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 (daisy) I lied to ourselves, lying to each other

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SUR TH DEPUIS : 01/03/2015
MessageSujet: (daisy) I lied to ourselves, lying to each other   Lun 24 Avr 2017 - 22:55

I lied to ourselves, lying to each other
Daisy & Harvey



Elle a toujours cette petite mèche, plus sombre que les autres, qui se mêlent au reste sans pourtant s’y fondre totalement. Elle a toujours aussi ce petit grain de beauté derrière l’oreille. Elle a toujours, enfin, cette petite ride au coin des yeux, comme une patte d’oie discrète qui se tend dès qu’elle fatigue. Il est assis depuis une heure maintenant au coin de la rue, bonnet enfoncé sur la tête, bouteille vide à terre à côté de lui, vêtements rapiécés plus d’une fois, barbe non taillée depuis quelques jours. Invisible aux yeux des passants, il n’existe pas, et puisqu’il n’existe pas, il observe sans être vu. Et il l’observe, elle, alors qu’elle discute avec l’un de ses collègues. Il l’observe, se force à ne pas écouter. Il se concentre sur le grain de l’asphalte sur lequel il est assis, il se concentre sur l’odeur de la rue, l’odeur du gasoil, il se concentre sur le goût d’un alcool bon marché qu’il a avalé pour parfaire un déguisement. Il se concentre sur tout, pour ne pas l’entendre parler, ne pas prendre le risque d’intervenir alors que rien ne le justifierait. Depuis combien de mois joue-t-il à ce jeu ? Depuis combien de mois exerce-t-il sur ses émotions une maîtrise des plus exemplaires, pour qu’elles ne ressortent pas du lot, pour qu’elle ne le remarque pas alors même qu’elle s’est aveuglée volontairement de toute manière ? Depuis combien de mois ne se sont-ils tout simplement parlés ? Depuis combien de mois, combien de temps y a t il une distance imposée entre eux ? Trop. Pas assez. Il a le regard perçant de l’homme qui ne veut pas relâcher sa vigilance un seul instant, il a le regard perçant de celui qui s’attend à l’ouragan un joli jour d’été, où la seule brise présente se contente de caresser les visages et où les rares nuages ne sont que des fragments de coton effilochés sur un ciel azur. Il a le regard incisif de celui qui se méfie de chaque personne un trop proche, de chaque mouvement brusque alors que rien, strictement rien, ne le justifie. En dehors d’une main douloureuse, dont il masse les articulations et les phalanges sans y penser. La journée s’écoule, la soirée approche, les heures se dilapident entre ses doigts, il n’a pas bougé. Si, une fois. Quand elle est sortie chercher à manger, quand il a consenti à se lever à son tour, avec une lenteur affectée, quand il s’est autorisé à la suivre à l’ouïe, à filtrer les bruits de la ville pour ne se concentrer que sur elle. Il a alors délié ses muscles, fait quelques pas, changé d’emplacement pour maintenir son invisibilité, fait un petit tour pour rester à portée d’ouïe, et s’est réinstallé. Rythme de ses journées, rythme de quelques-unes de ses journées, rythme de ces journées qu’il tente de faire exceptionnelles mais qu’il ne peut s’empêcher de préférer à celles qui le conduisent loin d’elle. S’il est revenu, après tout, ce n’est que pour servir de bouclier entre elle et celui qui l’a attrapé, non ?

Le soir tombe, il est toujours là, un genou plié contre sa poitrine, l’autre jambe tendue le long du mur, son dos appuyé à un horodateur. Son bonnet est descendu sur son visage, il a les yeux fermés, on pourrait presque croire qu’il dort. C’est l’un des rares moments où il cesse de la voir pour l’écouter. Il s’attache à sa respiration, il la met au-dessus du reste, se concentre sur elle. C’est l’un des rares moments où son ouïe prend durablement le relai. Parce qu’il faut bien qu’il la laisse seule, parfois, pour aller travailler, pour aller manger, pour vivre un peu autrement que comme un fantôme. Pour la seconde fois de la journée, il s’étire. Elle a disparu, il fait tomber son manteau de ses épaules, arrache son bonnet pour laisser une tignasse ébouriffée qu’il tente de mâter d’une main peu convaincue, le range dans sa poche, continue d’écouter pour ne pas perdre sa trace. Un regard à sa montre, il a un peu plus d’une heure devant lui pour s’assurer qu’elle rentre chez elle, ou aille retrouver des personnes, bref qu’elle ne reste pas seule, avant d’aller travailler. A distance, il lutte pour ne pas se laisser distraire. Clac, clac, clac, clac, il ferme les yeux, longe un mur, à l’aveugle. Elle est de l’autre côté de la rue, elle a traversé, elle tourne, elle… un bruit de klaxon le force à se laisser à nouveau happer par la vue, la voiture vient de piler à côté de lui et brusquement, tous les sons de la ville le submergent, engloutissent le minuscule fil d’Ariane qu’il serait depuis tout à l’heure. Il l’a perdue. Et s’il s’efforce de rester rationnel, de s’adapter, de relativiser, son cœur s’emballe dans sa poitrine.

C’est stupide, mais c’est à cette heure-là qu’on lui est tombé dessus, c’est à cette heure-là qu’il l’estime la plus vulnérable, c’est à cette heure-là qu’il s’inquiète le plus, conscient du ridicule de ses angoisses comme de leur raison d’être. Un geste de remerciement en direction de l’automobiliste, il termine de traverser sans le moindre respect pour un quelconque code de la route, atteint le trottoir, la rue, ne voit rien n’y personne. Prévisible. Le bruit de la ville est trop dense, trop diffus, trop fort et hétéroclite pour qu’il la retrouve : une fois perdu dans la mer en tempête, son fil d’Ariane ne peut pas être rattrapé. Il va devoir chercher à l’ancienne. Le crépis s’incruste dans ses doigts trop sensibles, il sent l’humidité de la zone en périphérie du reste de la ville, le parking non loin, il… un éclat de voix. Il s’immobilise, cesse de chercher. Une nouvelle bribe de la conversation lui parvient, entrecoupée de bruits de moteurs. Une conversation qui serait inaudible pour tout autre que lui, à n’en pas douter. Quelques mots, quelques phrases… il ne lui en faut pas beaucoup plus pour qu’il comprenne non seulement que le ton monte, et monte vite, mais aussi que la personne en face ne semble guère pouvoir s’en sortir toute seule. Une autre voix, c’est justement la victime qui réagit. Une autre voix qu’il reconnait, bien évidemment, en une fraction de seconde. Son fil d’Ariane est à nouveau au creux de ses mains, il enroule ses doigts autour pour ne pas le perdre quand bien même ce serait impossible maintenant que le contact visuel est à nouveau là pour le solidifier. D’autres éclats de voix, elle est clairement en mauvaise posture. S’il est là, n’est-ce pas justement pour prévenir ce genre de situation ? Il n’a pas besoin de réfléchir davantage pour se décider. Il se précipite sur le parking désert, ne ralentit que pour asseoir une présence menaçante.

« Et du con ! Laisse la tranquille ! » Une apostrophe grave, provocante, qui a le mérite de faire se retourner ducon. Il n’a peut-être pas l’air très menaçant, mais il a quelque chose dans ses traits qui ne peuvent faire comprendre qu’une chose : en intervenant, il cherche non seulement des emmerdes, mais surtout des emmerdes qu’il peut parfaitement gérer. Au bout de ses mains se tient une arme de poing, de celles fournies par et pour les forces de l’ordre, qu’il estime particulièrement adéquate pour répondre à la menace armée que tient l’autre agresseur. Un couteau à cran d’arrêt, typique des caïds ; un couteau à cran d’arrêt souplement serré dans un point, signe d’une maîtrise évidente. « Dégage. Et je ne te le répèterai pas deux fois. » Il avance, sans s’arrêter, à mettre l’autre en joue. Pas de mouvement, il ne baisse même pas la lame du poignard ; il n’hésite pas plus longtemps, son doigt ôte la sécurité. « Tu veux me tenter ? » Il y a un silencieux au bout de l’arme, le genre de précaution dont il ne se passe jamais. L’autre recule finalement. Ne pas la regarder, ne surtout pas la regarder, attendre qu’il dégage, qu’il dégage définitivement. Ranger l’arme. Se heurter à son regard. Et demander tout de go. « Ça va ? » d’une voix oscillant entre l’agressivité et l’inquiétude, dans une rugosité qui n’est pas sans rappeler le garde-chasse solitaire qu’il était lorsqu’ils se sont rencontrés.


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MessageSujet: Re: (daisy) I lied to ourselves, lying to each other   Mar 9 Mai 2017 - 14:59


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— harvey sunderland et daisy moriarty —

Y avait eu pas mal de changement à Uprising, un changement de chef parce que Sheldon Smith avait été assassiné et depuis le poste de police, l’enquête sur la mort de l’ancien dirigeant du groupe continuait. Tout le monde avait qui l’avait tué, c’était encore une histoire de preuves à trouver avant de pointer qui que ce soit du doigt. C’était comme avec Lancaster. Tout le monde avait su toutes les horreurs dont il était responsable et personne n’avait rien pu faire par manque de preuves. Fallait croire que c’était courant dans cette ville de s’en sortir aussi facilement par manque de preuve. Daisy, elle avait travaillé dans des villes plus grandes, sur tout un tas de crimes et jamais elle n’avait été confrontée à tout ce qu’elle voyait depuis qu’elle était arrivée à Radcliff. C’était qu’au milieu des problèmes que le pays avait rencontré, les nombreuses crises, on avait fini par oublier les petites villes pour se concentrer là où les problèmes sautaient le plus aux yeux. Elle espérait que ça puisse changer avec la présence de la milice en ville. Elle hésitait même à la rejoindre, après tout, elle avait la formation idéale pour ça et travailler pour l’état, elle avait l’habitude, après les années qu’elle avait passé dans la CIA. Elle ne savait pas ce qui était le mieux, entre la police et cette fameuse milice, pour essayer d’aider les gens autour d’elle. C’était ce qu’elle faisait maintenant, elle aidait comme elle pouvait et elle le faisait beaucoup mieux qu’à l’aide de ce pouvoir dont elle ne voulait pas. Sa vie, elle était plus simple depuis qu’elle utilisait le NH24.

Elle se fichait bien de ce que quiconque pourrait en penser. Oh, des jugements, elle en avait déjà essuyé. Le pire étant venu d’Harvey évidemment, alors qu’il lui avait semblé qu’elle avait perdu tout intérêt dans les yeux du jeune homme, au moment où elle s’était défaite de ce pouvoir qui lui pourrissait la vie. Les mois étaient passés depuis et elle disait bien volontiers à qui voulait bien l’entendre, qu’Harvey, ce n’était plus qu’une vieille histoire qu’elle avait oubliée. Elle valait mieux que ça Daisy après tout. C’était du moins ce dont elle essayait de se convaincre. Elle avait été une femme forte qui n’avait jamais passé des jours et des jours à pleurer sur ses histoires d’amour. Elle avait toujours privilégié son job aux mecs qui pouvaient croiser sa route. Elle avait connu l’amour, elle avait essuyé des cœurs brisés, elle en avait elle-même brisés, mais elle s’en était toujours bien remise. Alors, elle se disait, qu’à force de se répéter que c’était le cas avec Harvey, ça allait bien finir par être vrai. Mais le fait était qu’il était toujours là dans un coin de ses pensées et qu’elle n’arrivait pas à passer à autre chose. Il avait compté Harvey, alors qu’il avait été cette main tendue dans un moment de sa vie où elle avait été complètement désespérée et au milieu des ténèbres dans lesquels elle avait été paumée, il lui avait montré la lumière, il lui avait appris comment accepter cette malédiction qu’elle portait à présent en elle et, pour le temps qu’il avait été là, il avait su alléger le fardeau qu’elle portait.

Elle avait pourtant eu l’impression de pouvoir enfin respirer, quand elle avait ressenti les effets du vaccin dans ses veines. Elle s’était sentie libre. Maintenant qu’Harvey n’était plus là, elle ne pouvait pas imaginer laisser son pouvoir reprendre le dessus. Alors, elle en prenait de ce vaccin, encore et encore, probablement trop, mais ça n’avait pas d’importance, malgré les insomnies régulières, les maux de têtes ou les effets de manque qu’elle pouvait parfois ressentir, à l’image d’une droguée, elle se sentait mieux, quand le vaccin faisait son effet sur elle, au moins elle ne ressentait que ces propres maux, pas ceux des autres. Elle n’était pas perturbée par le reste et du coup, ça lui redonnait ses talents de comédienne, assez pour qu’elle ait réussi à manipuler un hunter, du genre de ceux qui était persuadé qu’il pouvait dire tout et n’importe quoi, il la tuerait après. Jouer les demoiselles en détresse, c’était pas bien compliqué, il la pensait sans défense, il était sur le point de parler quand, un autre gars se pointe. Elle ne tarda pas à le reconnaitre Daisy. Harvey, évidemment. Quel abruti. « Non, attends ! » Qu’elle lança à l’adresse de l’autre gars, plus désespérée qu’autre chose, comme s’il allait vraiment rester maintenant qu’un imbécile avait pointé un flingue vers lui. Elle leva les yeux au ciel à la suite à la question du jeune homme, elle avait envie de lui coller une baffe dans la gueule. « C’est un peu tard pour t’inquiéter de mon état. » S’il l’avait fait des mois plus tôt, peut-être qu’ils n’en seraient pas là, mais non, il s’était barré comme le plus gros connard de la planète. « J’m’en sortais vraiment très bien toute seule, merci pour avoir foutu tout mon plan en l’air ! Et dire que je bossais là-dessus depuis des jours ! » Elle en avait remonté des pistes avant de tomber sur ce gars et avec lui, elle avait vraiment cru qu’elle pourrait arriver à quelque chose, des confessions qui l’enverraient en taule, pour tous les transmutants qu’il avait pu tuer. Elle souleva légèrement sa chemise, pour dégager le boitier qu’elle avait coincé en dessous, l’attrapant furieusement pour l’éteindre et arrêter l’enregistrement, ça ne servait plus à rien maintenant. « Tu crois vraiment qu’un abrutit comme ça allait me tuer ? » Merde, il la prenait pour qui maintenant ? Finalement la comédie de la fille en détresse, elle avait bien marché, elle allait finir par aller réclamer un oscar pour son talent de comédienne, de toute évidence, elle le mériterait.  

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: (daisy) I lied to ourselves, lying to each other   Jeu 11 Mai 2017 - 23:22

I lied to ourselves, lying to each other
Daisy & Harvey



« Non, attends ! » Il y a dans la voix de Daisy un léger désespoir. Une légère supplique. Qui ne devrait pas être là. Il ne lui en faut pas plus, à Harvey, pour comprendre une chose relativement évidente : il n’aurait pas dû intervenir, elle ne voulait pas qu’il intervienne. Il ne lui en faut pas plus et pourtant, une deuxième évidence le frappe presque instantanément : face à elle, il retrouve son identité. Et ne le regrette pas. Il n’est pleinement lui qu’à cet instant, à cet instant où il cesse de n’être qu’une ombre obnubilée par un seul but pour redevenir un homme. Avec un nom. Avec une histoire. Avec un passé. Avec des émotions primaires, brutes et brutales, des émotions à l’image de ses perceptions, des émotions qui tombent facilement dans le trop. Il est pleinement lui, lorsque ses yeux croisent les siens, avec tout ce qui fait qu’il est lui, qu’elle est elle. Il se prend harvey dans la figure et se rend compte qu’il avait tendance, depuis des jours, des semaines, bientôt des mois, à ne plus se désigner, se reconnaître, penser à lui-même en tant qu’harvey mais juste en tant que lui, impersonnel. Comme si sa substance avait perdu tout intérêt. Et là, face au regard que lui lance Daisy, il redevient brutalement un homme. Il n’a pas besoin de se concentrer pour entendre sa respiration. Il n’a pas non plus besoin de se concentrer pour sentir sa colère. Et une absence complète de reconnaissance.

Il n’aurait pas dû intervenir. Mais elle était menacée. Et l’homme était armé. Et… « C’est un peu tard pour t’inquiéter de mon état. J’m’en sortais vraiment très bien toute seule, merci pour avoir foutu tout mon plan en l’air ! Et dire que je bossais là-dessus depuis des jours ! » Harvey écarquille les yeux dans un « Pardon ? » rhétorique. Il est raide, devant elle, parce qu’il ne voit pas comment se tenir autrement. L’arme dégainée a retrouvé son holster, mais l’adrénaline d’une inquiétude brutale et froide est toujours présente, comme une agressivité latente. Il n’aurait peut-être pas dû intervenir, il le comprend bien, elle le prend mal mais… Il lève les yeux au ciel devant le boitier, l’enregistrement en cours qu’elle dégage de sa chemise, qu’elle arrête et qu’elle range. Eloquente. « Oh putain, tu plaisantes... » Vu la sécheresse et la brusquerie de ses mouvements, non. Elle ne plaisante pas. « Tu crois vraiment qu’un abruti comme ça allait me tuer ? » Il se prend la tête entre les mains en faisant quelques pas sur le parking. Des mois à l’écart foutus en l’air pour quoi, pour une comédie dans laquelle il a couru, sauté à pied joint comme un demeuré de bas étage, comme le demeuré qu’il a fait partir en courant en étant persuadé de venir au secours de la demoiselle en détresse ?

« A ton avis ? » C’est la colère qui parle, c’est la frustration et la brutale prise de conscience de sa propre connerie qui s’expriment pour lui à cet instant. Agressif. « Je parie que t’es myope comme une taupe, t’en sais rien de s’il était vraiment en train de se faire avoir. » La repousser. Connerie. La rejeter. Connerie. Recommencer comme il y a quelques mois. Foutue connerie. Mais aussi la seule solution pour rattraper la bourde qu’il vient de faire, le mutant. Hors de question qu’ils renouent, hors de question qu’il cède, hors de question qu’il s’apaise, hors de question qu’il s’excuse. « Une chance que je passais dans le coin. » Ses mains s’enfoncent dans les poches arrières de son jean, il ne peut pas détacher son regard d’elle. « Tu m’expliques à quoi tu jouais ? Tu préparais quoi depuis des jours, depuis quand tu te la joues agent secret, à enregistrer des aveux alors qu’on te menace avec une arme ? » L’agressivité n’est plus latente, elle est omniprésente, renforcée par son inquiétude, renforcée pour camoufler son inquiétude. « Tu t’crois invulnérable, Daisy ? » Comme lui a pu se croire invulnérable, jusqu’à ce qu’on retourne sa mutation contre lui, jusqu’à ce qu’on l’aveugle, jusqu’à ce qu’on l’assourdisse, jusqu’à ce qu’on sature ses sens pour mieux le rendre insensible. Aussi insensible qu’à présent, où, les nerfs à fleur de peau, il crache et agresse sans raison Daisy. « T’es pas invulnérable. Personne ne l’est. » Il serre son poing, aux phalanges brisées, réparées, douloureuses. « Surtout pas dans ton état. » Il rajoute même, après un instant d’hésitation. Dans son état. Qu’est-ce qu’il essaye de faire, là ? De justifier son intervention ? Connerie. De se faire croire qu’elle est une petite chose fragile ? Connerie. De l’éloigner ? Foutue connerie.

Foutue connerie qu’il fait là, Harvey.




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Dernière édition par Harvey Sunderland le Dim 28 Mai 2017 - 10:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (daisy) I lied to ourselves, lying to each other   Sam 20 Mai 2017 - 18:40


The quiet reminds me that I'm all alone.
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Elle s’en sortait très bien toute seule Daisy. Elle savait ce qu’elle faisait et pas grâce à son expérience au sein de la police de Radcliff ou à ce qu’elle avait pu apprendre depuis qu’elle avait décidé de rejoindre Uprising. Elle s’en sortait à merveille parce qu’elle avait travaillé pour la CIA et que même si elle avait abandonné depuis longtemps, elle n’avait pas perdu la main. Elle aimait retrouver un peu de ce qu’elle avait eu à l’époque. Elle avait aimé son job, sa vie, ses ambitions et elle serait encore là-bas, si seulement elle n’avait pas découvert en elle un pouvoir particulièrement gênant, comme ça, du jour au lendemain. Elle n’avait pas demandé ça Daisy. Elle n’avait jamais voulu que sa vie éclate en morceaux à cause d’une mutation à la con. Elle n’avait pas eu le choix et tout ce qu’elle avait reconstruit dans sa vie après, là-bas en Alaska ou sur les routes des Etats-Unis avec Harvey, ça aussi, ça avait fini par voler en éclats, parce que du jour au lendemain, elle n’avait pas été assez bien pour monsieur. Au moins, dans tout ce qu’elle avait perdu, elle avait gardé l’assurance de pouvoir encore servir à quelque chose. Pas parce qu’elle avait un pouvoir dont seul Harvey semblait voir les avantages, mais parce qu’elle avait des capacités, une formation, des talents qu’elle pouvait mettre au service des autres. Dans la police, à Uprising et elle aimait ça. Elle aimait se sentir utile, elle aimait l’adrénaline dans ses veines quand elle prenait des risques, elle aimait cette impression d’avoir encore un peu de sa vie passée, même ici à Radcliff. Elle avait aimé cette mission qu’elle avait reçue et elle avait vraiment aimé la sensation d’avoir presque réussi à l’accomplir, quelques minutes de plus et ça aurait été une réussite.

Mais sa victoire, elle venait de lui être arrachée et par nul autre qu’Harvey lui-même. Qu’est-ce qu’il faisait là, à jouer les héros alors qu’il s’était barré comme un connard quelques mois plus tôt ? Il avait tout foutu en l’air, encore une fois, à croire que c’était une habitude chez lui. Elle n’avait pas eu besoin de lui, qu’il se pointe là, en croyait qu’il l’aidait. Merde, elle ne savait pas si c’était l’égo masculin qui voulait ça ou s’il était juste trop con, mais franchement, c’était quoi ce besoin débile d’intervenir ? En plus il avait l’air surpris de sa réaction. Il s’attendait à quoi ? Qu’elle lui saute dans les bras comme la princesse qui viendrait tout juste de se faire sauver par son vaillant prince ? Le soi-disant prince, il pouvait bien aller se faire voir et aller regarder aux alentours si y avait pas d’autres filles en détresse à aller sauver, parce qu’elle, elle n’avait vraiment pas besoin de lui. Peut-être qu’il pourrait jeter son dévolu sur une autre nana, qu’il l’embobine avec ses belles paroles pour mieux la jeter après, comme il avait pu le faire avec elle. Non, elle ne plaisantait pas. « J’ai l’air de rire, là ? » Qu’elle répliqua froidement. Elle ne plaisantait pas le moins du monde. Et la main qu’il n’allait pas tarder à se prendre en pleine joue, elle ne serait pas non plus une preuve d’humour. Il avait tout foiré et elle, elle allait rentrer bredouille et ça ferait un psychopathe de plus à trainer dans les rues de Radcliff, parce que monsieur Harvey Sunderland venait tout juste de se découvrir une conscience et qu’il avait décidé d’en faire bon usage pour aller sauver quelqu’un qui n’en avait définitivement pas besoin. Il aurait qu’à se débrouiller pour être dans les parages le jour où le hunter qui venait de se barrer déciderait de s’attaquer à un innocent, comme ça, il serait vraiment utile.

Il l’énervait en plus. Sorti de nulle part à lui faire des reproches comme s’il pouvait être autorisé à le faire. Il l’avait larguée sans se retourner, alors franchement, pourquoi est-ce qu’il venait la faire chier aujourd’hui ? « C’est ça, prend moi pour une conne en plus, exactement ce dont j’avais besoin pour me sentir encore mieux. » Elle était frustrée d’avoir raté sa mission, elle l’était encore plus parce qu’il avait fallu que ce soit à cause d’Harvey que tout tombe à l’eau et là, s’il ne la traitait pas directement de pauvre conne, c’était tout comme. C’était quoi la prochaine étape ? Elle préférait encore ne pas savoir, mais elle n’était évidemment pas au bout de ses peines. « Quelle chance en effet. » Elle leva les yeux au ciel sans la moindre discrétion, pour appuyer le sarcasme dans ses propos. Non, ce n’était pas une chance qu’il ait été là, plutôt une malédiction. « Je sais pas si t’es propos sont juste incroyablement machiste, comme si j’étais la pauvre demoiselle en détresse qui peut pas se démerder toute seule, ou si, par Dieu seul sait quel procédé tu te tapes une amnésie qui fait que tu n’as aucune idée de ce que je pouvais faire de ma vie avant d’atterrir au fin fond de l’Alaska. » Elle savait ce qu’elle faisait bordel, et il aurait dû le savoir aussi. Est-ce que ce qu’ils avaient fait ensemble, ça avait été si différent que ça de toute façon ? Pour qui il se prenait bordel ? Elle était grande, majeure et vaccinée de toute façon, elle faisait ce qu’elle voulait sans avoir de comptes à rendre et surtout pas à son ex-petit-ami. « Ma quoi ? » Qu’elle s’exclama d’un coup, presque outrée par ses propos. « Ma condition ?! » Mais de quoi est-ce qu’il parlait franchement ? « Est-ce que tes couilles vont être invulnérables elles quand je te les aurais arrachées pour te les faire bouffer ?! » Sa condition. Elle allait lui en foutre une dans la gueule de condition. Elle savait évidemment de quoi il voulait parler, parce que contrairement à ce qu’il avait l’air de penser, elle n’était pas conne. Qu’il le veuille ou non sa condition, faisait qu’elle avait beaucoup moins de mal à gérer sa vie, qu’elle se sentait mieux, plus libre, parce que merde, aux dernières nouvelles ce n’était pas cette stupide mutation qui faisait d’elle tout ce qu’elle était. C’était lui qui était con et ça en était affligeant là.

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MessageSujet: Re: (daisy) I lied to ourselves, lying to each other   Dim 28 Mai 2017 - 12:25

I lied to ourselves, lying to each other
Daisy & Harvey



Il a fait une connerie. Oh, c’est plutôt clair. Clair dans les différentes réactions des protagonistes, clair dans le regard qu’elle lui lance, clair s’il écoute son instinct, un instinct qui a malheureusement tendance à le lâcher dès qu’il oublie de réfléchir, et être plutôt pertinent le reste du temps. Comme maintenant. Comme lorsqu’il regarde partir en courant l’ahuri profond qu’il a cru menaçant, qu’il veut encore croire menaçant histoire que son intervention ait réellement servi à quelque chose d’autre que détruire la distance qu’il avait imposée jusque-là entre lui et Daisy, que son intervention ait eu une autre utilité que de se ridiculiser lamentablement tout en s’attirant les foudres de l’ancien agent du CIA qui semble actuellement lui promettre une lente, longue et douloureuse agonie. Pas besoin d’être empathe pour se rendre compte qu’elle est en colère. Pas besoin d’être empathe pour se rendre compte que la discussion ne va clairement pas tourner comme Harvey a pu – follement – l’espérer une fraction de seconde. Il a fait une connerie, elle n’avait pas besoin de son aide. Et merde. « J’ai l’air de rire, là ? » Un ton glacial, auquel Harvey ne peut que rétorquer un « Visiblement non » tout aussi sec. S’il croyait vraiment qu’un abruti comme celui qui est parti en courant aurait pu la tuer ? Oui. Oui, et oui, plus tôt deux fois qu’une. Oui. Parce qu’il a appris à la dure, Harvey, que personne n’était invulnérable. Surtout pas une mutante, surtout pas une mutante aux capacités bridées. Surtout pas les personnes auxquelles il tient, de toute évidence. L’ex-flic se prend la tête entre les mains, fait quelques pas pour mieux s’éloigner d’elle et surtout se laisser l’opportunité de réorganiser ses pensées. A ton avis, Daisy, putain, est-ce qu’Harvey aurait pu la laisser faire une seconde de plus alors qu’elle faisait tout pour paraître sans défense ? La frustration et la colère prennent le dessus, sans signe avant-coureur et avant de se rendre compte de ce qu’il est réellement en train de faire, Harvey recommence comme quelques mois plus tôt. Comme lorsqu’il l’a rejetée. Il recommence à se comporter comme un gros con, il recommence à l’engueuler, il recommence à se laisser porter par une colère née de la frustration et de son inutilité.

Ça ne va mener à rien de bon, cette histoire, mais s’il peut lui faire rentrer dans le crâne de ne pas se mettre inutilement en danger, ce sera déjà ça de pris, merde. Parce qu’elle en sait quoi, finalement, du degré d’imbécilité du mec en face ? Elle en sait quoi, exactement du degré de dangerosité de l’autre connard qui s’est cru le droit de s’en prendre à elle ? Harvey est sûr, d’ailleurs, qu’elle est complètement aveugle. Complètement imperméable aux émotions des autres. Qu’elle est vulnérable. Et qu’elle se faisait totalement couillonner par l’autre. Harvey veut en être sûr, pour que sa venue soit justifiée. Il veut en être sûr, parce que… « C’est ça, prend moi pour une conne en plus, exactement ce dont j’avais besoin pour me sentir encore mieux. » La langue claque sur son palais, claque de désapprobation. Comme si lui avait besoin de ça pour se sentir mieux, tiens. « Ne sois pas aussi susceptible » il rétorque sans pouvoir se retenir, d’une voix aussi sèche que celle de Daisy était froide. Ouais, qu’elle ne soit pas aussi susceptible, tiens. Il l’a aidée, ça partait d’un bon sentiment, et voilà. Si ça se trouve, les choses auraient pu mal tourner. Si ça se trouve… elle a eu de la chance qu’il passe dans le coin. Ses mains s’enfoncent dans les poches arrière de son jean, clament une fausse décontraction, en contraste complet avec l’agressivité qu’ils affichent tous les deux, que ce soit dans leurs regards, dans leurs voix ou dans leurs attitudes. « Quelle chance en effet. Je sais pas si tes propos sont juste incroyablement machistes, comme si j’étais la pauvre demoiselle en détresse qui peut pas se démerder toute seule, ou si, par Dieu seul sait quel procédé tu te tapes une amnésie qui fait que tu n’as aucune idée de ce que je pouvais faire de ma vie avant d’atterrir au fin fond de l’Alaska. » Machiste ? Vraiment ? Harvey écarquille les yeux. Lui ? « Mais… d’où c’est être machiste que de vouloir rendre un putain de service, là ? » Non, il ne va pas lui redemander si elle plaisante ou si elle est en train de se foutre de sa tronche. Ce serait inutile. Et surtout, ce serait l’inviter à s’énerver à nouveau et ils sont suffisamment mal barrés sur ce plan-là pour qu’il en rajoute. Pour qu’ils en rajoutent.

Raison de plus pour dépasser des limites, pour aller dans l’agression, encore, lorsqu’on lui brise à nouveau les phalanges dans un amer rappel que non, il ne va pas s’excuser. Et que oui, il ne regrette que d’être intervenu pour rien et pas d’être intervenu. Et que oui, il a envie de l’étrangler et que oui, s’il n’avait pas été à ce point certain qu’elle serait sans mutation, peut-être aurait-il attendu un peu plus avant d’agir. Peut-être. Parce que putain, dans son état, elle n’est pas invulnérable, sa Daisy. « Ma quoi ? Ma condition ?! Est-ce que tes couilles vont être invulnérables elles quand je te les aurais arrachées pour te les faire bouffer ?! » La grimace qu’Harvey affiche est éloquent. Sa condition. Oui, parfaitement, son état, sa condition. Il hausse les épaules, dans une nonchalance affectée, qu’il refuse de considérer comme une illusion pour masquer un malaise qui est, de toute façon, inexistant. « Laisse mes couilles où elles sont, merci. Et oui, parfaitement, ta condition. Daisy ! Merde ! J’ai pas oublié c’que tu étais avant, je te rappelle que je sais parfaitement ce que tu vaux, faut que je te rappelle ce qu’on a été tous les deux ? » Le passé l’écorche, lacère sa mâchoire. « Je sais ce que tu es, je sais ce que tu peux faire, je sais que t’es pas une putain de princesse en détresse, mais… mais… bon sang ! » Oui, merde, parfaitement. Harvey peut comprendre que l’empathie ne soit pas une chose facilement, clairement. Lui aussi, il se fait submerger par le reste. Lui aussi, parfois, il aimerait que les couleurs soient moins vives, que les goûts soient moins puissants, que les bruits soient moins assourdissants ; mais il doit bien avouer qu’il a du mal à accepter l’idée qu’elle ne vive pas en harmonie avec sa mutation, alors qu’il a essayé de l’aider à ce sujet. Il n’accepte par l’idée de ne pas l’avoir suffisamment aidée. Il n’accepte pas l’idée d’un échec, non plus. « S’ils m’ont eu moi, ils peuvent t’avoir toi. Tu savais pas ce qu’il avait dans la tête, le mec. Ce que je veux dire, c’est que… putain, mais tu voulais pas être normale ? Quitte à être normale, autre l’être jusqu’au bout, cesse de te foutre dans des situations pas possibles, okay ? » Il s’y prend mal, il le sait. Mais il ne sait pas… un soupir. « Qu’est ce que tu lui voulais, à c’mec. Il est dangereux ? Tu veux qu’on essaye de rattraper le coup ? »



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MessageSujet: Re: (daisy) I lied to ourselves, lying to each other   Lun 12 Juin 2017 - 20:36


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Daisy, elle était appliquée dans son travail. Elle avait été tellement ambitieuse comme fille, quand elle avait été plus jeune, elle avait eu une belle carrière et on lui avait souvent dit qu’elle irait loin, si elle continuait comme ça. Sans doute que le nom qu’elle portait avait aidé sa réputation, parce que son père était un militaire reconnu et sa mère une politicienne qui avait su faire parler d’elle. Mais ses réussites, elle les devait à sa patience, à sa rigueur et à son travail acharné. Sa vie, elle avait été très bien quand elle n’avait tourné qu’autour du boulot. Ça lui allait très bien, son appartement, son chat, aucun mec pour freiner ses ambitions, aucun enfant qui réclamait plus de temps qu’elle n’en avait à offrir. Ça lui allait comme ça à Daisy et elle aurait pu avoir une belle carrière, comme elle en avait toujours rêvé. Au lieu de ça, elle se retrouvait au fin fond du Kentucky à essayer de faire parler des mecs afin d’avoir assez de preuves pour les inculper. C’était pas sa grande ambition, c’était pas terrible et en plus il fallait qu’on lui foire ses missions comme ça en un claquement de doigt. Est-ce que ça avait été dangereux ? Un peu sans doute. Est-ce qu’elle s’en plaignait ? Certainement pas. L’adrénaline dans ses veines était quelque chose qu’elle appréciait et puis elle n’était pas idiote, elle savait se battre, elle savait se défendre. Elle n’avait pas besoin d’Harvey pour ça. Certainement pas de lui, alors qu’il était juste bon à briser les cœurs, lui. Au moins, il avait compris qu’elle ne rigolait pas, c’était un bon début, est-ce qu’il avait besoin de quelques félicitations pour ça ? Des applaudissements peut-être ? Une bonne claque dans la tronche, Daisy, c’était tout ce qu’elle avait envie de lui offrir.

Sérieusement, il disparaissait pendant des mois et il revenait comme une fleur en mode chevalier servant, ou en tout cas dans sa tête à lui ça devait donner ça et il croyait quoi ? Qu’elle allait le remercier ? Pour quoi ? Il ne l’avait pas aidée, il avait juste fait foirer sa mission et concrètement, maintenant que le type était parti et qu’elle n’avait rien contre lui, mais qu’il avait vu son visage, elle était peut-être encore plus en danger. Enfin, elle n’avait pas brisé sa couverture, c’était déjà ça. Il la prenait juste pour une pauvre fille un peu trop curieuse, c’était peut-être déjà ça de gagner. Elle leva les yeux au ciel suite à sa réplique, maintenant c’était elle qui était susceptible. « A croire que c’est de ma faute à moi tout ça. » Tout ça, eux. Elle n’avait rien fait elle, à part prendre un putain de vaccin pour se sentir libérer de ce qui compliquait sa vie depuis des années. S’il vivait bien avec con pouvoir Harvey, c’était tant mieux pour lui, mais elle, elle n’y arrivait pas. C’était lui qui était parti comme un connard, lui qui revenait exactement de la même façon. « M’traiter comme si j’étais une pauvre fille sans défense qui sait pas ce qu’elle fait et qui a forcééééément, besoin d’un mec pour venir la sauver, c’est machiste. » Est-ce qu’il allait vraiment discuté là-dessus ? Monsieur je viens défendre les gonzesses qui ont pas besoin de moi ? Les mecs, tous les mêmes. Elle n’avait pas besoin qu’on vienne la sauver, fin de l’histoire. C’était quoi la prochaine étape ? Il allait lui dire de rester chez elle à faire la cuisine parce que son job était trop risqué ? Parce qu’elle n’avait rien fait de plus que ce pourquoi elle avait été entrainée, mais bon, apparemment monsieur jugeait quand même qu’elle faisait n’importe quoi. Et dire qu’elle avait eu une carrière prometteuse, là-bas, dans la CIA.

Et puis, comme pour marquer encore plus le coup, voilà qu’il parlait de sa condition. Est-ce qu’il se rendait seulement compte que c’était cette mutation qui avait foutu sa carrière en l’air ? Elle n’avait jamais eu besoin de ce truc pour faire d’elle la personne qu’elle avait été. Ses réussites, elles ne dépendaient définitivement pas de sa mutation, mais de la personne qu’elle avait été. Elle avait gravi les échelons parce qu’elle était douée dans ce qu’elle faisait et voilà que maintenant on la réduisait à une mutation qui avait détruit sa vie. « Si tu savais vraiment ce que je valais, tu serais pas là à croire, encore une fois que je dois tout à cette putain de mutation ! » C’était lui qui avait dit qu’elle ne servait à rien sans ce truc dans ses veines. Elle n’avait jamais dépendu de ça, c’était lui qui avait attendu d’elle qu’elle le fasse et clairement ça n’arriverait jamais. « J’ai passé ma vie à me mettre dans des ‘situations pas possibles’ bien avant de découvrir que j’étais une transmutante. Alors t’es mignon, tu me laisses faire mon job et tu m’fous la paix. » Elle était déjà allée sur le terrain, elle avait même connu des zones de guerre, elle avait définitivement vu pire qu’un mec un peu bourré qu’elle avait réussi à attirer jusqu’à à un chemisier un peu trop ouvert et une jupe courte. « Et qu’est-ce que ça peut te foutre de toute façon ? Je croyais que j’étais qu’une fille à papa désespérée dont tu te fichais complètement que tu devais te trouver une autre pauvre fille à aller manipuler, va donc l’emmerder elle. » Leur dernière conversation avait ressemblé à quelque chose comme ça. Il lui avait bien fait comprendre qu’il n’en avait rien à faire de sa tronche maintenant qu’elle n’avait pas son pouvoir, alors il pouvait bien arrêter de l’emmerder maintenant. Elle ne put retenir un rire clairement ironique à ses propos, il se prenait pour qui, sans déconner ? « On, va rien faire du tout Harvey. Tu va me foutre la paix et c’est tout. J’ai sincèrement l’impression que tu te tape une putain d’amnésie là. » Elle l’avait dit quelques secondes plus tôt et elle le pensait encore plus maintenant. Est-ce qu’il avait vraiment oublié qu’il était celui qui l’avait abandonnée comme un enfoiré ou bien ? Elle, elle s’en souvenait encore de ses paroles qui lui avait fait un mal de chien. Il n’avait plus besoin d’elle maintenant qu’elle n’avait plus son pouvoir, alors qu’il aille voir ailleurs si elle y était, ça devrait les arranger aussi bien l’un que l’autre.

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MessageSujet: Re: (daisy) I lied to ourselves, lying to each other   Mer 28 Juin 2017 - 22:17

I lied to ourselves, lying to each other
Daisy & Harvey



Harvey a l’impression de sentir sa patience se carapater à toute vitesse, sans promettre le moins du monde revenir. Pire encore : il a l’impression que celle de Daisy aussi a décidé de se faire la malle. A moins que ce ne soit juste une réaction des plus normales de la part de la mutante face aux provocations, à peine voilée, à peine assumée, de l’ancien flic. Si elle a l’air de rire ? Visiblement non. S’il la prend pour une conne ? Qu’elle est susceptible ! S’il est réellement en train de chercher la merde ? Oui. La voix sèche, les poings serrés, les yeux noirs, Harvey est sur les nerfs, Harvey cherche la confrontation à défaut de chercher le dialogue. Qui cherche trouve, il le sait bien, il ne le sait que trop bien même, mais quelque part, Harvey a envie de trouver quelque chose, de titiller, d’asticoter, de provoquer Daisy jusqu’à avoir une réaction, jusqu’à avoir une remarque, un regard, une insulte ou que sait-il encore, pour mieux justifier et entériner leur éloignement. Il est con, Harvey. Il est même très con, dès lors que ça concerne Daisy. Mais il a peur, Harvey, il a surtout peur. Et c’est bien ça le problème. « A croire que c’est de ma faute à moi tout ça. » Tout ça ? Tout ça. Il persiffle, il cherche la merde. Tout ça, eux. Est-ce de sa faute à lui ? « Bien sûr que c’est d’ta faute... » Il articule entre ses lèvres serrées. Bien sûr qu’elle n’y est pour rien, il pense, loin, bien loin de ce qu’il dit. Mais..., si elle n’était pas aussi fragile, si elle n’était pas aussi susceptible, si elle n’avait pas cédé à la facilité… ses arguments s’enchaînent, prêts à être soufflés à haute voix, mais Harvey n’arrive pas à se résoudre à les dire. Il a encore les phalanges douloureuses d’avoir été brisées, il a encore, malgré les moins, sur les lèvres l’ombre de celles de Daisy. Il est encore partagé, Harvey. Parce que tout est ruiné entre eux, et qu’il ne peut pas se permettre de le regretter. Il fait le bon choix, non ? Il fait le seul choix raisonnable qu’il soit, non ?

Il a besoin de s’en convaincre. Et, quelque part, il a besoin de bondir sur toutes les raisons qu’elle lui offre d’être en colère. C’est un homme sur les nerfs, Harvey, c’est un homme à bout de nerf, Harvey, c’est un homme à bout de souffle, Harvey. C’est un impulsif, aussi. Un homme entier. Un homme abimé, meurtri, qui est passé à deux petits doigts de la rupture. Il n’est pas brisé, Harvey, mais il est sacrément amoché, pour un homme qui n’a que trente-cinq ans. Et il sait, le mutant, que Daisy, elle aussi elle est sacrément amochée. Il sait qu’elle peut se défendre, mais lui aussi, il pouvait se défendre. La hantise qu’il a de la voir tomber dans le même guet-apens que lui, finalement, c’est sûrement ce qui l’aide le plus à les garder en conflit, à la garder à distance. Non, il n’est pas machiste. Juste inquiet. « M’traiter comme si j’étais une pauvre fille sans défense qui sait pas ce qu’elle fait et qui a forcééééément, besoin d’un mec pour venir la sauver, c’est machiste. » Et si elle se voit comme une pauvre fille sans défense, ou une princesse qu’il doit venir délivrer du méchant dragon, c’est son problème. « Mais qu’est ce que tu racontes encore ?! T’auras été un mec que j’aurais réagi pareil. T’aurais une gonzesse que j’connaissais même pas que ça aurait été la même aussi ! Merde, te prends pas non plus pour le centre du monde, Daisy ! » Même si tu es le centre du mien actuellement. Il n’est pas brisé, Harvey, mais il s’en est fallu de peu. Et le peu, c’est Daisy. Un soupir, un lourd soupir, le mutant s’agite. Il n’aurait même pas dû rajouter quoique ce soit parce que… parce qu’il le sent bien, qu’ils foncent dans le mur sur le sujet. Et il sait bien qu’à refaire… et bien merde, qu’à refaire, en sachant qu’elle maîtrisait la situation, il n’aurait rien fait du tout, il l’aurait juste surveillée à distance, comme il sait si bien le faire depuis des mois, et…

Harvey a envie de l’étrangler, de s’étrangler, de les étrangler tous les deux pour s’être mis dans une situation aussi inconfortable que celle-là. Qu’est ce qu’il peut lui dire de plus que des mots qui ne vont rien arranger pour sa simple et bonne raison qu’il n’a pas envie que ça s’arrange dans l’immédiat, hein ? Sans compter que vu l’état dans lequel elle est… « Si tu savais vraiment ce que je valais, tu serais pas là à croire, encore une fois que je dois tout à cette putain de mutation ! » Tout compte fait, il va juste se contenter de l’étrangler, elle. « J’ai jamais dit ça, bordel ! » Ou peut-être bien que si, une fois, au chalet… Harvey s’agite, recommence à faire les cent pas, à faire des aller-retours devant Daisy, pour dissiper sa nervosité. Il fait le nonchalant, le couillon, mais tout en lui hurle la boule de nerfs qu’il est actuellement. Depuis plus de vingt ans ses sens sont survoltés : il ressent tout, fort. Tout, très fort. Et ses sens sont comme ses émotions : en saturation, à foutre une migraine pas possible à la mutante face à lui. « J’ai passé ma vie à me mettre dans des ‘situations pas possibles’ bien avant de découvrir que j’étais une transmutante. Alors t’es mignon, tu me laisses faire mon job et tu m’fous la paix. Et qu’est-ce que ça peut te foutre de toute façon ? Je croyais que j’étais qu’une fille à papa désespérée dont tu te fichais complètement que tu devais te trouver une autre pauvre fille à aller manipuler, va donc l’emmerder elle. » Il marque un temps d’arrêt, mais cette fois, non, il ne hurle pas le j’ai jamais dit ça qui lui pend aux lèvres. Parce que ça… ça, il le lui a dit. Et en la regardant dans les yeux, en insistant. Comme s’il y croyait. Et elle l’a cru. Et elle le croit encore. Un claquement de langue, Harvey inspire à fond. Il mérite les mots de Daisy, là n’est pas la question, mais…

Mais plus ça va, plus il se demande si elle a vraiment tenu à lui. Pour croire avec autant de facilité les conneries qu’il a pu lui baver. Harvey se pince l’arête du nez, récidive dans ses conneries. Et se fait joyeusement envoyer paître, comme pour mieux balayer le reste de patience et de self-control qu’il pouvait encore avoir. « On, va rien faire du tout Harvey. Tu va me foutre la paix et c’est tout. J’ai sincèrement l’impression que tu te tape une putain d’amnésie là. » Une inspiration. Une expiration. Voilà voilà. « La putain d’amnésie, ouais, j’aimerais foutrement me la taper. Juste pour oublier à quel point que tu peux être conne, parfois. » Il recule de quelques pas. Se concentre sur les yeux de la mutante. Se concentre sur la colère qui l’habitude. « C’est quoi ton problème au juste ? C’est que j’en ai jamais eu rien à foutre de toi ? Oulalalah, quelle horreur ! Et maintenant, le problème, c’est que j’essaye de t’aider ? ET ne me parle pas de machisme, bordel ! » Il secoue la tête. « C’est ça, vas-y, attaque toi à tous les chasseurs de Radcliff, je te dirai rien ! Je vais te regarder te faire latter la gueule en me tournant les pouces, bien sûr ! » S’il entend ce qu’il dit, Harvey ? Oui, il entend. A bien y penser, tout le voisinage – fort heureusement résumé à trois pigeons et deux sauterelles – entend, ce qu’il dit. Mais le problème, c’est surtout qu’Harvey ne pense pas ce qu’il dit. Ou plutôt, qu’il ne réfléchit pas. « T’as vraiment cru que j’avais trouvé quelqu’un d’autre ? » Ah, Harvey atteint enfin le cœur du problème. « T’as vraiment cru tout ce que je t’ai bavé ? » Il devrait se calmer le mutant, mais… « Tout ce que je t’ai dégobillé à la gueule ? Mais ma pauv’fille, si t’as même pas capté que je te mentais sur toute la ligne, comme tu te crois capable de faire ton job ? T’as perdu la main, Dai’, faut que tu l’admettes. »

Allez, putain, comprends que je t’ai menti. Agite ton neurone. Fais ton enquêtrice. Fais ton job.


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Dernière édition par Harvey Sunderland le Mer 2 Aoû 2017 - 0:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (daisy) I lied to ourselves, lying to each other   Mar 18 Juil 2017 - 15:51


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Elle n’a jamais été un modèle de patience Daisy. Elle a toujours su rester calme et réfléchie quand c’était vraiment nécessaire, mais elle devait bien admettre que ça lui avait parfois demander un grand travail sur elle-même. Contrôler ses propres émotions, ça demandait beaucoup d’effort, contrôler en plus celle des autres, ça lui avait semblé être la pire épreuve qui soit. Elle en avait perdu le contrôle sur elle-même et elle était fatiguée, épuisée de devoir le garde ce contrôle, alors non, elle n’était pas patiente, mais elle pouvait bien dire que l’homme en face d’elle, il ne l’aidait pas à garder son calme. A croire qu’Harvey tout ce qu’il voulait, c’était la voir sortir de ses gongs et à continuer comme ça, il pouvait être certain qu’il allait y arriver. Ça lui ferait au moins une victoire dont il pourrait se réjouir, si jamais ça l’amusait tout ça. « C’est de ma faute ? Est-ce que je peux savoir ce que j’ai fait de mal alors ? » Son job aujourd’hui, ni plus ni moins, elle avait un plan efficace, un plan qui était censé marcher et il était celui qui était sorti de nulle part pour tout foutre en l’air. Quand il s’était barré, son seul crime, ça avait été de s’injecter une dose de vaccin dans les veines, un affront, apparemment aux yeux d’Harvey. Il ne s’était même pas donné la peine de lui demander comment elle se sentait, pourtant, la réponse aurait été évidente, elle se sentait mieux, beaucoup mieux que quand elle avait eu ce maudit don pour lui pourrir la vie. A croire qu’il s’en fichait de ce qu’elle pouvait ressentir.

Évidemment qu’il s’en fichait, sinon, il ne lui aurait pas brisé le cœur comme il l’avait fait. S’il en avait eu quelque chose à faire d’elle, il ne se serait jamais comporté comme ça. On ne parlait pas comme ça aux gens qu’on aimait. Maintenant, il était là en face d’elle, à la traiter comme si elle avait été la reine des idiotes, alors ça n’arrangeait rien à tout ce qu’elle pouvait ressentir à cause de lui, toutes les blessures qu’il avait laissé dans son cœur le jour où il était parti. Elle le détestait maintenant Harvey et si elle avait du mal à vraiment s’en convaincre au quotidien, trop facilement rappelée par ses sentiments pour lui, fallait croire qu’aujourd’hui, il allait l’aider à s’en défaire de ses sentiments. « Ouais, évidemment. T’as raison, je suis pas le centre du monde, alors va donc emmerder quelqu’un d’autre, ce serait vraiment cool de ta part. » Elle leva les yeux au ciel. Il pouvait toujours aller faire chier quelqu’un d’autre, c’était clair que ça l’arrangerait elle. Ça faisait des mois qu’il avait complètement disparu du paysage, des mois qu’elle essayait de reprendre sa vie en mains, ce qui lui avait semblé complètement impossible sans Harvey, il avait été après tout, celui qui l’avait sauvée dans les moments les plus compliqués de sa vie. Mais voilà, elle n’avait pas eu le choix quand il était parti, alors elle avait fait de son mieux, elle s’était concentrée sur son job, sur uprising, sur ce genre de petites missions qui fonctionnaient très bien quand il n’était pas dans le coin pour tout gâcher. Elle s’en sortait pas trop mal, même sans lui, mieux que ce qu’elle avait pensé, alors est-ce qu’elle avait pu penser quand elle l’avait perdu alors, pourquoi est-ce qu’il fallait qu’il vienne tout foutre en l’air maintenant ? Peut-être qu’il estimait qu’il ne l’avait pas déjà assez blessée, quelques mois plus tôt alors qu’il avait ce besoin de venir finir le boulot. Elle ne savait pas, mais elle en avait déjà marre d’être là, en face de lui.

Elle soupira. Fallait croire qu’il le faisait exprès en plus. Qu’est-ce qu’il attendait vraiment d’elle ? Qu’elle lui colle son poing dans la figure ? Ça n’allait vraiment pas tarder à ce rythme-là. « Y a un moment où tu assumes tes paroles ou pas ? J’ai besoin de savoir, parce que ça devient vraiment difficile là. » Il avait dit que sa ‘condition’ sous-entendu le fait qu’elle soit vaccinée et donc qu’elle n’ait pu le moindre don de transmutante, la rendait encore plus vulnérable, mais apparemment, ça ne voulait pas dire pour autant qu’elle ne devait pas ses forces à sa mutation. Qu’est-ce que ça voulait dire alors ? Qu’elle était tout le temps vulnérable ? Bha là alors on en revenait à elle, pauvre fille sans défense qui avait besoin d’un mec pour venir la protéger. Il ne savait pas ce qu’il voulait Harvey, c’était une évidence ça, elle l’avait rapidement compris, l’autre fois, quand ses mots étaient venus lui briser le cœur. Maintenant, il lui disait qu’elle était conne. Très bien, apparemment il savait parler aux femmes hein. « Oh crois moi, tu vas te la taper ton amnésie quand je t’aurais éclaté la tronche dans un mur à force de t’entendre m’insulter ! » La patience, c’était définitivement plus qu’un vieux souvenir maintenant. Elle ne rigolait pas, elle avait vraiment envie de l’attraper par les cheveux pour lui frapper la tête contre le premier mur. Ça l’assommerait et elle n’aurait plus besoin d’entendre ses paroles et en plus, lui, il n’aurait plus besoin de supporter la pauvre conne qu’elle était. Ils seraient tous les deux gagnants. « Mon problème c’est que t’es parti Harvey ! Tu t’es barré comme le plus gros connard de l’univers alors que j’avais besoin de toi ! J’ai appris à me débrouiller toute seule maintenant, il a bien fallu que je le fasse ! Alors t’as pas le droit de revenir en prétendant m’aider ! » Fallait le faire quand elle en avait eu besoin, pas maintenant, pas après tout le temps qu’elle avait passé toute seule à tout mettre en œuvre pour s’en sortir. C’était pas juste de faire ça et de prétendre en plus que c’était de sa faute à elle. Elle lui avait fait confiance et apparemment, c’était quelque chose qu’il lui reprocher maintenant. « Pourquoi pas hein ? Ça doit être si facile pour un mec comme toi d’aller prendre en pitié toutes les pauvres filles mal en point pour mieux les jeter après ! » C’était ce qu’il avait fait avec elle, il l’avait aidé, il l’avait rendu dépendante, amoureuse et du jour au lendemain, il l’avait lâchée. « Et puis quoi maintenant ? Je suis la méchante de l’histoire parce que j’ai cru ce que tu m’as dit ? Est-ce je suis responsable de tout ce qui s’est passé entre nous, parce que je t’ai aveuglément fait confiance ? » Alors qu’elle aurait dû se dire ‘oh zut il me ment’ ? Est-ce qu’elle aurait dû le retenir alors qu’il venait de lui briser le cœur ? S’il avait menti, pourquoi est-ce qu’il l’avait fait ? S’il avait menti, ça faisait quand même celui qui avait tout foutu en l’air, il n’avait qu’à pas lui mentir dans un premier temps. « Je fais très bien mon job Harvey. J’ai appris de mes erreurs, j’ai plus besoin de personne maintenant. » Elle avait eu besoin de lui, il était parti, alors ouais, il avait bien fallu qu’elle apprenne. Maintenant, elle s’en sortait très bien toute seule, il pouvait passer son chemin alors, mentir à quelqu’un d’autre, trahir quelqu’un d’autre, repousser quelqu’un d’autre, peu importait ce qu’il avait fait avec elle ; il pourrait toujours trouvé quelqu’un d’autre avec qui agir de la même façon, elle, elle s’en sortait très bien seule.  

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MessageSujet: Re: (daisy) I lied to ourselves, lying to each other   Jeu 3 Aoû 2017 - 23:31

I lied to ourselves, lying to each other
Daisy & Harvey



Sa mauvaise foi est son ultime défense. La forme que prend son agressivité lorsqu’il ne veut tout simplement pas tomber dans une violence aussi basse que stérile. La forme que prend sa culpabilité et son malaise lorsqu’il refuse de les laisser s’exprimer, tout simplement. La forme que prend son caractère, la forme que prend son ego blessé, la forme que prend le maëlstrom d’émotions qui le secouent et qui le laisse en miettes face à Daisy. Bien sûr que c’est de sa faute, parce que c’est toujours simple de s’aveugler et de se dédouaner de ses propres erreurs ; des erreurs motivées par la bonne volonté, par de bonnes intentions, celles-là même qui tracent des dizaines et des centaines de voies en direction des enfers où il ira brûler sans aucun doute. « C’est de ma faute ? Est-ce que je peux savoir ce que j’ai fait de mal alors ? » Il sert les dents, hésite, cède. « Tu veux la liste par thématique, ordre alphabétique ou ordre chronologique » Le persifflement se poursuit, tout comme la mauvaise foi. Défense, attaque, agression, tout s’entremêle dans les yeux d’Harvey, parce qu’il est incapable d’agir autrement. Parce qu’il aurait bien besoin qu’elle comprenne ce qu’il ressent sans qu’il n’ait besoin de l’exprimer à cet instant, parce qu’il aurait bien besoin qu’elle puisse le comprendre sans qu’il n’ait besoin de tenter de canaliser ses pensées et ses émotions pour les rendre explicites. Et clairs. Pour lui comme pour elle.

C’est de sa faute, oui. Tout comme c’est de sa faute si elle surinterprète tout ce qu’il dit, comme c’est de sa faute si elle surréagit avec une telle susceptibilité. Comme c’est de sa faute, à nouveau, si Harvey s’enfonce dans la colère facile et la répartie acide pour mieux garder les pieds sur terre et rester lucide. Lucide. Ce qu’il n’est plus depuis que l’odeur de Daisy s’est emparée de ses sens, depuis que l’odeur de la peur a dispersé autour de lui des traces écœurantes. Harvey est proche, trop proche, bien trop proche d’elle. Et elle, elle est bien trop enivrante, bien trop agaçante. « Ouais, évidemment. T’as raison, je suis pas le centre du monde, alors va donc emmerder quelqu’un d’autre, ce serait vraiment cool de ta part. » Elle lève les yeux au ciel, Harvey se rembrunit et se renferme sur lui-même, visage crispé, mâchoire contractée, envie de soupirer, d’exploser sans même savoir ce qui en résultera. Il a envie de l’étrangler, vraiment, et il est plus que conscient qu’actuellement, l’envie doit être réciproque. A juste titre. Et les choses ne vont pas aller en s’arrangeant : le ton monte. Le ton monte entre les deux, Harvey ne souffre d’aucune maîtrise, d’aucun contrôle de lui-même : qu’elle ne se prenne pas pour le centre du monde, qu’elle ne commence même pas à lui inventer des propos qu’il n’a même pas tenus ou, pire encore, qu’il a tenus la dernière fois. Ces mots, ces phrases acides auxquelles il ne croyait même pas. Des mensonges, des conneries, des regrets et de la rancœur, bien trop de rancœur. Il n’a pas dit ça. Ce n’est pas lui qui l’a dit. « Y a un moment où tu assumes tes paroles ou pas ? J’ai besoin de savoir, parce que ça devient vraiment difficile là. » Mes dents serrées, il lutte pour se taire, pour respirer au lieu de répliquer dans la précipitation. Un petit sursis avant de cracher, un petit sursis avant d’aggraver la situation. Daisy est en sécurité : qu’est-ce qu’il fait encore là ? Il ne sait pas quoi dire, il ne sait plus quoi dire, ni quoi penser. Il ne sait plus rien, il sait juste que… qu’il est partagé entre l’envie de l’envoyer chier et le besoin de s’excuser. Quelque chose dans le genre. Il est perdu, Harvey, perdu parce qu’il se laisse submerger par ses sens, et comme toujours lorsque ses sens ne savent plus où donner de la tête, ses émotions suivent. A moins que ce ne soit le contraire. Le fait est qu’il se transforme à chaque seconde un peu plus en boule de nerf. Et qu’il explose. Si facilement. Nerfs à fleur de peau, culpabilité lancinante, colère latente, rancœurs et remords qui le rongent.

Il aimerait, ouais, et plutôt deux fois qu’une, se taper une bonne grosse amnésie. Pour plaider l’ignorance, pour plaider l’innocence. Au mieux. Pour l’oublier, elle, au pire. Et oublier ses cauchemars. Oublier sa terreur qui le parallèle parfois encore. Oublier le chant de la vengeance qui souffle à son oreille, comme une sirène sculptée tout spécialement en son honneur. Mais sa mémoire est parfaite. Et il se souvient de tout. De son grain de peau frémissant sous ses doigts, de son sourire, du goût de ses lèvres, de l’éclat de son rire. De la promesse qu’il a pu lui faire, aussi, sans qu’elle ne puisse l’entendre. Sa mémoire est parfaite. « Oh crois moi, tu vas te la taper ton amnésie quand je t’aurais éclaté la tronche dans un mur à force de t’entendre m’insulter ! » Et il aimerait qu’elle le reste, si l’alternative est d’aller embrasser un mur. « Parce que je t’insulte maintenant ? » Ne vient-il pas de la traiter de conne ? Oui, peut-être. « Mon problème c’est que t’es parti Harvey ! Tu t’es barré comme le plus gros connard de l’univers alors que j’avais besoin de toi ! J’ai appris à me débrouiller toute seule maintenant, il a bien fallu que je le fasse ! Alors t’as pas le droit de revenir en prétendant m’aider ! » Il croise ses bras sur sa poitrine. Secoue la tête. Décroise les bras, incapable de les maintenir enfermés, enchaînés, cadenassés. « Donc, je confirme, j’aurais dû envisager de te laisser te faire latter la tronche. Okay, compris. » C’est impossible qu’il l’envisage, ne serait-ce qu’une seule seconde.

Ses yeux la foudroient du regard. Se sentent enfermés dans le silence de ce qu’elle peut ressentir, se sentent isolés, délaissés, à se savoir incompris par celle qui lui fait face. Incompris. Sans même s’en rendre compte ou plutôt sans même l’avoir prémédité, Harvey se retrouve soudainement au cœur du problème, au cœur de ce qui lui pose vraiment problème, à lui, dans cette affaire. Elle l’a cru. « Pourquoi pas hein ? Ça doit être si facile pour un mec comme toi d’aller prendre en pitié toutes les pauvres filles mal en point pour mieux les jeter après ! Et puis quoi maintenant ? Je suis la méchante de l’histoire parce que j’ai cru ce que tu m’as dit ? Est-ce je suis responsable de tout ce qui s’est passé entre nous, parce que je t’ai aveuglément fait confiance ? » « Daisy… » Il a les dents serrées, sa mâchoire toujours aussi contractée. « Je fais très bien mon job Harvey. J’ai appris de mes erreurs, j’ai plus besoin de personne maintenant. » « Ah ouais ? » Il ne la croit pas. Il est incapable de la croire, lui lorsqu’elle lui dit ce qu’il ne veut pas entendre. Alors même qu’il est convaincu, au fond, qu’elle n’a aucune raison de lui mentir. Elle. Il ne la croit pas, et il la met au défi d’assumer ses propos. Parce que lui a besoin d’elle. Et si la réciproque n’est pas vraie, n’est plus vraie… « C’est ce que tu appelles apprendre de tes erreurs ? Te voiler la face ? Fermer les yeux et te convaincre que le ciel est orange juste parce que le bleu te donne de l’urticaire, hein, c’est ça ? » Les choses seraient simples, tellement plus simples, dans un sens, si elle était aussi vulnérable que des années plus tôt, s’il était aussi stable que des années plus tôt. Si les rôles ne s’étaient pas inversés ces derniers mois en le laissant sur la défensive. « Je ne t’ai jamais prise en pitié, et je ne compte pas commencer aujourd’hui mais le fait est, Dai’, que tu fais vraiment pitié, là. T’as besoin de personne, mais t’as besoin d’un putain de vaccin pour aller bien ? C’est qu’une putain de béquille, tu t’en rends pas compte ? C’est pas toi ! » Ce n’est pas elle… le pense-t-il vraiment, cette fois-ci ? Peut-être. Parce que quelque part, Harvey a désespérément envie de remonter le temps. De la retrouver. De les retrouver. « Et ton job, tu ne le fais pas très bien. La preuve, je t’ai menti un nombre incalculable de fois depuis le début de cette conversation. Je parie que tu serais même pas capable de me dire à quel occasion. Tout comme je parie que tu es incapable d’anticiper ça. » Un pas en arrière, mon flingue est revenu dans mes doigts et la mets en joue, à distance respectable pour qu’elle ne puisse pas me désarmer immédiatement, trop proche pour qu’elle puisse espérer esquiver. Sauf que bien évidemment, je ne lui tirerai jamais dessus. Et mes émotions le lui hurlent. Mon regard un peu moins. Et mes doigts me menacent de me lâcher d’ici une poignée de secondes.


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MessageSujet: Re: (daisy) I lied to ourselves, lying to each other   Jeu 31 Aoû 2017 - 11:24


The quiet reminds me that I'm all alone.
— harvey sunderland et daisy moriarty —

Elle n’avait certainement pas prévu que sa soirée allait être aussi chiante que ça. Logiquement, elle aurait dû régler cette affaire en un rien de temps, balancer les informations qu’elle avait obtenues et puis, elle serait tranquillement rentrée chez elle, pour manger quelque chose et se plonger dans un bain. Ouais, elle avait bien envie de prendre un bon bain chaud, de se détendre et se disant que ce n’était plus qu’une question de temps avant que quelques abrutis finissent en prison grâce aux informations qu’elle avait obtenus. Mais ce soir, elle ne pourrait pas se détendre dans un bain, parce que qu’il faudrait bien plus que ça pour la calmer et qu’en plus, elle allait devoir se méfier de ce type, avec un peu de chance, il avait été trop bourré pour se souvenir d’elle. Mais maintenant, sans les informations qu’il avait été à deux doigts de lui filer, elle n’avait rien pour le coincer. Alors, la mission de sauvetage d’Harvey, aussi héroïque qu’il puisse la penser, elle la mettait surtout dans la merde. Une merde qu’elle allait gérer toute seule, parce qu’elle ne voulait certainement pas de son aide. Fallait croire qu’il cherchait juste à l’énerver de toute façon ? Pourquoi hein ? Est-ce qu’il avait vraiment envie de se prendre une grosse claque dans la tronche ? Parce que c’était franchement ce qui lui pendait au nez là. Elle le sentait, alors qu’elle serrait les poings à en sentir ses ongles transpercer sa peau. « Oh parce qu’en plus t’as vraiment fait une liste ? Peu importe l’ordre, vas-y déballe là, je serais vraiment curieuse de connaitre mes torts. » Elle n’était pas du genre à penser qu’elle avait toujours raison, mais dans cette histoire, il lui semblait que sa seul ‘erreur’ avait été de choisir de s’injecter un vaccin dans les veines pour se sentir mieux et que lui, il faisait une fixette là-dessus, comme si elle ne valait plus rien dans ce maudit pouvoir.

Peut-être qu’il ferait mieux de se remettre en question avant de lui reprocher quoi que ce soit, parce qu’en attendant, il était clairement le roi de la mauvaise foi, du genre à dire un truc à après se brusquer en mode ‘j’ai jamais dit ça’ à croire qu’il avait vraiment un problème de mémoire, aussi bien sur le long terme que sur le mauvais terme et sa question n’en fit qu’une preuve de plus. Est-ce qu’il l’avait insultée ? Aux dernières nouvelle, dire à une personne qu’elle était conne, ouais c’était une insulte. « Nan mais t’es sérieux ? Peut-être que tu devrais aller jeter un coup d’œil à la définition de ‘con’ dans le dictionnaire. » Il trouverait qu’au départ, c’était surtout un mot vulgaire pour désigner le sexe d’une femme, parce qu’évidemment, insulter une femme, son sexe et tout ce qui allait avec ça avait toujours été très tendance. Mais aujourd’hui et c’était certainement écrit dans le dictionnaire, c’était une injure pour designer quelqu’un de stupide. Stupide étant déjà une insulte selon Daisy, alors con, c’était le level au dessus. Et c’était bien ce qu’il avait dit, il l’avait traité de conne. « Ouais, tu aurais dû. » Parce qu’y avait que lui qui était si convaincu qu’elle était en train de se faire casser la gueule. Elle s’en sortait très bien avant qu’il n’arrive, mais fallait croire qu’il était bien trop prétentieux pour bien vouloir l’admettre. Elle avait eu la situation en mains, elle n’avait pas eu besoin de lui et qu’il soit capable de l’admettre ou non, ça ne changeait rien à la situation. Peut-être bien que maintenant, elle allait se faire casser la gueule et cette fois, ce serait de la faute d’Harvey, parce qu’il avait été incapable de la laisser faire son boulot.

Il était en train de la faire sortir de ses gongs, elle était en colère, frustrée, elle sentait son cœur qui battait à vive allure dans sa poitrine, si bien qu’un type comme Harvey aux sens plus développé devait l’entendre sans même avoir besoin de tendre l’oreille. Il battait vite trop fort, alors le sang circulait trop vite dans son système et elle avait l’impression qu’elle allait littéralement exploser dans pas longtemps. « Va te faire foutre Harvey ! Si je te fais pitié, t’as qu’à me foutre la paix ! Ouais j’ai besoin d’un vaccin pour aller bien, parce que j’en peux plus de ressentir toute la misère du monde, comme si la mienne ne me suffisait pas ! J’me porte vraiment mieux, avec mes propres sentiments ! » Ils étaient parfois assez difficiles à gérer pour ne pas qu’elle ait en plus envie de gérer ceux des autres. Là, c’était difficile, la colère qu’elle ressentait, elle était bien suffisante pour elle, elle n’avait pas besoin en plus de ressentir tout le reste. C’était épuisant. Au moins, quand elle était au pieu avec quelqu’un son pouvoir lui permettait de ressentir le double de plaisir, peut-être le seul avantage qu’elle lui avait trouvé, sauf que ces derniers temps, c’était pas comme si sa vie sexuelle était très active de toute façon. Alors voilà, y en avait zéro des avantages. Il était vraiment en train de la pousser à bout. « Non, je peux pas anticiper et tu sais pourquoi ? Parce que je suis trop en colère ! Je suis trop en colère toute seule avec mes propres sentiments, imagine que ce que donne quand je ressens ceux des autres ! » Un brouhaha de trucs en elle qui la rendait cinglée, ça avait été ça pendant longtemps. C’était fini maintenant, définitivement, y avait pas de rechute, y avait qu’elle-même et ça lui suffisait largement. « Tu me mets en colère ! » Comme si c’était nécessaire de le préciser, si jamais il n’avait pas compris, c’était lui le plus con des deux. « Tu crois que tu peux anticiper ça, toi ? » Elle s’en fichait bien de son flingue, elle savait – ou elle avait encore assez de confiance en lui pour le penser – qu’il ne tirerait pas, alors elle s’était rapprocher pour frapper son torse de la paume de ses mains, à plusieurs reprises, comme une hystérique bonne à enfermée. C’était de sa faute, il avait tout gâché, il l’avait laissé tombée et maintenant qu’il était là, c’était pour la prendre pour une idiote, tout était de sa faute. Elle l’avait aimé elle, aveuglement, sans concession, elle lui avait tout donné d’elle et lui, il avait tout jeté à la poubelle sans même se retourner.

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MessageSujet: Re: (daisy) I lied to ourselves, lying to each other   Mar 12 Sep 2017 - 23:20

I lied to ourselves, lying to each other
Daisy & Harvey



Il ne s’imaginait pas de telles retrouvailles. A dire vrai, pour être honnête, Harvey ne s’imaginait pas du tout de retrouvailles. Pas tout de suite. Pas maintenant. Pas si tôt, pas si tard. Il n’était pas prêt. Et il n’était pas prêt à se prendre la colère de Daisy dans la figure comme ça, il n’était pas prêt à se retrouver confronter à ses mots, à ses insultes, à tout ce qu’il a pu lui dire sans le penser, à tout ce qu’il a pu penser sans lui dire et à tout ce qu’il a pensé et dit. Harvey ne s’imaginait pas de telles retrouvailles. Et sa colère croissante, écho de sa frustration, écho de sa culpabilité, écho de ce maelstrom sans nom qui le ravage de l’intérieur, sa colère croissante aggrave encore les choses sans qu’il ne puisse ni ne veuille la freiner. Aux agressions de Daisy, il répond à par des insultes, par des questions, par des provocations sans le moindre filtre, sans la moindre retenue. Ce n’est pas un mec patient, Harvey. Ce n’est pas un mec posé, Harvey. C’est tout juste un homme qui ne sait plus se retenir, qui ne sait plus faire preuve de sang-froid, qui fonce tête baissée sans réfléchir, aussi intense que tous ses sens, aussi violent que tout ce qu’il ressent. Il est submergé, Harvey. Et ça n’a rien à voir avec sa mutation : elle est simplement le reflet de ce qu’il est. Un homme entier, un homme exacerbé, excessif. Excessif. Tout comme ses mots. Tout comme ses propos. Tout comme ce qu’il crache, ce qu’il réplique. Il ne sait pas ce qu’il répond, il répond pour répondre, il répond pour ne pas laisser de place au silence, il répond pour ne pas laisser de victoire à Daisy. Il répond parce qu’il ne veut pas s’autoriser de défaite.

Ce qu’elle a fait de mal ? Absolument rien. Mais Harvey cède à la tentation de la mauvaise foi une nouvelle fois. Une énième fois. « Oh parce qu’en plus t’as vraiment fait une liste ? Peu importe l’ordre, vas-y déballe là, je serais vraiment curieuse de connaitre mes torts. » Ah ça… pour être curieuse, elle doit l’être tout autant que lui. Parce qu’Harvey aussi aimerait bien la connaître, la liste exhaustive des torts de Daisy, histoire qu’il puisse avoir la preuve qu’il n’est pas le seul fautif dans l’affaire. Même si tout est de sa faute. A elle. Parce qu’elle l’a cru, l’idiote. Parce qu’elle l’a cru, parce qu’elle le croit encore, parce qu’elle le croit bien trop et qu’il a envie de lui hurler d’ouvrir les yeux, d’ouvrir les oreilles, d’ouvrir l’ensemble de ses sens pour qu’il s’épargne le fait de devoir poser des mots sur l’indescriptible, sur l’inavouable, sur ce qu’il ne veut pas assumer, sur ce qu’il assume bien trop, sur ce qu’il ne veut pas regarder en face. « J’pense pas qu’on ait assez de temps pour ça, tu vois… » Sa voix est moqueuse, méprisante, acide et amère, sa voix n’est qu’un reflet de l’estime qu’il a pour lui-même en ce moment. N’est qu’un vecteur de colère, un vecteur supplémentaire. Tout, tout serait tellement plus simple si tout, tout était de sa faute à elle et pas à lui. Tout est, même, tellement plus simple tant qu’il arrive à se convaincre que rien n’est de sa faute, que tout ne vient que d’elle.

C’est elle qui l’a cru quand il mentait. C’est elle qui s’est fermée aux émotions. C’est elle qui s’est mise en danger. Et c’est elle, encore une fois, qui se la joue susceptible, bien trop sensible à ses bêtises, à ses conneries, à ses mensonges. « Nan mais t’es sérieux ? Peut-être que tu devrais aller jeter un coup d’œil à la définition de ‘con’ dans le dictionnaire. » Il lève les yeux au ciel, ne trouve pas de quoi répondre cette fois, sans que ça ne lui semble d’une gravité exagérée : nulle question de bataille perdue à présent, la situation s’est bien trop envenimée pour qu’ils s’arrêtent en si bon chemin. La colère d’Harvey lui fait perdre toute lucidité, celle de Daisy l’encourage à fermer encore plus les yeux sur cette escalade de tension. Ce n’est pas qu’Harvey commence à accumuler une bien trop longue liste de faux pas, et pire que ça, c’est qu’elle est en train de rivaliser très sérieusement avec l’intensité de sa culpabilité. C’est lui qui est parti, c’est lui qui s’est comporté comme un connard ? Et bien c’est elle qui ne l’a pas retenu, c’est elle qui s’est comportée comme une grosse cruche, voilà tout. Et peut-être qu’il n’aurait pas dû intervenir, ouais. Peut-être qu’il aurait dû se contenter de passer son chemin… « Ouais, tu aurais dû. » Peut-être mais il en aurait été incapable. Il en est incapable. Il l’a perdue, Daisy, il l’a perdu parce qu’il est con, mais il essaye de se convaincre qu’il vaut mieux pour lui l’avoir perdue mais pouvoir continuer à la voir plutôt que de la perdre comme il a pu perdre Violet.

Peut-être. Quoiqu’il en soit… quoiqu’il en soit, alors que la situation semblait déjà détestable, elle dégénère encore plus. Il explose. Il ne sait même pas pourquoi. Il ne veut plus savoir pourquoi. Il ne veut pas se rendre compte qu’il sait pourquoi. Il explose, Harvey. Et s’il avait déjà perd tout sens des réalités, là… là, il entend son cœur s’emballer, il entend même celui de Daisy exploser dans sa poitrine, il sent la colère les échauffer tous les deux, il entend ses mots dépasser sa pensée, encore une fois. Depuis le début, il ne sait plus où il en est, depuis le début et le voilà qui passe un cap. Encore. Jusqu’où va-t-il aller dans la destruction minutieuse de l’estime qu’elle pouvait encore avoir pour lui ? « Va te faire foutre Harvey ! Si je te fais pitié, t’as qu’à me foutre la paix ! Ouais j’ai besoin d’un vaccin pour aller bien, parce que j’en peux plus de ressentir toute la misère du monde, comme si la mienne ne me suffisait pas ! J’me porte vraiment mieux, avec mes propres sentiments ! »

Jusqu’où va-t-il aller ? Trop loin, bien trop loin. « Non, je peux pas anticiper et tu sais pourquoi ? Parce que je suis trop en colère ! Je suis trop en colère toute seule avec mes propres sentiments, imagine que ce que donne quand je ressens ceux des autres ! Tu me mets en colère ! Tu crois que tu peux anticiper ça, toi ? » Jusqu’où va-t-il aller ? Peut-il encore aller plus loin que ça ? Harvey se tait devant ce déferlement de colère, il se tait, il observe, il s’imprègne et étrangement, il ne réagit pas tout de suite. Sa main a tremblé sur la gâchette de son flingue, sa main tremble encore d’ailleurs, et pourtant, il n’a pas appuyé. Pas plus qu’il n’a dévié son arme. Pas plus qu’il n’a esquissé le moindre geste quand elle s’est approchée de lui pour frapper son torse, encore et encore, alors qu’il refusait de lui concéder le moindre geste en arrière. Il finit juste par plier son coude, ramener son arme vers lui, remettre la sécurité et le glisser, lentement, dans son dos. Sans la quitter un seul instant des yeux. « J’en ai rien à foutre que je te mette en colère, Daisy. Tu peux pas anticiper parce que t’es en colère ? Et ta lucidité, et ton sang-froid légendaire ? Elle est où l’ex de la CIA, hein ? T’écoutes rien, t’entends rien, t’as jamais rien entendu. Tu es faible, tu es plus faible maintenant que tu ne l’as jamais été ! » Ce sont ses mains à lui qui viennent heurter ses épaules maintenant. Qui la giflent, aussi. Et qui le regrettent immédiatement. Et quelle est sa réaction, à Harvey, lorsqu’il se rend compte de la limite qu’il vient de franchir ? Jusqu’où va-t-il aller dans la destruction méthodique, incontrôlée, de ce qu’il aurait voulu, bon sang, préserver jusqu’au bout ? Il perd le contrôle. Encore. Il ne fait que ça, Harvey. Il ne fait que ça, perdre le contrôle. De sa vie, de ses mots, de ses émotions, de ses sentiments, il ne fait que ça. Et là encore. Il perd le contrôle. L’odeur de Daisy le prend aux tripes brutalement. Il entend sa respiration, il entend les battements de son cœur, de leurs cœurs, il entend tout, absolument tout, et s’il fait un pas en arrière, s’il se prend la tête entre les mains, s’il a le visage crispé de douleur, ça ne l’empêche pas de lutter et de s’enfoncer encore davantage dans la violence d’un déni coupable et d’une attitude provocante et agressive qu’il brandit comme une armure.

Comme une armure contre tout. « Tu es égoïste, Dai’. Tu es égoïste, égocentrique comme personne. Toute la misère du monde, tu te fermes à elle. Tes propres sentiments… tes propres sentiments, mais on n’en a rien à foutre ma pauvre fille. Le monde n’en a rien à foutre de ce que tu ressens. Tu peux aimer quelqu’un à en crever, il te lâchera au pire au moment, pile quand tu auras besoin de lui. Tes sentiments, ils servent à rien, putain, tu comprends pas ? » Parle-t-il de lui, parle-t-il d’elle ? Harvey est bien incapable de savoir de qui il est en train de parler. Qui a lâché qui, au juste ? Lui, lui il l’a lâchée. Elle, elle, elle l’a laissé la lâcher. Le voilà qu’il prend son inspiration, pour contrôler ce qu’il ressent, justement, sur un tout autre plan. Ses habits brûlent son épiderme. Les battements de leurs cœurs à tous les deux percutent ses tympans. Et l’odeur de Daisy, qu’il connaît si bien, l’étouffe. Le fait suffoquer. « Pourquoi tu m’as laissé partir ? » Il a besoin d’elle. Et il la met en danger en restant près d’elle. Et il ne devrait même pas lui poser cette question. « Pourquoi est-ce que tu as tant besoin d’être normale ? » Il ne devrait même pas poser celle-là non plus.

En fait, Harvey devrait tout simplement se taire et se barrer. La laisser en plan, la laisser tranquille. Ce serait la meilleure chose à faire mais il n’y arrive pas. Il n’arrive pas à s’éloigner, il n’y pas l’envie, pas la force, pas… pas le courage pour le moment d’à nouveau la laisser et lui tourner le dos. Pourtant, c’est vraiment ce qui serait le mieux. Il s’enfonce, il a aggravé la situation et Daisy ne lui pardonnera pas. Ne lui pardonnera rien. « Tu sais quoi ? Laisse tomber. » Laisse tomber. Il est incapable de s’exprimer comme il le devrait, Harvey. Et elle, elle s’est fermée au seul moyen qu’elle aurait pu avoir de le comprendre, de percer sa colère pour aller plus loin et voir, ressentir, ce qu’il ressent. Cette peine immense qui obscurcit son jugement, cette panique constante qu’il ressent. Cette colère, pire que tout, qui ne le quitte pas. Qui ne le quitte plus. Qui le maintient éveillé. Agressif. Paniqué. Provocant.

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