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 Hippolyte || Now's the time for us to say Happy New Year (Flashback)

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MessageSujet: Hippolyte || Now's the time for us to say Happy New Year (Flashback)   Mer 25 Jan 2017 - 22:39

Now's the time for us to say Happy New Year
Victoire & Hippolyte



Victoire avait donné rendez-vous à Hippolyte devant la fontaine Saint Michel, aux alentours de 10 heures du soir. C'était le réveillon et, une fois de plus, son père était occupé avec ses associés. Il avait voulu la traîner dans un énième dîner mondain pour la montrer un peu à toute sa clique de gros financiers à l'oeil torve mais elle avait réussi à s'échapper en prétextant une soirée avec le fameux Caesar. Elle savait que son père trouvait que le Montpelliérain représentait une idée d'alliance acceptable. Elle savait que cet homme la séduisait uniquement pour son nom et la fortune qu'elle représentait. Est-ce que cela la dérangeait ? Pas plus que cela au fond. Elle s'était depuis longtemps préparée à faire un mariage de raison. Depuis qu'elle avait assassiné son premier fiancé...

Les poils de la jeune fille se hérissèrent sur ses bras alors qu'elle brûlait une cigarette, le regard perdu en direction des quais de Seine. Elle avait pris la bonne décision. Cet immonde personnage ne méritait rien de mieux que ce qu'il avait subi...

Pour chasser les souvenirs de son crime, peu acceptable en cette période de festivités, elle repensa à Hippolyte. Elle le trouvait terriblement sévère et guindé, ce qui la motivait à prendre un malin plaisir à le faire tourner en bourrique. Il voulait sa main et sa fortune ? Soit. Mais il allait devoir apprendre à connaître chacune de ses facettes. Victoire était fatiguée de jouer la petite fille sage et cultivée que tout le monde aimait voir. Elle voulait sortir, boire à devenir fin saoûle, fumer comme un pompier, danser jusqu'à pas d'heure et satisfaire sa libido, peu importe le reste.

Emmitouflée dans son long manteau de laine, perchée sur ses escarpins noirs, elle observait la foule qui passait devant la fontaine, tout en tirant sur sa légère. Elle avait décidé de laisser ses cheveux bruns complètement libres ce soir. Sa bouche était parée d'un bordeaux profond et ses yeux, ornés d'un noir charbonneux. Son père l'aurait traitée de putain, mais elle s'en moquait. Elle avait 18 ans et, ce soir, elle se sentait habitée par une furieuse envie de vivre. Le froid humide porté par la Seine rougissait ses joues et mordait ses mains à travers ses gants. Elle sentait que son collant noir à demi opaque avait peine à la réchauffer.

En soupirant, elle se resserra dans les pans de son large manteau et attendit, le regard perdu dans la foule. Des couples, des groupes d'amis bruyants, des familles passaient. De tous les côtés, les bars débordaient de lumière et de musique. Il y avait beaucoup de jeunes, sûrement des étudiants. Victoire se demanda à quoi ressemblait la vie, quand on était un adolescent issu de la classe moyenne. Où vivaient-ils, comment faisaient-ils leurs achats, de quoi devaient-ils se priver pour pouvoir payer leur loyer ? Achetaient-ils des vêtements de seconde main ?

Victoire jeta son mégot.

Perdue dans ses pensées, elle remarqua au dernier moment la silhouette de l'homme qui s'approchait d'elle. Elle reconnu sa peau brunie par le soleil et ses cheveux noirs si opulents. Elle reconnu son air sévère et adulte et elle se rappela à quel point il était plus âgé qu'elle. Il était bientôt trentenaire alors qu'elle approchait la vingtaine. Il avait déjà profité de sa jeunesse alors qu'elle avait tout juste conscience des possibilités d'amusement qui s'offraient à elle. Sans rien révéler de son trouble, elle lui dédia un sourire minutieusement calculé.

- Hippolyte, je pensais que vous ne viendriez pas. Vous savez qu'il est malpoli de faire attendre une dame.

Elle se redressa, quittant le bord de la fontaine et s'engouffra dans une rue
parallèle, qui avait presque des allures de rue de village. Le sol était pavé, les restaurants étaient combles, des groupes de jeunes chantaient dans la rue. La jeune femme savait où elle se rendait et c'était à peine si elle se retournait pour savoir si Hippolyte la suivait. Enfin, après quelques minutes de marche, elle s'arrêta devant un hôtel particulier, assez discret. Sur le côté, il y avait une porte très moderne, noire. Elle se tourna vers le pharmacien avec un sourire en coin.

- J'espère que cela ne vous gêne pas de fêter le réveillon en musique ?

Elle pénétra ensuite à l'intérieur. Ils se retrouvèrent presque tout de suite face à un homme à la mine assez patibulaire qui les examina de son oeil de rapace avant de les laisser accéder à la porte suivante. Le sol était de velours rouge, tout ici semblait à la fois raffiné et terriblement canaille. La jeune femme se dirigea vers les vestiaires et enleva enfin son long manteau de laine qu'elle confia à une des hôtesses. Elle se révéla alors dans un combishort en lamé doré, très court. Le bustier et les manches fluides lui donnaient un petit air sage alors que la taille minimale du bas, cumulée aux talons qu'elle portait, donnait l'impression qu'elle avait des jambes interminables. Elle portait un petit tour de cou simple, en velours noir orné d'une pierre que l'on devinait précieuse, pour souligner la grâce de son port de tête.

Elle se délecta du spectacle des yeux ronds d'Hippolyte et saisit négligemment son sac à main avec un air délicieusement narquois. Après avoir réglé les dernières formalités, ils pénétrèrent dans la boîte de nuit. C'était déjà une avalanche de sons, de couleurs, de mouvements.

- J'espère que vous aimez danser...

Elle lui sourit une dernière fois, brillante au milieu des stroboscopes. La musique était forte, elle sentait la puissance des basses résonner dans sa poitrine. Elle était poussée par un besoin de danser, d'exorciser ses angoisses, de s'encanailler comme elle avait rarement l'occasion de le faire. Sans plus se préoccuper de l'homme sévère qui l'accompagnait, elle se dirigea avec une démarche féline vers la piste de danse au milieu des autres fêtards alors que le Disk Jockey passait "Voulez-Vous" d'Abba.

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MessageSujet: Re: Hippolyte || Now's the time for us to say Happy New Year (Flashback)   Jeu 26 Jan 2017 - 18:03

Now's the time for us to say Happy New Year
Victoire & Hippolyte



Toute la journée, Hippolyte s'était demandé pourquoi il avait accepté cette invitation. Il n'aimait pas les fêtes, détestait la foule et exécrait par dessus tout le réveillon de la saint Sylvestre. A quoi bon célébrer le fait que, comme une brave petite fille, la Terre avait effectué son 4 543 000 000ème tour autour du soleil ? C'était simplement une excuse pour manger à s'en rendre malade, boire jusqu'à plus soif et justifier un jour férié supplémentaire. S'amuser et prendre du bon temps ne semblait pas être inscrit dans le code génétique de ce jeune pharmacien, qui n'avait rien eu à redire à ses dix derniers réveillons passés à réviser ou étudier d'interminables formules mathématiques.
Mais voilà, il était maintenant diplômé de deux doctorats, l'un en pharmacologie, l'autre en génétique, et disposait d'un master en biochimie suivi uniquement pour « s'occuper », un poste important dans l'un des plus gros laboratoires pharmaceutiques d'Europe, le tout à seulement 27 ans. Il n'avait plus l'excuse des examens ni de la thèse, n'avait pas même l'excuse d'une famille à nourrir, puisque son confortable salaire suffisait amplement à un homme seul. Mais plus que tout, il ne pouvait décemment refuser son invitation à elle.

Victoire De Langlois, unique héritière des laboratoires éponymes, petit bijou prisé de tous les hommes d'affaire qui rêvaient de pouvoir construire une alliance durable avec son irascible paternel. La pauvre jeune fille n'avait que dix-huit ans et déjà, elle était courtisée pour son nom et son héritage plus que pour sa personne. Loin d'être altruiste ou de déroger à cette règle, Hippolyte n'avait d'yeux pour elle que parce qu'il voulait pouvoir un jour apposer le nom Caesar sur le grand bâtiment De Langlois. Hippolyte avait conscience d'avoir une longueur d'avance parce qu'il avait su lécher les bottes du paternel et lui prouver qu'il serait le parti idéal pour sa fille unique, tout comme il savait qu'il la rendrait forcément malheureuse. Si alliance ou mariage il y avait, ce serait une union arrangée et non consentie. Dans le meilleur des cas, elle n'aurait aucun sentiment pour lui, porterait son nom et vivrait sa vie de son côté tandis qu'il se donnerait corps et âme pour la science. Dans le pire... Elle éprouverait pour lui des sentiments qu'il ne serait pas en mesure de lui rendre. Car il en était persuadé, le Caesar. L'amour n'était pas à sa portée, les sentiments lui étaient étrangers, et chaque fois qu'on lui parlait de trouver une épouse pour fonder une famille et avoir des enfants, il souriait. Si on lui avait dit que trente ans plus tard il serait éperdument amoureux de Victoire, père de trois enfants et même grand-père, il aurait éclaté de rire.

Pour l'heure, il lui fallait se plier à cette détestable tradition du nouvel an et se mettre sur son 31, comme disait l'expression. Tout en ajustant sa cravate en fixant son reflet dans la glace, le pharmacien soupira. Il avait troqué ses habituelles costume noirs pour un beau bleu profond et avait même poussé la fantaisie jusqu'à une cravate colorée. Décidément, c'était la folie. Tout ça n'était que le fruit des remarques qu'il avait essuyé pendant deux jours pour Noël, alors qu'il avait enfin consentit à répondre aux suppliques de sa mère et à quitter Paris pour retrouver Montpellier. Une expérience qu'il n'était pas prêt de renouveler.

Fin prêt, il jeta un œil à sa montre et se rendit alors compte qu'à force d'hésiter, de pinailler et de perdre du temps, il allait être en retard s'il ne se dépêchait pas. Ayant fraîchement emménagé dans un bel appartement du 8ème arrondissement, il avait encore quelques difficultés à se repérer ou à évaluer le temps que lui prenait ses trajets habituels. Aussi, lorsqu'il arriva enfin à St Michel en pestant contre les usagers du métro, trop nombreux et déjà trop alcoolisés, il se hâta jusqu'à la fontaine où il trouva une Victoire nonchalamment appuyée contre la pierre, une cigarette à la main. Les cheveux ainsi lâchés lui donnaient un air plus rebelle que ses habituels chignons et coiffures sages, et il devait bien avouer qu'elle était ravissante, avec ses joues rosies par le froid. Bougon, il entreprit de prendre une cigarette à son tour, mais la jeune femme s'était déjà redressée et partait dans la direction opposée, ne lui laissant même pas le temps de reprendre ses esprits.

« Métro surchargé à cette heure, je vous prie de m'excuser... »

Il avait failli ajouter « vous savez comment c'est », avant de se rappeler que Victoire n'avait probablement jamais dû prendre le métro, à moins de vouloir se faire un petit plaisir exotique en descendant dans les couloirs puants et mal fréquentés des souterrains parisiens. Au pas de course, il suivit une Victoire qui semblait prendre un malin plaisir à tenter de le semer. Parfois, Hippolyte avait l'impression qu'elle jouait avec lui et sa patience, qu'elle cherchait à voir où était ses limites, comme si c'était un jeu pour elle. Dans un sens, ç'aurait été une belle vengeance. Pauvre jeune fille née certes avec une petite cuillère en argent dans la bouche mais sacrifiée sur l'autel de l'orgueil de son père et de ses requins de prétendants.

« En musique ? Oh heu... Non... »

De la musique ? Plein de préjugés, Hippolyte imaginait déjà un récital très guindé, entouré de tout le gratin parisien, entre Chopin et Mendelssohn au mieux, Dutilleux et Boulez au pire. Si Hippolyte aimait l'art pictural même contemporain, la musique en revanche... Elle ne le dérangeait pas, simplement il ne la goûtait pas particulièrement. Mais bon... S'il fallait faire plaisir à la dame... Seulement, l'endroit où elle l'emmena ne ressemblait clairement pas à une salle de concert. Une porte noire, dissimulée dans un renfoncement, un vigile austère à l'entrée... Hippolyte fronça les sourcils mais suivi docilement Victoire... Avant d'amèrement le regretter.

Une boîte de nuit. Elle venait de l'emmener lui dans une boîte de nuit. Pataud et absolument pas dans son environnement, le pharmacien se demanda s'il était encore temps de rebrousser chemin, mais lorsqu'on lui pris son manteau, il compris qu'il était trop tard. Se retournant pour voir où en était Victoire, il manqua de s'étrangler. Il ne savait pas trop ce qui le laissait à ce point sans voix, si c'était la couleur or de la tenue, la longueur plus qu'osée du short ou simplement l'élégance avec laquelle Victoire la portait. Plus d'un homme ou d'une femme l'aurait traitée de dévergondée ou de traînée, à montrer ainsi son corps, mais Hippolyte était si éloigné des considération humaine qu'il la trouvait simplement magnifique. Elle avait de belles jambes, pourquoi les aurait-elle cachées sous une robe longue ? Il était surpris, le pharmacien, surpris et sans voix, et les battements effrénés de son cœur ne semblaient pas prêt de se calmer.

« Je... Je... Non, je ne sais pas danser, enfin... Vous... Vous êtes ravissante, Victoire. »

Voilà, c'était dit, avant même qu'il ait pu songer à dire autre chose et surtout à le formuler sans bégayer. Il ne savait pas danser, il n'avait jamais appris à danser, et c'était un homme si rigide et introverti qu'il état bien incapable de se mouvoir sur une piste de danse sans avoir l'air ridicule. Pourtant, il suivit Victoire, admiratif devant sa démarche chaloupée, et la regarda s'éloigner vers la piste. Très bien. Parfait. Il n'aurait qu'à... Qu'à rester là ? Il aurait l'air bêta... Finalement, il se dirigea vers le bar et se commanda un whisky, ainsi qu'un cognac pour Victoire. Là où la plupart des jeunes femmes préféraient les cocktails fruités ou les bières, il avait vite appris que certains goûts de la demoiselle dénotaient particulièrement avec son indéniable féminité. Après avoir réglé sa commande et emporté au passage une petite assiette d'amuse-bouche, Hippolyte alla se trouver un canapé et une table pour s'y installer. Qu'il se sentait bête, entouré de tous ces jeunes qui dansaient avec frénésie. Du regard, il chercha Victoire, ne la lâchant plus lorsqu'enfin il l'eut trouvée. Il devait bien avouer que c'était une belle femme... Une femme qui ferait le bonheur de celui qu'elle choisirait. Une femme qui aspirait sûrement à bien plus de liberté qu'elle n'en avait.s autres fêtards alors que le Disk Jockey passait "Voulez-Vous" d'Abba.

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MessageSujet: Re: Hippolyte || Now's the time for us to say Happy New Year (Flashback)   Sam 28 Jan 2017 - 23:43

Now's the time for us to say Happy New Year
Victoire & Hippolyte



Elle était assez satisfaite de son petit effet. Elle avait aimé voir cet homme impassible et guindé rougir comme un collégien devant sa tenue. Elle l'avait remercié avec son sempiternel sourire goguenard et s'était précipitée au milieu des danseurs anonymes sur la piste. Elle voulait évacuer son stress, se sentir autre que la jeune fille à papa qu'elle devait être. Elle voulait échapper aux regards acérés du paternel, aux réflexions amères, a l'air désapprobateur lorsqu'elle ne ramenait pas la meilleure note aux partiels. Elle ne se rappelait plus le dernier moment où elle avait reçu une marque d'affection de sa part, si elle en avait jamais reçu une. Elle pensait faire bien peu de cas de ce manque d'amour, elle pensait qu'elle ne dépendait pas de ça. Elle était loin de savoir que son caractère avait déjà été modelé selon les volontés du père De Langlois et que cela causerait le déchirement de sa famille.
Là, elle se déhanchait au milieu des gens qu'elle ne connaissait pas. Elle enlaçait la musique, elle se rassurait elle-même, dans ses propres bras, sur le beat entraînant du groupe suédois. Elle n'avait jamais dansé en boîte de nuit mais on aurait dit qu'elle avait ça dans la peau. Elle jouait de la hauteur de ses talons, elle se mouvait aussi souplement qu'une liane. Elle avait l'impression que la musique lui parlait, alors qu'elle passait une main dans ses cheveux sauvagement coiffés-décoiffés. La musique changeait, c'était "Girls Just Wanna Have Fun". Elle souriait alors qu'elle sautait en rythme tout en chantant. Si son père l'avait vu elle aurait ramassé la gifle du siècle mais elle s'en moquait. Ce soir elle était une autre, un papillon éphémère qui se brûlait à la lumière des spotlights.

Elle avait vu Hippolyte, assis dans un coin. Il ne la lâchait plus du regard. Ça la satisfaisait, d'une certaine manière. Elle voulait le provoquer, susciter chez lui plus qu'une envie bassement matérielle. Elle voulait qu'il la désire pour sa féminité plus que pour le compte en banque qui lui était affilié. Elle voulait le mettre à genoux, au moins une fois.
La musique baissa un peu alors que le DJ passait "Listen to Your Heart" de Roxette, pour calmer quelque peu l'ambiance et donner l'occasion aux uns et aux autres de prendre un verre. La jeune femme rejoint l'homme avec un sourire. Sous les lumières artificielles, elle faisait plus vieille et lui plus jeune. Elle en oubliait presque leur différence d'âge.

- Quel dommage que vous ne dansiez pas Hippolyte... Vous ratez quelque chose !

Elle vit qu'il lui avait pris un verre. Elle le saisit et huma discrètement alors qu'un sourire se dessinait sur ses lèvres. Du cognac... Il se rappelait bien ses goûts, visiblement. Elle en but une longue gorgée puis reposa le verre doucement.

- Merci beaucoup d'y avoir pensé, c'est très gentil de votre part.

Elle se rencogna dans son siège et guetta les danseurs sur la piste. Ce spectacle la ravissait visiblement. Elle détailla ensuite l'homme. Il avait toujours l'air aussi guindé, c'était à pleurer... Et elle ne pouvait s'empêcher d'y mettre son grain de sel.

- Dites moi, Hippolyte, vous n'êtes jamais allé dans un bal ou une quelconque soirée du genre ? Ça ne vous a jamais manqué ?

Elle pris une seconde gorgée de cognac en regardant dans le vague.

- Si je n'avais pas les moyens de m'éclipser dans des endroits comme celui-ci, je crois que j'exploserai. C'est fatiguant, tout ce décorum à devoir respecter au quotidien, cette discipline aussi bien à la faculté de médecine que chez moi. Je ne sais vraiment pas comment vous faites pour tenir, seriez-vous fait de granit ?

Elle rit doucement et grignota un petit toast en le détaillant un peu. Il était séduisant dans son costume bien trop sérieux. Elle se demanda comment serait la vie si elle l'épousait. Sans doute très ennuyeuse... Mais il avait l'air assez conciliant pour la laisser faire ce qu'elle avait envie de faire. Ce serait sans doute le parti le moins pire de tous ceux qu'elle avait à sa portée pour le moment. Il la tromperait certainement, elle ferait de même, ils s'arrangeraient pour faire quelques enfants histoire de contenter le paternel et tout le monde serait content. Elle ne connaîtrait sans doute jamais la félicité d'un mariage passionné et heureux mais peu importe. Tant que sa famille gardait son prestige, elle pourrait tout s'offrir.

Elle l'écoutait parler en mangeant un peu quand soudain, elle entendit les premières notes de "Wake Me Up Before You Go Go". Avec un sourire elle se releva et saisit la manche de l'homme.

- Oh j'adore cette chanson !! Venez dansez Hippolyte, allez ! Je vais vous apprendre sur le tas, ce n'est pas compliqué !!

Elle ne lui laissa de toute façon pas le choix. Elle dût se montrer suffisamment insistante pour qu'il la suive. Elle trouva un coin sur la piste où ils pouvaient tenir à deux sans être trop serrée et commença à bouger avec la musique.

- Ce n'est pas difficile ! Il faut écouter la musique et laisser son corps suivre le rythme, lâchez vous ! Un pas en avant, un autre derrière, un petit tour de hanches... Comme ça !

Victoire riait. Elle était sûre qu'Hippolyte pensait qu'elle n'aimait rien en dehors de la musique classique. Si seulement il savait qu'entre deux morceaux de Beethoven, elle prenait un plaisir certain à écouter Queen ou Bon Jovi sur son Walkman... Maintenant elle dansait devant lui avec un grand sourire. Elle prenait un malin plaisir à le voir se déhancher comme un pingouin et posa ses mains sur les siennes pour le guider. Il avait les paumes chaudes et douces du bureaucrate... Et à y repenser, au milieu des effluves du club, son parfum se faisait une place particulière dans ses narines.

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MessageSujet: Re: Hippolyte || Now's the time for us to say Happy New Year (Flashback)   Ven 3 Fév 2017 - 22:11

Now's the time for us to say Happy New Year
Victoire & Hippolyte



Si Hippolyte avait été un animal, il aurait tenu davantage du serpent ou de l'iguane que de n'importe quelle autre créature, tant son absence d'attrait pour le jeu et l'amusement dépassait l'entendement. Tout ce qui pouvait être inutile ou futile lui semblait négligeable, à tel point qu'il en était devenu triste à pleurer. C'était sûrement ça qui lui faisait le plus défaut : pas de passion ni de hobbys, donc pas de conversation. Même son intérêt pour l'art pictural, il le cachait, comme s'il avait honte de dire que oui, son esprit n'était pas totalement accaparé par son travail. Quelque part, il était frustré d'être là, comme un idiot, assit sur un canapé à siroter son whisky sans savoir quoi faire d'autre qu'observer les jeunes qui se déhanchaient sur la piste. A vrai dire, il en avait appris plus sur eux en les regardant deux minutes que s'il avait pris le temps de discuter avec. Le jeune homme qui gesticulait à droite était si alcoolisé qu'il ne se souviendrait sûrement pas du passage à l'année suivante, une demoiselle un peu plus loin devait avoir beaucoup de complexes à dissimuler et un très mauvais chirurgien esthétique, étant donné les retouches faites à la truelle qui lui marquait le corps. Un peu plus loin, il y avait ce couple qui se tenait la main pour les apparences, mais que les regards fuyant trahissaient comme étant au bord de la rupture. Il aurait pu faire ça pendant des heures et pourtant, Hippolyte détestait la psychologie, comme à peu près tous les scientifiques terre à terre du monde. Détournant les yeux de ce pathétique spectacle, il revint les poser sur Victoire. Elle était comme une grande flamme dorée se déhanchant au milieu de la piste, un phénix étendant ses ailes, et il se sentait malgré lui hypnotisé par sa présence.

La musique changea, et Hippolyte sentit soudain ses doigts se crisper sur son genou, alors même qu'un jeune homme, de cinq ou six ans son cadet, s'approchait de Victoire pour danser avec elle. Ce qu'il identifia comme de l'agacement, c'était une jalousie naissante et inconsciente vis à vis de tous ceux qu'il voyait s'approcher d'elle. Le garçon n'avait pourtant rien fait d'autre que prononcer quelques mots, se rapprochant doucement de la jeune fille sans pour autant être envahissant mais déjà, Hippolyte sentait monter en lui une furieuse envie de lui mettre son poing serré dans la mâchoire. Il n'avait jamais été particulièrement envieux ou jaloux, conscient qu'il était de toujours pouvoir obtenir ce qu'il voulait et ce à n'importe quel prix, mais Victoire était différente. Victoire aurait pu lui tomber dans les bras, papillonner des yeux en sa présence en sachant qu'il était un bon parti mais certainement pas le mari idéal, elle aurait pu simplement se soumettre à ce que son éducation lui avait prodigué. Elle était rebelle, Victoire, elle voulait s'affirmer en tant que personne et non objet de luxe que son père agitait au nez des prétendants. Victoire était une femme au caractère bien trempé, elle lui filait entre les dents... Et Hippolyte avait beau détourner les yeux, il savait que c'était ça qu'il appréciait chez elle. Elle savait parler et mettre en marche ses neurones, et non répéter des phrases sans queue ni tête apprises par cœur « pour se donner un genre ». Elle était belle, Victoire, mais avant d'aimer ses yeux, son visage, sa chevelure volant au rythme de la musique et les courbes de son corps évoluant d'une manière hypnotique, il appréciait son intellect. De là à dire qu'il éprouvait des sentiments, il y avait un monde pourtant si facile à traverser...

Plongé dans ses pensées, Hippolyte sursauta en entendant les talons de Victoire se rapprocher de lui, et haussa les épaules avec une moue bougonne.

« Vous n'avez pourtant pas l'air d'avoir besoin de moi pour vous amuser... », dit-il en désignant le jeune homme qui dansait quelques minutes auparavant avec Victoire.

Il leva son verre, trinqua avec elle et siffla la dernière gorgée de whisky qui y subsistait. S'il était déjà allé à un bal ou une soirée de ce genre ? Jamais. Hippolyte ne savait pas danser, n'aimait pas la foule, trouvait les gens ennuyeux... Ce n'était pas seulement un défaut d'argent ou de capacités physiques qui l'empêchaient de se rendre à de telles soirées. C'était bien par choix. Il n'avait pas encore l'écrasant charisme du chef d'entreprise multimilliardaire et respecté, il était encore ce petit cadre ambitieux, sérieux et sévère, celui qu'on devait trouver bien triste parfois. Mais alors qu'elle parlait, Hippolyte se rendit compte à quel point lui et Victoire étaient différents et issus de deux mondes radicalement opposés. Elle avait vu le jour dans une famille aisée de l'aristocratie français, mais pouvait-on réellement parler de chance ? L'étiquette douteuse, les leçons de morale, tout un paraître ridicule qui sonnait faux au XXème siècle... Lui avait certes connu les hivers rudes, dans une maison à peine chauffée, les sous que l'on connaît jusqu'au moindre centime, l'économie, toujours l'économie... Et la liberté. Il avait eu le choix de ses études, la liberté de choisir comment diriger sa vie, personne ne lui avait rien imposé ni attendu quoi que ce soit de lui. Il avait simplement fait de sa liberté un enfermement constant dans les études, le savoir et la solitude.

« Ça ne m'a jamais manqué, non. Je ne suis pas... Très friand de ce genre d'événement en général, vous avez dû remarquer que je n'étais pas très à l'aise avec les gens. »

Nul besoin de s'appeler Sherlock pour s'en rendre compte, de toute évidence.

« De granit, je ne sais pas, mais je pense que nous ne sommes pas fait du même matériau. C'est davantage pour vous que pour ennuyer votre père que vous faites ça, n'est-ce pas ? »

Pas très à l'aise mais certainement pas idiot, le Caesar. Victoire n'enfreignait pas les règles pour nuire à l'image de marque de son père mais plus pour s'évader et éviter de devenir folle. Ses yeux plongés dans les siens, il n'avait pas besoin de lui préciser que tout ce qu'elle dirait resterait entre eux. Hippolyte n'était pas un lécheur de pompes en puissance, il avait bien mieux à faire qu'aller raconter au paternel De Langlois que sa fille se trémoussait sur une piste et buvait en médisant.

« Enfin la... La soirée est intéressante, vous vous amusez... C'est l'essentiel. »

Il se serait volontiers donné des gifles pour avoir dit ça. Alors qu'un serveur passait avec un plateau chargé de boissons, Hippolyte attrapa en vitesse une flûte de champagne qu'il vida d'une traite. Peut-être l'alcool parviendrait-il à le dérider un peu ? Ou à le rendre amusant au moins ? A peine avait-il fini son verre que le DJ changeait à nouveau de registre, faisant vivement réagir les nombreux fans de Wham ! Présents dans la salle. Cette chanson-là, il devait bien avouer qu'elle ne lui déplaisait pas tant que ça. A vrai dire, Hippolyte mentait, lorsqu'il disait n'avoir toujours révisé que dans le silence le plus complet. C'était en réalité au rythme d'AC/DC et de Queen qu'il apprenait ses formules, mais il avait toujours eu comme un sentiment de malaise vis-à-vis de ça, comme si son image de pharmacien sérieux risquait d'être fracturée s'il avouait aimer ces rock endiablés et un brin rebelles. Il avait comme l'impression que Victoire assumait bien plus que lui cet aspect de sa personne. Alors il fit mine de refuser l'invitation et fini par céder, l'alcool aidant. Il suivit la jeune femme sur la piste de danse, tenta de se remémorer le clip fluo qui accompagnait la chanson et imita les pas de sa partenaire. Il se sentait maladroit, pataud, mais au bout de deux refrains, il avait pris le coup de main et se déhanchait pas plus mal que les autres. Il avait même le sourire aux lèvres, le taciturne pharmacien, il riait avec Victoire comme s'il s'était glissé dans la peau d'un autre. En se réveillant de cet étrange rêve, il partirait en courant, se cacherait et souhaiterait n'avoir jamais fait ça, mais pour le moment il s'amusait réellement. La chanson lui paru trop courte, et lorsque le DJ inséra un nouveau disque sur sa platine, il reconnu rapidement les premières notes de Rock around the Clock, ce vieux rock des années cinquante qui avait dû faire danser ses parents plus d'une fois. S'il avait un souci avec cette chanson ? Oh que oui. Rien qu'un tout petit, ridicule, minuscule souci. Il était incapable de s'imaginer danser là-dessus, n'en connaissait pas les pas, et lorsqu'il vit tous les couples se former autour de lui et se lancer dans une danse endiablée, il se sentit à nouveau très bête.

« Écoutez, Victoire, je... Je ne sais vraiment pas danser ça, vous l'avez bien vu, j'ai deux pieds gauches. »

A cet instant, Hippolyte se demanda ce qui pourrait être pire entre ça et un slow. Probablement un enchaînement des deux si le DJ décidait d'être sadique jusqu'au bout.
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MessageSujet: Re: Hippolyte || Now's the time for us to say Happy New Year (Flashback)   Dim 5 Fév 2017 - 23:56

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Victoire & Hippolyte



Qu’il était morne ce Caesar ! Victoire commençait à penser qu’il n’avait jamais ri de sa vie. Une espèce d’huître, aussi l’aise en présence de ses pairs qu’un poisson hors de l’eau. C’était triste à en pleurer, sincèrement. Elle avait bien tenté de lui lancer quelques piques pour le faire réagir mais il semblait se complaire dans la plus grande indifférence. Elle grimaça un peu lorsqu’il souligna le fait qu’ils n’étaient pas faits du même matériau . Comme pour marquer une différence entre eux, pour l’éloigner de lui, la déprécier peut-être ? Elle soupira en sirotant son verre de cognac et coula une œillade dans sa direction. Il n’avait pas tort, cependant, quand il disait qu’elle ne se comportait pas de façon aussi familière par rébellion envers son père.

- Evidemment. Si je voulais embêter mon père, je ne ferais pas ces choses quand il ne me regarde pas… Qu’importe, de toute façon il ne me regarde qu’au moment des résultats de mes examens.

Elle soupira et termina son verre cul sec. Elle avait envie de danser à s’épuiser. La jeune De Langlois vivait très mal le fait de n’être qu’une marchandise dans les mains d’un homme qu’elle n’avait jamais connu de très près. Il n’y avait pas de chaleur et de tendresse entre eux, juste une domination sans partage du pharmacien émérite et une admiration sans faille de sa fille. Même si Victoire aimait se rebeller et s’accorder des moments de liberté, elle n’assumait jamais de le faire devant lui. Au fond, elle voulait simplement profiter avant de devoir se résigner à la place qui serait la sienne. Elle devait le faire, pour l’avenir de sa famille. Pour son père, pour sa mère, pour l’héritage de leurs ancêtres.

Elle ne savait pas ce qu’elle attendait d’Hippolyte en lui disant tout cela. Peut-être espérait-elle un brin de reconnaissance, le moindre témoignage d’une affection, quelque chose qui aurait pu montrer qu’il la voyait comme autre chose qu’un parti avantageux. Elle avait saisi l’occasion quand le rythme entraînant de Wham ! s’était fait entendre. Peut-être arriverait-elle à le faire s’amuser ? Elle sourit quand elle s’aperçut qu’il ne refusa pas de l’accompagner sur la piste et admira les efforts qu’il mettait dans la danse. Bien sûr ce n’était pas parfait mais il y mettait du cœur, c’était plus qu’admirable. Et puis il avait cette façon un peu sauvage et empruntée de bouger tout en la dévorant des yeux qui lui plaisait. Elle le trouva beau, dans son costume, sous les lumières. La chanson lui sembla courte, bien trop courte et bientôt, les premières notes d’un vieux rock vinrent remplacer le synthétiseur. Victoire sourit devant le jeune pharmacien, embêté, qui semblait s’excuser de ne pouvoir danser alors qu’autour d’eux, tout le monde se rangeait par paires. Un fin sourire para les lèvres rouges de la jeune femme. Ooh que non, il n’allait pas s’en tirer comme ça. Sans lui laisser le temps de reculer, elle saisit ses mains et les positionna, une sur sa taille et l’autre dans la sienne.

- Ne vous en faites pas, j’ai appris à danser le rock, c’est toujours de bon ton dans les rallyes ! Suivez-moi simplement !

Aussitôt, elle commença à se déhancher en rythme, guidant son compagnon, en lui souriant un peu plus. Ils ne s’en sortaient pas si mal dans leur duo. Elle n’aurait pas su si c’était à cause de leur façon de se tenir ou de leurs vêtements mais ils attiraient quelques regards. Victoire s’en fichait bien, elle s’amusait avec cette huître de Caesar qui semblait rougir comme un jeune collégien. Il eut néanmoins de la chance, le rock ne durait que deux minutes, pas de quoi se ridiculiser longtemps.
-Eh bien voilà, ce n’était pas si terrible ! Vous vous en êtes très bien sorti Hippoyte. Je vais nous chercher quelque chose à boire, pour la peine.

Elle s’en alla en lui faisant un clin d’œil. Pas de slow pour le moment mais plutôt Venus de Bananarama.
En fredonnant, elle arriva au bar et demanda deux verres de whisky. Elle remarqua, trop tard, un jeune homme qui la fixait avec insistance depuis qu’elle avait quitté la piste. Il s’approcha d’elle en replaçant le col de sa chemise et Victoire soupira. Allons bon, à quel compliment bâteau allait-elle avoir droit cette fois-ci… ?

- Vous êtes seule mademoiselle ?

Victoire ne put s’empêcher d’afficher un sourire sarcastique.

- Oh bien sûr, c’est d’ailleurs pour ça que je commande deux verres.

Le jeune homme rit, avec l’air de ne pas très bien saisir si elle se payait sa tête ou non. Mais il revint aussitôt à la charge, lorgnant son décolleté. Son haleine puait la vodka.

- Jvois que vous êtes une marrante… ça vous dirait qu’on aille se raconter des blagues un peu plus loin, dans un coin tranquille ?

Au même moment, le barman revenait avec les deux verres. Victoire les saisit et regarda à peine son interlocuteur. Ce n’était pas la peine de donner de l’importance à ce genre de pauvre garçon en mal d’affection.

- Non merci, je préfère danser. Bonne soirée, ceci-dit.

Alors qu’elle se retournait, elle sentit un contact au niveau de son postérieur, qui lui déplut tout particulièrement. La main de l’homme lui avait fait l’effet d’une décharge électrique alors qu’elle se retournait vers lui, les yeux pétillants de haine. Elle avait déjà tué plus imposant que cette petite merde.

- Comment osez-vous !?

L’homme la toisa d’un air goguenard et se mis à rire, d’un rire gras, détestable.

- Bah alors mademoiselle, on joue la sainte-n’y-touche ? Hé fallait pas t’habiller comme ça si tu voulais pas te faire aborder, salope va !

Les mains de Victoire se mirent à trembler. Dans un contexte normal, elle l’aurait sans problème mis à terre et piétiné. Mais elle était en tenue de soirée, en talons, entourée de témoins. C’était la soirée du nouvel an, elle devait s’amuser. Elle devait s’amuser mais on l’avait ridiculisée, on l’avait réduite à un vulgaire objet parce qu’elle avait voulu s’habiller différemment, se sentir désirable pour la personne qu’elle avait invitée. Ce malotru, avec ses paroles crues, l’avait profondément heurtée. Même si l’attitude n’était pas la même, elle savait que les hommes de son entourage qui la courtisaient la voyaient exactement comme lui. Un morceau de viande, un investissement, une chose à avoir et à posséder. Quelques larmes de rage piquèrent ses yeux et elle tourna rageusement les talons, sans rien faire, serrant de toutes ses forces les deux verres, alors que le rire de l’homme la poursuivait. Elle rejoignit Hippolyte, qui s’était assit, et déposa avec un geste sec les deux verres sur la table basse avant de s’asseoir en tournant résolument la tête pour qu’il ne puisse pas voir la légère rougeur de son nez et de ses mirettes.

- Excusez-moi d’avoir mis si longtemps, j’ai été retenue au bar.

Sans qu’elle s’en rende compte, avec un peu de nervosité, elle tirait sur le bas de son short, comme si elle avait l’espoir de lui faire gagner quelques centimètres pour se couvrir davantage. Victoire avait du répondant, un nom, une famille, mais elle n’avait aussi que 18 ans, bientôt 19. Elle n’était qu’en première année de médecine et se trouvait dans la période la plus stressante de sa vie. Même pour quelqu’un d’aussi solide qu’elle, autant de colère, mêlé à l’alcool et à l’euphorie qui avait précédé ne pouvait que fissurer le masque qu’elle s’était forgé.

Au même moment, le DJ passait En Rouge et Noir de Jeanne Mas. La jeune De Langlois adorait cette chanson et se sentait extrêmement touchée par le message qu'elle véhiculait. Pour tout dire, elle l'écoutait presque aussi souvent que Verdi ou Beethoven depuis le jour de sa sortie. Rageusement, elle passa ses doigts dans ses cheveux, inspira un grand coup et se tourna vers le jeune Caesar.

- Je trouve que cette chanson est magnifique.

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MessageSujet: Re: Hippolyte || Now's the time for us to say Happy New Year (Flashback)   Ven 17 Fév 2017 - 21:10

Now's the time for us to say Happy New Year
Victoire & Hippolyte



Ils étaient différents, c'était indéniable, mais Hippolyte n'était pas certain que ce soit une mauvaise chose. De bonne ou de mauvaise grâce, il suivait Victoire dans ses aventures parisiennes, reprenait les rênes de sa jeunesse et découvrait des choses qu'il n'aurait jamais songé à expérimenter en temps normal. Séduire une femme lui ressemblant l'aurait ennuyer à un point tel qu'il n'aurait probablement pas fait le moindre effort, alors qu'il en faisait de considérable avec Victoire, qu'elle s'en soit rendue compte ou non. Lorsqu'il la regardait, il était frappé par tout ce qui les opposait, les différenciait, sans pour autant en faire des ennemis ou des rivaux. Ses parents à lui s'intéressaient de loin à ce qu'ils faisaient, pas par désintérêt mais par évidente incompréhension. Hippolyte était l'un de leurs deux seuls enfants à être aller à la fac, et le seul à pouvoir se vanter d'avoir obtenu deux doctorats avec une facilité déconcertante. Mais il n'avait jamais eu personne sur son dos, personne pour lui dire de travailler davantage, personne pour le pousser dans ses retranchements et en faire quelqu'un de meilleur. Tout ça, il se l'était imposé lui-même, par choix, par convictions... Victoire, elle, subissait sans cesse les brimades d'un père qui aurait préféré un fils, les remontrances lorsqu'elle osait ne pas majorer de justesse dans une matière, et des regards dédaigneux alors qu'elle donnait le meilleur d'elle-même. C'était injuste, se disait Hippolyte en contemplant la tristesse sur les traits juvéniles de sa compagne. Injuste et pourtant, il allait être amené à reproduire le même schéma avec ses enfants. Peut-être Hippolyte pouvait-il essayer de donner un peu plus d'affection à cette femme, en ce soir de réveillon ? C'était beaucoup lui demander mais au fond, il appréciait réellement Victoire, pas que pour son nom ni sa fortune, mais aussi pour sa personne. Alors il accepta d'aller danser pour lui montrer son intérêt, pour lui prouver qu'il ne s'ennuyait pas.

Il parvint même à véritablement s'amuser, s'abandonnant à la frénésie de la musique en oubliant les apparences, finissant par accepter qu'ici, les gens se fichaient bien de le voir droit dans ses bottes, ce qui comptait c'était uniquement de s'amuser et de s’enivrer. Seulement ça, c'était facile. Bouger un peu sur un rock à la mode, c'était à la portée de tout le monde, mais un vieux rock'n'roll exigeant, frénétique et endiablé, c'était une autre paire de manches. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Hippolyte se retrouva, le rose aux joues, avec une main sur la hanche de Victoire et l'autre entre les doigts de la jeune femme. Lui qui avait l'habitude de diriger, il se laissa totalement aller à la confiance avec sa partenaire, la laissant guider ses pas comme s'il avait été aveugle. Il regretta même que la musique s'arrête, cas ce n'est qu'à la fin qu'il se rendit compte que ce n'était pas si terrible et même... Plaisant, comme musique. Lorsqu'ils s'arrêtèrent, il se passa la main dans les cheveux avec un air gêné.

« Oh... Bien débrouillé c'est vite dit, sans vous j'aurais eu l'air bêta ! Vous êtes une très bonne danseuse et... Excusez-moi, c'est déplacé. »

Alors qu'elle se dirigeait vers le bar pour leur ramener des boisson, Hippolyte retourna s'asseoir à leur table en soupirant. Il se sentait bête, pataud, et plus ses yeux s'attardaient sur Victoire, plus il la trouvait belle, fascinante, désirable sous tous les aspects de sa personne... Plus il la regardait, moins il avait envie de la posséder comme un objet, à l'instar de son père. Plus il la regardait, plus il avait de respect pour elle, et cette boule qu'il avait dans l'estomac le faisait grimacer par son incongruité. Etait-il malade ? Il aurait été en tout cas grand temps de lui expliquer la chimie des sentiments. Fébrile, il se réinstalla dans le canapé en tapotant distraitement du pied au son de la musique. Au bout de quelques minutes cependant, il commença à s'inquiéter de ne pas voir Victoire revenir. Tendant le cou en direction du bar, il la vit simplement se retourner en direction d'un jeune homme, avant de revenir précipitamment vers le pharmacien. Les verres furent posés avec bien trop de nervosité pour qu'Hippolyte y soit indifférent. Il chercha le regard de Victoire, mais elle resta résolument tournée dans la direction opposée.

« Victoire ? Est-ce que vous va bien ? Vous avez l'air... »

Mais il ne termina pas sa phrase. Elle tremblait et s'était crispée alors qu'il approchait sa main de son épaule. Dans des gestes fébriles, elle tirait sur sa tenue pour couvrir un peu ses longues jambes, sans succès. Il n'était pas très doué avec les états d'âmes humains, le Caesar, mais il était perspicace et comprenait plus de choses qu'il n'y paraissait. Ses yeux se posèrent sur la foule, à la recherche de celui vers qui il avait vu Victoire se retourner. Celui qui, il en était certain, était à l'origine du malaise de la demoiselle. Celui qui, à cet instant, faisait vrombir un grognement de colère dans la gorge du Caesar. Lorsqu'elle se tourna vers lui, elle lui souriait, mais ses yeux étaient rougis des larmes qu'elle refusait de verser.

« Profitez de la musique, Victoire, je reviens. »

Il posa doucement sa main sur cette de Victoire, se leva, réajusta sa tenue et se dirigea vers le bar, où il reconnu sans peine ce jeune homme éméché qu'il avait vu avec Victoire quelques minutes auparavant. Ce n'était peut-être pas lui, la source du mal-être de la jeune femme ? Mais étant donné le taux d'alcool qu'il semblait avoir dans les veines, il ne risquait pas de mentir longtemps. Sans ménagement, il tapota l'épaule du jeune homme, qui se retourna et le regarda de haut avec un sourire goguenard. S'il y avait bien une chose dont la nature n'avait pas fait cadeau à Hippolyte, c'était bien une taille respectable. Du haut de son petit mètre soixante quinze, il se sentait rabaissé par ce gamin qui devait baisser les yeux pour voir ceux de son aîné. Loin de se démonter pour autant, Hippolyte lui jeta un regard glacial en désignant Victoire d'un mouvement de tête.

« J'aimerais savoir ce que tu as fais ou dis à cette jeune femme... »

L'autre éclata de rire, héla ses amis pour leur faire partager le moment et haussa les épaules.

« C'est ta meuf ? Bah mon pauv' vieux, coincée comme elle est, tu dois avoir du mal à tirer ton coup avec ! »

Rire gras, bourrade dans l'épaule... Ils étaient tous ivres et bien mal éduqués. Hippolyte sentit ses poings se serrer, ses mâchoires se crispées, mais il parvint à garder son calme néanmoins.

« Tu vas aller t'excuser auprès d'elle immédiatement. Tu vas lui dire que tu es un idiot et navré de l'avoir importuné. »

A nouveau des rires, et Hippolyte dut lutter pour ne pas envoyer son poing dans la mâchoire du malotru. Alcoolisé comme il l'était, le type ne semblait pas avoir reconnu cet homme froid et taciturne qui lui avait pourtant dispensé plus d'un TD pendant ses deux premières années de licence. Quel dommage qu'Hippolyte ait eu une si bonne mémoire. Quel dommage également qu'il ait bien assez d'armes en main pour ne pas avoir à frapper l'autre et lui donner une occasion de répliquer.

« T'as cru qu'tu m'faisais peur, papy ? J'irai pas m'excuser, elle l'a cherché ! »

Papy... C'était ça, l'impression qu'il donnait ? Il n'avait même pas trente ans...

« Tu vas aller t'excuser, oui. Autrement, je serais forcé de dire au patron de ton père que tu insultes sa fille unique. Combien de temps crois-tu que ton paternel gardera son poste avant que De Langlois ne le mette à la porte pour une raison X ou Y ? »

Le visage de l'autre se décomposa, comme si la menace d'Hippolyte venait de doucher toute son assurance. La plupart des enfants issues de familles riches ou nobles avaient peur de leur père, ou plutôt peur de cette lueur de déception dans le regard du paternel. A cet instant, le Caesar savourait sa victoire, car il pouvait, en quelques mots, détruire la crédibilité d'une famille en mettant tout sur le dos d'un gamin alcoolisé qui ne connaissait pas les limites de bienséance. Hippolyte était un homme fourbe et observateur, user des petits secrets de certain pour parvenir à ses fins, il connaissait, et visiblement, cette technique lui était utile même dans des situations où il aurait cru ne jamais en avoir besoin. Sans ajouter un mot, Hippolyte fit volte face et s'en retourna auprès de Victoire.

« J'espère que je n'ai pas été trop long. Nous avions quelques... Différents à résoudre. A mon avis, il ne va pas tarder à venir vous présenter ses excuses. »

A cet instant, le DJ lança un nouveau disque, et les premières notes de Still Loving You de Scorpions firent hurler la foule et se lever les couples. Il n'aimait pas les slow, le taciturne pharmacien. Il n'aimait pas la proximité qu'ils impliquaient, mais il détestait plus encore de voir la tristesse dans les yeux d'une Victoire pourtant si pétillante de vie habituellement. Alors, avec un sourire un peu gêné, il lui tendit la main et l'invita à danser.

« Chassons ces vilaines idées, d'accord ? »

Du coin de l'oeil, Hippolyte surveillait le goujat qui avait importuné Victoire. Cinq minutes de réflexion, peut-être dix, et il prendrait assurément la bonne décision.
© Grey WIND.

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Your tongue oily water under my bridge

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MessageSujet: Re: Hippolyte || Now's the time for us to say Happy New Year (Flashback)   Jeu 9 Mar 2017 - 9:24

Now's the time for us to say Happy New Year
Victoire & Hippolyte



Alors qu'elle avait essayé de se cacher, le pharmacien s'était montré extrêmement prévenant avec elle. Depuis quelques minutes, elle le trouvait presque plus doux. Il y avait donc de l'humain derrière la pierre... En tout cas, elle remarqua son regard lorsqu'elle essayait de refouler ses larmes. Il ne la jugeait pas mais ne la prenait pas non plus en pitié. Il lui sembla qu'il la voyait comme un être qui avait été bafoué et qui n'avait rien fait pour l'être. Cela lui faisait du bien, à la jeune De Langlois, qui n'avait été habituée dans sa jeunesse qu'a la sécurité de son entourage. Quand il se leva, elle esquissa un geste pour l'arrêter, sans grand effet. Il était trop décidé pour se stopper dans son élan !

- Non, ne...

Hippolyte était déjà parti. Elle se perdit dans ses pensées, laissant ses yeux divaguer dans la foule. Soudainement, elle n'avait plus vraiment envie de danser. Elle se demandait même si elle avait bien fait de sortir. Elle se rendait compte que toute sa vie, elle avait été coupée du monde réel et traitée avec déférence grâce à son rang. Alors qu'elle se complaisait en parties de tennis dans des jardins somptueux, en balades à cheval dans les haras de Versailles, en rallies chez les plus riches familles du pays, des femmes subissaient chaque jour les remarques qu'elle avait dû affronter ce soir. Elle se doutait également que parfois, leur sort devaient être bien pire. Elle eut soudain très peur de ce monde qu'elle ne connaissait pas. Elle réalisa que dans ce club, elle était entouré d'inconnus qui n'étaient pas bridés par un protocole strict et qui pouvaient avoir des réactions imprévisibles.
Brusquement, elle se sentit beaucoup moins à l'aise. A vrai dire, elle serait sans doute repartie si son cavalier n'était pas reparu pour la rassurer. La jeune femme rougit un peu de sa gentillesse et passa une main dans ses longs cheveux bouclés.

- Je vous remercie Hippolyte... Vous n'étiez pas obligé de faire tout cela pour moi.

Les premières notes du tube de Scorpions s'égrenèrent et la jeune femme se dit que dans d'autres circonstances, son coeur aurait battu plus fort. Mais son cavalier avait déjà bien dansé et elle ne se sentait plus d'humeur à le mener sur la piste... Mais étrangement, ce fut lui qui l'invita. La jeune femme se trouva interdite l'espace d'un instant alors qu'elle sentit ses joues la brûler. Finalement, elle posa sa main dans celle de son compagnon et lui adressa un sourire sincère. Il avait fait revenir des étincelles dans ses yeux alors qu'ils se perdaient au milieu des autres couples. Cette fois-ci, Victoire décida de le laisser mener la danse. Au rythme de la chanson des Scorpions, elle se surprit à détailler le visage de son compagnon de soirée autrement. Il était sévère certes mais ses yeux cachaient une volonté de bien faire et un certain côté tendre. Elle se sentait soudainement en sécurité avec lui, bien que sa hauteur de talon lui donnât une taille quasiment égale à la sienne. Elle frémissait en sentant la chaleur de ses paumes sur sa taille et, doucement, elle finit par reposer sa tête près de la sienne avant de murmurer.

- Hippolyte, je…

Sa phrase mourut dans sa gorge. Elle était incapable de mettre des mots sur ce qu’elle ressentait en cet instant. Incapable d’exprimer à quel point elle était reconnaissante du geste du pharmacien, à quel point elle s’était amusée de le voir danser, à quel point elle avait apprécié de le voir se démener sur la piste pour ses beaux yeux alors qu’il disait ne pas aimer danser. Qui aurait cru qu’en cet instant, elle avait l’impression de voir cette homme autrement que comme un simple bon parti qu’elle aurait épousé pour la forme ? Comment aurait-elle pu prévoir qu’après des années, après une adultère et une tentative de meurtre, ils seraient toujours à s’aimer comme des fous ?
Ce soir là, peut-être n’avait-elle pas pressenti qu’Hippolyte serait l’homme de sa vie mais son corps entier avait vibré d’une soudaine attirance pour le pharmacien. Elle avait eu l’impression de le découvrir sous un nouveau jour. Elle avait eu l’impression qu’il l’avait comprise, ne serait-ce qu’un peu.

- Je crois que je vous apprécie beaucoup.

Alors que les notes de la chanson gagnaient en intensité, elle sentit poindre en elle un élan auquel elle faillit céder, mais elle n’en fit rien, par timidité et par crainte aussi. Elle appréciait cet homme mais il n’était encore qu’un étranger dans sa vie, un homme qui la courtisait et avec lequel elle jouait. Se connaissaient-ils vraiment au fond ? Bien sûr, elle avait envie d’en apprendre davantage sur lui mais la bienséance la bloquait encore trop. Elle tenta de se décider plusieurs fois, mais la musique se termina avant, lui laissant une drôle sensation de déception dans la gorge. Néanmoins, elle souriait sincèrement au Montpelliérain lorsqu’ils revinrent s’asseoir à leur place.

- Vous êtes bien plus à l’aise que moi sur les slows à vrai dire !

Alors qu’elle le regardait, elle aperçut le jeune homme qui l’avait menacée, tout penaud, venir dans leur direction. Victoire grimaça mais garda la tête haute alors que celui-ci baragouinait des excuses. Il avait l’air complètement au bord des larmes, comme un enfant qui avait été pris sur le fait après une grosse bêtise. La jeune femme garda un air très fermé, sévère et hocha la tête quand il eut terminé, en la suppliant de ne pas parler à son père. Tiens tiens, ainsi il avait un lien avec l’entreprise des De Langlois ? Intéressant.

- Je ne pense pas être capable de vous pardonner. Cependant, je veux bien mettre vos paroles déplacées sur le compte de la boisson et je consens à passer l’incident sous silence auprès de Monsieur De Langlois pour cette fois… Mais vous feriez mieux de surveiller votre comportement. Dans cette société, il n’y a pas de place pour les pochetrons.

D’un geste de la main, elle lui donna congé. Elle avait tenté de rester sérieuse mais au fond, elle se trouvait bien ridicule.

- J’ai bon dos de régir comme une grande dame alors que je pleurais comme un gosse il y a quelques dizaines de minutes… Enfin, j’espère qu’une autre femme ne sera pas victime de lui.

Elle sourit à Hippolyte. Ils s’étaient assis beaucoup plus proches que tout à l’heure, leurs corps se touchaient presque, elle pouvait sentir la chaleur de son corps irradier près d’elle. Elle ne savait pas pourquoi, mais sa présence la mettait dans un drôle d’état soudain. Doucement, elle tourna la tête vers lui. Une mèche de ses cheveux avait quitté leur discipline spartiate, ce qui donnait au pharmacien un petit air rebelle. Doucement, elle passa une main dans ses cheveux et en délogea quelques autres, avec douceur. Elle lui sourit gentiment et plongea ses yeux dans les siens.

- Vous avez l’air plus naturel comme ça…. Ça vous va bien. Vous avez un petit air de rebelle !

Le DJ avait lancé Take My Breath Away, une chanson que la jeune femme avait entendue pour la première fois dans un film avec Tom Cruise. Elle était jouée dans une scène d’amour, ce qui la fit un peu rougir, d’autant que, sans qu’elle sache vraiment pourquoi, la présence d’Hippolyte faisait poindre en elle une envie de proximité qu’elle n’avait jamais eue avant.

© Grey WIND.

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Hippolyte || Now's the time for us to say Happy New Year (Flashback)

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