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 Après, une fois encore [PV Darrel]

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SUR TH DEPUIS : 28/05/2017
MessageSujet: Après, une fois encore [PV Darrel]   Ven 7 Juil 2017 - 11:59

Depuis trois jours, je me lève avant l’horizon. Avant le soleil, les rumeurs, les klaxons. Je tourne dans ma chambre comme dans une cage et mes pensées dans ma tête comme un poisson rouge dans son bocal.

Ma vie est inquiète. Douloureuse. Je la sens. Je la palpe. Du bout de mes doigts. Sur ma pommette. Gauche. Une tache de douleur.

Je n’ai jamais demandé pourquoi les coups.
Soudain.
Pourquoi les insultes.

Je n’ai jamais demandé si tout allait bien.
Toujours.
Si tout était pareil.

Je connaissais la réponse. Au fond. Je la connaissais.
Je la connais toujours. Oh oui. Je la connais.

Je tourne dans ma tête et dans ma cage.

Il pleut.

~ ~ ~

Mon cœur bat fort.

Mon cœur, tais-toi.

Mon cœur ne s’apaise pas. Je sais pourquoi. Il y a une vipère nichée dedans. Une sale bête. Elle s’appelle espoir broyé. Elle se nomme désillusion infernale. Mon cœur gonfle et enfle et se boursoufle. J’éclaterai, bientôt, de trop avoir battu de cœur.

J’ai les cheveux mouillés et les pieds trempés. J’ai de l’herbe jusqu’aux chevilles et de la pluie jusqu’aux genoux. De la lâcheté dans le corps et de la confusion plein les mains. Je ne sais que faire. Pourtant je fais. J’enjambe sa barrière. Je marche. Je m’accroupis. J’observe.

Sa maison, de loin.
Ses fenêtres éclairées.
Ses vitres sales.

Où est-il ?

Je regarde sans raison.

Ma raison devient débile.

Non.

Elle l’était déjà.

Depuis quand ?
Depuis les mails ?
Ou bien avant ?

Mes pieds se fatiguent. Des fourmis le long des os. J’ai envie de bouger. Je reste immobile. Je ne peux plus bouger. Mes paupières gelées. Mes cils englués d’eau. L’attente… désagrège, effrite, effiloche. Je ne veux pas bouger. Plus de force. Plus d’envie. Plus de raison. Je suis un homme flottant, un corps vivant sans poids et sans masse. Une vie au ralenti.

J’ai peur d’entendre ma voix intérieure. J’ai peur de relancer mes pensées. D’arrêter ma confusion sur la réponse à mes questions.

J’écoute son jardin. Le bruit des gouttes sur son toit. Le bruit des feuilles percutées. Tambours de nuit.

Contre mon tympan gauche, sa voix. Je tourne la tête. Personne. C’était le fantôme de sa voix. J’’envie sa voix. Ses gestes. Son regard. Je voudrais sa raideur, son aigreur. Sa force, son horreur.

Je suis triste. Un peu. De ne pas avoir tout ça. De l’envier. De ne pas le voir. De ne pas l’entendre. De ne pas le toucher. De ne pas le lire. De ne pas le savoir.

Ce qui est le plus triste, peut-être, sûrement, est de m’en rendre compte et de continuer.

Peut-on forcer le pathétisme à ce point ?

Je me lève.
Je vacille.
Je marche sur…

Un volatile ?

Elle hurle, la bête !
L’animal !
La chose emplumée !

Mais quel vacarme !

Une poule…

- Mais tais-toi, sale bête !

Elle me regarde de son œil rond et stupide. Elle caquète comme une volaille. Elle part. J’aurais juré qu’elle a haussé ses épaules de poule.

Je retourne à ma voiture.

Oh.

- Darrel. Euh…

Depuis quand sait-il que je suis là ? La poule ?

Que dire ???

- Ça va ?
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SUR TH DEPUIS : 19/06/2017
MessageSujet: Re: Après, une fois encore [PV Darrel]   Lun 10 Juil 2017 - 19:10

Après, une fois encore
La rue est sombre, et au travers des amoncellements de teintes grisâtres mouillées de pluie, mes sens percent les vérités enfouies. Je ressens une force vibrer dans mon être, m'octroyant la pleine possession de mes facultés et je me fais maître de mon secteur. J’inspire, j’inhale, j’incorpore - non pas l’air mais l’espace lui-même - et je décrypte les signaux qui m’apparaissent. En cet instant, je ressens un sentiment d’intense liberté, une sensation de puissance qui m'enivre, emplissant mon corps de frissons d'exaltation. Habillé uniquement d'un vieux jean déchiré, je suis allongé sur le sol du salon, couché sur ce tapis élimé, et mon regard se perd dans les méandres des fissures sur le plafond. La méditation du matin. La pleine conscience.

Mon œil gauche a perdu de son acuité. Voilé de cet éternel masque, il plonge dans le néant tandis que passent les ombres au-dessus de moi. C’est à ma sœur que je dédie mes songes, à tout ce qui nous lie et nous liera pour toujours, à la vengeance de sa mort. Un opinel glisse entre mes phalanges. La lame passe de l'un à l'autre de mes doigts agiles. Autour de moi, de nombreux mégots ont échoués, cendres sur le tapis poussiéreux. Je les abandonne, je les lance au loin et je fume. Du sang s'écoule de mon nez. La coke aiguise mon esprit.

C’est un bruissement qui m'éveille, m’arrachant à mes pensées. Une poule caquette. Une voix proteste dans un murmure intempestif. Et un sourire s'ébauche sur mes traits. De l’autre côté des fenêtres, je perçois une présence dans ma propriété. Le pas d'un intrus qui se faufile, hésitant. Le pas d'un intrus qui épie. Je ne m'en offusque pas, je constate, simplement. Son pas se rapproche et je roule sur moi-même, sans me relever. Sur le ventre, je rampe au sol, glissant et sinuant comme un serpent. Silencieux comme une ombre. Le manche de l'opinel entre mes dents serrées. Mes pas ne peuvent me trahir, je suis un prédateur. Sournois, perfide, hypocrite, doucereux. Lorsque je rejoins la fenêtre, mes doigts se crispent contre l'appui de marbre froid. La lame rejoint ma main et je libère mon souffle. Doucement, j'expulse la fumée âcre d'une légère pulsation des lèvres.

Entre les gouttes d'eau, je distingue un halo étranger, inconnu, insolite.
A gauche. A gauche.
Ma vision scindée m’apparaît pleine pendant une fraction de seconde, durant cet infime instant, je perçois clairement une forme spectrale qui se soulève au dessus du sol, gravitant en apesanteur par-dessus les pavés sales de la rue.
J'ai la berlue.
Mes pupilles se dilatent, avalant les lueurs égarées. Je jauge l’homme qui se faufile entre les gouttes de pluie, étudiant sa physionomie avec attention. Syracuse. Que fait-il dans mon jardin ? Ces effluves qui l’enveloppent ne sont pas celles qui bercent les pas des humains. Je me nourris de chaque nouvelle expérience. Je viens de lire une aura.

Il s'est retourné, dès que j'ai ouvert la porte. Et son regard étonné s'est porté sur ma haute stature, mon torse nu et mes tatouages dispersés. L'opinel dans une main, j'essuie le sang qui s'écoule de mon nez de l'autre, d'un geste insensible.

« Syra. »

Nos regards se croisent, se pénètrent, s’enchevêtrent. Ais-je un parfum savoureux ? La crème des émanations spectrales, le nectar d’irradiation fantomatique ! Quitte à être perçu à jour, autant le faire avec panache. Les auras se saluent peut être fort chaleureusement, allez savoir, mais nos visages restent de marbre. Et la question est posée, tranquillement, alors que je hausse un sourcil, inclinant la tête. Si ça va ?

« Non, et toi ? Crois pas que j'vais te laisser foutre le camps, mon gars. Ramène toi, maintenant que t'es là.»

J’ai toujours eu le sens de l’hospitalité, tu sais bien. D’un geste large je lui ouvre les portes de mon domaine, en désignant l’entrée monumentale de ma masure délabrée. Ce type a l‘air d‘un gamin paumé, il semble perdu dans ses fringues trempées de pluie et je détaille les traits fins de son visage au teint pâle. Oui, il a l’air fragile et pourtant, c'est un ennemi. Il est comme eux. Est-il venu ici pour tenter de me buter ? Tout est possible, mais j’aime tenter le diable. Et pour être certain qu'il m'obéisse, je m’empresse d'aller le chercher d'un pas rapide, posant une main bourrue contre son épaule. L'étreinte de mon étau ne lui laisse aucun choix. 

« Tu crois que j'vais laisser un pote se noyer sous la pluie ? Ça ferait désordre. »

Ainsi, sans le relâcher, je l'escorte pressement jusqu'au porche, comme un parfait gentleman. Sauvons les apparences, sait-on jamais.

« Tu devrais pas être si timide avec moi. Frappe à la porte, la prochaine fois. »

Mon ton se veut presque compatissant alors que nous traversons l'allée, profitant de la beauté des gouttelettes d'eau qui brillent sur les hautes herbes. Nous franchissons le seuil, laissant derrière nous le jardin et son humidité. Sous mon impulsion, la porte claque trop fort derrière nous. Mon visage est bienveillant, je ne souris pas mais mes traits placides inspirent une impression de confiance, tout comme l’eau claire qui vogue dans mes yeux. Un lac serein, qu’aucun remous de violence ne trouble. Je ressens les effets légers de la drogue tournoyer dans ma tête, pourtant, il en faut bien plus pour m’émécher et mon esprit est clair, tout comme ma voix. Mon mouvement rude détonne, lorsque je le repousse brutalement dans le canapé.

«  Voilà le séjour. La cuisine est au bout et là haut, tu as ma chambre et la salle de bain. Les chiottes sont dehors, par contre. Je n’invite jamais personne, d'habitude, c’est un peu exigu…  »

Désignant vaguement ma petite crypte d'un mouvement de menton, je poursuis, de ce même ton anodin.

« Tu vas rester pour déjeuner. Alors à présent, dis moi. As-tu déjà posé tes lèvres sur un cœur en train de battre? »

Question pertinente, s’il en est. Machinalement, l'opinel glisse de l'un à l'autre de mes doigts.
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MessageSujet: Re: Après, une fois encore [PV Darrel]   Jeu 7 Sep 2017 - 15:33

La main de Darrell se pose sur mon épaule, s’y enfonce. Un creux s’installe en moi et résonne comme une mécanique malade. Je me sens dentelle de rouages frileux. Je me laisse conduire.
Ma cage thoracique se tait. Je n’entends plus mes poumons ni mon cœur. Je n’entends que la mécanique des ordres implicites.

Nous marchons. Nous aplatissons l’herbe.

Le crissement de nos semelles sur l’humidité et la chlorophylle écrasée.

Les os de mes jambes tremblent. Je perçois au ralenti. J’entends un brouillard de mots. Une indistinction de sons.

Il y a derrière nous des impressions que je n’ai pu attraper, laissées sur la terre, les gouttes de pluie.

Son porche.

Je me retourne. J’aimerais attraper les impressions, ramasser la terre, les gouttes de pluie.

Son jardin vert foncé par le soir.

Je perçois mon une envie de fuir, soudain, une envie confuse et pointue à la fois.

La porte claque fort.

Je le suis.
Bizarrement, je le suis.
Après tout, c’est mon ami.

Tout se passe trop vite, trop fluidement. Nous sommes deux poissons dans un cours d’eau trop rapide. Des chutes, bientôt, nous plongerons tête la première dans un bouillon noyant.

Mais je relève la tête et je ne vois que le sourire de Darrell.

Une poussée. Assis sur le canapé. C’est mou, tout à coup, sous moi. Ça devrait me rassurer.  Ça se passe trop vite. Je suis incapable de bouger. J’entends sa voix qui liste les pièces. Je cille. Je le regarde. Darrell a une question étrange.

Ma voix avance lentement dans ma gorge. Une sinuosité hésitante. J’ouvre la bouche. L’impression qu’un orvet brillant va en sortir. N’en sort qu’une perle de silence. Elle n’éclate pas, ne tombe pas. Elle se suspend dans l’air et s’évanouit, très blanche, entre nous.

Ma main devant ma bouche. L’index et le majeur sur mes lèvres. Il me fait peur, Darrell, avec sa question étrange. Il me donne la peur des coquillages immobiles devant une énorme pieuvre échouée sur le sable et qui ne veut pas mourir. La peur remplit l’espace qui nous sépare et le rend palpable. Je dois la faire partir. La perturber.

- Euh... Non…

Quel cœur ? Quelle viscère ?

Cette lame entre ses doigts…

- Ta question est un peu étrange, tu sais.

Y a-t-il quelqu’un dans le voisinage ? Y a-t-il des chiens, des voisins, des policiers ? Je me sens en danger.

Je n’ai pas envie de crier.
Bizarrement, je n’ai pas envie de crier.
Après tout, c’est mon ami ?

Je n’ai pas envie de me débattre non plus – il ne me tient pas. Il ne dit pas de mots meurtriers, de phrase assassine – ou est-ce moi qui tente de me persuader ?

Il n’y a que mon hésitation flottante et ma peur collante - ce ne sont que mes émotions qui ruent et qui crient.

- Tu as un cœur mort quelque part ?
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MessageSujet: Re: Après, une fois encore [PV Darrel]   Mer 13 Sep 2017 - 14:42

Après, une fois encore
L'odeur de la peur m'est familière. Je la sens courir contre la peau de Syracuse, je la perçois dans l'immensité de ses yeux, je l'attend dans ses hésitations et ses silences. Sa remarque m'attire un haussement de sourcil sardonique. Il trouve mes mots étranges et j'ignore si j'en suis déçu ou non. Parfois, il m'arrive de jeter mes questions dans le vent, sans véritablement attendre de réponse mais pourtant, ce point précis me paraissait d'une importance cruciale sur le moment. « Dommage. » Je souffle, restant songeur quelques secondes avant que mon sourire ne s'étire à nouveau. « Oui, j'ai un très beau cœur qui m'attend sagement dans mon frigo. » Cette simple pensée crée des étincelles joyeuses au fond de mes yeux, tandis que je regarde Syracuse avec ravissement. « Tu veux voir ? » Mon front se penche légèrement vers lui et mon ombre le recouvre, menaçante, le temps de quelques battements de cœur.

Dans ma main, l'opinel me parait léger et je le manipule avec aisance. Cette larme est chargée de souvenirs tranchants, elle porte en elle des images cruelles de tortures et de morts. La nuit dernière m'a enveloppé en me caressant de ses doigts ombrageux pendant que je marchais sur les traces de ma proie. Une dégénérée qui portait sur son visage la marque de la bête. Il fallait que je la tue. Son pouvoir lui permettait de survivre aux pires blessures et il m'a fallu la découper jusqu'à lui percer le cœur à l'aide de cette lame. Il battait encore, alors que son torse était ouvert en deux. Il battait encore lorsque je le tenais entre mes mains. Blasphème. Hérésie.

Mes prunelles dilatées expriment l'état de défonce quasi permanent dans lequel je baigne. Lorsque je me redresse, j'espère que Syracuse me suivra jusque dans ma cuisine. J'espère qu'il osera. Parfois la drogue m'aide à échapper à l'horreur de la réalité, à cette tristesse qui me ronge depuis la mort de ma sœur. Parfois, elle m'ancre juste dans le moment présent. C'est bientôt l'heure du déjeuner.

« On va se faire un ragoût avec les légumes du potager. Ils sont frais, j'les ai cueillis ce matin. » Jeunes carottes et petits oignons m'attendent sur le plan de travail, encore couvert de terre. Où est Syra ? Je me retourne pour le chercher du regard. Des pensées diffuses me traversent pendant que j'abandonne mon couteau, le déposant près des légumes. « J'espère que t'aimes ça, le cœur en ragoût. » On cuisinera plus vite s'il me donne un coup de main pour éplucher les légumes. Et s'il ramasse ce couteau chargé d'images...

Deux pas me sont utiles pour accéder au frigo que j'ouvre pour en dévoiler le sanglant contenu. Accroché à la porte, je fixe l’intrus en silence. Celui qui rôdait dans mon jardin, entre les gouttes de pluie. Celui qui était prêt à partir, sans même me parler. Sans même s'annoncer. Posé sur une assiette ébréchée, un cœur attend, baignant dans son jus sombre.

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