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 (cesare(-18)), home is where your heart is.

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ADMIN - master of evolution
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SUR TH DEPUIS : 15/02/2015
MessageSujet: (cesare(-18)), home is where your heart is.   Mer 1 Fév 2017 - 2:02


as long as we're together,
does it matter where we go ?
cesare demaggio & isolde saddler

Les fêtes de noël étaient passées  et rapidement, les choses étaient redevenues normales à Radcliff et la normalité selon Radcliff, c’était probablement tout un concept. Déjà les gens ne pensaient plus à tout ce qui avait pu se passer au mois de décembre et aux cadeaux qu’ils avaient reçu et ils commençaient à se concentrer de nouveau sur tout le reste et tout le reste, c’était souvent un véritable désastre. Elle avant l’impression, Isolde, qu’à chaque fois qu’un mois se terminait sans encombre, sans grosse crise, on allait déboucher le champagne à la mairie. C’était rare en même temps, même en décembre, y avait eu des histoires de meurtres. Janvier avait été plutôt calme, mais y avait de quoi craindre que ce soit le calme avant la tempête, alors février était à prendre avec plus de prudence et si février était calme aussi, alors ce serait la catastrophe en mars. Tout ce qu’elle voulait Isolde, c’était qu’on lui foute la paix en avril, puisque c’était ce mois-là qu’ils avaient choisi, avec Cesare, pour célébrer leur mariage et plus le temps passait, plus les choses étaient en train de se construire et ça, elle n’avait vraiment pas envie qu’un élément quel qu’il soit vienne le leur gâcher. Contre toute attente, sans doute, elle était comme toutes les futures-mariées du monde, angoissée à l’approche du jour-j, avec la volonté que tout soit parfait. Heureusement, parfait, à leur échelle, à Cesare et Isolde, ce n’était pas si difficile que ça à atteindre. Pas question de voir les choses en grand de toute façon, ils étaient trop simple, l’un comme l’autre pour envisager un genre de mariage princier qui en foutrait plein la vue à toute la ville. Y avait peu de chose qui pouvait vraiment mal se passer, ce jour-là, alors tout ce qu’elle demandait à présent Isolde, c’était qu’on lui laisse son mois d’avril tranquille, elle ne demandait même pas la tranquillité pour toute l’année, elle n’était pas aussi ambitieuse, bien entendu, alors juste un mois, c’était quand même pas trop demandé.

Pour ce qui était du mois de février, elle l’avait appréhendé avec une certaine angoisse. Elle savait que la sœur de Cesare était morte durant la fête de l’hiver, au début du mois de février, un an plus tôt. Elle était bien placée pour savoir que c’était le genre ‘d’anniversaire’ qui n’était pas facile à vivre. Année après année, elle, elle avait un jour au mois d’août qui représentait pour elle la pire journée de l’année et ce depuis neuf ans maintenant. Au moins, il n’avait pas été question de célébrer cette fête de l’hiver cette année, tant pis pour la tradition. Au pire pour le coup, elle s’en foutait bien de la ville de Radcliff, elle pour le coup, tout ce qu’elle avait voulu, ça avait été apporter un peu de soutien à Cesare. Mais maintenant, les jours avaient filé depuis ce tragique anniversaire et bien malgré elle, elle ne pouvait plus juste se foutre de la ville, fallait qu’elle se remette au boulot et peut-être qu’elle l’avait un peu trop négligé le boulot, ces derniers temps, souvent plus concentrée sur son mariage que sur le reste. A raison, après tout, ça approchait et c’était vraiment important pour elle, alors elle en décalait des trucs, souvent, pour s’occuper de ça et tant pis, si arrivé à la mi-février, elle faisait des heures supplémentaires pour rattraper le retard qu’elle avait pris depuis le début du mois. Elle avait prévu d’y rester un moment, au bureau, elle l’avait prévenu Cesare, que ça servait à rien de l’attendre ce soir, qu’elle ne savait pas à quelle heure elle allait rentrer. Maintenant qu’elle avait son permis et une voiture, au moins, elle ne galérerait pas à rentrer, malgré l’heure tardive, c’était déjà ça. Finalement, au détour d’une conversation on lui avait appris que c’était la saint-valentin aujourd’hui, une fête qu’elle n’avait jamais vraiment célébré Isolde, trop longtemps célibataire, elle n’avait fait que profiter des promotions sur le chocolat, après cette fameuse fête passée. Au moins, elle pouvait se rassurer en se disant que puisque Cesare aurait été capable d’oublier noël, il avait aussi probablement oublié la saint-valentin. Ça ne l’avait pas empêchée de se dépêcher d’aller ramasser ses affaires pour rentrer chez elle. C’était pas prévu, elle n’avait même pas pris le temps d’envoyer un message à Cesare pour lui dire que finalement, elle rentrait pas si tard que ça, tant pis ça lui ferait la surprise. Elle avait quand même pris le temps de faire quelques achats avant de rentrer. « Hey. J’suis rentrée. » Elle retira sa veste pour l’accrocher au porte-manteau, avec son écharpe, l’attirail nécessaire pour résister au froid de l’hiver. Elle ne pouvait pas s’empêcher de penser que les phrases du genre ‘j’suis rentrée’ étaient complètement inutiles, il allait bien le voir qu’elle était entrée, ou l’entendre, ne serait-ce qu’avec le bruit de la porte d’entrée. Au moins, y avait peu de chance de la confondre avec un intrus comme ça. Pourtant, elle continuait de le balancer, ces phrases, à chaque fois qu’elle rentrait après lui, un genre d’habitude qui venait avec la vie de couple, et mine de rien, ces habitudes s’installaient vite, après quatre mois, ils en avaient pris plein, sans doute sans même s’en rendre compte.

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Dernière édition par Isolde Saddler le Lun 13 Mar 2017 - 19:48, édité 1 fois
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ADMIN - master of evolution
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MessageSujet: Re: (cesare(-18)), home is where your heart is.   Mer 1 Fév 2017 - 4:59

Il semblait que c’était un fait immuable, pesant sur son cœur même s’il ne l’voulait pas vraiment. Même si tout autour de lui, semblait encore avoir l’allure d’un bonheur parfait et sans nuage. Le mois de février avait, dans sa tête, dans son cœur, et au bout de sa langue, un arôme dégueulasse. Il n’était pas un type qui comptait les jours, pourtant, Cesare – pas quelqu’un qui avait grandi en pensant aux dates comme si elles étaient importantes. Il n’avait jamais oublié la date d’anniversaire d’Aria. Il semblait qu’il n’pourrait jamais oublier la date de sa mort non plus. Ca semblait plus fort que lui, une torture imposée par les années qui étaient passées, les souvenirs inscrits dans sa tête et dans ses chairs ; presque un devoir, imposé par la génétique, le fait que pendant tant d’années, il avait été le frère ainé d’Aria. Et qu’il avait échoué à la protéger. Et qu’en plus de ça, toutes les questions lancinantes qu’il aurait pu vouloir lui poser, n’avaient toujours pas trouvé de réponse. Elles n’en auraient jamais, et Cesare, il allait devoir vivre avec ça. Et avec ses échecs. Et avec l’infini des possibilités ; de c’qui aurait pu, et c’qui ne serait jamais. Dans son coin à lui, ces songes qu’il n’mettait pas à haute voix, comme si ce serait gaspiller son air ou son temps, Cesare ressassait toutes les pensées les plus noires qui soient. Kingsley Moren était mort lui aussi, et pourtant l’monde n’semblait pas tourner plus rond. Et le deuil que portait le DeMaggio sur ses épaules n’avait pas meilleur goût, pas plus de sens – rien, rien ayant l’allure d’une quelconque consolation. Et quand Isolde essayait de lui occuper l’esprit – il n’était pas stupide, après tout – quand elle parlait mariage avec entrain, y’avait une douleur lancinante qui s’éveillait en Cesare, plus vive que jamais auparavant. Il pensait à ce jour-là, le jour le plus heureux d’sa vie il voulait bien le croire déjà ; et au moment où il lèverait les yeux, vers quelque-part, vers quelque-chose – une place vide qui aurait dû être celle de sa sœur. Il était sûrement déjà infiniment chanceux d’avoir Skylar qu’il avait cru morte pendant sept longues années ; ou même une cousine dont il n’avait rien su de l’existence quelques mois plus tôt, et qui n’était pas folle, contrairement au reste de leur famille. Mais rien, personne, aucune attention doucereuse, aucune distraction, aucun moment avec Isolde même, ne pourrait remplacer Aria. Il aurait pu mieux faire. Il aurait dû mieux faire. Irrémédiablement, personne n’était mieux placé pour comprendre tout ça, que la femme qu’il allait épouser elle-même : il était reconnaissant, qu’elle ne l’pousse pas particulièrement à parler – qu’elle soit là aussi, qu’elle lui laisse parfois ces moments rien qu’à lui. Et toutes les autres fois, il s’demandait encore et encore, si tout n’était pas un rêve, ou bien c’qu’il avait bien pu faire, pour qu’une femme comme ça s’éprenne de lui, reste à ses côtés malgré tout, accepte ses démons et panse son âme.

Ce soir… ce soir, il essayait de n’pas penser. Un peu comme souvent, depuis qu’il passait des heures et des heures seul, à tenter de n’pas jeter un coup d’œil à une horloge toutes les cinq minutes. Ouais, le boulot c’était important. Et ouais, aussi désespérée la cause de Radcliff semblait-elle, c’était toujours quelque-chose qui tenait à cœur d’Isolde : après tout, si elle n’avait  pas eu une attraction toute particulière pour les causes désespérées, ils n’auraient jamais été où que ce soit, tous les deux. Evidemment, alors, qu’il n’pouvait pas la blâmer, qu’il n’pouvait pas râler, qu’il n’pouvait pas s’énerver ; il pouvait juste surveiller l’heure d’un coin du regard, espérer que ce soit juste le boulot qui explique l’absence d’Isolde, et non pas un énième connard amenant un énième coup dur dans leurs vies. Et en février, c’n’était pas facile de n’pas être paranoïaque pour Cesare ; peut-être était-ce stupide d’penser comme ça. Alors, il était stupide, et tant pis. Il avait essayé de s’occuper de Clara sans trop d’encombre, gardant la tête froide et l’esprit léger ; probablement qu’en grandissant, les enfants devenaient plus sensibles aux signes même les plus anodins qui soient. Il s’escrimait donc à la cajoler, la couvrir de bisous et de câlins, prendre son temps pour la bercer quand il essayait de l’endormir – au moins, cette affection simple, infinie, altruiste, douce, avait ce quelque-chose d’unique, qui lui capturait littéralement l’attention. Clara endormie pourtant, il lui restait probablement à Cesare, encore un tas d’heures à passer solo. Il avait fait des courses pour l’occasion : après la période de Noël, il n’avait pas particulièrement eu envie de mettre les petits plats dans les grands, niveau cuisine. Mais maintenant, il avait enfin fait tous les achats pour cuisiner un plat mexicain qui révolutionnerait complètement la façon dont Isolde voyait, les spécialités mexicaines. Et combien de temps perdit-il à s’affairer comme ça ? Il aurait juré pas si longtemps que ça, pourtant, en entendant qu’Isolde rentrait, il dut bien lever les yeux vers la première horloge à proximité. Avait-il vraiment passé des heures derrière les fourneaux ? « Laisse-moi deviner… est-c’que quelqu’un t’a foutue à la porte de la mairie ? » il demanda, incapable de retenir une ironie, alors qu’elle était encore dans la pièce voisine. Il n’allait pas s’en plaindre, lui. Au contraire, il laissa bien vite tomber ce qu’il était en train faire – s’assurant que rien ne cramait quand même avant – pour aller rejoindre Isolde : « T’en fais pas, j’t’accueille avec plaisir, moi. » sourit-il, d’un air niaiseux sans doute, porté par l’habitude si plaisante qu’il avait, de venir déposer un baiser sur les lèvres de la jeune femme dès qu’il la voyait, à la fin d’une trop longue journée passée l’un sans l’autre. « Ça va, quand même ? » Cesare demanda, par précautions : il n’avait pas allumé la télé, la radio, ni levé son nez vers son téléphone depuis un moment. Si un truc avait dû se passer, il n’était absolument pas au courant. M’enfin, Isolde ne semblait pas hantée ou dévorée par quelque préoccupation, ce soir ; au contraire, elle semblait détendue, contente d’être à la maison juste pour être à la maison, et c’était tant mieux comme ça.

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ADMIN - master of evolution
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MessageSujet: Re: (cesare(-18)), home is where your heart is.   Mer 1 Fév 2017 - 12:06


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Le quatorze février, pour Isolde, c’était un jour comme un autre et ce depuis aussi longtemps qu’elle se souvienne. Ce n’était pas comme si ses parents s’étaient décarcassés pour lui trouver une baby-sitter, ce fameux  jour, afin d’aller passer une soirée en amoureux, y avait toujours eu que son père et il n’avait jamais eu l’air franchement motivé à l’idée de se trouver un rencard juste pour l’occasion, parce que c’était censé être la fête des amoureux. Peut-être qu’y avait eu des moments où il avait eu quelque chose de prévu ce soir-là, mais rien qui ait pu marquer assez l’esprit de la jeune femme pour qu’elle retienne ce jour si particulier. Elle, avec le peu d’histoire qu’elle avait eu avant Cesare, elle les avait très certainement passées toute seule, ses saint-valentin, ou au boulot ou n’importe où, à faire sa vie comme si c’était un jour comme un autre. C’était le cas après tout. Au moins, elle ne serait jamais la fille chiante à souhait qui ferait la gueule si son conjoint avait oublié cette fameuse fête, parce que ce serait certainement l’hôpital se fichant de la charité, elle n’y avait pas franchement pensé aujourd’hui. Elle avait plutôt pensé profiter de cette soirée pour rattraper les dossiers en retard, tout ce qu’elle avait laissé de côté, pour une raison ou pour une autre, ces derniers temps, parce qu’y avait bien un moment où fallait s’y mettre et elle avait décidé que ce serait ce soir. Une idée bien vite contrecarrée, alors qu’on lui avait rappelé quel jour on était. Tant pis, elle s’en trouverait une autre de soirée pour terminer tout ce qu’elle avait en cours, mais si ce soit c’était la saint-valentin, autant essayer de faire les choses bien, maintenant qu’elle était en couple, elle pouvait bien se le permettre. C’était l’excuse parfaite, après tout, pour remettre à plus tard – encore une fois – ces dossiers et évidemment qu’elle préférait passer du temps avec Cesare qu’au bureau, alors autant en profiter de cette saint-valentin.

Ils étaient fiancés après tout, comme le lui rappelait bien souvent la bague qu’elle portait au doigt depuis noël et qu’elle ne pouvait pas s’empêcher d’observer, bien souvent, le sourire aux lèvres. Ce serait quand même idiot, pour deux personnes sur le point de se marier, de n’avoir jamais passé la moindre saint-valentin ensemble. Fallait pas se mentir, l’an passé, l’un comme l’autre, s’ils avaient su que c’était le jour des amoureux, ils n’auraient pas eu la moindre envie d’être ensemble. Après tout, après ce fameux premier février, ils ne s’étaient pas revus avant la naissance de Clara, trois mois plus tard, pourtant, le premier février, ça avait aussi été le jour où ils s’étaient embrassés, pour la première fois depuis de nombreux mois. Ça avait été une soirée bien particulière de toute façon, un enchainement d’événements auxquels elle n’avait pas forcément envie de penser, certainement pas ce soir, ni pour les jours à venir. Après tout, à deux mois de leur mariage elle ne voulait pas penser aux fameuse complications de leur vie de couple, ou de leur vie, chacun de leur côté. A deux mois du mariage, il lui semblait que c’était une bonne chose de se concentrer sur l’événement à venir, qui se rapprochait vraiment très vite mine de rien. Dans deux mois, elle serait sa femme, une idée qui lui trottait à longueur de temps dans la tête à Isolde, contrairement à cette histoire de saint-valentin, qu’elle avait complètement zappé avant qu’on la lui rappelle. Elle laissa échapper un léger rire aux propos de Cesare. « Bien-sûr que non. J’suis la seule à avoir le droit de mettre des gens à la porte de cette mairie. » Manquerait plus que quelqu’un se permettre de mettre la maire de la ville à la porte de sa propre mairie. Cela dit y avait bien quelqu’un qui l’avait poussée à partir. « Heureusement, officiellement sur les papiers, c’est encore ma maison à moi  pour deux mois. » Sans le côté administratif, c’était aussi celle de Cesare, puisqu’il vivait ensemble. Mais plus qu’un moyen de réclamer sa propriété sur cette baraque, cette réplique rappelait que dans deux mois, ils seraient mariés et qu’à ce moment-là, ce qui était à elle, serait à lui aussi. Une idée qui étira ses lèvres d’un sourire, juste sous le baiser su jeune homme. « Oui, tout va bien. Aucun drame ne m’a fait abandonner mon boulot pour rentrer plus tôt que prévu. » Elle avait bien compris le sens de la question de Cesare, après tout elle lui avait dit qu’elle rentrerait tard et finalement, il n’était pas si tard que ça. « On m’a juste rappelé quel jour on était. » Un détail qu’il avait probablement oublié lui aussi. Y en avait probablement pas un pour rattraper l’autre dans ce couple, au moins, elle ne prétendait pas y avoir pensé d’elle-même. « Alors, je me suis dit que je préférais passer la saint-valentin avec mon fiancé plutôt qu’avec des dossiers. » Un sourire sur les lèvres, elle glissa ses mains le long de ses bras, contre ses épaules pour finalement rejoindre sa nuque et venir déposer à son tour un baiser contre ses lèvres, le genre de baiser amoureux, passionné, à la hauteur de l’événement. « Joyeuse saint-valentin. » C’était bien la première fois de sa vie qu’elle disait ça à quelqu’un et puisque c’était Cesare, ça semblait beaucoup moins débile que tout ce qu’elle avait pu imaginer encore un an plus tôt, quand les gens parlaient de cette fête. Avec Cesare, y avait tout un tas de trucs qu’elle avait trouvé idiot qui prenait du sens, à commencer par le simple fait d’aimer, ou le mariage et maintenant, la saint-valentin aussi,  ça ressemblait à autre chose qu’une fête bidon et commerciale à souhait.

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MessageSujet: Re: (cesare(-18)), home is where your heart is.   Mer 1 Fév 2017 - 16:08

Par prudence, et aussi par envie toute simple de bien finir sa journée, Cesare avait pris l’habitude d’attendre quoiqu’il advienne qu’Isolde rentre, quelle que soit l’heure à laquelle cela pouvait arriver. Elle perdait surtout des moments avec Clara, à faire les choses de la sorte, et à focaliser son énergie sur Radcliff ; et même si c’n’était pas sa façon de faire à lui, ou ainsi qu’il voulait vivre et laisser leur fille grandir, Cesare n’avait pas l’intention d’enfoncer Isolde ou de rendre le quotidien plus difficile qu’il ne l’était en apparences, juste par rancœur, ou juste parce qu’il passait ses soirées en solo. Il n’avait pas peur de la solitude, après tout, et quand bien même il n’vivait pas avec l’esprit lavé de toute culpabilité, l’expérience lui avait appris à vivre avec ses démons, et les spectres des actes qu’il avait commis, encore frais dans sa mémoire. A l’extérieur, alors, il avait toujours une allure composée, maîtrisée, presque calme dans la vie de tous les jours : il était une eau dormante, une surface plane derrière laquelle se cachaient des réalités qu’il n’était que très peu prompt à livrer. La Saddler le connaissait assez pour savoir tout ça, pour deviner aussi sans doute, s’il y avait des jours où elle pouvait essayer de gratter la surface, et de le faire parler. Concernant Aria, il n’en avait pas eu particulièrement envie ; pas par rancœur, pas parce qu’il ressassait la dispute qu’ils avaient eue à ce sujet, ou les trois mois passés loin l’un de l’autre qui avaient suivi. Pas à cause non plus de la visite qu’elle avait faite jusqu’à sa chambre de motel, pour lui prouver par a+b des choses dont il n’avait eu que faire, à l’époque, comme si la seule chose qui avait importé pour elle, dans le fait qu’il ait eu à perdre sa sœur et à encaisser cette réalité, ç’avait été le fait que pour une seconde à peine, il ait pu blâmer son précieux groupe de mutants rebelles. Oui, sur le moment, pendant toute la période qui avait suivie, il l’avait sentie légitime et normale, sa hargne – quelque-chose à quoi il s’était même raccroché pour n’pas perdre le nord, pour n’pas perdre de vue sa vengeance : s’il importait si peu pour Isolde en fin d’compte, probablement que tout c’qui lui restait à faire avec le temps et la vie qui lui étaient impartis, c’était de rendre justice à celle qu’il avait tant délaissée. Mais pour Aria non plus, fallait croire qu’il n’avait jamais valu grand-chose – une réalité qu’il avait découverte bien plus tard que tout ça ; des vérités qu’un an plus tard, il n’pouvait toujours pas mettre à haute voix, faute de savoir quoi faire avec. Est-c’que ça valait vraiment la peine, d’amener ça de manière réelle et immuable dans son existence, avec des mots ? Aria n’était plus là pour répondre de quoique ce soit, et tout c’qu’il pouvait faire, c’était cogiter avec lui-même sur tout ça.

Pour ce soir alors, il avait presque semblé que la soirée était toute faite : construite dans sa tête à lui uniquement, faute de mieux. Evidemment qu’il préférerait passer chaque soir avec Isolde, même si ça devait être un soir où ils se limitaient à parler de la décoration des tables pour leur mariage, avec tout le sérieux du monde. Ils en étaient presque incapables à vrai dire, alors que bien souvent, de telles conversations venant de leurs bouches semblaient être totalement antithétiques, avec tout c’qu’ils avaient vécu jusque-là. Ils y arrivaient tant bien que mal, à organiser ce mariage, mais quand il était en solitaire, Cesare essayait de penser à d’autres choses ; il n’pouvait pas décider de grand-chose tout seul, et les parties qui lui étaient réservées… quelque-part, il jouait avec le feu, en ne cessant de les repousser, encore et encore. Sûrement allait-il devoir se mettre à la recherche d’un vrai, beau, costume bien classe pour aller avec la robe qu’Isolde porterait le jour-J ; s’il continuait de trainer, il allait devoir se contenter du premier truc qui lui tomberait sous la main chez le premier tailleur chez qui il irait. Définitivement, même si son budget était limité, il pouvait faire mieux que ça : pas au beau milieu de la soirée, alors que tous les magasins de ce genre étaient fermés, cela dit. Mais pourtant, la moindre, infime, microscopique idée qu’il avait pu avoir concernant ce soir, s’évapora complètement dès qu’Isolde apparut dans son champ de vision : tant pis pour ce qui avait pu être prévu, les habitudes de ces derniers jours qui consistaient en une Isolde rentrant beaucoup plus tard que ça ; i l oubliait tout, maintenant qu’il pouvait venir déposer un baiser sur ses lèvres, et complètement clore cette journée. Quand ils étaient tous les deux, ou tous les trois dans cette maison, c’était comme s’ils étaient dans leur bulle, où le temps et l’ardeur de la journée qui venait de passer, n’existaient qu’à peine dans sa tête. « Tu sais que j’peux aussi te demander ‘ça va’ juste pour savoir si t’as passé une bonne journée, hein. » un sourire sardonique au coin des lèvres, Cesare préféra largement n’pas dramatiser le fait qu’elle se soit concentrée sur les potentiels drames inclus dans sa question ; il se préoccuperait toujours d’elle avant quoique ce soit d’autre, après tout. Mais ç’avait été inclus dans sa question aussi, évidemment : sûrement aurait-il dû préciser, que c’était une question à double utilité, dont une qui demeurait plus importante pour lui que l’autre. Evidemment. Elle avait attisé sa curiosité, maintenant, quant à pourquoi elle était rentrée du coup ; une confession qui lui fit arquer un sourcil – il n’s’était pas attendu à ce qu’Isolde prête la moindre attention au fait que ce soit la St Valentin, quelque-part, dehors, pour les autres. Pour eux, c’était le mois de février, réminiscence d’une période particulièrement compliquée, rien que l’an dernier, dans leurs mémoires. Lui, il avait complètement zappé : à défaut, au moins, il lui offrait des fleurs et faisait preuve de petites attentions plus souvent qu’un jour par an. « Ah ouais, tu veux passer la St Valentin avec moi ? J’suis chanceux à quel point ? » il ricana, en la laissant se rapprocher, enroulant ses bras à lui autour de la taille de la blonde, pour la serrer contre lui alors qu’elle venait l’embrasser : « Joyeuse St Valentin aussi, alors. » les mots le firent rire à nouveau, avant qu’il ne revienne sur ses lèvres, l’embrasser, doucereusement, suavement : « Et on fait quoi, à la St Valentin ? » ne put-il s’empêcher de demander, comme une vraie question d’ordre logistique ; malheureusement, il n’avait vraiment rien prévu à ce niveau-là – et il n’pouvait pas prétendre qu’il s’était mis derrière les fourneaux ce soir, en sachant que c’était censé être un soir spécial pour les amoureux.

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MessageSujet: Re: (cesare(-18)), home is where your heart is.   Mer 1 Fév 2017 - 17:12


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Elle avait l’impression qu’à chaque événement à célébrer, Isolde elle se mettait à penser à l’an dernier. Comme si l’année précédente avait été une période tellement obscure qu’elle continuait d’empiéter sur tout le reste. C’était peut-être le cas dans le fond, parce qu’il s’était passé beaucoup de chose l’an passé, depuis le moment où Cesare et elle s’était séparés jusqu’à celui où ils avaient pu se retrouver, tous le deux, vraiment tous les deux sans avoir besoin de se quitter pour un oui ou pour un non. Alors ouais, à l’anniversaire de Cesare, elle avait pensé à son précédent, en se disant que malgré le fait qu’ils n’aient pas été encore en froid, ils n’avaient pas pris le temps de passer du temps ensemble, elle avait été encore persuadée qu’il venait d’une famille parfaitement normale avec laquelle il avait voulu passer la soirée, sans que ce soit le bon moment pour y inviter sa petite-amie et franchement, dans toutes les fausses idées qu’elle avait eu sur Cesare, c’était clairement pas celle-là qui l’avait blessée. A son anniversaire à elle, elle avait pensé, au moins pendant quelques temps, à celui qu’elle avait passé toute seule, un an plus tôt, parce qu’Anthea n’était plus là et que Cesare avait était complètement responsable de la mort de ses amis. Des mois plus tard à noël, ça avait été pareil, elle avait pensé à ce moment qu’elle avait passé toute seule, à râler sur tout parce que plus rien n’allait dans sa vie. Inéluctablement c’était pareil pour la saint-valentin, quand bien même pour le coup, elle était bien incapable de savoir avec certitude ce qu’elle avait fait ce jour-là. Ce qu’elle savait, c’était qu’y avait pas eu de place pour Cesare dans sa vie ce jour-là, alors qu’elle avait été trop occupée à ressasser la facilité avec laquelle, il s’était permis de l’accuser de ses malheurs, des reproches qui, en vue de leur séparation quelques mois plus tôt étaient très mal passés. Clairement, l’an dernier, pour la fête des amoureux, elle avait été plus occupée à le détester qu’à l’aimer.

Heureusement que les choses avaient bien évoluée, parce qu’en remettant les pieds dans cette maison, en retrouvant la chaleur, le confort de cette vie qu’ils avaient ensemble, elle avait juste envie de l’aimer Cesare. L’an dernier, ça avait été une année pourrie pour tout un tas de raison, parce qu’ils s’étaient mentis, qu’ils s’étaient mal compris, qu’ils avaient été trop orgueilleux, trop rancuniers ou trop bornés ; là ou juste une bonne conversation, une bonne dose d’honnêteté et de bonne foi aurait pu les aider bien plus tôt. Tant pis dans le fond, ça avait pris le temps que ça avait pris, mais ils y étaient arrivés. Alors, ils avaient connu leurs premiers anniversaires ensemble, leur premier noël et maintenant, c’était leur première saint-valentin et pour le coup, si lui il avait découvert des traditions avec elle qui étaient bien ancrées dans sa vie à elle, aujourd’hui, ils étaient sur le même pied d’égalité, parce que la saint-valentin, elle ne l’avait jamais fêtée. « J’essaie de considérer que chaque journée sans drame est une bonne journée. » Elle haussa les épaules, malheureusement, ses tentatives étaient souvent mises à mal par tout un tas de circonstances qu’elle ne maitrisait pas. « Ça marche, pour aujourd’hui. » C’était déjà ça sans doute, la journée avait été bien remplie, mais pas désagréable pour autant et puis depuis qu’elle était rentrée de toute façon, elle avait oublié les petits tracas qui auraient pu rendre la journée pas terrible, alors tout allait, définitivement bien. « J’pense que tu dois pas être loin d’être la personne la plus chanceuse du monde. » Elle laissa échapper un léger rire, comme si ça pouvait être vraiment une chance de passer ce jour avec elle, elle était sa fiancée à lui, alors évidemment que c’était avec lui qu’elle voulait passer cette soirée et toutes les autres. « Des trucs romantiques je suppose. » Elle rigola encore. Les autres couples, ils devaient sortir, sans doute, eux, ils avaient Clara, pas de baby-sitter et de toute façon, elle n’avait pas envie de ressortir. « Et érotiques aussi. » Y avait pas besoin d’une soirée spéciale pour ça, mais puisqu’elle était là, ce serait quand même dommage de passer à côté. Elle déposa encore un baiser sur ses lèvres avant de s’écarter légèrement. « Apparemment, faut s’offrir des chocolats aussi, alors … » Elle tira du sac de courses qu’elle avait ramené une boite de chocolat, en forme de cœur évidemment parce que ça allait parfaitement avec le thème. Après le calendrier de l’avent, il ne pouvait pas être bien surpris qu’elle lui ramène encore des chocolats. « J’ai aussi ramené du champagne. » La boisson des grandes occasions, après tout, ça se fêtait leur première saint-valentin ensemble. « Et tu as cuisiné, je suppose. » Parce que ça sentais bon la nourriture et qu’y avait que Cesare, Clara et les chiens dans cette maison, et dans le lot y en avait qu’un qui était susceptible de faire la cuisine. « J’pense qu’on a tout ce qu’il nous faut pour une parfaite saint-valentin improvisée. » Ils étaient plutôt bons en improvisation de toute façon tous les deux. Elle tira légèrement sur le col de son chemisier pour vérifier ce qu’elle avait en dessous, c’était un détail important pour la saint-valentin après tout. « Presque tout, on va dire. » Elle avait prévu de passer la journée au boulot, alors clairement, elle n’avait pas enfilé les sous-vêtements les plus sexy qu’elle avait dans son placard et faudrait bien qu’il fasse avec ça et le tailleur, plus que la robe sexy et tout ce qui pouvait aller avec que les filles pouvaient sortir pour un rencard de saint-valentin, parce que si c’était de l’improvisation, c’était bien parce qu’au réveil ce matin jusqu’à quelques minutes plus tôt, la saint-valentin n’avait même pas existé dans l’esprit de la blonde.

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MessageSujet: Re: (cesare(-18)), home is where your heart is.   Jeu 2 Fév 2017 - 0:46

Il semblait logique et inévitable que Cesare n’ait jamais fêté la St Valentin, sous quelque forme que ce soit : pas même une distraction, un bon prétexte pour aller dans un bar, rencontrer n’importe qui pour s’envoyer en l’air et oublier le célibat. Il n’avait jamais été comme ça, malgré ses allures secrètes et nomades – ç’aurait rendu sa vie bien plus facile, de fonctionner de la sorte ; au moins son cœur n’aurait jamais eu besoin d’autant d’attaches dangereuses pour sa survie ou la cause pour laquelle il s’était battu pendant tant d’années. A la fin, c’était un peu comme pour les anniversaires, ou Noël, ou toutes ces fêtes qui marquaient tant les esprits des autres gens – Cesare, il n’avait jamais pris la précaution de marquer la date au fer rouge dans sa tête, pour en faire quelque-chose de particulier. Pas même avec Isolde. Pas parce qu’il n’l’aimait pas à ce point – encore heureux, ça ne demandait pas grand-chose, après tout, de prétendre une fois par an être quelqu’un d’amoureux – pas même parce qu’il était juste comme ça, fainéant sur les bords quand il était question d’eux deux. Mais parce que, probablement, dans les formes, la St Valentin, ils pouvaient l’avoir n’importe quand. Et parfois, une simple soirée se transformait en quelque-chose juste entre eux deux, où ils étaient blottis l’un contre l’autre toute la soirée, sans compter le temps, juste à parler jusqu’à ce qu’ils décident d’aller s’endormir. Qu’est-ce qu’ils pouvaient bien faire, les autres, de particulier à la St Valentin ? Une question bien légitime d’après le chasseur : après tout, si les amoureux devaient faire à ce moment-là, quelque-chose de sacré et particulier, quelque-chose de différent de la vie de tous les jours, cette fête aurait une réputation plus infinie que c’n’était déjà le cas. Ou peut-être était-ce juste une occasion pour ceux en couple de se rappeler qu’au moins, ils n’étaient pas solo dans c’monde ; et pour les célibataires, d’espérer pouvoir mieux faire l’an prochain. Et Cesare et Isolde, tous les deux, ils pouvaient au moins s’targuer d’avoir fait mieux que l’an dernier : au moins pour se comprendre, s’accepter l’un l’autre ; arrêter de laisser l’orgueil, la rancœur, ou même les catastrophes du reste du monde, s’mettre entre eux deux. Le DeMaggio n’voulait certainement pas remonter un an en arrière – pas même en souvenir : dans un monde où Clara n’existait pas encore complètement, où il n’avait même pas encore osé poser un regard vers le ventre rebondi d’Isolde. Dans un monde où les blessures laissées par la mort d’Aria avaient été encore bien trop fraiches, la trahison encore acide à sa mémoire : définitivement, il n’avait pas compté les jours qui étaient passés en février de l’an dernier, et la St Valentin aurait été cette idée qu’il aurait volontiers piétinée et détruite, comme on avait piétiné et détruit son cœur, son âme, ses croyances en une seconde chance. Encore, et encore. Et encore.

Tant et si bien que c’était encore compliqué aujourd’hui, d’savoir quoi faire avec le bonheur évident qui leur venait si aisément ; plus le temps passait, moins le brun n’arrivait à imaginer un jour où Isolde n’rentrerait pas, parce que les chasseurs étaient à nouveau venus brusquement s’incruster dans leurs vies, pour s’attaquer à elle. Il n’savait pas c’qu’il ferait, mais le jeune homme espérait quand même qu’il n’avait pas encore perdu trop de ses réflexes : encore aujourd’hui, il était évident qu’il retournerait la ville de Radcliff toute entière, la raserait jusqu’aux cendres si ça devait lui permettre de retrouver Isolde. Ce soir n’avait pas tourné à la catastrophe, parce qu’aucun hunter, ou aucun individu aux pulsions vengeresses, n’avait décidé d’empiéter sur leurs vies : ouais, souvent, ils devaient se contenter de ça. Ils étaient toujours à Radcliff, après tout. Et sûrement qu’en choisissant de se marier dans cette ville, dans à peine deux mois, allait devoir aussi leur imposer d’penser comme ça : il allait falloir qu’ils soient bien contents, qu’aucun tueur n’ait décidé de s’inviter à la fête, juste pour faire chier. C’était leurs vies, probablement, depuis trop longtemps. « C’est une façon… d’avoir des exigences. » il releva, sarcastique, malgré la pointe de critique qu’il pouvait y avoir dans la moue qu’il eut. Il n’pouvait pas prétendre être heureux qu’y’ait encore trop de choses dans leur situation qui leur rappelaient qu’ils étaient presque captifs de la volonté des autres, ou du fait que ce mois-ci, Radcliff était relativement calme. Est-c’que ça voulait dire que quelqu’un allait amener l’Apocalypse sur leur tronche pour le mois prochain ? Oui, ils en étaient là. Définitivement pas le genre de pensée que beaucoup de monde devaient avoir. Dans les espaces restreints, où son univers semblait se limiter à Isolde, Clara, et à ce bonheur doucereux comme la soie, il voulait bien se considérer comme l’homme le plus chanceux du monde, sans conteste : le sourire qu’il arbora alors, était loin d’être celui porté par l’ironie, bien plus appréciateur du fait presque anodin, de ne pas passer cette soirée tout seul. « Et toi alors, t’es chanceuse ou pas ? » demanda-t-il, comme si ça pouvait être une vraie question ; il voulait qu’elle se sente chanceuse, au moins d’une certaine manière, même s’il s’disait que ça faisait probablement d’elle la personne la plus folle du monde. Peu de gens pourraient se sentir chanceux de vivre avec quelqu’un comme lui, d’aimer quelqu’un comme lui ; beaucoup auraient pris la fuite, beaucoup seraient juste partis sans s’retourner, gagnés par le dégoût, la hargne, l’incompréhension. Définitivement, il était le plus chanceux du monde, lui. « Hm, des trucs romantiques et érotiques. » il rit doucement, entre leurs baisers, la laissant s’écarter pour la voir, d’une œillade amusée, sortir ces fameux chocolats, soi-disant tradition des amoureux, pour la St Valentin. Elle devait savoir qu’il n’était pas une personne accroc aux trucs de c’genre, en témoignait le calendrier de l’Avent qu’il avait bien assez tôt délaissé. Toute une boite de chocolats rien que pour lui, définitivement que c’n’était pas la tradition sur laquelle il se serait senti le désir d’être le plus à cheval : « Bah… j’ai pas vraiment su que fallait faire tout ça. J’suppose que ça doit marcher, si on partage. Chacun la moitié de la boite. » le brun haussa les épaules, après avoir attrapé la boite qu’elle lui avait offerte, pour l’observer ; ça leur laissait une quantité décente de chocolats chacun, pas de quoi chercher plus loin. Il partagerait volontiers avec elle, sans souci – la moitié de cette boite en cœur-là, et bien plus de son cœur à lui. C’était sûrement ça, l’amour, le vrai, qu’on cherchait à témoigner à la fête des amoureux : « J’me suis dit, que comme on se marie dans deux mois et deux jours, qu’on va être pas mal occupés à goûter des gâteaux jusqu’à virer obèses, et que tu dois toujours écrire des vœux dans lesquels tu jures de ne plus insulter mes racines, février n’est jamais assez tôt pour que je te fasse goûter de la vraie cuisine mexicaine. » alors oui, il avait fait à manger. Et peut-être bien qu’à entendre Isolde parler de trucs érotiques et mater ses sous-vêtements juste sous son nez, Cesare pouvait facilement deviner que les plats mexicains allaient rejoindre les lasagnes et la bouffe chinoise dans les spécialités abandonnées parce qu’ils étaient incapables de se retenir de se sauter dessus. « T’en fais pas… J’peux t’assurer que t’auras pas besoin de ceux-là, quand on en arrivera là. » il ne put s’empêcher de lui dire, avec une lueur malicieuse et charmeuse dans les yeux, alors qu’il arquait un sourcil : avant qu’elle n’ait eu le temps de répliquer, il se pencha vers elle, déposant tout juste un baiser sur ses lèvres, avant de repartir vers la cuisine – il n’allait pas laisser son travail cramer au fond de la casserole, quand même.

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MessageSujet: Re: (cesare(-18)), home is where your heart is.   Jeu 2 Fév 2017 - 15:11


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Y avait probablement des gens qui avaient la saint-valentin en tête depuis des semaines et qui préparaient lentement mais sûrement le truc, avec l’espoir que ce soit absolument parfait de A à Z. Elle ne savait pas trop ce qu’ils faisaient ces gens-là. Peut-être qu’ils réservaient dans un restaurant sympa, qu’ils s’offraient quelques cadeaux, avant de revenir à la maison, pour faire l’amour dans une chambre éclairée à la bougie et des pétales de roses partout sur le lit. C’était un bon cliché romantique qu’elle avait en tête et qui semblait plaire à tout un tas de personnes. Si elle avait dû prévoir un truc en amoureux Isolde, elle aurait choisi de carrément quitter la ville, partir dans un coin un peu mieux que Radcliff – parce que même si on oubliait les problèmes de la ville, c’était un peu paumé Radcliff. Alors, ça aurait pu être sympa de louer une chambre dans un hôtel ou quelque chose dans ce gout-là. Quitte à préparer quelque chose, autant faire un truc vraiment bien, sinon, en quoi ça changeait de ce qu’on pouvait faire le reste de l’année ? Elle se disait qu’y avait pas besoin d’attendre d’être que quatorze février pour se prévoir une soirée en amoureux. Enfin, peut-être qu’elle ne pouvait juste pas comprendre, parce que ça ne faisait pas partie de ses habitudes. Elle n’avait jamais fêté la saint-valentin, elle n’en avait jamais eu l’envie, ni l’intention, si bien qu’elle avait fini par oublier complètement ce jour. Pourtant, maintenant qu’elle avait Cesare, elle s’était dit qu’elle serait forcément mieux avec lui ce soir, mais ça valait bien pour tous les soirs, enfin, on lui avait donné la parfaite excuse pour rentrer chez elle plus tôt que prévu, alors elle aurait été idiote de passer à côté. Une soirée de plus en amoureux, avec Cesare, que ça tombe le quatorze février ou un autre jour, ce serait toujours mieux que de passer la soirée à bosser.

Elle était du genre à bosser dur pourtant Isolde et y avait bien eu une période de sa vie où son boulot était passé avant tout le reste, mais ça avait été aussi une période de sa vie où elle avait eu l’impression de n’avoir rien d’autre, ni bébé à s’occuper, ni personne vers qui rentrer le soir après une journée fatigante. C’était devenu une habitude alors, de se noyer dans le boulot et d’oublier tout le reste. Mais maintenant qu’elle avait Cesare et Clara, elle changeait petit à petit ses habitudes, si bien qu’elle qui avait l’habitude d’être toujours bien à jour dans les dossiers qu’elle avait à traiter, jamais en retard dans rien, ces derniers temps, elle commençait à perdre pied dans le retard qu’elle avait, mais tant pis, en rentrant ce soir, elle s’était dit qu’elle verrait bien demain, ou même le weekend prochain, quitte à ramener quelques trucs à la maison. T’façon, ce qui était urgent au moins, c’était traité en temps et en heure, le reste, ça pouvait attendre. Ça attendrait, ce soir en tout cas, parce qu’elle était rentrée et que c’était la saint-valentin et que malgré son manque d’expérience pour cette fête, elle avait l’intention d’en profiter. « Au moins, si quelqu’un m’emmerde pour des conneries, j’peux encore considérer qu’il a pas foutu ma journée en l’air. » Parce qu’y avaient des jours où les gens semblaient juste décidés à être chiants, sans que ce soit un drame pour autant. « Probablement une résolution que j’arriverai pas à tenir. » Après tout, y avait un tas de trucs de non dramatiques qui pouvaient gâcher une journée, parce qu’y avait des jours comme ça, où rien n’allait, où tout était énervant sans qu’on sache vraiment pourquoi et mine de rien Isolde, elle était tellement facile à agacée qu’elle avait pas besoin de drame pour se sentir agacée contre le monde entier, elle savait en revanche, qu’elle n’avait besoin que de Cesare et Clara, pour que les mauvaises journées, soient plus faciles à vivre et heureusement, elle finissait toujours par les revoir, quand elle rentrait à la maison, alors, elle en avait de la chance, bien évidemment. « Oui, j’pense que je suis la fille la plus chanceuse du monde. » Parce qu’elle l’avait lui, parce qu’ils avaient une fille formidable, parfaite même et que tout ça, ça la comblait de bonheur. Elle était chanceuse de les avoir, chanceuse de pouvoir passer la saint-valentin avec son fiancée, à faire des trucs romantiques et érotiques. « J’pense que ça peut marcher comme ça, ouais. » Ils pouvaient la partager cette boîte de chocolat après tout, c’était pas comme si elle allait refuser du chocolat elle, de toute façon. Elle avait l’habitude d’en engloutir plus d’une, toute seule, comme la célibataire endurcie qu’elle avait été avant de rencontrer Cesare. « C’est une idée brillante ça. » Parce qu’y avait pas que le chocolat qu’elle aimait Isolde, mais à peu près tout ce qui se mangeait. « J’pense qu’il va falloir qu’on fasse beaucoup de sport du coup ces prochains mois, sinon, je pourrais pas fermer ma robe. » Elle était sportive de toute façon, elle savait qu’elle pouvait manger des chocolats, un repas mexicains et avaler des tonnes de gâteaux pour trouver celui qu’ils serviraient à leur mariage, sans craindre les kilos en trop pour le jour-j, mais de toute façon, elle ne parlait pas d’aller faire du sport toute seule, pour être certaine de rentrer dans sa robe. Le sous-entendu qui était derrière, allait bien avec les trucs romantiques et érotiques qui allaient avec la saint-valentin. Ceux pour lesquels apparemment, elle n’avait pas besoin de s’inquiéter pour ses sous-vêtements. « Peut-être que je devrais les retirer maintenant, du coup. » Qu’elle répliqua, alors qu’il était déjà reparti dans la cuisine, mais au final, elle avait juste attrapé la bouteille de champagne avant de le rejoindre, ses sous-vêtements étant toujours bien en place. « La vraie cuisine mexicaine, sent vraiment bon. » C’était déjà ça de gagner pour les racines de Cesare, un premier truc à écrire dans ces fameux vœux où elle était censée jurer de ne plus jamais les insulter. « On peut boire du champagne au moins, en mangeant mexicain ? » Elle ricana avant d’attraper des flûtes à champagne pour venir les poser à côté de la bouteille. « Les gens sont toujours obligés de faire des règles, même sur quel alcool va avec quel aliment. » Isolde elle devait bien l’admettre, c’était clairement pas le genre de détail auquel elle faisait attention, au pire, elle prenait ce qu’il y avait dans son frigo et c’était très bien comme ça. « Peut-être qu’il faut qu’on boive un truc mexicain pour aller avec. Genre de la tequila. » Au moins, dans tout ce qu'elle ignorait du Mexique, elle savait que la tequila venait de là-bas, c'était déjà ça, même si ça prouvait qu'une grande partie de sa culture du monde se résumait à alcool. « Quoi que, la tequila achetée dans un supermarché américain, c’est peut-être une autre insulte à tes racines. » Elle ricana légèrement, avant d’ouvrir sa bouteille de champagne. Elle pouvait rire, n’empêche qu’y avait du sérieux dans sa remarque, après tout, ils avaient pu découvrir en France, qu’y avait une grande différence entre le vin qu’ils avaient ici aux États-Unis et celui qu’ils avaient pu boire en France ; une autre bonne raison d’aller au Mexique en voyage de noces, histoire de vérifier ça.

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MessageSujet: Re: (cesare(-18)), home is where your heart is.   Ven 3 Fév 2017 - 2:30

Cesare et la St Valentin, il semblait que c’était un peu comme Cesare et l’amour tout court. Beaucoup d’occasions manquées, de déceptions, de potentiel jamais exploité. Etait-il un romantique ? Avec Isolde, ça lui semblait facile comme un rien, juste une palpitation au creux de son poitrail, de s’transformer en un type qu’il n’s’était jamais senti être. C’n’était pas elle qui l’avait changé, pas elle qui avait forcé un processus d’évolution chez lui ; quelque-chose qui s’était fait tout seul, naturellement, par le fruit de sa volonté à lui, et rien qu’à lui. Il n’pouvait pas maîtriser, après tout, toutes les lueurs d’amour et d’affection qui remontaient jusque dans ses prunelles quand leurs regards se croisaient, et qu’il sentait littéralement les papillonnements incontrôlables de ses sentiments, gonfler en lui. Il n’aurait jamais cru obtenir quoique ce soit de tout ça, pourtant : tout DeMaggio qu’il avait été, il avait presque toujours été froidement pragmatique vis-à-vis de leur romance. Soit elle le conduirait à sa perte, soit Isolde découvrirait la vérité, et l’abandonnerait sans l’ombre d’un regret. Au fond, le brun était bien content d’avoir eu tort – peut-être bien qu’au départ il n’avait pas eu assez foi en Isolde ; ou peut-être était-ce elle qui avait trop foi en lui. Il y avait des matins où il ne savait pas, Cesare, s’il ouvrait les yeux d’un rêve vers un autre, un saut dans une hallucination cruelle qui finirait par éclater en mille morceaux : pourtant, sous ses doigts, sous ses attentions, sous ses lèvres, les caresses émises sur son âme par la présence de la blonde étaient, elles, bel et bien réelles. Ouais, il était dans le vrai monde, celui où il en avait tant bavé pendant trop longtemps ; celui où il avait été un hunter, un tueur, un damné, un frère perdant sa sœur. Celui où il était maintenant, le père de Clara, comptant les jours qui les séparaient, Isolde et lui, du moment où ils feraient des vœux devant témoins – d’passer leur vie toute entière ensemble. Des promesses qui lui auraient foutu la trouille avec n’importe qui d’autre dans, des prémices d’amour qu’il avait fuies, dès qu’elles avaient commencé à se présenter à lui, comme inéluctables, dans ses précédentes histoires. Ici et maintenant, il était là pour rester. Il voulait rester, quoiqu’il advienne, malgré les tressautements imprévisibles sur la route, imposés par la vie elle-même. Et tant pis si parfois, Isolde devait travailler plus tard à la mairie pour une journée toute entière, ou quelques heures à peine pour la soirée, chaque moment qu’il passait avec la jeune femme, était un souffle de vie à son âme.

Alors aussi surprenant que cela pouvait paraître, il l’avait vraiment mise en pratique, sa promesse de cuisiner pour Isolde ; par fierté non seulement, une vraie fierté pour ses racines – au moins ça – mais aussi par envie, pour voir s’il pouvait le faire, pour savoir c’que ça ferait, de s’lancer dans des trucs comme ça, dans leur petite vie domestique bien à eux. De quoi laisser tous les problèmes, quels qu’ils soient, sur le pas de la porte : surtout si c’était censé être la St Valentin. Il avait beau ne jamais l’avoir fêtée, celle-là, si Isolde était rentrée exprès pour ça, c’n’était pas pour laisser quelque préoccupation que ce soit assombrir leurs moments ensemble, hein. Il espérait quand même, que ce soir elle venait à lui l’esprit tranquille, quand bien même c’n’était pas si facile – il le savait – de laisser le monde sur le perron, pour faire comme si de rien n’était. « Probablement. » il répondit pourtant, d’une œillade malicieuse, un rictus moqueur au coin des lèvres face au réalisme de la mutante : au moins, elle se connaissait, et elle n’se mentait pas à elle-même. Et elle savait aussi qu’au pire, son cher fiancé était là pour l’accueillir, et même l’écouter râler sur ses problèmes, si elle en avait vraiment. Ce soir et tous les autres soirs de la semaine ou de l’année : ironiquement, malgré les disputes qu’ils avaient pu avoir à ce sujet, il s’était embarqué dans cette foutue aventure à la mairie, et il n’pouvait décemment pas exiger d’Isolde qu’elle divise sa vie en compartiments distincts, juste pour qu’il n’ait pas à écouter quoique ce soit des responsabilités qu’elle s’était imposées à elle-même en prenant la place de Lancaster. Elle était définitivement la fille la plus chanceuse du monde ; une flatterie qui fit sourire Cesare, et offrit à Isolde un autre baiser sur ses lèvres – dans tout le réalisme dont il était capable, le brun était bien incapable de voir les choses comme ça. Mais pour ce soir, il pouvait bien laisser passer. Il l’accueillait à bras ouverts, et il avait même fait la cuisine. Elle, de son côté, elle avait ramené des chocolats. Et du champagne. De bons arguments également. Rien de mieux pourtant, que la promesse de se débarrasser de ses sous-vêtements ; une réplique qui le fit ricaner, assez fort pour qu’elle l’entende, malgré la distance qu’il avait dû mettre entre eux, en retournant vers la cuisine. Et apparemment, ça en valait vraiment le coup, à attendre les premiers compliments de la blonde : « Je sais… » qu’il la taquina, en levant un regard du genre ‘j’te l’avais dit’ ; heureusement, il n’était pas à cheval sur toutes ces histoires de respect des racines au point d’avoir envie de balancer cette bouteille de champagne qu’Isolde avait ramenée. « Tu tiendrais la tequila, toi ? J’croyais que t’avais plein de plans pour ce soir… » dans un roulement d’yeux plein de mystères, Cesare vint se rapprocher d’Isolde, après avoir surveillé les plats sur le feu ; « J’suis prêt à-… adapter mes pratiques culturelles aux tiennes, s’il faut. » comme si c’était un vrai devoir, que de se contenter de champagne, faute d’avoir de la vraie tequila. « Sinon va savoir, selon la région, ça veut dire pas de sexe avant le mariage. » ce à quoi ils avaient déjà largement manqué ; Cesare eut une grimace, quand même, pour agrémenter le tout : pourtant, ils se mariaient dans à peine plus de deux mois, ce n’serait pas si insoutenable que ça comme idée. Mais-… si quand même.

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MessageSujet: Re: (cesare(-18)), home is where your heart is.   Ven 3 Fév 2017 - 11:52


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Plus tôt dans la journée, quand elle avait envoyé un message à Cesare pour lui dire qu’elle allait rentrer tard, elle n’avait pas forcément eu l’envie de le faire, c’était clairement plus une histoire de devoir que de véritable désir de passer sa soirée entière à la mairie, le nez plongé dans des dossiers qui ne l’intéressaient qu’à peine. Elle préférait, bien évidemment, passer la soirée chez elle, avec son fiancé et leur fille, plutôt qu’à la mairie. Alors ce soir, elle avait sauté sur l’occasion de la saint-valentin pour oublier ses devoirs et ses responsabilités pour rentrer chez elle bien plus tôt que prévu. Elle n’avait pourtant jamais eu la volonté de ne surtout pas manqué cette fête, elle n’était pas ce genre de fille qui trépignait d’impatience à l’attente de ce fameux jour, qui passait des mois et des mois à chercher un cadeau pour leur amoureux pour l’occasion et qui pourrait piquer une crise de nerf si leur conjoint venait à oublier ce jour. Heureusement qu’elle n’était pas comme ça. Elle n’avait certainement pas attendu de Cesare qu’il soit plus au courant qu’elle de la date actuelle et de tout ce qui allait avec, elle n’attendait pas non plus qu’il la couvre de cadeau, comme pour lui prouver son amour – comme si ce sentiment était quantifiable en cadeaux – un jour tout particulièrement. Il pouvait au moins savoir qu’il n’aurait jamais besoin de s’encombrer de ce genre de préoccupations liées à la saint-valentin. A ce niveau-là au moins, ils s’étaient bien trouvé tous les deux. De toute façon, ces derniers temps, ils avaient déjà suffisamment à faire dans leur préparation de mariage, un domaine qu’ils ne maitrisaient déjà pas très bien, pour ne pas en plus aller s’imposer les préparations d’une saint-valentin, romantique à souhait, comme on pouvait voir ça dans les films. Non, juste eux deux, dans cette maison, un bon repas, du champagne et du chocolat, c’était tout ce dont ils avaient besoin.

Elle était rentrée, sans drame, sans personne pour l’emmerder et fallait avouer que la journée avait été plutôt tranquille, alors en plus d’un certain enthousiasme qu’elle pouvait porter en elle à l’idée de passer la soirée avec Cesare plutôt que coincée au boulot, elle pouvait quand même dire qu’elle avait passé une bonne journée et qu’elle était de bonne humeur, déjà à la base. Un truc qui pourtant, malgré sa fameuse résolution et son envie de rester optimiste, pouvait facilement être mis à mal, à cause de son caractère, de son manque de patience et tout ce qui faisait qu’elle pouvait s’énerver en un temps record. Mais pas aujourd’hui et certainement pas ce soir. Tout allait bien ce soir, c’était l’essentiel. En plus, ça sentait bon, dans la cuisine, une remarque qu’elle ne garda pas pour elle, ne pouvant s’empêcher de rigoler à la réponse de Cesare. « Ça va, je tiens plutôt bien l’alcool, en principe. » Elle haussa les épaules. Ça pouvait être discutable quand même, fallait avouer qu’elle avait été plus ou moins habituée à l’alcool, quand elle avait été célibataire et qu’elle avait trainé dans les bars, maintenant c’était peut-être discutable, elle sortait moins qu’avant, préférant retrouver Cesare et Clara et en neuf mois de grossesse elle n’avait pas bu une goutte d’alcool, alors en quelque chose comme deux ans, elle avait dû vraiment boire quelque chose comme cinq fois tout au plus, alors finalement, c’était pas difficile de douter de sa capacité à tenir toute la soirée si elle devait tourner à la tequila. « C’est gentil ça, promis, elles sont pas extraordinaires, mes pratiques culturelles de pauvre fille, née au milieu du Kentucky. » Elle ne pouvait pas parler de ses racines Australiennes, parce qu’elle n’en tirait pas grand-chose. « Mes pratiques culturelles autorisent le sexe avant le mariage, c'est même recommandé. » Personne ne l’avait jamais encouragée à avoir des relations sexuelles avant le mariage en vrai. Mais c’était à elle de les décider ses pratiques culturelles et il était hors de question de se dire, pas de sexe avant le mariage. Ils ne tiendraient pas de toute façon, ils le savaient tous les deux et de toute façon, c'était trop tard, le mariage était dans deux mois et ils avaient déjà eu des relations sexuelles, avant comme après leurs fiançailles. Elle glissa un verre de champagne vers Cesare avant d’attraper le sien. « Trinquons, à la saint-valentin, à l’amour et au sexe, même avant le mariage. » C’était pas forcément le truc le plus romantique à quoi trinquer à la saint-valentin, mais tant pis, c’était pas comme si ça avait beaucoup d’importance de toute façon de savoir à quoi trinquer. Ce qui comptait, c’était qu’elle n’avait pas l’intention de faire abstinences, après tout, ils l’avaient dit plus tôt, ce soir, c’était la saint-valentin et à la saint-valentin, on faisait des trucs romantiques et érotiques.

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MessageSujet: Re: (cesare(-18)), home is where your heart is.   Dim 5 Fév 2017 - 2:00

C’était toujours comme ça, quand ils rentraient ; ils semblaient dresser une nette frontière entre ce qu’il y avait d’un côté de la porte, et ce qu’il pouvait se passer de l’autre. Maintenant qu’ils étaient tous les deux à la maison, ils pouvaient oublier tout ce qu’il y avait dehors, dans la nuit épaisse qui s’était étendue sur tout Radcliff. Ils pouvaient oublier le lendemain, aussi, ce qui n’était pas au là et maintenant, un moment qu’ils avaient attendu avec impatience, sans vraiment se l’dire, sans vraiment le savoir eux-mêmes, non plus. Après tout, ils n’en étaient plus à grappiller des moments tous les deux comme on chercherait de l’eau dans le désert, ils n’en étaient plus à compter les minutes, les heures qui passaient : ils avaient tout leur temps, et juste eux deux sur qui se concentrer, une fois que Clara était au lit. On aurait pu croire qu’ils s’y seraient faits, maintenant ; qu’il y aurait un genre d’habitude qui se serait créée, pour rendre les moments loin l’un de l’autre moins difficiles, et juste normaux. C’était normal, ouais, d’aller travailler le matin, de rentrer l’soir, de ne pas exister l’un sur l’autre constamment, uniquement en contact avec le reste de la société de façon sporadique, comme des asociaux. Pourtant, c’était comme ça qu’il avait grandi, Cesare ; dans un genre de nid dans lequel personne n’était inclus ; les DeMaggio avaient de nombreux alliés, des associés d’affaires, des partenaires de crime – mais rien n’était censé remplacer le sang qui battait dans leurs veines comme un unique repère. C’était du moins c’que Cesare avait cru pendant des années – les valeurs fondatrices qui avaient écrit son être, et bâti l’homme qu’il était devenu. Il s’était planté, manifestement : à côté, son père avait été occupé à baiser des nanas, à faire des gosses illégitimes, et à la fin de l’histoire, la valeur de famille n’avait été que synonyme de souffrance. Comme si, parce qu’ils étaient de la même famille, ils avaient eu l’droit d’faire tout ça ; torturer Aria, envoyer des tueurs à leurs trousses, le poignarder lui. Oui, il savait maintenant évidemment, que sa famille à lui n’avait jamais été un exemple à suivre ; il en subissait encore les conséquences, en portait encore le fardeau – il regardait Clara, encore, et au moins une fois par jour lui venait le songe, la crainte viscérale de c’qui pourrait se passer si quelque-chose se réveillait en lui, et le transformait en digne fils de son père. S’il s’mettait à vouloir que Clara porte l’héritage des siens, elle aussi. Le brun savait bien qu’Isolde ne le laisserait pas faire ; qu’elle opterait même pour le recours d’embarquer leur fille sous le bras pour disparaître si les choses devaient tourner aussi loin. Mais-… mais c’qu’il avait été, le chasseur, le tueur, le DeMaggio convaincu, c’était comme une seconde nature qu’il n’faisait qu’enterrer, que nier, alors même qu’elle était toujours là. Si aisément au bord de sa tête, si aisément rappelée à l’ordre par des événements, des éléments, des tous petits riens.

Vivre heureux n’voulait pas dire prétendre – il n’voulait pas penser comme ça, Cesare. Probablement que c’qu’il dirait, surtout, c’qu’il écrirait sur ses vœux à lui, c’était qu’Isolde, elle le guérissait ; lentement mais sûrement. De tous les traumatismes, de tous les mauvais souvenirs, de tout c’qu’il avait cru normal en ce monde, quelques années plus tôt. Un an plus tôt, il s’était juré perdu à jamais, bon à sombrer, sombrer plus profondément que jamais maintenant qu’il n’avait plus sa petite sœur pour faire subsister cette part d’humanité en lui. Et pourtant, il était là, contre toute attente. Là, derrière les fourneaux d’une cuisine on ne peut plus normales, à avoir des préoccupations on ne peut plus triviales, et à essayer de réaliser un plat mexicain : il allait falloir qu’il fasse avec c’qu’il était – un DeMaggio, aux racines mexicaines, au sang chargé de gênes du sud, du Honduras, et peut-être bien étaient-ce les seules choses qui valaient la peine d’être retenues, vis-à-vis de c’qu’on lui avait appris, plus jeune. Il semblait bien que ce soir, rien ne pouvait faire redescendre l’humeur qui était montée comme une flèche, pétillante et énergique, dès qu’Isolde avait passé la porte. « Tu devrais savoir que je couche pas avec des femmes ivres. » se retrouva-t-il à ironiser en réponse aux paroles de la jeune femme, un rictus taquin au coin des lèvres : il n’avait pas particulièrement envie d’arroser le plat qu’il avait préparé avec des bons verres de tequila, aussi traditionnel cela pouvait-il paraître. Il ne savait pas si ça voulait dire qu’il prenait cette histoire de fierté dans le mauvais sens, mais il s’préoccupait très peu de l’irrespect que ça pouvait être aux yeux des mexicains, que de boire du champagne avec de la cuisine bien de là-bas. L’alcool, pour lui, ç’avait toujours été plus pour se saouler la gueule jusqu’à n’plus penser, plutôt qu’un divertissement quelconque : et pour ça, il avait toujours opté pour un bon whisky sec, aussi ardu qu’un coup de poing dans la tempe. S’il devait choisir, avec Isolde ce soir, il préférait largement passer par la case sexe que de partager des bons cocktails et verres de tequila, avec elle- au moins, y’avait pas la gueule de bois. Ils ne l’avaient plus du moins : parce que tous les matins où il avait dû partir à la fin, sans conteste pouvaient ressembler à une vraie gueule de bois. « Si on doit se marier, j’suppose que le mieux c’est quand même de mélanger nos pratiques culturelles. » il rit alors, comme si cette discussion pouvait avoir le moindre sens, ou un quelconque intérêt. La plupart du temps, il s’en foutait bien des pratiques culturelles propres à la famille qu’il n’avait jamais côtoyée : sa mère était née au Honduras, ouais, et elle avait passé des années là-bas. Cesare n’y avait jamais foutu les pieds, cela dit, et même s’ils devaient aller faire leur voyage de noces au Mexique, ce ne serait pas à la recherche secrète de ses origines à lui. Alors le champagne, le sexe avant le mariage, que d’autres jugent que c’était des sacrilèges – lui, il s’en fichait littéralement ; si bien qu’il attrapa le verre qu’elle lui tendit, souriant en trinquant avec elle. « A notre première et unique St Valentin en tant que fiancés. » le regard amusé accroché à Isolde, il avala une gorgée, avant de reposer le verre, pour se concentrer sur ses fameux plats, qui étaient maintenant bien avancés ; « Si j’avais su, j’aurais préparé un plat aphrodisiaque. Là, je voulais pas trop tester, pas que tu me réveilles au milieu de la nuit en rentrant. » il ricana, clairement ironique – encore heureux, il serait même totalement partant si elle le réveillait au milieu de la nuit juste pour ça. Il s’demandait bien dans quelles circonstances, il ne serait pas partant de toute façon. Mais Cesare, pragmatique comme il était, il ne croyait pas vraiment en ces histoires de ‘cet aliment est aphrodisiaque à cause d’un minuscule truc dedans’, alors rien que pour ça, il avait l’intime conviction de raconter de la connerie.

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MessageSujet: Re: (cesare(-18)), home is where your heart is.   Dim 5 Fév 2017 - 12:49


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Rentrer à la maison pour retrouver Cesare et Clara, ça allégeait toujours son cœur à Isolde. Ça avait encore l’air d’un truc exceptionnel, quand bien-même ça faisait quatre mois maintenant qu’ils vivaient ensemble. Elle avait sans doute trop eue l’habitude, des soirées passées à penser à Cesare sans qu’il ne soit là. Des moments où, dès que Clara dormait, elle se retrouvait toute seule, à se demander ce qu’il pouvait bien être en train faire Cesare, s’il allait bien et quand est-ce qu’elle pourrait le revoir. Elle s’en souvenait trop bien de ces moments-là, qui n’avaient eu de cesse de lui briser le cœur, tout comme elle se souvenait de la douleur que ça avait pu représenter, à chaque fois, quand ils devaient se séparer. C’était fini tout ça maintenant. Maintenant, quand elle rentrait le soir, il était là. Il était là aussi quand elle se réveillait le matin et elle savait aussi où le trouver, dans la journée, quand elle avait le temps de quitter la mairie le temps d’une pause. Tout ça, ça la rendait heureuse au quotidien, ça rendait sa vie beaucoup plus belle et beaucoup plus facile. Elle se disait que maintenant, y avait plus rien ni personne qui ne pourrait venir les séparer. Ce n’était pas pour rien après tout qu’elle portait cette bague de fiançailles autour du doigt et qu’ils parlaient bien souvent de ce mariage qui allait arriver très vite maintenant. Isolde, elle avait cette impression de nager dans le bonheur et que même les drames qui pouvaient survenir dans sa vie, ces moments qui pouvaient rendre ses journées complètement pourries, ça ne viendrait jamais altérer le bonheur qu’elle ressentait quand elle était avec Cesare. Si elle allait mal, elle n’avait qu’à revenir vers lui, retrouver la chaleur réconfortante de ses bras et tout semblait allait mieux. C’était ce qu’elle avait ressenti, quelques mois plus tôt avec cette histoire avec Aldrich, elle avait été vraiment mal, avant de rentrer à la maison, mais dès qu’elle avait retrouvé sa petite famille, les peines avaient été beaucoup moins lourdes à porter.

Même après les journées sans problèmes, rentrer à la maison, était toujours un véritable soulagement. Maintenant qu’elle était là, qu’elle pouvait facilement oublier l’énorme pile de dossier sur son bureau, elle en arriverait presque à se demander pourquoi elle avait eu l’idée stupide de vouloir rester à la mairie pour rattraper son retard. Avec un peu de réflexion, ça avait du sens, rattraper le retard avant qu’il ne double de volume, mais elle était beaucoup mieux à la maison, pour la saint-valentin, avec Clara qui dormait et Cesare qui en plus avait fait la cuisine. Au final, elle n’avait vraiment pas envie de passer la soirée à boire, ce serait du gâchis, d’être saoul pour une soirée aussi parfaite que celle qu’il s’annonçait. « Je renonce définitivement à l’ivresse alors. » Elle laissa échapper un léger rire. En même temps, s’il fallait qu’elle fasse un choix entre une bonne cuite se soldant par une grosse migraine et une soirée avec Cesare, elle avait bien l’impression qu’elle aurait plus de facilité à choisir Cesare. Ce soir en tout cas, y avait pas de questions à se poser, la tequila resterait dans son placard, maintenant que le champagne était ouvert de toute façon, mieux valait éviter de gaspiller. « J’pense aussi que c’est la meilleure chose à faire. » Elle n’avait pas grand-chose à partager elle, dans ses pratiques culturelles, c’était pas comme s’il pouvait avoir besoin de gouter un plat qui venait du Kentucky, après tout, il y avait passé un certain nombre d’année aussi, au Kentucky et dans le fond, elle ne savait même pas si y avait des spécialités dans le coin. Ses racines à elle, elles étaient profondément ancrées à Radcliff, et c’était une des raisons qui faisaient qu’elle voulait se battre pour cette ville. En triquant avec Cesare, elle eut un large sourire venant se dessiner sur ses lèvres. « C’est plus romantique ça. » Forcément, trinquer à leur première et unique saint-valentin en tant que fiancés, c’était plus romantique que de trinqué au sexe avant le mariage. Elle avala une gorgée de son verre avant de venir s’asseoir sur le comptoir, observant Cesare en train de s’occuper de ses petits plats. « Tu m’aurais repoussée, si j’avais dû te réveiller en pleine nuit, pour ça ? » Elle avait tendance à penser que même si elle avait mangé un truc aphrodisiaque, elle pouvait tenir sans être obligée de le réveiller. Quelque chose qu’elle n’avait jamais eu l’occasion de vérifier, mais s’il lui disait qu’elle pouvait le réveiller si elle avait envie de lui au beau milieu de la nuit, peut-être qu’elle n’hésiterait pas à le faire, le jour où ça lui arriverait. « La nourriture mexicaine, en général c’est épicé non ? » Le Mexique n’était pas réputé que pour la tequila après tout, mais aussi pour le piment et les épices. « Quand c’est épicé, ça donne chaud, quand on a chaud on retire nos vêtements. Pas besoin d’aphrodisiaque. » Elle haussa les épaules, comme si tout ça était parfaitement logique, ils n’avaient de toute façon, besoin ni de trucs aphrodisiaques, ni d’épices, pour retirer leurs vêtements quand ils étaient tous les deux, et ils semblaient que pour ce soir, ils étaient définitivement d’accords sur le déroulement de cette soirée. C’était la saint-valentin après tout.

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MessageSujet: Re: (cesare(-18)), home is where your heart is.   Lun 6 Fév 2017 - 15:16

S’ils devaient compter les dettes, les blessures, les bonheurs, les trahisons et les moments de douceur comme des choses qui leur étaient dues ou qu’ils devaient compenser, Cesare et Isolde n’en auraient jamais fini, de s’prendre la tête sur tout et rien. N’était-ce pas ce que c’était, la St Valentin après tout ? Un genre de moyen de monétiser l’attention, de compenser pour les jours précédents et les suivants en sortant le grand jeu à une date bien spécifique, comme si ça pouvait tout effacer. Y’avait aussi les plus désespérés, qui faisaient un véritable décompte dans leur tête, et avaient des attentes surdimensionnées pour un jour aussi simple. Ce quatorze février n’avait pas été différent du treize, et n’serait pas différent du quinze ; c’était probablement juste que les amoureux étaient facilement aveugles, surtout au fait de s’faire avoir comme des pigeons, et de quantifier leur affection l’un pour l’autre, sur des dates sporadiques réparties à travers l’année. Cesare, ironiquement, il n’se serait jamais imaginé l’âme d’un romantique, de quelqu’un qui pouvait passer devant un fleuriste ou un magasin, et s’mettre à penser à l’autre. Il n’se serait jamais imaginé marié un jour, ou le genre de fiancé qui focalisait tout un temps et tout un tas d’énergie sur le devoir de trouver la bague parfaite. Et pourtant, rien de tout ceci ne compensait pour les mois difficiles qu’Isolde et lui avaient eus à traverser : rien du bonheur faisant pulser leurs cœurs ce soir et tous les soirs quand ils se retrouvaient, ne ramenait les morts dont ils étaient coupables. Les cadavres qu’il avait sur sa conscience à lui, tous les amis qu’Isolde avait perdus ; sa sœur à lui, sa meilleure amie à elle, Aldrich. Et les mois qu’ils avaient dû passer à s’aimer en secret, ces temps qu’ils avaient dû passer, infinis, sans se voir l’un l’autre ; ils n’étaient pas partis non plus – ironiquement, ils étaient même part de leur histoire, des pièces de puzzle qui avaient probablement participé à ce qu’ils étaient aujourd’hui. Si ç’avait toujours été aisé entre eux deux, sûrement qu’ils n’seraient pas fiancés, là maintenant – sûrement même qu’ils ne profiteraient pas de chaque instant comme s’ils étaient au centre d’une galaxie dont l’équilibre leur semblait désespérément précaire. Comme si, d’un moment à l’autre, tout pouvait soudainement se compliquer juste sous leurs pieds : Cesare, il n’voulait pas voir ça comme une mauvaise chose ; c’était ainsi qu’il essayait de fonctionner depuis qu’il était dans cette maison, quotidiennement, avec Isolde et avec Clara. Ce mariage, au fond… il n’était sûrement pas juste la promesse d’avoir une vie normale ensemble, le fait sacré qu’enfin eux deux, ils se laissaient aller à la normalité. Il voulait le créer, ce lien, invisible et immuable avec Isolde : quoiqu’il advienne, il voulait être marié avec elle, avoir juré qu’il n’vouerait son cœur qu’à elle pour aussi longtemps qu’il vivrait – et aucun ennemi, aucun imprévu, aucun Rafael DeMaggio ou mutant meurtrier ne changerait ça.

Tout c’qu’il pouvait espérer, dans la façon dont le temps pouvait passer, laissant les circonstances se répéter, parfois, c’était qu’Isolde n’viendrait pas à regretter un jour d’l’avoir épousé, d’avoir quelque-chose avec lui. Il savait bien déjà qu’elle n’prendrait pas son nom, que ce n’serait jamais quelque-chose qui deviendrait officiel, fait dans les règles de l’art – et même s’ils pouvaient facilement dire que le mariage, c’était juste un petit bonus qui ne changerait pas grand-chose à leur vie en soit, c’était ce serment sacré auquel il se vouerait toujours, avant n’importe quoi d’autre. Malheureusement, ça signifiait sûrement qu’il s’y vouerait avant n’importe quelle vie innocente. Malheureusement, ça voulait dire qu’il n’avait pas beaucoup changé, depuis le type qui avait fait exploser tout un entrepôt plein de gens innocents, juste pour la sauver elle, dans une impulsion aussi égoïste que meurtrière. C’était facile, au fond, de n’pas penser à ça quand ils vivotaient si joyeusement dans un univers où plus rien n’leur tombait sur le coin de la gueule : Cesare tâtonnait encore, prudemment, à la recherche de la menace qui pourrait se tapir dans le coin de son champ de vision, prête à bondir dès qu’il baisserait sa garde. Ils étaient toujours là, à Radcliff, et irrémédiablement, ça signifiait que les menaces, les imprévus, les blessures – tout ça n’était jamais loin. Isolde était la maire après tout, et elle devait bien avoir une vision aussi pragmatique que la sienne sur la situation : ils s’aimaient, ouais, et intimement, quand ils n’étaient que tous les deux dans cette maison, ça pouvait bien être la seule chose qui importait dans l’univers. A plus vaste échelle, ce serait toujours un lien mis au défi, une faiblesse que d’autres exploiteraient, un danger constant pour leurs âmes. « C’est flatteur, que le choix soit si clair entre le sexe avec moi, et une bonne cuite. » il ricana ; pour l’heure, ils en étaient à la simplicité des moments passés ensemble : et même si appréhender l’avenir restait cette chose incertaine qui éveillait les instincts méfiants du brun, le présent, là maintenant, palpable sous ses mains, visible sous ses yeux, était tout ce qui importait. Surtout quand ça se limitait à Isolde qui était rentrée plus tôt du travail, et ouvrait une bouteille de champagne parce qu’un genre de tradition voulait que le quatorze février soit la fête des amoureux. « Tout le monde sait que j’suis le romantique, de nous deux. » releva-t-il dans un rictus flatté à l’adresse de la jeune femme, incapable de savoir si c’était vraiment un truc, une opinion que certaines personnes pouvaient avoir sur leur couple : y avait-il qui que ce soit ici pour penser à leur histoire ? Quelque part, ça lui semblait intrusif, comme idée. Alors évidemment que Cesare n’était pas le genre de type à coucher avec une femme bourrée – même s’il était lui-même bourré ; il avait toujours été tristement gentleman, même si ç’avait pu signifier parfois, toute une existence de solitude. Après tout, rien que pour le contact physique, le sexe, c’n’était pas une si mauvaise chose – fondamentalement, il n’était pas comme ça ; il fallait plus que ça, pour faire fondre l’épaisse glace qui s’était emparée de tout son être, avec le temps. La question d’Isolde le fit rire, alors, tandis qu’il se permettait d’abandonner à nouveau ses plats, s’armant d’une lueur intéressée et enjôleuse dans ses prunelles, avant d’arriver à sa hauteur. « Ca dépendrait surtout de comment tu me réveilles… » songeur, Cesare laissa son charme amusé glisser jusqu’à ses lippes, où restait accroché un sourire tenace ; « Si t’es ivre en plus parce que t’as bu de la tequila, et que tu te vautres sur moi en tombant à moitié… ouais, j’vais avoir beaucoup de problèmes à me concentrer sur ton sex appeal. » mais il savait bien qu’Isolde était capable de faire preuve de plus de finesse que ça ; et elle savait très bien que dès qu’elle commençait, il était complètement incapable de résister à quoique ce soit. Déjà là, quand elle parlait, quand ils flirtaient, quand il se laissait à égarer une caresse le long de sa cuisse, c’était un jeu dangereux qu’ils avaient déjà perdu sans état d’âme à chaque occasion qu’ils avaient eue. Ils n’étaient pas doués, pour se résister, et Cesare n’voyait vraiment pas en quoi c’était une mauvaise chose ; ils ne prétendaient pas être sortables, après tout. « J’en sais rien… tu crois que toute la population du Mexique est nudiste à cause de la nourriture épicée ? » il se moqua, juste devant Isolde. Il préférait quand Isolde se déshabillait pour lui, plus qu’à cause de la nourriture épicée – mais évidemment qu’il avait compris le sous-entendu.

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MessageSujet: Re: (cesare(-18)), home is where your heart is.   Lun 6 Fév 2017 - 18:14


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Elle n’y connaissait pas grand-chose en saint-valentin Isolde. Elle n’y connaissait pas non plus grand-chose en romantisme, en amour ou même en mariage, parce qu’elle ne s’était jamais intéressée à tout ça. Elle aurait facilement pu jurer, un peu plus d’un an plus tôt, qu’elle avait eu des préoccupations plus importantes que tout ce qui pouvait concerner les histoires d’amour. Elle s’était toujours dit qu’elle n’avait pas besoin d’un homme – ou d’une femme – dans sa vie pour être heureuse ou pour avoir l’impression d’avoir accompli quelque chose dans sa vie. Elle était plutôt ce genre de personne qui avait eu besoin de son indépendance et de montrer qu’une femme pouvait très bien se concentrer sur sa vie professionnelle et s’en sortir, sans avoir besoin d’un type à ses côtés. C’était clair que ce n’était pas pour elle, la vie de femme au foyer qui se contentait de s’occuper des gosses et de préparer de bons petits plats pour un homme. Bizarrement, dans les traditions les plus ancrées et archaïques de Radcliff, ça avait presque trop ressemblé à ça, la vie amoureuse, alors ça n’avait été qu’une bonne raison de plus pour la blonde de fuir tout ça. Aujourd’hui, c’était différent. Maintenant, y avait Cesare, y avait Clara et elle était bien contente de les avoir dans sa vie. Peut-être qu’elle s’était trompé en prétendant qu’elle n’avait pas besoin de ça pour avoir l’impression de réussir sa vie, parce que maintenant, elle se disait bien souvent qu’elle n’avait rien eu au final dans sa vie, avant de rencontrer Cesare et d’avoir Clara. Elle n’avait jamais cru en tout ça et pourtant aujourd’hui, elle savait qu’elle ne pourrait pas vivre sans ça. Elle devait quand même admettre que même par amour pour Cesare, elle n’était pas prête à devenir femme au foyer dans une belle baraque d’un quartier résidentiel de Radcliff où ailleurs ; heureusement, tous les deux, ils semblaient assez doués pour échapper aux clichés des histoires d’amour.

Ils n’avaient même pas pensé à la saint-valentin avant que quelqu’un vienne lui en parler. Au moins, elle était contente qu’on lui ait transmit cette information, parce que c’était ce qui l’avait poussée à renter plus tôt que prévu, oubliant le boulot qu’il lui restait et les le fait que quelques heures plus tôt, elle avait décidé de rester plus tard au bureau pour boucler tout ça. Fallait croire qu’elle allait devoir repousser ça à plus tard et franchement elle c’était pas ce soir qu’elle allait râler pour ça. Ce serait une autre histoire le jour où elle il faudrait justement qu’elle reste plus tardivement pour s’occuper de tout ça. Peut-être qu’à ce moment-là, elle se trouverait encore une bonne excuse pour s’en aller plus tôt et rentrer à la maison. Elle était bien ici, mieux qu’au boulot, mieux qu’au fond d’un bar à picoler. « Y a pas beaucoup de choses que je préfère au sexe avec toi de toute façon. » Elle n’était pas une obsédée qui ne pensait qu’à ça et elle l’aimait pour bien des raisons, pas uniquement pour ce qu’ils faisaient quand ils étaient au lit, mais elle n’allait pas mentir, elle aimait les moments intimes qu’ils passaient tous les deux ensemble. Elle aimait tous les moments qu’ils passaient ensemble de toute façon et elle faisait de son mieux pour faire passer tout ça avant le reste, même si fallait bien avoir une vie à côté et que mine de rien elle avait un boulot qui lui prenait beaucoup de temps. Et y avait Clara aussi, fort heureusement, ils n’en étaient pas encore à négliger leur fille pour s’envoyer en l’air. « Évidemment que c’est toi le romantique dans notre couple. » C’était pas difficile d’être plus romantique qu’elle de toute façon et sans doute que son passé amoureux à Cesare il pouvait bien en lui-même prouver que c’était vrai, il était le plus romantique d’eux deux. Au moins, elle était rentrée pour la saint-valentin, elle avait ramené le champagne et les chocolats, c’était déjà ça. Cela-dit, lui, il avait cuisiné un vrai repas mexicain, qui sentait incroyablement bon, alors peut-être que ça valait mieux que des chocolats et du champagne. « J’aurai été sobre, j’vais pas boire de la tequila toute seule. » Elle laissa échapper un léger rire. Elle n’allait pas rentrer du boulot tard pour s’enfiler une bouteille de tequila, un verre de vin à la limite et heureusement, il lui en fallait plus pour être bourrée. « Je t’aurai embrassé jusqu’à ce que tu te réveilles. » Pas longtemps sans doute, il avait le sommeil léger Cesare, alors ça n’aurait pas été bien compliqué de le réveiller. Un sourire aux lèvres, elle glissa ses mains contre son torse, les remontant lentement jusqu’à sa nuque. « J’en sais rien, je suppose qu’ils ont l’habitude eux. » Elle haussa légèrement les épaules, encore une conversation qui n’avait pas beaucoup d’importance sans doute, un délire de plus à ajouter à la liste. « J’sais même pas si on aura le temps d’expérimenter tout ça. » Elle se mordilla légèrement la lèvre inférieure, sans le lâcher du regard. « J’pense que tu devrais aller éteindre, faudrait pas que brûle. » Parce qu’elle avait des idées en tête maintenant et il n’aidait pas à être revenu vers elle comme ça, tant pis, elle était rentrée plus tôt que prévu, alors la soirée était encore longue, ils avaient bien le droit d’en profiter.

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MessageSujet: Re: (cesare(-18)), home is where your heart is.   Mar 7 Fév 2017 - 4:03

Fondamentalement, Cesare n’avait pas besoin de vivre sans cesse au côté d’Isolde, à l’avoir dans son champ de vision vingt-quatre heures sur vingt-quatre, pour se sentir bien, à l’aise, et apaisé dans son couple. Il n’était pas le type jaloux qui scrutait les faits et gestes de sa dulcinée, ni celui qui tapait un scandale par pure arrogance quand elle ne rentrait pas à l’heure dite : c’était presque des privilèges qu’ils n’avaient pas pu s’autoriser, alors qu’à Radcliff, le danger pouvait venir de partout. Mais plus loin que ça, le DeMaggio voulait bien croire que c’était aussi comme ça que sa personnalité avait été écrite : son père avait beau être une enflure machiste et misogyne, il avait aussi été élevé par sa mère, éduqué à protéger sa sœur et toujours gagné par l’impulsion de la faire passer elle, avant n’importe lequel de ses désirs à lui. Peut-être les avait-ce irrémédiablement menés à la destruction, ouais ; mais ça lui avait aussi appris à casser la gueule de tous les relouds qui collaient trop sa cadette, ça lui avait appris à respecter les femmes qu’il voyait, celles qui se faisaient emmerder, harceler, zieuter. Celles qui lui rappelaient sa petite sœur, ou celles qui avaient juste envie qu’on leur foute la paix. Il aurait été fou, d’toute manière, de s’éprendre d’une femme comme Isolde Saddler et de s’mettre en tête de la dominer ou de lui dicter quoi faire de sa vie : il n’l’avait pas aimée parce qu’elle avait le potentiel de porter des enfants dans son utérus et rester loyale à la maison. Isolde, elle avait toujours été active, la vie – la vraie, brute et insatiable – brillant au fond de ses prunelles et alimentant, alimentant chacune de ses volontés : celles-là même qui les avaient guidés l’un vers l’autre, quand elle avait décelé quelque-chose à faire de lui, alors même qu’il s’était déjà vendu comme un cas désespéré. Non, il n’aimait pas qu’elle bosse à la mairie, il n’aimait pas qu’elle ait créé un groupe de transmutants rebelles qui aujourd’hui, s’retournait complètement contre elle ; il n’aimait pas, qu’ils soient toujours aux frontières du danger à Radcliff, quand ça pourrait être facile comme un rien, d’embarquer dans une voiture et de disparaître sans se retourner. Pour Clara, dans leurs tripes, dans leurs cœurs, dans leurs instincts, ils pourraient forcément trouver la force de prendre une décision aussi égoïste. Ils s’en étaient faits la promesse, après tout, sans pour autant qu’ça signifie qu’elle n’devienne qu’une femme au foyer qui vouerait sa vie aux repas et aux enfants : il avait été le premier surpris, qu’elle parle de prendre des cours de cuisine pour se distraire, et parce que ça pourrait lui permettre de faire des bonnes choses pour Clara. Sa mère à lui, au fond, elle n’avait jamais été non plus une femme au foyer : ç’avait été la façade offerte aux autres, mais il avait grandi, né d’une femme qu’il avait plus souvent vue comme une guerrière insatiable qu’une pauvre chose fragile parce qu’elle était du sexe opposé. La mentalité du Sud de l’Amérique, probablement que chaque individu de la famille DeMaggio l’avait détestée au plus profond de leurs tripes : ils avaient toujours eu leur façon de fonctionner, bien différente des clichés véhiculés dans le Kentucky ou le quartier chic de Radcliff où ils avaient vécu.

Et rien que par vantardise, ou peut-être pour s’dire qu’il faisait au moins les choses bien, Cesare voulait bien croire que c’était ce qui le rendait encore plus altruiste, plus amoureux, et moins machiste : le fait qu’il n’aime pas les risques qu’Isolde prenait, qu’il préférerait lui donner un coup de pouce dans une autre direction, ou lui hurler un ‘j’te l’avais bien dit !’ selon les circonstances – mais qu’il n’en fasse rien. Parce qu’il l’aimait, parce qu’il la soutenait quand elle rentrait après une longue et éprouvante journée – qu’il n’avait pas envie de lui dire qu’il avait eu raison, qu’il avait juste le désir de la consoler, d’effacer ses peines, sa rage, toutes les blessures que les autres avaient pu lui infliger. Ouais, Cesare, il était son allié, à Isolde ; celui qui n’avait pas compté les jours, n’s’était pas monté la tête parce que c’était techniquement la St Valentin et que sa fiancée avait décidé de la passer au boulot. Celui qui s’était mis derrière les fourneaux – combattant déjà un gros cliché machiste – après s’être occupé de leur fille toute la soirée, et avait fait à manger, rien que parce qu’il en avait eu envie, et presque pour assurer de son côté, que la part de leur deal sur la nourriture mexicaine, avait été respectée. Et il n’attendait rien en retour, Cesare ; il n’aurait certainement pas planqué quelques zestes de gingembre et d’autres trucs dits aphrodisiaques pour allumer en Isolde le désir de compenser ses actions avec du sexe. Il voulait juste qu’elle soit heureuse, Isolde, avec lui – fondamentalement et simplement heureuse, sans compter, sans réfléchir, sans que les dates n’aient la moindre importance dans la vie qu’ils avaient ensemble ; et heureusement, pour l’heure, quand personne n’essayait d’leur mettre des bâtons dans les roues, ils s’en sortaient plutôt bien. « Oh ouais ? Alors le rêve d’Isolde Saddler, c’est de se marier avec un type au cœur tendre et romantique ? » l’idée le fit ricaner, mine de rien ; quelques mois plus tôt, ils auraient été incapables d’avoir cette conversation, et Isolde n’avait certainement rien dû voir de l’aspect romantique de sa personnalité. Pourtant, c’était vrai ; il était le plus romantique d’eux deux – sûrement encore un cliché machiste abattu en mille morceaux par leur histoire. Il n’était pas celui qui avait des idées brillantes d’attentions spéciales tous les quatre matins ; mais il savait, il savait dans ses chairs, que chaque affection, chaque attention, chaque sourire sur les lèvres d’Isolde, éveillait un peu plus de son âme. Ce soir-même, il aurait surtout prévu d’attendre Isolde aussi longtemps que possible – il aurait trouvé de quoi s’occuper, ils avaient encore plein de paperasse et plein de détails à régler pour leur mariage à venir ; il aurait été là, pour l’accueillir, la laisser décompresser un peu dans ses bras, profitant de la savoir là, d’entendre sa voix, de sentir son parfum. C’était indubitablement un équilibre parfait, entre recevoir et donner, et probablement était-ce tout ce qui importait, dans un couple : « Ca me rassure, mine de rien, d’savoir que t’aurais pas bu toute la tequila toute seule. » il ricana, levant les yeux au ciel ; ils commençaient graduellement à tout exagérer de cette conversation autour de la tequila : « La prochaine fois, j’vais vraiment tout planifier, le repas aphrodisiaque, et j’irai me coucher tôt. Voir comment ça fait… » parce qu’il ne pouvait pas dire qu’il n’trouvait pas l’idée d’une Isolde, égarant des baisers tendres et chaleureux partout où elle pouvait, jusqu’à ce qu’il se réveille, parfaitement tentante. Surtout alors qu’ils s’embrassaient, qu’ils éparpillaient déjà les attentions papillonnantes et capricieuses de leurs mains, en des sensations qui les rendaient de plus en plus insatiables à chaque seconde : les signes ne trompaient pas, et le désir qu’il ressentait gonfler sous ses veines, se lisait aussi dans le regard de la blonde, pour les rares instants où ils essayaient encore d’avoir une conversation. Une conversation débile, somme toute, les mexicains n’étaient pas nudistes de toute manière ; « Est-c’que ça veut dire qu’on en est aux choses érotiques de la soirée, ça ? » sourit-il, d’un air presque carnassier, mélanger de charme tout contre les lèvres d’Isolde – il avait mis beaucoup d’amour et d’attention, de soin et de minutie dans la préparation de son plat. Mais il n’allait certainement pas se faire prier – entre Isolde et n’importe quelle spécialité culinaire qui soit, son choix était fait comme ça, en un claquement de doigts ; ce fut donc même un véritable effort, d’aller vaguement s’occuper de ses petits plats, d’inspecter que tout aille bien pour tout couvrir, avant d’éteindre le feu. Ils avaient toujours leur ordre des choses bien à eux, pour les soirées comme ça.

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MessageSujet: Re: (cesare(-18)), home is where your heart is.   Mar 7 Fév 2017 - 11:55


as long as we're together,
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Elle savait qu’elle n’avait jamais été une fille très romantique Isolde, elle n’avait pas passé sa vie à chercher le grand amour ou à se dire qu’elle préférait être seule plutôt que de passer juste une nuit avec un type ou une nana qu’elle ne reverrait jamais après ça. Ça avait plutôt été l’inverse, elle avait eu plus de petites histoires courtes et sans importances que d’histoire longues dans laquelle les sentiments avaient leur importance. C’était qu’elle l’avait mal digéré la trahison si bien que retomber amoureuse, ça avait semblé être un truc impossible pour elle, quelque chose dont elle ne voulait pas. Il lui avait semblé que c’était le meilleur moyen de ne plus avoir le cœur brisé et un cœur brisé, ça faisait vraiment mal alors autant s’en protéger. Avec Cesare pourtant, ça avait été compliqué, y avait eu toute une période de leur histoire où elle avait considéré qu’il ne valait pas mieux que les autres, qu’il était une preuve supplémentaire dans sa vie que l’amour, le romantisme et tous le trucs bidons qui allaient avec, ça faisait plus de mal que de bien. Pourtant, ils étaient là aujourd’hui, à vivre sous le même toit, avec leur fille et avec des promesses de mariage. Un retournement de situation auquel elle ne s’était pas attendu Isolde. Au fond d’elle-même, y avait eu des moments où elle avait voulu retrouver Cesare, toutes ces fois où elle avait su qu’elle avait besoin de lui, sans être capable de l’admettre à cause d’un égo probablement trop imposant et une rancœur qui n’en finissait pas. Mais même dans ces moments-là, elle avant bien été incapable de s’imaginer fiancée avec Cesare, ou fiancée tout court, peut importait la personne dans le fond, pour elle à une époque, l’idée même du mariage avait été complètement grotesque. Les choses avaient changées pourtant et elle avait vraiment l’impression de nager dans le bonheur, avec Cesare et ce mariage avait plus de sens à ses yeux qu’elle ne l’aurait jamais imaginé.

Finalement, Cesare, il avait fini par lui redonner conscience en ce sentiment qu’était l’amour et maintenant, elle n’avait plus envie de le fuir, mais plutôt de le vivre pleinement, sans craindre les conséquences qu’il pourrait avoir, parce que c’était Cesare qui l’avait son cœur à présent et elle savait qu’il ne le briserait pas. Elle n’était pas sûr pour autant qu’accepter l’amour, ça lui ait permis d’être beaucoup plus romantique qu’auparavant. Elle s’en rendait bien compte à chaque fois qu’elle essayait de mettre en mots ces fameux vœux qu’elle devait écrire pour leur mariage et que ça ne la menait à rien. Il s’en sortirait sans doute mieux qu’elle Cesare, avec cette histoire de vœux à rédiger, puisqu’il était, le plus romantique d’eux deux. « Est-ce que c’est pas le rêve de toutes les femmes ? » Elle ricana légèrement, fallait quand même dire que même si ça ressemblait à un gros cliché, c’était normal qu’une femme rêve à ce genre qu’homme, qu’à un gros connard qui la traiterait comme de la merde et la tromperait dès qu’il en aurait l’occasion. Alors ouais, peut-être que toutes les femmes rêvaient de ce genre d’homme et que ça n’avait rien de complètement mielleux, juste de normal. Après, y avait d’autres conditions, tout autant qu’elle aimait avoir raison Isolde, elle savait qu’elle ne pourrait pas passer sa vie avec un type qui par amour serait incapable de lui tenir tête, ce genre de type un peu soumis et beaucoup trop niais, qui serait l’extrême du gars romantique au cœur tendre. Ça ressemblait un peu trop aux contes de fées ça et franchement, ces histoires lui avaient toujours fait lever les yeux au ciel d’un air blasé, même quand elle avait été gamine. Au moins, avec Cesare, elle était certaine d’avoir trouvé l’homme parfait pour elle, celui avec qui elle pouvait s’imaginer passer le restant de sa vie. « Peut-être que j’aurais pu te réveiller pour partager. » Elle rigola de nouveau, elle préférait quand même le réveiller pour du sexe que pour de la tequila. « Ça ressemble à un bon plan. » Elle n’était même pas sûre d’avoir besoin d’un repas aphrodisiaque pour ça, mais bon, réveiller Cesare à coup de baisers, c’était quand même tentant, surtout si elle ne risquait pas de l’entendre lui râler dessus parce qu’il avait juste envie de dormir. Elle était certaine là en tout cas, qu’ils n’avaient pas besoin d’aphrodisiaque pour réveiller leurs envies. Elle les sentait brûler dans ses veines, entre les caresses, les baisers et les conversations sur le sexe, c’était inévitable de réveiller le désir. « Je crois bien ouais. » A force d’en parler, fallait bien que ça arrive. Elle le laissa quand même aller s’occuper de ses plats, ils avaient beau avoir du mal à se résister, ils pouvaient encore faire un effort pour ne pas se sauter dessus en oubliant tout le reste. Elle profita du temps qu’il avait passé à s’occuper de ça, pour retirer la culotte qu’elle avait eu sous sa jupe. « J’crois me souvenir que tu m’as dit que j’avais pas besoin de ça. » Alors autant s’en défaire maintenant, alors. Elle savait qu’elle n’aurait pas besoin de ça, ni du reste de ses vêtements et comme ça ne la gênait absolument pas qu’ils trainent par terre au beau milieu de la cuisine, elle la laissa tomber sur le sol, cette fameuse culotte.

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