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 (cesare), all these cold and rainy days.

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ADMIN - master of evolution
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SUR TH DEPUIS : 15/02/2015
MessageSujet: (cesare), all these cold and rainy days.   Sam 10 Juin 2017 - 20:44

Elle avait merdé. Elle ne savait pas pourquoi elle avait fait ça. Depuis qu’elle était remontée dans sa voiture, toute seule, elle n’arrêtait pas d’y réfléchir, comme si elle avait besoin de trouver une réponse avant de rentrer. Il le fallait bien si elle voulait avoir autre chose à dire à Cesare que ‘je peux pas expliquer’ ça avait été nul, complètement nul et elle lui devait quand même mieux que ça. Il méritait définitivement mieux que ça. Sans doute qu’il méritait une épouse une épouse qui ne ferait pas n’importe quoi sans lui demander son avis et qui ne se contenterait pas de le laisser avec les pires explications du monde. Est-ce qu’il lui en voulait encore plus parce qu’elle était partie pour accompagner la fameuse Claire ? Est-ce qu’il lui en aurait voulu plus si elle avait décrété qu’elle pouvait passer la nuit à la maison ? Elle savait en tout cas qu’elle, elle n’aurait pas pu juste la renvoyer dans la rue, encore moins après ce qu’elle lui avait raconté. Elle n’avait pas pu la laisser dehors dans un premier temps, ça avait été comme si tous ses instincts lui criaient de s’occuper de cette fille. Maintenant, elle était en sécurité. Fallait croire que dans tous les échecs qu’elle accumulait ces derniers temps y avait au moins un truc qu’elle avait réussi. Est-ce que c’était parce qu’elle avait l’impression de tout rater qu’elle n’avait pas pu résister à l’envie de l’aider ? Y avait bien une partie d’elle qui se disait ça, celle qui n’avait de cesse de se dire, qu’au moins, ça, ce n’était pas un échec cuisant. Le reste de sa vie en ce moment, c’était pas trop ça et fallait croire que ce soir, elle avait même réussi à rajouter des complications loin d’être nécessaires au milieu de son couple, elle s’en voulait pour ça, y avait la culpabilité maintenant qui siégeait au fond de ses entrailles.

Elle aurait presque eu envie de prendre son temps sur la route, comme si ça avait pu changer quelque chose, mais la route n’était pas plus longue juste parce qu’elle en avait l’envie soudaine et elle n’allait quand même pas s’amuser à faire des détours inutiles pour retarder le moment où elle rentrerait à la maison. Elle n’était plus une adolescente après tout, elle pouvait bien assumer les conséquences de ses décisions pourries. Elle n’avait pas le choix de toute façon, tout ce qui s’était passé ce soir n’allait pas disparaitre par magie parce qu’elle n’avait pas envie de s’engueuler avec Cesare. Elle n’avait jamais envie de s’engueuler avec lui et elle n’avait absolument pas pensé à mal ce soir. C’était ça le cœur du problème de toute évidence. Elle n’avait pas pensé tout court. Elle n’avait pas réfléchi, elle avait juste agi selon ses instincts, quand bien même, depuis le temps, elle aurait dû retenir que ses instincts, ils la poussaient à faire des erreurs trois fois sur quatre. Peut-être que si elle réfléchissait un peu plus, y aurait pas autant de problèmes dans cette ville et ceux qui devaient être en prison le seraient toujours. Si elle réfléchissait un peu plus, peut-être qu’y aurait jamais eu d’Insurgency et aucune Demelza pour venir lui arracher le groupe et peut-être qu’Anthea serait encore en vie. Peut-être que tout un tas de trucs. Le fait était que, quoi qu’elle puisse penser, quoi qu’elle puisse regretter, si y avait une décision idiote à prendre qui pouvait tout ruiner autour d’elle, elle allait la prendre. Elle soupira en arrivant devant la maison et hésita quelques secondes avant de passer le seuil de la maison. Elle abandonna ses clefs sur le meuble à l’entrée, après avoir refermé derrière elle. La maison était silencieuse et même si, quand tout allait bien entre Cesare et elle, elle ne s’attendait pas à le retrouver devant la télé en train de regarder un match, elle ne pouvait pas s’empêcher de trouver cette ambiance oppressante, son angoisse semblait être montée en flèche depuis qu’elle était rentrée. Elle repéra vite qu’il n’était pas en bas, alors elle prit son courage à deux mains pour monter et rejoindre la chambre, là où la lumière lui indiquait qu’il devait être par là. Elle referma la porte derrière elle, au moins, s’ils devaient se mettre à crier ça épargnerait peut-être Clara, ce serait déjà ça. « Je suis vraiment dé-… » Elle s’arrêta au beau milieu de sa phrase, parce qu’au bout d’un moment fallait qu’elle arrête avec ses ‘désolée’. « J’veux dire, j’aurais pas dû faire ça sans t’en parler avant. J’ai pas réfléchi. J’crois que, j’avais surtout besoin de m’prouver à moi-même que je pouvais encore faire quelque chose pour quelqu’un. Elle voulait même pas de mon aide. » Elle lui avait dit plusieurs fois qu’elle pouvait se débrouiller, mais c’était Isolde qui avait insisté, comme quoi elle avait pensé davantage à elle plus qu’à cette pauvre fille. « J’ai jamais pensé à mal. Je suppose qu’au final, j’ai pensé à rien d’autre et personne d’autre qu’à moi-même et ce que je voulais et tu méritais pas ça, je suis sincèrement désolée. » Elle pouvait finalement pas le retenir qu'elle était désolée, quand bien même elle savait que ça ne rattrapait en rien son erreur. Le mieux au lieu d'être désolée, ça aurait été de lui expliquer les choses un peu mieux, elle en était capable au final, à en juger ce qu'elle venait de dire. Elle était complètement idiote et vraiment, elle se détestait pour tout ça. Elle recula d’un pas pour s’appuyer contre la porte, probablement qu’elle devrait bouger de là, s’il voulait juste quitter la pièce et la laisser là, après tout elle le mériterait. Elle lança un regard furtif vers lui avant de baisser les yeux, pour se retrouver à fixer ses pieds comme une gamine qui venait de faire une connerie. 

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Sam 10 Juin 2017 - 22:21

Dès le moment où il avait entendu la porte au rez-de-chaussée se fermer, Cesare avait lâché un profond soupir; de regret, de culpabilité sans doute, de rancoeur non exprimée, d’impuissance tout à la fois. C’n’était pas plaisant, somme toute, d’être le connard de l’histoire - celui qui accueillait une pauvre fille avec froideur et distance, alors même qu’il semblait évident sur son visage et dans ses yeux, qu’elle avait déjà connu assez. Mais c’n’était pas comme s’il avait pu avoir d’autre rôle que celui-ci, ce soir; il aimait croire en tout cas, que c’n’était pas tout le monde qui passait une soirée comme la sienne, et acceptait les inconnus qui pouvaient être ‘ramenés à la maison’ sans crier gare par leurs conjoints. Peut-être était-ce une question de confiance; mais le brun s’disait encore et encore, que toute cette histoire n’était pas un défaut de confiance en Isolde - c’n’était pas comme s’il avait eu le temps d’écouter ses arguments, de répondre à ceux-ci, de soupeser ce qu’elle avait à dire, ou même d’écouter la propre voix de sa conscience. Et s’il devait avoir conscience de qui il avait épousé, s’il devait accepter cette part d’elle, la personne qui aidait les autres et aimait ça, celle qui se plaisait à se sentir utile, alors l’opposé s’devait d’être vrai aussi, non? Isolde avait aussi accepté de l’épouser lui - avec ses qualités, avec des défauts, parmi lesquels une méfiance viscérale (et souvent légitime) pour tout ce qui était inconnu. Lui, il n’était pas un impétueux, il n’agissait pas au ‘feeling’ et les rares fois où il le faisait, la situation arrivait toujours à un point critique: il était facilement impulsif quand il était en colère. Face à son père, il avait découvert qu’il était même plus que ça, volontiers défiant et jouant avec le feu, quand il n’était habité que par le deuil et l’aveuglement d’une rage à nulle pareille. Au DeMaggio, on avait appris que l’extérieur était dangereux, que l’étranger était une menace et que les actes qui n’étaient pas analysés, étaient généralement comme un poison qui peu à peu, gagnait la conscience. Ou pire encore, quelque-chose qui s’finirait avec des morts. Rafael avait attendu des mois après tout, à soigneusement préparer son plan avec toute la patience du monde, quand Cesare avait, lui, été persuadé de réussir à lui mentir - à cacher sa nature de transmutant, ses actions et les choix qu’il avait faits après avoir quitté la maison. Il avait été si sûr de berner ses parents, pris, lui, dans son histoire faite uniquement de coeur, de tripes, de sentiments, d’illusions. Non, le brun n’avait certainement pas l’intention ou même la prétention d’blâmer qui que ce soit pour les actes irréfléchis qu’ils pouvaient accomplir; il en avait commis aussi. Et bien sûr, il savait qui il avait épousé; et quoiqu’elle croie, Isolde, il semblait bien plus qu’il avait plus accepté ses parts à elle, qu’elle n’avait accepté ses parts à lui. Peut-être parce qu’il était un hunter - avait été un hunter; et que ça, dans le monde de la Saddler, ça garantissait tout un passif de mauvais choix, tout un avenir d’opinions qui n’valaient pas le coup d’être retenues. Il était l’genre de type qui avait tué plein d’étrangers, parce qu’ils étaient étrangers et parce qu’il avait eu une image bien précise d’eux dans sa tête; définitivement, alors, peut-être que Cesare n’était pas l’mieux placer pour lancer des jugements, sur qui que ce soit. Il n’avait pas prétendu l’faire ce soir - il n’avait rien pu prétendre du tout de toute manière; ses pensées avaient été réduites au silence aussi vite que les ‘arguments’ d’Isolde. La situation avait juste été comme ça, Isolde était partie ‘l’emmener ailleurs’ cette brune dont il n’avait même pas retenu le nom, parce qu’il était comme la peste qui avait tout faux, en acceptant pas une inconnue sous le toit où vivait sa famille, comme si c’était la chose la plus naturelle qui soit.

Ça l’était pour Isolde apparemment; qui sait, peut-être que dans son appartement, elle avait eu l’habitude d’faire ça, elle n’s’était juste jamais donné la peine de le mentionner. A ce rythme, Cesare n’pouvait plus prétendre où commençaient les surprises, et où elles pourraient s’arrêter: son imagination, somme toute, pouvait aller loin, quand elle était motivée par un genre de rancoeur mesquine. Et bien malgré lui, trop souvent, sa tête était partie d’elle-même; plus souvent qu’il ne l’aurait voulu, Clara avait dû faire avec le vide, observant elle-même les images de son livre, pointant des couleurs ou tout et n’importe quoi, arrachant parfois des réponses à son père, comme on lui aurait arraché les dents. C’n’était clairement pas là où il avait vu cette soirée aller. Il n’savait pas c’qu’il avait imaginé, à vrai dire - généralement, il se contentait presque de vivoter le soir, d’laisser tomber les apparences, de soupirer longuement parce qu’il était avec Isolde, avec Clara, et que ç’avait toujours été plus facile que d’être avec n’importe qui d’autre, dans n’importe quelle situation possible et imaginable. Désormais, même soupirer n’semblait pas l’aider. Il avait rapidement abandonné le livre, pour commencer à marmonner quelques mélodies à sa fille - finalement, peut-être que Clara avait vraiment juste été fatiguée: parce qu’en tirant sur sa tétine, blottie contre lui, elle s’endormit bien vite. Malgré l’absence d’Isolde. Le jeune homme n’s’était même pas donné la peine de calculer le temps qui était passé, ou n’importe quoi d’autre; il s’était contenté de coucher Clara délicatement, avant de se rasseoir sur cette même chaise, sans le moindre désir d’aller où que ce soit d’autre. S’il avait écouté ses instincts, les mêmes qui guidaient si souvent Isolde, et les mêmes qui lui faisaient prendre des décisions débiles, il aurait volontiers embarqué Clara avec lui, prenant quelques affaires pour aller autre part, lui aussi. Peut-être parce qu’il n’avait pas envie d’voir Isolde à nouveau ce soir. Peut-être parce que, dans l’autre sens, il n’avait pas envie de s’disputer avec elle; plus les minutes passaient, plus son esprit creusait et creusait, remontant trop loin vers des souvenirs qu’il aurait préféré oublier. L’eau avait coulé sous le pont, fallait passer à autre chose; mais passer à autre chose était impossible, se disait-il, quand Isolde continuait d’être la même personne. Finalement alors, presque de peur que ses batailles internes ne finissent par planer dans l’air jusqu’à réveiller Clara, comme un étrange phénomène, le brun quitta silencieusement la pièce. Il prit soin de refermer la porte derrière lui, partant directement vers la chambre. Normalement, après s’être occupés de Clara, ils auraient dû s’occuper de leur diner, ils auraient pu faire tout plein de choses; mais il n’y avait que le silence et que le vide, que le brouhaha de ses pensées. Un autre livre, plus adulte, n’aida pas plus que tout le reste, et quand il entendit la porte au rez-de-chaussée à nouveau, Cesare se rendit compte enfin que depuis cinq longues minutes, il était resté sur la même page. L’apparition d’Isolde dans la chambre, ne fut évidemment pas une surprise; mais Cesare ne releva pas les yeux vers elle pour autant: au contraire, maintenant il feignait très bien d’être concentré sur sa lecture. Il aurait presque pu croire que le débat était clos avant même qu’il ne commence. Ou quand elle était repartie vers la brune plutôt que d’essayer d’argumenter plus loin que ‘je sais pas’ et ‘désolée’. Ou quand elle avait quitté la maison tout court, parce qu’évidemment, l’atmosphère chargée d’électricité émanait de lui - tellement qu’il valait mieux quitter la maison, et fuir. Alors à quoi bon? Depuis le temps, le ‘à quoi bon’ était allé, dans le crâne du brun, bien plus loin que ce soir. « Economise ta salive, j’les connais par coeur ces phrases à force. » c’est tout ce qu’il daigna dire, alors; oh c’était un schéma plutôt récurrent: elle s’excusait, elle disait ‘je sais pas ce qui m’est passé par la tête’ ou ‘j’ai pas réfléchi’ et puis un coup de ‘j’aurais dû faire autrement’ ou ‘j’aurais pas dû’. Et un coup d’yeux de biche, un coup de tendresse, et ça résolvait tout. Parfois, elle ajoutait la promesse vide de n’pas faire pareil à nouveau, de réfléchir la prochaine fois, d’être plus prudente, de n’pas l’inquiéter, ou d’autres choses encore. Mais ce soir, ou l’autre jour après son ‘départ’ de chez Insurgency, ou cette fois-là dans son appartement quand il s’était pointé après qu’elle se soit engagée pour devenir maire sans lui en toucher un mot, les paroles étaient toujours des paroles en l’air. « J’crois bien que la surprise dans c’couple, ça reste le fait que j’m’y sois pas encore fait, à tout ça. » ‘il aurait dû savoir’, après tout. Quelque part, indéniablement, il aurait toujours dû savoir que leur mariage, lui, ou eux deux, ils passeraient toujours après ‘la cause’ d’Isolde, quelle qu’elle soit. Et elle avait toujours de bonnes réponses à tout, au moins pour elle-même.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Sam 10 Juin 2017 - 23:45

Elle était loin d’être parfaite Isolde, elle en avait évidemment conscience. Elle avait commis tout un tas d’erreur dans sa vie et à ne pas en douter, elle allait en commettre d’autres à l’avenir. Ce soir, elle savait qu’elle avait eu tort de faire ça. C’était complètement fou de ramener une inconnue chez elle comme ça. Elle pouvait au moins dire que ce n’était pas non plus la première fois de sa vie, elle en avait ramené d’autres des inconnus chez elle avant de rencontrer Cesare, mais certainement pas pour les mêmes raisons que ce soir. Mais c’était certainement pas un argument à utiliser pour sa défense. Dans le fond, qu’est-ce qu’elle avait à dire pour sa défense ? Elle avait commis une erreur, elle le savait bien et comme à chaque fois qu’elle se rendait compte de ça, elle n’avait absolument rien à dire pour se défendre. Elle ne pouvait pas non plus juste rester silencieuse, toute seule dans son coin à attendre que les choses s’améliorent entre Cesare et elle. Ça aurait été trop simple que les choses s’arrangent comme par magie, y avait rien qui marchait comme ça dans la vie malheureusement, elle avait eu largement l’occasion d’apprendre ça, au cours de sa vie Isolde. Elle n’avait clairement aucune difficulté à compliquer les choses, mais quand fallait les arranger elle était complètement inutile. Finalement, les conflits, elle avait eu l’habitude de les fuir ou de les régler en hurlant et en frappant ceux qu’elle estimait le mériter. Sauf que là clairement, c’était elle qui méritait de se faire engueuler et de se prendre une bonne claque dans la tronche. Elle pouvait pas non plus espérer qu’elle aurait juste à présenter quelques excuses pour que tout rentre dans l’ordre, quand bien même elle avait tendance à enchaîner les ‘je suis désolée’ dès qu’elle faisait quelque chose de travers en se disant que ça pourrait sans doute changer quelque chose.

Le fait était qu’elle l’était désolée. Elle se sentait coupable pour ce qu’elle avait fait. Elle n’aurait pas dû traiter Cesare comme ça. C’était même pas qu’elle avait cru qu’il lui dirait que c’était même pas possible, que cette fille était mieux dans la rue et qu’il ne voulait pas du tout qu’il l’aide. Elle avait su qu’il serait réticent, mais en parlant, ils auraient pu trouver un terrain d’entente. Sauf qu’elle ne lui avait pas laissé cette chance, elle avait décidé ça toute seule, quand bien-même ils étaient censés tout partager, y compris le toit sous lequel ils vivaient, alors, si c’était aussi sa maison, à Cesare, il avait bien son mot à dire sur qui entrait ici. Elle savait bien tout ça Isolde. Elle savait aussi qu’elle avait promis d’arrêter de prendre ce genre de décision sans prendre en compte l’avis que Cesare pouvait avoir dessus. Elle avait déjà brisé cette promesse à plusieurs reprises et elle avait probablement déjà bien abusé de la patience de Cesare avec ses histoires de mairie ou d’Insurgency et elle continuait encore maintenant, même s’ils venaient tout juste de se marier et de se promettre tout un tas de trucs devant témoin. Elle n’avait pas cru que ça pourrait être une mauvaise chose, ce qu’elle voulait faire. Elle n’avait pas non plus eu l’intention de trahir la confiance de Cesare ou de le blesser. Elle n’avait pas pensé à ça sur le coup. Elle n’avait pensé à rien de toute façon et maintenant, elle était comme une idiote à ne même pas savoir comment se rattraper. Des fois elle se disait qu’elle ferait presque mieux de se taire, parce que ce qu’elle disait, ça n’arrangeait rien de toute évidence. Ou alors, peut-être qu’elle devait juste le laisser se défouler sur elle, parce qu’elle le méritait. Les propos de Cesare en tout cas, ils semblaient vouloir lui faire comprendre qu’elle ferait mieux de ne rien dire, mais elle ne pouvait pas juste lui dire ‘d’accord je me tais’. « J’ai jamais voulu ça. J’pensais juste rendre service à quelqu’un … » Est-ce que c’était mal ça ? « Je crois que j’sais pas comment changer ça. » Elle essayait, elle faisait des efforts, même si c’était pas forcément le truc le plus évident du monde, mais fallait croire que quoi qu’elle puisse essayer elle continuait de se planter comme une idiote. Elle faisait quand même un peu moins de conneries qu’avant non ? Encore un argument qui n’en était pas un, alors mieux valait éviter qu’elle dise ça. « J’arrête pas de tout rater. Je pensais que si je pouvais l’aider elle, ce serait déjà ça. Je pensais pas que ça me ferait foirer le seul truc que j’avais à peu près bien réussi dans ma vie. » Alors au final, elle avait juste tout foirer et si elle, elle devait avoir une surprise, ce serait le fait qu’elle ait pu penser qu’elle pourrait réussir ne serait-ce qu’un truc dans sa vie, alors qu’elle faisait définitivement tout de travers.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Dim 11 Juin 2017 - 1:24

La rancoeur était quelque-chose qui n’fonctionnait pas très bien, en Cesare. Pendant longtemps à vrai dire, il n’avait même pas été un habitué de ce sentiment; dans sa famille, on n’trainait pas ses ressentiments pendant des heures, des jours ou des semaines. Du moins, pas en apparences. Il fallait croire qu’en-deçà de la surface des choses, ç’avait été une histoire totalement différente: que tous les DeMaggio avaient eu une nature plus destructrice que ce qu’ils avaient été prêts à reconnaître. Cesare lui-même, il n’savait plus trop quoi prétendre sur la personne qu’il était; probablement que c’n’était pas vraiment facile à savoir, quand on n’exprimait aucun de ses sentiments, quand on les ravalait comme une boule de plus en plus grosse, lovée dans l’estomac. Ce soir n’était pas différent de bien des fois où il s’était senti s’écraser contre un mur; mais contrairement au cas désespéré de sa famille, il faisait confiance à Isolde. Il croyait en son histoire avec Isolde, en leur futur, leur équilibre, leurs volontés. Peut-être avait-il tort de le faire, ou peut-être même était-ce un effort à sens unique: à chaque fois que les choses tournaient de cette façon, il se retrouvait à se poser des questions de ce genre. Après tout, comment pouvait-on faire confiance à un tueur? Comment pouvait-on vouloir trouver un genre d’équilibre et d’égalité avec un DeMaggio? Comment pourrait-il prétendre un jour savoir ce qui était moralement acceptable et ce qui ne l’était pas? L’histoire prouvait que Cesare, quand il était irascible et impétueux, il devenait dangereux, précis et mortel - forcément, pas des qualités dont on avait besoin pour quelque repère que ce soit. Alors pourquoi essayer tout court? Pourquoi est-c’qu’ils étaient là?! Presque contre sa volonté, alors qu’il aurait voulu qu’ils soient forts, qu’ils soient stables, qu’ils soient unis, encore et encore les songes de Cesare étaient allés jusque là-bas. Des pensées qui n’avaient pas beaucoup changé de l’époque durant laquelle ils s’étaient battus si ardemment; quand Isolde l’avait ouvertement traité pour ce qu’il était. Alors peut-être que même si ses attitudes à l’extérieur avaient changé, ses songes au-delà des apparences n’avaient pas vraiment évolué. Pourquoi avait-elle voulu l’épouser, alors? Pourquoi est-ce qu’ils vivaient dans quelque-chose qui n’pourrait pas être qualifié d’autre chose que de vague pièce de théâtre, où ils n’faisaient que jouer des rôles?! Parfois, le brun avait l’impression de laisser son passé s’écrire trop près du présent qu’il essayait de construire; mais au fond, peut-être que c’n’était pas que de sa faute à lui. Ou peut-être que ça l’était, et que c’était tellement le cas, que ça déteignait sur Isolde elle-même, jusqu’à tout pourrir. Au bout d’un moment, il devait probablement s’préparer à tous les arguments possibles et imaginables. Il n’savait plus franchement; il n’savait pas ce qui pouvait retenir Isolde d’vouloir lui parler, dès qu’une décision semblait importante - elle n’hésitait pas à lui faire une crise quand il n’avait pas particulièrement d’avis sur le lieu de leur mariage. Mais dès que c’était quelque-chose d’inhérent à leurs vies, à la vie de leur fille, c’était comme si y’avait plus personne. Comme s’il n’avait plus d’voix, plus d’opinion, comme si c’était aussi peu important qu’une putain d’église, un putain de champ de blé ou n’importe quel autre bâtiment pour faire la fête à Radcliff.

Peut-être n’était-ce qu’une question d’priorité, hein. Ou peut-être était-ce toujours plus facile comme ça pour Isolde - elle se savait douée pour demander pardon, et elle savait que ça marchait à chaque fois. Après tout, quand il n’pouvait pas s’exprimer, elle pouvait faire c’qu’elle voulait, quand elle le voulait, et comme elle le voulait. Au Diable le reste; eux deux, Clara, leur vie ensemble, leur sécurité ou même tous les trucs stupides auxquels ils pensaient quotidiennement, juste pour rester saufs! Ce soir, il semblait bien qu’il n’avait aucune envie d’être réceptif aux paroles de la blonde - pourtant, elles glissaient sous sa peau comme de l’eau bouillante. Il n’pouvait déjà plus se concentrer sur son livre, le laissant tomber à côté de lui sur le lit, avant d’enfin observer Isolde. « Tu devrais vraiment arrêter d’parler. » dit-il seulement, froidement - il aurait presque eu envie de s’contenter de ça; qu’elle reste dans son coin avec ses pensées, tourne et tourne toute seule avec celles-ci pendant aussi longtemps qu’il le voudrait. C’était aussi comme ça que se faisaient les choses - elle avait choisi la priorité ce soir, ç’avait été cette inconnue et lui, il avait juste eu à attendre, parce qu’évidemment qu’il avait juste attendu dans cette stupide maison, parfaitement disponible pour quand elle aurait trouvé les mots qui pourraient un tant soit peu alléger sa conscience, et lui donner de quoi parler. « M’insulte pas comme si le problème, c’était que j’sois incapable d’comprendre ton besoin d’aider les autres. Ou que c’est pour ça qu’on est là, maintenant. » peut-être que ç’avait souvent été comme ça, après tout; elle avait été persuadée que son problème quand elle s’était présentée à la mairie, ç’avait été le fait qu’elle se présente à la mairie pour aider les autres. Isolde, elle était persuadée de plein de choses tout le temps, des conclusions auxquelles elle arrivait toute seule, par elle-même, et sur lesquelles elle restait bien installée pour aussi longtemps que c’était confortable. « Imaginons pour deux s’condes que les rôles soient inversés, hein. » il s’était retrouvé debout, sans vraiment savoir comment, les bras croisés; « Qu’un jour, pendant qu’t’essayes d’rester le plus loin d’moi possible, pour ma protection, tu découvres que j’me lance dans une carrière politique contre le type qui a tous les hunters d’la ville derrière lui! Qu’au milieu d’ta journée, tu reçoives un message mystérieux d’ma part, parce que soudainement, j’aurais décidé d’me foutre sur la gueule avec tous les transmutants les plus enragés d’cette ville! Ou que genre- hein, à peine deux semaines après qu’on ait commencé à être tranquilles, j’commence à ramener des gens dans cette maison, sans rien savoir d’eux, parce que j’ai un ‘feeling’ que j’peux pas expliquer! » ouais, il pouvait bien s’en moquer, de son ‘sentiment’ particulier qui l’avait attirée vers cette pauvre fille - quelle bonne justification, si ça marchait pour elle, ça marchait pour lui, non?! « Et tout ça, sous ton nez, alors qu’à chaque fois, tout c’que tu peux faire c’est-... c’est rien du tout! Parce que quoi?! Si j’me souviens bien, la dernière fois, c’était ma faute, parce que j’étais pas assez là, parce qu’on était pas ensemble, alors t’y ‘avais pas pensé’. » c’était quoi sa bonne raison, maintenant?! Il l’attendait toujours, depuis des heures, il attendait, et apparemment, tout c’qu’elle pouvait faire, c’était trouver d’autres choses à dire pour s’attirer sa pitié - parce qu’évidemment, il avait toujours pitié d’elle. Comme un idiot. « Et maintenant, t’essayes encore d’retourner l’truc contre moi. Comme si c’était une question d’confiance, ou d’arguments, ou d’choix que j’avais à faire. » il baissa les yeux, parce que ça blessait plus qu’il n’pouvait l’admettre, la conclusion à laquelle sa tête était toujours arrivée. « On dirait surtout qu’tu m’fais pas confiance, à moi. Quoique j’fasse, quoique j’essaye... T’as besoin d’moi que quand ça t’arrange, comme ça t’arrange. Et ça peut pas être une question-... d’habitude ou d’pratique, on est mariés! Tu voulais ça, alors c’est quoi ma faute dans tout ça, hein?! Ma responsabilité pour qu’on s’retrouve toujours dans cette situation?! » un an plus tôt, ç’avait été facile de croire que ça pourrait s’arranger, que c’était normal. Que même, c’était de sa faute à lui, pour ce qu’il avait fait. Maintenant, il n’savait plus. D’ici quelques semaines, ce serait autre chose. Et encore après, autre chose. Parce que de toute manière, maintenant, il n’savait plus quoi faire, quoi dire, quel mal prendre en patience pour arranger les choses. C’était juste comme ça, depuis un an et demi ça n’avait pas changé; qu’ils soient hunter contre mutante, qu’ils soient en couple, qu’ils aient Clara ou non. Même le fait qu’ils soient mariés n’y changeait rien. Jamais deux sans trois. Ni trois sans quatre. Et pendant combien d’temps ça allait durer, au juste? Cesare, tout ce qu’il sentait d’son côté, c’était que sa patience, sa confiance, sa foi, ses envies, n’arrivaient plus à suivre.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Dim 11 Juin 2017 - 12:32

Plus tôt dans la soirée, quand elle était sortie pour promener les chiens elle n’avait certainement pas prévu que le choses puissent tourner de cette façon. Ça aurait dû être une soirée complètement normale qu’ils auraient pu passer tous les deux, une fois Clara endormie, sans que rien ne vienne les emmerder. Mais non, évidemment, il avait fallu que ça dérape et c’était de sa faute à elle, parce qu’elle avait choisi de ramener cette fille chez eux, sans vraiment penser aux conséquences que ça pouvait avoir. Elle n’avait après tout pas eu l’air franchement dangereuse, au contraire elle avait juste semblé avoir désespérément besoin d’aide et pour cause, elle venait de perdre sa famille, dans ce qu’elle avait compris de ce que la brune lui avait dit, ils avaient été assassinés juste devant ses yeux. Evidemment qu’elle avait eu besoin d’aide et ça lui avait semblé naturel à Isolde, de venir l’aider. Après tout, elle s’était retrouvée combien de temps elle, à errer dans les rues de Miami avec le sang de son père sur ses fringues à ne pas savoir quoi faire, parce qu’il venait de donner sa vie pour la protéger ? Elle avait été toute seule, complètement perdue à ne pas savoir quoi faire, si loin de chez elle. Alors peut-être que ce sentiment qu’elle n’arrivait pas à expliquer et qui l’avait poussée vers cette fille, il venait de là. C’était facile de s’identifier à cette pauvre fille quand on avait connu quelque chose de similaire, même si pour elle, ça remontait à des années, ça ne voulait certainement pas dire qu’elle avait oublié tout ce qui avait pu se passer dans les moments suivants la mort de son père et à l’époque, elle aurait bien aimé quelqu’un vienne lui filer un coup de main au lieu de devoir se reprendre toute seule, parce qu’il fallait qu’elle réfléchisse à comment gérer les choses pour ne pas passer le reste de sa vie à errer dans les rues de cette maudite ville.

Elle avait fait ce qu’elle avait cru être juste et elle n’avait pas pensé au reste. Elle avait bien conscience, qu’y avait de nombreuses autres façons dont elle aurait pu gérer ça, elle savait qu’elle aurait dû demander à Cesare ce qu’il en pensait avant de la ramener ici. Mais, c’était peut-être son plus gros défaut ça, de faire abstraction du reste dès qu’elle avait quelque chose en tête. Alors elle avait agi comme elle le voulait, comme d’habitude et maintenant elle en était là, devant Cesare a à peine savoir quoi lui dire pour se défendre, de toute façon, qu’est-ce qu’elle pouvait dire ? Elle n’avait aucun moyen de se défendre, elle avait merdé, elle n’avait pas d’excuse. Alors ouais, peut-être qu’elle devrait juste se taire. Est-ce qu’elle avait eu tort alors de monter pour lui parler ? Ou bien si elle était juste restée en bas, ça aurait été exactement pareil ? Il aurait eu encore plus de raison de lui reprocher de laisser de côté ou quelque chose du genre. Fallait croire qu’une fois qu’elle avait pris une mauvaise décision, toutes celles qui suivraient seraient forcément mauvaises. « J’ai jamais dit ça. » Non, elle n’avait pas prétendu qu’il ne pouvait pas comprendre, elle avait juste dit qu’elle avait voulu aidé cette fille et qu’elle n’avait pas pensé au reste, y avait quand même une marge entre ça et dire qu’elle n’avait rien dit parce qu’elle savait qu’il ne comprendrait pas. Elle eut l’impression de sentir son cœur se serrer de douleur dans sa poitrine alors qu’il lui rappelait chacune de ses erreurs. Elle avait presque envie de lui rappeler, pourquoi il avait décidé que c’était plus prudent de rester loin d’elle. Parce qu’elle non plus elle n’avait pas eu franchement le choix à l’époque, quand bien même elle lui avait dit qu’elle n’était pas d’accord avec tout ça, ça c’était passé comme il l’avait décidé. Et puis si fallait jouer à ce jeu-là, elle en aurait aussi des trucs à dire sur ses choix à lui. Mais fallait croire que même si elle avait du mal à faire des efforts sur elle-même, elle avait quand même moins de mal à passer l’éponge sur ses fautes à lui. Fallait croire que d’ici vingt ans, dès qu’elle ferait un truc de travers y aurait encore cette histoire de mairie qui viendrait s’ajouter à la balance. Et puis techniquement, pour cette histoire avec Insurgency, elle n’avait rien demandé à personne, elle était allée chercher des papiers et on l’avait agressée, sans aucun signe avant-coureur, alors ça la faisait quand même un peu chié d’entendre dire qu’elle l’avait cherché. Mieux valait qu’elle se taise de toute façon, c’est lui qui l’avait dit. Elle aurait presque eu envie de juste rien dire, puisque de toute évidence, chacun de ses mots étaient complètement déformés, mais à l’entendre, elle avait quand même l’impression d’avoir eu un moment d’absence pendant lequel elle avait ‘retourné ça contre lui’. « Quand est-ce que j’ai dit que c’était de ta faute ? » Elle avait bien conscience que c’était elle le problème dans cette histoire et pas lui et aussi loin qu’elle se souvienne – et comme ne c’était qu’une poignée de minutes, elle se souvenait assez bien – elle n’avait rien retourné contre lui. « J’sais que si je t’en avais parlé avant, tu m’aurais pas juste envoyée balader et que tu m’aurais comprise. Je te fais confiance et j’ai besoin de toi, tout le temps. C’est définitivement pas toi le problème. » Et elle n’avait jamais dit l’inverse, comme pour se décharger de sa culpabilité. « Ça semblait juste être complètement naturel pour moi de faire ça que j’ai pas pensé que ça pourrait être un problème. » Ça avait été comme si elle avait ramené une très bonne amie à la maison parce qu’elle avait besoin d’un coup de main, ça évidemment, que ça aurait pas posé problème. « C’était une erreur et j’ai clairement un problème pour être capable de me comporter avec la première fille que je croise comme si c’était ma meilleure amie. Alors c’est moi qui ai merdé, j’en ai conscience, j’essaie vraiment pas de ‘retourner le truc contre toi’. » C’était son erreur, elle l’assumait, mais qu’il ne vienne pas lui sortir qu’elle l’accusait lui pour ce qu’elle venait de faire, parce que c’était loin d’être vrai. Pas aujourd’hui en tout cas. Pour ce qui était des histoires passées, elle était d’avis de les laisser là où elles étaient elle, et ce serait probablement mieux pour tout le monde.


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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Dim 11 Juin 2017 - 14:58

Indéniablement, il y avait encore plein de choses dans ce mariage, dans cette vie, dans ce monde-là, auxquelles Cesare avait toujours du mal à s’adapter. Les autres en faisaient partie, sans l’ombre d’un doute; et il était épuisé d’expliquer pourquoi, comment, dans quelles circonstances, ou quels putain de traumatismes l’avaient peu à peu transformé en ça. C’était à peine s’il avait appris à faire confiance à sa propre famille; certainement pas quand son père pouvait aussi aisément lui pointer une arme sur la tempe que de lui tapoter l’épaule pour lui apporter son soutien. Pas non plus quand sa mère avait depuis longtemps, fermé les yeux sur des choses qu’elle désapprouvait visiblement - l’inaction, ça n’aidait en rien. Dans tout ce à quoi il s’était adapté, et ce à quoi il n’s’faisait pas encore, Cesare avait été fou d’parier que le seul élément stable de sa vie pourrait être Isolde, à un quelconque moment. Est-ce qu’il pouvait faire confiance à Isolde aussi, au fond? A chaque fois que le brun s’imaginait qu’ils s’étaient lentement mais sûrement acceptés l’un l’autre, malgré leurs défauts - ses défauts à lui, prévalant sur beaucoup de choses - des événements comme ce soir arrivaient. Et à nouveau, le précaire château de cartes qu’ils construisaient, pièce par pièce, s’prenait un violent coup rageur. C’n’était pas facile, de laisser partir le passé quand le présent y ressemblait terriblement; quand il avait la sensation d’avoir la même conversation encore et encore, les mêmes mots placés dans des situations différentes et les mêmes résolutions, vides de sens. La dernière fois qu’ils s’étaient sérieusement engueulés sur ça, elle avait fait plein de promesses; et il avait cru se souvenir que le poids de l’incompréhension, de la douloureuse réalité l’avait presque fait tout abandonner. Au fond, il n’savait même pas pourquoi, le lendemain matin, quoique ce soit avait changé dans sa tête; parce qu’Isolde s’était soudainement mise à voir des morts, et que l’aider elle avait été plus important que n’importe quoi d’autre. Parce qu’il l’aimait - bien plus qu’il n’pouvait s’aimer lui-même, bien plus qu’il n’pouvait valoir sa propre vie, sa propre expérience, ou c’qu’il valait en tant qu’être humain. C’n’était pas compliqué; si les erreurs, les crimes, les péchés devaient peu à peu défaire quelqu’un de sa ‘valeur’, c’était vrai qu’il n’valait plus grand-chose. Certainement moins qu’Isolde, quoiqu’ils en disent. C’était une impression qu’il avait l’habitude de ressentir, quand elle venait des autres - du reste du monde, de ses géniteurs, des voisins d’en face qui n’avaient jamais rien fait, de sa famille au sens le plus large, des inconnus dans la rue. Il avait été un fantôme dans leur lycée, un fantôme dans Radcliff tout court; et il méprisait cette ville autant qu’ils le méprisaient. Mais indéniablement, avoir cette impression émanant d’Isolde elle-même, c’était un tout nouveau tsunami de sentiments blessants et incompréhensibles, qu’il n’se voyait pas supporter bien longtemps. Déjà, maintenant qu’il se rendait compte que ça faisait un an voire plus, presque, qu’il vivait dans une situation qui n’avait pas changé, à donner son coeur à une femme qui n’avait pas évolué d’un pouce, tout ce temps lui semblait avoir été extrêmement long. Et si elle avait quelque-chose à dire sur ses fautes à lui, qu’elle n’hésite pas, franchement; s’il n’se trompait pas, la dernière fois qu’il avait fait quelque-chose qui la mettait en danger sans lui en parler, ç’avait été à cet entrepôt, pour lui sauver la vie. Et elle l’avait haï pendant dix longs mois sur ça - et ç’avait été le coeur de combien de discussions, combien de disputes, hein, la trahison qu’elle avait ressentie dans l’fait qu’il n’lui ait rien dit? Qu’il ait choisi n’importe quelle option, plutôt que celle de l’inclure elle, dans son choix, dans sa vie, dans ses pensées les plus intimes?

Les enjeux de l’époque semblaient bien plus grands que ce soir, évidemment; mais l’action, le geste, le choix, ils n’étaient pas si différents. L’impact n’en était pas moins blessant - bien au contraire. Ils n’étaient pas deux personnes qui s’étaient mises en couple depuis peu, là, il n’était plus le Cesare englobé de secrets qui cachait tout un pan de sa vie à Isolde. Au fond, le DeMaggio avait arrêté d’compter, le nombre de fois où il avait littéralement craché son coeur à Isolde, exposé toutes ses vulnérabilités, qu’elles soient compréhensibles ou non. Il avait cru qu’elle s’donnerait au moins la peine d’en tenir compte, dans la vie de tous les jours, puisqu’ils étaient censés être égaux dans leur mariage, dans leur famille, et dans la vie qu’ils cherchaient à construire! Peut-être que c’n’était qu’un mensonge, que l’ambivalence avait toujours été là: maintenant, le brun n’savait plus très bien quand avait été la dernière fois qu’il avait eu quoique ce soit à dire sur ce qui se passait dans leur vie, dans la vie de leur fille ou dans l’avenir qu’ils se construisaient. D’exaspération, il soupira, Cesare, détournant le regard; pourquoi, bordel, est-c’qu’ils en revenaient aux sentiments ‘légitimes’ d’Isolde, du fait qu’elle n’avait ‘pas pensé que ce serait un problème d’aider quelqu’un’?! Il avait compris, il avait compris, compris, compris ces mêmes phrases encore et encore! Elle n’avait pas vu non plus en quoi c’était un problème d’essayer de devenir maire pour faire les choses en accord avec la loi, elle n’avait pas vu non plus où était le problème dans le fait de se créer tout un groupe de transmutants pour avoir plus de poids dans son combat. Elle n’avait pas vu non plus le problème dans l’fait de se vacciner pour que Lancaster ne voit pas qu’elle était une transmutante! Et à chaque fois, à chaque foiiiis, il avait eu beau vociférer, hurler, geindre, presque, que c’n’était pas ça le problème, que c’n’était pas ces choix-là qu’il questionnait, elle avait toujours été persuadée que c’était le cas. Maintenant, il n’savait plus comment parler, il n’savait plus quoi dire, quoi faire, comment le faire. Peut-être lui était-elle toujours aussi peu atteignable que quand elle avait été trop occupée à le haïr pour écouter les mots qui sortaient d’entre ses lèvres. En quoi est-c’que c’était sa faute à lui? A vrai dire, il attendait surtout ce stade-là de cette dispute, ça viendrait assez vite. Ça venait toujours, hein. « J’en sais rien, c’est juste que toutes les autres fois, quand on a cette même conversation, sur ce même sujet, y’a toujours une bonne raison pour c’que tu fais. » et comme à chaque fois, ce qu’il lui reprochait, c’était un manque évident de communication - vers lui, pour au moins lui en parler, pour au moins arrêter de l’foutre au pied du mur comme un crétin, ou même dans le cas où elle se présentait à la mairie juste sous le nez des hunters, pendant qu’il était parmi ces mêmes hunters, n’pas mettre sa vie, à lui, en danger; surgissait au bout d’un moment, une bonne raison pour expliquer qu’elle n’avait pas eu le temps, pas eu la possibilité, pas eu l’idée de lui en parler. Cette fois, fallait croire que c’était juste le ‘feeling’ qu’elle avait eu, si omniprésent dans sa tête qu’elle avait oublié son mari, sa fille, et tout le secret précieux qui entourait la maison qu’elle avait achetée pour se protéger du hunter enragé qui découpait les doigts des gens qui lui étaient proches, pour lui envoyer par la poste. « Ouais je sais, dans c’que tu dis, tu sais toujours que ç’aurait été mieux et différent et forcément plus normal de m’en parler avant. Mais à chaque fois que ça s’passe dans le concret, que t’as la possibilité que ce soit plus que des mots, y’a rien qui change. » était-il vraiment si injuste que ça, pour parler comme ça? C’n’était pas comme s’il n’avait pas essayé, d’être patient, de faire abstraction de toutes les autres fois; c’n’était pas comme si ce soir n’avait pas été juste une soirée totalement normale. « J’ai compris, hein, que c’était naturel pour toi. Que c’était qui t’es. J’crois qu’à force, c’est impossible de l’manquer, quand c’est toujours comme ça. Au Diable c’qui est ‘naturel’ pour moi. Parce que d’toute manière, c’est juste des habitudes de hunters, des trucs que mes connards de parents m’ont inculqué - pourquoi s’donner la peine d’comprendre c’qui peut être naturel, chez moi... parce que d’toute manière c’est si mal de base. » peut-être, probablement, sûrement même, qu’il extrapolait. Sûrement aussi, qu’il allait trop loin. Mais au fond, ç’avait été le reproche qu’elle lui avait souvent fait; et au bout d’un moment, avec tous les efforts qu’ils s’étaient jurés de faire, ceux qu’ils faisaient sur bien des points, il n’savait pas vraiment quelle était sa faute pour n’jamais avoir son mot à dire sur rien. Il devait bien y avoir une raison, après tout, pour qu’il soit tout le temps ‘oublié’ des choix d’Isolde, quels qu’ils soient. Quel mariage sans conteste; soudainement, il n’avait pas envie d’en imaginer le futur.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Dim 11 Juin 2017 - 16:28

Ce soir, c’était encore une soirée qui lui donnait subitement envie de changer de pouvoir, d’avoir celui de remonter le temps et de pouvoir changer les choses. Malheureusement, c’était pas possible, elle ne pouvait pas faire ça. Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était regretter ses choix, comme d’habitude. Ce n’était même pas qu’elle ne voulait pas faire d’efforts pour changer la façon dont elle se comportait. Depuis qu’elle était avec Cesare elle en faisait des efforts et peut-être qu’il ne le voyait pas, parce qu’y avait des soirs comme ça, où c’était pas franchement évident, mais elle en faisait. Elle n’avait pas l’impression d’être encore la même fille qu’à l’époque, elle était moins enragée, probablement un peu moins impulsive et ce qui s’était passé avec Insurgency, ça pouvait au moins prouver qu’elle n’avait plus la même volonté de se battre pour tout ça. Elle était prête à faire passer son couple, sa famille avant tout le reste, sans aucun doute. Peut-être que son problème c’était surtout qu’elle manquait de jugement, elle ne savait pas lesquelles de ses actions étaient assez importantes pour être sujet à débat et lesquelles ne l’étaient pas. Sur le coup en tout cas, ça n’avait pas semblé être un problème en soi, ce qu’elle avait fait. Après réflexion, oui, elle comprenait pourquoi elle aurait dû en parler avant, mais, pour une raison qui ne dépendait évidemment que d’elle, sur le moment, elle n’avait pas vu les choses sous le même angle et ce n’était pas parce qu’elle ne faisait pas confiance à Cesare, ce n’était jamais pour cette raison. Elle lui faisait confiance, elle lui ferait toujours confiance. Peut-être que c’était à elle-même qu’elle devait arrêter de faire confiance, parce que c’était de toute évidence la pire chose à faire. Elle avait eu tort, elle le savait bien et elle détestait cette impression de ne rien pouvoir faire pour changer les choses, d’être juste condamnée à rester là avec ses regrets.

Elle le pensait vraiment, à chaque fois qu’elle promettait qu’elle ne recommencerait plus qu’elle allait changer et elle essayait encore et encore. Y avait des moments où ça marchait plutôt bien, elle en était certaine, sauf qu’évidemment, ces moments-là, personne n’y prêtait attention, parce que c’était normal mais dès qu’elle se plantait, là, elle avait le droit à un rappel en bonne et due forme de toutes les fois où elle avait merdé et si elle n’avait aucun mal à admettre qu’elle méritait la rancœur de Cesare, elle se disait que c’était pas juste de lui renvoyer ses erreurs passées en pleine tronche comme si elle n’était même pas pardonnées. Y avait tout un tas de trucs qui passaient dans ses pensées, des remarques tranchantes, probablement blessantes qu’elle regretterait bien-vite si elle devait les prononcer à voix hautes. Parce qu’elle avait eu cette habitude Isolde, de trouver ce genre de réplique à balancer pour se défaire de ses fautes à elle et rappeler aux autres – à Cesare tout particulièrement – qu’il n’avait jamais agi mieux qu’elle, des trucs qu’elle ne pensait pas forcément, mais emportée dans la colère, ça n’avait jamais eu d’importance. Ce soir ça en avait évidemment, parce qu’y en avait quand même des trucs qui avaient changés dans son comportement, parce qu’elle en faisait des efforts pour mieux se comporter, que ça saute aux yeux ou non. « Bha là, j’te le dis, j’en ai aucune de bonne raison, j’ai eu tort, je le sais. » Et qu’est-ce que ça pouvait changer qu’elle l’admette de toute façon ? Peut-être bien qu’elle avait plus facilement tendance à essayer de se chercher des excuses que d’admettre qu’elle avait tort, mais c’était ce que tout le monde faisait après tout, alors ouais, elle s’en trouvait des bonnes excuses, parce qu’il fallait bien qu’elle se défende et qu’elle s’explique. Fallait croire que ce soir, la meilleure chose à faire ça aurait été de fermer sa tronche, ironique si le cœur du problème c’était qu’elle ne se donnait pas la peine de lui parler de ce qu’elle faisait. Maintenant, c’était trop tard de toute façon, alors elle ne savait même pas ce qu’il attendait d’elle. C’était pas comme si elle pouvait promettre qu’elle ne recommencerait pas, elle essaierait de toute ses forces évidemment, mais si elle devait le dire, il serait probablement incapable d’y croire. « J’essaie de changer ça, j’te jure que je fais des efforts, mais ça semblait juste pas être un si gros problème sur le moment. J’ai pas fait ça parce que je m’en fiche de ce que tu peux en penser, j’ai juste cru qu’y avait rien de mal là-dedans. » Alors, évidemment, elle n’avait pas pensé que Cesare ne serait pas d’accord, parce qu’il avait été un hunter et qu’il se méfiait du monde entier et que ça lui venait de son éducation ou elle ne savait pas trop ce qu’il était en train de raconter comme si ça pouvait être elle, qui pensait des trucs comme ça. « C’est tes mots, pas les miens. J’essaie de comprendre tout ce qui peut te venir de cette vie-là, je fais de mon mieux et je suis sincèrement désolée si c’est pas assez. » C’était lui le premier à lui dire qu’elle n’y arriverait jamais de toute façon, parce qu’elle n’avait définitivement pas le même passé. « Tu as tous les droits du monde de m’en vouloir pour pas être venue te demander ton avis avant de décider de ramener cette fille, alors que j’ai promis un demi-million de fois que je recommencerai plus. Mais vient pas m’dire que j’ai fait ça à cause de ton passé comme si je l’avais pas accepté ou je sais pas quoi. » S’il pensait qu’elle avait agi comme ça, parce qu’elle jugeait qu’il n’avait pas son mot à dire parce que ce qui était naturel chez lui était mal, et qu’elle ne se donnait pas la peine d’essayer de le comprendre ça voulait dire qu’il pensait qu’elle n’avait pas accepté cette part de lui alors que ça faisait un sacré bout de temps qu’elle lui disait qu’elle était ok avec ça et qu’elle l’avait épousé quand même et même si elle n’était pas la meilleure épouse du monde, il devrait au moins savoir qu’avec les préjugés qu’elle avait eue sur le mariage elle ne l’aurait pas épousé si y avait eu encore une partie d’elle qui détestait une partie de lui.


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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Dim 11 Juin 2017 - 17:32

Malheureusement, Cesare savait ce que ça faisait, de se retrouver face à une Isolde complètement hermétique à tout ce qu’il disait. Il connaissait l’impuissance, l’inutilité, le poids de ses fautes à lui, pesant dans la balance de son silence. Ç’avait été une situation à peu près similaire, dans sa famille, avec ses parents: à chaque fois qu’il avait fait quelque-chose qu’ils avaient jugé de stupide ou de ‘pas assez bien’ à leurs yeux, c’était comme si le fils prodigue avait été réduit à l’état de rien du tout. Ses mots, ses arguments, ses ‘bonnes excuses’ n’avaient pas eu le moindre poids dans sa défense - il n’avait pas eu de défense tout court, puisqu’il avait été le fautif de toute la situation qui l’entourait, juste à cause d’un faux pas. Il avait appris à la dure, ce que ça pouvait faire d’être ignoré, de n’pas compter, d’être totalement oublié pour une faute qui ressemblait à une vraie trahison, qui changeait tout. Avec le temps, Cesare avait surtout appris que toutes ces façons de faire n’étaient pas nécessairement normales aux yeux des autres; que c’n’était pas comme ça que d’autres fonctionnaient; que sa famille était dysfonctionnelle, et ses parents aisément cruels avec Aria ou lui. Parfois, il se retrouvait alors, trop souvent, à s’demander s’il n’répétait pas les mêmes procédés, comme si c’était la chose la plus normale pour lui, sans même qu’il ne s’en rende compte, parce que ç’avait été si omniprésent dans son expérience, son éducation, et la personne qu’il était devenu. Est-ce que cette dispute répétait le même procédé, ou était-ce tout l’opposé? Qu’est-ce que ses parents auraient fait? Probablement que s’il avait dû ramener une parfaite inconnue à la maison, sans crier gare, ils auraient expédié la dite inconnue dehors, avant de lui foutre une raclée à lui. Tout c’qu’il savait, c’était qu’il avait vite appris à n’pas faire des choses comme ça - qu’il n’l’avait jamais fait, tant et si bien qu’il était incapable de se créer un tel scénario dans son crâne. Était-il exactement pareil ce soir? Est-c’que tout le monde réagissait comme ça, quand son épouse sortait dans la rue pour aller promener les chiens, et revenait avec une totale inconnue? Étaient-ils seulement capables de pouvoir penser comme les autres? Cesare savait, après tout, qu’il n’était pas comme les autres; et qu’Isolde et lui, souvent, ils n’pouvaient pas se permettre d’avoir les mêmes pensées ou les mêmes envies que les autres. Pendant des mois, ils s’étaient vus en secret parce que Rafael avait été après elle, et parce qu’il avait choisi de chercher les tueurs de sa soeur. Il leur avait fallu des mois et des mois de préparation, d’efforts, d’inquiétudes, pour enfin arriver à s’afficher aux yeux de qui que ce soit - des inconnus, en plein coeur de Paris, avant qu’ils n’osent même le faire dans la ville où ils vivaient, cette  Radcliff qui leur avait tant coûté déjà. Les autres, ils n’étaient pas occupés à cacher le lien qui les unissait en une famille; le lien qui existait entre un père et sa fille, tout ça pour la protéger, si petite, si jeune, des répercussions que cette ‘nouvelle’ pourrait engendrer. Toutes les familles après tout, n’étaient pas faites d’individus qui kidnappaient les bébés des ‘enfants indignes’ - et Cesare, encore aujourd’hui, il était incapable de croire que son père avait juste été un spectateur dans la situation de Gabriela. Et ça, c’n’était que leurs troubles à eux; de l’autre côté, Cesare, il savait bien qu’il était criblé de défauts, paralysé par ceux-ci, dicté par ceux-ci, et plus dépendant de son passé qu’il n’serait jamais prêt à l’admettre.

Qu’est-ce qui pouvait arriver à Clara? était une question qui tournait en permanence dans sa tête, répondue par tous les pires scénarios possibles et imaginables, tous les jours, dans des moments sporadiques de la journée qu’il essayait d’oublier, après. Qu’est-ce qui allait leur arriver, au bout d’un certain temps? Et si ça, et si ceci? Chaque mauvaise nouvelle créait tout une onde de scénarios catastrophes dans l’esprit du brun - il allait si loin, si souvent, sans même pouvoir s’en empêcher. Pour toutes les fois où il avait parlé à coeur ouvert avec Isolde, toutes les fois où elle avait été témoin de ça, victime même de ce que sa famille pouvait être, il avait eu l’audace de croire qu’elle pouvait comprendre. Qu’elle avait au moins été assez spectatrice pour accepter c’genre de situation, prendre ce qu’il était en considération, aussi stupide cela pouvait-il paraître aux yeux des gens dehors, et faire avec. Après tout, il aurait pu jurer que c’était forcément inclus dans les voeux de mariage qu’ils s’étaient faits - sinon, ouais, autant dire non, autant passer à autre chose, autant n’jamais avoir essayé quoique ce soit ensemble. De son côté, Cesare n’avait pas accepté Insurgency, il n’aimait pas la place qu’Isolde occupait à la mairie, il n’aimait même pas Radcliff - mais il faisait avec, constamment, tous les jours, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, avec déjà, tout un tas de conséquences, de causes à effets possibles, sur la vie d’Isolde pour commencer. La vie de Clara dans le pire des cas. Et depuis combien d’temps est-ce qu’ils vivaient comme ça? Cesare jurerait que ça faisait des années déjà; et dans tout ça, subitement ce soir, il semblait surtout qu’Isolde n’était même pas prête à au moins lui retourner la politesse, d’faire avec le genre de personne qu’elle avait décidé d’épouser. Il n’savait pas. Il n’savait plus. Son esprit, au brun, pouvait naviguer jusque loin quand il avait tout le temps nécessaire pour cogiter, craindre, appréhender, ou même enrager. « J’en sais rien, y’a des jours où tu sembles pas l’oublier, ma ‘paranoïa’ et l’fait que j’ouvre pas au facteur. » il balança, haussant les épaules - mais évidemment, quand c’était des choses importantes, quand ça pouvait être matière à opposition entre eux deux, elle oubliait. Comme si, en une soirée, il avait pu passer du type qui n’parlait pas avec les autres, qui n’essayait pas avoir d’contact avec l’extérieur depuis des années, à quelqu’un d’tout à fait capable d’accueillir une inconnue à sa table, parce qu’elle avait le veto du ‘feeling’ incompréhensible d’Isolde. Il lui faisait confiance, à elle, sans conteste, sans limite, mais dans les occasions comme ce soir, il s’rendait compte surtout que cette confiance était bafouée, écrasée sous des excuses qu’il n’arrivait même pas à comprendre, et qu’Isolde n’se donnait même pas la peine de construire correctement - combien de fois allait-elle dire, des choses comme ‘je savais pas’, ‘je pensais pas’ ou des ‘désolée’ qui commençaient à être rayés? « Pour que c’soit un problème si récurrent, faut bien que j’essaye de comprendre! Alors c’est-... c’est pas ma faute si tu m’zappes à chaque fois, c’est ça?! C’est tout c’que j’ai?! L’assurance que quoique j’fasse, ce sera toujours comme ça, jusqu’à ce qu’un jour, ça tombe du ciel et ce soit différent?! » parce qu’après tout, si en y pensant, elle avait dû s’imaginer autre chose que ce qui se passait là maintenant, alors ça voulait dire qu’elle ne le connaissait pas. Si elle n’y «avait pas pensé» tout court, alors c’était qu’elle n’avait pas voulu y penser; qu’elle n’avait pas voulu s’encombrer à songer à ‘qu’est-ce que Cesare pourrait penser de ça?’ dans leur situation déjà bien complexe. « Alors quoi, maintenant? On s’accorde sur l’fait que ça sert plus à rien d’en parler?! On s’arrête sur ‘je sais pas’, ‘j’essaye’, ‘j’peux pas expliquer’ et l’fait qu’après coup, après des heures, tu sois capable d’admettre que t’aurais peut-être dû penser à ce que j’avais à dire dans cette histoire?! » il ne savait même pas, à ce moment-là, si c’était le sarcasme ou la rancoeur qui parlait pour lui. Cesare baissa les yeux, serra les dents; « Super conversation. Super situation pour un couple marié. On verra la prochaine fois, j’suppose. » c’était tout ce qu’il avait à dire et à faire. Qu’elle n’vienne pas prétendre que quoique ce soit qui s’était passé ensuite, alors, ç’avait été parce qu’elle avait soudainement jugé important ce qu’il pouvait ressentir: ç’avait été trop tard, cette fille avait été chez eux, elle l’avait vu, elle avait vu leur maison, elle avait vu leur fille. C’était trop tard, définitivement. « Maintenant t’as qu’à décider de c’que tu veux faire. J’m’adapterai, comme d’habitude. » après tout, c’était ce qu’il avait déjà fait jusque-là - il avait sagement attendu dans cette chambre, et elle était venue parler quand elle en avait eu envie. Elle avait réglé ses petites affaires, elle avait sans doute allégé sa conscience aussi, elle avait aidé la veuve et l’orphelin pour donner du sens à sa soirée, et maintenant, la conversation était close. Point barre, y’avait rien d’autre à dire, rien d’autre à faire.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Dim 11 Juin 2017 - 19:23

Elle avait beau être très douée pour les provoquer, elle n’aimait pas particulièrement les conflits Isolde. C’était facile d’engueuler quelqu’un pour les erreurs qu’il pouvait commettre en attendant des explications, ça l’était beaucoup moins d’expliquer ses propres fautes. Est-ce qu’il fallait toujours qu’il y ait une raison bien précise pour commettre une erreur ? Est-ce qu’elle en avait une ce soir ? Elle avait surtout l’impression que c’était un genre de groupement de trucs qui avaient guidé son comportement, mais que ça n’avait pas d’importance, ça ne changeait rien au fait qu’elle s’était planté. Elle préférait largement gueuler sur les autres comme une cinglée, plutôt qu’être à la place de cette qui se prenait des reproches dans la tronche. Tout le monde préférait ça sans doute. Elle, elle se savait vraiment pas douée pour gérer ça, peut-être qu’elle n’en disait pas assez, persuadée que ça ne servirait à rien ou de peur que ses mots dépassent sa pensée, parce que c’était un genre de mécanisme de défense chez elle, d’attaquer les autres plutôt de chercher à s’expliquer. Dans le fond elle détestait ça, avoir à s’expliquer et il semblait bien que partout autour d’elle, c’était ce qu’on lui demandait. Au moins, si elle estimait qu’elle ne devait aucune explication à Insurgency pour tout ce qu’on lui avait reprocher là-bas ou qu’elle ne devait aucune explication aux habitants de Radcliff pour tous les trucs qui ne dépendaient de toute évidence pas d’elle, elle était au moins prête à admettre qu’elle en devait à Cesare, parce qu’il était son mari, qu’elle l’aimait et que le perdre à cause de son caractère de merde, c’était la dernière chose dont elle avait envie. Le perdre tout court, ça lui foutait la trouille, alors pourquoi elle n’était pas fichu de lui demander son avis quand elle prenait des décisions ? Elle jurerait qu’elle le faisait d’habitude, que depuis cette histoire à la mairie, elle ne l’avait laissé en dehors de rien du tout, avant ce soir. Alors pourquoi ce soir en particulier ?

Elle aurait probablement mieux fait de rester en bas un moment, histoire de pouvoir remettre de l’ordre dans ses pensées, parce que là, y avait plus rien qui semblait n’avoir de sens au fond de son crâne et à chaque fois que Cesare parlait, elle avait l’impression d’être prise au dépourvu, comme si elle avait été au lycée et qu’on lui posait des questions sur un cours qu’elle ne s’était pas donné le temps d’apprendre. Pourquoi est-ce que c’était le bordel comme ça dans sa tête dans le fond ? Encore un truc qu’elle pourrait facilement blâmer sur la grossesse, les hormones qui semblaient rendre chaque émotion, chaque sentiment beaucoup plus imposante et là il semblait bien que c’était l’anxiété qui prenait le dessus sur le reste et rendait tout trop confus. Elle baissa les yeux aux propos de Cesare, ça avait été une blague cette histoire avec le facteur, mais non, elle n’avait pas oublié ce qu’il pouvait ressentir pour les autres et non, elle n’avait pas complètement zappé ou elle ne se fichait pas de son avis. Elle releva les yeux vers lui, alors qu’il demandait s’ils allaient s’en tenir là. « Non, évidemment qu’on va pas s’arrêter là. » Elle était montée pour parler après tout, alors autant qu’ils essaient d’aller au bout de tout ça, quand bien même elle ne savait pas où il était le bout de cette histoire, tellement elle semblait ne pas avoir de sens. Du côté de Cesare, ça en avait, ce qu’il disait c’était justifié, ce qu’elle avait fait elle en revanche, ça n’avait pas de sens. « Je me soucis de ce que tu penses et de ce que tu veux, Cesare, j’te jute. J’voudrais pouvoir te promettre que je recommencerai pas parce que je le veux, vraiment, de tout mon cœur. Mais je suppose que t’y croirais pas beaucoup dans l’immédiat. » Et qu’elle n’avait aucun moyen de le prouver avant qu’une autre situation de ce genre se présente. Elle avait l’impression que sa gorge se serrait à chaque mot qu’elle prononçait, comme si elle allait se mettre à pleurer. Mais c’était pas le moment, alors, toujours adossée à la porte elle pris quelques secondes au moins pour fermer les paupières, inspirer une longue bouffer d’air, expirer lentement, comme si ça pouvait remettre un tant soit peu d’ordre dans ses pensées, avant de rouvrir les yeux et relever la tête vers Cesare. « J’ai pas oublié ce que tu pouvais ressentir à l’égard des inconnus et je t’ai pas ‘zappé’. Je crois que j’ai oublié ce que moi, je devrais ressentir pour les inconnus … J’avais l’impression de la connaitre depuis toujours. Alors c’était comme si je ramenais une amie à la maison et y aurait pas eu de problème si ça avait été le cas. » Il avait dû en croiser des amis à elle dans cette baraque après tout et elle avait rencontré Skylar elle ici, alors quand c’était des amis, ça semblait être normal. Elle avait eu ce sentiment pour cette fille, une amie, voir même plus que ça, quelqu’un qu’elle aurait très bien connu. « Y avait un genre de familiarité dans le fond de ses yeux, dans sa voix, dans les expressions de son visage, comme si je voyais et entendait ça tous les jours. Ça a pas de sens pour moi et si je suis pas fichue d’expliquer ça à moi-même, comment je suis censée te l’expliquer à toi ? » Ça n’avait juste aucun sens, peu importait combien de fois elle retournait le problème dans son crâne, des explications, y en avait pas qui venaient. Elle n’avait pas été une inconnue, c’était ce que toute ses émotions lui avaient crié, alors même que sa mémoire lui disait qu’elle était juste complètement cinglée, c’était à se demander si elle ne s’était pas pris un coup sur la tête. Le fait était que si même elle, elle ne comprenait pas ce qui pouvait se passer en elle, comment Cesare le pourrait ? Franchement, s’il était capable de comprendre, elle voulait bien qu’il éclaire sa lanterne, parce qu’elle était complètement perdue elle. « J’ai l’impression d’être totalement cinglée. » Raison de plus pour garder ça pour elle, en plus de ne rien expliquer, de ne pas rendre son choix plus légitime, ça la faisait passer pour la cinglée du coin, peut-être qu’il ferait bien de l’emmener passer un scanner, parce qu’il fallait bien qu’y ait un problème neurologique pour se mettre à considérer une inconnue comme une amie de toujours. « Peut-être qu’elle m’a juste rappelé … » Ça faisait tellement de temps que le nom avait pas passé le seuil de ses lèvres qu’il semblait plus dur que jamais à prononcer. « Anthea. Comme ça va faire un an maintenant, j’y pense beaucoup et j’arrête pas de me dire que je l’ai laissée tomber et ça me rappelle Insurgency et eux aussi ils me reprochent de les avoir laisser tomber et évidemment tout ce qui va pas en ville, c’est moi aussi. » Lancaster, la milice, le recensement des transmutants, tout était de sa faute. Et maintenant elle pouvait ajouter Cesare à la liste de ceux qui avaient quelque chose à lui reprocher. Fallait croire qu’elle le cherchait. « J’ai laissé tomber tout le monde, j’ai laissé tomber Anthea deux fois, c’est un genre de record que personne ne peut se vanter d’avoir atteint. Alors peut-être que je l’ai assimilée à cette fille au point de pas la voir comme une inconnue, ou une menace pour toi, moi ou pour Clara et que du coup, je pouvais pas la laisser tomber une troisième fois. » C’était plus une hypothèse qu’une certitude ce qu’elle racontait là, mais c’était l’hypothèse la plus plausible sans doute. Celle qui au moins donnait du sens à tout ça à force d’y réfléchir. Depuis le début du mois de juin, elle y pensait tellement à Anthea, que tout ça lié à la culpabilité, ça faisait n’importe quoi dans sa tête. « Ça justifie pas ce que je t’ai fait à toi. » Elle avait rebaissé les yeux vers le sol, elle avait quand même l’impression d’être bonne pour l’asile de fou avec tout ça et sans doute que même cette pauvre fille, elle devait penser ça après s’être faite embarquée chez la première fille qui passait dans le coin.


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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Lun 12 Juin 2017 - 1:26

Dans sa vie d’aujourd’hui, Cesare avait bien du mal à trouver quoique ce soit pour être orgueilleux; il avait pourtant eu le sentiment de l’être, autrefois, dans sa façon de voir les autres, d’échanger avec les autres, ou même de n’pas vouloir appartenir au même univers où les autres, eux, restaient si volontiers coincés. La chasse avait été cette cause qui prévalait sur tout, qui donnait un sens à son existence que d’autres n’auraient jamais, que d’autres ne comprendraient jamais - parce qu’ils étaient trop idiots, s’était-il même dit à une époque. A voir les réactions de son père face à ce qu’était devenu son quotidien désormais, le brun s’était rendu compte de c’que ça faisait, de se faire sonder et analyser par une oeillade critique et froide comme celle des DeMaggio. Heureusement, il avait depuis si longtemps fait son deuil d’un moindre lien avec son géniteur, que les critiques ironiques et insidieuses de celui-ci n’avaient pas eu le moindre effet sur sa fierté ou ses envies. Mais la vie ces derniers mois, ces dernières années, avait eu un talent certain pour rendre Cesare plus humble qu’il n’aurait jamais pensé pouvoir l’être: de désillusion en désillusion, de déception en déception, de trahison en trahison. Quand il ressassait ces souvenirs-là en particulier, il n’savait pas encore quoi en faire; il n’savait pas ce qu’il aurait dû faire différemment, ce qu’il aurait dû faire mieux. Il n’savait même pas si ç’aurait pu avoir la moindre importance, si ç’aurait pu changer quoique ce soit: les choses s’étaient juste passées comme elles s’étaient passées, et dans la précipitation des événements, Cesare, il n’avait rien pu faire. Point barre. Ça n’allait pas plus loin qu’une frontière bien définie, entre ce qui avait servi à quelque-chose, et c’qui n’avait servi à rien. Et à chaque fois que sur l’instant, il avait été sûr d’avoir fait tout ce qui était nécessaire, quand sa conscience déroulait le fil des événements et remontait le temps, les sensations étaient tout autre. Ce soir n’était pas bien différent; au-delà de ses réactions initiales, le DeMaggio en était forcément arrivé au point d’auto-critique, à s’demander c’qui pouvait bien clocher chez lui pour qu’il se méfie instinctivement d’une fille qui faisait au moins une tête de moins que lui, la moitié de son poids et avait paru plus apeurée qu’impressionnante d’une quelconque façon. Ils vivaient dans un monde de transmutants, après tout, et Cesare avait grandi en apprenant tout c’que ça pouvait signifier, jusque dans les extrêmes: il y avait des filles à l’allure similaire de l’étrangère, qui pouvaient claquer des doigts et prendre les vies des autres. Il y avait des femmes, comme Isolde, qui pouvaient casser un os rien que d’un geste si elles le souhaitaient. Cesare, il avait surtout appris ça de la vie, en plus d’avoir grandi au côté de jeunes femmes qui n’étaient pas transmutantes, mais dont les connaissances, les savoirs, les pratiques, acérées comme une lame de couteau, pouvaient tuer tout aussi aisément qu’un dégénéré enragé. Au moins, il pouvait toujours prétendre, ironiquement, sarcastiquement, qu’il n’était pas sexiste, et qu’il n’se fiait pas à un livre par sa couverture - pourtant, face aux réactions d’Isolde, face au mur glacé qui les avait si brusquement séparés, à cause de son attitude à lui, il n’savait plus. Il n’savait plus c’qu’il pouvait faire d’autre, de différent, de mieux pour n’pas apparaître comme un connard, un paranoïaque, un asocial - le type qu’on voyait si facilement en lui. Comment faire ça, pourtant, sans mettre la vie de sa famille en danger? Clara était sauve pour ce soir, mais pour combien d’temps?

Combien d’temps? La question était devenue un véritable chronomètre logé dans un coin de sa tête. Cesare, il aurait voulu croire que ç’avait été normal, encore, pris dans le feu de l’action, du côté du camp ennemi, à devoir analyser chacun de ses gestes et penser chaque phrase qu’il lâchait. Il avait cru que c’était normal aussi, de compter les heures qu’il passait avec Isolde pour n’pas éveiller les soupçons de ses adversaires. Il avait cru qu’il pourrait laisser tomber tout ça, en choisissant d’être mécano, d’être juste ‘normal’, aussi abstrait ce concept puisse-t-il être. L’évidence pourtant, était que le décompte, l’instinct, l’appréhension mêlée à la hargne, revenaient tous très vite. Force de l’habitude, diraient certains; peut-être serait-ce même un prétexte que le jeune homme lui-même serait prêt à se trouver. Le fait était qu’pourtant, il était épuisé par cette façon d’vivre; c’était fatigant, sans conteste, c’était fatigant cette situation face à Isolde, fatigant ces disputes, fatigant ces inquiétudes. Peut-être alors n’aurait-ce pas été si mal qu’ils laissent cette conversation - cette dispute - comme ça; c’n’était pas comme s’ils pouvaient prétendre que quoique ce soit allait changer: chez lui, ou chez elle. Ce soir, argumenter, hurler, plaider, essayer d’atteindre la raison quelle qu’elle soit, n’semblaient plus avoir d’importance. Les yeux dans le vide, les dents encore serrées, Cesare soupira pour lui-même, en réponse à la voix d’Isolde. Il en était à avoir rétracté ses pensées et ses volontés jusque-là, à s’demander pourquoi elle se donnait encore la peine de parler, pourquoi est-ce qu’ils étaient encore dans cette même pièce. Ouais, il n’croirait pas en ses promesses, il n’croyait plus en rien dans l’immédiat, ses prunelles noires accrochées à un point qui semblait bien plus intéressant que sa femme, à quelques pas de là. Rien qu’avec lui-même, il avait la frustrante impression de stagner sur de trop nombreux aspects. Mais s’rendre compte que tout ça était vain, que tout ça était encore plus fort, encore plus compliqué, encore plus rageant dans leur mariage, n’était pas un sentiment qu’il s’était préparé à affronter, ce soir. Il aurait même préféré que ce soit quelque-chose qu’ils laissent lentement mais sûrement se diluer dans le temps, sans même s’en poser la question, sans même s’y intéresser: une des nombreuses plaies qu’ensemble, ils pouvaient soigner avec leurs envies, leurs espoirs, leur union. Mais c’était sûr qu’il n’pouvait pas comprendre ce qu’elle disait, concernant cette inconnue - il l’avait vue à de nombreuses reprises, au cours des derniers jours lui aussi. Mais les regards qu’il avait eus dans sa direction avaient été chargés de de plus en plus d’incompréhension et d’hostilité, avec le temps: est-c’qu’ils n’étaient franchement pas censés s’méfier, même plus que de mesure, d’une fille qui tournait autour de leur maison depuis des jours, le regard toujours orienté vers eux, vers Clara, vers ce coin qui n’devait appartenir qu’à eux? Bien souvent, dans les mois chaotiques, cette maison avait été l’épaisse forteresse qui les protégeait de tout; Cesare, il avait baissé ses défenses, ses armes entre ces murs, avec Isolde, avec Clara - peut-être avait-il eu tort, et peut-être était-ce plus compliqué qu’une simple maison oubliée à l’extérieur de la ville. Ils n’étaient pas saufs de grand-chose dans cette maison, certainement pas d’une situation de ce genre. Le nom d’Anthea claqua dans l’air - il claqua dans son esprit à lui en tout cas, en des milliers de sensations, retournant son estomac et nouant ses entrailles. Cette fille n’était pas Anthea pour sûr. Et presque par culpabilité, il aurait bien eu envie de répondre qu’elle sortait des sujets qui n’avaient rien à voir avec cette situation, rien que pour l’faire taire. Mais il se tut juste, les lèvres scellées, la salive acide dans sa gorge. « Tout c’qui s’passe en ville ou dans la vie des autres n’est pas d’ta faute. » c’est tout ce qu’il put répondre, avec une certaine conviction, plus rancunière que rassurante encore. Il ne savait pas pourquoi, soudainement, leur problème ici et maintenant était devenu presque une affaire d’état, justifié par tout ce qui se passait à Radcliff, chez Insurgency, dans le passé et le futur tout à la fois. « Anthea c’est pas ta faute non plus. Peut-être que t’aurais aussi pu tout aisément retenir de jamais m’faire confiance. » il parlait sans fierté, sans arrogance, bien au contraire, haussant les épaules, toujours aussi conscient du poids de sa responsabilité dans cette histoire. Et puisqu’apparemment, c’était la raison derrière tout ça, ce soir, autant qu’ils en arrivent à là. Probablement que si elle avait vraiment tenu à n’pas laisser tomber Anthea ou sa mémoire une troisième fois, ils n’devraient pas être là, en couple, amoureux, à avoir une vie ensemble malgré ce qu’il avait fait. « Peut-être que-... si quand on est ensemble t’as l’impression d’laisser tomber tout l’reste, ou que c’est c’que tu dois faire... c’est pas la bonne façon d’être ensemble. » il n’savait pas quoi retenir d’autre de ce qu’elle avait dit; l’évidence que cette fille serait toujours là s’il n’était pas là, lui. Bon ou mauvais, ç’aurait été ce qu’Isolde aurait fait. Trop souvent, il s’rappelait que sans toute cette situation, Anthea serait toujours là - beaucoup de gens seraient toujours là. Probablement qu’Insurgency n’se serait jamais retourné contre Isolde, probablement que beaucoup de choses seraient plus faciles. Il n’pouvait pas changer qui il était, ce qu’il avait fait; il n’voulait pas qu’Isolde change qui elle était - pas pour lui, pas comme ça. Il n’était certainement pas fier de quoique ce soit dans cette situation; c’n’était pas l’orgueil qui avait motivé ses mots, c’n’était pas la hargne, c’était impossible, dans sa situation à lui, de se sentir fier en quoique ce soit. Et il avait l’impression de voir son reflet, ou quelque-chose de lui qui avait déteint sur Isolde; elle n’avait pas été comme ça, avant. Avant lui, avant eux deux, avant leurs envies à eux. Sans conteste, il n’avait rien vu venir, et il n’savait pas quoi en faire - il savait juste qu’un an plus tôt, elle n’avait pas eu ces impressions-là pour dicter sa vie. Il savait juste qu’il semblait que c’était l’impression générale qui ressortait de leur-... un an d’histoire, aussi chaotique et compliquée avait-elle été. Un an plus tard, Isolde n’avait plus rien; plus de meilleure amie, plus de groupe, plus d’assurance - elle avait perdu Anthea et Insurgency à cause de lui, en partie au moins. Le reste n’avait fait que suivre. L’histoire s’était répétée, qu’ils le veuillent ou non, qu’ils essayent les choses différemment ou non - il avait pourtant eu l’impression d’accepter plein de choses, de jongler entre plein de choses qu’il n’acceptait pas nécessairement. Mais parfois, peut-être, qu’ils n’étaient pas plus forts que le reste du monde.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Lun 12 Juin 2017 - 3:40

Tout le monde devait en connaitre, des périodes comme ça où tout semblait aller de travers. C’était probablement même pas juste Radcliff qui faisait ça, c’était la vie qui était foutue comme ça. Elle ne se sentait pas moins heureuse dans sa vie, Isolde, elle était bien quand elle était avec Cesare et avec Clara, elle était heureuse avec eux et le reste, probablement que ça finirait pas rentrer dans l’ordre. Elle avait bien envie de dire que c’était juste pas le bon mois et que pourtant tout semblait s’accumuler maintenant. Elle n’arrangeait rien sans doute, alors qu’elle créait des problèmes là où y en avait pas. Tout allait bien entre Cesare et elle. Ils venaient de se marier, ils étaient revenus de voyage de noce, depuis un peu plus d’un mois maintenant, ils avaient fêté le premier anniversaire de leur fille, ils allaient avoir un deuxième enfant, alors elle aurait pu jurer que son couple, c’était ce morceau de sa vie où tout allait bien. Pourquoi est-ce qu’elle avait ramené les problèmes jusqu’à eux alors ? Ça n’avait, évidemment, pas été volontaire. Elle ne s’était pas mis en tête de faire tout ce qui était en son pouvoir pour créer une dispute entre eux. Elle n’avait pas envie de ça. Maintenant, elle voulait juste que les choses s’arrangent et si d’un commun accord, ils auraient pu décider d’oublier ça et d’aller de l’avant, ça aurait été très bien. Probablement plus pour elle que pour lui, elle méritait sa rancœur, elle le savait bien, mais elle voudrait juste que tout aille bien entre eux, elle aurait voulu que cette soirée n’existe pas et elle aurait vraiment voulu être moins idiote que ça. Mais c’était trop tard pour regretter tout ça, ce qui était fait était fait et maintenant ? Maintenant, elle ne savait juste pas ce qu’elle pouvait faire ou dire pour aider les choses à s’arranger et pourtant c’était de sa responsabilité à elle que d’arranger tout ça, parce qu’elle était celle qui s’était plantée.

Elle n’était pas sûre des explications qu’elle pouvait fournir, elle avait eu tort, c’était un fait, alors les explications, est-ce qu’elles pouvaient vraiment changer quelque chose ? Elle n’en savait rien. Elle avait finalement ouvert la bouche, au moins pour s’exprimer sur ce qu’elle ressentait, comme si ça pouvait expliquer quelque chose, ou même avoir un semblant de logique. Dans un sens, pour elle, ça l’était. Qu’elle ait assimilé la première fille qu’elle avait croisée à Anthea, c’était pas si fou que ça, alors même qu’elle avait passé les dernières années à s’accrocher à de figures qui pourraient lui rappeler son père. Le shérif, Aldrich, aucun d’eux n’avaient été son père et pourtant, ça avait été facile de les voir comme un genre de figure paternelle dont elle aurait besoin. Peut-être qu’elle avait besoin de compenser ses erreurs avec Anthea de la même façon. Peut-être qu’elle cherchait un genre de rédemption comme ça, alors qu’elle était persuadée qu’Anthea, elle aurait pu la sauver, si elle s’était donné la peine de vraiment essayer. Elle les avait ignorés les problèmes d’Anthea, alors même que c’était elle qui avait trainé sa meilleure amie dedans. Au lieu de la protéger, elle s’était contenté de la rejeter. Ça faisait probablement d’elle la pire amie du monde. Ces derniers temps elle échouait partout dans sa vie, même avec son couple, c’était le triste constat qu’elle était bien obligé de tirer de tout ça. « Si c’est pas de ma faute, c’est certainement pas de la tienne non plus. » Elle, elle avait eu connaissance des risques que sa meilleure amie prenait, elle, elle avait su où la trouver, elle, elle avait eu le choix entre la repousser et la protéger et elle l’avait repoussée. Elle, elle avait été son amie et dans le fond, la principale raison pour laquelle Anthea était morte, c’était ça, l’amitié qu’y avait eue entre elle deux. Elle l’impression qu’on lui arrachait le cœur de la poitrine, aux propos de Cesare, et malgré la forte de douleur qu’elle ressentait dans sa poitrine, il semblait à présent que son cœur, il battait à toute allure. Est-ce qu’elle avait vraiment merdé à ce point ? Est-ce qu’elle aurait vraiment dû se taire ? « Non, évidemment que j’ai pas cette impression. Nous deux, c’est c’qui me rend vraiment heureuse. T’as toujours dit que tu restais ici pour Clara et moi et tu m’as laissé continuer Insurgency et la mairie, alors c’est pas parce qu’on est ensemble que je ressens ça. » Il la soutenait même dans les trucs qu’il désapprouvait, alors ce serait franchement hypocrite de sa part à Isolde de se mettre à penser ça. « C’est plus lié au reste, au boulot ou même à ce mois en particulier. Mais c’est pas toi, c’est pas nous. » C’était tout le reste et puis y avait la fatigue, la pression, tout un tas d’éléments extérieurs qui faisaient qu’elle n’était pas au mieux de sa forme. « Je suis loin d’être parfaite et des erreurs, j’en fais plein, je le sais. Mais je t’aime et t’es la partie la plus importante de ma vie, celle qui rend tout le reste acceptable même quand c’est compliqué. Nous ensemble, c’est le meilleur truc que j’ai jamais eu de toute ma vie. » Elle avait probablement parlé à toute allure, malgré sa voix secouée par les sanglots. Mais non, c’était pas possible que ce qu’elle avait fait ce soir puisse autant remettre en question leur relation, elle n’avait jamais voulu ça et la culpabilité au fond de ses tripes semblait plus douloureuse que jamais. Ils avaient traversé trop de trucs tous les deux ensembles, pour remettre leur histoire en question aujourd’hui. Ils étaient mariés, pour le meilleur et pour le pire et si c’était le pire qu’elle avait ramené entre eux ce soir, elle était prête à tout, absolument tout pour rattraper ses erreurs. Elle était certaine qu’ils étaient plus forts que ça, tous les deux ensemble et que sans lui de toute façon, son existence serait bien vide de sens.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Lun 12 Juin 2017 - 4:42

Ce qui était de sa faute, ce qui n’était pas de sa faute. Cesare avait souvent bataillé avec ces questions, sur de nombreux sujets, avec de nombreux remords et des instincts qui n’avaient eu de cesse de torturer son esprit. Bien souvent, rien ni personne n’avait pu répondre à ses questions; des éléments avaient manqué, les gens s’en étaient complètement fichus, ou il n’avait même jamais fait l’effort de mettre ses doutes à voix haute. Avec qui? Face à qui? En face d’Isolde, il avait porté sur ses épaules les culpabilités qu’il avait eues, et il avait senti le poids de chacune d’elles, à chaque fois qu’ils s’étaient revus - mois après mois. Il n’avait pas forcément eu besoin que la jeune femme lui balance ses reproches en des mots acerbes pour qu’il ressente les conséquences de tout ce qu’il avait fait: il suffisait juste d’observer, souvent, pour savoir ce que les gens pensaient. Avec Aria, ç’avait toujours été plus difficile - il avait découvert une soeur plus cryptique que ce à quoi il avait été habitué; dans ses cauchemars, ses peurs, ses fragilités, elle avait été distante, froide, énigmatique. Il avait mis ça sur l’dos du traumatisme, il avait patienté, essayé, veillé; et en fin de compte, il avait juste été aveugle à la réalité des choses. Il avait insidieusement perdu sa soeur bien avant le jour de sa mort: et encore aujourd’hui, il n’savait pas pourquoi, il n’savait pas comment, il n’savait pas quand, et il n’savait même pas s’il aurait pu faire quelque-chose, n’importe quoi, quoique ce soit de possible et imaginable, pour réparer leur relation et empêcher ce qui s’était irrémédiablement passé. Parfois il s’était dit qu’il se concentrait trop sur Isolde; alors il était resté avec ses secrets, il avait essayé d’tracer sa vie comme ça, il avait focalisé son énergie sur sa soeur - combien d’fois avait-il essayé, franchement?! D’toutes les façons possibles et imaginables, avec tous les moyens humainement possibles, et même plus encore! C’n’était pas bien facile, au fond, de laisser le passé partir quand il était tant chargé d’incompréhension, de culpabilité, de remords, de rancoeurs, de colère, d’impuissance. Des questions sans cesse laissées en suspens, auxquelles il n’avait jamais trop eu de réponse. Y’avait eu toutes ces fois avec Isolde, tous les mots qu’ils s’étaient dits, et pourtant les moments dont ils avaient eu trop honte pour vraiment les adresser. Il n’savait pas où s’arrêtait l’expérience, aussi ardue et douloureuse était-elle, et la torture mentale qui allait dans toutes les mauvaises directions possibles et imaginables. Probablement que le nom d’Anthea n’était que rattaché aux choses négatives pour eux; les regrets, la culpabilité, cette nuit-là, les fautes irréparables. C’était différent avec Aria; Isolde n’avait jamais rencontré Aria, elle n’avait eu aucune responsabilité dans la mort de celle-ci et ça n’avait même jamais été son père qui avait porté le coup fatal. Anthea, c’était cette plaie qu’ils avaient laissée béante pendant des mois et des mois; ils n’avaient pas eu le temps de guérir de ça, deux mois à peine, avant qu’on n’frappe à nouveau, pour de bon cette fois. Et dans un monde comme le leur, qui n’était pas fait de noir et de blanc, c’était bien difficile d’savoir - c’était plus facile d’imaginer.

Où avait été Anthea pendant tout ce temps, aux mains de Rafael? Avait-elle été avec lui pendant longtemps, alors qu’Isolde et Cesare, eux, s’occupaient de leurs histoires de couples, de leurs coeurs, de leur fille, et des désirs égoïstes et imprudents qu’ils avaient eus? Cesare, tout ce dont il pouvait se souvenir en rembobinant, c’était toutes les fois où il avait été face à son père, inconscient de la réalité des choses. Toutes les fois où il avait cru être celui qui le bernait, alors même qu’évidemment, ç’avait été plus compliqué que ça. Qu’est-ce qu’ils auraient pu faire mieux, qu’est-ce qu’ils auraient dû faire différent? Ça rejoignait la liste de toutes les questions auxquelles ils n’auraient jamais de réponse - mais cette fois-ci, celles-ci les liaient, celles-ci les unissaient dans des pensées qui revenaient brusquement faire surface sans crier gare. Était-ce vraiment le mois qui faisait ça? Cesare pouvait comprendre, il se souvenait lui, du mois de février; combien de fois avait-il retourné les mêmes pensées, les mêmes images, les mêmes rages silencieuses? Il n’pouvait que comprendre, que compatir, qu’accepter. Soudainement pourtant, la conversation, la dispute même, venait de prendre une allure bien différente. Dans la tête du jeune homme, c’était presque comme s’ils avaient complètement perdu la route qui avait mené à l’inconnue qui avait été le coeur du problème. Et pourtant, au fond, c’n’était pas si différent que ça; Isolde parlait d’aider les autres, d’aider toujours d’aider, des choses qu’il n’faisait pas, lui. Des choses qu’il n’avait jamais fait, qu’il n’voulait pas faire, volontiers planqué dans cette vie qu’ils avaient, volontiers planqué derrière son expérience à lui. Il était complètement étranger à ce décor-là, ces désirs-là, ces instincts; ce soir le prouvait, d’autres soirs l’avaient probablement prouvé avant également. Dans la tempête de ses pensées, il dut s’asseoir sur le bord du lit, le dos vouté, les coudes collés contre ses genoux alors que ses mains passaient sur son visage. « J’en sais rien. » il marmonna contre sa paume, les yeux vers le sol. Peut-être qu’il y avait bien des types, des femmes, des gens qui auraient accueilli l’inconnue à bras ouverts, des gens qui auraient trouvé ça normal, des gens qui n’seraient pas dans cette situation. Forcément qu’y en avait, évidemment. « Y’a forcément quelque-chose que j’fais- hein... quelque-chose qui fait que ça s’passe comme ça. » y’avait forcément quelque-chose qu’il avait fait, ou aurait dû faire avec Aria. Forcément quelque-chose qu’il aurait dû faire maintenant, ou quelque-chose qui aurait pu sauver Anthea, n’importe qui, tout l’monde. « J’veux juste-... que tu sois en sécurité. J’ai- besoin... que ça marche. » avoua-t-il, sans savoir ce que ça pouvait vouloir dire, soupesant des responsabilités qu’il n’voulait pas imposer à Isolde, une ‘obligation’ qui n’avait de sens que pour lui. « Mais-... c’est pas comme ça que t’es. Je-... j’sais juste-... pas quoi faire. » à plus vaste échelle, il n’avait jamais su quoi faire à Radcliff - il savait pourquoi il y restait, maintenant; y avoir sa place, c’était totalement différent. Il n’savait pas où commençait le contrôle, où s’arrêtait la confiance, où étaient l’union, l’alliance, l’équilibre. Quand est-ce qu’Isolde commencerait à fuir elle aussi, à se tourner vers quelqu’un d’autre elle aussi; l’histoire s’était déjà répétée, souvent. Mais il savait déjà sur quoi, sur quelles erreurs, quels événements, quels souvenirs, il n’pourrait pas supporter qu’elle se répète, encore.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Lun 12 Juin 2017 - 11:40

Elle était bien avec Cesare, elle était heureuse avec lui et dans tout ce qu'ils s'étaient dit, à peine deux mois plus tôt, ça avait été évident, pour la blonde, qu'y aurait jamais rien qui pourrait remettre sa en question. Elle n'avait pas imaginé que leur mariage puisse rencontrer le moindre problème, pas deux mois après leur mariage, ni dix, vingt, trente ans ou plus encore. Peut-être qu'elle avait cru que c'était cette chose acquise dans sa vie que rien ne pourrait jamais ébranler. Elle y avait cru avec toute la force dont elle était dotée, assez pour que ce soit évident, cette histoire de mariage, alors même que ce n'était pas forcément un truc qui avait guidé sa vie depuis toujours. Elle n'avait jamais rêvé d'un beau mariage, elle n'avait pas non plus rêvé d'amour ou d'une famille. C'était arrivé comme ça dans sa vie et elle s'y était accrochée et il n'était plus question pour elle de lâcher prise. Elle n'arrivait pas à croire que ce qu'elle avait fait ce soir puisse tout remettre en question. Elle n'avait pas l'intention de minimiser l'importance de son erreur, elle savait qu'elle n'aurait jamais dû faire ça, que ça avait été à la fois complètement irréfléchi et injuste pour Cesare. Mais elle voulait croire que ce n'était pas ça qui pourrait avoir raison d'eux. Isolde elle se disait qu'y avait plus rien qui pouvait les détruire, pas après tout ce qu'ils avaient vécu, tout ce qu'ils avaient traversé pour être ensemble. Elle ne pouvait pas imaginer un monde dans lequel elle perdrait Cesare pour un truc pareil ou pour n'importe quelle raison. Comment la soirée avait pu prendre cette tournure ? Elle regrettait tellement d'être sortie de cette maison pour s'occuper des chiens. Elle avait choisi cette option parce que Clara était de mauvaise humeur ce soir et qu'elle n'avait, de toute évidence, pas la patience de gérer ça.

Pourquoi est-ce qu'il avait fallu que les choses se passent comme ça ? Elle aurait bien voulu blâmer le hasard de les avoir poussés à s'organiser comme ça, mais le fait était que c'était elle qui avait décidé de ramener une parfaite inconnue chez eux et que tout était parti de là. Elle se détestait plus que jamais à présent, pour tous les choix, plus débiles les uns que les autres qu'elle pouvait prendre dans sa vie.À quoi ça servait, de se mettre en tête d'aider tout le monde et n'importe qui, si pour ça, fallait qu'elle sacrifie ce qu'elle avait de plus cher ? Aussi généreuse qu'elle se pensait être, elle n'avait certainement pas envie de sacrifier tout ce qu'elle avait, au profit de quoi que ce soit d'autre. Fallait croire qu'elle n'était pas aussi généreuse que ça au final, elle n'avait pas envie de l'être, elle n'avait plus envie d'être comme ça, si ça voulait dire qu'elle devait sacrifier son bonheur. Elle avait l'impression que sol était en train de s'effriter sous ses pieds, qu'y avait plus une seule part de son être qui ne lui faisait pas un mal de chien maintenant et que le simple fait de respirer était à présent devenu la chose la plus difficile au monde. « Non, y a rien, j'te jure, T'es parfait, avec moi, avec Clara. » Elle n'avait rien à lui reprocher à Cesare et il n'avait rien à se reprocher non plus, ce n'était pas à cause de lui qu'elle faisait n'importe quoi, c'était juste elle qui était comme ça, mais elle allait changer, elle ferait mieux et même s'il ne pouvait pas y croire maintenant, elle en faisait le jurait sur tout ce qu'elle avait de plus précieux dans sa vie. Eux deux, indéniablement, c'était ce qu'elle avait de plus précieux dans sa vie et y avait rien qu'elle ne ferait pas pour préserver ça. « Je suis en sécurité avec toi. » Le fait qu'il l'engueule pour ses conneries, est-ce que ça ne pouvait pas le prouver après tout ? Elle savait bien que lui, il il pensait à sa sécurité et que ça avait fait partie des choses qui l'avait énervé ce soir, c'était aussi ce qui l'avait poussé à venir chez elle quand il avait appris pour la mairie, c'était ce qu'il faisait qu'il avait toujours été là pour la sauver quand ça avait été nécessaire. « Ce que je suis, c'est ta femme et la mère de tes enfants et c'est tout ce que je veux, tout ce dont j'ai besoin. » Le reste, elle pouvait s'en passer, le reste, il n'avait pas d'importance et il en aurait encore moins, si pour le conserver, fallait qu'elle laisse tout ce qu'il y avait de plus important dans sa vie s’effondrer, S'il fallait qu'elle choisisse, elle choisissait Cesare, sans l'ombre d'un doute. Elle ne savait même pas comment elle avait fait pour tenir assez longtemps sur ses jambes, avant de se retrouver assise au bord du lit aux côtés de Cesare pour attraper son bras entre les siens et venir poser son front contre son épaule, une façon comme une autre de le retenir avec elle, sans doute. « On va s'en sortir, tant qu'on est tous les deux, je ferai tout ce qui est nécessaire pour qu'on s'en sorte, j'te le promets. » Et s'il ne pouvait pas y croire à cause de ce qu'elle avait pu faire aujourd'hui, alors elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour regarder sa confiance, pour qu'il puisse de nouveau la regarder sans douter des mots qu'elle pourrait lui dire, parce qu'elle, elle y croyait et qu'elle tenait beaucoup trop à lui pour continuer à faire les mêmes erreurs.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Lun 12 Juin 2017 - 14:24

S’exprimer n’était pas une chose que Cesare avait apprise, comme ça, comme le reste. Il n’avait jamais été particulièrement bavard, fait de la sorte par l’expérience, tous les bras de fer qui avaient pu naître dans ses relations avec ses parents, rien que d’un mot sorti de travers et interprété d’une certaine façon. Parler avec Skylar avait été facile - peut-être parce qu’elle avait eu la distance nécessaire, un genre de sarcasme et de sens critique qui lui avait permis de comprendre, d’analyser sans juger, et de dire les choses d’une façon bien simple. Et parfois, quand il les mettait à haute voix, les doutes que le DeMaggio ressassait depuis des lustres n’semblaient pas être si compliqués à régler; peut-être alors que s’il s’y était pris autrement avec Aria, s’ils avaient brisé la barrière du silence, ou même s’il avait demandé de l’aide, les choses auraient pu être bien différentes. Parce qu’après tout, les défauts qu’il avait toujours eus de ce côté-là, évidemment que sa soeur les avait eus aussi; et irrémédiablement, ils s’étaient retrouvés coincés dans des silences qui avaient fini par créer un fossé. Il n’voulait certainement pas de ça avec Isolde, ou avec qui que ce soit qui pouvait rester important dans sa vie; en grandissant, il n’voulait pas que Clara apprenne les choses comme lui, que les situations s’enveniment pour chaque mot qu’elle dirait, chaque action qu’elle ferait. Parfois, les conséquences de leurs actes pourtant, semblaient plus destructrices que tout ce qu’ils auraient pu vouloir. Assis sur le bord du lit désormais, le DeMaggio n’savait presque plus d’où avait pu commencer cette conversation, qui avait fait des détours dans tous les sens, et s’retrouvait là maintenant. Là où? Jusqu’à preuve du contraire, le problème n’avait pas été plus loin qu’un manque flagrant de communication; et tout ça pour quoi? Parce qu’irrémédiablement, ils auraient rencontré un autre mur si Isolde s’était donnée la peine de lui en parler; peut-être que si elle s’était donné la peine d’expliquer les choses, tout aurait été différent. Et peut-être que rien du tout n’aurait été différent: peut-être que la méfiance du brun aurait emporté sur tout le reste, même sur les ‘sentiments’ qu’Isolde jugeait légitimes et importants. Au fond après tout, toutes les fois où il l’avait laissée couler, cette méfiance, toutes les fois où il avait même cru qu’il n’en avait pas besoin face au monde entier, les choses s’étaient toujours retournées contre lui. Avec les mois, il avait appris qu’essayer de retenir Aria n’servait à rien; il avait arrêté de poser des questions, il avait arrêté de se disputer avec elle quand elle disparaissait et ne rentrait que des heures plus tard, sans la moindre explication. Il s’était dit que lui laisser sa liberté pouvait être important. Et quelques semaines plus tard, Aria était morte; Aria avait juste préparé son départ de Radcliff, avec un autre, sans l’ombre d’un doute et sans une once d’hésitation. Elle l’aurait abandonné, elle aurait abandonné tout ce qu’ils avaient eu, probablement parce qu’elle s’était si souvent répétée qu’il l’avait abandonnée et trahie en premier. Aujourd’hui, évidemment que Cesare n’voyait pas cette situation se répéter avec Isolde et avec Clara, avec la famille qu’ils essayaient de construire - mais quelles que soient ses impressions, force était d’admettre qu’il n’avait pas vu ça venir de sa petite soeur non plus.

Parfois, il se disait qu’il n’avait rien fait pour mériter ça; que ç’avait été plus une trahison que n’importe quel acte qu’il avait commis, à Radcliff, avec Isolde, dans l’espoir d’avoir une vie à lui, au moins. D’autres fois, sa conscience lui murmurait insidieusement qu’il n’avait eu que c’qu’il méritait - peut-être que s’il n’avait pas été aussi froid, aussi méfiant, aussi secret lui-même, tout ça n’aurait pas été le point central de sa relation avec sa soeur, quand ils n’avaient été que tous les deux. Maintenant, il n’savait plus s’il n’était pas en train de répéter exactement les mêmes choses avec Isolde; ça semblait plus discret, ça semblait différent - mais il suffisait parfois qu’Isolde ait une, deux heures de retard, pour que ses pensées aillent dans tous les sens. A juste titre, somme toute, surtout quand ça n’faisait même pas un an encore, qu’elle avait été enlevée et torturée par un hunter qui aurait bien eu envie de finir le travail, s’il en avait eu le temps. Ressasser des moments d’ce genre, les faire planer lourdement dans la pièce et dans le futur, n’avait pas été une solution avec Aria. Au contraire, peut-être que ç’avait été le problème; mais toutes ces choses, toutes ces fautes, toutes ces ‘presque’ catastrophes, elles tournaient toujours dans la tête de Cesare, blessantes comme au premier jour. Il n’se souvenait que trop bien de ce qu’il avait ressenti, pendant toutes ces heures - l’impuissance avant le reste, la rage, la peur. La peur; c’était indéniablement un sentiment nouveau, ça. Quand il avait été un hunter, juste un hunter avec sa propre vie et sa cause, la peur n’avait pas eu beaucoup d’place dans son coeur. Maintenant, elle semblait avoir pris possession de tous les vides laissés par ses convictions; il n’avait plus de conviction, plus de croyance - il essayait de vivre mais trop souvent, c’était pour s’rappeler qu’il n’servait pas à grand-chose, quand il n’était pas un hunter. Les paroles d’Isolde, alors, évidemment qu’elles sonnaient faux dans son crâne: elle était la seule d’eux deux à avoir de vraies convictions, des croyances qui étaient les siennes et qu’elle avait choisies. Il n’voulait pas qu’elle y renonce - pas pour lui, pas comme ça, pas pour des sentiments comme ceux qui l’habitaient maintenant, et lui semblaient faibles et stupides. « Je-... c’est pas toi qui dois changer quelque-chose. » et même si c’était ce qu’elle disait, si elle jurait qu’elle ‘essayerait’, ça voulait juste dire que ça irait à contre-courant avec c’qu’elle voulait; les instincts qui lui faisaient aider des gens, ils faisaient partie d’elle, ils avaient fait partie d’elle avant qu’elle ne soit amoureuse de lui. Essayer d’étouffer ça pour lui, ce serait l’meilleur moyen de les précipiter vers le néant. « On dirait pas comme ça mais-... j’ai pas vraiment envie d’passer ma vie à n’pas ouvrir au facteur ou à me méfier des filles brunes de vingt ans qui ont l’air de faire quarante kilos. » il eut un ricanement amer, critique, maintenant qu’il imaginait à quoi il devait ressembler dans ces situations. Il n’avait pas aimé être mis au pied du mur, sans conteste; mais même après une bataille d’arguments, il n’aurait pas beaucoup changé d’avis. Mais au-delà des pensées, des volontés, il n’savait pas vraiment comment faire ça, comment changer son point de vue, sa vision de toujours, ce qui lui était si instinctif. « J’veux pas que tu choisisses. J’voudrais-... jamais qu’tu fasses ça. Pas comme ça. » évidemment qu’il voulait encore d’une vie plus normale, loin de Radcliff avec elle - et il attendait. « J’veux qu’on soit-... meilleurs à ça, tous les deux. » et Cesare lui-même ne savait pas c’que ça pouvait vouloir dire; c’était la seule façon qu’il avait trouvé de formuler ce qui gravitait dans sa tête. Il voulait avoir son mot à dire, clairement, dans les situations comme ce soir; il n’voulait pourtant pas s’retrouver face à une Isolde qui laissait planer le sentiment de tout prendre sur elle, la culpabilité et les conséquences d’une dispute comme ce soir. Il n’était pas parfait, Cesare; il était patient, prudent, assagi sans conteste par ses expériences douloureuses - il était loin d’être le soutien qu’Isolde méritait, ou celui dont elle pouvait avoir besoin, sans doute.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Lun 12 Juin 2017 - 15:41

Elle ne se méfiait peut-être pas assez des autres Isolde. Elle avait cru que les membres d’Insurgency étaient ses amis, alors que de toute évidence, ça n’avait été qu’un groupe de personnes avec des objectifs bien précis en tête et qui n’étaient loyaux qu’à ceux-ci. Elle n’avait pas été leur amie, elle, mais plus un moyen d’atteindre leur but, alors évidemment qu’ils n’avaient pas hésité à lui planter un couteau dans le dos dès qu’ils avaient eu la possibilité d’avoir quelqu’un de plus efficace pour les aider avec ça. Peut-être qu’elle était plus naïve qu’elle voulait bien le croire et qu’elle pouvait bien facilement se faire avoir par les autres. Elle n’avait pas été éduquée comme ça pourtant, son père avait été flic, il avait toujours eu bien conscience des dangers aux alentours et il lui avait bien montré qu’on ne pouvait pas faire confiance à n’importe qui. Comme tous les parents du monde, son père, il lui avait dit de ne pas parler aux inconnus, de ne pas les suivre et tout un tas de trucs comme ça qu’elle avait toujours appliqué à la lettre. Pourtant, en grandissant, des inconnus elle en avait croisé plein et y en avait un tas en qui elle avait eu confiance, juste parce qu’ils ne semblaient pas franchement méchants. Elle avait été trahie par une fille qu’elle pensait vraiment connaitre, à laquelle elle s’était attachée, alors dans le fond, peut-être que les inconnus, ils étaient moins dangereux que ceux qui profitaient d’un rapprochement pour manipuler et trahir. Elle ne savait pas trop Isolde, mais elle était certaine d’avoir plus souvent souffert dans sa vie à cause de personnes qu’elle pensait connaitre que d’inconnus qu’elle aurait croisés pour un temps plus ou moins long de sa vie. Alors peut-être que c’était logique, chez elle, de ne pas se méfier de tout le monde comme si ça pouvait mettre sa vie ou celle de ses proches en péril.

Est-ce que c’était une bonne chose ou une mauvaise chose ? Elle ne savait pas vraiment. Elle ne s’était jamais vraiment posé la question avant ce soir. Peut-être parce que c’était quand même la première fois de sa vie qu’elle invitait comme ça chez elle quelqu’un qui avait l’air d’errer dans les rues depuis un moment et avec qui elle n’avait converser que quelques secondes. Même les voisins, qu’elle voyait régulièrement en allant promener les chiens, à qui elle parlait plus ou moins longtemps parfois, elle ne les avait jamais invités à venir prendre l’apéritif chez elle et clairement, si jamais elle devait avoir l’envie de faire ça, là elle demanderait à Cesare, pas forcément parce que lui, à l’opposé d’elle, il se méfiait de tout le monde, mais avant tout mais, parce que ça paraissait logique de lui demander son avis. Elle en avait conscience, alors y avait quelque chose qui n’avait pas été normal dans son comportement quelques heures plus tôt et peut-être que c’était quand même nécessaire qu’elle essaie de changer ça, elle ne pouvait évidemment pas se permettre de refaire un jour un truc pareil. « Je dois au moins faire en sorte d’être plus prudente. » Qu’il puisse s’inquiéter un peu moins pour elle et qu’elle évite de lui faire du mal avec ses comporte irraisonné. Elle était bien prête à l’admettre qu’elle était loin de passer beaucoup de temps à réfléchir avant d’agir. « Je suis peut-être pas brune, mais je suis plutôt forte et ça se voit pas au premier regard, c’est peut-être pas une mauvaise chose parfois de se méfier des autres. » Et ça lui ferait presque penser que le gouvernement avait raison avec leurs cartes d’identité, si y avait pas eu les hunters ou une tendance des gens à rejeter tout ce qui était différent, ça aurait peut-être pu au moins limiter les mauvaises surprises, c’était une idée qu’elle ne mettrait sans doute jamais en mot de peur de s’étrangler avec mais bon. « Il doit bien y avoir un juste milieu entre le fait de se méfier de tout le monde et celui de faire un peu trop confiance à n’importe qui. » Un juste milieu entre sa façon de voir les choses et celle de Cesare. « On doit pouvoir trouver ça, tous les deux, ensemble. » Parce qu’après tout, ils se compensaient bien l’un l’autre, alors peut-être qu’elle pouvait apprendre un peu de la méfiance de Cesare et que lui il pouvait tirer quelque chose de la façon dont elle faisait confiance aux autres. « Toi et Clara, vous passerez toujours avant tout le reste, parce que le reste, il a du sens que si vous êtes là. » Si ça devait être une question de choix, alors le choix, il s’était fait de lui-même et depuis un moment, si un jour fallait tout qu’elle lâche pour partir avec eux, elle le ferait et peut-être qu’elle aurait quelques regrets, mais rien qui puisse survivre bien longtemps au bonheur qu’elle éprouver avec Cesare et Clara. Toujours agrippée à son bras, elle releva la tête pour pouvoir poser son menton sur son épaule. « On peut le faire. » Après tout, ils pouvaient apprendre de leurs erreurs et faire mieux par la suite, c’était comme ça que beaucoup de choses fonctionnaient. Ils pouvaient être meilleurs, tous les deux, ils avaient encore des années et des années devant eux pour s’améliorer après tout.


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