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 It's only when we wake up that we realize something was actually strange. (jekyll)

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SUR TH DEPUIS : 23/04/2015
MessageSujet: It's only when we wake up that we realize something was actually strange. (jekyll)   Sam 25 Mar 2017 - 10:44

It's only when we wake up that we realize something was actually strange.
Jekyll & Jedikiah



Des champs. Des champs à perte de vue. Je marche entre des épis de maïs, je cours même, parce que je suis poursuivi par des inconnus. Dans le champ, je laisse ma trace en écartant les hautes plantes, je cours encore et d’un coup, je m’arrête, au bord d’un précipice, au bord d’une rue de New-York où défilent à toute vitesse des voitures. Un regard en arrière, plus de poursuivants. Non. Il faut absolument que j’aille me chercher un café, en revanche, parce que je suis déjà en retard pour aller travailler. Travailler où, travailler quand, faire quel travail ? Je ne sais pas ; ce n’est pas important après tout, seul est important ce sentiment d’urgence. Urgent de quoi ? Je l’ignore également. Mais ce n’est pas important : le feu vient de passer au vert et je traverse le boulevard d’un pas déterminé, les yeux rivés sur cet immeuble que je dois absolument rejoindre, où se situe un café que je suis persuadé de connaître mais qui n’existe certainement pas en réalité.

En réalité. Je me fige au milieu de la chaussée lorsqu’un tiraillement m’extrait de mon rêve, sans me réveiller. Lorsque les couleurs se font plus vives, plus palpables, lorsque les personnes autour de moi se font plus réelles, plus concrètes. Mes rêves ne sont pas comme ceux de la plupart des gens. S’il y en a dans lesquels je m’immerge au point de ne plus distinguer rêve de réalité lorsque je les fais, il y en a d’autres pour lesquels les choses sont bien, bien plus tranchées. D’un pas précipité, je m’écarte d’un flux de voiture pour ne pas les perturber, et je me surprends à observer autour de moi ce qui va attirer immanquablement mon attention. Quelque chose attire toujours mon attention, sans même que je ne le veuille. La différence est si diffuse qu’en général, le tiraillement dure ce qui me semble être des heures avant de passer au second plan. Tout comme les couleurs se vivifient chacune à leur tour, délicatement, sans que je ne m’en aperçoive. Une transition, un basculement aussi brutal… c’est n rêve, je rêve que je rêve, je… je me passe une main sur le visage, avant d’arranger mes cheveux devant une glace, pour mieux cacher ma nervosité. Cacher à qui ? A tous ceux qui continuent leur vie autour de moi, comme si de rien n’était, imperturbables. D’ailleurs, je ne suis pas supposé être là, pourquoi me remarqueraient-ils ? Le tiraillement s’accentue, les couleurs s’intensifient tellement qu’elles prennent une consistance de craie, de pastel, de peintures déposées sur une toile pour former une œuvre d’art dont je ne perçois qu’un fragment ; Un frisson me parcourt : bordel, je ne comprends plus. Je suis spectateur d’un kaléidoscope de couleurs, d’actes et du fruit de mon esprit. Je ne rêve pas normalement. Et j’en suis presque à parier qu’actuellement, je suis plongé dans le sommeil lourd, poisseux et asphyxiant dont aucun de mes réveils n’arrivera à me tirer sans renfort d’une personne extérieure. Autour de moi, tout s’accélère soudain, ralentit, j’ai presque l’impression qu’une part de moi s’ennuyant de la lenteur des choses a pressé sur un bouton lecture rapide sans me demander mon avis au préalable. Et soudain…

Pause. « Selene ? » La silhouette de ma sœur est figée. Là-bas. D’un pas, je franchis dix mètres, en compressant dans mon rêve la distance pour aller plus vite. En une poignée de pas, je suis à côté d’elle. « Qu’est-ce que tu fais là ? » Elle est toujours figée. Dans un coin reculé de la ville. Elle ne m’entend pas, bien évidemment. Ils ne m’entendent jamais. Une main plongée dans son sac. Les yeux rivés sur une personne dont je ne distingue pas les traits. « Qu’est-ce qu’il t’a fait ? » Le temps reprend son cours, j’observe, les yeux grands ouverts, la ruelle dans laquelle nous sommes tous les trois. Pas d’autres spectateurs que moi, que Selene, que ce mutant – j’en suis convaincu – qui vient de la menacer. Elle sort son Glock, je me rends compte que nous ne sommes pas à New-York. « Selene… tu ne vas pas tirer comme ça, en plein jour, tout de même ! » Je parle à voix haute, alors que même dans la vraie vie, elle serait bien incapable de m’entendre. Mais je parle toujours lorsque je rêve, ça comble le silence. Elle ôte la sécurité, et tire, sans sourciller. Le bruit de l’arme explose à mes oreilles, dans une proximité rêvée, certes, mais rêvée à la perfection. « Putain, petite sœur ! » Mes mains se plaquent contre mes oreilles, je titube de quelques pas ; le tiraillement qui ne me quitte pas explose dans mon abdomen quand Selene sort de mon champ de vision. Diminue lorsqu’elle revient dans la ruelle, une main plongée dans son sac, prête à rejouer la scène comme s’il était important que je l’inscrive dans ma mémoire. « Encore ? » Elle a les yeux rivés sur le mutant, je tourne le visage par réflexe. Elle ôte la sécurité de son arme, je sais ce qu’il va se passer. Son doigt se pose sur la gâchette, je sais qu’elle va tirer et je me bouche les oreilles en prévision, un sifflement, conséquence du précédent, vrillant encore mes tempes. C’est lorsque je me recule que je me rends compte que la scène n’est pas exactement la même que précédemment.

C’est lorsque je me recule que du coin de l’œil, j’aperçois un spectateur qui n’était pas là un peu plus tôt, qui ne devrait pas être là. Selene se fige dans son mouvement, je me précipite vers l’intrus. « Qu’est-ce que tu fais là, toi ? » J’ai le cœur qui bat à tout rompre dans ma poitrine. S’il n’était pas là la première fois, est-ce que ça veut dire que ce n’est pas un rêve tiraillement comme les autres, juste un rêve normal ?


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MessageSujet: Re: It's only when we wake up that we realize something was actually strange. (jekyll)   Dim 26 Mar 2017 - 12:27

It's only when we wake up that we realize something was actually strange.  
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.





Ils ne sont jamais épiques, les rêves. Ils ne sont jamais atroces, les cauchemars. Elles ne sont jamais douces, ces nuit enfouies. Il ne reste que de ces mensonges, la vérité inavouée : l'insomnie. Le rêve, le cauchemars, deux notions abstraites pour représenter un monde qui n'était pas réel. Le sommeil n'offrait que des mensonges, des illusions, à aucun moment la réalité ne pouvait envahir le rêve. Sauf avec Jekyll. Il était difficile de juger la crédibilité d'un rêve, mais elle était rarement logique une fois les détails admirés. Qui  ne s'était jamais réveillé dans sa maison, dans son salon, tout en étant à la fois avec ses camarades de classe face à l'ignoble professeur de mathématique aigri et en manque d'affection. Les souvenirs se mélangeaient, la réalité se tordait et venait rompre le réalisme. La mutation était un nouvel acteur, rendant le monde moins plat, plus vif et plus dangereux. Les rêves suivaient donc le même rythme. Un chasseur, indirectement, aurait toujours en mémoire ses chasses et des peurs inavouées : la mort, la perte d'un être aimé ou encore l'extermination de la race humaine. Cela valait également pour les mutants : la peur de se faire tuer, de ne jamais vivre pleinement sa vie et de toujours devoir fuir et se cacher. Le rêve n'était pas logique, mais il avait une interprétation. Jekyll était là pour rendre la lucidité du patient encore moins évidente pour s'amuser de la connerie profondément humaine. Le brun connaissait les règles, il avait étudié la question et il ne s'était que rarement trompé. Il n'avait abandonné qu'une fois, et il ne comptait pas répéter ce choix. Le ténébreux marchait dans les rues de New-York, observant les véhicules traversées tandis que le rêveur s'extirpait du blé à la couleur d'or. Un mélange intéressant. Le brun continuait à marcher dans la rue, les passants s'écartaient tous sur son chemin en l'observant. Le subconscient de l'individu en train de rêver n'était pas toujours passif et il pouvait parfois réagir à la présence d'un intrus, mais cela restait toujours dans un degré faible et Jekyll pouvait, à sa guise, virer un public trop dérangeant. La cible semblait se presser toujours en fixant le même endroit. Le brun détourna finalement le regard vers l'immeuble qui semblait accaparer l'esprit du patient – même s'il était difficile de concevoir qu'il était patient quand il n'en avait ni le statut ni l'envie. Néanmoins, la course folle cessa brutalement en plein coeur de la chaussée. La donne changeait.

Le rêve devint autre, des passants ne s'écartaient plus sur le chemin de Jek', comme immergé dans une réalité alternative qui ne serait pas le rêve. La couleur trahissait pourtant l’impossibilité du monde réel. Il s'agissait presque d'un remake d'inception, mais avec une incapacité de parvenir à interagir avec le décor. Jekyll tenta en vain de récupérer une place de maître, et cela fut vint et alors, il se contenta de disparaître. Devenant spectateur invisible du décor et non plus une pièce à part entière. La cible, elle, venait à rejoindre une silhouette féminine qui venait à se distinguer et il arriva vite à son chevet. Jekyll lui conservait une certaine distance, en ne pouvait jouer que de sa propre forme et jamais avec le décor. La réalité changeait trop vite, le brun devait suivre et non mener la danse. Il assistait donc dans une totale impuissance à cette scène familiale qui lui apporterait pourtant des réponses sur ses questions. La scène s'envola, laissant paraître une ruelle comme un obstacle dont le mutant ne pouvait se défaire, comme une protection, un cercle dans lequel le mutant ne pouvait pas rentrer. Le brun se retrouvait dans un rêve sans le rêveur et ce n'était franchement pas glorieux. Le mutant redevint alors membre à par entière du rêve, craquant sa nuque  en venant à faire s'écarter toutes les projections de l'esprit de la cible qui venaient peupler le rêve comme des fourmis. Le brun parvint finalement à retrouver le rêveur après des pas vifs en admirant la scène avec incompréhension. Pourquoi ? Pourquoi le rêve foirait-il à ce point ? Un autre manipulateur de rêve ? Non, Jekyll avait conscience de ses propres rêves et cela serait certainement valable pour un autre mutant du même gène. Le pire, fut lorsque sa propre cible réalisa la présence de Jek'. Cela n'était jamais arrivé, pas une seule fois. Le brun avait une patience de fer, et aujourd'hui, il allait devoir le prouver. Le brun laissa la cible s'approcher avec un rictus au bord des lèvres.  « J'suis en vacances, j'profite du paysage.  » Jekyll n'arrivait peut-être pas à interagir avec le rêve, mais il était parfaitement maître de son propre corps, déplaçant le regard vers la demoiselle dénommée Selene et prenant sa forme, imitant sa taille, son visage, ses vêtements et son allure.  « Je suis là, parce que tu le veux bien.  » Le brun afficha un second sourire pour jouer de son apparence et imiter celle du rêveur, comme faisait face à un miroir perdu entre mensonge et réalité.  « La question de ce que je suis et de ce que je fais est presque autant légitime de savoir ce que tu es et ce que tu fais.  » Le brun abandonna finalement ce petit jeu pour prendre son apparence naturelle en s'amusant néanmoins à se déplacer derrière le dos de la cible.  « Ce n'est pas juste un rêve, alors je pense qu'il est raisonnable de parier sur une mutation. Ce n'est pas humain.  » Le brun n'avait pas de temps à perdre : il n'allait pas jouer aux devinettes. Jek' voulait saisir pourquoi et comment quelqu'un pouvait s'extirper d'un rêve. En retour, il aurait sa réponse sans aucun doute : comment Jek' était-il entré dans ce mensonge déguisé en funeste réalité.









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MessageSujet: Re: It's only when we wake up that we realize something was actually strange. (jekyll)   Jeu 30 Mar 2017 - 0:41

It's only when we wake up that we realize something was actually strange.
Jekyll & Jedikiah



Mes rêves ne sont pas habituels. C’est même le moins que l’on puisse dire. Si je n’ose mettre de mot sur leur véritable nature, je ne peux qu’avoir conscience qu’ils diffèrent nettement entre eux mais aussi de ceux que pouvait me raconter Sélène, lorsqu’elle s’émerveillait d’avoir pu chevaucher une licorne et sauver la reine des Bisounours pendant la nuit, du haut de ses cinq ans. Moi, à cette époque, j’angoissais déjà m’imaginant suivre mes parents pendant l’une de leurs traques et les voir abattre de sang-froid des hommes et des femmes dans leur sommeil pour purger le monde d’un héritage mutant dont personne sain d’esprit ne voudrait héberger en son sein. Mais malgré cette différence des plus flagrants, mes rêves conservent une chose en commun avec ceux des autres : ils restent des rêves. Aussi particuliers qu’ils puissent être, même ceux qui suscitent dans mon estomac un tiraillement que j’en suis venu à appréhender et à guetter dans un même temps, même ceux-là, qui me prennent le plus souvent au dépourvu et desquels je suis incapable de m’enfuir malgré tout le contrôle que je peux exercer sur eux, même ceux-là resteront des rêves et n’empièteront jamais sur ma réalité.

C’est du moins ce que je me répète chaque matin et chaque soir, lorsque le sommeil me quitte ou plutôt lorsque je le fuis avec des crises de panique de plus en plus fréquentes et prononcées. C’est également ce que je me répète lorsque mon regard accroche, malgré la distance, la silhouette trop reconnaissable de ma sœur. Maintenant que mes yeux l’ont repérée, je sais que tout mon rêve va me pousser à la rejoindre, à la regarder agir, comme pour attirer mon attention sur ses gestes, sur ses mots, sur ce qu’elle fait. Comme pour attirer mon attention sur un point crucial que je me contente, pourtant, de rêver. J’ai déjà essayé de fuir ces tiraillements, de les repousser, de m’enfuir de cette réalité aux couleurs trop criardes et réelles, à l’atmosphère étouffante de densité et de détails. Mon rêve m’appartient. Mais j’en suis l’esclave le plus assujetti : de quelques pas je franchis les mètres qui nous séparaient, Sélène et moi, et je l’observe tuer un mutant de sang-froid sans même comprendre – ni vouloir comprendre – d’où je tiens la certitude que c’est un mutant. Mes questions sont vouées à rester sans réponse, je ne le sais que trop bien encore une fois, mais elles me permettent d’organiser mes pensées, de me sentir en vie et de garder le contrôle. De ne pas oublier que je suis spectateur. De ne pas oublier que… Sélène commence à reproduire exactement les mêmes mouvements que précédemment, la scène recommence et cette fois, comme je sais à quoi m’attendre, mon attention dérive. Capte un mouvement.

Capte une présence qui ne devrait pas être là. Un changement, une modification brutale dans ce qui était jusque-là un rituel figé, un rituel aux règles établies et jamais transgressées. Une anomalie, et une anomalie qui fait bondir mon cœur dans ma poitrine. D’excitation, d’incompréhension, de stupéfaction, d’une foule d’émotions que je serais bien en peine de classer, nommer, catégoriser si l’envie m’en prenait. Tout ce que je peux faire, c’est l’interroger. Parce qu’il ne devrait pas être là. Qu’est-ce qu’il fait là ? Son rictus est aussi détestable qu’il m’apprend que de nous deux, je suis le plus perdu. Nous sommes bien dans un rêve n’est-ce pas ? Au fur et à mesure que je m’approche de lui, que le laisse une Sélène immobile derrière moi, les tiraillements qui agissent dans ma poitrine, dans mes tripes, oscillent. Instables. Ça ne m’est jamais arrivé. « J'suis en vacances, j'profite du paysage.  » Dans ma gorge, des mots s’étranglent et la colère surgit. « Pardon ? » La scène est immobile, mais il bouge, rajoutant encore plus d’anormalité dans tout ça. Et il ne fait pas que bouger. Sa forme ondule, ses traits se ondoient et moi, je fais un pas, deux, trois même !, en arrière. Paniqué. Aussitôt, mes yeux filent en direction de ma sœur. Qui, obéissante marionnette dans un rêve dont je suis supposé être le propriétaire, n’a pas esquissé le moindre geste. Le tiraillement que je ressens toujours dans ce genre de rêve devient douleur, mon regard affolé se repose sur… sur… « Je suis là, parce que tu le veux bien.  La question de ce que je suis et de ce que je fais est presque autant légitime de savoir ce que tu es et ce que tu fais.  » Sur l’intrus. Qui a repris ses traits. Qui se déplace, autour de moi, derrière moi, qui me fait me retourner brusquement, de la sueur moite humidifiant mon front. Mes doigts se ferment autour d’une arme créée de toute pièce, dont le contact me rassure même si je peux concevoir de grands doutes sur son utilité dans un tel contexte. Je rêve. Il faut que je garde ça en tête. Je rêve. Ce n’est qu’un rêve. « Ce n'est pas juste un rêve, alors je pense qu'il est raisonnable de parier sur une mutation. Ce n'est pas humain.  » Aussitôt, autour de nous, la ruelle tremble. Oscille quand j’essaye de la quitter, de sortir et de retrouver la quiétude d’un rêve plus commun, comme une réaction réflexe au terme de mutation. Nous sommes coincés dans l’un de mes rêves tiraillement, et si j’y ai davantage de contrôle que nulle part ailleurs, je ne peux pas m’en échapper, même si j’ai la conviction que toute cette discussion n’est qu’une grave entorse à une règle dont j’ignore la teneur. Dans tous les cas, je suis face à lui. Mon arme le tient en joue. Mes doigts appuient sur la gâchette sans hésiter, comme une réaction conditionnée au mot mutant que j’abhorre par bien des aspects pour tout ce qu’il signifie dans mon quotidien. Une explosion, une deuxième, une troisième : un tir groupé dans sa poitrine, avec la précision d’une courte distance et de la pratique.

Un tir groupé sans le moindre effet. Nous sommes dans un rêve. « Dégage de là. Tu n’as rien à faire là. C’est juste un rêve, c’est mon rêve. » Je le fixe, m’attendant à le voir s’évaporer sans savoir ce qui serait le plus inquiétant entre qu’il parte ou qu’il reste. « Ce n’est qu’un rêve, il n’y a rien de plus humain que les rêves, surtout ceux dont on est conscient. Tu n’existes pas, tu n’es qu’une… distraction » Je cherche autour de nous une explication. « Moi, c’est mon rêve, je suis là parce que c’est là que je dois être. Et j’y fais ce que je veux. » Sauf m’en sortir avant son terme, avant la fin de son caprice. De l’extérieur, mon sommeil lourd d’hypersomniaque est tout ce qu’il y a de normal. Normal. Normal. Je fronce les mouvements de sourcil en laissant le flingue chuter et ne plus être, tout simplement, avant d’agiter ma main d’un geste agacé. « Allez, disparais »


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MessageSujet: Re: It's only when we wake up that we realize something was actually strange. (jekyll)   Sam 15 Avr 2017 - 20:56

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Jekyll devait maîtriser, il l'avait toujours fait. Il était né, formé, éduqué depuis son plus jeune âge pour ces conneries. Personne n'avait sa capacité à un tel niveau, personne n'avait la compétence psychologique en adéquation avec sa mutation. Le brun se retrouvait donc à devoir faire face à la première fois de sa vie à une réticence : bordel, cela n'avait d'agréable. Le calme était pourtant son meilleur ami dans cette situation. Le brun ne comptait pas s'énerver et l'idée qu'il était là pour des « vacances » démontrait un certain humour face à la situation ; pourquoi venir se poser des questions tout de suite. Le rêve restait fictif, qu'importait les complications Jekyll pouvait s'en extirper naturellement et de même : il suffisait de sortir du rêve et de tirer une balle dans la tête du patient pour mieux s'en sortir et récupérer tous les lauriers de cette étrange rencontre. Mettre à mort une cible était rarement l'objectif, hormis cas particuliers et notamment celui du psychopathe mutant. Il fallait saisir que l'esprit humain était complexe et qu'une personne, mentalement dangereuse et également dotée d'une mutation. L'entreprise voyant cela comme un danger, il fallait nécessairement agir et mettre cet individu hors d'état d'action. Cela était, fort heureusement, extrêmement rare et cela n'était arrivé que 3 fois à Jekyll. Il ne comptait donc pas répéter cette expérience désagréable. D'autant que la mise à mort, ne fut exécutée par le bogeyman qu'une fois par le ténébreux, préférant en effet endormir sa victime dans un sommeil profond pour laisser l'entreprise prendre en charge cela. Alors, la cible du jour n'avait rien d'un psychopathe, mais avait nécessairement une particularité qui lui offrait la possibilité de résister à une intrusion mentale au travers du rêve tout en considérant que la mutation n'était pas un bouclier psychique puisque Jekyll était bel et bien dans sa tête. Drôle d'affaire, qui avait le mérite de faire monter la pression et de lui donner envie de continuer à discuter avec ce drôle de blondinet qui allait lui donner un vrai challenge. Gagner n'avait de valeur que si l'adversaire avait des capacités, et ce gosse en avait sans aucun doute. Malheureusement, l'adversaire se montra presque décevant en tentant vainement de tirer sur la poitrine du manipulateur de rêve. Jekyll soupira alors en laissant les balles le traverser. Jek' n'était qu'un intrus, il n'existait matériellement pas et pouvait interagir avec le décor et vice versa que s'il le désirait. De toute façon, tuer quelqu'un dans un rêve ne ferait rien, puisqu'il se redresserait aussi sac. Il fallait néanmoins applaudir, le triste petit effort. Après tout, il ne prenait pas la fuite, mais sa réaction laissait supposer qu'il voulait enterrer un secret. Jekyll se contenta de hocher la tête et d'effectuer un geste négatif du doigt d'un air moqueur. Le brun ne maîtrisait peut-être pas entièrement la situation, mais restait celui apte à venir abuser de son pouvoir. Le jeu allait devenir intéressant. Il fallait bien avouer que cette situation restait extrêmement désagréable pour le membre de STANTUM, mais il parvenait toujours à s'adapter aux pires situations et ne comptait donc pas prendre peur pour un problème aussi ridicule que cet élément perturbateur. Dans le jeu, il fallait toujours s'adapter, pour le meilleur comme pour le pire.

Le brun fut donc invité à quitter le rêve. Alors, un sourire carnassier vient à se propager sur le visage du ténébreux. Un rêveur, ne pouvait, prendre conscience aussi facilement qu'il était question d'un rêve. Il n'était pas Alice au pays des merveilleuses, il était là, et il savait parfaitement où il était et ce qu'il devait faire. Le brun n'allait pas faire une longue thèse sur « le rêve lucide » qui se voulait donc une phrase très particulière de l'esprit humain. Une théorie vieille du 19e siècle français, en plein début de l'importance de la sciences dans les différents sociaux et culturels. Le brun savait que cela pouvait s'apprendre, mais Jekyll savait faire la différence entre un rêveur lucide et quelqu'un ayant muté. En effet, un rêve lucide nécessitait un apprentissage que Jekyll pouvait briser en claquant des doigts. L'homme tentait de se croire au dessus des règles, de pouvoir contrôler sa vie de façon absolue. En réalité, ce phénomène d'étude scientifique réelle date de 30 ans et rien de plus. Cela reste assez théorique, et le brun ne comptait pas se faire allumer par un blondinet. Jekyll laissa donc le partenaire parler dans le vide, puisqu'il ne prenait pas réellement le temps de l'écouter et se contentait presque d'attendre qu'il termine sa petite explication. Le brun afficha néanmoins un large sourire une fois que la parole lui fut laissée.  « On me le dit souvent, que je suis une distraction.  »  Le brun resta immobile, plaçant sa main en l'air face à lui, observant ses doigts, admirant sa main se séparer en deux, se munir de plusieurs doigts, venir lentement brûler pour laisser paraître uniquement de la chair. Jekyll n'était pas un touriste, loin de là. Son corps, était ce qu'il voulait, de la façon dont il voulait.  « C'est bien orgueilleux, de se croire totalement maître de son esprit, de son inconscient encore plus. Si tu veux vraiment te faire passer pour un rêveur lucide, je t'invite à balancer ton discours à un autre.   » Le brun afficha finalement un sourire en observant sa seconde main se perdre dans les ténèbres, comme dévorée par les ténèbres. Jekyll avait l'habitude de prendre des apparences connues, des figures iconiques, des peurs basiques comme celle du noir. Faisant craquer ses os à outrance d'un simple geste, pour finalement hausser les épaules et revenir au point de départ.  « Je ne vais pas disparaître, et tu ne peux pas me faire disparaître. Malheureusement pour toi, je n'suis pas une projection de ton esprit. » Le brun faisant un pas sur le côté en venant croiser les bras.  « Mais, puisque tu fais ce que tu veux, inutile de rester dans le coin à me parler n'est-ce pas ? » Le brun se pinçant la lèvre en promenant son regard dans la ruelle.  « Ce n'est pas humain, et c'est assez impressionnant.  »  






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MessageSujet: Re: It's only when we wake up that we realize something was actually strange. (jekyll)   Mer 26 Avr 2017 - 22:11

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Jekyll & Jedikiah



Par nature, un rêve est un espace où les frontières n’existent pas. N’existent plus. Réel et irréel se mélange, cohérence et incohérence s’agglomèrent. Dans l’essence même du rêve, il semble être voulu que rien n’ait de sens, mais que tout soit logique. Que mes rêves à moi souffrent d’un manque dramatique d’incohérence n’est pas une preuve de lucidité, mais d’anormalité. Et qu’est-ce que l’anormal dans un monde où le principe même de normalité n’est qu’un concept diffus, aux limites inexistantes ? L’anormalité n’a lieu d’être que lorsqu’il y a une norme, l’obscurité n’existe que parce que la lumière s’offre en contraste. Mes rêves ne sont peut-être que des songes, enveloppes d’une réalité toute autre, ils restent, dans leur essence, enfermés dans des règles préexistantes que je ne connais peut-être pas, mais qui sont là, malgré tout. Mes rêves ne sont peut-être que des songes qui prennent leur indépendance, en me laissant spectateur dans le meilleur des cas d’un scénario entièrement scripté, dans le pire d’une comédie dont je suis l’acteur principal, ils restent cantonnés à mon esprit, ne brisent pas la frontière entre l’imagination et la réalité, ne détruisent pas la distinction entre la veille et le sommeil. Mes rêves à moi m’enferment peut-être tout en m’offrant le luxe d’être conscient de ne regarder que des ombres projetées sur une caverne, ça ne change rien à la nature profonde de ce que je vois. Tout ceci n’est qu’un rêve, tout ceci n’est qu’un songe et je n’ai pas droit au doute. Tout ceci n’est qu’un rêve, tout ceci n’est qu’un songe, je refuse d’accepter qu’il puisse en être autrement. Je ne laisserai pas ce spectateur distille dans mon esprit un soupçon de doute ; je marche en équilibre sur une corde raide, il s’amuse à me pousser, à secouer la corde, à me distraire. Mes rêves-tiraillement, ils me sont familiers dans leur anormalité. Ils me le sont également par la rigidité des règles qui les régissent. Des règles violées, brisées, éclatées par sa présence, à lui qui joue avec moi, s’octroie le droit de prendre ses libertés, de semer l’anarchie dans ces projections de mon esprit comme s’il était chez lui. De semer l’anarchie dans mon esprit, tout simplement.

Mutation. L’arme apparaît dans ma main comme si elle y était depuis le début, avec aisance. Naturel. Le tir groupé que je fiche dans sa poitrine aussi est naturel, aisé. Sans effet. Nous sommes dans un rêve, nous sommes dans mon rêve, mais il ne devrait pas être là et je le sais, je le sens. Je ne peux pas plus le toucher que je ne peux toucher ma sœur, je ne peux pas l’arrêter non plus parce qu’il n’a aucun rôle dans le script. C’est un intermittent du spectacle. Un trouble-fête. L’arme a disparu à l’instant où mes doigts se sont desserrés, j’agite la main dans un dernier espoir de le voir se volatiliser. Une distraction, il n’est rien de plus qu’une distraction. Un artefact. Quelque chose d’inconnu. « On me le dit souvent, que je suis une distraction.  »  Je me mords la lèvre. Sa main se démultiplie, me donne la nausée, dans un environnement où tout est possible, où tout pourtant se conforme au réel. Le tiraillement dans mon estomac devient douleur, comme pour compenser l’acte contre-nature dont je suis le spectateur involontaire. « C'est bien orgueilleux, de se croire totalement maître de son esprit, de son inconscient encore plus. Si tu veux vraiment te faire passer pour un rêveur lucide, je t'invite à balancer ton discours à un autre. » Son sourire détériore mes traits en une moue d’incompréhension. « Rêveur quoi ? » Le concept me semble à portée de main, mais il colle bien trop à ce que je vis pour qu’il y ait la moindre notion de se faire passer pour ce qu’il décrit. Je ne simule rien, je subis. Un pas en arrière, je n’arrive pas à choisir entre fixer son sourire déplaisant et ses jeux avec son propre corps, une main rongée par les ténèbres. « Je ne vais pas disparaître, et tu ne peux pas me faire disparaître. Malheureusement pour toi, je n'suis pas une projection de ton esprit. Mais, puisque tu fais ce que tu veux, inutile de rester dans le coin à me parler n'est-ce pas ? » Un long frisson. « Ce n'est pas humain, et c'est assez impressionnant. » Je me fige. Pas une projection de mon esprit.

Pas humain non plus. J’ai la gorge étrangement sèche lorsque j’articule avec difficulté un « Tu es un mutant ? » angoissé, une question plus que rhétorique. Il est un mutant, réellement ou allégoriquement. « Tu es dans ma tête, c’est ça ? Qu’est-ce que tu me veux ? » D’autres questions, bien moins rhétoriques celles-là, même si je doute réellement vouloir des réponses. Je ferme les yeux pour me détacher de mon rêve, mais je n’ai jamais su me réveiller à loisir. Me réveiller tout court. Tant que le rêve ne sera pas fini, je ne pourrai pas m’enfuir. D’un pincement de pensée, j’essaye d’ailleurs de remettre le film en marche. Sans succès. Sélène reste figée. Et mon inquiétude, elle, s’envole dans les hauteurs. Un souffle angoissé, je lance un regard en direction de ma sœur « J’y fais ce que je veux, sauf partir. Je suis prisonnier, et toi aussi j’en suis certain. Qu’est-ce que tu as fait ? Pourquoi est-ce que rien ne se passe comme d’habitude ? Qu’est-ce que tu fais ici ? Réponds au moins à l’une de mes questions, sinon... » Sinon, toutes les menaces du monde ne me seront d’aucune utilité ici, je le sais bien. Et malheureusement, tout porte à croire qu’il le sait lui aussi. D’un mouvement de tête, j’essaye de me convaincre que j’ai encore un certain contrôle sur ce qu’il se passe. Au loin, un immeuble s’écroule, laissant son double réel en place. Je ne peux pas agir sur ce qui m’entoure, juste projeter des échos de ce que je souhaiterais voir arriver. Un double de l’inconnu se détache de son corps, Mon arme a retrouvé ma main, je l’abats sans y penser, sans sourciller, il s’écroule, le torse en sang, mais ça ne change rien. Il est toujours là. Et moi, je commence à trembler. Je n’ai jamais tenté de pousser aussi loin la maîtrise illusoire de mon environnement, de cet environnement particulier. J’ai un regard pour ma sœur, toujours figée, aux contours qui se fragilisent. Le tiraillement dans mon torse est toujours là. Il me démange, devient presque douloureux.


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MessageSujet: Re: It's only when we wake up that we realize something was actually strange. (jekyll)   Lun 8 Mai 2017 - 19:08

It's only when we wake up that we realize something was actually strange.  
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.



La réalité, de ce concept biaisé du pourquoi du comment. Le principe de la réalité, le bon, le vrai, le juste et le sincère. D'une seule idée, découlait un merdier interminable. Entre ce putain besoin de liberté, réclamer et hurler par la jeunesse de ce monde devenu trop lent, trop chiant, trop plat pour ceux et celles qui ne savaient pas ce que signifiait la souffrance réelle. La guerre ? Pitié, la guerre était tombée dans l'oublie avec l'arrivée des mutants. Il s'agissait désormais d'une guérilla, basse et sournoise qui n'avait pour objectif que de détrôner une espèce supérieure, vouée à exterminer l'ancienne. Il fallait comprendre, que la liberté se revendiquait sous la forme la plus idiote : celle de l’égoïsme profond de la nature humaine, qui se résumait à penser qu'il suffisait de ne rien faire pour être libre. Une pensée archaïque, que le brun accordait aux puceaux, aux sales gosses et aux gamines qui pensaient que porter un maillot de bain d'une pub suffisait à rendre un corps attirant. La liberté, était revendiquée, mais l'humanité n'était que la surface, de la liberté. La mutation, les mutants, revendiquaient une liberté plus grande face à l'extermination lente et laborieuse de sa race. Jekyll serait dans le camp des gagnants, la mutation maîtrisée était la clé de la liberté : le contrôle de sa propre personne. La soumission à ses propres émotions, était le fardeau qui empêchait le mutant d'être libre, car inapte à maîtriser ce qui pourrissait ou animait ses gênes selon les opinions. Jekyll était libre, attaché à une entreprise, mais personne ne le mettrait à genoux, lui réclamant d'implorer pour avoir la vie sauve. La liberté, était spirituelle, celle matérielle se contentait d'en découler. Voilà, ce que le monde voulait : la liberté. Ce désir, confronté à la création la plus sournoise de l'humanité : la loi. La loi, qui changeait, mais demeurait éternellement injuste. Jekyll était dans le camp de ceux, qui s'en jouaient, sans jamais prendre le risque de tomber. Nullement, Jek' ne pourrait se vanter comme quelqu'un de courageux, presque lâche lorsqu'il était question de sauver sa peau ou celle de l'entreprise qui avait porté le gosse jusqu'ici. Ironiquement, le monde s'imposait des règles, en désirant sans cesse briser ces dernières. Le mutant, en riait, s'en moquait, et bordel de merde que cela était pathétique. Le monde courrait à sa perte, et Jekyll ne comptait pas se dresser dans un combat qui était profondément idiot et futile. L'équilibre parfait, était d'être libre, dans le respect des lois ou parfois, en jouant avec ces dernières. Belle hypocrisie, mais le monde n'était pas honnête et ne le serait jamais. Le ténébreux avait une dette envers une seule personne : sa conscience, et cela impliquait de sauver uniquement ses proches, nullement des inconnus.

Jek' ne venait donc risquer sa vie, dans un rêve. Il était là pour une mission, pour préserver sa place et si possible, obtenir des réponses plaisantes, sans jamais venir risquer sa vie. La souffrance d'un rêve, ne le touchait pas. Au pire, il serait coincé jusqu'au réveil, ce qui pourrait sembler long, mais nullement dangereux. Il avait traîné dans la tête de malades mentaux, de gens dérangés foncièrement, à la racine comme des enragés. Se promener dans la tête d'un mutant, qui arrivait à jouer des rêves, ne serait en rien qu'une promenade de santé. Il fallait reconnaître, que cela était excitant comme sensation. Le brun, portant sa victime vers une affirmation et sa surprise et son incompréhension du terme mettait définitivement fin à ses doutes : il était mutant, et indéniablement lié aux rêves. Un rêveur lucide, était un individu qui avait réussi, en théorie, à briser la notion de rêve et qui avait pleinement conscience de ses rêves. Jekyll détestait ces gens, se pensant au dessus et de toute manière : il venait briser cette idée totalement bête, que l'humain pouvait maîtriser son inconscient sans en payer le prix. Il fallait remettre les pendules à l'heure et venir chuchoter à l'humanité, dans les bras de Morphée, que le monde était dicté par ceux qui avaient muté, pas les autres. Néanmoins, Jekyll n'allait pas lui faire une leçon, d'autant que monsieur semblait finalement saisir la situation. Le mutant, n'était pas de nature à faire des grands secrets, ni même à jouer les hommes de l'ombre en venant prétendre qu'il était là pour des raisons sombres qu'il ne « pouvait pas révéler sous peine de le mettre en danger ». Jekyll reconnaissait un certain caractère à celui qui lui faisait face : il avait le mérite, de maîtriser la situation de façon assez glorieuse. « Je ne suis pas exactement dans ta tête, enfin si, d'une certaine façon. Disons, que je suis dans ton rêve, mais pas le reste.   »  Jekyll n'avait pas accès directement à sa mémoire, à son corps ou même à ses pensées : il entrait simplement dans le rêve, physiquement, mais incapable de venir toucher à l'individu de chair. « J'suis mutant, un bon point pour toi.   » Le seul, que le brun lui accorderait sans aucun doute. D'autant que monsieur tentait de visiblement parvenir à se réveiller de force, et Jekyll, roula des yeux. Il s'emporta dans des questions, foncièrement inutiles. Puis vint un acte d'une rare inutilité, alors que le monde semblait s'écrouler face à la panique de l'individu et le calme de Jek'. Il fallait bien avouer, que l'image pourrait presque sonner comme un 11 septembre, mais cela restait du rêve, et cette image forte n'était pas neuve. Tandis qu'un double se détache du brun, ce dernier se prend une balle et s'écroule au sol en sang. Jekyll l'observa alors avec un sourire en coin pour redresser la tête vers le blond.   « Je souffre intérieurement, ô drame. » Le brun ne se força même pas à la comédie tandis qu'il avançait finalement dans le décor.   « Prisonnier, quel vilain mot.  » Le brun continua à marcher sans se montrer agressif ni même jouer avec sa propre mutation.   « Pourquoi je suis ici ? Parce qu'il paraît que ma mutation me permet d'ordinaire, de contrôler entièrement un rêve, et crois-moi c'est une sensation unique. » Le brun marqua une pause.   « Le problème est que pour répondre à ta question sur pourquoi c'est la merde dans ton rêve, il faudrait que j'arrive à comprendre comment, tu peux contrôler ce rêve. Donc tu es un mutant, forcément en lien avec les rêves, mais la vraie question c'est pourquoi ma mutation fait foirer la tienne, sauf que si tu veux de l'aide, va falloir parler. » Jekyll haussa les épaules : dans tous les cas, lui, il partirait tôt ou tard et cette histoire sera oubliée/









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MessageSujet: Re: It's only when we wake up that we realize something was actually strange. (jekyll)   Mar 23 Mai 2017 - 0:04

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Je suis un chasseur. Je suis un chasseur, je suis le fils de chasseurs, l’héritier de chasseurs, le frère d’une chasseuse plus qu’efficace. Je suis dans mon propre esprit, dans mon propre rêve. Je suis en contrôle, je suis supposé être en contrôle, savoir ce que je fais, ce que je peux faire, faire ce que je veux et vouloir le faire. Alors pourquoi ai-je l’impression d’être enfermé dans mon propre esprit face à un croque-mitaine peu enclin à se sentir intimidé, effrayé voire simplement gêné ? Pourquoi est-ce que je balbutie, pourquoi est-ce que rien ne m’obéit ? Ce n’est pas humain, et c’est assez impressionnant. Pas humain. Je suis fils de chasseur, l’évidence s’impose. C’est un mutant. Ca ne peut qu’être un mutant. Et la terreur inquiète me prend à la gorge. Il est dans ma tête, il est à l’origine de ces rêves tiraillements à l’éclat si réel, aux circonstances si surnaturelles. Ca explique tout, ça expliquerait tout. Et ce serait simple, si simple à accepter, plutôt que cette prise de conscience qui me pend au nez, dans cet univers onirique qui m’étouffe, m’étrangle par son statisme. « Je ne suis pas exactement dans ta tête, enfin si, d'une certaine façon. Disons, que je suis dans ton rêve, mais pas le reste. » Je secoue la tête, comme pour mieux nier ses propos, comme pour mieux démentir ce qu’il dit. Il est dans mon rêve. Comment peut-il être dans mon rêve ? Que fait-il à mon rêve ? J’essaye de relancer le film, rien de ne produit, le tiraillement s’intensifie, bien au contraire. Lié, à ce qu’il se produit. Lié, aussi, à la présence de l’intrus. Lié, à ma panique. Intrinsèquement lié à ma solitude brisée, à ma routine perturbée. « J'suis mutant, un bon point pour toi. » Je déglutis, je recule, je suis dans une arène, dans une fosse face à un lion, face à un prédateur affamé contre lequel je ne peux rien. Je ne maîtrise rien. D’un souffle, d’une pensée, un immeuble s’effondre, comme un spectre créé, laissant le vrai immeuble indemne. D’un souffle, d’une pensée, l’arme se matérialise entre mes doigts, née de mon esprit et de mes réflexes, de ceux qu’on a tenté de m’inculquer pour me protéger, pour apprendre à me protéger. Arts martiaux dans un premier temps, comme tous les petits de mon âge, armes à feu bien plus tard. Arme à feu, elle n’a servi à rien un peu plus tôt, je crée d’une pensée un double de ma cible que j’abas cette fois sans sourciller. Sans effet ? Je commence à trembler devant l’implication de mes mensonges, de ces mensonges que je me suis prononcé à moi-même et que je continue à dire, à croire, parce que c’est plus simple. C’est mon esprit, j’y fais ce que je veux, alors pourquoi, pourquoi est-ce que toutes mes actions ne sont qu’une buée soufflée sur du verre, si facile à dessiner, si facile à faire disparaître. Si éphémère ? Toutes mes actions ici sont futiles, vouées à l’échec. Echec. Comme ce qui me pend au nez, de toute évidence, au regard de la réaction de l’inconnu. Un sourire en coin, je recule encore. « Je souffre intérieurement, ô drame. » Je déglutis. Encore. Péniblement. Toujours. Il s’avance, je recule, mon dos heurte stupidement un des murs de briques qui encadrent la ruelle. « Prisonnier, quel vilain mot. Pourquoi je suis ici ? Parce qu'il paraît que ma mutation me permet d'ordinaire, de contrôler entièrement un rêve, et crois-moi c'est une sensation unique. Le problème est que pour répondre à ta question sur pourquoi c'est la merde dans ton rêve, il faudrait que j'arrive à comprendre comment, tu peux contrôler ce rêve. Donc tu es un mutant, forcément en lien avec les rêves, mais la vraie question c'est pourquoi ma mutation fait foirer la tienne, sauf que si tu veux de l'aide, va falloir parler. » J’ai la gorge sèche. « Je… je ne… ne… ne su…suis p…pas un mutant » Comme toujours dans ce genre de circonstances, tendues, angoissantes, instables, mon bégaiement d’enfance refait surface. Je me passe une main nerveuse sur le visage. Je ne suis pas un mutant.

J’inspire à fond pour me faire décompresser. Dans mon estomac, le tiraillement s’intensifie encore, j’en viens même à me demander si je ne suis pas simplement en train de somatiser ma panique en la concentrant sur cette sensation si systématique et familière qu’elle Je ne veux pas être un mutant. Et pourtant ? « Tu es dans mon rêve, c’est ça ? Mais du coup… comment ça ? Comment ça, tu contrôles en temps ordinaire ? » Ce que j’ai l’air bête, avec mes questions. Ce que j’ai l’air bête, aussi, à refuser de considérer le plus important. Mes yeux esquivent le bâtiment que j’ai fait s’effondrer un peu plus tôt, que j’ai tenté de faire effondrer. Tombe sur la silhouette figée de Selene, qui me tuerait si elle apprenait que je suis un mutant.

Parce que je suis un mutant. Grand-mère avait raison. Je m’appuie contre le mur en fermant les yeux, m’y laisse glisser jusqu’à me retrouver assis sur un sol qui, de toute manière, n’existe pas. Rien de ce qui m’entoure existe. « Je ne me réveillerai pas tant que mon rêve ne se sera pas remis en marche. Tant qu’il n’aurait pas fini de me montrer ce qu’il veut me montrer. » Je me retrouve à murmurer. Si cet homme est ce qu’il prétend être, alors il a déréglé mon rêve. Et s’il n’est qu’un artefact de mon esprit, alors ce ne sera pas la première fois que je parlerai tout seul dans l’un de mes rêves. Loin de là. « Je fais des rêves lucides, si c’est bien ce que je pense. Je contrôle tout à l’intérieur de mon rêve. Mais je ne peux pas le perturber. Parce que c’est un script, écrit au préalable. C’est… » Je me relève, serrant le poing pour trembler les tremblements de ma main. « Es-tu certain de ce que tu avances ? Que si tu comprends comment je contrôle… ça… » D’un geste de la main, je balais ce qui m’entoure en le faisant fluctuer, comme la surface d’une mare sur laquelle je déposerai une feuille, qui revient rapidement à son état normal. « tu pourras sortir. Pas avant ? » Mes yeux se fixent sur les siens. Je ne suis pas un mutant. Je ne veux pas être un mutant. « Si tu contrôles les rêves, comment peux-tu savoir que c’est pas toi qui as perdu le contrôle ? Parce que si tu comptes attendre que je me réveille… tu vas attendre longtemps. » Je croise les bras sur ma poitrine, m’adosse contre le mur dans un simulacre d’assurance qui ne trompera personne. « Je suis hypersomniaque. J’imagine que ça doit être lié à… mon état. »


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