait dit à Razen où elle se rendait et c’était comme ça que les Townshend s’étaient retrouvés dans la ville pitoyable de Radcliff. C’était ici aussi qu’elle était morte Tessa, alors même qu’il avait tenu à elle, qu’il avait voulu l’aider, qu’il l’avait aimée aussi. Un sentiment qu’il avait nié pendant trop de temps, parce que ce n’était pas son genre à lui, de tomber amoureux. Quel abrutit. Maintenant, il savait ce qu’il avait ressenti pour Tessa et de l’amour, il ne lui restait plus que des regrets et un cœur brisé, une douleur dont il ne savait pas comment se défaire.

Il avait la rancœur aussi, la colère, l’amère sensation qui venait avec la trahison de la personne en qui il avait eu le plus confiance au monde. Son frère, c’était dans les maudites rues de Radcliff, qu’il avait bris la décision de briser tout ce qui avait pu les lier. Parce qu’évidemment, ce n’était pas le fait qu’Alvin ait décidé de se barrer à l’autre bout du pays qui avait brisé les frères Townshend, mais bien cette décision à la con que Razen avait prise. Livrer Tessa au Wolstenholme et tout ça pour quoi ? Quelques billets verts ? Il espérait qu’il avait bien profité de son blé, l’aîné Townshend, parce que pour l’avoir, il avait signé la mise à mort d’une femme que son frère avait aimée. Il savait Alvin que Tessa ce n’était pas la première victime de la façon dont ils avaient choisi de vivre leurs vies et pendant des années et des années, Alvin, il n’avait pas ressenti le moindre regret à propos de tout ça. Il avait pensé qu’ils s’en sortaient comme il le pouvait, que c’était chacun pour sa peau dans ce monde de cinglés et que tous les deux, ils ne faisaient que ce qu’ils avaient à faire pour s’en sortir. Il avait eu tort sans doute et maintenant, il ne savait plus trop ce qu’il voulait de la vie. Il aurait voulu ne jamais revenir à Radcliff et pourtant, il n’avait pas eu le choix, il avait dû revenir, pour retrouver la mère de son fils et trouver une solution à tout ça, parce qu’il ne pouvait pas garder ce bébé. Il ne pouvait pas risquer de foutre une autre vie en l’air, parce qu’il était un pauvre type. Maintenant à Radcliff, il avait retrouvé Abigail. En bien des raisons, elle était ce genre de personne qu’il comprenait et qui pouvait le comprendre. Il n’avait pas l’intention de partir en la laissant tomber ; une conviction qui pourrait bien faner avec le temps, parce qu’il était beaucoup trop lâche Alvin et c’était si aisé de prendre la fuite au lieu d’affronter les problèmes.

C’était ce qu’il avait fait quelques mois plus tôt, c’était ce qu’il continuait de faire à présent, en évitant son frère depuis plusieurs semaines. A quoi bon aller le retrouver ? Il avait peur souvent que la seul chose qui ressorte de tout ça, ce soit le fait qu’Abigail soit celle d’eux deux qui ait raison. Qu’aux peines du cœur, il n’y avait qu’une seule solution : la vengeance. Mais Razen restait son frère et tout autant qu’y avait ce truc avec Ren qui faisait qu’il avait pu le menacer de toutes les façons possibles et imaginables, il ne l’aurait jamais tué ; c’était probablement encore plus fort avec Razen. Alors, il ne pouvait pas se confronter à son frère, pas maintenant. Jamais, peut-être. De toute façon, Tessa était morte maintenant, la discussion était close sans doute. Aujourd’hui, il avait cru qu’il répondait simplement à un contrat. Il travaillait habituellement avec Abigail, ou Rhaena, peut importait comment elle voulait se faire appeler à présent, elle restait Abigail pour lui. Malgré ce boulot qu’il avait, il avait tendance à penser qu’il pouvait élargir ses horizons, ça lui permettrait de se faire du fric et il en avait besoin, s’il ne voulait pas finir à nourrir le pauvre Rory à la bière plutôt qu’avec des biberons, probablement mal préparés, mais adaptés aux nourrissons.  Il l’avait reconnu de loin Razen et il avait eu l’intention de faire marche arrière, il aurait dû sans doute s’il n’avait pas eu quand même le besoin d’aller vérifier cette histoire de contrat, la fierté d’aller jusqu’au bout, peut-être l’envie aussi, d’être celui qui volerait ce fameux contrat à son frère. Après tout, qui irait donner un contrat à un aveugle, plutôt qu’à quelqu’un qui voyait très bien hein ? « J’suis toujours en retard. » Il haussa les épaules, c’était pas complètement faux, mais en même temps, il n’avait pas envie de raconter qu’il avait dû trouver une babysitter au dernier moment et que du coup, ça avait été compliqué. Il n’avait clairement pas envie de parler de ça, ou de Rory en général, avec Razen. « Soit dit en passant, ton imagination pour les pseudos semble s’être envolé en même temps que ta loyauté. » Peut-être bien qu’il attaquait directement. Mais il en avait bien le droit après tout, il était vexé en colère et il n’avait pas voulu se retrouver en face de son frère, c’était juste le destin, fallait croire, qui avait décidé de les réunir. Maintenant, fallait pas trop lui en demander, il avait pris sur lui quand il s’était contenté de tracer sa route, mais là en face de Razen, résister à l’explosion allait être compliqué.

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MessageSujet: Re: family issues (razalvin)   Dim 19 Fév 2017 - 21:37

family issues
Alvin & Razen



Razen comprend ce qui l’entoure. Il comprend ce qu’il touche, il comprend ce qu’il ressent, il comprend ce qu’il entend, il comprend, il analyse avec une acuité aiguë tout ce qui heurte ses sens, des sons aux odeurs en passant par les fibres que racle son épiderme à chaque déplacement, comme un rappel de la rugosité de ses vêtements. Il comprend le froid, il comprend le vent, il comprend, calcule, interprète et prévoit avec une rapidité qui pourrait être redoutable s’il ne la tempérait pas d’une légèreté exaspérante et une connerie à la hauteur de sa cécité dès lors qu’on entre dans le domaine de la sensibilité émotive ou de toutes les bêtises dans le genre. Razen comprend bien des choses. Mais pas tout, et il a tendance à l’oublier. Il n’est pas omniscient, il a juste une longueur d’avance sur les humains normaux. Et ces mêmes humains normaux ont eu aussi une longueur d’avance sur lui: Razen en est encore à se demander si son pressentiment et l’impression diffuse de familiarité dans la démarche de l’autre sont pertinents et surtout, comment les analyser qu’une voix résonne déjà et interrompt sa réflexion.

Une sacrée longueur d’avance, tout de même, que d’avoir des yeux fonctionnels. « J’suis toujours en retard. » Tous les muscles de l’aveugle se crispent, sa poigne se serre autour de sa canne et son dos se raidit. S’il a été incapable de reconnaître Alvin à son pas, sa voix en revanche est ancrée dans sa mémoire, gravée au fer rouge, raturée à l’encre indélébile. « Pas faux. » rétorque-t-il après un soupçon de silence, le temps de trébucher de surprise et de retomber mentalement sur ses pattes. Ses coudes sont appuyés sur le muret qui se dresse comme un rempart entre lui et Alvin, ses yeux vides scrutent les ténèbres à la recherche illusoire d’un visage dont il est bien incapable de s’imaginer les contours. « Soit dit en passant, ton imagination pour les pseudos semble s’être envolé en même temps que ta loyauté. » La mâchoire de Razen se crispe sous l’attaque frontale qui, à bien y réfléchir, ne l’étonne pas le moins du monde.

Sa loyauté ? L’aveugle reste silence, sans se départir d’un petit sourire. Oh, qu’Alvin croit ce qu’il croit, Razen est incapable de s’en vouloir. Vraiment. Il a cette certitude que s’il se mettait à douter, un jour, du bien fondé de ses décisions et de leur justesse, il ne s’en remettrait pas. Alors il préfère rester droit, se garder de s’attarder plus que nécessaire dessus et avancer. C’est juste con, au final, qu’Alvin soit incapable de faire ça lui aussi de son côté, mais… mais on ne peut pas lui en demander tant, de toute évidence, tout comme on ne peut pas exiger de Razen qu’il comprenne absolument tout des sentiments qu’Alvin avait pour cette petite pimbêche. Non ? « Je n’ai jamais argué être un expert en pseudonyme. » Tout comme il ne s’est jamais considéré comme particulièrement loyal non plus, et certainement pas envers ses employeurs, ses contrats ou encore des inconnus. Envers son frère en revanche… là est une toute autre question.

Une question que Razen ne compte pas aborder pour le moment, non merci: le piège le plus évident et qu’il faut à tout prix éviter serait celui de se justifier, comme s’il était en tort. Et inutile de dire que Razen lutte pour ne pas se justifier. Lutte à chaque seconde silencieuse, lutte à chaque mot pour ne pas avancer un j’ai fait ce que j’avais à faire qui signerait le glas de son assurance. « Je te croyais à l’autre bout du pays » Voilà une fuite comme une autre, loin d’excuses que le mercenaire crève d’envie de formuler mais contre lesquelles sa santé mentale et son orgueil se dressent avec férocité. « C’est pas très malin d’être aussi inconstant dans tes décisions, p’tit frère. J’ai déjà récupéré ta chambre et refait toute la déco. » Un mensonge, proféré sur le ton de la moquerie, sans même chercher à être crédible. La déco, qu’est-ce qu’un aveugle peut bien en avoir à faire ? « Dans tous les cas, puisque tu t’es rangé, si bien rangé, j’en déduis que c’est qu’une visite de courtoisie ? » Autrement dit, dégage Alvin si tu prévois d’empiéter sur mon territoire. La voix grave, soudain exempte de légèreté, de Razen ne laisse aucune place à l’interprétation et expose le sous-entendu sur un plateau d’argent.

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MessageSujet: Re: family issues (razalvin)   Sam 25 Fév 2017 - 15:48


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Partir de Radcliff, ça avait été la meilleure décision qu’il avait prise. Il n’en doutait pas Alvin, alors que tout avait semblé plus simple quand il avait pris sa voiture pour rouler jusqu’à New-York. Il le savait bien, parce qu’y avait bien des choses qu’il regrettait depuis qu’il était revenu à Radcliff. La ville en elle-même sans doute, parce qu’évidemment, ce n’était pas difficile de préférer une ville comme New-York à un coin paumée comme Radcliff. Mais là-bas en plus, il avait eu une certaine liberté qu’il ne ressentait pas dans les rues de cette petite ville, comme s’il était coincé ici, au beau milieu de tout ce qu’il avait pourtant essayé de fuir. Radcliff, c’était les souvenirs des histoires avec Tessa, la trahison de Razen, ce deuil qu’il avait bien du mal à porter. Il avait envie de repartir Alvin, mais il ne pouvait pas, pas tant qu’il n’avait pas retrouvé la mère de Rory et tant qu’il n’avait pas accompli sa mission auprès de Rhaena. Il avait encore des choses à résoudre ici à Radcliff, peut-être bien qu’en fuyant, il était parti beaucoup trop vite. Mais il en avait eu besoin et il se disait qu’il repartirait de nouveau, tout aussi rapidement, une fois qu’il en aurait fini avec tout ce qu’il avait à faire. Il avait de toute façon l’impression de ne plus vraiment avoir d’attache, ni ici, ni ailleurs, comme s’il avait déjà tout perdu au moment où Tessa était morte et que son lien avec Razen s’était brisé. Il se disait qu’au moins, loin d’ici, il avait peut-être de quoi se reconstruire une vie qui ressemblerait un tant soit peu à quelque chose, même si ça voulait dire finir tout seul comme un con à servir des verres au fond d’un bar pourri, dans le fond de toute façon, il n’avait pas plus d’ambition que ça.

Pour l’instant, il était encore à Radcliff, il avait encore besoin de manger et y avait encore Rory dans sa vie, qu’il ne pouvait pas se résoudre à juste abandonner dans un coin et on en parlait plus. Alors, il avait besoin de fric, mais se trouver un job stable à Radcliff alors qu’il était pris dans son contrat avec Rhaena, c’était difficile, évidemment, il ferait faux bond à n’importe qui, si Rhaena l’appelait en urgences, alors, il s’était dit qu’il pouvait bien prendre un autre petit contrat à côté, ça n’allait certainement pas lui faire de mal. Il s’était débrouillé alors pour trouver quelque chose d’intéressant, avant de se pointer au lieu de rendez-vous, en retard peut-être, mais au moins il était là et sans avoir un bébé sous le bras, ce qui forcément n’était pas plus mal. D’autant plus que sur tous les habitants de Radcliff, il avait fallu qu’il tombe sur Razen, bien entendu. Il aurait dû s’en douter dans le fond, ils avaient travaillé ensemble pendant tellement d’années que c’était évident, qu’ils seraient intéressés par le même contrat. Qu’importait, maintenant qu’il était là, il n’avait pas l’intention de juste rentrer chez lui comme si de rien n’était. Même si c’était son frère qu’il avait en face de lui et qu’il n’était clairement pas motivé à l’idée de ne passer ne serait-ce que cinq minutes avec lui. Au moins, il pouvait encore se dire que comme il était en retard, la personne ayant lancé ce contrat – qui l’était aussi de toute évidence – ne devrait pas tarder à arriver. Il fallait que ce type qui qu’il soit se dépêche, que tout ça puisse se terminer et qu’Alvin puisse retourner vaquer à ses occupations, loin de son frère aîné. Depuis que ce dernier était entré dans son champ de vision, il sentait son cœur battre avec force contre sa poitrine, animé par la colère et la rancœur, qu’il portait en lui depuis des mois et des mois maintenant.

« Encore heureux. » Qu’il répliqua à la remarque de son frère. Heureusement, qu’il n’avait jamais prétendu être bon pour trouver des pseudos, parce que clairement, celui qu’il venait de lui sortir était tout pourri. Enfin qu’importait après tout, Razen pouvait bien se faire appeler comme ça lui chantait, ce n’était pas son problème à lui. « J’y étais. New-York, une superbe ville. » Il haussa les épaules, Razen devait bien le savoir que de tous les coins du monde, ceux qui intéressaient le plus son frère c’était les grandes et imposantes villes. Peut-être qu’il aurait parié sur Las Vegas ou Los Angeles avant New-York cela-dit. Alvin lui-même, avait d’abord pensé à ses deux villes avant de finalement partir à l’opposé. « J’ai deux trois trucs à régler ici, t’en fais pas, je repartirai après. Fais en ce que tu veux de ma chambre, y a plus de chance que je dorme dans ma voiture plutôt que je revienne dedans. » Vivre avec son frère, ça avait pourtant été facile, pendant des années et des années, mais maintenant, ce n’était même plus envisageable. C’était la faute de Razen, évidemment. Fallait pas livrer Tessa, alors même que son frère lui avait explicitement dit qu’il ne voulait pas faire une chose pareille, qu’il avait envie de la protéger Tessa, de l’aider. Qu’est-ce qu’il s’était dit, au moment de livrer Tessa, Razen ? Que son cadet avait juste pris un sale coup sur la tronche ? Qu’il délirait mais qu’il oublierait bien vite tout ça ? Si tel était le cas, il était clair que Razen ne le connaissait pas du tout. « Nop, j’ai besoin de ce job, désolé pour toi. » En vérité, il n’était pas désolé, au contraire. Il savait qu’y avait plus de chance pour qu’il obtienne se contrat, parce qu’il avait des qualifications physique que son frère n’avait pas. Il voyait au moins, c’était quand même un atout considérable et avec un peu de chance, s’il évoquait le nom de Rhaena quelque part dans la conversation, il aurait encore plus de chance, après tout, la brune, elle était pas mal connue dans la pègre du coin, alors, travailler pour elle, il semblait bien aux yeux d’Alvin que ça pouvait être un sacré coup de piston. Il avait bien l’intention d’en profiter, après tout, là, maintenant, rien ne lui ferait plus plaisir que de voler un contrat à son frère, c’était puéril peut-être mais c’était probablement mieux qu’une vengeance en bonne et due forme.

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MessageSujet: Re: family issues (razalvin)   Dim 5 Mar 2017 - 11:22

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Razen fait partie de ces gens qui sont, en règle générale, toujours heureux de croiser un membre de leur famille, qu’il soit plutôt proche ou éloigné. Et pour cause : Razen n’a d’autre famille connue que ses deux frères et sa fille. Difficile de faire plus proche et plus immunisé contre les rancœurs familiales, n’est-ce pas ? Et pourtant… et pourtant. La tension est palpable à l’instant où il prend conscience que la personne qui vient d’arriver sur ce parking et qui vient, elle aussi, pour négocier un contrat tout particulièrement illégal et juteux, comme il les aime tant ; à l’instant où il prend conscience que cette personne est son petit frère. Alvin. En retard, pour changer. Très en retard, d’ailleurs, lorsqu’on repense au fait qu’il a quitté la ville depuis bien des mois maintenant. Razen se redresse, Razen se crispe, Razen se concentre pour conserver l’apparence de l’aveugle nonchalant qu’il affectionne tout particulièrement. Dans sa poitrine, son cœur bat à toute allure, incertain quant à l’attitude à tenir face à son cadet. Ren est en prison, Alvin était parti : la famille Townshend, noyau dur, a volé en éclats et… et il ne reste plus rien à reconstruire. Des regrets ? Razen en a mais il les ignore avec un excellent savoir-faire, connu et reconnu, en la matière. Ses yeux vides scrutent les alentours, sont guidés par la voix et le badinage dans lesquels ils s’enferment. Par lequel ils se tiennent à distance, plus ou moins. Ta loyauté. Comme si Razen avait un jour prétendu être un expert en pseudonyme. Comme si la loyauté avait quelque chose à voir dans ce qui les avait séparés. Une femme. Une mutante. Une petite pétas… « Encore heureux. » Razen sourit, mais d’un sourire de façade, allant de paire avec sa décontraction. Il n’est pas en tort, et pourtant il se sent coupable, d’une culpabilité qui presse sur ses épaules, presque autant que sa colère face aux récents événements. Il a envie de se justifier, mais se justifier serait ouvrir la porte aux remords, à la remise en question et, très honnêtement, il n’a pas le temps pour ça. S’il l’a jamais eu. Il a envie de s’expliquer, il a envie de remettre le sujet sur le tapis mais, étrangement, le grand frère ne s’en sent pas le courage. Il ne s’était jamais senti capable d’être lâche, à moins qu’il n’ait jamais osé voir qu’il l’était – autre possibilité plus que plausible mais pas beaucoup plus réjouissante. Quoiqu’il en soit…

Razen lutte, une fraction de seconde, pour trouver un autre sujet de conversation. Neutre, presque sans risque, et pourtant informatif. Oui, très informatif. Trop. « J’y étais. New-York, une superbe ville. » Un sourire railleur trouve son chemin sur les lèvres de l’aveugle qui ne peut pas s’empêche de commenter par un « Avec des jeux de lumière particulièrement fascinant, n’est-ce pas ? » placé là plus pour faire du bruit que par réel intérêt. Et aussi, il faut se le dire, dans l’idée de semer à nouveau les graines d’une complicité asséchée, déshydratée, tombée en poussière. Qu’est-ce qu’Alvin fait dans le coin, compte-t-il rester ? La suite logique des questions ne se fait pas attendre. Tout comme les réponses. « J’ai deux trois trucs à régler ici, t’en fais pas, je repartirai après. Fais-en ce que tu veux de ma chambre, y a plus de chance que je dorme dans ma voiture plutôt que je revienne dedans. » Un coup de poignard n’aurait pas été plus douloureux que ces quelques mots dont Razen se serait bien passé. Il garde la tête droite, il garde son petit sourire, mais sa mâchoire se contracte, ses poings se serrent. « Je vois… » Razen utilise à dessein cette expression particulièrement ironique entre ses lèvres ; il voit sans voir, il comprend sans comprendre, il accepte sans accepter. Assume-t-il, aussi ? Non, bien sûr que non. « Tant mieux, j’en avais assez de ton linge sale et de ton clébard. » rajoute-t-il sur une voix un peu plus enthousiaste. Au moins a-t-il encore le mensonge et son don dans le domaine pour donner le change, c’est déjà ça. Il lui reste au moins ça.

Tout comme il lui reste son travail, autre domaine d’expertise d’une certaine manière. Un domaine d’expertise dans lequel Alvin vient lui marcher sur les pieds. Et sa voix ne laisse aucun doute à ce sujet lorsqu’il l’aborde, d’une voix grave, dénuée de cette légèreté qu’elle avait pourtant un peu plus tôt. Qu’Alvin ait fait une croix sur son grand frère, soit ; qu’il ait fait une croix sur Radcliff, soit. Mais qu’il revienne pour faire cavalier seul… c’est un peu plus délicat. « Nop, j’ai besoin de ce job, désolé pour toi. » Un claquement de langue agacé, Razen se redresse véritablement, détache ses coudes du muret sur lequel il s’appuyait pour mieux y poser les paumes de ses mains. « Tu en as besoin ? Et pour quoi, au juste ? Pour payer ton loyer ? Allons… tu toi qui clamer vouloir faire autre chose, monsieur je-veux-arrêter, monsieur parfait, monsieur je-me-casse-pour-un-petit-chagrin-d’amour-ridicule ! » Razen grimace, en se rendant compte qu’il a parlé trop vite. Ça ne lui ressemble pas, déjà, et ça n’était clairement pas la chose à faire, ensuite. Un claquement de langue, Razen céda plus vite que prévu. « Casse-toi d’ici, Alvin. De deux choses l’une : soit tu es revenu pour me faire chier, auquel cas je te conseille de me le dire franco, soit tu es revenu pour une autre raison et dans ce cas-là va te chercher des contrats ailleurs. » Le grand frère est là, dans son ton, dans sa posture, dans tous ses traits à défaut d’être dans son regard. « C’est dans ton intérêt autant que dans le mien. Donc quand celui qui a lancé le contrat se décidera à se pointer, tu te désengageras, compris ? » Ou Razen se désengagera, au choix, même s’il sait que ça le fera monstrueusement chier. Il ne veut pas s’opposer à Alvin. Il ne peut pas s’opposer à Alvin.

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MessageSujet: Re: family issues (razalvin)   Dim 26 Mar 2017 - 18:28


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Alvin, il serait bien volontiers resté à New-York, si on était pas venu lui collé un bébé dans les pattes. Ouais, c’était son fils et en toute logique, il devrait assumer son rôle de père, essayé de faire les choses bien pour son fils. Sa vie avait été stable au moins à New-York, il avait eu un job dans un bar, il avait eu un appartement, un revenu mensuel et une vie qu’il essayait de faire de façon tout à fait banale, comme d’importe qui d’autre sur cette planète. Mais un enfant, ça avait été trop pour lui. Il avait cru à une époque, qu’il pourrait assumer, mais il avait bien vite réalisé que c’était loin d’être le cas. Il n’était qu’un pauvre gars qui ne savait qu’à peine comment gérer sa vie, comment est-ce qu’il pourrait gérer celle d’un autre humain ? Il pouvait au moins se dire que le bébé mangeait à sa faim, qu’il s’en occupait du mieux qu’il pouvait, même si ça voulait dire qu’il devait changer les couche, le laver, l’endormir le soir, ou plusieurs fois dans la journée quand il devait faire sa sieste. Il ne le délaissait pas comme s’il n’en avait rien à faire. Le fait était qu’il ne s’en fichait pas de ce bébé, au contraire, il avait l’impression d’essayer de faire ce qu’il y avait de mieux pour lui et prendre sa voiture, quitter New-York pour rejoindre Radcliff, afin de pouvoir retrouver la mère du petit, qu’elle le reprenne, qu’elle s’en occupe elle, plutôt que lui, il était persuadé que c’était la meilleur chose à faire pour Rory. Pourtant, il essayait de ne nier – probablement de la même façon qu’il avait nié ce qu’il ressentait pour Tessa – mais il l’aimait ce bébé et s’en séparer, ça allait forcément lui briser le cœur, mais c’était impossible pour lui de se dire que ce gamin avait une chance d’être heureux, avec un père comme lui.

Alors il avait quitté New-York et bien évidemment, il le regretter, même s’il devait bien admettre que retrouver Abigail dans les rues de Radcliff, ça avait été un véritable soulagement pour lui. Elle avait changé, elle était froide, déterminée, poursuivie par le chagrin et rongée par les envies de vengeance, mais elle était pour lui un point de repère dont il avait besoin ces derniers temps. Qu’elle s’appelle Abigail ou Rhaena, ça ne changeait pas grand-chose aux yeux d’Alvin. « Ouais et c’est sans parler des nombreux musées, c’est fascinant. » S’il fallait faire genre de s’intéresser à New-York autant le faire jusqu’au bout. Il pouvait même dire qu’il était entré dans certains de ces fameux musées New-Yorkais. Certes, ça avait été pour une fille qu’il avait fréquenté quelques temps, mais qu’importait, il avait fait l’effort de mettre les pieds dans un musée. C’était pas à Radcliff qu’il ferait ça, de toute façon, il n’avait pas l’intention de rester indéfiniment. Il se disait qu’il pouvait régler ses affaires, aider Rhaena et repartir bien vite et ce sans avoir besoin de son ancienne chambre. « Tant mieux, je préfère la colocation avec mon chien de toute façon. » Il haussa les épaules. C’était plutôt vrai en ce moment, au moins, son chien, il n’avait pas causé la mort de la fille dont il avait été amoureux, indéniablement c’était un bon point pour le chien. Ils étaient bien après tout, tous les deux, juste son chien et lui, et franchement, promené son chien en laisse dans la ville de New-York, il avait vite remarqué que c’était un moyen de drague complètement inattendu, il n’avait pas pensé se faire aborder par des filles parce qu’il avait un chien, mais c’était carrément efficace ; comme quoi, le chien, c’est mieux que le frère, mieux que Razen.

Il n’avait jamais douté que les choses finiraient par se compliquer rapidement s’il se retrouvait en face de son frère, ce n’était pas pour rien qu’il avait quitté la ville, qu’il n’avait pas voulu se confronter à Razen, il savait que c’était mieux comme ça. Il en était d’autant plus convaincu alors qu’il sentait ses nerfs commencer à le titiller dangereusement à la suite des propos de son aîné. Il ne savait vraiment pas de quoi il parlait, il ne comprenait vraiment rien et dire qu’il avait un don pour ça normalement, tout comprendre. Fallait croire que dès lors que ça dépassait son simple don Razen, il était juste paumé. « Ouais, j’ai besoin de fric pour payer mon loyer. » Pour s’occuper de son fils aussi, pour s’occuper tout court parce qu’il n’avait pas la force de juste tourner en rond, pas dans cette ville. « Chagrin d’amour hein ? » Il sentait que déjà le son de sa voix augmentait, alors que la colère prenait peu à peu le dessus. « Un chagrin d’amour c’est quand on se fait larguer par une meuf parce qu’elle a trouvé mieux ailleurs ! » Un exemple parmi tant d’autre, dans le fond, des chagrins d’amour, il n’en avait pas connus beaucoup, alors qu’il avait passé plus de temps à écumer les lits qu’à s’engager dans quelque chose de concret. « Elle est morte bordel ! Elle s’est pas juste barrée parce qu’elle en avait marre de moi. Elle est morte, parce que tu as décidé que sa vie valait bien un beau chèque à encaisser ! » Alors qu’il ne vienne pas lui parler de chagrin d’amour, en vérité, qu’il ne vienne pas lui parler tout court, franchement ce serait mieux. « J’t’avais demandé de pas l’faire, Razen ! » Alors est-ce qu’il était fou quand il avait l’impression d’avoir été trahi ? Il avait demandé à son frère, la personne en qui il avait le plus confiance, de laisser tomber ce contrat, mais Razen, il n’en avait rien à faire de ce que son frère voulait et maintenant Tessa était morte. « Arrête de penser que t’es le centre du monde. J’ai vraiment mieux à faire que de traverser la moitié du pays juste pour te faire chier. » Nan, Alvin, au contraire, il aurait juste voulu ne pas avoir à croiser son aîné, mais dans une ville comme Radcliff, il aurait dû se douter que c’était vraiment trop demandé. « Va te faire foutre, cette ville t’appartiens pas, j’fais c’que veux et j’ai pas l’intention de faire marche arrière juste pour te faire plaisir. Après tout, écouter les volontés de son frère, c’est pas important, nan ? » Sinon, peut-être que Tessa serait encore vivante. Mais Razen, il avait décidé de ne pas écouter son cadet, alors franchement, est-ce qu’il devrait être surpris de le retrouver dans cet état hein ? Dans le fond, s’il le connaissait assez bien – ce dont il doutait à présent Alvin – ce qui devrait le surprendre à l’heure actuelle, ce serait de ne pas s’être encore pris un coup de poing dans le coin du nez.

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MessageSujet: Re: family issues (razalvin)   Sam 8 Avr 2017 - 17:05

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Razen est présentement incapable de savoir si, au bout du compte, il est ravi d’avoir foutu les pieds à Radcliff ou s’il le regrette amèrement. Oh, il a bien fini par empocher le fric du contrat offert par Wolstenholme, ouais, mais dans l’affaire, il a perdu Alvin. Oh, il est bien content, aussi, d’avoir retrouvé la trace de Ren, d’avoir pu parler à son petit frère, renouer avec lui dans la joie et la bonne humeur - ahah, riez braves gens - mais si c’était pour le perdre juste après, et presque définitivement, et bien il n’est pas sûr que ça en valait vraiment la peine. Et oh, enfin, il est encore plus heureux de s’être pris une fille de dix-sept ans dans la figure et de devoir la gérer alors qu’elle est presque majeure, il est aussi heureux d’apprendre à la connaître surtout qu’elle n’est pas très encombrante mais, dans l’affaire, il en vient parfois à se demander si le simple fait qu’ils soient au même endroit l’un et l’autre ne risque pas de la foutre encore plus en danger qu’avant. Être père, ce n’est pas la même chose qu’être un grand frère. Alors voilà : Razen a pas mal de points dans la colonne “Radcliff c’est top”, mais il en a tout autant dans celle judicieusement intitulée “Radcliff, ça craint” et même s’il y songe presque toutes les nuits pendant ses insomnies, il n’arrive pas à savoir si Radcliff lui aura vraiment apporté des bonnes choses, en définitive, ou trop de merdes pour que le déplacement ait été rentable.

Razen, au fond, serait bien volontiers resté loin de tout ça. Il n’a jamais aimé les emmerdes, contrairement à ce qu’on peut croire. Il n’a jamais été friand des embrouilles. Razen aime contrôler les choses. Il aime ne pas se prendre la tête, ou du moins ne se compliquer la vie que lorsqu’il le désire vraiment. Même s’il a pris goût au fric, à l’usage complètement éhonté et abusif de sa mutation et aux avantages qui tourbillonnent autour de ça, Razen se doit d’être honnête et d’admettre qu’en réalité, il n’est pas l’homme le plus fier au monde du train de vie qu’il mène actuellement. Il a composé sa vie avec la main pourrie qu’il avait au départ, il a posé ses cartes petit à petit, a triché dès que possible pour s’en sortir mais parfois, il se demande s’il n’aurait pas plutôt dû jouer au dé plutôt que d’accepter ce blackjack dangereux. S’il s’en sort jusque-là, rien ne dit qu’au prochain tour de barillet, la roulette russe ne fera pas exploser sa cervelle. Déjà, Ailionora risque de ne pas pouvoir participer aux prochains JOs comme elle le souhaite parce que jamais Razen n’acceptera d’être potentiellement au-devant de la scène si elle se démarque ; déjà, Ailionora risque sa vie à chaque faux pas qu’il fait et à traiter avec les crapules et bien… Razen en est devenu une. Une foutue crapule. Un foutu connard aussi. Et dans un sens, Alvin n’est pas beaucoup mieux. Il aurait bien aimé qu’Alvin reste à New-York, il aurait bien aimé qu’ils y aillent tous les deux. Il aurait bien aimé ne jamais trouver en son petit frère, son loyal petit frère, son partenaire, son soutien, un adversaire. Le sourire que Razen a pu aborder jusque là n’était qu’un sourire de façade. Un sourire poli, un sourire amusé, un sourire railleur. Qui se transforme petit à petit pour durcir le visage et les traits du grand frère. « Ouais et c’est sans parler des nombreux musées, c’est fascinant. » Les musées, mais bien sûr. Razen ne se départit pas de son sourire, ça non, il l’affirme même un peu plus. Fous-toi de sa gueule, Alvin, mais s’il y a bien une personne au monde que tu ne tromperas pas, c’est bien ton grand-frère. « Bien sûr, tu as toujours aimé rentrer dans les musées. En visiter chaque recoin. » Qu’Alvin y voie un double-sens salace s’il en a envie, c’est fait pour. Les musées, les jeux de lumière, ce ne sont que des gouttes d’eau potable jetées à la mer, Razen n’en a rien à faire, il ne pourra plus jamais en profiter. Et ça ne lui manque pas. Ça ne lui manque plus depuis des années. En revanche, Alvin, lui… il lui manque. Chaque jour, l’aveugle ressent l’absence de son frère, dans tout un tas de petites choses. Ailionora a beau être pleine de bonne volonté, elle oublie encore de ne pas bouger les meubles, elle n’a pas le réflexe inconscient de lui tendre ce qu’il cherche sans qu’il ait un mot à dire.

Alvin lui manque, quoiqu’il puisse en dire. Tant mieux. « Tant mieux, je préfère la colocation avec mon chien de toute façon. » Razen continue à afficher un sourire et une voix enthousiaste. Des années de comédie, des années de faux-semblant pour coller aux attentes de ceux qui lui font face, en fonction de ce qu’il a pu savoir d’eux, comprendre d’eux. Sauf que, ironie du sort, il ne comprend pas son frère. Il n’est voué qu’à poser des hypothèses, parce qu’il s’est toujours interdit de fouiller dans la personnalité d’Alvin, il s’est toujours interdit de fouiller dans l’intimité de son frère, avec une distance pudique qu’il s’est imposée dès les premières heures. Même Ailionora n’a pas droit à autant d’égards. Il ne fera pas deux fois la même erreur, s’est-il dit. Alvin est une boite noire. Alvin est un trou noir, fascinant aux sens du grand-frère mais interdit. Un trou noir dangereux, un trou noir qui est tombé amoureux d’une géante rouge, un trou noir qui a consumé leur galaxie.

A moins que dans l’affaire, Razen ait été le trou noir. J’ai besoin de ce job, la diversion vient à point nommé et Razen se redresse, comme piqué au vif. Besoin d’un job, c’est amusant. « Ouais, j’ai besoin de fric pour payer mon loyer. » Un rictus amusé déforme le sourire de Razen, un rictus qui en dévoile bien plus que prévu : qui dévoile tout le mépris et le dédain qu’il peut ressentir. Comme s’il était le seul à avoir besoin de fric pour un loyer. La colère commence à faire surface. Le fait parler trop vite. Le ton, lui, augmente. « Chagrin d’amour hein ? Un chagrin d’amour c’est quand on se fait larguer par une meuf parce qu’elle a trouvé mieux ailleurs ! Elle est morte bordel ! Elle s’est pas juste barrée parce qu’elle en avait marre de moi. Elle est morte, parce que tu as décidé que sa vie valait bien un beau chèque à encaisser ! » Razen serre les dents, contracte sa mâchoire, se redresse davantage encore. Ses yeux, eux, fixent le vide alors qu’ils crèvent d’envie de percer pour une fois les ténèbres et lui dévoiler le visage de son frère. Razen, lui, se retient de tendre les mains pour toucher son frère, pour le comprendre ou juste décortiquer autrement ses propos et leur voir un sens caché. Elle est morte, ouais. « J’t’avais demandé de pas l’faire, Razen ! » Un claquement de langue agacé, Razen garde pour lui une remarque prématurée. Autant attendre qu’Alvin en finisse avec son petit caprice. « Arrête de penser que t’es le centre du monde. J’ai vraiment mieux à faire que de traverser la moitié du pays juste pour te faire chier. Va te faire foutre, cette ville t’appartient pas, j’fais c’que veux et j’ai pas l’intention de faire marche arrière juste pour te faire plaisir. Après tout, écouter les volontés de son frère, c’est pas important, nan ? » Au moins ça a le mérite d’être clair. Dans des mouvements brusques, Razen enlève ses gants, libèrent ses doigts, plaque ses paumes sur le muret qui les séparait encore, passe par-dessus pour détruire la distance entre lui et Alvin. Plus de barrière, plus de défense entre lui et son frère. Les gants se perdent au sol. « C’est bon, t’as fini ? » Razen effleure les pierres pour se poser une ancre mémorielle dans son environnement, avoir un phare auquel se raccrocher si jamais il s’en écarte trop. Sa mutation l’aide à comprendre le muret, la composition de la pierre mais aussi le volume du tout dont elle fait partie. Les pensées de l’aveugle reviennent sur son frère, à défaut que sa vue ne puisse le faire. « Parce que c’est vraiment comme ça que tu l’prends ? Tu crois quoi, que j’ai contacté Wolstenholme sur un coup d’tête, c’est ça Al’ ? » Parce qu’il faudra bien en parler à un moment ou à un autre et parce qu’ils ont réellement abordé le sujet, Razen ne fera pas marche arrière. Il n’est pas lâche, il ne l’a jamais été. Malin et certainement trop sûr de lui, oui. Lâche ? « Désolé, j’avais pas eu les derrières updates. J’ai l’impression, à tes propos, d’avoir loupé le mémo. C’était quoi, l’amour de ta vie ? Pas juste une fille de plus que tu sautais le samedi soir, parce qu’elle était sur place ? » Que ça n’ait pas été juste une fille de plus, Razen a été au courant, oui. Mais aux dires d’Alvin, non seulement il aurait dû savoir qu’elle était devenue brutalement la seule, l’unique, l’incomparable, mais qu’en plus, en la vendant à Wolstenholme, il brisait le cœur de son frère en mille morceaux. Foutaise. Alvin n’est pas fragile comme ça. Et Abberline, ce n’était pas la princesse Raiponce ou une autre foutue princesse disney. Toujours dans des mouvements brusques, Razen ouvre sa veste, tire sur le col de son pull et de son tee-shirt pour dévoiler son épaule et un morceau de la large cicatrice qui la détériore. « Aux dernières nouvelles, cette pétasse avait tenté de me tuer, Alvin ! Et pas juste parce que je la faisais chier, mais pour t’atteindre toi ! Toi au travers de moi ! C’était une putain de psychopathe ! » Une nouvelle fois, ses mots dépassent ses pensées. Dans une colère brutale. « Désolé de ne pas avoir suivi les nouvelles sur facebook ou instagram, mais j’ai pris la décision qui s’imposait ! J’ai une fille à protéger, moi. Ca allait être quoi, la suite ? Parce que tu avais oublié la St Valentin, elle allait transformer Aily en kebab ? » Il fait un pas en direction d’Alvin. Bon sang, qu’il aimerait lui foutre une droite, à cet instant. Juste pour le réveiller. « J’ai fait ce que j’avais à faire. De nous deux, c’était toi l’aveugle, Al’. » Il termine de cracher.

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MessageSujet: Re: family issues (razalvin)   Jeu 4 Mai 2017 - 16:52


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Revenir à Radcliff avait été une mauvaise idée. Dans le fond, Alvin, il l’avait su au moment même où il était monté dans sa voiture pour traverser les nombreux kilomètres qui le séparait de ce coin paumé au beau milieu du Kentucky. Il n’avait pas eu envie de revenir ici, il n’était pas prêt à affronter de nouveau cette ville. Il n’était, surtout pas prêt à recroiser la route de son frère aîné. Il n’avait pas accepté la trahison de Ren, il ne l’avait pas pardonnée, alors même que ça faisait des années et des années maintenant et il s’en fichait, qu’il soit en prison à présent, il n’était plus son frère et y avait rien qui changerait ça. Mais, Razen ? C’était une autre histoire. Ils avaient été proches tous les deux, ils avaient été loyaux l’un envers l’autre et il avait cru qu’y aurait jamais rien pour les séparer. Il avait fait confiance à Razen, il avait mis sa vie entre ses mains tellement de fois sans sourciller, il l’aurait suivi jusqu’en enfer, si ça avait été nécessaire, parce que c’était son frère et que ça avait eu beaucoup de valeur à ses yeux. Mais Razen, il avait fini par le trahir lui aussi et contrairement à Ren, il ne lui avait pas juste tourné le dos. Il était responsable de la mort de la fille dont il était tombé amoureux. L’amour, c’était un sentiment qu’il ne connaissait pas en dehors de celui qui le liait à son frère. Maintenant, il voyait à quel point c’était un sentiment destructeur.

Ça lui faisait mal, d’avoir perdu Tessa, mais ça lui faisait mal aussi d’avoir perdu Razen. Il était tout seul là-bas à New-York et le réconfort qu’il ressentait quand il regardait son fils, rapidement, ça se transformait en douleur, parce qu’il savait qu’il ne pouvait pas garder ce bébé, il allait lui foutre sa vie en l’air et il ne souhaitait pas ça pour son enfant. Il voulait mieux pour lui, bien évidemment. Est-ce qu’il aurait vraiment pu jouer les pères célibataires, là-bas à New-York ? Il se disait que jamais il n’aurait été à la hauteur. Alors, il était revenu, il était là maintenant et New-York lui manquait déjà et pour bien des raisons, les musées n’en faisaient pas forcément partie, en vérité. Pour le coup, le sous-entendu de son frère eut au moins le mérite de lui arracher un sourire. Dommage pour Razen, il n’aurait pas l’occasion de le constater par lui-même. « J’ai toujours eu du talent pour repérer les œuvres d’art. » Evidemment, il ne parlait pas non plus des tableaux qu’on pouvait trouver dans les musées, mais d’un autre type d’œuvres d’art. C’était après tout ce que son aîné avait suggérer quelques secondes plus tôt. Il lui avait tendu une perche, il aurait probablement été idiot de ne pas la saisir. Il pouvait bien admettre qu’il était parfois entré dans les fameux musée New-Yorkais, juste pour faire plaisir à une fille, la draguer et pouvoir la mettre dans son lit, ou se la taper dans les chiottes su fameux musée, parce qu’après tout, le lieu n’avait pas d’importance.

C’était bien tout ce que son aîné semblé avoir retenu de lui. Il n’était que ça, un type qui draguait toutes les filles qui passaient, s’envoyer en l’air avec elles avant de tracer son chemin. C’était bien comme ça que Rory avait été conçu. Juste une histoire d’un soir, à laquelle il n’avait pas attaché beaucoup d’importance, mais est-ce que ça voulait dire qu’il ne pouvait être que ça ? Qu’il ne pouvait pas s’attacher à quelqu’un, aimer quelqu’un ? C’était au moins ce que son frère semblait penser de lui. Il serra les dents, aux propos de Razen, il en fit de même avec ses poings, comme pour essayer de maitriser la rage en lui. Son frère, il avait franchi la distance de sécurité entre eux deux, celle qui était nécessaire aux yeux d’Alvin. Alors, bien vite, trop vite peut-être, il laissa son poing s’abattre contre la mâchoire de son aîné. Il le méritait. « C’est comme ça que qu’tu me voies hein ? Un connard qui baise toutes les nanas qui passent et qui s’en fiche après ?! Un pauvre type qui peut pas une fois dans sa vie tomber amoureux d’une fille ? » Y avait une première fois pour tout après tout. Pour tomber amoureux aussi et lui, ça avait été Tessa. « Je pensais que toi, plus que n’importe qui d’autre, tu comprendrais pourquoi elle s’est attaquée à toi ! » Encore une fois, il s’était trompé, il avait eu cette foi aveugle en son frère et il s’était planté en beauté. « Elle pensait qu’j’avais tué son frère ! Son frère, Razen ! » C’était la donnée importante de l’histoire, ce truc qui faisait qu’il avait cru que son frère, il comprendrait ça. « J’aurais fait la même chose à sa place ! Si on t’avais tué, j’aurais tué tous les frères ou les sœurs de l’enfoiré qui aurait fait ça ! » Merde, il avait cru que c’était un sentiment que Razen avait au fond de son cœur aussi, qu’il pouvait comprendre ça. « J’t’ai jamais demandé de lui pardonner ce qu’elle avait pu faire. Tout ce que je demandais c’était que tu m’fasses confiance quand je disais qu’elle était pas dangereuse ! » Ou pas plus qu’eux deux, en tout cas. Elle avait juste voulu une vie normale Tessa. « Elle a commis une erreur. Mais elle t’as pas tué. Elle t’aurait pas tuée, elle aurait jamais touché Aily. » Il savait que Tessa, elle n’aurait jamais fait ça, qu’elle avait compris, qu’il n’avait pas tué son frère, qu’elle s’en prenait aux mauvaises personnes. « M’faire confiance, ça aurait jamais dû être si compliqué à faire, mais nan, ça a toujours été comme ça après tout hein ? Razen, le plus intelligent de tous qui décide de tout et Alvin qui se contente de suivre parce qu’il est trop con pour avoir raison ! » Quel duo de choc. C’était pathétique. Mais au moins, Alvin, il pouvait dire qu’il avait toujours eu confiance en son frère, qu’il n’avait jamais douté de lui, il avait suivi ses plans à la lettre, il avait risqué sa vie plus d’une fois, en suivant les plans de son frère et quand les rôles avaient été inversés, Razen lui, il avait juste écouté son instinct plutôt que ce que son frère avait à dire et maintenant Tessa était morte, mais qu’est-ce qu’il pouvait en avoir à faire Razen ? Après tout, ça semblait bien inconcevable d’après lui que son cadet soit capable d’avoir des sentiments, à croire qu’il ne valait pas mieux qu’un animal aux yeux de son frère, un constat qui faisait mal au cœur, et qui lui faisait encore plus regretter New-York.

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MessageSujet: Re: family issues (razalvin)   Dim 21 Mai 2017 - 15:39

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Il y a les regrets. Il y a l’amertume. Il a, aussi, cette envie de baisser les bras. Et il y a, enfin, cette impossibilité de ne serait-ce qu’y songer. Razen fait face à son petit frère, engagés dans un duel de mauvaise foi et d’agressivité, trébuchant sur le terrain inconnu de la rancœur ouverte. Alvin lui, manque, tout comme Ren a pu lui manquer. Voire plus. Alvin lui manque, mais le grand frère… le grand frère ne peut que s’intimer l’ordre de se savoir dans son bon droit. D’avoir pris la bonne décision. Et de s’y tenir. Oui, il a livré Tessa, mais c’était leur contrat dès le début. Oui, il est responsable de sa mort, indirectement, et a empêché une sacrée quantité de fric en échange. Mais c’était ce qui était prévu depuis le début. Il n’a pas trahi Alvin, il a juste refusé de perdre un client. Il a juste refusé de céder au caprice de son frère, à un caprice qu’il ne comprenait de toute manière pas. Pas compliqué, le Razen, trop compliqué aussi ; son arrogance le perdra sûrement un jour, tout comme sa manie d’avoir toujours raison, de vouloir avoir toujours raison. Tout comme sa manie de s’envelopper de sarcasmes et de railleries pour mieux se protéger du reste. Commentaire moqueur, sous-entendu salace, une fraction de seconde il a l’impression de retrouver son frère. Il peut presque deviner un sourire, dans la réponse d’Alvin. « J’ai toujours eu du talent pour repérer les œuvres d’art. » Un sourire éphémère, qui appelle une réponse. C’est un appel d’air, c’est une invitation à poursuivre dans cette voie. Mais… Mais pour une fois, Razen est sage, pour une fois, il laisse mourir cette partie de la discussion. Ils ne peuvent pas se permettre un badinage naïf, pas lorsqu’on considère l’amertume et la violence qu’il entend dans la voix crispée de son frère. Pas lorsqu’on considère ses propres tourments.

Et la discussion, en effet, s’aggrave à chaque minute un peu plus. Chaque phrase est une pelletée de terre sur le cercueil de leur complicité. Chaque mot, chaque rictus est une ligne supplémentaire à l’épitaphe de leur collaboration. Et finalement… finalement Razen finit par exploser. Sa patience, épuisée, se transforme en colère. En sifflement. C’est bon, Alvin a fini avec son petit caprice, avec ses geignements de caliméro ? C’est bon, il a fini ? Parce qu’à présent, c’est au grand frère de parler, c’est au grand frère de laisser son ton monter. Il faut qu’ils en parlent de toute évidence, et contrairement à ce qu’on peut penser de lui, Razen n’est pas assez lâche pour esquiver l’inévitable. La colère se cristallise dans ses propos aux bords tranchants. Malgré le froid, malgré la neige, malgré la morsure sur sa peau d’une température bien trop basse, Razen tire sur le tissu, dévoile une cicatrice qu’il ne voit peut être pas mais qui se détache clairement sur une peau jusque-là exempte de trace. Qu’est-ce qu’il croit, Alvin, que sa Tessa était une enfant de chœur ? Il a la mémoire courte à ce point, le petit frère ? Razen perd toute mesure, laisse la colère prendre le dessus, détruire la distance entre les deux. Bon sang qu’il aimerait foutre une droite, à Alvin, à cet instant. Bon sang qu’il ne s’attendait pas à ce que son frère et lui aient ça en commun. Le coup le fait reculer, il ne l’a pas vu venir. Il ne l’a même pas anticipé. Comment aurait-il pu ? « Putain, Al’… » Il se masse la mâchoire, recule d’un pas, de deux, perd tous ses repères en quelques instants. « C’est comme ça que qu’tu me voies hein ? Un connard qui baise toutes les nanas qui passent et qui s’en fiche après ?! Un pauvre type qui peut pas une fois dans sa vie tomber amoureux d’une fille ? » Il a un petit ricanement, le grand frère, alors qu’il sent encore les phalanges du cadet Townshend sur sa gueule. Un petit ricanement qui exprime bien plus que nécessaire ce qu’il peut penser de la colère de son petit, si petit, tout petit frère. « Je pensais que toi, plus que n’importe qui d’autre, tu comprendrais pourquoi elle s’est attaquée à toi ! Elle pensait qu’j’avais tué son frère ! Son frère, Razen ! J’aurais fait la même chose à sa place ! Si on t’avait tué, j’aurais tué tous les frères ou les sœurs de l’enfoiré qui aurait fait ça ! J’t’ai jamais demandé de lui pardonner ce qu’elle avait pu faire. Tout ce que je demandais c’était que tu m’fasses confiance quand je disais qu’elle était pas dangereuse ! Elle a commis une erreur. Mais elle t’a pas tué. Elle t’aurait pas tuée, elle aurait jamais touché Aily. » Il se redresse, encaisse, le Razen. Il se redresse et encaisse avec sur les lèvres un rictus éloquent. Pas dangereuse, une erreur, confiance… putain, mais il s’écoute parler, Alvin ? Elle ne l’avait peut-être pas tué ce jour-là, mais elle en avait eu l’intention. Il lui demandait quoi, Alvin, hein ? Juste de lui faire confiance ? Juste de croire une putain d’enfoirée qui avait essayé de le buter, sans même chercher à vérifier ses sources, dans même demander d’explication, sans rien du tout ? « M’faire confiance, ça aurait jamais dû être si compliqué à faire, mais nan, ça a toujours été comme ça après tout hein ? Razen, le plus intelligent de tous qui décide de tout et Alvin qui se contente de suivre parce qu’il est trop con pour avoir raison ! »

Razen se tait. Une seconde. Deux. Il laisse le temps s’écouler, se retient de répéter, une nouvelle fois, un c’est bon, t’as fini ? qui serait un peu trop provocateur pour que son nez s’en sorte sans dommages plus importants que ceux qu’il a déjà. Des dommages minimes pour le moment. Razen, le plus intelligent, Alvin, trop con pour avoir raison ? Ça se tient, ça se tient totalement comme raisonnement. Alors Razen se tait. Cherche un angle d’attaque. Une réponse. Il ne voit pas grand-chose, Razen, il ne voit même rien du tout. Et surtout, il ne voit aucune porte de sortie. L’aveugle se pince l’arête du nez, pousse un soupir qu’il ne tente pas un seul instant de cacher. Il aurait même tendance à le mettre en avant, tiens. « Tu es ridicule. J’ai toujours eu confiance en toi, Alvin. » Sa voix est cassante, son ton est posé. Mesuré. Pour mieux tourner en ridicule les mots de son frère, pour mieux tourner en ridicule son attitude. Pour mieux infantiliser Alvin. Razen a toujours eu l’impression de sentir peser sur ses épaules le poids de la confiance de ses parents, d’une confiance de toute évidence bien mal placée. Alvin s’en serait-il mieux sorti, s’il avait été à sa place, s’il avait été l’aîné, s’il avait dû honorer une promesse, la promesse de les maintenir soudés, de les maintenir en vie coûte que coûte ? Non. Certainement pas. Parce qu’en effet, Razen est le plus intelligent des deux. Et Alvin est trop con pour avoir raison en quoique ce soit. « C’est en elle que je n’avais pas confiance, c’est en ton jugement aveuglé que je n’avais pas confiance ! Elle a commis une erreur, tu dis ? Elle m’a agressé ! Elle m’a agressé pour mieux te faire mal, à toi ! » Mon index désigne ma propre poitrine, avant de pointer celle d’Alvin. « Je t’ai fait confiance lorsque tu m’as dit d’attendre ! Je t’ai fait confiance lorsque tu m’as dit que tu l’aimais, je t’ai FAIT CONFIANCE ALVIN ! » Autant pour le calme, autant pour la mesure, autant pour tout ce qu’il souhaitait, la voix de Razen tonne et se brise. « Mais à partir du moment où elle est venue dans NOTRE appartement pour ME TUER, pour TE FAIRE MAL, pour ME promettre de ME tuer sous TES yeux, j’avais beau avoir confiance en toi, elle venait de nous déclarer la guerre ! » Il crie, il hurle, il perd ses moyens Razen. Il a envie de frapper son frère, il le cherche d’ailleurs, ses bras boxent dans le vide, retombent inutilement. « Tu comprends rien, Alvin, ouais. T’es définitivement trop con pour comprendre. Je pouvais pas avoir confiance en elle. Elle pouvait te tuer à tout moment. Elle a VOULU te tuer. Elle a VOULU me tuer. Et ça, c’était peut-être une erreur, c’était une erreur de TROP. » Il crie, il hurle. « Je leur ai promis de te protéger, coûte que coûte ! Et s’il fallait te briser le cœur pour te sauver la vie, alors tant pis pour ton cœur, merde ! Je lui ai donné une chance, Al’, tu ne peux pas dire le contraire. Elle l’a juste foutue en l’air. »

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MessageSujet: Re: family issues (razalvin)   Ven 26 Mai 2017 - 20:13


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Il n’était pas tombé amoureux souvent Alvin, il avait certainement eu quelques amourettes à l’époque du lycée, des histoires de passage qu’il avait complètement oublié maintenant. Le lycée c’était une époque bien lointaine pour lui de toute façon. Un diplôme qu’il n’avait même pas obtenu parce qu’il avait décidé de se casser avec son frère aîné avant que l’année scolaire ne soit finie. Les histoires d’amour, ça n’avait jamais été son truc, de toute façon, il avait eu une vie de nomade de toute façon, une vie dans laquelle il ne pouvait pas se permettre d’aimer qui que ce soit, parce qu’il serait, trop vite, de nouveau sur les routes, à la recherche de la prochaine mission à accomplir. Pour sûr, ça avait été plus simple, pendant toute sa vie de ne s’attacher à personne, de se contenter d’enchainer les histoires courtes, d’utiliser ses charmes pour attirer les filles dans son lit avant de les abandonner et de les oublier, parce qu’elles n’avaient définitivement pas compté. Il avait repéré les œuvres d’art, comme il disait si bien. Ça lui avait suffi, il n’avait pas eu besoin de plus que ça et franchement, il n’avait jamais couru après plus que ça. Il n’avait jamais cru qu’il rencontrerait la bonne, qu’il l’aimerait, qu’elle l’aimerait en retour et qu’ils auraient une vie bien construite, avec une belle maison, un chien et des gosses. La preuve, c’était que Rory était le fruit d’une histoire sans avenir, avec une fille rencontrée au fond d’un bar. Il n’avait jamais cru qu’il pourrait avoir un jour plus que ça, il n’avait pas envisagé qu’un jour il voudrait plus que ça.

Mais y avait eu Tessa. Il ne pouvait même pas expliquer comme c’était arrivé, il n’y comprenait rien. L’amour c’était ce sentiment qu’il n’avait jamais vraiment connu. Il avait aimé ses frères, bien évidemment, mais c’était loin d’être la même chose. Son cœur, il avait battu d’une façon bien différente dans sa poitrine, quand il avait été question de Tessa. Ça avait été agréable. Les moments qu’ils avaient passé ensemble, avant qu’elle ne découvre qu’il était un connard qui la conduisait droit à la mort, il avait apprécié chacun des moments qu’il avait passé avec lui et pourtant, il n’avait jamais couché avec elle. Lui qui pourtant avait cru qu’il n’y aurait que ça qui fonctionnait dans sa vie à lui, que comme ça qu’il pouvait vraiment apprécier une fille. Tessa, elle avait été différente et maintenant elle était morte. Ça lui faisait un mal de chien d’y penser. Elle avait été tellement innocente, coupée du monde pendant trop longtemps, qu’elle n’y connaissait pas grand-chose. Il se souvenait de son regard émerveillé devant la vitrine de la boulangerie, alors qu’elle observait les pâtisseries à l’intérieur. Elle avait été quelqu’un de bien Tessa, elle avait juste été traumatisée par la vie, détruite par les épreuves qu’elle avait dû traverser dès son plus jeune âge et ça, Alvin, il avait toujours compris. Sa vie, elle avait été moins traumatisante que celle de Tessa, mais elle avait été moins agréable que tout ce qu’elle aurait pu être, si seulement ses parents n’étaient pas morts. Il avait compris Tessa et le seul souhait qu’il avait eu lui, c’était l’aider à s’en sortir, l’aider à découvrir cette vie qu’on lui avait arrachée quand elle n’avait été qu’une gamine.

Au lieu de ça, il avait laissé son frère la conduire à sa mort. Son frère qui de toute évidence n’en avait jamais rien eu à faire de ses volontés, son frère qui ne comprenait rien. Il n’avait pas résisté Alvin, à lui coller son poing dans la mâchoire. Est-ce que c’était pas son rôle après tout, sans leur duo ? Il était celui qui cognait alors que Razen était le cerveau du groupe. A croire que Razen, il le voyait vraiment comme le dernier des abrutis, son petit-frère. Il méritait bien alors, ce coup qu’il venait de se manger. Il en mériterait plus, d’après Alvin, alors qu’il sentait la colère et la rage qui bouillaient de plus en plus en lui. « Bha figure toi que t’as une façon bien particulière de la montrer, ta confiance ! » Il n’en avait pas vu la couleur, lui de sa confiance, quand il avait été question de Tessa. Maintenant, plus son aîné parlait, plus il sentait qu’il s’énervait. « Peut-être bien que t’as oublié qu’on l’avait manipulée, qu’on l’avait trahie déjà une fois ! Peut-être bien qu’on aurait mérité qu’elle nous tue ! » Peut-être qu’il aurait mérité lui, qu’elle le tue. Il avait vu l’expression sur le visage de la jeune femme, quand elle avait compris qu’il l’avait trahi. Ça avait peut-être été la première fois de sa vie qu’il avait ressenti autant de remords. « On est les fils de pute qui ont trahi, manipuler tout un tas de monde pour du pognon ! On devrait même pas avoir à se plaindre quand quelqu’un veut se venger ! » Il était con, peut-être, mais au moins, fallait croire qu’il s’était trouvé une conscience lui. Assez pour trouver les actions de Tessa justifiable, assez pour comprendre la jeune femme, l’apprécier, l’aimer. « Elle avait juste besoin d’aide. Elle a grandi dans l’horreur et la violence, elle méritait mieux que ça ! » Il aurait voulu lui montrer, que le monde, c’était pas juste ça, mais elle était probablement morte en pensait le contraire, morte en pensant que lui, il s’était joué d’elle du début jusqu’à la fin. « T’as pas dû y réfléchir longtemps à ta promesse quand on a commencé ce boulot ! » Il était prêt à parier que ses parents, ils auraient voulu qu’on protège son cœur, qu’il ait une vie heureuse, avec une fille, plutôt qu’une vie à prendre des risques comme ils le faisaient. Il le savait, parce que c’était ce qu’il ressentait à chaque fois qu’il posait ses yeux sur son fils. Il voulait qu’il ait une vie normale, simple, heureuse, même si pour ça il fallait qu’il renonce à être son père. « J’avais pas besoin de toi pour me protéger d’elle ! » Il n’avait pas eu besoin d’être protégé de Tessa. « Elle était celle qui avait besoin d’aide Razen, pas moi ! » Mais il avait préféré la vendre au premier psychopathe du coin, parce que c’était plus simple d’agir comme ça plutôt que d’essayer de comprendre. « Ouais t’as raison, elle t’aurait tué ce jour-là si j’étais pas venu et tout ce que j’ai fait c’est l’écouter ! Ça va peut-être te paraître complètement fou, mais des fois écouter les autres au lieu de les tuer, ça marche plutôt bien comme solution ! » Ça s’appelait l’empathie et ça ne faisait certainement pas parti des trucs qu’il avait appris auprès de son frère. « T’en fais pas pour moi t’façon, j’ai pas besoin de toi pour prendre soin de moi ou de mon fils. » Il avait parlé trop vite. Il n’aurait pas dû évoquer son fils. Tant pis, de là où il se tenait, Alvin, il se disait que de toute façon, jamais il ne laisserait Rory dans la même pièce que Razen, après tout peut-être qu’il serait fichu de le vendre en échange d’un gros chèque.

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une citation ici blablabla.
j'ai pas d'inspi ce soir.

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MessageSujet: Re: family issues (razalvin)   Lun 12 Juin 2017 - 22:29

family issues
Alvin & Razen



Ce n’est pas tant que son frère l’ait frappé, qui dérange actuellement Razen, c’est qu’il ne parvienne pas à comprendre pourquoi, exactement, Alvin l’a frappé à ce moment précis de la discussion. Razen ne comprend pas. Il ne comprend pas, et ce n’est pas normal - à défaut de ne malheureusement pas être une surprise. Razen ne comprend pas, ne peut pas comprendre, ne veut pas comprendre. Dans le cas d’une autre personne, moins orgueilleuse, moins butée, moins obtuse, peut-être que cette absence de compréhension ne serait pas un problème puisqu’il suffirait d’un aveu, d’une question pour régler tout cela, mais dans le cas de Razen… dans le cas de Razen, la chose est extrêmement simple : il s’énerve. Perd patience. Perd contrôle. La question de confiance, de cette confiance donnée sans réserve, reprise, trahie, niée, la question de confiance est au cœur de cette discussion et il ne peut pas le supporter, l’aveugle, parce qu’il ne comprend pas, il ne comprend pas qu’Alvin ne comprenne pas, et sa mutation, pour l’une des premières fois de sa vie, lui est totalement inutile. Elle le renseigne sur la température de l’air, sur l’humidité, sur l’origine de la laine qui compose gants, bonnets, écharpe. Elle le renseigne sur bien des choses, mais il reste aveugle, complètement aveugle, en ce qui concerne son petit frère. Alvin est ridicule de lui en vouloir ; ridicule de douter de lui. Ridicule de placer Abberline en victime et non en coupable.
Razen dérape, dans sa colère. Il dérape dans ses cris. Il dérape dans ses mots, dans ses propos, dans ses aveux. Son bras boxe dans l’air, à la recherche d’un frère à frapper, d’un frère à secouer. Alvin, reviens, c’est ce qu’il hurle, finalement, le grand frère. Alvin, putain, comprends ma position, c’est ce qu’il crie, finalement, l’aîné de la famille, l’aîné des Townshend encore en vie. Ren est perdu, inaccessible dans la prison où il croupit. Alvin, lui… Alvin est ce qu’Ailionora risque de devenir si elle apprend un jour la double-vie illégale de Razen. Et il le sait, le père. Il le sait, le frère. Alors ouais, peut-être que Tessa, c’était une erreur de la livrer à Wolstenholme, surtout en usant du téléphone d’Alvin pour l’attirer dans un piège, surtout en jouant sur la relation, précisément qu’il y avait entre les deux, mais Razen est incapable de s’en vouloir. Il ne peut que juste regretter de ne pas être capable de faire ouvrir les yeux à Alvin sur les raisons de sa décision. Il a laissé sa chance à Tessa, merde. Il lui a laissé une chance, à cette petite pute, et cette chance, elle l’a foutue en l’air le jour où elle s’en est non seulement pris à lui mais surtout, le jour où elle a menacé devant Razen de toucher à son frère.

Peut-être qu’Alvin en doute, peut-être qu’Alvin refuse de le voir, mais s’il y a bien quelque chose que Razen ne permettra jamais, c’est qu’on blesse sa famille, c’est qu’on s’en prenne à sa famille d’une manière ou d’une autre, quelle qu’en soi la raison. Le moment où Tessa lui a dit, en face, qu’elle comptait le flinguer juste pour faire du mal à Alvin, elle a signé son arrêt de mort. Il a été patient, Razen. Il lui a laissé une chance, Razen. Mais elle l’a bousillée, sa chance, elle l’a épuisée, sa patience, et pour être honnête, Razen ne regrette pas un seul instant qu’elle soit en train de bouffer les vers de terre par la racine actuellement. Il regrette juste qu’elle ait pu foutre la merde même six pieds sous terre. Il regrette juste d’avoir accepté le contrat de prime abord, ou d’avoir cédé par sentimentalisme lorsqu’Alvin a voulu l’épargner. Ce qu’il regrette, finalement, le Razen, c’est d’avoir laissé à Abberline le temps de s’immiscer entre Alvin et lui, de lui avoir laissé le temps de secouer leur équilibre et de les laisser chuter et se briser. Bien sûr que Razen a confiance en Alvin. Il a même toujours eu confiance en son petit frère, c’est bien la seule personne au monde – en dehors de lui-même – en qui il a toujours eu une confiance pleine et entière. « Bha figure toi que t’as une façon bien particulière de la montrer, ta confiance ! » Un claquement de langue, un rictus : c’est la colère qui fourmille sur l’épiderme de l’aîné devant l’agressivité du cadet. « Et toi une façon bien douteuse de me montrer que t’as deux sous d’jugeote » Il crache en retour. La colère est là, une colère franche, née de la frustration, née de l’agacement. Née de l’épuisement.

« Peut-être bien que t’as oublié qu’on l’avait manipulée, qu’on l’avait trahie déjà une fois ! Peut-être bien qu’on aurait mérité qu’elle nous tue ! » Bien sûr qu’il n’a pas oublié. Mais bien sûr aussi qu’il n’en a rien à foutre. Il est trop sentimental, Razen, mais uniquement lorsqu’on parle d’un autre Townshend, lorsqu’on parle de la famille. Pour tous les autres, sa capacité à se montrer empathique s’est asséchée progressivement entre ses dix ans et sa majorité, pour ne laisser qu’un jeune adulte certainement trop adulte, certainement trop seul, et certainement trop indépendant. Amer. Paranoïaque. Egocentré. Il n’en a rien à foutre qu’Abberline ait été une victime, il n’en a rien à cirer, absolument rien à cirer. Lui, il a été la victime d’Abberline, Ailionora et Alvin auraient pu l’être à leur tour, c’est la seule chose qu’il retient de tout ça. « On est les fils de pute qui ont trahi, manipulé tout un tas de monde pour du pognon ! On devrait même pas avoir à se plaindre quand quelqu’un veut se venger ! Elle avait juste besoin d’aide. Elle a grandi dans l’horreur et la violence, elle méritait mieux que ça ! » Non-sens. Connerie. Absurdités crachées dans une logorrhée que Razen tient loin de lui, refusant obstinément de se laisser atteindre de par tels propos, par de telles conneries. Elle a grandi dans l’horreur et la violence ? Et bien c’est dommage pour elle, mais ça ne le regarde pas. Elle avait besoin d’aide ? Et bien elle avait qu’à commencer par ne pas cramer ceux qui daignaient lui tendre la main. « Rien à battre » voilà ce qu’il grogne, l’aveugle, dans sa barbe. Il n’en a rien à battre, strictement rien à battre et Alvin vaut mieux qu’une hypocrisie mielleuse de sa part. « On n’a peut être pas à se plaindre, mais on n’a pas non plus à se laisser fouetter avec des oh oui, oh oui recommence, j’ai été vilain » Il crache, Razen, il crache sa colère, il crache l’idiotie des propos d’Alvin. Il crache l’aveuglement de son frère, parce que de toute évidence, celui qui souffre le plus de cécité, ce n’est pas celui qui se balade avec une canne blanche.

« T’as pas dû y réfléchir longtemps à ta promesse quand on a commencé ce boulot ! J’avais pas besoin de toi pour me protéger d’elle ! Elle était celle qui avait besoin d’aide Razen, pas moi ! Ouais t’as raison, elle t’aurait tué ce jour-là si j’étais pas venu et tout ce que j’ai fait c’est l’écouter ! Ça va peut-être te paraître complètement fou, mais des fois écouter les autres au lieu de les tuer, ça marche plutôt bien comme solution ! T’en fais pas pour moi t’façon, j’ai pas besoin de toi pour prendre soin de moi ou de mon fils. » Razen se fige. Il s’est retenu cinq, six, sept fois d’interrompre Alvin dans sa lancée, et il regrette, maintenant, de ne pas l’avoir coupé plus tôt. Il regrette tout en voyant parfaitement les avantages qu’il y a à ne pas l’avoir coupé, précisément. Ou de mon fils. Deux mots, la colère de Razen est douchée par la surprise. Douchée par la stupeur. Douchée par l’hésitation. « Ton quoi ? » Sa voix est posée, presque agressive mais plus inquisitrice qu’autre chose. « Ton fils » Razen fait un pas en avant, sa main effleure le torse de son frère, se saisit immédiatement de ce qu’elle peut, autrement dit du devant du manteau d’Alvin. « T’as un fils ? » Et tu ne m’as rien dit ? « T’as un putain de fils, Al’ ? » Et il est revenu dans le coin ? « Mais qu’est-ce que tu fous là, alors, à me faire chier pour un contrat ? C’est pour ton môme que t’as besoin de fric ? Mais range-toi, bordel, RANGE TOI, trouve toi un boulot honorable et viens pas me faire chier ! » Ce n’est pas totalement ce que Razen voulait dire, mais l’idée est là. Tu n’as pas dû y réfléchir longtemps à ta promesse. Alvin se trompe. Razen fait un pas en arrière, deux. « Tu es injuste, Alvin. Je leur ai promis de te protéger, et j’y pense tous les matins depuis presque trente putain d’années. Toi t’as aucun souvenir d’eux, moi j’avais des photos, j’ai plus rien. J’ai juste leur voix. Leur voix qui me dit de veiller sur toi, de veiller sur Ren. Je ne tolérerai jamais qu’on fasse du mal à toi, à ton fils, à Aily, ou à Ren. Jamais, tant que j’suis en mesure d’éviter ça. T’as p’t’être pas besoin de moi, mais alors, viens pas chercher la merde. Et prouve-moi que tu peux te démerder, comme un mec bien, prouve-moi que t’as pas besoin de moi, prouve moi que t’as pas b’soin de ce que je t’ai appris. » Et dégage. Dégage de cette vie de merde, c’est ce que Razen est en train de lui dire. L’aveugle veut, certes, rester seul sur le contrat et éloigner la discussion de la mort d’Abberline, mais il veut surtout – et il sent bien qu’encore une fois, Alvin ne le verra pas – que son frère saisisse sa chance pour se ranger véritablement. Cesser d’être un mercenaire, faire de la mécanique, de la plomberie ou quoique ce soit. « T’as qu’à te reconvertir en assistant social, apparemment ça te réussit bien. » Eloigner la conversation d’Abberline, voilà qui est un échec, finalement. Mais Razen n’a pas pu se retenir. Alvin a un fils, et Razen n’est pas là pour le protéger, ce fils. Le protéger de la connerie d’Alvin, le protéger de tous ceux qui en voudront au nom des Townshend, de tous ceux qu’il floue, de ceux qu’il double, de ceux qu’il trahit. « C’est pas une ville pour un môme. »

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MessageSujet: Re: family issues (razalvin)   Dim 18 Juin 2017 - 21:18


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Il n’était pas très patient Alvin, il devait bien l’admettre, il était la dernière personne sur qui il fallait compter pour rester calme et posé en n’importe quelle circonstance. Peut-être bien alors qu’on ne pouvait pas dire de lui qu’il était particulièrement réfléchi, que c’était un gros problème chez lui, qu’il usait des muscles plus facilement qu’il n’utilisait son cerveau. Mais il n’était pas complètement con pour autant, peu importait ce que Razen pouvait en penser. Il était un type comme un autre, qui de toute évidence, avait bien le droit à ses propres opinions et ses propres choix. Son choix à lui, ça avait été de sauver Tessa. Il son choix, ça avait été d’abandonner cette mission et de laisser Tessa vivre, parce qu’elle le méritait. Après tant d’années passées à condamner tout le monde et n’importe qui en l’échec d’un chèque bien rempli, Alvin, se disait qu’au moins, il avait eu un élan de bonne conscience. Ça ne faisait pas de lui un type bien. Il avait loupé sa chance depuis longtemps, de pouvoir être considéré comme tel. Il était un pauvre type, une ordure sans aucun doute, mais mieux valait tard que jamais et au moins, avec Tessa, il avait pu se rendre compte d’un certain nombre de ses erreurs.  Il ne pouvait pas changer complètement, il ne pouvait pas être quelqu’un d’autre, i avait commis ses erreurs et ses faux pas et il devait vivre avec ça maintenant. Mais, Tessa, il aurait pu la sauver. Il savait qu’avec Tessa, il aurait pu faire les choses différemment, les faire mieux. Tessa, elle l’aurait mérité.

Mais, Razen avait fait un choix bien différent du sien et évidemment, c’était Razen qui avait raison, c’était toujours Razen qui avait raison et Alvin lui, il n’avait qu’à se taire et gentiment faire ce que son aîné lui disait de faire. Il ne savait pas de quoi il avait l’air Alvin dans ce duo qu’il formait avec son frère. Sans doute de l’abrutit trop fidèle qui obéissait sans poser de question, un bon petit chien qui ne réfléchissait jamais pour lui-même et qui n’avait définitivement pas son mot à dire quand son frère décidait de quelque chose. Il n’avait, apparemment, même pas eu le droit d’aimer Tessa, puisque lui, il n’était qu’un pauvre enfoiré qui couchait à droite à gauche, mais qui était incapable d’aimer, encore un truc que Razen avait décidé, comme si con cadet n’était même pas capable de gérer lui-même ses propres sentiments. Razen avait décidé tout un tas de choses dans leurs vies. Il avait également décidé que Tessa devait mourir et c’était ce qui s’était passé. Tessa était morte. Quoi qu’Alvin ait pu demander, elle était morte, mais évidemment, à côté de ça, Razen disait lui faire confiance. Pourtant, il avait explicitement demandé d’épargner Tessa, mais Razen n’avait rien voulu entendre. Elle était dangereuse qu’il disait. Pas plus qu’eux, c’était certain ça. Pas plus que Wolstenholme. Pas plus que n’importe qui et pourtant, c’était Tessa qui était morte dans cette histoire. C’était lui le cinglé qui était vexé pour ça. Elle était belle l’ironie d’après Alvin. « Evidemment, de toute façon, c’est pas comme si mon avis avait déjà eu beaucoup de crédit. » Non, Razen avait toujours pris grand soin d’ignorer l’avis de son cadet. Au final, il avait toujours eu plus du bon soldat que du frère cadet.

Il leva les yeux au ciel, agacé par les propos de son frère. Il n’en avait rien à faire, évidemment. Cette discussion ne servait à rien. Un affrontement entre eux deux était évidemment inutile, ce n’était pas une grande surprise. Il l’avait toujours su Alvin, ce n’était pas pour rien qu’il avait jugé que fuir la ville sans adresser le moindre mot à son frère aîné. Il aurait vraiment préféré ne pas avoir à le recroiser en revenant dans la ville de Radcliff, mais ça aussi, sans doute que ça avait été inévitable. « T’en a rien à faire, quelle surprise. » Il soupira, tout ça était complètement inutile. Il ne comprenait rien Razen et la colère était montée trop vite et voilà qu’il avait évoqué son fils. Ça n’arrangeait rien, évidemment, à faire à l’énerver encore plus, Alvin. D’un geste rapide, il repoussa son frère qui s’était accrocher à sa veste.  « Fout moi la paix Razen ! J’en ai raz-le cul de faire tout ce que tu me dis de faire comme si tu avais forcément raison sur tout. Je vais faire ma vie comme je l’entends et sans écouter tes précieux conseils. » Il allait prendre ce contrat et ceux qu’il voudrait après ça et tant pis pour ce que Razen pouvait ne penser. « Parce que je me souviens pas d’eux, j’en ai rien à faire hein ? » Il ne put retenir un ricanement amer, il était fatigue par les jugements de son frère. « Parle pas de mon fils, de toute façon, lui aussi, il est l’une de mes erreurs que tu as si durement jugées ! » Pourtant, c’était bien lui le premier à avoir pondu un môme quelque part, mais évidemment, quand c’était Razen, c’était pas bien grave, quand c’était les autres, c’était la pire chose au monde. « T’en fais pas va, je règle ce que j’ai à faire ici et j’me casse, j’ai pas l’intention de rester, le plus loin je serais de toi, mieux ce sera. » C’était une évidence ça, un truc qu’il avait bien remarquer au cours des derniers mois. Sa vie tranquille et rangée, il l’avait eue quand il avait été loin d’ici, à New-York et une fois qu’il aurait trouvé la mère de Rory et qu’il aurait fini de régler ce qu’il avait à régler avec Rhaena, il partirait et Razen n’aurait plus jamais à entendre parler de lui.

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une citation ici blablabla.
j'ai pas d'inspi ce soir.

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