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 (selene) welcome here, little sister

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SUR TH DEPUIS : 23/04/2015
MessageSujet: (selene) welcome here, little sister   Ven 21 Avr 2017 - 22:17

Welcome here, little sister
Selene & Jedikiah



Deux heure vingt. Deux heure vingt-cinq. Deux-heure et demi. Le temps passe et s’écoule dans une lenteur interminable, comme tous les vendredi. Et pour cause : pas de cours ni de patient cet après-midi, juste des dossiers à remplir, une semaine à préparer, quelques comptes-rendus à rédiger. Et un appartement à ranger pour accueillir quelques temps, je ne sais même pas combien, ma petite soeur. A cette pensée, j’ai un sourire, comme à chaque fois. Ca va faire bientôt quatre mois qu’on ne s’est pas vu, quatre mois pendant lesquels on a peut-être parlé régulièrement par skype, sms, whatsapp et tutti quanti, quatre mois qui sont passés à toute vitesse, entre ma décision de m’installer réellement à Radcliff, entre mes recherches laborieuses, entre mes chasses soldées par des échecs pour la plupart, entre mes soirées passées dans un bar, à la regarder évoluer avec ses amies sans oser l’approcher. Quatre mois qui se posent, malgré tout, entre moi et l’horloge. Inutile de s’étendre plus longtemps sur le sujet, j’ai hâte de voir Selene. Hâte et malgré tout quelques angoisses. Mon bras en écharpe en est une, les bandages que cache mon torse en sont d’autres. Et la situation de Radcliff, au même d’une pro-mutant, en est encore une dernière.

Un soupir, je tourne la page du dossier des quelques enfants muets et sourds que je suis dans la ville et dans ses alentours, je mets à jour ma boîte mail - une dernière fois avant le week-end - pour avoir des nouvelles de ceux que je suis toujours à Louisville malgré la distance, et je complète leurs dernières avancées. Plus que quatre et je pourrais estimer ma journée comme finie, je décide. Ce qui me laissera trois bonnes heures pour mettre de l’ordre dans le chaos total de mon salon, de ma chambre, de la cuisine et de la salle-de-bain.

Les trois heures, avec un seul bras fonctionnel et une incapacité à se baisser, passent excessivement vite. J’en viens à donner des coups de pied dans mes vêtements pour les cacher sous mon lit, et à lâcher l’affaire devant mes placards où se mêlent comme à mon habitude conserves et livres sans la moindre logique. Je termine mon chef-d’oeuvre en empilant des magazines en pile à côté du canapé et contemple un appartement passablement présentable. Si Selene pouvait espérer qu’une colocation avec quelqu’un allait me forcer à mettre un peu d’ordre dans ma vie et mes affaires, je crains qu’elle se rende compte que l’inverse s’est produit: lorsque Marcus retrouve mes factures entre deux tranches de jambon, il va les y laisser soigneusement plutôt que de les ranger, histoire de ne pas trop me déstabiliser. Dans tous les cas, il est temps d’aller la chercher à la gare.

Une trentaine de minutes plus tard, je resserre mon manteau d’une seule main en observant le train ralentir devant moi. Je recule de quelques pas pour être plus visible, tout en révisant les arguments et explication que je vais pouvoir lui offrir pour justifier ma blessure. Chasse qui a mal tourné me semble la moins risquée. Et la plus honnête. Chasse récente, aussi, ce qui pourrait l’empêcher de hurler que j’aurais pu la prévenir. Chasse qui a vu la mutante mourir, enfin… le véritablement mensonge dont je ne puisse pas faire l’impasse: je connais ma soeur, elle n’hésiterait pas plus d’une poignée de secondes pour aller terminer le travail proprement. Et elle ne se priverait pas de l’occasion de me faire la leçon, encore, sur notre engagement hunter, sur l’héritage de notre nom, sur notre devoir, sur… mes traits soucieux se détendent d’un seul coup lorsque j’aperçois sa silhouette, je lui fais un signe de la main et autour de moi, comme souvent lorsqu’elle est là, j’ai l’impression que les sons deviennent superflus.

Signer à une seule main n’est pas le plus évident, mais je véhicule le plus important malgré tout. Enfin, je crois.  :ok: “Enfin ! Comment vas-tu ? Tu as fait bon voyage ?” Je prends le temps de la détailler du regard, comme à la recherche du moindre accroc, de la moindre égratignure. J’ai beau savoir qu’elle est bien plus capable que moi, qu’elle sait bien mieux se battre et utiliser une arme à feu que moi, je ne peux m’empêcher de la couver dès que possible. Ma petite soeur.  :ok: “Passe moi ton sac, je vais le prendre. Je te propose qu’on aille directement chez moi, qu’on se pose devant un verre. J’habite à vingt minutes à pied, ça ira ?”



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MessageSujet: Re: (selene) welcome here, little sister   Lun 1 Mai 2017 - 18:04

Mes affaires sont prêtes, tout comme moi. Cela fait bientôt une heure que je tourne en rond excitée comme une puce à l’idée de le revoir. Quatre mois c’est long et à la fois si peu. Ça m’a d’abord fait bizarre de le voir s’en aller. Devoir vivre éloignés l’un de l’autre, pourtant ça s’est fait petit à petit. Sans vraiment qu’on coupe le cordon qui nous relie depuis qu’on est môme tous les deux. Une grosse part de moi appréhende le moment où Jed se rendra compte que je lui ai caché certains aspects de ma vie actuelle. Le faire à distance, ça n’a rien de compliqué. En revanche, jouer les cachotières en direct live, c’était mission quasi impossible. Le frangin capterait immédiatement qu’une chose avait changé chez moi, que mes réactions ne seraient plus forcément les mêmes qu’auparavant. Oh ne vous faites pas trop de bile, le plan est déjà façonné comme jamais. Hors de question de lui avouer le pourquoi du comment je réussis à entendre et même à m’exprimer. Sérieusement, je me vois très mal lui dire que je me shoote non plus à l’adrénaline, mais à une sorte de sérum mutant… Même moi ça me dépasse, pourtant je ne sais plus comment me défaire de cette substance.

Je crois que je me suis perdue dans mes pensées, c’est la seule explication plausible au fait que je manque de peu de rater mon train. Les portes se sont presque refermées sur moi, à bout de souffle, je ne peux m’empêcher de sourire en voyant l’air médusé de certains passagers. Encore trop peu familière de la langue, je m’exprime plus facilement en signant, provoquant toujours l’incompréhension du monde qui m’entoure. Maitriser le langage parlé n’est pas vraiment la chose la plus aisée qui soit, c’est un peu comme apprendre une nouvelle langue et tout ne me fait pas toujours sens. Sur ce point, j’aimerai que Jedi soit de la confession, qu’il me guide en partie, même si j’y arrive en partie seule. Le voyage se fait sans encombre, j’ai encore du mal à m’habituer à certains sons, mais globalement le monde extérieur n’est plus aussi invasif qu’il a pu l’être lors des premiers jours. On finit par s’y faire à ce monde horriblement bruyant. On apprend même à l’apprécier ce vacarme.

Je suis plongée dans un magasine lorsque le contrôleur vient me signaler qu’on arrive. L’adrénaline qui monte, autant que l’excitation de le revoir. De savoir comment il va, avoir des nouvelles, de voir où il vit désormais. Je m’empare de mon sac à la volée, évite une valise au passage et je me retrouve enfin sur les quais : bondés sans pour autant être noirs de monde. La question me frappe, comment le retrouver vite et sans devoir jouer des mains avec un inconnu qui ne comprendra rien à mon charabia. Mon regard se porte un peu partout, cherche, analyse sans vraiment prêter attention aux bruits qui m’enveloppent. Mon sourire finit par apparaitre quand je le reconnais. Sans plus attendre, je m’avance vers lui, remarque immédiatement le problème alors qu’il me fait signe. Mon sourire s’efface instantanément pour laisser place à une mine plus ou moins inquiète. Je me doute qu’il s’agit d’une histoire à la con, mais je me pose tout un tas de question. Une fois à sa hauteur, je le prends dans mes bras, m’éloigne néanmoins rapidement pour pouvoir lui parler. L’instinctif reprenant le dessus. Il ne me viendrait pas l’idée de communiquer autrement avec lui. « Oui, c’est passé vite. J’avais hâte de te revoir ! » Je me sens épiée alors que je le dévisage en partie, observe en détail ces blessures, du moins ce qu’il laisse transparaitre. J’ai encore du mal à savoir si c’est grave ou non, et s’il espère que je vais faire l’impasse sur le sujet, c’est mal me connaitre. « Qu’est-ce qui s’est passé ? C’est l’un d’eux ? Est-ce que tu vas bien ? »

Un tas de question je vous dis, et si avec d’autres je prends le temps de décortiquer mes gestes… Avec lui, les ‘mots’ fusent à une vitesse déconcertante. Il sait très bien ce que je sous-entends par mes questions. Le problème est-il réglé ? Ou alors faut-il que je m’en charge moi-même ! “Passe moi ton sac, je vais le prendre. Je te propose qu’on aille directement chez moi, qu’on se pose devant un verre. J’habite à vingt minutes à pied, ça ira ?”

J’acquiesce, mais garde mon sac avant de le chambrer un peu. « J’vais le garder, t’es déjà assez handicapé comme ça avec ta belle écharpe ! Si je te file mon sac… C’est une heure qu’il va nous falloir pour arriver chez toi ! » Je lui offre un grand sourire avant de le suivre, découvre pour la première fois les rues de Radcliff. « Ton coloc’ est à l’appartement ? » Pas facile de signer en marchant je le conçois, surtout lorsqu’on a qu’une main, mais les arrêts passage piéton aide un tant soit peu. « Ca le dérange pas de me voir débarquer ? » Pas que ça m’ennuie de squatter sans vergogne, c’est même plutôt dans mes habitudes de débarquer sans prévenir et de taper l’incruste jusqu’à ce qu’on me trouve insupportable.
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MessageSujet: Re: (selene) welcome here, little sister   Lun 8 Mai 2017 - 23:26

Welcome here, little sister
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Dès que je vois son regard, je sens que je vais me faire engueuler. On se connaît, tous les deux, on se connaît plus que bien. Frère et soeur, cinq ans d’écart ; frère et sœur, fusionnels sur bien des plans. On a grandi ensemble, on a grandi main dans la main, on a grandi dans le silence et les signes qui s’agitent autour de nos mains… Les sons n’ont plus d’importance, la parole n’a plus d’importance, j’ai un sourire aux lèvres à l’instant où je la vois et, dans une expertise portée par mes futurs trente ans, je mets de côté tous mes doutes pour retrouver ma petite sœur. Et j’essaye d’ignorer son sourire qui s’est effacé. Elle me prend dans ses bras, je l’embrasse sur le haut du crâne, comme toujours, juste avant que la distance nécessaire à la communication ne s’intercale à nouveau entre nous. Comme toujours. :ok: « Oui, c’est passé vite. J’avais hâte de te revoir ! » J’ai un sourire complice. :ok: « Et moi donc ! » je ne me peux m’empêcher de rajouter, alors que je la sens me dévisager, non sans un certain malaise ou plutôt non sans une certaine appréhension. :ok: « Qu’est-ce qui s’est passé ? C’est l’un d’eux ? Est-ce que tu vas bien ? » Une petite grimace, cette fois. Je secoue la tête. :ok: « Pas ici. » Autant pour le mensonge que j’avais commencé à prévoir visant à justifier mon bras en écharpe par un accident domestique, je viens de me fermer la seule porte de sortie que j’avais. Pas ici, n’en parlons pas ici, on peut aussi sous-titrer ça d’un je n’ai pas trop envie de m’étaler en public ou encore d’un c’est plus grave qu’il n’y paraît qu’elle ne va certainement pas manquer de me reprocher, la connaissant. Sans compter que ça ne nie clairement pas l’origine de ma blessure, à savoir une chasse qui a mal tourné. Je soupire, pour mieux changer de sujet. Pas ici, allons plutôt directement poser ses affaires chez moi, boire un verre plutôt que s’attarder ici. Elle acquiesce à la proposition, non sans se foutre ouvertement de ma tronche.

:ok: « J’vais le garder, t’es déjà assez handicapé comme ça avec ta belle écharpe ! Si je te file mon sac… C’est une heure qu’il va nous falloir pour arriver chez toi ! » Je l’ai bien cherché et j’éclate de rire spontanément, en faisant quelques pas de reddition vers la sortie du bâtiment. :ok: « C’est toi qui me traites d’handicapé ? Tu ne manques pas d’air, dis donc ! » Je ne me fais pas prier pour la charrier en retour. Comme d’habitude. Comme depuis toujours. Son grand sourire me réchauffe le cœur, j’ai l’impression que tout va revenir à la normale dès que je le vois. Mais immédiatement après, je me souviens non seulement de ce que je lui cache, mais aussi de ce que je compte lui cacher bientôt. De ce que signifie mon bras en écharpe. D’un geste de la main, je lui indique la sortie de la gare. :ok: « Ton coloc’ est à l’appartement ? Ça le dérange pas de me voir débarquer ? » Je lève les yeux au ciel, dans un petit rire. J’ai l’impression de me jeter sur tous les prétextes possibles pour apprécier sa venue et ne surtout, surtout pas m’inquiéter pour tout le reste. Et j’y arrive plutôt bien, pour le moment. On traverse une rue, puis deux. Et j’ai enfin l’occasion de répondre au moment où un feu rouge nous retient sur la troisième. :ok: « Il est au travail en ce moment, normalement, et ne t’inquiète pas, je lui ai demandé. Et puis… » J’éclate de rire. Pas de ce rire silencieux que je lui offre habituellement, comme dans la continuité de notre communication par signe, non. Mon rire est franc, sincèrement, étrangement, doucement sonore. :ok: « Avoue que tu ne me demandes ça que par principe, p’tite sœur… tu sais très bien que ma porte te sera toujours ouverte, de toute manière, colocataire récalcitrant ou non. » Je sors mes clés dès la fin de ma phrase, incapable de faire les deux en même temps. :ok: « On y est » je rajoute inutilement après coup, avant de lui ouvrir la voie jusqu’à notre étage, notre palier et l’appartement que je lui dévoile après avoir déverrouillé la porte. « Tadaaam ! » Pas besoin de signe particulier, mon bras qui désigne l’ensemble d’un salon pas très bien rangé suffit à compléter ma voix. :ok: « Tu veux boire quelque chose ? Pose ton sac. » Je lui fais un sourire, avant de caresser un Orfeo qui pointe le bout de son museau, contrairement à Jack qui doit être planqué dans la chambre de Marcus en prévision de l’arrivée de ma sœur. Lorsque je me redresse, c’est pour fixer cette dernière, d’ailleurs. Avant de rajouter, plus sérieusement que précédemment. :ok: « Je te fais visiter maintenant, ou tu veux d’abord me poser des questions ? »




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MessageSujet: Re: (selene) welcome here, little sister   Ven 19 Mai 2017 - 19:37

Quelque chose cloche, ça se lit, se voit sur mon visage et il l’a certainement vu au premier coup d’œil. Je suis intriguée, inquiète, mais avant tout curieuse de savoir comment il a pu se mettre dans cet état. Et ça n’est pas son sourire, ni même celui que je porte fièrement qui fera passer la pilule. Je suis ravie d’être là, ça ne fait aucun doute. Retrouver mon frère me fait un bien fou, retrouver sa douceur, ses petites attentions. La facilité avec laquelle on communique, ça a quelque chose de rassurant. Avec lui, pas de forme à mettre, pas d’effort pour me faire comprendre. C’est presque reposant. J’ai des tonnes de questions à lui poser, mais celle qui me brûle les lèvres, c’est de savoir ce qui l’a mis dans cet état et sa réaction n’a rien pour m’apaiser. « Pas ici. » Qu’est-ce que je vous disais ! C’est louche et un tantinet évocateur du fait que je sois sur la bonne piste… C’est un putain de mutant qui lui a fait ça… Oh je sais, je devrais prôner la tolérance du fait de ma différence avec le monde… Mais je n’ai absolument aucun point commun avec ces choses… Ils sont dangereux, point. J’acquiesce, cependant à l’air que je prends, il doit bien se douter que je ne lâche pas l’affaire… Ca serait mal me connaitre, je ne me suis en rien assagie avec les années et je compte bien mener ma petite enquête quoiqu’il me sorte.

« C’est toi qui me traites d’handicapé ? Tu ne manques pas d’air, dis donc ! » Je souris, fait mine d’être vexée, voire carrément outrée. « Dans le cas présent, je suis la moins handicapée des deux, alors oui je te traite d’handicapé si j’veux ! Et puis j’ai le droit, c’est presque… De l’autodérision. » Et hop je lui offre un grand sourire fier et amusé. Je le suis dans les rues de Radcliff, j’ai fini de sursauter au moindre bruit un peu trop fort, même si j’ai toujours du mal à m’y faire. Des années de silence contre quelques mois de pratique du monde entendant… laissez moi encore quelques temps et je pourrais vous dire que les bruits de la ville sont « agréables »… En attendant, excusez moi mais, les klaxons à tout va me donnent juste envie de me claquer des bouchons ! « Il est au travail en ce moment, normalement, et ne t’inquiète pas, je lui ai demandé. Et puis… » Éclat de rire de sa part… Bordel je crois que mon cœur vient de rater un battement, ou deux peut-être. J’espère qu’il n’a rien remarqué du séisme qui vient de me secouer. C’est la première fois que j’entends le son de sa voix et si le premier son que j’ai entendu était une chose… Là, j’ai juste envie de sourire bêtement et de lui demander de parler encore. Je souris en réponse, tente de ne rien laisser transparaitre qui pourrait me trahir. « Avoue que tu ne me demandes ça que par principe, p’tite sœur… tu sais très bien que ma porte te sera toujours ouverte, de toute manière, colocataire récalcitrant ou non. » Il faut que je me reprenne, que je respire un grand coup sans quoi je suis foutue. « T’as tout compris. Et je sais surtout qu’avec ou sans son accord… Je comptais bien squatter ton canapé. » Ou ton lit si tu baisses la garde, mais ça tu t’en doutes, n’est-ce pas frangin ! On arrive sur le palier, je l’aurai bien aidé, mais déjà la porte s’ouvre sur l’appartement et un nouvel électrochoc me secoue. « Tadaaam ! » C’est con, c’est même très con, mais je crois que si je ne me contenais pas un minimum, je me serais mise à pleurer d’émotion. Une fois encore, je le dévisage alors qu’il me montre le salon. Je lâche un sourire et lève le pouce. Je ne suis pas sûre de garder ça secret encore longtemps, je ne sais juste pas comment lui dire. Comment lui avouer que ce qui me définit depuis ma naissance n’est plus. « Je note l’effort de guerre, j’suis ravie de ne pas trouver tes caleçons sur le canapé. Maman serait fière de toi ! » Oui je me moque, car lui et moi on sait très bien que le rangement ne fait pas vraiment partie de notre nature profonde. Mon sac atterrie non loin dans le salon, négligemment posé je l’avoue. « J’veux bien un truc sucré et frais aussi. Il faisait une chaleur à crever dans ce train. » La boule de poils pointe le bout de son nez, je le laisse tranquille pour l’instant, mais je compte bien aller l’embêter dès que l’occasion se présentera !


« Je te fais visiter maintenant, ou tu veux d’abord me poser des questions ? » « Tu m’dois une explication ça c’est clair… Comment c’est arrivé ? Et qui ! Pourquoi tu ne m’as rien dit au juste ? » Je sais je suis mal placée pour jouer les rabat-joie sur ce coup-là vu que je lui cache moi-même des choses… Mais c’est différent, je ne mets nullement ma vie en danger et je n’ai pas été blessée par un mutant ! Enfin si, mais c’est différent ! « Est-ce qu’il est mort ? Ou alors je dois partir en chasse dès demain… Et ne me ment pas, je suis pas née de la dernière pluie. Montre-moi un peu les dégâts. » Si l’attention se porte sur lui, je n’aurai pas à lui avouer que je suis droguée à une substance mutante purement addictive, c’est tout à mon avantage.

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MessageSujet: Re: (selene) welcome here, little sister   Dim 28 Mai 2017 - 0:34

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Deux minutes. Deux minutes, et je sens déjà son regard peser sur moi. Deux minutes, et je rends déjà partiellement les armes avec mon pas ici révélateur. Oui, c’est une mutante qui m’a fait ça. Oui, je n’ai pas envie d’en parler et oui, tu vas hurler, Selene, lorsque tu vas entendre toute l’histoire. Si je me décide à te la raconter en entier. Si je me décide à lui dire la vérité sans fard, la vérité de mon nouvel échec à être ce que l’on attend de moi, ce que mon héritage attend de moi, ce que toute mon éducation attend de moi. Ce que moi, j’attends de moi. Je soupire, dans un sourire. Parlons en plus tard, oui, repoussons à plus tard, bien plus tard, les discussions qui ne me plaisent pas vraiment. Je préfère, et de loin, sourire à ma sœur, me moquer d’elle, la charrier lorsqu’elle me traite d’handicapé. Lorsque je lui renvoie la politesse, sans la moindre gêne. C’est amusant de voir à quel point mon caractère réservé en public, interverti et prudent, se déride complètement en présence de Selene, comme une fleur qui se refermerait sur elle-même en temps normal et n’oserait éclore que lorsqu’elle se sent en confiance. Et avec ma petite sœur, je me sens en confiance, suffisamment pour éclater de rire en public, attirer sur nous des regards, suffisamment pour lui donner un coup de coude devant son air outré. :ok: « Dans le cas présent, je suis la moins handicapée des deux, alors oui je te traite d’handicapé si j’veux ! Et puis j’ai le droit, c’est presque… De l’autodérision. » :ok: « Si tu l’dis, princesse » Je lève les yeux au ciel, un langage des signes des plus universels, tout en me repérant dans la ville, tout en me repérant bien mieux dans Radcliff que des semaines plus tôt. Des mois plus tôt. Des mois, déjà… le temps passe bien trop vite. Les voitures klaxonnent, s’arrêtent, accélèrent dans des ronflements de moteur, des gens s’interpellent, des écouteurs font du bruit mais comme nous signons en marchant, j’ai l’impression que mon ouïe devenue inutile s’affaiblit pour se mettre en retrait ; comme toujours. Bon sang que ça fait plaisir de la revoir, malgré mon bras en écharpe !

On s’arrête à un passage piéton, j’éclate de rire une nouvelle fois lorsqu’elle me demande si Marcus est à l’appartement et, pire que ça, si ça ne le dérange pas. Je la regarde, elle et son air troublé, vraisemblablement par la fatigue du voyage, ma bonne humeur, mes bandages qui doivent l’inquiéter et tout un ensemble de choses qu’elle a plutôt intérêt à me raconter dès qu’on sera installé confortablement sur le canapé et avec un verre à portée de main. Je sais bien qu’elle n’a posé la question que par principe, voire politesse, parce que c’est elle qui a souvent eu des colocataires et moi qui les ai le plus souvent fui comme la peste. Je sais bien, aussi, ou du moins je l’espère très fortement, qu’elle est au courant que ma porte lui sera toujours ouverte, Marcus ou non, d’accord ou non, parce que c’est ma petite sœur et que je ne peux pas concevoir de la mettre un jour à la porte. :ok: « T’as tout compris. Et je sais surtout qu’avec ou sans son accord… Je comptais bien squatter ton canapé. » :ok: « Naturellement ! » Sauf que bien évidemment, on sait tous les deux qu’elle va plutôt squatter mon lit, et me reléguer au canapé du salon. Ce qui est déjà prévu, histoire de gagner du temps sur le programme, hein.

Devant l’appartement, je finis par me débrouiller pour déverrouiller la porte, dans un tadaaam qui se passe de traduction. Je sens sur moi le regard de Selene qui me dévisage bizarrement, avant de lever le pouce, dans un assentiment universel lui aussi. A croire qu’elle a jaugé rapidement du degré de bordel du salon, et donc de l’effort de rangement qu’il y a eu de ma part. Je suis sûr que d’ici ce soir, par sms, elle aura fait un rapport des plus complets à nos parents indiquant que non, Jedikiah n’a toujours pas appris à ranger même les choses élémentaires. Je dépose mon manteau, en profite pour caresser mon chat noir venu quémander des caresses et juger l’inconnue-pas-si-inconnue avec la plus grande sévérité.  :ok: « Je note l’effort de guerre, j’suis ravie de ne pas trouver tes caleçons sur le canapé. Maman serait fière de toi ! » Et voilà, je l’aurais parié. :ok: « Merci de l’avoir remarqué, j’y ai passé la matinée » je réponds, comme pour mieux tourner sa moquerie en compliment. :ok: « J’veux bien un truc sucré et frais aussi. Il faisait une chaleur à crever dans ce train. » Un hochement de tête, parler est inutile, je l’abandonne un instant pour aller du côté de notre cuisine américaine, ouvrir le frigo et sortir deux canettes de soda bien glacées, agrémentées d’un bol de glaçon, histoire qu’elle puisse en mettre autant qu’elle veut dans les grands verres qui arrivent après coup. Chaque chose en son temps, tout en m’interrompant par deux fois pour lui proposer, plus sérieusement, une visite de l’appartement. Ou des réponses à ses questions. Les verres glissent sur la table dans sa direction, mes yeux guettent ses réponses. Le langage des signes à quelque chose d’apaisant, dans le silence qu’il impose, dans le contact visuel qu’il nécessite. Il n’y a pas d’écoute, il y a une vraie communication. Et, aussi, il y a une absence de cris extrêmement agréable.

:ok: « Tu m’dois une explication ça c’est clair… Comment c’est arrivé ? Et qui ! Pourquoi tu ne m’as rien dit au juste ? Est-ce qu’il est mort ? Ou alors je dois partir en chasse dès demain… Et ne me mens pas, je suis pas née de la dernière pluie. Montre-moi un peu les dégâts. » Ma grimace est éloquente à l’instant où elle aborde la question du mensonge, que je considère encore. Je peux lui mentir, je peux tout à fait lui mentir : on m’a appris à mentir pour cacher nos activités nocturnes, illégales et létales. Je peux lui mentir, parce qu’il est plus simple de contrôler les traits d’un visage que le ton d’une voix. Mais… mais c’est ma sœur et elle n’a pas tort : elle ne se laissera pas avoir aussi facilement. J’ouvre ma canette d’ice tea avant tout chose : main occupée signifie le silence. « Selene, je… » Ma voix résonne dans l’appartement silencieux. Je ne sais pas par où commencer. Certainement le plus simple. Marcus n’est pas là. Mes doigts déboutonnent ma chemise, laissent apparaître le bandage qui couvre encore entièrement mon torse, mon épaule et mon bras. :ok: « C’est impressionnant mais superficiel, Selene, ne t’inquiète pas. Et… n’en parle pas aux parents, s’il te plaît. Ça risquerait de les inquiéter. » Elle doit sentir venir le coup foireux à ce moment-là, j’en suis certain. Parce que ce n’est pas une question d’inquiéter ou de ne pas inquiéter. C’est une question d’avoir fait mon travail ou de ne pas l’avoir fait. Et en l’occurrence… Je soupire en remettant correctement ma chemise, sans pour autant la boutonner. Je suis pudique. Extrêmement pudique. Mais avec Selene, la pudeur est quelque chose que j’ai rapidement dû oublier. Et c’est ma sœur. Pas un ami. Ni une étrangère.

Je m’écarte un peu pour rejoindre avec mon verre le salon et la table basse, pour rejoindre le canapé et m’y laisser tomber. « La vérité, c’est que j’ai été incapable de l’abattre » je me marmonne à moi-même, sûr qu’elle n’entendra pas cet aveu, avant de signer à son intention. :ok: « Elle m’a échappé. Mais tu n’as pas à t’en occuper, Selene, il faut que je le fasse, c’est mon devoir. » Un devoir dans lequel je suis loin, très loin d’exceller. Malheureusement. :ok: « C’est une mutante que j’ai trouvé dans les fichiers de Mike. Tu sais, les dossiers qu’il faisait sur chaque mutant… je pensais être capable de m’en occuper mais de toute évidence… » Mon sourire achève ma phrase, comme un enfin voilà, bref l’aurait fait à l’oral.




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MessageSujet: Re: (selene) welcome here, little sister   Sam 10 Juin 2017 - 22:56

« Si tu l’dis, princesse » Je ne peux m’empêcher de sourire, amusée par sa remarque. J’aime retrouver cette complicité qui nous lie. Elle m’avait cruellement manquée au cours des derniers mois. J’ai des tonnes de questions à lui poser. Tout savoir sur sa vie actuelle, ce qu’il me cache, ce qu’il ne me dit pas et que je pense lire entre les lignes. Pourtant ce qui me perturbe le plus ce ne sont pas les bruits de la ville non, ça j’ai fini par m’y habituer à la longue. Ce qui me perturbe vraiment, c’est de l’entendre lui, son rire. Et c’est dur de ne pas lui demander de rire encore, de parler encore et encore juste pour que je puisse m’extasier devant cette chose si innocente. Je souris d’autant plus lorsqu’on en vient à évoquer son coloc’ et la façon dont je prendrais possession de sa chambre dès que j’en aurai l’occasion. Je ne suis pas opportuniste, juste… Disons que je sais saisir ma chance dès que l’occasion se présente et là l’occasion est trop belle de m’incruster un peu dans la vie de mon grand frère.

Nous voilà devant la porte de son appartement, et mon cœur loupe un nouveau battement lorsqu’il prononce son tadam. Bordel Jed il va falloir arrêter de faire ce genre de chose, parce que je ne vais pas réussir à garder ce secret très longtemps… De toute façon, il me connait assez pour comprendre que quelque chose à changé, même si la réalité est certainement à des années lumières de celle qu’il imagine. Oh mon plan est déjà tout trouvé, je ne compte pas lui dire toute la vérité. Je déteste me faire sermonner, comme tout le monde… et entre nous je ne suis pas prête à renoncer à ce petit miracle juste parce que c’est immoral et peut-être dangereux. J’essaie donc encore une fois d’agir le plus normalement possible comme à l’accoutumée. Au lieu de ça, je préfère de loin le chambrer sur le bordel organisé qui règne chez lui. J’exagère car pour être franche, je m’attendais à bien pire le connaissant un minimum.  « Merci de l’avoir remarqué, j’y ai passé la matinée » « Tout ça juste pour moi. » Je fais mine d’être touchée par cette délicate attention en collant une jolie mimique sur mon visage. Ce qui en soit n’est pas totalement faux, je sais que dans son état, ça n’a pas du être la plus facile des choses.

Pendant qu’il s’exécute dans la cuisine pour préparer nos boissons, je me charge de poser mon sac dans un coin en découvrant les lieux. Lorsqu’il revient avec les boissons, je prends l’un des verres, le glace et le remplie de thé glacé. C’est un excellent plan ! Tout comme le questionner d’entrée de jeu, parce qu’il est hors de question de laisser trainer. J’ai besoin de savoir, de comprendre ce qu’il s’est passé et sa grimace en dit long… Je suis persuadée qu’il a d’abord songé à me mentir… Me servir un bateau tellement gros que ça paraitrait insensé. Le silence s’impose et je me vois déjà aller lui secouer les puces pour qu’il parle… Je ne lâcherai rien, il devait s’en douter pourtant… « Selene, je… » Je me force à ne pas tourner la tête vers lui, ni même à m’emporter en voyant qu’il cherche la solution. Accouche Jed, sans quoi je vais perdre patience… Mes doigts pianotent d’impatience contre le verre. Je lui laisse une chance de passer aux aveux et il finit par s’exécuter. Déboutonne sa chemise et là, je vois l’étendue des dégâts. Le verre posé, je porte une main jusqu’à mes lèvres. Il doit le voir à ma réaction car il ne tarde pas à agiter ses mains. « C’est impressionnant mais superficiel, Selene, ne t’inquiète pas. Et… n’en parle pas aux parents, s’il te plaît. Ça risquerait de les inquiéter. » « Ca a pas l’air si superficiel que ça, Jedikiah… alors évite de tenter de dédramatiser, je suis plus une gamine… »

Si j’avais prononcé ces mots… Je les aurais marmonnés. J’ai du mal à le croire, et surtout… Je suis sûre que le responsable est toujours en vie et ça a le don de m’exaspérer ! Je reprends mon verre, le porte à mes lèvres quand il se laisse tomber. « La vérité, c’est que j’ai été incapable de l’abattre » Et là c’est le drame, mon visage se tourne vers lui face à ce qu’il vient de balancer, tandis que je rattrape de justesse le verre que j’ai dans les mains. T’es sérieux Jed ??! Pourquoi cette révélation ne me surprend même pas. « Elle m’a échappé. » Tu m’en diras tant… Échappée… Mais bien sûr, et tu me dis ça dans le blanc des yeux en prime. Je ne peux m’empêcher de râler, tiquer sur cette excuse qu’il me sert. « Mais tu n’as pas à t’en occuper, Selene, il faut que je le fasse, c’est mon devoir. C’est une mutante que j’ai trouvée dans les fichiers de Mike. Tu sais, les dossiers qu’il faisait sur chaque mutant… je pensais être capable de m’en occuper mais de toute évidence… »

De toute évidence, ce n’est pas le cas et ça me désole frangin. « Je te laisse deux semaines pour régler le souci… après quoi… je m’en charge avec ou sans ton accord. » Et tu sais que je suis sérieuse. « Je ne dirais rien aux parents si tu m’assures que cette garce va payer… » Le fait qu’il évoque Mike me chatouille, titille ma corde sensible. Jed… Est-ce qu’elle a un lien avec lui ? » Sous-entendu sa mort, mais ça il s’en doute…
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MessageSujet: Re: (selene) welcome here, little sister   Dim 18 Juin 2017 - 12:34

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Par bien des aspects, Selene et moi sommes des frère et sœur de ce qu’il y a de plus normal. Complicité, dispute, jalousie, soutien, délires en commun, insolences envers nos parents, unis comme deux doigts de la main mais prompts à se foutre de baffes quand l’autre dépasse un peu les bornes… par bien des aspects, oui, Selene et moi sommes un frère et une sœur de ce qu’il y a de plus normal. A la différence près que lorsqu’on creuse un peu plus sous la surface, il n’est guère compliqué non seulement de se rendre compte qu’en réalité, c’est bien plus complexe que ça, mais qu’aussi notre famille en elle-même est un peu plus hors norme. Et que nos secrets, eux aussi, ne sont pas vraiment des plus simples. Deux frère et sœur normaux ; une sœur sourde et muette, un frère lâche et prompt à fuir le conflit ; une sœur revancharde et un frère qui a accepté de se faire battre pendant des années pour mieux la protéger ; une sœur qui est loin d’être fragile et un frère qui est loin d’être fort. Une sœur chasseuse, un frère traître à son sang, à sa famille ; traitre à sa sœur. Une inspiration, il s’agit pour le moment de se concentrer sur la partie la plus normale de notre fraternité. Sur notre aisance à se charrier, sur mon bordel un peu moins bordélique que d’habitude, sur le fait qu’elle le remarque presque aussitôt. Je tourne le tout dans un compliment, pour mieux lui proposer quelque chose à boire. :ok: « Tout ça juste pour moi. » J’éclate de rire encore une fois ; un regard complice lancé dans sa direction : :ok: « Je suis un grand frère exemplaire, que veux-tu… ». Un grand frère exemplaire… je suis loin de l’être, comme le prouve cette angoisse dans ma poitrine, cette appréhension quant aux questions de Selene qui ne devraient pas tarder à tomber. Qui ne devraient pas tarder à m’asphyxier. Les verres glissent sur la table, un bol rempli de glaçon à côté ; je sors aussi de quoi les remplir, la bouteille et les cannettes rejoignent les verres.

Le silence, le silence des mots, le silences des gestes. Tu me dois une explication, en effet, je lui en dois une. Le problème, c’est que je n’ai pas vraiment envie de la lui donner, son explication. Je commence à parler, à haute voix, mains immobiles. Je tiens loin d’elle ce que je veux lui dire. Ma voix résonne dans la pièce, j’essaye de faire la part des choses. Sans y parvenir pour autant. Selene, je le sais, va vite s’impatienter si je tarder trop mais… petite sœur, tu n’as pas vraiment envie de savoir, c’est ce que mes yeux lui murmurent dans un regard gêné. Finalement, ses doigts pianotent sur son verre, les miens consentent à déboutonner ma chemise. Impressionnant mais superficiel, je crois qu’on peut résumer par ses deux mots, l’ampleur de ma blessure, l’ampleur de mes bandages, mais l’absence de réelle gravité du tout. Je vais guérir, je n’aurai comme séquelles qu’une peau marquée par le feu, comme pour mieux me rappeler cette vérité que je refuse encore, pour le moment, de dire à ma sœur. J’ai une nouvelle fois été trop lâche pour faire mon devoir. :ok: « Ca a pas l’air si superficiel que ça, Jedikiah… alors évite de tenter de dédramatiser, je suis plus une gamine… » Je secoue la tête. :ok: « Je t’assure, Sel’, c’est vraiment… c’est vraiment pas… » Difficile de ne signer qu’à une main, j’ai l’impression de m’exprimer la bouche pleine, ou pire : sans pouvoir desserrer les dents. :ok: « Ce n’est vraiment pas grave. Juste impressionnant. » Et douloureux. Et humiliant. Je soupire, referme ma chemise sans avoir le courage de la reboutonner. Une gorgée de soda, je me laisse tomber sur le canapé avant de reprendre mes aveux.

Des aveux que je lui refuse, encore une fois, en les restreignant à des mots prononcés et non signés. Ma sœur ne peut pas lire sur mes lèvres, elle ne peut pas les entendre. Elle ne peut pas entendre que j’ai été incapable d’abattre Thatcher, que j’ai tout fait pour ne pas avoir à l’abattre, même quand elle était totalement à ma merci, même lorsqu’il m’aurait suffi d’appuyer sur la gâchette pour éliminer le problème. Et la menace. Je me tourne vers elle, elle semble bouleversée. Et en colère. J’essaye de me justifier, de m’excuser, de la dissuader mais il ne me faut pas grand-chose pour comprendre que… non. :ok: « Je te laisse deux semaines pour régler le souci… après quoi… je m’en charge avec ou sans ton accord. » Je me lève, le visage bien plus dur. Par bien des aspects nous sommes des frères et sœurs de ce qu’il y a de plus normal. Par bien d’autres en revanche… dès qu’on parle de chasse, la normalité s’évapore, notre complicité se tord, se distend, se fait plus fragile, tendue et craquelée. Dès qu’on parle de chasse, j’ai l’impression de voir en elle nos parents, nos grands-parents, notre héritage de Hunter ; j’ai l’impression de voir en moi le canard boiteux. :ok: « Je ne dirais rien aux parents si tu m’assures que cette garce va payer… Jed… Est-ce qu’elle a un lien avec lui ? » Je déglutis. Mais... mes doigts se serrent autour du verre. :ok: « Selene, je ne plaisante pas ! Je t’interdis de la poursuivre, c’est ma proie, c’est mon devoir. Tu es venue en ville pour ça, hein ? » J’en étais déjà convaincu, mais j’ai besoin d’en être certain. Selene n’est pas ici que pour me voir, que pour voir son grand frère. Je sais, au fond de moi, qu’elle est surtout là pour Mike.

Que ce qui l’a menée ici, c’est la même chose qui m’a mené, moi, à Radcliff en premier lieu. Seulement… je ne peux pas lui dire directement que je n’ai pas plus avancé sur la compréhension de ce qui est arrivé à mon meilleur ami que je n’ai appris à me comporter comme un véritable chasseur. Je ne peux pas, parce que je sais que le respect qu’elle a pour moi dès qu’on parle de chasse est presque inexistant. Parce que moi non plus, je n’aurais aucun respect pour moi à sa place. :ok: « On est obligé de parler de ça maintenant ? Ca fait pas une heure que t’es en ville, tu veux vraiment qu’on parle de Mike maintenant ? De chasse, de mutants ? Tu t’es renseignée sur Radcliff avant d’y refoutre les pieds ? On n’a plus Lancaster pour nous couvrir, toute la ville a basculé dans le pro-mutant, nous ne sommes pas les bienvenus ici ! On doit régler ça… discrètement. » Suis-je en train de sous-entendre qu’elle n’est pas discrète ? Peut-être. :ok: « Faut faire profil bas. » Elle ne va pas aimer. :ok: « Et je ne sais pas si la mutante qui m’a fait ça est liée à Mike. C’est ce que je voulais vérifier lorsque je suis allé la voir. C’était… c’était la dernière cible en date de Mike. » Mais aux dernières nouvelles, le corps de Mike n’a pas été retrouvé, on ne sait toujours pas comment il a été tué.





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MessageSujet: Re: (selene) welcome here, little sister   Sam 8 Juil 2017 - 20:05

« Je suis un grand frère exemplaire, que veux-tu… » Je ne peux m’empêcher de sourire, à moitié amusée tant sa remarque caractérise notre relation. On s’aime, c’est une évidence, comme deux frères et sœurs normaux… Si tant est qu’on puisse parler de normalité dans mon cas. Pourtant nos caractères divergent sur bien des aspects, et on pourrait aisément se demander si l’un de nous deux n’a pas été adopté. « Un vrai modèle pour la sœur parfaite que je suis déjà ! » Je plaisante car si je ne suis pas la plus modeste de la famille… Je suis loin d’être une femme narcissique imbue de sa petite personne. Alors ok, je plaisante souvent sur le sujet, j’en joue énormément, mais en rien je ne le pense réellement. Ma boisson en main, j’en avale une partie en essayant de ne pas trop me précipiter, au risque de me geler le cerveau. D’autant qu’il faut que je sois prête à affronter le frangin et ses mensonges. Je le vois en train de chercher à me monter un bateau gros comme le titanic… « Je t’assure, Sel’, c’est vraiment… c’est vraiment pas… » Il galère à signer, normal pratiquer la langue des signes d’une seule main relève de l’art… Je patiente donc, le laisse s’exprimer au mieux. « Ce n’est vraiment pas grave. Juste impressionnant. » Pas grave… Laisse moi sérieusement en douter… « Si tu le dis… » Je ne le crois pas, pas une seule seconde et il doit bien le comprendre au regard que je lui porte. Une part de moi a la macabre envie de voir l’étendue réelle des dégâts. Je suis certaine que c’est moche, vraiment moche.

Je l’écoute, je ne sais pas si c’est ce qu’il me dit ou alors si c’est le fait de l’entendre me parler de vive voix qui me perturbe autant. Est-ce qu’il s’en est rendu compte ? Pas sûre, il est bien trop occupé à couvrir ses arrières. Alors quand je lui balance mes plans, je le vois s’agacer. C’est commun, la routine, Jed n’a jamais vraiment apprécié que je me mêle de ses affaires. Je doute qu’il réussisse à obtenir réparation. « Selene, je ne plaisante pas ! Je t’interdis de la poursuivre, c’est ma proie, c’est mon devoir. Tu es venue en ville pour ça, hein ? » Je ravale ma fierté, ça fait à peine cinq minutes que j’ai débarqué et déjà je me prends la tête avec mon frangin pour des histoires de mutant. Ces saletés de mutants auront ma patience un jour. Je fais une moue piquée au vif, je n’ai aucune envie de me disputer avec lui, surtout pas à ce sujet. Tout comme je n’ai pas forcément envie d’évoquer tout de suite le sujet Mike… Pourtant c’est pour ça que je suis ici, en partie car revoir Jed est une raison également non négligeable.

« On est obligé de parler de ça maintenant ? Ca fait pas une heure que t’es en ville, tu veux vraiment qu’on parle de Mike maintenant ? De chasse, de mutants ? Tu t’es renseignée sur Radcliff avant d’y refoutre les pieds ? On n’a plus Lancaster pour nous couvrir, toute la ville a basculé dans le pro-mutant, nous ne sommes pas les bienvenus ici ! On doit régler ça… discrètement… Faut faire profil bas. » Tu es sérieux Jed ? Je n’ai jamais fait dans la dentelle certes, mais de là à dire que je suis pas discrète… « Pour qui tu me prends ? Une attardée qui bute tout ce qui bouge ? » Oui ça m’agace, sérieusement même qu’il me prenne pour une accro au flingue. Même si dans un sens, ce n’est pas totalement faux… Je suis une droguée à l’adrénaline, c’est pas nouveau ! « Et je ne sais pas si la mutante qui m’a fait ça est liée à Mike. C’est ce que je voulais vérifier lorsque je suis allé la voir. C’était… c’était la dernière cible en date de Mike. »

Je soupire… Lève les mains en signe de rédemption. J’aurai tout le temps de me prendre la tête. Tout le temps de retrouver la saloperie qui a fait ça à Mike et peut-être à mon frère. « Excuse-moi… Je voulais pas aborder ce sujet… Enfin si, mais pas comme ça. C’est vrai, si je suis ici c’est en partie pour lui, mais c’est surtout pour te voir. Imagine si les rôles avaient été inversés, que toi tu débarques chez moi et que tu me trouves dans cet état ? Me dit pas que tu n’aurais pas envie de trouver celui qui a fait ça… » Je ne dis pas, j’ai été blessée plusieurs fois, mais jamais à ce point. « Je ne ferais rien, promet-moi juste que tu te dégonfleras pas et qu’elle paiera. » Oui je sais, c’est bizarre comme conversation, pourtant ça me semble le plus naturel possible. Comme si descendre des mutants étaient la chose la plus normale qui soit au monde. Je m’apprête à reprendre quand un bruit sourd me fait sursauter derrière nous. Instinctivement, je me retourne pour voir la source pour me rendre compte que c’est le chat qui joue les équilibristes faisant tomber un vase – ou autre objet susceptible de faire un boucan d’enfer en se brisant au sol – au passage.

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MessageSujet: Re: (selene) welcome here, little sister   Mer 19 Juil 2017 - 21:23

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« Un vrai modèle pour la sœur parfaite que je suis déjà ! » J’éclate de rire sans me faire prier, l’esprit léger, apaisé par cette discussion de ce qu’il y a de plus normal avec ma petite soeur. Grand frère modèle et soeur parfaite, nous sommes loin de la réalité, l’humilité me force à le dire, mais… mais j’aimerais beaucoup que ça s’avère un jour être la vérité, que ça se superpose et efface le reste, que ça nous évite d’en venir à cette discussion - inévitable - à propos de mes blessures et de leur origine. J’ignore, d’ailleurs, ce dont je veux le moins parler entre ces deux derniers points. Bandages impressionnants, blessures superficielles, ce n’est pas comme ça que je vais convaincre la plus retorse et la plus butée de la fratrie Grimwood. Mes doigts referment ma chemise, il me suffit d’un coup d’oeil sur le scepticisme de ma soeur pour comprendre que le sujet est loin d’être clos. Vraiment loin. :ok: « Si tu le dis… » Je lui offre pour toute réponse un petit sourire chargé de résignation : non tu n’en verras pas plus, lui disent mes lèvres et ma moue. Et… et oui, c’est bien un mutant qui en est responsable, oui, c’est bien ma lâcheté dont on parle une fois encore, oui, encore une fois, j’ai tergiversé, douté, fait traîner les choses en longueur pour ne pas avoir un cadavre supplémentaire sur la conscience et, encore une fois, j’en ai payé le prix. Sauf que ni l’un, ni l’autre ne sommes dupes : un jour, je risque d’en payer le prix fort. Tout n’est qu’une question de temps.

De temps, comme ces deux semaines qu’elle me laisse. Le ton de la conversation n’a plus rien de léger, mon visage se durcit et se referme, engoncé dans une vexation des plus ridicules. Deux semaines, sinon quoi, elle s’en charge elle-même ? Elle accepte de taire cette mésaventure à nos parents en échange de réponses, elle me fait du chantage ? Elle veut savoir si tout ça a un lien avec Mike, avec lui, parce qu’au final, c’est la seule raison de sa venue à Radcliff, faire un travail que je suis incapable de faire, traquer elle-même le meurtrier parce que son trouillard de frère fait dans son froc à la seule idée de faire quelque chose d’illégal ? Finis les éclats de rire, finie la complicité, finie la relation frère-soeur normale, notre héritage hunter me frappe de plein fouet et toutes ses implications me frappent. Mes doigts, eux, se resserrent sur mon verre et je m’entends lui répondre d’une voix acide. Colérique. Légèrement emportée, je dois bien l’admettre. Ma proie, mon devoir, je sais que Selene serait peut-être plus prompt à me faire confiance sur ce sujet si j’avais davantage de trophées à mon tableau de chasse, si j’avais moins tendance à me défiler, mais… je ne plaisante pas. En quelques mots, le grand-frère s’impose face à la petite soeur, se met en tête de lui interdire quelque chose, se met en tête d’avoir un semblant d’autorité. Faire profil bas, le sous-entendu de ma diatribe est clair : ce n’est à mes yeux pas ce qu’elle fait habituellement. :ok: « Pour qui tu me prends ? Une attardée qui bute tout ce qui bouge ? » Je contracte ma mâchoire pour ne pas répondre à la provocation. Une attardée qui bute tout ce qui bouge, vu mes rêves qui me hantent, j’ai parfois l’impression que c’est le cas, oui. Même si je ne lui dirai jamais en face, même si je n’avouerai jamais que les meurtres de nos parents, les miens et les siens me poursuivent dans mon sommeil et me font horreur. Je suis écartelé entre ma répugnance et mon sens du devoir. Alors ouais, à mes yeux, parfois les autres Grimwood me semblent tirer sur tout ce qui bouge, sans le moindre bon sens. Et le reste du temps, je me rends compte que c’est juste moi qui ne tire pas assez.

Un soupir. Je me mords la lèvre et lui concède mes conclusions, je lui concède une réponse. Est-ce que la mutante est liée à Mike ? Je ne sais pas. Je suis honnête dans ma réponse, je suis honnête dans mes doutes, je suis honnête dans tout ce que je lui dis, à ce sujet. Les chances pour que Thatcher soit réellement liée à Mike sont élevées, si élevées… et moi, je l’ai laissée filer. Selene lève les mains, je fronce les sourcils : ce n’est pas courant qu’elle fasse marche arrière comme ça. :ok: « Excuse-moi… Je voulais pas aborder ce sujet…» Un geste de ma main libre, c’est pas grave :ok: « Enfin si, mais pas comme ça. C’est vrai, si je suis ici c’est en partie pour lui, mais c’est surtout pour te voir. Imagine si les rôles avaient été inversés, que toi tu débarques chez moi et que tu me trouves dans cet état ? Me dit pas que tu n’aurais pas envie de trouver celui qui a fait ça… » Je me mords la lèvre, pose mon verre. :ok: « J’avoue… ma réaction serait pire » On enterre chacun de notre côté la hache de guerre, pour le moment. Depuis toujours je suis protecteur avec Selene. Bien trop à son goût. Le problème, c’est que si ça me parait normal que je la couve et refuse qu’il lui arrive quoique ce soit, ça me semble surréaliste qu’elle fasse de même de son côté. J’interprète trop facilement ça comme de la déception de sa part, du mépris ou du dédain devant ma faiblesse. « Je ne ferai rien, promets-moi juste que tu te dégonfleras pas et qu’elle paiera. » Je m’apprête à signer, mais m’interromps tout aussi vite. Lui promettre ça ? Je lui dois bien ça. Je me débrouille pour libérer ma main immobilisée, pour plaquer mes deux paumes et soulever celle du dessus ; je signe avec le plus grand soin, comme pour retranscrire mon sérieux. :ok: « Promis. » Et voilà une promesse que je compte bien tenir.

Elle s’apprête à reprendre, et moi à l’interrompre, lorsqu’un boucan du diable nous fait tous les deux sursauter. Tous les trois : Orfeo se fait peur lui même lorsque le vase qu’il tentait de contourner avec le flegme félin perd l’équilibre, explose au sol dans une projection de stylos, billes, clés et autres bazars dont on pouvait le remplir, Marcus et moi. Je n’aime pas les plantes : aucun risque qu’il y ait la moindre fleur là-dedans. On sursaute tous les trois, je fusille mon chat du regard dans un « Orfeo ! » qui attire son attention. On sursaute tous les trois… sursaute. Je marque un temps d’arrêt, le temps de réaliser ce qu’il vient de se passer. « Selene ? » Je la regarde, incrédule.

Sursauter, c’est une réaction de ce qu’il y a de plus normal. Lorsqu’on entend. Mais sursauter lorsqu’on est sourde, muette, et ce depuis sa naissance… Mes doigts signent à toute vitesse la traduction de son prénom. :ok: « Selene ? Je rêve ou… tu m’entends ? » Question signée, question stupidement signée, question… surréaliste. « C’est quoi ce bordel ? Tu entends ? Depuis quand ? Comment ça se fait ? » Incrédulité. Surprise. J’hésite entre partir au quart de tour, chercher des réponses et… juste être heureux pour elle. :ok: « Visiblement, je suis pas le seul à avoir des trucs à expliquer, tu... » J’hésite. Je ne sais plus si je dois parler ou signer. « C’était ça ta surprise ? C’est ta surprise… c’est une belle surprise ! Tu… les parents sont au courant ? »



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MessageSujet: Re: (selene) welcome here, little sister   Mar 8 Aoû 2017 - 19:00

Nos relations auraient-elles été différentes si notre famille avait été une famille somme tout ce qu’il y a de plus classique ? Est-ce qu’il y aurait eu ce goût pour la destruction ? Cette soif de faire plier les mutants pour ce qu’ils sont ? Allez savoir, nul ne le saurait jamais ! Jed et moi avons été élevés pour devenir des chasseurs, je ne sais pas ce qui a déraillé chez Jed… Ni quand cela s’est fait ! Si c’était là depuis toujours, ou alors si c’est venu petit à petit. Je l’aime, c’est mon frère, ça ne changera jamais. Et oui le voir dans un état pareil me met autant en colère que ça m’inquiète. Parce que je sais qu’il a tendance à se dégonfler lorsque l’échéance arrive et qu’il réfléchit parfois un peu trop avant d’agir. En ce qui me concerne, c’est souvent le contraire, j’agis sans penser aux conséquences… C’est mon côté tête brûlée et bien souvent ça paye ! Je suis fière de porter le nom des Grimwood pour ce qu’il représente, n’en déplaise à mon frangin et ses allusions quant à ma discrétion légendaire ! Je tique en voyant sa moue… Il ne répond pas mais son corps parle de lui-même et je n’ai aucun mal à traduire ce qu’il ne veut pas me dire : oui je te prends un peu pour une dingue qui bute tout ce qui bouge. Et ça m’agace, pire j’ai envie de lui balancer ce que je pense de ses états d’âme, mais il ne m’en offre pas l’occasion. C’est à la fois le problème et l’avantage avec Jed… Il n’est pas vraiment pour le conflit… « Je ne tire pas sur tout ce qui bouge… Juste sur ce qui n’est pas humain à proprement parlé… C’est là toute la nuance ! » Voilà qui est dit, un petit rappel de ce qu’on est censé représenter lui et moi.

Quand le sujet Mike arrive sur le tapis, je ne m’attends pas à ce qu’il me livre tout. Qu’il cède du terrain, même si c’est en partie pour lui que je suis ici. Je décide donc de lâcher du lest, lève le pied pour éviter de mettre le feu aux poudres alors même que je viens de débarquer. A son air surpris, j’en déduis qu’il ne s’attendait pas à ma rédemption. Surprise frangin, tu vois j’ai un minimum de savoir vivre tout d’même… Tu m’as ptet pas si mal élevée que ça ! « J’avoue… ma réaction serait pire » J’ai marqué un point… Je l’imagine très bien si les rôles avaient été inversés… Et même si je ne suis pas d’un naturel très protecteur et si j’ai souvent tendance à l’enguirlander pour la forme. Je n’imagine pas vraiment quelle serait vraiment ma réaction si on venait à m’apprendre que Jed était dans un état proche de la mort ou pire. Ne lui en déplaise ! Je lui demande juste de promettre qu’il fera le nécessaire… Cette saloperie doit payer, d’autant plus si elle est impliquée dans la mort de Mike ! « Promis. » Il signe avec le plus grand des sérieux et j’ose espérer qu’il est sincère… Qu’il n’est pas juste en train de m’endormir !

De toute façon, je n’ai pas l’occasion d’approfondir le sujet, son chat a décidé de me trahir. Ma réaction se veut tout ce qu’il y a de plus spontanée. Mon cœur manque un battement et je dois bien avouer que les premières fois ont été plus que perturbantes. C’est le genre de chose que je suis encore incapable de maitriser. Les sons, les réactions appropriées, c’est encore un peu l’inconnu. « Orfeo ! » Cette fois c’est lui qui me surprend et je lui fais face et ça se confirme lorsque c’est moi qui l’interpelle. « Selene ? » Son regard en dit long, il a compris et moi… Je panique juste un court instant. Puis je me ressaisie et attrape mon verre pour en boire une gorgée avant de le reposer et reporter mon attention sur Jed. C’était prévu, je ne comptais pas garder le secret, à cause d’évènement comme celui-ci… C’était prendre un risque de me faire découvrir en un claquement de doigts.

« Selene ? Je rêve ou… tu m’entends ? » Il va vite, ne me laisse même pas le temps de lui répondre qu’il enchaine déjà à une vitesse folle. « C’est quoi ce bordel ? Tu entends ? Depuis quand ? Comment ça se fait ? » Moins familière de l’oralité, ses mots défilent à une vitesse folle dans mon esprit qui rame un peu à les assimiler. Entendre est une chose, comprendre absolument tout en est une autre. Je ne peux m’empêcher de sourire face à sa réaction. Je ne sais pas comment je réagirais à sa place… « Visiblement, je suis pas le seul à avoir des trucs à expliquer, tu... » Je signe quelque chose rapidement. Un : « Surprise ! » avant qu’il ne reprenne la parole. « C’était ça ta surprise ? C’est ta surprise… c’est une belle surprise ! Tu… les parents sont au courant ? » Il s’arrête enfin, se pose et moi je peux enfin envisager de lui répondre. Je ne sais pas si je suis en train de me ramollir ou quoi, mais sa réaction est juste adorable et je ne peux m’empêcher de sourire en ne cessant pas de le regarder. Il a vraiment l’air heureux pour moi, ravi de voir qu’une solution existe peut-être bien et c’est le voir dans cette euphorie qui me confirme que non… Je ne vais pas lui avouer d’où vient ma guérison miraculeuse… Ni que j’ai trouvé une voix. Ca serait trop brutal ! « Calme-toi, j’arrive pas à te suivre… Tout ça c’est nouveau encore…Je vais tout t’expliquer, mais seulement si tu ralentis la cadence. » Et je suis loin d’être familière avec le monde des entendants qu’on se le dise !

« Je t’entends oui… C’est une nouvelle prothèse. Un essai thérapeutique sur la surdité profonde… Je t’en ai pas parlé parce que je n’étais pas sûre du résultat et… Je ne voulais pas te donner de faux espoirs. » Je mens avec une facilité déconcertante, et s’en est presque grisant. Mon histoire, je la peaufine depuis des jours, alors oui j’y vais à fond. De toute façon, c’est bien connu… Plus il y a de détails et plus les gens croient aux histoires les plus folles. « Et puis… j’étais un peu paumée au début, tout ça c’est pas mon monde, c’est parfois… Un peu trop envahissant tu comprends ? J’ai mis un p’tit moment à m’adapter. » Ce qui en soit est la stricte vérité, les premiers instants ont été une réelle torture à vivre. Imaginez un instant de passer du silence absolu aux bruits de la ville en pleine heure de pointe. Y a de quoi devenir cinglée en moins de dix minutes.

« Les parents ne savent pas non… T’es le premier à savoir et j’aimerai que tu ne leur dises rien. Ils ne comprendraient pas et n’arrêteraient pas de me harceler de question… Et puis on est pas sûr que ce soit définitif alors… » Si je perds la main sur le mutant qui me guérie… s’en est fini de ma normalité retrouvée. « Et puis entre nous… T’as pas idée de ce que les gens disent quand ils pensent que… Tu n’entends rien ! » Un petit clin d’œil, le message est passé… Je sais… Et il doit se douter que je sais ! « On devrait fêter ça avec du rhum… Ou de la téquila ! Ou les deux ! »

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Hearts Burst Into Fire
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MessageSujet: Re: (selene) welcome here, little sister   Jeu 31 Aoû 2017 - 19:40

Welcome here, little sister
Selene & Jedikiah



« Je ne tire pas sur tout ce qui bouge… Juste sur ce qui n’est pas humain à proprement parlé… C’est là toute la nuance ! » Je la foudroie du regard, pour mieux cacher la gifle qu’elle vient de m’asséner sans le savoir. Ce qui n’est pas humain. J’ai la gorge sèche, aussi sèche que ma bouche, j’ai sur les épaules le poids d’une culpabilité et d’un secret qui pourraient m’empêcher de respirer si je ne savais pas ça, justement, bien trop révélateur. C’est ce qu’il y a de pire dans les mensonges et dans les cachotteries : rien, strictement rien, n’a le droit de paraître. Sans quoi tout s’effondre. Pire encore… Je ne peux rien rétorquer. Juste approuver. Parce que c’est ce que je suis : un traître à ma propre famille, un traître à cet ADN difforme que j’ai fait taire aussitôt que je l’ai pu, mais trop tard. Bien trop tard « Je ne critique pas ta détermination ni la justesse de tes décisions, juste ta précipitation, Lenny. » J’ai la mâchoire contractée, un ton crispé, comme pour mieux la mettre au défi de répéter ce que tout le monde pense tout bas - ou même murmure - dès qu’on associe chasse et Jedikiah dans un même propos. Oui, je sais que j’hésite trop. Mais non, je n’ai pas oublié ce que je suis supposé être. Ce que je suis supposé représenter. Ce que je suis supposé faire. Contrairement à ce qu’elle peut croire.

Tout comme je n’ai pas oublié que mon premier objectif, en venant par ici, c’était de comprendre ce qui était arrivé à Mike. Le sujet s’impose entre nous deux, inévitable. Comment en aurait-il pu être autrement, en même temps ? Il a été bien trop présent dans nos vies, bien trop présent pour tous les deux, et sa disparition bien trop brutale et inexplicable. Le sujet s’est imposé, la dispute n’a pas tardé pas à suivre, maintenant, on fait marche arrière. Selene fait marche arrière, dans une maturité qui ne devrait pas m’étonner et qui, pourtant, me prend de court. Je bégaie à mon tour des excuses. Et lui concède qu’en effet, dans une situation similaire mais inversée… ma réaction aurait été pire, bien pire que la sienne. Etonnamment pire, d’ailleurs, diraient nos proches, vu la propension à la lâcheté. Quoiqu’il en soit, je comprends. Et je lui promets, d’une promesse plus que sincère, que les responsables de la mort de Mike, et de ma blessure, finiront bien par payer pour leur seul crime d’exister. Tout comme tu finiras bien par payer pour ce crime-là à ton tour, Jed. J’étouffe dans un soupir, dans une inspiration, la petite voix qui me ramène les pieds sur Terre, je me concentre sur ce que Selene s’apprête dire et…

Tout se précipite soudain. Orfeo, le vase, les stylos et toutes ces petites broutilles qu’on fout dedans se répandent au sol avec les éclats, je sursaute, Selene sursaute, j’engueule mon chat… Comprends dans un battement de coeur que contrairement à d’habitude, Selene a entendu. Incrédulité. Incompréhension. Ma voix s’accélère, mon souffle se raccourcit, j’envisage le pire, le meilleur, n’importe quoi, je ne sais plus si je dois signer, parler, faire les deux ou me taire… « Surprise ! » Mes yeux s’écarquillent dans un large sourire. C’était sa surprise, celle qu’elle me promettait dans le train en arrivant ? Je ne sais pas quoi dire, pas quoi faire, ni quelles questions poser en priorité, parce que j’ai du mal à tout simplement assimiler ce qu’elle me raconte.

Selene entend.
Tout simplement.
Vraiment ?

« Calme-toi, j’arrive pas à te suivre… Tout ça c’est nouveau encore…Je vais tout t’expliquer, mais seulement si tu ralentis la cadence. » J’acquiesce lentement, retenant de futiles excuses. Selene entend. Comment, pourquoi, mutation ? Mon coeur fait un raté. « Je t’entends oui… C’est une nouvelle prothèse. Un essai thérapeutique sur la surdité profonde… Je t’en ai pas parlé parce que je n’étais pas sûre du résultat et… Je ne voulais pas te donner de faux espoirs. » J’ouvre la bouche, la referme, assimile, comprends enfin ce qu’il se passe. On fait des merveilles avec la technologie, et même si dans le cadre de mon travail, il faudrait que je me tienne à jour des avancées médicales, je suis la plupart trop concentré pour m’améliorer dans ma communication avec mes patients pour me renseigner sur ce qui pourrait les libérer de ma présence. D’autres membres du corps médical sont là pour ça, ce n’est pas vraiment mon travail. Mais… « C’est fou, c’est génial, c’est vraiment... » Je m’efforce de signer, de parler, de tout faire normalement, mais c’est peine perdue : ma petite soeur a quitté le monde du silence pour découvrir tout un nouvel univers.

« Et puis… j’étais un peu paumée au début, tout ça c’est pas mon monde, c’est parfois… Un peu trop envahissant tu comprends ? J’ai mis un p’tit moment à m’adapter. Les parents ne savent pas non… T’es le premier à savoir et j’aimerai que tu ne leur dises rien. Ils ne comprendraient pas et n’arrêteraient pas de me harceler de question… Et puis on est pas sûr que ce soit définitif alors… Et puis entre nous… T’as pas idée de ce que les gens disent quand ils pensent que… Tu n’entends rien ! » J’ouvre la bouche, je la referme une nouvelle fois sans avoir proféré le moindre son. A présent, c’est moi qui semble être devenu muet, alors qu’elle retrouve - ou plutôt trouve - l’ouïe. J’essaye de me repasser la conversation depuis le début, à la recherche de ce que j’ai pu dire sans signer, mais… non, je n’arrive pas à me concentrer là-dessus, tout le reste est bien trop important. « On devrait fêter ça avec du rhum… Ou de la téquila ! Ou les deux ! » Je souris, c’est bien ma soeur, et elle me connait bien. Mais avant ça... « Je comprends pour les parents, promis, je ne leur dirai rien sans ta permission ! » Après tout, elle-même ne leur dira rien sur mon état sans la mienne, n’est-ce pas ? Je ne suis pas suffisamment fou pour faire chanter ma soeur avec ça, mais j’imagine que le sous-entendu n’a pas besoin de moi pour frétiller entre Selene et moi, comme une mise en garde des plus… prévisibles. « Mais j’exige que tu me racontes tout, tout depuis le début ! Je n’imagine même pas ce que ça a dû être d’entendre, tu n’as pas dû comprendre ce qu’il t’arrivait ! » Je n’ose même pas faire une comparaison avec la découverte de ma mutation, dans un effroi et un déni qui a duré plus d’une vingtaine d’année, dans une lente compréhension de mes rêves et de leur portée réelle. Je n’ose pas, mais mon inconscient s’en arroge le droit. Et j’essaye de le distraire en continuant à poser des questions : « Depuis combien de temps ça dure cette petite cachotterie, on te l’a proposé ou tu t’es inscrite ? » Je secoue la tête.

Trop de questions, trop de choses à se dire… « Attends, tu as raison, va t’asseoir, je ram... » Je ramène les bouteilles ? Non, mauvaise idée: « Bon en fait, rends-toi utile, l’alcool est stocké dans le placard, là-bas ! » Je désigne ce qui pourrait s’apparenter à un buffet, quant à moi, je me débrouille pour délaisser nos verres de soda et en ramener de bien plus adapter sur la table basse : « Sers-nous en deux verres ! Je n’en reviens pas… ma petite soeur a une prothèse auditive fonctionnelle... » Je suis heureux. Vraiment heureux pour elle. Heureux qu’elle entend, heureux qu’il n’y a rien de mutant dessous ce miracle, heureux de voir que le monde tourne rond malgré la guerre interne dont nous sommes les soldats, heureux de voir que la technologie continue d’avancer, tout simplement heureux pour elle. « Mais du coup, tu préfères que je signe ou que je parle ? Que je continue à faire les deux peut-être ? » Et que je parle lentement, peut-être, aussi.


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(selene) welcome here, little sister

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