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 (cesare), from my heart to your heart.

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ADMIN - master of evolution
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SUR TH DEPUIS : 15/02/2015
MessageSujet: (cesare), from my heart to your heart.   Mer 26 Avr 2017 - 3:23

Partir en voyage de noces, ça allait de pair avec l’idée du mariage et puisqu’Isolde, elle n’avait pas envisagé de se marier un jour, elle n’avait pas non plus pensé qu’elle finirait par devoir se trouver une destination de rêve pour un voyage de noces. Elle avait regardé des trucs sur internet, dans les magazines les trucs qui revenaient souvent, comme Venise, Paris, les Maldives ou encore les Bahamas, ces destinations qu’on attribuait aux amoureux ou qui vendait du rêve avec leurs plages de sable fin et leurs mers turquoises. Techniquement, ils avaient déjà fait Paris et si elle devait choisir une ville d’Italie, elle pencherait plus pour Florence ou Rome. Quant aux îles paradisiaques, ça lui donnait l’impression qu’à part se prélasser au soleil et se faire masser en sirotant des cocktails, c’était pas nécessairement le truc le plus passionnant au monde. Ils étaient plutôt actifs Cesare et elle et elle n’était pas encore assez loin dans sa grossesse pour avoir envie de juste se prélasser et de se faire masser parce que chaque partie de son corps lui ferait mal et de toute façon, elle n’avait pas encore été enceinte quand elle avait commencé à réfléchir à tout ça. Ça avait été dur de choisir une destination, mais à force de se demander ce qui leur plairait, ils avaient fini par opter pour la Namibie, ça faisait partie de ces endroits qu’elle avait toujours trouvé attractifs tout en se disant que c’était aussi le genre d’endroit où elle ne tiendrait pas trente secondes à cause de la chaleur. Enfin, les safaris, ça faisait quand même parti de ces trucs qui l’avaient fait rêver, à l’époque où elle avait pu envisager de voyager, alors, ils avaient fini par s’entendre là-dessus et les autres destinations qui avaient pu retenir leur attention quand ils avaient cherché où aller, ils auraient toujours l’occasion de les visiter plus tard, ils n’étaient peut-être pas extrêmement riches, mais ils auraient l’occasion de s’en payer d’autres, des voyages.

Pour l’heure, ils étaient là, en Namibie, avec Clara, bien évidemment, qui fêterait très bientôt son premier anniversaire. Elle marchait avec plus ou moins d’assurance et elle commençait à dire quelques mots, ici et là, rien qui puisse lui permettre de construire une phrase, mais au moins, il semblait que ‘papa’ et ‘maman’ ça faisait partie du vocabulaire que la petite avait définitivement appris, y avait ça et des trucs comme oui, non, ou encore manger. Elle savait aussi que c’était à elle qu’on parlait quand elle entendait son prénom. Elle avait bien grandit et elle continuait de le faire jour après jour, comme quoi, ils avaient bien fait de l’emmener avec eux dans leur voyage de noces, parce que louper les progrès, même les plus infimes qu’elle faisait, ça aurait été triste quand même. Et puis, ils étaient bien tous les trois à l’autre bout du monde. Des fois, c’était pas évident à cause des siestes de Clara, mais ils s’en sortait plutôt bien. Là, la petite, elle était encore réveillée, alors que l’après-midi approchait de sa fin, que le soleil tapait un peu moins fort et qu’il faisait pourtant encore aussi chaud. C’était le bon moment pour aller à la plage, ce n’était jamais conseillé de garder son bébé en plein soleil au beau milieu de la journée et toute façon, l’après-midi, le plus souvent, Clara, elle dormait. Là elle avait son chapeau, son maillot de bain et Isolde elle s’était appliquée à la recouvrir de la tête au pied de crème solaire, parce que même si son grain de peau approchait plus de celui de son père que du sien, fallait rester prudent. Un conseil qu’elle ferait peut-être mieux de s’appliquer à elle-même, si seulement elle n’était pas plus concentrer sur sa fille que sur elle-même. Probablement quelque chose de naturel chez tous les parents du monde – à part chez les DeMaggio, eux, ils étaient toujours à part. Cesare, c’était bien le seul type bien dans sa famille, sans quoi, elle ne pourrait certainement pas dire aujourd’hui qu’il était son mari et ça, elle était toujours très fière de le dire, qu’il était son mari, tout comme elle était fière des bagues à son doigt qui venaient prouver ça. Ils étaient en voyage de noces, parce qu’ils venaient juste de se marier, une journée qui évidemment était gravée à jamais dans les souvenirs de la blonde. Bien vite, Clara, elle avait commencé à jouer avec le sable et les jouets dont elle disposait. Isolde, elle en profita pour enfin s’occuper de s’étaler à son tour de la crème solaire sur sa peau, définitivement trop blanche pour rester exposée au soleil sans protection. « Elle va bientôt avoir un an. Qu’est-ce qu’on est censé faire, pour le premier anniversaire d’un enfant ? » C’était une question qu’elle se posait depuis un moment, après tout, c’était pas comme s’ils pouvaient inviter ses amis à la maison, c’était difficile de savoir avec quels bébés elle s’entendait le mieux et puis même, elle avait un an, elle s’en fichait dans le fond, d’avoir une fête d’anniversaire. Est-ce qu’elle en avait seulement conscience ? C’était compliqué, mais ils trouveraient bien quelque chose à faire, tous les trois. Fallait quand même y penser, ça viendrait vite, une fois qu’ils seraient rentrés. Rapidement, elle tendit le tube crème solaire à Cesare. « Tu peux m’aider ? » Malgré la question et les yeux de biches qu’elle lui adressa, il n’avait qu’à moitié le choix, elle pouvait pas vraiment se mettre de la crème dans le dos, alors après, si elle attrapait un coup de soleil, ce serait lui qui devrait la supporter en train de se plaindre et dans la liste des trucs qu’elle détestait le plus au monde, les coups de soleil, c’était assez haut placé, tout ça parce qu’elle en attrapait beaucoup trop facilement, à cause de sa peau trop claire, de toute évidence un truc qui ne devait pas lui venir de ses racines australiennes.

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MessageSujet: Re: (cesare), from my heart to your heart.   Mer 26 Avr 2017 - 5:27

Voyager, découvrir le monde et choisir et agir comme s’il n’y avait aucune limite entre eux et l’horizon, ç’avait été des rêves ou des ambitions que Cesare et Isolde avaient tous les deux fini par éloigner de leurs vies. Bien avant de se connaître, bien avant, vraiment, qu’ils ne deviennent les adultes, les parents qu’ils étaient désormais. Cesare, il aurait même juré pendant des années que ça n’avait même pas été dans ses envies, quelque-chose qui pourrait avoir un attrait particulier pour lui: et pourtant, embarquer dans un avion vers une destination qui pouvait être tout à fait différente de tout ce qu’il avait connu jusque-là, avait quelque-chose de si excitant, qu’il était bien difficile pour lui d’aujourd’hui prétendre que ça n’l’affectait pas. Dans le bon sens du terme, évidemment. Surtout alors qu’il était à l’autre bout du monde, avec Clara, avec Isolde, tous les trois séparés de tout ce qui pouvait être compliqué à Radcliff; ils avaient embarqué vers un pays étranger sans laisser de directive à qui que ce soit, et sans se préoccuper d’autre chose que la bulle de bonheur égoïste dans laquelle ils flottaient depuis qu’ils étaient mariés. N’était-ce pas le lot de tous les mariés? Et de toute façon, sous le soleil rayonnant de Namibie, juste au bord d’il n’savait plus quel océan, il était bien difficile de penser à tout ce qui avait été administratif, compliqué et juste officiel à Radcliff. Isolde se souvenait-elle encore qu’à la maison, elle était maire d’une ville pourrie, et qu’elle devrait encore travailler main dans la main avec le Gouvernement pour recenser les transmutants qu’elle s’était jurée de toujours protéger? Cesare se souvenait-il qu’à la maison, lui, il n’était qu’un mécanicien sans réelles ambitions, sans vrai sens à son existence, qui passait ses journées les mains dans le cambouis à prétendre que ni son passé, ni les hunters, ni les emmerdes n’existaient? Dans les pays étrangers, bizarrement, il était presque difficile pour le brun de même penser à tout ça: y avait-il des transmutants, par ici? D’après la science et l’histoire, oui; et pourtant, c’était bien le cadet des soucis du DeMaggio. Ses attentions n’étaient capturées que par Clara, que par sa tout juste femme qui semblaient quotidiennement lui offrir des images dignes d’autres rêves qu’il n’avait, aussi, jamais osé avoir. Et encore et encore chaque jour nouveau ici, ressemblait à une extension du Paradis: si loin du Kentucky, au moins, Cesare n’était pas rattrapé par le doute mordant, l’inquiétude réflexe de s’demander jusque quand ça pourrait durer, avant que son père, ou n’importe lequel de leurs ennemis, ne leur tombe dessus? Il n’avait pas une nature très optimiste, lui, après tout; si seules les volontés pouvaient offrir de la sécurité, beaucoup de choses seraient bien différentes dans leurs vies à tous les deux. Au moins, ils savaient chérir ce qui était ici et maintenant, les chances inespérées offertes par la trêve qu’ils avaient si durement acquise: Cesare, il n’pouvait pas sereinement penser à l’avenir, mais au moins, il pouvait très bien se concentrer sur tout ce qu’il y avait de parfait, maintenant.

Il savait pourtant qu’irrémédiablement, ils seraient déjà de retour dans cette Radcliff emmerdante pour l’anniversaire de Clara, qui n’était pas si loin que ça. Ouais... l’anniversaire de Clara - ça semblait presque être un événement qui ne succédait qu’aux autres, mais il suffisait que le DeMaggio s’lance dans une totale introspection, pour qu’il se rende compte de tout ce que ça pouvait signifier. Ouais, presque un an plus tôt, Isolde et lui n’s’étaient pas parlés depuis des mois, il avait été obnubilé par l’idée de venger sa soeur, il avait été détruit par la mort de celle-ci. Et puis, le soir du sept mai, quand ils devraient se souvenir de tout ce qui était arrivé, dans cette chambre de motel où elle était venue lui rendre visite, ils n’pourraient pas prétendre avoir de bons souvenirs. Ils s’étaient disputés avec hargne, ils s’étaient jurés qu’ils se détestaient, et au moment fatidique d’accoucher, Isolde avait été toute seule pendant qu’il jouait les idiots dans le couloir, à tourner, tourner en rond comme quelqu’un qui n’savait pas quoi choisir dans sa vie. Il n’avait pas su où était sa place non plus; Isolde avait-elle voulu qu’il soit là? Isolde avait-elle espéré que les choses s’arrangent, de son côté, avant tout ça? C’était comme si toute cette période et cette nuit-là étaient de véritables tabous qu’ils esquivaient, trop contents d’avoir ce qu’ils avaient maintenant. Alors Cesare ne savait pas, et quelque-part, il n’avait pas trop envie de chercher à savoir plus avant. Il n’avait pourtant jamais été du genre à fuir des responsabilités comme ça; c’était pourtant une tâche si aisée, dans les moments comme ça - il en oublierait son nom, ses origines, chaque moment chaotique de sa vie, chaque tristesse, chaque appréhension. Alors, entendre Isolde parler avec un genre de sérieux dans la voix, ce fut comme un choc pour lui, alors qu’il avait été si bien à respirer un air qui lui semblait infiniment frais, à profiter d’un soleil qui lui semblait totalement différent de celui qu’il avait toujours senti sur sa peau depuis le jour de sa naissance. Lui demandait-elle vraiment des conseils, sur comment fêter des anniversaires pour les enfants? Cesare ne pouvait même pas creuser dans ses propres souvenirs à la recherche d’une quelconque inspiration, alors quoi? Il haussa les épaules, alors, avant d’appuyer sa tête sur sa main, son coude replié pour observer la blonde, au moins avec un genre de sérieux équivalent au sien à elle: « Je savais pas que tu voulais faire un truc spécial, toi. » par «spécial» il entendait quelque-chose qui avait besoin d’être préparé des semaines à l’avance comme elle semblait le sous-entendre avec cette conversation. Avec, peut-être, des invités en plus d’eux trois; une perspective à laquelle Cesare avait toujours ses habituelles retenues, quand bien même il avait été plutôt réceptif à leur mariage. Ç’avait été une autre histoire, mais garder Clara le plus protégé possible restait toujours une de ses préoccupations majeures, à lui. Son regard posé sur Clara, qui semblait apprécier le sable presque autant qu’elle aimait sentir ses pieds tremper dans l’eau, Cesare mit un petit moment, avant d’observer Isolde à nouveau. Mais il parvint très vite à comprendre ce qu’elle voulait, un rictus goguenard retroussant ses lèvres; il se leva sans problème, pour arriver jusqu’à elle, et lui prendre la crème solaire des mains. Oui, il allait faire une affaire personnelle de bien protéger la peau d’Isolde. Il commença par ses épaules, remontant lentement de ses bras jusqu’à vers sa nuque, où il entreprit de bien masser la peau pour faire pénétrer la crème et pouvoir en mettre une bonne couche; le soleil ici, il n’faisait pas les choses à moitié pour sûr. « Ouais... elle va avoir un an. » il songea, dans un sourire qu’Isolde ne vit pas, puisqu’il était dans son dos; « J’suppose que c’est aussi, genre, l’anniversaire de notre dernière dispute hargneuse. » il ricana, levant vaguement les yeux au ciel en continuant les gestes de ses mains, bien dans la nuque d’Isolde, vers ses omoplates, très précis dans la tâche qu’on lui avait confiée. Ce ne serait certainement pas à cause de lui, qu’elle attraperait des coups de soleil.

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MessageSujet: Re: (cesare), from my heart to your heart.   Mer 26 Avr 2017 - 16:54

Ça faisait longtemps qu’elle avait laissé de côté ses envies de voyage Isolde, elle se disait qu’elle avait grandi, qu’elle avait trouvé d’autres buts à sa vie, même si ça se résumait à se battre pour ce qui lui semblait être juste, en oubliant un peu tout ce dont elle pourrait avoir envie ou besoin à côté. De ça, elle était passée à une femme avec des responsabilités, un enfant dont il fallait bien qu’elle s’occupe et un boulot qui lui demandait trop de temps pour qu’elle puisse encore avoir les même rêves que deux qu’elle avait eus quand elle avait quelque chose comme seize ans. Mais maintenant, elle avait aussi Cesare et avec lui, s’imaginer à l’autre bout du monde, loin de Radcliff, loin du boulot et des responsabilités, c’était vraiment facile. Ils s’étaient mariés, alors après tout, c’était dans la suite des choses que de partir en voyage de noces, une tradition à laquelle Isolde n’aurait certainement pas voulu couper. Elle s’en fichait bien de l’état dans lequel Radcliff pouvait être au moment où elle était partie, tous ces problèmes liés au recensement des transmutants ou à Insurgency qui avait fini par se trouver un autre leader, plus en phase avec leurs motivations. Tant mieux pour eux, peut-être tant mieux pour elle aussi, au moins, ça lui faisait un truc de moins dont elle avait besoin de s’inquiéter. Maintenant de toute façon, tout le monde faisait bien ce qu’il voulait. Elle n’était pas à Radcliff, elle n’avait pas besoin de se préoccuper de ce qui pouvait bien se passer là-bas et ses pensées, elles allaient très peu vers sa ville natale, depuis qu’elle avait pris l’avion en compagnie de Cesare et Clara pour se rendre à l’autre bout du monde. Elle ne voulait certainement pas penser au moment où ils devraient quitter à ce qui ressemblait vraiment à un petit coin de paradis, pour revenir dans leur coin paumé au beau milieu du Kentucky.

Elle savait très bien qu’elle n’avait qu’à demander à Cesare et il irait s’installer avec elle n’importe où dans le monde, qu’après tout, Radcliff, c’était probablement la ville qu’il détestait le plus au monde, mais c’était quand même là où étaient leurs amis, leur vie, leurs boulots et leur maison. Quitter tout ça du jour au lendemain, c’était pas impossible, elle savait bien qu’un jour, ce serait inévitable, mais pour l’instant elle ne pouvait pas s’y résoudre, pas définitivement en tout cas. Pour quelques semaines en revanche, c’était loin de la déranger. Pour quelques semaines, Radcliff, c’était le cadet de ses soucis. Elle voulait juste profiter à fond de tout ce qu’ils avaient là, juste devant eux, ce pays inconnu dans lequel ils avaient tant de choses à découvrir. Clara aussi, elle semblait enthousiaste, il suffisait de la laisser tremper ses pieds dans l’eau ou jouer avec le sable pour qu’elle semble totalement heureuse de toute façon. Elle n’aurait probablement aucun souvenir des vacances passées en Namibie, quand elle grandirait, parce qu’elle était encore trop petite, mais ça n’avait pas d’importance, autant qu’elle en profite, alors qu’elle n’avait même pas encore un an et qu’elle avait encore bien le temps, avant d’entrer dans cet âge où parfois, il fallait plus qu’un peu de sable ou la mer pour se sortir de ses problèmes. Un an déjà. Quand elle y pensait Isolde, elle avait l’impression que la dernière année qui s’était écoulée avait été plus courte que les autres, à croire qu’être heureuse et amoureuse, ça lui permettait de voir le temps passer plus vite. En tout cas, c’était bientôt son anniversaire à Clara, alors elle ne savait pas trop si fallait penser à organiser un truc en particulier, ou si ça n’avait pas vraiment d’importance, en tout cas, pas pour le monde en dehors d’eux trois. « Non, je sais pas. J’me demande. » Elle haussa légèrement les épaules. Elle ne pouvait de toute évidence pas dire ce qu’elle avait fait elle, le jour de son premier anniversaire, parce qu’évidemment, ça remontait à beaucoup trop longtemps pour qu’elle s’en souvienne. « J’me dis juste qu’il faudrait quelque chose qui lui fasse plaisir. » Ce serait son anniversaire à elle, après tout. Ouais, mais c’était sûr qu’en la voyant s’éclater à faire des pâtés de sable, ça semblait pas compliqué de trouver quelque chose qui lui fasse plaisir. Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu’elle sentait les mains de Cesare dans son dos, la crème solaire, c’était probablement la meilleure excuse pour profiter comme ça d’un massage. Elle laissa échapper un léger rire à sa remarque, c’était vrai que la naissance de Clara, elle marquait aussi un tournant dans leur relation à eux deux. « Ouais, faudra qu’on trouve aussi un moyen de fêter ça. Juste toi et moi, dans un lit, ça peut être un bon plan pour ça. » C’était plus facile de mettre son imagination en route pour trouver un moyen de célébrer la fin de leurs disputes, pas besoin de réfléchir bien longtemps pour savoir ce qu’elle aurait envie de faire, avec Cesare, pour fêter leurs réconciliations, il s’agissait après tout d’idées qu’elle avait plus ou moins toujours dans une partie de ses pensées.

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MessageSujet: Re: (cesare), from my heart to your heart.   Jeu 27 Avr 2017 - 1:31

Pour les conversations qu’ils avaient déjà eues à ce sujet, Cesare savait au combien ce voyage, en apparences insignifiant, pouvait être important, pour eux deux. Il se souvenait d’avoir entendu dans la voix d’Isolde, un genre de réalité se poser douloureusement quand, à son anniversaire, elle avait parlé de la fille qu’elle avait été à dix-huit ans: celle qui rêvait de pouvoir traverser le pays dans lequel elle était née, juste parce que son imagination et ses envies ne s’étaient jamais arrêtées à Radcliff. Ç’avait été à cause de son père, que la vie de la blonde avait été bouleversée, changée, modifiée dans le mauvais sens du terme: et tout ce à quoi il pouvait prétendre aujourd’hui, Cesare, en tant que DeMaggio, c’était d’au moins essayer d’inverser ce procédé. La haine de Rafael avait amené plein de choses noires et horribles à la vie de la Saddler; et aujourd’hui, Cesare voulait juste espérer qu’son amour pourrait un tant soit peu inverser cet ordre des choses. Et ils étaient heureux, somme toute - ils étaient heureux dans les moments simples comme bonjour qu’ils avaient tous les jours, ils étaient heureux à profiter d’instants paisibles auxquels ils n’auraient jamais osé croire avant tout ça: parce que tout autant que la mutante avait senti, elle, l’arrivée brutale de Rafael DeMaggio dans sa vie, Cesare, lui, il avait littéralement grandi sous l’emprise de ce type. Et malgré les différends d’apparence, malgré ces frontières qu’ils avaient crues infranchissables tous les deux à une époque, malgré les appellation entre hunters et dégénérés, fondamentalement, tous les deux, ils n’étaient pas si différents l’un de l’autre, comme vagues résultats obtenus par les actes et les choix du patriarche DeMaggio. Cesare aussi, il avait largement écarté de son existence tout ce qui pouvait un tant soit peu ressembler à un rêve: il avait su que s’il avait eu la folie d’en alimenter un, de croire en quelque-chose qui n’aurait pas été dans la vision de ses parents, ils l’auraient écrasé comme un vulgaire insecte. Une réalité indéniable, maintenant que l’histoire lui avait prouvé raison: Cesare, il n’pouvait pas réparer les actes qu’il avait commis, il n’pouvait pas remonter dans le temps pour faire en sorte que ce qui avait été chaotique à leur histoire, à Isolde et lui, deviennent des facilités évidentes, des moments heureux plutôt que des souffrances. Ce n’serait pas compliqué d’y croire, pourtant; mais le DeMaggio n’pouvait que se contenter de jurer sur l’avenir, plutôt que de ressasser un passé sur lequel il n’avait plus aucune prise. Isolde avait perdu son père à dix-huit ans, et ç’avait façonné certains aspects de sa personnalité, desquels il était tombé amoureux. Et il avait grandi en tant que DeMaggio, pour s’découvrir transmutant à vingt ans, et chaque étape pavée de son histoire avait été une pièce de puzzle, dans les sentiments qu’elle avait aujourd’hui, pour lui, folle qu’elle était, Isolde.

Et maintenant, quand il se prenait à imaginer des scénarios différents pour écrire leurs histoires respectives - au moins celle d’Isolde, qu’elle ne connaisse jamais la peine, le deuil ou la déception; il n’pouvait s’empêcher d’être rappelé à l’ordre par tout ce qu’ils avaient, malgré tout. Ils s’étaient relevé de chaque épreuve qu’ils avaient affrontée, ils avaient persévéré, ils avaient survécu et tenu bon, et pour tout ça, aujourd’hui, ils étaient là, mariés, avec Clara à leur côté. Et si dans un quelconque univers, quelque-part, il y avait un monde où Clara n’existait pas? Maintenant, c’était impossible pour lui comme pour elle de vouloir penser à ça. Déjà un an qu’elle était là; et parfois, le DeMaggio s’imaginait que ça faisait dix ans que sa vie était évidente de la sorte - plus souvent, il s’disait que ça n’pouvait pas faire un an, déjà. Déjà, ouais. Il n’y avait qu’à voir les progrès qu’elle faisait, Clara - ses cheveux qui poussaient, ses dents qui apparaissaient de plus en plus, les vêtements qui devenaient trop petits en un rien de temps. Elle était maintenant une petite fille qui tenait presque habilement sur ses marches, qui savait tendre la main quand elle voulait qu’on l’emmène quelque-part, et qui balbutiaient des mots qui avaient un sens pour elle. La dernière fois qu’ils avaient voyagé comme ça, dans un pays étranger, Clara n’avait été qu’un tout petit bébé qui avait besoin de dormir souvent, et n’se rendait compte de rien de ce qui l’entourait, et ne réagissait qu’à très peu d’éléments extérieurs. Aujourd’hui, sous un soleil doucereux, Clara jouait avec le sable, et elle s’émerveillait d’un rien, avec une innocence que Cesare aurait crue complètement éradiquer de ce monde impitoyable. Alors même s’il s’était contenté de répondre d’une petite pique moqueuse à la question d’Isolde, il n’pouvait s’empêcher de croire qu’elle était légitime, cette interrogation. Comment est-ce qu’ils pourraient fêter le tout premier anniversaire de leur fille? En faisant mieux que le jour de sa naissance, sans doute que ça pouvait déjà être un bon début - une histoire minable qui s’éloignait pourtant, de jour en jour, aussi. Un an déjà également, et plein de progrès faits depuis, en témoignaient les bagues qu’ils avaient désormais à leurs annulaires. « Apparemment lui faire passer son anniversaire dans un bac à sable lui ferait plaisir. » il plaisanta, observant Clara tout en continuant de bien appliquer de la crème sur le dos d’Isolde. Et en père qu’il était, il savait aussi que Clara aimait tout ce qui était coloré, tout ce qui faisait du bruit, l’eau, les chansons, et tripoter à des trucs qu’elle n’était pas censée toucher. Au-delà de ça, il doutait qu’une tonne de visages inconnus - ou quasi-inconnus - s’émerveillant devant elle, et un gâteau plus gros qu’elle ne puissent lui faire plaisir. Au moins, lui, pleinement adulte et conscient des choses qu’il aimait, il savait ce qu’il pouvait bien vouloir, pour fêter sa fameuse trêve avec Isolde - un an déjà, ouais. Et il était aussi assez grand pour savoir ce qu’elle sous-entendait, pour sûr; il sourit, donc, se penchant lentement vers Isolde jusqu’à pouvoir lover son visage au creux de son cou, et égarer quelques baisers ici. « Ah ouais, t’as déjà tes p’tites idées, t’as tout préparé dans ta tête? » ricana-t-il doucement, bien intéressé par ses propositions, évidemment, il n’allait pas prétendre le contraire. Elle savait au moins ce qui lui ferait plaisir, à lui; quoiqu’ils célèbrent, célébrer avec elle serait toujours parfait.

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MessageSujet: Re: (cesare), from my heart to your heart.   Jeu 27 Avr 2017 - 13:46

Plus jeune, elle aurait voulu quitter son petit coin du Kentucky, Isolde, pour voir un peu comment c’était ailleurs, pour voir d’autres coins de ce pays dans lequel elle était née, où elle avait grandi. Elle avait été curieuse, et finalement, tristement peut-être ce qu’elle connaissait des Etats-Unis, c’était seulement le Kentucky, un peu la Louisiane, un petit coin de la Floride et New-York, qu’elle avait eu l’occasion de voir très brièvement quelques semaines plus tôt quand elle était allée choisir la robe qu’elle avait porté pour son mariage. Plus jeune, elle aurait aussi eu envie de faire le tour du monde, parce qu’elle avait été comme ça Isolde, presque à passer plus temps à rêvasser à ce qu’il y avait en dehors de sa ville natale qu’à s’intéresser à ce qu’elle avait devant les yeux. Puis finalement, son père était mort et tous les problèmes du monde, tous les problèmes de cette petite ville dans laquelle elle avait grandi lui avaient semblé plus importants que jamais, alors elle était restée, elle avait commencé ce combat qu’elle n’avait que très peu lâché, même après des années et des années. C’était peut-être moins important que ça l’avait été avant qu’elle ne rencontre Cesare, avant que Clara ne vienne au monde, mais ça comptait toujours. C’était là, ancré en elle, la volonté d’agir, de faire quelque chose de bien, ça avait remplacé cette envie de bouger, de fuir peut-être, qu’elle avait pu avoir quand elle avait été plus jeune. Peut-être bien que s son père n’était pas mort, elle aurait fait le tour du monde et qu’elle aurait fini par ouvrir une galerie d’art à New-York, mais si elle avait fait ça, elle n’aurait jamais rencontré Cesare, elle n’aurait pas été là pour l’aider quand il en avait eu besoin alors ils ne seraient pas là tous les deux, mariés, avec une fille merveilleuse et un deuxième bébé en route. Alors maintenant, c’était difficile de regretter les choix qu’elle avait pu faire.

Au moins, la vie qu’elle avait maintenant, elle n’excluait pas totalement le fait de voyager. Ils étaient déjà parti en France quelques semaines et maintenant, ils étaient en Namibie, loin de chez eux et de ce qu’ils avaient l’habitude de voir. Elle savait qu’elle n’aurait jamais fait ce genre de voyages si elle n’avait pas fini par rencontrer Cesare, après la mort de son père. C’était à se demander si elle serait encore en vie, si jamais Cesare n’avait pas fait partie de son existence et comme il l’avait déjà sauvée à plusieurs reprises, c’était facile de se dire qu’elle serait morte avant d’avoir pu fêter son vingt-sixième anniversaire, comme une idiote trop dévouée à la cause dans laquelle elle s’était engagée. Elle se disait qu’au moins, elle était plus prudente maintenant que les nouveaux buts de sa vie étaient bien moins risqués, maintenant, ce qu’elle voulait avant tout, c’était que Clara ait une belle vie et que son mariage avec Cesare, il soit heureux, pour toujours. Tous les deux, ils étaient définitivement ce qui comptait le plus aux yeux de la blonde. Alors, puisqu’elle s’était donné la peine d’au moins essayer de faire quelque chose de bien pour l’anniversaire de Cesare – et qu’elle le referait le treize août prochain – c’était normal qu’elle se pose des questions sur l’anniversaire de Clara, quand bien même elle, il semblait qu’elle était trop jeune pour s’en poser des questions. Elle ne savait même pas ce qu’était un anniversaire et comme elle ne connaissait rien du calendrier il pourrait lui souhaiter son anniversaire le vingt-cinq juillet que ça ne changerait pas grand-chose pour elle. Mais pour eux, c’était important et pour eux, l’anniversaire de Clara, c’était le sept mai prochain, bientôt, vraiment bientôt. « On devrait peut-être installer un bac à sable dans la cour alors. » Si ça pouvait lui faire plaisir à Clara après tout, ils pouvaient bien se permettre de faire ça, elle se disait que peut-être qu’ils devraient investir dans une balançoire aussi, ce genre de trucs qui amusaient les enfants, parce qu’au bout d’un moment, ce ne serait plus un enfant qu’ils auraient mais deux, alors il n’était pas trop tôt pour commencer à penser à tout ça. C’était forcément plus facile de penser à ce qu’ils pourraient faire, Cesare et elle, pour célébrer leur fameuse trêve, c’était un domaine dans lequel ils avaient de toute évidence beaucoup plus d’expérience, l’un comme l’autre. Elle ricana alors, suite aux propos de Cesare. « Hm, j’y avais pas forcément pensé avant que t’en parles, mais maintenant j’ai des idées qui se mettent en place oui. » Elle y avait pensé, que bientôt, ça ferait un an depuis cette nuit au motel, depuis cette dernière grosse dispute, mais elle n’avait pas forcément pensé à célébrer la chose, après tout, elle avait été plus concentrée sur l’anniversaire de Clara. Elle tendit le bras en arrière pour pouvoir trouver la joue de Cesare et y déposer sa main. « Faut bien qu’on en profite avant que mon ventre vienne se mettre entre nous deux. » Elle n’allait pas tarder à prendre kilo sur kilo après tout, puisqu’elle était enceinte et avec ça, viendrait les douleurs un peu partout, la fatigue assommante qui la coucherait bien vite, alors ouais, c’était sans doute mieux d’en profiter maintenant.


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MessageSujet: Re: (cesare), from my heart to your heart.   Sam 29 Avr 2017 - 21:57

Sur la même longueur d’ondes; ensemble, en couple. Heureux. Parents. Mariés; et en vacances. Ça semblait presque être trop d’un coup, trop en un an, et pourtant jamais la foi ou la volonté de Cesare n’avaient faibli, d’une certaine façon dont il n’avait peut-être même pas eu conscience lui-même, selon les occasions. S’était-il accroché à Isolde avec force, toutes les fois où il était venu jusqu’à elle, pour des raisons qu’il avait crues justifiées? Il avait sûrement cru, ouais, que c’était normal qu’il aille voir Isolde pour lui demander des comptes quand elle avait fait exploser la place centrale de la ville sur sa soeur - du moins, ç’avait été la seule chose de laquelle il s’était préoccupé, à l’époque. Il avait cru que c’était justifié, aussi, d’aller la voir au beau milieu de la fête foraine, alors qu’elle était juste là, à la fête foraine, si près et pourtant si loin. Et puis, il avait véritablement pensé qu’il en avait eu assez, quand il était allé la retrouver après la mort d’Aria, et que tout ce qu’elle avait eu aux lèvres avaient été des justifications et des prétextes, plutôt que quoique ce soit d’acceptable. Il n’savait pas ce qu’il avait attendu d’elle, concrètement, correctement. Peut-être un réconfort qui n’serait probablement jamais venu, des abords du gouffre de désespoir et de folie avec lesquels il avait dansé pendant des mois après tout ça. Mais Isolde était Isolde, et il était le Cesare qui fonçait toujours droit vers elle; encore et toujours, l’histoire l’avait prouvé plus de fois qu’ils n’pourraient le nier. Et c’était si facile et si bon de n’avoir qu’à se concentrer sur ça maintenant - d’être là, si loin, mentalement et physiquement tout à la fois de Radcliff. Peut-être alors que le DeMaggio n’avait toujours été qu’habité de désirs égoïstes, d’envies qui n’feraient «que ça» de sa vie. Enfin, il était en phase avec ses envies, maintenant. Et depuis, il n’y avait pas un seul instant où il regrettait le chemin aisé et idyllique sur lequel ils s’étaient engagés, tous les trois. Et ici encore, évidemment que c’n’était pas comme à Radcliff: l’atmosphère était différente, bien au-delà du climat et de ces détails visibles - lui, il remarquait qu’Isolde semblait plus détendue, qu’ils étaient libres de leurs gestes et de leurs envies, sans la moindre retenue - ici, il n’y avait pas de Demelza pour se servir d’eux deux comme d’un prétexte pour saisir le pouvoir sur Insurgency, il n’y avait pas de Rafael qui semblait tout aussi aisément pouvoir tuer son fils que s’excuser face à celui-ci, au gré de ses délires.

Ils étaient tranquilles, de façon déculpabilisée, sans calculer le temps qui passait et sans appréhender chacun dans leur coin le retour, pour des raisons totalement différentes. Et c’était encore différent de Paris - ils n’avaient pas fui Radcliff dans la nuit pour fuir les démons et les peurs d’Isolde, et elle n’était pas recroquevillée sur elle-même, fuyarde, à essayer de cacher les cicatrices qu’elle avait eues sur le corps, à l’époque. Beaucoup de choses changeaient en un an, et même moins de temps que ça - parfois, Cesare avait l’impression que c’était une éternité qui les séparait des deux cons qu’ils avaient été, à s’disputer si hargneusement quand ils se croisaient. D’autres fois, il s’persuadait que ça n’faisait que trop peu de temps, évidemment, qu’ils étaient comme ça. Après tant d’errance, après avoir frôlé la perdition, trop souvent, Cesare il savait c’qu’il voulait, et c’était juste là, juste ici, juste maintenant, sous le soleil namibien qui leur chauffait la peau, malgré les précautions qu’ils prenaient. « Hm, peut-être qu’on devrait saisir l’occasion pour ce séjour... voir si c’est trop chiant de lui enlever tout le sable qu’elle se met partout. Ça nous évitera d’investir dans un truc qui pourrait être plus emmerdant qu’autre chose. » il dut bien admettre à la suggestion d’Isolde, un brin sérieux malgré l’aisance joyeuse de la conversation, jusque-là: franchement, la mer, la plage, c’était une chose - un bac à sable à Radcliff, où il pouvait souvent pleuvoir et à proximité de la maison, c’était une autre histoire. Skylar disait volontiers de Cesare - apparemment - qu’il était un super-papa, mais fallait pas pousser, quand même ; c’était loin d’être austère comme précaution; Clara avait toujours à disposition un immense jardin, plein de jouets et ainsi de suite desquels elle ne se servait encore qu’à peine. Mais au final, il n’était pas si sérieux que ça, Cesare, oubliant déjà ce qu’il avait été en train de faire pour commencer à laisser glisser ses doigts le long des bras d’Isolde, caressant tendrement sa peau alors qu’il souriait bien volontiers, goguenard à ses «idées». « Tu veux dire que j’éveille forcément des pensées de cet ordre, dans ta tête? » plaisanta-t-il dans un ricanement, avant de venir embrasser Isolde alors qu’elle déposait sa main contre sa joue. « Ton ‘gros ventre’ s’mettra jamais entre nous. » et même si ça pouvait avoir l’allure du sujet de conversation premier dont il avait été question jusque-là, il y avait cette fois, une honnêteté transpirant dans la voix du brun, à même de prouver que ça allait bien plus loin que le sexe: tant pis si elle devait être trop fatiguée, ou si ses hormones devaient faire des trucs bizarres, ou si elle devait prendre des kilos ou n’importe quoi d’autre. « D’un point de vue purement pragmatique, y’a déjà plein d’autres positions possibles. » il se reprit dans une blague. « J’vais avoir besoin qu’tu t’allonges pour le reste... » d’un geste, il désigna la crème solaire, qu’il n’avait pas encore appliquée au bas du dos d’Isolde - chose assez difficile à faire, quand elle était assise contre lui. Peut-être n’en aurait-elle pas besoin, s’ils restaient comme ça l’un contre l’autre, mais elle n’allait probablement pas refuser l’opportunité de rallonger son massage.

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MessageSujet: Re: (cesare), from my heart to your heart.   Dim 30 Avr 2017 - 0:20

Partir en voyage de noces, ça faisait partie des choses qui allaient avec le mariage, des choses auxquelles ils avaient bien été obligés de penser au bout d’un moment, quand ils s’occupaient de préparer ce fameux mariage et elle ne pouvait pas mentir Isolde, ça l’avait vite fait rêver cette histoire de voyage. Quitter Radcliff, leurs problèmes, l’ambiance de la ville pour passer quelques semaines ensemble, rien que tous les trois, pour fêter leur mariage, évidemment que c’était une idée qui avait vite été particulièrement été tentante. Maintenant qu’ils y étaient, elle pouvait dire que c’était carrément bien. Ça leur permettait de souffler un bon coup, de se détendre avant de se relancer dans la vie qu’ils connaissaient, là-bas à Radcliff. Il s’agissait de vacances bien méritées d’après Isolde, après tout, il lui semblait que même si Radcliff était une petite ville perdue au milieu de nulle part, c’était vraiment pas facile d’en être la maire. C’était une ville pleine de problèmes et ça ne faisait pas un an encore qu’elle était à la tête de la ville et ça lui paraissait déjà complètement d’avoir autant de choses à gérer dans une toute petite ville comme ça. Fallait dire que son prédécesseur ne lui avait pas facilité la vie. Elle savait qu’elle faisait de son mieux et certains de ses efforts étaient récompensés, c’était déjà ça. Mais ce n’était pas suffisamment pour lui donner l’impression que tout allait bien dans sa ville natale, non franchement, là, loin de Radcliff, c’était facile de se dire que le reste du monde était plus serein que Radcliff et que vivre dans un coin pareil ce serait peut-être mieux que de rester à Radcliff. Mais elle avait des devoirs, des responsabilités et des ambitions aussi, qu’elle ne pouvait pas abandonner. Pas maintenant. Mais ce n’était pas tout ça qui allait l’empêcher là, de profiter de son voyage de noces. Ils étaient de jeunes mariés, ils avaient bien le droit à ça.

C’était un séjour dont elle se souviendrait Isolde, comme Paris, évidemment, comme partout où ils pourraient aller, Cesare et elle, parce qu’y avait un calme, une tranquillité qui régnait et qui semblait tout rendre tellement facile que ça la comblait de bonheur jour après jour. Elle était mariée avec Cesare, ça déjà, ça la rendait heureuse, mais en plus, ils étaient là dans un pays qui ressemblait à un petit coin de paradis, alors elle avait de quoi nager dans le bonheur. Elle ne trouvait qu’à peine le temps de se plaindre des températures trop élevées la journée, ou trop fraiches la nuit ou des nausées qui parfois la paralysaient pendant de trop longues minutes au-dessus de la cuvette des toilettes de la chambre dans laquelle ils séjournaient. Même ça, ça semblait moins chiant en Namibie qu’à Radcliff. Tout était moins chiant ici, peut-être même le sable dont il fallait défaire Clara le soir, quand ils rentraient après qu’elle ait passé un certain temps à jouer dedans. « Ouais c’est vrai. Enfin, elle trouvera toujours un moyen de se salir, même sans bac à sable. » Comme tous les enfants du monde sans doute. Si ce n’était pas en jouant dans le sable, ce serait avec autre chose, parce qu’ils étaient comme ça les enfants, doués pour en foutre partout, suffisait de voir Clara, des fois quand elle commençait à pitrouiller avec ce qu’elle avait dans son assiette et qu’en foutre partout était bien plus amusant pour elle que de manger bien sagement. C’était typiquement le genre de trucs qu’il valait bien que Cesare gère, tant elle, ça avait tendance à vite l’agacer. Heureusement, ici ça n’avait pas d’importance, ici, il en faudrait beaucoup pour l’énerver et pourtant, elle était loin d’être calme et patiente comme fille. Là contre Cesare, elle était parfaitement bien alors c’était pas difficile de se construire des images en tête de la façon dont elle aimait célébrer tout et n’importe quoi en la compagnie de son nouvel époux. « Peut-être pas forcément, parce que j’arrive à penser à toi autrement, mais tu les éveilles très facilement. » Non quand elle pensait à Cesare, ce n’était pas forcément des pensées liées au sexe, heureusement sinon leur histoire aurait des bases bien bancales, mais c’était facile d’avoir des pensées coquines sur lui. Elle laissa échapper un léger rire, alors qu’elle s’allongeait sur le ventre contre la serviette de plage qui tait étendue là, histoire de laisser Cesare continuer avec cette crème solaire, il le faisait si bien que ce serait dommage de l’arrêter de toute évidence. « T’as déjà commencé à réfléchir aux positions qui marchaient le mieux pendant la grossesse ? » Y avait même pas besoin de réfléchir dans le fond, internet devait bien avoir la réponse et sans doute qu’eux, ils verraient pas quand ils en seraient là, qu’elle aurait un ventre bien imposant et qu’il faudrait improviser avec ça, après tout, ils se l’étaient dit, ils étaient forts en improvisation tous les deux.


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MessageSujet: Re: (cesare), from my heart to your heart.   Mar 2 Mai 2017 - 15:42

Peut-être que dans le monde normal, auquel ils n’avaient que trop peu pu appartenir, beaucoup de gens diraient que Cesare et Isolde, ils allaient vite en besogne. Qu’ils s’adaptaient à beaucoup de choses, beaucoup d’événements voués à changer leur vie, en un rien de temps: le mariage, la grossesse, étaient il semblait, des étapes des vies de couple qui demandaient du temps, beaucoup de réflexion, de la patience et une assurance que peu de gens pouvaient prétendre avoir, en quelque-chose comme un an. Techniquement, l’histoire qui les liait durait depuis bien plus longtemps qu’un an; ça faisait plus d’un an qu’ils se connaissaient, bien plus d’un an qu’ils s’aimaient, aussi. Mais la paix doucereuse de jours passés ensemble, celle-ci, elle était encore jeune et fragile, enivrante et excitante dans les bons moments, terrifiante et compliquée dans les autres moments. Cesare aujourd’hui, il se fichait volontiers des avis des autres, de ce que des inconnus pourraient penser, de choses qu’ils n’comprenaient pas: y avait-il seulement quelqu’un d’autre qu’eux, là dehors, pour comprendre ce qu’ils avaient vécu? Ce qu’ils avaient enduré? Les choix qu’ils avaient faits et les conséquences qui avaient toujours suivi? Loin d’Isolde, ou tout près d’elle, alors qu’un univers entier de hargne et de culpabilité les séparait ou en d’autres circonstances, rien dans la dévotion que le brun avait pour Isolde n’avait changé. Ça n’avait même pas été une question de lien charnel, de libido à satisfaire avec n’importe qui, de besoins d’affection qui pourrait être obtenue avec une autre femme - dès le moment où elle était entrée dans sa vie, Isolde avait été unique, inédite, changeant tout autour d’elle comme si c’était si facile; et tout ça, aucun des couples «normaux» qui vivaient dans le monde «normal» n’avait la moindre idée de tout ce que ça pouvait signifier. L’avenir alors, quand bien même il semblait fait de plein d’éléments qu’il n’pourrait jamais contrôler, n’était pas si effrayant, pour une fois; et pourtant, ouais, ils allaient bien vite en besogne: d’ici quelques mois, ils auraient un deuxième enfant, ils avaient la bague au doigt désormais, et Clara grandissait et évoluait juste sous leurs yeux. Encore et encore, presque jour après jour il aurait juré, ils devaient changer les chaussures de la petite, les vêtements qu’elle portait, tant elle poussait à toute vitesse. Il en allait de même pour beaucoup d’choses de la vie; aussi incroyable que cela puisse paraître quand, en apparences, le quotidien pouvait être terriblement répétitif et assommant. Qu’est-ce qui viendrait après tout ça, alors? Aujourd’hui, Cesare n’avait ni la force, ni l’envie d’y penser; ils étaient dans le présent, ici et maintenant, sur une plage, littéralement à des milliers de kilomètres de Radcliff, qu’ils avaient quittée sans remord, sans démon à fuir, sans peur au ventre. C’était donc ça, la vie normale, qu’il se disait Cesare, bien souvent - persuadé de pouvoir s’y faire contre toute attente, persuadé que c’était tout ce dont il avait besoin ou envie, même si ça devait vouloir dire, pour les autres, qu’ils allaient bien vite en besogne.

Ici au moins, il n’y avait personne pour les juger. Et à vrai dire, le jour de leur mariage, personne ne les avait jugés non plus; dans la liste des invités, personne n’avait même pu prétendre tout savoir de l’histoire qui les liait. Dans ses connaissances à lui, seule Skylar pouvait au moins retracer un fil rouge de la romance compliquée entre Cesare DeMaggio et Isolde Saddler - mais encore là, des moments intimes, des moments heureux, des longs mois passés à soigner leurs plaies, la blonde n’en connaissait pas grand-chose. Et en toute honnêteté, de toute manière, le brun n’avait plus jamais envie, désormais, d’avoir de rendre de compte à qui que ce soit; certainement pas sa famille, certainement pas la cause des hunters, ni des inconnus desquels il se fichait littéralement. Il avait déjà assez à faire avec sa propre conscience, avec ses cauchemars, avec les craintes insidieuses qui venaient se lover dans ses tripes: ici au moins, c’était avec une facilité déconcertante qu’ils oubliaient que Cesare avait été obligé de passer le dépistage avant qu’ils ne partent, sans quoi, ils n’auraient même pas pu quitter le pays. Ici, c’était facile d’oublier le décompte tortionnaire qui séparait Isolde et Clara de devoir passer de tels examens - surtout Clara. Surtout Clara. Il s’en fichait bien, si sa fille devait se révéler être une transmutante; un grand changement depuis ses vingt ans, quand il s’était si profondément haï pour cette chose qui s’était manifestée en lui sans crier gare. Ça lui semblait physiquement et mentalement impossible, d’toute manière, d’un jour avoir une bonne raison de détester Clara, comme son père le détestait lui. Au fond, peut-être alors qu’il serait le premier à céder si la gamine voulait un bac à sable un jour - pour l’heure, il n’avait pas l’allure du parent autoritaire, et trop souvent, il s’demandait si ça n’avait pas été comme ça, innocemment, distraitement, que tout avait commencé dans sa famille, jusqu’à dégringoler dans l’horreur qu’il avait connue, enfant. Il voulait garder Clara le plus loin possible de tout ça, il n’voulait pas y penser, il n’voulait plus y penser. Il haussa les épaules, alors, aux paroles d’Isolde; « Evidemment qu’elle trouvera toujours un moyen de se salir. » il sourit au moins avec tendresse, ce genre de sentiments qu’il aurait juré n’pas exister en lui, tellement ils avaient été rares. Ils n’avaient jamais fait partie de sa vie, et même quand lui et son père avaient été «proches», ç’avait été parce qu’ils avaient été des alliés, ç’avait été parce que Rafael était fier de lui, dans le sens arrogant et orgueilleux du terme. Tout était apparu aisément dans sa vie dès le moment où Isolde était entrée là, sans crier gare, avec sa personnalité, son existence; et les débris d’humanité que Cesare avait conservés pour sa soeur, pour les maigres bons moments qu’ils avaient toujours saisis au vol, tous les deux, avaient trouvé une bonne cause, une raison idéale pour survivre. D’son côté à lui, alors, il savait de façon indéniable et irrémédiable, qu’Isolde n’éveillait pas que ses désirs sexuels, qu’elle n’était pas juste la femme qui attisait sa luxure des façons les plus impétueuses et passionnelles qui soient. Elle était bien plus que ça - la femme qu’il avait épousée sans la moindre peur empoisonnée, la femme de laquelle il voulait prendre soin, qu’il voulait chérir, pour le restant de ses jours. « J’parie que tu dis ça à tous les gars. » plaisanta-t-il en levant les yeux au ciel, faute de pouvoir répondre quoique ce soit de mieux - il savait qu’évidemment, ce n’était pas la vérité sur toutes ses histoires; elle l’avait épousé lui, et même sans ça, il savait déjà qu’aucune de ses conquêtes n’avait eu à coeur de lui faire découvrir la vraie cuisine mexicaine - indéniablement, quelque-chose qui transpirait le manque d’engagement et d’amour. Lui, il était l’amoureux éperdu qui prenait bien soin d’elle, jusque dans les moindres détails, ses mains tombant au creux des reins d’Isolde pour venir y étaler la crème solaire dont elle avait tant besoin. Dans un climat pareil, de toute manière, même lui il en aurait besoin. Heureusement qu’Isolde était allongée pourtant, et qu’elle ne put pas voir sa tête après la question qu’elle posa; elle l’entendit au moins ricaner, avant de pouvoir reprendre contenance; « Pour ton information, non, j’y ai pas particulièrement pensé. Mais t’as bien dit que t’avais un livre sur le kamasutra quelque-part, alors bon... » dommage, Isolde n’avait probablement pas pensé à l’amener avec elle jusqu’ici. Tant pis, ils étaient déjà parfaitement productifs et imaginatifs comme ça, sans avoir besoin d’un bouquin pour les guider.

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MessageSujet: Re: (cesare), from my heart to your heart.   Mar 2 Mai 2017 - 20:32

Isolde, elle avait plus facilement tendance à se plaindre quand elle avait trop chaud que quand il faisait froid, après tout, c’était pas difficile de se couvrir quand il faisait froid alors que quand il faisait chaud, fallait quand même garder ses vêtements sur le dos. Y avait fort à parier que d’ici quelques mois, alors que son ventre aurait pris de l’ampleur et que l’été se serait installé à Radcliff, elle trouverait de nombreuses raisons de se plaindre. Elle s’était estimait heureuse, au moins pour Clara, elle avait accouché avant que l’été n’arrive. Elle se plaignait facilement de la chaleur la blonde et elle se disait déjà que ça devait être encore plus chiant d’être enceinte en été que ça l’avait été en hiver ou au printemps. Quand bien même elle était déjà prête à se plaindre de tout ça, ici, elle ne trouvait rien à redire. Il faisait probablement plus chaud qu’il ne ferait jamais à Radcliff et pourtant, elle était bien ici. Elle n’avait pas envie de râler pour un oui ou pour un non, sans doute parce que c’était tellement différent de tout ce qu’elle connaissait au quotidien, qu’elle remarquait qu’à peine les trucs un peu chiants, comme cette chaleur étouffante. De toute façon, en maillot de bain au bord de la plage, elle était plutôt bien et quand bien même les nuits étaient souvent fraiches, dans les bras de Cesare, elle ne remarquait qu’à peine la chute des températures. La vie ici, elle était tellement différente de ce qu’ils connaissaient au quotidien dans leur petit coin perdu du Kentucky, que ce n’était pas difficile d’en apprécier chaque détail. Ils avaient bien choisi leur destination de voyage de noces, ça faisait un truc de plus de réussi dans les longues étapes de préparation de mariage. Tout avait été parfait le jour-j, tout l’était encore maintenant et tout le serait encore pour le restant de leurs vies.

Ça n’avait pas été facile d’en arriver là, un an plus tôt, elle n’aurait certainement pas été convaincue que Cesare et elle, ils pourraient être heureux pour le restant de leurs vies. Isolde elle avait été encore en colère contre lui, vexée qu’il ait pu venir jusqu’à chez elle pour lui reprocher la mort de sa sœur. Un an plus tôt, elle avait eu beau être sur le point d’accoucher, elle avait été en train de se démené pour trouver un moyen de lui prouver qu’elle n’avait rien à faire dans la mort de sa sœur, parce que l’idée qu’il puisse l’accuser d’un truc pareil, ça l’avait rendue folle Isolde. Elle ne regrettait pas aujourd’hui, d’avoir fait tout un dossier qu’il n’avait probablement jamais lu, les pages avaient été répandues sur le sol de sa chambre de motel et y avait bien que lui qui savait ce qu’il en avait fait maintenant. Ça n’avait pas d’importance, mais ce dossier, il était quand même ce qui l’avait poussée à aller le voir ce soir-là et malgré la dispute qu’ils avaient eue avant qu’elle ne commence à accoucher, elle se disait que ça avait été vraiment une étape importante dans leur histoire et dans le bon sens du terme, parce que maintenant, ils étaient là, un an plus tard, mariés et sur une plage de Namibie pour leur voyage de noces, à discuter du premier anniversaire de Clara. Elle était vraiment heureuse comme ça Isolde. « Ouais, les enfants ont un talent pour ça. » Elle était jeune Clara pourtant et si elle pouvait d’une façon ou d’une autre se salir ou salir tout ce qu’il y avait autour d’elle, elle n’allait pas se gêner. Heureusement, Isolde elle était pas du genre maniaque à vouloir que tout soit toujours propre. Par contre, elle n’avait pas beaucoup de patience et ça c’était parfois difficile à gérer, en face d’une Clara qui n’en faisait qu’à sa tête. Heureusement que Cesare était à ses côtés, au quotidien pour l’aider à gérer tout ça. Elle ne savait pas ce qu’elle ferait sans lui, elle ne voulait même plus essayer de se souvenir comment avait été le quotidien quand ils n’avaient pas pu être ensemble aussi souvent qu’ils l’auraient voulu. « Non, juste à ceux j’épouse. » Qu’elle répondit à sa remarque. Il était le seul qu’elle avait épousé, le seul qu’elle avait eu envie d’épouser et le seul qui resterait à jamais son mari. Les autres hommes de sa vie, fallait dire, qu’ils n’y étaient pas restés longtemps, dans sa vie. Tant pis pour eux. Maintenant, elle n’avait d’yeux que pour Cesare. « Je pense pas qu’il y ait une rubrique spéciale grossesse dedans. » Elle laissa échapper un léger rire. Ils n’en avaient pas besoin pour le moment de toute façon, elle commençait à prendre du poids, mais c’était à peine visible, à part les nausées, les maux de tête et la fatigue pour l’instant, ça allait plutôt bien et ça aussi, la Namibie ça semblait rendre tout ça beaucoup plus facile à supporter. « Au moins, j’sais que mon dos est entre de bonnes mains pour les mois à venir. » Pour après aussi, mais puisqu’il était question de grossesse, c’était pendant les prochains mois qu’elle aurait sans doute besoin de massage pour essayer de calmer les douleurs dont elle serait victime, elle savait qu’elle aurait vraiment apprécié un bon massage, quand elle avait été enceinte de Clara et qu’y avait eu personne pour l’aider avec ça. Cette fois, elle avait Cesare et il savait s’y prendre.


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MessageSujet: Re: (cesare), from my heart to your heart.   Dim 7 Mai 2017 - 14:33

C’était curieux d’embarquer dans un avion, pour encore une fois découvrir que malgré tout ce qu’ils avaient connu à Radcliff, le reste du monde pouvait aisément être tout à fait normal. Normal, ouais, c’était le mot pour qualifier la population qu’ils avaient côtoyée jusque-là; des gens qui avaient été polis avec eux, qui avaient mis les petits plats dans les grands comme le faisaient tous les propriétaires et employés d’hôtels luxueux. D’autres gens, dehors, qui n’avaient pas eu d’attitude particulière à leur égard: ici, personne ne savait rien d’Isolde Saddler et Cesare DeMaggio. Les autochtones ne devaient jamais avoir entendu parler de Radcliff, d’Insurgency et de toutes ces choses qui faisaient leur quotidien à eux, et n’avait eu de cesse de menacer de les happer avec le temps. Ça faisait du bien, alors, de voir qu’au-delà des frontières de la ville de laquelle ils avaient été prisonniers pendant trop longtemps, le monde, lui, n’était pas chargé d’autant de négativité qu’ils n’auraient pu le croire, à une époque. Quand il avait été encore chasseur, complètement offert à la cause de sa famille, il avait été persuadé que partout dans le monde, il y avait des hunters, plus ou moins officiels, qui faisaient les choses exactement comme sa famille. Il avait été sûr, évidemment, que c’était une cause si importante qu’elle était mondiale et centrale. Qu’est-c’qu’il s’était planté - Cesare n’avait fait que partie de ces idiots qui avaient leur vie ruinée par des obligations imposées par un monde tout petit, au-delà duquel ils n’avaient pas eu le droit de voir: c’était inévitable pour tous les chasseurs, d’croire que c’était comme ça que fonctionnait la société. Plus jeune, Cesare n’avait côtoyé que des hunters, parlé qu’avec des hunters, et son futur ne se serait construit qu’à travers la chasse et ceux qui avaient appris comme lui. Dans toute son existence, alors, même en imaginant les tournants les plus extravagants qu’il pouvait prendre, il n’se serait jamais vu ici. Marié. Heureux. Père. Amoureux sans concession d’une mutante, défait des préceptes qu’on lui avait mis dans le crâne, et loin, très loin de sa famille. Evidemment, à tout ça succédaient les mauvais côtés - les songes qui venaient parasiter le bonheur en quelques moments traitres et douloureux; il n’aurait jamais imaginé non plus perdre sa soeur comme il l’avait fait. Il n’se serait jamais imaginé transmutant, il n’se serait jamais vu avoir désespérément, encore et encore, essayé de protéger Aria juste pour mieux échouer. Il avait échoué, ouais, tout comme beaucoup d’gens dans sa famille avaient échoué; aujourd’hui Rafael et lui en payaient les conséquences, ils n’étaient que des bouts déchirés d’une famille autrefois étroitement liée. Peu importait que ça ait été autour de quelque-chose d’horrible, de meurtrier et de destructeur; ils avaient été unis comme rares étaient ceux qui avaient la prétention de l’dire. Maintenant, tout ça, c’était fini. Dans les brusques changements du paysage de sa vie, alors, il était plus facile pour le brun de s’concentrer sur le positif: d’observer ce qui était juste là sous ses yeux, et faisait battre son coeur à la chamade. Pourtant, à mesure que Clara approchait de ses un an, Cesare n’pouvait s’empêcher d’avoir parfois la pensée que ça faisait un an, un an déjà qu’il était béni de la présence de sa fille dans sa vie, et qu’Aria, elle, n’avait jamais connu ça. Qu’elle n’avait jamais même connu sa nièce, ou l’existence de celle-ci, ni quoique ce soit des drames et des histoires d’amour qui avaient pu amener à sa création.

Il était trop tard pour qu’il rattrape quoique ce soit à l’égard de sa soeur: il avait failli Aria, et tout le bonheur du monde n’parviendrait jamais à apaiser la cuisante sensation que ce songe créait en lui. Kingsley Moren était six pieds sous terre désormais, mais ça n’avait rien changé, ça n’avait rien amené à qui que ce soit, ça n’avait rien eu de juste. Cesare, alors, il préférait n’pas penser à ces choses qui hantaient son quotidien à Radcliff, revenaient s’éveiller régulièrement à sa conscience dans un pincement à son coeur. Et tout autant qu’il était heureux à en avoir le tournis dans les bons moments, il n’avait jamais vraiment pu effacer tout c’qu’il avait eu à endurer pour en arriver là: tantôt il s’disait qu’il avait eu besoin d’tout ça, que sans tout ça, ni Isolde ni lui n’seraient là, la bague au doigt, avec Clara, sur cette plage dorée. Tantôt, il s’disait que ç’avait été douloureux quand même, que ç’avait laissé des séquelles, dans sa vie tout comme dans la vie de la Saddler. Clara était encore protégée aujourd’hui - à un an, Cesare, quoiqu’il dise, il la laisserait volontiers jouer dans un bac à sable, faire des pâtés et se salir de la tête aux pieds, si ça signifiait qu’elle était heureuse, sauve et innocente pour aussi longtemps que le monde le lui permettrait. Il n’serait pas celui qui précipiterait la réalité dans la vie de sa fille - ça, il s’y refusait, et si pour respecter cette promesse ils devaient fuir à l’autre bout du pays, à l’autre bout du monde tous les trois, qu’il en soit ainsi. Clara, c’était plus important que n’importe quoi d’autre. Qu’avaient-ils à perdre? Qu’y avait-il de si horrible, dans ce qu’ils vivaient là ou ce qu’ils avaient connu à Paris? Cesare n’avait certainement jamais caché que pour lui, le choix était vite fait; des évidences qu’il n’ramenait pas aussi souvent qu’il le voudrait, aussi souvent qu’il le devrait. Parce qu’au fond, si ça devait devenir un vrai obstacle entre eux, un vrai objet de discorde dans leur couple, jamais ils n’se seraient passés la bague au doigt, et jamais ils n’en seraient arrivés là. Et puis, pouvait-il vraiment prétendre être apte à tout laisser tomber? Parfois, ça semblait évident; quand il pensait à eux trois, au bébé qui grandissait dans les entrailles d’Isolde, à l’aisance heureuse qu’il avait à connaître des jours au côté d’Isolde et de Clara. D’autres fois, quand sa vie sonnait creux, quand il pensait à son boulot comme la chose la plus vaine du monde, c’était autre chose. « Y’a pas besoin d’avoir une rubrique, y suffit de voir ce qui peut marcher. J’pense qu’on s’y connait assez en sexe pour savoir quelle position semble confortable. » au moins parler de choses aisées et presque stupides comme le sexe et les positions idéales pour une femme enceinte, était un contraste bienvenu avec les discussions houleuses qu’ils avaient pu avoir à certaines époques. Désormais, le DeMaggio avait presque du mal à se souvenir de c’que ça faisait, d’avoir tant de colère impétueuse en lui que ça amenait une dispute, entre eux deux. Il aimait surtout les bons moments, évidemment, l’aisance avec laquelle il voulait prendre soin d’Isolde, les désirs qui allaient avec - la douceur qu’il n’aurait jamais cru produire de ses mains à lui. Ouais, son dos était entre de bonnes mains, aussi paradoxal cela pouvait-il paraître, quand on savait c’que ces mains avaient fait, aussi. « Ton dos, tes pieds, ta nuque. Tes jambes. Tu peux croire que toi tout court, es entre de bonnes mains. Avec moi. » c’était bien pour ça qu’elle l’avait épousé, non? Y’avait forcément une histoire de confiance dans l’équation, dans le fait qu’elle puisse s’allonger sur le ventre, détendue, pour le laisser la masser tendrement, tout le long de sa colonne vertébrale. Pour aussi longtemps que durerait cette grossesse, et même après, bien sûr qu’il s’occuperait parfaitement bien de chaque centimètre carré de son corps - quoiqu’ils disent, il n’en aimait pas que vingt pour cent, pour sûr.

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MessageSujet: Re: (cesare), from my heart to your heart.   Dim 7 Mai 2017 - 17:09

Elle ne savait pas trop d’où ça venait cette tradition, de partir en voyage pour les jeunes mariés. Elle n’avait pas cherché à savoir de toute façon. Y avait plein de traditions liées au mariage qu’Isolde, elle ne comprenait même pas. Elle en avait respecté quelques-unes et y en avait d’autres auxquelles elle n’avait même pas prêté attention. Qu’importait la signification que ça pouvait avoir, elle n’avait pas eu de voile, ou de traine de quinze mètres pour aller avec sa robe. Elle n’avait de toute évidence pas remonté l’allée avec son père, ce serait quelque chose de compliqué de toute évidence, puisque son père, il était mort depuis des années. Les traditions et tout ce qui allait avec, ça lui paraissait facilement surfait de toute façon. Mais pour le coup, qu’importait le pourquoi du comment, on avait décidé que les jeunes mariés avait le droit d’aller passer quelques semaines loin de chez eux, elle n’allait pas prétendre que ce n’était pas une tradition qui ne lui plaisait pas. Au contraire, elle était heureuse d’être ici, à l’autre bout du monde en compagnie de son nouveau mari et de leur fille. C’était agréable, c’était reposant et ils avaient bien besoin de ça, alors que la vie allait toujours trop vite, y avait toujours tout un tas de trucs à régler. C’était probablement typique de la vie quotidienne, mais elle avait tendance à se dire que Radcliff, c’était presque plus agité que n’importe quel coin du pays et pourtant, ils n’étaient qu’une petite ville. Alors, ça faisait vraiment du bien de se retrouver ici et ça donnait envie de rester plus longtemps que prévu, d’en profiter encore plus que ça. Mais ils avaient déjà leur avion de réservé pour rentrer et puis y avait l’anniversaire de Clara et son rendez-vous pour l’échographie, alors il faudrait bien qu’ils rentrent en temps et en heure.

Au moins, ils n’étaient pas encore obligés de penser à ça, à ce moment là où ils se retrouveraient à Radcliff. Ils seraient toujours heureux ensemble, contents d’être à présent mari et femme, mais c’était dans longtemps, encore assez longtemps pour que ça n’ait pas vraiment d’importance, pour le moment. Elle était bien décidée à profiter de chaque seconde qu’ils pouvaient passer ici. Elle ne l’avait pas assez fait quand ça avait été Paris, parce qu’elle avait été encore traumatisée par ce qui lui était arrivée et qu’elle avait eu un peu de mal à vraiment relâcher la pression pour profiter du voyage. Aujourd’hui, c’était différent, ils n’étaient pas partis pour fuir un énième malheur qui avait pu leur arriver. Ils étaient partis, au contraire, pour profiter du bonheur qu’ils avaient enfin réussi à trouver. Tout était parfait alors. Elle n’y pensait plus depuis un moment, aux cicatrices sur sa peau, qui rappelaient les maux qui l’avait poussée à vouloir fuir Radcliff. Elle avait appris aussi à ignorer celles que Cesare avait contre son abdomen, quand bien même elles représentaient un moment vraiment horrible de sa vie, quand elle avait été à l’hôpital à attendre qu’on lui donne des nouvelles du jeune homme. Aujourd’hui, tout ça, ça appartenait au passé et y avait aucun malheur pour venir gâcher toute la joie dans laquelle ils baignaient. Clara aussi, elle pouvait en profiter, elle pouvait se salir autant qu’elle voulait à jouer avec le sable comme si c’était le truc le plus fun du monde, au moins ici, personne ne lui en tiendrait vigueur. Là de toute façon, Isolde, elle avait tendance à se dire qu’elle était de toute façon trop détendue pour s’énerver sur quoi que ce soit. Ça avait presque des allures de miracle, pour une fille qui arrivait à s’énerver à la vitesse de la lumière pour tout et n’importe quoi. Pour l’heure, elle se contenta de rigoler aux propos de Cesare. « Probablement ouais. Au pire, je dirais aie, si ça va pas. » Ils avaient quand même bien le temps avant d’en arriver là. Elle allait vite commencer à prendre du ventre, mais elle avait quand même quelques mois devant elle avant que sa grossesse commence à compliquer un peu les choses et quand ils en seront là, ils trouveront toujours un moyen de s’en sortir. « J’en doute vraiment pas. » Elle savait qu’elle était entre de bonnes mains avec Cesare, sinon, ils ne seraient pas là tous les deux sur cette plage. Il avait fallu le temps qu’il avait fallu pour qu’elle lui accorde de nouveau sa confiance, mais maintenant, il l’avait. Elle mettait sa vie entière entre ses mains, sans aucune crainte. « C’est réciproque. » Même si c’était elle qui était enceinte, ça ne voulait pas dire qu’elle n’était pas là aussi pour prendre soin de lui, maintenant, s’il avait besoin qu’elle lui tartine aussi de la crème dans le dos, ou n’importe quand, dès qu’il pouvait en avoir besoin, ou envie, elle était là pour prendre soin de lui et ce pour le restant de leurs jours.


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MessageSujet: Re: (cesare), from my heart to your heart.   Lun 19 Juin 2017 - 4:32

La Namibie, bien qu’il n’ait jamais pu assez voyagé pour savoir c’que ça faisait, elle avait pour Cesare, des allures de récompense. Ç’allait plus loin que leur voyage de noces traditionnel qu’ils s’étaient offerts pour ‘marquer le coup’, parce que c’était ce que tous les couples faisaient quand ils se mariaient et ainsi de suite. Non, ils avaient vraiment eu envie de partir; du côté du DeMaggio en tout cas, ce voyage aussi nouveau, excitant et inquiétant à la fois pouvait-il être, avait été largement attendu. Ici, plus encore qu’à Paris, tout était différent, tout changeait constamment, et tout était si nouveau que Radcliff était infiniment loin de son crâne - Cesare en oubliait parfois d’où ils venaient, et l’immuable fait qu’ils devraient tôt ou tard y retourner, pour reprendre leur vie de tous les jours, là-bas. C’n’était pas une quelconque haine ou peur du Kentucky qui les avait éloignés de là-bas, et rendait chaque jour qui passait presque douloureux; c’était, au contraire, le désir de profiter, les envies joyeuses et simples qui faisaient leur quotidien quand ils n’étaient qu’ici. Pour aujourd’hui, et jusqu’à ce qu’ils rentrent, il n’savait presque plus à quelle date, lui l’homme si précis habituellement, le monde de Cesare se limitait bien aisément à des préoccupations restreintes: Clara et Isolde étaient indéniablement ses seuls centres d’intérêt maintenant qu’ils étaient là. Et sur cette plage, sous un soleil encore clément et matinal, elles étaient toutes les deux là, sauves, juste sous ses yeux, à profiter d’un paysage qu’ils auraient peut-être pu croire n’jamais avoir le droit de voir, de toute leur vie. C’était paradoxal, pour quelqu’un comme le brun, de s’retrouver dans un endroit pareil, à profiter de la vie qu’était la sienne, de A à Z, sans concession et sans arrière-pensée empoisonnée pour qui que ce soit d’autre, ou une quelconque cause supposée valoir plus que lui, en tant qu’individu. Évidemment, il savait désormais qu’ils étaient mari et femme, Isolde et lui, que ce serait un sentiment qui l’habiterait toujours; que c’était l’amour qui avait fait survivre leur couple à travers les obstacles et les difficultés, et que c’était ce même amour qui leur donnait le privilège d’avoir le goût à profiter des moments délicieux qui leur étaient enfin offerts. Ils les avaient arrachés, plutôt, de tous leurs ennemis: une victoire indéniable contre les gens comme Rafael DeMaggio, Kingsley Moren, tous les hunters, tous les transmutants, tous les bien-pensants et leurs adversaires qui avaient cru mieux savoir qu’eux mieux pensé - ceux qui, même, avaient eu le désir de les piétiner, faute de pouvoir les contrôler. Aucun des songes accordés à sa famille n’avait suivi Cesare jusqu’ici; ici, les pieds dans le sable, il n’avait même plus de nom - un patronyme qui n’signifiait rien, qui n’éveillait rien chez les autres, et n’semblait pas lui coller à la peau comme une sueur froide. Des impressions qu’il était facile d’avoir, bien sûr, quand l’univers de ses attentions n’se limitait qu’à la femme qui avait voulu l’épouser, envers et contre tout, et leur fille, encore trop jeune pour comprendre quoique ce soit de la ‘politique’ qui faisait leur vie quotidienne, à Radcliff. Cesare était toujours un DeMaggio, même ici; une tare qu’Isolde avait acceptée et épousée en l’épousant lui - toujours ce petit trait d’habitudes qui le réveillait, parfois brusquement, à n’pas savoir ce qu’il faisait là, à n’pas savoir profiter des choses complètement, et à appréhender, à quand tout cela s’arrêterait.

Les démons de Cesare le poursuivaient malgré les kilomètres, insidieux et tortionnaires; les ravaler ici était pourtant plus facile qu’en plein coeur de la ville où logeaient encore tous ceux qui leur voulaient tant de mal. Ici, il n’avait pas son père qui pourrait d’un claquement de doigts, ruiner sa vie, menacer la sûreté de leurs enfants, en un rien de temps. Rien que ça, ça enlevait tout un poids handicapant en d’autres occasions; le brun avait l’impression de marcher en plein rêve depuis le jour de leur mariage. Ça semblait encore si près, et déjà si lointain: bien assez tôt, ils devraient rentrer, mais c’était encore un songe assez étranger à Cesare pour qu’il n’lui torde pas les boyaux. Et puis, peut-être qu’une bague au doigt leur permettrait de faire mieux, si c’était un tant soit peu possible; lui, il s’imaginait déjà fort avec Isolde, il s’disait que s’ils en étaient arrivés jusque-là, envers et contre tout, c’n’était pas pour rien. Que les ennemis viennent; pour l’heure, le DeMaggio dirait presque les attendre de pied ferme, rien que pour s’donner la force de prochainement, embarquer dans cet avion qui les ramènerait au pays natal. Penser à la maison était presque abstrait; Cesare n’se voyait pas revenir avec un poney pour Clara, ou installer prochainement un bac à sable pour ramener la plage africaine à leur fille - il devait sans doute pleuvoir à Radcliff, ou au moins, tous les habitants là-bas devaient subir un climat plus capricieux que le leur. Ambitieux, presque rancunier, il l’espérait en tout cas, Cesare; y’avait pas beaucoup de plaisir à profiter d’un si beau soleil, si c’n’était pas pour aussi s’dire que ceux qui détestait, eux, avaient les pieds dans la flotte. Une maigre consolation pour le hunter qu’il avait été, et les menaces vibrant dans l’air autour de lui, quand il passait trop de temps à Radcliff, à essayer de nier l’évidence. Il avait plein d’évidences dans sa vie, Cesare; son sang et son héritage en étaient, et puis maintenant, il avait Isolde - il l’avait déjà eue avant, mais aujourd’hui, il pouvait frimer de la bague qu’il avait au doigt, de la journée qu’ils avaient eue pour eux, à célébrer leur mariage dans cette grange à proximité de la ville qu’il avait tant détestée jusque-là. Radcliff n’l’avait pas vaincu - ni elle, ni ses démons rôdant dans ses rues, ni les souvenirs pesant à la mémoire de Cesare. Il lui en faudrait, encore des bons souvenirs pour compenser tous les autres - mais maintenant qu’il était avec la femme qu’il aimait, ça semblait facile. Même quand ils se retrouvaient sur une plage, sous un soleil de miel, à parler de sexe d’une façon qui devenait de moins en moins glamour à chaque seconde qui s’écoulait - heureusement qu’ils avaient leur fille à côté, et qu’ils n’pouvaient donc pas prétendre avoir essayé de se chauffer, sinon, ils se seraient complètement plantés. « Quelle façon érotique de préparer notre avenir sexuel. » ironisa-t-il, alors, Cesare, dans un sourire sardonique qu’il vint lover au creux du cou de la blonde en se penchant vers elle, embrassant sa peau sur laquelle il pouvait désormais sentir l’arôme de la crème solaire qu’il avait appliquée si consciencieusement. Il venait de lui promettre qu’elle était en de bonnes mains, de la tête aux pieds; une réciprocité qu’elle lui promit aussi, le faisant sourire de façon plus niaiseuse qu’il n’serait jamais prêt à l’admettre, sans aucun doute. « Ouais? Tu crois qu’y’a des parties de moi qui ont besoin de tes bons soins? » Cesare eut un ricanement perplexe, se rallongeant sur sa serviette à lui, dos contre le tissu, juste sous le sable doucereusement chaud. C’n’était pas juste une question de couleur de peau, de sensibilité de celle-ci ou de Namibie - il n’était pas celui d’eux deux qui attendait un bébé, en plus de tout ça. Et puis, même si ça devait être un caprice tout à fait superficiel et narcissique, Cesare avait bien envie de s’assurer que ce qu’elle disait était vrai; c’était probablement dans leurs voeux de mariage, quelque-part.

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MessageSujet: Re: (cesare), from my heart to your heart.   Lun 19 Juin 2017 - 13:44

Les paysages de Namibie ressemblaient à des rêves, tellement ils étaient différents de ce qu’ils avaient l’habitude de connaitre à Radcliff. Ce n’était même pas comparable, tellement ça n’avait rien à voir. Isolde elle n’avait aucun mal à oublier son petit coin de Kentucky depuis qu’ils étaient arrivés dans ce pays si lointain. Ici, elle n’avait rien d’autre que sa propre vie à gérer, elle n’avait pas toute une ville dont il fallait s’occuper, une ville qui craignait sur bien des points et qu’elle avait l’impression de connaitre par cœur, puisqu’elle y avait passé sa vie entière. La Namibie, c’était tout un tas de nouveaux paysages, devant lesquels Isolde n’avait aucun mal à se retrouver en admiration, les yeux pétillants devant tant de beauté. Elle trouvait ce coin formidable, chaque recoin qu’ils visitaient lui semblait être magique et c’était sans parler de ce qu’elle ressentait à chaque fois qu’ils pouvaient admirer les animaux juste à quelques pas d’eux, en liberté, là où chez eux, pour voir des animaux pareils, fallait aller au zoo – et c’était pas à Radcliff qu’y en avait – où les animaux étaient enfermés dans des cages. Tout était définitivement mieux ici que chez eux. Même le soleil qui tapait avec force et le thermomètre qui devait avoir dépassé les températures les plus hautes qu’on pouvait avoir au Kentucky, c’était mieux ici. Au moins y avait la mer, un truc qu’ils n’avaient certainement pas à Radcliff et puis les nuits étaient quand même fraiches, et puis, de toute façon, ce n’était pas Radcliff alors ça suffisait à rendre les décors, les lieux, les gens même, plus agréable que dans sa ville natale. Elle aimait assez Radcliff pour vouloir y rester et faire de son mieux pour redresser la ville, mais ce voyage, ça lui rappelait pourquoi plus jeune, elle avait toujours eu envie de partir. Le monde regorgeait de paysages qu’elle avait toujours était curieuse de découvrir et maintenant, elle pouvait se vanter d’avoir au moins fait Paris et la Namibie.

Elle aurait bien assez vite envie de partir ailleurs, on s’habituait vite à l’étranger et leurs recherches pour trouver le lieu idéal pour leur voyage de noces, ça n’avait fait que raviver ses rêves d’avant, ceux qu’elle avait abandonnés depuis longtemps, quand elle avait perdu son père et que plus rien n’avait vraiment eu d’intérêt à ses yeux. Son envie de voyager, elle avait disparue avec son père, mais elle devait bien admettre qu’elle revenait au galop maintenant qu’ils étaient là, à l’autre bout du monde. Malheureusement, faudrait bien rentrer à Radcliff, se remettre dans le bain de la vie quotidienne, parce que s’ils envisageaient de partir de nouveau en voyage un de ces jours, ils auraient besoin d’argent, ils n’avaient pas vraiment le choix. Elle n’avait cependant pas envie de penser à ça pour l’instant Isolde, elle n’avait pas envie d’imaginer le moment où elle retournerait à la mairie de Radcliff et où elle retrouverait son bureau qui, bien évidemment, ne lui manquait absolument pas depuis qu’elle était ici. Ce serait quand même difficile de regretter son bureau quand elle était là, à la plage, allongée sur le sable chaud, à côté de sa fille qui jouait dans le sable et avec son mari qui lui mettait de la crème dans le dos et dont la remarque lui arracha un léger rire. « Je présente toujours les choses sous le meilleur des angles. » C’était sûr que c’était pas très érotique ce qu’elle disait, mais en même temps c’était vrai. Elle avait déjà été enceinte une fois et même si elle n’avait pas eu de vie sexuelle pendant sa première grossesse – ce qui avait été vraiment frustrant des fois – elle savait qu’y avait quand même des moments où trouver une position confortable pour dormir c’était galère, alors pour faire l’amour, ça devait être pire encore. De toute façon, ils étaient sur la plage, avec leur fille à côté d’eux, alors c’était sans doute mieux de présenter ça comme ça, que de façon plus érotique, autant qu’ils se gardent ça pour quand ils seraient à l’hôtel et que Clara serait endormie. « Je pense bien, ouais. » Elle se redressa alors que Cesare s’était allongé sur sa serviette. Elle jeta un coup d’œil à Clara qui était toujours là, passionnée par ce qu’elle faisait. « J’vais quand même pas te laisser attraper des coups de soleil. » Elle récupéra la crème solaire alors, pour commencer à en étaler contre le torse de Cesare, doucement et en s’appliquant, parce qu’il fallait bien qu’elle prenne soin de son corps, elle venait de le dire. « J’aurais dû écrire ‘propriété d’Isolde Saddler’ à la crème solaire et comme ça si tu avais eu un coup de soleil, tu l’aurais eu écris sur la peau, ça aurait été mieux que sur un t-shirt. » Ils en avaient déjà parlé de ce fameux t-shirt qu’elle était censée lui offrir après tout. Peut-être que l’alliance à son doigt suffisait à le dire, qu’il était sa propriété et que les autres filles pouvaient toujours aller voir ailleurs. Il n’avait pas de soucis à se faire, malgré ce qu’elle disait, elle faisait bien attention à ce que toute sa peau soit protégée du soleil.


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MessageSujet: Re: (cesare), from my heart to your heart.   Ven 4 Aoû 2017 - 3:39

A une certaine époque, encore bien fraiche à sa mémoire, le DeMaggio avait fini par s’persuader que ses combats n’prendraient jamais fin - qu’ils seraient toujours là, omniprésents dans son quotidien, fondamentaux à la personne qu’il était, comme le sang et les gênes qui coulaient dans ses veines. Il avait vécu, pendant des années, persuadé qu’cette destinée qui lui incombait depuis sa plus tendre enfance, n’serait toujours que ça, le centre de gravité de tout son monde, et que jamais il n’pourrait s’octroyer la moindre pause, ou faire vivre un quelconque espoir d’une vie ailleurs. Même quand il avait été avec Isolde, qu’il s’était laissé prendre au jeu de l’amour avec elle, si vite après l’avoir rencontrée; même quand ils n’avaient été que tous les deux, et que ç’aurait pu être infiniment facile pour le brun d’oublier le monde, Cesare avait toujours eu en tête, quelque-part, un genre de chronomètre, qui irrémédiablement, avait été voué à l’ramener à la réalité bien ferme de leurs vies. Elle était une transmutante qui voulait s’battre pour sa cause et ses alliés; il était un hunter, qui s’était réveillé transmutant un beau jour, et nageait en plein océan d’indécision, depuis un moment. Et pour les rares fois où il s’était laissé aller, à faire partir son imagination loin, bien plus loin que les limites du réel inhérent à Radcliff, il en avait rudement payé les conséquences; en une nuit tragique qui n’avait fait que noyer encore plus ses mains dans le sang de victimes qu’il n’pourrait jamais ramener à la vie. Ça, ç’avait été un brusque rappel à l’ordre, un bon coup de marteau sur le coin de la gueule pour lui rappeler l’irrémédiable de sa condition; être un DeMaggio, c’était presque comme un contrat à vie, et selon les moments, Cesare s’était persuadé qu’y’aurait que la mort, à la limite, qui pourrait au moins l’défaire de ce fardeau. Il n’savait même pas comment il avait tenu bon, parfois - au plus profond de la fange de son existence; au moins, quand il n’avait pas eu Aria, il avait eu Isolde à ses côtés. Et quand il n’avait pas eu Isolde, il avait eu Aria - ou en tout cas, l’espoir de réussir à sauver quelque-chose entre sa petite soeur et lui. Mais pendant de longs mois, après la mort de sa soeur, alors que la hargne était tout c’qui restait entre la Saddler et lui, qu’avait-il eu? Probablement, juste, la ferme assurance qui lui avait hurlé qu’il n’pouvait pas crever, sans avoir un jour affronté le regard du meurtrier ou des meurtriers de sa petite soeur. L’espoir d’une fin à tout ça, s’était envolé depuis belle lurette; peut-être avait-il explosé en mille morceaux avec cet entrepôt rempli de gens, pendant cette nuit terrible, sa conscience et l’horreur des menaces de ses parents, s’mélangeant l’une à l’autre, dans un mix bien amer. Avec Isolde, ou avec qui que ce soit d’autre, Cesare s’était dit qu’il n’était pas fait pour vivre comme tous les autres, d’toute façon; il avait été fou pour passer du type qui s’moquait d’eux et les prenait en pitié, arrogant et froid, à quelqu’un qui s’laissait aller à écouter son coeur, abattant toujours un peu plus les frontières qui l’avaient si longtemps séparé du reste du monde. Il n’avait jamais imaginé, alors, un jour s’retrouver en Namibie; c’n’était même pas la distance, le changement, l’exotisme de la culture si loin de son pays natal, qui faisait sentir à Cesare la liberté qui battait dans ses veines. C’était l’fait tout con qu’il était là, qu’il pouvait être là, défait de ces chaines invisibles qui avaient si longtemps gouverné son existence et déterminé ses choix; c’était l’fait qu’il soit là avec la femme qu’il aimait. C’était l’fait qu’il n’y ait aucune culpabilité, aucune crainte, aucune ombre au tableau, qui n’viennent faire ‘balance’: tout était bon, tout était parfait, tout était idéal comme la vie d’Cesare n’avait jamais censée être idéale, sans doute.

Il pouvait alors, sans conteste, prendre le temps d’étaler de la crème solaire sur le dos de sa toute nouvelle femme. Il pouvait s’perdre dans des petites attentions qu’il n’avait jamais eues pour qui que ce soit avant tout ça; malgré le sang chaud et sudiste qui coulait à travers lui, le brun n’avait jamais voyagé où que ce soit, de plus chaud et plus aride que le Nevada ou la Californie. Paris, ç’avait été quelque-chose déjà; mais Paris, ç’avait été différent aussi. Un souffle d’air qu’on aurait eu besoin après avoir passé une longue minute sous l’eau - une bouffée de survie qu’Isolde et lui avaient dû prendre. Ça n’avait pas été synonyme de liberté, plus que de soulagement, d’au moins un sentiment d’sécurité, puisqu’ils avaient été si loin, à l’autre bout du monde, leurs corps plus que jamais éloignés de Radcliff et des risques qui y dormaient. Ici, ils n’suffoquaient pas, ils n’craignaient rien, et Cesare, il n’pensait absolument pas à Radcliff: lui, techniquement, il n’avait pas d’obligation pour le ramener en pensées là-bas - il avait posé ses jours de congé, comme un type tout à fait normal, on lui avait souhaité d’bonnes vacances, certaines personnes l’avaient même félicité pour son mariage, quand bien même aucun d’ses collègues n’avaient été invités. Isolde, elle, elle avait invité certains de ses collègues, mais pour bien des choses, ils étaient tous les deux, différents. Peut-être qu’elle, elle avait toujours le Kentucky dans un coin d’la tête; pourtant, ils avaient tellement lutté pour être heureux, tellement bataillé pour être ensemble. Ils avaient dû tellement s’accrocher, à leur hargne sans doute, ou à leurs maigres espoirs, pour être là où ils étaient, aujourd’hui. Ça méritait qu’ils puissent laisser tous leurs tracas, loin, très loin d’eux, pour au moins dix jours. Dix jours, c’n’était pas si long, hein. Sur la plage aujourd’hui, le DeMaggio n’avait pas l’intention d’ramener quelque discussion que ce soit concernant la ville qu’ils avaient laissée derrière eux, ou mêmes le gens qui pouvaient être là-bas - ça incluait même Skylar, et Gabriela, les gens à qui lui, il tenait. C’n’était pas pour rien qu’ils avaient emmené Clara avec eux; ici, en petite famille, en comité restreint, ils n’pourraient jamais rentrer que Cesare s’en ficherait complètement. « Ouais, t’es la reine des ‘bons angles’... » il en vint à ironiser, Cesare, incapable de s’défaire de plein d’images qui étaient désormais nées dans son crâne; il espérait quand même, n’jamais être peu précautionneux au moins de n’pas se rendre compte qu’il faisait mal à son épouse, pendant qu’ils faisaient l’amour. Il espérait surtout n’pas régresser à c’point dans ses talents à faire l’amour tout court. Quand même. De ce qu’il ressassait encore, des nuits qu’ils passaient ensemble depuis leur mariage, et depuis avant déjà, il s’en sortait toujours très bien, ou du moins, assez pour complètement satisfaire la blonde. Et il n’lui faisait pas mal. Alors peut-être que c’était un sujet qui n’valait même pas la peine d’être abordé. Malgré ses ‘soupçons’ quand même, sur les capacités de son mari à lui faire l’amour convenablement, Isolde semblait au moins très volontaire pour s’occuper de lui; il le savait, et évidemment que c’n’était pas toujours intéressé, que c’était même rarement intéressé d’un point de vue sexuel, et que parfois, il avait même eu l’impression de s’faire bichonner par sa mère. Ou ce qu’aurait dû être une mère, s’il avait grandi dans une famille normale. Forcément, alors, qu’il savait qu’Isolde, elle était et serait une mère idéale pour Clara, et leur deuxième bébé. Le brun sourit, alors, en sentant les mains blanches de la mutante, venir sur son torse, pour le couvrir lui aussi de crème solaire. « Surtout que j’crois me souvenir que mes abdos font partie des vingt pour cent que t’as décidé d’obtenir. » près d’un an plus tard, ils en parlaient encore, de cette conversation un peu stupide qu’ils avaient eue; peut-être avait-ce été la première fois, cette fois-là, qu’ils s’étaient octroyés le droit de parler ‘d’appartenir’ à l’autre, après tant de temps. Evidemment que ç’avait été important, alors; c’n’était pas une question de possessivité, mais Cesare, il avait l’assurance d’savoir, qu’il n’y avait que les mains d’Isolde qu’il voulait, sur ses abdos. « Parce que j’me balade torse-nu, peut-être? » rit-il à la phrase de la jeune femme, arquant un sourcil faussement critique; fallait quand même admettre qu’il n’aimerait pas, se retrouver ‘marqué’ contrairement à ce qu’il avait pu dire, en guise de blague, y’a un certain temps. Non, il n’se ferait pas tatouer le nom ou le visage d’Isolde sur le corps; ils n’avaient certainement pas besoin de ça, et de toute façon, le DeMaggio avait trop de cicatrices qui avaient besoin d’être protégées du soleil, pour qu’Isolde se permette son petit caprice. En plus de ça, il n’se baladait pas torse-nu, alors hormis à la plage ou dans l’intimité de leur chambre d’hôtel, sa petite déclaration n’servirait à rien. « Pourquoi? T’as peur qu’une fille du coin me vole? » il eut un sourire narquois à cette idée - comme si la jalousie pouvait être flatteuse, d’une quelconque façon. Elle devait bien savoir, Isolde, après tant de temps, qu’elle n’avait pas besoin d’faire le moindre effort, en jalousie ou en quoique ce soit d’autre, pour qu’il n’voit qu’elle. Aujourd’hui, rien qu’en guise d’exemple, c’était déjà comme s’ils n’étaient qu’eux, non pas en Namibie mais sur un petit îlot d’existence où personne n’pourrait jamais les emmerder à nouveau.

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MessageSujet: Re: (cesare), from my heart to your heart.   Ven 4 Aoû 2017 - 12:57

Voyager, partir à l’autre bout du monde, ça avait un côté libérateur et ce n’était pas difficile de penser que tout était mieux ici qu’à la maison. Même la chaleur étouffante du coin semblait être plus facile à supporter ici que quand ils étaient à Radcliff, pourtant, y avait fort à parier qu’il faisait moins chaud dans leur petit coin du Kentucky que dans ce pays en Afrique. Plus jeune, Isolde, elle s’était toujours dit qu’elle partirait, qu’elle quitterait son petit chez elle pour aller voir du paysage. Elle en avait déjà parlé à Cesare, de ce projet de Road-Trip qu’elle avait pu avoir quand elle avait eu seize ans et qu’elle n’avait pas encore été assez déçue par la vie pour se permettre d’avoir ce genre de rêves. Elle avait voulu visiter son pays en long en large et en travers et elle aurait voulu vivre à New-York, dans cette grande et imposante ville qui faisait probablement rêver tous ceux qui pensaient pouvoir percer dans le milieu artistique. Et puis elle avait rêvé de voir le monde aussi, tout ce qui pouvait dépasser les frontières des Etats-Unis. Si elle devait retrouver la liste des villes et pays qu’elle avait voulu un jour visiter, qu’elle avait pu dresser dans un genre de journal intime qu’elle avait tenu étant plus jeune, la Namibie serait forcément dessus, c’était pas pour rien que ça faisait aussi partie des propositions qu’elle avait pu avoir au moment de choisir leur destination de voyage de noces. Elle avait dû proposer une grande partie du globe cela-dit. Finalement, venir ici, c’était un peu comme réalisé un rêve qu’elle avait eu en elle des années plus tôt et qu’elle avait laissé disparaitre à la mort de son père, parce que l’entrain pour le reste du monde était forcément moins important quand on perdait son seul parent au cours d’un voyage pendant les vacances. Etre ici alors, ça lui donnait l’impression que tout allait bien dans sa vie et que les mauvais moments qu’elle avait pu passer, tout ce qui avait pu un jour lui briser le cœur, c’était restait loin d’elle, là-bas à Radcliff.

Ici, c’était facile de se mettre de nouveau à rêver et probablement qu’elle allait finir par leur programmer leurs prochaines vacances avant même qu’ils ne soient rentrés. Finalement la longue liste qu’elle avait pu dresser quand elle avait été plus jeune, elle lui revenait facilement en tête ici. A seize ans, elle n’avait probablement pas pris en compte l’aspect financier de ses grands projets, un truc qui s’imposerait au moins à elle quand ils seraient de retour à Radcliff et que les factures leur tomberaient de nouveau sur le coin du nez. Y aurait bien un moment où faudrait qu’elle se souvienne que d’ici quelques mois, ils passeraient d’une famille de trois personnes à une famille de quatre personnes et qu’en plus, ils ne vivraient que sur le salaire de Cesare pendant quelques mois, parce qu’elle aurait bien besoin d’un congé maternité qui ne serait évidemment pas payé. En plus, elle serait bien obligée d’accoucher à l’hôpital et les assurances ne couvraient définitivement pas tous les frais, peu importait qu’elles coutent une fortune. Comme quoi, partir à l’autre bout du monde, oublier tout ce qui craignait dans son propre pays, ça ne faisait vraiment pas de mal. « Évidemment que je le suis. » Elle haussa les épaules, un sourire sur les lèvres. En vérité, elle savait que c’était clairement pas la meilleure façon de parler de sexe. Elle avait été célibataire, la dernière fois et pourtant à certains moments et pourtant, parfois ses hormones n’en avaient fait qu’à leur tête. Au moins, elle n’était pas célibataire cette fois, non, elle était même mariée, alors elle espérait bien qu’elle n’aurait pas à subir les mêmes frustrations que quand elle avait été enceinte de Clara, simplement parce qu’elle aurait mal au dos et que trouver une position confortable pour dormir, en étant enceinte c’était pas toujours facile, alors pour faire l’amour, c’était pas difficile d’imaginer que ça l’était encore plus. Elle ne pouvait pas dire, puisque qu’elle n’avait vraiment eu que sa frustration pour l’accompagner durant sa dernière grossesse. Maintenant y avait Cesare et ses abdos dont elle devait prendre soin, puisqu’ils étaient dans ses vingt pour cent de propriété du corps de Cesare, une idée qui lui arracha un léger rire. « Ouais, raison de plus pour que j’en prenne soin. » Elle lui étalait bien sa crème alors, avec minutie et précisons, il n’avait pas à craindre qu’elle le laisse avec des mots écrits sur son torse, malgré ce qu’elle pouvait dire. « Ce serait pas pour me déplaire. » C’était pas elle qui commencerait à se plaindre s’il devait se balader torse-nu, elle serait plutôt du genre à bien apprécier la vue. Mais c’était vrai qu’après, elle aurait peut-être besoin de se méfier des autres filles du coin. « Elles auraient bien des raisons d’essayer. » Qu’elles essaient, ouais, parce qu’y avait pas raison qu’elles réussisse, Cesare, il était son mari à elle et elle n’avait même pas besoin d’être jalouse, parce qu’elle lui faisait confiance, alors elle savait bien qu’il n’allait pas l’abandonner pour une fille de Namibie qu’il aurait rencontré pendant leur voyage de noces, si y avait déjà un homme ou une femme qui avait fait ça, cette personne était probablement quelqu’un d’ignoble. Cesare, il n’était pas comme ça, alors elle n’avait pas besoin de préciser qu’il était sa propriété et dans le fond, il avait déjà une bague à son doigt pour le prouver.

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You and me against the world, Like a little boy and girl. There were monsters beneath our bed And we were scared until we taught them all to sing and then we had a laugh instead. You and me on stormy seas It had brought us to our knees There were dangers, all around And we were frightened by the wind and when it blew until it blew us to dry ground.

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