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 (jared) No heroes, villains, one to blame

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SUR TH DEPUIS : 15/05/2016
MessageSujet: (jared) No heroes, villains, one to blame   Dim 9 Juil 2017 - 17:55

No heroes, villains, one to blame
Jared & Aaron



« Aaron ? On a un problème… » Cette phrase n’a jamais auguré de bonnes choses, oui, mais aujourd’hui encore moins. Aaron, on a un problème ; oui mais Aaron, il a surtout envie de souffler, il a envie d’arrêter de courir, il a envie de se poser quelques instants dans son bureau et surtout, Aaron, il a envie de presser le bouton pause, il a envie d’une soirée avec Moira dans ses bras, dans les bras de Moira. Il a envie de vacances, Aaron, et la journée est longue… et la journée n’est pas finie. Mais… « Aaron, tu m’entends ? » L’agacement distend les traits du directeur. Aaron se masse les tempes, Aaron souffle et ne relève même pas les yeux. « J’entends, Sofiane. Entre, explique… » Ses yeux dérivent vers le téléphone, vers l’heure. Dix-sept heures à peine. Dix-heures déjà. La voix d’Aaron vibre de désillusion lorsqu’il voit son meilleur ami, son plus fidèle bras droit, celui qui l’aide à tenir le navire à flot, à tenir la tête hors de l’eau depuis plus d’une dizaine d’années, s’abstenir de s’asseoir, se contenter de juger le verre d’alcool présent aux côtés d’Aaron, planter ses poings fermés sur le bureau. « Ca va ? » Un sourire, Aaron relève véritablement la tête. S’avachit sur le dossier de son siège. Si ça va ?

Pas vraiment. Et pour cause. Ce matin, il a été tiré du lit à six heures, lorsqu’un des éducateurs en charge de l’orphelinat pour la nuit l’a réveillé en panique pour l’alerter de la disparition de deux de leurs jeunes. Fugue, pas fugue, juste connerie d’orphelins en recherche d’autorité, quoiqu’il se soit passé dans leur tête, Aaron, Sofiane et James – l’éducateur – ont passé les premières heures du jour à les chercher un peu partout, rechignant à alerter la police étant donné la présence d’un mutant particulièrement nocif dans le duo. Dix heures passées, ils ont réussi à remettre la main sur les deux imbéciles, mais pas le temps de souffler puisqu’à onze heure, Aaron, en tant que tuteur légal de tous ses pensionnaires auprès des établissements, a été convoqué à l’école primaire, primaire !, pour une bataille déclenchée par deux pupilles pour une sombre histoire de provocation. Midi, alors qu’il les ramenait à l’orphelinat après leur exclusion pour le reste de la journée, il a dû mener de front la recherche d’éducateurs pouvant les surveiller, et la venue de trois couples, prétendant à l’adoption, qui avaient d’ailleurs commencé les démarches pour adopter l’un des délinquants fugueurs. Suite à quoi, après les avoir raccompagnés, après les avoir présentés aux enfants, après deux heures encore à devoir offrir un sourire, à devoir faire bonne figure, c’est tout juste s’il a eu le temps d’avaler un sandwich qu’on l’attendait à Louisville pour un entretien avec un des mécènes de l’établissement, et juste après cela un nouveau devis avec les artisans en train de réaménager la nouvelle aile, pour ensuite… et bien ensuite s’échouer dans le bureau. Et maintenant, Aaron, on a un problème. Encore un. Alors, à la question ça va, Aaron ne peut qu’offrir à Sofiane un regard fatigué, un regard résigné. « Il s’appelle comme le problème, cette fois ? » Sofiane fronce les sourcils. « Tu veux que je m’en occupe ? » Aaron lève les yeux au ciel. « Si tu es venu dans mon bureau, c’est pas pour rien j’imagine. Non, t’inquiète pas, je vais m’en occuper, explique juste… » Sofiane se mord la lèvre, ce qui ne va clairement pas rassurer le mutant. Un problème, suffisamment grave pour que Sofiane n’hésite pas une seule seconde à venir le remettre entre les mains du directeur, suffisamment lourd pour qu’il culpabilise ensuite de mettre un poids supplémentaire sur les épaules d’un directeur déjà fatigué… « Jonas. » « Et merde. » On pourrait en dire davantage mais, franchement… le seul prénom de jonas donne le ton, la couleur et l’ensemble des éléments.

Jonas est l’un des plus vieux pensionnaires, dans le sens où il est ici depuis… et bien depuis plus de dix ans maintenant. L’un des premiers pensionnaires mutants détectés, dépistés, encadrés par Aaron. L’un des plus vieux, âgés de quinze ans maintenant. L’un des plus difficiles aussi, contrairement à tout ce qu’on pourrait croire. Technopathe, il a la fâcheuse manie d’user et d’abuser de sa mutation, et ce malgré toutes les mises en garde d’Aaron, toutes les punitions, toutes les restrictions qu’on a pu lui imposer. Technopathe, il était incontrôlable il y a deux trois ans, il l’est encore plus depuis qu’il s’est mis en tête que les hunters étaient responsables de son statut d’orphelin. Jonas. « Qu’est-ce qu’il a fait ? » La réponse de Sofiane ne se fait pas attendre : « Je ne sais pas, c’est bien ça le problème. » Ah. « La police ? » Une moue de la part de Sofiane. « La milice. » Une nouvelle moue. « Elle est là ? » Un soupir. Aaron se lève, réajuste sa cravate. « D’accord, je vois. » D’un mouvement, il termine son verre, savoure la brûlure de l’alcool, qui tente de le réveiller. « Tu essayes de faire parler Jonas, au pire tu l’éloignes. D’ailleurs, fais ça, organise avec les loustics une expédition surprise en forêt. Discrète. Tu l’éloignes, je temporise, j’éclaircis. » Eloigner Jonas est une priorité, il a tendance à faire un amalgame dangereux et réducteur entre les chasseurs et toutes les formes d’autorité qu’on lui impose ; l’éloigner du bâtiment, prétexte une sortie de l’autre côté de la ville, c’est un moyen comme un autre de mettre un maximum de distance et de laisser à Aaron le temps de comprendre ce qu’il s’est passé.

Devant la vitre d’une bibliothèque, Aaron essaye de réajuster sa chemise, tapote ses joues pour leur donner un peu d’énergie, tente vainement de se donner l’air présentable. Sofiane, lui, hésite encore à sortir, s’attirant un froncement de sourcils. « Quoi encore ? » Sofiane est dans l’embrasure de la porte. « Le milicien… c’est Jared » Un battement de cœur. « Okay. Merci. Fais-vite, tiens-moi au courant par SMS. Ne prends qu’un petit groupe, va faire du vélo… enfin bon, tu sais quoi faire… je te fais confiance. » Un sourire complice, une poignée de main, Aaron a la mauvaise impression de partir au combat ou plutôt d’engager un bras de fer sans même savoir qui, finalement, sera le plus en tort au final. Une nouvelle inspiration, il quitte son bureau, dégringole le premier étage, termine au rez-de-chaussée et se dirige vers la pièce où attendent les visites, en règle générale, pour ne pas leur offrir un accès aux étages qui sont également les dortoirs et les principaux lieux de vie des enfants.

Dans la salle d’attente, Jared. Et le visage d’Aaron se détend malgré tout, malgré la tension, malgré les enjeux. Jared n’a jamais été hébergé par l’orphelinat lui-même mais… mais, et ce mais est important, il est l’un des premiers jeunes qu’Aaron a véritablement suivi, encadré, encouragé, protégé, pendant des années, l’un de ces jeunes qu’il a eu la joie de voir grandir, s’apaiser, se ressourcer et retrouver un certain équilibre. Il a du respect, un infini respect même, pour l’homme que Jared est devenu, malgré son choix de carrière, malgré son passé dans l’armée américaine – vu nécessairement d’un mauvais œil par le pacifiste et non-violent qu’est Aaron – malgré, même, son entrée dans la milice. Le visage d’Aaron se détend, donc. « Jared ! Sofiane m’a averti de ton arrivée, excuse-moi pour l’attente, j’avais quelque chose à régler d’abord, la journée est particulièrement mouvementée aujourd’hui. Comment vas-tu, ça fait quelques temps qu’on ne s’est pas croisé, non ? » Instaurer une atmosphère détendue, c’est l’objectif inavoué de cette introduction, c’est également l’objectif inavoué de sa mutation qui vibre d’une musique apaisante, des émotions les plus calmes possibles. Est-ce un usage abusif de sa mutation ? Pas selon Aaron. C’est juste un coup de pouce, une part de lui qu’il ne contrôle absolument pas, qui est lui, tout simplement. Aaron, très certainement comme bien d’autres mutants, utilise en permanence sa particularité, pour instaurer autour de lui une atmosphère de confiance. De joie discrète, de soucis moins pressants. De bienveillance. « Tu préfères qu’on se déplace dans mon bureau, peut-être ? »


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Dernière édition par Aaron Trager le Sam 5 Aoû 2017 - 0:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: (jared) No heroes, villains, one to blame   Lun 10 Juil 2017 - 22:05


Aaron & Jared

No heroes, villains, one to blame

« Walker ! Daniels ! On a une agression dans le quartier sud, c'est un hunter. Il dit avoir eu à faire à un mutant. Il est à l'hôpital mais son état est stable et se dit capable de faire une déclaration. Vous vous en occupez. Vous trouvez l'agresseur et vous le ramenez ici pour un interrogatoire. » Le commandant Johnson, la quarantaine, ancien marine, était de ses hommes charismatiques que Jared admirait beaucoup. Il avait vécu un grand nombre de combats et opérations en tout genre et avait une solide expérience de soldat. Son leadership naturelsavaient fait de lui le candidat parfait au poste de commandant de la milice à Radcliff. Sans se faire attendre, Jared et son collègue Eric prirent leurs affaires et se dirigèrent vers le parking situé au sous-sol du bâtiment. Une quinzaine de minutes plus tard, les deux miliciens demandaient à voir la victime de l'agression dans sa chambre d'hôpital. Si on en croyait le hunter, il avait été attaqué par un drone de repérage de l'armée contrôlé par un adolescent de 15 ans. Le drone avait servi de projectile que le jeune mutant avait précipité sur le hunter. La description physique qu'en fit le hunter confirma les soupçons de Jared. Jonas, merde, ce gosse était incontrôlable. Il l'avait déjà vu pendant ses nombreux passages à l'orphelinat sur son temps libre. « Tu sais qui c'est, n'est-ce pas ? », demanda Eric alors qu'ils quittaient la chambre du hunter. Eric n'était pas dans la milice pour rien, fin observateur, il traduisait comme personne les expressions faciales, y compris celles de son co-équipier qui n'étaient pourtant pas les plus évidentes. Jared l'avait d'ailleurs soupçonné d'être un mutant télépathe, avant d'apprendre que les résultats de son dépistage étaient négatifs. Il était inutile de lui mentir. « J'ai ma petite idée. » « Bon et où est-ce qu'on va alors ? » « A l'orphelinat du quartier. »

Pendant le trajet, Jared consulta le fichier central de la police, auquel la milice avait accès. Jonas Caldwell était connu des services de police pour des délits mineurs : vol et vol avec effraction. Le gosse n'en était ni à sa première fugue, ni à son premier délit, sauf qu'avec une agression il montait d'un cran dans la violence. Il fallait rapidement stopper cette escalade avant qu'elle ne mène à une fin tragique. Il consulta ensuite le fichier des signalements, aucune disparition ni fugue n'avait été signalée à la police cette nuit ou dans la journée par l'orphelinat, ce qui pouvait signifier deux choses : soit Jonas était innocent, soit Aaron le protégeait. Arrivés sur place, alors qu'Eric s'apprêtait à sortir de la voiture, Jared le retint. « Je connais le directeur de l'orphelinat, c'est un ami. » « Et alors ? » « Alors tu ne vas pas aimer ce que je vais te demander. » Eric soupira. « Vas-y balance. » Jared ne le connaissait pas depuis longtemps, mais Eric était quelqu'un de fiable et de parole, il fallait qu'il tente le coup. « Je préfère y aller seul. Aaron Trager, le directeur, me connait depuis longtemps, il a confiance en moi. Il est du genre à protéger ses jeunes mais s'il me voit seul, il sera plus enclin à parler que si je suis avec un inconnu. » Eric reposa la tête contre l'appui-tête. Comme Jared s'y attendait, le milicien n'était pas enchanté par la requête de son coéquipier « Ce n'est pas le protocole de la milice, tu le sais, on est jamais censé... » « Intervenir seul, oui je sais », coupa l'ancien soldat. « Je mets ma responsabilité en jeu si jamais ça tourne mal  ». Les deux hommes n'étaient pas co-équipiers depuis longtemps, la création de la milice était encore trop récente pour que les binômes se fassent pleinement confiance. Il avait toutes les raisons du monde de refuser de de mettre son avenir au sein de la milice entre les mains de son coéquipier. « Il n'y a aucune raison pour que ça tourne mal, Aaron est un ami de longue date, mais même si c'était le cas, je prendrai tout à mon compte. C'est le meilleur moyen d'obtenir quelque chose. S'il me voit avec quelqu'un d'autre, Aaron se fermera comme une huître, crois-moi. » Eric prit quelques secondes pour réfléchir, plongea l'habitacle de la voiture dans le silence. Après un nouveau soupir, il fini par céder. « Bon d'accord, vas-y mais tu as intérêt à avoir raison. Je t'attends ici, on reste en contact par SMS. » Jared acquiesça et sorti de la voiture pour se diriger vers le bâtiment.

« Bonjour Jared, je ne savais pas que tu devais passer aujourd'hui », fit remarquer Sofiane avant de voir le badge que lui montrait le milicien. « Je suis désolé Sofiane, je viens avec ma casquette de milicien. Est-ce qu'Aaron est là ? Il faut que je le vois. » « Installe-toi dans la salle d'attente, je vais le prévenir que tu es là », répondit Sofiane en s'élançant dans l'escalier. Jared s'installa comme indiqué en attendant l'arrivé de son ami. Aaron n'allait pas aimer, ça mais il avait des ordres. Jonas était peut être mineur et comme tous les enfants en orphelinat il avait sans doute vécu des choses difficiles, mais il n'en demeurait pas moins un adolescent instable et dangereux qu'on ne pouvait pas laisser dans la nature au risque qu'il blesse quelqu'un d'autre. Il devait assumer les conséquences de ses actes, et visiblement les enseignements et punitions infligées dans le cadre de l'orphelinat ne suffisaient plus.

Aaron entra dans la pièce quelques secondes plus tard, Jared se redressa et se détendit dès que son ami ouvrit la bouche. Il n'avait jamais su si c'était ses pouvoirs de mutant qui agissaient sur lui ou cette figure fraternelle qui l'avait toujours protégé et aidé lorsqu'il était jeune qui faisaient effet sur lui. C'était probablement un peu des deux. Aaron avait été un des rares à savoir comment s'y prendre avec lui. Le ton de sa voix est enjoué, mais il ne dissimule pas pour autant les cernes sous ses yeux. Aaron a l'air épuisé, ses traits sont tirés, ses cheveux, hirsutes, comme s'il s'était passé à plusieurs reprises les mains dans les cheveux. Tel qu'il le connait et si Jonas a bien fugué, il a passé la journée à le chercher, à s'inquiéter et à se blâmer de l'avoir laissé échapper à sa vigilance. Son complexe du Saint-Bernard ne lui simplifiait pas la vie, s'il continuait à ce rythme, il ferait une syncope avant cinquante ans. « Mieux que toi visiblement, tu as l'air fatigué. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?  » Le lieu n'était pas vraiment approprié pour la discussion qu'ils devaient avoir, Aaron eut donc la bonné idée de lui proposer d'aller la poursuivre dans son bureau. « Je suppose que Sofiane t'as prévenu qu'il ne s'agit pas d'une visite de courtoisie. Allons dans ton bureau plutôt, on sera plus tranquilles. »

Il le suivi dans les escaliers qui montaient au premier étage, Aaron s'écarta pour le laisser entrer et referma la porte derrière eux. Le regard de Jared balaya la pièce, il n'avait jamais été dans cet orphelinat mais il s'imaginait sans mal le nombre de gosses perdus, en colère ou renfermés qu'il avait reçu ici. Il remarqua le verre à whisky vide posé sur son bureau. Si Aaron buvait à dix-sept heures, c'est qu'il passait vraiment une mauvaise journée. Il s'abstint néanmoins de tout commentaire, il avait bien trop de respect et d'admiration pour Aaron pour oser lui faire la moindre remarque. Aaron l'invita à prendre place face à lui. « On nous a signalé une agression qui a eu lieu cette nuit dans le quartier, un hunter. Il nous a dit avoir eu à faire à un mutant a prit le contrôle d'un drone de l'armée et s'en est servi comme projectile. L'agresseur s'est enfuit quand l'homme a sorti son arme. La description colle au physique de Jonas. » Le regard de son ami s'assombrit instantanément, l'ambiance apaisante sembla se dissiper quelque peu, Jared avait mit le doigt sur quelque chose. « Je suis vraiment désolé Aaron mais j'ai des ordres. Je dois voir Jonas et l'emmener au poste de la milice pour un interrogatoire. »

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MessageSujet: Re: (jared) No heroes, villains, one to blame   Mer 19 Juil 2017 - 23:19

No heroes, villains, one to blame
Jared & Aaron



C’est instinctif. Intuitif. Naturel et spontané : Aaron ne peut s’empêcher de retoucher les émotions de ceux qui l’entourent. Discrètement, sans mauvaise intention, toujours dans le même but de les faire aller bien, mais constamment. C’est instinctif, il entend d’ailleurs en permanence toutes les émotions des pensionnaires de l’orphelinat et les harmonisent sans y penser, c’est instinctif et dès qu’il s’approche de la salle d’accueil, sa mutation impacte doucement Jared pour le mettre dans de bonnes dispositions. Est-ce de l’abus ? Par bien des aspects, ça en est. Mais par d’autres… est-ce de l’abus de la part d’une personne que de sourire pour détendre l’atmosphère ? Non, certainement pas. Et pour sourire, Aaron sourit. Légèrement tendu. Légèrement crispé. Oscillant entre la joie sincère de recevoir son ancien - son plus vieux ! - protégé et l’anxiété causée par ce que ça implique. Sofiane, actuellement, est en train de faire partir Jonas et d’autres enfants de l’établissement sous couvert d’une escapade à vélo et rien que cela ne va pas aider Aaron à se sentir serein, et ce malgré toutes les mutations du monde. Enfin bon. En quelques mots, le directeur entreprend de poser les fondations d’une discussion voulue légère, potentiellement complice aussi. « Mieux que toi visiblement, tu as l'air fatigué. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?  » Un soupir, un sourire fatigué aussi, Aaron balaie sans attendre la question, d’un geste de la main. « Oh, tu sais, on va dire qu’il y a des jours avec, et des jours sans. Et aujourd’hui, c’en est un avec beaucoup d’animations et peu de repos, si tu vois ce que je veux dire ! » Mais comme toujours, pas d’inquiétude à avoir, souffle en sous-entendu le ton du directeur. Avec lui de toute manière, il ne faut jamais s’inquiéter. Il sait, il sent qu’il a tendance à trop peu déléguer, trop peu se confier, trop peu se décharger, le père de famille, le tuteur de ces dizaines de pensionnaires, mais c’est plus fort que lui : il garde tout dans son esprit et encaisse la fatigue en inspirant un bon coup. Comme maintenant. Comme lorsqu’il prend les devants et propose une retraite dans son bureau, un havre de paix par certains aspects, un bunker par bien d’autres et trop souvent une zone de quarantaine destinée à protéger le reste du bâtiment. « Je suppose que Sofiane t'as prévenu qu'il ne s'agit pas d'une visite de courtoisie. Allons dans ton bureau plutôt, on sera plus tranquilles. » Un nouvel acquiescement, « Allons-y donc ! » et Aaron guide Jared jusqu’à la pièce du premier étage que fréquentent tous les pensionnaires à un moment ou à un autre.

Son bureau. Un agencement simple : ces bibliothèques couvrent une bonne partie des murs, des fauteuils et une table basse dans un coin, un large bureau de l’autre côté, où s’empile le courrier, où s’empilent des papiers ; des cartons aussi, des dossiers en quantité, des jouets, des animaux en pâte à sel, des colliers de perle, quelques dessins épinglés aux rares portions de papier peint ; du parquet, des livres et des photos aussi. Beaucoup de photos. Des petites portions de la vie de l’orphelinat, des étincelles d’enfants perdus, d’enfants trouvés, des étincelles de rire. Son bureau. Encombré. Et sur son poste de travail, le sourire éclatant de Celeste, celui plus tendre mais non moins rieur de Chiara, plus récemment des photos de Moira et de lui, au cinéma. Des programmes de concert de violon, les billets datant du quatorze février. Et au milieu de tout ça, un verre. D’alcool. Presque vide, contenu trahi par les quelques gouttes qui en parfument le fond, une empreinte colorée, olfactive. Un aveu balayé du regard par Aaron et aussitôt rejeté. C’est dans l’un des fauteuils excentrés qu’Aaron prend place, c’est dans l’un des fauteuils excentrés qu’il invite Jared à prendre place. Et c’est dans l’un de ces fauteuils où il reçoit le plus souvent les parents émettant le vœu d’adopter, ou les jeunes qu’il accueille dans son établissement, c’est dans ces fauteuils excentrés de la rigidité du bureau directorial qu’Aaron choisit d’accueillir ce nouveau problème. Jonas. « On nous a signalé une agression qui a eu lieu cette nuit dans le quartier, un hunter. » Cette nuit. Aaron retient comme une peu une grimace, laisse paraître une moue fatiguée. Exaspérée. « Il nous a dit avoir eu à faire à un mutant qui a pris le contrôle d'un drone de l'armée et s'en est servi comme projectile. L'agresseur s'est enfui quand l'homme a sorti son arme. » Cette fois, Aaron ne tente même pas de se retenir : il se prend la tête entre les mains, prêt à recevoir une conclusion déjà transmise par Sofiane. « La description colle au physique de Jonas. » Un coup d’œil en direction de Jared, Aaron a le regard sombre. Tendu. Il sait ce qui se profile à l’horizon. Mais comme toujours, il n’a pas envie de l’encaisser. Et met au défi son ami, son ancien protégé, de les mener à cette extrémité, de les acculer dos au mur, dans une situation inextricable. « Je suis vraiment désolé Aaron mais j'ai des ordres. Je dois voir Jonas et l'emmener au poste de la milice pour un interrogatoire. » Un claquement de langue, Aaron dessert définitivement sa cravate. S’en libère. Et soupire. « Non. » Un mot, un seul mot. Comment un seul mot peut-il être énoncé avec autant de calme, alors que les émotions d’Aaron lui vrillent les tympans, alors que les percussions s’affolent au même rythme que son cœur ? Une inspiration, le directeur maintient sa mutation sous contrôle. Par respect pour Jared. « Je veux tout savoir d’abord, je ne te remettrai pas Jonas tant que je n’aurai pas la certitude que ton enquête n’est pas… biaisée. » Il se lève, le directeur, par réflexe, pour aller remplir son verre. S’interrompt trop tard dans son mouvement, dévie son geste pour éviter la bouteille et se contenter de s’appuyer à son bureau. « Tu dis qu’un hunter s’est fait agresser… mais de base, ce hunter se nomme ainsi parce qu’il agresse des gens comme moi. Où il est actuellement ? En train de porter plainte ? Et… » Aaron se contraint au silence, se contraint au calme. S’impose une mélodie plus douce, joue l’équilibriste avec ses propres émotions. « Pardonne moi, comme je te disais, rude journée. Reprenons. Es-tu sûr à cent pourcent qu’il s’agit de Jonas ? Je sais qu’il fait un coupable idéal, mais… il n’est pas le seul. » Et il n’était pas seul, cette nuit, à avoir fugué. Disparu. Les doigts d’Aaron pianotent sur le bureau du bureau. « S’il s’agit de lui, que risque-t-il ? »


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Dernière édition par Aaron Trager le Sam 5 Aoû 2017 - 0:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (jared) No heroes, villains, one to blame   Dim 23 Juil 2017 - 14:42


Aaron & Jared

No heroes, villains, one to blame

La fatigue marquait les traits de son ami, pas étonnant donc qu'Aaron lui annonce que la journée qu'il venait de passer n'était pas de tout repos. Toutefois, comme à son habitude, Aaron préférait faire dans l'euphémisme, il n'y avait qu'à observer son air hagard, lui qui d'habitude respirait l'énergie et l'enthousiasme, pour comprendre qu'il avait vécu des heures épuisantes. A la demande de son ami, le directeur le conduisit dans son bureau, une pièce qu'il avait aménagé à son image et qui n'avait rien à voir avec un bureau de directeur classique et austère, truffé de photos et de souvenirs de gens qui font partie de sa vie, empli de livres aussi, c'était d'ailleurs lui qui avait poussé le l’adolescent qu'était Jared à s’intéresser à la littérature, là où l'école avait lamentablement échoué. Un coin « salon », moins formel que le bureau avait même était aménagé dans un coin de la pièce afin d'y recevoir tous les types de publics qu'en directeur d'orphelinat pouvait être amené à côtoyer.

C'est d'ailleurs dans l'un de ces fauteuils confortable qu'Aaron invita Jared à prendre place. Une fois installé et à l'abri  des oreilles indiscrètes, Jared expliqua à son ami la raison de sa présence.  A l'évocation du nom de Jonas, le visage d'Aaron s'assombri et il plonge la tête dans ses mains, comme s'il ne prenait même plus la peine de vouloir dissimuler son état de fatigue. Jared aurait pu entendre un « qu'est-ce qu'il a encore fait » sortir de sa bouche que ça n'aurait pas été plus explicite de l'exaspération dans lequel l'adolescent de 15 ans le plongeait. Sa réponse n'en fût pas pour autant moins ferme, un  « Non. »  qui claqua comme un coup de fouet. Jared releva les yeux pour les plonger dans les yeux de son ami, surpris par la fermeté du ton. Un silence s'installa entre les deux hommes. Jared aurait voulu lui répondre qu'il n'était plus un gamin et qu'il n'avait pas à s'adresser à lui de cette manière, mais Aaron s'était repris et voilà qu'il distillait à nouveau cette ambiance calme et apaisante, lui coupant l'herbe sous le pied par la même occasion. Fichu don. Réalisant sans doute ce qu'il était en train de faire, il leva son emprise, permettant ainsi à Jared de redevenir maître de ses propres émotions. « Je veux tout savoir d’abord, je ne te remettrai pas Jonas tant que je n’aurai pas la certitude que ton enquête n’est pas… biaisée. » Jared soupira en s’enfonçant dans son fauteuil, il espérait ne pas avoir à invoquer les pouvoirs de coercition de la milice dans son domaine mais Aaron ne lui laissait pas le choix. En même temps qu'espérait-il, c'était Aaron, évidemment qu'il allait chercher à connaître les moindre détails de l'enquête avant de remettre à la milice son protégé. «  J'ai bien peur que tu n'aies pas le choix, ce n'est pas de ton ressort, la milice a pouvoir d'enquête sur tous les crimes et délits qui impliquent mutant ou hunters. Je suis venu te voir par courtoisie mais je peux emmener Jonas sans te demander ton avis. » Il laissa un court silence s'installer avant de reprendre. « Je n'ai rien contre Jonas, il est suspect c'est tout, et à ce titre il est présumé innocent jusqu'à ce qu'on est la preuve formelle de sa culpabilité. » Jared admirait Aaron a bien des égards, mais sa façon de penser que les forces de l'ordre enfermaient les gens de façon arbitraire et de sous-entendre par là même qu'il bâclait dans ses enquêtes pour améliorer les statistiques était profondément blessant pour l'homme de devoir qu'il était. « Tu dis qu’un hunter s’est fait agresser… mais de base, ce hunter se nomme ainsi parce qu’il agresse des gens comme moi. Où il est actuellement ? En train de porter plainte ? Et… » , s'interrompit-il. Nouveau silence. Jared observait son ami sans broncher, il connaissait l'aversion d'Aaron pour les hunters et il la comprenait. Il n'y avait rien de pire que des individus qui traitait tout ce qui était différent de « dégénérés » et cherchait leur extermination. « Pardonne moi, comme je te disais, rude journée. Reprenons. Es-tu sûr à cent pourcent qu’il s’agit de Jonas ? Je sais qu’il fait un coupable idéal, mais… il n’est pas le seul. » , reprit-il sur un ton plus calme. « Non je ne suis pas sûr, c'est justement le principe de l'interrogatoire que d'apporter des réponses. Il correspond à la description qu'on a eu de l'agresseur mais si ce n'est pas le seul, il va me falloir la liste des jeunes qui ont fugué cette nuit  », répondit-il d'un air sombre.  Il détestait avoir à demander à Aaron de se mettre en porte-à-faux vis-à-vis de ses gosses, mais il n'avait pas le choix. « S’il s’agit de lui, que risque-t-il ? » Jared se retint de lever les yeux au ciel, la réponse à cette question ne changerait strictement rien au fait qu'Aaron n'avait pas le choix, que Jared devrait conduire Jonas au poste et qu'il ne pouvait rien y faire. Par respect pour son ami, il se contenta de répondre sans faire de commentaire. « C'est le juge qui décidera de la peine, on est toujours dans un Etat de droit. Au regard de la loi et si l'excuse de minorité est retenue, il encourt au maximum une peine d'un an de réclusion dans un centre de redressement pour mineurs. » Il se sentit tout de même obligé de préciser quelques points. « Quant au hunter, on le qualifie comme tel parce qu'il a déjà fait l'objet d'une condamnation à la réclusion il y a de cela quelques années. Il est probable qu'il ait reprit son activité mais on a pas de preuve et comme je te l'ai indiqué, on enferme pas les gens sans preuve... »

Il sentit son téléphone vibrer dans sa poche et jeta un coup d’œil sur l'écran, Eric, pourquoi diable l'appelait-il alors qu'ils avaient convenu de passer par textos. « Excuse-moi, je dois prendre cet appel », lança t-il a Aaron avant de s’éclipser de la pièce en prenant bien soin de refermer la porte derrière lui. « Qu'est-ce qu'il y a ? » interrogea t-il, agacé. « Hé du calme, c'est pas ma faute si ton pote n'est pas réglo. Quelqu'un est en train de faire sortir des gamins de l'orphelinat et de les faire monter dans un mini-bus en ce moment même. Je crois voir le gosse auquel tu pensais. » Jared se  passa les mains dans les cheveux. Merde. Il aurait du s'en douter. « Je les prends en filature, hors de question de prendre le moindre risque de les perdre si ton copain nous la fait à l'envers. », reprit Eric. « Qu'est-ce que tu veux qu'ils fassent, ils ne peuvent pas aller bien loin. Aaron a du décider de les éloigner en attendant de savoir de quoi il retourne. Suit-les si ça t'amuses mais n'interviens pas, Aaron est un homme raisonnable, j'ai bon espoir de le convaincre de nous laisser l'amener sans qu'on est a passer par la force. Et puis rappelle-toi, on est jamais censés intervenir seuls. » « T'es  sacrément gonflé Walker, tu le sais ça ? » « Tiens moi au courant, et par texto s'il te plait », conclu Jared avec un petit sourire avant de raccrocher. Sa conversation terminée, il retourner s'installer dans le bureau face à Aaron. «  Désolé pour le contre-temps. Ecoute Aaron, je sais que tu essaies de protéger ces gosses et je suis mal placé pour te dire que tu t'impliques trop mais tu dois comprendre que ce n'est pas une demande, j'ai un ordre direct. On peut rester ici à discuter des heures de l'enquête mais ça ne changera rien. Ou alors tu peux amener Jonas ici tout de suite et on fera en sorte d'avoir une conversation avec lui pour lui expliquer pourquoi on l'emmène au poste et pour tenter d'obtenir sa coopération. » Aaron était un des rares hommes en lesquels il avait placé s confiance, et il l'avait fait parce que l'homme l'avait mérité. Il savait qu'il n'aurait pas dû douter mais c'était plus fort que lui, il fallait qu'il le teste pour savoir si son ami allait lui dire la vérité à propos de l'escapade qu'il avait organisé pour éloigner les gamins.

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Dernière édition par Jared Walker le Ven 25 Aoû 2017 - 22:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (jared) No heroes, villains, one to blame   Sam 5 Aoû 2017 - 0:31

No heroes, villains, one to blame
Jared & Aaron



Les rapports entre Aaron et les autorités ont longtemps été des plus cordiaux. Détendus. Etrangement détendus, même, compte tenu des nombreux allers-retours qu’il a pu avoir à faire au commissariat pour les différentes incartades commises par ses protégés. Mais ça fait quelques années qu’elles se sont tendues. Crispées. Entre l’émergence, réelle et dangereuse, des hunters et des policiers partiaux, entre l’agressivité de certains, la passivité d’autres, entre la dégringolade de Celeste, la mise en lumière des mutations, les vaccinations, l’explosion du nombre d’orphelins… les relations entre le directeur et les forces de l’ordre se sont rapidement fissurées. Brisées. Tout comme la confiance qu’il pouvait avoir en eux. Et la confiance, justement, a beau être présente entre le mutant et le milicien, elle hésite. Jonas, il ne le livrera pas aussi facilement. Livrer de lui-même ses jeunes, ce n’est pas dans ses habitudes, ce n’est pas dans ses principes, il préfère – et de loin – les accompagner, avoir toutes les cartes en main pour comprendre, établir les responsabilités, les défendre avec l’agressivité d’un père et le recul d’un tuteur malgré tout. C’est dans une position délicate qu’il se trouve, Aaron, en tant que directeur, éducateur, responsable et confident pour la plupart de ses pensionnaires. Il doit toujours trouver l’équilibre le plus juste entre la position de père, de frère, de héros, entre la position de professeur, de guide, de tuteur.

Accompagner les jeunes. Garder une autorité certaine sans pour autant qu’ils perdent leur confiance en lui. Confiance. Finalement, Aaron en vient à se faire la remarque que ce qui est en jeu avec Jonas l’est également avec Jared à cet instant. Tout est une question de confiance. Tout est une question d’équilibre. Tout est une question de concessions, et des concessions qu’il ne se sent pas capable de faire pour le moment. Il veut tout savoir, Aaron. Et même si dans ses propos transparait sa défiance, même si le soupir que lui confie son ami et ancien protégé lui confirme la mauvaise réception de son refus, le directeur ne se sent en aucun cas capable de faire marche arrière ou de même concéder un seul pas de recul pour le moment. Par réflexe, Aaron se lève, veut se servir un verre, s’interrompt dans son mouvement et se contente de trouver en son bureau un appui. «  J'ai bien peur que tu n'aies pas le choix, ce n'est pas de ton ressort, la milice a pouvoir d'enquête sur tous les crimes et délits qui impliquent mutant ou hunters. Je suis venu te voir par courtoisie mais je peux emmener Jonas sans te demander ton avis. » Le regard du mutant s’assombrit brutalement. Par courtoisie. Le ton est donné, et la fatigue n’aide pas à faire la part des choses : sa mutation frémit sur son épiderme, vrille ses oreilles pour lui souffler de faire comprendre à Jonas sa conception d’une telle courtoisie. Il est bien évidemment hors de question de se laisser aller à une réaction aussi basse et immature, mais la tentation et là. Et le silence en est la conséquence. Je peux emmener Jonas sans te demander ton avis, Aaron sait qu’en effet il le peut. Sur le papier. Que dans les faits, tant qu’il ne sera pas convaincu de la culpabilité du jeune et plus encore, Aaron se sentira incapable d’obtempérer aussi facilement. « Je n'ai rien contre Jonas, il est suspect c'est tout, et à ce titre il est présumé innocent jusqu'à ce qu'on est la preuve formelle de sa culpabilité. » Sa mâchoire se crispe davantage encore, articule d’une voix affectée un « J’espère bien » tendu. Présumé innocent, les mutants le sont-ils réellement ? Il peine à le croire. Non qu’il se sente particulièrement persécuté, il n’irait pas jusque-là, mais non seulement Aaron a été élevé dans l’idée latente que ses gênes faisaient de lui un être d’exception mais les récents événements ont achevé de le convaincre que les transmutants n’étaient pas considérés comme des citoyens lambdas, quoi qu’on puisse espérer, quoiqu’on puisse prétendre. Peut-être à juste titre. Peut-être injustement. Le fait est que la présomption d’innocence… la colère enfle, il la contraint au silence d’une mélodie apaisante qui s’immisce sans qu’il s’en aperçoive, dans un premier temps, dans les émotions de Jared lui-même. Il s’emporte, joue l’équilibriste, se laisse aller à des raccourcis discutables…

Une inspiration, et une excuse, Aaron le concède enfin, ce pas en arrière. Pour dissiper un peu la tension. Comme une araignée, plus ou moins consciemment, il tisse une toile délicate, fils de soie apaisés, trame de calme et de confiance, pour les impacter tous les deux sans que cela ne se sente de prime abord. Il le sait, Aaron, que par bien des aspects Jonas est le coupable idéal : description, caractère, antécédent, mutation. A dire vrai, il n’a même presque aucun doute quant à la culpabilité du jeune, mais… tout n’est actuellement qu’une question de principe. Et de protection. « Non je ne suis pas sûr, c'est justement le principe de l'interrogatoire que d'apporter des réponses. Il correspond à la description qu'on a eu de l'agresseur mais si ce n'est pas le seul, il va me falloir la liste des jeunes qui ont fugué cette nuit  » Aaron fixe un instant Jared. La liste des jeunes qui ont fugué cette nuit… la question la plus logique qu’il soit point aux lèvres du directeur mais reste silencieuse : comment sait-il ?. Elle reste tue puisque la réponse la plus logique, également, ne tarde pas à suivre dans les pensées du mutant. Parce que sa fatigue, sa tension, sa réaction le clament. Il déglutit, Aaron, avant de faire une nouvelle concession : qu’est-ce que Jonas risque, du haut de sa quinzaine d’années ? « C'est le juge qui décidera de la peine, on est toujours dans un Etat de droit. Au regard de la loi et si l'excuse de minorité est retenue, il encourt au maximum une peine d'un an de réclusion dans un centre de redressement pour mineurs. » Les yeux d’Aaron se ferment. Sa main monte à ses tempes pour les masser douloureusement. Réclusion. Redressement. Absolument tout pour lui déplaire, décidément. « Quant au hunter, on le qualifie comme tel parce qu'il a déjà fait l'objet d'une condamnation à la réclusion il y a de cela quelques années. Il est probable qu'il ait repris son activité mais on a pas de preuve et comme je te l'ai indiqué, on enferme pas les gens sans preuve... » Un claquement de langue, « Je vois. », il se détache du meuble pour revenir vers Jared. « Etat de droit, voilà qui reste à voir… » son marmonnement se fait le vecteur d’une mauvaise foi peu crédible. « Dans tous les cas, je… » Jared jette un coup d’œil à l’écran de son portable qui se fait remarquer, Aaron laisse sa phrase mourir sans suite, consulte son propre téléphone où un sms de Sofiane, un « :ok: :;): » explicite, lui confirme que les enfants quittent enfin l’orphelinat. « Excuse-moi, je dois prendre cet appel » D’un geste de la main, le directeur lui fait signe qu’il n’y a « Aucun problème, je comprends ». Et sitôt la porte fermée, il s’empresse d’aller inonder le fond de son verre pour achever de se réveiller. Tenter, du moins.

S’il n’entend rien des propos que Jared est en train de tenir, s’il n’ose aller écouter à la porte, Aaron ne peut s’empêcher malgré tout de tendre l’oreille. L’Agacement prime. Un soupçon d’anxiété se déclare, suivi d’une certaine… résignation ? Une décision, il le sent, est prise, tout comme… Jared revient, Aaron repose son verre, vide à nouveau. «  Désolé pour le contre-temps. » « Aucun souci », lui assure-t-il immédiatement avec un sourire. Tendu. « Ecoute Aaron, je sais que tu essaies de protéger ces gosses et je suis mal placé pour te dire que tu t'impliques trop mais tu dois comprendre que ce n'est pas une demande, j'ai un ordre direct. On peut rester ici à discuter des heures de l'enquête mais ça ne changera rien. Ou alors tu peux amener Jonas ici tout de suite et on fera en sorte d'avoir une conversation avec lui pour lui expliquer pourquoi on l'emmène au poste et pour tenter d'obtenir sa coopération. » Et la tension n’est pas prête de se dissiper, bien au contraire.

Aaron garde le silence face à ce qu’il considère être une accusation des plus directes Ordre direct. Amener Jonas tout de suite. Qu’il se sent brutalement stupide, le directeur : bien sûr que Jared n’est pas venu seul. Bien sûr qu’il est aux ordres d’un autre. Bien sûr qu’il est venu seul dans le bureau par courtoisie mais que ça ne va pas durer. Alors il s’ouvre, pleinement, aux émotions de tout l’orphelinat pour y laisser tomber une chape de calme et de passivité, progressive, pour mieux, dans un premier temps, contrôler Jared. Ce n’est clairement pas une réaction raisonnable. Ce n’est clairement pas une réaction normale. Ce n’est clairement pas ce à quoi Aaron a habitué ses proches, lui qui a toujours prôné l’utilisation raisonnée, maîtrisée, ponctuelle d’une mutation aussi nocive que la sienne. Preuve étant qu’il ne se contente pas d’impacter son vis-à-vis mais étant son rayon d’action à l’ensemble du bâtiment, pour ne pas aller chercher à l’aveuglette le coéquipier du milicien. La tension explose dans son crâne, une goutte de sang perle à son nez, il relâche la pression. Action inutile. Action à des années lumières de ses choix, de son caractère. Redoutable fatigue qui aveugle son jugement, estompe sa lucidité. « Tu ne comprends pas. Ils n’ont que moi. La plupart des gosses de l’établissement, ce sont des rejetons de mutants ou des mutants eux-mêmes, si ce n’est les deux. La plupart, ce sont tes prédécesseurs, les flics sous Lancaster qui leur ont arraché tous leurs points de repère. La plupart ne seront pas adoptés parce que les gens auront peur de ce qu’ils sont. » Il cherche un mouchoir, le passe à ses narines et le voit revenir carmin dans le creux de sa main dans le creux de son poing serré. « Je suis le seul rempart entre Jonas et sa colère, et l’incompréhension du reste du monde. » Dramatise-t-il ? Peut-être. Mais… la fatigue n’aide en rien. La conscience d’une Celeste vaccinée encore moins. « La réclusion ne servira à rien contre un transmutant, tu le sais. » Et l’alternative est donc le vaccin. Inacceptable. « Je ne peux pas faire confiance à une institution qui ne sait pas avec quoi elle joue. » Et lui joue pour le moment la carte d’une franchise abrupte. Ses yeux se heurtent à ceux de Jared. « Jonas n’est pas dans le bâtiment. Tu t’en doutes. »

Et s’il ne s’en doute pas, c’est une erreur de sa part. « Une sortie à vélo. Avec Sofiane. Tu l’as loupé de peu. Je veux avoir l’occasion de le confronter. Seul. En tête à tête. » Est-ce la carte de la négociation qu’Aaron est en train de jouer ? Certainement. Une négociation aux dés pipés, son nez recommence à saigner sans qu’il ne s’en rende tout de suite compte. Et lui, recommence à réaccorder les émotions de Jared. Rien de bien marqué, juste des petites touches. Infinitésimales. Pour ne pas le manipuler. Juste lui conseiller une décision. Le mettre dans de bonnes dispositions. Aaron n’a jamais changé drastiquement les émotions des personnes autour de lui, il ne les a toujours qu’influencées légèrement, sans les brutaliser. Avec délicatesse.



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Je crois que vous êtes faits l'un pour l'autre Et nos différences ? Au premier coup d’œil, la serrure et sa clé paraissent très différents. Pourtant, un examen approfondi lui révélera que sans l'une, l'autre devient inutile. L'homme averti voit alors que la serrure et la clé ont été créées dans un même dessein. •• ALASKA (sanderson)

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MessageSujet: Re: (jared) No heroes, villains, one to blame   Mar 15 Aoû 2017 - 13:35


Aaron & Jared

No heroes, villains, one to blame

Avec le temps, Jared avait appris à reconnaitre lorsqu’Aaron utilisait son don.  L’adolescent tourmenté et craintif qu’il était lorsque l’éducateur l’avait pris en charge avait même pris l’habitude de se laisser aller à ce sentiment d’apaisement et de calme que lui instillait Aaron. C’est grâce à son don, à son intégrité et à sa capacité à mettre en confiance que le jeune éducateur qu’il était à l’époque avait été capable de le sortir de sa coquille. Aujourd’hui  les choses étaient différentes, les deux hommes n’avaient plus les mêmes objectifs. Jared devait être vigilant, si Aaron s’efforçait de ne pas abuser de son pouvoir, il n’en était pas moins vrai qu’il pouvait l’influencer via la mise en œuvre et le développement d’un sentiment de bien-être qui pourrait entraver le déroulement de sa mission. Aaron était un homme bon qui ne cherchait qu’à protéger ses jeunes, comme il l’avait d’ailleurs protégé lui, mais lorsque cela mettait en jeu la sécurité publique, il fallait être ferme et rétablir les choses avant qu’elles ne dégénèrent. Après tout, lui aussi avait vécu des choses pas drôles dans son enfance, son corps gardait encore une cicatrice des coups de son père, pour autant jamais il n’avait été question pour lui de basculer dans le délit ou la criminalité et de s’écarter du chemin de la justice. Il avait donc tendance à être beaucoup plus sévère que son ami vis-à-vis des jeunes qui basculaient du mauvais côté. Le milicien poursuivit tout en restant concentré, conscient que la mutation d’Aaron agissait sur lui, mais suffisamment maître de lui- même pour s’en défaire s’il sentait que l’effet du don du mutant risquait de nuire à son objectif. C’était l’avantage d’en avoir « subit » les effets pendant tant d’années : on arrivait plus facilement à s’en défaire.

Son ami l’observait, circonspect, visiblement il n’était pas convaincu par son discours sur la justice du système. Jared n’insista pas, d’une part, il n’était pas venu pour ça, d’autre part cela n’aurait servi à rien : Aaron était persuadé que le système de justice et de sécurité du pays était pourri, gangréné par des flics corrompus. Dans une certaine mesure, il avait sans doute raison, des flics corrompus ou intolérant, frisant la limite avec les hunters, il en avait connu un certain nombre, et il ne doutait pas que son ami avait eu sa dose de mauvaises expériences avec ce genre d’hommes. Fallait-il pour autant rejoindre des groupes comme Uprising ou Insurgency aux tendances révolutionnaires ? Jared était convaincu que c’était une erreur, que c’était en agissant au sein du système, pas en le détruisant au risque d’en créer un encore plus injuste, que les choses se remettraient en ordre. Une chose était claire dans sa tête : que ce soient les leaders d’Uprising, Insurgency ou du Gouvernement, tous cherchaient la même chose : le pouvoir. Si certains le cachaient derrière des intentions pures et louables, que partageaient sans doute les troupes avec sincérité, ces leaders-là voulaient juste accéder au sommet. A un certain niveau, les convictions deviennent de la politique, Jared avait suffisamment côtoyé ses supérieurs de l’armée et du FBI pour le savoir, et comme toute organisation, la milice n’était pas épargnée. De l’intérieur, il avait simplement plus de pouvoir d’action qu’en restant en dehors. Les groupes pro ou anti-mutant étaient elles aussi des organisations et à ce titre, ils fonctionnaient de la même manière.

La sonnerie de son téléphone les interrompt. Il s’excuse auprès d’Aaron et sort un moment pour pouvoir discuter avec son co-équipier. Lorsqu’il revient, il décide de mettre son ami au pied du mur, il n’a pas de temps à perdre. S’il comprend le besoin d’Aaron de contrôler un tant soit peu les choses avant de remettre son protégé aux forces de l’ordre en lesquelles il n’a aucune confiance, le milicien doit lui faire également comprendre qu’il n’a en réalité pas le choix, que s’il n’emmène pas Jonas, ça ne sera pas lui mais un groupe entier de la milice qui viendra le conduire au poste quoi qu’il arrive et si son ami sort de la légalité en cachant Jonas, la milice les retrouvera et l’emmènera aussi. Si aucune de ses options ne conviendrait à Aaron, la première était sans nul doute la moins pire des deux. Les rôles étaient inversé, cette fois, c’était à Jared de protéger Aaron contre lui-même.  «  Tu ne comprends pas. Ils n’ont que moi. La plupart des gosses de cet établissement, ce sont des rejetons de mutants, ou des mutants eux-mêmes, si ce n’est les deux. La plupart, ce sont tes prédécesseurs, les flics sous Lancaster qui leur ont arraché tous leurs points de repères. La plupart ne seront pas adoptés parce que les gens ont peur de ce qu’ils sont. » Jared se força à garder le silence, s’aidant de l’aura d’apaisement qu’avait installé Aaron, bien que défaillant au fur et à mesure que la colère et l’exaspération montait chez le transmutant. « Je suis le seul rempart entre Jonas et sa colère, et l’incompréhension du reste du monde. »  Aaron s’élevait en seule figure paternelle, seul repère que ces gamins pouvaient avoir, seul protecteur face à un monde hostile. Il s’imaginait un monde de noirceur et de complots, sa paranoïa était irritante, voire blessante pour quelqu’un qui faisait de son mieux pour faire ce qui était juste, en restant dans le système. « La réclusion de servira à rien contre un transmutant, tu le sais. » Jared poussa un soupir. « Tu as une meilleure idée ? Dis-moi ce qu’il faut faire des transmutants dangereux alors, je t’écoute. Il faut bien les écarter de la population pour la protéger, on ne peut pas les laisser dans la nature sans rien faire. » Il ne parla pas le la vaccination, encore un point de désaccord entre eux. La vaccination et la réclusion les individus dangereux permettent de protéger les autres transmutants et les humains, alors pour lui, c’était un moindre mal. « Je ne peux pas faire confiance à une institution qui ne sait pas à quoi elle joue. » Cette fois-ci, Jared balaya d’un seul coup l’ambiance d’Aaron, refusant de se laisser atteindre. Il se leva, comme si la position debout lui permettait de mieux y résister, tout en se donnant l’impression de dominer celui qui était aujourd’hui à la fois son adversaire et son ami. « C’est toi qui ne sait pas à quoi tu joues, Aaron. Tu cherches à  protéger aveuglement Jonas simplement parce qu’ils a atterrit dans TON orphelinat, sans te poser la question de savoir que s’il se retrouve dans la nature, il peut provoquer de graves dégâts. Cette fois c’était un hunter, un type peu recommandable, mais la prochaine fois, qui sait s’il ne s’en prendra pas à un innocent. » Il ferma les yeux une seconde pour reprendre son calme, tout en restant concentré pour repousser l’aura qu’Aaron avait renforcé pour essayer de l’apaiser.

Un silence s’abattit comme une chape de plomb dans le bureau, un silence qui dura de longues secondes avant qu’Aaron ne décide finalement de reprendre la parole, d’une voix plus posée. « Jonas n’est pas dans le bâtiment, tu t’en doutes. » La réponse du directeur de l’orphelinat ne surprit évidemment pas le milicien compte tenu de ce dont l’avait informé Eric quelques minutes auparavant. « Une sortie à vélo. Avec Sofiane. Tu l’as loupé de peu. Je veux avoir l’occasion de le confronter. Seul. En tête à tête. » Jared s’éloigna jusqu’à la fenêtre pour ne pas montrer son hésitation, mais de nouveau l’aura apaisante d’Aaron agissait sur lui. Il avait des ordres stricts : ramener Jonas, et ce quel que soit le moyen utilisé, ce qui lui laissait toute la latitude nécessaire pour employer la force. Il n’en avait pas la moindre envie. Il avait été un gosse perdu et en colère avant Jonas, et si un homme comme Aaron n’avait pas été là pour l’aider à gérer ses émotions, il aurait peut être mal tourné. Aujourd’hui, c’était Jonas qui avait besoin d’aide, et il était mal placé pour la lui refuser. Ce gosse était peut être un jeune criminel, mais il pouvait encore être sauvé et l’emmener de force ne ferait que le traumatiser d’avantage, attiser sa haine des forces de l’ordre et le pousser vers le mauvais chemin. « D’accord. Tu m’emmènes sur place ou tu leur dis de revenir ici, comme tu veux.  Je vous laisserai un moment seuls à seuls, tu as ma parole, mais si on va dans un endroit ouvert où il peut être tenté de s’enfuir, il ne quittera pas mon champ de vision. C’est à prendre ou à laisser. » Il se retourna juste à temps pour voir qu’Aaron saignait du nez. « Tu devrais y aller mollo avec ton don, comme avec tout le reste d’ailleurs… », reprit-il en jetant un coup d’œil sur la bouteille qui trônait toujours sur le bureau d’Aaron. «  Tu n’es  pas un surhomme,  ne peux pas sauver tout le monde. Il faut se protéger soi-même pour pouvoir continuer de protéger les autres Aaron, c’est toi qui me l’a appris. »
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MessageSujet: Re: (jared) No heroes, villains, one to blame   Lun 4 Sep 2017 - 23:42

No heroes, villains, one to blame
Jared & Aaron



Discrète. Aussi légère qu’un drap de soie. Pendant des années, la mutation d’Aaron ne s’est concentrée que sur la peine et la joie, deux émotions distinctes, presque contraires mais parfois complémentaires. Pendant des années, il a peaufiné son art, son toucher, sa sensibilité, pendant des années il a appris à être silencieux. Une note en plus, un ton en plus, un tempo ralenti… le solfège s’est fait émotion, les émotions se sont faites gamme. Et Aaron a appris à réagir à l’instinct, à jouer les yeux fermés, il a appris à suivre ses impulsions, avec délicatesse. Avec le temps, Aaron a perdu le sens de la mesure, il a perdu de vue la limite entre la bonne volonté et l’intrusion. Et dans des moments comme celui-là, il n’hésite plus, il ne pense plus, il agit pour suivre ce qu’il pense être bien et plus pour ce qui l’est réellement. Comme lorsqu’il a pris la décision d’éloigner Jonas. Comme lorsqu’il a pris la décision de s’intercaler entre la milice et son protégé. Comme à cet instant alors que par un effort de volonté, il étend son champ d’action sur toute la superficie du bâtiment, établissant dans son crâne une tension à la hauteur de celle qui règne dans la pièce depuis le retour du milicien. Jared sait, c’est évident. Ça lui semble évident, il l’entend, par bien des aspects. Et s’il vient de brutalement tenter d’agir surtout le bâtiment, ses limites l’acculent sans attendre contre le mur, des vaisseaux explosés dans ses narines, une perle écarlate et une migraine malvenue comme conséquences. Action violente, action inutile, action pénalisante : Aaron tente de se ressaisir sans succès : il se fait agressif. Il ne livrera pas Jonas. Pas à ceux dont les prédécesseurs ont permis l’existence de toute une génération d’orphelins. Pas…

Aaron perd le contrôle. Véritablement. Si sa voix reste posée, si ses mouvements restent maîtrisés, si sa franchise, abrupte et coupante, parvient à rester malgré tout contenue, Aaron perd indéniablement le contrôle. Il joue franc jeu. Avec une agressivité latente qui ne lui ressemble pas. Jonas n’est pas son fils, Jonas n’est qu’un mutant perdu, qui pense être dans son droit, qui pense avoir une revanche à prendre sur ceux qui lui ont pris ses parents. Jonas est un jeune en transition, un jeune qui peut se croire au-dessus des lois, un jeune qu’il faut absolument cadrer, mais un jeune, aussi, qu’Aaron n’a pas le droit d’abandonner. Je suis le seul rempart entre Jonas et sa colère, et l’incompréhension du reste du monde. Et lui, qui le cadrera ? Aaron perd le contrôle. Perd le contrôle de ses pensées, perd le contrôle non pas de sa mutation, mais des limites qu’il s’est toujours imposé. Des limités de pensée, des limites philosophiques, des limites fragiles qu’il a jour après jour redéfinies pour les maintenir. Parce qu’elle est infime, la frontière qui se situe entre l’assurance et l’arrogance. Parce qu’elle est infime cette frontière qui le distingue de ces transmutants persuadés d’être la prochaine étape de l’évolution. Il le pense, au fond de lui, Aaron. Il le pense, il le sait, il ne voit les humains que comme des personnes aux capacités atrophiées, des handicapés qu’il faut considérer avec indulgence. Educateur spécialisé, Aaron se croise constamment en train d’encadrer. Des enfants. Des transmutants. Des humains. Qu’elle est infime, cette frontière, qu’elle est fractionnée, morcelée, cette frontière, depuis qu’il sait que sa fille a été vaccinée de force. Aaron se pense sincèrement être le dernier rempart entre ceux dont il a la charge et l’animosité des humains. Il le pense. Vraiment. Mais qui sera le rempart entre sa mutation et les autres s’il décide un jour qu’il vaut mieux pour eux qu’il les calme d’office ? La pensée l’effleure, il l’écarte sans sourciller.

Qu’est-il en train de faire, vers où est-il en train de sombrer ? Pacifique, non-violent, Aaron perd le contrôle. Sa mutation ne lui échappe pas, son intégrité en revanche s’effiloche. La supériorité des mutants affleure dans ses propos, sans qu’il ne tente ne serait-ce que de la retenir. Qu’y-a-t-il derrière ses propos ? Uniquement de la fatigue ? Elle n’explique pas tout. Elle ne fait que révéler. Elle fait qu’exacerber ce qui existe déjà. Sa paranoïa, sa colère, son impatience. Et ce sentiment de demiurge qui menace à chaque instant de le submerger. On ne retient pas un transmutant. « Tu as une meilleure idée ? Dis-moi ce qu’il faut faire des transmutants dangereux alors, je t’écoute. Il faut bien les écarter de la population pour la protéger, on ne peut pas les laisser dans la nature sans rien faire. » Une part d’Aaron est tentée de répliquer qu’il n’y a pas de transmutants dangereux, mais même sa colère et sa fatigue ne sont pas suffisantes pour lui faire cracher de telles inepties. Des mutants dangereux, il en connaît. Il en fréquente. Il en héberge. Et il sait en être un aussi, il connaît, commence à connaître et à apprendre, le potentiel destructeur de ce qu’il est. Mais… Non. Il refuse, tout simplement, de placer sa confiance dans une institution qui ne sait pas avec quoi elle joue. Elle ne sait tout simplement pas. La milice, la société, les laboratoires qui ont conçu, mis en circulation des vaccins destructeurs, tous ces hommes et ces femmes ne savent pas avec quelles forces ils jouent. Ils tâtonnent, mutilent, tuent et enferment cent innocents pour un coupable.

Aaron a longtemps eu confiance en la justice, en les institutions. Il a encore confiance, mais cette confiance est fendillée. Lézardée. Il a longtemps œuvré de concert avec les autorités, mais… Mais il rechigne, à présent. Dès qu’un mutant est impliqué. La musique de Jared monte en puissance, s’assure, rejette les modifications d’Aaron qui hésite, véritablement, à forcer le passage. Qui inspire et se retient, face aux mouvements de son vis-à-vis. Ils sont tous les deux debout, à présent. Et la relation cordiale, amicale, enracinée dans les années, qui les relie, semble un instant être réellement occultée par leurs deux positions. « C’est toi qui ne sais pas à quoi tu joues, Aaron. Tu cherches à protéger aveuglement Jonas simplement parce qu’il a atterri dans TON orphelinat, sans te poser la question de savoir que s’il se retrouve dans la nature, il peut provoquer de graves dégâts. Cette fois c’était un hunter, un type peu recommandable, mais la prochaine fois, qui sait s’il ne s’en prendra pas à un innocent. » Aaron ne répond rien. Il se contente de maintenir la pression. Sans l’accentuer. Sans l’affaiblir. Tout n’est qu’une question de volonté, et la migraine qui bat à ses temps ne l’arrêtera pas tout de suite. Jared sait ce que le mutant fait. Et le mutant n’essaye plus de se cacher.

Jonas n’est, de toute manière, plus dans le bâtiment. Aaron a véritablement décidé de jouer la carte de la franchise. De cette vérité forcée. Sortie à vélo, ce n’est en rien un mensonge. Décidée avec précipitation, certes, mais… Tout cela pour se ménager du temps, tout cela pour se ménager de l’espace. Aaron déploie les émotions autour de lui comme autant de mains supplémentaires pour jouer sur un piano et forcer une mélodie à ressortir au-dessus du reste. Il ne force pas, il n’insiste pas, il se fait juste plus insidieux. Pour que Jared l’écoute, pour que Jared comprenne. Aaron joue avec les limites de la légalité, il joue avec ses limites, il ne tiendra plus longtemps à ce rythme d’utilisation de ses capacités. Tôt ou tard, sa concentration va s’affaiblir, tôt ou tard, il va commencer à perdre en précision, perdre en minutie, perdre en contrôle. Mais… « D’accord. Tu m’emmènes sur place ou tu leur dis de revenir ici, comme tu veux.  Je vous laisserai un moment seuls à seuls, tu as ma parole, mais si on va dans un endroit ouvert où il peut être tenté de s’enfuir, il ne quittera pas mon champ de vision. C’est à prendre ou à laisser. » Jared se retourne, Aaron libère un soupir de soulagement, hoche un instant la tête. « Tu devrais y aller mollo avec ton don, comme avec tout le reste d’ailleurs… » S’immobilise. «  Tu n’es pas un surhomme, tu ne peux pas sauver tout le monde. Il faut se protéger soi-même pour pouvoir continuer de protéger les autres Aaron, c’est toi qui me l’a appris. » Et dans son expiration, puisqu’il a obtenu tout ce qu’il pouvait avoir, Aaron relâche la pression. Véritablement. Sa mutation se replie, s’apaise, revient à son niveau constant de calme maîtrisé, de mélodie douce et apaisante, sa mutation cesse d’harceler son interlocuteur, ses épaules s’affaissent, il se sent prendre un certain nombre d’années. « Merci » C’est ce qui lui semble le plus important, à cet instant, alors que machinalement, il retourne à son bureau, hésite à se remplir un nouveau verre, jette un regard à Jared, tu devrais y aller mollo, hésite réellement, et cède à l’envie : l’alcool clapote. « Je ne t’en propose pas, je doute que tu acceptes. » Pas en service, il s’en doute, et surtout pas face à un mutation motiopathe, il s’en doute aussi. « Je sais, je sais ce que je t’ai appris. Et crois-moi, je sais ce que je fais, je sais quels paris je fais, je sais ce qui mérite que je pousse jusqu’à mes limites, mais crois-moi, je sais également où m’arrêter. » Le sait-il réellement ? S’il était honnête avec lui-même, Aaron confesserait que non. « Mais… je protège peut-être Jonas parce qu’il a eu la chance, ou la malchance, d’atterrir dans mon orphelinat. Et je me pose, contrairement à ce que tu sembles croire, la question de ce qu’il peut devenir, tous les soirs. Tu veux des chiffres ? Je ne sais plus quel pourcentage mondial mon espèce représente, » espèce, le mot lui-a-t-il réellement échappé ? « Mais près de trente pourcents de mes pensionnaires sont des mutants si j’en crois mes observations et les résultats des dépistages. Trente pourcents. Jonas n’a pas atterri pas hasard ici. Il a été la victime d’un génocide. » Aaron se tait, reprend sa respiration. Son nez recommence à saigner mais ce n’est pas sur Jared qu’il utilise sa mutation, c’est sur lui-même. Pour éclaircir ses pensées. Eteindre quelques émotions. Marcher sur le fil comme un funambule. « Je ne peux peut-être pas sauver tout le monde, Jonas, mais des mutants, je peux en sauver davantage que toi. » Et lui, alors, qui le sauvera lorsqu’il franchira des limites et que la milice décidera d’intervenir ?

« Je me doute bien que cette situation n’est facile pour personne, et je te remercie pour ta compréhension Jonas. J’entends tes conseils, mais crois-moi, je sais ce que je fais. » Du moins, il le croit. « Permets moi une seconde ? » Il se détourne de Jared, numérote le téléphone de Sofiane. En quelques mots, l’important est convenu : Sofiane fait demi-tour, revient avec Jonas, le dépose derrière l’orphelinat, sur le champ qui s’y étend, à la frontière de la ville. Une sorte de terrain vague. « Ils seront là d’ici une dizaine de minutes. Ton acolyte ne se pointera pas, j’espère ? » Ce n’est pas qu’il l’espère, c’est qu’il l’impose. Presque. « Et hors de question de lui passer vos menottes. » Aaron accumule les revendications et il s’en rend bien compte. Un soupir, le voilà niveau en train d’essayer de faire amende honorable. « J’apprécie tous les efforts que tu fais, même si on peut croire le contraire. Je m’excuse, encore une fois. Pour… » Il avale une gorgée, une trop longue gorgée, d’un liquide qui lui brûle les entrailles. « Je vais discuter avec Jonas. Et ensuite, je vous accompagnerai. »

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Je crois que vous êtes faits l'un pour l'autre Et nos différences ? Au premier coup d’œil, la serrure et sa clé paraissent très différents. Pourtant, un examen approfondi lui révélera que sans l'une, l'autre devient inutile. L'homme averti voit alors que la serrure et la clé ont été créées dans un même dessein. •• ALASKA (sanderson)

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MessageSujet: Re: (jared) No heroes, villains, one to blame   Mer 20 Sep 2017 - 22:30


Aaron & Jared

No heroes, villains, one to blame

Jared ne s'était jamais considéré comme un bon soldat obéissant aux ordres sans poser de questions. Profondément épris de justice, il avait du mal à croire aux insinuations d'Aaron concernant la milice. Comme partout, il y avait des honnêtes gens, et d'autres moins dans cette force armée, mais ça n'en était pas moins vrai pour les membres de l'Insurgency ou d'Uprising. Il mettait les hunters à part, il avait du mal à croire que des personnes qui se livraient à un véritable génocide puissent avoir en eux une once d'humanité. Jared n'était pas infaillible, mais il se pensait suffisamment clairvoyant pour pouvoir repérer un changement d'orientation ou une compromission quelconque de la milice. Lorsqu'Aaron lui faisait la leçon sur les dérives du gouvernement et des forces de l'ordre, il avait la sensation d'être à nouveau un petit garçon, comme si son mentor ne comprenait pas pas qu'il ait grandit ou qu'il ne prenait pour plus bête qu'il n'était. A voir son refus d'accepter qu'un mutant, en l’occurrence Jonas, puisse commettre des méfaits et agir en dehors de la loi, Jared se disait que son ami vivait dans un monde manichéen : les gentils mutants contre le reste du monde. Pour lui, il n'y avait rien de pire et de plus dangereux que cette vision binaire du monde. Après tout, les hunters n'avaient-ils pas aussi cette vision, simplement de façon inversée ? Transmutants contre Hunters, chacun était persuadé d'être les gentils. Il livraient des batailles violentes allant parfois jusqu'à une vendetta inutile, poussant à son paroxysme la violence, dans une escalade morbide. Au milieu de ce bordel sans nom qui ne pouvait que faire des victimes, il y avait des hommes comme Jared qui essayaient tant bien que mal de rétablir l'ordre, d'apporter la paix et la sécurité à des habitants terrorisés, à des mutants traqués, ou a des repentis qui avaient déjà payé leur dette. Dans cette configuration, il état difficile pour lui d'entendre les propos d'Aaron.

Le pire était sans doute qu'il puisse se sortir de toutes les situations et tenir tous les discours qu'il voulait sans risquer d'énerver son interlocuteur. C'était injuste. Il avait beau se maîtriser, Jared se rendait bien compte qu'Aaron en jouait, frôlant voir dépassant quelques fois la limite de l'atteinte au libre-arbitre. Aussi loin que puisse le ramener ses souvenirs, il ne se rappelait pas que son ancien éducateur ai pu autant user de son pouvoir sur lui. Aaron était sur une mauvaise pente, et il ne s'en rendait pas compte, ou pire encore, il l'avait réalisé, mais il refusait de l'accepter et se cherchait des excuses pour ne pas y faire face. Sa consommation d'alcool était symptomatique de son mal-être, elle étaient montée en flèche, si bien qu'il ne prenait même plus la peine de le cacher. « Je ne t’en propose pas, je doute que tu acceptes. » Pas en service, non. Jared n'avait pas besoin de le dire, son ami le connaissait bien. Il se contenta d'un signe négatif de la tête. Il était bien trop sérieux et impliquer dans ses mission pour risquer quoi que ce soit qui puisse le conduire à être viré. Jared Walker était un type sérieux, parfois trop, on le prenait pour un rabat joie au sein de la milice, il le savait, mais il n'avait pas été élevé dans un milieu où on lui avait apprit l'humour et la jovialité. On devient craintif et peu loquace, lorsqu'on a apprit qu'ouvrir sa bouche et faire le pitre vous vaut des coups de ceinture. Aaron lui avait apprit à se protéger pour survivre, lui dont l'estime de lui même avait été mise à mal par un père violent. Il ne semblait pas s'appliquer à lui-même ses propres principes d'autopréservation. « Je sais, je sais ce que je t’ai appris. Et crois-moi, je sais ce que je fais, je sais quels paris je fais, je sais ce qui mérite que je pousse jusqu’à mes limites, mais crois-moi, je sais également où m’arrêter. » C'était justement de cela dont Jared doutait, on dit que la mesure et la raison viennent avec l'âge, mais à l'inverse, il avait l'impression que les épreuves de la vie avaient peu à peu retiré à Aaron le recul dont il était capable à une époque plus éloignée. « Mais… je protège peut-être Jonas parce qu’il a eu la chance, ou la malchance, d’atterrir dans mon orphelinat. Et je me pose, contrairement à ce que tu sembles croire, la question de ce qu’il peut devenir, tous les soirs. Tu veux des chiffres ? Je ne sais plus quel pourcentage mondial mon espèce représente, » Jared ne pu réprimer un soupir, il en avait assez d'entendre qu'un simple gène pouvait tout excuser, y compris les comportement les plus agressifs. « Mais près de trente pourcents de mes pensionnaires sont des mutants si j’en crois mes observations et les résultats des dépistages. Trente pourcents. Jonas n’a pas atterri pas hasard ici. Il a été la victime d’un génocide. »  Le visage de Jared demeurait fermé. Il ne parvenait pas à entendre le discours de son ami. Entendre parler de chiffres et ne pourcentage avait-il réellement un sens ? Il en doutait. l jugeait les actes, pas les statistiques« Ca ne lui donne pas le droit d'agresser des gens pour autant. », répondit-il de façon tranchante, pour couper court au débat et faire comprendre à son interlocuteur que sa tentative de le convaincre était inutile. Il ne put cependant s'empêcher d'y apporter des précisions, pour obliger son ami à faire face à ses contradictions, tentative désespérée de déclencher chez lui une prise de conscience, dont il doutait pourtant qu'elle puisse arriver.  « La mutation de Jonas ne lui offre pas un passe-droit, il ne respecte pas la loi, il le paye, comme les humains sans pouvoirs. C'est ce que tu cherches, non ? Qu'humains et transmutants soient traités de la même manières, qu'ils aient les mêmes droits ? Eh bien ça s'accompagne aussi des mêmes devoirs envers la société. »  Aaaron s'était tût, et l'écoutait attentivement. Son nez s'était mit à saigner, sa mutation avait été beaucoup mise à contribution en cette journée. Il en payait le prix. « Je ne peux peut-être pas sauver tout le monde, Jonas, mais des mutants, je peux en sauver davantage que toi. » Il avait sans doute raison, Jared ne pouvait pas ier que son ami avait le pouvoir de sauver un rand nombre d'enfants, transmutantscomme humains d'ailleurs, même si l'arrogance qui transparaissait une nouvelle fois dans ses propos l'irritait de plus en plus. « Je ne suis pas là pour faire le méchant flic qui vient arrêter le gentil mutant. Tous les deux on sait que c'est bien plus compliqué que ça. Je ne suis ni un imbécile, ni un pantin que l'on manipule. Je viens chercher un gosse suspecté d'avoir agressé quelqu'un, et s'il est reconnu coupable, il sera puni comme peu l'être un mineur de son âge, humain ou mutant. »

La fatigue et l'agacement commençaient à se faire sentir, il n'avait pas de pouvoir mais lui aussi avait ses ennuis.Aaron était fatigué de sa journée ? Qu'il vienne vivre une des siennes et il se rendra vite compte qu'entre les interventions armées, les agressions, les meurtres, les enquêtes, les poursuites, sa vie à lui n'était pas non plus des plus reposantes et des moins compliquées. Ca aurait dû être une mission facile : aller chercher le môme, le ramener, l'interroger. Tout devenait compliqué quant il s'agissait d'un mutant. « Je me doute bien que cette situation n’est facile pour personne, et je te remercie pour ta compréhension Jonas. J’entends tes conseils, mais crois-moi, je sais ce que je fais. »  Jared se retint de lever les yeux au ciel, Aaron savait toujours mieux que tout lemonde ce qu'il fallait faire « Permets moi une second e ? »  Il ne prit pas la peine de répondre, de toute façon, son ami ne l'attendit pas. Il revint vers lui quelques secondes plus tard. « Ils seront là d’ici une dizaine de minutes. Ton acolyte ne se pointera pas, j’espère ? »  Jared marqua un temps de surprise, comment Aaron savait-il ? Eric s'était-il fit repérer ou le mutant avait-il simplement déduit que si Jared savait que les gosses étaient sortis par derrière, c'était qu'il avait un complice dans le coin ? Peu importait, le résultat était le même. « Et hors de question de lui passer vos menottes. » Jared n'était pas du genre à s'énerver mais les exigences d'Aaron commençaient à lui taper sur les nerfs. Pour qui se prenait-il ? Il n'avait toujours pas compris que Jared avait toute autorité pour embarquer Jonas de force et que s'il ne le faisait pas, c'était pour ne pas traumatiser le gosse. Cela n'autorisait pas pour autant Aaron à faire son petit chef avec lui. Il n'était plus un enfant et il n'avait plus aucun ordre à recevoir de son ancien éducateur. Il sorti son téléphone et pianota rapidement un texto à l'attention d'Eric. « Reste dans la voiture, je gère. » Puis il s'approcha de son ami en lui tendant son téléphone en gage de bonne foi, sans se priver de lui lancer un regard sombre d'une colère contenue. « Mon acolyte restera dans la voiture mais si Jonas fait de la résistance, il fera son boulot, tout comme moi. » , répondit-il avec fermeté. « Pour les menottes c'est la même chose, je n'ai aucune raison de les sortir s'il coopère. » Il n'avait pas l'intention de se laisser marcher sur les pieds. Il était dans un cadre professionnel, il avait un objectif clair et c'était lui qui contrôlait la situation. Il faisait simplement en sorte que les choses se passent bien,  menotter Jonas devant tous ses camarades serait contre-productif. Il était un soldat, un enquêteur, pas un bourrins adepte de la violence et de l'humiliation publique. « J’apprécie tous les efforts que tu fais, même si on peut croire le contraire. Je m’excuse, encore une fois. Pour… », reprit Aaron, réalisant lui-même que ses exigences pouvaient effectivement agacer son interlocuteur. Sa phrase reste en suspend, il préfère avaler une nouvelle gorgée de bourbon. « Je vais discuter avec Jonas. Et ensuite, je vous accompagnerai. » Il eut tout juste le temps de terminer sa phrase, qu'on frappa à la porte. Après qu'Aaron l'eu autorisé, Jonas apparu sur le pas de la porte. L'adolescent affichait une mine renfrognée, mais il était plutôt chétif, difficile d'imaginer le pouvoir qui gisait en lui, un pouvoir soumis à des émotions qu'il ne parvenait pas à contrôler et c'était bien ça l'ennui. Lorsqu'il aperçut le milicien, Jonas eu un mouvement de recul. « Je vous laisse discuter,je serai juste devant. »  Il lança un regard à Aaron qui en disait long : « Bonne chance. Ca sera la seule. », puis il sorti de la pièce en refermant la porte derrière lui.

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(jared) No heroes, villains, one to blame

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