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 (maya) we’re building this up to burn it down

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SUR TH DEPUIS : 23/04/2015
MessageSujet: (maya) we’re building this up to burn it down   Dim 30 Avr 2017 - 12:34

We’re building this up to burn it down
Maya & Jedikiah



Je ne suis pas particulièrement douillet. Quand on commence les arts martiaux avant ses sept ans, lorsqu’on se fait battre par sa grand-mère pendant des années, lorsqu’on traque, pourchasse des mutants depuis une dizaine d’années, on est obligé d’apprendre à encaisser. A ignorer les petits bobos. Je ne suis pas particulièrement douillet, non. Mais je reste un humain, et un humain avec des limites psychologiques relativement faibles. J’ai pris la fuite, j’ai couru ou plutôt titubé comme j’ai pu en serrant les dents sous les douleurs mais ça ne sert pas à grand-chose lorsqu’on considère ma peau rougie, mes habits en lambeaux, le côté, le bras, le torse qui me consument à petit feu. A grand feu. J’ai le souffle court lorsque je finis par baisser les bras, considérer les quelques mètres que j’ai parcourus, les comparer à ceux que je pensais avoir laissé derrière moi. Ma main gauche, celle qui pourtant tenait une arme un peu plus tôt, fouille dans ma poitrine, dans ma veste, tâtonne quand je serre les dents, pour s’échouer sur un téléphone. Mes jambes s’écroulent, le mur rattrape mon dos qui le heurte avec violence, je glisse jusqu’au sol. Des larmes de douleur transpercent mes paupières à chaque respiration. Y-a-t-il pire douleur que les brûlures, que la morsure de flammes inhumaines, irréels, monstrueuses jusque dans leurs origines ? Je ne crois pas. Des syllabes se jettent, se fracassent contre une tonalité angoissante. Jamais le temps ne m’a paru se distendre à ce point, quand la conscience se fait de plus en plus glissante dans mes doigts. Mes battements de cœur, eux, s’affirment, s’accélèrent, se font de plus en plus sonores, comme des coups de poing qui martèleraient mon torse avec une violence qui me semble inimaginable. Respirer est une plaie, l’eau que l’on conseille d’appliquer sur une petite brûlure est un mirage, chaque seconde passée aggrave davantage encore mon cas et, pourtant, la tonalité joyeuse continue de me vriller les tympans avec un sadisme tout trouvé. Un sadisme qui prend fin au terme d’une attente interminable. Mes lèvres articulent, erratiques, des explications aussi confuses que chaotiques. Brûlures, accidents, ruelle, mes yeux se heurtent à la nuit, à l’absence de passants, à tout ce qui ne fait que me condamner à une solitude dénuée de sauveur inespéré. Je crache des réponses à des questions que je ne comprends pas, je lutte contre l’inconscience pour décrire des plaies que je suis incapable de voir dans leur globalité, je cherche des points de repère, je ne me sens même pas m’écrouler, un correspondant paniqué à l’oreille, un portable s’échouant dans un caniveau.

L’inconscience m’emporte. Pour combien de temps ? Lorsque je rouvre les yeux, je ne suis plus seul, je ne suis plus dans la rue, je suis dans un véhicule à l’alarme reconnaissable, je tente d’articuler un mot mais un masque à oxygène retient mon souffle, on me parle, je serre une main par réflexe, sans comprendre ce qu’on me dit, mais juste pour signaler qu’au moins, j’entends. Des chaos, de l’inconscience, les urgences. Les urgences. Un soulagement me submerge lorsque je me rends compte que je vais être pris en charge, qu’ils m’ont trouvé, qu’ils vont me soigner. Un soulagement qui reflue immédiatement lorsque je songe que je vais devoir répondre à des questions, que mon arme va en soulever bien d’autres. Un soulagement qui revient lorsque je me souviens que mon arme, justement, je l’ai jetée sous une voiture, par réflexe, hors de vue, inaccessible. Pour le moment.

Lorsque j’ouvre les yeux une nouvelle fois, on me descend du véhicule. Et cette fois, je me rends compte que je suis déjà sous perfusion, qu’on m’a enveloppé, qu’on me fait respirer et que la douleur sans diminuer commence à être supportable. A moins que mon esprit choqué ne s’en accommode finalement, ou que tout simplement la prise en charge apporte déjà des solutions. Et la morphine, elle, un certain soulagement. L’inconscience reflue, ma vision s’éclaircit également. Et mon cœur s’arrête un instant de battre lorsque mes yeux croisent une silhouette que je reconnaîtrais, j’en suis certain, à l’aveugle. Je veux tendre un bras, je ne peux que le soulever, serrant les dents lorsque ce seul mouvement tire sur des habits que l’on ne m’a toujours pas ôtés. Les bruits, l’agitation des urgences m’enveloppent, je garde les yeux rivés sur Maya. Bien sûr. Les urgences. Mon bras indemne parvient à l’agripper, je me raccroche à elle désespérément dans cette situation qui me dépasse, tout comme me dépasse que la gravité effective de ma brûlure. Je n’ose regarder cette dernière, je me plonge avec détermination dans les yeux de la blonde qui m’obsède depuis des semaines maintenant. Des mois, déjà ? D’une main, je signe :ok: « Reste avec moi, s’il te plaît » avant de fermer les yeux. Je veux enlever le masque à oxygène, on cherche à m’en dissuader. Je veux résister, on m’injecte dans mes veines de quoi me calmer.

Enième réveil. Mais cette fois, mes pensées me semblent bien plus claires. Un mouvement, un grognement, je reprends mes marques autour de moi, je réorganise mes souvenirs. Mon épaule est bandée, mon torse a été dénudé, puis recouvert d’un de ses hauts d’hôpital, après avoir été bandé, également. Je n’ai que peu de souvenirs de ce qui a suivi mon arrivée aux urgences. Ma main gauche, celle indemne, glisse vers la table de nuit, récupère un téléphone où s’affichent pêle-mêle des sms divers. Je m’empresse d’en composer un à l’intention de Marcus, volontairement ambigu dans le choix de mes mots pour qu’il ne comprenne pas nécessaire que l’urgence qui me retient à l’hôpital, c’est moi et non un autre patient. Je repose le téléphone, avant de chercher de quoi appeler un médecin ou une infirmière. Ou juste quelqu’un qui pourra répondre à mes questions. Et me donner à boire. Ou à manger. Ou juste… mon esprit a beau être bien plus clair qu’à mes précédents réveils, je reste confus.

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MessageSujet: Re: (maya) we’re building this up to burn it down   Lun 8 Mai 2017 - 12:04



❝You again.❞
Jedikiah & Maya


Une agitation soudaine souleva les urgences comme le vent annonçant la tempête à venir. Lorsque les doubles portes s'ouvrirent dans la précipitation, les regards des curieux se tournèrent sur la civière et les infirmiers aux visages tendus et inquiets. La plupart des membres de l'équipe d'urgence en revanche, habitués à la précipitation restèrent concentrés à leur tâche en relevant à peine l'agitation ambiante. Maya faisait partie de ces personnes, pas qu'elle manquait de curiosité, c'était surtout qu'elle savait rester professionnelle... D'autant plus qu'honnêtement, la vie des autres, elle s'en torchait un peu.... Pour ne pas rester poli. Drôle de vision des choses quand on faisait un métier supposé sauver des vies, mais après tout les urgences n'était que son travail annexe, une activité pour occuper ses nuits trop vides, et son égoïsme n'empêchait pas son efficacité.

Le stylo courrait sur le papier, les yeux suivaient l'encre à la même vitesse. Les infirmiers passèrent devant l'urgentiste.
Et puis soudain, une main attrapa la sienne. Maya releva des yeux mi-effarouchés, mi-surprise avant de croiser un regard bleu qui la pétrifia l'espace d'un instant.
La civière s'arrêta une seconde. Le temps qu'en un large regard elle reconnaisse un visage, tout en relevant les dégâts, le corps blessé, brûlé à vif, déchiré en lambeaux. Sa main restait ouverte, serrée avec férocité par le blond devant elle. Il agita sa main libre comme l'urgentiste l'avait déjà vu faire avant. Son regard la transperçait, sa détresse la transperçait. On aurait dit un enfant. La jolie blonde resta immobile pendant tout ce temps et jusqu'à ce que la civière et le blessé quittent la pièce. Alors, Maya remarqua que plusieurs paires d'yeux étaient encore fixés sur elle. Curieux, étonnés.

- Vous regardez quoi là ?

Lâché sur un ton froid, sans appel, avant de faire demi tour et de s'engouffrer dans la chambre la plus proche avec un naturel pas emprunté. Une fois la porte franchie et refermée derrière elle, l'urgentiste s'adossa à un des murs, fermant un instant les yeux et se concentrant pour réguler son souffle. Lentement. Plusieurs fois. Jedikiah. Le gentil interprète un peu louche qui l'avait aidé avec sa petite patiente sourde-muette. Pourquoi est-ce qu'il lui avait prit la main ? Elle le connaissait à peine, elle et l’interprète ne s'étaient vu qu'une seule fois. Sûrement parce que c'était la seule personne qu'il connaissait ici. Réflexe normal. Mais il avait voulu lui dire quelque chose, avait-il besoin d'aide ? Il était dans un état épouvantable, il était clair qu'il avait médicalement besoin d'aide... Peut-être était-ce même trop tard pour lui...

‹‹ Mais... Qu'est-ce que... ? ››

A l'autre bout de la pièce dans un des lits un homme penché en avant dévisageait la blonde qui venait d'interrompre sa tranquillité sans prévenir et sans aucune raison apparente non plus.

- Oh la ferme toi, on t'a rien demandé.

Avant de prendre la fuite une fois de plus pour retourner à ses vraies occupations. De toute manière, si le blond était en danger, c'était sûrement trop tard, d'autant qu'elle ne lui devait rien.




Plusieurs heures passèrent. L'arrivée de l'ambulance de Jedikiah était la seule chose qui avait perturbé la nuit jusqu'à là. C'était rare que les urgences soient si calmes et pourtant, Maya n'avait pas eu une minute à elle. Il y avait toujours des petites choses à faire, des bandages à changer, des calmants à distribuer, des gens à déplacer, de nouvelles personnes à accueillir.

‹‹ Maya, le patient 56 a sonné, tu peux y aller ? ››

L'urgentiste acquiesça avant de se diriger vers la grand salle séparée en plusieurs fausses chambres numérotés et limitées par des rideaux aux couleurs défraichies. Dans ce département il n'y avait pas réellement de chambres à proprement parler et certainement pas individuelles, ce n'était qu'un endroit de passage ou de stockage lorsque l’hôpital était déjà trop plein. C'était le cas en ce moment et c'était sûrement pour ça qu'en tirant le rideau, Maya tomba nez à nez avec le grand brûlé qui, après ses soins, aurait dû être placé en chambre seule où il aurait eu tout le repos et la tranquillité dont il avait besoin.

- Bonsoir, Jedikiah.

Les yeux de la chasseuse détaillèrent sans aucune pudeur l'homme allongé sur le lit, ses bandages, le peu de peau encore saine et sauve qu'il lui restait. C'était peut-être exagéré de penser qu'il ait put aller jusqu'à s'immoler pour lui tendre un piège, non ? Pourtant l'idée traversa l'esprit de la jeune femme. Rien qu'un instant. Elle s'approcha, se pencha, souleva doucement un bandage et le déplaça légèrement pour observer une des plaies. Elle glissa un doigt sur la peau cramoisie. Ce n'était pas du maquillage en tout cas. L'urgentiste se redressa et s’écarta pour rendre à son patient l'intimité nécessaire.

- Qu'est-ce qui vous est arrivé ?

De but en blanc, sans même demander ce qu'il voulait, ce pour quoi il l'avait appelé, Maya avait déjà oublié ça. La curiosité avant tout. La suspicion avait tout.


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MessageSujet: Re: (maya) we’re building this up to burn it down   Mar 23 Mai 2017 - 22:49

We’re building this up to burn it down
Maya & Jedikiah



La douleur est toujours présente. Ma respiration, ma respiration à elle seule me brûle le torse, me réveille plus sûrement que tout le reste. Ma respiration accapare toute mon attention, quand mes yeux embrumés s’ouvrent sur une chambre d’hôpital et que les événements de la nuit se rappellent à mon bon souvenir, les uns après les autres, comme des perles égrenées lentement pour remonter le temps. La douleur. Les pompiers. Le feu. Les flammes. Mon arme. La mutante. La mutante. Et Mike. Toujours Mike. Toujours dans mes pensées, toujours à m’hypnotiser, toujours à me consumer de l’intérieur, dans une culpabilité corrosive que rien n’arrive à apaiser, et surtout pas la douleur d’avoir échoué, encore une fois, à abattre une mutante pourtant sans défense au départ. J’aurais pu viser la tête, j’aurais pu viser le cœur, j’aurais pu viser toutes les parties de son corps et l’achever ensuite mais non. Non. Tout ce que j’ai su faire, ça a été de parlementer, encore et toujours, pour trouver une solution, une porte de sortie, pour éviter d’avoir à faire mon devoir. Je soupire, en me redressant comme je peux. En reconstruisant ma soirée, pièce par pièce, en enfilant les perles les unes après les autres sur le fil des Parques tiré à mon égard, un fil qui aurait totalement pu être tranché la veille au soir, j’en prends conscience maintenant. Lèvres craquelées par la terreur, par la fournaise, je tends un bras maladroit vers une table de chevet sans y trouver le verre d’eau que je voulais. Un soupir, encore, je me redresse. Je tente de me redresser.

Mes pensées sont confuses, mes doigts finissent par trouver de quoi appeler un membre du personnel soignant. J’essaye de faire un état des lieux du massacre et du gâchis de ma soirée d’hier, j’ose à peine toucher mon épaule immobilisée, mon torse bandé. J’ose à peine essayer de trouver une façon d’expliquer ça à Marcus. A mes amis. A mes parents. A Selene. Il ne faut pas que Selene l’apprenne, elle me tuera, devinera que ce n’est pas juste un accident domestique qui en est la cause, elle voudra achever la mutante en question, elle voudra me baffer… La porte s’ouvre, m’arrache à mes pensées, j’ai un regard désespéré vers l’infirmière qui rentre dans la chambre. Non. Pas une infirmière. J’ai un regard désespéré et le souffle coupé. Un regard perdu et le cœur qui a un raté. Comme à chaque fois. J’en aurais presque un sourire soulagé si une perle de souvenir qui manquait à mon collier ne venait pas de dégringoler dans ma main, comme en écho de mon désespoir, la veille au soir, ou cette nuit, lorsque je lui ai agrippé le bras. Le rouge me monte aux joues instantanément, je détourne le regard en fermant les paupières, en me retranchant une fraction de seconde dans l’obscurité. - Bonsoir, Jedikiah. Je rouvre les yeux. « Maya » Je suis fier de ne pas entendre ma voix bégayer, trembler. Je suis fier de ne pas me sentir rougir davantage encore lorsque je me rends compte d’à quel point je suis peu couvert face à elle. Je suis fier, de ne pas reculer lorsqu’elle s’approche, de ne pas frissonner lorsqu’elle me touche. Fier, et incroyablement gêné aussi. « Qu’est ce que tu fais ? » J’ai la voix enrouée. Et craintive. Et interrogative. Surtout interrogative, d’ailleurs. - Qu'est-ce qui vous est arrivé ? Je me crispe, à sa question.

Son comportement est étrange. Je l’aime, je suis persuadé de l’aimer, mais son comportement est étrange, plus qu’étrange. Presque aussi effrayant et dérangeant que le mien, j’en viens même à m’en faire la réflexion. J’ai les yeux rivés sur elle, sans savoir si je dois déjà lui mentir ou si je peux esquiver la question. Mutante, pas mutante, la dernière fois, face à la petite fille, sa réaction était loin d’être neutre sans que je ne parvienne à savoir de quel bord elle était. Elle est. Qu’est ce qu’il m’est arrivé ? La réponse la plus simple est la plus évidente. Sait-elle où on m’a trouvé, d’où j’ai appelé ? J’ignore ce que j’ai pu donner comme excuse hier, la douleur et la panique ont effacé tout ça de ma mémoire. Après des secondes interminables, je détourne le regard. Je me retiens de signer, je me retiens de me réfugier dans le silence d’un mutisme volontaire. « Accident. Je… je ne me souviens plus très bien, à dire vrai. » Mensonge, bien sûr. Mensonge, mensonge, je me souviens très bien du visage de Thatcher, de son argumentaire, bancal, du mien, pas beaucoup mieux. Je me souviens de ma terreur, je me souviens de mes doutes, de mes hésitations. Je détourne le regard. « Est-ce que… est ce que tu sais, toi, ce qui m’est arrivé ? Je… peut-être que j’ai dit quelque chose, hier… tu… tu travailles aux urgences, c’est ça ? » Question stupide. Mais j’ai l’opportunité d’en savoir plus sur elle. Et je la saisis. « Comment vas-tu ? »


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Dernière édition par Jedikiah Grimwood le Mer 7 Juin 2017 - 22:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (maya) we’re building this up to burn it down   Sam 27 Mai 2017 - 23:45



❝You again.❞
Jedikiah & Maya


Le teint du jeune homme vira au cramoisi à l'instant même où Maya passa l'entrée. La jeune femme le remarqua, paria sur une certaine timidité, voir une pudeur face à sa quasi nudité, puis elle oublia de nouveau. L'urgentiste était habituée à faire face à des personnes gênées et nues, ce n'était certainement pas lui qui allait l'impressionner.
Quoi qu'il en soit, le prénom de la jeune femme qui s'échappa de ses lèvres fit noter à Maya qu'il se souvenait bien d'elle comme elle l'avait pensé quelques heures plus tôt... Et qu'il se souvenait aussi de son prénom. C'était bien, il n'avait donc pas eu de perte de mémoire en plus de sa crémation, c'était déjà une bonne chose. Et aussi, ça lui éviterait de poser toutes la panoplie de questions : « vous savez qui je suis ? », « vous savez où vous êtes ? », « vous êtes tombé sur la tête ? », « vous avez vraiment envie de vivre ou je peux couper les machines ? Croyez moi, vous ferez un beau geste pour l'environnement. » Au moins elle pouvait aller à l'essentiel. Vérifier comme elle le pouvait la véracité de ses dires.

« Qu’est ce que tu fais ? »

La belle blonde tenta de ne pas répondre... l'espace d'un instant. Je vérifie que tu ne mens pas, que tu es effectivement cramé jusqu'à l'os et que ce n'est pas juste une vile mascarade pour me nuire d'une certaine manière.

- Je vérifie.

Et il ne semblait pas mentir. Il avait du tellement souffrir... A se demander comment il avait encore eu la force de lui attraper la main quelques temps plus tôt... Et pendant que la jolie blonde interrogeait le blessé sur ce qui lui était arrivé, elle sondait ardemment ses yeux comme si elle pouvait y lire la vérité ou le mensonge.

« Accident. Je… je ne me souviens plus très bien, à dire vrai. »

Les sourcils de l'urgentiste se plissèrent sous le coup de la suspicion. Apparemment, elle avait eu tort concernant sa mémoire... A court terme en tout cas. La réponse était très brève, elle sonnait comme une excuse. Mais Jedikiah avait bien l'air du genre à s'excuser parce qu'il s'était blessé ou parce qu'il avait perdu la mémoire alors le mystère sur la véracité de ses dires restait entier.

« Est-ce que… est ce que tu sais, toi, ce qui m’est arrivé ? Je… peut-être que j’ai dit quelque chose, hier… tu… tu travailles aux urgences, c’est ça ? » 

S'il mentait, Maya pouvait se féliciter d'avoir depuis le début douté de lui parce qu'il serait alors doté d'un superbe talent pour cacher la vérité. Avec cet air de petit ange innocent et ses yeux bleus profonds... L'urgentiste espérait qu'ils ne viendraient plus à se croiser après cette fois-ci.
La jeune femme s'assit une chaise qui trainait près du lit et qui servait normalement aux personnes accompagnants les blessés pour venir la coller à côté de la table de chevets et se hisser dessus. Il lui semblait soudain que cette discussion allait prendre un certain temps et puisque de toute façon la nuit était relativement calme, autant en profiter. Au pire des cas, on la sonnerait... Et au pire des cas elle ignorerait la sonnerie.

- Tu ne te souviens pas d'un lieu, d'un visage, du feu ? Ou de ce que tu as essayé de signer quand tu m'as prit la main en arrivant aux urgences ?

Si la délicatesse et la subtilité avaient été le fort de Maya, ça aurait certainement été mondialement connu.
Pour pousser plus encore le charmant blond à parler, l'urgentiste avait rejoint ses mains sur ses cuisses avant de se pencher un peu en avant. Si elle avait désappris à s'inquiéter pour les autres, la jeune femme savait toujours comment mimer l'intérêt, peut-être parce que derrière tout ça elle sentant fortement la présence éventuelle d'un dangereux mutant. Un mutant qui, s'il s'était attaqué à cette gueule d'ange, était soit le pire des démons... Soit une personne avisée qui lui, ne se laissait pas tromper par un doux visage. Mais dans tous les cas, s'il possédait le genre de pouvoirs qui pouvaient faire ces dégâts là, il méritait la guillotine et Maya serait ravie d'en jouer le rôle. Et la jeune femme imaginait déjà le monstre, la chasse, l'adrénaline et une glorieuse victoire quand elle fut brutalement arrêtée par l'intervention du blessé.

« Comment vas-tu ? »

Un rire franc franchit les lèvres de la jeune femme. Presque un fou rire, peut-être un peu poussé par le stresse, la fatigue et cette paranoïa qui pesait constamment sur ses épaules. Mais la blonde l’étouffa rapidement : elle ne pouvait pas se laisser trop aller et il ne fallait pas réveiller les autres patients.

- Tu es là, avec la moitié de la peau en moins et c'est toi qui me demandes comment je vais ? Mais qui es-tu ?

Alors que le sourire enflammait encore les lèvres de la jeune femme. L'urgentiste dévisageait le grand brûlé en se demandant quelles étaient ses intentions, qu'est-ce qu'il pouvait bien avoir dans la tête pour réussir à poser des questions pareilles alors qu'il était dans un tel état. Peut-être qu'il voulait juste détourner la conversation, peut-être que c'était pour échapper à ses propres mensonges.

- Ne bouge pas.

Dans un tout nouveau sourire qui signifiait que la jeune femme avait parfaitement conscience de ce qu'elle disait et qui, cette fois-ci, eu le temps de disparaître pendant que Maya s'éclipsa de la chambre. En revenant, elle se réinstalla sur la chaise tout en posant le gobelet d'eau qu'elle venait de récupérer sur la table basse.
Peut-être que l'eau le rendrait plus loquace, la jeune femme pouvait toujours espérer...


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MessageSujet: Re: (maya) we’re building this up to burn it down   Mer 7 Juin 2017 - 23:12

We’re building this up to burn it down
Maya & Jedikiah



Je suis un homme pudique. Exagérément pudique, d’ailleurs, d’après ma petite sœur qui ne se gêne jamais pour se foutre de ma gueule à ce sujet, me pousser dans mes retranchements et utiliser ma pudeur comme moyen de pression. Je ne me balade rarement en short, encore moins torse nu. Et encore moins devant une personne comme Maya. J’ai le souffle coupé, les joues qui virent au cramoisie et le regard qui se détourne sans plus tarder. Qu’est-ce qu’elle fait, là, qu’est-ce qu’elle est en train de faire, de vérifier ? Je côtoie les hôpitaux depuis des années, du fait de mon travail, que ce soit pour enseigner les rudiments de la langue des signes, pour servir d’interprète ou juste pour accompagner des personnes temporairement ou définitivement handicapées, je n’ai jamais eu affaire aux grands brûlés. Et les soins qui les concernent, je sens que je vais les découvrir aux premières loges dans les heures, les jours qui viennent. Peut-être que ses vérifications en font partie, peut-être pas. - Je vérifie., me confirme-t-elle, sans pour autant me rassurer. J’hésite à lui demander ce qu’elle est en train de vérifier, tant qu’on y est, mais les mots restent enfermés entre mes lèvres, incapable que je suis dans ce genre de situation de passer outre mon bégaiement d’enfance, incapable de l’assumer, incapable de l’accepter. J’ai déjà la voix craintive, enrouée, apeurée, il est hors de question de me ridiculiser davantage.

Qu’est ce qui m’est arrivé ? En voilà une question à me faire regretter d’être resté muet l’espace d’une seconde. Son comportement est étrange, ses questions sont logiques ; sa présence est légitime mais reste surprenante. J’ai l’impression que ce n’est pas la morphine qu’une pompe diffuse dans mes veines qui me rend confus, mais bien tout le reste. Et surtout elle, autant être honnête. Je mets du temps à trouver mes mots, je mets du temps à formuler mes phrases, je mets du temps à mobiliser mes pensées non pour lui dire ce qu’il s’est passé, mais pour tenter de composer avec des mensonges que j’ai déjà dû formuler. L’amnésie est un bon refuge, l’accident… l’accident est une excellente excuse. Je ne me souviens plus très bien : elle ne peut me refuser ce fait tout bête. Est-ce qu’elle sait, elle, cette question non plus, personne ne peut me la refuser, malgré tous les froncements de sourcil du monde. J’ai le souvenir confus de l’avoir vue la veille, un souvenir chargé d’embarras. Mais un souvenir également bien vivace dans mon esprit. Je suis du regard ses mouvements lorsqu’elle attire une chaise à côté du lit. J’en profite pour tenter de me redresser, dans une grimace que je tente de masquer comme je peux. Si elle s’assoit, c’est pour parler.

Si elle parle, c’est que j’ai raconté effectivement quelque chose, la veille. Un mensonge potentiellement infesté d’incohérences, potentiellement lézardé, dont la crédibilité ne doit être maintenu que par toutes les excuses que l’on peut me trouver. Blessures, chocs, douleurs… - Tu ne te souviens pas d'un lieu, d'un visage, du feu ? Ou de ce que tu as essayé de signer quand tu m'as pris la main en arrivant aux urgences ? J’ai la gorge sèche. Je me souviens de tout. Mais plus vraiment de ce que j’ai pu lui signer. Et j’ai peur de me rendre compte que je ne lui ai pas signé des choses que je serais capable de lui dire en temps normal. Mais rester muet… Je me mords la lèvre. Et alors que j’avais dans l’idée de répondre réellement à ses questions, mes lèvres formulent une autre question. Intéressée. Sincère. Spontanée. Une question qui la fait rire, et me fait doucement rire en réponse, sans savoir pourquoi. La morphine certainement. Ou le fait de me rendre compte que la voir sourire… ça me donne envie de la faire sourire à nouveau, de dérider à nouveau son visage, son visage qui déjà se referme. - Tu es là, avec la moitié de la peau en moins et c'est toi qui me demandes comment je vais ? Mais qui es-tu ? Je me sens rougir, j’ai un sourire d’excuses sur mes lèvres qui hurlent le sorry not sorry le plus innocent du monde. « Juste un homme sous morphine, je crois », je soupire malgré tout. Comme une excuse.

Ne bouge pas. elle se lève, je murmure dans ma barbe un « Aucun risque » amusé, avant de tendre ma main indemne pour attraper le verre d’eau qu’elle vient de poser. Une gorgée, avant qu’un tremblement n’agite ma main et ne manque de me tremper le torse. Je repose aussi vite que possible le verre, dans un soupir.

« Je ne me souviens que… que de bribes, en réalité. » Parce qu’il faut bien que je lui réponde. Parce que je suis écartelé, entre le besoin de ne pas la faire fuir et celui de garder mon secret pour moi. « Je me promenais, pour essayer de connaître un peu le quartier. Je t’ai dit que j’étais nouveau en ville, j’aime bien me… » Je refais une tentative avec le verre, trempe mes lèvres un peu plus longtemps que la première fois. « … me promener. Je crois que je me suis disputé avec quelqu’un, ou… oui, non, je ne sais plus du tout. » Le visage de Thatcher s’impose à mes yeux, des yeux que je ferme. Va-t-elle me traquer, vouloir m’agresser, se venger, me dénoncer ? « Quant à savoir ce que j’ai bien pu te signer… » En voilà une autre histoire. Et les mensonges ne peuvent pas me sauver, pas tant que je ne saurais pas ce que j’ai bien pu lui dire. Et ce qu’elle comprend, aussi, de la langue des signes. J’affecte sur mes lèvres un petit sourire amusé. « Ce n’était tout de même pas ça, j’espère… » Ma main libre se débrouille pour signer comme elle peut un :ok: Je t’aime Maya particulièrement osé, un risque que je prends, alors que mon corps s’emballe dans ma poitrine. Et que je remercie tous les dieux du panthéon de l’Olympe qu’on n’ait pas installé d’électrocardiogramme à côté de moi. « Ou ça… » C’est la morphine, j’en suis certain, c’est la morphine qui me pousse à signer des bêtises. Mes doigts, ma main s’agite. :ok: « ça te dit d’aller boire un café avec moi ? » Je lui souris, légèrement tendu. « Tu te souviens de mes gestes, peut-être ? »

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MessageSujet: Re: (maya) we’re building this up to burn it down   Mar 13 Juin 2017 - 22:45



❝You again.❞
Jedikiah & Maya


Si petite, Maya pensait qu'il aurait suffit qu'on donne la parole aux animaux pour faciliter la compréhension d'une espèce à l'autre, elle avait apprit en grandissant que c'était une bien belle connerie. Quand on voyait ce que des Hommes partageant le même langage en faisaient... Des mots pour expliquer, décrire, exprimer des million de choses... Puis pour les cacher, les enfouir, les déformer. Chaque chose avait son revers de la médaille et la capacité de se comprendre pouvait tout autant être un moyen de ne pas se comprendre du tout. Avec des mots on mentait, on se trahissait, on entrait en conflit... Et ces mêmes choses pouvaient tout aussi bien être déclenchées par le silence.  Non vraiment, celui qui avait créer tout ça avait sérieusement déconné. La jolie blonde avait toujours eu un rapport très conflictuel avec la communication. Elle qui aimait à se protéger alors qu'à la moindre occasion ses lèvres profitaient d'une inattention de sa part pour s'entrouvrir et déverser un flot de mots incontrôlé. Effectivement, pour quelqu'un qui aimait protéger ses arrières et se faire discrète, Maya était une personne qui posait beaucoup de questions. Souvent trop de questions qui parfois la trahissaient. Et au fond, peut-être que c'était parce qu'elle savait que ses mots sortaient régulièrement en trop grandes quantités que la blonde compensait par une extrême prudence... Peut-être futile, peut-être parfois déséquilibrée, mais c'était sa façon de se défendre.

« Je me promenais, pour essayer de connaître un peu le quartier. Je t’ai dit que j’étais nouveau en ville, j’aime bien me … me promener. Je crois que je me suis disputé avec quelqu’un, ou… oui, non, je ne sais plus du tout. »

Enfin il lâchait des bribes, ouvrait une porte ou plusieurs. La chasseuse s'agita un peu sur sa chaise, animée par ses paroles qui la menaient de plus en plus vers la piste du mutant. Lui en revanche il pouvait parler librement, il devait même, car l'urgentiste voulait savoir. Devait savoir. Le plus possible.

- Donc c'est bien quelqu'un qui t'a fait ça. Peut-être quelqu'un que tu connais ?

Encore, les yeux clairs de la blonde sondaient son patient, attisés par la furieuse curiosité qui la dévorait. Dans sa tête les questions se bousculaient pourtant elle tentaient de ne pas trop trahir l'agitation qui la secouait en restant parfaitement immobile sur sa chaise, comme si tout cela ne faisait partie que du protocole. Elle n'aurait certainement pas trompé un homme normal, mais juste un homme sous morphine peut-être...

- Un homme ou une femme ?

Demandé avec un semblant de douceur, comme si ça ne pressait pas. Comme s'ils avaient tout leur temps et si Maya pouvait faire preuve de patience avec ses patients adultes. Ce n'était pas le cas. Elle bouillonnait, elle rageait, chaque instant passé dans cette pièce laissait un dangereux mutant en liberté. Si Zoë avait été à sa place, certainement que le charmant blond aurait depuis longtemps été planté là alors que la tête du mutant reposait séparé de son corps à jamais.
Revenant aux mots que Jedikiah avait signé à l'urgentiste en début de soirée, une nouvelle ombre d'inquiétude sembla passer sur le visage du jeune homme.

 « Ce n’était tout de même pas ça, j’espère… »

Fronçant légèrement les sourcils en se concentrant sur les gestes rapides mais rendus maladroits par les bandages, Maya tenta d'analyser les mouvements quand bien même elle doutait que cela puisse l'aider d'une manière ou d'une autre dans son enquête. Mais rien n'était à négliger après tout.

- Oui...

Une réponse un peu hésitante qui ne répondait d'ailleurs pas vraiment aux mots du blond alors que la jeune femme tentait de se souvenir de ses mouvements confus par l'urgence de la situation, en les comparant aux nouveaux que le jeune homme mimait.

« Ou ça… »

- Ou ça.

Elle répéta. En vrai elle n'en avait aucune foutue idée.

« Tu te souviens de mes gestes, peut-être ? »

Maya se prit un instant de réflexion, revenant quelques heures en arrière, passant outre les yeux bleus profonds qui l'avaient sondés emplis de panique et qui l'avaient hypnotisés bien plus que ses gestes.
Levant légèrement les mains, l'urgentiste tenta quelques mouvements. En réalité elle n'avait toujours aucune idée de ce qu'elle faisait et cela ne ressemblait sûrement à rien.

- Quelque chose comme ça... Ou pas d'ailleurs. Ca n'a sûrement aucune importance.

Les yeux de la blonde partirent un instant dans le vide. A moins qu'il avait tenté de la prévenir. A moins qu'il avait essayé de lui donner le nom de celui ou celle qui l'avait attaqué pour qu'elle puisse le venger... Non, pourquoi elle ? Après tout il ne devait rien savoir de sa nature de chasseuse, elle ne s'était pas trahis. Ou si peu. Tout le monde pouvait être curieux après tout...

- Ou peut-être que si. Quelles étaient tes idées sur ce que tu as pu me dire ?



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MessageSujet: Re: (maya) we’re building this up to burn it down   Sam 1 Juil 2017 - 14:29

We’re building this up to burn it down
Maya & Jedikiah



Juste un homme sous morphine. Suis-je en train de mentir en prononçant ces mots ? Je l’ignore. Dans les faits, aux dernières nouvelles, je suis vraiment un homme. Dans les faits aussi, les perfusions en sont la preuve, je suis également et effectivement sous morphine. Mais est-ce que ça fait de moi l’homme sous morphine qui appelle à foule de sous-entendus ? Certainement pas, je n’ai clairement pas l’impression d’en ressentir actuellement des effets autre qu’un évident soulagement de la douleur. Un soupir, une excuse, ne bouge pas ?, aucun risque. Le verre d’eau qu’elle me tend tremble au bout de mes doigts, j’essaye de commencer à répondre à ses questions pour mieux en finir avec tout ça. Pour lui servir un mensonge, un mensonge qui se tienne, et qu’elle cesse de creuser, qu’elle cesse d’enquêter. Je sais qu’on va me demander des explications, je ne le sais que trop bien mais… mais il y a ce mais. Même si quelque chose en moi me souffle qu’elle est forcément impliquée dans la double vie mutant-chasseur de la ville – sa réaction face à la petite la dernière fois que l’on s’est vu, la première fois que l’on s’est officiellement rencontré d’ailleurs, en est la preuve – je n’ai pas plus que ça envie de participer à l’y impliquer davantage. C’est comme ça. Pas plus que je n’ai envie de finir en prison, non plus, pour avoir tenté d’abattre une pyrokinésiste de sang-froid. Lui concéder la moindre vérité, ce serait lui donner un bout de fil : il lui suffirait de tirer dessus, de défaire quelques nœuds, pour dérouler toute la pelote et en découvrir bien trop. Alors voilà. Je me promenais, voilà tout. Une amnésie, ce n’est pas seulement possible, c’est aussi suffisamment plausible pour qu’elle ne puisse m’accuser de mentir. Mes yeux se ferment lorsque la douleur s’intensifie sous le souvenir. Je lui concède une promenade, je lui concède une dispute… Elle s’agite et je crains, déjà, en avoir trop dit. - Donc c'est bien quelqu'un qui t'a fait ça. Peut-être quelqu'un que tu connais ? Je m’empresse de secouer la tête. Trop dit oui. Pourquoi est-ce que je suis incapable de juste fermer ma gueule, pourquoi est-ce que, sur la base d’un foutu rêve, je ne peux pas m’empêcher d’avoir confiance en elle, stupidement confiance en elle, hein ? - Un homme ou une femme ? Je secoue la tête encore une fois. « Je ne sais pas, Maya, je ne sais pas. Je te dis, je ne me souviens plus de grand-chose. Ça me reviendra sûrement plus tard, et là je ferai une déposition… » Mensonge, mensonge, encore des mensonges : il est hors de question que je dépose quoique ce soit. Je ne suis peut-être pas un chasseur exemplaire sous bien des aspects, je reste un Grimwood, je reste un assassin formé depuis des années à ne pas laisser de traces. A brouiller les pistes. « C’était un homme je croisn, mais... Je lui en ai trop dit, autant remettre les compteurs à zéro. Autant glisser dans son esprit le fait que mon agresseur soit un homme. Qui est-ce que je protège dans l’affaire ? Thatcher ? Non, c’est moi et uniquement moi. Moi, et par mon biais tous les Grimwood. Je sais ce qu’ils ont fait aux Lecter, dans la ville, à avoir condamnés la famille pour les actes d’un chasseur révélé. Je sais ce qui pend au nez des familles comme la mienne. Si un de nous tombe, les autres risquent de suivre. Qui est-ce que je protège ? Moi, d’abord. Selene, ensuite.

Et pour mieux nous protéger, je change de sujet, j’essaye de revenir sur ce qu’elle a évoqué plus tôt, sur ce que je peux lui avoir dit en langue des signes quand la douleur et la fatigue éradiquaient en moi toute trace de lucidité. Tout comme la morphine abat actuellement chez moi une bonne part de ma réserve, une bonne part de ma prudence. Qu’ai-je bien pu lui signer ? J’en profite pour agiter ma main valide et m’amuser de son froncement de sourcil. De toute évidence, soit mes mouvements sont trop rapide, soit… - Oui... J’ai un tremblement. Oui c’était ça, ou oui, ce n’était pas ça ? - Ou ça. Je me détends en me rendant compte qu’elle n’a vraiment pas l’air de se souvenir de quoique ce soit de plus que moi, dans l’affaire. Ce qui est bien évidemment plus que rassurant dans un sens. Je fronce à mon tour les sourcils, cherchant à poursuivre la conversation sur ce terrain-là pour ne surtout pas retourner sur l’ancien. Est-ce qu’elle se souvient de mes gestes, au moins ? Est-ce qu’elle pourrait les reproduire ?
Ses mouvements sont hésitants, maladroits, je me mords la lèvre pour ne pas exploser de rire devant ses hésitations, je me mords la lèvre pour ne pas la vexer. - Quelque chose comme ça... Ou pas d'ailleurs. Ça n'a sûrement aucune importance. Trop tard : je suis sûr que mes yeux me trahissent. Pas d’importance ? Bien sûr que ça n’a aucune importance, à partir du moment où si je lui ai signé quelque chose, c’était en sachant qu’elle n’en comprendrait rien. Mais… - Ou peut-être que si. Quelles étaient tes idées sur ce que tu as pu me dire ? J’ai un moue songeuse à cette question. Une moue songeuse, et les joues qui rougissent dangereusement. Mes yeux, eux, se tournent vers un mur blanc, vierge de toute décoration. « Oh… hum… rien d’intéressant, tu as raison, ça n’a sûrement aucune importance. » Vraiment ?

Un nouveau, un énième soupir. Si je ne lui réponds pas, je suis à peu près sûr qu’elle va finir par revenir sur le sujet précédent. Ou qu’elle va partir, puisque la conversation n’aura pas lieu d’être. Si je ne lui réponds pas, je n’apprécierai ni l’une, ni l’autre des deux options. Alors… « Honnêtement, j’ai aucune idée de ce que j’ai pu te signer. J’ai dû te demander ce que tu fichais là, me connaissant, ou juste te dire bonjour, tu sais… » Oui, bien sûr. Et le pire, c’est que c’est certainement vrai. « En revanche, ce qui peut être un peu plus intéressant, c’est que vu que nos chemins sont voués à se croiser dans des lieux incongrus… » J’exagère un peu : nos deux lieux de travail respectifs sont le même, autrement dit l’hôpital. « … J’imagine que ce serait un peu logique que de te proposer d’aller boire un café ensemble, si… si ça t’intéresse. On pourra continuer de chercher… et… » Je dois être écarlate. Au moins, voilà quelque chose que je ne suis pas obligé de cacher, que je ne suis pas obligé de feindre. « Enfin ça, c’est si je sors bien tôt, bien sûr… » J’essaye de parler sur un ton léger. Avec plus ou moins de succès. « Tu as des nouvelles à ce propos ? »

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MessageSujet: Re: (maya) we’re building this up to burn it down   Dim 16 Juil 2017 - 20:26



❝You again.❞
Jedikiah & Maya


Pousser, en savoir plus, l'agiter. La chasseuse était un taureau devant lequel on agitait un foulard rouge et comme tout animal bien dressé à la charge, ce n'était pas la couleur qui l'excitait mais le mouvement qui prédisait une merveilleuse poursuite et une terrible fin.
Chaque vie était rythmée par quelque chose. Un rêve, un espoir, une croyance... Pour Maya, c'était le devoir. Celui qu'elle avait de protéger les enfants en détruisant les pires menaces pour éviter au maximum que ne se rejoue l'histoire.

 « Je ne sais pas, Maya, je ne sais pas. Je te dis, je ne me souviens plus de grand-chose. Ça me reviendra sûrement plus tard, et là je ferai une déposition… »

La blonde l'avait trop poussé. Il semblait quoi... Agité ? Enervé ? A bout de forces peut-être ? La jeune femme n'en savait trop rien, elle n'était pas vraiment une experte pour juger les émotions et refusait d'être une experte dans le fait de savoir y réagir. Elle risquerait sûrement d'être trop appréciée sinon. Quoi qu'il en soit, ce n'était pas une déposition que Maya voulait mais une confession. Elle n'avait évidemment aucunement envie de devoir braquer un commissariat pour tenter de savoir ce qui était arrivé au jeune homme.
Quant à son hésitation suivante sur le sexe du coupable, elle n'avançait pas beaucoup plus la chasseuse et honnêtement, l'attaquant aurait très bien pu être un raton laveur que Jedikiah n'aurait pas semblé plus apte à s'en souvenir.
Ni de sa ni de ses gestes de la veille d'ailleurs. Maya laissa s'échapper un petit soupire en voyant que toutes ses pistes de recherche tombaient peu à peu les une après les autres, répondant sûrement à en écho au charmant blond sans même s'en rendre compte.

 « Honnêtement, j’ai aucune idée de ce que j’ai pu te signer. J’ai dû te demander ce que tu fichais là, me connaissant, ou juste te dire bonjour, tu sais… »

Un infime air d'amusement passa sur le visage de l'urgentiste, plus dans ses yeux que sur ses lèvres cependant. Il était vrai que de ce qu'elle en avait vu du personnage, que sa réponse corresponde à la vérité n'aurait même pas trop été étonnant.

 « En revanche, ce qui peut être un peu plus intéressant, c’est que vu que nos chemins sont voués à se croiser dans des lieux incongru… J’imagine que ce serait un peu logique que de te proposer d’aller boire un café ensemble, si… si ça t’intéresse. On pourra continuer de chercher… et… »

Encore un café. Comme à leur première rencontre. Il n'abandonnait pas.

- Vous y tenez à ce café.

L'air de la jeune femme n'avait plus rien d'amusé. Elle n'aimait pas qu'on essaie d'entrer dans sa vie, pas avec autant d'instance car c'était forcément soit un piège ou si s'en était pas un, ce serait forcément quelque chose qui finirait par tourner mal.

- On ne se connait pas, n'est-ce pas ?

Parce que c'était trop étrange que ce jeune homme, équilibré ou non, veuille connaître cette femme si peu engageante qui ne lui avait pas donné beaucoup d'autres choses qu'un verre d'eau et une foule de questions à répondre.

- Je ne suis pas vraiment le genre de personne avec qui on prend un café. Ni un thé. Ni autre chose d'ailleurs.

La blonde aurait sûrement pu s'arrêter à « café ». Sûrement oui.
Comme c'était difficile parfois de garder ses murs protecteurs intacts... Mais la peur et l'appréhension créait chez la jeune femme comme une répulsion naturelle. Elle craignait à ce point d'apprécier trop quelqu'un que durant les dernières années, si elle ne pouvait pas s'isoler, Maya s'arrangerait pour que les quelques relations qu'elle entretenait soit au maximum conflictuelles. C'était tout du moins ce que la chasseuse tentait de faire dans la mesure du possible. Mais il y avait des jours où ce combat constant était plus difficile que d'autres, quand la fatigue pesait en même temps que la solitude. En général, dans ses moments là, il suffisait d'une pensée vers ses frères pour que sa carapace se refasse d'elle-même, peut-être fragile mais toujours présente.
Rebondissant ensuite sur les mots du jeune homme concernant la durée de son séjour à l’hôpital, la jeune profita pour continuer et quitter ses pensées :

- Vous en avez pour plusieurs jours, si ça ne s'étale pas en semaines... Les brûlures sont plutôt graves, la peau doit se refermer correctement... Si des greffes ne sont pas nécessaires... Mais ça ce n'est pas mon domaine.

Et le vouvoiement était revenu. Automatiquement, pour remettre les barrière et la distance. Toutes les techniques étaient bonnes pour rester une âme solitaire et peu appréciée.

- En revanche si vous le voulez toujours je voudrais effectivement vous aider à retrouver la mémoire.

Pour qu'il se souvienne du mutant qui lui avait fait ça, pour que Maya puisse le trouver et le mettre hors d'état de nuire.

- Je pourrais m'arranger pour m'occuper de vous quand mes horaires correspondront. Vos pansements devront de toute manière être changé plusieurs fois par jour. Et je pourrais surement ramener un café à ce moment là.

Et là, elle aurait dû s'arrêter avant le café. A force de trop parler, la blonde en devenait contradictoire avec ses principes. Mais la cible était toujours la même et sûrement une petite concession au jeune homme serait nécessaire pour arriver à ses fins.



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MessageSujet: Re: (maya) we’re building this up to burn it down   Dim 6 Aoû 2017 - 10:58

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Maya & Jedikiah



Les souvenirs sont confus. Décousus. Déchirés dans mon esprit. Les plus vifs, je suis contraint de les garder pour moi. Ceux qui se sont délavés dans la douleur et la morphine, je suis incapable de les recomposer, incapables de les reconstituer suffisamment pour savoir s’il est sans risque de les évoquer. Je suis enfermé dans le mensonge, dans la crainte, dans un équilibre précaire de naïveté, de candeur et d’innocence qui peut me faire passer pour un imbécile précisément devant une femme qui m’est inaccessible et pourtant l’objet d’une fascination presque malsaine de ma part. Je ne veux pas la faire fuir. Je ne veux pas la perdre, alors que je ne l’ai même pas encore réellement trouvée. Je veux juste… la faire rire, la faire sourire, trouver en elle ma complémentaire, celle qui emportera mon cœur et mon corps comme je l’ai rêvé. Dans un rêve marquant, savoureux, aux odeurs d’espérance. J’ai souvent rêvé de meurtres, de disparitions, de larmes, de sang et de douleur. Je n’ai que rarement rêvé du contraire. Raison de plus pour me raccrocher à ce souvenir, pour me raccrocher à l’aspect cotonneux, cocconeux de cet unique souvenir. Raison de plus pour m’entendre faire une demande osée, presque aussi osée voire davantage encore que la première fois que j’ai pu la prononcer.

Suis-je fou de me raccrocher à un rêve rattaché à une monstruosité qui a détruit non seulement ma vie mais aussi celle de certains de mes proches. Très certainement. Si je le regrette ? Depuis le début. Si je m’obstine dans cette voie… malheureusement oui. Parce que… mon rêve était réel. Et que je suis convaincu que par mes actions, je vais l’amener à se réaliser. Qu’il est voué à se réaliser. Quoique je fasse. Quoiqu’il arrive. Tous mes choix me mèneront à sa réalisation, à ce baiser sous la pluie, à cette complémentarité, à mon sourire, au goût de sa peau, à l’odeur de son parfum. Et tout commencera par un café. Parce que c’est l’approche la plus simple. La plus évidente. Celle qui m’est la plus accessible, aussi. Suis-je fou ? Oui. Peut-on blâmer la morphine ? Sûrement : elle me donne certainement plus de courage que ce que je serais capable de rassembler en temps normal. Un courage qui me permet de répondre à son - Vous y tenez à ce café. par un sourire timide, malgré le visage plus que fermé qu’elle m’oppose. « Un peu » Je me mords la lèvre de nervosité. - On ne se connait pas, n'est-ce pas ? Et mon mordillement menace d’aller jusqu’au sang devant la question. Coup de chance : je tarde à répondre. Coup de chance, elle reprend, désambiguïse l’interrogation : ce n’était que de la rhétorique. - Je ne suis pas vraiment le genre de personne avec qui on prend un café. Ni un thé. Ni autre chose d'ailleurs. Je tente d’hausser les épaules, mon visage se tord dans une grimace de douleur que je suis incapable de contrôler. Piètre chasseur, piètre homme qui est incapable de s’avérer dur au mal… J’essaye de tempérer ma déception en me contraignant à de la badinerie, à poursuivre comme si son refus n’était absolument pas pire que les brûlures dont je suis la victime.

De toute manière, ma proposition, mon invitation, était conditionnée par ma sortie, donc… - Vous en avez pour plusieurs jours, si ça ne s'étale pas en semaines... Les brûlures sont plutôt graves, la peau doit se refermer correctement... Si des greffes ne sont pas nécessaires... Mais ça ce n'est pas mon domaine. Au mot greffe, je me sens perdre les rares couleurs qu’il me restait. Que mes brûlures soient graves, ou étendues, c’est un fait dont j’avais déjà conscience. Qu’elles puissent amener des complications, des greffes ou de réelles conséquences graves sur du long terme… ça… « Qu…qu.. » Les syllabes se dupliquent, s’agglutinent, se bloquent dans ma gorge, je ne m’acharne pas. - En revanche si vous le voulez toujours je voudrais effectivement vous aider à retrouver la mémoire. Mémoire ? - Je pourrais m'arranger pour m'occuper de vous quand mes horaires correspondront. Vos pansements devront de toute manière être changé plusieurs fois par jour. Et je pourrais surement ramener un café à ce moment-là. Ramener un café. Changer les pansements. « V… Vr… Vraiment ? Tu fe… ferais ça ? » Des années pour l’éradiquer, des années de passées à le combattre, à l’annihiler par la seule force d’une volonté pourtant bien précaire et pourtant me voilà à nouveau l’esclave d’un défaut de prononciation qui m’a hanté toute mon enfance. J’aimerais pouvoir me réfugier dans le silence de la langue de signes, mais c’est impossible, mon interlocutrice n’est pas Selene, n’est pas mes parents, n’est pas mon orthophoniste ni même Mike. Mon interlocutrice ne me comprendrait pas. Je lève mon bras valide avec précaution pour me passer une main sur le visage et me recoiffer. Gagner du temps, même une seconde, pour me concentrer. M’apaiser. Prendre un café « J’espère sortir au plus vite, quitte à ce qu’une infirmière ou un infirmier vienne s’occuper de mes bandages chez moi. » Je rougis brutalement. « Enfin… je veux dire… je serais ravi que ce soit toi, mais je veux… enfin… je… » Je me tais, les joues brûlantes, certainement écarlates. Ne pas m’enfoncer davantage me semble être hors de ma portée pour le moment. « D’accord. » Accepter, voilà qui est plus simple. Je ne compte pas rester à l’hôpital plus longtemps que nécessaire, je pensais d’ailleurs pouvoir rentrer dans les plus brefs délais, mais si je dois sacrifier quelques jours pour avoir l’opportunité de la connaître un peu plus… et bien soit. « C’est gentil de ta part, en tout cas. Pédiatre, urgentiste, psychologue, infirmière… tu es partout dans cet hôpital, n’est-ce pas ? Et tu peux me tutoyer, hein, tu sais. »


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MessageSujet: Re: (maya) we’re building this up to burn it down   Lun 7 Aoû 2017 - 23:29



❝You again.❞
Jedikiah & Maya



Inconfortable. Voilà comment la belle blonde ressentait la situation en compagnie du jeune homme. Il y a avait quelque chose chez lui qui la dérangeait sans qu'elle ne sache exactement dire quoi. Était-ce cette insistance qu'il avait quand il évoquait sans cesse la question de l'inviter quelque part ou ce ressenti comme s'il avait un désir palpable de détruire quelques unes des barrières de Maya... Ou bien peut être s'agissait-il de son comportement tout entier... Dans tous les cas, quoi qu'il semblait essayer de faire et que ce soit pour une bonne ou une mauvaise intention, cela était perçu comme une manœuvre ennemie de la part de la chasseuse. Elle qui était fort bien installée dans sa carapace protectrice et n'avait besoin ni d'amis ni d'ennemis en plus. Surtout pas d'amis à vrai dire.
Et l'urgentiste lisait trop de choses qui ne lui plaisaient pas sur le visage du blond pour ne pas détourner le regard, se mettant à observer le semblant de pièce autour d'eux comme si elle y cherchait quelque chose.

  « V… Vr… Vraiment ? Tu fe… ferais ça ? »

- On verra.

Le plus important entre se défendre et protéger les enfants de créatures pareilles n'était même pas à définir. Et d'un autre côté, comment Maya pourrait-elle les sauver si elle-même était détruite ? Alors quoi ? Préférait-elle continuer à obtenir des informations sur un dangereux mutant en risquant de s'attacher ne serait-ce qu'un peu à quelqu'un ou bien laisser le dégénéré en liberté pour s'éloigner définitivement de Jedikiah ? Le plus simple aurait été que le jeune homme lui donne les informations sans lui en demander d'avantage. Ca aurait été tellement simple...

 « J’espère sortir au plus vite, quitte à ce qu’une infirmière ou un infirmier vienne s’occuper de mes bandages chez moi. Enfin… je veux dire… je serais ravi que ce soit toi, mais je veux… enfin… je… »

Le regard de la jeune femme se releva violemment vers le regard confus et rouge du blessé. S'en était trop. Bien trop pour aujourd'hui. Il fallait qu'il comprenne qui elle était. Et Maya était tout sauf quelqu'un de gentil. Tout sauf quelqu'un avec qui on pourrait espérer créer des liens. La jeune femme se redressa, faisant un peu glisser sa chaise en arrière dans cette soudain précipitation.

- Je vais m'assurer que vous rentriez au plus vite chez vous. J'en parlerai aux médecins.

Qu'il rentre. Chez lui. Qu'il ne l'approche plus. Maya n'aurait qu'à traquer tous les pyromanes de la ville, tant pis si cela incluait Priam dans le lot.

 « C’est gentil de ta part, en tout cas. Pédiatre, urgentiste, psychologue, infirmière… tu es partout dans cet hôpital, n’est-ce pas ? Et tu peux me tutoyer, hein, tu sais. »

Même les sourires, la jeune femme n'arrivait plus à les fausser, dans l'urgence soudaine de devoir quitter le semblant de pièce. Le tutoyer. Et puis quoi encore ? Ah oui, boire un café avec lui. Ca n'arriverait pas.

- J'essaierai de repasser mais je ne peux rien vous promettre. Comme vous l'avez dit, je suis quelqu'un de très occupée.

Quand ça l'arrangeait.

- Il faut que j'y ailles d'ailleurs.

L'urgentiste allait passer la porte comme la malpropre qu'elle était parfois, mais à la dernière minute elle se retourna vers le patient.

- Tâchez de vite vous rétablir. Quand vous irez mieux je ne voudrais pas vous revoir ici de si tôt.

En lança un regard qui avait perdu de sa colère et de son empressement mais sans vraiment savoir si sa remarque était réellement sympathique ou juste pour son propre intérêt...
Puis la jeune femme disparu derrière la porte, s'en voulait déjà de son implications qu'elle savait déjà trop grande dans cette affaire. Et peu importe les mensonges qu'elle pourrait se servir, la jeune femme savait qu'il lui faudrait le fin mot cette histoire, quitte à y mettre le point final elle-même.


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MessageSujet: Re: (maya) we’re building this up to burn it down   Jeu 24 Aoû 2017 - 11:21

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Maya & Jedikiah



Depuis combien de mois suis-je obnubilé par elle ? Par sa présence, par ses absences, par sa silhouette, par ses regards, par l’écho d’un rêve, d’une pluie, d’un baiser, et l’ensemble des émotions ressenties à cet instant, de cette bouffée d’oxygène à ces frémissements dans la poitrine ? Depuis combien de mois suis-je fascinée par celle qui n’a longtemps été qu’une inconnue dans ma mémoire, et que mon chemin a croisé dans les circonstances les plus inattendues ? Trop. Bien trop de mois. Bien trop de soirs passés à l’observer de loin, à la suivre dans la rue, discrètement. Bien trop de jours, à chercher tout ce que je pouvais obtenir sur elle, sans oser pourtant ouvrir les documents trouvés. Bien trop de semaines, à guetter d’elle un sourire, à chercher tous les moyens, tous les prétextes imaginables pour croiser son regard dans les couloirs de l’hôpital, pour la croiser tout simplement. Et tout ça pour… Je pourrais m’arranger pour m’occuper de vous. Mon bégaiement refait surface, mon cœur s’emballe dans ma poitrine et je suis heureux, vraiment heureux, encore une fois, qu’aucun moniteur ne surveille mon rythme cardiaque. Que la morphine puisse expliquer mon comportement. Que mes brûlures puissent, éventuellement, justifier la rougeur dont se parent mes jours. M’occuper de vous. Mais pas seulement. Changer vos pansements. Mais pas seulement. Ramener un café. Elle ferait ça ? Elle accepterait de faire autant de pas en avant dans ma direction, après tant de refus, tant de rejets, tant de méfiance, tant de… - On verra. J’ai un sourire confus. « J’en serais ravi » je rajoute, pour essayer de l’encourager à ne surtout, surtout pas faire marche arrière. Je ne veux pas la brusquer. Mais… je crains qu’elle se défile. J’essaye de lui offrir une porte de sortie.

J’essaye d’avoir l’air normal, une fraction de seconde, alors que mon bras valide se lève et cherche à me recoiffer, à arranger ma mise. Sans aucune utilité et avec un succès somme toute plus que relatif. J’en suis conscient ; tout comme je suis conscient que j’aurais peut-être mieux fait de me taire, de rester silencieux le temps de reprendre contenant. Son regard est empreint d’une certaine violence, j’ai l’impression d’avoir passé une limite invisible. Et je le regrette. Immédiatement. Elle se redresse, s’éloigne, j’essaye de faire de même sans le moindre succès. Sans autre chose qu’une grimace. - Je vais m'assurer que vous rentriez au plus vite chez vous. J'en parlerai aux médecins. Que puis-je dire ? Merci. C’est gentil de sa part, vraiment. Et… son vouvoiement, pourquoi ne l’abandonne-t-elle pas ? J’ai l’impression d’avoir accumulé les erreurs dans les minutes qui viennent de s’écouter, dans son recule, dans sa distance, dans l’absence de sourire, dans l’absence d’à peu près tout. Conscient que ça ne ferait qu’empirer les choses de lui demander ce que j’ai bien pu faire de mal, je reste muet. - J'essaierai de repasser mais je ne peux rien vous promettre. Comme vous l'avez dit, je suis quelqu'un de très occupée. Il faut que j'y ailles d'ailleurs. J’écarquille les yeux, elle est déjà à la porte, prête à la franchir sans que je ne puisse la retenir. - Tâchez de vite vous rétablir. Quand vous irez mieux je ne voudrais pas vous revoir ici de sitôt. J’ouvre la bouche pour répondre, elle a déjà disparu.

Fui. En quelque sorte. Comme un tourbillon. Elle me fuit. Vraiment. A moins qu’elle ne se comporte ainsi avec tous ses patients auquel cas… j’ai beau être certain de trouver en elle la femme parfaite, je les plains, je les plains réellement. Elle est tout bonnement inaccessible. Et partie depuis longtemps lorsque je retrouve une voix potable. « D’accord, je vais faire de mon mieux. » Vraiment.

Pour qu’elle ne me revoie pas ici. Mais en dehors de l’hôpital. Ce serait bien, n’est-ce pas ?

RP terminé


© Grey WIND.

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