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 Sick again (Max&Eileen)

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SUR TH DEPUIS : 03/04/2017
MessageSujet: Sick again (Max&Eileen)   Lun 1 Mai 2017 - 23:41

Il est des choses que je ne saurais jamais expliquer, du genre, comment j'ai pu réussir à finir dans cet état là par exemple. Franchement, ça me dépasse ! La journée avait pourtant si bien commencé ; un temps magnifique bien que frais, de quoi profiter d'un jour de repos en somme. Après avoir passé la matinée à dormir, je décidai de profiter de l'après-midi pour faire mes courses. Une journée bien banale en somme, hormis une petite histoire avec un jeune homme autrement, rien à signaler. Loki l'avait fixé bizarrement d'ailleurs, mais bon, il a toujours suffi d'un rien pour que monsieur Loki regarde quelqu'un de travers, à croire que les animaux devinent les intentions des gens. Oubliant ce petit détail, je marchais tranquillement en direction des quartiers nord. Chemin faisant, je commençais à ressentir quelques désagréments ; sans doute un bon vieux rhume des familles, ou d'une sinusite, je n'ai jamais vraiment su faire la différence. Cerise sur le gâteau, plus j'avançais, plus je me sentais essoufflée.

-On dirait que j'ai choppé la crève mon grand.
-Woaf !
-Je sais, je suis sûre que c'est l'autre con qui me l'a refilé.

J'étais étonnée par cet enchaînement rapide de symptômes. Peut-être était-ce la fatigue qui me retombait dessus. Enfin, cela ne m'empêcha pas de poursuivre ma route jusqu'à la maison. Une fois rentrée, la toux frappa à ma porte et je partis immédiatement prendre une bonne douche, avant de prendre quelques médocs, puis de faire quelques injections dans le nez histoire de déboucher le tout. Seulement, ça ne s'arrangeait pas, mais alors pas du tout. Mais bon, je vivais bien avec un cœur en carton, je pouvais survivre à une pauvre grippe non ?

Apparemment non.

Toujours plus affectée par cette grippe -malgré l'absence apparente de fièvre-, je me décidai à préparer à manger. N'ayant que très peu faim, je me dis qu'une petite soupe serait le bienvenue. C'est là qu'une douleur à la poitrine commença à pointer le bout de son nez, lancinante et, pour avoir assez d'expérience en la matière, je savais qu'il ne s'agissait pas de mon cœur -qui ne s'était pas encore manifesté jusque là le petit coquinou. Conclusion : même mes poumons s'y mettent. Merveilleux ! Je pestais contre cette soudaine affliction, quand quelqu'un sonna à la porte. Il devait être aux alentours de 19H30, Loki se mit comme toujours à aboyer et, comme toujours, je lui ordonne de s'asseoir. Aussitôt, il obtempère en s'asseyant derrière moi, sage comme une image ; le parfait petit toutou. Quant à moi, et bien, étais-je vraiment présentable avec mon tee-shirt trop large, ma veste trop grande, mes cheveux mouillés, mais surtout, avec ma gueule de mort-vivante ? Aucune idée, mais je m'en foutais royalement. Peu importe la personne derrière, que je vienne ouvrir la porte dans un tel état était un honneur suffisamment grand pour que le visiteur ne s'en plaigne pas.
La porte s'ouvrit sur un homme, dans la trentaine, dont la tête me disait quelque chose. Enfin, il était plutôt mignon, c'était déjà ça de pris. Dommage que je ne pouvais pas en dire autant avec mon air de zombie.

- Bonsoir. C'est pour quoi ?

Mon cher et tendre ami canin se mit alors à mes côtés, poussant légèrement ma jambe, curieux de voir notre mystérieux visiteur.


Dernière édition par Eileen Harkness le Mer 17 Mai 2017 - 23:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sick again (Max&Eileen)   Jeu 4 Mai 2017 - 0:30

sick again
Eileen & Maxence



Il a recommencé. J’ai beau savoir que c’est nécessaire pour la survie de Thaïs, ça m’insupporte à chaque fois un peu plus. J’aurais préféré, vraiment, j’aurais préféré que ce soit moi le porteur, j’aurais mille fois préférés que ce soit à moi qu’il la refourgue, la maladie de notre petite sœur, plutôt qu’à cette inconnue, perdue parmi tant d’autres, malchanceuse du jour. Il a recommencé, sous mes yeux, avec ce petit sourire satisfait de lui-même qui m’insupporte à chaque fois un peu plus. Et il le sait, bon sang, il le sait. « Nolan, tu t’étais renseignée sur elle, avant de lui donner ? » Il hausse les épaules, je me pince l’arête du nez. Le frapper maintenant, ce n’est pas une solution et pourtant, ce n’est pas l’envie qui me manque. « Pourquoi ça te dérange ? » Je sursaute sous sa réponse, inespérée très franchement. « Pardon ? » Nolan laisser tomber sa veste sous mes yeux, se laisse tomber à son tour dans le canapé, une bière qu’il est allé chercher dans le frigo dès qu’il a passé le pas de la porte à la main. Moi, j’en suis encore à consulter le courrier déposé à l’accueil d’un motel qu’on devrait songer à quitter, des fiches de paie sous un faux nom, destiné à un faux compte en banque, destiné à une fausse vie qui commence à sérieusement nous coller à la peau sans que je parvienne à savoir si c’est une bonne ou mauvaise chose. Un frisson glacé dégringole ma colonne vertébrale lorsque mes yeux tombent sur un flyer rappelant la campagne obligatoire de dépistage et de recensement, cette campagne qui ne peut que faire tomber l’une des rares défenses qu’il nous reste pour tenir Nolan le plus éloigné de ceux qui pourraient non seulement vouloir sa peau, mais aussi vouloir exploiter ses capacités. Je ne suis pas dupe, il faut continuer à maintenir l’illusion. Et ça passe aussi par ne pas user de sa mutation en public. « C’est le seul moyen de sauver Thais, on va pas s’leurrer et jusque-là, c’est bien le seul sujet sur lequel on s’est mis d’accord. Alors je répète, pourquoi ça te dérange ? » Je fixe mon petit frère. Sa réponse, plus complète, me prend au dépourvu par son sérieux et l’absence de provocation. Il est sérieux. Parce qu’on parle de Thais, je me rends compte. Parce qu’on parle de l’avenir de Thais. Je le regarde dans les yeux, lui lance le flyer. « Parce que ça te met en danger. » Son ricanement m’évoque une hyène, il se lève avec la nonchalance qui le caractérise, fait du papier une boule froissée et me la lance sans même prendre la peine de me répondre. Ça ne serait, de toute manière, pas nécessaire.

Je sais ce qu’il pense. Que sa survie, que ma survie, on s’en fiche. Que nos relations sont si distendues que c’est même hypocrite de ma part que de prétendre le protéger. Que… je soupire, dépose le courrier au-dessus d’une étagère pour le mettre hors de vue de Thais, histoire qu’elle ne se prenne pas la tête avec tout ça, balance à la poubelle la boule de papier froissé, récupère une partie des médicaments de ma petite sœur et sors de l’appartement. Nolan ne veut peut-être pas me croire, mais je tiens à lui. Et je refuse, aussi, que l’inconnue qu’il a contaminé sans le moindre scrupule passer une douzaine de jours à voir son état se dégrader sans pouvoir rien n’y faire. Pas alors que je sais où elle habite. Quartier nord, à un ou deux blocs de chez Lazar, je l’ai déjà croisée. Et… Il faut que j’aie l’impression de faire quelque chose pour elle. Si ma montre ne s’est pas arrêtée, ça fait plusieurs heures maintenant qu’elle est porteuse d’une mucoviscidose plutôt lourde, que ses poumons pourtant sains se chargent de mucus, qu’elle doit peiner à respirer. Pendant ce temps, Thais refait ses défenses. Pendant ce temps, l’inconnue voit son état se dégrader.

J’arrive devant la baraque, je ne sais toujours pas comment je vais présenter les choses. Mais je suis là. Je frappe, je sonne, je n’ai toujours aucune idée de ce que je vais pouvoir dire. Elle ouvre, ma culpabilité règle la question, explose dans ma poitrine lorsque je reconnais, pour les voir tous les jours et les avoir subi bien trop souvent, tous les symptômes d’un stade avancé de la maladie. Cheveux mouillés, elle a pris une douche. Je me mords la lèvre. C’est la première fois, Nolan a raison, que je me soucie à ce point d’une personne touchée. C’est la première fois, aussi, que je culpabilise autant. Sûrement parce que j’étais là, quand Nolan l’a contaminée. Sûrement parce que… je ne sais pas trop. - Bonsoir. C'est pour quoi ? J’ai la gorge sèche. Elle est directe, à juste titre. Un chien pointe le bout de son nez, j’ai un mouvement de recul. Comme toujours face à ces animaux. « Je… » Je, c’est un bon début. « On s’est croisé, un peu plus tôt dans la journée et… » Et ? C’est une bonne suite, mais on attend toujours la fin. On me reproche toujours de ne pas finir mes phrases, de les laisser traîner, symptôme plus que visible de mes incertitudes, de mon manque de confiance, de mon errance intellectuelle sans savoir où me fixer. Je gratte la nuque, incapable de trouver comment m’y prendre. « Je… vous avez l’air malade. Difficulté à respirer, douleur dans la poitrine, fatigue, c’est bien ça ? » Je commence, finalement, hésitant. Commence et termine, parce que je suis incapable de rajouter quoique ce soit d’autre pour le moment.

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J'ai pas choisi de naître ici, Entre l'ignorance et la violence et l'ennui, J'm'en sortirai, j'me le promets, Et s'il le faut, j'emploierai des moyens légaux; Envole-moi... Loin de cette fatalité qui colle à ma peau — JJG, envole-moi.




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MessageSujet: Re: Sick again (Max&Eileen)   Ven 12 Mai 2017 - 11:59

Je haussais un sourcil circonspect entre deux quintes de toux. « Qu'est-ce qu'il me veut ? » fut la première et seule question pertinente qui me vint à l'esprit ; esprit qui, à moitié embrumé, n'était pas spécialement inspiré sur le coup. Pendant ce temps, l'homme n'avait toujours pas répondu à ma question initiale. Ok, il avait bien essayé de bredouillé un « Je » sans plus de détails, mais cela ne constituait pas une réponse satisfaisante. Faut dire, le mec semblait nerveux, très nerveux même, peut-être à cause de mon compagnon ? Ce n'était pas improbable après tout, ça n'aurait pas été la première fois ; il pouvait être imposant avec son gabarit et l'attitude de mon interlocuteur le titillait. Naturellement, afin d'éviter un incident, je lui ordonnai d'aller à son panier une première fois, la seconde d'un ton plus ferme qui convainquit finalement le berger blanc. Qu'est ce qu'il pouvait être tête de mule celui-là ! Il fallait toujours hausser la voix pour se faire obéir avec lui ! Même si je comprenais parfaitement sa logique : nerveux = louche, sinon, l'homme ne serait pas agité, n'est pas ? Enfin, le problème était réglé.

« On s’est croisé, un peu plus tôt dans la journée et… » 

Et hop, petite quinte de toux, histoire de combler le silence. De là, à savoir si j'avais coupé son élan ou si c'était sa nervosité, je ne le saurais jamais.
Loin de moi l'idée d'en douter, on est souvent amené à croiser plein de gens au cours d'une journée. C'était peut-être pour ça que sa tête me disait quelque chose. Étonnant car, comme pour la majorité des gens, à la fin de la journée je ne me souvenais que de corps sans visage, d'ombres en quelque sorte. Alors, qu'est-ce que j'avais bien pu faire pour marquer cet inconnu ?

« Je… vous avez l’air malade. Difficulté à respirer, douleur dans la poitrine, fatigue, c’est bien ça ? »

La maladie. Ok...
J'avoue, je pensais à tout sauf à ça. De ce fait, j'ignorais totalement quoi répondre. En prenant les choses du bon côté, ma question initiale trouva enfin un premier élément de réponse au moins, non sans en ajouter de nouvelles : pourquoi ? Je veux dire, des malades, on en croise tout les jours sans même y faire attention, parfois l'un d'entre eux capte furtivement notre regard, sans plus. Pas de quoi suivre la personne jusqu'à chez elle en somme, surtout pour un truc aussi banal qu'une grippe. Pour le coup, j'étais... décontenancée. Normal, non ? Ce n'est pas tous les jours qu'un homme charmant se pointe chez vous, juste pour dire « vous avez l'air malade ». Et avec les symptômes s'il vous plaît !
Enfin, je n'allais pas rester plantée là, sans rien dire. C'est que je commençais à avoir un peu de mal à tenir debout moi.

- Oui... et ? Si c'est pour me dire que j'ai la grippe... Vous êtes quoi? Médecin ?

Le fixant toujours de mon regard hagard, prête à refermer la porte, je fus à soudainement de nouveau prise d'une quinte de toux, plus violente cette fois-ci. Décidément, ça ne faisait qu'empirer ! De ma vie entière, j'en avais rarement eu d'aussi virulentes ! Pour peu, on aurait dit que j'étais aux portes de la mort. Bon peut-être pas à ce point, mais dans un triste état certainement.
Je jette un coup d'œil machinal sur mon mouchoir, mes yeux s’écarquillent : du sang.

- Oh p*tain !

Sage réaction face à une situation inhabituelle. Bon, ok, s'agiter n'est peut-être pas la meilleure idée du monde dans ces cas là, mais il faut me comprendre : jamais je n'avais craché de sang. Jamais. Du moins, pas à cause d'une d'une infection, alors pourquoi maintenant ? Est-ce qu'il s'agissait d'une tuberculose ? Mais comment avais-je fait pour la choper ? Et puis, était-ce vraiment ça ? Mon regard se lève sur l'inconnu. Et si... ? Ça me semblait débile pour le coup, donc, j'ai dans un premier temps refréné mes accusations. Ça pouvait attendre. Pour l'heure, je me contentai de fixer mon mouchoir, à la fois effrayée et hypnotisée par cette tâche rouge.

-Oh p*tain ! Répétai-je une fois de plus, ne trouvant plus mes mots.Oh Mon Dieu! Légère variante.


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MessageSujet: Re: Sick again (Max&Eileen)   Jeu 25 Mai 2017 - 13:33

sick again
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J’essaye de m’imaginer à sa place, à ouvrir la porte à un inconnu après un après-midi probablement compliqué, atteint d’une maladie incompréhensible et commençant à souffre de douleurs à la poitrine qui viennent de nulle part. J’essaye de me projeter à sa place et tout ce que je parviens à comprendre, c’est qu’elle doit se demander qui est cet imbécile qui vient l’embêter, et surtout, surtout, que peut-il bien lui vouloir ? Je balbutie des débuts de phrases que je laisse inachevées comme j’en ai si bien l’habitude. Je, je pas grand-chose, je rien du tout, je transpire. Face au chien, face à la situation bien particulière, face à mon malaise et ma culpabilité. Ce n’est pas moi qui lui ai transmis la maladie, mais à mes yeux c’est tout comme. J’aurais pu la prendre pour moi, j’aurais pu la prendre sur moi, je suis celui qui devrait constamment partager avec Thais la mucoviscidose à laquelle ses gênes l’ont condamnée. C’est moi, le grand frère, c’est moi, l’aîné, c’est à moi de le faire, pas à elle, pas à cette inconnue qui tousse et qui serre mon cœur dans ma poitrine. Le chien me fait frissonner, ma volonté me fait rester. Et c’est ma volonté, aussi, qui parvient à me faire poursuivre malgré tout, qui parvient à me faire prononcer une phrase presque complète, et une deuxième, et une troisième, en gagnant à chaque pause un peu plus de présence, un peu plus d’assurance. Ses quintes de toux sont fréquentes, ma nervosité est croissante. Nolan, je vais te tuer, Thais, je vais te soigner, et un jour, il ne nous sera plus nécessaire d’infliger ça à des innocents pour te sauver la vie.

Elle a l’air malade, c’est tout ce que je trouve à lui dire. Un inconnu se pointe chez elle, décrit des symptômes sans se trompe, à première vue, c’est certain qu’elle va bien le prendre. J’essaye une nouvelle fois de me mettre à sa place mais tout ce que j’obtiens, c’est la certitude qu’elle va me claquer la porte au nez. Et elle aurait bien raison. Je me mords la lèvre, prêt à faire demi-tour. - Oui... et ? J’ai un petit rire de désillusion. J’aurais dû m’y attendre. J’aurais dû, d’ailleurs, ne pas venir du tôt. Si c'est pour me dire que j'ai la grippe... Vous êtes quoi? Médecin ? J’ai les mains moites, je suis nerveux devant la question, inévitable, et mon absence de réponse préparée. « Pas vraiment mais… » Elle va fermer la porte, c’est clair. Ça se lit dans son attitude, dans sa fatigue, dans ses quintes de toux qui sont bien plus insistantes que ce à quoi je m’attendais, dans… - Oh p*tain ! Je fais un pas en avant, le chien me dissuade d’en faire un deuxième, mais un poing serre davantage encore mon cœur dans ma poitrine. Elle est bien plutôt atteinte que prévue. -Oh p*tain ! Oh Mon Dieu! Je me mords la lèvre. Sans oser approcher. Sans oser partir. Coincé entre ma volonté de l’aider et l’incapacité de savoir comment, exactement, l’aider. Sans savoir, aussi, comment la convaincre de ne pas aller à l’hôpital, de peur que de trop nombreux cas inexpliqués d’apparition spontanée d’une maladie génétique n’attirent l’attention des hunters à nos trousses. « Je ne suis pas médecin, mais je peux vous aider. » Ma voix est hésitante. Comme toujours. Je prends mon inspiration, avant de la regarder dans les yeux, ma main plonge dans mon sac pour en sortir des médicaments, mais pas uniquement. J’ai pris un livre, que tous les Sanderson connaissent de toute manière par cœur, qui explique tous les exercices de kiné pour désencombrer les bronches. Qui explique aussi les doses à prendre, les médicaments à ingérer, les signes à chercher d’aggravation. Le petit manuel parfait de l’apprenti médecin spécialisé en mucoviscidose. « Je peux vous aider, parce que je sais ce que vous avez, parce que vous allez guérir mais qu’en attendant... » En attendant, elle va être malade. Très malade. Potentiellement trop, j’attends avec angoisse le jour où Nolan transfèrera la maladie de Thais dans le mauvais organisme. Dans un organisme mal en point, dans un organisme déjà malade, dans un organisme qui ne tiendra pas. « Vous avez la mucoviscidose, et j’ai là de quoi vous aider un peu pour les jours qui vont venir. » Jours, heures, semaines… combien de temps ? Nolan ne l’a pas touché très longtemps, mais Nolan commence à savoir très bien jouer avec la maladie de notre sœur donc… « Est-ce que je peux… vous aider ? »

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MessageSujet: Re: Sick again (Max&Eileen)   Mar 30 Mai 2017 - 4:33

C'est fou comme une simple tâche rouge sur un mouchoir peut accaparer votre attention, exerçant sur moi, une étrange réaction entre la peur et la fascination, une chose dont j'ai toujours du mal à expliquer. C'est quelque part une réaction très infantile si on y réfléchit un peu, ou bien était-ce moi qui avait quelques penchants malsains ; allez savoir. Enfin, je fus tirée de ma torpeur par mon interlocuteur, toujours aussi nerveux mais néanmoins assez entreprenant pour se rapprocher. Entreprise aussitôt compromise par mon protecteur, qui, sûrement, était seulement resté en retrait contrairement à mes directives. Quand je vous disais qu'il était une vraie tête de mule ! Et pour le coup, ça ne m'arrangeais pas vraiment. Je sentais mon cœur battre ; battre de plus en plus fort, assailli par les émotions : peur, stress, agacement, etc. Ça se bousculait au portillon ! Je haussai le ton une fois de plus « Loki ! Au panier ! » Ma voix laissait échapper ma nervosité grandissante, avant de tousser une fois de plus. Enfin ! Cette fois-ci, c'était la bonne ! Et Loki partit dans un coin du salon. J'aurais pu le gronder, seulement, je n'en avais plus la force. Et cette douleur lancinante... Quelle ambiance dites donc ! Entre une maladie qui s'acharnait sur mes bronches, un homme louche et mon chien qui se montrait menaçant: quoi de plus merveilleux ?
Sur le moment, je me disais que j'aurais dû rester cloîtrée chez moi ce jour-là. Au moins j'aurais évité les emmerdes. Mon don aurait pût me permettre d'éviter tout ça. Ok, mais était-ce vraiment la meilleure des solutions ? Jamais je n'avais osé l'utiliser dans de telles conditions, déjà que mon cœur était sur le point de partir en live, jaloux de se faire voler la vedette par un nouveau challenger. S'il faut, je la couvais depuis longtemps cette mystérieuse infection. Autant ne pas prendre de risques pour le moment.

- Je ne suis pas médecin, mais je peux vous aider.  Me dit-il, toujours sur son ton hésitant. Je le regarde, perplexe, me forçant à garder un calme olympien malgré le stress me rongent de l'intérieur.  L'important était de garder les apparences le plus longtemps possible. Question de principe ! « M'aider comment ? » Ce furent les seuls mots que je trouvais à dire.

L'homme plongea ensuite sa main dans son sac et son regard dans le mien. Mes yeux trahissaient-il ce que je cherchais justement à cacher ? Aucune idée. Tout ce que je savais, était que cet instant fugace m'apaisa l'éclair d'un instant. Parce que... Parce que malgré sa nervosité, il avait vraiment l'air de savoir de quoi il parlait.

-Je peux vous aider, parce que je sais ce que vous avez, parce que vous allez guérir mais qu’en attendant...

En attendant quoi ? J'allais morfler ? Sans déc' Sherlock. J'avais saisis le concept depuis un moment. Il mentionnait une guérison dans son discours au moins, c'était déjà ça de prit, même si je conservais quelques réserves sur les chances de réussite. Naturellement, face ça un tel suspens, j'avais envie de lui sortir le plus gentiment possible « Mais j'ai quoi bordel de merde ? » seulement, il me prit pour une fois de court en m'annonçant la bonne nouvelle :

-Vous avez la mucoviscidose, et j’ai là de quoi vous aider un peu pour les jours qui vont venir.




Était-il sérieux ? Apparemment oui. Loin d'être experte en la matière, je savais au moins trois choses grâce aux campagnes de sensibilisation : ça touche les poumons, est relativement rare mais surtout, qu'elle est génétique. Et ça, il allait devoir m'expliquer calmement comment c'est arrivé car j'étais très curieuse de le savoir. Et, à supposer que ce qu'il me racontait depuis le début était vrai, ça ne faisait que renforcer grandement mes doutes sur une possible mutation du monsieur, parce qu'honnêtement, c'était soit ça, soit le test d'un nouveau vaccin effectué comme ça, au hasard, même si ça se me semblait particulièrement improbable. À ne pas exclure cependant, car parfois, ce sont les hypothèses les plus invraisemblables qui se révèlent être vraies.

-Est-ce que je peux… vous aider ?

Que répondre ? Il avait vraiment l'air sincère, ou alors c'était un très bon acteur. Autant lui laisser le bénéfice du doute, non ? De toute façon, je pouvais toujours remonter le temps au péril de ma vie. C'est dans un ton faussement assuré, que je lui répondis :

-Hum...entrez.

Simple, concret, efficace.

Je pris instinctivement la route du salon. Mes quintes de toux résonnaient dans le couloir sous les regards figés des quelques photos -de moi, mon frère, ainsi que de mes grands-parents highlandais- ornant ses murs, et une fois dans la pièce, je me dépêchai d'atteindre le canapé, me jetant presque dessus. Dieu ! Qu'il était bon de s'asseoir ! La position debout était devenue si pénible ! Sur la table basse traînaient, au milieu des revues et autres magazines, mes médicaments pour le cœur, m’amenant à me demander s'ils étaient compatibles avec ceux qu'il comptait utiliser. Mais pour l'heure, j'avais d'autres préoccupations :

-Je vous écoute. J'me doute qu'vous avez quelque chose à voir là d'dans, non ? C'était même certain. Si les coïncidences sont légions, celle-là trop parfaite pour être honnête.Qui êtes-vous d'abord ? Une question légitime. Peut-être même aurais-je dû commencer par là. Mais était-ce vraiment important ?!

Je tentais de croiser son regard entre deux toux, afin de retrouver une once de ce sentiment rassurant ; d'avoir la sensation que tout allait bien se passer. Ma respiration restait pénible, saccadée ; la douleur, présente mais la progression des symptômes semblait connaître une accalmie ; une stabilisation des plus bienvenues ! Et ce, même si elle n'était que temporaire. Parole d'habituée !
Quant au terrible Loki, il était dans son coin, l'oeil rivé vers nous, sage, curieux mais prêt à réagir à sa manière.[/color]

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MessageSujet: Re: Sick again (Max&Eileen)   Dim 4 Juin 2017 - 10:55

sick again
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« M'aider comment ? » Alors même que je m’embarque dans un aveu aussi honnête que complètement loufoque dans sa signification – je suis quand même en train d’expliquer à cette jeune femme que je la sais porteuse d’une maladie génétique rare qui se dévoile pendant l’enfance – je me rends compte que je m’embarque aussi dans une direction plus que risquée, non seulement pour moi, mais aussi pour Nolan. Et Thais, bien sûr. Des cas de mucoviscidoses, il ne doit pas en avoir beaucoup en ville, pas beaucoup avant notre arrivée. Des cas de mucoviscidoses suivis par l’hôpital, il ne doit pas y en avoir beaucoup même dans les environs. Il suffirait qu’elle fasse des recherches, qu’elle enquête, et elle pourrait sans problème remonter ma piste, remonter la piste de ma sœur, remonter pas après pas jusqu’à nous, jusqu’à moi, jusqu’à l’identité des trois Sanderson en fuite depuis trois ans déjà. En lui avouant que je peux l’aider, je lui avoue également que je sais ce qu’elle a. En lui avouant que je sais ce qu’elle a, je lui avoue aussi être impliqué d’une manière ou d’une autre dans l’histoire. Je prends mon inspiration, la regarde dans les yeux. Mes phrases inachevées, mon incertitude, tout doit actuellement se lire dans mon regard, y compris la culpabilité, j’en suis certain. Vous avez la mucoviscidose. Elle ne me croit pas. Ça se voit instantanément. Je peux presque lire sur son visage le cheminement de ses pensées.

De un, elle doit me prendre pour un illuminé. De deux, elle doit chercher ce qu’elle connaît sur la maladie, ce dont elle se souvient des campagnes de sensibilisation. De trois, elle doit commencer inconsciemment à faire le rapprochement avec ses propres symptômes, avec sa toux, avec cette constellation pourpre qui a taché son mouchoir un peu plus tôt. Et enfin, quatrième étape, soit elle accepte d’envisager l’improbable et de me faire confiance, soit elle me claque la porte au nez. Et j’ignore encore, lorsque je lui formule ma proposition d’aide, quelle solution j’espère le plus, entre les deux. J’ai les mains moites, la respiration délicate, j’exsude le malaise et la fausse assurance par tous les pores de ma peau, je lui souris maladroitement et retiens ma respiration à l’instant où elle fait mine de me répondre. -Hum...entrez.

Entrez Je reste un instant bête, stupéfait que les choses aient tourné dans ce sens-là. « Merci », stupéfait voire hébété. Elle est déjà rentrée dans la maison, la porte laissée ouverte à mon intention. Je mets plusieurs battements de cœur à me décider à la suivre et à croire, à mon tour, l’improbable. Première étape de franchie, j’essaye de ne pas laisser courir de regards trop curieux ou inquisiteurs autour de moi, ferme prudemment la porte, esquive le chien qui s’est résigné à obéir un peu plus tôt, atteins le salon lorsqu’elle s’assoit sur le canapé et tout en me mordillant la lèvre, fais glisser mon sac à terre et en extirper cette fois totalement les médicaments. -Je vous écoute. J'me doute qu'vous avez quelque chose à voir là d'dans, non ? Qui êtes-vous d'abord ? Je m’immobilise à distance, étouffant un soupir devant ces questions aussi logiques et prévisibles que légitimes. Plus que légitimes. Mes doigts rassemblent les magazines, hésitent devant des médicaments déjà présents avant mon arrivée, dont j’ignore complètement l’utilité, inutile de le préciser, et dégagent un peu de place pour tout ce que j’ai apporté. Le strict minimum, le strict nécessaire, il faut que je garde en tête que, de toute manière, tout ça ne sera que temporaire. Ephémère. Une mauvaise semaine à passer pour elle, un mauvais mois. Qu’elle va s’en remettre. Que c’était pour le bien de ma sœur. Que… Vous avez quelque chose à voir là d’dans, je suis certain que ce n’est même pas une question, au fond. Qu’elle ne la pose que par politesse, qu’elle ne la pose que parce qu’elle mérite une confirmation, que parce que je lui dois une confirmation. Je m’assois sur une chaise, ne gardant entre les doigts qu’un flacon de comprimés de vitamines A, l’une des quatre que Thais prend constamment en supplément alimentaire. Qui êtes-vous ? « Je m’appelle Max. Et… oui, j’ai quelque chose à voir là-dedans, comme vous vous en doutez. » Je me passe nerveusement une main dans la nuque, n’ose plus la regarder dans les yeux. A cause du mensonge ou à cause de la culpabilité ? Excellente question. Les deux, sûrement ; toujours les deux avec moi. « Je suis un mutant, je transfère… » Mauvais choix de mot : le transfert est l’apanage de Nolan ; quitte à déformer la réalité, autant le faire de façon à éloigner le plus les pistes de mon frère. « Je transmets plutôt des maladies, le plus souvent contre mon gré. » Je me mords la lèvre. « Je… je suis désolé, quand je vous ai heurtée, un peu plus tôt, je me suis rendu compte que trop tard que j’avais perdu le contrôle… » J’espère, j’espère tellement qu’elle va me croire sans pour autant appeler les flics. Ou la milice. Pitié, pas la milice. « Mais ne vous en faites pas, c’est vraiment éphémère, je ne vous ai pas touchée longtemps, ça devrait aller. » Ca devrait aller. Je suis incapable de savoir à quel point Nolan a forcé la dose « Vous avez là des vitamines, un bouquin pour faire des exercices respiratoires… ». Oui, vraiment, qu’est ce qui pourrait mal tourner ?

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MessageSujet: Re: Sick again (Max&Eileen)   Mar 6 Juin 2017 - 3:21

Il était là, assis sur une chaise et moi, sur le canapé, à se regarder plus ou moins. Et s'il lui arrivait de détourner ses yeux, les miens, en revanche, ne le quittaient jamais. Pourquoi ? Pour écouter ses réponses, ses explications ; observer le moindre de ses gestes, tenter d'y chercher ce que les paroles ne disaient pas ; le voir s'enfoncer dans sa nervosité et son malaise. De cette manière, j'appris donc que l'inconnu avait un nom, Max -je n'aurais su dire si c'était son prénom ou le diminutif de Maxime, Maxence ou Maximilian- qu'il était bel et bien un mutant comme je l'avais supputé, qu'il s'agissait du même con croisé dans la matinée et qu'il m'avait effectivement refilé cette merde involontairement. Il m'a même avancé que je ne devais pas m'inquiéter pour mes symptômes en raison de leur nature temporaire. Youpi. Me voilà rassuré ! Sauf que non.
Par la suite, j'entendis un désolé, qui bien que sûrement sincère, me fit presque bondir de rage. « Désolé »... non mais sérieusement ? J'allais peut-être crever par sa faute et lui, il me sortait un simple « désolé » ? Et c'est précisément à cet instant là, sur ce simple mot, que je débutais mes profondes et longues respirations, ou du moins, autant que possible. Les médecins m'avaient toujours vendu cette méthode comme étant un moyen efficace pour calmer mes nerfs à vif. Pour l'heure, ce n'était pas vraiment une franche réussite : Peur, angoisse, colère, etc... tout ce que je m'efforçais à contenir depuis le début, refaisait surface pour le pire. « Respire ma petite Eilee. Respire lentement. » Ces mots tournaient en boucle dans ma tête pour garder mon calme et surtout, surtout, pour ne pas lui foutre mon poing dans la gueule. Sauf que je respirais mal, que ma poitrine me faisait mal et qu'en conséquence, j'avais d'autres préoccupations en tête comme celle d'inspirer correctement par exemple. Mais ce n'est pas tout, il osa même me sortir des vitamines A sous le nez -ça aurait pu être une botte de carottes que ça aurait été pareil- avec un bouquin sur le sujet en me disant « Vous avez là des vitamines, un bouquin pour faire des exercices respiratoires… ». Sérieusement ? Parce qu'il comptait me laisser me démerder en plus ? Ah mais non non non mon bon monsieur ! Ok tu ne l'as pas fait exprès, ok t'es désolé, mais t'allait devoir en faire plus pour te faire excuser mon petit Max !

-Je ne sais pas ce qui me retiens de vous en coller une. Dis-je, une larme de colère pointant à l'horizon entre deux respirations douloureuses. J'ai des problèmes cardiaques, Ajoutai-je sans détours, Vous croyez vraiment que ça ira ?

Bizarrement, c'était tout ce qui me venait à l'esprit. Décidément la mucoviscidose ne me réussissait pas du tout, au point de m'en faire perdre mes mots. Pourtant, j'en avais des choses à dire, à revendiquer mais soit mon inspiration était partie avec en vacances avec mon souffle, soit je n'arrivais plus à réfléchir correctement. À moins qu'il ne s'agissait tout simplement de fatigue ? Ou les trois à la fois ?
Machinalement, je passais ma main dans mes cheveux encore humides ; une, deux fois, avant de finalement enterrer mon visage en leurs creux. L'esprit en proie au tumulte, à la colère. 

-Vous n'allez pas partir ? Ton clair, énervé mais néanmoins fêlé. Vous ne pouvez pas ! Vous ne pouvez p... v-vous....j-j.. Et désormais, au tour du désespoir de se nouer dans le creux de ma gorge, teintant mes yeux de ce rouge caractéristique. Jusque là étouffé - par la colère notamment- il explosa à la seule idée de faire face seule à tout ça: la mucoviscidose, possiblement le cœur et pourquoi pas, la mort. C'est fou comme on passe rapidement d'une émotion à une autre, montrant à quel point ces dernières sont liées. En y repensant, ça faisait l'un bail que je ne m'étais pas retrouvé dans un tel état ; sans doute le résultat d'années d'accumulation émotionnelle. Toujours est-il que cela se finit en toux avec en supplément, des crachats visqueux auxquels se mêlaient un peu de pourpre.

Au lieu de continuer cette phrase à laquelle je n'avais visiblement pas de fin, je préférai me lever sans mot dire, chercher de l'eau dans la cuisine pour boire et me rafraîchir. Histoire de retrouver un minimum de face, en plus du calme.
La cuisine était de l'autre côté du salon: il s'agissait d'une grande cuisine américaine. De cette façon, je pouvais toujours garder un petit œil sur lui. Retourner en arrière avant qu'il ne soit trop tard ? Pourquoi pas ? Alors sur le point d'enclencher le processus, je ressenti un vertige. Mon visage devint blême, mon cœur battant trop vite. Je manque d'air, je ne peux plus respirer. Je suffoque. Je chancelle, manque de tomber et de vomir ma soupe. Était-ce à cause de mon cœur ou de cette putain de maladie ? La réponse s'imposa d'elle-même lorsque vinrent les sueurs froides glaçant mon échine, puis cette douleur bien trop familière ; une douleur qui enserrait mon bras droit dans cet étau invisible, avant de doucement resserrer son emprise sur ma poitrine. Trop tard... il était trop tard.

-Mes med-medicaments, j-je vous en pris...

Le moment ne pouvait pas être plus mal choisi pour faire un malaise. Faut croire qu'au final, les deux organes auront finalement décidé de sceller une alliance afin de me pourrir la vie. Bordel! Qu'avais-je donc fait pour mériter ça ?
Chancelante, je peine à marcher. Les médocs, il me fallait atteindre cette maudite table située dans le salon, et donc, à l'autre extrémité de la pièce. Mes sens et ma vision se troublent ; tout tourne, tourne, tourne avant de m'écrouler à terre, le souffle anarchique accompagnés de ses crachats épais et le cœur bien trop rapide. Combien de temps allais-je pouvoir tenir avant de tomber dans les pommes ? Bonne question.

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MessageSujet: Re: Sick again (Max&Eileen)   Sam 17 Juin 2017 - 10:35

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Comment puis-je l’aider ? En voilà une excellente question. Comme puis-je aider une innocente dont l’organisme s’est vu affublé, en l’espace de quelques heures à peine, une maladie extrêmement pénible, extrêmement mortelle à long terme, et à un stade directement très avancé ? Comment puis-je véritablement l’aider ? J’imagine que la première des choses, la plus logique, la plus simple, la plus élémentaire serait de me tenir le plus loin possible d’elle ; de la tenir la plus loin possible des Sanderson, de Nolan, de mon allégeance à Lazar ; de la tenir la plus loin possible des emmerdes. Mais non : je choisis de l’aider médicalement, par ce livre que je sors, par ces vitamines, ces quelques boites que j’ai prises avec moi en partant du motel. Je déglutis en parlant, je déglutis en me glissant dans la peau du méchant mutant, du mutant qui ne contrôle rien, qui ne se contrôle pas. Je déglutis en m’excusant, en tentant d’expliquer la mutation de mon frère, en la faisant mienne. Près de quatre ans que je sais qu’il la possède, près de quatre ans que je la subis, près de quatre ans que j’apprends à la connaître : ce n’est pas la revendiquer qui est compliqué, ce n’est pas l’assumer qui est délicat, c’est la feindre, dans un équilibre précaire de supercherie et d’assurance, deux domaines dans lesquels je suis – en d’autres circonstances – loin d’exceller. Mais là… la protection qu’il faut que j’érige autour de mon petit frère catalyse ma volonté, me pousser à me dépasser. Je, le je est omniprésent dans mes phrases. Je transmets les maladies, je l’ai heurtée, je l’ai contaminée. Je suis désolée.

Combien de fois ai-je vu Thais bondir à cette seule phrase ? Désolé, j’ai bon dos d’être désolé, ça ne guérira pas ma victime pour autant, pas tout de suite du moins. Sa réaction est explicite : je peux être désolé, mais ça ne changera rien. Et elle aussi, cette phrase l’insupporte, vu la concentration qu’elle déploie pour respirer, pour ne pas me bondir dessus. Je n’aurais pas dû venir. Ou alors je m’y prends mal. J’essaye, une dernière fois, d’aller au bout de mes propos, au bout de tout ce que je veux dire, de ce que je comptais dire en venir. Livre, médicament, exercices respiratoires, je connais la mucoviscidose par le biais de tout ce que j’ai appris sur le tas pour faire survivre Thais, par le biais de tout ce qu’elle, elle tenait jusque-là d’infirmières et d’infirmiers, de kinésithérapeutes et médecins, qui l’ont suivi quand j’étais en prison. Tout ce que je sais, je le tiens de ce que l’argent de Lazar a payé pendant plus de quinze ans. Mais je doute que cela suffise. Je doute que quoique je puisse dire lui suffise, finalement. Des médicaments, un bouquin… -Je ne sais pas ce qui me retient de vous en coller une. J’ai un sourire désolé, le seul que je puisse actuellement lui offrir. « Je comprends que vous soyez en colère, je… » J'ai des problèmes cardiaques. Vous croyez vraiment que ça ira ? Je me sens instantanément pâlir. Mes yeux s’écarquillent et mon cœur, à moi, souffre d’un raté en prenant conscience que non seulement, les médicaments que je lui ai apportés peuvent tout à fait être contre indiqués contre les cardiopathologies mais aussi que la mucoviscidose peut elle-même être tout particulièrement contre indiquée pour ce genre de personne. « Oh… oh merde » Un tremblement dans ma voix, la gorge nouée, mon oh merde vibre de tout mon malaise, et se charge significativement d’angoisse. Je me penche pour récupérer les médocs poussés dans sa direction, mes mains nerveuses, voire fébriles, tentent de déplier les notices à la recherche, commencent à en déchirer une sans faire exprès.

Je finis par me lever, essuyer mes mains moites sur mon pantalon, je… -Vous n'allez pas partir ? Partir ? Malheureusement, alors que je devrais clairement être en train de prendre la poudre d’escampette, je suis incapable de partir, incapable de la laisser. Un bégaiement, « N… no…non. » Il faudrait que je parte, mais… Vous ne pouvez pas ! Vous ne pouvez p... v-vous....j-j.. Je ne suis de toute évidence pas le seul à peiner à finir mes phrases, mais si chez moi c’est le signe certain d’une faiblesse et d’un pathétisme exacerbé, chez elle, je suis à peu près sûr que ce n’est que la marque de la mucoviscidose qui s’étire, et de son cœur qui geint de colère. Elle se lève, je n’ose faire de geste en sa direction. « Je… je suis désolé, je ne savais pas, vous… » Un vertige, elle chancèle, un deuxième, je me jette dans sa direction pour la soutenir. -Mes med-medicaments, j-je vous en prie... Ses médicaments ? Mon regard est instantanément attiré vers les médicaments que j’ai apportés, puis suit le regard de la jeune femme. Atteint la table basse. Je la laisse une fraction de seconde pour prendre les boites, elle en profite pour s’écrouler à terre. Merde. « Non, non, non, non, non ! » Les non s’entrechoquent, dans un chaos sans pareil, guidés par la panique. Quelques mouvements, je la mets en position latérale de sécurité, jette un regard à mon téléphone portable. Je ne peux pas appeler les secours. Mais je ne peux pas non plus… « Mademoiselle, me faites pas ça ! » Je dépose les médicaments dans sa main, me relève pour aller chercher un verre d’eau que je ramène à toute vitesse, avec le chien qui rapplique – forcément – inquiété par la chute de sa maîtresse. Au passage, je récupère mon livre, en tourne frénétiquement les pages pour trouver un moyen de désencombrer ses poumons rapidement. Et sans passer par les urgences. « Qu’est ce que je peux faire ? Qu’est-ce que je dois faire ? Je peux vous aider mais… je ne suis pas médecin, je… guidez moi, je suis désolé… je suis désolé putain… » Je n’ose pas la déplacer, encore moins la bouger. J’ai porté bien souvent la mucoviscidose de Thais, mais pas de manière aussi forte, ou du moins j’en doute. Je ne peux qu’imaginer avec angoisse ce qu’elle est en train de subir. « Il faut désencombrer vos poumons, mais je ne peux faire ça que si vous êtes assise, je ne… je ne sais pas faire, autrement… »

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