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 Flaming cold (Jedikiah)

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MessageSujet: Flaming cold (Jedikiah)   Dim 26 Fév 2017 - 13:23

Les journées s’enchainaient les unes après les autres. Classes, clients, trouver à manger, s’occuper de Crow… Tout ça n’était pas bien excitant et la routine faisait partie de ces choses qui faisait déprimer la jeune femme. Ca ne déclenchait pas de crises, c’était sure, mais quand on menait une existence aussi palpitante que la sienne, la routine paraissait d’un ennuie mortelle, d’une fatalité désolante et laissait un goût de terre dans la bouche. Elie avait donc décidé d’aller jouer dans les rues avec son fidèle ukulélé, elle passerait le temps, décompresserait de ses énièmes révisions. Elle avait besoin de ça, elle le sentait bien. Un peu d’animation, de bonne humeur, un petit verre en ville. Elle se payait un petit extra, pour une fois. Elle aurait tout le temps de se le reprocher plus tard et de pleurer sur ce verre bêtement dépensé pour alléger un peu son humeur. Et puis, avec un peu de chance, elle aurait un peu de sous dans son étuis et du coup, elle ne débourserait rien du tout. Ah, oui! Voilà!

C’est sur cette pensée rassurante que la jeune femme caressa son chat, lui remit des croquettes puis mit sa veste couverte de patchs qui couvraient en majorité des trous. Dehors, le froid se faisait clairement sentir, aussi, elle sentit le froid la pénétrer rapidement et abandonna tout aussi vite l’idée d’aller jouer dans les rues. Elle cherchait un bar, boirait un verre et adviendrait ce qu’il adviendrait. Elle espérait que ça serait intéressant. Sautillant pour se réchauffer, elle approcha des petits bars de Radcliff. Elle finit par entrer dans un où l’ambiance était à son goût : animée, festive et bruyante. Elle sourit, tout en se frayant un chemin entre les clients qui semblaient déjà avoir bien entamée la soirée jusqu’à atteindre le bar pour lever un bras et héler le serveur à qui elle commanda une pinte de bière et attendit que l’homme revienne avec la boisson pour se trouver un coin où elle serait susceptible d’admirer le bordel environnant et voir même d’y participer un peu si l’occasion se présentait.

Quelques heures plus tard, elle avait eut son compte de discussion de bars, de rencontres d’un soir et de chants paillard accompagnés de son fidèle ukulélé, elle revivait littéralement en remettant son vieux manteau tout rapiécé, bien contente d’avoir dépensé ses 5 dollars pour passer une bonne soirée. Elle se dirigea vers la sortie après avoir dit au revoir aux gens qu’elle avait rencontré et sortit dans le froid pour frissonner et se dépêcher dans les ruelles affluentes afin de rentrer dans les artères désertes pour faire apparaitre une petite flamme pour se garder au chaud. Elle avait bien vérifié autour d’elle mais l’alcool aidant, elle était beaucoup moins attentive que ce qu’elle pouvait être d’habitude.
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MessageSujet: Re: Flaming cold (Jedikiah)   Lun 27 Fév 2017 - 18:06

Flaming cold
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Etudes des dossiers de Mike – Nomenclature utilisée, hypothèses quant à… Je fronce les sourcils avant de soupirer et de tout effacer. Mes doigts pianotent sur le clavier sans pour autant enfoncer les touches, je terminer mon mug de thé et me reconcentrer sur ce que j’essaye de taper. Etudes des dossiers de Mike, Hypothèses et… Un nouveau ctrl+A, ctrl+X et me voilà revenu à une page blanche, comme toutes les deux minutes environ depuis que j’ai ouvert mon ordinateur, sorti les fameux dossiers de Mike et commencé à les éplucher. Sans trop de succès pour changer. Des suites de lettres et de chiffres ponctuent des noms, des fichiers, des photos aussi mais… si tout ça avait du sens pour Mike, c’est loin d’en être le cas pour moi. Et j’ai beau poser des hypothèques, elles restent des hypothèses et c’en est excessivement frustrant. Mes yeux vont des dossiers rangés en pile cette fois – contrairement aux soirs où je les étale sur le sol comme si changer de perspective allait me procurer l’illumination -  à mon écran pour revenir aux cartons toujours fermés que je n’ai pas encore eu le courage de traiter. Ceux que j’ai sorti, je les connais presque par cœur mais la plupart des personnes qu’ils concernent sont déjà mortes à ce que j’ai pu voir. Tuées dans des circonstances louches, disparues de la circulation : j’ai là soit le tableau de chasse de mon meilleur ami, soit ce qui lui a permis, justement, de les aligner une à une avec minutie et précision. J’ai rarement chassé avec lui mais je comprends mieux à quel point il pouvait être efficace lorsqu’il s’y mettait.

Et à quel point il était redoutable, aussi, dans sa traque aux informations, des plus minimes aux plus importantes en passant par tous ces petits détails qui font d’une chasse une mise à mort. Comme à chaque fois, je sais que je vais finir par délaisser mon ordinateur pour me plonger dans la lecture d’un dossier quelconque, m’imprégner de ses composants et d’en retenir les éléments principaux pour pouvoir les croiser avec d’autres informations à l’avenir et me donner l’impression d’avancer, même si j’ignore encore dans quelle direction. Au moins avancer, ne serait-ce qu’un peu, au moins… je fronce les sourcils, déloge un dossier sur lequel une mise en garde, en rouge, apparaît. Dangereux. Je range immédiatement tout le reste dans leur carton, que je referme soigneusement avant de le glisser sous mon lit, je referme même mon ordinateur et le décale sur le côté du bureau. Et je me penche sur cette mutante – le pyrugiste doublement souligné, surligné, appuyé est assez explicite à ce propos – que Mike a qualifiée de dangereuse. Très dangereuse, même, si j’en crois ses capacités. Pyrugie. Une plaie. Et… je regarde l’heure à ma montre – seule horloge qui ne soit pas déréglée dans l’appartement, allez savoir pourquoi : la soirée est bien entamée, Marcus n’est pas là… j’ai besoin de réponses. Et j’ai encore plus besoin d’avoir l’impression de faire quelque chose, d’avoir l’impression d’aboutir à quelque chose, d’avoir l’impression de faire quelque chose de bien et pas uniquement figuration. J’ouvre un tiroir pour sortir mon flingue, non enregistré, non répertorié, cadeau fait par mes parents pour mes vingt ans, vérifier son bon fonctionnement et dépoussiérer dans un même temps le holster qui va avec et qui me permet, en bon citoyen américain, d’en masquer la présence.

Le dossier sur cette mutante est si complet qu’il ne me faut pas plus de quelques heures pour non seulement trouver son domicile mais aussi mettre la main sur elle. Et sur l’instrument qu’elle transporte et dont elle use et abuse. Pyrugiste, si j’en crois Mike. Et je le crois. Innocente en apparence mais pyrugiste malgré tout. Pyrugiste avant tout. Dangereuse. Elle quitte le bar, je lui embraye le pas une poignée de secondes plus tard, sans avoir décidé exactement de ce que j’allais faire. Vu à quel point son dossier était complet, vu à quel point même ses déplacements étaient recensés, anticipés, listés, actuels, j’ai l’intuition qu’elle devait être l’une des cibles les plus récentes de Mike, l’une de celles qu’il avait prévu d’abattre. Et potentiellement celle qui… mes doigts se serrent nerveusement sur mon arme. Je n’ai pas tiré depuis des mois sur des cibles en papier, et depuis des années sur des cibles réelles. Je n’ai même aucune certitude qu’elle soit réellement mutante, et… Je m’arrête, sans la perdre de vue, à deux doigts de la laisser filer. Je suis prêt à la laisser filer. Tuer ne m’a jamais procuré de satisfaction, quand bien même il a bien fallu que je le fasse et plutôt dix fois qu’une. Mais tuer… Selene en est bien plus apte que moi, nos parents de même. Moi, je ne suis qu’un lâche, un lâche qui fait demi-tour, un lâche qui… Une flamme apparaît au bout de ses doigts.

Mon arme apparaît dans ma main et je tire sans sommation, le coup de feu étouffé par mon silencieux. Un tir qui ne touche pas ma cible, loin de là : ça fait très longtemps que je n’ai pas tiré et je n’ai jamais brillé dans cette discipline. Tout comme je ne viens clairement pas de briller par mon intelligence. « Eteins ça tout de suite ! » Je la mets en joue en m’approchant d’elle. « Thatcher, c’est ça ? »


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MessageSujet: Re: Flaming cold (Jedikiah)   Dim 12 Mar 2017 - 14:05

Qui aurait pu croire que la soirée, si calme, aurait pu tourné au vinaigre à ce point? Pas Elie en tout cas, même si elle s’attendait plus ou moins tout le temps à ce que ça vire au cauchemar. Là, il fallait dire qu’elle ne s’attendait pas à autant d’acharnement de la part du Destin. Pour une fois qu’elle passait une petite soirée tranquille, sans clients, sans devoirs, elle avait espéré que tout se passe bien, que tout se passe selon ses plans :  un verre tranquille dans un bar, un petit mal de crâne le lendemain et l’agréable impression de faire partie du monde des gens normaux à qui il n’arrive jamais rien d’hors du commun. Bien entendu, cet andouille du destin s’en était mêlé et elle avait entendu le bruit étouffé, vu l’impact pas très loin. L’agréable sensation de l’alcool avait été complètement réduite à néant par une coulée glaciale de peur le long de son dos. On venait de lui tirer dessus. « On » ne savait pas viser mais avec un chargeur plein, les chances de s’en sortir sans dommage semblait s’amenuiser à petit feu. La panique s’insinuait doucement, luttant contre la raison pour assoir sa place. La raison, elle se retourna vers le tireur dont elle calculait les mots avec un délais hallucinant. Plusieurs secondes s’écoulaient avant qu’elle ne comprenne ce que l’homme venait de lui dire. Elle regarda ses flammes puis l’homme et encore une fois ses flammes. Elle tournait au ralenti, elle avait été prise au dépourvu, complètement. Elle sentait les tremblements s’insinuer en elle, la crise se former. C’était un cauchemar. Incapable de former une pensée sensée à ce moment-là, tant son cerveau hurlait fort au chasseur, elle dit d’une voix blanche de peur.

-Mais… J’ai froid…

Son coeur se stoppa net quand elle l’entendit prononcer son nom de famille. Ce mec la connaissait. Ce mec connaissait son nom, il n’était pas moins surpris par ses flammes qu’énerver. Comment il pouvait la connaitre? D’où il la connaissait? Plus important encore, est-ce qu’il connaissait ses antécédents? Les circonstances de la mort de ses parents? La manière très peu commune dont elle été arrivée ici aux Etats-Unis…? Cet homme avait potentiellement toutes les cartes en mains pour tout détruire. Sans compter qu’il tenait un pistolet et n’avait pas hésité une seconde à tirer. Il l’avait raté, certes… Mais elle n’était pas persuadée que ça avait été intentionnel. Elle ne voulait pas mourir dans cette ruelle. Elle s’était trop battue pour en arriver là. D’un autre coté, la situation lui paraissait d’une ironie sans nom : mourir dans une ruelle pour une orpheline, c’était tellement 19eme siècle. Elle s’était fait des amis, enfin. Ou au moins des connaissances. Son coeur se serra. Elle était trop surprise pour être réellement prête à se battre, la situation paraissait trop irréelle et de manière générale, elle réagissait très mal à la peur. Beaucoup trop mal à la peur. Elle le regarda un moment, vidée de toute émotion, elle dégringolait un tourbillon impressionnant dont elle parvenait difficilement à se sortir. L’espace d’un instant, elle eut la vision de cet étranger la regardant, poupée de chiffon face à un homme armé. Elle cligna des yeux et eut un rire nerveux bien malgré elle suivi d’un frisson qui sembla lui déchirer la colonne vertébrale. La peur s’installait finalement, emmenant avec elle une résignation qu’Elie cachait souvent. Elle finit par regarder l’homme et hocha la tête pour répondre à la question, à quoi bon se cacher de lui, elle se tenait au bout de son arme. Mentir ne servirait qu’à la tuer et de toute façon, il lui était très difficile de mentir. Elle n’avait jamais été comme ça. Elle omettait mais ne mentait pas et lorsqu’elle n’avait pas le choix, ça la dévorait de l’intérieur. Elle abaissa sa main, faisant mourir les flammes par la même occasion.

-Tu veux me tuer? Est-ce que je vais mourir dans cette ruelle pourrie?

La question était légitime quoique particulièrement nulle, elle devait bien l’avouer mais ses pensées étaient focalisées sur le fait que cette soirée était sans doute la dernière et ça ne parvenait pas à la mettre en colère. Elle n’avait pas encore assez d’estime d’elle-même pour ça, pas encore de raison de vivre. Toutes ses connaissances pouvaient se passer d’elle, elle n’était importante aux yeux de personnes pourtant, à ses yeux à elle, ces personnes valaient tout l’or du monde, défaut ou non.

-On se connait?

Elle espérait le faire parler jusqu’à ce que quelqu’un passe, n’importe qui. Pourvu qu’il crée une diversion et qu’elle puisse se barrer en courant. A aucun moment, elle ne pensa à utiliser sa mutation pour blesser l’homme en face d’elle, la peur, sans doute. Elle voulait aussi comprendre ce qu’il se passait, comment il la connaissait et surtout comment il avait su où la trouver. Elle attrapa son poignet d’une main, bandant ses muscles pour dissimuler les tremblements de plus en plus violents qui la parcouraient.
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MessageSujet: Re: Flaming cold (Jedikiah)   Mer 22 Mar 2017 - 21:45

Flaming cold
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Reprendre les recherches de Mike, reprendre ses dossiers, reprendre ses chasses, ça me semble le moins que je puisse faire pour chercher à atténuer, même un tout petit peu, ce fardeau de culpabilité qui repose sur ma poitrine à chaque fois que j’y pense. Reprendre les fichiers qu’il a pu faire sur des dizaines de mutants, la plupart dans la région, et bien d’autres dans le reste de l’état, reprendre son annotation… reprendre, aussi, d’un côté, mon héritage que je laisse bien trop souvent de côté au goût de mes parents et de ma sœur. Mon héritage. Il y a de ça, aussi, lorsque je décide brutalement de profiter de l’absence de Marcus, de profiter de ce dossier posé devant mes yeux, de profiter d’un sursaut de courage pour empoigner mon arme et partir à la recherche de cette pyrugiste qu’il avait repéré avant de mourir. Avant de mourir. Une cible survivante, une cible de laquelle je dois absolument m’occuper sur je veux apaiser comme il se doit mes pensées. Apaiser cette culpabilité lancinante. Apaiser mes doutes. M’occuper. Avoir l’impression d’agir. Je la suis, je l’observe à distance, je cherche dans son comportement ce petit quelque chose qui pourrait me convaincre de franchir le pas du meurtre, une nouvelle fois, ce pas que j’ai toujours eu du mal à franchir et que Selene et Mike ont toujours sauté pourtant avec une facilité désarmante. Je l’observe, comme je peux observer Maya dès que j’ai un peu de temps devant moi. Je l’observe, elle quitte le bar. Je l’observe, elle tourne dans une ruelle. Je l’observe… je ne peux pas faire ça. Mes paupières se ferment quand je m’arrête. Elle est inoffensive, elle n’a rien fait de la journée, et quand bien même Mike l’a référencée comme pyrugiste, peut-être est-elle en vie parce que justement, mon meilleur ami s’était aperçu s’être trompé sur son cas. Peut-être n’est-ce pas elle, ou peut-être est-elle à présent vaccinée tout comme moi. Peut-être, tout simplement, qu’elle ne mérite pas de mourir.

Tu te cherches des excuses, Jed. C’est ce que diraient toutes mes connaissances parmi les chasseurs si elles me voyaient à cet instant, si elles m’entendaient penser tout ça, si elles m’entendaient douter. Je me cherche des excuses, oui. Mais est-ce que c’est un mal, si ce sont des excuses pour éviter de tuer ? La question sera destinée à rester en suspens longtemps, une flamme vient d’attirer mon retard. Une flamme qui ne sort d’aucun briquet, qui voltige au bout d’une main, une flamme qui ne devrait pas exister. Je tire sans sommation, un tir mal ajusté, tremblant, un tir aussi assuré que moi lorsque je fais disparaître entre nous toute distance, en continuant à la tenir en joue. Qui est le chasseur, qui est la proie à cet instant ? C’est une excellente question. Et je n’ai pas envie d’en connaître la réponse, pas avant d’être au fond de mon lit, chez moi, devant une série et un bon livre. Pas avant d’être en sécurité. Qu’elle éteigne ça, déjà avant que l’on puisse parler. Qu’elle éteigne ça, qu’elle reste bien à distance, qu’elle baisse ses mains. Mes bras sont fermes, mes doigts sont immobiles, tranquilles, enroulés autour de mon arme. Mon cœur, lui, bat à toute vitesse dans ma poitrine. Je n’ai ni Mike, ni mes parents, ni ma sœur pour surveiller mes arrières. Je chasse, comme eux le font depuis toujours, en solitaire. Mauvaise idée. Je m’apprête à récidiver mon ordre, son -Mais… J’ai froid… me coupe dans mon élan. Quatre mots étonnés, qui font chanceler une détermination déjà factice. Elle semble inoffensive. Si inoffensive. Toute mon éducation me hurle que ce n’est pas une raison, qu’on n’épargne pas un loup parce qu’il est mignon, s’il a les babines couvertes de sang. Qu’on n’épargne pas un ourson parce qu’il est mignon, lorsqu’on sait qu’il deviendra un adulte de trois cent kilos. Elle a froid, oui, mais… « Et bien… mets un pull, comme tout le monde. » Je ne retiens pas l’agressivité de ma voix, la seule chose en moi qui soit actuellement intimidante. « Ce n’est pas une raison pour étaler ton anormalité comme ça. » Intimidante, agressive, autoritaire. Sans mon arme, sans le poids rassurant du flingue dans ma main… la discussion ne se serait pas immédiatement parée de cette tension mortifère. J’ai la gorge sèche, une question au bord des lèvres pour vérifier son identité.

Parce qu’après tout, le hasard pourrait faire qu’une femme, à la teinture de cheveux aussi caractéristique, fréquentant les mêmes lieux que Thatcher, ne soit pas celle que j’attendais pour autant. Un très malheureux et fort peu probable hasard, oui, mais… Tue-la et ne traîne pas dans le coin, idiot. Les flammes dansaient encore au bout de ses doigts, fascinantes créatures autonomes. Elle te tuera volontairement si tu ne réagis pas. Ou alors elle perdra le contrôle et te tuera involontairement, mais le résultat sera le même. Je sais. Son rire nerveux éveille sur mes lèvres un rire similaire, chargé de la même tension que l’atmosphère autour de nous, une atmosphère qui se languit d’un peu d’action, une atmosphère asphyxiée dans l’anticipation d’une débâcle certaines. Un hochement de tête, pourtant, surgit de nulle part, dans un acquiescement silencieux. Un hochement de tête qui fait osciller l’arme au bout de mon bras. Et des flammes qui meurent, enfin, alors qu’elle baisse la main. -Tu veux me tuer? Est-ce que je vais mourir dans cette ruelle pourrie ? La question plante un pieu dans mon cœur. J’entends Mike me traiter de lâche. -On se connait? C’est à mon tour de commencer à répondre à ses questions par un mouvement de tête. Non

Non, on ne se connaît pas. Non, je ne vais pas la tuer. Je ne sais pas vraiment à quelle question je viens de répondre, parce que je suis bien trop indécis sur la marche à suivre pour réellement savoir ce que je suis en train de penser, de prévoir, de faire tout simplement. Je suis bien trop indécis pour juste savoir ce que je veux. Après un temps interminable, je recule d’un pas. Et range mon arme dans mon holster, sans pour autant refermer ma veste. Il est encore à portée de main, à portée de mes réflexes, même émoussés par l’inactivité, et je tiens à ce qu’elle le sache. « Je ne sais pas. Tu es dangereuse par nature. Ta mutation est dangereuse. Mais comme tu dis, je ne te connais pas. Ma réaction a été peut être un peu excessive, tu m’as pris au dépourvu ». Comme toujours, j’ai besoin d’expliquer. Je suis un orateur, pas un homme d’action. Je suis de ceux qui parlent avec leurs patients, avec leurs amis, avec leurs ennemis, de ceux qui essayent de désamorcer les conflits. Pour repousser autant que possible les décisions douloureuses. « Si je découvre que tu es dangereuse, alors oui, je te tuerai. Mais avant ça… qu’est-ce que tu peux faire, quel est ton degré de maîtrise. Et est-ce que toi, tu comptes me tuer ? »


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MessageSujet: Re: Flaming cold (Jedikiah)   Jeu 23 Mar 2017 - 14:42

Si la résignation et la peur avait pris le pas, les mots prononcés par l’homme en face d’elle finirent de l’achever. Très bêtement, elle baissa les yeux sur son pull puis les releva vers l’homme en face d’elle puis vers l’arme pointée sur son visage. Elle était drôlement près. C’était fou,q uand même, comme le trou d’où sortait les balles était tout petit. Elle se retint de justesse de faire remarquer à son agresseur qu’elle portait un pull, merci bien. Cette situation n’allait pas du tout, elle avait échappé à Jim Brook, tout ça pour se faire avoir par un Hunter là où elle était sensé commencer une nouvelle vie… ? C’était injuste. Une fois de plus la résignation prit le pas : c’était injuste et alors ? La vie était injuste, l’univers était injuste, ça changeait quoi ? Que dalle. Son anormalité… Ca, c’était douloureux. Elle ne s’attendait pas à grand-chose d’autre de la part d’un hunter, c’était certain mais ces mots, elle les avait entendu tellement de fois pendant tant d’années. Ca ne concernait pas forcément sa mutation mais ils avaient toujours le même effet dévastateur. Elle sentait presque l’odeur de désinfectant qui régnait dans son hôpital, l’odeur infecte de ce que la javel tentait de dissimuler : la maladie, la folie. Elle entendait le médecin lui rappeler sans cesse qu’elle avait un problème, qu’elle était anormale et qu’il était, par conséquent, parfaitement normal qu’elle soit à l’écart du monde. La voix du hunter la fit trembler de plus belle, l’agressivité était palpable, il voulait l’intimider et c’était gagné. Elle tremblait et ne parvenait pas à tout dissimuler derrière ses muscles bandés. Elle bredouilla, les yeux déjà humides.

-...Anormale…

S’en suivit la réponse la plus bête du monde mais qui déclencha une réaction qu’elle vit comme un véritable miracle : il baissa son arme. Elle ne se détendit pas mais recula d’un pas pour se reposer contre le mur. Ses jambes allaient flancher Elle allait se retrouver à genoux, ridicule, faible et parfaitement incapable de réagir. Elle ne fut qu’à moitié rassurée de voir qu’il ne la connaissait pas. Ils ne s’étaient jamais croisé et elle le faisait réagir à ce point… Tout ça pour une pauvre petite flamme ? Elle se concentra sur lui, pour l’écouter. Il fallait le faire parler assez longtemps pour que quelqu’un passe, pour le convaincre de ne pas la tuer. Pourtant sa réponse déclencha une fulgurance de colère qu’elle connaissait trop bien. Elle fronça les sourcils et le dévisagea, lachant entre ses dents contractés par les tremblements et la peur, toujours bien assise dans le corps de la jeune femme.

- un peu excessive… ? C’est moi qui te prend au dépourvu ? Sérieusement ? Ca se voit que c’est pas toi qui vient de te faire tirer dessus en pleine rue, putain de merde.


Elle grimaça et ferma les yeux avec force au moment où une vague de panique l’envahit. Il fallait qu’elle se taise, qu’elle arrête d’être agressive. Ne pas le provoquer. Rester calme. Tenter de sauver sa peau. Pas si près du but. Pas à quelques mois, moins d’un an, de la fin de ses études. Des larmes cascadèrent sur les joues de la jeune femme, elle secoua la tête avant de se reprendre aussi bien qu’elle le pouvait. Elle rouvrit les yeux et lui fit face aussi courageusement qu’elle le pouvait. Elle capta son regard et ne dévia pas le sien. crée du lien, Elie. Rends la tache compliquée. Il a l’air aussi mal que toi. Elie haussa un sourcil : elle, dangereuse ?

-Moi, dangereuse… ?

Elle cligna des yeux et éclata d’un rire nerveux qui la fit trembler plus fort.

-Un mec avec une arme m’attaque en pleine rue alors que j’ai absolument rien fait et tout ce que j’arrive à faire c’est pleurer et tu me demandes si je suis dangereuse ?

Elle secoua la tête et soupira de dépit.

-Je ferais pas de mal à une mouche et visiblement que ma vie en dépende ou pas, ben ça change pas grand-chose au problème. Et j’peux faire du feu, Sherlock. C’est déjà pas mal, tu crois pas ? J’veux dire… Au moins, j’ai pas de factures de gaz… Cela dit, dans mon taudis, j’ai pas le gaz du tout… Ni l’électricité, d’ailleurs. Du coup, mon degrés de maîtrise, ben… J’sais faire cuire des pâtes et chauffer l’eau du bain. Avec ça, j’pense que je peux prendre le contrôle de la planète d’ici deux à trois mois et l’année prochaine, je m’attaque à l’univers.


Faut vraiment que tu te taises. Maintenant.Elle regarda l’homme en face d’elle, paniquée quoique pas décidée à se taire. Elle n’arrivait pas à se taire, voilà qui s’approchait mieux de la réalité. Elle n’arrivait pas à interrompre ce flot continue de paroles. Elle réfléchissait à la vitesse de l’éclaire et pas très intelligemment. Elle secoua la tête à sa dernière question. Est-ce qu’elle comptait le tuer ? A cet instant, c’eut été mentir que de dire qu’elle aurait aimé pouvoir déclencher cette envie de meurtre. Une pulsion animale : tuer ou être tuer. Mais elle ne manquerait à personne… Le fait était que l’homme en face d’elle risquait, lui, de manquer à quelqu’un. Elle en connaissait des hunters qui pensaient réellement bien faire en exterminant des mutants, ils n’étaient pas nécessairement mauvais et c’était cette clairvoyance et cette tempérance qui causerait probablement sa perte. Ce qui l’énervait d’autant plus c’est que ce mec donnait raison à Jimmy, si il la tuait pour de bon et ça… Pour le coup, ça l’embêtait beaucoup. Elle inspira un long moment, se forçant à se taire puis finalement…

-Te tuer ? Putain, mais pourquoi je ferais ça ? C’est dingue ça, de réduire tout  à ça ! J’peux faire du feu, la putain de belle affaire ! Je te signale que de nous deux, celui qui a essayé de buter l’autre c’est pas moi ! J’étais juste sortie boire un verre ! Merde !

Sa voix se brisait malgré elle, étranglée par la panique grandissante. Elle s’entourra de ses bras, le reflexe qu’elle avait pris après tant d’années seules.

-… Le pire, dans l’histoire, c’est que j’étais à ça de m’en sortir, tu vois… A ça… J’avais plus que 9 mois de cours avant d’avoir mon diplôme, j’aurais pu ouvrir ma petite horlogerie, tranquille, sans personne pour m’embêter. Mais tu vois, la vie, c’est comme ça. Tu vois le bout du tunnel et en fait, c’est qu’une lampe posée par terre. Mieux vaut que ça soit moi que toi. Au moins, toi, tu dois avoir une vraie vie. Genre, avec des gens quelques part qui t’attendent. Et ça, tu vois, c’est la raison précise pour laquelle, je tuerais probablement jamais. Parce que ça me fout en l’air de faire du mal aux gens et putain, tu peux pas savoir à quel point j’aimerai en être capable, là, maintenant…

Elle se sentait complètement abattue, dans son esprit, sa mort était déjà actée. Ca allait se produire. C’était obligée. On ne lui avait rien épargné, pourquoi on lui épargnerait ça ? Elle avait à peine conscience de s’enfermer dans le cercle confortable de la victimisation : évidement que ça m’arrive, j’y peux rien. Les tremblements s’étaient démultiplié et la peur panique qu’elle ressentait se transformait en un étroit étau. La sensation d’être épiée revenait, d’être moquée, violentée sans le savoir. Elle en entendait presque des voix désagréable lui murmurer à l’oreille. Elle voulait juste rentrer chez elle puis réalisa dans un soubresaut de lucidité que si elle s’en sortait, il faudrait qu’elle disparaisse. Elie repensa alors aussitôt à la proposition de Jimmy. Elle pouvait aller se réfugier chez lui. Elle pourrait se retrouver auprès d’une personne susceptible de la protéger si il fallait… Elle voulait se cacher, disparaître dans un trou de souris jusqu’à ce qu’elle aille mieux. Elle voulait Crow avec elle, elle voulait sa petite boule de poil pelucheuse, toute rassurante, qui ronronnait toujours quand elle n’allait pas bien. Elle ne voulait pas mourir ici. Elle réalisait ça, probablement pour la première fois.
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MessageSujet: Re: Flaming cold (Jedikiah)   Dim 2 Avr 2017 - 15:06

Flaming cold
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Depuis mes dix-sept ans, depuis que mes parents m’ont emmené pour la première fois dans une chasse avec eux, j’ai tué très exactement trente et un mutants. En douze ans. Un peu moins de trois par an. Et je n’ai oublié le visage d’aucun d’entre eux, tout en étant incapable de m’autoriser à une quelconque culpabilité. La mort m’a toujours écœuré. La violence m’a toujours terrifié. Mais si ça ne fait que douze ans que je suis un véritable chasseur, je suivais mes parents dans leur vocation de Hunters depuis mes huit ans environ, dans des rêves plus que réalistes qui me voyaient, adulte, collaborer avec mon papa et ma maman pour causer un accident de la route, faire exploser une demeure après une fuite de gaz ou que sais-je encore pour camoufler des meurtres. Des meurtres. Depuis mes dix-sept ans je tue, depuis mes huit ans j’en suis le spectateur. Et pourtant, face à cette mutante, face à cette Thatcher… mon bras a beau ne pas trembler, je me cherche toutes les excuses du monde pour faire demi-tour. Pour ne pas tirer. Alors que toute ma raison, mon éducation, mes convictions me supplient de presser la gâchette, qu’on en finisse. Mike a décidé qu’elle était dangereuse, Mike l’a classée dans les mutants à éliminer en priorité. Pourquoi douterais-je de puis ? Il ne m’a jamais trompé, il ne s’est jamais trompé, il n’a jamais fait la moindre erreur avec moi, hormis l’erreur de me croire, de me faire confiance, hormis l’erreur de… j’inspire. Tu veux me tuer Est-ce que je veux vraiment la tuer ? Non. Est-ce qu’on se connaît ? Non plus. Je ne la connais pas, je ne veux pas la tuer, et pourtant d’une certaine manière, je pourrais répondre à ces deux affirmations sans mentir le moins du monde. Non je lui réponds. Avant de baisser mon arme. Avant de convenir que ce ne serait pas trahir une nouvelle fois mon meilleur ami, mon ami de toujours, que d’accorder à cette jeune femme le bénéfice du doute, de lui accorder le droit à la parole, le droit à une plaidoirie. Le droit à une présomption d’innocence. Elle est dangereuse de par sa nature, de cela au moins j’en suis certain, mais pour le reste… j’ai besoin d’en savoir plus. J’ai besoin d’en savoir plus sur ses capacités, sur son degré de maîtrise pour en savoir également plus sur sa dangerosité effective. Que peut-elle faire, que sait-elle faire ? Ma réaction a peut-être été excessive, je la sais plus que justifiée. - un peu excessive… ? C’est moi qui te prends au dépourvu ? Sérieusement ? Ca se voit que c’est pas toi qui viens de te faire tirer dessus en pleine rue, putain de merde. Je serre les dents, mes doigts se recroquevillent en poing fermé et je retiens un réflexion tenant à ce que je ressorte dès maintenant mon arme pour mettre fin à toute cette mascarade.

Mascarade. « Ne mélange pas tout. Tu n’es pas la victime » rétorque ma voix sèche. Elle grimace, ferme les yeux, pleure et si tout est fait pour m’attendrir davantage encore, voire simplement me pousser à compatir et à culpabiliser, je m’enferme dans le visage de Mike pour mieux maintenir un cap. J’ai fait marche arrière sur la mise à mort, hors de question que je recule sur autre chose. Si je découvre qu’elle est dangereuse, alors oui, elle mourra. S’il s’avère que ce n’est pas le cas, qu’elle reste inoffensive, alors… -Moi, dangereuse… ? Son rire nerveux rembrunit mon visage et je reste silencieux. Elle trouvera toute seule la réponse à cette question. -Un mec avec une arme m’attaque en pleine rue alors que j’ai absolument rien fait et tout ce que j’arrive à faire c’est pleurer et tu me demandes si je suis dangereuse ? Je confirme mon mutisme, en la fixant sans sourciller. Pour mieux l’inviter non pas à attendre de moi une quelconque réponse à ces questions que je juge aussi superflues que rhétoriques, mais à poursuivre. Ce qu’elle fait après un soupir. -Je ferais pas de mal à une mouche et visiblement que ma vie en dépende ou pas, ben ça change pas grand-chose au problème. Et j’peux faire du feu, Sherlock. C’est déjà pas mal, tu crois pas ? J’veux dire… Au moins, j’ai pas de factures de gaz… Cela dit, dans mon taudis, j’ai pas le gaz du tout… Ni l’électricité, d’ailleurs. Je tique, me retenant de justesse de lui faire remarquer que si elle attend de moi que je verse une larme de compassion, elle est bien mal tombée. Du coup, mon degré de maîtrise, ben… J’sais faire cuire des pâtes et chauffer l’eau du bain. Avec ça, j’pense que je peux prendre le contrôle de la planète d’ici deux à trois mois et l’année prochaine, je m’attaque à l’univers. Je tique une nouvelle fois. Elle se moque de moi. Vraiment. Et son ironie, couplée à ses sarcasmes qu’elle ne prend même pas la peine de cacher m’irrite, titille mon orgueil et ma susceptibilité. Ne l’aide en rien, j’espère qu’elle en est consciente. Dans tous les cas, je maintiens ma stratégie de mutisme. Le silence m’enveloppe, je sens ma gorge se nouer, mon cœur battre à mes tempes. -Te tuer ? Putain, mais pourquoi je ferais ça ? C’est dingue ça, de réduire tout à ça ! J’peux faire du feu, la putain de belle affaire ! Je te signale que de nous deux, celui qui a essayé de buter l’autre c’est pas moi ! J’étais juste sortie boire un verre ! Merde ! Je ne cille pas. Je n’ai pas à m’expliquer de mes actes. Je suis, des deux, le chasseur, et qu’elle ait peur, qu’elle s’emporte, qu’elle s’agace et commence à hausser le ton, cela m’importe peu. Seule la première flammèche me fera réagir et, j’espère, me fera réagir de ma meilleure façon qu’il soit. J’entends d’ici Mike et Sélène soupirer et me dire que ça ne sert à rien d’attendre si, dans tous les cas l’échéance sera la même. Elle va mourir. Moi, je vais avoir du sang sur les mains pour la trente-deuxième fois et je vais rentrer chez moi en essayant d’oublier ça, ou juste de me justifier. De m’excuser. De me convaincre que c’était la chose à faire. -… Le pire, dans l’histoire, c’est que j’étais à ça de m’en sortir, tu vois… A ça… J’avais plus que 9 mois de cours avant d’avoir mon diplôme, j’aurais pu ouvrir ma petite horlogerie, tranquille, sans personne pour m’embêter. Mais tu vois, la vie, c’est comme ça. Tu vois le bout du tunnel et en fait, c’est qu’une lampe posée par terre. Mieux vaut que ça soit moi que toi. Au moins, toi, tu dois avoir une vraie vie. Genre, avec des gens quelques part qui t’attendent. Et ça, tu vois, c’est la raison précise pour laquelle, je tuerais probablement jamais. Parce que ça me fout en l’air de faire du mal aux gens et putain, tu peux pas savoir à quel point j’aimerai en être capable, là, maintenant… Je la fixe, encore. Elle semble abattue. Elle semble désespérée. Elle semble persuadée que je vais la tuer.

N'a-t-elle pas entendu ma condition ? Si je découvre que tu es dangereuse, alors oui, je te tuerai. Si. Si Je secoue la tête. Une part de moi est toujours incertaine, n’est toujours pas convaincue d’une manière ou d’une autre. Une part de moi oscille toujours, balance encore entre les deux solutions. Je ne suis pas en équilibre, ce serait stupide de le prétendre, mais… « Tu te penses meilleure que moi, c’est ça ? Tu te penses meilleure que moi, parce que tu ne tueras probablement jamais, si je te comprends bien. Tu te penses meilleure que moi, parce que pauvre petite fille orpheline, tu arrives à t’en sortir en travaillant, tu n’as pas à payer tes factures, tu joues du machin le soir et tu pleures à chaudes larmes parce que pauvre petite, tu es une victime. » Je ne hausse pas le ton. Inutile : mon visage ne décolère pas, sans pour autant s’emporter. Je ne suis peut-être pas aussi efficace que mes parents, je ne suis peut-être pas aussi déterminé, courageux et implacable que Sélène, je ne suis peut-être pas aussi rigoureux que Mike mais s’il y a bien une qualité que je peux revendiquer sans rougir, c’est bien ma patience et ma maîtrise. Je ne m’emporte pas souvent. Je musèle mes craintes, j’essaye constamment de ménager la chèvre et le chou, d’éviter les conflits et d’obtenir du gagnant-gagnant. Alors si elle cherchait à obtenir ma sympathie, c’est raté, si elle cherchait à obtenir de moi un faux pas, ça l’est tout autant. « De nous deux, c’est toi qui souhaites pouvoir me tuer, c’est moi qui cherche une raison de ne pas le faire. Tu n’es ni une victime, ni une innocente. Tu es un monstre qui refuse de se museler, un monstre qui n’a même pas idée de son propre potentiel. Tu ne peux pas faire juste du feu. Tu peux brûler. Tu peux consumer. Tu peux incendier. As-tu déjà réfléchi à ce qui adviendrait à ceux qui t’entourent si tu t’énervais et te transformais en tourbillon de flamme ? Ou juste, tu fais un cauchemar et tu mets feu à ton lit, à ton appartement, à l’immeuble entier ? Tu es un danger, Thatcher, et je refuse que tu minimises ces risques à je sais faire cuire l’eau des pâtes. » Je sais ce que j’ai à faire, alors pourquoi est-ce que… « Il y a quelques mois, tu avais un vaccin à ta disposition. Pourquoi est-ce que tu n’en as pas profité ? Toujours pour tes factures ? Si j’étais comme toi,… » Et je l’étais. « Je me serais enfoncé une seringue dans le bras pour qu’on n’en parle plus. Malheureusement, ces vaccins ne sont plus disponibles, et la seule solution qu’il nous reste… » Ma main se porte à mon côté, pour sortir une nouvelle fois mon flingue, armé de son silencieux. « … est plus expéditive. Je t’assure que tu n’auras pas mal. »


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MessageSujet: Re: Flaming cold (Jedikiah)   Mer 5 Avr 2017 - 13:17

L’avantage du temps qui passe, c’est qu’Elie transformait sa peur. Plus l’homme lui parlait, plus elle s’énervait. Tout blanc, tout noir. Sa peur se muait en une colère sourde, le genre que déclenchait la prise de position de Jimmy sur la supériorité des mutants et sur la nécessité de mettre les humains classiques à leur place, en serviteurs. C’était insupportable : pour elle, ces deux positions stupides faisaient partie du problème. Elle n’était pas la victime ? Okay, très bien, elle n’était pas la victime. Parfait. Elle était remontée, c’était bon et même si elle était toujours morte de trouille, l’adrénaline et la colère faisaient enfin des miracles. Elle haussa les sourcils en l’entendant dire qu’elle se pensait meilleure que lui. Où diable avait-il vu jouer ça ? Le mot victime venait de l’électriser. Elle. n’était. Pas . Une victime. Elle se posait parfois en victime mais le faire et se faire appeler comme ça était deux choses totalement différentes. Son regard se planta dans celui du chasseur, aussi en colère que lui. Elle n’était plus du tout prête à attendre la mort. Si elle devait se battre, elle se battrait. Elle avait fait du Krav-maga… Elle pourrait au moins le foutre à terre ou le désarmer avant de s’enfuir en courant pour aller se cacher chez Jimmy… Non. Pas ce soir, elle ne voulait pas entendre le refrain sur les humains et leurs impudences, elle voulait un endroit au calme, avec quelqu’un de rassurant, quelqu’un avec qui elle pourrait pleurer toutes les larmes de son corps, faire une crise si il le fallait pourvu que ça passe. Elle voulait son grand-frère. Elle voulait Altaïr, grand, taciturne, qui se contenterait d’être là et ne parlerait que si c’était nécessaire. C’est ça qu’elle voulait. Elle leva les bras au ciel et fronça les sourcils, pas une flamme ne s’éleva. Elle ne lui ferait pas ce plaisir.

-T’as pas l’impression de tout transformer ? Meilleur que toi ? Mais d’où je serais meilleure, déjà. Et de deux, la pauvre petite fille t’emmerde, mon p’tit pote ! Si tu t’sens si inférieur à moi, parce que je m’en sors – ce qui, au passage, n’est qu’un fait- j’y suis pour rien. Alors oui, je pleure, j’ai la trouille ! Toi aussi t’aurais les foies si t’étais face à un mec qui pensait à te tuer pour le bien de l’humanité. Je suis pas une victime.

Elle l’écouta avec frustration lui expliquer à quel point elle était une mauvaise personne de penser qu’elle aimerait pouvoir lui rendre la monnaie de sa pièce si il venait à attenter à sa vie. Non parce que vous voyez, lui, grand seigneur, il cherchait une raison de ne pas la faire. Comme si, attaquer quelqu’un dans la rue pour une raison aussi stupide et chercher ensuite une raison de ne pas le faire n’était pas suffisamment dans les cordes du premier psychopathe venu…
Elle se figea complètement à la mention du cauchemar, le bâtiment en feu. Soit il savait, soit il était tombé juste par hasard dans les deux cas, la piqûre de rappel fut douloureuse et elle avait conscience qu’une crise viendrait si elle parvenait à s’en sortir vivante. La culpabilité allait creuser son petit chemin jusqu’à la foutre à genoux, jusqu’à ce qu’elle se retrouve avec la mentalité d’une enfant de deux ans, incapable de faire face à ses  peurs mais suffisamment terrifiée de ce qui pouvait lui arriver pour qu’elle n’ose pas sortir une seule flamme. Ses poings se serrèrent jusqu’à blanchir ses jointures. Elle se retenait de lui enfoncer ce dernier dans le visage , elle ne voulait pas lui donner se plaisir. Elle ne lui ferait pas non plus le plaisir de mourir, elle pencha la tête en entendant parler du vaccin.

-Je changerais ce que je suis pour personne. Personne. Ni pour toi. Ni pour les autres.  Avec ton engin de mort, t’es aussi dangereux que je suis sensée l’être et la différence majeure, c’est que t’as choisie de la porter, t’as choisi d’utiliser ce truc pour buter des gens. J’ai choisi d’utiliser mon don pour qu’il améliore mon quotidien. Pas pour cramer le premier connard venu, pas pour me laisser dépasser par un cauchemar et crois moi, les cauchemars et moi on est de vieux amis.

Dans un pur réflexe qu’elle trouva instantanément stupide, elle attrapa son bras pour le dévier de l’arme. Elle s’étonna d’avoir réussi à le saisir avant de dire.

-Tu n’es pas moi. T’es un chasseur qui cherche une bonne raison de pas avoir mauvaise conscience. Si ça se trouve, tu  l’étais, comme moi. Tant mieux pour toi si t’as préféré te vacciner. C’est ton choix. Le mien est différent, je ne mourrais pas dans cette ruelle.

Elle le regarda avec détermination avant de frapper en pleine  poitrine pour le déséquilibrer et se donner une chance de fuir.

-Tu me feras peut-être mal, mais je mourrais pas ici.

Elle fit volte-face et força ses jambes à coopérer, à l’emmener un peu plus loin. Il fallait qu’elle fuit pour ne pas mourir. Dans quelques secondes, une pluie de balles allait tomber sur elle et elle devait être assez loin pour qu’il ai du mal à viser. Elle pouvait survivre à une blessure par balle, dans la jambe ou dans l’épaule mais elle avait une conscience aigue de ce que ce petit jouet pouvait faire comme dégâts à bout portant ou simplement un peu trop près d’elle. Elle ne finirait pas handicapée.
Elle sortit son téléphone et tenta tant bien que mal de tenter une phrase cohérente en courant. Heureusement qu’elle avait envoyé un message joyeux à Altair pendant qu’elle était au bar, c’était le premier numéro dans ma liste. Bien évidemment à faire trois trucs à la fois, le plastique au sol échappa totalement à sa vision et elle chuta dans un cri avant de grimacer et de se relever.

-Putain…

Elle tituba un peu, regarda en arrière pour vérifier où était Jedekiah et elle se remit à tenter de le distancer. Elle se résolut à utiliser un mur de feu pour le faire reculer si cela devenait parfaitement nécessaire.
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MessageSujet: Re: Flaming cold (Jedikiah)   Mer 19 Avr 2017 - 23:51

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J’imagine qu’au début, mes parents me disaient ça pour rire. Leurs ne fais pas ta mauviette, Jedikiah, roooh, sois un peu plus courageux n’étaient que des mises en garde attendries par ma réticence à prendre le moindre risque. Puis, au fil des années, ces mises en garde se sont parées d’un un réel souci et leurs propos se sont débarrassés des rires pour se faire bien plus inquiets. Et incisifs. Autoritaires. Lâche, le mot est sorti quand j’ai hésité pour la première fois à m’en prendre à un mutant. Lâche. Je sais que je suis lâche, les tremblements dans mon bras, ma tendance à argumenter, à chercher des solutions, à faire traîner l’exécution en longueur, à tourner autour du pot sont des preuves irréfutables. Des preuves que je n’ai même pas envie de nier. Même je ne peux pas m’empêcher d’hésiter. De douter. Cette femme, devant moi, est clairement dangereuse. Si je pouvais lui offrir la protection de la présomption d’innocence jusque-là, ses propos ne tendent qu’à une seule réalité, qu’un seul constat : elle est dangereuse. Aucun contrôle, aucune connaissance véritable de son potentiel et de ses limites, elle est l’exemple même de ce que mes parents condamnent avec le plus de fermeté. L’inconscience. Une inconscience qu’elle renforce d’ailleurs par ce que je considère n’être qu’un auto apitoiement teinté de mépris, qu’une attaque gratuite stimulée et par la peur, et par la conviction qu’elle est meilleure que moi, tout simplement parce que dans l’histoire j’ai le rôle du méchant.

Le rôle de l’assassin. Le rôle du vilain. Et elle, elle a celui de la victime, de l’héroïne sacrifiée, incomprise, martyrisée. Qui de nous deux à, finalement, le rôle le plus simple, le plus légitime, le beau rôle ? Certainement pas moi. Si sa peur se transforme en colère, et sa défense en agressivité, de mon côté, je gagne en fermeté aussi. Selene l’aurait déjà abattue, si elle avait été à ma place. Tout comme Mike. Mes parents, quant à eux, s’y seraient pris autrement à n’en pas douter mais le résultat aurait été le même. Moi… Elle hausse les épaules, Elle lève les bras au ciel et ce simple geste réveille en moi une méfiance exacerbée. Mes muscles se crispent. On ne parle pas de quelques heures de self-defense en fac, on parle de plus de vingt ans de taekwondo et de krav-maga dans les pattes, des réflexes peut-être pas totalement assumés mais bel et bien ancrés en moi. Je suis méfiant, bien évidemment. D’une méfiance doucement contrebalancée par ma réticence. -T’as pas l’impression de tout transformer ? Meilleur que toi ? Mais d’où je serais meilleure, déjà. Je la fixe sans sourciller. Sans baisser le menton. Lâche mais fier. Lâche mais étrangement sûre de moi, de mes propos. « C’est toi qui le sous-entends » Je souffle. « Et de deux, la pauvre petite fille t’emmerde, mon p’tit pote ! Si tu t’sens si inférieur à moi, parce que je m’en sors – ce qui, au passage, n’est qu’un fait- j’y suis pour rien. Alors oui, je pleure, j’ai la trouille ! Toi aussi t’aurais les foies si t’étais face à un mec qui pensait à te tuer pour le bien de l’humanité. Je suis pas une victime. A mon tour d’hausser les épaules. « Si. » C’est une victime. Elle se présente comme une victime, elle agit comme une victime. Et si je trouve le courage de tirer, alors elle sera une victime jusqu’à son cadavre rejeté dans un coin. Je n’ai pas à hausser le temps, je n’ai pas à rougir de mes propos, à les balbutier, à les bégayer comme lorsque j’étais enfant. Si j’essaye de trouver un compromis, je sais quel est mon devoir. Lentement, je déroule une argumentation que je construis petit à petit.

Rien, dans mes propos, n’est prémédité. Juste une argumentation issue de ma connaissance du dossier monté par Mike, des bribes du moins que j’ai pu décrypter. Rien, dans mon argumentaire, n’est réfléchi en amont. Tout en revanche me semble logique. De nous deux, c’est elle qui vient de parler d’envie de meurtre, c’est moi qui viens de parler d’envie d’alternative. Elle se fige, elle réagit lorsque je parle d’une hypothétique perte de contrôle et je sens que je suis sur une bonne voie. Inutile d’attendre, inutile de chercher à en savoir davantage. L’avocat termine sa plaidoirie, c’est à la défense de parler. Pendant que les juges, jurés et bourreaux s’apprêtent à rendre leurs conclusions. Leur condamnation. Leur jugement. Je ne suis pas le vilain de l’histoire, que puissent en dire les apparences. Je suis l’exécuteur d’un procès qui lui pendait au nez depuis sa défense. Ma main qui se porte à mon côté en est la preuve, le compte-à-rebours que j’aurais voulu ne pas entendre, mais que je ne peux plus nier plus longtemps. La mort dans l’âme, la mort à bout de bras, il faut que je me résigne à faire mon devoir. Mais non, l’avocat de la défense à encore son mot à dire, je m’arrête dans mon mouvement. -Je changerai ce que je suis pour personne. Personne. Ni pour toi. Ni pour les autres.  Avec ton engin de mort, t’es aussi dangereux que je suis sensée l’être et la différence majeure, c’est que t’as choisie de la porter, t’as choisi d’utiliser ce truc pour buter des gens. J’ai choisi d’utiliser mon don pour qu’il améliore mon quotidien. Pas pour cramer le premier connard venu, pas pour me laisser dépasser par un cauchemar et crois moi, les cauchemars et moi on est de vieux amis. J’hausse une nouvelle fois, mais imperceptiblement, les épaules. « Si tu choisis de conserver ta saloperie, alors tout comme j’ai choisi de porter cette arme, tu choisis d’en porter une toi aussi. Ça ne change rien… » Sa main se pose sur mon bras, dévie ma main qui venait de s’enrouler autour de mon arme. Justement. Je me fige. Stupidement. Si Selene me voyait, elle me hurlerait que je suis fou en me foutant une baffe. Si Mike me voyait, il m’insulterait de tous les noms. Mais ils ne sont pas là, et si je doute, encore une fois, si je lui laisse le bénéfice du doute, encore une fois, c’est parce que de toute évidence elle a encore quelque chose à dire. J’aurais pu la faire reculer, je pourrais la mettre à terre, mais non. J’écoute.  

-Tu n’es pas moi. T’es un chasseur qui cherche une bonne raison de pas avoir mauvaise conscience. Si ça se trouve, tu l’étais, comme moi. Tant mieux pour toi si t’as préféré te vacciner. C’est ton choix. Le mien est différent, je ne mourrais pas dans cette ruelle. Elle me pousse, je recule d’un ou deux pas. Toujours passif. Encore et toujours passif. Elle n’a pas fini de parler, je n’ai aucune raison de l’attaquer. Je suis stupide. T’es un chasseur qui cherche une bonne raison de pas avoir mauvaise conscience. « Exactement. Et toi, tu es une abomination qui clame être normale tout en étant fière d’être une arme mortelle lâchée en pleine nature », j’articule avec soin. -Tu me feras peut-être mal, mais je mourrais pas ici. Elle fait volte-face, se met à courir, moi je n’ai toujours pas esquissé le moindre geste. Il faut que je la tue. Mais je ne veux pas tuer. Il faut que je comprenne comment elle peut être aussi inconsistante dans ses réactions et ses réponses, pourquoi elle ne veut pas se faire vacciner. Il faut que je lui laisse une chance, encore une, et que... Elle sort un portable, je ne réfléchis plus, je tire une première fois. Elle trébuche, j’écroule, j’envisage un instant la possibilité de l’avoir touchée. Merde. Inutile de dire qu’en quelques pas, je suis sur elle, mon arme à bout de bras, à bout de bras tremblants. En garde. Comme un flic. « Pourquoi ?! Pourquoi est-ce qu’il te serait si difficile de te faire vacciner ! Arrête de courir ! » Un énième tir, juste devant elle, me confirme que même si je n’ai jamais été très doué avec une arme entre les mains, les vieux réflexes reviennent. « Pourquoi est-ce que tu ne me laisses pas le choix, hein ? » Je la mets une nouvelle fois en joue, mais il n’est plus question pour moi de baisser mon arme. « Arrête de fuir ! Je ne peux pas te laisser te promener comme ça, impunément ! Je suis désolé, tu n’as peut-être pas l’intention de cramer qui que ce soit, mais tu peux le faire. Tu risques de le faire ! Et tu as admis être capable de le faire ! » Et ça, ça… « Je ne suis pas un mutant, je suis un être humain. Et si je tiens cette arme, c’est parce que j’en ai eu le permis. Toi, tu n’as pas eu le permis d’être un monstre. » Je ne suis plus un mutant. « Je suis désolé, en d’autres circonstances, je me serais vraiment contenté de te rendre inoffensive, je te promets. Mais je n’ai plus de vaccin sur moi… » J’ai le doigt qui hésite malgré tout sur la gâchette.

Allez, Jed, pense à tes parents, pense à ta sœur. Pense à Mike, aussi. J’ai le regard de mon meilleur ami qui se pose sur ma nuque, ses lèvres qui se posent sur les miennes, ses larmes qui noient ses yeux lorsque je le rejette. J’expire. J’inspire. Et je presse la gâchette.  



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MessageSujet: Re: Flaming cold (Jedikiah)   Jeu 15 Juin 2017 - 14:31

Bon, oublions la colère. En fait, elle était terrifiée, prête à tout pour s'enfuir. C'était vraiment une bonne grosse journée de merde. Le genre qui te fait presque regretter d'être née. Alors, oui, elle avait déjà plus ou moins cette sensation en permanence. Mais ce gros malade et son flingue renforçait la sensation. Sans doute la menace de mort, à moins que ça soit les insinuations sur sa mutation... Tout ça était à méditer. En conséquence, une fois que l'homme avait commencé à tirer comme un forçat alors qu'elle avait simplement voulu se rechauffer les mains, Elie avait quelque peu paniqué. Il était hors de question qu'elle meurt, voilà la seule chose dont elle était sûre. Elle ne s'était pas cassé le cul à reviser des cours chiants comme la pluie pendant deux ans tout ça pour finir par ne pas avoir son foutu diplome, déjà d'une et de deux, elle ne s'était pas faite tringlée par le plus offrant pour finir truffée de plomb derrière un fast-food pourri d'une ruelle sombre de Radcliff. Non merci, très peu pour elle.
Au moment où l'intelligence d'Elie se réactivait et lui dictait de très bravement envoyer un message terrifié à Altaïr, elle entendit fuser la première balle. Genial, on jouait les pigeons d'argiles, maintenant... Cette pointe d'ironie n'était là que pour l'empecher de s'effondrer en pleurant, ce qui finirait pas arriver. Tôt ou tard, elle finirait par se viander. En pensant cela, elle se retrouva par terre et très vite. Elle écoutait à peine ce que l'homme lui hurlait dessus. Visiblement, celui des deux qui était au supplice, tant la décision était compliqué de la tuer ou non, c'était lui. Le monde à l'envers. Il fit feu plusieurs fois, suffisamment pour faire prendre conscience à Elie qu'elle était profondément dans la merde et que la cuve était bien pleine de méthane et prête à exploser.
Une fois le chasseur fou sur elle, Elie lui fit face, aussi bravement que possible, tout en cherchant une issue. Sa diatribe lui vrillait les oreilles, une agression profonde. Les tremblements, ces foutu tremblements ridicules qui arrivent chaque fois qu'elle va visiter la mère folie pendant deux ou trois jours, avaient fait leur grand retour. Elle s'était promis d'utiliser un mur de flamme pour se protéger mais même là, elle se mit à douter.

-J'te signale qu'un mec déterminé et taré avec une allumette, de l'essence, il fait pareil!

Elle ferma les yeux à deux doigts de se couvrir la tête de sa main. Fallait-il être débile pour continuer d'essayer de raisonner. Non, elle ne raisonnait pas, elle paniquait et provoquait. D'un autre coté, elle était aussi peut-être en colère. "Tu n'as pas eu le permis d'être un monstre", si l'arme n'était pas braquée sur elle, elle lui aurait sans doute répondu qu'il n'avait pas eu le permis d'être con mais ces mots-là, issue de la répartie légendaire qui faisait tant marrer les deux amis qu'elle s'était fait, restèrent bien sagement au fond de sa gorge, serrée par la peur et une grosse envie de pleurer. Il était désolé, malgré elle, ça lui arracha un rire particulièrement ironique, le genre qui faisait mal à la gorge. Ses yeux s'embuèrent de larmes une nouvelle fois.

-Oui, merci bien, j'y penserais la prochaine fois. C'est trop sympa d'être désolé de ne pas avoir d'autres choix. Sans déconné, je me sens mieux. Un peu plus et je me serais dit que tu voulais vraaaaiment me tuer. C'est con, hein.

Il tira une nouvelle fois dans l'épaule d'Elie  ou bien quelques part dans le coin. La douleur la perfora et lui déchira le bras, du bout des doigts jusqu'au cou. Bordel, ça faisait tellement mal. Elle étouffa un cri, la main plaquée sur sa bouche et dans l'énergie du desespoir, elle envoya une gerbe de flammes sur les mains et les bras de l'homme, se releva aussi vite que possible et pris ses jambes à son cou. Le GPS allumé permettrait à Altaïr de la retrouver. Maintenant qu'elle perdait du sang, elle savait que le chasseur pourrait la suivre à la trace. Elle eut, l'espace d'un instant, l'idée de bruler le sang sur le sol mais qu'il la trace à l'odeur ou à la tache... Le résultat serait le même. Il lui fallait courir jusqu'à ce que Alta arrive. Suffisamment longtemps et suffisamment loin pour que l'homme ne la retrouve pas ou que si il a retrouve, Altaïr soit là.


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MessageSujet: Re: Flaming cold (Jedikiah)   Dim 2 Juil 2017 - 16:26

Flaming cold
Elehiel & Jedikiah



Parlementer. Plaidoyer. On sent dans mes propos mon rêve d’enfant de devenir un jour avocat, un rêve délaissé, abandonné, du fait d’un bégaiement dont je n’arrivais pas à me défaire à l’époque. Un rêve que je réalise dans des moments comme celui-là, lorsque j’essaye de justifier mes actes, d’expliquer l’inévitable et de trouver des excuses à ce que je suis obligé de faire. J’essaye, aussi, inutile de fermer les yeux à ce propos, de me convaincre aussi d’appuyer sur la détente et d’ajouter une énième personne, une énième inconnue, une énième mutante à mon tableau de chasse, un tableau trop peu rempli au goût de ma famille et bien trop à mon goût. Ce n’est pas tant que je doute de mon devoir ni de mes raisons, c’est plutôt qu’en venir à de telles extrémités me laisse à chaque fois un goût particulièrement amer dans la bouche, comme celui de l’hypocrite qui tue alors qu’il devrait être tué. Je suis comme eux, je suis comme ceux que je chasse ; la seule différence – et à elle est à mon avantage – c’est que j’ai pris sur moi pour arracher de ma chair ce qui faisait de moi une cible prioritaire. Et c’est cette différence même qui me convainc le plus d’aller jusqu’au bout. Elle est dangereuse, comme je l’ai été. Et elle a choisi, sciemment, de rester dangereuse, quand moi j’ai pris la décision de me castrer, de m’amputer pour le bien commun. Et ma survie. Et la survie de ma santé mentale, aussi. Alors voilà. Elle ne veut pas mourir ici ? Moi je ne veux pas qu’elle tue, je ne veux pas qu’elle perde le contrôle. Je ne veux pas me souvenir trop tard que j’ai rêvé qu’une mutante assassinerait des dizaines d’innocents dans un incendie, tout ça parce que j’ai été trop lâche pour accomplir mon devoir quand il le fallait.

Je tire une première fois, une deuxième, sans la toucher. Sans même l’effleurer. Elle tombe : mon troisième tir est bien plus ajuster que les premiers pour la simple et bonne raison que celui là n’avait pas pour but de tuer. Je suis faible. Et ma colère, ma fatigue, mon malaise s’en ressentent dans chacun de mes mots, lorsque je m’énerve devant son incapacité à me faciliter la tâche. Mais qu’elle se laisse faire, bon sang ! Qu’elle arrête de courir, qu’elle me simplifie les choses ! Qu’elle me comprenne, aussi, qu’elle comprenne ma position alors que je la tiens en joue, encore, et que j’hésite, encore, à presser la détente. Est-ce que je cesserai un jour de m’enfermer dans ce cercle inépuisable de violence et de faiblesse conjuguées qui ne mènent qu’à un seul et même point : un meurtre qui aura traîné dans la longueur, m’exposant comme à chaque fois à la venue d’un tiers ? Et je m’entends, encore et encore, essayer de lui expliquer. Et je l’entends, encore et encore, refuser de comprendre. J'te signale qu'un mec déterminé et taré avec une allumette, de l'essence, il fait pareil! Je secoue la tête. « C’est toujours la même chose… toi tu n’as pas besoin de briquet, tu n’as pas besoin d’allumette… et tu n’as même pas besoin d’avoir peur de cramer, je parie. » Ca, c’est une des premières choses que l’on m’a appris : dans quatre-vingt-dix pourcents des cas, le transmutant est non seulement dangereux pour les autres, mais surtout, il est lui-même immunisé contre sa propre dangerosité. Pour brûler un pyrokinésiste, il faut y aller. Pour noyer un aquakinésiste, il faut y aller aussi. Pour tromper un voyant…

Elle se compare peut-être à un taré avec une allumette, mais je sais exactement ce qu’elle risque de penser, aussi. Que puisqu’elle est née comme ça, elle a tous les droits sur ses capacités. Que puisqu’elle est née comme ça, elle mérite d’être comme ça. D’être fière de l’abomination que la génétique a faite d’elle. Alors que c’est faux. Qu’il n’y a rien de plus faux que cette conviction. J’ai la main qui tremble, la main qui hésite, encore. Quand moi, contrairement à elle, je lui cherche des solutions autre que la mort. Elle aurait pu ne pas se servir de sa mutation. Elle aurait pu se vacciner, tout comme je l’aurais vaccinée – de force mais pour son bien – si j’avais pu me procurer l’un des derniers vaccins en circulation. -Oui, merci bien, j'y penserais la prochaine fois. C'est trop sympa d'être désolé de ne pas avoir d'autres choix. Sans déconné, je me sens mieux. Un peu plus et je me serais dit que tu voulais vraaaaiment me tuer. C'est con, hein. Je crispe la mâchoire. La raisonner ne sert à rien, je le sais depuis quelques minutes. Je ne faisais que gagner du temps et puisqu’elle ne veut rien entendre… puisqu’elle ne veut rien entendre, j’entends la voix de Selene. Je pense à Mike. Thatcher était sa proie. Et il a disparu avant de pouvoir l’abattre. La moindre des choses que je puisse faire… c’est de presser la détente.

La détonation, comme ses sœurs, est étouffée dans le silencieux. Comme le cri de la mutante lorsque la balle perfore son épaule, son bras, comme le sang qui explose au niveau de ses vêtements. Comme le feu qui réagit en réponse, que je suis trop hébété pour éviter qui m’envoie au sol dans un hurlement à moitié étouffé – lui-encore – dans une joue mordue jusqu’au sang. Mon arme se sépare de mes mains, je me roule sur l’asphalte pour faire mourir les flammes, j’ai des larmes qui dégoulinent sur mes joues dans l’espoir stupide d’éteindre le feu qui me consume. J’aurais voulu être de ceux qui peuvent endurer la douleur, rester debout, finir le travail et tirer, tirer encore sur celle que j’entends fuir et partir, mais non. Moi, je suis juste le chasseur raté qui est au sol, qui suffoque, qui n’ose même pas regarder ses blessures, mais qui contente de rester allongé, pour mieux fermer les yeux sur sa médiocrité. Je suis celui qui attend qu’on l’achève, qui contemple son échec, qui écoute les battements de son cœur avant de se souvenir qu’appeler les urgences n’est pas une option, juste une nécessité. « Désolé Mike » Je souffle dans le silence, au fantôme d’un homme que je ne cesse de trahir à chaque fois un peu plus.

RP TERMINE


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