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 “Beaucoup de choses peuvent être préservées dans l'alcool : la dignité n'est pas l'une d'elles.” (Marcus & Maïna)

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MessageSujet: “Beaucoup de choses peuvent être préservées dans l'alcool : la dignité n'est pas l'une d'elles.” (Marcus & Maïna)   Jeu 9 Mar 2017 - 23:24

Jeudi 6 mars 2008


"Moreno, tu devrais rentrer chez toi ! Il est presque 20h"
"Ouai, ouai." Traduction : cause toujours, blaireau, tu m'intéresses. Je ne prends pas la peine de regarder la personne avec qui je suis forcée de partager mon bureau. De toutes façon, je suis presque certaine que Jackson lève les yeux au ciel comme s'il avait pu lire le fond de mon adorable pensée.
"Je dis ça pour toi. Mais bon, si c'est ton kiff de te taper les trucs et astuces de Jenifer, fais toi plaisir, je t'en prie." se plaît-il à rajouter en employant un ton faussement compatissant.

Quel... Connard ! Putain, mais c'est quoi son problème ? Je lève bien haut mon majeur en sa direction pour lui faire comprendre qu'il peut cordialement aller se faire foutre. Hors de question que je lui fasse le plaisir de supporter sa mine de trou du cul fini. Comme si c'était mon délire cette chronique de merde. On me l'a refourguée parce que l'ancienne Jenifer (je n'ai jamais retenu son véritable prénom) s'est faite virée vu qu'elle n'était pas foutue de respecter les délais. Alors évidemment, le rédacteur m'a refilé le bébé, conscient que je ne suis absolument pas en mesure de refuser du boulot supplémentaire. C'est bon à la fois pour mon avenir et pour mon frigo. Alors, certes, parler baby blues et tâches de vin sur le tapis me demandent effectivement de faire quelques heures supplémentaire mais merde ! Je ne suis pas née avec les gènes de la ménagère  et, ce n'est pas parce que j'ai un putain d'utérus que j'ai la science infuse question quotidien de la quarantenaire en mal de baise. Fais chier !

Non, je ne suis pas de mauvaise humeur ! Cependant, comme je suis relativement bornée, je persiste à me torturer une heure de plus avant de jeter l'éponge et la vaisselle qui va avec. C'est avec un certain agacement que je fourre mon ordinateur portable et le courrier de cette abrutie de Jenifer dans mon sac. J'ai plus qu'une hâte : rentrer chez moi, virer mon fut', fumer, boire un verre et me poser tranquille. Potentiellement, avec mon coloc'. Avec un peu de chance, quand je lui raconterai ma journée de merde, il trouvera le moyen de dédramatiser et de me faire rire.

20 bonnes minutes plus tard, je suis devant l'ascenseur de l'immeuble. Je suppose que pester contre la pancarte "temporarily out of service" ne me mènera nulle part. Enfoiré de karma. Va, pour les escaliers. Après tout, quatre étages à monter, ce n'est pas la mer à boire. Ça me fera un peu d'exercice étant donné que j'ai dû annuler ma séance de boxe pour le boulot. À mesure que j'approche, mon humeur ne fait que s'assombrir. J'entends les notes d'I Kissed a girl de Katy Perry. Mes voisins ont l'âme généreuse puisqu'ils partagent leurs goûts musicaux à gerber. Je secoue la tête, inspire un grand coup et pousse la porte qui mène à mon étage.

Bordel de merde. Non. Non, non, non. NON ! Non seulement la musique vient de monter en intensité mais en plus, j'entends des rires et des beuglements de vaches façon soirée étudiante à la con. Mon mauvais pressentiment se confirme quand je pousse la porte de l'appart et que je me prends en pleine gueule la fumée d'une cigarette pas très catholique. Mon menton m'en tombe sur les genoux. BORDEL DE DIEU ! C'est quoi cette MERDE !

"Hey ! Bienvenue !" On m'accueille avec un grand sourire. "On" est un grand mec maigre qui a le malheur d'amorcer une accolade comme si on avait garder des putains de cochons ensemble. "Tu me touches, j'te fais cracher tes dents, ok ?" Il ne remballe pas son sourire pour autant, comme si je venais de dire quelque chose de marrant. Il me montre du doigt, hilare. Ouai, c'est ça, c'est super fun de rentrer chez soi après une journée de merde, de penser à une soirée peinard puis de se prendre un relent de cliché de soirées débiles ! Manquerait  plus que les gobelets rouges. J'avise la main du type en question. Putain... J'vais buter Marcus !

"MAR-CUS ! " Je hurle pour l'appeler autant que pour lui signaler ma présence. Je sais très bien qu'il y a peu de chance qu'il m'entende ok, alors vos gueules ! Ça me fais chier putain ! Ça me gonfle ! Je ne prends même pas la peine de me débarrasser de mon sac. Avec ma chance monumentale, un de ces connards seraient capable d'écraser mon portable et de ruiner mon boulot. Je préfère largement me mettre en quête du responsable. Je me faufile entre les gens sans prendre du gants. Tant pis si je les bouscules, je fais confiance à mon fameux regard noir de la mort qui tue pour les mettre en garde. J'imagine qu'il y a une espèce de pancarte lumineuse "DANGER" qui trône au dessus de mon crâne car personne ne se met en travers de mon chemin. À la limite, y'a juste une morue qui me devance, apparemment désireuse de faire savoir à mon coloc que terminator est de retour. Bah ouai, mec, sache que Terminator en a gros !Quand j'aperçois sa silhouette de dos, j'accélère. Ne pas regarder l'état de la table basse. Ne pas regarder. NE. PAS. REGARDER.

"BORDEL DE MERDE, MARCUS, c'est QUOI ce PUTAIN de BORDEL !?!" Je fais un geste de la main englobant la totalité de l'appartement. "Et qui est le putain de connard qui a mis du Katy Perry, sérieusement ?" Je rajoute en balayant les intrus du regard. Y'a bien quelqu'un à droite qui essaie d'ouvrir la bouche pour protester mais je lève un doigt en l'air. "L'ouvre pas si tu compte dire de la merde. C'est à Marcus, que je parle, pas à toi." Je sais, j'ai l'art et la manière de me faire des amis. Rien à foutre d'être la reloue de service. J'estime même qu'ils devraient s'estimer satisfait que je n'ai pas appelé les flics direct. Maintenant que mon entrée en matière a fait son petit effet, je m'attarde sur le coupable. Il a vraiment une sale gueule. Genre, un train lui est passé dessus à vitesse maximale. Je retiens de justesse la slave d'insulte qui m'est passée par la tête.

Pourquoi j'ai l'impression que je devrais m'excuser ? Beurk, quelle sensation gluante et poisseuse.  Un instant, je ferme les yeux, ma main sur mon front, espérant vainement que ce soit un cauchemar. Ben non, évidemment. Ce serait trop simple, sinon. "Tu me fais chier, Marcus." Je soupire, relâchant mes épaules. Vaincue par ce crétin. D'un geste de la main, je proclame ma défaite. Allez pisser, les gens, j'ai fini ma crise, vous pouvez regarder ailleurs maintenant.  J'avise le verre qu'il tient encore avant de m'en emparer sans lui demander son accord. Après tout, est-ce qu'il a pris la peine ne serait-ce que de me prévenir pour ce soir ? J'avale une grosse gorgée du breuvage. Ça me brûle la trachée sans parvenir à effacer mes relents d'amertume. Je grimace. Il vaut sans doute mieux que je n'interroge personne sur ce que je viens d'ingurgiter. C'est mieux pour tout le monde. Je rends le verre à son propriétaire, puis décide de m'allumer une clope. Ça fera office de calumet de la paix, tiens. "Bon, tu m'expliques ?" fais-je en m'installant sur l'accoudoir du canapé. Bien malgré moi, mon ton s'est radouci. Ça me fait toujours autant chier cette histoire mais il est assez difficile de rester fâchée contre Marcus. C'est son talent à lui.
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MessageSujet: Re: “Beaucoup de choses peuvent être préservées dans l'alcool : la dignité n'est pas l'une d'elles.” (Marcus & Maïna)   Mar 14 Mar 2017 - 16:21

Beaucoup de choses peuvent être préservées dans l'alcool :
la dignité n'est pas l'une d'elles.
I got a hangover, whoa! I've been drinking too much for sure. I got a hangover, whoa! I got an empty cup pour me some more. So I can go until I blow up, eh! And I can drink until I throw up, eh ! And I don't ever ever want to grow up, eh ! I wanna keep it going, keep keep, keep it going, going, going, going....


Il y a des jours avec et des jours sans. La plupart du temps, les jours sans son aléatoire. Chez Marcus on pourrait presque les noter sur un calendrier. C’était comme ça, et il n’y pouvait rien. Peut être qu’avec le temps il finira par guérir. Ou peut être pas. En huit ans, la douleur se trouvait toujours présente. Vivace comme au premier jour. Et ce n’était pas avec son passif qu’il pourrait envisager une psychanalyse. Ce n’était même pas la peine de tenter de prononcer ce mot, ou même d’envisager d’y penser. Vivre avec une douleur, se trouvait être un exercice bien plus difficile que de se contenter de l’oublier. Une chose qui lui était parfaitement impossible, à part en devenant totalement amnésique, ou en changeant de tête. Et aucune des options ne se trouvaient envisageable. Il n’était pas un playmobil !

Bien sûr ceci faisant, son entourage subissait également. Cette année, c’était le cas de Maïna. Elle avait déjà dû s’en apercevoir la veille d’ailleurs. Au fur et à mesure de la soirée, alors q’il se décomposait à côté d’elle, comme un zombie en avance rapide. Les gens sont censés être content le jour de leur anniversaire. Lui était partagé entre une mélancolie aussi profonde que le néant, et un semblant de joie, que seul un spéléologue aguerrit pouvait trouver.
Ce matin, comme tous ces matins sans, il s’était éveillé avec l’oreiller humide, et la tête de celui qui a l’air d’être passé sous un rouleau compresseur. Au moins en ayant pas les yeux en face des trous, il ne pouvait pas voir le fantôme qui se reflétait dans le miroir. Exit le rasage, bonjour le bol de café. Et encore, ce n’était pas sûr de suffire.

Dans le bus, l’homme faillit de nouveau fondre en larme sur son téléphone. Il y avait le message si solennel de son père, mais dont les trois derniers mots valaient pour lui tout l’or du monde. Un "je t’aime fiston", suivit aujourd’hui d’un "tu nous manque". Puis vint sa mère… Sa mère qui, comme chaque année, savait trouver de magnifiques mots. Des mots qui manquaient à chaque fois de le transformer en véritable fontaine. S’il n’y avait pas le message de son grand père, comportant simplement la photo de Boréal avec un chapeau. Cette fabuleuse mule qui l’avait adopté dés son arrivé au ranch. Il ne savait même pas pourquoi elle le collait comme ça, ce qui ne l’avait jamais empêché de lui bouffer l’arrière des mollets. C’était comme ça chaque année, un véritable rituel, toujours dans le même ordre. Ses amis pouvaient bien l’oublier, sa coloc’ même il s’en foutait. Tant que ces trois là arrivaient, le reste n’avait pas tant d’importance.

A son arrivé, ce fut le vieux réceptionniste qui lui tendis les bras sous son air déconfit. Il avait largement l’âge d’être à la retraite, cependant c’était un vieil homme seul qui n’avait plus que son travail dans la vie. Ça et les élans d’affection non désiré du jeune homme. Si au départ il l’avait prit pour un fou, maintenant il s’y faisait. Puis ça lui permettrait de survivre à cette journée, qui se profilait sous de mauvais augure. Ça et le fait de penser à Maïna, se demandant si elle passait une meilleure journée que lui. Avec sa Jenifer qui lui cassait les noix, comme elle le disait si bien.
Et pourtant Marcus le savait, en décrochant ce contrat en milieu hospitalier, que ça allait être dur. Qu’il faudrait qu’il ait les nerfs bien accrochés. Seulement on ne se fait jamais à la mort. Même lorsqu’on l’a côtoyé de près et qu’elle nous entoure. Surtout qu’il ne s’attendait pas non plus à perdre deux des petites vieilles dont il s’occupait.
Bon l’une était une véritable peau de vache. Une femme mauvaise, qui ne manquait jamais une occasion de faire des remarques. Plus elles étaient blessantes et mieux c’était. Elle crachait son fiel et derrière comptait les points. C’était une vraie vicieuse aussi. Profitant toujours de chaque instant pour lui pincer les fesses dés qu’il avait le dos tourné. Tant et si bien qu’il en avait récolté des bleus ! Et l’autre sale bête qui lui servait de coloc’ qui s’en moquait toujours ! A force Marcus ne s’approchait plus d’elle, sans avoir un cahier d’admission collé sur l’arrière train. Cependant ça ne l’empêchait jamais de l’avoir. Cette diablesse. Celle-ci elle ne risquait pas du tout de lui manquer.
La deuxième par contre était la douceur incarnée, le plus triste c’est qu’elle n’avait plus vraiment toute sa tête.

Lorsque dix neuf heures sonna enfin, être content d’avoir fini se trouvait être un faible mot. Le jeune homme fuit les lieux sans demander son reste. S’il avait put courir il l’aurait fait. Seulement il était trop vidé. Recevoir les familles l’avait achevé, et plus jamais il ne voulait revivre ça. En cet instant, sa seule envie consistait à : rentrer, certainement pleurer sous la douche pour évacuer, et se gaver de mal bouffe, avec une bière et un film de merde, en squattant l’épaule de la tornade brune. Pour le reste, il se mettra la tête à l’envers un autre jour, en se laissant bêtement entrainer par sa bande. Ce qui en soit n’était pas une si bonne idée. Ceci dit, au point où il en était, il s’en fichait pas mal.
L’heure et demi en bus lui parut interminable. Comme si pour la première fois, il se rendait enfin compte que, merde il aurait put trouver plus près pour l’appart. Ou louer une voiture. Cependant se retrouver coincer dans les embouteillages, en étant au volant, très peu pour lui. Une des raisons pour lesquelles il avait du mal à se fixer dans les grandes villes. Même si c’est là qu’on y trouve plus facilement du boulot, et des formations. Mais ça manquait cruellement de charme, de calme et de verdure. Trop de bruit, trop de gens, trop de… tout.
Etrangement, sa jambe qui tremblait, comme si elle tapait frénétiquement du morse, sembla attirer un peu plus l’attention qu’une mine de déterrer. C’est vrai que médire sur une attitude, qui s’apparentait plus à celle d’un junkie en manque, c’était plus facile, que s’assurer qu’une personne triste ne se jetterait pas du haut du pont. Parfois Marcus se disait qu’il ne vivait pas dans le même monde que le commun des mortels. Mais peut être était-il seulement trop sensible, trop sociable, comme disait Maïna. Trop soucieux des autres et de ne pas vouloir vivre constamment dans sa bulle d’égoïsme. En même temps, comment pouvait-il concevoir de faire le métier qu’il faisait en étant nombriliste ? Sa bulle à lui il s’efforçait chaque jour de la percer. Sinon c’était sûr que ça allait mal se terminer pour lui.
Mais il est vrai que c’était plus facile de juger un livre à sa couverture, plutôt que de se s’attarder sur ce que pourrait apporter le premier chapitre. Du coup, l’homme se contenta d’observer les voitures défilés dans la nuit tombante, le front écrasé contre la vitre, ses dents entamant nerveusement l’intérieure de ses joues.

Arrivé enfin au pied de l’immeuble, Marcus en avisa les étages, comme s’il s’agissait de gravir l’Everest. L’ascenseur lui était toujours en panne. Comme ce matin en faite, sauf que là, le brun n’y accordait pas la même importance. Ces fichus quatre étages lui semblait être le bout du monde ce soir. Tellement loin qu’il manqua bien envoyer un message à sa coloc’ pour savoir si elle était rentré. Que ça lui donne du courage pour gravir ces escaliers de malheur. Mais il ne le fit pas, se contentant de raser les murs.
Glissant la clef dans la serrure, l’homme eut un très mauvais pressentiment. Le silence qui régnait était trompeur. Alors tâtonnant dans le noir, il chercha l’interrupteur de l’entrée. Sauf que, sur le dit interrupteur, il trouva des… doigts ? Le bond qu’il fit, en sens inverse dans le couloir, fut pour le moins magistral et digne d’un cartoon. Son seul reflexe défensif étant de balancer son sac, dans la foulé, à l’aveuglette, dans l’appart’. La lumière s’alluma tout aussi rapidement sur une vingtaine de visage, dont les bouches entonnèrent en chœur :
- « SUUUUUUUUUR-PRIIIIIIIISE !
- PUTAIN !
Fusionnant avec le mur et une main plaquer sur son cœur, celui-ci cognait si fort comme malade, qu’il aurait put s’échapper tel un bébé alien. Là il avait surement dû beugler encore plus fort qu’eux. Bonjour les décibels… Heureusement qu’il était épileptique et pas cardiaque, parce qu’avec la trouille bleue qu’ils venaient tous de lui foutre, le cadeau aurait été une nuit aux urgences. Et joyeux anniversaire. Non merci.
- Vous êtes con ! Merde ! Ne put-il s’empêcher de hurler, incapable de se décoller de son appuis, tandis que sa réaction faisait se soulever les rires.
Bien fait pour ceux qui s’était bouffé son sac dans la poire tiens. Ça leur passera l’envie d’avoir la banane. Puis une tête qu’il ne connaissait que trop bien, vint le décrocher de son tue mouche. C’était Jens, un type rencontrer lors de son bref passage à Columbus. Mais avec qui il avait conservé un très bon contact. Celui avec lequel il avait le plus fait de connerie aussi. Le blond le pris dans ses bras, manquant bien l’étouffé, puis le ramena à l’intérieur, au milieu de tous.
- Qu’est ce que tu fais ici ? Demanda Marcus, presque aux bords des larmes.
- Disons que… Tu te souviens de ma cousine Leïla ? Je suis venu lui rendre visite. Puis je me suis rappelé de la date… Et de fil en aiguille… Il ouvrit les bras pour désigner tous l’appart. Tada ! Faut que je te la présente d’ailleurs. LEÏLA ! »
Ok… Là il ne savait pas vraiment ce qu’il devait vraiment croire. Demander des détails sur comment il avait put réunir tous ces gens, puis surtout comment ils étaient rentrés. Depuis combien de temps il était là ? S’il devait s’inquiéter sur la disparation ou la casse de certaine chose ? Puis il n’était pas trop sûr de connaitre vraiment tout le monde. Son cœur rata un battement. Or Jens ne lui laissa pas le temps de tomber dans l’angoisse, qu’il le tira par le bras. D’autres l’agrippèrent au passage. Il eut le droit à des bisous et des câlins. Même pas le temps de saluer tout le monde. Quelqu’un brancha la musique. Bon sang. C’était un rêve ou un cauchemar ? Fallait qu’il prévienne Maïna !
Mais Jens l’entraina, vers la télé. Marcus n’avait plus trop l’impression d’être chez lui. On lui colla un verre dans les mains, et la seule question qu’il se posa fut seulement s’il avait bien prit son traitement, plutôt que "oh mon dieu mais qu’est ce que j’avale ?", quand la boisson lui brula en partie la gorge.
- « Marcus, je te présente ma cousine Leïla. Leïla, je te présente mon pote collector Marcus. Mais tu peux aussi l’appeler Blake.
D’un coup l’homme se demanda bien plus pourquoi il avait son portable dans la main, que pourquoi ils avaient choisi ce foutu cliché de série en sortant des verres rouge. Grande, des jambes interminables, des yeux noisettes presque limpide et une crinière châtain, dégringolant sur sa poi…
Le coup de coude de son ami eut le mérite de lui remettre les pendules à l’heure, alors qu’il ne l’avait même pas entendu le saluer.
- Enchantier… Chanté… Se rectifia-t-il, tandis que le portable lui glissa des mains. Avec de l’aide.
- Qu’est-ce tu fais avec ça ? Si tu veux son numéro : demande ! Au lieu de gober les mouches. » Intervint Jens.
Marcus tenta bien de le récupérer, disant qu’il devait prévenir Maïna, cependant son ami ne voulu rien entendre. Maintenant il n’avait plus qu’à s’éclipser dans les toilettes pour écrire son testament sur du PQ. Parce qui si rien que pour cette soirée, dont il ne savait absolument rien, il allait se faire massacrer, là à entendre la playlist qu’ils avaient choisi, il était définitivement mort. Au moins il avait eu une belle vie…

Même si ça ne durait jamais vraiment. Jusqu’à ce que l’ambiance ne devienne soudainement électrique. On aurait put lui attribuer la marche impérial, que ça lui allait si bien au pas. Si bien à son caractère, à la situation. A la mine soudainement déconfite de Leïla, quand elle tendit un doigt vers Darth Vader réincarné. Si tant es qu’elle puisse en être sa fille spirituel, Maï incarnait à merveille le côté obscur de la force de la princesse Leïa.
Sa gueulante eut pour effet de le faire redescendre sur terre, la mine toujours emprunte d’une décomposition avancée, que Jens tentait de lui faire effacer depuis presque une heure. En lui remplissant son verre dont ne savait quoi, et lui agitant sous le nez sa cousine, comme on agite un bout de viande à la gueule d’un lion. Mais même si la belle Leïla avait eut sur lui le même effet que Fleur son Ron, ça avait été de courte durée.
Et pourtant il la méritait sa colère, c’était amplement légitime. Rentrer du boulot et retrouver tous ces gens dans leur salon. L’angoisse… C’est pour ça qu’il la laissa parler. L’insulter si elle voulait, de toute façon elle commençait à connaitre sa capacité à encaisser, malgré son cœur d’artichaut. Mais rien ne vint… Ça devait être à cause de ses yeux de cocker. Pourtant il ne le faisait pas exprès. Marcus voulut retenir le gobelet, trop tard… A voir sa réaction, elle non plus ne voulait pas savoir ce qu’il y avait là dedans.
Délaissant les deux autres, l’homme se planta devant la brune avec cet air du gosse prit à bouffer un paquet de gâteau, alors qu’il n’y avait pas le droit.
- « Je vais te la faire courte… Anniversaire surprise… Donc, il écarta les bras en haussant les épaules, surprise ! Désolé, j’ai voulu te prévenir, mais j’ai été un peu pris de court. Il se tourna ensuite vers ses amis. Je te présente Jens, qui vient de Columbus, et sa cousine, Leïla. Et je vous présente ma… fabuleuse colocataire, Maïna. Et Jens je peux avoir mon portable maintenant ? Ne manqua-t-il pas d’ajouter.
Bon, valait peut être mieux la brosser dans le sens du poil ce soir, mais pas trop non plus se foutre de sa gueule. Même si là-dessus, ça semblait être râpé, vu tout ce qu’il se passait autour d’eux. Heureusement qu’ils n’étaient pas tous les deux des maniaques de l’ordre, même si ça ne l’empêchera pas de se faire savater en retour. Alors quitte à ouvrir les hostilités, autant le faire tout de suite.
- Ça a été aujourd’hui avec ta Jenifer ? »
Oui c’était toujours le moment de parler boulot. Et surtout de l’entendre de nouveau gueuler.
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MessageSujet: Re: “Beaucoup de choses peuvent être préservées dans l'alcool : la dignité n'est pas l'une d'elles.” (Marcus & Maïna)   Mar 4 Avr 2017 - 23:20

"Mais c'est pas mon..." Je bougonne de plus en plus doucement jusqu'à ce que toutes les connexions se fassent dans mon cerveau et que je ferme ma gueule. Bordel de merde ! On est quel jour déjà ? Jeudi ! Jeudi quoi ? Aucune foutue idée. J'savais pas non plus que c'était son anniversaire ceci dit. Malgré ça, je sens poindre une culpabilité poisseuse concernant mon coup d'éclat. Pas cool. En soi, passer pour une charogne n'est pas un problème. C'est juste que... j'aime bien Marcus. Donc, ça me fait chier. Pour feindre la nonchalance, je tire tranquillement sur ma clope, tapotant nerveusement sur ma cuisse de ma main libre. J'essaie de me donner de la contenance le temps que les regards choqués/ blasés / colériques se détachent de moi.

Je ne suis pas la personne la plus attentive qui soit concernant les dates. Envoyer un texto pour souhaiter un joyeux anniversaire  ou une bonne année, ça ne me vient pas naturellement à l'idée. Il paraît que ce sont des attentions qui font plaisirs. Moi, je n'y vois que des convenances sociales bien hypocrites. C'est pour ça que ça me glisse dessus comme la pluie  sur un imperméable.  Si Marcus m'a confié ce détail sur sa vie, il est absolument clair que ça a été directement jeté dans ma poubelle mentale. Celle qui porte la mention "information inutile". Je suis une amie de merde, je sais. J'assume.  En plus, j'ai toujours eu du mal à concevoir qu'un anniversaire provoque des soirées de cet acabit. Ça me semble juste être une excuse bidon pour se souler la gueule, baiser des inconnus, danser, beugler comme un cochon qu'on égorge, et vomir. C'est sûr, dire "C'est pas de ma faute c'était l'anniversaire de machin" ça doit justifier pas mal de conneries. Bande de moutons! Moi, j'me soule la gueule quand je veux. Pas besoin d'attendre de date particulière.

J'ai essayer de m'adapter pourtant, quand j'étais mioche. Je me rappelle de Paloma, la parfaite petite princesse, et de sa fête monstrueuse. J'avais déployé des trésors d'inventivité pour me faire inviter. Avec ma mère, nous avions passé des heures pour lui faire une écharpe, sous les moqueries de Benjamin. Je m'étais piquée les doigts à force de m'acharner à vouloir broder ses initiales. La déception avait été à la hauteur de mes soudaines attentes de normalité. Non seulement je m'étais faite chier comme un rat mort mais, en sus, mon cadeau avait été ouvert et immédiatement jeté sur la "mauvaise pile" avec une mou de dégoût avant que précieuse Paloma ne passe avec avidité au suivant. Ça m'a vacciné. De toutes façons, je préférais les miens d'anniversaires. Au chaud dans la caravane ou dehors près du feu. Je préférais les chants, les contes, la musique. Les rires sonores. La chaleur de notre langage. Les odeurs d'épices et de viandes grillés. P'tetre que Marcus préfèrerait aussi... J'pourrai bien lui faire partager.

Voilà. Donc ça, ce pavé de digression, c'est la théorie : je chie sur les anniversaires. Sauf que parfois, il faut bien faire des concessions pour les gens qu'on apprécie.  "Ok, ça va." Je concède en regardant en direction de la fenêtre, parce que c'est plus facile de présenter des pseudos excuses de cette façon. Je suis toujours sur les nerfs, évidemment. C'est juste que... D'abord, il faut savoir que Marcus a un effet à la fois horripilant et apaisant sur ma personne. Ensuite, ça me ferait vraiment chier d'en rajouter une couche sur son humeur étrange. "Rassure-moi, j'vais pas être obligée de taper la discut' avec toute la populace, là ?" Je râle pour la forme. Ce serait presque crédible si je n'avais pas envie de sourire en même temps. C'est ma manière à moi de faire comprendre que je vais me tenir tranquille. Promis ! Je serais sage, je ne sauterai à la jugulaire de personne, sauf si on me le demande. Sauf si on me cherche aussi.

Je poursuis mes effort en adressant un signe de la tête à ses potes, ma cigarette pincée entre les lèvres. En guise de salut. Dieu bénisse la nicotine. Je tire longuement avant de recracher la fumée dans leurs direction. J'vise la morue qui a essayé de me pourrir mon entrée théâtrale. Je l'aime pas. Elle est trop jolie, sa poitrine est trop décolletée et son sourire est beaucoup trop éclatant pour moi. Pour couronner le tout, j'ai l'air d'un minimoys à côté. Quand le superlatif me qualifiant entre en scène, le scepticisme me gagne. Est-ce qu'il serait pas un peu en train de se foutre de ma gueule, le chieur ? "J'te préviens Marcus, c'est toi qui nettoiera les chiottes demain !" Ou Leïla. Je l'y vois bien avec ses airs de pétasse. Ceci dit, ce joli aller-retour de politesse a des allures familières. Ça me rassure tout en estompant petit à petit la culpabilité.

Je jette un regard à la ronde, cherchant à retrouver mes repères dans ce chez-moi qui ne ressemble à rien. À Rome, fais comme les Romains. C'est bien ça qu'on dit, non ? Il va falloir s'adapter donc.  MA Jenifer ? Quelle enflure ! Mon majeur se lèvre au niveau de son nez en guise de réponse immédiate. Va chier Marcus ! "Jackson est un blaireau et Jenifer doit parler des derniers régimes en vogue. YOU-PI ! "  Je suppose que ça devrait lui donner une idée de l'ampleur de ma situation professionnelle. Puis, mon regard dérive sur la nana pas loin... "Et toi, t'as d'autres bleus à me montrer ?" Je plisse les yeux, moqueuse avant de tirer une nouvelle fois sur ma cigarette. D'un bond, je me retrouve à nouveau sur mes pieds. "Bon, c'est pas tout ça, mais ta soirée est chiante et ton verre était dégueu. " J'esquisse un sourire, malicieuse. "Jens ? C'est ça ? Y'a moyen que quelqu'un passe de la musique potable ? Quitte à faire chier nos voisins, autant que ce soit avec du bon son !" Putain.... Je suis en train de donner mon accord pour foutre le bordel. C'est peut-être juste la gueule de dépressif de mon coloc', ou le fait que je ne puisse pas sentir miss univers qui lui sourit. J'en sais trop rien. Mais, tout mon corps proteste. Quitte à devoir me taper un remake d'une soirée étudiant débile, autant y mettre ma patte et essayer de m'amuser un peu. Pour atteindre cet objectif, il va me falloir de l'alcool, beaucoup d'alcool. J'attrape le bras de Marcus et l'invite à me suivre d'un mouvement de tête. Je me sens obligée de rapprocher mon visage du sien pour le prévenir. "T'as une seule gueule... J'vais faire des efforts pour être sympa mais, si tu veux pas que je tente de me pendre avec les cravates que t'as pas, accompagne moi dans ma beuverie. Avec un peu de chance, on oubliera qu'on est envahi ! " Par des cons... Je suppose que si je précise le fond de ma pensée, il risque de le prendre mal. J'agrémente le tout d'un demi-sourire. " Tu peux rien me refuser, t'façons, non ? Il parait que je suis fabuleuse !" L'ironie suinte dans mes propos et je prends le parti d'en rire.

Je finis par nous entraîner dans la cuisine. Ma clope finit sa triste vie dans l'évier. Je me hisse aussitôt sur la pointe de pieds pour glisser mon sac bien au -dessus du frigo, là où il ne craindra rien. "Jackson m'a fait chier aujourd'hui. Ce connard arriviste arrive pas à encaisser que ce soit moi qui me farcisse la chronique de Jen. Il passe sa vie à me balancer des piques." J'ai besoin de lâcher du leste sur ma journée de merde. Marcus a pour habitude d'être une oreille attentive et de dédramatiser les choses. Tout en parlant, je sors quelques shooters que je place sur le petit comptoir Ikea de notre cuisine ouverte. Je fouille dans les placards pour remettre la main sur une vieille liqueur de poire dont je ne me rappelle pas exactement la provenance. Et de toutes manières, je m'en contrefous. "Est-ce que tu crois que lui foutre mon poing dans la tronche c'est une réponse acceptable à ses provocations de petit merdeux à deux balles ?" Je serre de verre et en fait glisser un en direction de Marcus. "Je bois, tu bois aussi." Je lève mon shooter. " C'est là que je suis censée dire "À ton anniversaire" ou une connerie du genre ?  Non ?  Pfff. On s'en fout. Tu veux trinquer à quoi ?" Rien à foutre des convenance. Viens, on n'a qu'à dire qu'on fait ce qu'on veut !
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MessageSujet: Re: “Beaucoup de choses peuvent être préservées dans l'alcool : la dignité n'est pas l'une d'elles.” (Marcus & Maïna)   Sam 22 Avr 2017 - 0:11

Beaucoup de choses peuvent être préservées dans l'alcool :
la dignité n'est pas l'une d'elles.
I got a hangover, whoa! I've been drinking too much for sure. I got a hangover, whoa! I got an empty cup pour me some more. So I can go until I blow up, eh! And I can drink until I throw up, eh ! And I don't ever ever want to grow up, eh ! I wanna keep it going, keep keep, keep it going, going, going, going....


S'il y avait bien une chose qu'il ne souhaitait pas, c'était subir la colère de la jeune femme. Même si on disait souvent de se méfier des plus calmes, selon lui, il fallait encore plus se méfier de ceux qui ne l’étaient jamais. Ou presque. Maïna était une tornade dans son genre. Et la foutre vraiment en rogne n'était absolument pas dans ses prérogatives.
Cette fête lui faisait plaisir, vraiment, seulement s'il connaissait la moitié des gens qui se trouvait là… Certains étaient des collègues de travail, qu'il connaissait plus ou moins, d'autres des amis qu'il s'était fait en arrivant. Pour le reste il avait bien l'impression que c'était des gens qui s'étaient incrustés comme ça. Dans le genre "j'ai vu de la lumière et je suis rentré". Le genre de profiteur, qui se croyaient à l'open bar, se cherchant une excuse pour se bourrer la gueule. Ils n'avaient pas intérêt à faire de conneries, ou il les balançait tous dehors. A coup de pieds au cul ! Ouais, comme ça, sans gêne. Il était chez lui après tout !
Ce genre de détail, Marcus l'épargna à la brune. S'il lui disait qu'il ne connaissait pas tous ces gens, ça lui donnera de bonne raison de gueuler. Et il ne pourra absolument pas lui donner tort. Jens commençait déjà à l'agacer, alors qu'il venait à peine d'arriver. L'homme était à peine plus grand que lui, mais ça suffisait à ce qu'il le fasse galérer pour attraper son téléphone, qu'il tendait à bout de bras, un grand sourire aux lèvres. Connard. Et ça la faisait marrer sa cousine… De le voir sur la pointe des pieds, râlant contre l’autre pomme à l’eau, près à se casser la figure dans un équilibre plus qu’instable. D’ailleurs il se demandait un peu pourquoi il l’avait réellement amené. Car depuis que  Maina était arrivé, avec ses gros sabots, il n’avait plus aucun regard pour elle. Bien que sa beauté apparente l’ait quelque peu perturbé.
L'homme avait toujours eu un faible pour les brunes. Et depuis qu'ils avaient partagés tous les deux le même lit, il état moins regardant sur les autres femmes. Quelque soit la hauteur de ses sentiments, Marcus a toujours été quelqu'un de fidèle. Et puis Leila était très jolie, mais Mama c'était Mama. Volcanique, tendance poisson rouge niveau mémoire - la dessus ils se rejoignaient à merveille - mais exactement le caractère qu'il lui fallait. Il s'en foutait qu'elle ait oublié son anniversaire, qu'elle écoutait à moitié ce qu'il pouvait lui raconter, ce qui comptait c'était sa présence. Et l'homme était très content qu'elle soit là.
Jetant un regard noir à son ami, il finit par lui enfoncer son coude dans les côtes et récupéra enfin se téléphone. Il rigola à son tour sous la réponse verbale et gestuel de son amie. Du langage des signes universel, ça devait être le seul qu'elle connaissait.
- « Peut être que s'il se la tapait directement sa Jenifer, ça irait mieux pour lui. Ça doit être ça qui le frustre le pauvre garçon. Railla-t-il en tirant la langue à Jens, pour la forme. Et ça c'est bas !»
L'homme protesta, tout en se protégeant machinalement le fessier, comme s'il s'attendait à ce que cette vieille bique ne vienne lui pincer les fesses. Ce qu'elle ne pourra plus jamais faire. Enfin, ça c'était sans compter que quelqu'un d'autre viendrait le faire à sa place, lui donnant un sacré sursaut. C'est qu'il ne s'y attendait pas. Quand à savoir si ça venait de l'ami ou de la cousine…
Marcus leur jeta un regard en coin, en plissant les paupières, et se déplaça machinalement du côté de sa coloc’. Comme s'il pouvait être mieux à l’abri question vacherie. En tout cas il ne pouvait qu'approuver la jeune femme à propos de la qualité de la musique, à la différence d'elle, c'est qu'il ne pouvait trop rien dire. Lui et ses chansons toutes moisies qu'il chantait aux autres, rien que pour le plaisir de le leur mettre dans la tête. Ils lui en voulaient derrière, vraiment. Mais ça avait le mérite de chasser les nuages qu'ils avaient dans leur esprit. Même si ce fait, peu l'admettaient.

Marcus laissa Maïna l'entrainer dans la cuisine, la remerciant silencieusement qu'elle l'emmène à l'écart. Ignorant presque la remarque sur sa tête, et manqua rougir lorsqu’elle mentionné l’adjectif dont il l’avait affublé. De toute façon, et elle le savait, oui il ne pouvait rien lui refuser. Il était comme ça. Peut être un peu trop sentimental pour son propre bien.
- « Je suis désolé pour tout ça. Lâcha-t-il une fois sûr qu'ils soient hors de porté le d'oreilles indiscrètes. J'ai voulu te prévenir, mais on m’en a pas laissé le temps. Si ça peu te rassurer, j'en ai assommé au moins deux avec mon sac en arrivant. » Ajouta-t-il, s’efforçant d’adopter un ton enjoué.
Il se mordit la lèvre inférieure, et appuya sa hanche contre la table. Ne pas craquer. Rester la plus naturel possible, bien que ça se voyait comme le nez au milieu de la figure qu'il n'allait pas bien. Comme à chaque fois à cette date. Le vide immense qu'il ressentait parfois se trouvait, ce soir, semblable à un trou noir. Il en avait presque mal. Bien qu'il savait que cette douleur était purement psychologique.
L’homme savait qu'il avait une sale tête, et que ce bordel ça la faisait chier, et il la remerciait vraiment, de son regard si expressif de chien battu, qu'elle ne le plante pas là. Se contentant de l'écouter, et de la regarder faire. Sa crinière ondulant dans son sillage.
- « C'est juste un con. Il est jaloux et cherche à t'emmerder. Mais c'qui l'emmerde le plus, c'est que t'es plus intelligente que lui. Le poing dans la gueule ça te mettrait à son niveau, je suis sûr que t'as mieux en stock. Ajouta-t-il avec un clin d'œil. Une punaise sur la chaise, ou un seau de merde au dessus de la porte. »
Se décollant de la table, l'homme vida le reste de son verre dans l'évier. C'est vrai que c'était dégueulasse. Il l'avait bu seulement pour être poli. Mais yeurk… Du coup le shot qu'elle fit glisser vers lui fut le bienvenu. Peut être pas une bonne idée, mais tant pis.
- « Je t'accompagne où tu veux, dans ce que tu veux. Qu’il répondit un peu à retardement.
Vraiment, ne pas craquer, mais là, ça devenait de plus en plus compliqué. Surtout au mot fatidique "ton anniversaire", enfonçant un peu plus le doigt dans sa solitude. Ce n’était pas sa faute, ni celle de personne, mais ça faisait mal. Alors il leva le verre dans sa direction.
- A Charlie. »
Le récipient fut vider d'un trait et retourné sur la table. Marcus n'aurait peut être pas dû dire ça, mais ça lui brulait les lèvres, comme l'alcool qui lui coulait dans la gorge.
Il lui en avait parlé de son jumeau, de sa meilleure moitié, sans rentrer dans les détails, quand elle l'avait interrogé sur son tatouage. Sans doute l'avait-elle aussi oublié. Mais ce n'était pas grave. Lui était comme ça, il avait du mal à vraiment en vouloir. Respirant un grand coup, ses yeux picotèrent, et une boule lui serra la gorge. L'homme ne pouvait plus les retenir, ses larmes qui menaçaient de couler depuis le matin. Depuis qu'il avait dû annoncer aux proches la perte des deux vieilles dames, depuis la vieille même où, ce qui avait été autrefois leur jour, arrivait. Oui il était trop sentimental, trop sensible pour ses propres pensées, pour sa propre douleur. Mais il était comme ça, au moins deux fois par ans depuis huit ans. Et sa journée n’avait pas été la meilleure qui soit, même s’il n’en dit rien. Se tournant dos à la table, ses doigts agrippèrent le bord et les larmes roulèrent malgré elles. Un cas désespéré qu’il était, qui à l’air d’avoir enterré sa tortue de compagnie à son anniversaire ? Mais il n’avait pas assez bu pour épargner ce genre de spectacle. Heureusement qu’il n’y avait que Maïna et lui dans la pièce.
- « Pardon… » Lâcha-t-il simplement d’une voix étranglée.
Reniflant bruyamment, son poing se cala sous ses narines, puis son corps fut secoué d’un rire nerveux. C’est sa propre détresse qui le faisait marrer, et surtout d’imaginer les pensées de sa coloc’ : dans quel guêpier elle s’était fourré ?
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MessageSujet: Re: “Beaucoup de choses peuvent être préservées dans l'alcool : la dignité n'est pas l'une d'elles.” (Marcus & Maïna)   

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“Beaucoup de choses peuvent être préservées dans l'alcool : la dignité n'est pas l'une d'elles.” (Marcus & Maïna)

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