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 (razen), these days you tend to lie.

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SUR TH DEPUIS : 22/12/2016
MessageSujet: (razen), these days you tend to lie.   Jeu 31 Aoû 2017 - 11:34

Il n’arrivait pas à le croire. Depuis que son téléphone avait sonné, Alvin ne savait pas s’il devait rire de cette histoire ou juste s’énerver. C’était quand même une putain d’ironie, de la part de son aîné de lui téléphoné à lui parce qu’il avait été arrêté par les flics. Rien que parce qu’il était énervé, Alvin aurait bien eu envie de le laisser moisir en prison pour la durée de sa garde à vue. Il l’aurait mérité, lui criait la rancœur ancrée au fond de ses tripes. Il était responsable de la mort de Tessa et son comportement lors de leur dernière rencontre ne lui donnait clairement pas envie de voler à son secours. Mais, il avait l’impression de ne plus connaitre son frère, de ne plus savoir où était ses limites. Il se disait prêt à tout pour vouloir le protéger, parce qu’il l’avait promis à leur parents, mais est-ce qu’il était censé le croire après tout ça ? Tout ce qu’il avait vu l’autre fois, ça avait été la façon dont Razen se déculpabilisé de tout ses torts en se planquant derrière cette promesse, la façon dont il avait de le prendre de haut, comme pour prouver qu’il avait toujours raison sur tout. Alors, il ne pouvait pas le laisser croupir en prison, il avait cette impression que juste parce qu’il refuserait de venir, son aîné serait capable de parler au flic et de le pousser lui aussi dans la gueule du loup. Elle était bien loin, la confiance aveugle qu’Alvin avait eue pour son aîné.

C’était de la faute de Razen. Il les avait poussés à ne devenir plus que ça, quand il avait décidé de balancer Tessa à Wolstenholme. Il avait cru faire bien, évidemment que dans son esprit, il avait sauvé la mise de tout le monde en prenant cette décision, ça faisait de lui le héros, le type bien. Alvin, lui, il ne voyait pas les choses sous le même angle. Il avait l’impression d’avoir été trahi par son aîné, comme si ce dernier n’en avait eu que faire de ce que son frère pourrait ressentir à l’idée qu’il fasse exactement l’inverse de ce qu’il lui avait explicitement demandé. Il avait tellement cru avoir raison sur toute la ligne, qu’il ne se donnait même pas la peine d’essayer de comprendre d’où venait la rancœur de son cadet. Razen en plus, il faisait preuve d’une mauvaise foi, assez impressionnante, il n’avait pas souvenir de l’avoir connu comme ça son frère. Peut-être n’était-ce alors qu’en face de lui, qu’il se comportait comme le roi des con. Alvin, alors, il aurait vraiment préféré ne jamais avoir à se retrouver de nouveau en face de son frère. Faire sa vie dans son coin, ça lui réussissait mieux. Mais maintenant que Razen l’avait trahi une fois, Alvin avait bien du mal à admettre qu’il n’y avait aucun risque que ça arrive une seconde fois. Peut-être que son frère était comme ça au final, du genre à balancer n’importe qui du haut de la falaise, du moment que ça lui sauvait la peau. Apparemment, faire tuer Tessa, ça lui avait sauvé la vie, alors peut-être qu’il se trouverait une bonne excuse pour balancer son frère à la police.

Il avait quand même hésité un long moment Alvin, avant de se décidé d’appeler la nourrice, pour savoir si elle pouvait garder Rory quelques heures. Il n’allait quand même pas emmener son bébé au poste de police, de toute façon, il ne voulait pas que son aîné puisse, ne serait-ce que poser un regard sur son fils. Heureusement, la nourrice avait accepté, il avait bu déposer le bambin avant de se rendre au commissariat. Ça faisait bien deux bonnes heures, depuis le coup de téléphone, parce qu’il avait bien pris son temps, mais son aîné n’avait pas intérêt de venir l’emmerder pour ça, alors même qu’il venait de signer un chèque pour payer sa caution. Maintenant, il attendait dans le couloir qu’on lui ramène son frère et quand il vit son aîné débarqué, Alvin ne pu retenir un soupire, alors qu’il se levait de la chaise sur laquelle il avait été installé. « Dans toutes tes connaissances, je suis sûr que tu aurais pu trouver quelqu’un d’autre à appeler. » Il aurait trouver quelqu’un d’autre à appeler, vu comment ça s’était passé la dernière fois qu’ils s’étaient retrouver l’un en face de l’autre. Mais à croire que Razen n’en avait rien à faire, encore une fois, les sentiments de son cadet n’avaient pas la moindre importance, en face de la petite vie de Razen. Aujourd’hui, n’en était qu’une preuve de plus. Peut-être qu’il était trop bon trop con Alvin et qu’il aurait vraiment dû le laisser passer quarante-huit heures en cellule, mais c’était presque triste de constater, qu’il en était arrivé à croire que son frère pourrait le balancer sans état d’âme tout en étant capable de lui balancer après qu’il l’avait fait pour le protéger. Razen ne pouvait s’en vouloir qu’à lui-même, si aujourd’hui, Alvin en était réduit à penser comme ça.

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MessageSujet: Re: (razen), these days you tend to lie.   Lun 4 Sep 2017 - 23:47

These days you tend to lie
Alvin & Razen



Le noir. C’est un noir absolu. Des ténèbres terrifiantes. Une obscurité complète. Rien de surprenant lorsque l’on est aveugle. Rien de déstabilisant quand une canne blanche, des lunettes opaques, des diagnostics médicaux nous proclament atteint de cécité depuis plus de vingt ans. Une nouveauté des plus complète pour Razen. Une nouveauté dont il se serait bien passé. Le noir, c’est un noir des plus absolu qui l’environne. C’est le silence, c’est la solitude. C’est une errance qui le terrifie. Il va faire une crise de panique. N’est-il pas déjà la victime ? Peut-être. Recroquevillé dans un coin de la cellule de garde à vue, il a délaissé la couchette pour se ramasser dans un coin, serrer ses genoux contre sa poitrine et sentir contre son dos la tangibilité d’un mur auquel se raccrocher. Des heures qu’il attend là. Cela fait des heures qu’il a égrené, avec fébrilité, l’identité d’un des faux passeports d’Alvin, son dernier numéro de téléphone en date. Des heures qu’il a perdu la raison et qu’il a quémandé son frère, comme un dernier recours, comme son seul recours. Il aurait pu, il aurait tout à fait pu mentionner Ailionora. Même Rachael – n’est-ce pas à cela que servent les pigeons que l’on appâte ? – mais il n’a pas pensé. Tout simplement. Parce que son premier soutien, ça a toujours été Alvin. Parce que dès qu’ils lui ont passé les menottes, ce qui semblait être un simple quiproquo pouvant être réglé en quelques heures, un enfumage savamment dosé et sans intervention de quiconque s’est transformé en panique.

En panique pure et dure. En panique qui ne se calme pas. Il a des souvenirs confus de sa réaction, Razen, mais il sait qu’il a perdu le contrôle, l’espace de quelques minutes, lorsqu’il a senti autour de lui l’ensemble de ses sens s’éteindre. Plus de température de l’air. Plus de concentration en oxygène. Plus d’informations en continu sur la provenance du coton composant ses habits. Plus d’indications sur les souhaits les plus chers du milicien qui le maîtrisait. Une poignée de secondes, et Razen est devenu aveugle. Véritablement aveugle. Alors il a perdu le contrôle. Il sait que son coude a heurté quelque chose, il a été incapable de savoir quoi au juste. Il sait que ses poings ont atteint leurs cibles, il ignore juste ce qu’elles étaient. Et il sait qu’il a été frappé lui aussi, sans parvenir à identifier l’origine des coups. Il sait qu’il a été placé en cellule, il a juste buté sur tout ce qui l’entourait, sans parvenir à se repérer. Et il s’est effondré. Razen est aveugle ; plus aveugle que jamais, plus aveugle qu’il ne l’a jamais été. Et il prie, vraiment, sincèrement, pour qu’Alvin ne tarde pas, pour qu’Alvin ne le laisse pas tomber. Pas maintenant. Qu’il vienne. Qu’il vienne, et vite. Qu’il…

Razen se redresse en entendant du bruit. Des voix. Mais sans la béquille de sa mutation, il est incapable de comprendre. Il est incapable de faire le lien entre ce qu’il entend, entre les voix qu’il entend et les personnes qu’il connaît. Il est incapable de… son ouïe se raccroche à une voix, à un bruit, à un pas, au cliquetis d’un trousseau de clés. Il se redresse, les mains menottées nerveusement plaquées contre le mur. Qu’il a l’air misérable, le frère aîné, toujours sûr de lui, toujours fier, toujours droit. Qu’il a l’air misérable lorsqu’il suit, perdu, loin, bien loin de sourire, le bras qui le guide et qui le ramène dans une autre pièce. Qu’il panique, encore, qu’il aimerait plus que jamais ouvrir les yeux, y voir clair. Il a refusé de leur dire quelle était sa mutation – a-t-il empiré les choses ? Oui – et il refuse encore, refusera toujours. Ne s’est jamais senti aussi humilié. S’est rarement senti aussi vulnérable. Comprend maintenant que le sentiment de normalité qui l’habitait jusque-là, dans cette compréhension innée de tout et de toutes choses, n’en n’était pas : c’était un sentiment de toute-puissance. Une ivresse de connaissance. Qu’il est hors de question de perdre à nouveau. Qu’il a l’air misérable, le Razen, lorsqu’on l’amène à son frère. Que lui-ont-ils dit ? Peut-être tout, peut-être rien, peut-être des mises en garde. Quoiqu’il en soit… ils le laissent là, échoué, perdu dans la pièce, avec pour seul contact celui d’un mur, le temps qu’ils aillent chercher des papiers à remplir et l’autorisation de la milice de défaire ces menottes qui l’aveuglent et l’isolent plus que tout le reste. Qu’ils se dépêchent, ces enfoirés.

« Dans toutes tes connaissances, je suis sûr que tu aurais pu trouver quelqu’un d’autre à appeler. » Humilié. Razen se sent humilié, sa fierté est une plaie sanguinolente et que fait Alvin pour arranger les choses ? Il déverse dessus un condensé de sel et de jus de citron. « Je ne voulais pas appeler quelqu’un d’autre que toi, Al’. » Il concède. « Mais si ça te fait suer tant que ça, t’avais qu’à ne pas venir. » Il attaque. Amer. Agressif. « Est-ce que tu peux me guider vers un putain de siège ? » Elle est en miettes, sa fierté, au frère aîné. Elle est en miettes, lorsqu’il tend ses mains menottées vers son frère. Pour chercher un repère. « Je ne vois rien. Je vois rien Al’. Paye cette foutue caution et barrons-nous de là. » Ses yeux hagards ne voient que du vide, il ne sent pas la présence réconfortante de ses verres teintés pour les protéger. Il ne sent rien. Ne comprend rien. Tout est vide de sens autour de lui, il peine même à réfléchir. Rien n’est clair. Tout est flou dans son esprit. Qu’est-il sans sa mutation ? Plus grand-chose. Et qui sont-ils pour la lui enlever ? « Bande d’enfoirés. Putain d’cops. »

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MessageSujet: Re: (razen), these days you tend to lie.   Mar 5 Sep 2017 - 23:11

Il avait eu l’arrogance de croire qu’après leur dernière rencontre, son frère lui foutrait la paix. Il l’aurait mérité non ? Il en avait marre de ses jugements, de cette façon qu’il avait de se croire supérieur à tout le monde, comme s’il avait forcément raison sur tout. Fallait croire que Razen, il faisait trop confiance à son pouvoir, qu’il en avait développé un égo trop large, avant d’avoir l’impression de tout comprendre sur tout. Grande nouvelle, les humains, c’était pas des mécanismes simples et précis qu’il était facile de cerner. Est-ce qu’il en avait conscience ça Razen ? Sans doute pas, sinon, il ne se sentirait pas obligé de juger les autres à tout va. C’était ironique pourtant, de la part d’un mec censé tout comprendre, de ne rien piger du tout à ce que les autres pouvaient ressentir. Il n’avait rien cerné de Tessa, il n’avait rien compris, il avait jugé, fin de l’histoire, parce que c’était ce qu’il faisait de mieux ça juger. Mais y avait une différence entre comprendre et juger et fallait croire que Razen, il ne l’avait pas faite. Il n’avait pas essayé de comprendre Tessa. A quoi bon ? Elle ne représentait à ses yeux qu’un gros chèque. Mais au fond, elle avait été une jeune femme troublée, dont la vie avait été brisée par les hunters, l’innocence envolée et la violence, faisait partie de sa vie depuis tellement longtemps qu’elle n’avait pas pu s’en défaire en un clin d’œil. Il le savait ça, Alvin et pourtant, c’était pas lui qui avait une mutation qui l’aidait à tout comprendre.

Non, lui, ce qu’il avait fait avec Tessa, ça avait été l’écouter, lui donner une chance de raconter son histoire et il avait agit en conséquences. C’était quand même pas si compliqué que ça après tout. Mais Razen, il ne se donnait pas la peine de faire ça ? A quoi bon N Il savait tout sur tout et il avait toujours raison. C’était cette image qu’il laissait de lui maintenant, alors même qu’y a pas si longtemps que ça, il avait été un héros dans les yeux bien naïf de son frère cadet. Alvin, peut-être qu’il était rancunier, ouais. Il n’avait après tout jamais pardonné à Ren d’être parti sans se retourner, de ne même pas avoir essayé de retrouver ses aînés, alors qu’il en avait eu les moyens. Il ne pouvait pas lui pardonner ça. Tout comme il semblait être incapable de pardonner à Razen de l’avoir trahi, d’avoir vendu Tessa à Wolstenholme qui l’avait tuée, sans aucune autre forme de procès. Il supportait mal la trahison le cadet Townshend et pourtant fallait croire que tout le monde était décidé à le trahir, d’une façon ou d’une autre. Il n’avait pas envie de chercher à savoir s’il le méritait ou non. Razen dirait que oui de toute façon, parce qu’il était persuadé que son petit frère était trop idiot pour raisonner correctement, qu’il n e comprendrait jamais le pourquoi du comment. Ça l’énervait beaucoup ça aussi, le jeune Townshend, d’avoir l’impression d’être pris pour le roi des demeurés par son propre frère. Razen n’avait, de toute évidence pas beaucoup d’estime pour son frère, c’était triste, alors même qu’Alvin lui, il avait passé de nombreuses années de sa vie à admirer son frère aîné.

Il le prenait pour un con et pourtant, c’était ce con là qu’il appelait quand il avait des problèmes et pour le coup, Alvin, il se sentait vraiment con, d’être venu jusqu’à lui. Il n’aurait probablement pas le moindre merci, juste des jugements et un frère qui une nouvelle fois le prendrait de haut. Il n’aurait pas dû venir sans doute, parce qu’il allait, tôt ou tard finir par le regretter. Il en avait bien conscience, encore plus maintenant qu’il était dans ce commissariat à attendre qu’on lui ramène son frère. Il aurait presque voulu attendre plus longtemps ou se barrer une fois le chèque signé. Mais non, il était là et maintenant y avait son frère en face de lui. « J’avais pas trop le choix, tu m’as pas donné beaucoup de raison de te faire confiance ces derniers temps. » Non, au contraire, il avait semblé que Razen serait prêt à planter un couteau dans le dos de n’importe qui pour servir ses propres intérêts, même dans le sien à lui, peu importait qu’ils partagent un nom et aient le même sang coulant dans leurs veines. Il l’aida quand même à rejoindre un siège, se laissant tomber dans celui d’à côté, impatient que les flics aient fini de gérer toute cette paperasse, qu’il puisse rentrer chez lui et abandonner son frère à son sort, sans regrets. « C’est pas nouveau. » Qu’il ne pu s’empêcher de commenter. Il n’avait jamais rien vu. Rien d’utile en tout cas, sinon il n’en serait pas là. « C’est payé. Tu vas me devoir du fric. » Il avait empoché un gros chèque après tout en livrant Tessa, alors il pouvait bien lui rembourser la caution, c’était la moindre des choses après tout. « Qu’est-ce qu’t’as fais encore pour finir là ? » Est-ce qu’il avait encore livré une pauvre innocente à un psychopathe et qu’il en payait le prix maintenant ? Alvin devait bien admettre qu’il n’en serait pas franchement surpris, après tout c’était pas demain la veille qu’il allait s’acheter une conscience son frère. Alvin, il savait qu’il avait fait des conneries, des choses impardonnables et s’il n’avait pas l’intention de rentrer chez les enfants de chœur pour se faire pardonner, il essayait au moins de ne pas continuer sur la même voix.

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MessageSujet: Re: (razen), these days you tend to lie.   Dim 17 Sep 2017 - 14:04

These days you tend to lie
Alvin & Razen



Il est terrifié. Et ce n’est pas un sentiment auquel Razen est habitué. Il est terrifié, il est terrorisé. Aucun contrôle, aucune information, l’obscurité la plus complète l’entoure, l’asphyxie. Le perd. Razen est terrifié et actuellement, il a besoin de tout, sauf de solitude. Il a besoin de tout, sauf de perdre le contrôle de sa peur, de sa respiration, de ces quelques repères qu’il a réussi à prendre autour de lui. Il n’est pas seulement aveugle, il est bien plus que ça : pour la première fois depuis plus de vingt ans, il ne voit rien. Strictement rien. Il ne comprend rien. Son intelligence elle-même semble ralentie, semble bridée, semble lui échapper. Et c’est frustrant. C’est effrayant, véritablement effrayant pour un homme comme Razen qui a perdu de vue, au fil des ans, la limite entre ce qu’il est capable de faire sans et avec sa mutation, qui a perdu de vue la frontière entre tout ce qu’il sait naturellement ce que sa mutation lui apprend. Qui a perdu de vue la frontière entre son humanité… et le reste.

Razen panique. Razen panique réellement et cette panique menace de lentement se transformer en haine inconsidérée et irraisonnée pour l’humanité dans son ensemble, pour ceux qui ont osé lui rappeler que non, il n’est pas un dieu et que oui, la seule technologie peut le faire chuter de l’Olympe où il régnait en maître depuis si longtemps. Il a peur, Razen, il est en colère, Razen, il n’a besoin que d’une chose : d’un repère, d’un repère qu’il connaît depuis toujours, et ce point de repère, c’est Alvin. Celui qu’il a fait appeler, sans réfléchir. Le cri de détresse qu’il a lancé pour que la torture s’achève, pour qu’il puisse recommencer à respirer, pour que… pour ça cesse, tout simplement. On le guide de la cellule de garde à vue jusqu’à l’entrée de la gendarmerie – enfin, ce qu’il pense être l’entrée. On le guide jusqu’à son frère dont il reconnaît immédiatement la voix. On le guide et on l’abandonne là, les mains toujours enfermées dans des menottes qu’il hait et qu’il abhorre de tout son être. Si Razen n’avait pas un instinct de survie aussi élevé, si son intelligence et sa compréhension intuitive de toute chose n’était pas ficelées, cadenassées hors de sa portée, il serait déjà en train de chercher comment vendre chaque personne responsable de son emprisonnement et de ses ténèbres aux pires mutants, aux pires hunters qu’il soit. Il serait déjà en train de fomenter leur torture et leur mort avec délectation, avec rage et vengeance. Mais… mais non. Actuellement, son esprit n’est dirigé que dans une direction : partir. Il aurait pu, il aurait peut-être dû appeler quelqu’un d’autre qu’Alvin mais… Non. C’est de son frère dont il a besoin, le transmutant.

C’est de son frère dont il a besoin et plus que ça, c’est d’Alvin dont il a besoin. Alvin n’a peut-être plus confiance en lui, et il le lui a bien fait comprendre, Razen a l’intime conviction de comprendre qui son petit frère est, au fond, tout au fond de lui, et Razen a besoin de se raccrocher à cette conviction pour justifier la confiance pleine et entière qu’il a en son humain de frère. Alors oui, il aurait pu appeler quelqu’un d’autre, il aurait peut-être dû appeler quelqu’un d’autre mais c’est vers Alvin qui s’est tourné, et c’est Alvin qui est venu. « J’avais pas trop le choix, tu m’as pas donné beaucoup de raison de te faire confiance ces derniers temps. » Un soupir, un claquement de langue agacé, Razen meurt d’envie de lui dire d’aller se faire foutre et d’arrêter de geindre et de faire un caprice mais il se retient, trop craintif de voir – malgré sa cécité – son frangin s’exécuter sans se faire prier davantage et l’abandonner ici. Parce qu’il ne voit rien, Razen. Strictement rien.

Et que même si ça n’a rien de surprenant sur le papier, étant donnée sa cécité belle et bien visible, dans les faits… « C’est pas nouveau. » Un nouveau claquement de langue. « C’est payé. Tu vas me devoir du fric. » Un nouveau soupir, agacé. Vraiment. Vraiment, Alvin parle de fric, Alvin ne comprend pas ? Razen se masse les temps comme il peut. Aveugle, aveugle. Il ne comprend pas, Alvin ce que ça veut dire ? « Qu’est-ce qu’t’as fait encore pour finir là ? » Razen secoue la tête dans un premier temps, se prend la tête entre les mains, assis sur un siège au milieu de nulle part. Sa main a heurté un mur : il n’a pas senti la configuration de la pièce, il n’a senti que le froid de la peinture et l’impersonnalité de l’ensemble. Juste du froid. Juste sa main sur une surface. « Je sais pas… Je sais pas Alvin… je ne sais plus… j’ai du mal à réfléchir. Ils me l’ont enlevé, tu comprends pas ? Je ne vois rien. Je ne sais rien. » Et la détresse dans sa voix a beau l’humilier encore et encore, Razen n’arrive pas à la supprimer. « Al’, tu peux me faire confiance, Je ne te mettrai jamais en danger volontairement, merde. T’es le seul que je voulais voir venir, t’es l’seul capable de me comprendre, là. » Ah ouais ? Aussi bien que lui, Razen, a été capable de comprendre Alvin, vis-à-vis de l’autre pimbêche. « J’ai besoin que tu chopes un max de noms. Je ne… je ne pourrai pas les reconnaître. Je ne vois rien, bordel. J’ai du mal à me souvenir... » Est-ce que son intelligence si redoutable a été endommagée par la perte de sa mutation ? Razen angoisse à cette seule idée.

Et son angoisse se retranscrit par ses pertes de contrôle, multiples. Il panique, déjà. Il parle trop, ensuite. Il ne contrôle rien autour de lui, donc il ne contrôle rien de ce qu’il dit, de ce qu’il pense, de ce qu’il demande à un Alvin pourtant clairement hostile. Il veut juste leur faire la peau, à ces connards de flics. Il veut juste sortir de là, et se débrouiller pour les aveugler à l’heure tour. En vingt ans, jamais sa cécité ne s’est imposée avec autant de force. « J’imagine que ça devait être un contrôle de routine, ils ont vu sur ma carte d’identité que j’étais un mutant, ils m’ont foutu ça… et j’ai perdu les pédales. Je crois que j’en ai frappé un. Ou deux. » Il grimace, Razen. Il a l’impression d’être con à ne pas comprendre ce qu’il s’est passé, à ne pas réussir à associer ses idées avec la même facilité qu’en temps normal. Il n’arrive même pas à percevoir Alvin comme un ennemi ou une menace, il ne peut que se confier à son frère, sans même savoir si quiconque les écoute. Il perd toute prudence, Razen, parce qu’il ne sait plus rien de son environnement.

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