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 (cesare), remember this moment.

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SUR TH DEPUIS : 15/02/2015
MessageSujet: (cesare), remember this moment.   Dim 7 Mai 2017 - 16:10


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cesare demaggio et isolde saddler

C’était presque bizarre d’être de retour à Radcliff après le temps passé à l’autre bout du monde à ne se soucier de rien d’autre que du récent mariage qu’ils venaient de célébrer, Isolde et Cesare. Il avait bien fallu rentrer à la maison pourtant et reprendre le train de vie qu’ils avaient eu jusque-là. Ils avaient passé d’excellents moments, loin de la ville, loin du pays même, là-bas en Namibie pour leur voyage de noces, mais maintenant, la vie avait repris son cours. C’était à refaire qu’elle se disait, Isolde, tant elle l’avait apprécié le voyage, mais avant de repartir à la conquête d’un endroit inconnu, fallait retourner travailler. Elle avait retrouvé sa mairie et une Radcliff qui n’avait pas changé d’un pouce depuis son départ. C’était pas plus mal de toute évidence, au moins, ça voulait dire qu’il n’y avait pas eu un énième drame pour changer les choses dans la petite ville. Ça lui permettait au moins de revenir à son poste, sans avoir besoin de se prendre la tête pour un oui ou pour un non dès qu’elle mettait les pieds au boulot. Ça lui permettait d’avoir son week-end, sans que personne ne vienne l’emmerder parce qu’il y avait une quelconque urgence à régler. Tant mieux, parce qu’y avait un week-end en particulier, pendant lequel elle n’avait pas envie de penser au boulot et à tout ce qui allait avec. Le sept mai, après tout, c’était l’anniversaire de sa fille, le premier et il lui semblait bien qu’y avait aucune bonne raison qui puisse la pousser à ne pas célébrer l’événement. Ça faisait un an tout juste que Clara avait vu le jour pour la première fois. Un an, depuis cette dispute dans la chambre de motel avec Cesare, un an depuis qu’elle avait tenu sa fille dans ses bras pour la première fois et d’ici quelques jours, ils pourraient dire, Cesare et elle, que ça faisait maintenant un an, qu’ils s’étaient enfin réconciliés, puisqu’il était venu la voir, dans sa chambre d’hôpital, peu de temps après la naissance de Clara.

Ça leur faisait pas mal de trucs à célébrer et elle n’avait pas envie de passer à côté de tout ça Isolde, certainement pas à cause du boulot, alors dans le fond, Radcliff pouvait bien être en pleine crise, qu’elle serait restée tranquillement chez elle aujourd’hui. Ça faisait à peine une semaine qu’ils étaient rentrés à Radcliff et se remettre du décalage horaire en même temps que se remettre dans le bain de la vie quotidienne, c’était pas forcément évident, encore plus quand on était enceinte, qu’elle dirait Isolde, alors qu’elle avait cette impression de fatiguer plus vite que d’ordinaire, en plus de se retrouver limite complètement essoufflée dès qu’elle faisait un peu trop d’efforts. Au moins, d’après le rendez-vous qu’ils avaient pris chez le médecin au cours de la semaine, tout se passait bien et maintenant, ils avaient même leur première échographie, accrochée sur le frigo. Chose qu’elle ne retrouverait même pas pour Clara, étant donné qu’elle avait mis du temps avant de se décider à suivre les recommandations médicales qu’on pouvait lui donner. Elle fêtait son premier anniversaire aujourd’hui, Clara et c’était plus important de se concentrer sur sa première année de vie que sur tout ce qui avait pu se passer avant qu’elle ne vienne au monde. Au moins, Isolde, elle se disait que si fallait faire un bilan de cette année, Clara, elle avait été plutôt heureuse. Elle avait fait de son mieux en tout cas, pour que ce soit le cas, même quand elle avait été toute seule au début que ça lui avait semblé être vraiment compliqué et qu’elle avait fini par s’engager dans des élections politiques alors que sa fille venait tout juste de naitre. Elles s’en étaient bien sorties toutes les deux quand même et c’était encore mieux depuis que Cesare était là, au quotidien avec elles. C’était une bonne chose qu’il soit là, parce que ce matin, même si c’était son anniversaire à Clara, Isolde, elle s’était contentée de grogner en entendant la petite qui pleurait dans sa chambre pour signaler qu’elle était réveillée, laissant alors Cesare gérer, parce qu’elle, elle n’avait pas envie de sortir du lit. Pas encore en tout cas. Elle était enceinte, fatiguée et quelques jours plus tôt, le docteur avait dit qu’il fallait qu’elle se repose, alors voilà, elle écoutait au moins une partie des conseils du médecin, c’était déjà ça. Elle avait quand même fini par réussir à sortir du lit, une poignée de minutes plus tard, parce qu’évidemment, maintenant qu’elle était réveillée, elle avait faim. Elle s’était habillée rapidement avant de descendre en se disant qu’il allait vraiment falloir qu’elle ressorte les vêtements de grossesse, parce qu’elle commençait déjà à être serrée dans celles-là. Elle rejoignit rapidement la cuisine, au moins, elle avait trouvé la force de se lever assez rapidement pour pas se retrouver à prendre son petit déjeuner toute seule. « Heeey, joyeux anniversaire. » Qu’elle adressa à l’adresse d’une Clara qui devait pas comprendre ce qu’elle lui racontait mais qui lui souriait quand même, depuis sa chaise haute, où elle passait presque plus de temps à jouer avec sa cuillère qu’à manger, mais au moins, quand elle était décidée à le faire, elle arrivait à manger toute seule c’était déjà ça. Elle déposa un bisou contre la joue de la petite avant de se rapprocher de Cesare pour venir l’embrasser. « Bonjour, à toi aussi, mon mari. » Ça faisait trois semaines maintenant qu’elle le plaçait dès que c’était possible, qu’il était son mari. Il l’était après tout et trois semaines, fallait croire que c’était pas assez pour se remettre de tout l’enthousiasme qu’un mariage pouvait susciter. Elle n’avait même pas envie de s’en remettre, après tout, elle était heureuse et c’était très bien comme ça. Elle s’écarta le temps d’aller se servir un café avant de revenir pour s’asseoir à côté de Cesare. « T’sais quoi ? Y a un an à l’heure qu’il est, je devais me préparer à venir t’emmerder. » Ouais, un an plus tôt elle avait dû être occupée avec le fameux dossier qu’elle avait préparé pour Cesare, et quelques heures plus tard, elle avait été dans sa chambre de motel à lui gueuler dessus avant de commencer à lui accoucher dans les pattes. C’était con, mais en y repensant maintenant, ça la faisait sourire, alors que l’an passé, elle avait probablement été occupée à râler sur tout et n’importe quoi, particulièrement sur Cesare, même avant de se retrouver en face de lui.  

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Dernière édition par Isolde Saddler le Lun 8 Mai 2017 - 13:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (cesare), remember this moment.   Lun 8 Mai 2017 - 1:42

Le retour à la maison n’avait pas été aussi difficile que ce que Cesare avait pu imaginer; il fallait admettre que la dernière fois qu’ils avaient fait les choses comme ça, «facile» n’avait certainement pas été le mot qui leur serait venu à l’esprit. Ils avaient quitté la France sans savoir c’qu’ils allaient retrouvé à Radcliff, sans savoir s’ils avaient juste pris la fuite de leur quotidien déchirant et blessant, ou s’ils allaient effectivement voir les choses changer. Et le DeMaggio avait dû bien trop tôt partir pour retrouver Gabriela - s’en étaient suivis des moments desquels ils n’préféraient tous les deux, pas parler. Et malgré tout ça, ils avaient réussi à en être là, aujourd’hui; bien plus loin que ce que tous les rêves les plus fous du brun auraient pu dessiner dans un coin de sa tête. Il n’avait jamais été très imaginatif de toute manière, alors y’avait déjà ça - un fait qui avait joué en sa faveur pendant la plupart de son existence, avait-il cru. Au moins, à n’pas penser trop fort, à n’pas vouloir trop intensément, à n’pas viser des objectifs complètement inatteignables, il n’avait pas été déçu bien souvent par les événements. Il s’était contenté de vivre au jour le jour, avec les miettes d’intégrité, de bonheur et d’attention qu’on lui avait données; une vie qui lui semblait totalement étrangère à lui-même désormais. C’était tant mieux, qu’il s’disait, surtout quand il prenait le temps, parfois, seul avec lui-même dans ses songes, d’observer tout ce qu’il avait autour de lui: Isolde, Clara, ce bébé qui se développait peu à peu et s’imposait chaque jour un peu plus dans leur famille, à mesure que le ventre d’Isolde grossissait. Il était bien content d’avoir su tracer un trait bien net entre la vie qu’il avait eue autrefois, et tout ce qu’il essayait de construire dans cette chance nouvelle où il n’était qu’un type lambda, qui tentait de vivre le plus normalement possible. Était-ce quelque-chose de réalisable, au fond? Parfois, le brun bataillait avec cette idée, incapable d’en connaitre la réponse, incapable d’savoir s’il pourrait pour toujours ne se contenter d’être que ça, le type qui s’occupait de sa famille et n’regardait pas plus loin. Certainement incapable de savoir si l’univers - son père surtout - lui octroierait le droit d’être aussi insouciant. Et quand ils avaient été à l’autre bout du monde, pendant leur voyage, l’insouciance n’avait pas été quelque-chose à quoi ils n’avaient eu de cesse de penser, comme pour s’y accrocher malgré les obstacles et les mauvaises nouvelles qui parasitaient leur attention. Non, l’insouciance en Namibie était ce qui avait fait leur vie toute entière sans qu’ils n’se posent plus de question; et à l’opposé, Radcliff n’était que le rappel de tout ce qui les avait déjà blessés et trahis quand ils avaient baissé leur garde. Ils avaient déjà largement souffert dans les rues de cette ville - ils avaient déjà largement sacrifié dans ce Kentucky qui leur était si familier; c’n’était pas pour rien que Cesare, sans avoir besoin de le dire quotidiennement, détestait si férocement toutes ces choses associées à Radcliff dans ses souvenirs. Il avait cru, alors, que cette fois encore, revenir ici aurait un arrière-goût amer, qu’il se devrait encore une fois d’s’adapter à la marche impétueuse des jours qui n’avaient eu de cesse de gouverner leurs âmes. Mais, curieusement, revenir en se sachant accompagné d’Isolde, en connaissant tout du futur qui se profilait à l’horizon pour eux deux - ce dont ils avaient envie, du moins, ce pour quoi ils se battraient s’il le fallait - avait été bien cruel que ce qu’ils avaient connu, plusieurs mois plus tôt après la France.

Personne n’avait appelé Cesare en catastrophe pour qu’il aille se lancer à la recherche du fils disparu d’un autre des membres de sa famille. Aucune catastrophe provoquée par Insurgency n’avait mis la ville à feu et à sang - de bien des façons, quand ils étaient revenus ici, il avait semblé que Radcliff avait été froidement imperméable à leur absence. Peut-être était-ce là le début du procédé d’acceptation pour la prochaine étape. Ce que Cesare voyait, lui, comme la prochaine étape en tout cas; l’jour où ils en finiraient avec leurs indécisions, et choisiraient enfin de quitter cette ville sans se retourner. Ouais, Isolde était née ici, Clara était née ici aussi, et leur bébé encore aussi petit qu’une noix sur l’échographie, naitrait ici aussi. Ça n’rachetait en rien la ville de Radcliff à ses yeux. Encore cette fois, alors, fondamentalement, Cesare aurait aisément pu préférer rester en Namibie le plus longtemps possible: c’était un beau pays, sauvage et étranger, qui ne ressemblait en rien à ce dont ils avaient l’habitude, dans leurs Etats-Unis natals. Un changement de paysage qui aurait eu de quoi leur plaire pendant de longues années - Isolde aurait-elle été mécontente de vivre pour aussi longtemps qu’elle le souhaiterait, à proximité des bêtes sauvages qu’ils avaient pu observer, s’accrochant désespérément aux images et aux souvenirs, en n’sachant que trop bien que tout ça n’étaient que des vacances. Clara avait aimé le sable, la mer, les matins plein de couleurs et même les bruits des bestioles, ou le frais du soir une fois que le soleil passait sous la ligne d’horizon. Ils pourraient en avoir par dizaines, des regrets quant au fait d’être revenus dans la vie bien connue et répétitive de Radcliff; ils pourraient en avoir encore plus, quand ils pensaient à tout ce qui allait plus loin que l’existence lambda dans laquelle ils essayaient de se fondre: ici, il y avait toujours son père à lui. Toujours Demelza qui avait une dent contre le monde. Toujours ce stupide recensement qui allait bientôt toucher Isolde et leur fille. Ce songe à lui seul suffisait à souvent rendre Cesare de bien mauvaise humeur; eux deux, adultes, ils avaient appris à faire avec la mutation, avec c’que les autres pouvaient ne penser, ou avec la guerre dormante rampant dans les rues de Radcliff. Mais Clara? Clara, elle était encore toute petite. Clara, Clara, elle avait tout juste un an. Tout juste un an. Un songe qui piqua à vif l’esprit du DeMaggio quand il ouvrit les yeux en entendant la petite pleurer à l’autre bout du couloir, pour attirer l’attention de ses parents. En vérité, ce fut sans doute plus le grognement d’Isolde qui le réveilla- un signe clair et précis auquel il répondit par un grognement à lui, lové contre la tempe d’Isolde où il déposa un baiser, avant de se lever. Il n’était pas un habitué des grasses matinées; malheureusement, même sous le soleil beau de Namibie, alors qu’ils avaient été censés prendre tout leur temps pour lambiner et aller lentement, Cesare n’avait pas été c’genre-là. Dans les histoires malheureuses desquelles il ne parlait pas, le DeMaggio avait aussi, bien sûr, un récit bien précis pour raconter comment ses parents le sortaient du lit quand il glandait trop. Il ne se fit pas trop désirer, donc, lui le père, avant de rejoindre Clara; et dès qu’il la prit dans les bras, Cesare ne put s’empêcher d’embrasser sa fille, sur la joue, sur son nez, sur son front, tendrement jusqu’à la consoler des larmes qu’elle avait dû verser pour que quelqu’un vienne à son secours. C’était son anniversaire, aujourd’hui, elle n’devait pas pleurer. Une fois la petite calmée, il descendit à la cuisine, pour lui donner son petit déjeuner - un mélange de compote, de yaourt, de céréales - il n’savait plus trop quoi, un truc qu’elle adorait, et qu’elle savait presque manger toute seule, ce qui lui faisait bien plaisir à elle et permit au jeune homme d’aussi s’atteler à la préparation d’un bon café. Quoiqu’il en soit, il en avait toujours besoin, de ce café. Son café, Clara joyeuse et excitée, lâchant des cris et des vagues mots à intervalles réguliers, et puis Isolde. Isolde dont l’apparition fit tout de suite fleurir un sourire sur les lèvres de Cesare; quand elle était là, c’était comme si se rappelaient à lui toutes les choses les plus merveilleuses de sa vie. Elle était sa femme, maintenant, ouais; en l’embrassant, Cesare put sentir que son sourire niais à lui était réciproque chez elle - tant mieux. « Hmmm, mon épouse. » il lui dit d’un air mielleux, sa main trouvant naturellement le creux de son dos; « Bien dormi? » elle avait eu quelques minutes de sommeil en plus, elle. Cesare, lui, il eut besoin d’avaler une longue gorgée de café pour mettre ses idées en place, et ricaner aux paroles qu’elle lança. « Ah oui? T’avais commencé à te préparer si tôt, comme ça? » son sourire se fit goguenard, alors qu’il tournait légèrement sur sa chaise pour pouvoir observer Isolde de face. « Et j’parie que tu disais tout un tas d’trucs pas sympa sur moi. » et ç’avait été légitime à l’époque, sans conteste; mais pour ce matin, Cesare revêtit un air de martyr, dans une moue attristée qui au moins, n’faisaient que vague figure en comparaison des lueurs moqueuses dans son regard.

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MessageSujet: Re: (cesare), remember this moment.   Lun 8 Mai 2017 - 13:03


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L’anniversaire de Clara, elle avait l’impression qu’il était arrivé vite, vraiment très vite et peut-être que c’était une sensation que connaissaient tous les parents, en voyant la vitesse à laquelle le tout petit bébé qu’ils avaient serré dans leurs bras le jour de sa naissance, avait grandi. Elle s’en souvenait bien, Isolde de Clara quand elle avait été toute petite, elle se souvenait très bien du jour où elle était née, de ce qui avait pu se passer avant qu’elle soit à l’hôpital, elle se souvenait aussi de la douleur, des peurs qu’elle avait pu connaitre là-bas, toute seule dans cette salle d’accouchement. Et bien-sûr, elle se souvenait du bonheur après, qui avait si facilement tout effacé après quand enfin Clara été née. Tous ces souvenirs, ça lui donnait l’impression que ça avait été hier quelques jours plus tôt tout au plus, mais pas un an déjà. Pourtant c’était le cas et il s’en était passé des choses durant l’année qui s’était écoulée, des merveilleuses, des déprimantes, mais ce qu’elle retenait, tout particulièrement aujourd’hui, c’était les bonnes choses, le chemin qu’ils avaient fait, Cesare et elle depuis cette dispute au motel. Toutes les choses qu’ils avaient accompli pour être ici aujourd’hui, tous les deux présents pour célébrer le premier anniversaire de leur fille. Un an plus tôt, elle n’avait pas pensé qu’elle serait mariée avec Cesare, quand Clara fêterait son premier anniversaire et alors qu’elle venait tout juste de mettre un bébé au monde, clairement, elle avait été loin d’imaginer qu’elle serait de nouveau enceinte. A ce moment-là de toute façon, elle aurait juré que Clara, elle était vouée à être fille unique, parce que plus jamais elle ne voudrait connaitre un truc pareil. Pourtant, maintenant, elle était contente d’être enceinte, quand bien même elle trouvait le moyen de râler sur tout ce qu’elle devait subir à cause de cette grossesse et que plus elle approcherait de l’accouchement, plus ses peurs lui reviendraient.

Tout c’était bien passé pour Clara et tout continuait de bien se passer. Du haut de ses un an, la petite commençait à parler, elle marchait, elle faisait des progrès jour après jour. Isolde, elle était prête à jurer qu’elle était parfaite cette petite, pourtant, elle était la première à râler quand elle abusait de sa patience. Tous les parents de toutes façon ils devaient râler sur leurs enfants de temps en temps, mais les trouver parfaits le reste du temps. Au moins, ils pouvaient se dire que leur fille elle récupérait plus rapidement du décalage horaire qu’eux et qu’en prime, elle était mieux réglée qu’un réveil, ce qui pouvait être pratique la semaine, y avait pas besoin de la réveiller pour l’emmener à la crèche, elle était réveillée en même temps qu’eux. Mais le week-end ça aurait pu être bien, une heure ou deux de plus de sommeil. Elle n’était pourtant pas du genre à faire des grasses matinées Isolde, au contraire, elle avait l’habitude de se lever tôt, mais ça faisait bien quelques semaines que ça devenait de plus en plus compliqué. C’était normal, elle était enceinte, plus fatiguée que d’habitude et malheureusement pour elle, Clara, elle avait décidé que c’était l’heure de se lever. Malgré sa volonté de rester au lit, la blonde, elle avait quand même fini par se lever pour rejoindre la cuisine, au moins le café, ça devrait l’aider à tenir. Si ça ne tenait qu’à elle, elle en avalerait des tonnes de café, mais apparemment, ça faisait partie des nombreuses choses à restreindre quand on était enceinte. Comme quoi, elle écoutait un peu plus ce qu’on lui disait que lorsqu’elle avait été enceinte de Clara. Dans le fond, entendre Cesare l’appeler ‘mon épouse’ ça aidait déjà pas mal à la réveiller. Elle aimait tellement quand il l’appelait comme ça. Tout comme elle l’aimait l’appeler ‘mon mari’ et elle pouvait encore passer un long moment à observer l’alliance à son doigt en souriant comme une idiote. Elle soupira à sa question avant de hausser les épaules. « Ouais, même si, une heure ou deux de plus, ça aurait pas été de refus. Et toi ? » Peut-être qu’elle devrait envisager de se coucher plus tôt le soir pour avoir son temps de sommeil en plus, mais bon, elle était enceinte, pas à la retraite. « Fallait bien que je prenne le temps de faire le tri dans tout ce qu’on m’avait apporté, j’y avais vraiment passé du temps sur ce dossier. » Un dossier qui avait fini éparpillé sur le sol de la chambre de Cesare. Dans le fond, ça avait été pour l’aider, parce qu’elle pouvait pas lui balancer un tas de papiers avec des trucs dans le moindre rapport et lui dire de se démerder avec ça et évidemment, y avait eu aussi une grande détermination à avoir en tête tout le truc, histoire de pouvoir le faire taire s’il la gavait encore avec ses accusations. « Jamais de la vie. Je suis trop gentille, trop calme et trop polie pour ça. » Et complètement ironique aussi, comme le prouvait le sourire sur ses lèvres, parce qu’évidemment Cesare, il s’en était pris plein la tronche à l’époque, même quand il n’avait pas été en face d’elle. Y avait peut-être même eu du monde à leur mariage, surpris de voir qu’elle allait épouser le type qu’elle avait traité de tous les noms possibles et imaginables à une époque. Heureusement, ils étaient loin de ça aujourd’hui, elle disait qu’il était son mari à présent ça changeait des trucs du genre ‘l’autre con’ qui l’avaient qualifié à l’époque.

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MessageSujet: Re: (cesare), remember this moment.   Dim 14 Mai 2017 - 2:13

Quand il rembobinait, juste un an plus tôt, Cesare se souvenait bien de ce qu’il avait eu à traverser, l’an dernier. Des souvenirs trop nets, comme le prouvaient les semaines qu’il passait à être pourchassé par des cauchemars qu’il ne maîtrisait pas, des remords qui ne taisaient jamais en lui, et des images que son esprit n’oblitérerait jamais, sans doute. C’n’était pas facile, de remonter le temps et de n’avoir que des images désastreuses à faire défiler devant le voile de ses paupières: pendant combien d’années exactement, le brun avait-il eu à vivre comme ça? Ce sept mai, mine de rien, sans marquer un tournant décisif, semblait être le point de départ d’une ultime ligne droite, qui avait irrémédiablement ramené Isolde et lui sur la même longueur d’ondes, au bout d’un moment. Le soir-même du sept mai n’avait rien eu de particulier pour être célébré en grandes pompes; il avait subitement retrouvé Isolde sur le pas de sa porte, après la dispute violente qu’ils avaient eue, trois mois plus tôt. Elle était venue pour parler affaires, pour protéger Insurgency avant de s’inquiéter de quoique ce soit à son sujet, ou au sujet de sa soeur. Et bien sûr que dans ces circonstances-là, le ton était vite monté, l’atmosphère était vite devenue électrique, brûlante et un mot de travers avait créé de véritables étincelles. Encore aujourd’hui, le DeMaggio avait l’honnêteté de reconnaître que, si Isolde n’avait pas commencé à avoir des contractions au milieu de sa chambre de motel, si elle n’avait pas eu mal au point d’arrêter d’argumenter avec lui, ils n’en seraient définitivement pas là, aujourd’hui. A ressasser l’genre de personne qu’ils avaient été à l’époque, et la façon dont ils avaient fonctionné l’un avec l’autre dans leur hargne et leurs rancoeurs, y’avait fort à parier que pour le sept mai de cette année, ils seraient encore en pleine guerre. Et dire qu’ils avaient cru pendant tant de temps, que le fait qu’Isolde soit enceinte serait la pire chose qui pourrait leur arriver: il s’doutait que la blonde avait dû haïr au début, la perspective d’être liée à jamais à un type comme lui, et que leur amour mensonger amène un bébé à naître, à exister, et à devoir vivre avec ce fardeau. Encore aujourd’hui, alors qu’ils étaient réconciliés, alors qu’ils naviguaient si aisément sur une vague de bonheur, parfois, quand la réalité de leur histoire les rattrapait, ils se retrouvaient à se demander ce qu’ils feraient de tout ça, plus tard. Quand Clara poserait des questions, ou quand les événements tourneraient à leur désavantage à nouveau: ils n’avaient que trop souvent subi le coup du sort pour baisser définitivement leur garde, prendre leurs aises, et vivre comme deux idiots construisant leur famille dans le meilleur des mondes.

Et Clara grandissait vite, indéniablement - plus vite qu’ils n’étaient tous les deux prêts à l’admettre; ils étaient, en fin de compte, ces parents idiots qui avaient du mal à voir les mois s’envoler, et amener les événements à toute vitesse, juste sous leur nez. Clara n’était pas encore en âge de poser des questions, d’insister pour déterrer des secrets qu’ils n’préféraient pas ramener au bord de leurs esprits; mais le temps, le temps filait vite - probablement trop vite pour qu’un jour, au moment où sa fille lui demanderait des comptes sur ses origines, il soit un tant soit peu près à livrer ses secrets, quels qu’ils soient. C’était à peine s’il parlait d’Aria aujourd’hui, et alors même qu’ils étaient mariés, il y avait plein de choses sur sa famille, sur ce trajet-là de sa vie, qu’Isolde ignorait. Fondamentalement, c’n’était pas si grave, vu le tournant drastique qu’il avait pris, une fois qu’il avait décidé d’être avec elle, de rester avec elle, et de prendre toutes ses chances avec elle. Mais le sang qui coulait dans ses veines à lui, était aussi le sang de Clara - où commençaient, et où s’arrêtaient les droits de la petite, à savoir d’où elle venait, qui était sa famille de ce côté-là? Ils n’en avaient pas encore parlé, de tout ça, Isolde et lui - fort heureusement, ils avaient encore un temps fou pour s’y préparer mentalement, d’une quelconque façon. Clara n’avait qu’un an, aujourd’hui, et c’était à peine si elle balbutiait quelques mots qui avaient leur propre sens et leur propre prononciation dans sa bouche à elle. Comme un idiot, pourtant, il pouvait déjà dire qu’il trouvait que sa petite fille, elle grandissait trop vite. « Tu sais très bien que t’aurais pu rester, une heure ou deux, si tu voulais hein. » parce que même si le temps passait vite, fallait croire qu’ils en apprenaient aussi, assez vite; pas sur la contraception, définitivement, alors qu’un autre bébé leur tombait littéralement dessus, dans des conditions au moins, moins catastrophiques que la dernière fois qu’ils avaient eu cette perspective d’avenir en tête. Cette fois-ci, Cesare était là; Isolde n’avait pas eu besoin de sauter hors du lit pour voler jusque chez Clara, avant qu’elle ne s’emporte dans son lit comme une hystérique abandonnée par ses parents. Elle était enceinte, elle, et lui, il était bien disposé à réécrire chacune de ses erreurs passées, en une action attentive, idéale et totalement altruiste - il s’occupait de Clara, alors, sans concession et sans râler. Elle avait au moins l’avantage d’avoir épousé un homme qui n’était pas un grand friand des grasses matinées - la principale raison qui faisait qu’il n’était pas debout à l’aube, en ce moment, c’était le décalage horaire. Et aussi, le fait indéniable que parfois, c’était bien difficile de juste se lever comme si de rien n’était, quand il pouvait contempler, encore et encore, inlassablement, le fait de se réveiller au côté de la femme de ses rêves, tous les jours. Ils avaient traversé beaucoup d’épreuves, avant d’en arriver là; alors Cesare, il avait bien le droit d’être niais comme ça dans ses pensées, pour compenser la période sombre de leur histoire. Ces longs, longs mois, durant lesquels ç’avait été impossible entre eux, et ç’avait semblé être perdu à jamais. Ils avaient défié l’univers tout entier, et ils avaient gagné - un an plus tard, c’était presque comme s’ils avaient ça à célébrer, en plus de l’anniversaire de Clara. C’était fou qu’ils en soient à ricaner de leur dispute si terrible, à l’époque, Cesare, un sourire perplexe accroché aux lèvres alors qu’il était évident qu’il n’croyait rien de ce qu’Isolde lui disait; « Mince, j’ai dû louper cette Isolde, trop gentille, trop polie et trop posée. Moi j’avais son clone énervé. » indéniablement; « Me dis pas que t’avais planqué des mots d’amour partout dans ce dossier, et qu’j’ai tout loupé. » il se moqua de plus belle, d’un air désolé avant que son sourire ne revienne. L’eau avait coulé sous les ponts; ils avaient accepté depuis, le passif de l’un, les erreurs de l’autre, les mots qu’ils s’étaient dits et les actes qu’ils avaient commis. Ils avaient pardonné, aussi - ils s’étaient pardonnés l’un l’autre plus qu’ils n’s’étaient pardonnés à eux-mêmes. Ç’avait été pour ça, probablement, qu’ils avaient fini par réussir à se retrouver; pas après pas. Ils n’avaient jamais cru à l’époque, que tout pourrait être beau et rose et romantique à souhait; et pourtant, ils étaient là aujourd’hui. Comme quoi, parfois, dans les surprises de la vie, y’en avait des bonnes, aussi.

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MessageSujet: Re: (cesare), remember this moment.   Dim 14 Mai 2017 - 12:33


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Y avait eu beaucoup de choses compliquées, un an plus tôt entre Cesare et elle. Tellement de choses que ça avait été impensable, qu’ils finissent par se marier, se réjouir d’avoir bientôt un deuxième enfant et être complétement heureux l’un avec l’autre. Elle avait été en colère Isolde, contre Cesare, contre le reste du monde et le tout, ça l’avait rendu bien désagréable avec le jeune homme. A l’époque, elle aurait bien volontiers dit que c’était parfaitement justifié, alors qu’elle avait été celle qui avait été trahie par celui à qui elle avait confié son cœur, une histoire qui se répétait encore une fois dans sa vie, comme si aimer était forcément un problème pour elle. Il avait fallu des mois et des mois pour que les choses s’arrangent au moins un peu dans une conversation au beau milieu d’une fête foraine et il n’avait fallu qu’une poignée d’heure pour que ça éclate de nouveau. Peut-être qu’il était venu vers elle parce qu’il était désespéré, ce soir Cesare, mais s’il était venu chercher sa compassion, le faire en l’accusant d’être responsable d’un carnage dans lequel elle avait bien failli y laisser la vie, alors même qu’elle lui avait promis, que rien n’allait arriver, ça avait pas été la meilleure stratégie, surtout en face d’elle, c’était pas comme si elle avait été capable de ravaler sa hargne pour comprendre les messages cachés. Enervée de toute façon, elle ne voyait pas plus loin que le bout de son nez. Ils n’en parlaient pas forcément aujourd’hui, ils l’avaient fait une fois, après la mort d’Anthea et Isolde, elle dirait que c’était suffisant comme ça. Ils ne s’étaient pas compris à l’époque, ils n’avaient pas su communiquer de la bonne façon et ça avait donné quelque chose d’explosif. Mais la colère était passée et les choses s’étaient dénouées, sans doute qu’ils devaient ça à Clara, qui était arrivée quelques semaines plus tôt que prévu selon les diagnostics médicaux, mais, parfaitement au bon moment, d’après ce qu’elle en pensait Isolde.

Aujourd’hui, tout était plus simple. Ils pouvaient se comprendre beaucoup plus facilement qu’à l’époque et pas forcément grâce à des mots bien précis. C’était beaucoup plus facile de comprendre l’autre quand on était pas complètement aveuglé par la rage. Elle savait bien Isolde que si elle avait été au moins un peu plus attentive, les choses auraient pu être différentes entre Cesare et elle, dès le début, dans cette base militaire dans laquelle ils s’étaient retrouvés. Mais ils ne pouvaient pas refaire le passé, ça c’était indéniable, alors autant se concentrer sur le présent et sur ce futur qu’ils pouvaient envisager sans d’une meilleure façon, maintenant qu’ils étaient de nouveau sur la même longueur d’onde. « Je sais, mais j’avais pas envie de prendre mon petit déjeuner toute seule. » Elle haussa les épaules avant d’attraper sa tasse de café pour en avaler une longue gorgée. « En plus, j’ai trop faim pour pouvoir me rendormir. » Elle avait déjà tout le temps faim sans être enceinte, c’était pire depuis quelques semaines. Maintenant fallait juste qu’elle se lève de nouveau pour aller se chercher un truc à manger. Elle était quand même beaucoup plus dynamique que ça d’habitude, Isolde. Elle pouvait au moins avouer que c’était plus simple aujourd’hui que quand elle avait été enceinte de Clara. Elle n’était pas toute seule et elle avait accepté cette grossesse et ses conséquences. Elle ne l’avait pas fait avec Clara, elle n’avait rien voulu changer dans son mode de vie, comme si elle avait été dans un genre de déni vis-à-vis de tout ça. Tout gérer toute seule, ça ne l’avait pas aidée. Au moins maintenant, elle savait qu’elle pouvait compter sur Cesare, quoi qu’il puisse arriver et qu’importait ce dont elle pourrait avoir besoin. Encore un truc qu’elle avait pensé impossible l’an dernier, alors qu’elle aurait juré qu’il était juste bon à lui planter des poignards dans le dos et à l’accuser de tous les maux du monde, ce qui était plutôt ironique venant d’un hunter. Elle haussa les épaules suite à la remarque de Cesare. « Peut-être que j’étais énervée contre toi, parce que je tenais à toi. » Une explication qui avait du sens aujourd’hui mais que ni lui, ni elle n’avaient été capable de voir à l’époque. « J’suis plutôt douée pour juste ignorer les personnes dont je me fiche. » Elle en était bien arrivée là, concernant Rafael ou Demelza, elle faisait sa vie sans se soucier d’eux, là où elle avait toujours trouvé un moyen de se confronter encore et encore à Cesare. « J’avais glissé une belle lettre d’amour dedans ouais. Dommage que tu aies pas pris le temps de lire ce dossier. » Elle rigolait évidemment, elle se fichait aujourd’hui de ce dossier et il n’aurait trouvé aucune lettre d’amour là-dedans, juste des trucs qu’elle considérait comme des preuves de son innocence, peut-être des débuts de pistes pour trouver le vrai coupable, un truc inutile, parce qu’il avait déjà su qui avait tué sa sœur à l’époque, mais forcément, elle n’avait pas pu deviner ça elle. Ils n’avaient vraiment pas assez communiqué à l’époque, trop occupés à juste s’engueuler pour un oui ou pour un non en oubliant ce qui pouvait être essentiel. Heureusement qu’ils n’en étaient plus là aujourd’hui. « Je suis contente qu’on s’engueule plus comme ça maintenant. » Elle lui adressa un sourire avant de venir déposer un baiser sur ses lèvres. Ils pouvaient encore se disputer de temps en temps, ça arrivait chez eux comme partout, mais heureusement, ça n’avait rien à voir à ce que ça avait été à l’époque et elle ne voudrait surtout pas revenir à ce qu’ils avaient été, un an plus tôt.

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MessageSujet: Re: (cesare), remember this moment.   Mar 30 Mai 2017 - 4:06

Trois cent-soixante-cinq jours plus tôt, précisément, Cesare avait été au bord du précipice; il avait dansé avec des ténèbres qu’il n’avait jamais côtoyées avant, pas même avec sa famille. Ç’avait été pire que tout, sans doute: ses géniteurs lui avaient appris la discipline, la patience, le contrôle glacé de nerfs d’acier - et il avait oublié tout ça, lâché dans la nature comme un animal sauvage avec pour seule compagnie, la rage et le désarroi nés de la mort d’Aria. Ç’avait été dangereux sans conteste pour Isolde, de venir jusqu’à lui en de telles circonstances: peut-être ne l’avait-elle pas compris, peut-être l’avait-elle sous-estimé, ou peut-être avait-elle eu encore confiance en lui jusqu’à un certain degré. Cesare, pour tous les temps après cet événement où il avait ressassé leur dispute houleuse, il avait su qu’il avait été à deux doigts de complètement péter les plombs: balancer les papiers en l’air à travers la pièce, ç’avait été une chose. Mais sans sa soeur, trop souvent, il n’avait pas su où est-c’qu’il s’arrêterait: la souffrance des autres ne pouvait pas égaler celle qu’il avait ressentie en lui, celle qui lui avait tordu les boyaux et avait hanté ses cauchemars. Il avait presque tué son père à cause de tout ça, alors en quoi est-ce qu’Isolde aurait été plus sauve que n’importe qui d’autre? En ce sept mai en particulier, alors, Cesare avait bien du mal presque, à retracer le chemin qui l’avait amené jusqu’à cette table, dans la cuisine, à observer sa fille en se sentant parfaitement apaisé; c’n’était pas facile, de transformer quelqu’un comme lui, en un père de famille qui ne cherchait pas plus loin que le quotidien simple qui se créait un peu plus au jour le jour. Pourtant, il semblait que c’était la chose la plus aisée, quand il n’avait qu’à se concentrer sur Clara, sur Isolde, sur le petit déjeuner juste là, ou le fait que cette journée en particulier, célébrait le premier anniversaire de leur fille. La rédemption, ça n’avait pas été pour lui, avait-il cru, plus encore une fois qu’il avait perdu Aria et qu’il avait été plus évident que jamais qu’elle, elle n’aurait jamais droit à une existence comme ça. Cesare, si tout n’s’était pas passé exactement comme ça s’était passé, d’une précision aussi imprévisible que destinée, il n’serait pas là, aujourd’hui. Peut-être que la Saddler aurait pris les jambes à son cou avant d’accoucher dans sa chambre de motel, si elle avait su de quoi il en retournait: et le DeMaggio n’aurait jamais pu poser le moindre regard sur sa fille. Peut-être qu’il aurait définitivement enterré leur histoire, et qu’il aurait été trop ruiné, trop en colère pour même s’en préoccuper. C’était bien la première fois de toute son existence, que le brun se découvrait une capacité incroyable à juste laisser le passé au passé: il n’y avait aucun scénario possible et imaginable qui puisse être meilleur que ce qu’ils étaient devenus aujourd’hui, indéniablement. Ils avaient connu leurs difficultés, franchi des obstacles, ils avaient eu leur lot de discussions douloureuses, houleuses et pleines d’honnêteté. Ils s’étaient disputés, quittés, haïs, aimés, fuis, retrouvés. Ils s’étaient abandonnés dans les bras l’un de l’autre, rassemblés dans la réalité pure et dure. Cesare, trop souvent, il n’arrivait pas à croire qu’Isolde ait pu l’accepter tel qu’il était, avec ses lourds bagages et ces habitudes souvent stupides qui devenaient presque de l’humour, maintenant qu’ils vivaient tous les deux.

Son amour pour la bouffe mexicaine, sa paranoïa pour tous les plats tout faits, et même sa maniaquerie réflexe étaient des choses aisées; des petits trucs qui pouvaient amuser la galerie. Mais tout autant que la mutante pouvait trouver ça marrant, amusant, les méfiances incessantes du brun à l’égard du monde extérieur, elles étaient bel et bien réelles, construites sur des fondements stables qui n’avaient eu de cesse de lui prouver raison. Il avait fait partie des monstres de ce monde pendant trop longtemps, pour même croire qu’il n’y en avait pas, et que Clara ou leur deuxième enfant, grandiraient dans une société sécuritaire et douce. S’il pouvait, il choisirait de les couper du monde complètement; il choisirait d’embarquer toute cette petite famille à vivre dans une forêt, exilés de tout contact étranger et hostile. Il essayait de s’améliorer, il faisait avec, il faisait confiance aux jugements d’Isolde, mais souvent, trop souvent même, l’histoire lui prouvait raison. Fort heureusement, il n’avait pas l’intention de commencer la vie de Clara aujourd’hui, en lui parlant des étrangers, des dangers dehors, du monde hostile. Il n’avait pas non plus l’intention de faire avec elle tout ce que son père avait fait avec lui: jamais il ne bondirait au milieu du repas, saisissant une arme pour la pointer droit vers sa fille, en attendant qu’elle le désarme pour sauver sa vie. Il n’voulait pas devenir comme son patriarche et pourtant, il avait été éduqué pendant des décennies à devenir exactement comme lui: où est-c’que ça le laissait, alors? Plus souvent qu’il n’osait le dire, Cesare se posait cette question, l’appréhension pesant lourd dans ses entrailles. « Hm oui, t’as faim ce matin? Pas de nausées pour te faire râler? » il put au moins plaisanter, dans un sourire; elle savait bien, Isolde, qu’il acceptait chacune des phrases chargées d’agacement qu’elle lançait, vis à vis de sa grossesse. Ça faisait partie de ces choses qu’il essayait de ‘faire différemment’, sans vraiment s’y connaitre pour autant. Cesare était souvent l’idiot qui lui demandait ce qu’il pouvait faire pendant qu’elle avait l’estomac tordu au-dessus de la cuvette des toilettes; elle semblait aimer quand il lui massait les épaules, les jambes, le cuir chevelu ou même les pieds, après une trop longue journée. Mais sinon, souvent, il improvisait. Ils improvisaient tous les deux à faire mieux que c’qu’ils avaient accompli jusque-là, avec Clara, dans leur couple ou séparément: peut-être était-ce en acceptant ça, qu’ils arrivaient à être ensemble, si heureux à être mariés, sans que les remords n’étouffent dans l’oeuf leur couple. A force qu’ils parlent de leur histoire, ouais, il semblait évident qu’ils pouvaient faire mieux, qu’ils auraient pu faire mieux; tant pis, mieux valait tard que jamais, non? Tendrement, il sourit aux paroles de la blonde - sourire en ressassant cette dispute brûlante dans sa chambre de motel, voilà quelque-chose de parfaitement incroyable. « J’crois bien que moi j’étais surtout doué pour repousser les gens à qui je tenais. » il admit; plus pensif que si c’n’était qu’une anecdote juste balancée comme ça. S’il avait été capable de le faire avec Aria, après tout, elle n’aurait pas été là où elle avait été à la fête foraine, et elle ne serait pas morte. Un véritable cercle-vicieux qui se répétait en boucle dans son cerveau; évidemment qu’il avait été sûr de prendre la bonne décision vis à vis d’Isolde, aussi. Évidemment qu’il n’avait pas aimé la voir sur le pas de sa porte ce soir-là, au fond du trou et hanté par ses propres remords. Il était content de bien des changements, depuis ce temps; parfois, il avait encore du mal à y croire. D’autres fois, il craignait que retomber dans ces travers puisse être trop facile. Souvent, il se découvrait l’espoir d’avoir d’autres envies encore. « Ce serait bizarre, si on s’était mariés en étant encore dans ce genre de situation. » Cesare eut un ricanement, pour garder contenance, alors que ses yeux se perdaient dans ceux d’Isolde juste après leur baiser. Définitivement, il n’arrivait pas à y croire, si souvent, et même un an plus tard, et peut-être même d’ici dix ans encore. Après vingt-six ans de c’qu’il avait connu, il avait bien droit de planer sur son petit nuage autant qu’il le voudrait. « Bon, moi j’ai un cadeau du coup. Pour Clara, un peu... surtout pour nous. » il l’avait déjà ramené sur la table un peu plus tôt, l’enveloppe bien emballée. Certainement pas le genre de cadeau qui attirait l’attention des enfants; Clara elle aurait droit à ses jouets, les trucs temporaires dont elle se ficherait bien assez vite. Le contenu de cette enveloppe était pour l’avenir, le vrai et stable futur qu’ils construisaient aujourd’hui; quoiqu’il arrive, il serait là. « J’ai ouvert un compte, à la banque. C’est un fonds, pour les études de Clara... » parce que pour sûr, elle en ferait des études; elle ferait les études qu’elle voulait, elle aurait le futur qu’elle voudrait. Il n’serait pas celui qui l’en empêcherait; jamais. Il n’voulait pas être ce genre de père, qu’il connaissait trop bien. Évidemment, pour l’instant, y’avait pas grand-chose dessus, une somme modique, pas même de quoi s’acheter des fournitures scolaires pour l’année - ils avaient quand même au moins dix-sept ans encore pour le remplir décemment.

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MessageSujet: Re: (cesare), remember this moment.   Mar 30 Mai 2017 - 16:13


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Sa vie elle ne l’avait certainement pas imaginée comme ça Isolde, à prendre le petit déjeuné avec son mari et leur fille, à devoir envisager tous les trucs qu’y avait à prévoir en vue de l’arrivée du prochain bébé et que ces trucs simples et naturels, ils puissent la rendre un jour aussi heureuse. Elle n’avait déjà pas forcément envisagé de se marier un jour ou même d’avoir des enfants, avant que son père ne meure, mais une fois qu’elle l’avait perdu, ça lui avait semblé encore plus loin, plus improbable. Elle ne savait pas, si elle avait fini par rencontrer quelqu’un, tomber amoureuse et avoir des enfants, si jamais son père ne serait pas mort, qu’elle avait suivi ses rêves de base sans que rien ne vienne jamais la perturber. Quand elle y repensait, Isolde elle se demandait si de toute façon, elle aurait pu avoir une histoire similaire avec quelqu’un qui ne serait pas Cesare. Il lui semblait bien qu’y avait personne d’autre qui aurait pu la faire changer d’avis sur tout ça. Elle avait cette impression, qu’y avait bien que Cesare qu’elle aimait avec autant de force et qu’y aurait jamais eu personne d’autre pour créer en elle ce genre de sentiments. Elle n’avait pourtant jamais cru aux âmes sœurs, mais elle savait qu’y avait quelque chose qui faisait que c’était Cesare et personne d’autre et qu’elle ne voudrait jamais personne d’autre que lui à ses côtés. Alors, peut-être que sa vie, elle était différente de tout ce qu’elle avait pu s’imaginer quand elle avait été plus jeune, mais c’était probablement mieux comme ça et si toutes les épreuves qu’elle avait connues, qu’ils avaient connues étaient ce qui faisaient qu’ils en étaient là aujourd’hui, alors elle se disait qu’y avait rien à faire. Même pour sauver la vie de son père, elle savait qu’elle ne serait pas capable de renoncer à tout ce qu’elle avait construit à présent.

Elle était heureuse comme ça, dans cette vie-là, avec lui. Même si ça n’avait pas été facile tous les jours, même s’ils avaient cru à un moment qu’ils ne pourraient jamais se retrouver tant les choses avaient été compliquées entre eux, ils avaient réussi à aller de l’avant, à réparer ce qui avait pu être brisé en eux ou entre eux et maintenant, ils étaient là, à prendre leur petit-déjeuner ensemble, mariés, le jour de l’anniversaire de leur fille. Un an déjà et il s’en était passé des choses durant cette année. Ils pouvaient aussi fêter leurs retrouvailles aujourd’hui et ce serait quelque chose – au même titre que l’anniversaire de Clara – qu’ils pourraient fêter, encore et encore, année après année, parce qu’elle savait qu’ils seraient encore ensemble jusqu’à la fin de leurs vies et elle ne pouvait définitivement pas imaginer que leurs vies, elles s’arrêtent plus tôt que prévu. « Non, pour l’instant ça va, je me sens plutôt bien. » C’était pas le cas tous les matins, y en avait d’autres où elle avait l’impression qu’elle n’allait jamais réussir à quitter la cuvettes de toilettes et quand c’était pas le matin, c’était le soir, alors si elle était bien maintenant, ça voulait peut-être dire qu’elle allait passer une soirée d’enfer et c’était même pas gagné pour le reste de la journée, parce qu’il suffisait d’un odeur parfois pour qu’elle finisse en train de vomir. Les joies de la grossesse. L’avantage au moins, c’était que ça restait quand même plus supportable quand elle savait qu’y avait Cesare dans le coin. Il était là et ça suffisait largement à tout simplifier. « On s’est bien améliorés, tous les deux. » C’était déjà ça de gagné. Ils avaient changé, chacun de leur côté et elle était certaine qu’il s’agissait de bons changements, à en juger là où ils en étaient à présent, mariés et heureux. « Ouais, je pense pas qu’on se seraient mariés si rien n’avait changé. » Elle en était sûre même. Parce qu’il ne l’aurait pas demandées en mariage et que s’il avait dû lui sortir une bague à ce moment-là, elle lui aurait probablement balancer à la figure en lui riant au nez. Maintenant, elle l’avait à son doigt sa bague de fiançailles, juste à côté de son alliance et ces deux bagues, elles n’iraient nulle part. Elle arqua un sourcil alors qu’il disait qu’il avait quelque chose pour Clara et pour eux deux. Elle sourit quand il lui indiqua ce qu’il y avait dans l’enveloppe, qu’elle ouvrit tout de même pour regarder de plus près les informations sur ce fameux compte, qu’il avait ouvert. « Ça fait un moment que je me dis qu’il va falloir que je m’en occupe. » Depuis qu’elle était née, avant même, mais dans la liste de tous les trucs qu’elle avait à gérer, ça avait fini par être relayé aux trucs qu’elle n’avait jamais fait. « Merci de l’avoir fait. Je suis sûre qu’elle va avoir un grand avenir. » Même si y avait pas grand-chose sur ce fameux compte. Peut-être qu’un jour elle trouverait le courage d’y verser ce qui lui restait de l’argent que son père avait mis de côté pour ses études à elle, l’héritage qu’elle avait pu toucher quand il était mort ou l’argent qui lui était revenu quand elle avait vendu la maison dans laquelle ils avaient vécu. Elle espérait qu’au moins Clara et leur futur enfant, ils ne seraient pas là comme elle, à se sentir obligés de conserver cet argent parce qu’il était tout ce qu’il leur restait de leurs parents.

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MessageSujet: Re: (cesare), remember this moment.   Ven 7 Juil 2017 - 4:26

Mieux valait pour Cesare, qu’il n’essaye pas de rembobiner un an plus tôt, au-delà sans doute, des seules heures qu’il avait passées avec Isolde. Il n’pouvait pas effacer de sa conscience tout ce qui s’était passé à l’époque; tout ce que les mois précédents l’avaient vu faire, paumé et esseulé dans les rues de Radcliff. Il pourrait dire que ç’avait été normal, que ç’avait été parce qu’il cherchait une justice pour sa soeur, parce qu’il avait été poussé par Rayen en plus du reste, mais il n’pouvait pas se dédouaner des responsabilités des actes qu’il avait lui-même commis. C’était bizarre, alors, de se retrouver, douze mois plus tard seulement, assis à cette table de petit-déjeuner, au côté de la femme qu’il aimait de la façon la plus indéniable et la plus évidente qui soit, son coeur bel et bien vivant, bel et bien loin du chaos et des ténèbres. Ils fêtaient l’anniversaire de leur fille, comme si c’était la chose la plus anodine et normale qui soit: comme si Clara était née dans des circonstances normales, et non pas après une dispute brutale et désastreuse en plein coeur de sa chambre de motel, encore trop marquée de la présence de sa soeur morte. Fallait bien admettre qu’il n’avait pas vu ce qu’il aurait pu faire de différent: quatre mois plus tôt, juste après la mort d’Aria, quand il avait attendu dans l’appartement d’Isolde pour se confronter à elle, il s’était juste fait envoyer balader. Et la Saddler avait plus été concernée par les accusations qu’il avait lancées contre Insurgency, plutôt que par le fait qu’il avait perdu sa soeur dans les explosions de la fête foraine. Il y en avait, indéniablement, des souvenirs qu’ils préféreraient oublier à chaque tournant de leur histoire; des responsabilités qui leur incombaient à chacun, et demeuraient d’épais silences, après coup. Jamais ils ne ressasseraient devant Clara, les circonstances qui avaient poussé Isolde à l’accouchement: au moins, Cesare pouvait toujours s’dire que pour tout signe de violence, il n’avait fait qu’envoyer valser des papiers. Il n’l’avait pas touchée, frappée, ou attaquée d’une quelconque façon. Encore heureux. Ç’avait été leurs paroles, les mots chargés de tension, les cris plus que les actes, qui avaient précipité les contractions de la jeune femme, sans doute. Mais qu’aurait-il fait, si l’accouchement s’était mal passé à cause de tout ça? Une des raisons pour lesquelles il était resté dans le couloir, sans avoir la force ou l’envie de bouger cette nuit-là, ç’avait bien été pour ça; parce qu’Isolde lui avait parlé de sa mère à elle, de la mort de celle-ci, des craintes qu’elle avait quant à si jamais elle mourait, ou si jamais elle survivait, et qu’elle se retrouvait toute seule avec ce bébé sur les bras. Et aussi imprévue avait-elle été cette nuit-là, au beau milieu de leur guerre rien qu’à eux, Clara avait changé bien des choses. Il savait pourquoi il voulait tout particulièrement fêter l’anniversaire de sa fille aujourd’hui, Cesare, alors: sans ce sept mai tout particulier, désastreux tout autant que miraculeux, Isolde et lui, ils n’seraient pas là. Parce que pendant dix longs mois avant ça, ils n’avaient pas réussi à faire grand-chose de constructif, pas de pas significatif l’un vers l’autre; ça n’avait été qu’à la maternité, quelques jours plus tard, qu’ils avaient enfin essayé.

Tous les sept mai qui viendraient maintenant, alors, le DeMaggio voulait en faire quelque-chose dont ils se souviendraient, tous les trois. Et tous les quatre, d’ici quelques temps. Clara méritait une belle vie; elle méritait plus qu’ils n’avaient eu tous les deux chacun de leur côté, et aspirer au moins à ça, était une ambition assez grande pour que le brun ait besoin d’y déverser toute son énergie: c’était toujours une promesse difficile à retenir, quand on était lui - un DeMaggio, fils de Rafael, ancien hunter, et toutes ces choses qui étaient plus vrai à son CV, que toutes les expériences professionnelles qu’il y avait mises, quelques mois plus tôt, pour essayer de s’trouver un job, quand il avait décidé de vivre comme un type ‘normal’. La normalité était bizarre, se préoccuper juste du ventre d’Isolde, de ses nausées matinales, des choses totalement triviales d’une vie de tous les jours qui se ressemblait presque chaque matin et chaque soir, était toute une nouveauté. Pour elle, tout autant que pour lui, il le savait; Isolde avait plus souvent passé ses matins toute seule que comme ça, amoureuse et aimée, une main lovée au creux de sa nuque pour y déposer quelques caresses tendres. « Bébé numéro deux doit savoir qu’il doit être sage aujourd’hui. » il plaisanta, Cesare, laissant retomber sa main pour la déposer quelques secondes sur le ventre de la jeune femme, n’y sentant rien avant de se concentrer sur son café à nouveau; le bébé devait être encore endormi, ou quelque-chose de c’genre-là. Ils le découvriraient bien assez tôt, quand leur quotidien tout entier serait défini par les siestes constantes de ce tout petit bébé qui vivait à son propre rythme. « Et t’as faim de quoi? On doit avoir du pain, ou des fruits... » et même pour cette journée, il était prêt à préparer le petit déjeuner - sans forcément garantir qu’il s’était amélioré en petit déj’ d’amoureux depuis qu’il avait fait celui pour son anniversaire. Certes, ça remontait pas mal, mais dans la vie de tous les jours, quand les matinées étaient chronométrées, il n’avait pas forcément eu le temps de s’entrainer à faire des crêpes ou des pancakes. Enfin, il savait faire beaucoup d’autres choses, bien moins recommandables et pas forcément plus utiles, alors il allait bien finir par y mettre un peu plus de bonne volonté. Tous les deux, ouais, ils s’étaient améliorés dans beaucoup de choses; ses yeux noirs accrochés aux prunelles de son épouse, Cesare eut un sourire qui se transforma bien vite en rictus nerveux, tordant la commissure de ses lèvres; « C’est sûr, j’t’aurais pas épousée avec ce caractère-là. » il ricana, pour au moins faire une blague du passé désastreux qui était si évident à leur mémoire: ils pourraient tout aussi facilement tomber dans le regret, dans les reproches, dans les remords, ce même cycle de pensée qui leur allait si bien. Pas aujourd’hui, il s’disait, lui. Cesare voulait juste penser à Isolde, à Clara, et même à l’avenir; il se retrouva encore à sourire, quand bien même ç’avait été une évidence que la jeune femme aimerait son idée de cadeau - c’était pratique, important pour l’avenir de Clara, et probablement une continuité des voeux de mariage qu’ils s’étaient faits - aussi longtemps que Clara, et le bébé dans les entrailles de la blonde, vivraient, ils étaient liés, dans une famille, aussi chaotique leur histoire était-elle. « On pourra l’alimenter régulièrement... et d’ici à ce qu’elle ait l’âge d’aller à l’Université, on devrait avoir une réserve plutôt acceptable. » même si ses mots semblaient laisser entendre un genre de retenue prudente, le DeMaggio eut un sourire confiant: il voulait bien croire qu’il n’avait ni besoin du nom des siens, ni de l’argent de l’héritage ancien de sa famille, pour vivre convenablement. Et Clara, elle irait à l’Université, elle aurait toutes les chances de son côté, contrairement à lui, c’était une promesse qui allait au-delà de l’argent, ça.

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MessageSujet: Re: (cesare), remember this moment.   Sam 8 Juil 2017 - 17:51


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cesare demaggio et isolde saddler

Le sept mai, c’était une date qu’elle ne pourrait jamais oublier Isolde. C’était une évidence, puisque c’était ce jour-là que sa fille était née et que même au-delà de la naissance du bébé, qui avait, bien évidemment changé énormément de choses dans sa vie, c’était aussi la date qui avait mis un terme à de nombreux longs mois d’une bataille acharnée entre Cesare et elle. La naissance de Clara, ça leur avait permis de prendre un nouveau départ, loin des disputes habituelles et de la rancune qu’ils avaient eu l’un envers l’autre pendant tellement de temps. Ça n’avait rien effacé, pas complètement, pas définitivement. Elle pouvait encore citer chacune des erreurs qu’elle avait pu commettre dans leur histoire en sentant la culpabilité s’imposer dans ses tripes, mais au moins, ils avaient fait du chemin, ils avaient évolué et maintenant, ils étaient là, tous les deux, mariés et heureux ensemble, à prendre leur petit déjeuner avec leur fille et un deuxième bébé qui naitrait d’ici quelques mois. Ils revenaient de loin tous les deux et maintenant, Isolde, elle était persuadée qu’y avait plus rien qui ne pourrait les briser comme ils l’avaient été à l’époque. Cette date d’aujourd’hui, elle avait marqué un tournant dans leur histoire et c’était parce que les choses s’étaient passées comme elles s’étaient passées ce jour-là qu’ils étaient ensemble maintenant. Elle ne savait pas ce qui se serait passé si elle avait accouché plus tard, loin de Cesare. Elle aurait probablement été toute seule dans son coin et ça aurait été encore plus compliqué à surmonter que ça ne l’avait été. Il avait été là pour la rassurer à un moment où elle avait complètement paniqué, alors elle se disait qu’elle n’y serait jamais arrivée sans lui. Elle se disait surtout, qu’elle n’avait pas envie de savoir comment serait sa vie aujourd’hui, si elle n’était pas allée jusqu’à sa chambre de motel, un an plus tôt, jour pour jour.

Elle était beaucoup trop satisfaite de son quotidien pour imaginer les choses différemment et ils avaient passé tellement de temps à vivre leur histoire avec des ‘et si’ et des ‘peut-être’ que maintenant qu’ils étaient là, ensemble et mariés, elle n’avait plus envie de retomber là-dedans. Elle avait tout ce dont elle avait besoin à présent et les regrets qu’elle portait encore sur elle, à cause des faux pas qu’elle avait fait avec Cesare, elle se disait qu’ils appartenaient au passé et qu’elle pouvait vivre avec ça, tant que Cesare les acceptait. Y avait un million de choses qu’elle aurait pu faire mieux quand il s’agissait d’elle et de lui, mais c’était trop tard de toute façon. L’important, c’était de mieux faire maintenant. Elle était persuadée déjà, de mieux se comporter pour cette deuxième grossesse qu’elle ne l’avait fait quand ça avait été Clara dans son ventre. C’était déjà un bon début. Fallait dire que c’était beaucoup plus simple, quand y avait Cesare à ses côtés. « Oui, il aime déjà assez sa grande sœur pour pas m’embêter le jour de son anniversaire. » Oui bien, ça voulait juste dire que les nausées commençaient à passer, une option qu’elle préférait Isolde, parce qu’évidemment, elle préférait que ça continue, plutôt que ce soit le truc exceptionnel lié à l’anniversaire de Clara. Sentir la main de Cesare contre son ventre lui arracha un sourire, avant qu’elle ne hausse les épaules à la suite de sa question. « Pour l’instant, j’ai pas encore d’envie bizarre, alors je me contenterais de tartines. » Autant faire simple tant qu’elle le pouvait, si ça se trouve dans quelques heures, elle aurait une folle envie d’un truc qu’ils n’avaient pas le frigo ou dans leurs placards et ça la rendrait folle. Alors le pain, de la confiture, c’était simple et à disposition en plus, alors autant en profiter. « T’as quand même épousé une chieuse. » Elle avait changé, elle était quand même moins chiante qu’avant. Elle avait été une véritable peste avec lui à l’époque et c’était plus le cas aujourd’hui, mais il devait quand même savoir qu’il avait épousé une femme qui pouvait faire preuve de mauvais caractère. Moins avec Cesare qu’avec les autres, sans doute. Lui de toute façon, il arriverait toujours à lui remonter le moral, à calmer ses colères ou à la faire sourire d’un rien. Là avec le fameux cadeau qu’il avait préparé pour Clara, il la faisait sourire, c’était adorable d’y avoir pensé et c’était comme si ça rendait l’avenir un peu plus concret. « Ouais, comme ça, elle pourra faire les études qu’elle veut. » C’était évidemment ce qu’elle voulait pour sa fille, qu’elle fasse de sa vie ce qu’elle voulait, ce qui la rendrait heureuse. Elle voulait que sa fille soit heureuse évidemment et leur deuxième enfant aussi et il n’était jamais trop tôt pour commencer à économiser les fonds pour l’université, après tout, les frais d’inscription à l’université, ils n’étaient pas donnés.

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the dark will turn into the sunlight.
You and me against the world, Like a little boy and girl. There were monsters beneath our bed And we were scared until we taught them all to sing and then we had a laugh instead. You and me on stormy seas It had brought us to our knees There were dangers, all around And we were frightened by the wind and when it blew until it blew us to dry ground.

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