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 we'll do it all, everything, on our own (astrius)

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SUR TH DEPUIS : 29/05/2016
MessageSujet: we'll do it all, everything, on our own (astrius)   Mer 7 Juin 2017 - 0:05


“ i don't quite know how to say how i feel
those three words are said too much they're not enough ”

@chasingcars / sleepingatlast

« David! Reviens ici! » Adaline dans les bras, tu te mets à courir après ton frère dans le long corridor de ton appartement qui mène jusqu’aux chambres à coucher de chaque côté. Tu entends une porte claquée et tu devines qu’il est entré dans la chambre d’Adaline. Tu ouvres la porte pour le retrouver assis par terre, un des jouets musicaux à Ada contre l’oreille, un sourire habitant son visage. Ça a toujours été plutôt difficile d’être sévère avec ton frère car il a un de ses sourires qui charmerait absolument n’importe quoi. Tu jettes un coup d’oeil à ta fille qui est à deux doigts de s’endormir dans tes bras et tu ne peux t’empêcher de maudire ton frère un peu de faire autant de bruit. Tu déposes Adaline dans son berceau avant de t’approcher à nouveau de ton frère qui est concentré à appuyer sur le même bouton en continue, faisant ressortir la même note aiguë encore et encore. « Debout mon homme. » Tu lui fais le signe de tes mains en prononçant les mots, sachant qu’il est toujours plus facile d’obtenir son attention si tu lui demandes en langage signé en même temps que verbalement. Il se lève en un seul bond, et tu réussis à lui retirer le jouet des mains et t’as à peine le temps de le ranger qu’il se remet à courir le long du couloir jusqu’à ton salon où vous étiez au départ. Tu échappes un soupir, attrape le moniteur à bébé avant de sortir de la chambre de la petite,

La soirée commence à peine et tu regrettes de ne pas avoir pris la décision d’aller garder chez tes parents plutôt que de prendre David chez toi. Ton appartement n’est pas adapté pour lui et il en a pleinement conscience. La seule chose que tu as fais installer dès ton aménagement, c’est une serrure à l’intérieur pour la porte d’entrée. Pas question que David te file entre les doigts alors que tu vas aux toilettes, et tu le connais assez pour savoir que ce serait son genre. Ce n’est jamais avec une mauvaise intention, mais il est tellement curieux et rapide que tu n’as pas le choix de prendre tes précautions avec le jeune homme. Tu le retrouves assis devant ta télévision, les yeux rivés sur le film de Disney que tu as mis – la Belle et la Bête – et tu profites de ces minutes de calme pour te préparer un petit quelque chose à manger. David a déjà souper, du moins c’est ce que ton père t’a dit lorsqu’il est venu te le porter. Tes parents avaient un souper de prévu avec un vieux couple d’amis et leur babysitter avait annulé à la dernière minute. Ça aurait normalement été le rôle d’Ollie de s’en occuper, mais elle-même était sortie pour la soirée. Tu avais donc accepté de le garder pour la soirée et la nuit, sachant que ça ne ferait pas de mal à tes parents de ne pas être réveiller à sept heures du matin une journée de weekend par un David trop énervé de commencer cette nouvelle journée, sacrifiant par le fait même ton samedi matin. Oh well. Tu avais installé toutes les choses à ton frère dans la chambre d’amis, y mettant quelques unes de ses figurines sur la commode en plus de sa grosse peluche de Winnie L’Ourson avec laquelle il dort toutes les nuits, sans exception.

Tu es en train de te faire un plat de nouilles au fromage – la grosse gastronomie, comme toujours – lorsque tu entends cogner à la porte. David, fidèle à ses habitudes, se met à sauter sur une jambe dans le salon et s’approche de la porte, ses doigts tambourinant sur la poignée qu’il ne peut pas ouvrir. Tu laisses ton plat sur la table, t’assurant que le rond du poêle est bel et bien fermé (un accident est si vite arrivé) et tu te diriges vers la porte. « Calme-toi mon loup », que tu dis à l’intention de ton frère qui se remet à sauter un peu partout dans le salon, attrapant une figurine qui traîne sur le plancher au passage alors que tu tournes la clé dans la serrure. Tu tournes la poignée et tu n’es qu’à moitié surprise de te retrouver face à face avec Marius. Un sourire se place inconsciemment sur tes lèvres alors que tu dois te rappeler mentalement que tu lui en veux encore. Que ça fait six mois déjà que tu ne démords pas de ta position, même s’il parvient parfois à te faire oublier comment il peut être idiot de ne pas prendre mieux soin de lui. « Hey! Qu’est-ce que tu fais là? » Tu ne lui laisses même pas le temps de répondre que tu le presses à rentrer, voyant David se rapprocher de la porte. « Désolée. Mon frère est là et tu sais comment le monde extérieur est fascinant pour lui. » Tu échappes un petit rire, et tu recules enfin, laissant de la place au père de ta fille pour qu’il prenne place dans ton appartement. Tu jettes un coup d’oeil au moniteur de bébé que tu as laissé sur la table, remarque que ta fille dort encore bien paisiblement malgré tout le bruit dans l’appartement. « J’ai fais du macaroni au fromage, tu en veux une assiette? » C’est à ce moment que tu te retournes pour apercevoir que David a les deux mains dans ton plat, et quand ton regard croise le sien, il t’offre ce petit sourire coquin alors que tu échappes un soupir avant de rire légèrement. « J’crois qu’il est bon. »

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    cry me a river, build myself a bridge i'm over this, can't let memories become the death of me. i'm glad to see everything that you are, and i believe that you are everything i needed, but i don't need no more. i'm going down, and you have watched me drown in a river of tears, lost beneath the stream.
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MessageSujet: Re: we'll do it all, everything, on our own (astrius)   Mer 7 Juin 2017 - 20:11

We'll do it all, everything, on uor own
Astrid & Marius



L’ordonnance est sur la table et je la fixe avec mon regard le plus mauvais. Elle est là, elle y traîne. Ca fait des années qu’elle est fréquemment posée sur la table, chiffonnée, renouvelée régulièrement mais jamais suivie. Ca fait des années qu’on est en guerre, elle et moi, qu’on se prend la tête tous les deux ou trois mois, qu’elle s’alourdit, s’allège, mais reste une constante plus con que stante dans ma vie. Et ça fait des mois, aussi, qu’elle est devenue plus seulement un poids, mais aussi une barrière entre ce que je veux, et ce que j’ai. Comme si ce n’était pas déjà suffisamment le cas avant. L’ordonnance est là, les médicaments qu’elle appelle à chaque fois que j’arrive à me motiver à me traîner à la pharmacie sont là aussi, rangés au garde à vous, un petit régiment de boîtes et de comprimés. Annotés par la magnifique écriture de mon cardiologue pour mieux me foutre dans le crâne une posologie que je traduis, constamment, en prendre 0 comprimés, jamais,jamais,jamais, pendant 0 mois. C’est plus simple que leurs trois fois par jour, ou encore le matin tous les deux jours, voire ne pas dépasser les quatre par semaine. Ah bah ça, pour ne pas dépasser, je ne risque pas de dépasser, hein. Je suis prudent, très prudent. Et tout le monde me le reproche, tiens, la bonne blague.

L’ordonnance est posée sur la table, les médocs aussi, mon téléphone se tient à côté d’eux pour mieux me narguer. Astrid me manque. Ca va faire cinq jours qu’on ne s’est pas vus. Non, plus. Six. Voire huit. Je ne sais plus, je perds bien trop facilement le compte des jours. Astrid me manque, et ces médocs que je refuse de prendre - un premier pas vers une opération que je n’accepte pas - seraient la solution pour avoir le droit à un sourire, à un câlin, à une nuit avec elle, une nuit hors du temps. Sauf que les prendre, c’est revenir sur ma décision, c’est plier sous la pression. C’est risquer de me donner un espoir, de lui donner un espoir qui sera immanquablement déçu. Mais Astrid me manque. Et l’absence de bruits dans l’appartement, entre un Samuel sagement endormi et une Moira encore en déplacement, me pèse. J’ai presque envie d’aller réveiller mon fils, tiens. Mais non. Je me saisis de l’ordonnance, avec la ferme intention de m’y tenir, cette fois. Docteur en cardiologie, l’entête, rien que l’entête putain, suffit à venir à bout de toute ma bonne volonté, la feuille se fait boule de papier, ballon de basket qui marque un but dans la poubelle, mon bras balaye la table et envoie promener tous les médocs. Hors de question que je les prenne.

Alors pourquoi est-ce que je les rassemble dans un soupir, sous l’air totalement paumé d’un Kartoffel qui ne comprend rien à l’incohérence de son maître ? Parce qu’Astrid me manque, et qu’aussi régulièrement qu’un métronome, son chantage fait effet. Je considère les boîtes, attrape le bon flacon, soupire en me servant un verre d’eau et avale les trois comprimés tombés dans la paume de ma main. Voilà, comme ça, c’est fait, je rebalance le tout sur la table avant de me passer la main sur le visage. A chaque fois que je me résous à les prendre, j’ai davantage l’impression de perdre une bataille que d’en gagner une. Mais à chaque fois aussi, je m’octroie la récompense stupide d’attraper mon portable, d’appeler Sophie, de sourire de soulagement en l’entendant me dire que bien sûr qu’elle peut venir garder Samuel quelques heures, voire plus, parce que ça lui fait toujours plaisir de me rendre service, d’attraper mes clés et d’échouer, quelques dizaines de minutes plus tard, devant la porte d’Astrid.

Cette fois n’y fait pas exception. J’ai une boite de chocolat dans une main, mes comprimés et mon ordonnance - maladroitement défroissée - dans l’autre: tout autant de gages de ma bonne foi. Des gages qui m’encombrent et me forcent à utiliser mon épaule pour frapper - assez bourrinement on en conviendra - à la porte. « Calme-toi mon loup » La voix d’Astrid me parvient, des pas précipiter tout autant, la clé tourne dans la serrure: « Hey! Qu’est-ce que tu fais là? » Je m’apprête à lui répondre mais une silhouette un peu plus loin, et je comprends qu’il vaut mieux ne pas rester sur le palier. « Désolée. Mon frère est là et tu sais comment le monde extérieur est fascinant pour lui. » « Yeap, je rentre vite ! » J’hoche la tête, d’un regard complice à destination d’Astrid. Mes mains se lèvent, glissent sous son nez leur contenu. « Ma Tidou, je peux poser ça où ? » Si les ma chérie ou ma puce sont totalement proscrits dans ma bouche, j’use et j’abuse de mon droit à la surnommer Tidou, un droit que j’ai dû reconquérir il y a plus d’un an maintenant. Un droit que je savoure à chaque fois que je m’incruste chez elle avec tout le naturel du monde. Après tout, c’est un peu chez moi, non ? Un tout petit peu ? « J’ai fait du macaroni au fromage, tu en veux une assiette? J’crois qu’il est bon. » Je suis son regard, en éclatant de rire, dépose d’autorité sur les lèvres d’Astrid un baiser, dans ses mains la boite et les comprimés, pour aller, ébouriffer les cheveux de David, sans brusquerie. « Salut mon grand bonhomme ! Ca fait un bail ! Bah alors, ta soeur ne te nourrit pas ? » Avec David, je crois qu’on peut dire que le courant est toujours bien passé. A croire que le retard qu’il accuse trouve son reflet en mon absence de maturité. Je ne sais pas trop. Je plisse les yeux, d’un air aussi espiègle que complice, « David, dis-moi, elle a été sage au moins ? », je pars dans un grand éclat de rire, nourri déjà, par la satisfaction d’être là, mais aussi par le simple fait qu’il n’y ait pas encore de dispute à l’horizon. Pas encore. Je me tourne vers Astrid. « Tu l’as pour la soirée ? » Et la nuit ? « Je veux bien un assiette, j’ai rien bouffé. A la base, j’avais juste... » Juste envie de la voir. Juste besoin de la voir. Juste envie d’une récompense pour le fait d’avoir ingéré - pour la première fois depuis deux semaines - ces foutus comprimés inutiles. « Sophie a accepté de me garder Samuel pour la soirée. » Et la nuit.

© Grey WIND.

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And you're quick to forgive when I make a mistake / You love me in the blink of an eye
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SUR TH DEPUIS : 29/05/2016
MessageSujet: Re: we'll do it all, everything, on our own (astrius)   Mer 7 Juin 2017 - 22:11


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Quand tu ouvres la porte pour apercevoir un visage dont tu connais le moindre des traits, tu ne peux pas t’empêcher de te laisser porter par cet élan de joie de le voir là, ton coeur qui s’emballe comme toujours lorsqu’il n’est pas loin. Ça fait des années et malgré les hauts et les bas, malgré les peines et la douleur, il parvient encore à te faire sentir spéciale lorsqu’il te regarde avec un sourire collé sur lèvres. Tu aperçois rapidement qu’il a les mains pleines, et si ton regard se pose tout d’abord sur la boîte de chocolat qu’il t’a emmené – tes préférés – c’est plutôt les bouteilles de médicaments qui captent ton attention. « Yeap, je rentre vite. » Ça ne prend que quelques secondes avant que la porte ne soit à nouveau barrée derrière le jeune Caesar, et tu ne peux t’empêcher de te sentir légèrement soulagée alors qu’il s’approche de ton frère. Soulagée parce que tu sais que s’il a pris la peine de t’apporter ses médicaments et la prescription, c’est parce qu’il a décidé de les prendre, au moins aujourd’hui. Ça fait des mois que tu le poses à prendre soin de lui, que tu lui dis qu’il doit prendre ses médicaments, qu’il doit se battre pour un peu plus de temps avec son fils, votre fille, et avec toi aussi. Mais si tu es bonne pour répéter sans cesse le même discours, Marius est aussi très doué pour faire la sourde oreille. « Ma Tidou, je peux poser ça où? » Tu lui fais signe de tête qu’il peut déposer ça sur la table et tu remarques au même moment ton frère les deux mains dans ton souper. Un classique. Tu ne donnes même pas le temps à Marius de déposer les chocolats sur la table que tu lui prends la boîte des mains, alors qu’il dépose un léger baiser sur tes lèvres. Vos regards se croisent légèrement et t’aimerais avoir plus de volonté pour lui résister, mais t’es faible, toujours drôlement faible lorsqu’il s’agit du jeune Caesar. Il s’éloigne de toi et s’approche de ton frère qui a toujours les mains dans ton macaroni, et c’est à peine s’il réagit à Marius qui lui ébouriffe les cheveux. « Salut mon grand bonhomme! Ça fait un bail! Bah alors, ta sœur ne te nourrit pas? » Tu roules des yeux avant d’échapper un petit rire, David lui est complètement concentré sur ton assiette qu’il est en train de vider dans un temps record. « Monsieur a déjà manger, mais il a suffit que je tourne le dos pour qu’il me vole mon repas. » Les yeux de ton cadet se lève légèrement vers toi, un sourire toujours aussi coquin sur les lèvres. Il se moque clairement de toi. Les gens auront beau dire ce qu’ils veulent, David, il comprend plus de choses qu’il ne le laisse paraître.

« David, dis-moi, elle a été sage au moins? » Tu enlèves les mains de ton frère de ton plat, lui place la fourchette entre les doigts. « J’suis toujours sage moi. » Tu entends la fourchette tombée contre le plat alors que David se remet les deux mains dans l’assiette. Normalement, tu aurais insisté pour qu’il mange avec un ustensile, mais le mal étant déjà fait, tu le laisses finir ton plat comme ça, alors que tu te diriges vers le lavabo pour mouiller une débarbouillette et laver les mains pleines de sauce au fromage de ton petit frère. « Tu l’as pour la soirée? » Tu hoches positivement la tête et tu jettes un autre coup d’oeil au moniteur de bébé. La petite dort toujours à point fermé, et même si tu sais qu’elle peut être partie pour quelques heures, ça te fait toujours un peu étrange de ne pas l’avoir avec toi. « Jusqu’à demain matin. Problèmes de gardienne, tu sais comment c’est. » Tu sais que Marius fait beaucoup garder Samuel, particulièrement depuis la mère de Cressy. De ton côté, tu as encore un peu de mal à l’idée de laisser ta fille, surtout depuis que tu sais pour ses problèmes de coeur. T’es un peu une maman poule, comportement qui se voyait déjà juste avec la façon dont tu t’occupais de David mais qui a décupler depuis la naissance d’Adaline. « Je veux bien un assiette, j’ai rien bouffé. À la base, j’avais juste.. » « Juste quoi? » Tu croises son regard pour quelques secondes à peine avant d’enlever le plat vide que David a laissé sur la table avant de retourner devant la télévision pour le déposer dans l’évier. Tu en sors deux nouveaux que tu remplis, un pour toi et un pour Marius. Tu les déposes sur la table et invite le jeune homme à s’asseoir devant toi, là où David était il y a quelques minutes à peine. « Sophie a accepté de me garder Samuel pour la soirée. » Tu lèves les yeux vers le jeune homme, te mordillant légèrement la lèvre inférieure. T’as pas besoin qu’il te fasse un dessin pour comprendre ce qu’il a en tête, et t’as pas besoin de lui dire quoique ce soit pour qu’il sache que tu as reçu le message. Sauf que ce n’est pas si simple. Il ne peut pas venir ici avec ses pilules et penser que tout est réglé, que c’est aussi facile que ça. « Tu sais que tu aurais pu l’emmener avec toi. Ça m’aurait fait plaisir de le voir.. » Tu sais trop bien que Samuel n’est pas le tien, mais tu trouves important de rappeler au jeune Caesar que tu es là pour lui, malgré votre relation tumultueuse. Tu te demandes s’il a compris le petit, qu’il ne reverrait jamais sa mère. Sûrement pas, il est encore si jeune, mais tout de même. Tu attrapes la prescription que Marius a laissé sur la table à son arrivée et tu échappes un long soupir. « T’as commencé ton traitement? Pour vrai cette fois? » C’est à peine si tu oses le regarder, effrayée par sa réponse. T’as envie de croire que cette fois c’est la bonne, mais tu connais trop bien la position de Marius face à la situation pour croire que ça y est, que tu as réussi à le convaincre. « Car t’auras beau m’emmener tous les chocolats du monde, me faire des beaux yeux ou m’appeler Tidou, j’ai pas changé d’idée. Tu le sais ça. » Ta voix est plus ferme que nécessaire, mais tu ne peux pas t’en empêcher. Ça aurait été tellement facile pourtant de fermer les yeux et de profiter d’un souper en tête à tête avec le jeune homme, mais t’as pas envie de faire semblant. Pas envie de fermer les yeux sur une problématique éternellement non-résolue.

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MessageSujet: Re: we'll do it all, everything, on our own (astrius)   Mer 14 Juin 2017 - 23:03

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Astrid & Marius



Je dois avoir l’air con. Mais à chaque fois que je fais face à Astrid, en même temps, je me sens con. Et surtout depuis un an, voire quinze mois. Mais je dois avoir encore plus l’air con que d’habitude, avec mes médocs dans une main, mes chocolats dans l’autre, et… et un de mes sourires les plus débiles collé au visage. Mais je ne peux pas m’en empêcher. Le temps que je passe avec Astrid est compté, chronométré, j’en savoure systématiquement chaque seconde, avant de tout ruiner - systématiquement aussi - sur un coup de tête lorsque le malaise dépasse le bien-être, lorsque la conscience de mon coeur dans ma poitrine piétine l’espoir et l’optimisme que je peux rassembler. J’entre dans l’appartement sans me faire davantage prier, je fais comme chez moi, je m’installe, je m’accapare les lieux dans un naturel qui me dépasse. Dans un naturel qui m’amène à effleurer les lèvres d’Astrid, pour mieux la délaisser. Comme si tout était normal. Comme si ça ne faisait pas près de deux semaines qu’on ne s’était pas vu. Célibataire à temps partiel, c’est comme ça que je me décris, et c’est dramatiquement vrai. Quoiqu’il en soit, ce soir, je refuse d’être célibataire, je refuse de me laisser envahir par le moindre doute, la moindre culpabilité, la moindre hésitation. Je compte bien me comporter comme si tout était normal, de ma venue non annoncée, aux mains de David dans le repas d’Astrid, en passant par cette boite de chocolat abandonnée dans les bras de ma copine.

David est là, très certainement pour la soirée, et je suis certain qu’il faut que je m’en réjouisse. Face à son frère, ce n’est pas qu’Astrid se retiendra de hurler, c’est juste qu’elle évitera le plus longtemps possible de le faire. Et c’est bien parfait. J’éclate de rire en ébouriffant les cheveux de mon presque-beau-frère, je lui lance un regard de connivence. Alors comme ça, Astrid ne le nourrit pas ? J’ai un sourire espiègle aux lèvres, renforcé par le rire d’Astrid qui succède à son roulement d’yeux. « Monsieur a déjà mangé, mais il a suffit que je tourne le dos pour qu’il me vole mon repas. » Le regard que lance le petit frère à la grande soeur est sans prix, je pars dans un fou-rire incontrôlé pour mieux le prendre à partie, incapable de ne pas voir en lui un allié pour titiller Astrid. « J’suis toujours sage moi. » Je lève les yeux au ciel, sans pousser le vice jusqu’à remettre en cause cette affirmation, tout en rattrapant la fourchette tombée pour la glisser à nouveau dans les mains de David, juste avant d’aller enlever ma veste et de la poser en désordre sur le canapé. Des questions banales, pour commencer: je marche sur des oeufs et j’en suis conscient. Plus que conscient. Un coup d’oeil en direction du babyphone me fait comprendre qu’Adaline dort, j’ai un pincement au coeur à l’idée de ne pas la voir, ce soir. « Jusqu’à demain matin. Problèmes de gardienne, tu sais comment c’est. » J’ai un sourire, légèrement crispé, devant le sous-entendu. Parler de Samuel, parler de Crescentia, avec Astrid, ça me semble compliqué. Et ça me laisse un arrière-goût dans la bouche, comme si à chaque fois, Astrid accompagnait le tout de reproches mérités. « Yeap, bien sûr. Faudrait que je mette tes parents en contact avec... » Je me penche pour ramasser une fourchette faite tombée, sans faire exprès, par un David qui n’en voit guère l’utilité, et la poser à côté de l’assiette. « … Sophie. Elle s’occupe de moi, déjà, du coup, garder David un soir ou deux, ça lui ferait du repos, non ? » Sophie, celle qui a endossé sans hésiter le rôle de grand-mère pour moi, dès que j’ai été indépendant ; une femme de ménage sur le papier, un ange gardien en réalité. Et la baby-sitter préférée de Samuel jusque-là. Et la personne à qui je me sens le plus de le confier sans cesse, lorsque je dois aller voir le cardiologue, mon agent, mes entretiens pour remettre un pied dans le cinéma, bon gré, mal gré, lorsque je dois aller faire réviser ma moto… Tout en parlant, tout en acceptant avec grand plaisir sa proposition de bouffer un peu, je continue à bouger, à m’appuyer à un meuble, me remettre à errer dans le salon, pour regarder des photos, laisser mes doigts traîner… je ne sais pas rester immobile, je n’ai jamais su. Tout comme je ne sais pas me taire, je sais juste commencer des phrases que je n’ai plus, finalement, envie de terminer. J’avais juste, j’avais juste quoi ? « Juste quoi? » Je croise le regard d’Astrid, tarde un peu à répondre, à remettre Sophie dans la conversation, comme pour mieux changer de propos. J’avais juste quoi ? Un besoin soudain d’avoir une soirée normale, de goûter à un futur que je refuse de vivre. Que je suis con, putain.

Que je suis con. Et je m’en rends compte à chaque fois que j’ai le malheur de croiser le regard d’Astrid. « Tu sais que tu aurais pu l’emmener avec toi. Ça m’aurait fait plaisir de le voir. » J’hausse les épaules, fais glisser une assiette sur la table, cherche dans un placard des couverts et des verres, histoire de me sentir utile moi aussi. Je vais même jusqu’à les remplir, ces verres. « Je… » J’hausse à nouveau les épaules. « Je… tu sais que ça me dérange… » Et un Marius qui baisse les yeux, qui joue avec sa fourchette au lieu de s’empiffrer comme un goinfre, il n’y a qu’une Astrid pour le voir. Qu’une Astrid pour en être la cause. « Et puis, ça aurait été le réveiller, le changer d’environnement, c’est… ‘fin tu sais, c’est pas génial. » J’ai un petit sourire que je veux complice, que je veux espiègle, que je veux tout sauf gêné, tout sauf mal à l’aise. D’un mouvement de menton, je m’apprête à demander ce que David regarde mais, et je ne sais même pas pourquoi j’en suis étonné, Astrid prend les devants. Elle ne me laissera pas m’en tirer aussi facilement.

Elle ne me laisse jamais m’en tirer aussi facilement. « T’as commencé ton traitement? Pour vrai cette fois? Car t’auras beau m’emmener tous les chocolats du monde, me faire des beaux yeux ou m’appeler Tidou, j’ai pas changé d’idée. Tu le sais ça. » J’ai une grimace. « Je sais » Et je suis incapable de savoir si je préfère une discussion sur Samuel – aka le comble du malaise – ou sur mon cœur – aka la source principale de dispute. J’enfourne une fourchette de macaronis pour me laisser un sursis mais il est inutile de préciser à quel point ce sursis ne sert à rien. Parce que le moment où je n’ai plus la bouche pleine arrive trop vite et que je n’ai toujours pas envie d’aborder ce sujet. Mais il faut bien. Et puis… et puis, merde. « Je sais, Tidou, je sais ! Mais moi non plus, j’ai pas changé d’idée… Enfin… ouais, j’ai recommencé mon traitement. » Mes doigts vont chercher les comprimés, l’ordonnance froissée, les ramènent à côté de moi. Je m’amuse à faire rouler la boite. « Même si ça sert à rien. Mais s’il faut ça pour que j’aie le droit de te voir plus que quelques heures sans qu’on se dispute… mais te fais pas d’illusion, ça changera rien, juste… ça changera juste tellement rien. » Sans qu’on se dispute, ahah, amusant. Est-ce que c’est seulement possible ? « Mais sinon, tu as passé une bonne journée ? T’as géré les macaronis, cette fois, t’as pris des cours de cuisine depuis la dernière fois ? » Je lui tire la langue, dans l’objectif totalement assumé l’alléger l’atmosphère en me foutant de sa gueule. Une technique qui a fait ses preuves par le passé. Et qui a aussi connu pas mal d’échecs critiques.


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MessageSujet: Re: we'll do it all, everything, on our own (astrius)   Jeu 15 Juin 2017 - 6:06


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Lorsque tu poses ton regard sur Marius, tu ne peux t’empêcher de te demander jusqu’où toute cette histoire entre vous peut aller. Tu ne peux t’empêcher de te demander à quel point les sentiments qui te rattachent à quelqu’un peuvent tout excuser. Tu te demandes si c’est normal de pardonner ainsi, de le laisser ainsi faire ses aller-retour dans ton quotidien alors que ça te fait toujours un peu plus mal de devoir lui dire au revoir, de le garder à distance à force d’avoir peur de le perdre une bonne fois pour toute. Il y a tant de contradictions entre vous deux, des je veux et des je veux plus, parsemés des je t’aime, moi non plus que c’est difficile pour tout le monde de s’y retrouver, toi la première. Sauf qu’il y a ce sourire et cette facilité qui coule entre vous deux. T’as besoin de lui dans ta vie, que ce soit pour ta fille ou pour toi. T’as essayé tellement souvent de le couper de ton univers, chaque fois qu’il te brisait le coeur, pourtant, t’es incapable de le sortir de ta vie définitivement. Tu peux presque entendre la voix de ta mère qui te dit de faire ton choix une bonne fois pour toute, mais ce n’est si simple et franchement, ça ne dépend pas vraiment de toi. T’as beau mettre des règles sur ta relation avec le jeune Caesar, c’est lui qui a quelque chose a prouvé au final. Lui qui tient toutes les cartes dans ses mains, même s’il ose parfois prétendre le contraire. Mais même si tu sais que tout n’est pas régler, que ça ne le sera peut-être jamais, tu ne peux t’empêcher de laisser couler les choses. De le faire entrer, de laisser ses lèvres se poser sur les tiennes, un baiser chaste mais pourtant rempli de ces sentiments qui ne vous délaissent jamais. Assis l’un en face de l’autre à partager un souper fait maison, t’aimerais que ce soit votre quotidien. Mais la réalité vous rattrape, David est là et Marius ne restera pas. Ainsi vont les choses. Ça ne t’empêche toutefois pas de profiter des minutes sans dispute, de sa présence qui t’apaise sans même qu’il n’ait besoin de dire quoique ce soit. « Yeap, bien sûr. Faudrait que je mette tes parents en contact avec Sophie. Elle s’occupe de moi, déjà, du coup, garder David un soir ou deux, ça lui ferait du repos, non? » Tu échappes un rire parce que tu sais que dans un sens, il n’a pas complètement tort. Marius, il peut être un cas lorsqu’il veut, et tu imagines que Sophie a dû être bien utile depuis la mort de la maman de Samuel. « C’est vrai que ça prend une patience d’enfer pour s’occuper de toi, je sais de quoi je parle. » Tu lui offres un sourire qui se veut plus coquin alors que tu prends une autre bouchée de ton repas qui commence déjà à se faire froid. Tu apprécies réellement l’offre de Marius, mais tu ne peux pas imaginer emmener une personne de plus dans la vie de David. C’est tellement important la stabilité pour ton petit frère et puis même si tu ne le dis pas à voix haute, rares sont les personnes à qui tu fais confiance lorsqu’il s’agit de ce dernier. « Mais ça va, entre Ollie, la gardienne et moi, mes parents peuvent se permettre pas mal de choses. Et puis, ça me fait du bien de l’avoir à la maison. Et Ada adore David. Tu devrais la voir sourire quand il est là. Parfois j’me demande s’ils se comprennent pas ces deux-là juste à se regarder. » Entre le langage encore incompréhensible de ta fille et les regards de ton frère, t’as l’impression qu’ils se mettent parfois à deux contre toi avec leurs airs d’anges. Ou peut-être bien que c’est seulement parce que tu leur portes le même genre d’affection, cet amour infini qu’on ne peut avoir que pour les membres de sa famille, pour ses enfants.

Et tu sais que parler de Samuel, ça emmène toujours son lot de malaise. Parce que Samuel, il est le fruit d’une des tromperies de Marius. Un élément perturbateur à votre histoire. « Je… » Tu t’en veux presque de l’avoir mentionné lorsque tu aperçois le sourire de Marius qui s’assombrit ne serait-ce qu’un peu, mais la dernière chose que tu souhaitais créer, c’est un malaise. « Je.. tu sais que ça me dérange.. » Il évite ton regard et tu détestes que le sujet soit toujours aussi sensible après tout ce temps. Parce qu’après tout, Sam, même si ce n’est pas un bout de toi, un bout de vous, ça reste un petit garçon que tu considères de ta famille, et tu l’adores. Il ressemble tellement à Marius avec son petit air taquin et tu ne peux t’empêcher d’avoir de la peine pour lui. Lui qui a perdu sa mère si tôt. Lui qui risque de perdre son père à tout moment. Tu sais que ce n’est pas ta place, que ce n’est pas ton rôle, mais t’aimerais être là pour lui, comme tu aimerais être bien plus présente pour Marius que tu ne l’es en ce moment. « Je sais, mais j’voulais juste te le rappeler. Je.. ça doit pas être facile à gérer sans Cressy. Et puis c’est le frère d’Adaline quand même.. » Tu ne forces toutefois pas le sujet, car tu sais que c’est inutile pour l’instant. Tu le sais que Samuel, c’est seulement un autre sujet parmi plusieurs sur lesquels vous ne semblez pas être en mesure de vous entendre. Et puis, c’est pas comme si tu étais en mesure de le forcer à quoique ce soit en ce qui concerne le jeune garçon. Ce n’est pas le tien et malgré l’absence de sa mère, tu es bien consciente que ce ne le sera jamais. « Et puis ça aurait été le réveiller, le changer d’environnement.. ‘fin tu sais, c’est pas génial. » Ça sonne un peu comme des excuses bidons, mais tu hoches de la tête, le regard toujours baisé sur ton repas. Tu fais quelques signes de ta main libre, une gestuelle qui veut dire laisse tomber, qui annonce haut et fort et que tu n’aurais vraiment pas dû te lancer sur ce terrain glissant. « J’comprends Marius, pas besoin.. pas besoin de t’expliquer. » Il a beau essayé de tourner ça à la légère, tu sens déjà la dispute qui s’approche, une lourdeur qui s’installe dans chacun de vos mots. Un autre incontournable de votre relation.

« Je sais. » Tu échappes un soupir, malgré toi. Parce que tu as beau le dire et il a beau savoir, tu sais que ça ne change pas grand-chose au final. La situation reste la même et vos opinions demeurent opposés et inchangés et comme toujours, ça crée des tensions. Heureusement – ou malheureusement selon comment on regarde la situation – Adaline dort et David est étonnamment calme devant son film alors toute ton attention se porte sur le jeune homme qui lui aimerait bien éviter la discussion. « Je sais, Tidou, je sais! Mais moi non plus, j’ai pas changé d’idée.. Enfin.. ouais, j’ai recommencé mon traitement. » Si tu es temporairement soulagée de savoir qu’il a recommencé son traitement, tu sais que ça ne durera pas. Ce n’est qu’une question de jours avant qu’il arrête, convaincu comme toujours que ça ne le sauvera pas, que rien ne peut le faire à ce stade-ci. « Pour combien de temps cette fois? » Tu poses la question, pourtant tu n’as pas particulièrement envie de connaître la réponse. Pas envie de savoir que dans moins d’un mois, tout sera encore a recommencé. Le traitement, cette discussion, tout. Tu le vois qui prend sa prescription et sa boîte de médicaments entre les doigts, jouant légèrement avec cette dernière et t’essayes de comprendre comment il pense. Tu essayes de te mettre à sa place, mais tu n’y arrives pas. Parce que si ton point de vue ne semble pas faire de sens pour le jeune Caesar, le contraire est tout aussi véridique pour toi. « Même si ça sert à rien. Mais s’il faut ça pour que j’aie le droit de te voir plus que quelques heures sans qu’on se dispute.. mais te fais pas d’illusion, ça changera rien, juste.. ça changera tellement rien. » Un autre soupir, et encore. C’est reparti. Parce que t’as pas envie qu’il continue éternellement de recommencer son traitement seulement pour s’acheter du temps avec toi, parce que t’en as marre de dire oui alors que tu devrais continuer de dire non. T’en as plus que marre que d’être une copine à temps partiel, épuisée qu’Adaline n’est que son père dans les moments qui arrangent ce dernier. « Alors qu’est-ce que tu fais ici Marius? J’ai plus envie de jouer à ce jeu-là. Toi qui prend ta médication quelques jours seulement pour me faire plaisir, pour te faire plaisir. J’suis pas ton jouet. » Tu déposes bruyamment ta fourchette contre la table, même si ton assiette est encore à moitié pleine. Comme chaque fois que tu te disputes, ton appétit disparaît. « Tu m’énerves. » Tu te lèves, va déposer ton assiette sur le comptoir avant de retourner face à Marius qui lui, est toujours légèrement occupé par son assiette. « Mais sinon, tu as passé une bonne journée? T’as géré les macaronis, cette fois, t’as pris des cours de cuisine depuis la dernière fois? » Tu fronces les sourcils, le regard un peu trop sérieux. T’es vraiment pas d’humeur à ce qu’on se moque de toi. « Te moque pas de moi Caesar. » Tu es plus bête que tu ne devrais l’être, ça fait même pas dix minutes qu’il est arrivé que t’es déjà en train de perdre patience après lui. Tu prends une longue et profonde respiration, ton regard s’adoucissant un peu alors que vos regards se croisent à nouveau. « J’suis désolée, je.. Oui, j’ai passé une belle journée. Occupée entre David et la petite, mais ça va. » Tu te rapproches un peu, passant de la chaise en face de lui à la chaise à côté de lui. Tu attrapes sa main libre et enlace tes doigts entre les siens. T’as beau te plaindre et te disputer avec lui autant que tu veux, quand il est là, t’as besoin de le toucher, de le sentir proche de toi. T’as besoin de savoir qu’il te file pas complètement entre les doigts. « Tu l’sais que je suis contente de te voir Rius, vraiment.. Et tu me manques à chaque soir que tu n’es pas là.. » Ta gorge se serre légèrement. Ça fait tellement longtemps que t’essayes de ne pas te montrer complètement vulnérable devant le jeune homme, mais plus le temps passe, plus tu te sens fragile, comme si tu allais casser en mille morceaux s’il venait véritablement à te lâcher. Et même s’il ne le réalise pas, c’est ce qu’il fait, à petit feu, chaque fois qu’il refuse de continuer son traitement. « Mais ça me fait tellement mal de voir que tu ne prends pas ta santé plus au sérieux que ça. Quand est-ce que tu vas réaliser que ta famille, Samuel et Adaline, ils ont besoin que tu prennes soin de toi? Que j’ai besoin que tu prennes soin de toi? »

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MessageSujet: Re: we'll do it all, everything, on our own (astrius)   Mar 20 Juin 2017 - 0:34

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Astrid & Marius



Je ne sais pas à quoi on joue. Non mais autant être honnête : je suis incapable de savoir précisément quelles règles on suit inconsciemment, je ne sais même pas si on peut donner un vrai nom à ce qu’on est en train de faire. Ce que je suis en train de faire avec elle. Ce n’est plus du je t’aime moi non plus, voilà des mois qu’on a dépassé ce stade. Ce n’est pas du attrape-moi si tu peux non plus. Nous nous sommes attrapés l’un l’autre. Peut-être qu’on joue tout simplement au jeu du pars vite et reviens tard ou du ça s’en va et ça revient mais même ça… je ne sais pas. Et j’ai du mal à savoir si j’ai envie d’éclaircir tout ça, ou si le brouillard incertain qui nous environne, qui me permet actuellement de lui sourire, de l’embrasser, de rire et de lancer des regards complices à David pour mieux nous liguer contre elle, ce brouillard et ce flou qui me maintiennent à la fois à distance et à proximité d’elle, à distance et à proximité d’un bonheur que, quelque part, je ne mérite pas, j’ai véritablement envie de le voir se dissiper. Parce que ce bonheur auquel je goutte, je ne peux m’empêcher de le revendiquer, comme maintenant. Avec un naturel déconcertant. Envahissant. Il y a des moments où j’oublie que je vais mourir, où j’oublie que je refuse de vivre, des moments comme ça où je me rends compte que je peux me projeter dans l’avenir sans la moindre incertitude. Comme lorsque je propose de contacter Sophie, comme lorsque me comporte avec David comme s’il était déjà un frère pour moi, moi qui refuse obstinément d’une sœur en plus dans ma vie d’ailleurs. Mais je l’aime bien David. Mais on ne me l’a pas imposé, David. Mais, David, il est empreint d’une douceur et d’une gentillesse que bien des gens devraient convoiter au lieu de mépriser. « C’est vrai que ça prend une patience d’enfer pour s’occuper de toi, je sais de quoi je parle. » Et quand je parle d’oublier que mon cœur a lancé un compte à rebours critique, c’est exactement ce qu’il se produit, là, alors que je me pare d’une moue offusquée, quand bien même j’ai fait pire que tendre la perche pour me faire battre, quand bien même j’avais commencé tout seul à me battre, à faire remarquer comparer à moi, David est un véritable ange, facile à vivre. « Mais ça va, entre Ollie, la gardienne et moi, mes parents peuvent se permettre pas mal de choses. Et puis, ça me fait du bien de l’avoir à la maison. Et Ada adore David. Tu devrais la voir sourire quand il est là. Parfois j’me demande s’ils se comprennent pas ces deux-là juste à se regarder. » Je lève les mains devant ce refus, cette argumentation, comme en signe de reddition. Astrid est une grande sœur protectrice, et une véritable mère poule. Astrid est parfaite. Astrid me rend à chaque fois un peu plus fou d’elle, et ça fait maintenant un bail que j’ai perdu les mots qui auraient pu me servir à décrire à quel point je l’aime. Qu’ils sont même devenus insipides. Insuffisants. Sans âme comparé à la violence de mes sentiments pour elle, des sentiments que je découvre à chaque fois un peu, lorsque mes yeux percutent ses rétines, percutent son sourire, lorsque mon cœur fait un raté, et que je mesure la chance que j’ai de la connaître. D’avoir eu une deuxième, une troisième, une énième chance. Des chances que je fous en l’air, d’ailleurs. Un jour, elle en aura marre de moi, je sais. Mais ce jour-là… ce jour-là n’est pas encore arrivé. Et le brouillard, le brouillard est encore là.

Le brouillard me permet de m’asseoir à table, avec elle, comme si tout était normal. Me permet de me servir en macaronis, comme si tout était normal aussi. Me permet… ma fourchette s’éloigner de ma bouche à la première mention qu’elle fait de mon fils. Elle aura beau dire, elle aura beau faire, elle doit savoir que ça me gêne, et que ça va me gêner encore longtemps. Si pendant la grossesse de Crescentia et celle, en parallèle, d’Astrid, je n’ai pas trop réalisé à quel point la marque la plus explicite de mon infidélité chronique allait me suivre pendant des années, le plus longtemps possible d’ailleurs, je le ressens maintenant, tout en étant incapable d’en vouloir à Samuel. Le seul à qui je puisse en vouloir, actuellement, c’est moi de toute manière. Dans cette histoire, je suis le seul fautif. Et la gentillesse d’Astrid ne fait que mettre ça en exergue, d’ailleurs. « Je sais, mais j’voulais juste te le rappeler. Je.. ça doit pas être facile à gérer sans Cressy. Et puis c’est le frère d’Adaline quand même.. » Le frère d’Adaline, oui. Son demi-frère. Un demi-frère presque jumeau. « Je sais, je sais. Je gère, t’inquiète » Est-ce que je gère vraiment ? En voilà une excellente question. En toute honnêteté, oui, je gère. Je gère même mieux que ce quiconque pourrait penser, je gère même mieux ce à quoi s’attendait Moira j’en suis certain. Je gère. Mais combien de temps encore je vais pouvoir gérer les couches, les pas maladroits, les biberons de lait le soir ? Aucune idée. Dans tous les cas… de toute manière, je n’aurais pas pu amener Samuel, parce que ça aurait été le réveiller, le changer d’environnement, pour le rendormir ailleurs. « J’comprends Marius, pas besoin.. pas besoin de t’expliquer. » J’ai un petit sourire d’excuse, je me reconcentre sur le repas, les yeux qui dérivent et se rivent sur un autre sujet potentiel de dispute.

Encore un, d’ailleurs, j’entends les mauvaises langues dire. Trop de sujets peuvent mener à la dispute, oui. Mais celui-là… celui qu’on aborde malgré tout à chaque fois, celui là tient le haut du panier d’un point de vue potentiel. « Pour combien de temps cette fois? » Au moins Astrid est lucide. Pour combien de temps ? J’ai envie de dire deux jours mais cette réponse ne risque certainement pas de lui plaire. Et puis… deux jours, vraiment ? « Aussi longtemps que j’y penserai. » Je commence donc à répondre. De toute manière, ce traitement ne sert à rien. Strictement à rien. Et le soupir d’Astrid m’annonce que pour une soirée passée avec elle, je suis extrêmement mal parti. Quelle idée, aussi, de ramener aussi vite le sujet sur le tapis ! Quelle idée, merde. « Alors qu’est-ce que tu fais ici Marius? J’ai plus envie de jouer à ce jeu-là. Toi qui prend ta médication quelques jours seulement pour me faire plaisir, pour te faire plaisir. J’suis pas ton jouet. » « Quoi ? » Si la première partie de son discours je la connaissais, la seconde, en revanche, me prend totalement au dépourvu et mon quoi agressif le prouve plutôt deux fois qu’une. « Tu m’énerves. » Elle se lève, je la suis dans son mouvement, prompt à partir au quart de tour, mais la présence de David m’en dissuade tout aussi vite et je me rassois, pour me concentrer sur mon assiette froide, et les macaronis qui l’habitent. Je prends mon inspiration, décide de changer de sujet plutôt que de foncer droit dans le mur. Au moins, là-dessus, personne ne pourra me reprocher de ne pas faire d’efforts.

Plutôt que de parler de mon cœur, je préfère me moquer de ses compétences en cuisiner, je préfère la charrier, tente de détendre l’atmosphère, je préfère faire de l’humour et… « Te moque pas de moi Caesar. » Okay. En fait non. Je termine mon assiette en deux bouchées, suis déjà debout pour aller ramener l’assiette dans la cuisine. « Ca va, je plaisantais… » j’affiche un air bougon, plus vexé par mon échec que par sa réaction inattendue. Son Je ne suis pas ton jouet me tourne dans le crâne, aussi. L’assiette fait du bruit lorsque je la pose d’un mouvement un peu brusque. Mes yeux croisent les siens, sentent une tension bien présente, mais qui se dissipe aussi, très légèrement. Je ne suis pas le seul à faire des efforts. « J’suis désolée, je.. Oui, j’ai passé une belle journée. Occupée entre David et la petite, mais ça va. » On se rassoit, j’écoute de mes yeux grands ouverts, je laisse ses doigts s’entremêler aux miens. « Tu l’sais que je suis contente de te voir Rius, vraiment.. Et tu me manques à chaque soir que tu n’es pas là.. Mais ça me fait tellement mal de voir que tu ne prends pas ta santé plus au sérieux que ça. Quand est-ce que tu vas réaliser que ta famille, Samuel et Adaline, ils ont besoin que tu prennes soin de toi? Que j’ai besoin que tu prennes soin de toi? » Finalement, mon cœur est toujours là, toujours au cœur – ahahah, trop de lol – de la conversation. Mais elle prend pourtant un tout autre ton. Pas d’agressivité. Juste de l’inquiétude, du côté d’Astrid. Et pas d’agressivité non plus du mien, lorsque je rapproche légèrement la chaise d’elle, et que je lui serre la main, comme pour m’excuser. Comme pour lui dire, encore et toujours, combien je suis désolé. « Je ne veux pas vous faire de faux espoirs, Tidou, c’est tout. » Bullshit, c’est ce que je lui fais toutes les deux semaines, en reprenant mon traitement inutile pour mieux l’abandonner deux jours plus tard. « Je t’aime, tu sais. Plus que tout. Je vous aime infiniment tous les trois. Mais je veux… J’ai encore un peu de temps devant moi. Je veux pas qu’on le passe à se disputer, je veux juste qu’on le passe à vivre. » Parfois, j’aimerais encore qu’elle ignore tout de tout ça. Tout de mon cœur, tout de ma mutation. « Astrid, si tu es capable de me dire les yeux dans les yeux que cette foutue opération résoudra tout, que je ne risque rien et que je serai capable de vivre totalement normalement après, alors je signe tout de suite. » Sauf que ce n’est bien évidemment pas le cas. « Si tu es capable de me dire qu’il y a un moyen pour que ma mutation… » Un regard en direction de David, j’ai baissé le ton en disant ce dernier mot, « … pour que ma mutation cesse de déconner au moindre problème, cesse de vous mettre en danger tous les trois sans me niquer définitivement le coeur, alors je signe direct aussi. » Je lâche un soupir. « En attendant, je veux pas te faire courir le risque de croire qu’on a un avenir ensemble, je veux pas courir le risque de vous blesser, je veux pas courir le risque d’un faux espoir. » Et ça… c’est plus que vrai. « D’ailleurs, en parlant de ça… je pense que je vais confier Sam à mon père. » Elle est la première à l’apprendre. « Tu penses que c’est une bonne idée ? » Astrid doit bien être la seule personne au monde à pouvoir me dire que, oui, c’est éventuellement une bonne idée. Parce qu’elle ignore, tout simplement, que mon père est celui à qui je dois ces deux larges cicatrices sur le torse. Elle ignore que s’il m’a promis d’arrêter la chasse, c’est par culpabilité d’avoir failli faire de moi une victime de cette chasse. « Au moins, il sera en sécurité. »

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MessageSujet: Re: we'll do it all, everything, on our own (astrius)   Mar 4 Juil 2017 - 16:11


“ nobody said it was easy
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Tu n’as pas envie de t’en rendre compte, mais plus le temps passe, plus c’est flagrant que Marius et toi, vous tournez en rond. Que ce soit avec toutes ces discussions incomplètes, sur lesquelles vous prétendez être d’accord sans jamais vraiment l’être. Ou pire encore, avec toutes les chicanes, les réconciliations, les envies et les peines, t’as l’impression que vous n’allez jamais au bout de rien par peur de ce qui pourrait être dit, de ce qui pourrait être fait. Et même si elles commencent à t’écoeurer, toutes ces demi-vérités, tu te contentes de hocher de la tête. De prétendre que ça va. Ne serait-ce que quelques minutes de plus, pour éviter une autre conversation qui va éventuellement dégénérée. « Je sais, je sais. Je gère, t’inquiète. » Tu ne pousses pas le sujet plus longuement même si tu en meurs d’envie. Tu dois te rappeler encore et encore, que Samuel, il ne relève pas de ta responsabilité. Qu’il n’est pas à toi, qu’il ne le sera jamais. Qu’il a beau être le demi-frère d’Adaline, il ne sera jamais rien de plus que le fils que Marius a fait dans ton dos. Au du moins, tu as l’impression que c’est ce que Marius croit que tu penses alors que ce n’est pas le cas, pas vraiment. T’as envie d’être là pour lui, pour le petit, mais tu réalises bien vite que ta présence ne semble pas requise dans chaque aspect de sa vie et si ça te blesse plus que tu ne le laisses paraître, tu l’acceptes. Après tout, c’est lui le père.

Tu ne peux pas t’empêcher d’être sur le qui-vive, prête à bondir sur n’importe quelle opportunité de disputes,non pas parce que tu adores te chicaner avec le jeune homme, mais plutôt parce que tu sais qu’entre vous deux, dans la situation actuelle, c’est tout simplement inévitable. « Aussi longtemps que j’y penserai. » Tu échappes un soupir, une fois de plus complètement insatisfaite par cette réponse. Oui, il le prend maintenant, mais tu sais trop bien que ça ne durera pas plus que quelques jours, rendant le tout inefficace. Pour qu’un traitement ait un réel effet, il doit être pris de manière assidue et à long terme, choses que tu as beau lui répéter encore et encore, ça ne semble pas le déranger ou le convaincre de quoique ce soit. Ce que tu détestes toutefois, c’est qu’il utilise le traitement comme une excuse pour entrer dans ta vie une fois de plus, pour se faire un chemin jusqu’à tes lèvres, souvent jusqu’à ton lit, où vous parvenez encore à faire comme si de rien était. T’as aucune idée de ce que vous êtes réellement, mais une chose est certaine, vous êtes stupides de vous croire dans vos menteries.« J’vois pas pourquoi tu te donnes cette peine si tu sais très bien que tu ne tiendras pas. » Tu ne peux t’empêcher de rouler des yeux. Vous êtes encore et éternellement prisonnier de cette danse de je te veux, moi non plus et tu t’épuises, tu t’étourdis à te demander encore et encore ce qu’il y a de mieux pour lui, pour toi. Et puis tu le surprends avec ton commentaire. Tu peux le voir par son regard qui se referme, son ton qui est plus agressif. « Quoi? » Si tu as conscience que tu exagères un peu, il n’en demeure pas moins que tu as l’impression d’être utilisée dans cette histoire, malgré tout. Qu’il te prend quand le moment est opportun pour mieux te distancer, pour mieux te faire mal par la suite. Ton regard ne quitte pas le sien alors que tu lui réponds avec le même ton acerbe, agressif. « T’as très bien compris. » Et une fois de plus, tu jettes de l’huile sur le feu pour être bien certaine de t’en brûler les doigts à un moment ou un autre.

La tension est palpable, tu as les nerfs à vif et tu réagis peut-être trop fortement pour des petites choses, mais t’as vraiment pas le coeur à rire. « Ça va, je plaisantais… » Tu ne réagis même pas lorsqu’il te sort ce petit air bougon. Tu te contentes de t’excuser, de mettre ça sur le dos de ta longue journée avec David et Adaline, mais ce n’est pas complètement vrai. Parce qu’ils ne sont pas les raisons du pourquoi tu es réellement épuisée. Ils ne sont pas la raison pour laquelle tu es complètement perdue de manière permanente. Tout ça, c’est à cause du jeune homme devant toi, celui qui te regarde avec tendresse, ses mains se mêlant aux tiennes alors que ton coeur bat déjà trop vite contre ta poitrine. « Je ne veux pas vous faire de faux espoirs, Tidou, c’est tout. » Tu sens tes lèvres qui tremblent légèrement, tu n’as pas envie de te mettre à pleurer devant lui, pas maintenant alors que David est encore tout près, alors tu lèves les yeux, évitant de regarder trop longuement le jeune homme devant toi. « Je t’aime, tu sais. Plus que tout. Je vous aime infiniment tous les trois. Mais je veux.. J’ai encore un peu de temps devant moi. Je veux pas qu’on le passe à se disputer. Je veux qu’on le passe à vivre. » Et c’est précisément ce concept que tu ne comprends pas. Ce qu’il appelle vivre, mais qui ne l’est pas vraiment. Vivre en sachant qu’il y a une fin, sans se donner la moindre chance, tu n’arrives pas à comprendre que ça puisse être la meilleure option aux yeux de Marius. Avec deux enfants en si bas âge, une vie devant lui, une vie avec toi.. comment est-ce que ne rien faire peut être la meilleure idée? « T’appelles ça vivre toi? Moi j’peux plus vivre comme ça justement, à me demander à quel moment ton coeur va te lâcher. À me demander chaque fois si c’est la dernière fois. » Si c’est la dernière fois que je peux toucher ta peau, goûter à tes lèvres. À me demander si c’est la dernière fois que tu vas me susurrer je t’aime en français à l’oreille, sans savoir s’il y a encore une chance pour nous, malgré tout. Vos regards se croisent à nouveau et tu le supplies de reconsidérer. De penser à toi, à vous, à ce qu’une véritable chance pourrait faire pour votre relation. Mais tu sais qu’il est incapable de se l’imaginer, que ça lui fait du mal les faux-espoirs, comme ça te fait du mal de le voir abandonner si facilement. Un combat perdu d’avance.

« Astrid, si tu es capable de me dire les yeux dans les yeux que cette foutue opération résoudra tout, que je ne risque rien et que je serai capable de vivre totalement normalement après, alors je signe tout de suite. » Tu hoches de la tête. Il sait très bien que tu ne peux pas lui faire ce genre de promesses. T’es pas médecin après tout, t’es pas Dieu non plus. T’aimerais vraiment lui dire que c’est sans risque, mais la vérité c’est que oui, il pourrait mourir sur la table. Oui, il pourrait se réveiller avec des putains de déficits. Mais c’est quoi l’alternative? Se laisser mourir? Tu ne vois pas en quoi c’est mieux. « T’es pas raisonnable Marius.. » Mais c’est à peine si tu as le temps de répliquer quoi que ce soit de plus avant qu’il ne reprenne la parole, te culpabilisant dans ce discours sur lequel tu n’as absolument aucun pouvoir. « Si t’es capable de me dire qu’il y a un moyen pour que ma mutation cesse de déconner au moindre problème, cesse de vous mettre en danger tous les trois sans me niquer définitivement le coeur, alors je signe direct aussi. » Tu sens la colère qui monte en toi, tranquillement d’abord et puis d’un coup sec, les mots quittant tes lèvres avant même que tu ne le réalises. « Alors quoi, parce que je peux pas te promettre aucun risque, tu choisis de crever sans te battre? C’est lâche, Marius. » Tu regrettes les mots presque aussitôt que tu les as dis, mais tu te contentes de regarder vos mains, toujours jointes, avant de te défaire du contact, une main venant se poser contre la table, alors que tes doigts de l’autre se mettent à jouer avec une mèche de tes cheveux. Tu prends une grande respiration, tu veux rester calme. Tu n’as pas envie de t’énerver, pas envie de laisser tes émotions prendre le contrôle de cette conversation. Tu restes assis. Pour une fois, tu ne fuis pas. Il n’y a aucune sortie de secours de toute façon et tu n’as pas envie qu’il parte. Pas trop vite. « En attendant, je veux pas te faire courir le risque de croire qu’on a un avenir ensemble, je veux pas courir le risque de vous blesser, je veux pas courir le risque d’un faux espoir. » Mais si tu regrettes les mots aussitôt que tu les dis, ça n’empêche pas l’impulsive en toi d’être incapable de tenir sa langue. « Alors va vraiment falloir que tu m’expliques ce que tu fais là. Tu dis sans cesse que tu veux pas que je m’accroche à toi, mais tu me dis que tu m’aimes et fuck Rius, tu sais combien je t’aime et que j’ai besoin de toi. » Il n’y a tout simplement pas de mots pour lui faire comprendre comment tu te sens réellement. Tu ne sais plus quoi dire, tu ne sais plus quoi faire pour lui dire que tu deviens folle, complètement folle à la simple idée qu’un jour, bientôt, il pourrait ne plus être dans ta vie, définitivement. « C’est pas juste ce que tu me fais. »

Et puis la conversation change de ton légèrement. Parce que c’est toujours plus facile de prétendre que la tempête est passée et que l’on peut s’en sortir. « D’ailleurs, en parlant de ça.. je pense que je vais confier Sam à mon père. Tu penses que c’est une bonne idée? » Tu es un peu déstabilisée. Tu te doutais bien que la mort de Cressy devait se faire ressentir sur le jeune homme, et tu te doutais aussi qu’il devait penser à un plan alternatif, mais tu ne croyais pas que le plan alternatif viendrait si vite et serait si surprenant. « Eh, je sais pas. Tu penses lui laisser de manière permanente? Je, je croyais que tu ne t’entendais pas bien avec ton père. » Tu n’es pas au courant complètement de la relation qui unie père et fils, mais du peu que tu en sais, tu dois avouer être légèrement surprise de son choix. « Au moins, il sera en sécurité. » Tu hoches positivement de la tête. Tu ne connais pas assez le père de Marius pour confirmer, mais tu connais assez le jeune homme devant toi pour savoir qu’il serait prêt à tout pour le bien-être de son fils. « Si tu penses que c’est ce qu’il y a de mieux à faire je.. Je pense que tu sais ce qu’il y a de mieux pour lui. » Tu aperçois David qui s’est remis à sauter sur une jambe devant la télévision, et puis tu remarques l’heure. Tu te lèves, sans adresser un regard de plus à Marius et tu rejoins ton frère dans le salon. « Allez viens mon loup, c’est l’heure du bain et après le dodo. » Et tu n’as pas besoin de dire quoique ce soit de plus que David coure jusqu’à la salle de bain, perdant son chandail en chemin. Un faible sourire habite tes lèvres alors que tu entends ton frère chantonner, attendant que tu viennes le rejoindre. Tu te souviens que le moniteur de bébé est encore sur la table, et c’est sans le regarder que tu t’adresses une fois de plus au jeune Caesar. « Tu peux t’assurer que la petite se réveille pas, je serais pas longue. » Tu disparais dans la salle de bain, et une fois la porte fermée derrière toi, tu échappes un long soupir. Tu essuies une larme sur le bord de ton œil avant d’offrir un sourire à ton frère et puis tu fais couler l’eau du bain. Ici au moins, tu es en contrôle. Ici au moins, tu sais exactement ce qui est attendue de toi et de quelle façon.

Après une quinzaine de minutes, tu souhaites bonne nuit à ton frère désormais couché dans la chambre d’amis, ferme la lumière de la pièce et tu refermes la porte derrière toi. Et puis Marius est toujours là, assis sur une chaise dans la cuisine, et puis tu réalises soudainement qu’il est là, que tu es là, et qu’il n’y a absolument aucune raison qui pourrait te retenir de passer le reste de la soirée avec lui parce qu’au fond, c’est ce que tu veux. C’est ce dont tu as besoin, là, tout de suite. Tu te rapproches, te plaçant devant lui. « Je sais plus quoi te dire, je sais plus quoi faire. Je suis tellement fatiguée de me battre avec toi constamment. » Un sourire triste ce place sur tes lèvres alors que tu viens chercher ses mains, le forçant à se lever et se placer devant toi. Tu lèves la tête légèrement, ton regard toujours planté dans le sien. « On réglera rien ce soir de toute façon.. » Tes mains viennent se lier en arrière du cou du jeune homme, ton corps se rapprochant encore plus du sien, et puis tes lèvres viennent chercher les siennes, en un baiser lent, doux et incroyable à la fois. Quand vos lèvres se séparent, tu viens coller ton front contre le sien, le coeur tambourinant dans ta poitrine. « J’ai envie que tu restes. »

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    in a river of tears
    Love sinks and hope floats In a river of tears


    cry me a river, build myself a bridge i'm over this, can't let memories become the death of me. i'm glad to see everything that you are, and i believe that you are everything i needed, but i don't need no more. i'm going down, and you have watched me drown in a river of tears, lost beneath the stream.
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MessageSujet: Re: we'll do it all, everything, on our own (astrius)   Mer 12 Juil 2017 - 0:48

We'll do it all, everything, on uor own
Astrid & Marius



Je gère. Est-ce que je gère vraiment ? Je n’en ai aucune idée. Ce que je sais, c’est que je n’aime vraiment pas aborder ce sujet avec Astrid. Elle a beau me dire que Samuel n’a pas à payer pour mon erreur et qu’elle a envie d’être là pour le petit comme moi je suis là pour Adaline, elle aura beau me le répéter encore et encore, je suis incapable de l’accepter. A croire que malgré les mois, je suis encore pris au dépourvu par sa gentillesse, par la perfection de cette fille qui se tient à côté de moi, qui lutte lorsque je la repousse, qui subit mes retours aussi bien que mes départs, qui encaisse mes conneries depuis déjà trop longtemps. Et pour combien de temps encore ? Je gère, je gère Samuel oui, mais est-ce que je gère vraiment tout le reste ? Absolument pas.

Mon coeur par exemple. Voilà un sujet de dispute, voilà un sujet que je fais semblant de gérer mais qui me donne constamment l’impression d’être une grenade dégoupillée posée au creux de mes mains, sans que je ne sache quoi en faire tout en étant contraint de faire genre je maîtrise absolument la situation. Mon coeur. Je peux donner l’impression de m’en foutre, je peux donner l’impression d’être solide, d’être carapaçonné, je peux donner l’impression d’accepter ça… ce n’est pas le cas. Et même si je le cache comme je peux, je suis terrifié par cette réalité qui insiste de plus en plus dans ma vie. Même si je le cache comme je peux, il suffit d’un rien pour ébrécher mes murailles, il suffit de quelques verres d’alcool, de quelques hurlements face à mon père pour que je sois obligé de regarder la vérité en face : je n’ai aucun espoir, je suis terrifié, je suis perdu, je ne suis qu’un petit garçon qui se rend compte qu’aucune porte de sortie ne le mènera en lieu sûr et que quitte à devoir choisir entre la peste et le choléra, autant choisir ce qui tuera le plus vite. Mon coeur. Sujet de dispute, sable mouvant qui m’asphyxie. Qui me crispe. Combien de temps cette fois ? Aussi longtemps que j’y penserai. Qu’est-ce que je fais ici ? J’avais besoin d’elle, voilà tout. J’avais envie de la voir, envie de passer du temps avec elle, pas envie de me disputer avec elle. « J’vois pas pourquoi tu te donnes cette peine si tu sais très bien que tu ne tiendras pas. » J’hausse les épaules, les yeux rivés sur une assiette vide. Pourquoi je me donne cette peine ? Pour lui faire plaisir. Pour avoir droit de séjour dans ses bras. Pour… Je ne suis pas ton jouet. Ma réaction ne se fait pas attendre, avec agressivité. Tension. Je ne suis pas venu pour qu’on se dispute, mais je ne suis pas venu non plus que pour ça. Qu’est-ce qu’elle croit, que ça me va comme situation, que ça me fait plaisir ? « T’as très bien compris. » C’est inhabituel avec moi, mais je garde le silence, je garde mes nerfs à vif muets, je prends sur moi pour me crisper, me contracter mais surtout pour me taire. Je l’énerve, bien sûr que je l’énerve. Mais je ne veux pas qu’on se dispute.

De toute évidence, je suis le seul à ne pas vouloir qu’on se dispute. J’essaye une plaisanterie, je me fais jeter. Peut-être à juste titre, mais… ça va, je plaisantais, enfin je croyais plaisanter. Aucune légerté dans l’atmosphère : il y a de l’agressivité côté Astrid, de la vexation et de la mauvaise humeur de mon côté, j’ai l’impression qu’il vaudrait mieux que je rentre chez moi. Pendant quelques secondes interminables, on se fixe, elle fait marche arrière en s’excusant, en accusant la journée, la fatigue, et moi… j’entends le reproche. Comment pourrais-je l’ignorer, en même temps ? Quand est-ce que tu vas réaliser que ta famille a besoin de toi ? Ma famille, quelle famille ? Nous ne formons pas vraiment une famille. Nous n’en formons pas parce que je refuse que nous en formions réellement une. J’y ai cru pourtant, lorsqu’Adaline est née, j’y ai cru, lorsqu’on s’est retrouvé tous les droits dans cette chambre, à la maternité. Mais depuis… mes illusions se sont effondrées. Qu’ai-je dit à mon père, cette nuit où j’ai fait exploser le pourcentage dans l’alcool contenu dans mon organisme ? Je n’ai pas beaucoup de souvenirs, je me rappelle de larmes, de hurlement, de rire, d’alcool, d’alcool encore, de colère… Je veux me marier avec Astrid. Je me rappelle de ça, aussi. Ma famille a besoin de moi. Quelle famille ? Mes parents, Martial, ils n’ont jamais eu autant besoin de moi, que moi d’eux. Astrid, Sam, Ada, ils sauront faire sans. Qu’est-ce qu’elle croit, au juste, que je m’en contrebalance de tout ça ? Je ne veux juste pas leur faire de faux espoirs, voilà tout. Je l’aime. Vraiment. Mais ça ne suffit pas de le dire, je m’en rends bien compte au moment où je prononce ce simple fait, et ça m’oblige à ne pas m’arrêter là. Je ne veux pas qu’on se dispute. Je veux qu’on prenne juste le temps de vivre, de vivre à fond ces deux années de sursis que j’ai. « T’appelles ça vivre toi? Moi j’peux plus vivre comme ça justement, à me demander à quel moment ton coeur va te lâcher. À me demander chaque fois si c’est la dernière fois. » Je me mords la lèvre, mais je ne détourne pas le regard pour autant. La dernière fois de quoi ? La dernière fois qu’on se voit, qu’on s’embrasse, que sa main caresse mon torse, que mes lèvres lui disent que je l’aime ? La dernière fois que je la blesse, que je la quitte, qu’on se dispute, qu’on se crie dessus ? La dernière fois qu’elle accepte de me laisser l’approcher ? Nos regards se croisent, j’inspire pour trouver la force de ne pas me comporter en lâche. Pour trouver la force d’assumer ce que je dis. « T’es pas raisonnable Marius.. » Je me mords la lèvre, murmure un « Je n’ai su être raisonnable... » orphelin de ce que je pense réellement : bien au contraire, je suis actuellement plus raisonnable que jamais. Non ? Qu’elle ose me dire que les choses iront en s’arrangeant, qu’elle ose me dire qu’on peut véritablement guérir non seulement mon coeur mais aussi mes gênes. Qu’elle ose me dire que… « Alors quoi, parce que je peux pas te promettre aucun risque, tu choisis de crever sans te battre? C’est lâche, Marius. » J’ouvre la bouche, je me crispe. « Non. » La sécheresse de ma voix me confère une maturité désagréable. Nos mains jointes se séparent, j’en profite pour m’écarter, pour croiser mes bras sur ma poitrine. Si je suis lâche ? Non. Je refuse de l’être. Il va falloir que tu deviennes plus courageux, Marius, cette phrase prononcée à maintes reprises par mon père quand je faisais des cauchemars, m’a conditionné, il faut croire, à craindre la lâcheté. Est-ce que je suis lâche ? « Ne dis pas ça. » Je refuse de la laisser me dire ça sans réagir. Je ne suis pas lâche, je veux juste lui éviter le risque de croire…   « Alors va vraiment falloir que tu m’expliques ce que tu fais là. Tu dis sans cesse que tu veux pas que je m’accroche à toi, mais tu me dis que tu m’aimes et fuck Rius, tu sais combien je t’aime et que j’ai besoin de toi. » Je soupire. Bien sûr que je le sais. Je sais qu’elle m’aime depuis bien plus longtemps que je me sais l’aimer. « C’est pas juste ce que tu me fais. » Je me crispe, je me lève, même, d’un mouvement brusque. J’aimerais retenir mes mots, mais ils m’échappent, violemment, avec une amertume qui ne me ressemble pas et que je regrette instantanément : « Peut-être, mais la vie est injuste. » Et ça, c’est une leçon que j’ai apprise très tôt mais que je n’ai toujours pas intégrée, apparemment. Quoiqu’il en soit, Astrid n’a pas besoin de l’entendre, et je me mords la lèvre. On ne va nulle part en partant sur ce terrain-là, je suis le premier à le voir.

Alors rien d’étonnant à ce que je change de sujet brutalement, pour nous écarter de la tempête. Et lui confier une décision toute récente. Me séparer de Sam, le confier à un tiers. L’éloigner de moi. Je guette dans son regard de l’approbation, de la perplexité, de la désapprobation. Je n’arrive pas à interpréter ce que j’y lis. « Eh, je sais pas. Tu penses lui laisser de manière permanente? Je, je croyais que tu ne t’entendais pas bien avec ton père. » Et j’arrive encore moins à interpréter ce qu’elle me dit. Elle n’est pas contente ? « Je… c’est compliqué avec lui, mais... » Mais ? Mais Samuel sera en sécurité avec mon père. Chez mon père. J’ai l’intuition qu’il ne laissera rien lui arriver. Même s’il me déteste, même s’il me méprise, il ne laissera pas son ressentiment prendre le pas sur sa raison, il ne fera pas payer Samuel pour mes échecs. A mon argument supplémentaire, la sécurité de mon fils, j’ai le soulagement de voir Astrid hoche la tête. « Si tu penses que c’est ce qu’il y a de mieux à faire je.. Je pense que tu sais ce qu’il y a de mieux pour lui. » Je lui offre un sourire rassuré, tout en sentant un point s’enlever de mes épaules. « Je pense, oui… j’espère ne pas me tromper. » Et j’espère vraiment parce que dans le cas contraire… c’est une douche froide qui crispe - encore - mon sourire à la seule idée que je puisse me tromper sur le sujet. Une douche froide qui enserre ma poitrine, comprime mes poumons, une douche froide de laquelle je suis sauvé par l’agitation de David qui attire instantanément toute l’attention d’Astrid.

« Tu peux t’assurer que la petite se réveille pas, je serais pas longue. » J’ai à peine le temps de dire que « Bien sûr ! » sur une voix à l’enthousiasme forcé qu’elle disparaît avec son frère. Et que je suis debout. Tout seul. Une main déjà tendue vers le babyphone obstinément silencieux. Je caresse l’idée d’aller voir Adaline, au risque de la réveiller, préfère rester sage et commence à vraiment débarrasser les restes du repas, allant même jusqu’à nettoyer ce qui a pu gicler du repas de David. Le problème, c’est que je suis trop efficace et avant d’avoir pu comprendre où était passé ma raison, je suis en train de regarder ma fille dormir, dans un lit trop grand pour elle. Entre un Samuel né bien trop en avance et une Adaline née à terme mais avec un problème cardiaque, je fais dans les enfants de petit gabarit. Mais dans la perfection, aussi. J’hésite à la toucher, à déposer un baiser sur son front, mais je me contente de remettre en place sa montagne de peluche, je me contente de les réorganiser pour qu’ils veillent sur elle, avant de glisser juste à côté d’elle un hibou que je lui ai acheté, en mémoire de mon premier doudou. J’entends Astrid coucher son frère dans la chambre d’amis, je me dépêche de laisser Adaline tranquille pour revenir dans la cuisine et m’installer sur une chaise comme un peu plus tôt comme si de rien n’était.

Et j’offre un sourire à Astrid, parce qu’en définitive, c’est ce que je sais faire de mieux. Et c’est ce qu’elle mérite. Elle ne mérite pas de mensonges, pas de non-dits, pas de fausses promesses, pas de douleurs, juste des sourires. Pour qu’elle puisse me sourire en retour. « Je sais plus quoi te dire, je sais plus quoi faire. Je suis tellement fatiguée de me battre avec toi constamment. » Je lève mes mains pour les entremêler aux siennes, je me laisse guider lorsqu’elle me force à me lever, à la dépasser aussi. « Je m’en doute. » Je m’en doute bien, puisque je suis tout autant qu’elle fatigué de tout ça. « On réglera rien ce soir de toute façon.. » Nos mains se détachent, les siennes se lient dans ma nuque. Je ne la quitte pas des yeux. « Je sais. » C’est un souffle qui s’échappe de mes lèvres. Son corps se rapproche du mien, je ne peux m’empêcher de sourire. Un sourire qui s’illumine lorsqu’elle m’embrasse, lorsque son corps se rapproche du mien. Un baiser lent, qui n’appelle qu’à y répondre. « J’ai envie que tu restes. » Mes bras se referment sur elle, je ne trouve qu’une chose à lui répondre, un « Ca tombe bien, je ne comptais pas partir » à la frontière entre le mensonge et la vérité. Je ne comptais pas partir en arrivant, j’ai failli partir un peu plus tôt, lorsque l’atmosphère était électrique. Mais là… mais là, c’est une toute autre électricité qui nous lie, qui picote le bout de mes doigts. « On ne se débarrasse pas de moi comme ça, mademoiselle Blake… » Je la prends dans mes bras, d’autorité, pour soulever ses pieds du sol et la porter dans le salon. On se heurte à l’accoudoir du canapé, que j’ai eu la flemme de contourner. Je l’embrasse à nouveau, lentement. « Maintenant qu’on est que tous les deux… » J’ai un sourire coquin, les mains baladeuses… et… « … si tu me racontais ta journée, tiens ? » Je m’écarte, l’air de rien. Je ne suis pas là que pour ça, contrairement à ce qu’elle peut croire. Je suis là pour qu’on parle, je suis là pour pouvoir la regarder, m’enivrer de sa présence, je suis là pour me laisser tomber sur le canapé, enlever mes chaussures, poser mes pieds sur la table basse, croiser mes bras dans la nuque. Tapoter la place à côté de moi dans un regard espiègle « Je veux tout savoir de ces derniers jours, je veux tout savoir des progrès d’Ada, de tes projets, je veux t’entendre parler.» Je la mets au défi du regard de refuser. « Sinon c’est moi qui parle, et tu sais que je peux me faire la conversation deeeees heures durant. »

© Grey WIND.

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MessageSujet: Re: we'll do it all, everything, on our own (astrius)   Mar 29 Aoû 2017 - 12:28


“ nobody said it was easy
no one ever said it would be this hard ”

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Envies contradictoires. Avoir besoin de lui autant que tu as besoin de le tenir à l’écart. Avoir envie de lui tout en sachant pertinemment que ton coeur va sûrement être briser une fois de plus à la fin de cette histoire. Tu essayes de te protéger autant que tu le peux mais tu sais trop bien que ça ne sert à rien. Parce que Marius Caesar, il te coule dans les veines. T’es incapable de le sortir de ta vie, il y a trop de choses qui te rattachent encore à lui. Et puis putain, tu le veux pas en dehors de ta vie, malgré ce que tu dis, malgré tes efforts effrénés à lui faire croire, à te faire croire, à faire croire à n’importe qui que tu peux vivre sans lui. La réalité est que tu as besoin de plus que ce qu’il n’est en mesure de t’offrir. Tu as besoin de lui au quotidien. Tu as besoin de savoir que ta fille va avoir la chance de grandir auprès de son père. Tu as besoin de savoir que Samuel ne perdra pas ses deux parents avant même d’avoir commencé l’école. Besoin de savoir que Marius peut être avec toi, et seulement avec toi, jusqu'à la fin. Mais il ne peut pas te promettre rien de tout ça et ça te rend complètement folle. Méchante même alors que tu lui craches au visage des mots que tu ne penses qu’à moitié. Vous faites un pas vers l’avant, deux pas vers l’arrière et Dieu sait que c’est ainsi depuis tellement longtemps entre vous deux, c’est à se demander pourquoi vous danser encore ensemble après tout cela. Est-ce vraiment ça l’amour? T’as envie de croire que oui parfois, mais d’aitres fois tu te demandes pourquoi c’est si difficile pour vous. Si ce serait pas plus facile avec quelqu'un d’autre. Mais est-ce que facile veut nécessairement dire mieux? Sûrement pas, t’en sais rien. Putain t’es épuisée de te battre avec lui encore et encore, mais tu ne lâches pas prise. Tu en es simplement incapable. « Je n’ai su être raisonnable.. » Tu te contentes d’échapper un soupir. Parce qu’il n’y a jamais moyen d’aller au fond des choses avec le jeune Caesar. Et tu es tannée de ne pas avoir la vérité complète mais c’est une réalité à laquelle tu as dû t’ajuster il y a bien longtemps déjà. « Non. » Tu hausses les épaules. Il a beau nier autant qu’il veut, ça ne change pas la réalité pour autant, ta réalité du moins. « Ne dis pas ça. » Tu veux que je dise quoi Marius, dis-moi? Tu veux que j’approuve comme une idiot sans dire un mot, que je te laisse me filer entre les doigts comme si de rien était? Tu sais comme moi que j’en suis incapable Marius. « Peut-être, mais la vie est injuste. » Tu ne peux t’empêcher d’échapper un rire sarcastique. C’est vraiment tout ce qu’il trouve à dire? « Parfois c’est les décisions que les autres prennent pour toi qui sont injustes.. » Et tu ne sais pas si c’est les décisions que tu prends ou celles qu’il prend qui sont les pires. Tu ne sais plus lesquels font le plus mal, pas certaine de vouloir le savoir non plus.

Et puis la discussion change subitement sur un sujet qui vous rend toujours un peu mal à l’aise tous les deux. Samuel. Tu n’aimes pas imaginer ce qui pourrait arriver au petit si Marius n’était plus là. Et maintenant que le jeune Caesar en parle, ça te fait encore plus peur. Tu ne sais pas à quoi tu t’attendais vraiment, mais tu n’avais pas en tête que Marius laisse le petit à son père. Mais tu savais très bien que malgré tout, il ne te l’aurait jamais confié. Il n’est pas à toi de toute façon, pas vrai? Après tout, il est une des maintes preuves de tout ce parcours difficile qui vous tient à distance lui et toi. « Je.. c’est compliqué avec lui, mais.. » Tu te contentes d’hausser les épaules légèrement. Tu n’es pas réellement en place de dire quoi que ce soit, pas vrai? Tu n’as aucun contrôle. Tu reçois la décision qu’il a pris et tu te dois de l’accepter, que ça te plaise ou non. « Je pense, oui.. j’espère ne pas me tromper. » Tu te contentes de serrer sa main en hochant la tête et puis tu lâches un léger « Fais-toi confiance. » avant de disparaître avec ton frère dans la salle de bain. C’est machinalement que tu laves ton frère qui se laisse faire, un sourire sur les lèvres et une chanson dans la tête que tu fredonnes avec lui. Tu aimerais tellement pouvoir savoir ce à quoi il pense, comprendre comment il réfléchit, ce qui le rend si différent mais tellement unique à tes yeux. Quand tu lui dis bonne nuit, il te dit bye en langage des signes et ça te rend un peu plus sereine de savoir qu’il sera là demain matin. Tu sais que tu vas devoir courir entre le faire manger lui et faire manger Adaline, mais ça en vaut la peine rien que pour un de ses sourires. Tu retrouves rapidement Marius qui est désormais debout devant toi, vos doigts enlacés, l’envie d’être près de lui plus forte que jamais. « Je m’en doute. » Un léger sourire s’installe sur tes lèvres. Tu ne veux plus te battre. Tu ne veux plus discuter de ce qui fait mal. Tu te rapproches un peu plus, comme si tu avais quelque chose à te faire pardonner. T’as envie de le charmer, de prétendre que vous pouvez encore être le couple que vous étiez au tout début. « Je sais. » Tu t’empares de ses lèvres lentement pour commencer, puis un peu plus passionnément pour lui faire comprendre à quel point tu as besoin de lui. « Ça tombe bien, je ne comptais pas partir. » Tu lui offres un sourire alors que ses bras t’enlacent et te pressent plus fort contre lui. « On ne se débarrasse pas de moi comme ça, mademoiselle Blake.. » Tu éclates de rire tendrement alors que tes pieds quittent le sol et viennent enlacer le jeune homme. « Oh ça je le sais déjà, crois-moi. » Vos lèvres se cherchent, se trouvent alors qu’il vous guide jusqu'au salon, vos mains toujours à la recherche de plus de contacts. Il te dépose sur le divan, tes lèvres voulant encore plus de ses baisers, tu sens ton corps s’enflammer sous ses caresses. « Maintenant qu’on est que tous les deux.. si tu me racontais ta journée tiens? » Son corps se sépare subitement du tien te laissant en manque, l’air surprise. « Non mais! » Tu le regardes bouche bée alors qu’il se met à son aise dans ton salon. « Tu te fais désirer, c’est ça? » Tu ris légèrement alors que tu t’installes à ses côtés, ta tête venant naturellement se déposer contre son torse. « Je veux tout savoir de ces derniers jours, je veux tout savoir des progrès d’Ada, de tes projets, je veux t’entendre parler. » Tu hoches la tête, peinant à y croire. « Tu veux juste me rendre impatiente je crois. » Impatiente d’un peu plus de son corps, de toujours un peu plus de lui. Impatiente au point de ne pas vouloir discuter, de ne pas vouloir attendre plus longtemps. « Sinon c’est moi qui parle, et tu sais que je peux me faire la conversation deeeeeeees heures durant. » Tu échappes un soupir et puis un léger rire, sachant pertinemment que si tu le laisses filer, cette conversation n’aura jamais de fin. Et t’as envie qu’il y ait une fin. « Oh tu sais, il y a pas grand chose à dire. Ada est sur le point de marcher. Elle marmonne pleins de petits mots déjà, elle est merveilleuse. » Des étoiles se posent dans tes yeux lorsque tu parles de ta fille, de la plus belle chose que tu as pu faire dans ce monde. « Et puis tu me connais, je travaille trop, je jongle entre la petite et David, je dors pas assez, je mange trop de chocolat, je sais pas ce que tu veux que je te dise de plus. » Tu ris sincèrement maintenant, réalisant à quel point ta vie n’a absolument rien de passionnant. Tu ne dis rien de plus alors que tu te tasses légèrement, venant prendre place sur le jeune homme, tes lèvres trouvant les siennes sans lui laisser la chance de dire quoique ce soit. Tes doigts viennent se glisser sous son chandail, le soulevant pour l’enlever en un mouvement rapide. Tes lèvres viennent se poser dans son cou et puis le long de son torse. « T’es certain que t’as seulement envie de parler? » que tu lâches entre deux baisers, tes mains toujours plus avides de partir à la découverte de ce corps que tu connais pourtant par coeur.

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    in a river of tears
    Love sinks and hope floats In a river of tears


    cry me a river, build myself a bridge i'm over this, can't let memories become the death of me. i'm glad to see everything that you are, and i believe that you are everything i needed, but i don't need no more. i'm going down, and you have watched me drown in a river of tears, lost beneath the stream.
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MessageSujet: Re: we'll do it all, everything, on our own (astrius)   Sam 9 Sep 2017 - 22:22

We'll do it all, everything, on uor own
Astrid & Marius



Bien sûr que je ne suis pas raisonnable. Ça fait partie de la définition même du Marius, ça, de ne pas être raisonnable. Je n’ai jamais su l’être, je n’en ai toujours fait qu’à ma tête, j’ai toujours réagi de manière excessive, impulsive. Egoïste, aussi. Alors non, Astrid, non, je ne suis pas raisonnable. Je ne l’ai jamais été, et je doute réussir à l’être un jour même en le voulant. Parce que je sais que d’une certaine manière, je le suis déjà – tout en ne l’étant pas – et que… et que bon sang, tout cela devient un peu trop compliqué pour moi. Tout cela est déjà bien trop compliqué pour moi. Tout est toujours trop compliqué avec moi, de toute façon. Compliqué, déraisonnable, mais pas lâche, en revanche. L’insulte m’atteint, me blesse, je surréagis dans une crispation et un non glacial et bien trop coupant. Non, je ne suis pas lâche. Je suis juste perdu. Mais pas lâche. Et si elle trouve que tout ça, que tout ce que je fais, ce que je dis, les choix que je tente de prendre pour moi, pour elle, pour nous deux, pour nous trois, pour nous quatre sont injustes… J’hausse les épaules, avec ce visage grave et fermé qui ne me ressemble pas mais qui me ressemble trop dans un même temps, dès lors qu’on essaye de me parler de mon intimité. De ma vie. De mon avenir. De mes doutes et de ce qui est important pour moi. Je me ferme, je me fais agressive. Et la vie est une putain injuste, il va falloir qu’Astrid s’y habitue. Ce n’est pas ce que je fais qui n’est pas juste, c’est la vie qui est une injustice constante. Son rire me blesse, comme tout le reste. Sa réponse, en revanche… « Parfois c’est les décisions que les autres prennent pour toi qui sont injustes.. » Sa réponse en revanche, me fait comprendre que je vais trop loin. Que cette discussion va trop loin et que je n’avais vraiment pas l’intention qu’on se dispute en me pointant ici. Nous sommes en couple à temps partiel, nous sommes des amants à temps partiel mais… je ne veux pas que justement cette partie de notre temps que je nous autorise à avoir soit le théâtre de disputes. La vie est injuste, oui. Mais voilà.

Suffisamment injuste pour que je doive prendre décision de me séparer de mon fils, de l’éloigner de moi, de l’éloigner de ma présence potentiellement nocive pour son petit corps. Le confier à mon père. La solution que j’envisage, celle qui me paraît la plus logique, la plus efficace, la plus pérenne, aussi, par bien des aspects. La plus risquée, aussi. La plus incompréhensible par bien des aspects. Mais… j’espère ne pas me tromper. « Fais-toi confiance. » Je lui offre un sourire, la laissant disparaître avec son frère sans lui répondre quoique ce soit de plus que mon regard. Me faire confiance. Me faire confiance, est-ce une bonne idée que de me faire confiance ? Certains se sont aventurés sur ce terrain-là, ils l’ont regretté. Toujours. Presque systématiquement. Je ne suis pas quelqu’un de raisonnable, je ne suis pas quelqu’un d’intelligent, je suis à peine quelqu’un qui vaille la peine d’être connu… Et ce genre de pensées n’ont pas leur place dans mon esprit, il faut que je m’en convainque. Astrid disparaît avec son frère pour aller le coucher, moi, je vais voir ma fille le temps d’un soupir, une fois la table rangée. Mes doigts n’osent pas effleurer sa petite silhouette qui respire posément, elle me sourit dans son sommeil, sa peluche hibou se glisse juste à côté d’elle pour veiller sur son sommeil et dès que j’entends un bruit, je reviens dans le séjour, méfait ni vu, ni connu.

Et la discussion reprend. En équilibre. Ni l’un ni l’autre, on a envie de se disputer, je le sens bien. Je me doute bien qu’elle est fatiguée de se battre contre moi, je m’en doute bien parce que je le suis tout autant. Mais que je suis buté, aussi. Nos doigts s’entrelacent, nos regards font de même. Malgré tout ce qui nous sépare, ce qui nous éloigne, ce qui nous rapproche, ce qui nous blesse, malgré tout ça, malgré mes doutes, ma colère, mes angoisses, ma panique, ma gravité, il y a une sérénité certaine qui se répand en moi dès que j’ai mon Astrid pour moi tout seul. Ses mains dans ma nuque, ses orteils qui soulèvent ses talons, offrant à ses lèvres quelques centimètres supplémentaires pour atteindre les miennes. Mon sourire n’est pas feint, il n’est même pas forcé, il est là, juste là, alors que je la regarde dans les yeux, alors que je l’embrasse, que je la laisse m’embrasser, que je laisse nos corps se retrouver. Juste un peu. On ne règlera rien ce soir, oui. Mais je ne comptais pas partir. On ne se débarrasse pas si facilement de moi Elle éclate de rire, je la porte jusqu’au canapé à l’accoudoir duquel on se heurte bien vite. Sans cesser de s’embrasser. Sans cesser de se trouver. Sans cesser un seul instant de la dévorer des yeux. Trop de jours sans la voir, trop de jours sans la toucher, trop de jours sans lui parler, trop de jours sans l’aimer. Mais… mais si mes mains se font pressantes, glissant sur sa peau, glissant sous ses vêtements, je m’écarte brutalement. Parce que je ne veux pas qu’elle puisse croire que… « Non mais! Tu te fais désirer, c’est ça? » Je ne veux pas qu’elle puisse croire que je ne suis là que pour ça. Je l’aime, et j’aime sa vie, j’aime ses fossettes, je n’aime pas que son corps. Je veux savoir, je veux tout savoir. Et si je me mets à l’aise, si je pose des questions… c’est pour combler le manque qu’il y a dans ma vie à chaque fois que je quitte l’appartement. « Tu veux juste me rendre impatiente je crois. » Je lève les yeux au ciel. Si je ne suis pas là que pour ça, on en a envie tous les deux, de toute évidence. Je ne suis pas le seul à qui l’autre manque. Et ça fait plaisir de voir ça, même si je ne compte pas lâcher prise pour autant. « Oh tu sais, il y a pas grand chose à dire. Ada est sur le point de marcher. Elle marmonne pleins de petits mots déjà, elle est merveilleuse. » Mon sourire est rêveur. « Oh, je n’en doute pas, elle est parfaite. » Parfaite malgré son cœur, parfaite parce qu’elle a un peu d’Astrid, un peu de moi, et beaucoup d’amour. « Et puis tu me connais, je travaille trop, je jongle entre la petite et David, je dors pas assez, je mange trop de chocolat, je sais pas ce que tu veux que je te dise de plus. » Elle rit, j’acquiesce : « J’avoue, qu’est-ce que je peux vouloir savoir de plus, je sais déjà tout ça, finalement. » Mes yeux démentent mes propos. J’aimerais savoir ce qu’elle a mangé ce matin, le nombre de cafés qu’elle a bu, j’aimerais savoir quel soutif elle a choisi, combien de pas elle a fait dans la rue, le nombre de photos qu’elle a pu prendre, ce sur quoi elle bosse au journal, quel mot Adaline a appris. Je veux savoir le nombre de ses respirations, la couleur exacte de ses yeux jusqu’au plus petit pigment. Je veux…

Mon tee-shirt s’enfuit, je ne veux plus rien du tout. « T’es certain que t’as seulement envie de parler? » Je la veux juste, elle. Je veux ses mains sur mon torse, ses lèvres dans ma nuque. Je ne suis plus sûr de vouloir parler, juste quelques heures avec elle, quelques heures infinies de temps à deux, d’intimité à deux. « J’avoue que je ne sais plus vraiment… » Ce sont mes mains à moi qui ôtent son haut à elle. Trop de tissu sur son corps, trop de tissu entre elle et moi. Trop de mots aussi. Mais… « Je ne suis pas là que pour ça, tu sais. » Je l’embrasse, le souffle déjà court. Je l’embrasse, je redécouvre, encore et encore, un corps que je sais parfait. Que je connais par cœur, pourtant, depuis le temps. « Je ne te pose pas des questions que pour me faire désirer, ou te rendre impatiente. » Je murmure du bout des lèvres, mes phrases coupées, saccadées. « Je n’aime pas que ton corps, je t’aime, Astrid. Chaque parcelle de toi, chaque centimètre de ta peau, chaque recoin de ton âme. Je veux que tu saches que je te désire, je désire tout ton être, pas juste ton corps. Je veux que tu saches, pour pas que tu doutes. » Qu’elle n’ait jamais de doutes à ce propos. Qu’elle n’en ait plus, du moins. Je n’ai jamais couché avec une fille juste pour son physique. J’ai toujours aimé, à ma façon, toutes celles qui ont fini dans mon lit. Bien trop. J’ai toujours aimé passionnément leur âme, leur être, tout autant que leur corps. J’ai juste aimé trop facilement, comme j’ai aimé trop facilement Astrid au début.

Et maintenant, je l’aime, mais ça n’a plus rien à voir. Et ça me donne le vertige que de regarder le gouffre entre le moi d’aujourd’hui et celui que j’étais il y deux ans. Trois ans. L’ancien cherchait désespérément de l’affection en toute personne. Le nouveau cherche désespérément des parcelles de temps avec celle qu’il aime. Et ça… « Je t’aime Astrid Blake. » Je l’attire tout contre mon torse, pour souffler à son oreille un rieur : « Et je crois qu’on devrait peut-être aller dans ta chambre… » avant de rajouter, toujours sur le même ton de connivence : « On parlera après… »

© Grey WIND.

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