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 your life ain't nothing like my life | aspius

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SUR TH DEPUIS : 24/01/2015
MessageSujet: your life ain't nothing like my life | aspius   Mer 8 Mar 2017 - 22:35

Your life ain't nothing like my life
Aspen & Marius



Il me nargue. Avec ses rennes bleus sur fond vert - une horreur soit dit en passant - et son gros noeud rose fushia, il me nargue. Si encore il pouvait tenir dans une poche, un placard ou sous le canapé, ça passerait, mais non. Il est énorme, il trône dans un coin de l’appartement depuis plus de deux mois maintenant; il prend la poussière, il prend de l’âge, il prend de la place et pire que tout: il prend la tête. Il me prend la tête. C’est un rappel constant de ce que je suis devenu, c’est un rappel plus que constant de ce que je risque chaque jour, de ce que Samuel, qui est actuellement en pleine exploration de ses duplos, risque chaque jour, de ce que Moira elle aussi risque chaque jour sans vraiment le savoir. On n’en a pas parlé, parce que je n’ai pas voulu en parler. Parfois, on croit que taire l’existence des monstres les empêche d’exister, et moi, je me dis que parfois, ce serait bien d’avoir raison. Parce que j’ai beau fermer les yeux, éviter d’y penser, ne pas en parler et me comporter avec Moira, avec Sam, avec tous ceux qui n’ont pas été impactés directement, comme si rien ne s’était passé… je refuse encore de voir mon père, je suis mal à l’aise avec Astrid, j’ai pris par deux fois des nouvelles d’Ileana et, surtout, surtout, j’ai mal à chaque fois que je voie cet immonde papier cadeau, ce noeud pas beaucoup mieux et la carte écrite en pattes de mouche sur laquelle on parvient malgré tout à déchiffrer Aspijolie. Une énorme boîte de kaplas, agrémentée du livre d’architecture le plus poussé, complet, joli et cher que j’ai pu trouver sur les conseils des vendeurs et sur mes conseils à moi-même, comme pour mieux la mettre au défi de s’amuser à reproduire les chefs-d’oeuvre avec des petits bouts de bois. Un cadeau dont j’étais plutôt content, parce qu’il me ressemblait, parce qu’il lui ressemblait aussi.

Un cadeau qui n’a plus aucun sens vu que je ne veux pas la voir. Et qu’elle ne veut certainement pas me croire. Je soupire en m’asseyant au milieu du salon. “Sammy, tu me montres ce que tu fais ?” Il me fixe avec ses grands yeux qui me font fondre systématiquement. “Iii ?” Ca, ça veut dire oui, dans son langage de gamin de douze mois. Ca veut aussi dire cause toujours, tu m’intéresses, tout comme Mamamamama ou Papapapapa n’est souvent là que pour dire bon écoute Papa, je te donne ça pour que tu arrêtes de me saouler et que tu t’émerveilles suffisamment pour le laisser tranquille. Sa mère était surdouée, il parait que je suis précoce, son oncle et son grand-père le sont tout autant… je dois m’attendre à ceux que Samuel ne soit pas crétin. “Tu peux venir faire un câlin à papa ?” Il semble considérer la requête et convoquer un conseil au sommet dans sa petite tête. En même temps, il faut le comprendre: entre Roger son T-Rex en peluche, sa pile chaotique et multicolore de brique et le crétin à mèche blonde qui lui tend les bras, y’a pas photo, c’est Roger qui est supposé l’emporter. Mais le crétin à mèche blonde qui lui tend les bras, c’est aussi son papa. Et j’ose espérer que ça va le faire pencher en ma faveur. “Sammy ?” Je le relance avec un sourire. “Iiii ! Papapapa !” qu’il me fait avant de couper la poire en deux et devenir me faire un câlin avec Roger, de son pas pataud et maladroit du petit garçon qui a marché trop vite - mais qui a marché quand même avant ses un an. Son pas pataud que j’adore. Et qui m’angoisse aussi.

Samuel est toujours avec moi, maintenant. On a fêté son année dans un cercle restreint, sans son parrain, juste avec sa marraine et sa tante d’adoption - aka Moira. Sans sa mamman aussi. Samuel est toujours avec moi, avec un père dangereux, un père monstrueux, un père qui se crispe à la seule idée de perdre le fragile contrôle qu’il a sur une mutation qu’il pensait, pourtant, bien connaître. Avant. Avant que tout dérape. Avant que je ne blesse gravement Ileana, tout aussi gravement, à ce que j’ai compris, Aspen, avant que… Samuel gigote, je le laisse s’échapper, retrouver son quatre pattes (tout de même plus efficace que la marche, hein) et se précipiter vers un Kartoffel affolé par la menace que représente mon fils, alias Attila pour les intimes. Sauf que Kartoffel est trop bon, ou trop con, et qu’il reste suffisamment immobile pour que Sam se jette sur lui, agrippe ses poils et gazouille des ”Dadadatatata” et autres ”Memamammm Dadidatatata” si compréhensibles. Je me relève et mes yeux croisent à nouveau le paquet bleu, vert et fushia.

Et merde. On est déjà début mars, ça fait déjà plus de deux mois… il faudrait que je me décide. Et… en gardant un oeil sur Samuel, j’attrape mon portable, appelle la première personne à laquelle je puisse penser sans déranger Moira et Cassandra. Hors de question que j’emmène Samuel avec moi. Je ne suis pas con: je sais que la nervosité ne peut avoir sur moi que des conséquences pas très plaisantes et si je gère plutôt bien quand je suis chez moi, vu que justement je suis précisément chez moi, je me doute bien qu’à l’extérieur… “Sophie ! Je te dérange ?” Bien sûr que non mon chaton “Tu m’avais dit de ne pas hésiter à t’appeler et…” Tu veux que je garde le petit bonhomme ? Je souris, même si elle ne peut pas me voir. J’ai de la chance d’avoir Sophie, putain. ”Ouais, c’est l’idée, si ça te dérange pas, ce serait pas pour longtemps, hein, mais… j’avais pas prévu de sortir mais j’ai une urgence et…” Elle m’assure qu’il n’y a pas de souci et que Samuel ne doit pas plus compliqué à gérer que l’autre gamin qu’elle connaît si bien. Le gamin l’emmerde. Et l’adore.

Une heure et demi plus tard, je termine de donner des instructions totalement superflues à Sophie, qui a un Samuel plus curieux qu’apeuré dans ses bras. Et ma nervosité commence à fourmiller sur mon épiderme, chatouiller ce qui m’environne, me confirmer qu’il vaut vraiment mieux que le petit loukoum reste bien sagement ici. Je sors de l’appartement avec le cadeau dans un grand sac de course. Pendant tout le trajet en voiture - pas pratique de transporter ça en moto - je me demande si c’est une bonne idée. On est en pleine journée: Aspen travaillera. Il s’agit juste de passer, de déposer ça, et de repartir ni vu, ni connu, ni reconnu, ni traumatisé, et de faire une croix définitive sur tout ce qu’il s’est passé ces… la voiture galère à rouler, je me rend compte tardivement qu’elle gémit sous une densité modifiée, que son poids a augmenté et que même l’essence densifiée abîme le moteur. Un filet de transpiration dégringole de mes tempes quand je me gare, la verrouille et m’en éloigne aussi vite que possible tout en soufflant. Et en cherchant en moi la sensation d’une mutation hors de contrôle pour justement la contrôler. Lorsque j’ai la satisfaction de voir des plantes se redresser au bout de cinq minutes, j’ai le poing si serré que mes phalanges sont blanches et douloureuses. Mais au moins… allez, juste l’affaire d’une poignée de minutes. J’atteins rapidement la porte d’entrée, jette un coup d’oeil à une fenêtre, vise le garage et mets à profit des années d’expérience en matière de conneries pour rapidement repérer une fenêtre ouverte, sauter et m’accrocher au rebord, tracter mon sac, le passer sans le faire tomber et me réceptionner pas trop bruyamment dans le garage. Voilà. Parfait. Des années d’expérience en matière de conneries et un nombre incalculable de fugues plus ou moins réussies à mon actif. Comme quoi, tout savoir-faire est bon à prendre…

Je souffle un coup, tout concentré à mon affaire, avant de repérer la porte qui mène au reste de la baraque, comme un père Noël des temps modernes, tiens. Un père Noël carrément à la bourre, mais bon, au moins il est là, et au pire, il dira qu’il y avait des bouchons sur le périph’, et que… Je m’arrête dans mes pensées et dans mon geste au moment où je pose la main sur la poignée. En fait, il ne dira rien du tout, ce père Noël, parce qu’il ne croisera personne et parce qu’il vaut mieux qu’il ne croise personne. Normalement, les gens travaillent à cette heure-là, surtout les architectes de folie. Et normalement… je sens sous mes doigts le papier cadeau perdre en souplesse, gagner en solidité et en rigidité. Ca recommence. Je souffle, il faut que je me calme. Le papier regarde en souplesse, se ramollit et crisse comme il se doit sous les doigts. Je pousse la porte, en essayant de me remémorer la direction de la chambre d’Aspen selon des souvenirs vieux de quelques mois déjà. Ca doit être celle-là. Ah non…

C’est celle-là. J’hésite à déposer le paquet devant la porte, mais… mais tant qu’à être venu jusqu’ici, et surtout si jamais Aspen n’est pas la première à rentrer… non, il vaut mieux que je le dépose directement dans sa chambre, et tant pis si elle me hait pour ça: de toute manière, elle me méprise et me déteste déjà. Je vais pour poser la main sur la poignée de la porte, partant du principe qu’elle ne sera pas fermée à clé - croisons les doigts - quand elle se dérobe sous ma main. Je pousse un cri de surprise - extrêmement viril - en bondissant en arrière, en me plaquant contre un mur et en fixant Aspen. “Je… je… qu’est-ce que tu fous là ? Tiens… c'est pour toi... t'étais pas supposée être là, je... la porte est là-bas, je sais.” Les mots s’agglutinent et se précipitent vers la sortie sans aucun ordre ni mesure.


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MessageSujet: Re: your life ain't nothing like my life | aspius   Mer 22 Mar 2017 - 18:45

Your life ain't nothing like my life
Aspen & Marius




« You've got a friend in me
You've got a friend in me
When the road looks rough ahead
And you're miles and miles from your nice warm bed
You just remember what your old pal said
Boy, you've got a friend in me
Yeah, you've got a friend in me »


Penchée sur sa tablette graphique, Aspen tapotait sur l'écran, le menton posé sur son poing fermé, alors que son casque diffusait sa playlist Disney, sa préférée quand il s'agissait de dessiner des plans relatifs à des parcs pour enfants : sa conception de celui de Radcliff avait été un franc succès, aussi les pontes de la firme lui avaient proposé de concevoir un autre parc, plus grand, plus ambitieux, pour une ville située dans le sud de New York… Bridgewater, ou un truc du genre. Elle était déjà allée sur place et avait été séduite par le terrain vague en centre ville, vestige de la démolition d'un ancien immeuble vétuste, qui accueillerait bientôt un tout nouveau parc de verdure et de loisirs pour les enfants et les adolescents du coin. Bien sur, elle n'était ni paysagiste, ni urbaniste, mais elle travaillait de concert avec ces corps de métier dans son équipe, et gérait la création des infrastructures internes, selon le budget un peu serré qu'imposait la mairie. Chantonnant la ritournelle de Toy Story, elle cherchait à visualiser le dessin final du parc de jeu, où elle comptait bien créer un espace avec des fontaines à eau et un jeu de miroirs aquatique sur le sol, alors qu'elle crayonnait en parallèle un skate parc végétalisé -oui, c'est possible ! - du plus bel effet. Ce n'était pas le moins cher, mais à coup sur cela marquerait les esprits. Satisfaite de son idée, elle sauvegarda le fichier dans sa tablette, l'envoyant à ses différentes adresses mail professionnelles pour s'assurer de ne rien perdre, alors que la petite sirène prenait la place de Buzz l'éclair dans ses oreilles. S'étirant comme un chat, elle se redressa pour se lever de sa chaise et attraper le tabouret pour se saisir d'un ouvrage tout en haut de sa bibliothèque. Ainsi concentrée, elle n'entendit même pas Marius pénétrer dans la maison : Kaisa était de service toute la journée, et Gray l'avait informé de son absence pour quelques jours, sans trop de détails. Travailler à la maison avait ses avantages, notamment celui de s'égosiller sur « partir là bas » sans être jugée par ses collègues de bureau. Ouh yeah. Le livre dans la main, elle tâtonnait la surface de son bureau pour attraper son mug de chocolat chaud... totalement vide. Ah  non, elle ne pouvait pas continuer de travailler sans sa dose de chocolat, im-pos-sible ! Son mug dans une main, son bouquin de l'autre, la rouquine se dirigea vers la porte de sa chambre en sautillant, ouvrant la porte avec le plat de sa main, un peu maladroitement, avant de faire un bond en arrière, manquant de reverser les quelques gouttes de lait restant au fond de son mug sur le sol. Derrière la porte, il y avait Marius, Marius Caesar, ce même Marius qu'elle n'avait pas vu depuis de longs mois. Depuis qu'il avait failli la tuer, en fait. Elle ouvrit la bouche, puis la referma, fixant le grand blond en fronçant les sourcils, les mâchoires à nouveau serrées. Il n'avait rien à faire ici.

- Je suis chez moi, alors ce serait plutôt à moi de te poser cette question. Et c'est quoi, ça ?

Le ton était froid, méfiant, alors qu'elle désignait d'un coup de menton le paquet dans les bras du jeune homme, son livre à present plaqué contre sa poitrine, bouclier inconscient. Elle n'aurait jamais pensé le ressentir un jour, mais elle ne se sentait pas en sécurité face au Caesar. Rapidement, dans sa tête, elle avait visualisé tous les endroits de sa chambre, de la maison même, où se trouvaient ses couteaux et tous les autres objets pouvant lui servir à se défendre contre Marius. Toujours raide et immobile face à lui, elle se mordait l'intérieur de la joue, comme pour se donner du courage, avant de reprendre avant que Marius ne puisse répondre :

- Je te préviens, j'suis sensée avoir rendez vous avec une copine dans deux heures. Si j'y suis pas, c'est toi qu'on ira chercher en premier si il m'arrive un truc. Y a des gens qui savent ce que tu m'as fait. Alors ne tente même pas de me toucher ou de … de me faire ton truc là. Sinon je te jure que j'serais moins clémente que la dernière fois.

Rapport au fait qu'elle ne l'avait pas tué, la dernière fois. Elle n'y avait même pas pensé, trop choquée par la découverte de la mutation de Marius, et surtout par son utilisation sadique. Aujourd'hui, elle était prête à en découdre, si c'était pour ça qu'il était là. Pour quoi d'autre, de toute facon ?

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MessageSujet: Re: your life ain't nothing like my life | aspius   Jeu 30 Mar 2017 - 0:48

Your life ain't nothing like my life
Aspen & Marius



Mon père est un surdoué. C’est officiel, c’est avéré, c’est attesté par de nombreux diplômes, par son arrogance, par son acuité intellectuelle et sa fâcheuse manie d’avoir presque toujours raison. Mon frère l’est tout autant. Précoce dès son plus jeune âge, il n’y avait qu’à voir sa façon de me défendre, de répondre à mes parents et de me protéger constamment et efficacement pour s’en convaincre. Et je ne parle pas de ses diplômes, de ses études, de son résultat et de son calme constant mêlé d’une assurance sans pareille qui sont chacun à leur manière des preuves superflues. Père surdoué, frère jumeau surdoué, il paraît que dans la logique des choses, je suis supposé moi aussi présenter des capacités hors norme. Je suis bien d’accord : j’excelle dans la connerie. Et aujourd’hui en est une preuve supplémentaire. Aspen me fait face, j’ai l’air con à être plaqué contre le mur, le coeur battant à toute vitesse dans ma poitrine et surtout, surtout, des mots qui s’entremêlent dans ma gorge parce qu’ils veulent tous sortir en même temps. Je n’avais pas prévu de la voir. En fait, je n’avais même pas prévu, à la base, de venir. Pourquoi est-ce que je suis venu dans ce cas ? Excellente question, 15 points pour Poufsouffle. Et zéro réponse pour moi, ça me tuerait d’admettre que quelque part, j’espérais la voir, la croiser. M’expliquer ? Il n’y a rien à expliquer. - Je suis chez moi, alors ce serait plutôt à moi de te poser cette question. Et c'est quoi, ça ? Ca ? J’ouvre la bouche, comme un con. Elle plaque son livre contre sa poitrine, elle est dans une position défensive face à moi. Défensive. Elle a peur de moi. Peur de moi. Son ton est froid, méfiant, son regard assassin. Méfiant. - Je te préviens, j'suis sensée avoir rendez vous avec une copine dans deux heures. Si j'y suis pas, c'est toi qu'on ira chercher en premier si il m'arrive un truc. Y a des gens qui savent ce que tu m'as fait. Alors ne tente même pas de me toucher ou de … de me faire ton truc là. Sinon je te jure que j'serai moins clémente que la dernière fois.

Mon visage se décompose lorsque je prends brutalement conscience que non seulement il y a désormais un gouffre de méfiance entre nous, mais aussi qu’elle envisage sérieusement que je puisse, volontairement, lui faire du mal. Y’a des gens qui savent. Je pâlis, je retiens une flopée d’excuses, d’insultes, de suppliques que je ne compte vraiment pas prononcer un jour. Mon visage se décompose, j’ai une boule au ventre lorsque je me rends compte d’une chose. Une simple conclusion qui me frappe en plein visage avec la force d’un tsunami. “Tu as peur de moi” Qu’elle ne s’y trompe pas : ce n’est pas une question, encore moins une hypothèse, c’est l’amère certitude que ce que je lui ai fait l’a marquée tout autant que moi, si ce n’est plus. Bien plus. C’est l’acide conséquence de mon inconséquence, de ce brutal basculement dans le contrôle relatif que j’avais sur une mutation jusque-là complètement interne. Si elle tient son livre contre sa poitrine, moi, je tiens son cadeau sur le bout des doigts, comme pour m’en débarrasser le plus vite possible, comme pour éviter de justement l’utiliser comme bouclier. Je ne la quitte pas des yeux en posant le cadeau par terre, avant de le pousser du bout du pied dans sa direction, sans oser m’approcher davantage.

Il paraît que les gens qui ont un minimum d’instinct de survie se seraient déjà barrés, à ma place. Ou auraient déjà commencé par ne pas venir. Moi, mon instinct de survie se résume à ignorer mon envie de la prendre dans mes bras pour m’excuser, voire tout simplement de faire comme si de rien n’était. Parce que ce n’est pas le cas. “C’est ton cadeau. D’anniversaire, de Noël. Il traînait chez moi. J’en avais marre de le voir, et…” Je me passe une main nerveuse dans les cheveux, pour mieux les ébouriffer un bon coup, pour mieux la faire descendre dans ma nuque crispée. Moins clémente. Le monde est fou. “Ecoute, Aspy, si tu veux me tuer, fais le maintenant. Mon père a déjà essayé et s’est loupé, je suis sûr que ma mère tentera à son tour à un moment où à un autre… si tu veux vraiment me flinguer, t’as qu’à le faire maintenant et on n’en parlera plus.” Qu’est-ce que je disais à propos de l’instinct de survie ? Inexistant. Ou si infime qu’il échappe à toute analyse logique. “Mais sinon… je peux essayer de t’expliquer.” J’hésite une fraction de seconde avant d’ajouter, “Même si vu notre dernière discussion sur le sujet, je doute que ça serve à quelque chose.” Je serre les poings, en retenant ma respiration, en bloquant mon diaphragme, en me concentrant sur ses yeux : toutes ces techniques qu’on avait trouvé, au début, avec Martial, pour contrôler ce qu’il m’arrivait. Faire disparaître ça.

Rendre invisible ça. Ca. “S’il m’arrive quelque chose, personne ne le saura. Peut-être Sophie, qui garde Samuel, mais je ne lui ai pas dit où j’allais.” J’imagine que malgré mon assurance, malgré une détermination suicidaire, j’ai le regard d’un désespéré. “Je ne sais pas quoi faire, ou quoi dire.” je finis par conclure. Dans mon dos, comme il y a des mois chez Astrid, la densité fluctue tout autour de moi. Invisible. Seule des faibles craquelures sur la peinture sont la preuve de ce qui tiraille la surface du mur.


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MessageSujet: Re: your life ain't nothing like my life | aspius   Jeu 30 Mar 2017 - 21:59

Your life ain't nothing like my life
Aspen & Marius




De tous ces amis, Marius était celui qu'elle n'avait jamais envisagé comme un potentiel danger. Marius n'était pas proprement inoffensif, preuve en était, il avait brisé des cœurs à tour de bras avec la candeur et l'innocence d'un enfant détruisant son château de sable, mais ce n'était pas un mauvais bougre, loin s'en fallait. Enfin, ça, c'était l'avis d'Aspen avant cette fameuse journée d'apocalypse, cette journée où elle avait senti tous ses os craquer les uns après les autres alors que Marius la regardait avec tant de colère dans les yeux qu'elle passait presque pour de la haine. Ce jour là, elle avait eu peur, peur pour elle, peur pour celle qui était avec eux, peur pour sa vie... Peur de lui. De tous les mutants de son entourage, il était le seul à l'avoir blessé, à avoir mis sa vie en danger en toute conscience. Elle l'avait vu faire, elle n'avait jamais oublié depuis, et ce n'était pas ses petits cris surpris de fillette et son air de chiot battu qui effacerait le voile rouge du sang qui avait coulé devant ses yeux ce jour là. Alors la réponse se fit cinglante, comme un coup de fouet, alors qu'elle fronçait le sourcil, creusant la ride du lion en montrant les crocs :

- Evidemment qu'j'ai peur. T'es un putain de mutant qui a essayé de me tuer. Je serai cinglée de ne pas avoir peur.

Lorcan maitrisait le sang, son propre frère, et malgré tout ce qui s'était passé entre eux, il ne lui avait jamais fait de mal, et encore moins volontairement. Priam était pyrurgiste et jamais il n'avait projeté la moindre flammèche en sa direction, et pareil pour Moïra. Tous ces gens avaient des capacités terrifiantes et en ce jour, elle leur aurait confié sa vie mille fois plutôt que de la mettre entre les mains traitresses du Caesar. Le bruit de ses os qui craquaient revenait résonner dans ses oreilles alors qu'elle initiait un mouvement de recul quand Marius tendit les bras et le cadeau en sa direction. Elle croisa un peu plus les bras sur sa poitrine alors qu'il le déposait sur le sol, comme on pose l'argent d'une transaction occulte. Sauf qu'il n'y avait pas d'argent, pas de deal, rien qu'une Aspen terrifiée et sur la défensive face à un Marius qui ne semblait pas savoir que faire, que dire pour justifier de sa présence dans la maison. Son cadeau, la rouquine s'en foutait, il irait à la poubelle sans même qu'elle ait la curiosité de l'ouvrir. Elle n'avait aucune curiosité pour les mutants assassins. Ses phalanges blanchirent à mesure qu'il reprenait la parole, l'invitant à en finir avec lui, si c'était vraiment ce qu'elle voulait. Elle aurait pu, sans aucune prétention, le simple ouvrage qu'elle avait en mains aurait suffit à terminer Marius en quelques minutes. Elle se voyait frapper le jeune homme à la glotte de la tranche du bouquin, le faire tomber à plat ventre, elle se voyait lui sauter sur le dos et attraper sa tête pour la faire craquer sur le côté, de toute ses forces, jusqu'à rompre les cervicales. Crac, plus de Marius. Aurait ce été une bonne chose ? Elle ne savait pas, simplement, la pensée la réconforta un peu, d'une manière malsaine. Il était dangereux, mais il ne pourrait plus la prendre à revers, elle était au courant, maintenant, alors qu'elle continuait de le fixer d'un air dur.

- Je me salirai certainement pas les mains sur toi, Marius, pas dans Ma maison, je suis pas débile, moi, à Agresser les gens dans ma propre barraque.

C'était acide, c'était méchant, mais elle considérait que c'était de bonne guerre, au vue de tout ce qu'il lui avait fait, casser les os, briser sa confiance, fait voler en éclat la confiance qu'elle avait en lui. L'homme en face d'elle n'était plus son Marius, tout juste une copie salie et dégoutante. Du dégout, oui, c'était bien ce qui tordait la bouche de la jeune femme à cet instant.

- M'expliquer quoi, Marius ? Que t'es finalement aussi tordu que le reste de ta famille, au point d'être prêt à buter ta propre demi sœur de sang froid ? Parce qu'elle y serait passée hein, Marius, si j'étais passée par là par hasard ? T'aurai fait quoi, avec un putain de cadavre dans les bras, sans ton papa d'amour pour planquer le corps ? T'aurais demandé à d'autres de tes petits copains dégénérés de t'aider ? T'aurais mouillé Moïra avec ton bain de sang ?

Marius semblait, fait rare, avoir perdu sa langue pendant son propre monologue, incapable de rajouter un mot de plus, les yeux rivés au sol. Inconsciemment, Aspen s'était rapprochée, raide comme la justice, droite comme un jugement divin, dominant de toute sa petite taille le grand Marius qui semblait se recroqueviller sur lui même.Elle n'était plus qu'à un pas de lui quand ses bras se décroisèrent, son livre dans sa main gauche pendant le long de son corps, et qu'elle souffla d'une voix vide :

- A une minute près, d'après les médecins. A une minute près, je serais morte. Une de mes cotes fêlées se serait probablement retournée pour me perforer le cœur et pouf, plus d'Aspen. Tu étais à une minute de me tuer, Marius. A une minute. Il n'y a aucune explication à donner à ça. Tu étais mon meilleur ami, mon presque frère, et tu as failli me perforer le cœur. Sans même avoir une seule seconde envie de t'arrêter.
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MessageSujet: Re: your life ain't nothing like my life | aspius   Mer 5 Avr 2017 - 23:32

Your life ain't nothing like my life
Aspen & Marius



De tous mes amis, Aspen est un ovni. Et pour cause : c’est bien la seule fille qui m’ait larguée et avec qui je sois vraiment resté en bons termes. Aspen est un ovni, une amie faite à l’adolescence avec qui j’aie attendu des années avant de sortir, et de rompre d’un commun accord moins de deux semaines plus tard. Aspen est un ovni, l’une de ses filles brillantes que l’on ne rencontre qu’une à deux fois dans sa vie. Aspen, c’est tout un cosmos de qualité perdu dans une galaxie de défaut, qui se combinent et se conjuguent pour la rendre aussi attirante qu’amusante, que chiante et que séduisante par bien des aspects. De tous mes amis, Aspen est celle à laquelle je tiens le plus, au même niveau que Moira. Plus l’enracinement des années. Et tous ces points que nous avons en commun. S’il y a bien une personne au monde avec qui je n’ai jamais vraiment voulu me fâcher, c’est elle. On était ensemble lorsque j’ai embrassé voire plus d’autres filles. On était ensemble, on a rompu mais ça n’a pas été suffisant pour briser notre amitié.

Pourtant, voilà que j’en contemple les lambeaux dans son regard, dans son attitude, dans tout ce que le langage corporel peu hurler silencieusement de plus vulgaire et agressif. Elle a peur de moi. Et ce n’est même pas une question. C’est un constat, c’est une désillusion, c’est un couteau enfoncé dans ma poitrine et que je mérite. Que je mérite juste tellement. - Evidemment qu'j'ai peur. T'es un putain de mutant qui a essayé de me tuer. Je serai cinglée de ne pas avoir peur. J’encaisse en serrant les dents. Qui a essayé de me tuer. Je craque sans réfléchir. « C’est faux, j’ai pas essayé de te tuer, j’ai juste… » Belle répartie, Marius. Ma voix perd brutalement son agressivité lorsque j’achève par un « J’ai juste failli… » soufflé. Je n’ai pas essayé de la tuer, et elle ne semble pas le comprendre. Du bout du pied, j’avance son cadeau dans sa direction. Avec précaution. Avec une précaution infinie. Avec crainte, aussi. Tout est brisé entre nous et si jamais je ne l’avais pas encore compris et bien… c’est chose faite. Si elle veut me tuer, et bien qu’elle s’éclate, qu’elle le fasse maintenant. Et je suis sincère. Je mérite de crever, j’imagine, pour ce que je lui ai fait. Pour ce que j’ai failli lui faire. Pour ce que j’ai failli faire à Lily, aussi. J’ai beau la détester, je n’ai jamais rien voulu de tout ça, je ne m’en suis même pas rendu compte. Comme maintenant, lorsque plaqué contre le mur, je ne m’aperçois qu’avec un temps de retard que la peinture comme à s’écailler. Comme chez Astrid. Je joue légèrement avec la densité de ce qui m’entoure, contre mon gré. Alors ouais, en fait. Qu’elle me tue maintenant, tant qu’elle en a l’occasion. Est-ce que c’est ce que je voulais, au fond, en me pointant ici ? - Je me salirai certainement pas les mains sur toi, Marius, pas dans Ma maison, je suis pas débile, moi, à agresser les gens dans ma propre barraque. Je serre les dents, encore. « Je voulais pas ! » Faible défense. Mais c’est la vérité, une vérité qu’elle ne semble vraiment pas entendre. Son dégoût me blesse plus que tout le reste. Un dégoût que je n’ai jamais vu dans son regard. Jamais. Juste dans celui de mon père, juste dans celui de ma mère, à la rigueur dans celui de Moren… Le dégoût du chasseur devant le monstre. Qu’est -ce qu’elle attend que je dise, qu’est-ce qu’elle attend de moi ? Qu’est-ce qu’elle veut que je lui explique ? - M'expliquer quoi, Marius ? Que t'es finalement aussi tordu que le reste de ta famille, au point d'être prêt à buter ta propre demi sœur de sang froid ? Parce qu'elle y serait passée hein, Marius, si j'étais passée par là par hasard ? T'aurai fait quoi, avec un putain de cadavre dans les bras, sans ton papa d'amour pour planquer le corps ? T'aurais demandé à d'autres de tes petits copains dégénérés de t'aider ? T'aurais mouillé Moïra avec ton bain de sang ? Je n’ose pas fermer les yeux pour me réfugier dans le noir, je n’ose pas la quitter du regard, mais ce n’est clairement pas l’envie qui manque. Si j’ai honte. Non. C’est pire que ça. Je suis mortifié, je me dégoûte comme jamais, toute confiance en moi, toute estime de moi, s’est envolé. Et déjà qu’il n’y avait pas grand-chose, juste des bribes difficilement reconstruites au fil des mois, des années, et bien il n’en reste plus rien. Juste des ruines. Comme les ruines de notre amitié, comme les ruines de notre quasi fraternité, comme les ruines de sa confiance en moi.

Je reste silencieux, parce que de toute manière, elle ne serait pas capable de m’entendre. Et parce que de toute manière… chacune de ses phrases est la preuve supplémentaire qu’elle est aveuglée par une colère justifiée. Elle n’entend rien, elle ne voit rien, elle est juste… bien trop de chose pour que j’en fasse la liste. Alors je la laisse parler. Et lorsqu’elle se rapproche, moi je recule, je m’enferme contre ce mur qui ne me permettra ni de m’échapper, ni de disparaître, juste de révéler des craquelures qui s’agrandissent. Presque visibles. - A une minute près, d'après les médecins. A une minute près, je serais morte. Une de mes côtes fêlées se serait probablement retournée pour me perforer le cœur et pouf, plus d'Aspen. Tu étais à une minute de me tuer, Marius. A une minute. Il n'y a aucune explication à donner à ça. Tu étais mon meilleur ami, mon presque frère, et tu as failli me perforer le cœur. Sans même avoir une seule seconde envie de t'arrêter. Je croise ses prunelles. Mes bras, densité basse, plus rapides que d’ordinaire, se lèvent et percutent, densité haute, les épaules d’Aspen pour la faire reculer au moment où je m’entends hurler « C’EST FAUX ! ». Je m’écarte précipitamment. Mon corps connait des mécanismes de défense que je ne suis même pas capable d’intellectualiser. Comme s’il les avait toujours connu. Comme si, d’un coup, je me rendais compte que je savais marcher sans plus savoir le faire dès qu’il fallait y penser. Ma densité fluctue, constamment, pour ajuster, optimiser, renforcer, alléger, accélérer, libérer des organes. Et je ne commence que tout juste à en prendre conscience, alors qu’elle a explosé autour de moi comme une furie déchaînée. « Oui j’ai failli te tuer, Aspen, je sais ! Je ne le sais que trop bien ! Tu as raison, tu as raison sur le fait que je sois un monstre, un dégénéré, ce que tu veux ! Tu as raison lorsque tu dis que j’étais presque ton frère et que j’ai failli te tuer, je sais ! Mais tu as tort quand tu dis que j’en avais envie. Je voulais pas… même Lily, je… » Je sens sur mes lèvres le début d’un sanglot alors que mes yeux parviennent à rester sec, à endiguer pour le moment l’inondation. Lui expliquer. « J’ai jamais voulu te faire du mal. Je… je te ferais jamais de mal volontairement, Aspen. Je veux… je contrôle rien ! Je ne contrôle plus rien ! Et ça empire, ça empire de jour en jour ! » Je prends mon inspiration pour tenter de me calmer, alors que je recule d’un pas encore dans le couloir. En ne m’apercevant que trop tard que ma porte de sortie n’est pas de mon côté. Que je m’enfonce dans un cul de sac. « Tu me crois vraiment capable de haïr suffisamment quelqu’un pour le tuer ? J’ai jamais voulu être un mutant… » Ca… non. « J’ai jamais demandé à être comme ça. J’ai essayé de le faire disparaître, je te le jure ! J’ai essayé, trois fois. La première fois, ça a fonctionné, au prix de cauchemars. La deuxième fois, on me l’a imposé de force. La troisième fois, j’ai fait six arrêts cardiaques. » Je veux qu’elle comprenne que je n’ai jamais rien voulu de tout ça. Je le veux, je le veux si fort… Je plaque la main contre le mur pour retrouver l’équilibre, je la sens légèrement s’enfoncer dans un mur devenu bien moins dense. Je la retire immédiatement, comme si je m’étais brûlé. « Aspen, il faut que tu me croies… je t’ai jamais voulu le moindre mal… je… c’est pas moi, ça. » Pas moi. Et pourtant, c’est dans mes gènes. Juste une tare supplémentaire. « Fais moi confiance… »


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MessageSujet: Re: your life ain't nothing like my life | aspius   Sam 8 Avr 2017 - 19:28

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Marius était agaçant. Il l'avait toujours été, bien sur, ce n'était pas une nouveauté, seulement aujourd'hui, cet agacement agressait les nerfs d'Aspen, violemment. Ses petits poings étaient bien serrés, plaqués le long de son corps, alors qu'elle écoutait, malgré tout, Marius se défendre. Pauvrement. Sans la moindre conviction. Est ce qu'il mentait, ou était il conscient que non, définitivement, il ne pouvait pas assumer ce qu'il affirmait ? Il lui avait fallu le mettre au pied du mur, littéralement et métaphoriquement, pour qu'il réagisse enfin. La rouquine avait sursauté, reculé d'un pas quand il se mit à hurler, prête à se jeter sur lui pour lui arracher la carotide avec les dents si il faisait le moindre geste suspect. Mais Marius ne semble pas s'en rendre compte, sa langue s'est délié et il ne semble plus capable de retenir le flot de paroles qu'il déverse sur son ex meilleur ami comme un torrent de syllabes. Elle avait raison, elle avait raison, puis elle avait tort, ben tiens. L'envie, elle l'avait vu dans ses yeux, mélangée à la colère, à la rage et à plein d'autres choses. Alors il pouvait nier autant qu'il voulait mais elle savait ce qu'elle avait vu, et des mutants avec cet éclat dans le regard, elle en avait croisé des centaines. Il ne la roulerait pas aussi facilement, même avec ce regard tout humide, oh non, elle en avait bien trop bavé, avec tous ses os de casser.

- Si tu contrôles rien Marius, beh faudrait peut être aller t'faire soigner ! Et si tu peux pas t'faire soigner, ais au moins le bon goût de pas fréquenter de gens et de t'isoler un peu, putain ! Des baraques t'en a une douzaine, tu peux bien aller te planquer aux Baléares le temps que ça se calme ou que tu te trouves un maitre sensei.

A la question de Marius, Aspen se mordit les lèvres, détourna la tête, détourna le regard. Est ce qu'elle le croyait capable de faire ça ? Elle aurait voulu lui dire que non, bien sur,  qu'il valait mieux que ça, mais...

- Tu es un Caesar Marius, bien sur que la haine peut te faire faire des choses, regarde ce que l'orgueil a fait faire à ton père, regarde ce que l'obsession de la pureté à fait faire à ta mère...

La partie sur les vaccins lui fit mal, alors qu'elle se refusait encore de regarder Marius dans les yeux. Ce qu'il racontait, c'était la même histoire que Lorcan, la même histoire de tous les mutants qui lutaient avec leur mutation. A la différence près qu'il avait failli y passer, la dernière fois. Aspen soupira, se passant nerveusement la main dans sa chevelure épaisse et désordonnée, alors qu'il la suppliait, à nouveau, de le croire, de lui aire confiance, de … le comprendre ?

- je... je sais pas …

Elle avait voulu l'appeler Rius, mais le surnom affectueux de son presque frère était resté coincé au fond de sa gorge. Elle ne savait plus où regarder, où mettre ses mains, ce qu'elle devait faire de son cœur amer et un peu brisé. Elle avait envie qu'il s'en aille, qu'il la laisse tranquille. Non, c'était faux. Ce qu'elle voulait, c'était qu'il remonte le temps, qu'il intercepte le Marius du passé et qu'il l'empêche de devenir « comme tous les autres ». Un putain de tarés comme elle en égorgeait, parfois, à la faveur d'une ruelle sombre.

- Si tu te contrôles toujours pas tes pouvoirs d'puis décembre Marius, c'est hyper grave. Faut qu'tu trouves quelqu'un pour t'encadrer, pour t'apprendre, ya bien des grands manitous mutants super badass en ville pour t'apprendre, sinon on aurait chopé tous les jeunes mutants depuis des années...

Elle savait de quoi elle parlait, sans avoir le nom du fameux grand chef en question : elle savait simplement que depuis que Lorcan y allait, il contrôlait de mieux en mieux son don, et à voir la dangerosité de ce dernier, cela avait été une question de vie ou de mort. Lentement, elle remonta ses iris émeraude dans celles de Marius :

- Tu me demandes de te faire confiance. Je sais même pas si toi, tu me fais confiance. Tu savais que tu m'avais mis en miette, et après nos textos, t'es jamais revenu, tu t'es pas entêté, toi le mec le plus têtu de la terre. Pourquoi ? T'avais peur que je te loupe pas, cette fois ?

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MessageSujet: Re: your life ain't nothing like my life | aspius   Mar 11 Avr 2017 - 17:02

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J’ai toujours voulu qu’on me regarde. Être au centre de la discussion, au centre de l’attention, être au devant de la scène… il faut être honnête deux minutes: c’est ce que j’ai toujours voulu, c’est ce que j’ai toujours tendance à vouloir, même inconsciemment. Je parle fort, je bouge, j’ai un avis sur tout et des blagues connes aux lèvres, je suis d’un naturel tactile, spontané, excessivement sociable voire collant et il n’y a jamais rien de plus insupportable à mes yeux que d’être invisible dans une pièce. J’ai toujours voulu qu’on me regarde, ouais. Qu’on m’aime, qu’on m’apprécie. Mais je n’ai jamais voulu que quiconque me craigne, non. Ca, j’ai laissé tout ça à mon père, à mon frère, à ma mère sans le moindre regret, sans la moindre envie. Je ne veux pas que les gens aient peur de moi, je veux juste qu’ils m’apprécient, qu’ils se moquent de moi. Le regard d’Aspen est glaçant. Ses propos le sont encore plus. Ses accusations, elles, sont douloureuses. Douloureuses de vérité, douloureuses de mensonge aussi. De convictions fausses. De quiproquos. De… Tu as failli me perforer le cœur. Sans même avoir une seule seconde envie de t'arrêter. Si jusque là, je suis resté muet de terreur, muet de détresse, muet de culpabilité, là… là, je cède, là mes murailles s’effondrent et mes réflexes prennent le dessus, je la pousse, je recule, je respire à toute vitesse en me rendant compte non seulement que ma mutation échappe de plus en plus à mon contrôle mais qu’en plus elle est si ancrée dans mon organisme que je l’utilise complètement inconsciemment à chaque seconde.

Aspen a raison, lorsqu’elle dit que je suis un monstre. Aspen a raison, lorsqu’elle dit que je suis dangereux. Aspen a raison, quand elle dit que j’ai failli la tuer. Mais ma voix se brise lorsque je lui concède tout sauf sa dernière accusation, celle qu’elle a répétée, sous-entendue, appuyée bien trop de fois. Je n’ai jamais voulu lui faire de mal. Je n’ai jamais voulu faire de mal à quiconque. Même Lily. Ou presque. Mais je n’ai jamais voulu faire autant de mal à Ileana. C’est juste que je ne contrôlais rien, que je ne contrôlais plus rien, que je ne contrôle toujours rien. Ou à peine. - Si tu contrôles rien Marius, beh faudrait peut être aller t'faire soigner ! Et si tu peux pas t'faire soigner, aies au moins le bon goût de pas fréquenter de gens et de t'isoler un peu, putain ! Des baraques t'en a une douzaine, tu peux bien aller te planquer aux Baléares le temps que ça se calme ou que tu te trouves un maître sensei. Mes yeux plongent dans les siens. Partir ? Je ne peux pas partir. Le seul semblant d’équilibre que j’ai, c’est Astrid, et je ne peux pas la faire partir. Je n’ai même pas envisagé une seule seconde de partir. Même si ça serait une putain de solution. Quant à trouver un maître sensei... “Tu m’as vu souvent ces derniers temps ? Tu crois quoi, que je ne me suis pas planqué ?” Je souffle avec difficulté. Elle croit quoi, que je traite ça avec légèreté ? Peut-être un peu. Mais tout ce que je veux, c’est que ma vie soit normale. Que le cauchemar cesse. Que je me réveille. Que tout reprenne son cours sans anormalité. Partir, m’exiler, disparaître, ce serait laisser ma mutation me vaincre, ce serait fuir, comme mon père a un jour fui la France après le scandale Malaria. Fuir comme un gros lâche, comme je le lui ai bien trop longtemps reproché. Et fermer les yeux, ce n’est pas de la lâcheté ? Peut-être. Peut-être pas. Une chose est sûre, c’est que je n’ai jamais haï quelqu’un au point de sciemment vouloir le tuer.

Est-ce qu’elle m’en croit capable ? - Tu es un Caesar, Marius, bien sûr que la haine peut te faire faire des choses, regarde ce que l'orgueil a fait faire à ton père, regarde ce que l'obsession de la pureté a fait faire à ta mère... Je me mords la joue jusqu’au sang pour garder un contrôle précaire sur ma mutation, quand un élan de colère me pousse à tout écraser autour de moi. Déjà ma respiration se fait le coeur d’un cycle d’hausse et de baisse de densité. En interne, juste en interne, pour le moment. J’ai le goût du sang dans la bouche quand je serre le poing. “Je ne suis pas mes parents, Aspen. Je ne l’ai jamais été. Ce sont deux hunters, depuis des années, et s’il y a bien une personne ici qui leur ressemble, c’est toi, pas moi. Je ne suis pas comme eux.” Et ça, c’est l’une des rares certitudes que j’ai. Je n’ai jamais considéré que les mutants devaient être tués, ni même que le meurtre se justifiait. Le sang que mes parents ont sur les mains, je ne l’ai pas. J’ai failli l’avoir. Mais ça aurait été un putain d’accident.

Faudrait peut-être aller te faire soigner. Les vaccins, j’ai tenté le coup. Plutôt deux fois qu’une. Et j’ai failli y laisser ma peau, plutôt deux fois qu’une aussi. J’ai essayé de faire disparaître l’anomalie présente dans mes gènes, ses conséquences. Au départ pour faire plaisir à Martial, puis pour arranger mon père, mais finalement, la dernière fois, juste pour me tuer. Sauf que je ne lui dirai pas. Elle n’a pas à le savoir. Elle a juste à me faire confiance. Juste confiance. - je... je sais pas… La colère de sa comparaison avec mes parents est là, encore présente, mais elle est étouffée par tout le reste. Par ma main qui agit sur le mur quand je veux m’y appuyer, par cette mutation qui a totalement pris son indépendance. Des années que je la porte, des mois qu’elle se révolte. Aspen ne peut pas comprendre ça. - Si tu te contrôles toujours pas tes pouvoirs d'puis décembre Marius, c'est hyper grave. ”Je sais” ma voix se brise dans un murmure. “Faut qu'tu trouves quelqu'un pour t'encadrer, pour t'apprendre, ya bien des grands manitous mutants super badass en ville pour t'apprendre, sinon on aurait chopé tous les jeunes mutants depuis des années... Je secoue la tête. - Tu me demandes de te faire confiance. Je sais même pas si toi, tu me fais confiance. Tu savais que tu m'avais mis en miette, et après nos textos, t'es jamais revenu, tu t'es pas entêté, toi le mec le plus têtu de la terre. Pourquoi ? T'avais peur que je te loupe pas, cette fois ?

Je secoue encore plus la tête. Je ne suis jamais revenu. Bien sûr que je ne suis pas revenu, bien sûr que je suis le mec le plus têtu de la Terre. Bien sûr que je suis potentiellement le plus con aussi. Mais pas au point de me pointer. T’avais peur. Je suis glacé à la seule idée de me rendre compte que non Je n’avais pas peur d’elle. J’avais… “Peur de ta réaction. Peur de ton dégoût. Peur que tu ne veuilles pas me voir. Peur de ce que je peux te faire. J’avais peur de tout ça. Mais pas de toi.” je murmure en baissant les bras. “Tu comprends pas Aspy… t’arrives pas à comprendre… j’sais pas qui tu connais niveau mutant, mais... “ C’est hyper grave. “Je connais pas d’autres mutants. Avec Moira, c’est un sujet tabou. Parce qu’on n’est pas d’accord sur le sujet, qu’on risque de s’disputer. Et je veux pas être un mutant, je veux pas que ce soit, concret, je veux juste que ça disparaisse.” Dit comme ça, ça semble si simple… Pourquoi est-ce que j’ai l’impression qu’en réalité, je fais face à un sac-de-noeud insoluble ?

“Ca fait six ans que je suis comme ça, mais pendant six ans, ça allait tranquille, ça n’impactait que moi, et c’était très bien comme ça. J’ai appris à contrôler pour effacer et tout, et… et là, j’ai... “ Je la regarde droit dans les yeux pour continuer à parler. Le même le plus têtu du monde ? Il paraît. “C’est comme si j’avais appris pendant six ans à faire du paddle sur un lac et que là, on me balançait dans une mer déchaînée. Je sais même pas par où commencer, et je veux pas de cette mer déchaînée. Je ne veux pas apprendre à contrôler cette merde, je veux qu’elle me laisse tranquille. Je veux juste que tout redevienne comme avant…” Qu’elle comprenne, j’ai l’impression que c’est finalement le plus important. “Je suis pas revenu, parce que je pensais que tu voulais pas me voir. Parce que comme t’as dit, j’voulais plus voir personne, juste m’éloigner des gens, ne… je pouvais pas partir. Je suis pas revenu, parce que c’est pas à toi que je faisais pas confiance, c’était à moi. Et… avoue que tu voulais pas me voir. J’ai… j’ai appelé l’hôpital… et mon père… pour Ileana… j’ai… j’ai pris de tes nouvelles.” Un peu. Ce ne sont pas des mensonges, mais des semi-vérités. Parce que ma vérité complète, c’est que j’ai appelé l’hôpital mais que j’ai raccroché avant qu’ils me répondent sur l’état de santé d’Aspen et de Lily, parce qu’à peine ils avaient commencé à survoler un dossier sous couvert du secret médical que j’avais eu envie de vomir. “Ca change tout entre toi et moi, c’est ça ?” Inutile qu’elle me réponde, je connais la réponse. “Tu n’as pas idée d’à quel point je me déteste. Moira et S… un ami ne comprennent pas. Papa comprends pas. Je m’attends pas à ce que tu comprennes toi non plus.”


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MessageSujet: Re: your life ain't nothing like my life | aspius   Dim 23 Avr 2017 - 15:07

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Marius avait l'air un peu bouleversé par les propos de la rouquine, et c'était tant mieux. A mesure qu'il cherchait des excuses fumeuses, des explications un peu limites, il semblait se rendre compte des limites de son comportement et de sa logique. La remarque sur ses parents, surtout, sembla déplaire à Marius au plus au point. Il n'y avait qu'à entendre le ton, les termes employés, cette façon dont il lui rejetait la ressemblance à la figure, mal à l'aise, amer un peu, aussi. Aussi Aspen levait les yeux au ciel, fixait le mur, puis le jeune homme, sans se décider vraiment d'où son regard devait se porter :

-Cela n'a rien à voir Marius, je ne parlais pas de chasse. Je parlais du fait que les excès en tout genre liés à l'un ou l'autre de vos traits de caractère ou de vos obsessions vous poussaient parfois jusqu'à l'ineffable... Putain Marius, que tu le veuilles ou non, cette fille est ta demi sœur ! Elle a ton sang, celui de Martial, et quoi ? Tu allais la tuer ? Tu étais à ça, à ça d'être comme ton père, comme ta mère, sans plus jamais pouvoir nier que tu n'es pas comme eux. Tu n'aurais pas valu plus, ni moins, une égalité dans le dégueulasse et le sordide.

Parce qu'elle n'était peut être pas parfaite, au nom, loin s'en fallait, mais Aspen avait un certain code de l'honneur qu'elle respectait scrupuleusement. Elle ne touchait pas aux enfants. Elle ne touchait pas aux membres de sa famille, ni à ses amis. Elle avait failli, pourtant, avec Marius, et ça la démangeait presque un peu, réflexe épidermique, mais elle s'y était tenue, elle s'y tenait toujours. C'était parce qu'elle avait ces limites bien clairement tracées dans son esprit qu'elle arrivait à tenir la dragée haute au Caesar, avec ses airs de princesse et de juge de cour d'assise. Elle lui avait exposé ses doutes, les limites à sa confiance, les obstacles qui s'érigeaient entre eux, immenses, impressionnants, presque infranchissables. Mutant dangereux, Marius était en perte total de contrôle. Si Aspen ne le connaissait pas aussi intimement, le jeune homme aurait été sur sa liste noire, celui des dégénérés à éliminer purement et simplement, sans autre forme de procès. Il aurait eu la gorge tranchée par l'un des longs couteaux de la Wol', à moins qu'elle ne l'ait descendu sobrement d'une unique balle dans la tête. Sauf que ça, Marius ne le savait pas, il ne pouvait pas l'envisager, parce que l'Aspen de ses souvenirs n'avait rien de la chasseresse qu'elle était, qu'elle est toujours. Les bras croisés, elle écoute le mutant se dépatouiller, un peu comme il peut, avec de nouvelles explications dont Aspen sait déjà qu'elles ne lui conviendront pas. Qu'il veuille que cela disparaisse, très bien, bienvenue dans le monde des bisounours, mais le génome ne fonctionnait pas comme ça. Marius était un garçon intelligent, comme cela se faisait il qu'il puisse être aveugle à ce point sur le sujet ? Qu'il mentionne les connaissances de la jeune femme en matière de mutation lui tira un ricanement proche de l'aboiement, un peu rauque, chargé de dépit. Pauvre Marius, si il savait.

-Qui je connais niveau mutant ? Je ne peux pas, je n'ai pas le droit de te le dire, pour la bonne et simple raison que si un jour ça se sait, je serai condamnée pour trahison à coup sur. Mais je connais, j'aime des gens qui pourraient te tuer avec un éternuement. Même la mutation de Moïra tient du joujou inoffensif en comparaison. Ah oui, parce que je sais pour Moira, parce qu'elle a eu plus de couille que toi, s'agissant de vos petits secrets à la con.

Elle ne mentait pas, à son plus grand désespoir : Priam pouvait transformer n'importe qui en torche humaine, Salomé, en bonne télépathe, rendait la moindre agression implacable, prévoyant chacun de vos actes par la simple pensée à ceux ci. Et le pire, le pire de tous était son propre frère, son propre sang. Lorcan était LE monstre de ses cauchemars, celui contre lequel on l'avait éduqué, non, pire, contre lequel on l'avait Dressé pendant des années de chasse. Et pourtant, son secret avait toujours été bien gardé, elle ne l'avait jamais trahi, jamais. Parce que Lorcan avait pris son destin en main, il ne s'était pas enfoncé la tête dans le sable, le cul à l'air, en attendant que ça passe, comme Marius semblait s'acharner à le faire. Alors la jeune femme soupira, passant sa main à nouveau dans sa chevelure qui allait finir par ne plus ressembler à rien si elle continuait de la maltraiter ainsi.

-C'est bien mignon de te détester, de t'en vouloir, de t'isoler et de te morfondre comme si tous les malheurs du monde t'étaient tombés dessus d'un coup. Ta situation se changera pas, en tout cas pas par magie, pas si tu secoues et que tu te prends en main. Dis moi, Marius...

Elle se rapprocha enfin de Marius, réprimant un frisson en sentant le changement d'atmosphère dans la sphère intime entourant Marius, posant son ongle manucuré sur la poitrine de Marius.

- Déteste toi, j'm'en fous, ça avancera aucun de tes soucis. Tu vas faire comment quand tout le monde saura que t'es un mutant ? Tu vas faire comment le jour où Ils viendront te chercher et que les enfants seront dans la chambre d'à coté ? Tu … Feras comment le jour où ta mutation s'enclenchera sans te demander ton avis et se mettra à appuyer sur le cœur ou le corps de tes enfants ? Contrôler ton don Marius, c'est pas que pour t'en servir. C'est avant tout pour réussir à le réprimer et faire en sorte qu'il ne puisse jamais s'activer sans ton avis, et c'est une question de vie ou de mort, littéralement. Pour ce qui est de toi et moi... On verra. Ya des trucs plus importants à régler dans ta vie, avant.


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MessageSujet: Re: your life ain't nothing like my life | aspius   Mer 3 Mai 2017 - 0:12

Your life ain't nothing like my life
Aspen & Marius



Je suis terrifié. Je crois qu’il n’y a pas d’autre mot qui puisse convenir. Je suis terrifié, tout simplement terrifié. Par ce que je suis, par ce que je fais, par son regard, ses pensées, ses accusations. Par son attitude, aussi. Par sa colère. Par ses questions. Par tant que chose que je ne sais pas par où commencer l’énumération. Je suis terrifié, je suis en colère, je suis perdu, totalement perdu. Terrifié. Elle a raison, quand elle me traite de monstre, elle a plus que raison. Je suis un monstre, je l’ai toujours su, je n’en ai eu la certitude qu’il y a quelques semaines maintenant, mais je l’ai toujours su, au fond de moi. Un monstre dans une famille parfaite, un monstre dans une famille dysfonctionnelle, un monstre dans une famille de chasseurs de monstre. Je suis un monstre. Et je me suis planqué, quoiqu’elle puisse dire. Je reste silencieux, parce que je ne sais pas quoi dire. Mes mots, ils sont pires qu’hésitants, ils sont inutiles. Bien sûr que je me suis planqué, bien sûr que je me suis recroquevillé dans un coin. Bien sûr, bien sûr… parce que, quoiqu’elle puisse croire, quoiqu’elle puisse penser de moi, je suis un monstre, oui, mais je ne veux pas tuer. Ça non. Pas tuer. Tu es un Caesar. C’est une décharge électrique qui me parcourt à cet instant. Le sang explose dans ma bouche quand je me mords la joue un peu trop fort, en tentant comme je peux de contenir le flottement autour de moi qui torture la densité de tout ce qui m’entoure. Et la colère, elle aussi, explose dans mon poing serré. Je suis un foutu monstre, mais s’il y a une chose que je refuse d’être, c’est semblable à mes parents. Ce sont des hunters. Pas moi. Ce sont des assassins. Pas moi. Et à ce que j’en ai compris, s’il y a bien l’un de nous deux qui ressemble à mes putains de parents de merde à la con, c’est elle. Pas moi. -Cela n'a rien à voir Marius, je ne parlais pas de chasse. Je parlais du fait que les excès en tout genre liés à l'un ou l'autre de vos traits de caractère ou de vos obsessions vous poussaient parfois jusqu'à l'ineffable... Putain Marius, que tu le veuilles ou non, cette fille est ta demi sœur ! Elle a ton sang, celui de Martial, et quoi ? Tu allais la tuer ? Tu étais à ça, à ça d'être comme ton père, comme ta mère, sans plus jamais pouvoir nier que tu n'es pas comme eux. Tu n'aurais pas valu plus, ni moins, une égalité dans le dégueulasse et le sordide. Je me redresse, ma respiration enfle dangereusement. Elle va sur des eaux dangereuses, là, Aspen. Et elle ne peut vraiment pas l’ignorer. Mais… « Ileana n’est pas ma sœur. Le sang ne fait pas tout. » J’articule avec difficulté, en équilibre sur une corde raide. Il ne faut pas que je perde à nouveau le contrôle. Il ne faut surtout pas que je relâche la pression que j’impose à ma mutation, comme si j’étais en train de faire du rodéo sur un cheval totalement fou. « J’étais à ça d’être comme toi, c’est ça que tu veux dire ? » je crache, même, toujours avec difficulté. Je le sais que mes parents sont des meurtriers, je le sais que mon père a tenté de me tuer, mais elle aussi, elle aussi elle a tué, j’en suis certain. Trop de haine dans son regard, trop de détermination, trop de trop… Je suis un monstre, mais…

Il faut que je me calme. Il faut vraiment que je me calme. Il faut que je sois un peu plus comme Martial, là, parce que ma main qui s’appuie contre le mur déverse des traces de son passage, parce que je commence à percevoir ce qui m’entoure, ce que je provoque, parce que tout s’affole autour de moi. Je ne l’aurais pas tuée, non. Pas volontairement. Il faut qu’elle comprenne ça, c’est important, presque plus important que tout le reste à mes yeux.  Il faut qu’elle comprenne ce que je traverse, même si, comme tous les autres, elle en est incapable. Parce qu’elle n’est pas dans ma tête, tout simplement. Je ne sais pas qui elle connaît niveau mutant, mais moi, entre Seth, Moira, Crescentia… j’ai l’impression d’avoir plus que totalement eu mon compte pour les dix ans à venir. Et la confirmation que non seulement, je suis pas le plus dangereux, mais que je suis aussi celui qui la subit le plus, sa putain de mutation. Tout ce que je veux, moi, c’est que ça disparaisse. Et rien que pour ça… Les autres sont un mauvais exemple sur lequel s’appuyer pour tenter de me comprendre. -Qui je connais niveau mutant ? Je ne peux pas, je n'ai pas le droit de te le dire, pour la bonne et simple raison que si un jour ça se sait, je serai condamnée pour trahison à coup sûr. Je contracte la mâchoire. Mais je connais, j'aime des gens qui pourraient te tuer avec un éternuement. Même la mutation de Moïra tient du joujou inoffensif en comparaison. Ah oui, parce que je sais pour Moira, parce qu'elle a eu plus de couilles que toi, s'agissant de vos petits secrets à la con. Je la contracte encore plus, à m’en faire mal aux dents. Je grommelle un « Va te faire foutre » plus défensif qu’autre chose. Pas que je sois vexé qu’elle me traite d’inoffensif – parce que comparé à Moira, je le suis clairement, hein, donc… - mais… je déteste qu’elle vante comme ça ses connaissances, qu’elle me reproche ouvertement d’avoir gardé ça secret tout en se targuant de garder le secret des noms des mutants ultra badass dont elle me parle. « Alors c’est comme ça que ça marche, c’est ça ? Moi, j’ai pas de couilles parce que je t’ai pas balancé que j’étais une abomination, parce que j’ai su garder un putain de secret, et toi, en revanche, que tu sois une meurtrière, c’est pas un souci de me l’avoir caché, hein ? » La colère est là.

Elle est là, ouias. Mais elle est fluctuante aussi. Elle soupire. Elle soupire lorsque je lui redis à quel point je me déteste, elle soupire comme si ce n’était rien. Je suis en train de contempler devant moi une amitié totalement brisée. Et ça fait mal, putain. -C'est bien mignon de te détester, de t'en vouloir, de t'isoler et de te morfondre comme si tous les malheurs du monde t'étaient tombés dessus d'un coup. Ta situation se changera pas, en tout cas pas par magie, pas si tu secoues et que tu te prends en main. Dis-moi, Marius... Elle s’approche, je recule d’un petit pas avant de m’immobiliser. Je rentre le ventre, contracte mes abdos. La regarde droit dans les yeux, parce qu’il est hors de question que je baisse la tête maintenant. Une petite voix me souffle que je suis actuellement le portrait craché de mon père, recroquevillé dans un contrôle de moi-même qui en est presque douloureux de concentration. - Déteste toi, j'm'en fous, ça avancera aucun de tes soucis. Tu vas faire comment quand tout le monde saura que t'es un mutant ? « Recule » Je sens à mes tempes perler une goutte de sueur. Tu vas faire comment le jour où Ils viendront te chercher et que les enfants seront dans la chambre d'à côté ? C’est moi qui recule. Qui heurte le mur de mon épaule, parce que je suis incapable de reculer en ligne droite. Tu… feras comment le jour où ta mutation s'enclenchera sans te demander ton avis et se mettra à appuyer sur le cœur ou le corps de tes enfants ? « Arrête. » Contrôler ton don Marius, c'est pas que pour t'en servir. C'est avant tout pour réussir à le réprimer et faire en sorte qu'il ne puisse jamais s'activer sans ton avis, et c'est une question de vie ou de mort, littéralement. Pour ce qui est de toi et moi... On verra. Ya des trucs plus importants à régler dans ta vie, avant. Je craque. Je craque complètement.

Je la repousse avec la violence d’un handballeur. « Arrête ! » La colère. Elle est là. Cette colère qui semble me hanter depuis toujours. « Ta gueule ! Tais-toi, putain, Aspen ! » Qu’elle se la ferme, bordel, on dirait mon père. « Ta. Gueule. PUTAIN ! » J’espère que le message est passé, parce que mon contrôle s’est envolé brutalement, je sens mon cœur s’emballer dans ma poitrine, ma densité se remet à osciller au gré de ma respiration. Comme la dernière fois. J’ai presque l’impression de voir ma densité s’étendre en flux et reflux autour de moi, sans que je n’y puisse rien. « JE SAIS TOUT CA PUTAIN ! » Je gueule. J’ai toujours eu du coffre quand j’étais en colère, il fallait bien ça pour faire sortir mon père et ma mère de leur indifférence. « Tu crois que j’ai demandé à ce qu’un des tiens bute Crescentia, peut-être ? Tu crois que ça m’angoisse pas de savoir Samuel dans la pièce d’à côté, de perdre le contrôle alors qu’il a plus que moi ? Parce que oui, Aspen, j’ai pas besoin de toi pour me rappeler que des tarés comme mon père !, comme ma mère !, comme mon frère !, comme ma meilleure amie ! peuvent venir me tuer, ou tuer mon petit Sam juste parce qu’il a une putain d’anomalie génétique ! Vous avez tué Cressy ! » J’ai toujours brillé lorsqu’il s’agissait de donner ce genre de nouvelles. « Je veux l’annihiler, ce putain de don, cette putain de malédiction. Je ne veux pas la contrôler, merde, je ne veux pas passer le restant de mes jours à me dire qu’il suffit d’une seconde de perte de contrôle pour que Sam meure. » Je crie. Mais je pleure aussi. « Je le contrôlais, Aspen. Je le contrôle ce putain de don. Je le contrôlais depuis six putains d’années, et il a craqué d’un coup. Je le contrôlais, Aspen, c’est ça le pire. Avec Martial… » Ma nervosité m’enveloppe dans des sanglots de rage et de détresse à moitié refoulés. Je suis pathétique. « Avec Martial, on m’avait appris à le contrôler. Pour le faire disparaître. Je SAIS tout ça. C’est juste… tu veux pas comprendre ou tu m’écoutes pas ? Je contrôlais ça… c’était… » Mes mains pointent mon abdomen. « Ca restait là. Et d’un coup… ça a explosé. Et Martial n’est plus là. Je veux pas d’un maître sensei, parce que c’est voué à l’échec. » Je recule. Encore. « Cette discussion ne mènera à rien. Je suis pas superman. Je peux pas contrôler ma mutation en quelques mois, désolé. T’as dû rencontrer que des putains de surdoués en mutation si tu crois que ça marche comme ça. Si ça se trouve, je ne la contrôlerai jamais d’ailleurs parce qu’elle me refera le coup dans un an, deux, cinq, dix. Ne me juge pas, Aspen. Je t’interdis de me juger. » Je me mords la lèvre. Ma colère est toujours là, mais elle est à nouveau sous contrôle. C’est déjà ça. « Je voulais pas partir sur cette discussion. Je voulais juste t’amener ton cadeau. »



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And you're quick to forgive when I make a mistake / You love me in the blink of an eye
I don't deserve your love but you give it to me anyway  - ©️ by anaëlle.
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