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 Prosecutors will be molested ~ Mayaustin

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MessageSujet: Prosecutors will be molested ~ Mayaustin   Sam 27 Mai 2017 - 19:43



Prosecuters will be molested
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« Et tu sais ce que l’on sème en mai ? demandait monsieur Carvel qui adorait le maïs.
-Du maïs ! répondait son fils, qui adorait le maïs.
-Exactement ! Et cette année, vu que tu as huit ans maintenant donc que t’es un grand garçon, je te laisserai conduire le tracteur ! » conclut monsieur Carvel, certain qu’il ferait un heureux. Et il avait raison, parce qu'en ce mois de mai 1997, Austin était le petit garçon le plus fier du monde, sur les genoux de son père, à tenir le volant comme un homme, sans le faire bouger parce qu’en fait il fallait tout simplement aller tout droit pour planter le maïs en lignes régulières et parfaites. C’était moins amusant que prévu parce qu’il n’y avait pas de manœuvres amusantes à faire, mais c’était quand même Austin qui dirigeait (tout droit) cette bête de machinerie, de moteurs en tout genre, d’engrenages aussi, à travers ce champ. Dès lundi, il pourrait tout raconter à l’école, fier comme un coq, et crâner devant les autres qui n’avaient qu’un jardin tout nul avec un peu d’herbe et de balançoires, là où Austin avait tous les étés son propre labyrinthe en maïs et « cent-soixante-dix héquetares de jardin ».

Cette période de l’année, la première moitié du mois de mai, rappelait toujours à Austin cette période de sa vie où la Terre était encore plate, facile et docile. Quand les villes s’endormaient la nuit et étaient tranquilles jusqu’au petit matin, où il n’y avait de plus grand danger que de se retrouver loin de ses parents parce qu’ils pouvaient tout protéger de tout.
Alors, Austin repensait à la première fois qu’il avait planté du maïs avec son père. C’était le genre de petit souvenir idiot, comme la première fois qu’il avait conduit une voiture ou bu de l’alcool. Comme des étapes dans la vie d’un petit garçon qui le font paraître de moins en moins petit.

Puis, en général, sa pensée suivait le même cheminement. Il pensait à ses parents. Mais il n’était plus triste, parce que cela allait faire deux ans et qu’il n’était jamais vraiment seul. Pendant le deuil d’êtres aussi proches, c’était la solitude le plus difficile à combattre, et à tout moment, Austin sentait la main tendre, changeant en taille, odeur, origine, poids, force, chaleur, douceur, du réconfort sur son épaule.
Là par exemple, c’était celle de Salim, debout derrière lui. Elle était grande, sentait toujours la même odeur de savon aux épices typiquement iranien, et pesait toujours de tout son poids sur l’épaule de Austin, puissante et brûlante mais pleine d’assurance.
Il était vingt-heure à Téhéran, Salim était au restaurant, seul. Il venait de s’installer, on venait de lui apporter la carte.
« T’es tout seul ? demandait Austin, tournant autour de la table à la nappe blanche, constatant l’absence habituelle de verres à vin, remplacés par de somptueux verres normaux. Salim avait toujours eu des goûts de luxe.
-Tu vois bien que non, répondit simplement ce dernier. Dans ses oreilles, une paire d’écouteurs pour faire croire qu’il mangeait peut-être seul à sa table, mais qu’il était bien occupé à parler de trucs vachement importants et professionnels, parce qu’il était toujours en costume. Toi t’es en avance par rapport à l’année dernière, non ?
-Ouais, de quelques jours, mais il fait beau alors c’est bon. Et j’en ai marre de ne rien faire… »

De toutes les voix qui résonnaient dans sa tête, c’était celle de Salim qu’Austin préférait. Parce que c’était avec lui qu’il s’entendait mieux. Tout était simple, entre eux. Ils pouvaient tout se dire, sans trop de problèmes, voire sans problèmes quels qu’ils soient. Et ils étaient toujours de bons conseils.

« Tu déprimes pas trop cette année ? demandait l’iranien, concluant par un pensé mais non formulé « par rapport à tes parents, tout ça » qu’Austin entendit tout de même.
-Oh tu sais, ça va à force, ça va bientôt faire deux ans, à force, on passe à autre chose.
-Ouais je me doute bien que ça va mais on sait jamais… » conclut-il, resserrant l’étreinte de sa main sur l’épaule de l’orphelin. Être la seule personne avec qui l’on peut tout se dire, se révéler sans avoir à cacher quoi que ce soit, à qui l’on peut s’ouvrir sans retenue, ça rapproche toujours énormément. Et tu sais, avec les miens on n’a absolument jamais été proches mais je n’imagine même pas les perdre, donc bon… »
Cette pensée arracha un soupir à Austin. Maintenant qu’ils partageaient tout, les parents de l’un étaient comme les parents de l’autre. C’était presque triste de se dire que jamais ils ne rencontreraient en chair et en os quelqu’un avec qui ils étaient aussi connecté.

Et pour l’arracher à cette pensée, une silhouette blonde sur la route entre le champ et le garage, qui fit sursauter Austin comme Salim et piler le tracteur. Il lui fallut une bonne distance pour s’arrêter complètement, et surpris, Salim fit tomber son verre d’eau de sa table. S’il y avait bien une chose que Salim détestait, c’était les surprises, et alors qu’il commençait à râler, le conducteur lui coupa l’herbe sous le pied pour pouvoir être tranquille.
« Ok jte laisse. Ça va je m’en occupe. Nan mais je te laisse, on reparle plus tard ! »
Puis Salim disparu. A nouveau enfermé dans sa propre tête, seul à la table de son restaurant alors qu’il n’avait pas envie de manger sans personne, il posa quelques billets sur la table et s’en alla pendre quelque chose à emporter et manger chez lui.

Furieux, parce que la rage était communicative, Austin bondit hors de son tracteur et se dirigea vers le danger public qui s’était jeté sous les roues de son tracteur.
« Oh nan mais ça va pas ?! C’est une propriété privée ici ! J’aurai pu vous rouler dessus avec mon tracteur ! Allez-vous-en avant que je change d’avis ! »
Evidemment qu’il était énervé, de quel droit rentrait-elle ainsi chez lui ?

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MessageSujet: Re: Prosecutors will be molested ~ Mayaustin   Dim 28 Mai 2017 - 14:41



❝Old friend, new enemy ?❞
Austin & Maya


Une fois de plus, le jour était à peine levé quand Maya avait quitté son appartement, appareil photo en main, chaussures plates adaptées aux pieds, elle mesurait toute la hauteur de son mètre soixante. La nuit avait été agitée et la jeune femme avait passé son temps à se tourner et à se retourner, cumulant finalement peut-être une seule heure de sommeil réel, non sans cauchemars. Rien de bien reposant en somme, surtout quand elle avait passé la journée précédent enfermée dans son cabinet de pédiatrie à travailler d'arrache pied pour sauver ses petits protégés, donnant sa personne toute entière pour alléger leur peine et leur douleur, en les faisant rire, en mimant des pas de danse, rien n'était trop beau pour eux... Alors la jeune femme aurait du être épuisée, exténuée et pourtant, une seule visite de sa sœur avait suffit à faire revenir l'aigreur, les sombres souvenirs et les nuits infernales. Ce n'était pas pour rien que la blonde évitait à tout prix sa sœur les derniers temps... Quoi qu'il en soit, quand elle avait finalement décidé que toute chance de dormir était veine, la jeune femme avait pensé que la chasse aux lumières serait plus judicieuse dans son état qu'une chasse aux mutants. Moins dangereux quand on avait une tête aussi lourde que du béton et du mal à aligner un pas l'un devant l'autre. Pourtant au contact de l'air frais matinal, la forme était rapidement revenue. Un semblant de forme au moins. Les pas de la jeune femme s'étaient fait plus rapides, plus souple au fur et à mesure qu'elle avançait. Autour d'elle, les ombres se muaient, glissaient comme une peinture sur une toile en formant des dessins abstraits. Maya s'arrêtait parfois pour saisir l'instant avant de reprendre sa marche. A cette heure là, les ruelles de Radcliff étaient encore vides, offrant à la jolie blonde toute la tranquillité qu'elle recherchait. Mais bientôt avec les premiers rayons, les matinaux sortiraient, la chasseuse bifurqua donc pour s'éloigner un peu de la ville, fuir la civilisation pour se perdre dans la nature. Laissant ses pas la guider à travers les maisons de plus en plus rares puis progressivement une verdure à profusion. Quittant les chemins, la jolie blonde alla s'égarer entre les arbres, se laissant volontairement perdre la notion du temps. Peu importe combien de temps elle resterait là, rien ni personne ne l'attendaient aujourd'hui et Maya ne rentrerait pas chez elle avant d'être certaine de pouvoir tomber de fatigue et de dormir d'un trait jusqu'au lendemain matin.
L'atmosphère était encore agréable mais le fond de l'air chargé présageait de fortes chaleurs pour la suite de la journée. Ici, caché par l'ombre des arbres, il faisait encore bon. Peut-être que plus tard, la jeune femme essayerait de rejoindre une source d'eau dans laquelle elle pourrait se baigner. Mais elle n'oserait certainement pas. Elle aurait peur que l'eau soit glacée, qu'elle fasse remonter en elle un passé qu'elle voulait par dessus tout oublier. La chaleur de l'été était de toute façon ce que Maya préférait et le fait que cette période se rapproche à grand pas mettait la femme dans une humeur qui pouvait se rapprocher de ce qu'on appelait joviale.
Sortant du petit bois que la jeune femme venait de traverser, la jolie blonde déboucha sur des champs à perte de vue, un terrain encore vierge de toute verdure qui, dans quelques semaines, promettrait de magnifiques photographies tout en jeu de couleurs et sur sa gauche une énorme baraque de campagne détonnait dans le paysage. Il faudrait que la femme revienne dans quelques temps. Ceci dit, il y avait déjà matière à faire avec ce noyer énorme qui bordait un des chemins de terre et jetait son ombre imposante sur le sol. Dans le bleu du ciel il se découpait comme un géant perdu dans l'immensité. Il lui fallait cette photo. La jeune femme recula de plusieurs pas pour l'avoir dans son intégralité sur son écran. Elle avait beau avoir un appareil grand angle, la hauteur de l'arbre sur ce petit chemin était difficile à saisir complètement. Sur son côté, un bruit de fond vint déranger quelque peu la photographe, mais rien de suffisant pour la détourner de son objectif. Jusqu'à ce que le boucan se rapproche, encore et encore, finissant par faire tourner la tête de la jeune femme. Peut-être était-ce la fatigue qui encombrait la tête de Maya, son obsession pour la photo ou peut-être le mélange de beaucoup de ces choses, mais lorsqu'elle se dirigea vers la source du bruit, un énorme tracteur était déjà plus qu'à quelques mètres de la réduire en morceaux. Dans la surprise, la jeune femme resta totalement immobile, fixant d'abord la machine puis le conducteur qu'elle vit bientôt agité à discuter dans son véhicule. Peut-être qu'il allait l'écraser. La machine s'arrêta à un pas de la jeune femme. D'ici elle sentait la chaleur du moteur, l'odeur de terre retournée et le film de sa vie qui avait été à deux doigts de se mettre en route.
Les yeux encore dénués de toute expression, la jeune femme suivit l'homme du regard alors qu'il se dégageait du tracteur pour sauter à terre. Il était plus grand qu'elle, les cheveux longs et les yeux clairs et dégageait une force brute.

« Oh nan mais ça va pas ?! C’est une propriété privée ici ! J’aurai pu vous rouler dessus avec mon tracteur ! Allez-vous-en avant que je change d’avis ! »

A ses mots, le regard de la jeune femme parut se réveiller de sa surprise et se fit bien plus transperçant qu'avant. Une bonne colère, voilà qui avait de quoi réveiller la jeune femme. Juste un petit affrontement, cinq minutes, pas plus, après elle tournerait les talons.

- Mais pour qui vous vous prenez ? Si vous tenez tant que ça à votre propriété privée vous n'aviez qu'à installer des barrières et des panneaux pour le signaler !

Tout le corps de la jeune femme était maintenant tourné vers son accusateur, prête à lâcher tous les démons de la colère contre lui et à user de ses poings s'il le fallait. Peut-être qu'à un moment Maya était passé à côté d'un panneau indiquant la propriété, mais si c'était le cas, alors il n'était pas assez grand pour être visible et ce n'était toujours pas de sa faute.

- Puis vous n'aviez qu'à me voir aussi, ce n'est pas comme si j'étais cachée ! Mais peut-être que c'était votre intention de me tuer ? Qu'est-ce qui vous a fait changé d'avis à la dernière seconde ? Jiminy Cricket votre conscience ?

Ses yeux lançaient des éclairs sans jamais faillir à soutenir le regard du paysan. La rage et cette suspicion constante qui habitaient la blonde n'avaient mit qu'un instant à revenir et maintenant, le jeune homme pouvait s'asseoir bien gentiment sur le fait qu'elle s'en aille avant d'en avoir démordu avec lui !


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MessageSujet: Re: Prosecutors will be molested ~ Mayaustin   Dim 28 Mai 2017 - 19:54



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C’était bien connu, rien de mieux que la colère pour raisonner quelqu’un de déjà énervé. Comme toujours, il faut et il suffit de crier au moins aussi fort que lui, ainsi son côté rationnel lui fera se demander pourquoi l’autre crie aussi fort, donc il se remettra en question et ainsi pourra réfléchir de manière normale. C’était, et cela avait toujours été, la technique la plus connue, la plus efficace.

Ou pas.

« Comment ça pour qui j’me prends ? On est chez moi ici, c’est pas moi qui m’aventure chez les gens pour les engueuler si je me mets en danger tout seul ! Réthorique implacable, et toc madame Lablonde. Et je vous signale que des barrières et des panneaux il y en a tout autour de ma propriété, mensonge, il faut simplement y faire attention et pas prendre les gens pour des cons en se disant que personne s’en rendra compte ! » Insulte gratuite.

Il y avait bien des barrières qui délimitaient là où commençait le domaine Carvel et là où il s’arrêtait, là où c’était utile. Donc entre chez eux et chez les voisins, et entre chez eux et la route. Du côté forêt, il y avait des restes de barrière que personne n’avait envie d’entretenir et quelques panneaux « Propriété privée, les transgresseurs seront poursuivis en justice ». Quelques-uns, vraiment pas beaucoup, clairement pas suffisamment puisqu’ils ne purent empêcher cette étrangère de finir chez lui.

« Agnagna vous aviez qu’à me voir aussi moqua Austin. Je vous rappelle que chez moi, je n’ai pas à faire attention à écraser qui que ce soit puisque d’habitude il n’y a personne. Et honnêtement, si mon intention c’était de te tuer, je l’aurais fait sans aucun remord parce que tu es en tort donc je peux te rouler dessus puis porter plainte contre toi et gagner. Et avec ta thune, je n’aurai plus jamais à m’occuper de ces putain de champs ! »

Austin s’arrête enfin, un peu brusquement comme s’il n’avait pas fini sa phrase, les yeux toujours pointés vers la dame, mais perdus dans le néant. Elle ne s’en rendra peut-être pas compte tout de suite, elle continuera peut-être à l’insulter gratuitement juste par fierté parce que même elle devait s’être rendue compte, à force, qu’elle avait tort, mais Austin ne répondra pas parce que ses mots venaient de dépasser sa pensée. Et de loin. Non pas qu’il pouvait tuer cette femme et parfaitement s’en sortir, il était conscient de cela et elle avait d’ailleurs de la chance qu’il eut été en tracteur et non dans la voiture qui cache un pistolet dans sa boîte à gant, de toute façon il n’avait jamais véritablement eu envie de tuer cette femme, c’était de l’hyperbole tout au plus. Non, il venait de dire qu’il détestait ces champs. Il détestait cette campagne, il détestait semer, récolter, travailler ici, seul, selon les bons conseils que lui avaient autrefois donné son père, en si petites quantités parce qu’il était persuadé qu’il lui restait des années pour pouvoir tout lui apprendre. Mais il s’était trompé là-dessus, et Austin avait l’impression de ne rien savoir faire parce qu’il ne s’était jamais véritablement destiné à cela, parce que les choix par défaut sont ceux que l’on fait toujours le plus facilement du monde. Parce qu’il ne s’était même jamais posé la question, et que désormais c’était trop tard, et que peut-être que de toute façon, cela avait été joué d’avance, dès la naissance.

Bon. Il reparlerait de tout cela plus tard. Avec Salim et Suki. Peut-être João aussi. Pour l’instant il avait d’autres chats à fouetter, d’autres grognasses à gifler.
« Bon allez venez. Je vous raccompagne hors de chez moi. »
Hors de question de la laisser trouver la sortie par elle-même. Elle pourrait, rien que pour se venger (vu qu’elle a l’air d’être une sacrée connasse), se barrer ailleurs et foutre son nez partout. Hors de question. Non, Austin allait la ramener à l’entrée, pour bien lui montrer qu’il y avait une barrière à ne pas franchir, et pour la punir, parce qu’elle allait bien s’amuser à prendre de jolies photos une fois au milieu de la route moche, coincée entre quatre champs vides tout juste retournés. Bien fait pour toi.
« Allez, suivez-moi. » fit-il, bien plus calmement qu’auparavant. Il entamait la marche vers l’entrée de sa propriété. Pas de tour en tracteur pour cette jolie damoiselle. Punie.

Ils remontèrent donc le chemin de terre qui longeait le champ qui partait du vieux noyer que le grand-père Carvel avait planté quand il était gosse et qui avait vu d’innombrables balançoires en corde, jusqu’à la maison de famille, qui avait vu d’innombrables générations qui posaient chacune ses balançoires en corde sur un arbre différent. Elle faisait maison typique de campagne américaine, avec son porche sous lequel on pouvait s’asseoir à toute heure du jour ou de la nuit et qui ouvrait toujours à méditation, son toit en ardoise verdissante, sa peinture bleu ciel qui des plus anciennes. Les dernières fois qu’elle avait été repeinte, c’était à la naissance d’Austin, et quand il eut douze ans. Jamais entre les deux, jamais depuis. Pas l’énergie, pas le temps… On trouvait toujours des excuses quand on n’avait pas envie de faire quelque chose.

Silencieux, Austin passa donc le long de la maison, évitant alors de faire passer la jolie jeune fouineuse devant la grange. Alors, elle croisa le vieux barbecue en pierre de la famille, qui avait toujours été là, comme la table de jardin en fer forgé et ses bancs qui auraient bien eu besoin ‘un coup de propre.
En fait, de l’extérieur, tout de cette maison avait besoin d’attention. Il était facile de se rendre compte qu’elle avait été conçue pour être constamment remplie, conviviale, pleine de gens qui s’aiment, qui s’aident et qui partage, et qui ont envie d'entretenir cet endroit. Aujourd’hui, Austin y vivait seul donc n’avait que faire de tout cela.

Enfin ils arrivèrent au portail. Sortant enfin de son silence, Austin prononça ce qu’il souhaitait être ses derniers mots à cette femme, posant la main sur la vieille boite aux lettres où le nom « Carvel » avait été repeint il n’y avait pas longtemps. Une boîte aux lettres c’était utile, alors de ça il en prenait soin.
« Allez c’est par là. Faite attention à l’avenir. Et que je ne vous revois plus chez moi. »




Dernière édition par Austin Carvel le Lun 29 Mai 2017 - 0:15, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Prosecutors will be molested ~ Mayaustin   Dim 28 Mai 2017 - 22:45



❝Old friend, new enemy ?❞
Austin & Maya


Si Maya avait physiquement pu faire tomber l'homme de ses grands chevaux, elle l'aurait fait avec grande joie et sans aucune hésitation. Puisse sa chute être lente et douloureuse... Et l’atterrissage pire encore. Et le brun continuait à avancer qu'il avait raison, qu'elle avait tort, que c'était sa maison et que des panneaux l'indiquaient partout. Il allait sûrement bientôt avancer qu'il y avait des néons clignotant autour de de ses foutues panneaux aussi.

- Je ne serais pas entrain de vous engueuler si vous n'aviez pas commencé !

Un commentaire pertinent, mure et pleinement réfléchi, c'était certain.

- Eh bien il faudrait peut-être investir dans les panneaux plus grands et des barrières plus hautes parce qu'apparemment, j'ai réussis à sauter par dessus avec une enjambée !

Il se foutait de sa gueule. Maya le voyait bien, elle n'avait croisé ni panneau ni barrière et pourtant dans les bois, l'appareil photo au poing, il n'y avait pas beaucoup d'éléments qui avaient du échappé au regard attentif et critique de la jolie blonde.

« Agnagna vous aviez qu’à me voir aussi. Je vous rappelle que chez moi, je n’ai pas à faire attention à écraser qui que ce soit puisque d’habitude il n’y a personne. Et honnêtement, si mon intention c’était de te tuer, je l’aurais fait sans aucun remord parce que tu es en tort donc je peux te rouler dessus puis porter plainte contre toi et gagner. Et avec ta thune, je n’aurai plus jamais à m’occuper de ces putain de champs ! »

Et apparemment le paysan était aussi riche qu'elle en insultes et en arguments. Un parfait avocat, à se demander comment il avait atterri dans ce vieux tracteur défraichi. Ironie quand tu nous tient.

- Oh, j'ai dérangé le loup solitaire dans sa grotte au fond des bois. Que les Grandes Forces qui régissent ce monde me pardonnent.

L'air affecté, un peu plus penchée en avant à présent, la jeune femme lâcha comme sur le temps de la confidence :

- Je regrette presque de ne pas pouvoir vous voir devant le juge à expliquer que vous avez écrasé une femme sur votre terrain parce qu'elle n'avait rien à y faire et que vous étiez au téléphone monté de votre vieux machin branlant !

Et plus bas encore.

- Je parle de votre tracteur, on est bien d'accord là dessus.

C'est qu'il commençait à vraiment lui échauffer les méninges et Maya aurait presque voulu en venir aux mains si leur échange n'était pas aussi passionnant. Mais quand même, un bon poing bien placé sur la mâchoire ou un nez pété ça ne faisait de mal à personne non ? Bon,ça aurait certainement fait du mal au concerné, mais à la jolie blonde ça lui aurait fait beaucoup de bien !
Et puis soudain elle le perdit. Le regard du brun, sa conscience, lui tout entier perdu à ses pensées. Maya songea qu'il devait avoir des problèmes de concentration... Ou peut-être un trouble de la personnalité multiple ou du sommeil. Peut-être qu'il dormait là.
Avec sa patience légendaire la blonde croisa les bras dans une belle attitude d'attente, assurément légendaire. Elle tint cinq secondes avant de pousser son premier soupire et serait certainement morte d'hyperventilation si l'homme n'avait pas bientôt reprit.

« Bon allez venez. Je vous raccompagne hors de chez moi. Allez, suivez-moi.»

Quelle gentillesse, quelle galanterie, quel parfait goujat ! Mais sur le coup, la blonde était trop sonnée pour réagir. La voix de l'homme s'était faite plus douce, il avait l'air d'avoir souffert. Il avait l'air de souffrir encore. Tant mieux.
Maya ne put pas vraiment se l'expliquer mais quand l'homme se mit en marche, elle le suivit. Sûrement qu'elle s'était mise en tête qu'elle trouverait quelque chose sur lui, une mutation dangereuse dans le meilleur des cas et qu'elle pourrait alors régler son compte comme elle se devait de le faire. Marchant en ne regardant plus que devant elle, la jeune femme ne fit plus attention au paysage qu'une fois arrivée devant l'énorme maison qu'elle avait aperçu en arrivant sans réellement y faire attention. Et c'était normal, généralement la jeune femme préférait photographier la nature, pas l'architecture. Mais là... Il y avait quelque chose avec cette grande baraque. Quelque chose de différent, une impression de déjà vu, le sentiment d'un vieux souvenir dans lequel on aimait se noyer encore et encore parce qu'il prodiguait un sentiment de sécurité.
Et alors qu'ils passaient devant sans s'arrêter, Maya ne quittait plus les mûrs blancs des yeux. Ils étaient arrivés à la porte de sortie que la jeune femme la fixait encore. Ma réminiscence couverte de brouillard ne voulait plus la laisser tranquille. Elle devait savoir.

- Je connais cette maison.

Il lui semblait vaguement que l'homme lui avait dit quelque chose mais elle ne l'écoutait plus. La chasseuse restait vigilante au cas où l'homme devenait violent et elle continuait à le surveiller du coin de l'oeil. Mais cette foutue bicoque...

- Je connais cette maison.

Elle répéta, les pieds figés au sol l'espace d'un instant encore avant de revenir sur leurs pas, de se rapprocher jusqu'à pouvoir toucher les mûrs de ses doigts, comme si ça pouvait aider d'une façon ou d'une autre. Ca n'aidait pas.


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MessageSujet: Re: Prosecutors will be molested ~ Mayaustin   Lun 29 Mai 2017 - 0:56



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Comment-ça elle connaît cette maison ? Bah évidemment qu’elle connaît cette maison, tous ceux qui habitent à Radcliff depuis un peu de temps la connaissent, parce qu’elle a toujours été là et parce qu’il suffit de passer en voiture dans le coin pour la voir. Elle est comme un point de repère pour pas mal de gens, parce qu’après il suffit de tourner à droite et de continuer tout droit (même si c’est long) pour arriver au centre-ville. Alors oui, c’est normal qu’elle la connaisse. Connasse.

Elle s’était enfin tue, elle avait accepté de le suivre, tout était supposé bien se passer à partir de là, non ? Qu’est-ce qu’Austin avait bien pu encore faire de travers pour qu’elle refuse de partir, maintenant ? Il avait fait semblant d’accepter de perdre pour enfin qu’elle se taise, il l’avait gentiment raccompagné à la sortie, il lui avait « poliment » demandé de partir et de ne plus jamais revenir chez lui. Que faire de plus ?

« Elle est encore là ? » demanda Salim, apparaissant à côté des deux américains visiblement encore en conflit. Austin ne pouvait pas répondre, sinon pour l’étrangère, il se mettrait à parler tout seul et ce serait plus que suspect. Mais ce n’était pas très grave étant donné le côté idiot de la question. A ton avis, Salim ?
Il avait de la chance, d’ailleurs, l’iranien, parce qu’il était tranquillement installé chez lui à se commander une pizza sur internet, triste que l’option bacon ne soit pas disponible en Iran. Visiblement, il avait réussi à se calmer plus vite qu’Austin.

« Oh wow wow wow qu’est-ce qu’elle fait, là ? »
« Oh wow wow wow qu’est-ce que tu fais, là ? » firent simultanément les deux hommes, alors qu’elle faisait volte-face pour se diriger vers la maison. Austin se lança à sa poursuite, marchant à un pas soutenu jusqu’à ce qu’il puisse la rattraper. « Je peux savoir ce que vous faites ? Venez pas me dire que c’est un accident, là ! » lui demandait-il, la vouvoyant à nouveau maintenant qu’il était presque calmé, mais sentant que cela risquait de ne pas durer.
Salim, lui, ne bougeait pas véritablement, spectateur et commentateur qu’il était, il n’avait aucune emprise sur la situation donc il s’attardait sur des détails plutôt secondaires, mais qui avaient tout de même leur importance.
« Hé elle est pas mal en vrai. Vraiment pas mal. »

Austin et l’inconnue arrivèrent à la maison, devant la porte d’entrée, sous le porche qui faisait toute la façade de la maison. Il commençait à en avoir de plus en plus marre de devoir lui courir après et lui demander sans arrêt de partir. Surtout que cela n’avait pas l’air de fonctionner. Mais que pouvait-il bien faire d’autre ? Allez chercher son arme dans sa voiture ? Hors de question de tourner tout cela en braquage, et vu le tempérament de la femme cela risquerait d’ajouter tout un volet « auto-défense » à sa rhétorique de connasse intrusive, et par fierté elle voudrait rester encore plus.

« Bon vous savez quoi ? Ok je vais-…
-Non non non non non ! intervint Salim au beau milieu de la scène. Lui dit pas que tu vas appeler la police ! Elle sait que tu parlais à quelqu’un dans ton tracteur, elle t’a entendu, et elle pense que t’étais au téléphone, mais il est dans la cuisine ton téléphone ! Tu peux pas appeler la police là tout de suite !
-Devoir employer la force pour vous virer de chez moi, c’est plus possible là. »
C’était la seule menace qui restait à Austin à vrai dire. « Je vous laisse trois seconde pour vous mettre en route et dégager d’ici. Je vous aurai prévenu. » continuait-il. Il n’avait pas envie de devoir l’attraper et la jeter dehors, ça ne ferait qu’empirer leurs relations déjà mal parties, et en plus Salim avait raison, elle était vraiment bien roulée.

« Un… » commença-t-il à compter, appuyé sur l’une des colonnes qui soutenait le porche. Colonne qui avait littéralement vu grandir Austin depuis son plus jeune âge, puisque dans toutes les maisons il y avait toujours un angle sur lequel on mesurait les petits enfants, et dans cette maison, pour Austin, c’était cette colonne. Il en revoyait d’ailleurs les encoches et les dates correspondantes, taillées dans le bois, depuis que le tout avait refait surface car la peinture s’écaillait trop.
C’était peut-être pour ça qu’il tenait tant à la protéger, cette maison. Pour ça que même si l’idée que cette vie ne lui plaise pas se faisait de plus en plus importante, il resterait quand même. Toujours dans cette maison. Rien que cette colonne en avait vu. Elle l’avait mesuré jusqu’à ce qu’il devienne grand, elle l’avait vu sortir en douce la nuit pour aller voir des amis, elle l’avait vu faire rentrer en douce sa première copine, elle l’avait vu pendant d’innombrables étés avec d’innombrables amis aussi. Et elle avait le pire aussi, évidemment.

« Deux… »
Rien qu’en pensant à cela, Salim pouvait comprendre pourquoi Austin ne bougerait jamais de Radcliff, même si ses habitants étaient dangereux, même si à à peine deux heures de conduite il trouverait une autre ville bien plus sûre. Invisible aux yeux de presque tous, il regardait d’ailleurs les encoches qui avaient marqué la taille d’Austin au fil de sa croissance. « Wow t’as grandi d’un coup ! A partir de… Ouais de 2001, à peu près comme moi, même si tu t’es arrêté un peu plus tard aussi… il commentait, jaloux de la taille de son ego américain. C’est qui M et Z, là en bas ? » demanda-t-il à propos de deux marques sur la colonne qui arrivaient respectivement à la hauteur de son genoux et de sa hanche, comme Austin l’avait plusieurs fois demandé à ses parents à chaque fois qu’il se trouvait être encore plus petit qu’elles.

« Trois… »
M et Z c’étaient deux amies de ses parents. Enfin des filles d’amis des parents Carvel, qui étaient partis pour Dieu seul savait quelle raison, et qui avaient envoyé de temps en temps des cartes postales pendant quelques années sans qu’Austin n’ai quelque souvenir de qui il s’agisse. D’après ses parents, elles venaient souvent ici avec leurs parents qui n’habitaient pas trop loin, à Radcliff aussi. M et Z, donc, étaient deux inconnues qui avaient respiré entre les murs de cette demeure, mais qu’Austin ne connaissait pas. Elles rejoignaient alors un peu le rôle de ces ancêtres inconnus qui ont fait de grandes choses de leurs temps, comme construire la grange ou planter le noyer du bout du chemin en terre, mais à qui l’on ne peut attribuer véritablement un visage. Des personnes à qui notre destin est plus que lié et qui ont vécu exactement là où nous vivons, mais qui ne sont rien de plus que des inconnus.


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MessageSujet: Re: Prosecutors will be molested ~ Mayaustin   Lun 29 Mai 2017 - 13:28



❝Old friend, new enemy ?❞
Austin & Maya

La frustration de ce combat inachevé était douloureuse. Maya aurait de loin préféré perdre plutôt que de le voir abandonner comme si tout à coup cette discussion lui était pleinement égale... Non, en vérité elle aurait de loin préféré qu'il perde plutôt qu'il laisse tomer mais enfin soit.
Ce semblant d'échec travailla la jeune femme pendant toute sa marche et jusqu'à ce qu'elle aperçoive la maison. Jusqu'à ce qu'elle l’aperçoive vraiment, pas comme un monceau de briques qui faisait partie du décor mais comme un morceau de souvenirs, un bout du puzzle qu'elle devait soudain résoudre.
Une protestation s'éleva dans le dos de la jolie blonde alors qu'elle mettait de la distance entre elle et le brun pour réduire celle qui la séparait de l'imposante résidence. A quelques choses près, on aurait dit celle de Hershel dans The Walking Dead... Pas la même exposition... Et pas autant de zombies. Mais ce n'était pas dans la série que la chasseuse avait vu la maison. Peut-être dans une autre. Rapidement, elle se remémora tous les nombreux télé-films qu'elle avait passé des journées à regarder en ne retenant que ceux plausibles de contenir une vieille baraque paysanne américaine. Oui, La petite maison dans la Prairie y passa aussi, mais ce n'était toujours pas ça. Aucune image mobile ne correspondait à ses souvenirs. C'était plus une photo ou une peinture... Une carte postale peut-être.

« Je peux savoir ce que vous faites ? Venez pas me dire que c’est un accident, là !

Sans même lancer un regard à l'homme qui venait de réapparaître à ses côtés, Maya répondu d'une voix distraite, perdue qu'elle était dans le fil de ses pensées.

- Vous êtes très nerveux vous savez ? Je penserais à vous glisser des sédatifs pour chevaux la prochaine fois que je passerai devant chez vous.

Peut-être que si elle se rapprochait encore il y aurait un détail, un petit quelque chose qui l'aiderait à se souvenir... Bien qu'il semblait à la belle blonde que la vue d'ensemble était ce qui avait le plus de chance de raviver sa mémoire, mais ça valait le coup d'essayer.

« Bon vous savez quoi ? Ok je vais-…

Un petit "hum ?" s'échappa des lèvres de la jeune femme alors qu'elle laissait ses doigts courir le long de la main courante qui menait jusqu'à l'entrée. Un bois vieux, peint de blanc comme le reste de la maison et craquelé à certains endroits. C'était une belle demeure familiale, très vieille à n'en pas douter. Elle aurait été parfaite pour la famille Request... La jeune femme balaya comme d'un revers de main ses pensées et son mal au coeur en s'approchant de la porte d'entrée pour tenter un coup d'oeil à l'intérieur.

Devoir employer la force pour vous virer de chez moi, c’est plus possible là. »

- Oui.

Évasif. Absent. Car le ton seul de l'homme indiquait à Maya qu'il ne devait certainement rien lui apprendre d'intéressant concernant ses recherches. Il était assurément encore entrain de lui aboyer dessus. Mais encore une fois, sans porter attention à ses paroles, la chasseuse surveillait étroitement les gestes du paysan. Il était hors de question qu'il touche ne serait-ce qu'à un de ses cheveux.

« Trois… »

Maya avait fini de scruter l'entrée et elle était quasiment certaine qu'inspecter plus encore les lieux de si près ne l'aiderait pas davantage. Avançant de quelques pas vers le jeune homme, elle descendit quelques marches du perron pour venir s'y asseoir.

- Je suis certaine de la connaitre mais je ne sais pas d'où.

Son regard clair perdu un instant dans le vague avant qu'il ne revienne s'accrocher à celui du brun.

- Votre maison n'a jamais été utilisée pour tourner un film ou comme modèle de dessin ?

Et pourtant la blonde n'était pas une adepte des énigmes, elle n'aurait pas pu être détective ni se pencher pendant des heures au dessus de mots croisés. Mais ce mystère là semblait la toucher d'assez près pour qu'elle s'y laisse couler en toute conscience.

- J'ai comme une impression de déjà vu... Et pourtant je suis certaine de n'être jamais passée par là...

A nouveau ses yeux s'évadèrent. Cherchant plus loin que ce qu'elle pouvait apercevoir, fouillant les recoins les plus profonds de sa mémoire, affichant des images qu'elle chassait parfois trop vite de peur qu'elle ne l'atteigne. Toutes les zones de la mémoire de Maya n'étaient pas bonnes a explorer, alors elle tentait de se contenter des images, seulement des images.

- C'est quoi déjà votre nom à vous ?


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MessageSujet: Re: Prosecutors will be molested ~ Mayaustin   Lun 29 Mai 2017 - 17:43



Prosecuters will be molested
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Son « Trois » était tombé comme un pétard déjà mouillé qui coule dans l’eau. Et il avait eu exactement le même effet. Aucun. Et elle commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs. Parce que le pire, c’est qu’elle lui avait fait de sacrés faux espoirs.
Elle s’était remise à bouger, s’éloignant enfin de la maison, commençant par descendre les quelques marches devant la porte d’entrée, comme en direction de la route. « Ah bah enfin ! On va enfin pouvoir manger ! » avait lancé Salim, parce qu’il était vingt heures en Iran donc déjà midi au Kentucky, et que les deux avaient faim. En plus, Austin lui avait promis du bacon, parce que Salim adorait ça finalement, malgré le Coran qui, de toute façon, n’interdisait pas la télépathie gustative. Donc techniquement c’était bon. Et João n’avait pas encore mangé non plus pour une raison quelconque, donc tout le monde avait faim. Pauvre Suki qui essayait de dormir.

Et elle s’arrêta de partir, la blonde, elle avait finalement décidé de rester. Et de s’asseoir, tranquillement, comme ça, sur les marches. Nan mais franchement, on allait où comme ça ? « Nulle part, visiblement» se dit Salim.
Austin lâcha un soupir exaspéré, levant les yeux au ciel si haut qu’ils auraient pu devenir deux planètes naines du système Solaire. Ou système galère (j’adore l’humour). Il descendit lui aussi les quelques marches tout en répondant le plus désagréablement du monde « Mais oui c’est ça, allez » avant de se planter face à elle, fixant son regard aux sourcils froncés droit dans le sien, l’air grave.

Il ne comprenait vraiment pas à quoi elle jouait, et c’était cela qui l’énervait le plus. Si son pouvoir l’avait bien aidé à quelque chose, c’était à devenir plein d’empathie, à apprendre comment se mettre à la place des gens pour réfléchir à leur place, trouver ce qu’ils ont à gagner, à perdre, et jouer en fonction de cela. C’était pratique pour dire aux gens ce qu’ils voulaient entendre, leur faire faire ce que l’on veut qu’ils fassent parce qu’on arrive à appuyer suffisamment bien sur leurs intérêts pour leur faire croire qu’ils y gagnaient à faire ce que l’on voulait. Et surtout, c’était pratique parce que cela permettait de rester calme, la plupart du temps, parce que l’on comprenait pourquoi tout le monde était aussi chiant.
Comme au début de leur accrochage, Austin savait bien que l’arrivée de cette inconnue sur sa propriété était un accident, c’était pour cela qu’il avait fini par se calmer. Entre autres. La capacité et le réflexe de se demander pourquoi les gens faisaient ce qu’ils faisaient, c’était l’assurance de pouvoir les comprendre donc réfléchir à leur sujet.
Mais bon, ce n’était pas infaillible non plus, Austin ne prétendait nullement pouvoir comprendre les femmes. Surtout  comprendre cette femme-là. Et c’était cela qui l’énervait beaucoup. C’était le mur évident, implacable, qui se dressait entre le comportement de cette étrangère et toute logique quelle qu’elle soit. On lui avait demandé plusieurs fois de partir, on l’avait raccompagné, on avait fini par la menacer, mais nan, elle restait. Elle était censée avoir compris qu’on ne voulait pas d’elle ici, qu’elle n’y gagnerait que des emmerdes à rester, mais cela l’indifférait totalement. C’était à se demander si elle écoutait. Elle devait avoir un pète au casque, c’était la seule raison logique derrière son comportement.
« Mais qu’est-ce qu’elle raconte… Elle est complètement frappée hein » pensa Salim à haute voix, ce qui fit sourire Austin dans un soupir exaspéré parce qu’ils en étaient arrivés à la même conclusion.

Alors, Austin plaignait intérieurement tous ceux qui devaient vivre avec elle au quotidien, mais lui le premier parce qu’il ne les connaissait pas et qu’il n’avait pas que ça à faire de s’occuper d’elle, il avait du travail. Lui. Les autres il s’en fichait au final, il avait juste envie qu’on le laisse tranquille, là.
« Carvel, commença-t-il, exaspéré, alors qu’il s’approchait d’elle. Puis il reprit. Vous pourrez même aller dire à la police que c’est Austin Carvel, 2245 Illinois Road, Radcliff Kentucky, qui vous a agressé pour vous faire partir de sa propriété. Mais je vous avais prévenue. »
Et alors qu’il parlait, il se pencha pour essayer de l’attraper. Son objectif était simple, la passer par-dessus son épaule et la porter comme un sac à patates jusqu’à la sortie. C’était classique comme plan, une prise facile, surtout qu’elle avait de longues jambes et que c’était la seule prise dont il avait besoin, un exercice déjà répété parce que même s’il n’avait jamais eu de visiteurs aussi chiants chez lui il s’était déjà amusé à porter des amies, ou tout simplement sa copine. Efficace, donc.
« A chaque fois j’oublie qu’ici c’est normal pour les gens de se toucher. Son mari pourrait te tuer pour ça, ici. » commentait Salim, soulevant un point important. Mais bon, il était important ailleurs. Ici, c’était de l’autodéfense. Second amendement de la Constitution, le droit de protéger ses biens, sa famille, contre tout et tout le monde, etc…
De toute façon, Austin était plus fort qu’elle, elle n’avait aucune chance. Et ironiquement, elle avait de la chance de ne pas être tombée sur un plus tordu qu’Austin qui aurait pu profiter de la situation et, justement, ne pas vouloir la laisser partir.

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MessageSujet: Re: Prosecutors will be molested ~ Mayaustin   Sam 3 Juin 2017 - 16:41



❝Old friend, new enemy ?❞
Austin & Maya


Le tour de ses connaissances du grand et surtout du petit écran se termina sans succès. Regarder des séries étaient une des choses que la jeune femme préférait faire pour passer le temps et tout oublier de ce qui l'entourait ou l'avait un jour entourée. Parfois elle pouvait s'enfermer pendant des jours entiers dans son appartement avec sa télévision comme seule compagnie. C'était encore la zone neutre, celle dans laquelle Maya pouvait se plonger, se noyer même, sans crainte. Mais cette branche de connaissance là ne lui suffirait apparemment pas concernant ce problème tout particulier. C'est à ce moment là qu'il fallut passer aux images fixes. Quand la douleur menaçait à chaque divergence de l'esprit et que seul un dessin immobile et totalement étranger restait supportable. La jolie blonde avait repoussé cette éventualité au maximum mais il n'y avait plus d'autres solutions maintenant. Abandonner n'en était pas une non plus. Quoi que son nom peut-être pouvait être un autre chemin...

« Carvel. Vous pourrez même aller dire à la police que c’est Austin Carvel, 2245 Illinois Road, Radcliff Kentucky, qui vous a agressé pour vous faire partir de sa propriété. Mais je vous avais prévenue. »

De la tirade du jeune homme la Hunter ne retint que son nom de famille. Peut-être son prénom aussi, distraitement. De toute manière, la jeune femme avait rapidement remarqué que c'était un bien triste personnage vulgaire et bourru qu'elle avait rencontré là et qu'il ne risquerait certainement pas d'attiser quelconque amitié de sa part.
Carvel. Ca ne lui disait pas grand chose. Elle était presque même certaine de n'avoir jamais entendu ce nom. Pas de ce qu'elle se souvenait en tout cas. Quoi qu'il en soit, il était clair que ce nom ne courrait pas les rues, ni en Suisse ni en France. Peut-être que si la jeune femme en parlait à sa sœur... Peut-être que si elle la conduisait ici, l'ainée Request saurait faire le rapprochement. Et pour sûr, le paysan qui déjà ne savait pas supporter une seule des blondes de la famille finirait par être achevé par l'arrivée d'une deuxième... Avec un plus mauvais caractère encore... Quoi que, Maya se dit que l'homme pourrait la trouver plus charmante et plus amicale. Après tout, c'était elle la plus sociable des deux. A moins qu'il se révèle être un mutant, et là il regretterait la douceur et la tendresse évidentes de Maya.
Lorsque l'homme se pencha soudain, le temps tout entier parut ralentir aux yeux de Maya. Elle le voyait déjà l'attraper et la jeter loin de sa propriété, sûrement dans une fosse où il gardait le cadavre des autres personnes qui avaient un jour osé mettre un pas sur sa propriété privée. L'espace d'un instant, l'image du tas de cerfs morts de House of Wax revint à la mémoire de la jolie blonde. Elle ne serait pas son foutu prochain cerf mort. Il suffit à la jeune femme d'une impulsion, une aide à peine pour l'homme qui avait déjà totalement fait pencher son centre de gravité. Une pression forte sur sa nuque au niveau de ses jambes qu'elle atteignaient en se penchant un peu dans sa position encore assise et le brun fut jeté aux pieds de la chasseuse qui pendant la chute, suivant le mouvement, s'était redressée comme piquée à vif, perchée du haut des marches. 

-  Ne me touchez pas !

Combien de fois s'était elle retrouvée à affronter quelqu'un de plus fort qu'elle ? Maya ne pouvait pas se limiter aux mutants avec un gabarit chétif, alors sa force n'étant pas des plus remarquables, Zoë lui avait rapidement appris à se servir de celle de ses ennemis. Une question de physique simplement, de gravité, motivée plus encore par le fait que Maya supportait rarement qu'on la touche. Le contact physique était trop intime, il rapprochait les gens. C'était peut-être pour ça que la chasseuse n'aurait pas pu habiter dans une métropole. Trop de monde, trop de transports en commun bondés, trop de contacts forcés, de corps serrés les uns contre les autres qui mélangeaient leur odeurs et leurs sueurs. Non définitivement, on n'effleurerait la jeune femme sans son accord ni en ville, ni en campagne.

- Sale rustre !

Et elle était gentille parce que rustre n'était pas vraiment le premier mot qui lui était venu à l'esprit.

- C'est bon je vais vous laisser seul avec votre vieille bicoque trop grande et votre tracteur. Vous devez former une superbe famille tous les trois.

Juste pour signaler qu'elle avait bien compris qu'il avait l'air d'un homme solitaire et qu'il y avait des raisons à ce qu'il le soit. Il pouvait ne pas comprendre, elle s'en foutait.
A surplomber l'homme du haut des marches, les mains serrées en poings et le corps entier agité par la colère et l'adrénaline, la jeune femme n'essayait même pas de cacher son bouillonnement intérieur. La partie n'était pas finie, Maya n'abandonnerait pas : elle voulait savoir d'où venait cette trop intrigante maison, mais il avait été trop loin. Il fallait qu'elle en sache plus sur lui avant de revenir, peut-être même en s'assurant de l'absence du paysan bien trop dérangeant.
Après un regard de feu vers l'homme, la Hunter entreprit de descendre les escaliers, baissant l'espace d'un instant les yeux pour regarder devant elle : qui pouvait savoir à quel point la barraque était ancienne. Peut-être était-elle déjà bouffée de toute part par les mites.
Quand soudain, des marques dans le bois sur un des poteaux qui encadraient l'escalier attirèrent son regard. C'étaient deux lettres précédées par un trait. Le Z était plus haut. Bordel.
Finissant de descendre, Maya se retourna vivement, sondant soudain l'homme d'un regard décidé et pénétrant, tout en restant à une distance prudente et raisonnable.

- C'est qui M et Z ?

Parce qu'elle ne pouvait pas se permettre de partir dans des hypothèses. Elle devait chasser toutes les idées qui se poussaient aux portes de son esprit pour ne pas avoir à plonger sans que ce soit nécessaire dans des choses qui la dépassaient et de loin.
Mais ses pensées n'était pas loin. C'était trop évident et il suffirait de deux mots de la part du jeune homme pour qu'elles se déverses comme un fleuve violent. Pas deux mots en fait : deux noms.


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MessageSujet: Re: Prosecutors will be molested ~ Mayaustin   Ven 9 Juin 2017 - 18:21



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C'était un plan simple. Efficace. Pas à tortiller. Pas la peine. Si tout se passait comme prévu. Mais rien ne se passait jamais comme prévu. C'était quelque chose de facile à comprendre, un peu moins à assimiler mais qui finissait toujours par rentrer. Surtout face à un tel énergumène. Mon Dieu quel spectacle, celle-là...
Il ne suffit que d'un coup, une pression, bien placée et bien appuyée pour faire mordre la poussière à Austin et à son plan tout entier. Comme c'était humiliant.

Elle débarquait chez lui, sur sa propriété, la terre de ses ancêtres. Elle était insolente, se pensait tout permis, ne comprenait pas qu'elle dérangeait, et pire encore, qu'elle agissait comme une hors-la-loi. Et elle ne comprenait pas qu'elle n'était pas la bienvenue. Que l'on ne voulait pas d'elle ici, et elle agissait comme si elle avait tout-à-fait le droit d'être ici. Comme c'était énervant.

Tombé à genoux sur le sol, Austin se relevait lentement, gardant ses yeux assassins, énervés, revolvers, plantés dans ceux de son ennemie. Elle n'avait pas à l'être, son ennemie, mais elle l'avait cherché à force. Le propriétaire des lieux, seul ayant le droit d'être là où il était, s'était voulu exemplaire. Il l'avait raccompagné dehors, il lui avait demandé plusieurs fois, poliment, de partir. Mais bon. Il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis, et elle semblait obstinée à rester ici. Et hors de question pour Austin de changer d'avis, c'était lui qui avait raison ici.
« Il est con ton raisonnement » commentait Salim, un peu derrière, qui pouvait un peu se permettre d'être un peu plus objectif puisque cette colère n'était pas la sienne.

Il la ressentait lui aussi, mais un peu moins qu'Austin parce qu'il n'en avait pas envie. Une partie de l'apprentissage du contrôle de leurs pouvoirs, c'était de savoir en partager de moins en moins, de pouvoir canaliser les sentiments des autres, se calmer pour aider les autres à se calmer. Parce que les choses n'allaient jamais que dans un sens avec eux, et cela rendait toujours tout plus explosif. L'un était énervé, cela énervait les trois autres, et cela agaçait encore d'avantage le premier. Cercle vicieux, réaction en chaîne, bombe atomique.
Apprendre à bloquer tout cela dés la première étape de la réaction en chaîne, c'était bloquer les sautes d'humeur qui les prenait depuis leur plus tendre enfance, depuis bien avant la première manifestation de leur pouvoir. C'était peut-être cela, même, la première manifestation de leur pouvoir.

Alors, Salim était un peu moins énervé qu'Austin. Agacé, irrité, irritable et agaçant, il était pile de la bonne humeur pour être tranchant. Comme il l'était avec Austin, en commentant ses pensées à voix haute, sachant que ce dernier ne pouvait pas répondre en l'imitant, parce que la blondasse était déjà assez chiante comme ça, pas la peine de parler à ses amis imaginaires devant elle. Elle le prenait déjà pour un fou... Mais instinctivement, plus vite qu'il ne put le contrôler, Austin jetait un rapide coup d’œil vers Salim, agacé, comme si quelque chose le distrayait derrière la jeune femme, avant de revenir à celle-ci parce qu'après-tout, elle seule était censée être là.

« Ne me touchez pas !
-Partez de chez moi, répondait Austin, doucement mais exprimant plus de dédain par sa voix, son visage et son regard qu'il ne l'avait jamais fait auparavant.
-Sale rustre !
-DEGAGEZ ! » criait-il finalement, pointant le portail qui menait à la route, à ailleurs, à un endroit où elle serait peut-être la bienvenue.

Très bien, il ne la toucherait pas, de toute façon il n'avait pas prévu de faire grand chose d'elle si ce n'était la jeter hors de chez lui.
Et enfin elle semblait avoir compris. « C'est pas trop tôt, putain ! » exprimait Salim et la pensée d'Austin. Elle commençait à descendre les marches, s'abaissant de quelques centimètres sous le regard lourd de l'agriculteur. Elle n'était pas la bienvenue ici, elle ne l'était pas et ne le serait jamais.
« C'est ça, ouais, » répondait-il à ses provocations. Il ne tomberait pas dans son piège, il ne ferait rien d'autre que de crier plus fort qu'elle à présent, parce que visiblement c'était la seule chose qui fonctionnait. Enfin il pourrait être débarrassé d'être et terminer ce qu'il était en train de faire. Suite à quoi il rangerait son tracteur, et s'enfermerait chez lui, seul, pour se détendre parce qu'il en avait bien besoin. Il avait commencé la journée parfaitement détendu, motivé, et à peine arrivé à la moitié, tout avait été chamboulé. Peut-être qu'il lirait un livre, approfondirait son arabe ou son persan puisque Salim était là, mais pas longtemps. Il n'avait plus envie de faire quoi que ce soit, si ce n'était se retrouver seul, avec ses trois autres lui. Il les regarderait vivre, les suivrait un peu partout. Changer d'air, ça marchait toujours. Et dans le pire des cas, il rejoindrait Suki pour une sieste, parce que treize heures de décalage horaire avec Tokyo, ça aidait toujours à dormir quand on le souhaitait.

Et tous ses espoirs de revenir à une vie normale tombèrent à l'eau lorsque l'inconnue, l’exécrable, s'arrêta juste après avoir descendu les marches.
« C'est qui M et Z ? demandait-elle.
-Ouais c'est qui ? insistait Salim. Tu me diras après, du coup.
-Je ne répondrai pas. Cela ne vous regarde pas. Allez vous-en. Et que je ne vous revoie plus. » obtint-elle comme seule réponse. Clairement, ce ne serait pas d'Austin qu'elle aurait davantage d'informations. Si elle avait été plus coopérative, peut-être qu'elle aurait pu avoir quelque mots, mais elle avait décidé de n'en faire qu'à sa tête. Elle en souffrirait les conséquences. Aussi minimes et risibles soient-elles.

« Dehors. » conclut Austin une dernière fois, ses yeux plantés dans ceux de l'envahisseuse, sérieux et grave, pointant la sortie pour se faire clair. Il n'exprimerait désormais rien de plus que sa volonté de la voir partir de chez lui. Et plus vite que ça.

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MessageSujet: Re: Prosecutors will be molested ~ Mayaustin   Ven 9 Juin 2017 - 18:24



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C'était un plan simple. Efficace. Pas à tortiller. Pas la peine. Si tout se passait comme prévu. Mais rien ne se passait jamais comme prévu. C'était quelque chose de facile à comprendre, un peu moins à assimiler mais qui finissait toujours par rentrer. Surtout face à un tel énergumène. Mon Dieu quel spectacle, celle-là...
Il ne suffit que d'un coup, une pression, bien placée et bien appuyée pour faire mordre la poussière à Austin et à son plan tout entier. Comme c'était humiliant.

Elle débarquait chez lui, sur sa propriété, la terre de ses ancêtres. Elle était insolente, se pensait tout permis, ne comprenait pas qu'elle dérangeait, et pire encore, qu'elle agissait comme une hors-la-loi. Et elle ne comprenait pas qu'elle n'était pas la bienvenue. Que l'on ne voulait pas d'elle ici, et elle agissait comme si elle avait tout-à-fait le droit d'être ici. Comme c'était énervant.

Tombé à genoux sur le sol, Austin se relevait lentement, gardant ses yeux assassins, énervés, revolvers, plantés dans ceux de son ennemie. Elle n'avait pas à l'être, son ennemie, mais elle l'avait cherché à force. Le propriétaire des lieux, seul ayant le droit d'être là où il était, s'était voulu exemplaire. Il l'avait raccompagné dehors, il lui avait demandé plusieurs fois, poliment, de partir. Mais bon. Il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis, et elle semblait obstinée à rester ici. Et hors de question pour Austin de changer d'avis, c'était lui qui avait raison ici.
« Il est con ton raisonnement » commentait Salim, un peu derrière, qui pouvait un peu se permettre d'être un peu plus objectif puisque cette colère n'était pas la sienne.

Il la ressentait lui aussi, mais un peu moins qu'Austin parce qu'il n'en avait pas envie. Une partie de l'apprentissage du contrôle de leurs pouvoirs, c'était de savoir en partager de moins en moins, de pouvoir canaliser les sentiments des autres, se calmer pour aider les autres à se calmer. Parce que les choses n'allaient jamais que dans un sens avec eux, et cela rendait toujours tout plus explosif. L'un était énervé, cela énervait les trois autres, et cela agaçait encore d'avantage le premier. Cercle vicieux, réaction en chaîne, bombe atomique.
Apprendre à bloquer tout cela dés la première étape de la réaction en chaîne, c'était bloquer les sautes d'humeur qui les prenait depuis leur plus tendre enfance, depuis bien avant la première manifestation de leur pouvoir. C'était peut-être cela, même, la première manifestation de leur pouvoir.

Alors, Salim était un peu moins énervé qu'Austin. Agacé, irrité, irritable et agaçant, il était pile de la bonne humeur pour être tranchant. Comme il l'était avec Austin, en commentant ses pensées à voix haute, sachant que ce dernier ne pouvait pas répondre en l'imitant, parce que la blondasse était déjà assez chiante comme ça, pas la peine de parler à ses amis imaginaires devant elle. Elle le prenait déjà pour un fou... Mais instinctivement, plus vite qu'il ne put le contrôler, Austin jetait un rapide coup d’œil vers Salim, agacé, comme si quelque chose le distrayait derrière la jeune femme, avant de revenir à celle-ci parce qu'après-tout, elle seule était censée être là.

« Ne me touchez pas !
-Partez de chez moi, répondait Austin, doucement mais exprimant plus de dédain par sa voix, son visage et son regard qu'il ne l'avait jamais fait auparavant.
-Sale rustre !
-DEGAGEZ ! » criait-il finalement, pointant le portail qui menait à la route, à ailleurs, à un endroit où elle serait peut-être la bienvenue.

Très bien, il ne la toucherait pas, de toute façon il n'avait pas prévu de faire grand chose d'elle si ce n'était la jeter hors de chez lui.
Et enfin elle semblait avoir compris. « C'est pas trop tôt, putain ! » exprimait Salim et la pensée d'Austin. Elle commençait à descendre les marches, s'abaissant de quelques centimètres sous le regard lourd de l'agriculteur. Elle n'était pas la bienvenue ici, elle ne l'était pas et ne le serait jamais.
« C'est ça, ouais, » répondait-il à ses provocations. Il ne tomberait pas dans son piège, il ne ferait rien d'autre que de crier plus fort qu'elle à présent, parce que visiblement c'était la seule chose qui fonctionnait. Enfin il pourrait être débarrassé d'être et terminer ce qu'il était en train de faire. Suite à quoi il rangerait son tracteur, et s'enfermerait chez lui, seul, pour se détendre parce qu'il en avait bien besoin. Il avait commencé la journée parfaitement détendu, motivé, et à peine arrivé à la moitié, tout avait été chamboulé. Peut-être qu'il lirait un livre, approfondirait son arabe ou son persan puisque Salim était là, mais pas longtemps. Il n'avait plus envie de faire quoi que ce soit, si ce n'était se retrouver seul, avec ses trois autres lui. Il les regarderait vivre, les suivrait un peu partout. Changer  d'air, ça marchait toujours. Et dans le pire des cas, il rejoindrait Suki pour une sieste, parce que treize heures de décalage horaire avec Tokyo, ça aidait toujours à dormir quand on le souhaitait.

Et tous ses espoirs de revenir à une vie normale tombèrent à l'eau lorsque l'inconnue, l’exécrable, s'arrêta juste après avoir descendu les marches.
« C'est qui M et Z ? demandait-elle.
-Ouais c'est qui ? insistait Salim. Tu me diras après, du coup.
-Je ne répondrai pas. Cela ne vous regarde pas. Allez vous-en. Et que je ne vous revoie plus. » obtint-elle comme seule réponse. Clairement, ce ne serait pas d'Austin qu'elle aurait davantage d'informations. Si elle avait été plus coopérative, peut-être qu'elle aurait pu avoir quelque mots, mais elle avait décidé de n'en faire qu'à sa tête. Elle en souffrirait les conséquences. Aussi minimes et risibles soient-elles.

« Dehors. » conclut Austin une dernière fois, ses yeux plantés dans ceux de l'envahisseuse, sérieux et grave, pointant la sortie pour se faire clair. Il n'exprimerait désormais rien de plus que sa volonté de la voir partir de chez lui. Et plus vite que ça.

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MessageSujet: Re: Prosecutors will be molested ~ Mayaustin   Sam 24 Juin 2017 - 14:48



❝Old friend, new enemy ?❞
Austin & Maya


Et elle avait envie de partir. Elle n'en avait peut-être jamais eu autant envie. Certainement que si toutes les personnes avaient été aussi désagréables que l'était Austin, il aurait été plus facile pour Maya de détester le monde entier en permanence. Il y avait peut-être des torts des deux côtés, assurément même, mais ça, la belle blonde était loin d'y penser.
C'était incroyable cette question de feeling. Ce ressenti qui faisait qu'on détestait parfois une personne dès le premier coup d'oeil. Une sorte de coup de foudre qui brûlait le corps au lieu de brûler le cœur. L'un et l'autre étaient douloureux, le premier seulement moins longtemps. Maya préférait ça. Détester les gens, se heurter à leur tempérament, haïr et être haït. Tout ça était bien plus facile que de laisser quelqu'un d'autre rentrer dans sa vie. Une protection pour les faibles, c'était ce que les gens qui étaient aimés auraient dit. Ces gens là ne comprenaient pas. Ils ne savaient pas à quel point c'était difficile. Faire un sourire, faire semblait aurait été plus simple que l'affront qu'elle subissait continuellement. Et en même temps, ça occupait l'esprit de la jolie blonde, ça l'empêchait de trop penser, de regretter. Voilà encore une histoire, une relation qui rassérénait la chasseuse, détester n'était pas toujours si difficile que ça. Il faudrait peut-être qu'elle finisse par le remercier.

Maya descendit les escaliers, tomba sur les écritures sur le bois. Mais le jeune homme ne semblait plus vouloir piper un mot. Peut-être que c'était tant mieux ainsi. La Hunter reviendrait. Peut-être pas avec sa sœur tout compte fait. Elle était entrain de se faire une affaire personnelle d'Austin, ce n'était peut-être pas une bonne idée. Mais pour ce qu'elle en avait à foutre...

« Dehors. »

La jolie blonde lança un regard noir à l'homme. Il s'en foutrait sûrement, mais il avait tort.
La chasseuse ne dit plus rien, jeta encore un dernier coup d'oeil aux gravures dans le bois, pour que sa dernière image ne soit pas le visage grave et fermé du paysan. Puis elle s'éloigna. Loin de tout ce bordel, de ce mystère et de ce rustre. Pourtant les lettres lui restaient restaient en tête. M et Z. En plus de cette maison qu'elle pensait connaître. C'était trop. Maya ne croyait pas aux coïncidences et celle là plus que les autres était trop importante.
Ca la concernait, ça concernait peut-être aussi sa sœur, ses parents sûrement alors. La jolie blonde secoua la tête alors qu'elle regagnait la forêt et que les images commençaient à l'assaillir. Pourquoi voulait-elle à ce point là se replonger dans ses souvenirs ? Des souvenirs qui pourraient lui faire du mal. Il ne fallait même pas qu'elle pense à ses frères. Il fallait qu'elle songe à autre chose. Les ombres des arbres engloutirent la jeune femme. Elle disparu, elle et sa rage pour rentrer à nouveau dans un endroit vide de toute personne. De toute menace. Elle pensa un instant à se laisser glisser contre le tronc d'un arbre pour rester là un moment. Mais elle ne devait pas s'arrêter. Ses pas la portaient en avant, chaque mètre parcouru la fatiguait un peu plus. Et aujourd'hui pour ce qui venait de se passer, il allait lui falloir une très longue randonnée. Peut-être qu'elle ne ferait que ça de toute la journée. Jusqu'à ce qu'elle finisse pas s’effondrer, enfin.



© Pando

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