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 (cesare), hope to never fall.

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ADMIN - master of evolution
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SUR TH DEPUIS : 15/02/2015
MessageSujet: Re: (cesare), hope to never fall.   Jeu 8 Juin 2017 - 1:33


no disaster can touch us anymore.
cesare demaggio & isolde saddler.

Elle ne savait pas ce qu’elle avait pu dire exactement qui avait pu faire sens dans la tête de Cesare à l’époque, mais elle se disait qu’y avait bien eu un truc qui l’avait fait sortir de son désespoir pour qu’il s’accroche comme il l’avait fait. Elle ne pouvait pas dire à quel moment ça avait changé pour lui, tout comme elle était incapable de resituer le moment où elle avait commencé à ressentir des sentiments pour lui. Mais elle savait qu’y avait quelque chose qui s’était passé entre eux et peut-être que si elle avait réussi à voir un peu plus clair une fois, elle pouvait recommencer. Elle ne savait pas trop, alors qu’elle avait l’impression d’être particulièrement dépassée pour tout ça, de juste tâtonner dans un terrain inconnu. Mais il était hors de question qu’elle le laisse tomber. Elle avait promis d’être là pour lui, quoi qui puisse arriver, bien avant de l’épouser et c’était – comme toutes les promesses qu’elle avait pu lui faire – un truc auquel elle n’avait pas l’intention de renoncer. Elle l’aimait trop pour un jour le laisser tomber et même dans les moments les plus difficiles, elle n’avait pas laissé tomber, même quand il lui avait dit qu’elle serait mieux sans lui, ou des trucs de ce genre, elle était restée là, alors maintenant qu’ils avaient la chance de pouvoir être ensemble pour de bon, maintenant qu’ils étaient mariés, y avait encore moins de chance pour qu’elle décide de prendre la fuite. Dans le fond, elle s’en fichait bien d’aider Radcliff, elle s’en fichait de tout ceux qu’elle pouvait aider, ça n’avait pas la moindre importance si elle ne pouvait pas l’aider lui. Il était indéniablement celui qui comptait le plus. Elle n’avait clairement pas réponse à ses questions et elle ne comprenait pas forcément tout ce par quoi il était passé, mais ça ne l’empêchait pas d’être là à essayait de l’aider et elle serait là, à ses côtés, pour toujours.

C’était clair que c’était pas un petit massage et quelques paroles qui allaient régler l’intégralité de ses problèmes comme par magie. Elle aurait bien aimé que ce soit aussi simple que ça Isolde. Si c’était le cas, ça rendrait la vie beaucoup plus simple. Mais la vie, elle n’était pas simple comme ça et ça c’était en revanche quelque chose qu’elle savait bien. Elle avait connu ses moments de doutes elle aussi, elle avait eu des moments où elle avait cru que le monde allait s’effondrer sous ses pieds et qu’elle ne s’en sortirait jamais. Depuis qu’elle connaissait Cesare, il avait toujours été là pour elle dans ces moments-là, même si ça avait été pour lui crier dessus et l’agacée plus qu’elle ne l’avait été, il avait été là. Ça n’avait pas toujours été son cas à elle. Elle savait bien qu’elle l’avait laissé tomber quand il avait eu le plus besoin d’elle et c’était une erreur qu’elle n’était pas prête de commettre à nouveau. Parler toute la nuit, ce serait pas non plus assez pour tout résoudre, mais si c’était nécessaire pour l’aider au moins un peu, elle resterait là sur ce canapé, avec lui, toute la nuit. « Tu crois que c’était bien alors, ce que tu as fait ? Dans le sens, utile pour quelqu’un ? » Légalement, ce serait jamais bien, de taper sur des gars, mais utile, ça pouvait l’être. Elle ne jugeait pas pour, sûr, elle serait la première à aller frapper sur des emmerdeurs, pour aider d’autres gens. Alors, elle n’avait aucun mal elle, à imaginer que cette action lui semble juste. Après, peut-être qu’il était allé trop loin, mais c’était une autre histoire et clairement pas ce dont elle parlait maintenant. Peut-être qu’il avait besoin de se sentir utile, en dehors des murs de cette maison, de la vie qu’il avait aux côtés d’elle et de Clara. C’était un sentiment qu’elle pouvait comprendre, c’était ce qu’elle avait voulu elle aussi, elle voulait aider les autres, certes, et c’était parce qu’elle était comme ça, elle aimait aider, mais elle aimait aussi se sentir utile, si bien que des fois, elle se disait que quelques remerciements pour le boulot qu’elle accomplissait, ce serait pas de trop, comme quoi, elle était loin de juste tendre la main aux autres de façon totalement désintéressée. « J’ai voulu rester parce que je pensais pouvoir faire quelque chose pour cette ville et j’ai vraiment bossé dur pour ça. J'ai cru que j'avais réussi quelques trucs et ces derniers temps ces trucs, ils sont juste tombés à l’eau. » Lancaster était libre, alors la victoire, elle avait été de courte durée et c’était pas le seul, tous les grands hunters qui avaient été mis en prison récemment, ils étaient libres maintenant. « Peut-être qu’il faut mieux que je parte tant que j’ai encore un peu l’impression d’avoir réussi quelque chose. » Partir sur un bout de victoire, aussi infime soit-il, peut-être que c’était mieux que de partir sur une totale défaite. Elle n’aimait clairement pas ça en plus, Isolde, la défaite. Alors peut-être que c’était le bon moment, aussi bien pour elle que pour lui. « Tu sais, je pensais vraiment que je serais toute seule, avec Clara ou dans la vie en général, j’ai repoussé pas mal de gens, toute ma vie, sous prétexte que j'étais certaine de pouvoir m’en sortir toute seule. » Ses amis même parfois, notamment avec cette histoire de bébé, pour laquelle elle s’était particulièrement renfermée sur elle-même pendant au moins toute sa grossesse. « Mais t’es là, pour moi et pour Clara et c’est vraiment important. Cet argument-là déjà, il prend beaucoup de place dans ma liste. » Y en avait d’autres, évidemment, mais rien que ça, le fait qu’il soit là, aussi évident puisse-t-il paraître, il signifiait beaucoup pour elle et pour Clara, sans aucun doute. Alors, si y avait bien quelque chose dont il ne pouvait pas douter, c’était bien de ça, il était un bon père, un bon mari et il le serait toujours à ses yeux, c’était certain.  

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MessageSujet: Re: (cesare), hope to never fall.   Jeu 8 Juin 2017 - 3:00



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ISOLDE SADDLER & CESARE DEMAGGIO

Puisqu’il n’avait jamais vraiment appris à communiquer, il y avait de fortes chances pour que Cesare ait toujours été plus maladroit avec ses mots qu’il n’aurait pu le vouloir; dialoguer était censé être cette chose miraculeuse qui rendait tout évident dans toutes les relations possibles et imaginables. Lâcher la vérité au grand jour aurait pu être, dans un monde idéal, la clé cruciale offerte à Isolde pour comprendre d’où il venait, et les raisons de ses actions. Pendant des mois pourtant, il n’avait pas eu la force de la lâcher, cette vérité; de peur qu’elle n’ait pas tant de poids que ça, finalement, avant toute chose: Aria avait été une chasseuse après tout, et il avait bien semblé à l’époque, que tous les chasseurs finissaient dans un seul et unique panier aux yeux de la Saddler. Alors est-ce qu’elle aurait pu comprendre, l’fait que pour lui, dix, vingt, trente, cinquante ‘innocents’ humains et transmutants, n’fassent pas le poids face à la vie de sa petite soeur? Tout autant qu’Isolde avait été chargée de compassion dès le début de leur histoire et même à son égard à lui, il n’avait jamais vu d’égal à sa rancoeur, et à la façon dont son affection pouvait devenir un véritable poison venimeux, palpable dans chacun de ses mots. Des mois plus tard, il se demandait si ‘dialoguer’ avait pu être une quelconque réponse, dans le fil conducteur de leur histoire: quand avait-elle accepté la personne qu’il était, le vrai visage qui s’était révélé à elle, après l’explosion de cet entrepôt? Dans cette fête foraine la toute première fois qu’il avait lâché le nom d’Aria? Dans la chambre d’hôpital après la naissance de Clara? Ou dans son appartement à elle, après la mort d’Anthea, quand ils avaient parlé de toutes ces choses totalement triviales et anodines de leurs vies de tous les jours? Peut-être avait-ce été un procédé plus insidieux que ça; des sentiments, évidemment nés dans le mensonge, à l’époque mitigée où il n’avait plus eu envie de lui mentir, mais pas eu la force et le courage de se défaire de tout ce dont elle était tombée amoureuse, chez lui. Après tout, Isolde Saddler n’était pas censée tomber amoureuse d’un chasseur - il n’s’était pourtant jamais joué d’elle comme un manipulateur avisé, jusqu’à s’construire une fausse vie de A à Z, précise comme une histoire tissée dans chaque détail. Parfois, ses mensonges avaient été des improvisations sur le bout de sa langue, d’autres fois, ç’avait été des silences et des secrets, plus que des mensonges nets et précis. Le dialogue, clairement alors et depuis le début, ç’avait été une chose bien chaotique pour eux deux; quand ils s’étaient enfin parlés en face à face, leurs vrais visages bien apparus au grand-jour, ç’avait surtout été à coup de disputes véhémentes et hargneuses. Il leur en avait fallu, des mois entiers, pour se défaire de ça. Et tout ce qu’il en retirait de ça, Cesare, c’était l’expérience que ce soir, il n’avait pas eu envie de répéter c’genre de souvenir désastreux à leurs esprits. Non pas parce qu’ils étaient mariés, et qu’ils étaient supposés être ‘mieux’ que ça, grâce aux bagues à leurs doigts. Mais parce qu’il voulait bien croire, quand même, que depuis les deux idiots de l’époque, ils avaient pas mal appris, et changé.

Pourtant, lui-même, personnellement, dès qu’il creusait un peu trop dans son crâne, le DeMaggio se retrouvait confronté aux doutes: avait-il changé autant qu’il voulait le prétendre? Ses mains ce soir, semblaient dire une histoire bien différente - les jointures de ses doigts rougies et abimées, avaient été synonymes de longs jours de chasse durant lesquels il avait littéralement déversé toute sa rage, et toute sa haine. Il l’avait déjà fait, après tout, s’paumer dans un genre de mascarade, à croire qu’il pouvait être mieux qu’un hunter, le fils de ses parents, rattaché au sang qui coulait dans ses veines et aux responsabilités qu’on faisait planer sur sa tête. Et il en avait essuyé les conséquences; et finalement, appuyer sur le détonateur pour faire exploser tous ces gens n’avait pas été aussi impossible qu’il aurait pu le croire. Au fond, il avait toujours eu l’âme d’un tueur, qui soupesait la vie comme s’il en avait le droit. Était-ce pareil encore aujourd’hui, alors même qu’il s’escrimait tant à essayer de jouer les bons pères de famille, les bons maris qui pouvaient se focaliser sur les choses simples de la vie, et les désirs minuscules d’un type qui se contentait de vivre sa petite vie, sans lever les yeux vers les autres? Il n’les avait pas tués, ces types, mais quoiqu’il en dise, ça n’avait pas été une crainte omniprésente dans son crâne - quelque-chose qu’il verrait comme un crime duquel il ne reviendrait pas. La question d’Isolde, alors, insidieusement, fit écho dans le crâne du brun, lui faisant serrer les dents. Chasser lui avait semblé être bien aussi, à une époque - ‘utile’ et important pour l’équilibre de ce monde. Tuer était une nécessité que sa famille lui avait transmise, comme balancer des poings pour s’faire entendre et survivre; peut-être alors qu’il avait eu faux sur toute la ligne aujourd’hui, et qu’il n’pouvait pas faire autrement que juste répéter, répéter encore et encore ce cercle-vicieux, tant il était instinctif pour lui. Tout c’qu’il pouvait faire après, c’était cohabiter avec ses remords, et apparemment, c’était ces peines-là qui faisaient d’lui ‘quelqu’un de bien’, ou un truc du genre. « Ouais... ça a semblé bien, sur le moment. » pour lui et pour le reste; après tout, des types qui usaient de leur force pour intimider quelqu’un, des types qui pariaient sur le fait qu’ils étaient plus nombreux pour s’en prendre à quelqu’un de seul, c’était aussi des connards, non? « Tout c’que j’ai appris, c’est que c’qui est utile est pas forcément bien. » il marmonna quand même, comme une réponse de sa conscience à tout ce que ses pensées remuaient. C’était ce qu’il s’était dit, intérieurement, au moment de ‘choisir’ la tournure de sa vie: pouvait-il faire un bon flic, quand lui-même n’savait pas ce qui était bien, ce qui était mal? Pouvait-il prétendre être un héros, sauver des vies, quand il avait tant de fantômes dans son esprit, et tant de sang sur les mains? Pouvait-il mériter quoique ce soit de ce qu’il essayait d’obtenir de la vie, comme si ça lui était dû, alors même qu’il avait arraché et pris, à tant de personnes, déjà? Faute de mieux, alors, il s’était juste mis de côté, pour s’faire oublier, peut-être pour oublier lui-même; mais il n’avait rien oublié, ni de son passé ni de ses réflexes meurtriers. C’était juste revenu puissance mille, tout comme ses parents étaient bien assez tôt, revenus dans sa vie, quand il avait essayé d’se mentir à lui-même, avec Isolde. Pourquoi devaient-ils tous les deux, tout le temps avoir tout un tas de débats internes avec leur conscience? Le brun pinça les lèvres en écoutant les doutes de sa femme; au fond, elle n’lui avait pas parlé de ça elle non plus, jusque-là. « T’utilises le mot ‘truc’ souvent. » sa petite moquerie le fit ricaner lui, au moins, le temps qu’il reprenne sa contenance pour se relever, et s’asseoir à côté d’elle sur le canapé. « J’te l’ai déjà dit... j’peux attendre. J’t’ai épousée à Radcliff, alors... on peut dire que t’as encore de la marge. » il sourit, « J’suis désolé si... tu t’sens toute seule, avec ton boulot. Et pour c’que j’dis, des fois... C’est... probablement normal, que j’aime pas ton job. La politique, l’exposition, les jugements... » il était trop paranoïaque, trop discret, trop secret, trop méfiant pour ça. Et le monde le lui rendait toujours bien, de toute manière. « Mais-... j’suis fier de toi, Isolde. De c’que t’essayes de faire. C’est... la personne que t’es. La part d’toi qui... veut s’battre pour cette ville, pour les autres... C’est aussi pour ça que j’suis tombé amoureux d’toi. Et qu’on est là, tous. » et peut-être que comme beaucoup d’choses, leurs ‘discussions’ sans réel dialogue lui avaient peut-être fait oublier ça. Leur avait fait oublier ça. « J’suis pas juste là... pour toi, et pour Clara. Tu m’rends toujours heureux, et- et rien de c’que j’fais, ou j’ferai, n’changera ça. » il le lui avait déjà dit, et il le lui avait sans doute répété dans ses voeux de mariage - ils s’étaient dit beaucoup d’choses, promis beaucoup d’choses ce jour-là. Peut-être que ç’avait été perdu dans toutes les émotions. Mais c’était toujours aussi fort et inébranlable, dans son coeur à lui. « J’te demanderai jamais... d’faire taire cette part-là d’toi. » ce serait comme tuer Isolde, toute une part d’elle, tout ce qui l’avait inspiré chez elle - tout ce dont Clara pourrait s’inspirer. C’était plutôt l’reste du monde, le problème, de toute façon. « Mais-... c’que j’veux dire, c’est que j’pense que... Radcliff, c’est pas l’bon endroit pour... faire comme si tout ça n’existait pas. Peut-être que... un jour, j’pourrai être-... juste un mécano. Mais à Radcliff, ça ressemble surtout à s’voiler la face. » tout ce qui avait pu le motiver, c’était que Clara ait une vie normale, pour le temps qu’ils resteraient ici; mais il n’pouvait pas effacer son passé de DeMaggio, Isolde n’pouvait pas se défaire de l’exposition et du jugement de tout Radcliff, quand elle rentrait à la maison ou quand elle était avec eux, le soir, en famille. Ils étaient les mauvaises personnes, définitivement, pour espérer pouvoir vivre sans s’poser de question - Cesare ne l’avait jamais fait tout court, alors pourquoi est-c’qu’ils essayaient, si désespérément?

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MessageSujet: Re: (cesare), hope to never fall.   Jeu 8 Juin 2017 - 13:29


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cesare demaggio & isolde saddler.

Dans le fond, l’amour, être en couple avec quelqu’un et partager sa vie avec lui, c’était quelque chose qu’Isolde ne maitrisait pas encore complètement. Elle n’en avait pas connu beaucoup, des histoires d’amour et au final, jamais de trucs assez sérieux pour que ça lui forge une véritable expérience. C’était avec Cesare qu’elle apprenait tout et quand bien même ils étaient mariés maintenant, elle était certaine qu’y avait encore tout un tas de choses qu’elle ne maitrisait pas. Elle en avait eu la preuve aujourd’hui, elle n’avait rien vu venir de ce qui pouvait tracasser Cesare et elle avait l’impression d’être tombée de haut, quand son téléphone avait sonné pour qu’on lui dise que son mari venait de se faire arrêter et qu’il était en garde à vue. Elle se disait qu’elle aurait dû voir bien avant qu’y avait des trucs qui tracassaient Cesare, elle était sa femme après tout et elle avait l’impression de bien le connaitre, assez pour savoir quand il n’allait pas bien et pourtant là, elle n’avait clairement pas été à la hauteur. Elle avait probablement passé ces derniers jours, dernières semaines, voire même derniers mois, à se concentrer surtout sur elle-même et à râler pour un oui ou pour un non sur tout ce que sa grossesse pouvait entrainer. Elle se sentait égoïste, maintenant quand elle y repensait, d’avoir été juste bonne à se plaindre et que Cesare, il avait été là, à essayer de l’aider du mieux qu’il le pouvait, même ces fois où elle avait été penchée sur la cuvette des toilettes prise par des nausées insupportable et qu’y avait rien eu à faire, il avait essayé d’aider. C’était sans doute elle, la seule, qui devait se dire qu’elle était une mauvaise épouse alors. Elle avait l’impression que lui, il le voyait tout de suite quand elle n’allait pas bien et elle aurait voulu que la réciproque soit vraie aussi, mais fallait croire qu’elle, elle était juste nulle pour ça.

Elle pouvait, au moins, essayé de se rattraper maintenant. Elle aurait facilement juste pu s’énerver comme elle avait l’habitude de le faire, comme elle l’avait trop souvent fait en face de Cesare, parce qu’elle était comme ça, colérique comme pas deux et que dès qu’il y avait le moindre petit problème c’était ses nerfs qui prenaient le dessus sur tout le reste. Elle avait bien manqué d’exploser un peu plus tôt dans la voiture, parce que c’était plus simple comme ça et que c’était indéniablement son premier instinct. Mais elle savait bien que c’était pas du tout constructif et que c’était certainement pas ça qui allait aider Cesare. Est-ce que ça les avait déjà aidés ne serait-ce qu’une fois, de s’engueuler plutôt que d’essayer de parler calmement ? Probablement pas, après tout, même pendant les mois où ils avaient été séparés, les discussions les plus calmes – aussi rares avaient-elles étaient – étaient celles dont ils avaient réussi à tirer quelque chose. Y avait pas besoin de s’énerver de toute façon, elle en était arrivé à cette conclusion plus tôt, quand elle avait été juste avec Clara et ça lui semblait d’autant plus vrai maintenant qu’elle était avec Cesare. Ils avaient passé trop de temps à s’engueuler comme deux imbéciles dans le passé, pour recommencer comme ça. S’ils devaient se disputer pour quelque chose, autant que ce soit pour le prénom du bébé ou les couleurs de la chambre, histoire de faire comme les autres couples, quoi que, probablement que juste parler calmement, même pour ça, ça pouvait être pas mal. C’était définitivement mieux en tout cas, pour cette discussion qu’ils avaient. « Non, ça l’est pas. Mais y a toujours moyen d’allier les deux quand même. T’as peut-être besoin de trouver quelque chose qui te permettrait de te sentir utile en faisant quelque chose de bien. » C’était probablement plus facile à dire qu’à faire, elle le savait bien, c’était un peu le truc après quoi elle courrait elle. La police, ça avait été bien, sur le papier en tout cas, mais pas utile, alors qu’elle avait été empoisonnée par les sbires de Lancaster. Insurgency, elle avait cru que c’était utile, mais clairement, ça n’avait pas été bien. La mairie au moins, ça lui avait permis d’avoir les deux. C’était bien, c’était juste et logiquement, c’était utile, vu ce que Lancaster avait fait de la ville, y avait bien besoin que quelqu’un essaie de restaurer un peu les choses. Ces derniers temps, elle n’était pas sûre que ce soit encore très utile alors que tous ses efforts semblaient complètement vains. Elle laissa échappe un léger rire à la réflexion de Cesare, pas franchement consciente des mots qu’elle utilisait, avant de relever les yeux vers Cesare qui venait de s’asseoir sur le canapé. « Merci. » Après tout, peut-être qu’elle n’avait pas besoin de la reconnaissance des autres, tant que Cesare lui, il était fier d’elle. « J’ai juste l’impression de rater tout ce que j’entreprends en ce moment. Je gère pas très bien l’échec. » C’était peu dire, même à petite échelle, elle gérait mal ça, elle était du genre mauvaise perdante même dans les trucs les plus simples de la vie. « Des fois j’aime pas mon job non plus. » C’était pas facile de l’aimer quand tout allait de travers. Au moins, elle pouvait toujours se rappeler qu’il faisait d’elle l’une des personnes avec le plus de pouvoir en ville, c’était pas mal pour se réconforter. Au moins, il était heureux avec elle, l’idée lui arracha un sourire, quand bien même c’était pas forcément un truc dont elle avait douté. C’était plus avec le reste qu’il ne semblait pas être heureux. « J’suis certaine que cette part de moi pourra vivre n’importe où. » Il se trainerait ça où qu’ils aillent, c’était certain, mais au moins sans Radcliff, peut-être que les choses seraient plus faciles, elle n’en savait rien, elle devait bien admettre qu’elle, elle n’imaginait pas souvent la vie en dehors de la ville, elle ne savait même pas où elle voudrait aller, elle ne s’était jamais vraiment posé la question. « J’te trouve plutôt sexy en mécano, mais, en toute honnêteté, je suis pas sûre que même à l’autre bout du monde, tu sois fait pour ça. » Pas plus qu’elle n’était elle faite pour être politicienne sans doute, elle en avait bien conscience et ça se rappelait souvent en elle quand la paperasse commençait vraiment à la gonfler. Elle attrapa l’une de ses mains entre des siennes à elle, caressant légèrement ses doigts sur lesquels elle voyait bien les conséquences du combat qu’il avait livré. « Désolée, je t’ai même pas demandé si t’étais blessé … Ça va ? Tu devrais peut-être mettre quelque chose là-dessus. » C’était lui l’expert pour ça, elle, elle ne pouvait que s’inquiéter pour lui quand il avait quelque chose qui n’allait pas et écouter ce qu’il lui conseiller de faire quand c’était elle. Maintenant, elle s’en voulait aussi pour ça, pour avoir juste râlé sur ce qu’il avait fait, quand elle l’avait vu sortir de cellule, et ne pas s’être inquiété de savoir s’il avait été blessé ou non. Certes, il n’était pas à l’hôpital, mais quand même, ces types avaient au moins dû essayer de se défendre.  

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MessageSujet: Re: (cesare), hope to never fall.   Ven 9 Juin 2017 - 2:38



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ISOLDE SADDLER & CESARE DEMAGGIO

Radcliff n’était pas la ville des décisions faciles; c’n’était pas l’endroit où les choses étaient évidentes et les choix, totalement indéniables. Cesare avait la sensation d’avoir appris ça trop tard, et à coups de conséquences douloureuses. Il en était maintenant à envier tous les ‘gens idiots’ qui arrivaient à vivre dans ce coin de monde, sans regarder plus loin que le bout de leur nez. Ceux qui se préoccupaient de leur voiture comme si une panne pouvait être la pire chose à leur arriver, de toute la semaine. Existait-il encore des gens comme ça, à Radcliff? Dans le paysage d’habitants qu’il côtoyait, le DeMaggio se sentait bien loin de la normalité - pourtant, il n’était plus un chasseur, il n’avait pas choisi de devenir membre d’Insurgency ou d’Uprising, activiste pour quelque cause que ce soit. Alors pourquoi est-c’que les causes, elles, elles semblaient revenir droit sur lui, à tout moment? Aussi paradoxal que cela pourrait paraître, compte-tenu de son passé, le ‘normal’ aurait pu être la vie qu’il désirait, avec Isolde. Pour Clara. Pour lui-même; ironique, quand on pensait à toutes les fois où il les avait dénigrés, ces gens simples et simplistes. Aujourd’hui-même encore, il avait ressenti un profond dédain pour toutes ces personnes lambda dont les visages se mixaient dans son crâne: comment pouvait-on être désintéressé du moindre contrôle sur sa situation, au point de n’pas savoir changer un pneu, changer sa courroie de distribution, ou remettre du liquide de refroidissement dans sa bagnole? Des tâches presque ingrates, même pour un mécanicien et qu’il accomplissait pourtant, plus souvent qu’il n’était décent de le dire. Mais Isolde et lui, des mois plus tard, quels qu’aient été leurs engagements, ils semblaient encore bien loin de cette existence-là, si commune aux autres. A cause d’eux-mêmes, ou à cause du reste du monde? Ce serait facile de blâmer les choses de l’un et de l’autre, de s’disputer sur ça comme si rien n’pourrait changer, au fond du fond. Les gens qui ne vivaient que pour eux après tout, ils devaient s’poser beaucoup moins de questions qu’Isolde ou lui. Mais peut-être que c’était une question d’habitude ou d’attitude, plus que d’environnement, parce que même en mécanicien, même planqué derrière son job, le DeMaggio n’avait eu de cesse de sentir son esprit partir autre-part: à cause des risques, mais aussi, au fond, parce qu’il avait fini par s’dire qu’il n’pouvait pas se contenter de ça. Ses pensées n’pourraient jamais être faites juste de joints de culasse, de roues et de moteurs. Son esprit avait été éduqué à tourner à mille à l’heure, dans des directions bien précises: la seule chose qu’il craignait, qu’il n’arrivait pas à mettre en mot, c’était si jamais le meurtre restait aussi aisé en lui, que la méfiance ou ses réflexes à se maintenir éloigné d’autrui. Il en fallait, après tout, un sacré sang-froid - presque glacé - pour n’pas compatir avec tous les gens pitoyables qu’on pouvait croiser; il en fallait, un coeur de pierre pour regarder une pauvre fille bien jeune et peu impressionnable, et la traiter comme une menace, alors même qu’elle avait semblé être intimidée par chaque seconde passée sous son regard analytique et impérieux. Cesare, dans ces circonstances-là, il en arrivait presque à s’dire qu’il avait peut-être du mal à juste être humain - à avoir ce genre de décence et de bienveillance si naturelle chez les autres. Surtout chez Isolde. Comme quoi, les opposés s’attiraient, et entre eux deux, ça faisait surtout des étincelles. Aujourd’hui, la ‘bienveillance’ de Cesare dans une certaine situation, avait été d’bondir au milieu d’une bagarre pour mettre tout le monde d’accord, avec des grands coups violents qui avaient envoyé quatre personnes différentes à l’hôpital, avec des blessures plus ou moins graves. S’mettre de côté, dans ces circonstances-là, détourner le regard et se concentrer juste sur son bout de monde semblait presque être une nécessité; le brun se sentait presque être un danger public depuis bien longtemps. Plus longtemps qu’il n’était prêt à l’admettre; et les jugements d’Isolde, aussi hâtifs et inconscients étaient-ils, ils n’aidaient pas beaucoup. Tout l’monde n’avait pas la prétention d’avoir grandi avec certains genres de privilèges; sa famille à lui avait eu l’argent, mais ils avaient certainement manqué de tout le reste. Isolde, elle n’avait jamais dit avoir été particulièrement riche pendant son enfance, mais elle avait eu un père qui s’était dévoué tout entier à elle. Et aussi aisément que ça, dans un claquement de doigts, un lancé de dés des circonstances, la blonde aurait pu grandir dans des circonstances tout à fait différentes: son père aurait pu n’pas accepter sa nature de mutante, il aurait pu la haïr toujours au moins un peu pour ce que sa naissance avait provoqué dans son mariage. Il aurait pu aller jusqu’à pinailler sur sa sexualité, ces faits-là de sa personnalité, le coeur du coeur de c’qu’elle était. Mais non, Henry Saddler avait été parfait de A à Z; c’était bien dur de venir après lui, en tant que ‘repère masculin’ - c’était bien dur aussi, d’faire comprendre à Isolde ce qui pouvait motiver, en parallèle, un individu comme Rafael DeMaggio.

Ses parents à lui n’avaient certainement pas accepté sa nature de transmutant, ils avaient écrasé ses rêves et ses ambitions, ou chaque trait de sa personnalité avant que tout ça ne puisse vraiment se former en lui. Et même si son ‘crime’ avait dû être d’aimer les hommes plutôt que les femmes, ils n’auraient certainement pas pu accepter ça non plus. Et tout autant qu’il n’pouvait pas reprocher à Isolde l’environnement dans lequel elle était née, il estimait qu’elle n’pouvait pas le faire non plus. Pourtant, trop souvent, ça semblait être la base de tout; l’éducation, les préceptes qu’on enfonçait dans le crâne d’un enfant - et si déjà, tout ce qu’ils faisaient, tout ce qu’ils choisissaient, tout ce qu’ils disaient, déterminait la personne que Clara allait devenir? Il n’aimait pas ça non plus, Cesare; il n’aimait pas ce qui venait de lui, et pourrait un jour façonner Clara d’une quelconque façon. « J’crois pas que j’sois vraiment doué pour faire des choses bien... » admit-il, en une confession lui pesant sur l’âme plus qu’il n’pourrait le reconnaître. Y’avait plein de choses qu’il avait accomplies, et qui n’avaient pas été ‘moralement bien’, avec du recul. Faire exploser cet entrepôt, par exemple. La justice, le monde tout entier, peut-être le Bon Dieu au Paradis s’il devait exister, jugeraient que ça n’avait pas été ‘bien’, alors que ç’avait sauvé la vie de sa soeur. Qu’est-c’que c’était, la vie d’Aria en comparaison de la vie de dizaines d’innocents? Et pourtant, même des mois plus tard, le DeMaggio ne s’imaginait pas, dans un coin de son imagination, choisir différemment. Choisir la décision héroïque - ses parents l’avaient su, sinon ils n’auraient pas usé de ce stratagème contre lui. La décision de venger Aria en elle-même, n’avait pas été bonne non plus; Kingsley Moren ou n’importe qui d’autre, humain, transmutant, il aurait tué la personne qui lui avait arraché sa soeur, sans réfléchir plus loin. Il avait presque tué une femme qui n’avait rien à voir avec tout ça, froidement, salement, violemment. Sans hésiter. Et tout ça, c’était encore même sans adresser l’éléphant dans la pièce - tout ce qu’il avait accompli avant même ses vingt-cinq ans; encore une fois, des choses qu’il avait cru être fondamentalement ‘bien’, pour des raisons presque trop abstraites pour le reste du monde si insouciant et stupide. Finalement, tout s’retournait contre lui, comme une magistrale baffe. Être mécano au moins, c’était utile, et ça n’le poussait pas à questionner sa moralité plus que de mesure. C’était juste utile, c’était des actes répétitifs qui n’allaient pas plus loin qu’un système indéniable: soit ça marchait, soit ça n’marchait pas. Il n’y avait pas de morale, pas de débat d’idées à avoir. Indéniablement, c’était pour ça qu’il avait fait ce choix; et peut-être que la moindre des choses, c’était de s’en tenir. Peut-être que c’était son ‘châtiment’, plutôt soft diraient beaucoup de gens: s’contenter de ça, ne vivre que comme ça, pour n’plus risquer de jamais blesser personne. Isolde devrait alors s’en faire, sans doute, que quelqu’un comme lui soit fier du travail qu’elle accomplissait: fondamentalement, de toute manière, il restait si loin de tout ce qu’elle faisait, qu’il était juste fier d’la voir se débattre, contre vents et marées, pour faire entendre sa voix et essayer de changer les choses. Au-delà, il n’avait jamais cherché à exprimer son opinion - elle n’était pas très fiable et humainement normale, de toute façon. C’était bien alors, que cette part d’elle soit si tenace qu’elle puisse vivre n’importe où, n’importe quand et dans n’importe quelles situations - elle n’avait pas trop dépendu de lui jusque-là. Dans le bon, comme dans le mauvais sens. C’était bien qu’Isolde soit autonome, qu’elle soit capable d’avoir ses ambitions. D’l’autre côté, ça faisait un mal de chien quand dans leur vie à eux deux, la vie de leur fille, elle prenait des décisions inconsidérées, toute seule. « Ouais... bah, j’sais pas vraiment pour quoi j’suis fait, à vrai dire. » dit-il, amèrement, les yeux baissés vers un point fixe qu’il était le seul à trouver fascinant. Encore une fois, ils étaient différents sur ça: Isolde était déterminée, avec ses destinations précises à elle, ses choix bien tenaces. Il n’était sûr de rien. Parfois, il avait peur que toutes ces différences deviennent même de trop; après tout, rien que récemment, ç’avait été plus qu’il n’pouvait le supporter. Des peines frustrantes et omniprésentes, qui lui faisaient oublier le reste; il n’observa à nouveau ses mains qu’aux paroles de la jeune femme, haussant les épaules; « C’est rien. C’est trop tard pour désinfecter d’toute manière. » il avait croupi dans une cellule, il avait marché pendant des heures, et puis joué avec les chiens. Cesare n’était pas bien regardant vis à vis de son état à lui - ça non plus, c’n’était pas bien nouveau. Il pouvait bondir si Isolde s’faisait une coupure avec une feuille de papier, mais pour lui, c’était autre chose. Ses plaies, ses cicatrices, ses douleurs, il les méritait et les avait méritées, autant que l’reste, de toute façon.

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MessageSujet: Re: (cesare), hope to never fall.   Ven 9 Juin 2017 - 12:14


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Elle ne savait pas si tout serait plus simple en dehors de Radcliff, si c’était cette ville qui compliquait encore et encore des choses qui pourraient être si simples ailleurs. Elle ne connaissait pas grand-chose de ce qu’il y avait en dehors de Radcliff Isolde et quand elle lisait les nouveautés mondiales, elle avait l’impression que chaque recoin du monde était pourri, ou alors, elle se répétait ça, encore et encore dans un coin de sa tête pour être certaine de ne pas être déçue le jour où ils quitteraient vraiment la ville. Ils partiraient, c’était une évidence ça et c’était pas parce que Cesare n’aimait pas cette ville qu’Isolde elle se disait que ce serait pas ici que sa fille passerait sa vie. C’était parce que malgré toutes les fois où elle prenait des décisions sans y réfléchir plus que ça, elle restait capable d’avoir des raisonnements qui tenaient la route et quand elle y réfléchissait, elle savait que partir, c’était la meilleure chose à faire. Elle l’avait déjà su quand la question s’était posée quand ils avaient été en France, mais à l’époque, elle avait aussi su que si elle devait partir, ce serait pas forcément pour les bonnes raisons. Si elle avait dû quitter Radcliff à ce moment-là, ça aurait été plus sous la volonté de fuir ses craintes, plutôt que de les affronter, parce que ça avait été tout ce qu’elle avait voulu à ce moment-là, s’enfuir parce qu’elle avait été trop traumatisée par ce qui lui était arrivée. Peut-être que pour d’autres personnes, ça aurait pu être justement le signe qu’il fallait partir, mais elle, elle avait su que c’était pas comme ça qu’elle voulait partir, qu’elle ne voulait pas juste abandonner le combat comme ça. Maintenant, elle ne savait plus vraiment, elle avait essayé, elle avait beaucoup travaillé, elle y avait mis du sien et le résultat n’était pas toujours celui qu’elle attendait, mais elle se disait quand même que partir tant qu’y avait encore quelques trucs dont elle était fière, c’était mieux que d’attendre le moment où elle n’aurait vraiment plus rien de bon à tirer de cette ville.

Si en plus c’était ce qu’il fallait à Cesare pour qu’il se sente un peu mieux, alors il semblait bien que c’était la meilleure option qui soit. Si les problèmes qu’ils rencontraient devaient être attachés à Radcliff, alors autant partir avant qu’il ne soit trop tard. Elle ne savait pas si Cesare pourrait trouver les réponses à toutes ses interrogations en quittant la ville, mais si ça devait être une solution pour qu’il se sente un peu mieux, alors c’était ce qu’elle voulait elle aussi. Et pour le temps qu’ils restaient à Radcliff, tout ce qu’elle pouvait faire c’était au moins compatir avec lui et de faire de son mieux pour l’aider, quand bien même y avait rien au monde qui faisait qu’elle pourrait comprendre parfaitement ses tourments. C’était beau et romantique de dire que l’amour ça permettait de tout comprendre de l’autre, mais c’était pas vrai. Elle l’aimait de tout son cœur, Cesare, mais elle ne pouvait pas comprendre ce qu’il ressentait, tous les trucs qui lui venait d’une vie qu’il avait eue et qui était à des millions d’années-lumière de sa vie à elle. « J’pense que c’est plus une question de volonté que de talent et je suis certaine que t’en as, de la volonté. » Pour en être là où il en était malgré la vie qu’il avait eue, il en fallait de la volonté, ça aurait été tellement plus facile pour lui de rester un chasseur, même tout seul dans son coin plutôt qu’aux côtés de sa famille, ça aurait été beaucoup plus évident de rester là-dedans plutôt que de changer ça et elle ne pensait pas que c’était ce qu’elle avait pu lui raconter au début de leur histoire qui avait pu changer ça chez Cesare, c’était quelque chose qu’il avait fait lui-même. Elle, elle n’avait peut-être fait que l’aider à croire qu’il pouvait continuer dans cette voie, mais tout le boulot, c’était lui qui l’avait fait. « Quelque chose qui bouge plus que mécano, pour sûr. » Elle haussa légèrement les réponses. « Tu peux changer, mais tu pourras jamais être quelqu’un d’autre. » Il pouvait tout refouler en bloc pour essayer d’être juste le mécano du coin, ça ne marchait pas de toute évidence. Parce qu’il ne pouvait pas tout effacer dans son existence et c’était certainement pas ce qu’il devait viser. « T’es intelligent, stratégique, t’as des compétences impressionnantes. T’es pas obligé de faire taire ça, tu peux t’en servir différemment. » Autrement qu’en étant en chasseur. Il avait des capacités qu’il ne devrait pas se contenter de nier, c’était juste le meilleur moyen de le faire exploser à la première occasion, probablement comme ça avait été le cas un peu plus tôt aujourd’hui. « Okay. » Qu’elle répondit doucement, tout en continuant de fixer sa main qu’elle tenait entre les siennes. S’il disait que ça allait, elle ne pouvait pas le contredire, c’était pas comme si elle avait un quelconque talent pour gérer les blessures en tout genre elle. Dans le fond, elle ne savait même pas comment elle pouvait réparer tous les dégâts qu’elle causait elle dans son cœur alors qu’elle avait promis qu’elle prendrait toujours soin de lui, fallait croire que malgré tout l’amour qu’elle ressentait pour lui, elle n’était pas franchement douée pour ça.
 

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MessageSujet: Re: (cesare), hope to never fall.   Sam 10 Juin 2017 - 3:24



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Quitter Radcliff ressemblait plus à un concept aussi étranger que lointain, plus qu’à une perspective d’avenir proche ou un tournant possible à sa vie. Les pensées de Cesare n’avaient de cesse d’aller vers là, d’se concentrer sur l’fait que ce coin-là de monde pouvait être le problème de beaucoup de choses; mais en vérité, au-delà des frontières qui avaient été sa cage, ses songes n’semblaient pas exister. Il n’avait pas d’idée quant à savoir où aller, ou quoi faire de ses dix doigts ou de ce qui lui tournait la tête, s’il devait définitivement laisser Radcliff et tout ce qu’il y avait ici, derrière lui. Plus de deux ans plus tôt, quant ç’avait été une forte possibilité, quand prendre la fuite le plus loin possible du Kentucky avait semblé être sa seule option, il n’l’avait pas fait non plus; il s’était trouvé des prétextes, des bonnes raisons, des craintes, des appréhensions - mais peut-être aurait-il dû juste saisir sa chance, tant qu’il en avait l’opportunité. Au moins, il n’se serait jamais attaché à Isolde, et tout autant que ça n’leur aurait pas permis d’être là aujourd’hui, face à face, à connaître des choses qu’il n’aurait jamais cru avoir dans son existence, ç’aurait sauvé la vie de beaucoup de gens. Peut-être d’Aria elle-même. D’Anthea pour sûr, et de tous les gens qui avaient été dans cet entrepôt, également. C’était comme s’il pouvait encore prétendre que partir maintenant pourrait réparer tout ça; le fait était que probablement, le DeMaggio n’échapperait jamais à qui il était: ici-même à Radcliff, à dix kilomètres de là à peine ou à cent, mille, ou plus encore de kilomètres. C’était trop profondément ancré en lui, lui murmurait sa conscience depuis de nombreuses heures désormais; Cesare n’faisait que fuir, quand il s’enfermait dans cette maison le soir, avec Isolde et avec Clara, après une journée de travail presque insignifiante; c’était comme s’il jouait un rôle - un rôle qui le contentait parfaitement d’un genre d’ignorance parfois, un rôle qui sonnait presque faux ce soir, dans la houle incessante de ses remords. Même s’il n’se réclamait plus des chasseurs, même s’il prétendait aujourd’hui être quelqu’un de mieux qu’eux, il restait un tueur dans l’âme; quelqu’un qui balançait des coups sans pitié, sans jamais être rattrapé par la clémence de laisser ses victimes partir avec un ‘genre’ d’avertissement. Non, il les avait directement tous envoyé à l’hôpital pour ce coup-là - et peut-être alors que tout autant qu’il avait mal réagi, le regard froid et chargé de jugements d’Isolde avait été la seule chose qui lui avait ouvert les yeux, à un quelconque moment dans cette journée. L’orgueil lui ferait dire qu’il n’avait pas besoin de ça en plus de tout le reste; qu’elle-même n’avait pas grand-chose à dire de quelqu’un comme lui - pourtant, la blonde semblait être sa dure remise en question, celle qui amenait un genre de conscience au bord de son esprit, comme un coup sur le crâne. Il n’y avait bien eu qu’avec elle qu’il avait pu avoir la moindre volonté d’être quoique ce soit de mieux que le rôle qu’on lui avait toujours prêté. Y’avait bien qu’à travers elle, qu’à travers Clara, qu’il avait la sensation d’pouvoir être autre chose, d’pouvoir vouloir être autre chose, et servir un tant soit peu à quelque-chose dans cette vie-là.

C’n’était pas une question de volonté, chez lui alors; comme un idiot, il en avait à revendre de la volonté - une idiote volonté qui venait de tous les mauvais endroits possibles et imaginables, sans doute. Essayer de devenir quelqu’un de meilleur, juste pour Isolde, juste grâce à Isolde ou pour au moins prétendre être ça auprès d’elle et de la famille qu’ils essayaient de construire, ça n’valait pas grand-chose. Cesare, il n’avait pas le sentiment que ça valait grand-chose, en tout cas. Peut-être qu’il n’était pas capable d’faire mieux - fondamentalement, peut-être n’était-il pas capable d’être quelqu’un sans avoir besoin de l’acquiescement d’une autre personne. Ses parents, ou Isolde, ou n’importe qui d’autre - comme s’il était un mouton qui suivrait n’importe qui, qui, de façon tordue ou peut-être altruiste, l’orienterait dans une direction ou une autre. Et au-delà de tout ça, il était juste, un amas de questions sans réponse, des doutes, un destructeur lancé dans le monde de la pire des façons. Peut-être que c’était une question de volonté - si ça devait être le cas, alors il n’en avait pas beaucoup; vraiment moins que c’qu’elle voyait elle. Parce que ça faisait deux ans, trois ans, peut-être même six maintenant, qu’il était complètement paumé et que ça n’valait pas grand-chose. Il n’pourra jamais être quelqu’un d’autre, de toute façon. La phrase qu’Isolde eut ne fut sans doute pas lancée pour qu’il l’interprète comme il le fit - Cesare en détourna le regard, serrant les dents. Alors si c’était l’cas, ça n’servait à rien de partir, ça n’servait à rien d’attendre quoique ce soit, de vouloir quoique ce soit, et de construire quoique ce soit. Et probablement que ça n’valait pas grand-chose non plus, qu’Isolde elle-même prétende être apte à quitter Radcliff, à vouloir autre-chose de sa vie que d’exister pour la cause des mutants. Peut-être que rien n’en valait la peine du coup. Sans vraiment le vouloir, Cesare se défit du contact d’Isolde, fuyant sa main, prétextant observer vaguement ses blessures pour mieux se replier sur lui-même. « Peut-être que j’devrais juste laisser les choses se faire, alors. J’suis presque sûr que j’devrais croupir dans une cellule plus longtemps que quarante-huit heures, avec tout ça. » Isolde elle-même l’avait dit après avoir découvert c’qu’il était - forcément que ç’avait été la réaction la plus naturelle et évidente venant d’elle; loin de l’amour qui rendait aveugle, ou de ce qui pouvait la rendre ‘dépendante’ de sa présence à ses côtés. Il n’était pas fait pour être un type qui vivait comme ça, alors pourquoi est-ce qu’ils avaient essayé tout court? Il en revenait à cette question, tiens; encore et toujours. Elle était toujours aussi réelle dans son crâne; juste de plus en plus douloureuse à son coeur. Il était ‘intelligent’, ‘stratégique’ - probablement des termes que ses parents utiliseraient aussi; probablement des ‘compétences’ qui n’faisaient même pas un être humain décent, sous quelque aspect que ce soit. « J’croyais que-... ‘mécano’, ça ferait taire... tout ça. » le ‘monstre’ en lui; tueur, tortionnaire, stratège, manipulateur, impétueux, violent - ça pouvait aussi être des mots le décrivant. « C’est juste-... pas fait pour être simple comme ça. » maintenant, il n’avait plus envie de parler - il n’avait pas envie d’avancer encore, pour s’rendre compte plus tard à nouveau, que ni la vie comme ça, ni la normalité, ni le bonheur n’aidaient en quoique ce soit à le ‘changer’ d’une quelconque façon. Il n’voulait pas s’rendre compte que rien ne l’rendait meilleur; ni Clara, ni Isolde, ni l’espoir d’avenir, quel qu’il soit. Nerveusement, il passa sa main sur son visage, glissa ses doigts au coin de ses yeux, humides et épuisés. Il était épuisé, sans conteste, et les jours qui passaient n’allégeaient pas le fardeau qui pesait depuis si longtemps sur ses épaules - il n’savait pas pourquoi, il n’savait pas quoi en faire. Mais peut-être que c’n’était que normal, que tout ça pèse sur sa conscience et empoisonne son esprit et sa vie. Un genre de justice, sans conteste, à laquelle il n’allait certainement pas échapper, où qu’il soit, et quoiqu’il fasse.

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MessageSujet: Re: (cesare), hope to never fall.   Sam 10 Juin 2017 - 13:59


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Isolde, elle aimait Cesare, elle voulait l’aider, elle voulait qu’il soit heureux dans chacun des aspects de sa vie et pas seulement quand il était avec elle ou avec Clara. Elle l’avait déjà voulu à l’époque, quand ils avaient été obligés de passer trop de temps loin l’un de l’autre. Elle avait bien compris que c’était difficile pour lui, parce qu’il était avec son père, coincé dans une situation qui ne lui convenait pas. Mais maintenant, il avait laissé ça derrière lui, y avait plus son père pour lui compliquer la vie, y avait plus la chasse pour enfermer sa vie au service d’une cause. Mais fallait croire que ce n’était pas ça qui faisait toute la différence. Elle avait cru à l’époque, qu’une fois qu’il serait là, avec elle et avec Clara, ce serait suffisant pour lui, c’était ce qu’elle avait retenu des paroles de Cesare et peut-être qu’elle avait mal interpréter, peut-être qu’il avait vraiment cru ça et que finalement il se rendait compte maintenant que ce n’était pas le cas. Elle avait toujours été ce genre de personnes, persuadée que l’amour, ça ne faisait pas tout dans une vie, elle avait même souvent prétendu que ça ne servait pas à grand-chose et quand bien même elle avait eu tort sur bien des points, peut-être que c’était vrai, que l’amour, ça ne faisait pas tout dans une vie. Elle savait qu’elle, elle se retrouverait bien malheureuse, si elle devait perdre son boulot et se retrouver femme au foyer ou quelque chose dans ce genre et ce serait pourtant un moindre problème, comparé à ce que Cesare pouvait rencontrer. Alors nan, c’était pas suffisant, ce qu’ils avaient et elle ne pouvait pas se sentir vexée pour ça, mais ça lui faisait mal quand même. L’amour, ça ne faisait pas tout, peut-être, mais en tout cas, ça faisait qu’elle ne pouvait pas être heureuse si lui, il ne l’était pas et ça faisait d’autant plus mal de savoir qu’elle n’aurait probablement jamais les bons mots pour lui venir en aide.

C’était pas quelques mots encourageant qui pourraient tout résoudre. Elle avait l’impression d’être complètement coincée et de n’avoir que son soutien à lui apporter, mais qu’est-ce que ça pouvait bien valoir, son soutien dans le fond ? C’était pas ça non plus qui allait l’aider à dénouer tous les nœuds de son existence. Elle resterait à ses côtés quoi qu’il arrive, elle pouvait compatir avec lui, elle pouvait essayer de le rassurer et de le conseiller pendant des heures et des heures, il semblait bien que ce ne serait pas suffisant. Y avait sans doute tout un tas de trucs qu’il était le seul à pouvoir résoudre et tout prouvait qu’il ne savait pas du tout comment s’y prendre. Elle troquerait bien volontiers son pouvoir contre celui de résoudre tous les problèmes des autres, de Cesare en particulier, en un claquement de doigt, si seulement c’était possible. Elle sentit son cœur se serrer, bêtement peut-être alors qu’il repoussait sa main, ça lui donnait l’impression qu’il la repoussait elle et le reste de ses propos pourraient presque lui confirmer ça. S’il devait passer sa vie en prison pour ce qu’il avait fait, il serait loin d’elle, loin de Clara et loin de ce bébé qui grandissait dans son ventre. Instinctivement, en pensant à ça, sa main qu’il venait de lâcher, elle la reposa sur ce fameux ventre qui commençait déjà à bien se voir sous ses vêtements. La tournure des choses lui rappelait celles du matin, juste après la mort d’Anthea, tout juste un an plus tôt, au moins, cette fois, elle n’avait pas l’intention de lui taper dessus. « J’ai l’impression que tu passes déjà assez de temps à te punir toi-même pour tout ce que tu as fait. » Alors la prison, qu’est-ce que ça changerait dans le fond ? Peut-être que s’il était coincé dans cette situation, c’était déjà parce qu’inconsciemment, il s’auto-punissait pour tout ce qu’il avait pu faire dans le passé. « Je sais que tu te sens coupable, et que c’est dur à porter, mais c’est l’un des trucs qui font de toi un humain, ça prouve que tu peux faire mieux maintenant que tout ce que tu as pu faire avant. » Il avait conscience de ses torts, c’était beaucoup, comparé à de nombreux autres hunters et elle pourrait assurer qu’il méritait bien moins sa place en prison que des types comme Lancaster, Caesar ou Callahan, qui eux étaient libres à présent. Alors, ce serait définitivement pas juste que lui, il passe sa vie en prison. « Si mécano ça marche pas, tu peux toujours essayer quelque chose d’autre. » Il pouvait se le permettre, après tout, c’était de sa vie dont il était question, alors il devait trouver quelque chose qui marchait mieux et tant pis si ça mettait du temps et tant pis si ça devait avoir un impact sur leurs finances ou quelque chose dans le genre, le côté matériel de la chose n’avait pas d’importance. Ce qui importait c’était qu’il trouve quelque chose qui donne plus de sens à sa vie. « Non, c’est définitivement pas simple. Ça veut pas dire que c’est impossible. » Elle croyait en lui, elle et elle n’allait pas l’abandonner, il pouvait au moins être certain de ça. Elle espérait qu’elle pourrait lui donner la force de croire aussi en lui. Elle ramena ses jambes vers lui, pour pouvoir se mettre à genoux sur le canapé et se tourner vers lui. « J’aurais voulu pouvoir te donner toutes les réponses dont t’as besoin. J’peux pas faire ça. » Parce que ça faisait partie des choses qui n’étaient pas aussi simples que ça. « Pour ce que ça vaut, je suis là. On est là. » Ses yeux dérivant rapidement vers son ventre avant de se reposer sur Cesare. « Ça veut au moins dire que tu seras jamais tout seul avec ça. Je suis peut-être pas la personne la mieux placée pour comprendre, mais je suis avec toi et je crois en toi. » Et ce même s’il devait avoir le réflexe de la repousser ou de se renfermer sur lui-même, elle serait toujours là pour lui. Elle ne lui laissa pas le choix alors, au moment de se pencher vers lui pour le prendre dans ses bras, ça ne résolvait rien pour lui, ça ne valait peut-être pas grand-chose, mais peu importait comment la route pouvait être compliqué il pourrait toujours se reposer sur elle.

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MessageSujet: Re: (cesare), hope to never fall.   Ven 16 Juin 2017 - 0:03



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ISOLDE SADDLER & CESARE DEMAGGIO

C’n’était pas bien facile, de croire qu’on pouvait faire ‘mieux’, d’attendre ce mieux, de se battre pour ce mieux pendant des mois et des mois, pour en arriver là. Dans de nombreux aspects, sa vie était une nette amélioration de ce qu’il avait toujours connu; il était loin de l’emprise de ses parents, loin de la vie pleine d’obligations qu’ils lui avaient inculqué, et même loin du ‘devoir’ sanglant de tuer de parfaits inconnus, presque quotidiennement, soi-disant pour ‘sauver l’humanité’. Et évidemment, bien au-delà de tout ce côté ‘pratique’, moral de la vie de tous les jours, il y avait aussi les évidences qui l’emplissaient, Cesare, quand ses journées se limitaient à Isolde, à Clara, et au quotidien qu’ils avaient. A la maison. Tous les trois, en famille. Bientôt tous les quatre; encore un bébé qui n’avait pas été prévu, encore une nouvelle qui leur était tombée sur le coin de la tête comme un coup du destin les assommant pour quelques jours, dans une nuée de sentiments indescriptibles. De bien des façons, cette grossesse n’était presque pas différente de celle qu’ils avaient ‘partagée’, plus ou moins, plus d’un an plus tôt, quand Isolde lui avait appris qu’elle était enceinte de lui. Mais l’atmosphère était différente - du moins, c’était ce à quoi il avait voulu se raccrocher depuis qu’il avait appris d’Isolde elle-même, encore une fois, qu’ils allaient avoir un autre enfant. Au moins, cette fois, elle ne lui avait pas fait passer l’annonce en lui hurlant dessus dans un couloir, avant de claquer la porte de son appartement juste après. Il n’avait pas été censé partir sans se retourner après avoir entendu ces mots; ils étaient bien, tous les trois, bientôt tous les quatre, au jour le jour, dans une existence somme toute- simple. Somme toute. Maintenant, Cesare il n’savait plus. Ses pensées s’éloignant de plus en plus de son contrôle avaient fini par le trahir: est-c’que tout ceci n’était pas que la manifestation de son inconscient? Est-c’que tout ceci, ses actes d’aujourd’hui, n’étaient pas la marque évidente que dans son sang, dans sa tête, dans ses tripes, coulaient encore les instincts d’un hunter, d’un tueur, qui reviendrait toujours vers ces habitudes et cette vie-là? Il se savait encore totalement apte à tuer qui que ce soit qui serait assez fou pour s’attaquer à sa famille. Y’avait pourtant une nette différence entre ça, et ce qu’il avait accompli sous la bannière des DeMaggio. Est-c’qu’une quelconque ‘noblesse’ changeait quoique ce soit à l’acte? Plus Cesare avait questionné chaque aspect de son passé, chaque fragment de ses assurances d’autrefois, plus il avait perdu les réponses à ces questions presque stupides. D’où ça lui venait, tout ça? Pourquoi maintenant? Pourquoi aujourd’hui? Pourquoi alors qu’Isolde et lui étaient mariés, heureux, pourquoi frapper sans crier gare? Le brun avait pourtant été responsable de ses gestes, conscient de la bagarre violente dans laquelle il se jetait ce soir-même; c’n’était pas d’la faute au ‘destin’, à la fatalité ou à un accident inexplicable - irrémédiablement, il avait eu raison alors, il le pensait en tout cas, d’accepter la punition qui s’était abattue sur lui. Quelques heures en prison, c’n’était pas grand-chose; et tant pis s’il avait dû s’faire vomir dessus par des clochards, ou agressé par ceux-ci parce qu’ils se seraient soudainement mis à lui raconter leurs vies, comme s’il en avait eu quoique ce soit à faire. Bien sûr, le DeMaggio avait encore conscience maintenant, que ça pourrait facilement être pire - qu’cette histoire n’était, techniquement, pas finie, et que c’était même un fardeau qu’il venait d’faire peser sur tout le monde autour de lui. Sur cette soirée. Sur cette vie-là à eux deux, si durement acquise, qui avait semblé si stable et si reposante.

Ç’avait censé être une récompense à elle toute seule, cette existence défaite d’obligations, de responsabilités, de causes pour les séparer. Cesare, il avait été assez stupide pour croire que ce serait une vie sans question, sans doute, sans souvenirs à ressasser; maintenant plus que jamais, assis à sa place, conscient de c’qui tournait encore dans son crâne, le brun avait plus conscience que jamais d’à quel point il s’était planté. C’était compliqué, indéniablement, d’sentir le futur idéal n’être... à la fin, pas si idéal. Juste normal. Juste quelque-chose d’encore profondément attaché aux mêmes éléments qui avaient fait de sa vie d’avant, un cauchemar: les hunters, les transmutants, Radcliff. Ces mêmes rues, ces mêmes gens, ces mêmes attitudes, ces mêmes choix. Partout où il posait son regard, Cesare jurerait qu’il croisait les prunelles d’un chasseur ou d’un dégénéré. Ici, contrairement à partout ailleurs - il en était sûr, du moins - c’était comme ça. Un sentiment qu’il n’avait pas eu à Paris, ou en Namibie: peut-être parce qu’ils n’y avaient jamais passé beaucoup de temps, peut-être parce que ces pays lointains qu’il n’aurait jamais cru visiter un jour, avaient été synonymes de nouveauté, de rêve, d’étranger. Et si c’était partout, partout pareil, quoiqu’ils fassent, où qu’ils aillent? Ce soir prouvait surtout à quel point il était facile d’retomber dans tout ce qui n’allait pas; les mauvais côtés des choses, même du quotidien lui-même. Il avait beau être entouré d’Isolde, de Clara, parfois, la réalité reprenait sa place, quoiqu’il fasse. C’était ce qu’il était, après tout; ce qu’ils étaient tous les deux. Porteurs de ces fardeaux qui étaient bien lourds, bien difficiles à supporter, et toujours ces devoirs qui dépassaient leurs désirs, quels qu’ils soient. « J’suppose que plein de gens jugeraient facilement que c’était pas assez, si on devait leur demander leur avis. » il dit alors aux paroles d’Isolde, le regard ailleurs, les yeux obstinément accrochés à n’importe quel endroit distrait et un tant soit peu proche pour éviter de poser ses prunelles sur la femme à côté de lui. Techniquement, la Saddler elle-même avait dit beaucoup de choses depuis ce soir-là, à la base militaire, quand elle lui avait balancé ces mêmes paroles - qu’aucune justice ne vaudrait celle que les hunters méritaient vraiment; la justice de la loi, la seule justice qui compterait pour les victimes. Elle avait changé d’avis depuis, au moins sur lui - pourtant, il doutait que ce soit pour les bonnes raisons. Il doutait aussi que ce soit un avis que qui que ce soit d’autre qu’elle, partage. Quoiqu’il ait essayé de répondre ou de faire après ça, ces paroles ne l’avaient jamais vraiment quitté, Cesare; c’était pour ça qu’il avait aidé à envoyer Callahan en taule, pour ça que peut-être, il s’disait aujourd’hui que ce serait aussi ce que son père mériterait. La logique voudrait qu’il n’soit pas différent d’eux, lui aussi. « C’est-... définitivement pas en tant que mécano que j’peux faire mieux. » ni en tant que père de Clara, mari d’Isolde, et un type qui se contentait de vivre juste pour ça; alors quoi, c’était quoi sa pénitence, hein? C’était quoi qu’il devait faire, pour au moins croire qu’il était ‘mieux’ que ça et qu’il méritait ‘mieux’ que ceux qui avaient fait exactement la même chose que lui, toute leur vie? Mais et encore une fois, qu’est-ce qu’il choisissait de sa vie, si c’était encore une ‘cause’ quelconque, qui lui écrivait sa destinée? Parfois, il s’disait que la liberté de faire ses choix, était vraiment trop compliquée pour lui - il n’en avait pas assez l’habitude, comme un vrai idiot. C’n’était définitivement pas simple, non. Cesare se retrouva à serrer les dents encore une fois, en réponse silencieuse à son interlocutrice; il était, somme toute, bien content qu’elle prétende au moins pouvoir comprendre. Elle, après tout, elle avait eu au moins moralement raison, dans certains aspects. Peut-être. Probablement. Mais ‘probablement’ semblait déjà assez suffisant pour qu’elle ait la conscience tranquille, et que certaines choses soient ‘faciles’. Il avait beau rembobiner sa vie, l’analyser sous tous les aspects possibles et imaginables, le brun, lui, il n’voyait pas quel bon choix il avait un jour fait, pour un tant soit peu nettoyer sa conscience. ‘Impossible’, alors, serait un mot presque tentant à utiliser; il ne le fit pas, pourtant, sachant que ce serait comme mettre un dernier coup de marteau pour tout briser ce soir, de ce qu’ils recherchaient si désespérément. Elle était là, au moins; ça faisait un moment maintenant qu’Isolde mêlait sa vie à la sienne, leurs existences étroitement liées, dans l’adversité et les rares bons moments; peut-être aurait-il dû l’aimer assez pour lui éviter tout ça. Mais peut-être était-il trop lâche pour ça; un fait qui n’avait pas changé - pas même ce soir, quand il la regarda enfin à ce moment précis, lèvres pincées, hochant vaguement la tête. Encore maintenant, il était incapable de dire s’il était réceptif, s’il acceptait quoique ce soit de ce qu’elle disait; il n’arrivait pas à faire l’tri dans ce qui se pressait si vite contre son crâne - il n’arrivait plus à rien, presque plus à ravaler le noeud coupant sa respiration. Il ne résista pas, alors, évidemment, quand Isolde l’amena contre elle - au contraire, il passa ses deux bras autour de sa taille, l’enserra à son tour, lovant son visage au creux de son cou, contre son épaule, là où il put humer son parfum. Presque la seule impression en ce bas-monde qui faisait encore virevolter son coeur contre son poitrail, comme s’il partait subitement dans une course follement amoureuse. Il aimait Isolde, et ce soir encore c’était évident; il fut rattrapé par le regret, bien assez vite alors, d’être là comme ça avec elle maintenant, de lui imposer ça. D’imposer ça à tout le monde autour de lui; Isolde, Clara qui était si petite encore, un pauvre bébé qui n’était même pas né aussi. La peine s’éveilla comme un coup de marteau écrasant son coeur; elle lui fit resserrer l’étreinte, comme s’il aurait pu craindre qu’elle ne se soit envolée, Isolde, sans crier gare. Tout c’que ça fit, pourtant, c’est lui tirer quelques sanglots désespérés, des larmes incontrôlables qui vinrent se coller contre la peau d’Isolde, de là où il n’avait même pas la force de bouger.

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MessageSujet: Re: (cesare), hope to never fall.   Ven 16 Juin 2017 - 13:37


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cesare demaggio & isolde saddler.

Elle avait bien souvent parlé de justice Isolde et elle en avait passé des heures dans sa vie à essayer de faire en sorte que les hunters soient jetés en prison parce que c’était là où était leur place. Ça avait toujours été logique à ses yeux, parce que c’était des meurtriers et que les meurtriers, il fallait les mettre en prison. C’était comme ça que ça fonctionnait, comme ça qu’elle avait appris à voir le monde, sans doute grâce à son père, puisqu’il avait lui-même travaillé dans la police et que pendant de nombreuses années, il avait été son héros. Malgré sa colère, malgré Insurgency et le sang qu’elle pouvait elle-même avoir sur les mains, parce qu’emportée dans sa colère, elle avait sans doute oublié ce que la justice était censée vraiment représenter, elle n’avait pas tué Rafael, quand bien même elle restait persuadée qu’elle aurait pu, ce soir-là, quand elle s’était pointée chez lui, folle de rage à cause de ce qu’il avait fait à Anthea et qu’il avait, enfoncé le clou en lui parlant de son père. Elle aurait pu le tuer et obtenir une vengeance qu’on aurait facilement pu juger de ‘bien méritée’. Mais indéniablement, ce n’était pas le genre de personne qu’elle était, pas ce qu’elle avait envie de devenir et certainement pas à cause d’un homme qui lui avait déjà tant pris dans sa vie. Alors, y avait eu des moments où elle avant regretté son choix, notamment quand Cesare avant été entre la vie et la mort après que son père l’ait poignardé, mais elle avant encore les moyens de se dire que malgré tout, elle avait fait le bon choix ce jour-là, pour elle-même, pour ses valeurs et pour tout ce en quoi elle pouvait croire, ça avait été le bon choix. Le truc, c’est qu’à côté de ça, il lui semblait aussi que plus le temps passait, moins elle aurait de chance d’obtenir justice un jour pour son père ou pour Anthea.

Alors aujourd’hui, elle ne savait plus trop ce que ça valait, la justice. C’était une notion bien compliquée à aborder, sans doute au même titre que le bien et le mal. C’était plus aussi clair que ça avait pu l’être dans sa tête quand elle avait été plus jeune, sans doute parce que le monde lui-même était loin de ressembler à ce qu’elle avait pu imaginer, des années plus tôt. Il était bien plus compliqué qu’elle aurait pu le croire, peut-être même beaucoup plus compliqué qu’il ne devrait l’être. Ce dont elle était sûre en tout cas, Isolde, c’était que si Cesare devait se retrouver en prison pendant que des mecs comme Lancaster se baladaient tranquillement dehors, ce serait une énorme injustice. Il avait tué des gens, elle le savait bien Isolde, elle l’avait accepté, tant bien que mal, mais il essayait de faire mieux maintenant et ça n’ôtait pas le sang qu’il avait sur les mains, mais ça le rendait déjà meilleur que tous ces types que rien ni personne ne semblait à même de pouvoir arrêter. Alors c’était pas juste, si dans le lot des habitants de Radcliff, c’était Cesare qui se retrouverait en prison. Peut-être bien que certains jugeraient qu’il méritait de finir sa vie en prison, mais dans ce cas, d’autres diraient bien volontiers qu’elle aussi, elle méritait d’aller y finir sa vie. « Y a trop de gens qui en ont rien à faire de leur passé et qui sont pas prêts de changer qui sont libres et qui le resteront probablement pour toujours, alors si des gens comme toi, doivent finir en prison, c’est pas ça que j’appelle justice moi. » Ce serait juste une preuve de plus que ce monde était nul à chier et probablement le coup de grâce pour tout ce en quoi elle avait eu l’habitude de croire. Elle ne voulait pas se battre pour un monde comme ça, elle ne voulait pas se battre pour un monde dans lequel l’homme qu’elle aimait devait être condamné pour ses crimes alors qu’il essayait avec tellement de force d’être quelqu’un de mieux, quand on applaudissait sans honte des gars comme Lancaster quand ils tuaient une pauvre fille sur la place publique. Il pouvait faire mieux Cesare, il avait déjà fait mieux en étant là avec elle, plutôt qu’aux côtés de sa famille à continuer d’assassiner tous les transmutants qui passaient. Est-ce qu’y avait que pour elle que ça faisait une différence ça ? Elle n’avait pas l’impression que c’était juste l’amour qui parlait pour elle. Elle savait qu’y en avait d’autres, des hunters comme Cesare, qui essayaient de faire mieux et qui méritaient leur seconde chance. Elle était prête à admettre que même un type comme Alec Lynch le méritait, alors que franchement lui, c’était certainement pas parce qu’elle était follement amoureuse de lui qu’elle pouvait en arriver à cette conclusion. « Tu trouveras quelque chose. Tu peux essayer et te planter, c’est pas grave, faut juste pas abandonner. » Même si c’était dur et désespérant. Isolde, elle avait tendance à penser que laisser tomber et aller finir sa vie en prison, ce serait le meilleur moyen d’abandonner et elle était certaine qu’il valait mieux que ça Cesare, qu’il avait en lui assez de force pour se battre et finir par obtenir ce qu’il voulait. Elle croyait en lui et s’il fallait qu’elle se batte pour lui, elle le ferait avec toute la hargne qu’elle possédait. Elle ne le laisserait jamais tomber, ni ce soir ni jamais. Là, maintenant elle avait vraiment envie de le serrer de toutes ses forces dans ses bras comme si ça pouvait changer quelque chose. Ses larmes, elles lui brisaient le cœur, ça lui donnait envie à elle aussi d’éclater en sanglots, mais c’était probablement pas le moment, même si ça lui faisait un mal de chien, de le voir dans cet état. Elle glissa l’une de ses mains contre son dos, dans des caresses qu’elle voulait réconfortantes, comme si ça pouvait vraiment suffire. « Ça va aller, j’te promets que ça va aller. » C’était une promesse qu’elle n’avait pas peur de faire ça, parce qu’elle ferait n’importe quoi pour que ça aille mieux et qu’elle croyait en lui plus qu’elle ne croyait en n’importe qui d’autre, elle y compris. Elle le savait assez fort pour s’en sortir.

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MessageSujet: Re: (cesare), hope to never fall.   Sam 1 Juil 2017 - 5:09



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ISOLDE SADDLER & CESARE DEMAGGIO

A Cesare, on avait appris que la justice n’était qu’un tissu de mensonge, corrompu et biaisé, qui servait de vague repère pour manipuler les masses qui, elles, s’contentaient de gober tout ce qu’elles voyaient. Quand le DeMaggio avait levé les yeux au ciel, alors, toutes les fois où Isolde avait parlé de ‘justice’, de ce qu’il méritait ou de c’que les gens comme son père méritaient, ç’avait été à cause de tout ça; sa famille avait de l’argent, elle était influente, avait des contacts ici ou là. Quelle justice est-c’qu’on leur ferait tomber dessus, même s’ils le méritaient? Quand les voisins d’en face, d’à côté, et de tout le lotissement chic de Radcliff avaient détourné le regard face à Aria et lui, battus et maltraités par leurs parents, où avait été la justice? A défaut d’avoir la justice sur quoique ce soit, à défaut d’être assez naïf pour croire qu’une telle chose pourrait un jour être servie pour répondre à c’qu’il avait laissé derrière lui, Cesare avait essayé d’faire avec ses souvenirs. Ses propres culpabilités, comme ces peines dont il n’parlait que rarement, et qui pourtant, empoisonnaient son existence depuis plus longtemps qu’il n’l’aurait cru. Face à son patriarche, il s’découvrait particulièrement rancunier aujourd’hui, le brun, alors qu’il s’donnait enfin l’opportunité d’ouvrir sa gueule pour dire quelque-chose. Mais à force que lentement mais sûrement, sa conscience s’éveille, s’émancipe, à force que l’monde s’offre à lui, s’ensuivaient les conséquences de c’qu’il avait fait lui-même, Cesare. Tout c’qu’il méritait lui, tout c’que sa famille méritait, ça allait au-delà d’un simple procès devant un jury de gens qui les condamneraient à la prison à vie, ou à la peine de mort, compte-tenu qu’ils étaient dans c’genre d’état-là. Peut-être que rien qu’pour ça, le DeMaggio s’devait au moins d’croire en une vie après la mort - quelque-chose, quelque-part, qui lui donnerait le châtiment qu’il méritait pour tout c’qu’il avait fait. Au final, balancer des coups de poing dans la gueule de connards qui avaient emmerdé quelqu’un qui n’avait rien demandé, c’était un moindre crime par rapport à tous ceux qu’il avait déjà accomplis. Soi-disant, tous ceux qu’Isolde avait acceptés; probablement parce qu’elle n’en avait jamais été témoin, parce qu’il n’en parlait pas en détail plus que de mesure, parce que ce Cesare semblait infiniment loin de l’homme dont elle était tombée amoureuse. Mais c’était compliqué, quand même; Cesare, il était à la fois le type capable de prendre leur fille dans les bras, de l’aimer, la chérir, d’être tendre et doucereux avec Isolde lui-même et l’homme qui avait tué de nombreuses autres personnes, torturé d’autres, infligé des souffrances à tour de bras, sans hésiter. L’hésitation était la mort, après tout. Et somme toute, à chaque fois, comme pour la justice, comme pour le monde des hommes, faillible et menteur, la réalité avait toujours prouvé raison aux croyances que ses parents avaient inculqué dans son crâne, comme à grands coups de marteau bien lourd. A presque trente ans, le brun s’retrouvait avec toute une guerre dans sa tête, des responsabilités qui pesaient sur ses tripes, et juste lui-même pour savoir quoi en faire; évidemment que s’mêler à une bagarre et envoyer ses adversaires à l’hôpital n’était pas grand-chose, à ses yeux à lui. Il aurait même dit que c’était un genre de justice, pour ses ennemis, que d’finir à l’hôpital pour ce qu’ils avaient fait, et les vaines tentatives qu’ils avaient eues, à essayer de l’foutre lui, à terre. Après tout, si les rôles avaient été inversés, eux aussi, ils l’auraient envoyé à l’hôpital; son propre père n’avait pas hésité à dangereusement le pousser au bord du précipice de la mort, alors ce n’serait pas une bande d’inconnus qui pourraient lui faire voir les choses différemment.

Il n’savait pas à qui il allait devoir répondre un jour, pour les crimes qu’il avait commis, aujourd’hui-même ou ceux d’une autre époque. Il savait évidemment qu’y’avait Isolde, au moins. Et qu’aussi acerbe soit son jugement au premier abord, il en avait toujours eu besoin - il n’se serait jamais épris d’elle, si opposée à son mode de vie, à sa vision des choses à lui, parfois naïve, parfois idéaliste, parfois irréfléchie, s’il n’avait pas eu envie d’ça. Il voulait être une meilleure personne pour Isolde, grâce à Isolde, galvanisé par toutes les croyances folles qu’elle avait en lui, et qu’personne n’avait jamais eues en lui. Clairement, aux yeux de beaucoup, c’genre de seconde chance auto-attribuée, n’avait rien d’une quelconque justice; peut-être qu’ils appelleraient ça une tentative de rédemption, mais il comprendrait tous ceux qui disaient que c’était bien trop tard, et bien trop facile, quand il était entouré d’une femme qu’il aimait d’tout son coeur, et de la famille qu’ils construisaient lentement mais sûrement. Pour les criminels comme ça, alors, peut-être que la prison était une vraie justice; insidieuse et cruelle - qu’est-ce qu’il deviendrait, Cesare, s’il n’pouvait pas voir Isolde tous les jours, s’il n’pouvait pas assister à la naissance de leur deuxième enfant? S’il n’pouvait plus, du jour au lendemain, ni s’occuper de Clara, ni la voir grandir, évoluer, s’émanciper? Déjà, tous ces mois qu’il avait passés à vivre en pointillés avec elle, à arracher quelques heures au hasard, avant de devoir repartir, avaient été cruellement difficiles. Alors qu’est-c’que ce serait, avec rien d’autre que la compagnie d’sa conscience, des murs gris d’une cellule, et le silence? De toute manière, ce serait juste trop ironique, presque amer, qu’il finisse en taule pour avoir éclaté la gueule de trois cons, quand il avait fait déjà tellement pire. Trop d’choses étaient ironiques dans la vie - clairement, ça, c’n’était pas du champ de la justice quelle qu’elle soit; et il n’savait pas si c’était d’la faute de l’humanité, corrompue ou stupide, ou d’la faute d’un hasard qui n’existait qu’à moitié. Mais quand même, ouais, à parler de Lancaster, de Rafael, d’autres enflures qu’ils ne nommaient même plus, Cesare, tout c’qu’il savait, c’était qu’il n’voulait pas finir en prison: il n’voulait pas laisser Isolde seule, vulnérable, isolée dans un monde où ces ordures marchaient libres. Il n’voulait pas, en plus de tout l’reste, n’pas voir sa fille grandir, ne pas vivre, ne pas exister pour c’qu’il essayait de devenir, aussi compliqué, ‘trop tardif’, injuste était-il. Il voulait trouver, lui, activement, ouais, s’battre, s’défendre, survivre, subsister après toute cette merde, et découvrir autre chose, au bout du bout. Clairement, c’n’était pas ce soir qu’il s’était engagé du bon côté - il le savait, il l’avait su dès qu’il s’était retrouvé dans sa cellule; il avait su pourquoi il n’voulait pas affronter le regard d’Isolde, le jugement de celle-ci, ou même la peine tangible qu’y’avait en lui, et qu’il répartissait partout autour de lui, avec ses actions. Même pour lui, parfois, c’était trop dur; il semblait que l’esprit de Cesare était devenu un désert aride, fait de retenue et de contrôle, depuis la mort d’Aria. Pourtant, maintenant qu’il avait gratté la surface illusoire, c’était comme s’il découvrait toute une oasis tenace de chagrin, un torrent, un océan tout entier; c’était compliqué, d’être heureux et malheureux à la fois. « J’sais pas quoi faire. » la phrase, écrasée au creux du cou d’Isolde, était probablement la plus fidèle à tout c’qu’il ressentait; de constants opposés, une frustration infinie, à avoir été heureux, si heureux pendant un laps de temps trop court, et de tomber aussi bas, et d’entrainer tout l’monde avec lui, là maintenant. Aujourd’hui, ou peut-être depuis plus longtemps encore, insidieusement et distraitement. Il n’voulait pas blâmer Isolde uniquement, le travail de celle-ci ou l’fait qu’ils soient encore à Radcliff. Il n’voulait blâmer personne, à vrai dire; dans les moments de bonheur infini, il semblait qu’son cerveau s’arrêtait, purement et simplement - peut-être était-ce de ça, dont il avait besoin et envie, un déni aisé comme ça. Peut-être que les étreintes d’Isolde, sa présence, étaient juste suffisantes - ou du moins, un peu, construisant lentement mais sûrement les pièces du puzzle; mais peut-être que c’était trop demander, après tout, c’était des complications qu’il était l’seul à mériter, selon la ‘justice’ quelle qu’elle soit - c’était des fardeaux qu’il était l’seul à devoir porter.

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MessageSujet: Re: (cesare), hope to never fall.   Sam 1 Juil 2017 - 20:37


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Elle ne savait pas tout ce qui pouvait se passer dans la tête de Cesare, Isolde. C’était pas le genre d’expérience qu’elle avait connu elle. Ses peines, ses doutes, ils ne venaient pas d’un passé sanglant qu’on lui avait imposé pendant toute sa vie. Pendant des années et des années, elle s’était contenté de détester les hunters, pour le mal qu’ils faisaient, elle les avait détesté de tout son être à partir du moment où on lui avait arraché son père et qu’au passage on lui avait arraché son innocence et les rêves de gamine de gamine qu’elle avait eu. Mais au-delà de toute cette haine qu’elle ressentait à leur égard, toutes les fois où elle s’était demandé comment ils en étaient arrivés là, elle avait chassé la question de sa tête en se disant qu’ils avaient simplement choisi de devenir des meurtriers. Ça avait rendu les conversations difficiles avec Cesare, parce qu’elle ne lui avait même pas laissé une chance d’expliquer quoi que ce soit, toutes ses tentatives de lui prouver qu’il n’était pas comme eux, qu’il n’avait rien choisi, elles s’étaient heurté à un mur de froideur, qu’elle avait érigé pour continuer de justifier sa haine et sa colère envers les hunters. Maintenant, tout ce qu’elle pouvait comprendre, c’était que c’était pas forcément une question de choix, qu’on ne choisissait pas vraiment quand on se retrouvait endoctriné dès l’enfance, élevé pour devenir un tueur. Est-ce que ça rendait les crimes plus pardonnables ? Quand elle pensait à Cesare, elle dirait que oui, parce qu’au moins, y avait eu un moment où il avait fait le choix de se sortir de tout ça et ça semblait être le genre de décision qui demandait beaucoup de force et de courage. Mais pour lui, pour ses victimes, ça n’effacerait jamais les actes qu’il avait pu commettre par le passé. Sans doute qu’ils seraient toujours là, dans un coin de sa conscience à le faire se sentir coupable et qu’aucun moment de bonheur quel qu’il soit ne pourrait jamais les effacer complètement.

Elle n’avait pas envie de penser complètement comme ça Isolde. C’était probablement déjà trop la façon dont Cesare devait voir les choses, à se dire que ça pèserait toujours là, lourdement en lui parce qu’il ne pouvait pas complètement expier ses fautes. Elle ne pouvait pas croire qu’y aurait une partie de lui qui serait toujours malheureuse et douloureuse, parce qu’elle avait promis de le rendre heureux. Elle avait promis d’être à ses côtés envers et contre tout, de l’aider, de le soutenir et de tout faire pour chasser chacun de ses maux. C’était pas une réussite pour l’instant. Mais ils avaient encore de longues années devant eux, ils n’étaient mariés que depuis quelques mois après tout. Ils étaient réunis, sous le même toit, depuis moins d’un an, alors ils avaient encore le temps et Isolde elle n’allait pas abandonner. Elle n’allait pas perdre la foi qu’elle pouvait avoir en Cesare, parce qu’elle savait qu’il pouvait s’en sortir, qu’il en avait la force, le courage et qu’il le méritait bien plus qu’il ne voulait bien l’admettre. Peut-être bien que c’était l’amour qu’elle ressentait pour lui qui lui faisait voir les choses comme ça. Parce que l’amour rendait aveugle ou quelque chose dans ce goût-là. Peut-être que la culpabilité, elle serait toujours là, après tout, c’était aussi ça être humain, se sentir coupable pour ses erreurs, être capable de regretter ses torts. Mais elle ne pouvait pas croire que ça pourrait éternellement prendre le pas sur le reste. Il était heureux avec elle, il l’avait dit. Alors, c’était déjà un bon point. Pour le reste, elle savait qu’il pourrait trouver quelque chose qui donnerait du sens à sa vie. C’était flou aujourd’hui, parce que c’était nouveau, mais ça viendrait. Ça ne s’improvisait pas tout ça et lui, il n’y avait jamais réfléchi, lui, on lui avait toujours tout imposé, ça semblait évident, que maintenant, ça devait être vraiment déroutant. Mais ça ne voulait pas dire que c’était perdu d’avance et si le fardeau semblait trop lourd à porter, elle était là pour l’aider, c’était ça aussi le mariage après tout. « C’est normal, t’as toute une vie à reconstruire, c’est compliqué. Mais ça va s’arranger et je serais toujours là pour t’aider. » A défaut de pouvoir régler ses problèmes en un claquement de doigt, elle pouvait être là pour lui, elle le serait, pour le meilleur comme pour le pire, ils se l’étaient dit. Des fois, elle s’énervait trop vite, elle jugeait aussi bien vite aussi, mais elle faisait de son mieux pour comprendre, malgré tout, alors il pouvait compter sur elle pour ne jamais le laisser tomber. Elle pourrait le serrer dans ses bras comme elle le faisait ce soir pour essayer de le réconforter, elle quitterait Radcliff si c’était nécessaire pour qu’il se sente mieux. Elle ferait tout pour lui, c’était au moins une chose dont il pouvait être sûr.

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the dark will turn into the sunlight.
You and me against the world, Like a little boy and girl. There were monsters beneath our bed And we were scared until we taught them all to sing and then we had a laugh instead. You and me on stormy seas It had brought us to our knees There were dangers, all around And we were frightened by the wind and when it blew until it blew us to dry ground.

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(cesare), hope to never fall.

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