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 (cesare), all these cold and rainy days.

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ADMIN - master of evolution
MESSAGES : 45267
SUR TH DEPUIS : 15/02/2015
MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Lun 12 Juin 2017 - 22:06

Faire confiance à Isolde avait pris du temps; faire confiance aux autres prendrait du temps, irrémédiablement. Pour Cesare, ça semblait plus compliqué maintenant, d’étendre ses espoirs vers qui que ce soit: il pourrait jurer qu’il avait tout ce dont il avait besoin, tout ce qu’il pouvait désirer quand il n’était qu’avec Isolde, qu’avec Clara. Son quotidien à lui, il pourrait se limiter à ça - à ces évidences-là au moins, il en avait l’habitude, il savait comment vivre en autarcie au milieu de la société, presque. Il savait comment ignorer le reste de la population comme elle se passait si bien de lui. Mais évidemment que c’n’était pas dans cet esprit-là qu’Isolde avait grandi: c’n’était pas en ayant cette vision des choses que qui que ce soit grandissait. Et cette vie qu’il avait eue, c’était la vie des gamins qui n’fêtaient pas leurs anniversaires, des gens qui n’connaissaient rien de Noël au-delà de l’austère tradition religieuse. Il savait, au fond de lui, Cesare, qu’il n’voulait pas transmettre cette vie à Clara; c’était pour ça qu’elle n’portait pas son nom, pour ça qu’il s’disait que c’était préférable comme ça - pourtant, c’n’était pas le patronyme DeMaggio qui, ce soir, les mettait dans une situation bien particulière. C’était lui, la réaction qu’il avait eue, les attitudes instinctives qu’il n’pouvait maîtriser; même maintenant que le coeur de la tempête semblait être passé, le brun n’savait pas comment ç’aurait été possible qu’il agisse différemment de la personne froide et distante qu’il avait présentée à l’inconnu. De toute manière, il n’valait pas vraiment le coup d’être rencontré, d’être connu et il aurait suffi qu’ils s’mettent à faire la conversation pour que ce soit évident. Les soirées comme ça, les interactions avec autrui, elles lui semblaient toutes bien bizarres dans son imagination; Cesare avait essayé, il avait fait des efforts pour le jour de leur mariage, et parfois, c’était même presque plus facile quand ils étaient à l’étranger. Mais au-delà de la surface, il restait persuadé que d’toute manière, il suffirait qu’on discute deux minutes et demi avec lui pour avoir fait l’tour de la personne qu’il était; et pour qu’un esprit avisé quel qu’il soit, s’doute bien du genre de personne qu’il était. Il avait été un hunter qui n’avait que trop peu eu l’occasion de vivre à sa guise, et il semblait maintenant, au milieu du monde ‘normal’ et de la ‘vie des autres’ que ça pouvait sauter aux yeux de n’importe qui. Et si Isolde avait accepté ses défauts, son passé, les attitudes qui venaient avec, c’n’était pas forcément le cas de tout le monde. C’n’était probablement l’cas de personne: qui voudrait mêler sa vie à quelqu’un comme lui? C’était un jeu dangereux déjà, une relation qui pouvait dérailler du jour au lendemain: Cesare le savait, pour toutes les fois où Isolde était devenue la cible privilégiée de l’attention de certaines personnes, comme ses parents, à cause de lui et à cause du lien illicite qu’ils avaient entretenu. Clara avait beau avoir fêté ses un an, déjà, le jeune homme avait toujours l’intime conviction que c’n’était pas assez pour la protéger: que c’n’était pas le sang qui coulait dans ses veines, ou l’affection qu’il avait pour sa fille, qui la sauverait si Rafael devait apprendre son existence. Encore aujourd’hui, alors, c’était lui, son implication à lui dans la vie de Clara, dans l’existence même de Clara, qui faisaient qu’elle était entourée de secrets. Et pour combien d’temps? Allaient-ils devoir vivre des années comme ça? Peut-être parce qu’Isolde trouverait toujours quelque-chose à faire à Radcliff. Ou sans doute, en vérité, parce qu’où qu’ils aillent, ce serait une appréhension qui le suivrait toute sa vie.

Était-ce la peur aussi alors, qui le rendait si distant de ces côtés-là de sa vie? Peut-être bien que quand elle arriverait en âge, Clara poserait des questions; sur pourquoi elle portait le nom de sa mère, plutôt que le sien à lui. Peut-être même que ça finirait par poser des problèmes à la vue des autres; il n’était pas encore arrivé un jour à la crèche pour se retrouver confronté à une inconnue refusant de lui donner sa fille, parce qu’ils n’avaient pas le même nom de famille ou parce qu’elle n’avait pas de preuve officielle du lien de parenté entre eux deux - mais qui sait, peut-être que ça viendrait à un moment ou un autre. Le passé, le présent, le futur, Cesare s’emmêlait souvent les pinceaux dans les inquiétudes qui l’habitaient, sur tout et rien. Ce soir n’avait été qu’un soir parmi tant d’autres; et ce soir, l’inconnu, l’étranger, le distant était venu d’Isolde elle-même. Il n’pouvait pas la blâmer pour qui elle était, c’qu’elle voulait faire pour les autres; pourtant, quand il lui était si facile de rejeter une parfaite inconnue rien qu’en l’observant pour quelques secondes, Cesare avait bien du mal à croire qu’il changerait, lui. S’il était pessimiste, il dirait presque que ça les rendait quasi-incompatibles, des gens trop différents qui n’arriveraient peut-être jamais à franchir la distance de ce qu’ils n’comprenaient pas, l’un chez l’autre. Il n’voulait pas parler comme ça pourtant, ce soir, Cesare; il aurait préféré n’jamais plus avoir à penser de telles choses, maintenant qu’ils étaient mariés. C’était stupide, comme beaucoup de choses; mais c’était plus fort que lui. « Ouais, peut-être que tu devrais être plus prudente. » il sourit tendrement, distraitement en l’observant; « Mais j’ai pas envie que tu deviennes comme moi. Même si c’est pour essayer d’éviter les disputes comme ça. » alors peut-être que le plus simple, c’était toujours de venir en parler, plutôt que d’ignorer qu’il soit là quand c’était le plus arrangeant, ou de prendre sur elle de s’imaginer ‘ce que Cesare dirait’ des choix qu’elle faisait. Après tout, elle avait été persuadée qu’il aurait toujours été contre cette idée de course à la mairie; la façon de faire n’avait définitivement pas aidé à assagir ses convictions et la rancoeur qu’il avait éprouvée dans cette situation. « Mélanger les deux... ça semble être le bon compromis. » reconnut-il, tournant enfin son regard vers Isolde; « Je sais-... que aider cette fille, même si c’était stupide, même si c’était-... bizarrement fait. Ça venait d’un bon côté chez toi. De quelque-chose que j’aime chez toi. » peut-être quelque-chose qu’il critiquait trop souvent; il s’disait que c’était probablement parce que c’était si différent de ce qu’il avait connu, si opposé à ce qu’il avait l’habitude de faire. C’était ce qui les avait rassemblés tous les deux, pourtant; c’était ce qui avait attiré son attention en premier chez Isolde - l’acte gratuit d’aller vers quelqu’un, l’acte gratuit d’aider, de vouloir aider, sans arrière-pensée. « J’suis désolé. Peut-être qu’y’aurait eu une meilleure façon d’faire de mon côté comme du tien. » la seule chose à laquelle il pouvait penser là maintenant, ç’aurait été d’assister à toute cette histoire, être à côté d’Isolde à broyer du noir et à faire la gueule - quelque-chose qu’il n’aurait pas pu empêcher ou combattre. Alors sans conteste, il s’disait que ça n’aurait pas aidé non plus.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Lun 12 Juin 2017 - 23:21

Isolde elle n’avait jamais été plus méfiante que nécessaire ou alors elle l’était devenue de moins en moins au fil des années. Elle ne savait pas trop, elle avait développé un besoin d’aider les autres qui la rendait sans doute imprudente, qui lui faisait faire tout et n’importe quoi. Insurgency, ça avait été carrément risqué et quand bien même elle avait souvent essayé de le nier, maintenant, elle en avait la certitude. Pourtant sur le coup, quand on lui avait parlé de monter un groupe, de prendre des gens avec elle pour l’aider à faire bouger les choses, il lui avait semblé que c’était la meilleure chose à faire pour aider les gens de sa ville. Dans le fond, aujourd’hui, elle se disait que poser des bombes ici et là, ce n’était pas la bonne solution pour aider qui que ce soit et pourtant c’était ce qu’elle avait lancé avec Insurgency et y avait de fortes chances pour que Demelza continue dans cette voie-là. Aider les autres c’était bien beau, mais encore fallait-il le faire de la bonne façon. Insurgency, ça n’avait jamais été la bonne façon. La mairie, est-ce que ça l’était ? Au moins, c’était légal, mais trop souvent, elle avait l’impression d’être confronté à tout un tas de problèmes qu’elle n’arrivait pas à résoudre, parce qu’y avait tout un tas de trucs à respecter ici et là et qu’elle ne faisait pas tout ce qu’elle voulait comme elle avait cru que ce serait le cas au moment où elle s’était présenter aux élections de la mairie. Aider cette fille en la ramenant chez elle comme elle l’avait fait, ça n’avait pas été la bonne solution non plus, ni vis-à-vis de Cesare, ni pour cette fille dans le fond. Elle s’était retrouvée dans une situation un peu bizarre entre Cesare et elle, elle avait sérieusement dû se demander où est-ce qu’elle était tombée, elle espérait que ça se passerait mieux pour elle chez Mikael, au moins, c’était mieux qu’être à la rue.

Y avait probablement des millions d’autres solutions pour aider les autres que tout ce qu’elle entreprenait. Est-ce qu’elle n’avait pas été plus utile dans le fond quand elle avait monté ce groupe dans lequel elle avait rencontré Cesare ? Ils n’avaient pas eu d’idées révolutionnaires à l’époque, peut-être que parfois, ils allaient un peu loin pour essayer de s’aider les uns les autres, mais ils n’avaient pas non plus fait exploser la moitié de la ville. L’idée avait été là, s’aider les uns les autres et ça avait assez bien marché. Elle ne savait pas trop. Tout ce qu’elle savait maintenant, c’était qu’elle devait trouver des trucs un peu moins fous pour parvenir à atteindre ses objectifs, ce serait probablement mieux pour tout le monde comme ça, y compris pour Cesare et elle. Etre plus prudente, ça ne devait pas être si compliqué que ça, après tout, elle n’était pas suicidaire, elle tenait à sa vie, alors ça ne devrait pas être un effort insurmontable. « Je pense que je devrais y arriver. » Y avait pas de raison pour qu’elle n’y arrive pas après tout. Fallait probablement juste qu’elle se pose la question de savoir si oui ou non c’était risqué avant de faire quelque chose. Si elle était capable de s’en rendre compte après coup, elle devait bien être capable de s’en rendre compte, à partir du moment qu’elle réfléchissait un peu plus et vu qu’elle ne le faisait pas du tout, ce serait pas un effort surhumain. « Le mieux c’est sans doute de venir te demander ce que t’en penses avant de faire quelque chose. » Peut-être que Cesare c’était un peu sa conscience, elle n’était pas douée pour réfléchir par elle-même alors peut-être qu’elle devrait consulter Cesare pour ça, ça devrait lui être bénéfique. « On doit bien réussir à se compléter pour ça aussi. » C’était pas comme ça que ça marchait le mariage après tout ? Ils devaient bien être capables de se compléter dans tous les aspects de leurs vies, y compris cette histoire de faire confiance aux autres ou de se méfier d’eux. Elle lui adressa un sourire à ses propos, au moins, il aimait son côté altruiste, c’était forcément une bonne nouvelle. « Merci. » Elle haussa légèrement les épaules. « Je pense que même cette pauvre fille elle doit me prendre pour une cinglée. » Elle l’avait quand même pas mal forcée à venir avec elle, sans doute que des deux, elle était la seule qui avait eu l’air d’une psychopathe. Ouais, cette pauvre fille avait dû craindre de se retrouver enfermée au fond d’une cave. « En fait, elle a dû nous prendre pour un couple de tueurs en série. » Elle laissa échapper un léger rire, même si ça n’avait rien de drôle, mais ça aurait quand même sérieusement pu ressemblait au scénario d’un bouquin ou d’un film policier cette histoire, peut-être même quelque chose qui devait arriver des fois, des couples qui s’entraidaient pour séquestrer des gens, rien de drôle en somme, mais mieux valait en rire qu’en pleurer.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Jeu 15 Juin 2017 - 14:59

Cesare n’prétendait pas avoir toutes les réponses. Il n’était pas assez fou pour s’mettre à agir comme s’il était le mieux placé, pour tout savoir, dès qu’il était question des autres, du genre humain ou de à quoi pouvait bien servir la confiance qu’on s’escrimait à placer en les autres. C’était bien dommage, parce qu’il semblait bien que ce genre d’attitude était automatique chez l’être humain; un instinct de survie dont on avait besoin pour continuer à tenir bon. Parce que quoiqu’il en dise, le DeMaggio lui-même avait placé sa confiance en d’autres personnes au cours de sa vie; et même si aujourd’hui il pouvait agir comme s’il connaissait ces personnes par coeur, il y avait bien eu un point zéro, un début à tout ça. Il avait commencé à faire confiance à Skylar parce que leurs familles se connaissaient - parce qu’elle avait été une chasseuse en devenir comme lui, au tout début; et pendant des années, il avait eu raison de croire en elle. Ils étaient devenus amis, un privilège bien rare dans le monde dans lequel ils avaient grandi. Mais après tout, s’il fallait mettre les mots justes sur des événements, la blonde avait fini par le trahir; depuis tout le temps qu’ils s’étaient connus, Skylar avait toujours été une transmutante: une vérité qu’elle ne lui avait jamais avouée, quelles que soient les autres confidences qu’ils s’étaient un jour livrées - ou qu’il avait cru qu’ils s’étaient livrées. Déconnecté de celui qu’il avait été, le brun était bien incapable de savoir comment Cesare le chasseur aurait réagi aux révélations sur sa meilleure amie; le fait était que parfois, la confiance, c’était plus compliqué qu’il n’y paraissait. Il avait aussi été du mauvais côté de la barrière, hein - combien de fois avait-il promis à sa soeur qu’il la protégerait toujours, qu’il serait toujours là pour elle, qu’elle passerait toujours en premier et qu’il crèverait pour elle? Pourtant, pendant des mois, il avait trahi ces mêmes promesses, vivant pour lui-même, pendant que sa cadette survivait à un véritable martyr. Et entre eux deux, la confiance avait été tant brisée, qu’elle n’s’était jamais reconstruite - il avait voulu y croire, il y avait cru avec aveuglement, pour les rares fois où Aria et lui avaient eu une discussion, aussi limitée avait-elle été. Mais depuis bien longtemps, Aria s’était tournée vers quelqu’un d’autre; elle avait cherché le réconfort et la sécurité auprès d’un autre homme, et tout ce dont Cesare pouvait se contenter aujourd’hui, c’était l’assurance que si sa soeur avait survécu à cette nuit du premier février, elle serait partie de Radcliff, sans un mot, sans un regard en arrière, l’abandonnant derrière. Peut-être qu’il l’aurait mérité; tantôt il s’disait ça, tantôt il ressassait les vingt années qu’il avait dédicacées à sa soeur: toutes les fois où il l’avait protégée, des dégénérés, des autres hunters, ou de leurs propres parents. Au bout d’un moment, il n’savait plus qui était le plus trahi quand il était question d’confiance, de secrets, de choix aveugles, de décisions impulsives. Il avait trahi Isolde aussi - pire qu’en ramenant une nana de sa balade au beau milieu de la nuit - mais ça n’empêchait pas qu’ils en soient là aujourd’hui; peut-être trahissaient-ils les morts qu’ils avaient laissés derrière eux, d’ailleurs, en étant ensemble désormais. Trop souvent, à chaque fois que le nom ‘d’Anthea’ flottait dans l’air, c’était l’impression cruelle qui serrait les tripes du DeMaggio.

Est-ce qu’un jour Isolde serait rattrapée par cette assurance-là? Était-ce un défaut de confiance, que d’y croire, d’appréhender, au moins dans un coin de sa tête? Ils étaient mariés, après tout - et souvent, cela semblait être la garantie de beaucoup d’assurances dans leurs crânes. Pourtant, qu’est-ce que c’était le mariage? Juste un lot de voeux, de promesses, d’espoirs qu’ils avaient mis en commun, en se passant la bague au doigt. Cesare avait eu beaucoup d’espoirs pour rétablir sa relation avec sa soeur; il l’avait choisie à Isolde, il avait essayé, de chasser la transmutante de sa vie, et de lui faire accepter sa nature de hunter, de traitre, de menteur. Qu’elle le haïsse, puisque de toute manière, il était condamné à faillir et à échouer et mentir. Et Isolde de son côté, elle avait eu sans doute beaucoup d’espoirs, qu’éloigner Anthea la protège. Il avait hésité à faire la même chose pour sa cadette, et n’en avait pas eu la force. Ironiquement, y’avait presque quelque-chose de rassurant dans l’évidence que quoiqu’ils fassent, quoiqu’ils aient choisi, les monstres avaient toujours réussi à gagner du terrain, et à leur prendre ce qu’ils avaient si désespérément essayé de protéger. Peut-être qu’envoyer Aria hors de Radcliff n’aurait rien changé. Peut-être que garder Anthea près d’Insurgency n’aurait rien changé non plus. Ils en avaient, des choses pour planer sur leurs consciences; Cesare il en avait presque été à penser, alors, à quoi est-c’que ça pouvait bien servir, d’agir comme si une inconnue dans la rue, pouvait changer quoique ce soit? Lui, après tout, il n’avait pas eu de ‘feeling’ particulier à l’égard de cette fille - il n’avait même pas essayé d’en avoir. Dans sa vie toute entière, y’avait trois-quatre personnes qui avaient de l’importance, trois-quatre personnes qu’il voulait protéger coûte que coûte. Et déjà ces trois-quatre personnes semblaient trop nombreuses, bien souvent, dans les galères et les inquiétudes. Il se sentait désespérément incapable d’étendre sa générosité, son attention, ses efforts, à qui que ce soit d’autre. Est-c’que ça faisait de lui quelqu’un d’mauvais? Cesare était incapable de le savoir - il était habitué des paroles qui disaient qu’il protégeait l’humanité avec ses actes, en tuant des transmutants, par exemple. Alors se limiter à trois-quatre personnes, semblait bien minuscule. Surtout quand on était marié à Isolde Saddler, probablement. « J’aimerais... quand même croire que ta façon d’voir les choses est mieux que celle que mes parents m’ont inculquée. » admit-il donc; son monde avait été bien vide et limité, chargé d’énergies négatives et de pensées hostiles. Pourtant, peut-être bien que ces derniers temps, depuis un moment, l’histoire n’avait pas prouvé raison à Isolde, bien au contraire. Elle avait perdu Anthea trop souvent, pour tous les efforts qu’elle avait déployés pour la sauver. Elle avait été trahi par l’homme qu’elle aimait. Par des amis, des alliés, et probablement ses propres sentiments à l’égard de sa cause. Comme quoi, même s’il n’semblait pas aux premiers abords, leurs parcours à tous les deux, étaient bien similaires. « On va dire... que tant qu’tu me forces pas la main, j’peux être ouvert à ta façon de voir les choses. » la façon de dire les choses lui arracha un sourire, comme s’il était prudent: il faisait aveuglément confiance à Isolde, c’était les autres, le problème. Et ça incluait cette brune inconnue venue de l’extérieur. Il soupira en pensant à celle-ci, aux paroles de la blonde; il avait plus ou moins grandi dans une maison de tueurs en série, en gros. C’n’était jamais comme ça que sa famille avait accueilli des inconnus, définitivement. « J’en sais rien. Après tout, elle avait l’air elle-même de cacher plein de choses. » il n’lui avait pas fait la conversation, évidemment, mais il n’fallait pas avoir été un expert pour remarquer les yeux fuyants, le gilet qui cachait tout son corps et la tête basse. « On avisera, si on la revoit, j’suppose. » Isolde devait bien avoir l’esprit tranquille maintenant, si elle l’avait emmenée quelque-part, cette inconnue. Elle ne dormirait pas dans la rue, près de leur maison ou abandonnée et délaissée par le monde. C’n’était pas grâce à lui, bien sûr, mais sur le moment, il avait bien eu assez à faire, à penser à Clara, à Isolde, à leur sécurité à elles. C’n’était que maintenant qu’une forme ironique de culpabilité le prenait - maintenant qu’il n’pouvait plus rien faire, évidemment.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Jeu 15 Juin 2017 - 18:30

Elle ne savait pas si y en avait beaucoup des gens qui ramènerait une personne totalement inconnue chez eux, dans une maison dans laquelle il y aurait leur fille, d’un an à peine. La logique, évidemment, ça aurait été de penser à Clara avant tout. Un truc qu’elle aurait juré être capable de faire Isolde, alors qu’elle aimait Clara de tout son cœur et qu’elle voulait, évidemment qu’elle puisse toujours rester saine et sauve. Pourtant il était clair que dans sa vie jusqu’à présent, Isolde, elle avait du mal à faire passer ses principes avant sa fille, avant sa vie en générale. Elle n’était peut-être pas ce genre de femme pour qui être mère était l’accomplissement de toute sa vie et que le reste à côté n’était plus très important. Elle aimait Clara, elle était fière d’elle, plus fière d’elle que de n’importe quoi au monde, mais d’une certaine façon, ça ne lui suffisait pas. Sinon, elle aurait pu tout lâcher sans le moindre regret, devenir femme au foyer et consacrer ses journées entières à s’occuper uniquement de sa fille et du bébé qu’elle ne tarderait pas à mettre au monde. Y avait des femmes pour qui ça suffisait, elle n’en faisait pas partie. Elle était ambitieuse, alors même si elle savait que ma mairie ce serait pas ce qu’elle ferait jusqu’au bout de sa vie et qu’elle ne passerait pas sa vie à Radcliff, où qu’elle aille, elle récupérerait son poste de détective, les responsabilités et les risques qui allaient avec, parce qu’elle ne pourrait, tout simplement pas rester à ne rien faire. Elle se plaisait à croire qu’elle n’était pas une mauvaise mère pour autant ou que le fait qu’elle ne soit pas forcément à la maison pour s’assurer que tout soit prêt pour son mari dès qu’il rentrait, ça ne voulait pas dire qu’elle était une mauvaise épouse. Elle n’était juste pas comme ça et elle n’aimait pas moins son mari et leur fille qu’une autre qui elle, aurait choisi d’être femme au foyer pour s’occuper à temps plein de tout ce monde-là.

Elle ne les aimait pas moins non plus, parce que ce soir, elle avait pensé à cette pauvre fille dans la rue, avant de penser à eux. C’était définitivement pas une question de sentiment le problème. C’était juste qu’elle était comme ça, trop naïve peut-être et beaucoup trop déterminée à aider les autres. Elle ne s’y prenait pas de la bonne façon, elle en avait bien eu la preuve avec cette fille ce soir. Mais au moins, elle pouvait toujours se dire qu’à présent elle était saine et sauve. Ça ne l’aidait pas beaucoup à se sentir mieux vis-à-vis de Cesare. Elle n’aurait pas dû le laisser de côté comme ça et lui imposait un truc qui allait à l’encontre de tout ce à quoi lui, il avait été habitué. Ils n’avaient pas les mêmes instincts au fond de leur tripes et maintenant qu’elle y réfléchissait, qu’elle pensait à eux deux, à Clara, à leur sécurité, elle ne savait plus ce qui était mieux entre son comportement à elle et celui que les parents de Cesare lui avaient inculqué. Alors, elle ne savait pas trop quoi répondre à Cesare. « Je sais pas. J’espère que ça l’est, parce que j’ai tendance à me considérer comme quelqu’un de mieux qu’eux. » C’était pas une grande révélation ça, Isolde, elle avait son égo et son égo il lui disait qu’elle était forcément mieux que l’homme qui avait tué son père ou que des parents qui avaient torturé leur fille ou fait du chantage à leur fils pour qu’il tue des gens en l’échange de la vie de sa sœur. « Mais, peut-être qu’ils pensaient juste à te protéger. » Peut-être qu’au final, dans cette façon tordu de l’éduquer ils s’étaient retrouvés à être les seuls à vraiment trahir la confiance de Cesare de la pire des façons possibles. Dans le fond, si cette façon de voir les choses pouvait protéger Clara est-ce que c’était nécessairement une mauvaise chose ? Alors le mieux, c’était vraiment de nuancer les choses et non pas de complètement essayer de se défaire de sa façon de voir le monde au point de devenir comme elle. « Okay, je te forcerai pas alors, c’est noté. » Donc, elle ne lui ramènerait plus d’inconnue comme ça à la maison, elle avait vraiment retenu la leçon ce soir. « Probablement ouais. Elle a dit qu’elle avait perdu sa famille à cause d’un transmutant. » C’était tout ce qu’elle avait réussi à lui arracher comme semblant d’explication à sa situation, si elle venait de perdre sa famille, elle aurait besoin de temps de toute façon. « Ouais, je pense. Pour l’instant elle est chez un ami, ça devrait aller. » Mikael n’était probablement pas le type le plus social du monde, mais elle lui faisait confiance. Cesare n’avait pas eu l’occasion de le rencontrer comme il n’avait pas été là au mariage, mais ils s’entendraient peut-être tous les deux, après tout Mikael aussi, il n’approuvait pas l’imprudence de ses choix, il était venu aussi l’engueuler pour la mairie, ça leur faisait déjà un point commun.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Sam 12 Aoû 2017 - 4:49

La possibilité d’avoir un jour une maison, une famille stable, une vie qui ressemblait à celle de tous les autres, n’avait somme toute, jamais été une garantie pour Cesare. Chaque année qui était passée avait, au contraire, éloigné cette possibilité, et écarté la normalité du jeune homme qu’il était devenu. S’habituer à la vie tout court, simple, lente et égoïste quand il s’était retrouvé dans cette même maison, paralysé par des médecins qui lui avaient filé tout un tas de médicaments parce qu’il avait soi-disant ‘frôla la mort’, avait été une tâche compliquée, pour le brun. Il avait essayé, il s’était escrimé à essayer. Souvent, il s’était demandé si Isolde n’sentait pas peser sur elle, la pression d’un mec, squattant chez elle avec toutes les emmerdes et tous les dangers que ça pouvait inclure: Rafael pouvait bien un jour comme ça, s’pointer pour finir le travail, découvrir bien des choses, et tout compliquer à nouveau. Une maison, comme ça, paumée dans un petit coin de monde que tous oubliaient, c’n’était pas pour lui - une détermination telle, incrustée dans les veines du DeMaggio, qu’il n’avait eu que conscience de rester chez Isolde, de n’pas vraiment être chez lui. Il n’avait rien payé d’cette maison pendant bien longtemps, et pire encore, c’était même la Saddler qui avait allongé l’argent pour qu’il ait des traitements quels qu’ils soient à l’hôpital, malgré sa condition de quasi-anonyme. Est-c’qu’il était chez lui, ici, alors? C’était ironique que la question ait brusquement été ramenée au bord de l’esprit du jeune homme, quand Isolde et lui s’étaient pourtant mariés, quelques temps plus tôt. Ils n’étaient pas revenus de Namibie y’a si longtemps et déjà, un tout p’tit truc pouvait bouleverser les choses; il était vrai, pourtant, qu’à regarder un peu partout autour, il était difficile de deviner la présence d’un homme entre ces murs. Tout avait été choisi par Isolde, c’était ses affaires qui étaient là, ses meubles qu’elle avait installés chez elle - et en soit, Cesare avait appris à la dure, à n’pas encombrer le passage, à n’pas trop déborder sur l’espace vital des autres. Encore moins sur les endroits sur lesquels tout l’monde pourrait poser le regard, et deviner beaucoup d’choses. Pour tout c’qu’on lui avait appris, sur comment détecter des signes chez les autres, comment s’inspirer de son environnement pour comprendre son adversaire, lui, en tant que chasseur, il avait grandi dans l’univers le plus impersonnel qui soit. Il était devenu bon, à garder des secrets; et souvent, ça lui avait sauvé la peau. Souvent, qui sait, ç’avait même sauvé la peau d’Isolde, alors même qu’il avait si souvent pensé à elle, mais avait réussi à faire subsister les apparences de froideur, sous l’nez de son patriarche. Alors est-c’qu’Isolde les estimait un tant soit peu comme des égaux, vivant et construisant les choses d’façon équitable, comme deux personnes qui méritaient tout autant leur place dans l’équation? Il n’aimait pas en douter, mais c’était plus fort que lui; il s’disait même que ce serait plus fort que n’importe quelle volonté quand, constamment, les disputes éclataient parce qu’elle n’en faisait qu’à sa tête, et n’rendait compte de rien. Soi-disant parce que c’était ‘pour Insurgency’. Soi-disant parce que c’était ‘pour la mairie’. Toutes ces causes si bien choisies, toutes ces causes si importantes; pour la seule fois où il s’était émancipé et avait choisi son propre chemin, Cesare, il aurait bien eu envie d’complètement s’en débarrasser, de ces stupides causes. De n’plus en entendre parler, quitte à être un parfait connard qui s’en foutait du sort du monde entier - à moindre échelle, il s’en foutait, ouais, du sort du monde entier, si ça devait garantir la survie d’Isolde, la sécurité de Clara, et un genre de bonheur comme celui qu’ils éprouvaient, quand ils n’étaient que tous les trois, et qu’y’avait pas d’inconnue ou de péripéties ou de ‘devoirs’ pour les rappeler à l’ordre.

Il n’avait pas appris grand-chose d’autre que ça; l’obligation de la ‘cause’, les responsabilités qui venaient avec, mais qui n’étaient pas vraiment choisies. Pourtant, il savait qu’aider les autres, c’était un choix qu’Isolde avait fait; que c’était quelque-chose qui vivait en elle, qui faisait d’elle c’qu’elle était - irrémédiablement, ce qui les avait amenés l’un vers l’autre. Si elle n’en avait rien eu à foutre de lui, ils n’seraient pas là, Clara n’serait pas là, et leurs vies seraient bien différentes. Mais Cesare n’était pas l’expert pour connaître les meilleures réponses, trouver les meilleurs scénarios, tout savoir mieux qu’tout le monde. C’qu’il savait, c’était qu’dans une soirée toute conne, toute simple comme ce soir, Isolde avait ramené une inconnue chez eux, sans s’préoccuper ni de Clara, ni de lui - l’homme qu’elle avait épousé, et l’type qu’elle connaissait assez pour savoir qu’il n’voudrait pas d’ça. Que ça n’passerait pas. Alors ‘elle n’y avait pas pensé’ et il était censé s’satisfaire de ça; il était censé voir les choses d’cette façon, parce qu’elle était Isolde, et qu’il l’aimait, et que ça résolvait tous les troubles entre eux deux - parce qu’il n’voulait pas la perdre, évidemment. Il n’voulait pas plier ses petits bagages pour repartir où que ce soit, perdre Clara, perdre ce bébé sur lequel il n’avait pas posé les yeux encore, ou même Isolde elle-même. Pourquoi est-c’qu’elle le foutait dans cette situation, alors? Il n’semblait pas avoir encore eu de réponse à cette question; il n’savait même pas s’il en aurait une, à un quelconque moment. L’autre fois, ç’avait été parce que ‘c’était Insurgency’ et c’était important, plus important que le bébé qu’elle avait eu dans le ventre au moment de s’battre avec une connasse, apparemment. Et cette fois, ç’avait été à cause de principes, parce qu’elle avait pensé à Anthea ou il n’savait quoi d’autre. Encore une fois, des choses si importantes qu’elles éclipsaient toute leur famille. « Pourquoi t’as pas pensé à ‘protéger’ Clara, alors? » il n’put se retenir de demander, l’amertume revenant, sans doute, avant qu’il n’se force à serrer les mâchoires, regardant ailleurs; c’était elle qui maintenant, disait que ses parents avaient peut-être essayé de le protéger. Lui, il n’savait plus comment voir son passé, comment interpréter la plupart de ses souvenirs. Lui, il n’savait pas s’ils faisaient un job un tant soit peu décent pour protéger Clara. Il n’savait même pas s’ils arrivaient à faire un job un tant soit peu acceptable à être un couple équilibré. Tant pis si ça devait paraître cruel et trop rude, il n’pensait pas qu’elle avait pensé à leur fille, pendant tout l’temps qu’elle avait passé dehors avec la fameuse inconnue, à s’dire que c’était une bonne idée d’la ramener chez eux. Ou chez elle. Il s’en retrouva à croiser les bras, peu réceptif aux ‘voeux’ d’Isolde - elle pouvait promettre des choses, dire que c’était ‘noté’, qu’elle avait ‘retenu la leçon’ comme s’il lui faisait rentrer des choses dans l’crâne de force, ou l’obligeait à faire des choses contraires à son éthique, l’histoire prouvait toujours que c’n’était pas aussi simple. Et qu’Isolde avait toujours des bonnes raisons, d’excellentes justifications, et d’autres explications à fournir à ses arguments. Peut-être que c’n’était pas plus mal qu’il compense, alors. Il n’avait pas de réponse idéale, mais il avait les siennes à lui, les préceptes qui existaient en lui, et desquels il n’pourrait sans doute jamais se défaire, quoiqu’il essaye. Peut-être qu’ils avaient passé trop d’temps à n’pas penser à ça, tiens. Au moins, il n’prétendait pas avoir la science infuse, il n’prétendait pas connaître l’inconnue et mieux savoir - mais il savait que quoiqu’il ait pu dire ce soir, Isolde n’en avait pas fini avec son ‘inconnue’, alors à quoi elle servait, cette discussion? « Okay. » qu’il marmonna, quand elle parla d’un ‘ami’, comme si ça n’faisait que renforcer l’impression d’une frontière, toujours présente entre eux. Il n’savait pas. Il n’savait plus. C’était ironique comme, quelques heures plus tôt, il aurait pu jurer tout savoir d’la femme qu’il avait épousée, uniquement pour découvrir qu’y’avait encore une muraille, tiens, qui subsistait, et de laquelle pouvaient surgir des surprises qu’il n’voyait pas venir. Des surprises jamais très bonnes.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Sam 12 Aoû 2017 - 12:20

Elle avait toujours visé à être quelqu’un de bien Isolde, peut-être parce que c’était ce qu’elle avait appris durant toute sa vie, parce que son père avait été un homme bien et qu’il était son modèle. C’était parce qu’elle avait eu envie de lui faire honneur, d’être comme lui, qu’elle avait finalement abandonné tous ses beaux rêves pour devenir flic à Radcliff. Tout ce qu’elle avait fait, même Insurgency, elle l’avait fait avec de bonnes intentions, même si elle s’y était mal prise et qu’elle s’était plus laissée aveuglée par la colère qu’autre chose. Ce qu’elle savait, c’était qu’elle avait toujours fait de son mieux pour être quelqu’un de bien. Peut-être qu’elle s’était plantée en beauté, parce qu’elle avait fait des trucs pas très recommandable ou qu’elle avait plus de sang sur les mains qu’elle n’était prête à l’admettre. Y avait un moment où elle s’était contentée de se dire que c’était pas bien grave, tant que ce sang, il n’appartenait qu’aux hunters, mais depuis qu’elle raisonné autrement, y avait des fois où elle se posait la question. Peut-être qu’elle n’était pas beaucoup mieux que ceux qu’elle détestait. Au moins, elle avait pu pendant un moment se rassurer en se disant qu’elle avait encore la volonté d’aider les autres et ce même si pour ça, elle devait se prendre un coup de couteau pour sauver une inconnue dans la rue, ou risquer sa vie pour des élections. A la longue, fallait croire qu’elle était plus douée pour sauver des gens qu’elle ne connaissait pas que ceux à qui elle tenait réellement, son histoire le lui prouvait trop souvent, à chaque fois qu’elle se retrouvait à déprimer sur la mort d’un de ses proches et que ça semblait ne jamais s’arrêter. Alors elle ne savait plus Isolde ce qui était mieux entre juste laisser les autres à leur sort en se disant que c’était pas bien grave, elle ne les connaissait pas après tout et au moins être là pour ses proches ou continuer de se battre comme elle le faisait et finalement commettre plus de faux pas qu’autre chose.

Si y avait un juste milieu entre les deux, fallait croire qu’elle ne l’avait pas encore trouvé. Elle avait du mal à penser qu’elle pouvait juste arrêter de se soucier du reste du monde, elle l’avait fait pendant trop de temps et ça ressemblait à un truc gravé en elle maintenant, mais qu’est-ce que ça valait, si à côté, elle laissait encore et encore tomber les personnes à qui elle tenait ? Elle se posait de plus en plus la question ces derniers temps et ce soir, elle avait encore commis une erreur en essayait de faire quelque chose de bien, alors ça remettait encore tout en question sur sa façon de gérer les choses. Qu’il soit en mesure de la croire ou non, Isolde elle voulait changer tout ça, elle voulait faire mieux et trouver le compromis entre le fait d’aider les autres et de protéger sa famille mais ce qui ressemblait à une grosse prise de risque pour les autres, c’était juste une main tendue pour elle. Et peut-être qu’au final, ça faisait pas d’elle une bonne personne, juste une idiote, une mauvaise épouse tout autant qu’une mauvaise mère. C’était bien ce que ce que la question de Cesare fit naitre en elle comme impression, parce que non, elle n’avait pas pensé à protéger Clara, parce qu’elle n’avait pas vu de quoi elle avait à la protéger. « Je pensais pas la mettre en danger. » Est-ce qu’elle l’avait mise en danger du coup ? Est-ce que maintenant, la vie de Clara était menacée de toute part parce qu’elle avait ramené cette inconnue à la maison ? Est-ce que sa fille était en danger à cause d’elle ? Maintenant que la question s’était imposée à elle, elle sentait les battements de son cœur s’accélérer et sa respiration se faire de plus en plus difficile, comme si soudainement elle se mettait à paniquer. Elle n’avait pas envie de mettre sa fille en danger, c’était une évidence. « Est-ce que tu penses que tout ce que je fais, ça met notre fille en danger ? » Elle ne parlait pas que du fait de ramener cette fille à la maison, mais tout le reste aussi, tout ce qu’elle essayait d’accomplir dans sa vie. Est-ce qu’il pensait ça d’elle Cesare, qu’elle mettait leur bébé en danger ? Pourtant, ça faisait un an qu’elle était là Clara maintenant et il ne lui était jamais rien arrivé et pourtant Cesare, il n’avait pas toujours été là pour compenser son imprudence, alors est-ce que ça voulait quand même pas un peu dire qu’elle était capable d’assurer la protection de sa fille tout continuant d’aider les autres ? Voilà qu’elle ne savait plus Isolde et que tout en elle lui criait qu’elle était juste une mauvaise mère, une mauvaise épouse en plus d’être une mauvaise amie, parce qu’évidemment, évoquer Mikael, ça ne pouvait que lui rappeler qu’elle l’avait laissé tomber lui aussi. « C’est Mikael. Le gars qui était présumé mort et qui en fait ne l’est pas … » Elle lui avait raconté cette histoire, évidemment, c’était pas tous les jours que ses amis revenaient à la vie, quoi que. Enfin, Anthea n’était pas un bon exemple, parce qu’elle avait fini par mourir de nouveau, à cause d’elle, évidemment.


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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Sam 12 Aoû 2017 - 20:56

C’était une assurance qu’il avait toujours eue, lui, Cesare; accroché à des déterminations que, peut-être, Isolde n’avait pas comprises, il avait porté son nom comme le pire des fardeaux qui soit, le privant de toute part de bonheur. Le patronyme DeMaggio n’avait, pendant longtemps, que fait souffler sur les braises de leurs disputes - Cesare s’était dit que d’toute manière, c’n’était pas bien grave qu’elle le haïsse, puisque toute personne s’tenant le plus loin possible d’un DeMaggio, était au moins garantie d’s’économiser tout un tas d’emmerdes, de problèmes, et de dangers qu’il n’aurait jamais voulu imposer à la blonde. Ses parents le lui avaient bien fait comprendre, hein, aimer Isolde, aimer qui que ce soit, s’perdre un tant soit peu et s’éloigner du droit chemin de la chasse, étaient tout un lot d’crimes qu’ils avaient décidé de punir de la façon la plus dure qui soit. Avec Aria dans la balance et un choix impossible, et une persécution qui avait duré et duré, qui, peut-être, n’s’arrêterait jamais. Dans les moments les plus cruels et cyniques des mois qu’il avait passés à ruminer son chagrin après la mort d’Aria, il s’était dit qu’au moins, elle, elle en avait fini avec toutes ces histoires, toutes ces luttes, toutes ces obligations qui avaient été tant incrustées à leurs existences. Et puis, il s’était toujours rappelé d’Isolde, de ce fameux bébé sur lequel il n’portait pas un regard, quand bien même il n’était même pas encore né, juste une bosse qui grossissait dans le ventre de la jeune femme, mais qui serait, quand même, quoiqu’il fasse, constamment en danger, si qui que ce soit devait découvrir les liens qui les unissaient, eux tous. Dès le moment où Isolde avait décidé d’garder ce bébé, dès qu’elle avait assumé l’idée d’avoir un bébé avec le DeMaggio rebelle qui avait défié toute sa famille, elle avait condamné leur fille à un certain genre de vie. Il l’avait fait, lui, juste en étant c’qu’il était, en s’croyant capable d’vivre des choses qui n’étaient pas faites pour lui. Y’avait tellement de raisons, pour expliquer pourquoi c’était mieux comme ça, mieux qu’leurs enfants n’prennent jamais son nom à lui - qu’ils n’aient jamais à le porter comme il l’avait porté lui, qu’ils n’aient jamais à savoir ou à s’poser la question. Mais d’toute manière, c’n’était pas comme s’il pouvait oblitérer quoique ce soit de c’qu’il avait été, et c’qu’il était encore; ce soir avait été, un autre soir qui l’avait prouvé. Les plus conciliants pourraient s’servir de l’excuse de son passé; c’n’était pas comme si l’histoire lui avait toujours prouvé qu’il avait tort, de n’pas se fier aux autres. Au contraire, ç’avait toujours été sa confiance, quelle qu’elle soit, qui lui avait coûté - même sa confiance en ses propres parents. Peut-être alors, que c’n’était pas une questions d’inconnus ou de gens familiers; c’était encore plus déplaisant que ça. On n’pouvait compter sur personne, à la fin d’l’histoire; tout comme Isolde n’pouvait pas compter sur les gens qu’elle avait elle-même rassemblés sous une même bannière et tout comme il n’avait même pas pu faire confiance à sa propre soeur. Pourtant, malgré les aléas, malgré les imprévus, malgré les doutes qu’il avait en lui-même, il n’voulait pas perdre c’qu’il avait toujours éprouvé pour Isolde. Peut-être qu’il en demandait trop, peut-être essayait-il d’combattre-là, une nature si profondément ancrée en la blonde, que c’était mission impossible et que rien n’changerait jamais. Pourtant, comment est-c’qu’il était censé faire subsister sa foi en elle, quand elle lui donnait toujours plus de raisons d’en douter, que d’s’y fier? Peut-être avait-il l’air cruel, rien que ce soir, avec ses mots avec ses réactions - si seulement c’était la première fois. Si seulement c’n’était pas un problème si récurrent entre eux deux.

Ils pouvaient parler d’juste milieu autant qu’ils le voulaient, le fait était qu’ils étaient deux exacts opposés à c’niveau-là - comme deux entités, séparées par un océan de pratiques et de leçons acquises avec le temps. Ça faisait un moment maintenant, qu’il résistait à amener Clara au centre de la conversation; pourtant, comment n’pas le faire? Comment n’pas penser à Clara, quand ils parlaient de danger, de risques, d’ennemis? Elle avait été la première à dire que Clara, c’était leur fille, leur enfant, qu’ils avaient tout autant de responsabilités et de droits, quant aux choix qui la concernaient. Ce soir, il n’avait pas eu l’impression d’avoir l’moindre choix, d’avoir la moindre place, et il n’fallait pas être un savant en psychologie pour s’en rendre compte; qu’est-c’qu’elle aurait fait, franchement, si les rôles avaient été inversés? Mine de rien, elle n’avait pas manqué, elle, d’automatiquement remarqué la présence de Skylar à proximité de Clara, quand celle-ci était venue lui rendre visite quelques mois plus tôt. Mais c’était Skylar, une personne qu’il connaissait comme le dos d’sa main, une personne qui le connaissait assez pour savoir comment fonctionner et être avec lui. C’était-... différent. Ce s’rait hypocrite pourtant d’sa part, de prétendre mieux savoir quoique ce soit; ce serait même hypocrite d’assurer qu’il connaissait tout, de A à Z, d’l’histoire de sa meilleure amie. Ils avaient sept ans de vide, et encore aujourd’hui, ils essayaient tant bien que mal de combler ce fossé - mais c’était comme une crevasse, aussi profonde qu’un abîme, qui allait demander du temps. Il soupira pour lui-même, se fustigea silencieusement alors, d’avoir dit les mots qu’il avait dits, en entendant les réponses de son épouse; le regard dans le vide, il n’eut pas la force d’la regarder, ou même la capacité de répondre du tac au tac, une réponse qui aurait dû venir si vite et si normalement. Evidemment qu’non, il n’jugeait pas qu’Isolde mettait la vie de leur fille en danger de façon volontaire. Evidemment qu’non, il n’la voyait pas comme une égoïste qui foutait leur fille sous le nez d’ennemis dangereux, sans même y penser. Pourtant, ils vivaient à Radcliff. Elle était Isolde Saddler, et ce simple fait mettait Clara en danger. « Qu’est-c’que tu veux que j’te dise, hein? » il demanda, las, alors; ça n’devait être un secret pour personne, que s’il voulait partir de Radcliff, c’n’était pas juste pour changer d’air, changer de paysage par la fenêtre, et n’plus voir certaines tronches qu’il n’pouvait pas saquer. C’n’était pas un secret non plus pour Isolde, qu’il estimait qu’ils étaient en danger, ici, maintenant, dans cette vie-là. Qu’ils étaient même en danger parce qu’ils étaient ensemble. Un peu plus, un peu moins, ça n’faisait plus beaucoup de différence - certains pourraient penser comme ça, lui, il n’pouvait pas s’permettre de penser comme ça. Et forcément qu’Isolde, c’était bien c’qu’elle se disait, non, quand elle continuait de s’foutre dans les mêmes situations? « Tu es Isolde Saddler, la remplaçante d’un mec qui a cramé une maison avec une famille dedans juste pour gagner des points en politique - qui est aujourd’hui, évadé d’prison. Sans compter qu’maintenant ton groupe est devenu une unité terroriste remplie d’enragés qui veulent s’en prendre à toute la ville, et qui détestent l’fait que tu travailles avec l’état pour mettre en place le recensement. » ajoutez à cela Rafael, qui avait pour quelque raison que ce soit, une dent toute personnelle contre Isolde, et ça faisait un parfait mix de raisons pour lesquelles, ouais, Clara était en danger, et il n’voyait pas en quoi c’était une nouveauté. Triste conclusion, ouais, elle était en danger parce qu’elle était sa fille, à Isolde. Elle était aussi en danger pour être sa fille à lui. Un fait qui rattrapa bien vite Cesare, desserrant ses mâchoires. « C’est pas beaucoup mieux d’mon côté. » admit-il, évidemment. « Si on arrive même pas à s’accorder sur les ‘règles’ élémentaires d’la vie de tous les jours pour protéger Clara, comment on fait pour l’reste, hein? » peut-être qu’il était juste parano. Les gens normaux devaient bien n’avoir qu’une chance sur un million d’tomber sur un taré - restait qu’à eux deux, ils diminuaient vaguement ces probabilités. Y’avait plein d’gens, trop d’gens qui voulaient leur mort, ou juste qu’ils débarrassent le plancher - on n’allait pas leur demander gentiment, ça. « Tout c’que j’me dis c’est qu’y suffit d’une fois... » une fois, une imprudence, une fois à se dire ‘c’est pas grave’ pour qu’tout parte en vrilles. Peut-être même ‘une fois’, une erreur pour ce fameux Mikael qui venait de ressortir de l’hôpital. « J’suppose que s’il est vivant après l’avoir accueillie, c’est que j’me suis inquiété pour rien... » qu’il ricana, ironiquement pour lui-même. Probablement que l’histoire allait lui prouver tort, encore une fois.

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MessageSujet: Re: (cesare), all these cold and rainy days.   Sam 12 Aoû 2017 - 23:02

Peut-être que ça ne se voyait pas beaucoup parce qu’elle continuait de commettre les mêmes erreurs, mais elle avait vraiment la volonté de changer Isolde. Elle avait souvent eu assez d’égo pour estimer qu’elle avait raison et que si autour d’elle, on pensait l’inverse, c’était que les autres avaient tort. Elle avait eu cette confiance en elle inébranlable. Mais c’était plus le cas aujourd’hui. Elle avait connu des choses qui l’avait poussée à se remettre en question plus d’une fois et elle avait conscience de ses erreurs. Elle avait bien compris qu’elle avait merdé ce soir et elle se disait qu’elle ne ferait pas la même erreur la prochaine fois, que peu importait les instincts qui se loverait dans ses tripes, elle ferait en sorte d’y résister. Mais elle n’avait aucun moyen de prouver ça, autrement que par des mots devaient sonner faux, après tout ce qui avait pu se passer ce soir. Elle n’avait pas envie de mettre sa famille en danger à cause de son imprudence, elle voulait juste être heureuse, avec eux. Mais est-ce qu’elle pouvait être pleinement heureuse en s’efforçant de faire taire toute une partie de ce qu’elle était. C’était pas juste qu’elle ait besoin de choisir entre ce qu’elle voulait être, ce qu’elle voulait accomplir dans sa vie et sa famille. Est-ce que c’était parce qu’ils étaient à Radcliff qu’elle se retrouvait face à ce genre de choix ? Ou bien est-ce que ce serait partout la même chose, parce que le problème venait d’elle et pas de la ville ? Elle n’en savait rien, mais ça lui semblait complètement fou de ne plus pouvoir aider quelqu’un sans risquer la vie de sa propre fille. C’était comme si aider les autres était soudainement devenu le pire truc au monde et ça devrait pas ressembler à quelque chose de mal, dans le fond, ça ne devrait même pas être considérer comme une erreur, mais ouais, c’était comme ça que ça fonctionnait, au moins à Radcliff, peut-être partout dans le monde parce qu’on ne pouvait faire confiance à personne.

Elle pouvait toujours changer de ville, mais pas de monde, alors fallait qu’elle apprenne à être un peu plus prudente. Est-ce qu’elle ne l’était pas quand même d’habitude ? C’était pas comme si elle ramenait des inconnus tous les jours ou qu’elle donnait son adresse à n’importe qui dans la rue. Elle n’était quand même pas complètement folle non ? Elle commençait quand même à se poser la question, peut-être que chacun de ses choix mettait sa fille en danger, quand bien même elle ne pensait pas à mal Isolde. Si la différence dans la façon dont ils voyaient les choses, Cesare et Isolde, elle venait de leur éducation, alors Cesare au moins, ils pouvaient accorder à ses parents le fait de ne pas l’avoir laissé vivre trop longtemps avec plein d’illusions en tête qui auraient eu vite fait de le décevoir. C’était pas son cas à elle. Son père, il lui avait appris à être prudente évidemment, mais il ne l’avait jamais confrontée aux horreurs du monde et elle avait cru en voir les pires aspects quand il était mort son père mais elle ne pensait pas qu’on pourrait un jour venir s’en prendre à sa fille, une petite gamine d’un an à peine, pour l’atteindre elle. Pourtant, c’était ce qui semblait retenir de ce qu’il disait Cesare, que c’était quelque chose qui pourrait arriver. « J’voulais changer ça, que les gens aient pas à se sentir menacés comme ça. Mais tout laisse à croire que tu peux cramer des gens sans jamais en payer les conséquences mais que tu peux pas essayer d’aider les autres sans foutre ta famille en danger. J’ai jamais voulu mettre Clara en danger, je voulais juste faire quelque chose de bien et être quelqu’un de bien. » C’était peine perdue de toute évidence. Il semblait bien qu’y avait les cons qui s’en sortaient et Cesare en était la preuve aussi, son père s’en sortait bien alors que c’était un connard fini, quand lui, il ramait en essayant d’être quelqu’un de mieux. Si elle avait su ça plus tôt, peut-être qu’elle se serait barrée d’ici pour aller faire ses études d’art et se foutre du reste du monde. « Tu devrais probablement les faire tout seul, ces règles, les miennes ne marchent pas dans ce monde-là. » Ouais, parce qu’elle vivait dans un monde où les types qui cramaient des gens finissaient en prison et où on pouvait être maire d’une petite ville sans que ça ressemble au boulot le plus suicidaire possible et où on pouvait même ramener des gens chez soi sans avoir peur d’être assassiné dans la nuit. Mais il semblait bien que le monde il n’était pas comme ça et il lui avait fallu presque vingt-sept ans pour s’en rendre compte. Finalement, c’était même pas à sa fille que Cesare devait expliquer le monde, mais à sa femme. Elle n’avait pas envie de vivre dans un monde pareil, le sien il était mieux, mais le sien c’était un mensonge et ouais, il suffisait d’une fois pour que tout bascule, elle aurait dû le savoir, après avoir vu son père mourir. Elle ne changerait pas le monde, elle ne changerait pas Radcliff, au moins, elle pouvait se changer elle-même en arrêtant de se battre dans le vent, c’était peut-être déjà ça. « Il a plutôt intérêt d’être encore en vie. » Ce serait mieux pour lui, évidemment, mieux pour elle aussi, parce qu’elle le supporterait pas s’il devait lui aussi mourir à cause d’elle.

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