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 How to blackmail gently • Jedikiah&Maya

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SUR TH DEPUIS : 25/02/2017
MessageSujet: How to blackmail gently • Jedikiah&Maya   Mer 9 Aoû 2017 - 21:14



❝Talk to me.❞
Jedikiah & Maya



Lorsque Maya avait vu la tignasse blonde qu'elle savait maintenant reconnaître traverser le hall pour se diriger vers une des salles de soin, il avait fallut qu'elle se batte quelque peu pour prendre la place de sa collègue en charge. Mais à force d'un silence pesant et d'un regard meurtrier, la chasseuse était arrivée à ses fins. Lors de sa demande, la jeune urgentiste avait regardé la blonde avec plus de surprise qu'autre chose, presque de la méfiance. Sûrement que si elle n'avait pas connu Maya elle lui aurait lancé un regard plein de sous entendus presque complice, seulement il semblait que la réputation asociale de la jeune Request l'avait précédée. Il y avait même un instant eu comme un air de peur sur son visage... Est-ce que la petite brune pensait que Maya irait jusqu'à tuer avec son humeur exécrable un patient au sein même de l'hôpital ? Elle avait peut-être raison... Dans un autre cas, avec une autre personne sûrement. Mais Jedikiah n'était pas sur la liste des personnes à éliminer de Maya, pas encore en tout cas. En revanche, le mutant qui l'avait brûlé quelques semaines plus tôt l'était parfaitement. Et la chasseuse avait eu beau quadriller tout Radcliff durant les quelques quatorze derniers jours, elle n'avait pas trouvé sa cible. Pas une seule trace. D'un autre côté elle avait eu bien trop peu d'indices, peut-être le dégénéré était-il même parti à l'autre bout du monde... Dans le doute, Maya devait en savoir plus, mettre toutes les chances de son côté et voir s'il y avait encore quelque chose à tirer des souvenir de Jedikiah. Laisser un dégénéré pareil en liberté, un pyromane qui avait pu faire autant de mal à cette gueule d'ange était parfaitement impossible pour la Hunter. Et que le blond soit un menteur ou le pire salaud qui soit, il n'en restait pas moins qu'un monstre courait en pleine nature, là était l'importance.

La jeune femme poussa la porte de la salle où était installé son patient.

- Bonjour, Jedikiah.

Refermant derrière elle, la jeune femme évita à merveille tout contact visuel avec un naturel parfait.
Devait-elle s'excuser de n'être jamais revenue comme elle le lui avait dit pour l'aider à retrouver sa mémoire lors de son séjour à l'hôpital ? Peut-être, mais elle ne le fit pas. De toute façon, elle n'était pas désolée. Mieux valait pour eux deux qu'ils se voient le moins possible, elle était de bien trop mauvaise fréquentation et lui de bien trop bonne. Rien ne pourrait défaire l'urgentiste dans son idée que sa décision de fuir le blond avait été la meilleure chose à faire. Mais en désespoir de cause, des sacrifices étaient à faire, malgré toute ma méfiance et l'inconfort que lui inspirait le jeune homme.

- Je vais changer vos pansements. Toujours des douleurs ?

Le protocole habituel, histoire de préparer le terrain, tout en enfilant des gants le dos tourné et en plaçant proprement chaque produit de soin l'un à côté de l'autre sur une table proche de l'entrée, quitte à le replacer plusieurs fois pour parfaire leur alignement.

- Et votre mémoire ?



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MessageSujet: Re: How to blackmail gently • Jedikiah&Maya   Dim 3 Sep 2017 - 15:17

How to blackmail gently
Maya & Jedikiah



Des soins, j’en ai encore. Des soins, je vais en avoir pour longtemps encore, qu’ils soient impératifs ou juste de contrôle. Des soins, encore des soins, des aller-retours à l’hôpital pour le travail, des aller-retours à l’hôpital pour ma guérison, des aller-retours à l’hôpital pour mon suivi… Des soins, encore des soins, toujours des soins, et autant de possibilité de la croiser dans les couloirs. Sans la croiser, pourtant. Elle m’avait dit qu’elle viendrait. Elle me l’avait promis, ou quelque chose s’en approchant. Avait-elle de base la ferme intention de ne pas tenir cette promesse ? Certainement. Et si j’ai été trop bête pour y croire ? Totalement. Je soupire, je ne la verrai pas cette fois non plus, il me faudra attendre ce soir pour l’observer sortir de l’hôpital, quitter sa blouse, se détacher les cheveux avant de reformer sa queue de cheval – ou de les laisser libre. Se saisir de son téléphone, marcher d’un pas assuré, s’arrêter pour regarder le soleil se coucher à l’horizon, reprendre sa route, se diriger vers un bar, ou rentrer directement chez elle, aller…

Je vais encore devoir attendre ce soir pour la voir, et cette seule perspective, j’ai un petit sourire aux lèvres, venus apaiser ma déception. On me dirige vers une salle de soin, je ne me fais pas prier. Sitôt la porte fermée, j’anticipe la venue du médecin venu m’examiner en ôtant veste, sac, en commençant à déboutonner les premiers boutons de ma chemise pour laisser voir le tricot de porte en dessous pour protéger plaies et bandages. Et ma pudeur, aussi. Mes visites hebdomadaires, même plus fréquentes que cela, n’ont rien changé au fait que je répugne, encore, à ce qu’on me voie torse nu. Selene, même elle, je lui ai interdit de venir. Pudeur. Vis-à-vis de mon corps, vis-à-vis de mes chasses. Pudeur, vis-à-vis de mes blessures, vis-à-vis de mes proies. J’ai interdit à Selene de venir, je lui ai également interdit de chasser à ma place la mutante, Thatcher, qui m’a fait ça. Une mutante que j’aurais plaisir à abattre – c’est ce que je me dis et me répète chaque jour -, une mutante que j’hésiterais encore à frapper, je me connais trop bien. Un soupir, je ferme les yeux, cherche dans mes papiers la précédente ordonnance pour… - Bonjour, Jedikiah. Bordel ! « Toi ?! » Il y a de la surprise dans ma voix – bien évidemment – mais cette fois, contrairement à nos autres rencontres, il y a aussi… tout un ensemble d’émotions, des plus amères aux plus brutales en passant par celles que je n’ose même pas nommer. Elle. Toujours à apparaître quand je m’y attends le moins, rarement lorsque je l’anticipais. Systématiquement lorsque je l’espère, pour la simple raison que j’espère à chaque instant la croiser. Mais… son naturel est exaspérant, sa présence rafraîchissante.

Sa présence. Les fois précédentes, elle avait été accueillie par un sourire. Cette fois-ci, mon sourire est teinté d’exaspération. Inaccessible, elle me donne envie de la connaître chaque fois davantage. Fuyante, j’ai envie de lui courir après. Indifférente, je brûle de me faire remarquer. Imprévisible… - Je vais changer vos pansements. Toujours des douleurs ? Imprévisible, j’en viens à douter que mon rêve ait un jour été prémonitoire, finalement. Je suis ses mouvements sans savoir quoi penser de tout cela. En restant silencieux, finalement. - Et votre mémoire ? Et ma mémoire ? Je lui ai menti, la dernière fois. Comme j’ai menti à presque tout le monde, hormis ceux qui partagent mon sang. Ma mémoire. « Toujours des douleurs. Toujours aucun souvenir. » Je réponds, sans réfléchir, par automatisme en refaisant corps avec l’entièreté de toute l’histoire officielle. Je me fons dans mon mensonge avec aisance, avec le savoir de toute une vie, mais mes pensées sont ailleurs. « Tu n’es pas venue. » Il y a un reproche. Et de la déception. Voilà ce qui change avec les fois précédentes : j’avais osé espéré avoir fait quelques pas en avant. « Qu’est-ce que je t’ai fait pour que tu me détestes à ce point, Maya ? » Je ne sais pas ce que je dis, mais je sais c’est que… les choses ne peuvent pas rester telles qu’elles sont. Non ? « Pourquoi ne viens-tu pas lorsque tu me le promets, pourquoi viens-tu quand rien ne t’y obligeait ? » Ca ne me ressemble pas d’être aussi direct dans mes questions, mais… pourquoi.

Suis-je réellement destiné à l’embrasser, passionnément, sous une pluie battante ? Suis-je réellement destiné, finalement, à entrelacer ses doigts aux miens ? Ou n’est ce qu’une dernière blague, ironie du sort, de cette mutation dont je n’ai jamais voulu, qui a détruit ma vie et celle de mes proches ? N’est-ce qu’un dernier tour, alors que je pensais tenir là le seul cadeau qu’aurait pu me faire cette monstruosité dans mes veines ?


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MessageSujet: Re: How to blackmail gently • Jedikiah&Maya   Jeu 7 Sep 2017 - 20:33



❝Talk to me.❞
Jedikiah & Maya



Le calme était quelque chose que Maya avait du mal à garder bien longtemps. Elle savait être calme quand elle chassait, elle savait l'être quand elle s'occupait des enfants et quand elle partait photographier le monde mais autrement... Autrement non, Maya ne savait être ni paisible, ni patiente. 
De ce fait, si elle avait réussis à supporter de justesse le « Toi ?! » d'un vexant tout objectif, la suite de la réaction du patient n'allait certainement pas calmer l'urgentiste. 

Il ne se souvenait de rien, toujours de rien et Maya n'avait toujours pas décidé s'il disait la vérité ou s'il était juste un excellent menteur dans son genre. Voila qu'elle se retrouvait bien peu avancée et la belle blonde doutait que le harceler une nouvelle fois de questions servirait à quelque chose. L'espace d'un instant elle envisagea une torture. Une toute petite torture, pas grand chose... mais elle n'en était pas là non plus. 
Peut être qu'elle devrait le dire à Zoë, qu'elle avait entendu parler d'un dangereux pyromane... Oui, pour sûr ce serait la solution la plus efficace et bien que la Hunter savait que si elle mettait sa sœur au courant, elle serait obligée d'affronter son extrémisme, la dangerosité de la situation était trop importante pour continuer à prendre des risques. 

Terminant de sortir les outils nécessaires parfaitement alignés sur la table, Maya se rapprocha du blond et à peine avait elle posé ses doigts sur son torse près du pansement que ses mouvements se figèrent à ses mots avant qu'elle ne recule, comme brûlée à vif. 

 « Tu n’es pas venue. »

Sur le visage de la jeune femme passa toute une série d'expression qui ressemblaient tout de même beaucoup à de la surprise et de l'incompréhension.
Mais qui était cet homme ? Lui qui lui avait fait une impression aussi drôle que marquante mais qui avait toujours su rester d'une douceur et d'une politesse exemplaire... 
On ne l'avait pas prévenu qu'il avait des antécédents psychologiques. 

 « Qu’est-ce que je t’ai fait pour que tu me détestes à ce point, Maya ? »

- Je...

Il était sérieux ? Il était sérieux. Pendant encore un moment, Maya en restait bouche bée. Que lui voulait-il ? Qui était-il ?
Maya digéra l'information, intégra la colère et le reproche qu'elle ne comprenaient pas et comme un animal sauvage, réagit à l'incompréhension par l'agressivité 

- Vous détester ? On ne se connaît même pas. Vous n'êtes rien de plus qu'un patient et un vague collègue. 

La réponse était sortie sèchement alors que tous ses mouvements s'étaient arrêtés, ses bandes stériles encore emballés et ses cotons désinfectants serrés dans la même main.

 « Pourquoi ne viens-tu pas lorsque tu me le promets, pourquoi viens-tu quand rien ne t’y obligeait ? »

Se comporter comme une professionnelle, Maya se répétait encore ça en boucle comme un mantra. Elle devait réagir comme l'urgentiste qu'elle était, ne pas continuer de répondre aux provocations et poursuivre (commencer aurait déjà été un grand pas) les soins en lui parlant d'une voix douce et calme. 

- Mais bordel c'est un interrogatoire de police ? Qu'est ce que vous me voulez à la fin ? 

Elle lui jeta à la figure, prête à lui lancer tout ce qu'elle avait dans les mains si ça pouvait le calmer... Ou la calmer elle.

- Je veux des réponses. Depuis le premier jour vous êtes bizarre avec moi. Ou vous êtes juste naturellement bizarre. L'un ou l'autre je m'en fous, mais faut m'expliquer. Maintenant.

Et elle resta là, les bras croisés sur sa poitrine, consciente qu'elle avait beaucoup trop parlé, consciente aussi que de toute façon maintenant elle ne pourrait plus s'arrêter et qu'elle ne comptait pas laisser le jeune homme sortir de là sans lui parler de son cas psychologique.


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Dernière édition par Maya Request le Sam 23 Sep 2017 - 15:47, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: How to blackmail gently • Jedikiah&Maya   Sam 16 Sep 2017 - 11:47

How to blackmail gently
Maya & Jedikiah



Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de Jedikiah Philipp Grimwood ? Dès ma première phrase, je me rends compte que je ne me reconnais pas. Trop d’agressivité, trop d’accusation dans cette question. Et pourtant… et pourtant je l’assume. Je l’assume. Parce que Maya vient d’apparaître devant moi, vient à nouveau d’intégrer ma vie quand je ne m’y attendais plus, vient de se jouer de moi, comme elle s’est jouée de moi ces dernières semaines. Est-ce la fatigue de l’attendre, de la chercher, la fatigue due à mes échecs à répétition avec elle, avec son obstination pour me rejeter, est-ce un peu tout ça, je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que je ne réfléchis pas lorsque, les yeux dans les yeux, je m’entends devenir véritablement accusateur. Agressif. Provoquant. A des années-lumière de mon attitude habituelle, à des années-lumière de nos précédentes rencontres, à des années-lumière, même, de ce bégaiement pourtant omniprésent dans ma vie. J’en ai assez, assez de ne pas avancer, assez de la voir s’échapper, assez de me rendre compte qu’elle ne veut pas de moi et que, peut-être, mon rêve n’a été qu’un rêve, sans rien de particulier, juste plus intense que les autres.

Assez de me rendre compte que peut-être, encore une fois, ma mutation m’a pourri la vie, la faite tourner en ridicule dans une ironie que je ne goutte que très peu. Assez de me dire qu’en réalité, je suis non seulement porteur d’une monstruosité que je transmettrais à mes enfants – ce qui m’interdit d’en avoir, du coup – mais qu’en plus, elle n’aura apporté rien de bon dans ma vie. J’en ai assez de commencer à comprendre que la seule chose que mes rêves auraient pu apporter de positif dans ma vie est tourné en dérision par des mensonges, par son absence, par… qu’est-ce que j’ai fait, bon sang, pour qu’elle me déteste à ce point ?. La question sort toute seule, n’a aucune indulgence pour le mouvement de surprise et d’incompréhension qui a trahi son visage l’ombre d’une seconde. Au moins ai-je la satisfaction d’avoir un peu plus que son indifférence et son mépris, tiens. Je me découvre cynique. - Je... Mes sourcils se froncent dans une dureté qui ne m’est pas habituelle. Et pourtant qui m’est familière. La dureté de mon visage souvent bien trop sérieux, la dureté de ma fatigue, du vrai Jedikiah, de celui qui porte le poids de la culpabilité de la mort de son meilleur ami et de la souillure d’une lignée de chasseurs. La dureté de celui qui en a assez d’attendre et de se prendre des coups et qui, pour une fois, décide de relever la tête et de se mette lui aussi à frapper. - Vous détester ? On ne se connaît même pas. Vous n'êtes rien de plus qu'un patient et un vague collègue. Rien de plus qu’un patient, rien de plus qu’un vague collègue ? C’est vexant, c’est blessant, c’est une torture de s’entendre être relégué à juste ça. Ce n’est certain rien à ce que j’ai pu infliger à Mike il y a des années, mais c’est plus douloureux encore que d’être relégué dans la friendzone. J’en oublie mes brûlures, j’en oublie la douleur de ma peau tiraillée. Je me relève pour me tenir debout face à elle, presque indifférent à ces quelques boutons de chemise ôtés. Rien de plus qu’un patient ? Et alors, dans ce cas, pourquoi est-elle là ? Pourquoi m’avait-elle promis un café, m’avait-elle promis de revenir ?

- Mais bordel c'est un interrogatoire de police ? Qu'est-ce que vous me voulez à la fin ? Je veux des réponses. Depuis le premier jour vous êtes bizarre avec moi. Ou vous êtes juste naturellement bizarre. L'un ou l'autre je m'en fous, mais faut m'expliquer. Maintenant. Elle croise les bras sur sa poitrine, je la fixe sans baisser le regard. Pour une fois. J’ai la réputation d’être lâche, j’ai la réputation de fuir le conflit, j’ai la réputation de m’écraser continuellement, de préférer regarder le sol plutôt que d’aller à la confrontation. Mais…

« Tu me plais. » Ca sort tout seul. Et je suis surpris d’avoir pu prononcer ces trois syllabes sans bégayer, sans en redoubler une seule. « Tu me plais, Maya, c’est pas suffisamment explicite ? Depuis le premier jour, tu me plais. Tu veux des réponses, et bien voilà ! Je ne suis pas bizarre, j’ai juste envie d’apprendre à te connaître, parce que je suis curieux de te connaître, parce que j’ai la conviction que tu es beaucoup plus que ce que tu montres. » Je ne sais même pas ce que je suis en train de raconter. Vraiment. Tout ce que je sais, c’est qu’il fallait bien que ça sorte à un moment ou à un autre, et que même si je vais le regretter d’ici quelques minutes, pour le moment… « Je ne pense pas être un homme excessivement insistant ou intrusif pourtant. Je n’ai pas le droit d’avoir juste envie d’apprendre à davantage te connaître ? C’est quoi ton problème pour être aussi fuyante ? » Mon index – ô comble de la violence – vient heurter son épaule. « Pour te renvoyer ta question, depuis le premier jour, tu es distante avec moi. Ou alors tu l’es juste naturellement ? »

Je vais le regretter, je le sais. Elle va définitivement partir de la pièce et je sais d’avance que je serai inconsolable. Ou alors elle va rester et je vais devoir assumer mes mots, la subite honnêteté de mes propos. Et ce qu’ils vont impliquer. Un changement radical dans les deux cas.


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MessageSujet: Re: How to blackmail gently • Jedikiah&Maya   Dim 24 Sep 2017 - 11:07



❝Talk to me.❞
Jedikiah & Maya


Perdue. Voilà où en était Maya. Elle n'avait jamais rien fait d'autre qu'éviter tout contact sympathique, elle ne pensait même pas avoir dépassé le quota de gentillesse normal d'une personne lambda à une autre avec Jedikiah, elle lui avait même à vrai dire à peine parlé ! Certes il était charmant, il aurait fallut être aveugle pour ne pas le remarquer – et encore -, mais la jeune femme avait apprit l'art du visage de marbre et des regards froids depuis des années ! Maintenant, après tout ça, il était là, le gentil blond, à l'affronter, debout devant elle, la chemise à moitié défaite et le regard de feu, à lui déclarer qu'elle lui plaisait. Les yeux de la belle blonde étaient agrandis par la surprise, peut-être un peu par la peur.

- Pardon ?

Elle bredouilla à peine. Mais sa colère, son air glaciale l'avait quitté un instant, juste le temps que la panique s'infiltre dans son corps, déglingue son contrôle pendant un petit moment.

- Mais pourquoi... ?

Une petite fille, Maya était une petite fille qui protégeait beaucoup de choses derrière son bouclier de jeune femme froide et indifférente. Mais rien dans le fait d'éviter les gens pour ne pas souffrir était mature. Et ce que Jedikiah essayait de faire là, elle l'avait évité pendant des années. Ce n'était pas le première fois ceci dit, et ça ne serait sûrement pas la dernière. La chasseuse ne se laisserait pas affaiblir. Jamais. Son regard se durcit à nouveau.

 « Tu me plais, Maya, c’est pas suffisamment explicite ? Depuis le premier jour, tu me plais. Tu veux des réponses, et bien voilà ! Je ne suis pas bizarre, j’ai juste envie d’apprendre à te connaître, parce que je suis curieux de te connaître, parce que j’ai la conviction que tu es beaucoup plus que ce que tu montres. » 

Et il la brisait de nouveau. Mais moins longtemps cette fois-ci. Toujours bien droite, la jeune femme gardait ses bras croisés sur sa poitrine. Forte, mais plus vraiment sans défenses. Son cœur battait à toute vitesse, elle voulait se barrer. Le plus vite et le plus loin possible, mais ses jambes ne la soutiendraient pas si elle d'avancer ne serait-ce que d'un pas.
Et le blond n'arrêtait pas, il voulait la connaître. Bordel, pourquoi faire ? Des années de frustration, de retenue, d'exclusion du monde et il lui, lui faisait un semblant de déclaration ! Pourtant elle était fade, elle était mauvaise. Elle y avait si bien travaillé... Bien que son caractère ne lui permettait pas toujours une grande discrétion, au moins lui allouait-il d'être une des personnes les plus désagréable à vivre du monde entier, pour sûr.  
Non mais sérieusement, personne n'était charmé par un congélateur sur pattes ! C'était impossible. Ca devait être une fourberie, une blague, un piège ! Il ne pouvait en être autrement. Et Maya serait bien bête d'y croire.

 ‹‹ C’est quoi ton problème pour être aussi fuyante ? Pour te renvoyer ta question, depuis le premier jour, tu es distante avec moi. Ou alors tu l’es juste naturellement ? »

Il la toucha – à peine-, elle recula, comme brûlée à vif. Son regard parlait pour elle : il n'avait pas intérêt à l'approcher de nouveau.

- Je n'ai rien à vous dire, encore moins à me justifier ! Je n'aime pas les gens, je n'aime pas le contact humain, c'est comme ça. Peut-être que je vous ai dit plusieurs fois ce que vous vouliez entendre pour avoir la paix, mais boire un café avec vous ne m'intéresse pas, vous parler ne m'intéresse pas, même vous voir ne m'intéresse pas.

Les bras de la jeune femme étaient retombés le long de son corps dans la colère, tout son être tremblait d'agitation.

- Et vous c'est quoi votre problème ? Vous aimez les gens asociaux un peu bizarres ou c'est juste un truc avec les infirmières et la blouse blanche ?

Et son cœur se tordait de douleur sous le poids de chacun de ses mots alors que son regard restait définitivement planté comme une arme dans les yeux clairs de son vis-à-vis. Maya avait beau ne pas connaître Jedikiah et ne pas être attachée à lui, personne ne méritait un tel traitement. Elle ne voulait pas dire tout ça, elle aurait voulu pouvoir juste partir ou en parler, accepter son café même et apprendre elle aussi à le connaître. Mais elle n'était pas habituée à ça, les mots sortaient comme en réflexe et la chasseuse savait que pour mettre fin à cette situation, pour ne rien risquer et se sauver, il fallait être blessante, méchante, elle devait montrer son pire côté. Elle détestait ça. Ce soir elle pleurerait sûrement d'épuisement.


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Dernière édition par Maya Request le Dim 15 Oct 2017 - 20:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: How to blackmail gently • Jedikiah&Maya   Lun 9 Oct 2017 - 20:19

How to blackmail gently
Maya & Jedikiah



- Pardon ? Il me faut beaucoup. Énormément même. Il me faut beaucoup pour ne pas reculer. Il me faut toute mon éducation, il me faut tous ces cours, ces leçons, ces années de chasse, il me faut mon expérience d’enseignant, d’interprète, d’aide et de tuteur pour ne pas reculer. Pour ne pas faire marche arrière. Mon premier instinct, pourtant, est bel et bien de fuir. De revenir sur mes propos, de me défiler, d’amoindrir la portée de mes mots, la portée de mon affirmation. Mais je ne le fais pas : pire que tout, j’assume. C’est elle qui bégaie, c’est moi qui répète. Implacable. Désespéré, aussi, d’une certaine manière. Véritablement désespéré dans mon assurance, dans cette stature qui ne me ressemble guère. Je me tiens droit, je la regarde dans les yeux. Elle me plaît, c’est un fait. Pire encore qu’un fait, c’est une certitude. - Mais pourquoi... ? Un haussement d’épaule, la vérité est trop complexe, trop simple, trop incriminante pour être dévoilée. Pourquoi est-ce qu’elle me plaît ? Parce que mon jugement est nuancé par un rêve, parce que j’ai envie qu’elle me plaise, parce que tout ce que je sais d’elle me plaît et que je veux croire que tout ce que j’ignore d’elle me plaira aussi. Parce que j’ai besoin de croire qu’elle peut me plaire, parce que j’ai besoin de croire que mes rêves qui ont fait de ma vie une succession de mauvais choix aux conséquences catastrophiques peuvent m’apporter quelque chose de bien.

Parce que j’y crois, tout simplement. Je ne suis plus un enfant, je doute même l’avoir été aussi longtemps que la normale, je ne suis plus un enfant, mais je n’ai pas pour autant la rationalité adulte et mature qu’on pourrait attendre de moi, loin de là. Je suis un adulte qui a abandonné une certaine part de lucidité au profit d’une obsession qui ne mènera à rien. Sauf si je crois qu’elle me plaît. Alors oui, Maya me plaît, alors oui, j’ai envie d’apprendre à la connaître, alors oui, je me redresse - pour une fois - et je prends le peu de courage que j’ai à deux mains pour le tendre devant moi et le lui souffler aux yeux. Je vais regretter chacun de mes mots, une part de moi les regrette déjà, mais j’ai conscience qu’une infime portion de ce poids constamment posé sur mes épaules vient de s’émietter et de me libérer de sa pression. Et je respire. Je respire, tout simplement, dans l’attente de représailles. Je respire, je poursuis, pour éloigner encore un peu la réponse de Maya de moi, une réponse que je crains plus que tout, une réponse que j’espère positive mais que je lis déjà dans son regard, dans ces bras croisés, dans cette tension qui émane d’elle, dans la raideur de son maintien.

Je poursuis, je me lâche, je tente de gratter toujours plus ce poids qui me fait courber l’échine pour en prélever des fragments de secret, quelques onces de culpabilité, pour tenter d’amoindrir toujours plus ce qui me force à baisser la tête. Je lui renvoie ses propres mots, je me surprends à lui renvoyer sa propre question, comme une attaque, comme une défense. A l’ombre de la violence de mes mots, je perçois l’aura des Grimwood, de cette famille élevée dans la chasse, pour la chasse, de cette famille porteuse d’un héritage trop lourd pour mes épaules mais qu’elle m’a quand même forcé à porter, qu’elle m’a quand même éduqué à porter. A l’ombre de cette violence, je m’aperçois, également, terrifié. Je vois mon spectre, un écho de mon moi, enfant, tétanisé devant les atrocités auxquelles il était forcé d’assister. Je me vois, recroquevillé. Terrifié à l’idée de ne pas pouvoir revenir en arrière, terrifié à l’idée qu’elle...

Recule. Mon index semble l’avoir brûlé, le regard qu’elle me lance me consume. Et ses mots, eux, sont pires encore dès qu’ils commencent à résonner. Dès qu’ils commencent à vouloir me raisonner. - Je n'ai rien à vous dire, encore moins à me justifier ! Je n'aime pas les gens, je n'aime pas le contact humain, c'est comme ça. Peut-être que je vous ai dit plusieurs fois ce que vous vouliez entendre pour avoir la paix, mais boire un café avec vous ne m'intéresse pas, vous parler ne m'intéresse pas, même vous voir ne m'intéresse pas. J’ouvre la bouche, la referme sans tarder. Recule, aussi. Psychologiquement. Vous voir ne m’intéresse pas. Je n’aime pas les gens. Ce que vous voulez entendre pour avoix la paix. Ses bras sont retombés le long du corps, les miens s’accrochent nerveusement l’un à l’autre, comme pour ériger autour de moi une protection, comme pour mieux dissiper mon malaise. Bien trop dense pour disparaître. « Co… comment ? »

Il a disparu, le Jedikiah sûr de lui, le Jedikiah solide, le Jedikiah agressif. Il a disparu, est en train de disparaître, se replie et ne laisse qu’un bégaiement insupportable. Qu’un bégaiement pathétique. - Et vous c'est quoi votre problème ? Vous aimez les gens asociaux un peu bizarres ou c'est juste un truc avec les infirmières et la blouse blanche ? Je prends soudainement conscience de ma chemise ouverte, de sa blouse blanche, justement. Elle me force à me rendre compte que… que toute mon attitude face à elle n’était rien de plus, rien de moins qu’une illusion. Qu’un espoir qu’elle piétine sans scrupule, sans compassion, sans douceur. Comme cette larme qu’elle fait naître bien malgré moi, vraiment malgré moi, au coin de mes paupières. « Pou...pou...p...pourquoi tu fais ça ? » La crédibilité est inexistante. Mais…

« Si tu n’aimes pas les gens, pourquoi est-ce que tu es aussi douce avec les enfants ? Si tu n’aimes pas les gens, pourquoi est-ce que tu cherches absolument à savoir qui m’a blessé comme ça ? Si tu n’aimes pas le contact humain, pourquoi est-ce que tu travailles dans le médical ? » Mon bégaiement se noie dans un flot de parole, comme si l’abondance des mots pouvait le diluer dans les syllabes trop nombreuses. Pourtant il est là, pourtant il est toujours aussi présent. Pourtant, il vibre dans chacun des sons que je peine à articuler, dans chacun des sons qui sont d’autant plus des suppliques que je lutte pour conserver en un seul tenant les éclats d’un miroir qu’elle vient de briser. « Pourquoi est-ce que tu mens, Maya ? Pourquoi est-ce que tu mens à tout le monde, pourquoi est-ce que tu te mens ? » Je m’avance, m’efforçant d’être indifférent à ma chemise ouverte et à la proximité grandissante. « Parce que je suis certain que c’est le cas. Que je ne t’intéresse pas, soit, je peux le concevoir même si ça me fait inévitablement mal, mais que tu dises que tu n’aimes pas les gens d’une part, et que tu t’intéresses autant à la cause de mes blessures d’autre part, ça, je ne peux pas l’accepter, Ma… Request. » Je ne l’intéresse pas, alors autant lui offrir ce qu’elle demande : de la distance. Au moins n’est-elle pas partie en claquant la porte. « Je n’aime pas particulièrement les gens asociaux, mais je t’apprécie toi. Ca te semble si surréaliste que ça, qu’on puisse avoir envie de te connaître pour autre chose que ta blouse blanche ? Tu es une personne derrière cette blouse, derrière ton agressivité, et moi, c’est cette personne que j’apprécie. Tout comme je suis une personne derrière mes bandages, ou derrière mes mains quand je signe. » J’essaye de croiser mes bras sur ma poitrine, la douleur m’en empêche, mes bras retombent et je recule pour m’adosser à nouveau à la table sur laquelle je devrai être allongé ou du moins assis. « Dans tous les cas, si je ne t’intéresse pas… évite de faire miroiter quoique ce soit à l’avenir, quand un mec ne t’intéresse pas. Et démerde-toi pour ne pas te retrouver avec lui comme patient si tu ne veux pas le voir, j’imagine que vous êtes plusieurs dans le service. » Je tente d’hausser les épaules pour le donner un peu plus de contenance, c’est un échec des plus risibles. « Dans tous les cas, t’imposer ma si pénible présence étant loin dans mes priorités, je ne le prendrai pas mal si tu sortais de cette pièce pour échanger ta place avec quelqu’un d’autre. » De toute manière, je ne suis plus à ça près, je viens d’avoir la confirmation que la mutation que portent mes gènes n’est qu’un vaste tissu de mensonge et n’est qu’un fléau.


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MessageSujet: Re: How to blackmail gently • Jedikiah&Maya   Dim 15 Oct 2017 - 21:05



❝Talk to me.❞
Jedikiah & Maya


Une réminiscence du passer. Un souvenir, c'était tout ce qu'il fallait à Maya pour ne pas perdre la face, pour continuer à affronter Jedikiah et le monde entier. La pensée même des souffrances que la jeune femme avait traversé lui empêchait de sombrer à nouveau dans toute forme de sympathie, parce qu'elles rendaient celles actuelles tellement pauvres, tellement insignifiantes... Elles balayaient ses sentiments d'un revers de la main, la rendant froide à nouveau, intouchée et intouchable, alors même qu'elle voyait le beau visage du jeune homme se décomposer douloureusement à ses mots.

 « Pou...pou...p...pourquoi tu fais ça ? »

Il avait l'air de souffrir. Réellement. Si c'était un comédien il méritait un oscar parce que la chasseuse avait la cœur déchiré par sa prestation alors même qu'elle doutait de sa véracité.

« Si tu n’aimes pas les gens, pourquoi est-ce que tu es aussi douce avec les enfants ? Si tu n’aimes pas les gens, pourquoi est-ce que tu cherches absolument à savoir qui m’a blessé comme ça ? Si tu n’aimes pas le contact humain, pourquoi est-ce que tu travailles dans le médical ? » 

Parce que les enfants étaient bons, parce qu'ils lui rappelaient son petit frère. Parce qu'à chaque petit qu'elle soignait, qu'elle sauvait, la blonde avait le sentiment de se racheter auprès de Felix, de s'en vouloir un peu moins de ne pas avoir pu le sauver. Un peu seulement. Voilà pourquoi elle travaillait dans le médical et quant à la personne responsable de ses blessures, c'était les enfants que ce monstre pourrait blesser que la Hunter voulait protéger, rien d'autre. Elle ne voulait rien d'autres. Là étaient toutes les réponses aux questions du jeune homme... Mais les lèvres de l'urgentiste restèrent scellées, refusant une fois de plus de se justifier, de risquer d'en dire trop et de le conduire droit à un passé qu'elle ne voulait pas creuser davantage.

 « Pourquoi est-ce que tu mens, Maya ? Pourquoi est-ce que tu mens à tout le monde, pourquoi est-ce que tu te mens ? »

Les mots de l'homme continuaient à s'entrechoquer maladroitement, bien qu'à chaque fois, ils touchaient leur cible. La tête de Maya était brûlante, trop lourde, ses joues étaient rougies par son agitation, son corps ne cessait plus de trembler de colère. Il fallait qu'il arrête. Il fallait que tout ça s'arrête.

« Parce que je suis certain que c’est le cas. Que je ne t’intéresse pas, soit, je peux le concevoir même si ça me fait inévitablement mal, mais que tu dises que tu n’aimes pas les gens d’une part, et que tu t’intéresses autant à la cause de mes blessures d’autre part, ça, je ne peux pas l’accepter, Ma… Request. » 

Et s'en étaient trop, les larmes se mirent à déborder, des larmes de peines, des larmes de rage, une rage si triste. Maya les arracha de ses joues avec une colère décuplée alors même qu'elles n'avaient pas encore atteint le bout de son visage.

« Je n’aime pas particulièrement les gens asociaux, mais je t’apprécie toi. Ca te semble si surréaliste que ça, qu’on puisse avoir envie de te connaître pour autre chose que ta blouse blanche ? Tu es une personne derrière cette blouse, derrière ton agressivité, et moi, c’est cette personne que j’apprécie. Tout comme je suis une personne derrière mes bandages, ou derrière mes mains quand je signe. » 

Elle ne pouvait pas répondre à ça. Elle en était incapable. Il l'avait noyée avec ses mots, elle étouffait, tête sous l'eau, sachant pertinemment comment respirer à nouveau tout en ayant parfaitement conscience que c'était impossible sans y perdre quelque chose de trop important dans le processus.

- Je ne veux plus t'entendre.

Maya hoqueta dans un murmure, ne remarquant même pas le changement de personne qu'elle avait si fermement tenté d'éviter.

« Dans tous les cas, si je ne t’intéresse pas… évite de faire miroiter quoique ce soit à l’avenir, quand un mec ne t’intéresse pas. Et démerde-toi pour ne pas te retrouver avec lui comme patient si tu ne veux pas le voir, j’imagine que vous êtes plusieurs dans le service. » 

Il avait reculé depuis un moment, lui donnant plus d'espace sans pour autant lui donner plus d'air. Elle n'en pouvait plus. Et le trop plein déborda comme toujours dans un excès de rage brûlant.

- Mais la ferme ! LA FERME !

Mais il continuait à parler, lui proposant de partir si elle le voulait, comme un défis. Et elle le voulait ! Partir, s'enfuir, ne plus jamais le revoir ! Plus jamais. Que son visage disparaisse de son esprit pour toujours. Mais la jeune femme ne pouvait pas faire ça, ce n'était pas une solution, ce ne serait que retarder l'inévitable. Non il fallait qu'elle recrache maintenant le venin qu'il avait fait monter à ses lèvres en taquinant sa sécurité. Il devait subir la conséquence de ses actes pour ne plus jamais recommencer. Et la jeune femme ne se laisserait pas démonter par lui, elle l'avait dit : il n'était qu'un patient. Un simple patient sans importance qui ne briserait pas ce qu'elle avait mit des années à construire !

- Tu vas t'asseoir. Tu vas poser ton cul sur ce lit bien gentiment et je ne veux plus entendre un seul mot avant que j'ai fini les soins, sinon je te jure que je te colle un scalpel entre tes deux foutus yeux !

Concentrée sur son aigreur, Maya mettait volontairement de côté tous les mots, toutes les accusations et les vérités qui reflétaient sa vie à un tel point qu'elle lui avaient ouvert le cœur à coups de lame. Jedikiah avait lu en elle comme dans un livre ouvert, il l'avait percée à jour, il avait pointé tellement de choses que la jeune femme tentait de cacher... Personne ne lui avait parlé comme ça. Jamais. Tout ça devait être oublié.

L'urgentiste se tourna vers la table des soins, tentant d'arrêter ses mains de trembler en prenant quelques grandes inspirations qu'elle tenta tout de même de rendre discrètes. Lorsqu'elle s'approcha à nouveau du jeune homme, sa chrysalide de froideur et de colère était parfaite à nouveau. Ses mouvements se firent plus brutaux qu'à son habitude, arrachant les pansements, reposant les nouveaux avec une vigueur trop peu professionnelle, tentant en même temps de ne pas ressasser ses mots, ruminant sa colère sans y mettre de nom. C'était plus facile comme ça.

Quand les blessures furent parfaitement pansées, Maya se retourna à nouveau pour passer quelques secondes durant ses mains sous l'eau, avant de se retournée vers Jedikiah, adossée à l'éviter et ses mains s'y agrippant.

- Je ne veux plus jamais avoir cette conversation avec vous. Faites vous une raison : je n'aime pas les gens et nous ne seront jamais amis. Je ne suis pas celle que vous pensez. D'ailleurs, de préférence, je ne reverrais plus jamais votre visage. Ce sera mieux pour tout le monde.

Ses doigts se resserrèrent autour de l'éviter. Tout était dit.


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How to blackmail gently • Jedikiah&Maya

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